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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 1994-04-25, Collections de BAnQ.

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[" LE DEVOIR L\u2019ENTREVUE Gilles Dostaler, anti-impérialiste de la pensée économique PAGE B 1 LES ACTUALITÉS Pour un «sommet national» de la santé PAGE A 2 LES ACTUALITÉS L\u2019étoile de Chrétien pâlit au Québec PAGE A 4 Défi au processus démocratique sud-africain Une bombe fait neuf morts et 92 blessés près du siège national de l'ANC D\u2019APRES AFP ET REUTER PERSPECTIVES La judéité peut-elle survivre?Pa ni Cau ch on En célébrant les 75 ans d\u2019existence du Congrès juif canadien, la communauté juive s\u2019interroge sur la situation politique du Québec, continue le dialogue amorcé auprès des Québécois francophones, mais s\u2019inquiète aussi de l\u2019avenir de sa jeunesse, et de l\u2019avenir de la judéité au prochain siècle.Johannesburg \u2014 Deux incidents violents et mortels survenus au cours du week-end \u2014 quelques jours à peine avant le début du scrutin en Afrique du Sud \u2014 dans le KwaZulu et à Johannesburg ont déçu les espoirs d\u2019une consultation pacifique que le ralliement du parti nationaliste zoulou Inkatha au processus électoral avait suscités mardi dernier.Hier, neuf personnes ont été tuées et 92 blessées, selon la police, dans l\u2019explosion d\u2019une bombe placée dans une voiture près du siège national du Congrès national africain (ANC) et des locaux du Congrès panafricain (PAC) dans le centre de Johannesburg.Cet attentat, commis à 48 heures du début du scrutin, n\u2019avait pas été revendiqué hier soir.Une candidate de l\u2019ANC aux élections régionales figure parmi les morts.Selon des témoins, l\u2019un des morts se- rait un Blanc.Les autorités municipales ont précisé dans un communiqué qu\u2019un policier avait été blessé.La police soupçonne l\u2019extrême-droite blanche d\u2019être à l\u2019origine de cet attentat, a indiqué un de ses porte-paroles, qui n\u2019a pas fourni de précisions.La frange la plus VOIR PAGE A 8: DÉFI ¦ Autres informations en page A 5 y Assemblée plénière du Congrès juif cana- L.\u2018 dien, Section Québec, se tenait hier dans un grand hôtel de Montréal, et on y célé-brait le 75e anniversaire de fondation de r l\u2019organisme.Pour l\u2019occasion, on avait fait les choses en grand: invités prestigieux, discours du premier ministre du Québec et du chef de l\u2019Opposition, et puis surtout une série d\u2019ateliers qui n\u2019ont pas hésité à proposer des sujets chauds.Curieusement, pendant que dans un atelier on évaluait avec une inquiétude évidente les effets de l\u2019indépendance possible du Québec, au même moment, dans un atelier voisin, de jeunes Juifs sont venus dire que l\u2019avenir leur appartenait, que Montréal était une ville formidable, que le Québec était un terre accueillante, et qu\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019à eux de prendre la place qu\u2019il leur revient.«Les jeunes ne sont pas alarmistes, leur ton est serein, plusieurs n\u2019hésitent pas à investir dans une maison, dans une famille, parce qu\u2019ils veulent demeurer ici» de dire Barry Pascal, qui animait l\u2019atelier.On croit que la situation socio-économique est meilleure à Toronto, mais «les problèmes sont similaires, et c\u2019est à nous de faire la différence», ont déclaré plusieurs d\u2019entre eux.«Nous pouvons décider de demeurer ici, ajoute un autre.Si vous voulons rester, nous resterons, et nous réussirons.Nous n\u2019avons pas à attendre le signal du gouvernement ou des organismes communautaires pour le faire».Robert Libman a bien répété que le gouvernement devait quand même créer un environnement favorable au maintien des jeunes Juifs au Québec, particulièrement en assouplissant les lois linguistiques.Plusieurs participants insistaient plutôt sur le fait que «les francophones sont très ouverts envers nous, ils veulent nous connaître».Et tous proclament d\u2019abord un amour indéfectible pour Montréal.«Ici nous avons des Juifs dévoués qui croient en leur avenir et en leurs institutions» de lancer l\u2019un deux.Pour l\u2019observateur extérieur, rien de plus dangereux que de généraliser en parlant «Il faut cesser «des Juifs».Dr communauté juive compte plusieurs tendances, bien des individualités, et surtout deux grandes divisions de base entre ashkénazes et sépharades, ces derniers, francophones, ayant établi des contacts plus serrés avec les francophones.Il reste que les institutions officielles, comme le Congrès juif justement, et les Services communautaires juifs, ont entrepris ces dernières années un rapprochement plus organisé avec le Québec francophone.Et vice versa.S\u2019il faut ,se rapprocher, c\u2019est parce qu\u2019il y a eu éloignement A ce sujet, le président du Congrès juif canadien, l\u2019historien Irving Abella, a livré un résumé fascinant des tumultueuses relations entre Juifs et Québécois, et de 300 ans de présence historique juive au Québec.