Le devoir, 28 février 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" Vol.I.X X X V N o 4 8\t?T VQ / Toron t o 8 5c ?FONDÉ EN I !l I II ?le Devoir M O N T II K A I.L E L U N I) I 2 8 F K V 11 I K II I il il I (I 5 c + T I\u2019 S + PERSPECTIVES Le répit des marmots Le congé scolaire d\u2019hiver est entré dans les moeurs Paul Cau ch on Encore une petite tçmpête de neige pour fêter ça, peut-être?A compter d\u2019aujourd\u2019hui, près de 150 000 élèves sur l\u2019île de Montréal seront en congé scolaire pour une semaine.D\u2019ici deux semaines, la très grande majorité des élèves de l\u2019ensemble du Québec auront profité de ce temps de répit, histoire de se recharger les batteries entre Noël et Pâques.Le congé scolaire de l\u2019hiver, presque inconnu il y a 20 ans, semble maintenant passé dans les mœurs.Un congé qui a des répercussions dans tous les secteurs d\u2019activité: une manne pour les centres de plein air et de ski, une mine d\u2019or pour les grossistes qui offrent des voyages vers le Sud.Mais des entreprises qui doivent aussi fonctionner à effectifs réduits, et de sérieux maux de tête pour les parents moins fortunés qui ne savent plus quoi inventer pour occuper leurs enfants, ou pour trouver qui s\u2019en occupera.Ce congé d\u2019une semaine s\u2019est fixé il y a une dizaine d\u2019années, après plusieurs tâtonnements, mais il semble que des discussions entre l\u2019industrie du tourisme et le monde scolaire aient encouragé ce dernier à «harmoniser» les congés.La convention collective des enseignants prévoit 200 jours de travail, et le régime pédagogique prévoit au moins 180 jours d\u2019enseignement direct aux élèves.Les commissions scolaires peuvent donc localement «jouer» avec les congés flottants.Graduellement, elles ont raccourci les vacances de Noël, devancé la rentrée d\u2019automne, pour en arriver à une semaine complète de congé en hiver.En gros, les commissions scolaires de la région montréalaise et de l'Ouest du Québec font relâche cette semaine, et celle de Québec et l\u2019Est font relâche la semaine prochaine.Mais on compte plusieurs exceptions et variantes à ce schéma (des écoles privées ont pris congé la semaine dernière, au nord de Montréal, certaines commissions font relâche le 21 mars, etc.).Dans les bureaux, bienheureux l\u2019employé qui a réservé «sa» semaine il y a longtemps, car les troupes Sont maintenant sérieusement décimées.Mais contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, ce congé ne fait pas, nécessairement hurler les gens d\u2019affaires.«On a bien plus de problèmes avec les deux semaines de construction en juillet: tout ferme alors que ce serait la meilleure période pour l\u2019industrie!» dit le président du Conseil du patronat, Ghislain Dufour.«Au contraire, ajoute-t-il, certaines compagnies offrent même des bonis aux employés qui veulent déplacer une semaine de congé d\u2019été pendant l\u2019hiver.On voit ça dans des entreprises où la production ne peut être arrêtée l\u2019été.Et il semble que pour plusieurs employés cette réunification fa-miljale d\u2019une semaine soit bénéfique».Evidemment, le nec plus ultra de la semaine de relâche, le symbole du parent prospère ou du professeur qui a bien économisé, c\u2019est le voyage dans le Sud.Chez Air Transat le vice-président marketing, Claudéric Saint-Amand, explique qu\u2019il ne lui restait plus aucun siège d\u2019avion à vendre ces derniers jours.Tout est réservé depuis un mois.«Les parents qui ont déjà voyagé en famille savent ce .qu\u2019ils veulent, ils ne se lancent pas construction» dans des expériences inédites.Ils réservent d\u2019avance.» Inutile d\u2019ajouter que pour les grossistes en voyages, ces deux semaines sont sur le même pied que la période de Noël et les sacro-saintes vacances de la construction: du revenu garanti, et pour les rabais, il faudra repasser.Au ministère du Tourisme, on soutient que l\u2019achalandage est tel dans certains centres de ski et de plein air que cette semaine pourrait faire la différence entre une bonne et une mauvaise saison.Signe des temps, on assiste avec ce congé à une véritable réappropriation de l\u2019hiver, alors que plusieurs municipalités en profitent pour mettre en valeur leurs installations et encourager tout le monde à s\u2019en servir.Tout cela est bien beau, mais il faut, pour en profiter, pouvoir partir avec les enfants, ce qui n'est vraiment pas donné à tout le monde.On peut choisir de placer les marmots dans un centre de loisir pour la semaine, mais à Montréal il faut avoir réservé depuis un mois (tout est maintenant à peu près plein).Et cela finit par devenir coûteux.On peut aussi placer son enfant au service de garde de l\u2019école.Le hic, c\u2019est que non seulement ce n\u2019est pas gratuit, mais si le seryice n\u2019a pas assez d\u2019inscriptions, il fermera ses portes.A la CECM, par exemple, une cinquantaine de services de garde sont fermés cette semaine.Détail non négligeable, les employés de ces services sont mis à pied sans salaire.Pour les parents qui n\u2019ont pas de vacances ou man- 3' uènt de sous, pour les monoparentaux qui tirent le iâble par la queue, c\u2019est l\u2019enfer: les marmots sont envoyés une journée chez la belle-soeur, une autre chez le'grand-père, une autre chez un parent courageux qui en garde six d\u2019un coup.On se déclare malade un matin en espérant que le patron ne demandera pas de papier médical.Sans parler du fiston traîné de force au bureau et qui détraque la photocopieuse parce qu\u2019il s\u2019ennuie de son Nintendo.Après avoir connu ce casse-tête l\u2019année dernière, j\u2019ai pris mes résolutions.J\u2019ai demandé à mes patrons la permission de prendre congé cette semaine l\u2019automne dernier, avant la Ste-Catherine.«On a bien plus de problèmes avec les deux semaines de la \t1 N 1) K X\t\t les Actualités\t.A2\tÉditorial\t\t.AH Agenda culturvl .IWi\t\tIdées\t\t.A!* les Classées.\t:.A6\tle Monde\t\t.Ali Avis publics.\t.IU\tMots croisés.\t.j\\6 Culture.\t.BH\tReligions\t\t.RI Économie\t\t.B2\tlillehammer.\t.B5 Météo Ciel variable Max.