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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1994-03-05, Collections de BAnQ.

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[" LE DEVOIR ?Le feuilleton Page D 3 Lettres québécoises Page D 5 Essais québécois Page D 2 Visas Page D 10 ?I.K |) K V (MR.I.K S S A M E R I !» K T I) I M A X (' Il K li M A R S I !M» I L\u2019éternel retour de Nietzsche En prime, l\u2019histoire de sa sœur abusive, comploteuse, antisémite et nazie.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR L\u2019auteur de l'Antéchrist ne fait pas encore fonctionner autant les presses mondiales que La Bible , mais Nietzsche est tout de même un des grands abonnés des rééditions de l\u2019Occident.Depuis déjà presque un siècle.Pour ne pas rajouter inutilement au trop-plein, le travail de Jacques Le Rider et Jean Lacoste, qui ont piloté la plus récente publication des brûlots nietzschéens, chez «Bouquins», devait donc se démarquer de tout ce qui encombre déjà les rayonnages, dans tous les formats, à tous les prix.Les deux philosophes ont choisi de particulariser leur gros pavés de quelque 3344 pages par le biais des traductions et de l\u2019appareil critique qui accompagnent les classiques.Les deux volumes réunissent l\u2019ensemble des livres publiés ou achevés par Nietzsche (1844-1900), avant ce que les spécialistes appellent «l\u2019effondrement de Turin», la paralysie générale de janvier 1889, qui a finalement forcé l\u2019internement et le silence du maître nihiliste.Ces textes, pleinement endossés par le poète-philosophe lui-même, sont représentés dans les premières traductions françaises, surtout celles de Henri Albert (1865-1921), publiées au Mercure de France, à partir de 1898.Chaque traduction charrie son lot de casse-têtes et de casse-gueules.Les éditeurs ont tout de même favorisé ces vieilles moutures, saluées par André Gide, Paul Valéry et l\u2019ensemble de la classe littéraire et intellectuelle de l\u2019époque, précisément parce qu\u2019elles correspondent à «un stade de la culture française aujourd\u2019hui révolu», et parce qu\u2019elles ne sont pas marquées au rouge par la philologie du cercle des germanistes et les interprétations pointues des séminaires de philosophie.Ainsi, on retrouve le traditionnel et inspiré titre Le Gai savoir (plutôt que La Science joyeuse, plus près de l\u2019original), ou encore Humain, trop humain (plutôt que Choses humaines, trop humaines), parce que c\u2019est sous ces formes que l\u2019œuvre de Nietzsche nous est parvenue.Mais le respect n\u2019a tout de même pas exclu la révision attentive, souvent cosmétique, parfois incontournable, que Lacoste et Le Rider comparent dans leurs notes d\u2019introduction à «la réhabilitation d\u2019un bâtiment historique destiné à un usage moderne».Les spécialistes pourront suivre et disputer leurs utilisations comparées de Kultur, Bildung ou Zivilisation, ou encore Bewusstsein et Gewissen.L\u2019autre grande valeur de ces deux gros bouquins, à prix abordables, est justement dans toutes ces explications, dans l\u2019appareil critique qui accompagne les classiques, à commencer par des notices et des notes % \\viY erre des LE CUIRASSIER, DE ROGER LA FRESNAYE, 1910 Gauche contre droite, progressistes contre néo-conservateurs, les intellectuels québécois se font la guerre.Couteaux et pamphlets volent bas.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR ort le vieux débat gauche-droite?Allons donc! 11 suffit de consulter le cahier LIVRES de cette semaine pour s\u2019en convaincre: la moitié des pages sont occupées par des articles traitant de questions autour desquelles s\u2019organise le traditionnel clivage, la mort ou la survie de Marx, l\u2019éternel retour de Nietzsche, la perpétuelle guerre des classes, les mérites comparés de l\u2019adulation des traditionnels Anciens ou du recours aux progressistes Modernes.C\u2019est l\u2019actualité de l\u2019édition qui le veut Par exemple, lundi dernier, coup sur coup, la maison VLB a lancé deux essais qui se veulent résolument «de gauche», dans sa collection «Partis pris actuels», une sorte de réaction directe à la collection «Pour en finir avec.», des Editions du Boréal, que certains placent «à droite».Le polémiste Pierre Vallières a donné à VLB son Devoir de Résistance , dans lequel il remâche et régurgite ses vieux clichés soixante-huilards, contre les «politichiens» et autres matraqueurs des droits et libertés du bon peuple.Et vive le modèle cubain! Mais c\u2019est surtout l\u2019autre essai de la collection, Les habits neufs de la droite culturelle, du professeur de l\u2019UQAM Jacques Pelletier, qui fait jaser.Le pamphlet d\u2019une centaine de pages est sous-titré «Les néoconservateurs et la nostalgie de la culture d\u2019ancien régime».Le constat est simple: «La pensée néoconservatrice ne s\u2019est jamais aussi bien portée au Québec», répète celui qui se définit encore et toujours comme «un homme de gauche, c\u2019est à dire quelqu\u2019un qui identifie les contradictions persistantes dans notre société et cherche à les critiquer, à s\u2019y opposer.» Pelletier se concentre donc sur les «contradictions» culturelles.Il reprend d\u2019ailleurs une accusation de plus en plus courante dans les cercles intellectuels qui se réclament de la gauche.Pour eux, les «ennemis» de droite se regroupent maintenant en deux clans: les néolibéraux agissent dans les secteurs économique et politique; les néoconservateurs, eux, s\u2019activent dans les cénacles de la culture.Dans les années 80, le philosophe allemand Jürgen Habermas, digne héritier de l\u2019Ecole de Frank-fort, a pondu de grosses briques intelligentes pour classifier et raboter les multiples penseurs de cette mouvance néo-conservatrice, des sociologues comme l\u2019Américain Daniel Bell en passant par les thuriféraires de la postmodemité comme Deleuze ou Derrida, héritiers de Nietzsche ou Heidegger.VOIR PAGE D 2: NIETZSCHE VOIR PAGE D 2: CLANS Godin Gérald l'MilJcs / Traces?0-; TRACES POUR UNE AUTOBIOGRAPHIE Écrits et parlés II Édition préparée par André Gervais Collection Itinéraires 352 pages 24,95 $ Un autoportrait émouvant où Gérald Godin parle des lieux de l'enfance et des rapports avec les femmes, où il relate ses voyages et son combat contre la maladie qui l'assaille.Voici la part privée, et même intime, du journaliste, du poète et du député engagé dans le Québec moderne.EN RAPPEL v»-o\\r I.K I) K V 0 I H .I.K S S A M K l> I » K T I) I M A X < Il K « M A R S II» !» I V R, CLANS Qu'en pensent les intéressés?SUITE DE LA PAGE D 1 «Je suis tout à fait d\u2019accord avec Habermas, dit maintenant Pelletier, qui précise tout de même avec humilité n\u2019avoir pas travaillé à la même hauteur de vue.Je n\u2019aborde pas non plus les questions politiques de front, ajoute-t-il.Je me suis plutôt concentré sur les penseurs de la culture, sur ces postmodemes qui nous parlent de la fin de l\u2019Histoire, de la mort des idéologies, et qui veulent nous ramener au bon vieux temps, au bon vieux système des cours classiques dont ils ont la nostalgie.» Le Devoir, Voir, L\u2019Agorp, Vice-Versa , Radio-Canada, les Éditions Boréal, et surtout quatre bonzes culturels, Jean Larose, Jacques God-bout, Denise Bombardier et François Ricard se feraient les porte-parole de cette idéologie «réactionnaire», du moins «anti-progressiste».Qu\u2019en pensent les intéressés?