«Il faut cesser d\u2019agir comme si nous étions une nouvelle communauté», lançait-il d\u2019emblée.Il a livré plusieurs exemples de collaborations mutuelles, dont l\u2019histoire de ce marchand juif qui fournissait des vivres aux colons français de la colonie, et de qui Montcalm avait déclaré qu il avait plus fait pour le fait français en Nouvelle-France que le Roi lui-même.Mais il a aussi rappelé que cette collaboration, réelle, s\u2019est brisée au début du XXe siècle, le Canada de 1919, date de la fondation du Congrès juif, étant devenu une terre d\u2019«intolérance et de xénophobie».Hy Goldman et Pierre Anctil, du groupe Dialogue Saint-Urbain, créé en 1989 pour susciter le rapprochement entre les deux communautés, écrivaient récemment que «le caractère exclusif du nationalisme québécois d\u2019avant-guerre, les bouffées de repli sur soi et les soubresauts antisémites des années trente ont convaincu bien des Juifs montréalais de la fragilité de leur insertion au sein de la société québécoise majoritaire».d\u2019agir comme si nous étions une nouvelle communauté» Un malaise qui persiste encore, d\u2019autant plus que la confusion règne souvent entre les mots «juifs» et «anglophones».Le premier ministre Johnson parlait d\u2019ailleurs hier de la «communauté juive, la communauté anglophone» dans un passage de son discours, comme si les deux termes étaient synonymes.Bien sûr le dialogue se poursuivra.Mais chez les Juifs eux-mêmes une autre inquiétude pointe: les jeunes Juifs se sont inquiétés hier du vieillissement de leur population.Et Irving Abella s\u2019est demandé si dans le prochain siècle «nos enfants seront encore Juifs», si la judéité peut survivre dans une société multiculturelle, s\u2019il est possible de construire encore une communauté non seulement «concernée par la survivance», mais «attrayante pour nos enfants», puisqu\u2019«en Amérique du nord, vivre comme Juif est une option parmi d\u2019autres».Une question qui concerne l\u2019identité profonde, et qui peut être méditée aussi par d\u2019autres communautés.\tI N D\tE X\t Les actualités .A2\t\tÉditorial\t\t.A6 Agenda culturel .B6\t\tEntrevue\t\t.Bl Classées\t\t\t\tw\tIdées \t\t.A7 Avis publics.\t.A4\tLe monde\t\t,.A5 Culture\t\t\tB8\tMots croisés.\t.B4 Économie\t\t,.B2\tLes sports\t\t.B5 Météo Ciel variable Max: 18 Détails en B4 PHOTO ROBERT SKINNER Plus de 1500 partisans ont chaudement accueilli Pierre Bourque, qui lançait hier sa campagne électorale.Transformer Montréal en jardin Pierre Bourque entend faire de la métropole la première ville environnementale d\u2019Amérique d\u2019ici quatre ans KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Pierre Bourque entend élargir ses compétences d\u2019horticulteur.Le chef du nouveau parti municipal, Vision Montréal, qui lançait hier sa campagne électorale, veut faire de Montréal la première ville environnementale d\u2019Amérique du Nord d\u2019ici les 4 prochaines années.Devant 1500 militants, M.Bourque a soutenu que «l\u2019avenir réside beaucoup dans un changement des comportements des citoyens».Vision Montréal propose donc d\u2019accélérer la collecte sélective, en atteignant un taux de 50% dès le premier mandat Mais le discours vert de l\u2019aspirant-maire ne s\u2019arrête pas là.Pierre Bourque entend transformer Montréal en un jardin parce que, dit-il, «le jardin est un symbole qui évoque l\u2019harmonie».«Après avoir beaucoup réfléchi sur Montréal, c\u2019est sûrement dans la réalisation de ces deux rêves qu\u2019on peut transformer cette ville, qu\u2019on peut lui donner le souffle qu\u2019elle attend depuis longtemps», a-t-il dit.Pour parvenir à ces objectifs, Vision Montréal compte sur la participation active des résidants de la ville, en créant dans chacun des districts, un comité d\u2019embellissement.Ce comité regrouperait 200 bénévoles qui bénéfi- VOIR PAGE A 8: JARDIN Richard Nixon, phénix de la politique américaine Washington (AFP) - Le décès, vendredi soir, de l\u2019ancien président Richard Nixon continuait à susciter, au cours du week-end, de nombreuses réactions dans la classe politique aux États-Unis.«Les différences du passé font maintenant partie de l\u2019Histoire», a déclaré le gouverneur du Connecticut, Lowell Weicker, ancien membre républicain de la commission d\u2019enquête sur le scandale du Watergate qui s\u2019était fréquemment opposé au président Nixon, bien que les deux hommes fussent du même parti.Le chef de la minorité républicaine au Sénat, Robert Dole (républicain, Kansas), a estimé de son côté que «l\u2019Histoire enseignera que cet homme a fait la différence».