-12 Détails en A6 L'ENTREVUE Peter Eisentiian, architecte provocateur PAGE B 1 LES ACTUALITÉS Le MNQ à ta défense du Collège de Saint-Jean PAGE A 4 Lillehammer clôture ses «jeux magiques» PHOTOS AP ET PC Myriam Bédard a porté le drapeau canadien lors des cérémonies de clôture des Jeux de Ullohainmer.L\u2019or échappe d\u2019extrême justesse aux hockeyeurs canadiens i Magiques \u2014 selon les mots de Juan Antonio Samaranch, président du CIO \u2014, propres et sympathiques, les Jeux olympiques d\u2019hiver de Lillehammer se sont terminés hier comme ils avaient commencé, dans l\u2019allégresse d\u2019un peuple heureux de recevoir le monde entier en Norvège.Le Canada, qui a conclu ces jeux avec une récolte sans précédent de 13 médailles attribuables en grande partie à ses athlètes québécois, a eu une dernière fois accès au podium grâce à son équipe de hockey, médaillée d\u2019aigent à la suite d\u2019une défaite crève-cœur contre la Suède à l\u2019issue d\u2019une fusillade pleine de rebondissements.Ce demi-échec a laissé nos joueurs abasourdis (photo de gauche).Dans l\u2019épreuve reine du ski de fond, le 50 kilomètres style classique, le Kazakh Vladimir Smimov a remporté, à presque 30 ans, la première médaille olympique de sa carrière.En ski alpin, l\u2019Autrichien Thomas Stangassinger r, devancé, au slalom, l\u2019Italien Alberto Tomba, qui a trouvé le moyen de voler la vedette au médaillé d\u2019or en réussissant une extraordinaire deuxième manche.En bobsleigh à quatre, enfin, l\u2019équipe numéro 2 d\u2019Allemagne a causé un certaine surprise, l\u2019emportant devant la Suisse et l\u2019autre équipe allemande.\u2014 Voir nos informations en page B 5 L\u2019Europe centrale en ébullition Une Québécoise à Ljubljana Envoyée de l\u2019ONU, Michèle Voyer est depuis deux ans la mère supérieure de 38 000 réfugiés en Slovénie REPUBLIKA Ilovenua ~vr PHOTO AP Avec ses deux millions d\u2019habitants, la Slovénie accueille six fois plus de réfugiés que la France et deux fois plus que l'Italie.CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS Ljubljana \u2014 A 1(5 ans, Michèle Voyer rêvait de voyages et d\u2019horizons lointains.Mais elle n\u2019aurait certainement pas su indiquer sur une carte la petite ville de Ljubljana.Avant d\u2019atterrir pour la première fois dans la capitale de la Slovénie, il y a deux ans, elle a donc regardé soigneusement sur la mappemonde où était ce nouveau pays, coincé entre la Croatie.l\u2019Autriche et l\u2019Italie; les Alpes Juliennes et l'Adriatique.Dans ses valises, elle avait pris soin d'amener un micro-ordinateur et un bottin de téléphone.C\u2019est tout ce qu'il fallait pour inaugurer, dans sa chambre de l\u2019hôtel Union, le nouveau siège du Haut-Commissariat de l\u2019ONU aux réfugiés.Aujourd\u2019hui, elle est la mère supérieure de 38 000 réfugiés, un des plus petits contingents des pays de l'ancienne Yougoslavie, mais un des plus importants hors des régions en guerre avec ceux d\u2019Allemagne, de Hongrie, de Suède et d\u2019Autriche.Avec ses deux millions d\u2019habitants, la Slovénie accueille en effet six fois plus de réfugies que la France et 50% de plus que l'Italie.VOIR PAGE A 10: QUÉBÉCOISE LE MONDE Liban: bombes en pays chrétien PAGE A 6 Le massacre de Hébron Israël punit ses colons extrémistes Les négociations de paix de Washington sont suspendues Jérusalem (Reuter) \u2014 Le gouvernement israélien a décidé hier, deux jours après le massacre de Hébron, des mesures sévères contre les colons juifs extrémistes dans les territoires occupés, mais l\u2019OLP les a jugées insuffisantes pour accepter de reprendre les négociations.A Washington, les trois délégations arabes aux pourparlers de paix avec Israël ont décidé de suspendre leurs discussions en signe de solidarité avec les Palestiniens après, le massacre d\u2019Hébron, a indiqué hier soir un responsable arabe.Cette décision a été prise samedi soir à Washington au cours d\u2019une réunion entre les délégués syriens, jordaniens et libanais, a précisé cette source, qui a requis l\u2019anonymat «Les décisions du gouvernement israélien sont creuses et n\u2019ont pas la portée susceptible de régler un incident aussi grave que celui qui s\u2019est produit il y a deux jours», a déclaré Yasser Arafat à Reuter à Tunis peu après l\u2019annonce par Israël d\u2019un train de mesures contre les colons extré-; mistes.\t! i i VOIR PAGE A 10: ISRAËL Intégration des enfants sidéens Le Regroupement des garderies de Montréal prône le secret complet ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Confronté au problème de l\u2019intégration des enfants sidéens dans les garderies, le Regroupement des garderies de Montréal tente de ménager la chèvre et le chou: il plaide en faveur de l\u2019intégration ouverte des enfants atteints du VIH, mais prône la confidentialité tous azimuts.Même les éducateurs n\u2019ont pas à être informés de la présence d\u2019un enfant sidéen dans leur groupe, pense sa directrice.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme Mme Camille Gauvreau, la présidente du Regroupement des garderies de Montréal qui doit prendre position aujourd\u2019hui dans la polémique dossier des garderies et du sida.«Nous disons oui à l\u2019intégration des enfants séropositifs, mais la confidentialité doit être respectée.Le personnel doit-il savoir?Nous ne croyons pas.Ça ouvre une dangereuse brèche à la règle de la confidentialité», tranche Mme Gauvreau.L\u2019association qui regroupe environ 90 garderies dans la métropole espère d\u2019ailleurs que sa position aura un effet domino sur les autres garderies de la région.VOIR PAGE A 10: GARDERIES Courses à l\u2019investiture Holden résiste, Keaton échoue KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les partis libéral et québécois se s \u2018 - V Richard Holden sont choisi hier un candidat anglophone pour représenter chacun une circonscription de l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal.Si dans Notre-Dame-de Grâce, l\u2019ancien président d\u2019Alliance Québec, Robert Keaton, s\u2019est fait damer le pion par Russeil Copeman, c\u2019est de justesse que le député transfuge du Parti égalité, Richard Holden, -est devenu le porte étendard du Parti québécois dans le comté de Verdun.Il aura fallu un deuxième tour de scrutin et la présence de politiciens d\u2019expérience dépêchés sur les lieux (Louise Harel, André Boulerice, Denis I azuré, Michel Bourdon.Jean Ga-ron), pour voir le candidat de Jacques Parizeau l\u2019emporter.