«Il faut vivre et laisser braire», réplique laconiquement le «néo-conservateur» François Ricard.L\u2019auteur de La Génération lyrique a été joint à Paris, dans le royaume des classiques, où il fignole une biographie de Gabrielle Roy, son auteur fétiche.Il n\u2019a pas encore lu l\u2019ouvrage de Pelletier, mais a une idée des reproches qui lui sont adressés, puisque le chapitre le concernant développe les arguments d\u2019un article paru l\u2019an dernier dans la revue Possible.«J\u2019aurais le goût de lui demander à droite de quelle gauche je me situe», poursuit Ricard, qui se désole comme tous ceux interviewés, à commencer par Jacques Dufresne, l\u2019animateur de L\u2019Agora , que Pelletier n\u2019ait pas précisé ses notions.«Ces catégories sont de moins en moins prégnantes dans le contexte actuel, dit Ricard.Par exemple, les syndicats qui refusent le partage du temps de travail sont-ils de droite ou de gauche?Pelletier tente de me fixer dans une position pour légitimer la sienne et se donner le beau rôle.C\u2019est de l\u2019étiquetage caricatural et je n\u2019y apporte aucune importance.» Et vlan! Le débat reste à faire , De son côté, le romancier-cinéaste J'acques Godbout avoue avoir «feuilleté» le brûlot de Pelletier, mais précise tout aussi vite qu\u2019il n\u2019a pas 3on plus l\u2019intention «de s\u2019embarquer ans une discussion».ILLUSTRATION LOUIS MONTPETIT L'illustration de la page titre du, livre de Jacques Pelletier, Les habits neufs de la droite culturelle.Il ajoute tout de même que sa réponse tiendra en quelques lignes dans la préface à la réédition de son livre Le Réformiste (As/Quinze, 1975), que Boréal s\u2019apprête à republier.Godbout rappelle là qu\u2019il avait «justement réuni ces textes pour répondre à des remarques identiques que me faisaient alors des critiques de cinéma».Les mêmes reproches donc: «de n\u2019être pas assez \u201cà gauche\u201d, d\u2019avoir la foi tiède et l\u2019uniforme national élimé», comme il l\u2019écrit.«On voulait que je sois un révolutionnaire, souligne-t-il.Je répondais: je suis un réformiste, c\u2019est-à-dire le révolutionnaire de personne.J\u2019ajoutais: le réformiste, c\u2019est celui qui accepte, avec volupté, de nager à contre-courant de tous les dogmatismes.(.) Je ne vais donc pas me défendre à nouveau (.).» Le seul commentaire qu\u2019ajoute Godbout de vive voue lui fait dire que le débat lancé par Pelletier est complexe, qu\u2019il «recoupe le Politically Correct d\u2019aujourd\u2019hui» et que «l\u2019Eglise catholique d\u2019antan tenait des propos semblables.» On repassera donc pour le débat de front «J\u2019attendais beaucoup de ce livre, qui aurait pu relancer la polémique idéologique au Québec, mais malheureusement l\u2019ouvrage a raté sa cible», estime d\u2019ailleurs Richard Dubois, qui vient de publier La Page critique, chez Fides.Dubois regrette surtout que le prof de l\u2019UQAM n\u2019ait pas approfondi l\u2019identification des réseaux de pouvoir dans le champ culturel, un peu com- « Un grand roman aux mille harmoniques subtiles tressées autour du thème de la corruption.» Pierre Lepape, Le Monde 228 pages \u2022 24,95 $ Parmi les ouvrages publiés aux Éditions du Seuil : .L\u2019Enfant de sable .La Nuit sacrée (Prix Goncourt 1987) .Les Yeux baissés .L\u2019Ange aveugle Il rencontrera ses lecteurs le dimanche, 6 mars, de 14 h à 16 h à la librairie Champigny (4380.rue Saint-Denis) ÉDITIONS DU SEUIL me le fait le sociologue français Pierre Bourdieu dans ses ouvrages sur les décideurs et les acteurs du «champ culturel».«Ce livre reste à faire, renchérit M.Dubois.Il faut dénoncer les collusions, les renvois d\u2019asr censeurs, les appareils idéologiques.La critique authentiquement de gauche s\u2019attaque d\u2019abord à ces réalités et ne personnalise pas la critique.» Richard Dubois croit d\u2019ailleurs à ce point à la nécessité d\u2019un tel portrait des mille et une manières québécoises (de droite ou de gauche) de mettre le pied à l\u2019étrier dans le champ culturel qu\u2019il a décidé de pondre son propre ouvrage sur la question.«Il faut le faire: c\u2019est une question de saine polémique.» Toutes ces questions débouchent finalement sur celle, plus profonde, du rapport à la fonction de l\u2019antagonisme idéologique, qu\u2019il soit alors polititique, économique ou culturel: indépendamment de ses fluctuations historiques, la division entre la droite et la gauche, dans ces différents champs d\u2019activité, renvoie-t-elle à un substrat permanent?«Pour moi, la grille d\u2019analyse gauche/droite est complètement dépassée: le monde est beaucoup plus complexe que ces simplifications», dit Richard Martineau, rédacteur en chef du Voir et directeur de la collection d\u2019essais de Boréal.Jacques Pelletier précise d\u2019ailleurs que s\u2019il refaisait sont livre, il consacrerait un chapitre aux ouvrages de cette collection ««encore plus discutables», avec lesquels il se dit «encore plus en désaccord».«On est toujours à gauche ou à droite de quelqu\u2019un, poursuit Martineau même si 99,9% du Québec est à droite de Vallières et de ses idées de la gauche des années 60.» Jacques Dufresne, qui est habitué de se faire taxer de «droitisme», abonde dans le même sens.«Je suis de gauche par rapport à certaines questions et je rejoins la droite sur certaines autres.Même historiquement, les questions sont difficiles à démêler.Par exemple, les penseurs de gauche du Québec, dont Pelletier, nous cassent les oreilles avec leur critique des classiques, mais ils oublient que Marx lui-même était un fin helléniste.» Comme quoi rien n\u2019est simple et rien n\u2019a été réglé avec le livre de Pelletier.Mort le débat sur la droite et la gauche?Allons donc.E S S A I S Q U É B É C 0 I S Faire le pont LA PAGE CRITIQUE Richard Dubois, Fides, 282p RELATIONS LITTÉRAIRES Richard Dubois, Fides, 241 p.Pour un critique, un livre sur la critique, c\u2019est comme manger deux desserts.Le plaisir de se repaître est souvent suivi d\u2019un sentiment de lourdeur.L\u2019excès peut être festif mais indigeste.Richard Dubois avait fait paraître l\u2019an dernier Relations littéraires, un recueil de ses chroniques parues dans la revue Relations, que j\u2019avais aimé mais dont je n\u2019ai pas rendu compte, pour différentes raisons toutes aussi mauvaises les unes que les autres.Je m\u2019en repens un peu aujourd\u2019hui au moment où paraît la Page critique, un essai du même auteur qui pourra servir de complément théorique à la pratique que constituaient les Relations littéraires.Le chroniqueur littéraire: ni anti-, ni hyper-intellectuel, l\u2019argument de la Page critique (jeu de mots qui renvoie à la plage critique dont parlait Valéry) est le suivant: la bonne critique littéraire est celle qui se fraye un chemin à travers l\u2019anti-intellectualisme des appareils de presse et le langage hermétique des universitaires patentés.C\u2019est