«Longtemps après que le Wateigate aura été oublié, l\u2019on se souviendra de son ouverture vers la Chine, de la création d\u2019une agence de protection de l\u2019environnement et de son engagement en faveur d\u2019une Amérique forte», a déclaré un autre républicain, le représentant de Géoigie Newt Gingrich.LE MONDE Richard Nixon a connu sa grande heure de gloire et de revanche le 19 juillet 1990.Seize ans après avoir été contraint de démissionner \u2014le premier chef de l\u2019exécutif de l\u2019hisoire des États-Unis à subir cette disgrâce\u2014, trois anciens présidents (Ford, Reagan, Bush) étaient à ses côtés dans la petite ville de Yorba-Linda (Californie).On inaugurait sa bibliothèque (ses amis avaient réuni les 21 millions de dollars nécessaires à sa construction et à son entretrien), et l\u2019humble maison où il naquit en 1913 avait été restaurée.Des milliers d\u2019invités, des fidèles amis comme Henry Kissinger, architecte de sa politique étrangère, ses collaborateurs.y compris ceux qui furent des complices actifs du scandale du Watergate, participaient à cette grande fête, close sur un lâcher de 40 000 ballons aux couleurs nationales.Richard Nixon, un homme qui avait occupé le devant de la scène pendant prés de 50 ans, a vécu là un moment extraordinaire d\u2019une carrière mouvementée, marquée d'échecs et de succès.«Il est préférable d\u2019être battu, déclara-t-il un jour, parce que ne pas avoir connu la défaite aussi bien que la victoire aurait été bien triste.» Même à cette grande heure de sa réhabilitation, le phœnix de la politique américaine confirma l\u2019aspect négatif de sa personnalité, sa mauvaise réputation d\u2019homme tortueux, celle qui lui valut le surnom de «Tricky Dickie» ( Richard le rusé).Ainsi, sa bibliothèque ne contient qu\u2019une sélection de documents officiels, Nixon ayant réussi à empêcher la diffusion de 150 000 pages compromettantes.Néanmoins, une salle est consacrée à l\u2019affaire du Watergate, contenant notamment la fameuse bande enregistrée du 23 juin 1972, un document iiTéfutable qui obligea Nixon à démissionner.Mais dans son dernier livre.In the Arena, l\u2019ex-président, tout en acceptant sa responsabilité, se trouve beaucoup d\u2019excuses.«Mon erreur, écrit-il, est de ne pas avoir observé les règles du jeu politique et de ne pas m\u2019être maintenu sur un niveau plus élevé comme mes prédécesseurs.Watergate, ajoute-t-il, est pour un tiers une mauvaise action fil s\u2019agit VOIR PAGE A 8: NIXON La communauté juive n\u2019a rien contre Parizeau, mais préfère Johnson PIERRE O\u2019NEILL LE DEVOIR La communauté juive de Montréal n\u2019a rien contre le péquiste Jacques Parizeau et le trouve même intéressant, mais elle lui préfère le libéral Daniel Johnson.A une heure d\u2019intervalle, les deux chefs politiques se sont succédés à la tribune des assises que tenait hier à Montréal le Congrès juif canadien.Entre l\u2019accueil réservé à l\u2019un puis à l\u2019autre, le contraste était frappant D\u2019entrée de jeu, le premier ministre a bénéficié de circonstances favorables, de par l\u2019allégeance libérale traditionnelle de cette communauté, la langue de communica-tiop et les thèmes abordés.A son entrée dans la salle, il a reçu une ovation debout.Passant du français à l\u2019anglais avec beaucoup d\u2019aisance, il a réitéré son engagement à protéger les droits scolaires, linguistiques et institutionnels des Juifs.Et il a servi la profession de foi fédéraliste qu\u2019ils voulaient entendre et qu\u2019ils ont bruyamment acclamée.Tout cela devant une salle remplie de convives qui venaient de déguster un succulent repas.Le temps venu pour le chef de l\u2019opposition officielle, la salle s\u2019était vidée de moitié.Seulement quelques applaudissements timides et parsemées ont marqué son arrivée au podium.Le propos sur l\u2019enclenchement du processus d'accession à la souveraineté,et sur l\u2019incontournable référendum n\u2019a pas fait fureur.A l\u2019instar de son adversaire, VOIR PAGE A 8: COMMUNAUTÉ LE MONDE Gorazde reçoit enfin du secours PAGE A 5 » à A 8 I, K I) £ V (H It I.K I.I! N I) I 2 .r> A V III I.I II II I iE u s\u2019est adressé uniquement COMMUNAUTE Fédéralistes pour le demeurer SUITE DE LA PAGE 1 Je chef péquiste s\u2019est s\u2019engagé à maintenir les droits de la communauté juive.Il a néanmoins marqué des points et s\u2019est gagné une certaine sympathie quand il a rappelé les noms des grands artistes