«Je suis très heureux et je me sens plus légitime maintenant», a laissé tomber un Richard Holden souriant.Rapidement, ses deux adversaires se sont ralliés.Maurice Roch a lancé avec enthousiasme devant les quelque 200 militants présents à cette assemblée d\u2019investiture: «Je serai là avec VOIR PAGE A 10: HOLDEN / v -* § mj Robert Keaton I.K I) K V (l I H ¦ I.K I.U N I) I an K K y H | K U I II il I \u2022 LE MONDE* I» E R S I* E C T I V E S L'autorité de Boris Eltsine : est bafouée Des conservateurs libérés RALPH BOULTON REUTER ' ' \u2019,autorité du président Boris Eltsine a été bafouée 44jCPtnnie jamais auparavant par la libération samedi $ Rouslan Khasboulatov, Alexandre Routskoi et \u2019autres conservateurs ayant participé à l\u2019insurrection \u2019octobre.La Douma, chambre basse du Parlement russe, avait voté mercredi l\u2019amnistie des dirigeants de la révolte ainsi que des putschistes d\u2019aout 1991 et des responsables d\u2019affrontements entre manifestants communistes et policiers le 1er mai 1993.iBoris Eltsine a tenté de s\u2019opposer à cet élargissement en envoyant un émissaire auprès du président de la Dpujna, Ivan Ribkine, une heure seulement avant la libération des opposants.Auparavant, il avait fait pression, en vain, sur le procureur général de Russie, Alexei Kazannik, un allié qui Routskoï a préféré démissionner en expliquant que rien ne pouvait légale- pourrait se ment empecher l\u2019amnistie votée par ,\t,\t, les,députés.\tpresenter a .Cet acte sera le plus honteux de .nrnrhaine l\u2019hjstoire parlementaire en Russie.m E1 aucune Mais comme (.) je ne peux pas pré- élection sqpter à la Douma une proposition légale pour suspendre l\u2019amnistie, présidentielle j\u2019ahnonce ma démission de mon \u201d posté âe procureur général», a-t-il dit.On ignore encore comme réagira Boris Eltsine à ce nouveau défi.Alors qu\u2019il avait lancé jeudi un appel à l\u2019unité, un de ses porte-parole a condamné en termes très virulents samedi la libération de ses adversaires.n en Russie, le Groupe des sept pays les plus in-di istrialisés (G7) a fait savoir samedi qu\u2019il soutien-ci ait un rééchelonnement substantiel de la dette n ss*.La présidence du G7 a aussi invité la Russie a acééléfer les réformes économiques, en promettant uné'àide pour atténuer le coût social de la transition vers une économie de marché.N v TS S ¦ffî w\\ cl tir KF PHOTO AP Une jeune fille a salué hier un véhicule de Casques bleus français qui a traversé le fameux passage des «snipers» dans le centre de Sarajevo, la capitale bosniaque.BOSNIE-HERZÉGOVINE L'ONU dénonce les violations au cessez-le-feu à Sarajevo Sarajevo (AFP) \u2014 La Force de protection des Nations unies (FORPRONU) a dénoncé hier les premières violations du cessez-le-feu par l\u2019artillerie à Sarajevo depuis l\u2019expiration de l\u2019ultimatum de l\u2019OTAN lundi dernier.Le commandement de la FORPRONU pour Sarajevo a affirmé dans un communiqué que les mortiers bosniaques, puis serbes, étaient entrés en action samedi, tout en précisant qu\u2019il n\u2019avait pas demandé de frappes aériennes.Les troupes gouvernementales à majorité musulmane sont à l\u2019initiative de la première violation du cessez-le-feu avec un tir de mortier, suivi par deux tirs chez les Serbes de Bosnie, selon un communiqué du secteur Sarajevo de la FORPRONU diffusé hier par le lieutenant-colonel français Richard Pernod.«Chacun doit être conscient qu\u2019une rupture du cessez-le-feu entraînera une riposte aérienne à la demande de la FORPRONU», a ajouté le communiqué.\\jc lieutenant-colonel Pernod a toutefois précisé que la FORPRONU n\u2019avait pas demandé des frappes aériennes à la suite de ces violations.L\u2019OTAN avait exigé que les combattants retirent leurs armes lourdes à plus de 20 km de Sarajevo ou les placent sous contrôle de l\u2019ONU avant le 21 février, faute de quoi ils risquaient des frappes aériennes.Un porte-parole de la FORPRONU, le commandant Rob Annink, a expliqué que les radars de la Force avaient détecté trois tirs de mortiers samedi.Le commandant Annink a précisé que des observateurs militaires de l\u2019ONU dépêchés sur les lieux n\u2019avaient trouvé aucune arme ni obtenu d\u2019informations sur d\u2019éventuelles détonations.Il a indiqué qu\u2019il n\u2019y avait eu, de la part d\u2019aucune des deux parties en conflit, «aucun rapport ni aucune plainte» sur des tirs de mortier.Pour ces raisons, a-t-il ajouté, les tirs de mortier n\u2019ont pas pu être confirmés.Le lieutenant-colonel Pernod a toutefois indiqué de son côté que ces tirs étaient confirmés puisqu\u2019ils étaient apparus sur les radars.Six radars de fabrication britannique Cymbeline avaient été déployés la semaine dernière autour de Sarajevo.Ils sont capables de déterminer l\u2019origine de tirs de mortiers avec une précision de 100 mètres.Le communiqué de la FORPRONU met par ailleurs en cause l\u2019armée bosniaque, qui creuse actuellement des tranchées, et estime qu\u2019il s\u2019agit de «provocations» montrant que «la partie bosniaque n\u2019est pas actuellement très déterminée à atteindre un accord» et qu\u2019«elle pourrait par conséquent mettre en danger le cessez-le-feu».Le communiqué dénonce également «la lenteur et la lourdeur administrative du côté serbe» dans le retrait des armes lourdes.La responsabilité de la paix «incombe de manière égale aux deux côtés», conclut le communiqué.La FORPRONU avait fait état en milieu de semaine de divers tirs à l\u2019arme légère à Sarajevo, intervenant en violation d\u2019un accord de cessez-le-feu signé le 9 février.La FORPRONU avait estimé que ces violations faisaient suite à des «provocations» de l\u2019armée bosniaque à majorité musulmane.ISLAMISME Alger frappe un grand coup Le «fléau de Dieu» est abattu dans la capitale Alger (AFP) \u2014 Les forces de l\u2019ordre algérienne ont tué samedi le chef du Groupe islamique armé (GIA), Mourad Si Ahmed, dit Djaafar El-Afghani, ainsi que neuf de ses lieutenants, portant ainsi un coup sévère à cette organisation islamiste radicale.Selon les services de sécurité, Djaafar El-Afghani, 29 ans, a été repéré samedi par les forces de l\u2019ordre dans une maison sur les hauts d\u2019Alger où il tenait une réunion avec une dizaine des membres de son groupe, sans doute des proches collaborateurs.Se sentant repéré, le groupe a ouvert le feu sur les