la critique qui conjugue le jugement et le savoir, une certaine émotion et une certaine raison.C\u2019est la critique qui évite les pièges du compte rendu ou de l\u2019humeur, de l\u2019«immanentisme», qui sont le lot d\u2019une presse dont l\u2019existence et les formes sont fortement déterminées par l\u2019instance publicitaire \u2014on n\u2019a qu\u2019à regarder certains cahiers «cinéma» de fin de semaine pour comprendre que la critique y obtient la part très congrue, sans parler du recyclage dont elle est quelque fois victime, alors qu\u2019une toute petite phrase positive d\u2019une longue critique négative se trouve la semaine suivante dans la pub de l\u2019œuvre critiquée.Mais c\u2019est également la critique qui évite «le langage acidulé des gens de robe et de culture», le dogmatisme, qui évite la complaisance des «schémas géométriques bardés de a primes et b primes, [des schémas qui donnent] la d-prime», pour reprendre les mots (drôles) de Richard Dubois qui, visiblement, n\u2019a pas d\u2019amis sémio-ticiens.Dans cette perspective, le chroniqueur littéraire est un ingénieur des ponts (suspendus) et chaussées (glissantes), un adepte de la mitoyenneté, celui qui vit sur les frontières et les démarcations.Pour l\u2019auteur de ces lignes, La page critique tombe à point, au milieu de la vague de pamphlets qui déferle actuellement sur les présentoirs aies librairies.Un pamphlet oppose, tranche, divise.choisit, en un sens triche: l\u2019ouvrage de Richard Dubois crée des liens, réconcilie, interroge, ne choisit pas toujours, en un sens ne cache pas qu\u2019il peut aussi tricher.Il lui arrive de jouer de la distinction, de la mise au point et de la mise en garde (étymologiquement, critiquer signifie «distinguer», «juger») mais, surtout, il fait le pont entre des extrêmes.Entre le journaliste et l\u2019universitaire, il imagine un «joumalitaire».Ce faisant, il défend une position que 1 on peut appeler postmodeme, même si Richard Dubois n\u2019aime pas spécialement le terme.S\u2019il y tient, le lecteur trouvera dans la Page critique une réfutation de la guerre des clans qui se dessine actuellement au Québec.Quand M.Dubois dit: «La lutte des classes n\u2019est pas aussi simple: des bour-, geois meurent pour la classe ouvrière et des ouvriers; écoutent Dallas et Riches et célèbres», c\u2019est la position du Pierre Vallières et de la vieille gauche qui est critiquéjê.; Quand il fait référence à Jean-Franois Lyotard et à Gilles Deleuze, c\u2019est indirectement à la fois aux «traditionna-listes» comme Jean Larose et Jacques Dufresne, qui prônent un retour aux auteurs classiques pour contrer les errances culturelles des jeunes d aujourd hui, et aux «gaucho-nationalistes» comme Jacques Pelletier, pour qui le problème est avant tout politique, qu\u2019il répond.Des défauts qui n\u2019en sont pas.\t.; Ce qui donne un très grand intérêt a la Page critique, c\u2019est que l\u2019ouvrage lui-même marque un effort pour enjamber la clôture qui sépare l\u2019université de la vie quotidienne.Il y a certes des passages théoriques, des discussions de concept, une ambition de faire le tour de la question de la critique littéraire (l'ouvrage est à l\u2019origine une thèse de doctorat), mais le ton et le style sont originaux, ouverts, parfois échevelées mais toujours soucieux1 du lecteur.La manière est pédagogique, dialogique si l\u2019on préfère.L\u2019auteur enseigne dans un cegep, est-ce un hasard?Bref, la manière est mitoyenne, comme en témoigné un contenu inégal avec des chapitres qui font le bilan de la modernité (Cézanne, Mallanné, Joyce, Duchamp) ou l\u2019historique des liens de la littérature québécoise avec la presse, et des chapitres qui font état d\u2019enquêtès très personnelles sur la situation du journalisme littéraire au Québec ou qui reprennent des critiques parues dans Relations littéraires; comme en témoigne un style qui manie l\u2019art (très universitaire) de la parenthèse et\u2018 celui (très journalistique) de la phrase nominale ou adjectivale à un temps.C\u2019est un ouvrage inégal conjme les pavés que rencontre le narrateur à la fin d\u2019A la recherche du temps perdu, des pavés qui donnent un sens inattendu à sa marche, à sa dé-marche, qui, par leur désarticulation, révèlent quelque chose.La Page critique est un livre qui tente de prouver sur le terrain ce qu\u2019il avance en théorie, et qui y réussit imparfaitement.J\u2019ajouterais: qui y réussit à l\u2019aide de ce genre d\u2019imperfection qui rend modeste et qui témoigne d\u2019un risque.Qui donne un sens au projet, osons le mot encore une fois, postmodeme.UN au Québec du 6 au 12 mars 1994 TAHAR BENJELLOUN EHomme rompu ÉDITIONS DU SEUIL NIETZSCHE La marque du philosophe SUITE DE LA PAGE D 1 adaptées de l\u2019édition allemande des œuvres complètes dues à Peter Pütz, de l\u2019Université de Bonn, et un index général des noms et des notions (le premier en français, qui rendra même service aux utilisateurs des autres traductions).Et puis, il y a ces longues introductions et postfaces, infiniment valables en elles-mêmes.Par exemple cette magnifique synthèse de Jacques Le Rider, qui ouvre le premier volume, dans laquelle il étudie l\u2019influence exercée par Nietzsche sur la culture française, des premiers cercles wagné-riens jusqu\u2019au tourbillon déconstructivistes de Deleuze et Derrida, en passant évidemment par Bataille et Caillois.En postface, Jean Lacoste retourne la question de Le Rider et analyse les attitudes de Nietzsche envers la culture française.Dans le second tome, Philippe Raynaud se penche sur la conception nietzschéennes de la philosophie, sa lecture de l\u2019idéalisme allemand et sa critique du monde moderne, tandis que Georges Iiébert souligne dans le détail la relation de Nietzsche à la musique.Dans tout cela, et surtout dans les textes de la main de Nietzsche, au bout du compte, on retrouve tout ce qui a fait la marque de ce philosophe, le combat contre la décadence et la société technicienne, la nôtre, déjà, la dénonciation des préjugés moraux et l\u2019annonce de la «transmutation prochaine des valeurs», ou la proclamation du mythe de l\u2019étemel retour du même, et puis, toujours, inlassablement, le sens poétique, le goût pour l\u2019aphorisme choc de cette ébranlante «philosophie à coup de marteau».Le grand absent de ces deux volumes d\u2019œuvres autorisées et authentiques, c\u2019est La Volonté de puissance, le montage sélectif et tendancieux publié en 1901 sous la gouverne de Peter Gast et Elisabeth Fôrster- pSffl F\" _ ' ' publié sous la direction de Raymond Hudon et Bernard Fournier jeunesses et politique .pfsscs I'.,,-.*-\u2014>¦\"»\u2022 nofiiidue v;.-.;::\"\u2019\"\"' *\t.< ii nu 'ortl .\t«'\u2022 «*o l-|| POURQUOI LES JEUNES S'INTÉRESSERAIENT-ILS A LA POLITIQUE?i«\u2018MOUtljMieAe> et engagements depuis les années trente TOME 1.552 pages.34* e la politique en Amérique du Nord et en I uro|x-TOME 2.45(5 pages, 34* En vente chez votre libraire ou chez l'éditeur.LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Cité universitaire, Sainte-Foy (Québec) G1K 7P4 Tél.(418) 656-5106 Télec.