et écrivains juifs qui ont contribué à illustrer la société montréalaise.Son hommage inattendu à Mordecai Richler lui a même valu des applaudissements.Il a également plu à ses auditeurs en annonçant que le PQ comptait présenter des candidats de la communauté juive dans les comtés d\u2019Outremont, de Notre-Dame-de-Grâce et de D\u2019Arcy McGee.Mais à cet auditoire majoritairement anglophone, il s\u2019est adressé uniquement, en français, ce qui visiblement n\u2019a pas été apprécié.A l\u2019issue de son discours, il a expliqué aux journalistes qu\u2019il avait été invité à titre du rôle de chef de l\u2019opposition à parler devant une institu- Àtion non moins officielle.cet auditoire Appelé à la remercier, le prési-., ,\tdent du Comité des relations majoritairement communautaires du Congrès juif, ,\t,\tMax Bernard, a voulu couper anglophone, court à toute velléité de faire élire p .\tun député juif sous la bannière du ranzeau Parti québécois, en lui indiquant que les Juifs de Montréal sont fédéralistes et vont le demeurer.Devant les représentants de la presse, M.Bernard a convenu en français ce 9U\u2019il eût sans doute été préférable *\t\u2019 que M.Parizeau pronopce qui visiblement quelques mots en anglais.A la clôture de l\u2019assemblée, quelques n\u2019a pas été participants ont néanmoins confié , aux journalistes avoir apprécié le apprécié ton du discours du leader souverainiste.«Au moins, il est franc et clair».L\u2019essentiel du discours du premier ministre a consisté à calmer les appréhensions des membres de la communauté juive.Porteur d\u2019un message d\u2019espoir, il a promis de tout faire pour que leurs jeunes se sentent chez eux au Québec et surtout qu\u2019ils aient accès à des emplois au sein de la fonction publique.«Nous devons donner des raisons d\u2019espérer à ceux qui vous suivent.Nous devons assurer que la qualité de vos jeunes trouve une expression concrète dans les nouvelles entreprises d\u2019où viendront la croissance de l\u2019emploi et la contribution à l\u2019économie» Abordant la question constitutionnelle, M.Johnson a reconnu que le fédéralisme canadien n\u2019est pas toujours un régime facile à vivre mais qu\u2019il voit comme un moindre mal.«C\u2019est encore le meilleur système.Les intérêts du Québec sont mieux servis par la qualité de nos rapports avec les partenaires canadiens que par n\u2019importe quelle autre alternative».Parlant du débat constitutionnel auquel donnera lieu la prochaine campagne électorale, M.Johnson a lancé un appel à la sérénité.«Nous allons débattre ensemble dans la même tradition de tolérance et d\u2019ouverture que votre communauté a toujours manifestée à l\u2019endroit de tous ceux avec lesquels vous transiger.C\u2019est dans cette atmosphère seulement que nous pourrons construire le Québec de demain».Dans un premier temps, M.Parizeau a qualifié d\u2019odieuses les insinuations de ses adversaires politiques qui tentent de faire peur à la communauté juive, en laissant entendre que dans un Québec souverain le PQ leur enlèvera leurs institutions.A l\u2019instar de M.Johnson, il a promis de tout faire pour que la jeunesse des communautés culturelles trouve des emplois dans la fonction publique, dans la police, dans les municipalités et à d\u2019autres postes administratifs qui relèvent du gouvernement.Dans l\u2019optique de la souveraineté, il s\u2019est efforcé de convaincre son auditoire qu\u2019un petit pays peut survivre et prospérer pourvu qu\u2019il appartienne à un grand marché économique.«Nous sommes condamnés à l\u2019excellence de ce que nous faisons».«J .à PHOTO AP Plus de 100 000 personnes ont écouté religieusement hier le discours de fin de campagne de Nelson Mandela.f DEFI Un coup de l\u2019extrême droite?SUITE DE LA PAGE 1 dure de l\u2019extrême droite blanche a déjà mené plusieurs attentats et actions de sabotage dans différentes régions du pays contre des permanences de l\u2019ANC, du Parti national (NP) du président Frederik De Klerk, certains commerces, et surtout des pylônes électriques et des relais de radio-télévision.Un porte-parole du PAC, l\u2019un des 27 partis participant aux élections, a signalé qu\u2019un homme parlant afrikaans, la langue de nombreux conservateurs blancs, avait lancé des menaces au téléphone peu avant l\u2019explosion.L\u2019attentat a été condamné par le NP, l\u2019ANC et son grand rival, le parti nationaliste zoulou Inkatha (IFP) de Mango-suthu Buthelezi, qui s\u2019est rallié mardi au processus électoral, faisant alors naître l\u2019espoir d\u2019un déroulement sans violence de ce scrutin historique.Cari Niehaus, porte-parole de l\u2019ANC, a déclaré: «Je suis convaincu que c\u2019est une attaque directe contre la démocratie et les élections.J\u2019espère que cela ne dissuadera pas les gens de se rendre aux urnes».M.Thabo Mbeki, le président national du Congrès national africain (ANC), a pour sa part accusé une ténébreuse «Troisième force» et l\u2019extrême-droite blanche d\u2019être à l\u2019origine de l\u2019attentat à la voiture piégée.