forces de l\u2019ordre, qui ont riposté, anéantissant ses membres.Djaafar El-Afghani, condamné à la peine capitale par la Cour spéciale d\u2019Alger, et connu également sous le nom de Djaafar Seïf-Allah (sabre ou fléau de Dieu), a été identifié parmi les morts.L\u2019identification des autres membres du groupe se poursuivait hier.Ce succès des services de sécurité intervient alors qu\u2019on enregistrait depuis le début du mois du jeûne de Ramadan, il y a deux semaines, une nouvelle flambée de violence, marquée notamment par la mort de douze agents de l\u2019ordre, quatorze civils, dont un libraire français, Vincent Grau, et soixante islamistes.En outre, plusieurs dizaines d\u2019établissements public (écoles, mairies, parc communaux, centre de santé) ont été incendiés durant cette période.La mort de Djaafar El-Afghani suit de quatre jours celle d\u2019un autre chef islamiste radical, Toufik Hattab, tué mercredi dans un accrochage à Ben-Zergua, près d\u2019Alger, avec les forces de l\u2019ordre.Toufic Hattab était à la tête d\u2019un groupe d\u2019une vingtaine d\u2019hommes armés qui avaient tendu une embuscade à une patrouille de gendarmerie, tuant quatre gendarmes et deux civils.II était notamment accusé d\u2019avoir participé à l\u2019assassinat de l\u2019ancien premier ministre Kasdi Merbah, le 22 août 1993, et de l\u2019ancien directeur de la télévision Mustapha Abada, le 14 octobre 1993.Le GIA est le plus radical des groupes armés islamistes.Son chef, formé en Afghanistan aux techniques de la guerilla urbaine, avait rejeté dans un communiqué publié en novembre 1993, «tout dialogue, toute trêve et toute réconciliation» avec le pouvoir et menacé de la «pire des morts», ceux qui néogicieraient avec les autorités.Cherchant à étendre son pouvoir sur l\u2019ensemble des islamistes armés, le GIA avait annoncé début janvier avoir liquidé soixante dix membres d\u2019un groupe armé rival, le Mouvement islamique armé (MIA), commandé par Abdelkader Chébouti et un ancien officier d\u2019active, Saïd Mékhloufi.Des tractations sont en cours depuis mi-décembre entre les autorités et les dirigeants du Front islamique du Salut (FIS, dissous) en vue de faire participer ces derniers à une «solution politique» de la crise née de l\u2019annulation du scrutin législatif de décembre 1991 remporté par les islamistes.Deux dirigeants du FIS, Ali Djeddi et Abdelkader Bou-khamkham, condamnés à quatre ans de prison par le tribunal militaire de Blida, avaient été libérés mardi, et on s\u2019attend dans les milieux politiques algériens à la libération de plusieurs autres, dont Abassi Madani et Ali Belhadj.Élargissement européen Bruxelles présentera une offre à quatre pays «C'est à prendre ou à laisser», disent les ministres des Affaires étrangères Bruxelles (Reuter) \u2014 Les ministres des Affaires étrangères des Douze sont convenus hier soir de présenter aujourd\u2019hui aux quatre pays candidats à l\u2019adhésion une offre «à prendre ou à laisser» pour sortir les négociations de l\u2019impasse.«Le 28 (février) à minuit, chacun reprend son avion ou son train», a déclaré Alain Lamassoure, ministre français des Affaires européennes en rappelant l\u2019échéance du 1er mars pour la fin des pourparlers.«Si l\u2019on veut boucler (.), il faut que l\u2019ultime marchandage commence demain après-midi», a-t-il ajouté.«Nous présenterons un paquet global à prendre ou à laisser» par les candidats.Entamées vendredi soir, les pourparlers ont permis d\u2019enregistrer des progrès avec la Suède et la Finlande, même si des obstacles importants subsistent, mais sont dans l\u2019impasse avec l\u2019Autriche et la Norvège.«la chose la plus importante qui ait eu lieu aujourd\u2019hui, c\u2019est la victoire de la Suède sur le Canada en hockey sur glace», a ironisé Ulf Dinkenspiel, ministre suédois des Affaires étrangères, qui a in- terrompu les négociations pour assister à la victoire de ses couleurs à Lilleha-mer.Les problèmes rencontrés avec Oslo et Vienne sont tels que l\u2019Union évoque désormais la possibilité de conclure d\u2019abord avec Stockholm et Helsinki, qui pourraient adhérer seuls à la date prévue du 1er janvier 1995.Les pourparlers continueraient alors avec le ou les pays ayant raté l\u2019échéance jusqu\u2019au sommet européen de Corfou, en juin, et l\u2019adhésion du ou des retardataires aurait lieu quelques mois après celle du groupe de tête.«Je ne dis pas que cela arrivera» a expliqué le ministre grec des Affaires européennes, Théodoros Pangalos.«Je dis que, si cela arrive, ce ne sera pas la fin du monde».Le Parlement européen exige en effet de disposer du texte de l\u2019accord le 1er mars au plus tard pour le ratifier avant sa dissolution pour les élections de juin, et un délai est nécessaire pour permettre aux 16 parlements nationaux de faire de même et aux candidats de consulter leurs populations.En dépit des progrès, des problèmes importants subsistent avec la Finlande et la Suède.Helsinki continue à exiger que ses agriculteurs bénéficient d\u2019aides plus importantes de la part de l\u2019UE et les deux pays veulent, comme les autres candidats, payer une contribution réduite au début de leur adhésion.L\u2019Union a rejeté ces demandes en soulignant qu\u2019il s\u2019agit de pays riches, mais s\u2019est déclarée prête à octroyer aux agriculteurs des candidats 1,25 milliard d\u2019écus sur cjuatre ans pour solde de tous comptes afin de les aider ci atténuer la baisse des prix agricoles qu\u2019ils subiront dès l\u2019élargissement.Si l\u2019Autriche et la Norvège partagent les revendications des autres candidats, ce sont leurs positions sur des dossiers particuliers qui risquent de faire capoter la négociation.Oslo a ainsi sèchement rejeté l\u2019offre de l\u2019UE en matière de pêche.Les Douze, sous la pression de l\u2019Espagne, exigent un accès aux riches eaux norvégiennes, ce qui leur est refusé, et, sur demande de Paris et de Dublin, veulent limiter les importations de poisson en provenance de Norvège.Vienne entend de son côté limiter le transit routier par ses Alpes jusqu\u2019en 2004, alors que l\u2019UE, dont les camions ne peuvent déjà pratiquement plus passer par la Suisse, sauf s\u2019ils sont embarqués sur des trains, refuse que ces restrictions aillent au-delà de l\u2019an 2000.