(418) 656-2600 Nietzsche, sœur abusive du philosophe.Une première traduction fran çaise du recueil était pâme deux ans plus tard.La Volonté de puissance a servi l\u2019annexion de Nietzsche au régime nazi.Mais de nombreux interprètes, à commencer par Karl Schlechta dans les années cinquante et plus récemment encore Henri Colli et Mazzino Monti-nari, éditeurs des fragments posthumes de Nietzsche, ont démontré que ce recueil ne peut être considéré comme une œuvre du philosophe qui écrivait à sa sœur: «Avant tout, nos désirs et nos intérêts n\u2019ont rien en commun dans la mesure où ton projet est antisémite.» Le livre de Ben Macintyre retrace l\u2019aventure de cette femme tyrannique, parano et raciste.Le jeune journaliste du Sunday Telegraph (il est né en 1963), a écrit une biographie, mais aussi un grand reportage sur l\u2019héritage abâtardi de la démone.Une bonne partie de Elisabeth Nietzsche ou la folie Aryenne est d\u2019ailleurs consacrée à l\u2019aventure de la Nueva Germania , la colonie fondée en 1886 par le couple Fôçster-Nietzsche.Élisabeth avait convaincu quelque dizaine de zigs de s\u2019embarquer dans ce projet de fonder dans la jungle une nouvelle Allemagne pure, aryenne, végétarienne et luthérienne.Macintyre décrit ce qu\u2019il reste des descendants misérables et consanguins des paysans de Saxe («Ici une mâchoire pendante, là, un œil à moitié clos»).Il ra- Vient de paraître Au cœur de la balei AU CŒUR DE LA BALEINE Obésité et transformation FRANCINE SAILLANT Dans ce récit bouleversant, Francine Saillant présente une suite de réflexions autour de thèmes comme la représentation du corps, le plaisir, la souffrance.Un regard à la fois lucide et tendre sur l\u2019obésité, un sujet maintes fois abordé, mais rarement compris.18.95$.160 pages les éditions du remue-ménage 4428 bout Saint-Laurent, bur.404.Montréal.Qc H2W 1Z5 conte en même temps ce qui s\u2019est pas-1 sé là, des origines à nos jours, notamment les visites épisodiques de Josef Mengele, le sinistre médecin d\u2019Ausch-' witz.Et puis, Macintyre raconte la mainmise de la sœur sur l\u2019œuvre du frère, ses amitiés avec Mussolini, ses relations avec Hitler, qui lui-même n\u2019aS probablement jamais lu une ligne de.Nietzsche, mais s\u2019est empressé de fai-; re du philosophe un prophète de1 l\u2019ordre nouveau, une source de Mein\\ Kampf Macintyre n\u2019a pas écrit un livrié d\u2019exégète ou de philosophe.Mais soir ouvrage permet tout de même de méditer sur cette tache noire et rouge qüi macule toujours une certaine lecture de l\u2019œuvre philosophique, authentique ou falsifiée, de l\u2019antiphilosophe.Friedrich Nietzsche lui même sa-j vait qu\u2019il n\u2019était «pas encore à l\u2019ordre du jour» et qu\u2019il était de ceux qui1 «naissent posthumes».Il ne se doutait probablement pas que son exceptionnelle postérité, jusque dans le domaine de l\u2019édition, serait si riche, si prô-fonde, mais en même temps si ambiguë.ŒUVRES\t\\\\ Friedrich Nietzsche, Robert Laffont', ¦ coll.«Bouquins», ,, \u2019 tr J ELISABETH NIETZSCHE OU LA FOLIE i: ARYENNE Ben Macintyre, Robert Laffont, 304 1 pages 9 I E I> K V 0 I R .LE S S A M E l> I 5 E T I) I M A X (' Il E «I M A II S I H l> I L I V R E S ' LIVR E S IA PAROLE AUX LIBRAIRES «T'* r'i ^ *4rm Wrm A\tS£HiSSÿcfj;\t\t BS\t\t\t *\u2019s\u201c t '** t*V*1*'< à b bj»lrnr > -l\\ lit'kL-t*.^\thmn b* plus tUtaint de ïhttoirr Je Llmérifue Ju NW m première page du cahier des ivres du 6 novembre 1993, qui a valu à l'illustrateur Bruce Roberts son prix.Bruce Roberts et LE DEVOIR sur le podium! L\u2019artiste-illustrateur Bruce Roberts, collaborateur régulier du DEVOIR, a reçu récemment une médaille de bronze pour sa superbe illustration intitulée «Salon du livre» (direction artistique: Lucie Lacava) parue à la une du cahier LIVRES le 6 novembre dernier.M.Roberts a remporté cette distinction dans le cadre du concours organisé par l\u2019Association canadienne des photographes et illustrateurs en communication (CAPIC).Ce concours annuel est ouvert à tous les professionnels et artistes œuvrant au Canada.Les juges sont des collègues respectés dans le milieu, de Québec à Vancouver.Le cahier LIVRES est dirigé par Pierre Cayouette.vITRINe DE POCHE J AVANT LE CHAOS Alain Grandbois, Bibliothèque québécoise Comme Biaise Cendrars ou Paul Morand, Alain Grandbpis fut grand bourlingueur devant l\u2019Étemel et comme eux, il fit de ses voyages la matière même de quelques-uns de ses livres.Paru dans une première version en 1945, après Né à Québec et Les voyages de Marco Polo, Avant le chaos regroupe dans sa version définitive huit nouvelles qui, de l\u2019île de Port-Crps à Paris, et de Hankéou à Djibouti, nous entraînent un peu partout de par le monde avec une rafraîchissante désinvolture.La présente édition, qui fait suite à l\u2019édition critique de la «Bibliothèque du nouveau monde», est précédée d\u2019une importante présentation de Nicole Deschamps, qui nous invite à lire le recueil de ce «voyageur surpris de poésie» à la fois «comme une autobiographie éclatée et comme un; roman d\u2019apprentissage».CINÉMA ET HISTOIRE r ' Marc Ferro, Folio histoire Un ouvrage devenu classique depuis sa parution en 1977.Marc Ferro défend une thèse qui fut longtemps contestée dans les milieux d\u2019historiens : le cinéma, véritable agent de l\u2019histoire, exerce son action grâce à des moyens spécifiques et tient par le fait même un discours bien à lui sur l\u2019Histoire, discours qu\u2019il est important d\u2019interpréter.Pour le célèbre historien de la révolution russe, documentaires et fictions sont également doués d\u2019un statut d\u2019archives et leur analyse est donc toujours susceptible de faire apparaître les nombreuses interférences entre Histoire et cinéma.La réédition comprend un certain nombre d\u2019inédits, dont un témoignage sur la participation de Ferro au Pétain de Marboeuf et une étude du fait divers et de son rapport à l\u2019Histoire dans le cinéma de Fritz Lang.Alain Charbontteau F E 11 Les Belles Rencontres de la librairie HERMËS Samedi 12 mars de 17h à 1% Lancement de la reçue TRIBUNE JUIVE «SPÉCIAL TANGER» I Je 9V> à 22h I 562 jours 1120.ave.laurier'ouest outremnril, montréal u»|.: 2/4*o66() \u2022 irlw.: 2/ « Fais ce que voudras» jouxte une église à Saint-Maur-des-Fossés, village niché dans un méandre de la Manie et dominé par le château du cardinal Jean du Bellay, son défenseur et ami.C\u2019est le Rabelais qui a déjà écrit Pantagruel, puis Gargantua et le Tiers Livre, qui ne touche aucun droit d\u2019auteur, ses livres étant propriété publique, et dont personne ne sait qu\u2019il est écrivain dans la populace qu\u2019il fréquente et qu\u2019il soigne, le Rabelais que le cardi-Bellay (l\u2019oncle de Joachim qui survivra dans la postérité) LE ROMAN DE RABELAIS Michel Ragon Albin Michel, 221 pages Lft île Saint-Louis s\u2019appelait alors l\u2019île aux Vaches.Il y a un 7 peu plus de quatre cents ans.Oh! je sais c\u2019est très loin, c\u2019est du recul qu\u2019on vous propose encore et le dernier .des essayistes québécois à la con qui a mal digéré ses f comprimés matinaux de fascisme va vous dire que je revêt mes habits neufs de la