«Nous devons clairement regarder du coté de l\u2019extrê-me-droite blanche et de la Troisième force» \u2014 une référence à des dissidents blancs des forces de sécurité qui ont juré d\u2019interrompre la transition vers la démocratie \u2014 a déclaré M.Mbeki lors d\u2019une conférence de presse au Cap.«Ils n\u2019ont pas accepté le changement Je crois que nous devons regarder en direction de ces deux composantes, a poursuivi le responsable de l\u2019ANC.Il est évident que des gens s\u2019opposent à la poursuite de la transition et pensent qu\u2019ils peuvent le faire par la force».M.Mbeki a indiqué que l\u2019ANC allait tenir des réunions urgentes avec les forces de sécurité «pour examiner de très près ce qu\u2019elles font pour traiter le problème de la violence».Samedi, trois militants de l\u2019ANC avaient déjà été tués, dont un brûlé vif dans sa camionnette, à la suite d\u2019une altercation entre des nationalistes zoulous et des membres du mouvement de Nelson Mandela qui distribuaient des tracts électoraux à Ulundi, capitale du KwaZulu et bastion de l\u2019Inkatha.Devant la gravité de cet incident, M.Buthelezi a interrompu une tournée électorale dans le Natal et a regagné Ulundi.Il est intervenu personnellement pour dégager des militants de l\u2019ANC et des observateurs de la Commission électorale indépendante qui s\u2019étaient réfugiés dans un poste de police encerclé par un millier de sympathisants de l\u2019Inkatha.L\u2019ANC s\u2019est félicitée de l\u2019intervention rapide de M.Buthelezi, mais s\u2019est déclarée choquée et scandalisée par le massacre de ses militants.Achevant sa campagne électorale à Durban, ville portuaire du Natal, son chef Nelson Mandela a qualifié les incidents d\u2019Ulundi d\u2019avant-goût des violences qui risquent de se produire pendant les trois jours de la consultation.Du côté de l\u2019extrême-droite, le général Constand Vil- joen, chef du Front de la liberté (FF) et de la mouvance «réaliste», qui participe aux élections, avait tenté jeudi de convaincre les jusqu\u2019auboutistes de rallier le processus démocratique, mais en vain.M.Viljoen a signé samedi avec l\u2019ANC et le gouvernement un accord sur,les modalités de la création éventuelle d\u2019un Volkstaat (Etat séparé pour les Blancs) après les élections.M.Eugène Terre\u2019blanche, chef du Mouvement de la résistance Afrikaner a qualifé samedi M.Viljoen de «traître».Après l\u2019attentat d\u2019hier à Johannesburg, ce dernier a lancé un appel au calme, invitant tous les Sud-Africains à ne plus avoir recours à la violence mais à faire confiance au système électoral en vue d\u2019instaurer un système pluraliste.Pour sa part, le chef Buthelezi a profité du dernier jour de sa campagne pour fustiger le parti du président Frederik de Klerk et l\u2019ANC.M.Buthelezi, dans un discours à Soweto, cité noire près de Johannesburg et fief de l\u2019ANC, a renvoyé les deux partis dos à dos pour leurs responsabilités égales, selon lui, dans les «blessures profondes» de la société sud-africaine.Devant 15 000 partisans armés de massues, de lances et de boucliers, il a accusé l\u2019ANC et le NP d\u2019avoir «dangereusement réveillé les aspirations de la population noire en lui promettant des logements, du travail, la richesse, promesses faciles à faire mais pas à réaliser».La police et l\u2019armée sud-africaine s\u2019étaient déployées en force à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur du stade en raison des tensions engendrées par les meurtres d\u2019Ulundi et l\u2019attentat de Johannesburg.Quelque 22,7 millions de Sud-Africains sont invités à partir de demain à voter pour mettre fin à trois siècles de suprématie blanche, Les bureaux de vote seront ouverts de 7h (5h GMT) à 19h (17h GMT) demain, mercredi et jeudi.Les électeurs devront déposer dans les urnes deux bulletins, l\u2019un pour l\u2019élection des membres de l\u2019Assemblée nationale, l\u2019autre pour les représentants des neuf provinces qui remplaceront les quatre provinces et les dix bantoustans actuels.Vingt-sept partis participent à ce scrutin.Le premier parlement à majorité noire d\u2019Afrique du Sud dpit se réunir au Cap le 6 mai afin d\u2019élire le président de l\u2019Etat, qui prêtera serment le 10 mai à Pretoria.Chaque assemblée provinciale nommera dix de ses membres pour faire partie du Sénat, qui