«Il est temps que la volonté politique des candidats s\u2019exprime», a déclaré Alain Lamassoure, ministre français des Affaires européennes, qui s\u2019est même demandé si les candidats, et plus particulièrement l\u2019Autriche, ne jouaient pas la montre en refusant de faire des concessions.L\u2019Autriche compte en effet sur l\u2019appui de l\u2019Allemagne, qui juge l\u2019élargissement essentiel pour la crédibilité de l\u2019Union, pour obtenir gain de cause dans les dernières heures de la négociation.«L\u2019Allemagne ne laissera jamais tomber l\u2019Autriche», a souligné un diplomate de l\u2019UE en soulignant que Bonn avait suggéré une période de transition plus longue, jusqu\u2019en 2002, pour le transit routier.«Ce n\u2019est pas une proposition faite par l\u2019Union», a expliqué Alain Lamassoure.«Je n\u2019y suis pas du tout disposé».IRLANDE DU N O R D Le Sinn Fein entretient l'ambiguïté Dublin (AFP) \u2014 Le Sinn Fein a écarté ce week-end l\u2019hypothèse d\u2019un cessez-le-feu de son aile militaire, l\u2019IRA, avant de nouvelles concessions britanniques sur l\u2019Ulster, message de fermeté d\u2019un parti persuadé et ravi I d\u2019étre redevenu un acteur incontournable du règlement de la question nord-irlandaise.Le congrès annuel du Sinn Fein («Nous seuls» en gaélique) fut un énorme succès médiatique.Trois mois de «ni oui, ni non» du parti à l\u2019offre anglo-irlandaise de paix du 15 décembre avaient attiré quelque 250 journalistes, aux côtés de 400 délégués, dans une étroite salle communale d\u2019une banlieue populaire de Dublin.D* Sinn Fein a indiqué qu\u2019il n\u2019approuvera ou ne rejettera I pas en tant que tel le Document du 15 décembre, avec ses concessions sur le principe de l\u2019autodétermination irlandaise, et son offre de négociations historiques contre un cessez-le-feu de l\u2019IRA Mais il a détaillé, samedi et hier, ce ! qu\u2019il attend de Londres avant de solliciter de l\u2019IRA un ces» sez-le-feu qu\u2019il se dirait alors «confiant d\u2019obtenir».Il souhaite que les Britanniques précisent leurs inten-i fions à long terme sur un retrait d\u2019Ulster, qu\u2019ils renoncent : a garantir aux protestants unionistes (majoritaires en UT | ster) un droit de veto sur l\u2019avenir de la province, et surtout j dans l\u2019immédiat qu\u2019ils rouvrent un canal de contact secret avec le mouvement républicain.Message de fermeté, mais pas de porte fermée: le parti ] a a plusieurs reprises salué des propos récents et l\u2019ouver-I ture nouvelle du gouvernement britannique, et répondu I en partie a une demande de Dublin en multipliant les ga- ranties aux protestants unionistes sur leur statut dans l\u2019hypothèse d\u2019une Irlande unie.Message de fermeté relayé dans la salle par l\u2019hostilité, ou, au mieux, le scepticisme des délégués sur le Document anglo-irlandais: «J\u2019aimerais qu\u2019on me prouve qu\u2019il y a vraiment quelque chose pour nous là-dedans.Pas avoir à le deviner», commente un congressiste.Bousculé quelque peu par les media (le Sinn Fein, représentant 12,5 des voix en Ulster et 1,5 en Irlande, n\u2019est pas habitué à telle effervescence), le congrès est pourtant resté fidèle a sa tradition, mi-kermesse mi-grand-messe républicaine, où le moindre détail rappelle que le Sinn Fein est l\u2019aile d\u2019une organisation «en guerre».Ainsi la quête pour les prisonniers républicains, ou encore les effigies, aux murs, de victimes républicaines, abattues par des commandos loyalistes protestants, ou tué comme le jeune «volontaire» Thomas Begley, par la bombe de l\u2019IRA qu\u2019il déposait à Belfast et qui a fait 10 morts.Ici personne, bien entendu, n\u2019appartient à «l\u2019Armée» (républicaine irlandaise).Mais a la tribune des dirigeants comme dans la salle, nombreux sont ceux qui ont passé des années en prison, (Martin Mc Guinness et Gerry Adams notamment) et innombrables sont les congressistes dont un parent, un proche, un ami a été emprisonné, blessé ou tué en 25 ans de conflit en l lister.«Nous ne condamnons pas l'IKA, mais comprenons sa violence et savons d\u2019ou elle vient: elle est un phénomène naturel», explique Martin Mc Guinness, numéro 2 du parti.Des inspecteurs partent pour la Corée du Nord Vienne (Reuter) \u2014 Six experts de l\u2019Agence internationale à l\u2019énergie atomique (AIEA) ont quitté Vienne hier pour inspecter sept installations nucléaires en Corée (lu Nord, soupçonnée de chercher à se doter de l\u2019arme atomique.Ils feront escale à Pékin avant d\u2019arriver demain à Pyongyang, d\u2019où ils partiront inspecter sept sites.L\u2019équipe de l\u2019AIEA agence de l\u2019ONU basée à Vienne, est composée de trois Finlandais et de trois experts de pays arabes, a-t-on appris de source proche de l'agence.On explique que la Corée du Nord avait des exigences très particulières quant à la nationalité des experts.Les inspecteurs de l\u2019AIEA collecteront des informations sur les sept sites, qui n\u2019ont pas été visités depuis un an.Ils rechargeront aussi des caméras de surveillance et changeront des scellés |x>ur s\u2019assurer qu\u2019aucun composant nucléaire n\u2019a été affecté à des usages détournés.Mais le directeur général de l\u2019AIKA, Hans Blix, a souligné la semaine dernière que ces inspections ne suffiraient pas à avoir la certitude que Itymgyang ne mène pas des recherches secrètes dans le but de se doter d'armes nucléaires.Il a à nouveau souhaité que ses experts puissent inspecter deux autres sites suspects, la Corée du Nord refuse fermement en expliquant qu'il s\u2019agit de sites militaires secrets sans lien avec le domaine nucléaire.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE OIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ A 10 I.K |) K V (MH.I.K I.1' X IM 2 S I K V H I K H I H H I LE VCTUALI >i ISRAEL Un millier de Palestiniens seront libérés SlIITK DE LA PAGE 1 Le cabinet israélien a décidé de désarmer, de mettre en détention administrative et de limiter la liberté de mouvement des colons juifs extrémistes dans les territoires occupés.Aucune précision n\u2019a été donnée sur le nombre des colons concernés.Environ 120 000 Juifs, armés et protégés par l\u2019année, vivent dans des colonies implantées en Cisjordanie et à Gaza depuis 1967.Le gouvernement a également décidé la libération immédiate de 800 à 1000 des quelque 10 000 Palestiniens détenus dans ses prisons.Il a annoncé la création d\u2019une commission d\u2019enquête sur la mort des 43 Palestiniens tués pendant leurs prières vendredi à la mosquée Ibrahim du Caveau des Patriarches à Hébron par Baruch Goldstein, un membre du mouvement extrémiste anti-arabe Kach et habitant de la colonie proche de Kiryat Arba.Selon des ministres, le Kach va être probablement dissous.