droite culturelle., rétrograde et élitiste, mais pour moi, il y a quatre cents ans et plus, comme pour Michel Ragon qui m\u2019y ramène, «il me semble que c\u2019était hier».Dans l\u2019île aux Vaches passait le semblant de cortège (un petit moine tout seul, et sale) qui alla enterrer dans l\u2019intimité du 9 avril 1553 un vieil homme alors oublié, qui avait été prêtre et savant, médecin comme on pouvait l\u2019être, paillard et érudit, ironiste et sage, haï des sorbonnards et protégé par un cardinal, mais lâché par son roi comme un Falstaff embureluco-qué.Il s\u2019appelait François Rabelais, le macchabée.Il avait écrit quatre livres.Prétendre, comme le tente l\u2019essayiste du mois chez VLB, que c\u2019est passéisme et réaction que de vivre avec des livres comme ceux-là, nos classiques, oui «nos» classiques, comme les livres de Montaigne ou de Shakespeare, de Diderot ou de Céline, les proposant à la lecture plutôt que les derniers récits «vécus» d\u2019une itinérante des causes sociales ou ceux d\u2019un enragé qui s\u2019époumonne sur l\u2019antitabagisme littéraire, est d\u2019une imbé-cilité si profonde, d\u2019un obscurantisme si gênant, que l\u2019on passera outre une fois pour toutes à ces chiures de mouches tsé-tsé de l\u2019universitaire montréalais moyen d\u2019aujourd\u2019hui.Ces gens-là voudraient-ils, comme la sorbonnarde police idéologique du XVIe siècle, que l\u2019on enterre à nouveau Rabelais dans l\u2019oubli définitif de l\u2019île aux Vaches?Je m\u2019échauffe trop, mon rôle ici n\u2019étant pas de traiter des essais québécois (heureusement par les temps qui courent.), et pour me calmer \u2014 sois sage ô ma fureur \u2014 disons comme ce cher Rabelais: «revenons à nos moutons».Michel Ragon, qui est un historien tout autant qu\u2019un romancier, c\u2019est-à-dire un écrivain de vaste culture qui a fouillé autant la littérature prolétarienne que l\u2019art abstrait, vient d\u2019écrire avec sa science, son imagination et son intelligence un «roman de Rabelais» qui nous raconte comme si nous y étions, odeurs et humeurs, les dernières années du moine-médecin-écri-vain qui fut le père de Madame Grandgousier, de Gargantua, de Panurge, de Pantagruel, l\u2019inventeur de l\u2019accouchement par les oreilles, du salmigondis, de la salade romaine et de la liberté totale dans le roman.Il faut se méfier de ces romans soupes faits de filaments de biographie et de cubes d\u2019histoire, et je n\u2019aime pas ce genre de réchauffé historico-romanesque sauf dans certains cas rares, comme celui-ci, ou celui de Bernard-Henri Lévy pour «les derniers jours de Charles Baudelaire» ou celui de Pascal Quignard et les «matins du monde» de Marin Marais, où l\u2019écrivain possède à la fois son sujet et la délicatesse de le laisser s\u2019insinuer sans effort, sans appuyer, dans des pages riches, attentives et claires.Ainsi Ragon nous intéresse-t-il au vieux Rabelais réel, pas rabelaisien pour un sou, chaste, qui à 60 ans rechigne à jouir des largesses de ses protecteurs, qui reçoit ses malades dans une masure qui C\u2019est le Rabelais qui ne touche aucun droit d\u2019auteur, ses livres étant propriété publique, et dont personne ne sait qu\u2019il est écrivain.Mais cherche à convaincre qu\u2019il faut écrire encore, reprendre la plume et le parti de bouffonner tout le monde et la papimanie pour renforcer la position du successeur de son cher François premier, Henri II, devant les agressives politiques vaticanes de la papauté qui était alors le foyer de toutes les mascarades et intrigues.Hélas pour lui, après avoir écrit son Quart Livre, la cour de justice en interdira la vente parce que Henri II et le pape Jean III viennent de se réconcilier.Comme pour le cinématographe, on se chicane autour de La date de naissance de Rabelais.Officiellement nous sommes, en 1994, dans l\u2019année du 500e anniversaire de ce fils d\u2019un bourgeois de Chinon.Mais il se peut qu\u2019il soit né en 1492 ou en 1493, et quoiqu'il en soit R;f bêlais est célébré \u2014 et l'on ne s\u2019en rend plus compte \u2014 à tous les jours du calendrier lorsque vous vous dites que «l\u2019habit ne fait pas le moine» ou que «l\u2019appétit vient en mangeant», que vous lisez un éditorialiste qui évoque la «substantifique moelle» d\u2019un rapport ministériel, ou que vous jouez tout simplement à faire «la bête à deux dos».Dans le premier chapitre de ses Testaments trahis, sous le titre «le jour où Panurge ne fera plus rire», Milan Kundera n\u2019a pas attendu les banquets médiatiques pour célébrer Rabelais qu\u2019il place à la source de l\u2019idée de liberté romanesque, où l\u2019humour, le vraisemblable et l\u2019invraisemblable, l\u2019allégorie, la satire, les géants et les hommes normaux, les anecdotes, les méditations, les voyages réels et fantastiques, les disputes savantes et les digressions de pure virtuosité se chevauchent et galopent ensemble au fil des pages.Kundera l\u2019espiègle craint, «le cœur serré», qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019humour, «la grande invention de l\u2019esprit moderne», se perde dans l\u2019édulcoration des passions, des rêves et des imaginations \u2014 ajoutons: dans l\u2019obscurantisme de ceux qui, tel notre essayiste bien de chez nous, qualifient d\u2019élitisme l\u2019enseignement et la fréquentation de la littérature des siècles précédents \u2014 et il nous invite à relire Sterne, Diderot, Gombrowicz, à lire Salman Rushdie qui, «tel Rabelais, sait que le contrat entre le romancier et le lecteur doit être établi dès le début; il faut que cela soit clair: ce qu'on raconte ici n\u2019est pas sérieux même s\u2019il s\u2019agit de choses on ne peut plus terribles».Le mariage du non-sérieux et du terrible, voilà le contrat de Rabelais, voilà pourquoi il est notre contemporain cet homme honnête qui, bien des siècles avant Jean Cocteau, avait deviné que, puisque le monde est fou, il faut feindre d\u2019en être le bateleur.Il a eu, pour le plus grand plaisir des lecteurs sans frontières ni complexes, des fils et des petits-fils et des arrière-arrière-petits-fils, le Rabelais de File aux Vaches.La ligne Rabelais passe par les stations Swift, Molière, Diderot, Jarry, Kafka, Vitrac, Céline, Genet, Queneau, Ionesco, Pérec, Kundera, Ducharme, Rushdie, Laferrière, ces écrivains inscrits d\u2019office à la fictive abbaye de Thélème où François Rabelais décréta une ligne de conduite: «Fais ce que voudras», ce qui est tout de même mieux, avouons-le, que notre «Fais ce que dois» qu\u2019Henri Bourassa emprunta au cardinal de Givry, qui n\u2019avait pas la souplesse intellectuelle du cardinal du Bellay.BURIN PAR LEONARD GAULTIE Les enfants, .c\u2019est LOGIQUES LE JEU ÉDUCATIF LE JEU ÉDUCATIF Nicole De Grandmont LX-63 - ISBN 2-89381-117-5' 221 pages - 24,95 $ Ces conseils et ces activités pratiques permettent d\u2019intégrer le jeu à l\u2019éducation des enfants.LE JEU LUDIQUE SK DÉVELOPPER PAR LE JEU 0 LE JEU LUDIQUE Nicole De Grandmont LX-62 - ISBN 2-89381-050-0 175 pages - 24,95 $ «Un outil pour utiliser le jeu comme source d\u2019apprentissage et d\u2019épanouissement chez l\u2019enfant.» Denis Lavoie, La