comptera donc 90 sièges.L\u2019Assemblée constituante, chargée de rédiger la Constitution définitive du pays, comptera 490 membres \u2014 les 400 membres de l\u2019Assemblée nationale et les 90 sénateurs.La Commission électorale indépendante, chargée d\u2019organiser les élections et de juger si elles ont été libres et équitables, estime que 16,2 millions d\u2019électeurs, âgés de 18 ans et plus, voteront la semaine prochaine pour la première fois de leur vie.Vingt-huit pour cent des électeurs sont pratiquement illettrés et les femmes représentent 53% de l\u2019électorat, selon les statistiques de la commission.Le dépouillement des suffrages débutera vendredi.Aux termes de la loi électorale, les résultats définitifs doivent être annoncés dans les dix jours qui suivront la clôture des opérations de vote.JARDIN La capitale des francophones d\u2019Amérique SUITE DE LA PAGE 1 cieraient d\u2019un budget non encore chiffré pour améliorer la qualité de vie de leur quartier.La mise en place de jardins communautaires ainsi que la prise en charge de ruelles par des Montréalais, dans le cadre du programme Place-au-soleil \u2014 deux projets créés sous Jean Drapeau \u2014, servent entre autres de référence à l\u2019équipe de M.Bourque.Semant ses premières idées politiques, Pierre Bourque a dit souhaiter que Montréal devienne la capitale des francophones d\u2019Amérique.«Il faut exploiter ce filon extraordinaire», croit-il.S\u2019agit-il d\u2019un discours sérieux face aux gens d\u2019affaires qui s\u2019inquiètent du déclin économique de Montréal?Pour M.Bourque, l\u2019amélioration de la qualité de vie constitue le premier levier économique.«Ça n\u2019empêchera pas le maire d\u2019être le catalyseur pour creer, parmi tous les intervenants du milieu des affaires et des PME, un mouvement pour Montréal», indique M.Bourque.De plus, Vision Montréal entend faciliter la relance de l\u2019économie en simplifiant l\u2019émission des permis de toute nature.«Ce qu\u2019on va demander aux gens avant d\u2019investir, ce sera de respecter l\u2019esthétisme, soit le patrimoine, l\u2019urbanisme et l\u2019environnement», souligne M.Bourque.Ce dernier s\u2019est également engagé à ne faire subir aucune augmentation de taxes aux contribuables.«Les seules marges de manoeuvre qu\u2019on aura, on va les mettre dans le développement économique \u2014 avec une priorité pour le centre-ville \u2014, et dans des formules de compagnonnage.L\u2019important, c\u2019est que les Montréalais reprennent confiance», explique l\u2019ex-directeur du Jardin botanique fraîchement retraité.Au-delà des rêves, Pierre Bourque promet de faire beaucoup avec peu.«Nous allons donner l\u2019exemple de l\u2019austérité à l\u2019Hôtel de ville.Nous allons faire l\u2019effort de revenir à la simplicité», assure-t-il.Selon lui, il faut donc que la municipalité revienne «aux principes même d\u2019une ville».«Ce n\u2019est pas un gouvernement.Une ville doit s\u2019occuper des rues, des trottoirs, des loisirs», a déclaré M.Bourque fortement applaudi.Sous Bourque, ces services seraient toutefois fortement décentralisés, visant ainsi un rapprochement entre l\u2019Administration et les citoyens.Dès janvier 1995, du personnel municipal serait transféré dans les arrondissements \u2014 dont les limites pourraient être modifiées.M.Bourque promet que cette idée ne demeurera pas théorique.«Et les conseillers deviendront des gens importants dans leurs quartiers.Ce seront des gens dont vous serez fiers, qui vont vous représenter.Les conseillers, on va les faire travailler à votre service», explique celui qui veut déloger Jean Doré.Vision Montréal a profité de son entrée officielle dans la bataille électorale pour présenter 26 de ses candidats, dont la colistière de M.Bourque dans le district de Ma-rie-Victorin, Kettly Beauregard.Pour le chef de la nouvelle formation politique, la grande diversité de l\u2019équipe n\u2019a que des avantages puisque l\u2019homme se présente comme un rassembleur.Le dénominateur commun entre ces gens de toutes tendances, sera Montréal, souligne-t-il.Le maire Doré qui participait hier après-midi, à la première assemblée d\u2019investiture du RCM, a fortement critiqué les méthodes de sélection de candidats de l\u2019équipe de Vision Montréal.