«Il y a une décision de mise en détention administrative et une décision sur la nécessité de désarmer les colons extrémistes, en premier lieu ceux de Kiryat Arba et de Hébron», a déclaré le ministre de l\u2019Environnement, Yossi Sarid.«Nous espérons vivement que ces décisions permettront la reprise des négociations (avec l\u2019OLP), meme si cette reprise n\u2019est pas sûre pour le moment Nous pensons que ces décisions vont aider à donner une impulsion nouvelle aux négociations aussi vite que possible», a-t-il ajouté.Le premier ministre Yitzhak Rabin a lui aussi prôné la poursuite du processus de paix.«Je ne vois pas pourquoi les négociations ne reprendraient pas à moins que l\u2019OLP, les Palestiniens, ne veuillent donner du prix à quelqu\u2019un qui aura non seulement assassiné des Palestiniens mais aussi tenté d\u2019assassiner le processus de paix», a-t-il dit.Ses espérances risquent d\u2019être déçues, l\u2019OLP ayant jugé qu\u2019Israël devait faire plus pour que les négociations sur la mise en oeuvre de l\u2019accord de paix du 13 septembre prévoyant l\u2019autonomie palestinienne à Gaza et à Jéricho puissent reprendre.«Il s\u2019agit de mesures de façade», a déclaré le porte-parole de l\u2019OLP, Yasser Abed-Rabbo.«Ce qu\u2019il faut ce sont des mesures qui empêchent le meurtre de citoyens palestiniens».«Nous ne pourrons faire face à cette situation aussi longtemps que les colons (juifs) continuent à porter des armes et ont le droit de faire feu sur tout citoyen.Nous ne voulons pas transformer chaque ville palestinienne en un autre Sarajevo», a-t-il dit après avoir demandé la dissolution des colonies à Gaza et de Kiryat Arba, «source de terrorisme et de meurtre».U* chef des négociateurs palestiniens.Nabil Chaat, a déclaré que les mesures ne répondaient pas aux exigences de l\u2019OLP.Au lendemain de la tuerie, l\u2019OLP a exigé le désarmement de tous les colons et une protection internationale des Palestiniens des territoires, comme préalables à la reprise des négociations.«Nous étions sur le point d\u2019annoncer une date pour la signature de l'accord» sur la mise en oeuvre de l\u2019autonomie à la veille du massacre, a dit Nabil Chaat.Le président Bill Clinton avait annoncé vendredi que les négociations entre l\u2019OLP ,et Israël, qui se déroulaient à la fois au Caire, à Taba (Egypte) et à Paris, reprendraient à Washington, sous parrainage américain.Aucune date n\u2019a été fixée.Mais, selon un responsable américain à Washington, elles pourraient reprendre dans le courant de la semaine.Yasser Arafat a convoqué à Tunis hier soir le comité exécutif de l\u2019OLP afin de décider de la position de la centrale palestinienne.Israël, qui refuse l\u2019envoi d\u2019une force internationale pour protéger les Palestiniens, a bouclé totalement les territoires occupés pour une durée indéterminée afin de faire face aux violences incessantes provoquées par le massacre.Le Conseil de sécurité de l\u2019ONU n'a pas pu se mettre d\u2019accord sur une résolution prévoyant une protection internationale des Palestiniens en raison de l\u2019opposition des Etats-Unis.La décision éventuelle a été reportée à aujpurd'hui.A Daqias, des hauts responsables syriens ont demandé aux Etats-Unis de prendre des mesures concrètes contre Israël et au Conseil de sécurité de l\u2019ONU de décider d\u2019une protection des Palestiniens et du désarmement des colons.Hier, les soldats israéliens ont tué quatre Palestiniens et un jeune bédouin et ont blessé au moins 57 autres Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, portant ainsi à 19 le nombre de personnes tueés depuis le massacre.Les manifestations de protestation se sont étendues durant le week-end aux Arabes israéliens depuis la Galilée au noçd d\u2019Israël au désert du Néguev au sud.A Jérusalem, quelque 300 personnes se sont recueillies devant la dépouille de Goldstein dans un funérarium à Jérusalem.Ce médecin a été battu à mort par des Palestiniens après avoir vidé plusieurs chargeurs de son fusil.Le corps a été ensuite transporté près de Hébron pour y être provisoirement enterré.«Un million d\u2019Arabes ne valent pas l\u2019ongle d\u2019un Juif», a dit un rabbin, proche des idées de Golstein, en prononçant l\u2019éloge funèbre.Shai Bazak, porte-parole des colons, a protesté contre les mesures prises et a accusé les membres du gouvernement israélien d\u2019être «des politiciens irresponsables» qui risquent «de répandre le sang des colons à cause de l\u2019action d\u2019une seul homme».HOLDEN «C\u2019est un scandale» SUITE DE LA PAGE 1 M.Holden pour la lutte électorale.» Quant à Kim Beaudoin, c\u2019est avec la voix brisée qu\u2019elle a invité son équipe à se rallier.Malgré ce geste, il s\u2019en trouvait parmi son entourage pour chahuter et clamer que l\u2019élection de Richard Holden, «c\u2019est un scandale».«Je pense qu\u2019on a beaucoup joué sur la question de la langue», s\u2019est borné à dire Mme Beaudoin qui croit que M.Holden sert de symbole pour le PQ.«C\u2019est un atout majeur sur le plan international.Qu\u2019il y ait deux anglophones au PQ (MM.Holden et David Payne), ça donne une bonne image du parti.Ça démontre que nous ne sommes pas anglophobes même si on défend le français», a expliqué quant à lui le président de l\u2019association locale, Roger Parent.Chez les libéraux dans Notre-Dame-de-Grâce, Robert Keaton s\u2019est dit déçu de sa défaite (195 voix contre 363 pour M.Cope-man).11 compte délaisser quelque peu la politique.Durant son allocution, il a affirmé avoir «rallié les modérés à Alliance Québec» et avoir obtenu l\u2019adoption de la loi 86, «un compromis honorable».De son côté, Russell Copeman, attaché politique de Robert Bourassa dans son comté, a indiqué devant plus de 500 militants qu\u2019il pourrait être justifié de faciliter l\u2019accès à l\u2019école anglaise, une fois mises en place des commissions scolaires linguistiques.