Presse LA CRÉATIVITÉ DES ENFANTS M AI.OMÉOi ! ,! \t,,\t iilftjlw ¦JMXXÏ\tà 1 WÊÊÊÊÊÊÊm ZOE A LA GARDERIE Isabelle Richard et Bruno Rouyère LX-14 - ISBN 2-89381-061-6 24 pages - album - 9,95 $ «Ce livre est très près de ce que vivent les enfants en garderie.Un bel outil pour les parents et les éducateurs.» Louise Blanchard, Journal de Montréal ZOE EN AUTOMOBILE Isabelle Richard et Bruno Rouyère LX-79 - ISBN 2-89381-071-3 24 pages - album - 9,95 $ «Un voyage, c\u2019est long.Mais Zoé connaît les trucs pour ne pas s\u2019ennuyer.Parfait pour les 3 à 5 ans.» L.Blanchard, Journal de Montréal LOGIQUES Dist.excl.: LOGIDISQUE Tel.: \u201e933-2225 FAX: (514) 933-2182 Donnez l'espoir qui fait vivre.La Fondation canadienne du rein I.K I) K V OIK.L K S S A M K I) I 5 K T l> I M A N C II K II M A K S I il II I - LIVRES- ÉPOUVANTE Tout au service de Tintrigue LA MÉMOIRE DU LAC Joël Champetier Québec/Amérique, (coll.Sextant, 3), 1994,294 pages.NORBERT SPEHNER De tous les genres dits para-littéraires, le fantastique est certainement le plus difficile à écrire, le plus exigeant car, comme le faisait remarquer Roger Caillois, grand théoricien de la chose, le fantastiqueur habile doit endormir nos défenses, biaiser avec nos certitudes, introduire progressivement le doute.Il n\u2019est pas certain que le conteur réussisse à surmonter tous ces obstacles car nous sommes cartésiens, raisonneurs, blasés et sûrs de nous.Nous connaissons la musique.Et quand un roman fantastique est raté, cela devient simplement grotesque, du Grand Guignol de pacotille parsemé d\u2019effets sanguinolents qui insultent l\u2019intelligence de tout lecteur le moindrement exigeant Heureusement, il n\u2019y a rien de tout cela dans La mémoire du lac, dont l\u2019étiquette «Horreur» aurait pu laisser présager le pire! Joël Champetier a réussi un exploit: me forcer à lire son roman intégralement d\u2019une seule traite, en une soirée, chose que je n\u2019avais pas faite depuis belle lurette! J\u2019ai été accroché dès le début par la voix de Daniel Verrier, le narrateur, qui raconte, à rebours, la tragique et incroyable histoire qui lui est arrivée.Un jour, comme ça, la fatalité l\u2019a pris dans son collimateur et ne l\u2019a plus lâché pendant les quelques 300 pages de ce récit haletant.Verrier est pompier-volontaire à Ville-Marie, au bord du Lac Témiscamingue (le décor somptueux, sauvage et fabuleux de cet étrange ré: rit.).Appelé à combattre un incendie majeur, il fait une chute malencontreuse et se retrouve avec un morceau de ferraille planté dans le crâne.Il survit miraculeusement mais gardera tout de même certaines séquelles physiques et psychologiques: notamment une amnésie partielle qui lui jouera des tours par la suite.Puis, quelques années après, un autre drame épouvantable va faire basculer toute son existence.Lors d\u2019une partie de pêche hivernale sur le lac, sa camionnette défonce la glace.Il réussit à s\u2019en tirer mais ses deux enfants sont noyés.Dévorée par le chagrin, sa femme le quitte, en le tenant responsable de la mort des enfants.Dès lors c\u2019est la descente aux enfers: culpabilité, alcoolisme, et .hallucinations visuelles et auditives! Une phrase commence à l\u2019obséder: «Le Lac attend.», ce lac fascinant dont la présence à la fois majestueuse et inquiétante envahit l\u2019espace romanesque au point d\u2019en devenir poétique.Et voilà qu\u2019Éric, l\u2019idiot du village le harcèle avec ce même message sybillin: «Le Lac attend.».L\u2019intrigue se complique quelque peu quand on découvre un charnier (des cadavres d\u2019enfants) dans les caves du manoir Bowman, une riche demeure perdue dans les arbres, quelque part au bord du lac.lœ récit bascule alors dans le fantastique, le surnaturel, avec une touche de roman policier: un serial killer sacrifie des enfants, à l\u2019aide d\u2019un sorcier algonquin, dans un but horrible que je ne révélerai pas ici.C\u2019est là aussi que l\u2019on découvre le lien entre différents éléments: les souvenirs (ou les trous de mémoire) de Verrier, la noyade de ses enfants, le lac et ses terribles secrets, le cérémonial abominable qui s\u2019est déroulé dans les caves du manoir.Joël Champetier est un sacré conteur qui a su maintenir un rythme et un intérêt constant dans le récit des mésaventures de son personnage.De plus, il évoque de manière très suggestive les paysages de l\u2019Abitibi, notamment les grands espaces du Lac Témiscamingue où, monstre à part (un minimum de précautions s\u2019impose.) on aimerait bien aller taquiner le brochet! Ses personnages sont authentiques, réels et humains, ce qui permet à l\u2019élément surnaturel emprunté aux légendes locales algonquines de s\u2019intégrer de manière crédible dans le fil du récit (cela est essentiel dans un bon roman fantastique).Ces récits fascinants concernant les rites de sorcellerie et le monstre du lac sont évoqués de manière intelligente et efficace, sans excès d\u2019érudition, le tout au service de l\u2019intrigue.Et parlant d\u2019indiens, j\u2019aurai une petite réserve: l\u2019étiquette «Horreur».On concédera qu\u2019elle est plus «comiperciale» mais «Terreur» ou «Epouvante» sont des termes plus nobles qui auraient fort bien convenu car ils ne charrient pas les inquiétantes (et dans ce cas injustifiées) connotations «tripes et sang» d\u2019une certaine production américaine «gore» pour débiles légers! J\u2019espère que cette appellation non contrôlée ne vous empêchera pas de lire La mémoire du lac, ce serait vraiment dommage! Des trois premiers volumes publiés dans la collection Sextant c\u2019est celui qui cadre le mieux avec la vocation d\u2019une série qui cherche un lectorat vaste.Sans sacrifier les qualités littéraires, et tout en évitant les écueils de la médiocrité propres à certaines collections européennes racoleuses comme le Fleuve Noir et autres SAS.pour «beaufs» branchés, l\u2019auteur a écrit une histoire bien ficelée, pleine de suspense et de rebondissements.On espère qu\u2019il y en aura d\u2019autres.ESMELLERS 2.1.2 le Parchemin é ROMANS QUÉBÉCOIS LA RENARDE, de Chrystine Brouillet - éd.Denoël HOMME INVISIBLE À LA FENÊTRE, de Monique Proulx - éd.Boréal/Seuil 3.CARAVANE, d'Élise Turcotte - éd.Leméac 4.LE GRAND BLANC, de Francine Ouellette - éd.Libre Expression 4P ESSAIS QUÉBÉCOIS LA PLÉNITUDE DE L'ÂGE, de Florida Scott-Maxwell - éd.Libre Expression LE FEUILLETON DE MONTRÉAL TOME 11642-1792, de Jean-Claude Germain - éd.Stanké 3.SI LA VIE ÉTAIT UN GAG., de Marcel Béliveau - éd.Libre Expression ouc petit manus i m survie fAMIUÀIE ¦H»*108 ° ïranC* A N1 Tahar Ben Jelloun ROMAN / SEUIL Les grands événements\t de l'Histoire des femmes Éd.Larousse Ord.56,95 $44,95$\t 1 *\t\tf ÊMj FM\t \t-P*mm*®\tf INkm\t \t\tfLlL\\k\t h\t \t L l\t¦¦\"\u2022¦K- 94\t1\t D 8\tI, K I) K V 0 I H , I, K S S A M K I) I .r> K T I) I M A N C II K (> MAKS I !) » 4 TOURISME Pour mieux connaître le Saint-Laurent \u2019hiver pour le moins sévère que nous subissons a, entre autres, attiré notre attention sur les difficiles conditions de circu-_______' lation dans les eaux du golfe Saint-Laurent Les images télévisées nous ont montré de grands navires immobilisés dans les glaces, tout petits dans la froidure, alors que s\u2019affairaient à les déprendre les brise-glaces de la Garde côtière canadienne.Quelques semaines plus tôt, les gouvernements fédéral et québécois avaient annoncé, visi- ™ °1 blement satisfaits, l\u2019amorce de la deuxième pha- c ° se du Plan Saint-I^urent destiné à libérer le fieu- ?ve de ses sources les plus polluantes et à lui redonner une autre vie.Il y a peu d\u2019appareils fluviaux, dans le monde, de la di- :\\-*£ ?2V- 7 « ' &>-v Zr£\\\tm*avrils-*' -J'}\u2022 ?