«Chez-nous, le choix des personnes qui seront candidates aux prochaines élections, ça ne se fait pas derrière des portes closes, ça ne se fait pas par des tractations de coulisses, ça ne se fait pas par des décisions autoritaires du chef, ça se fait par des membres dans une assemblée démocratique», a-t-il déclaré.Bien que M.Bourque dit vouloir poursuivre la décentralisation \u2014 «trop timide» \u2014 entreprise par M.Doré, il a tout de même l\u2019intention d\u2019abolir les comités-conseils d\u2019arrrondissement qui seraient remplacés par une structure plus légère.Entre-temps, les sept candidats siégeant déjà au conseil municipal, formeront l\u2019opposition officielle dès la prochaine assemblée de mai prochain.NIXON «Je ne suis pas un escroc» SUITE DE LA PAGE 1 en effet de l\u2019effraction illégale d\u2019hommes de main dans les bureaux du Comité national démocrate de l\u2019hôtel Watergate), un tiers de bévues et un tiers de vendetta politique.» «Never give up» (ne jamais abandonner), son mot d\u2019ordre préféré, reflète bien son inlassable combativité.Jamais, en effet, il ne baissa les bras.Il était par excellence un animal politique, habile mais à l\u2019occasion méchant, toujours prêt à donner des coups, mais sachant les encaisser, notamment ceux des médias.Ses origines modestes entretenaient chez lui un certain nombre de complexes, se traduisant par une agressivité à l\u2019égard de l\u2019establishment politique traditionnel.Son père, Frank, avait fait tous les métiers: éleveur de moutons, traminot, avant d\u2019acheter une station-service adjacente à une épicerie dans la petite ville de Whittier.Sa mère, Hanna Millious, d\u2019une origine plus distinguée, était une quakeresse dévouée, en lutte contre le matérialisme et militante des valeurs morales.Bien que son humble asscendance n\u2019ait jamais fait l\u2019objet de commentaires méprisants ou malveillants, il en parle dans son livre avec une sorte d\u2019amertume blessée.Revanche sur la «vieille» Amérique L\u2019ambition le tenaillait, stimulée par son désir de sortir d\u2019un milieu où il se sentait étranger.Malgré de brillantes études de droit, il n\u2019arriva pas à entrer dans un cabinet de Wall Street et se replia à Whittier, bien décidé à prendre sa revanche sur la «vieille» Amérique.C\u2019est là qu\u2019il rencontra une jeune institutrice, Pat Ryan, d\u2019origine irlandaise, qu\u2019il épousa en juin 1940.Son destin politique allait être scellé par un comité local d\u2019industriels et d\u2019hommes d\u2019affaires, à la recherche d\u2019un champion de la libre entreprise à opposer à Jerry Voorhis, député sortant de la circonscription.Richard répondit à leur appel d\u2019offres publié dans les journaux et il l\u2019emporta sur les autres candidats.Mercenaire au service de commanditaires très riches, il sera élu après une campagne très violente, recourant à une tactique qui lui réusr at si bien par la suite, celle de dénoncer ou d\u2019insinuer les sympathies communistes de ses adversaires.Membre de la commission des activités anti-américaines, il s\u2019illustra en attaquant Alger Hiss, qui appartenait à l\u2019élite rooseveltienne, accusé puis condamné en 1945 pour «trahison» (Hiss a toujours affirmé qu\u2019il était victime d\u2019une machination).L\u2019affaire Hiss valut à Nixon une audience nationale.Dans ce climat de «chasse aux sorcières», Nixon brilla de tous ses feux en dénonçant les communistes et leurs sympathisants clandestins qui, disait-il, pullulaient au sein de l\u2019administration.Deux ans seulement après son élection à la Chambre, il est candidat à un des sièges de sénateur de Californie.Elu avec 700 000 voix d\u2019avance, le nouveau sénateur de Californie se fait remarquer par sa pugnacité et ne cesse de dénoncer «la conspiration communiste extérieure et intérieure».Richard Nixon rise plus haut.Il a soif de respectabilité.En 1962, les stratèges républicains, à la recherche d\u2019un coéquipier pour Eisenhower, pensent qu\u2019il est l\u2019homme désigné poure se charger de sordides besognes auxquelles «Ike» répugne.Mais ce jeune parvenu politique de 39 ans doit surmonter une grande épreuve, la première, qui aurait pu anéantir sa carrière.Accusé d\u2019avoir illégalement utilisé des fonds électoraux, il risque d\u2019être lâché par Eisenhower.Le 23 septembre, Nixon se défend rigoureusement à la télévision.A un moment il prend dans ses bras pour le livrer à une fourrière imaginaire le petit épagneul donné à une de ses filles.Le fameux «Checker\u2019s Speech» fie chien familial avait un pelage tacheté) bouleversa les électeurs.Eisenhower maintint Nixon à ses côtés, et son triomphe électoral permit au jeune homme ambitieux de devenir rice-présidenL Ike est satisfait de laisser ce «jeunot» évoluer dans les eaux malodorantes de la politique.Aussi, en huit ans, dans de nombreuses missions à l\u2019étranger, Nixon aura visité 54 pays.Le déplacement est parfois dangereux, comme en 1958 à Caracas, où il faillit se faire lyncher par une foule anti-américaine.En 1960, sa nomination s\u2019impose à la convention républicaine.Mais