«Il faudra voir si la survie, la stabilité du réseau scolaire anglophone peuvent être préservées», a-t-il expliqué aux journalistes.Le nouveau candidat libéral ne redoute pas de donner des munitions au Parti québécois, dans la délicate question linguistique: «Nous sommes un peuple ouvert et tolérant.Je n\u2019ai pas de telles craintes.» Selon M.Copeman, il serait «logique» que des immigrants anglophones aient droit de choisir l\u2019école anglaise pour leurs enfants, ajoutant que son propre fils est inscrit à l\u2019école française.En outre, M.Copeman, qui est âgé de 33 ans, a rappelé qu\u2019il n\u2019avait pas renié le Parti libéral du Québec il y a cinq ans, quand la grogne des anglophones contre la loi 178 sur l\u2019affichage avait favorisé l\u2019essor du Parti égalité.Devant les militants, M.Copeman a rappelé l\u2019enjeu des prochaines élections en mettant en garde contre le danger du retour au pouvoir du PQ: «Nous ne pouvons nous permettre cinq ans d\u2019incertitude économique et de lutte constitutionnelle.» «On perd notre temps dans le système fédéral », a expliqué pour sa part le coloré député de Lévis-Lauzon, Jean Garon, qui a fait patienter l\u2019assistance en attendant les résultats du vote.«Quand le bateau va mal, les rats le quittent.C\u2019est la même chose au Parti libéral où les gens quittent parce qu\u2019ils ont perdu confiance en l\u2019avenir.Ils voient bien qu\u2019il n\u2019y a pas de solution dans ce qu\u2019ils présentent», a soutenu M.Garon.PHOTO JACQUES GRENIER À la Garderie Les Petits Lutins de Verdun, plusieurs parents apeurés ne veulent plus que la vérité soit tue.Peut-il y avoir des limites au droit à la confidentialité?GARDERIES «C\u2019est lorsque les parents sont au courant que ça crée des problèmes» SUITE DE LA PAGE 1 Cette prise de position se démarque de celles prônées la semaine dernière par la direction de la Santé publique et par l\u2019Office des services de garde qui, bien que soucieux de la confidentialité, invitent tout bas les parents à faire connaître l\u2019état de santé de leur enfant aux responsables des garderies.«Nous, on craint que ça change le rapport entre les éducateurs et les enfants.Il y a des médecins qui tiennent à ce qu\u2019il y ait des contacts, mais nous mettons un bémol sur la divulgation du dossier au personnel des garderies.Pourquoi la confidentialité tiendrait sur d\u2019autres sujets et pas sur le sida», plaide Mme Gauvreau.Cette position vient jeter un nouvel éclairage sur un des enjeux du débat jusqu\u2019ici resté dans l\u2019ombre: faut-il oui ou non dévoiler l\u2019état de santé des enfants séropositifs?Curieux paradoxe, la dénonciation publique faite par la mère de la petite Jessica Dos Santos pour que soit rendue justice à sa fillette séropositive a plutôt poussé les parents au silence.Du même coup, le choc créé par cette déclaration a incité des parents qui n\u2019avaient pas réclamé de compte jusqu\u2019ici à exiger qu\u2019on ne leur taise plus la vérité.Le droit des enfants séropositifs à une garderie n\u2019est plus remis en question.La promesse par la ministre à la Famille, Violette Trépa-nier, de renflouer les garderies qui perdront des enfants après avoir ouvert leurs portes à un enfant atteint du virus ne prend en compte qu\u2019une partie du problème, estime-t-on dans les milieux de garde.Ije dilemme de la confidentialité, lui, reste entier.L\u2019enjeu: la confidentialité À la garderie Les Petits Lutins, les parents sont toujours convaincus qu\u2019ils sont les seuls à devoir faire preuve de tolérance.«Si les parents d'enfants séropositifs ont droit à la confidentialité, les autres parents ont aussi droit à la vé- rité.Ils ont l\u2019impression d\u2019être les seuls à devoir s\u2019ouvrir.Les parents d\u2019enfants atteints du virus doivent aussi faire leur bout de chemin et dévoiler la maladie», pense Mme Claire McNicoll, membre du conseil d\u2019administration de la garderie.Pour mettre fin à cette crise de confiance, il faudra que tous mettent cartes sur table, estime-t-elle.«Mais pour travailler ensemble, il faut que les gens en parlent et nous donnent la chance de les connaître.» Pendant ce temps, les autorités, charte des droits oblige, ne dérogent pas d\u2019un iota au droit à la confidentialité.«Pour nous, c\u2019est essentiel.C\u2019est lorsque les parents sont au courant que ça crée des problèmes.Il n\u2019est pas question de dire ça au grand jour», insiste Mme Sylvie Charbon-neau, de l\u2019Office des services de garde.Pleinement en faveur de l\u2019intégration, les services de garde ne sont pas enthousiastes à l\u2019idée d\u2019inciter les parents de petits sidéens à parler de leur maladie.«On peut souhaiter que les parents le révèlent, mais jamais on ne les y obligera», de trancher Mme Charbonneau.Du côté médical, le discours est plus mitigé.Sans le dire tout haut, certains responsables de la santé publique pensent qu\u2019un dialogue ouvert entre parents, garderies et médecins serait l\u2019idéal.Tant pour le reste des enfants que pour l\u2019enfant séropositif, dont le système immunitaire affaibli peut être mis à rude épreuve en garderie.«On croit à la confidentialité.Mais si tout le monde jouait franc jeu, ce serait plus vivable.C\u2019est beaucoup mieux de travailler en commun que de garder ça secret», estime le Dr Richard Massé, spécialiste du programme de contrôle des maladies infectieuses à la direction de la Santé publique.A l\u2019heure actuelle, des maladies comme la varicelle ou la coqueluche doivent être déclarées à tout prix par les parents, mais pas le sida.Une déclaration obligatoire non nominale?Dans plusieurs états américains, le sida est une maladie à déclaration obligatoire.Au Canada, non.On pourrait couper la poire en deux, croit le Dr Massé, en faisant du sida une maladie à déclaration obligatoire, mais sans renseignements nominaux.Le nom du malade resterait secret.Seul le nom du médecin traitant pourrait être dévoilé à la garderie et seryir de lien.A la garderie Les Petits Lutins, les plaies sont encore à vif et les réactions exacerbées.Si les parents avaient été sensibilisés au sida avant, les réactions auraient été d\u2019un tout autre ordre, estime le Dr Gagné prenant pour exemple la Garderie du Carrefour.Cette garderie du centre-sud, en faveur de l\u2019intégration des enfants séropositifs, dévoilait la semaine dernière avoir déjà accueilli des enfante atteints du VIH.Deux parents ont re-tiré leurs enfants depuis, d\u2019autres ont posé des questions.Mais point d\u2019hécatombe.Malgré tout, M.André Rémillard, éducateur à cette garderie, ne pense pas que le dévoilement changera\u2019 quoi que ce soit au travail des éducateurs et à la santé des enfants.