\u2022** ' ' *\t\u2022\u2022 JP ' PHOTO ARCHIVES Quelques-uns se souviennent encore de son existence et en profitent.mension du Saint-Laurent.Mais, nous le savons tous, ce fleuve qui nous a nourris et façonnés est en très mauvaise santé.Et les habitants de l\u2019Amérique du Nord, dont nous sommes, en sont les premiers responsables.Le plus triste dans tout cela, c\u2019est qu\u2019il faille des misères de la sorte pour que, tout à coup, on se souvienne de lui.«Ah! tiens, c\u2019est vrai, il existe encore, celui-là.» Redisons-le encore: nous le prenons pour acquis, le négligeons et laissons aller de la sorte l\u2019un des éléments primordiaux de notre patrimoine collectif, tant na-* ?turel que culturel.Nous dépensons présentement des millions \u2014 et bien d\u2019autres suivront \u2014 pour tenter de le remettre en état.Pour lui redonner un semblant de santé.De temps en temps, au hasard d\u2019une conversation, nous nous souvenons de ces années où les gens se baignaient dans les eaux du Saint-Laurent, quand elles n\u2019étaient pas qu\u2019une mare glauque, chargée de métaux lourds et de poisons divers.Le Saint-Laurent, parfois nous en avons conscience, pourrait être notre principal terrain de jeu et lieu d\u2019identification.Et notre principal attrait touristique, une image de marque que nous pourrions présenter, sans honte, chez nous et à l\u2019étranger.Mais, autant il est malade, autant il nous est méconnu, ce fleuve.Elle est largement disparue, la mémoire de ces capitaines et navigateurs qui roulaient sur ses vagues.Les grandes routes elles-mêmes ont quitté ses rives: il est loin le temps où le Chemin du Roy, le premier chemin voyer entre Montréal et Québec au coeur de la colonie, s\u2019est collé à ses moindres sinuosités.Aujourd\u2019hui, les autoroutes ont coupé l\u2019intérieur des terres, l\u2019ont perdu de vue et n\u2019y jettent \u2014 ainsi que tous les automobilistes qui les empruntent \u2014 qu\u2019un regard distrait de loin en loin.Le Saint-Laurent ne nous appartient plus.Il appartient à ses maladies, à son oubli où nous l\u2019avons confiné.Plus personne ou presque ne le connaît II n\u2019y aurait pas beaucoup de concurrents à Tous pour un.Et c\u2019est à peine depuis quelques années que nous voyons naître çà et là, épars et isolés, des efforts pour nous rappeler ses différents potentiels, y compris son potentiel touristique.Organisme d\u2019Environnement Canada, le Centre Sant-Laurent vient de publier, dans la foulée de son Bilan Saint-Laurent, Le fleuve.en bref, un recueil de cartes présenté comme un ensemble de 60 capsules-éclairs (chacune occupant une page) sur différents aspects biologiques, physico-chimiques et socio-économiques du Saint-Laurent.¦ i 2$ Le Saint-Laurent pourrait être notre principal terrain de À feuilleter ses pages, on peut aussi y trouver un portrait touristique du fleuve, non seulement utile à ceux et celles qui seraient tentés d\u2019en visiter une quelconque de ses parties mais également aux personnes, entreprises et organismes qui pourraient contribuer à sa mise en valeur.L\u2019ouvrage, disponible gratuitement par la poste, se veut modeste et synthétique: les planches, en noir et blanc, sont complétées de tableaux et données qui donnent l\u2019essentiel de l\u2019état des connaissances dans les divers domaines ainsi considérés.J\u2019y ai trouvé un fonds documentaire remarquable et une source d\u2019éveil aux possibilités touristiques du grand fleuve que bien des ouvrages d\u2019apparence plus pompeuse n\u2019ont jamais véhiculés avec une telle vigueur.Il contient des planches qui présentent les différentes sec- PHOTO ARCHIVES jeu et lieu d\u2019identification.tions du Saint-Laurent (tronçon fluvial, estuaire maritime, golfe, etc.), la localisation et l\u2019identification des mi-leux naturels protégés, des sites et arrondissements classés et celles des ponts, traversiers et écluses, un aperçu de la pêche sportive en eau douce, l\u2019inventaire des festivals reliés au fleuve, des données sur le réseau de ses plages, sur la navigation de plaisance qui s\u2019y fait, sur l\u2019observation des baleines, les rampes de mises à l\u2019eau, les haltes routières, belvédères et autres sites d\u2019observation, bref sur ses multiples richesses qui ne demandent qu\u2019à s\u2019épanouir.Il y a toutes sortes de guides touristiques.Renseignements: Centre Saint-Laurent, Environnement Canada, 105, rue McGill, 4e étage, Montréal H2Y 2E7, (514) 283-7000/9451 (télécopieur).HEBERGEMENT en région RELAIS & CHATEAUX La fine fleur des maîtres hôteliers.40 ans d\u2019excellence L\u2019AIGLE LA PINSONNIERE: Sous un même toit.un must en Charlevoix.Un élégant relais de campagne, une cave exceptionnelle et un restaurant lauréat de la gastronomie aux Grands prix du tourisme.Piscine intérieure, sauna et massothérapie.Skiez Grand Fonds et le Massif.Spécial du 11 mars: une nuitée en chambre \"Grand Confort\u201d, copieux petits-déjeuners, table d\u2019hôte de 4 services: 90 $ pp, occ.double, taxes et service compris.Réservez maintenant: 1-800-387-4431 LAURENTIDES HOTEL-RESTAURANT LEAU-A-LA-BOUCHE La Table d'Or des Laurentides et la Table de Bronze au Grand Prix National de la Gastronomie 1993.Vue sur pistes de ski éclairées.Foyers, tourbillons disponibles.Les plus belles chambres de la région.Du 22 au 26 février, la cuisine de Richard Coutenceau de La Rochelle, Forfait ski, anniversaire et affaires.Spécial sur semaine du dimanche au jeudi \"* à partir de 47,50 $ par personne, par nuit, occ, double, chambre salon, pei déjeuner complet et service inclus.\tTél.sans frais de Mtl 514-227-1416.514-229-2991.MONTEREGIE / SAINT-MARC-SUR RICHELIEU HOTELLERIE LES TROIS TILLEULS À St Marc sur Richelieu.Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu et où le personnel n'a qu'un seul désir : satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».Nous avons différents forfaits à vous proposer.856-7787 ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY: Premier Grand Prix National de la Gastronomie 1993, «La Table d'Or» du Québec, cave à vin remarquable.25 chambres dont plusieurs avec foyer et/ou bain tourb.Vue panoramique sur le lac.Découvrez les plaisirs de l'hiver.50km de pistes de ski de randonnée à partir de l'auberge.