à l\u2019élection présidentielle il est battu «sur le poteau» par Kennedy.C\u2019est son premier grave échec.Ike ne l\u2019avait pas beaucoup aidé dans sa campagne et puis de son propre aveu, il avait négligé son apparence extérieure (il était fatigué et toujours mal rasé) dans le débat télévisé décisif avec son adversaire.Il se retire alors en Californie pour reprendre sa carrière d\u2019avocat Mais ses amis le font entrer dans un grand cabinet juridique à Wall Street, et là il est en mesure de jouer un rôle important au sein du Parti républicain.L\u2019homme d\u2019État Richard Nixon apparaît alors aux républicains comme le seul candidat d\u2019envergure à la Maison Blanche.Effectivement, en 1968, il l\u2019emporte, mais difficilement, sur le vice-président sortant démocrate, Hubert Humphrey.Le voici enfin à la Maison Blanche.Le politicien rusé doit céder la place à l\u2019homme d\u2019Etat.Le président Nixon ne cachait pas son dédain pour les diplomates professionnels.«La politique étrangère sera de la responsabilité de la Maison Blanche, et non pag des homosexuels en pantalons rayés du département d\u2019État», déclara-t-il.Les psychiatres ont décelé chez Richard Nixon un schizophrène, l\u2019homme d\u2019une double personnalité, un docteur Jekyll civilisé et un M.Hyde combatif.Pour lui, la politique était un sport violent une «lutte pour la rie» contre des enemis politiques, certains imaginaires.Il était rancunier et assez violent, recommandant par exemple à ses adjoints d\u2019embaucher des équipes d\u2019hommes de main pour, disait-il, assommer les participants des manifestations pacifistes sur le Vietnam.En novembre 1972, il n\u2019avait pas eu de mal à s\u2019assurer un second mandat en l\u2019emportant sur l\u2019honnête sénateur démocrate McGovern.«Je ne suis pas un escroc» À la Maison Blanche, qui prend l\u2019allure d\u2019un camp de retranché, d\u2019une sorte de «bunker», Nixon entouré de deux conseillers, Bhrlichman et Haideman, très zélés, mais sans scrupules, se battra jusqu\u2019au bout pour couvrir l\u2019effraction du Comité national démocrate à l\u2019hôtel Watergate par des hommes de main à sa solde.«Je ne suis pas un escroc», déclara un jour le président à la télévision.Mais après deux ans d\u2019un combat acharné livré au Congrès, il accumula trop de mensonges.Selon Barry Goldwater, représentant le conservatisme classique, il «mentit à sa famille, à ses amis, à son parti et au peuple américain.» Sous la pression des leaders républicains, il démissionna le 9 août 1974.Des témoignages, plus ou moins vraisemblables, ont évoqué son départ de la Maison Blanche, mais sans aucun doute il fut marqué de moments pathétiques, comme celui où le président convoqua Kissinger à prier avec lui, ou encore quand il adressa au personnel de la Maison Blanche ,et à ses proches collaborateurs des adieux larmoyants.Etait-il arrivé au bout du rouleau?Le 8 septembre, son successeur, Gerald Ford, lui accorda le pardon, lui évitant ainsi des poursuites judiciaires.Malade (une grave phlébite avait mis sa vie en danger), psychologiquement et financièrement très éprouvé, Richard Nixon mit du temps pour rétablir sa santé, ses finances et même son simple appétit de vivre.«A moins d\u2019avoir une raison de vivre pour d\u2019autres que soi-même, une personne meurt, d\u2019abord mentalement, puis émotionnellement, puis physiquement», a-t-il écrit II paraphrasait Einstein, qui avait dit un jour: «Seule une rie dévouée aux autres mérite d\u2019être vécue.» Pendant longtemps, il préféra éviter les estrades politiques.«Je ne crains pas le jugement de l\u2019histoire», écrivait-il en 1978.Ses détracteurs mêmes concèdent qu\u2019il fut le président le plus influent de l\u2019après-guerre, non seulement par ses initiatives de politique étrangère, mais par le choix de ses collaborateurs, à commencer par George Bush (il l\u2019envoya comme représentant permanent des Etats-Unis aux Nations unies).Dans son dernier livre, l\u2019ex-président affiche le détachement d\u2019un philosophe.Il cite Sophocle: «Il faut attendre le soir pour voir combien la journée a été splendide.» Mais sûrement le souvenir du Watergate n\u2019a jamais cessé de le hanter et de troubler sa sérénité.Pourquoi, en effet, un homme, s\u2019affirmant si sûr du jugement de l\u2019Histoire aurait-il écrit huit livres et trois autobiographies qui sont, dans une large mesure, des plaidoyers justifiant son action, et s\u2019efforçant de se disculper.En tout cas, jamais un président des Etats-Unis n\u2019a autant écrit sur lui-même.LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 A 16H30 RENSEIGNEMENTS\t
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