\t, «On devrait viser à ce les éducateurs le savent, mais dans le fond ça ne change rien car on travaille comme si tous les enfants étaient séropositifs.Ce n\u2019est pas différent des adultes qui portent toujours un condom par mesure de prévention, au cas où.», croit-il.Bien sûr, il faudrait parvenir à faire tomber le mur du silence.Mais pour l\u2019instant, M.Rémillard comprend tout à fait que des parents se réfugient dans le silence.Au Regroupement des garderies de Montréal, on ne pense pas différemment.«Je comprends les parents d\u2019avoir peur, mais je crois qu\u2019on exagère l\u2019ampleur du problème, soutient Mme Gauvreau.La situation n\u2019est pas pire que dans les camps de vacances ou les clubs de hockey.Le problème existe partout ailleurs, pas juste en garderie.» QUÉBÉCOISE Difficile d\u2019imaginer qu\u2019on s\u2019entre-tue à 150 km de là SUITE DE LA PAGE 1 Petite brunette aux traits fins, coiffée à la Geneviève Bujold, Michèle Voyer n\u2019a pas vraiment le physique du Médecin sans frontières ou de l\u2019aventurière de l\u2019Arche perdue.Avocate, née «à Paris de parents canadiens et qui a grandi à Montréal, elle s\u2019ennuyait à mourir dans son bureau de la Commission de l\u2019immigration et du statut des réfugiés à Ottawa.A 35 ans, elle a donc fait le saut.«Je rêvais de grands espaces et de pays exotiques, me voilà enfermée 12 heures par jour depuis deux ans!» Au sommet d\u2019un des deux buildings du centre-ville, elle règle le menu détail de l\u2019approvisionnement en nourriture et en soins d\u2019une dizaine de camps répartis sur le territoire de la petite république.A son arrivée, 50 000 réfugiés croates s\u2019entassaient déjà dans les anciennes casernes désaffectées de l\u2019armée yougoslave.Sa première tâche fut d\u2019organiser leur rapatriement volontaire dans les territoires pacifiés.Mais dès le mois d\u2019avril, ce sont 1000 à 2000 Bosniaques par semaine, surtout de Bosnie orientale, qui ont envahi les camps prêtés par le gouvernement.Certains jours, jusqu\u2019à 200 personnes d\u2019un même village cognaient à la porte du Haut-Commissariat.Entre les interminables rapports pour Genève et les visites sur le terrain, elle a lentement appris a découvrir ce coin du monde où les langues, les nations et les religions forment une salade encore plus confuse qu\u2019au Canada.Ses tentatives d\u2019apprendre le Slovène, une des langues européennes les plus difficiles, se sont soldées par un échec.L\u2019an dernier, elle a sauté sur un vol en direction de Sarajevo pour constater de ses yeux les horreurs qu\u2019elle entendait répéter jusqu\u2019à plus soif sur CNN.Pour oublier la guerre, elle va parfois dîner le vendredi soir dans un petit restaurant bosniaque de la proche banlieue de Ljubljana.Difficile d\u2019imaginer qu\u2019on s\u2019entretue à 150 km de là en entendant Slovènes, Croates et Musulmans discuter joyeusement autour de copieuses assiettes de cevapcici (boulettes de viande hachée) et de burek (pâte feuilletée au fromage et à la viande).Entre deux verres de pinot Slovène, on rigole de la dernière déclaration de Vladimir Jirinovski, l\u2019extrémiste russe qui était à Bled, à 50 km de Ljubljana, quelques jours plus tôt.Depuis deux ans.Michèle Voyer a vu monter la crainte des Slovènes de voir les réfugiés se transformer en candidats à l\u2019immigration.Un véritable choc pour ces montagnards où les étrangers sont plus rares que les chômeurs.Récemment, elle a offert sa protection à une Bosniaque de 60 ans.cardiaque el mère de deux enfants, qui a sauté d\u2019un wagon en marche! Les policiers, constatant quelle n\u2019avait ni la citoyenneté Slovène, ni le statut de réfugié, l\u2019avaient mise sur le premier train pour Zagreb.Au cours de la dernière campagne électorale, des nationalistes extrémistes ont publié dans les journaux un appel à renvoyer les «gens du sud» chez eux.Un projet de loi visant à éliminer la double nationalité a aussi été soumis (sans succès) au Parlement.L\u2019an dernier, un sondage du quotidien Republika révélait que près de la moitié des jeunes Slovènes préféreraient vivre dans un pays sans étrangers et approuveraient une révision de la Constitution afin de retirer la citoyenneté à certains.Aujourd\u2019hui, comme dans plusieurs pays d\u2019Europe centrale, les partis extrémistes ne sont soutenus que par 10% de la population.Mais derrière les rires qui montent des tables se cache une peur sourde: que cette guerre absurde pour quelques kilomètres carrés de tourbe ne soit que le prélude à des bouleversements encore plus radicaux.Ici, personne ne croit plus à la trêve, ni à la paix.On sent seulement une grande fatigue.Et puis cette incompréhension devant ces amis d\u2019hier, surtout à Belgrade mais aussi à Zagreb, qui ne vous parlent plus et sont devenus des étrangers.Allez y comprendre quelque chose.A Noël, lorsqu\u2019elle a atterri à Mirabel, à -20C, pour entendre parler de contrebande de cigarettes et du Reform Party, Michèle Voyer n\u2019a pas vraiment eu la nostalgie du pays.Sauf peut-être pour une chose, dit-elle: le rire communicatif des Québécois, qu\u2019elle a redécouvert en écoutant Ding et Dong à la télévision! Si un jour, elle quitte Ljubljana, il n\u2019est pas sûr que la Yougoslavie, elle, puisse jamais lui sortir de la tête.U: DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À I6H30 RENSEIGNEMENTS ADMINISTRATION (514) 985-3333 ($14)985-3333 AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985 3344 (514) 985 3344 (514) 985 3399 1 800 363 0305 \u2022 Extérieur (sans frais) * 1-800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI À DE 7H30 À 16H30 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS lu iiaéus de tilépbttt itiiitli soit riliUei peu N wmc dt Kerahta mi ciatltl tl pmi Its Atueneth peittei Montréal (514) 985 3355 LF.DFVOIR c* publie par IF DEVOIR Inc dont Ir
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