À proximité: ski alpin, patinoire, etc.Forfaits week-ends à partir de §7,50 $p.p.en occ.dble/1 jour.Informez-vous de nos spéciaux en semaine.SPÉCIAL MARS-AVRIL: 15% de rabais sur forfaits en semaine, soit du dimanche au jeudi incl.Tél.: (819) 842-2451 Hôtellerie Champê tre Auberges et Hôtels du Québec Vous faire plaisir, c\u2019est dans notre nature! LAURENTIDES HÔTEL LA SAPINIÈRE \u2014 (Laurentides au nord de Montréal) - Lac - 1 heure de Mtl -70 chambres - cuisine raffinée \u2014 prestigieuse cave à vin - sports de saison \u2014 FORFAITS SUR SEMAINE ET FIN DE SEMAINE - TÉL: 800-567-6635 où 819-322-2020 - FAX: 819-322-6510 -1244 chemin La Sapinière, Val David (Québec) JOT 2N0 HÔTEL L\u2019ESTÉREL \u2014 «Nos chiens Huskys Sibériens sont attelés aux traîneaux et s'impafientent.85 km de pistes de ski de fond fraîchement entretenues parsèment lacs et montagnes.notre guide de motoneige vérifie en détail le parcours de la journée.le chasse-neige déblaie notre patinoire olympique et notre piste de 6 km.,, les moniteurs de ski alpin s'informent des conditions de neige.des mongolfières colorent l'immensité blanche du Lac Dupuis.à l'intérieur, une clientèle enthousiaste se prépare pour l'aventure blanche: voilà un matin typique d'une journée plus qu'organisée à l'Hôtel L'Estérel».Cet hiver, venez vivre l'ultime aventure blanche!.(514) 228-2571.Sans trais de Montréal: 866-8224.Téléc.: 228-4977.LANAUDIERE AUBERGE DE LA MONTAGNE COUPÉE\t* * * * Pour les amants de la nature, du calme et de la gastronomie.Auberge de grand confort avec vue panoramique sur les Laurentides et la Vallée du St-Laurent (4 belvédères), accès à plus de 85 km de ski de fond entretenus, la célèbre école de ski de fond.6 km de sentiers de marche, patinoire éclairée, piscine int\u201e saunas, salle de jeux et billard.50 chambres luxueuses dont 12 avec bain tourbillon double et foyer.Excursion en traîneau à chiens (massothérapie disponible).Forfait PAM à partir de 72S/pers./jr/occ, double à St-Jean-de-Matha (I hre de Mtl).I -800-363-8414 H A R L E V O I I Offrez vous la féérie de Charlevoix l'hiver, dans une Auberge réputée pour sa haute gastronomie, la vue spectaculaire sur le fleuve, et le confort douillet de ses chambres (la majorité avec bain tourbillon, salon, foyer, balcon).P.A.M.à compter de $87.50 p.pers., occ.double.FORFAIT SKI ALPIN OU DE FOND Massif et Grands-Fonds.Aussi FORFAIT MOTONEIGE.418-005-3731 Un nouveau réseau hôtelier unique fHôtellerie et prestigieux des meilleurs auberges Champêtre et hôtels de villégiature au Québec.Auberges e» Hotels du Quebec\tO\t^ OFFREZ-VOUS UN SEJOUR CHEZ LA FAMILLE DUFOUR BEAUPRÉ / MONT SAINTE-ANN HOTEL VAL-DES-NEIGES Centre de villégiature de congrès situé au pied du Mont Sainte-Anne.110 chambres de luxe, cuisine réputée, piscine intérieure panoramique, sauna, bain tourbillon, salle ' d'exercices, salles de réunion (12), Demandez nos avantageux forfaits : «Évasion à la montagne», «Coeur à coeur», i ¦Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeau», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél.: (418) 827-5711.FAX (418) 827-5997, sans fiais 1-800-463-5250.HÔTE: 1-800-361-6162 BAIE SAINT-PAUL AUBERGE LA PIGNORONDE Auberge à flanc de montagne avec vue magnifique sur le Saint-Laurent.27 chambres tout confort, fine cuisine, salle de réunions et de jeux, piscine intérieure , panoramique, bar-détente, ambiance chaleureuse, etc.Demandez nos forfaits : «Évasion vers l'Art», «Coeur à Coeur», «Douces Vacances», «Réunion d'affaires», «Cadeau», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél : (418) 435-5505.FAX (418) 435-2779, sans frais 1-800-463-5250.HÔTE : 1-800-361-6162 VIEUX-QUÉBEC HOTEL CLARENDON Construit en 1870, situé au centre d fortifications du Vieux-Québec, entièrement rénové, climatisé, avec en ses murs le restaurant Charles Baillairgé, le plus ancien restaurant au Canada.93 chambres tout confort, cuisine raffinée, Bar L'Emprise où le jazz est à l'honneur, directement relié à un stationnement intérieur.Demandez nos avantageux forfaits dont le forfait «cadeau».Tél.: (418) 692-2480.FAX : (418) 692-4652-1-800-463-5250.HÔTE 1-800-361-6162 QUÉBEC MANOIR DU LAC DELAGE À 5 minutes du centre de ski Stoneham.Ski de randonnée (30 km), patinoire, glissade, piscine intérieure, théâtre.Le NOUVEAU SPA du Manoir vous propose massages, bains aux huiles ou aux algues, enveloppements aux algues, pressothérapie.FORFAIT SKI incluant: chambre pour 2 nuits, 2 repas du soir, 2 petits déjeuners, transport et billet de remontée (2 jours) au centre de ski Stoneham.A COMPTER de 184$ (p.pers.occ.d).AUSSI DISPONIBLE: FORFAIT SPA, ÉVASION-THÉÂTRE.RÉSERVATIONS (418) 848-2551 ou 1-800-463-2841 MONT SAINTE-ANNE _ «-p-;\u2014.À cinq minutes du Mont Sainte-Anne, offrez-vous un séjour C Auberge I.a V^amarine ) mémorable Accuef chctet/eux.service often*, table réputée.31 '-' chambres grand confort avec lit queen et duvet, plusieurs avec foyer Forfait «ÉVASION», offre exceptiomele comprenant 3 jan.2 nuits, un souper gourmet, deux grands déjeuners les pourboires et le service privé de navette à la mortqgne.àpoftrde 16000S/pets occ double\tPésSoraftos 1-MQ-S67-3939(418)827-5703 VIEUX QUÉBEC AUBERGE DU TRESOR La plus vieille auberge en Amérique du Nord, 20 rue Sainte-Anne, au coin de la célèbre rue du Trésor et face au Château Frontenac.Forfait «ROMANTIQUE» (pour 2 personnes) 1 chambre pour 1 nuit, 2 soupers (table d\u2019hôte gastronomique) accompagnés d'une bouteille de vin (Appellation d'origine contrôlée), 2 digestifs au choix, 2 petits déjeuners, 1 stationnement pour 1 nuit; 115$ pour 2 personnes taxes et pourboires en sus.L'Auberge du Trésor, 21 chambres à la bohème, le rendez-vous romantique des amoureux et des artistes des quatre coins du monde.Forfait «WEEK-END» aussi disponible.\t,\t.1-418-694-1876 VIEUX QUÉBEC MANOIR VICTORIA Situé au cœur du Vieux-Québec, cet hôtel aû cochet européen unique a récemment été rénové et agrandi au coût de 12$ million.' 145 chambres et suites - 7 salles de réunions et banquets - restaurant fine cuisine (20% de rabais le soir) - resto-bistro Le Saint-James - piscine intérieure - club de santé -i' wuna - stationnement intérieur avec service de valet À partir de 65$ par nuit en occ.double Renseignez-vous sur nos forfaits 1-800-463-6283 AUBERGE LOUIS-HÉBERT: Profitez de notre forfait! 59,50 $ par personne en 1 accommodation double, comprenant la chambre, le petit-déjeuner, le souper et le stationnement.Les taxes et le service sont inclus.1668 Grande-Allée est.\tpour réserver: (418) 525-7812 LA MAISON ACADIENNE LA MAISON ACADIENNE Rendez-vous avec l'histoire.\u2022\tChambre rénovées à partir de 39 S, déjeuner inclus \u2022\tForfaits Histoire, culture, gastronomie 64 $ \u2018 Ski (Mort Ste-Anne ou Stonetxjm) de 79 $ à 89 S* \u2022\t(Prix par personne, par jou, occ double, sa une base de 2 jrs.taxes et services incL) (418)694-0280\t1-800-463-0280 ANTICOSTI BAS SAINT-LAURENT i SÉPAQ ANTICOSTI.[FLEUR DES BOIS PourMormaion: 1-41I-S35-0156 (Anfcort) SS du SOiDfTOl/BnT V606Z OcCOUVTf IQS ous sommes ouverts 12 moe par ornée, ne umertique victorienne frocNement loubercesdansrbf (418)856-1201 Pour réserver cet espace, appelez Monique Verreault au 985-3314 A1C I.K l> E V 0 ! R .L E S S A M E l> I T l> I NI A X (' Il K II M A R S I II 11 I tutriwf V£\tmjm*l#»9s^afc isxRjs \u2022 |i-j* IIMWI»»».r .nun ii ' Organise/ 1 votre\t1 voyage\t\u2019 Profitez de votre séjour Autour du lac de Garde 4 ».S» I II *-«**
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