Le devoir, 26 avril 1994, Cahier A
[" LE DEVOIR L\u2019île verte MONTRÉAL Le RCM réplique vertement à Bourque PAGE A 3 POLITIQUE Ryan souhaite aller voter en septembre PAGE A 5 CULTURE En pièces détachées: impressionnant mais insuffisant PAGE B 10 Nouveaux attentats à la bombe à la veille des élections en Afrique du Sud Jean-Robert Sans faç on Qui n\u2019a souvenir du sympathique jardinier interprété par Peter Sellers dans Bienvenue Mister Chance?Devenu, malgré lui, conseiller des grands, le jardinier au coeur simple n\u2019avait qu\u2019à raconter la beauté des fleurs pour que riches et puissants s\u2019imaginent y déceler quelque conseil inestimable pour leur propre carrière.Consacré héros national grâce à la télévision, sa simplicité l\u2019empêchait pourtant de comprendre les raisons mêmes pour lesquelles on s\u2019intéressait à lui.Avec l\u2019entrée en scène de Pierre Bourque et de son parti, Vision Montréal, la campagne électorale municipal prend son envol.De tous les candidats en lice, M.Bourque est de loin le plus sérieux adversaire de Jean Doré.Depuis le temps qu\u2019on attendait cette annonce officielle, les spéculations allaient bon train quant au cheval de bataille de l\u2019ex-directeur du Jardin botanique: qu\u2019allait-il proposer pour nous sortir de la «morosité profonde qui s\u2019installe en l\u2019absence de vision concrètes?La réponse collait au personnage.Cette «vision» du Montréal de 1998, «capable de mobiliser les énergies des citoyens», de faire travailler les employés municipaux «mieux et plus fort», c\u2019est celle d\u2019un grand jardin, d\u2019une ville verte et pourquoi pas, de la métropole écologique du continent Ne reste plus qu\u2019à chercher entre les feuilles du discours fleuri les larves d\u2019une politique municipale à la hauteur des besoins de cette seconde moitié de la décennie.Lorsque M.Bourque propose de faire de Montréal un jardin, «parce que le jardin est le symbole de l\u2019har-monie», s\u2019exprime-t-il au sens propre ou figuré?¦ Si c\u2019est au sens figuré, il lui faudra apprendre à fourrer ses choux verts d\u2019un peu de substance à saveur sociale et économique.Ce que les Montréalais veulent, c\u2019est un conseil municipal qui place en tête de ses priorités la qualité de vie des citoyens entendue au sens large: sécurité, entretien des rues, des trottoirs et des parcs, habitation et transport, loisirs et cultures.le tout, sans augmentation de taxes.Quant aux projets de visionnaires, le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019ils s\u2019en méfient depuis 15 ans.Même le Biodôme, populaire mais déficitaire, les laisse parfois perplexes.Sans être un jardin de ronces, Montréal n\u2019en est pas moins un microcosme de survie où s\u2019entrechoquent cultures, races et classes.Il faudra donc autre chose que la promesse d\u2019un jardin de roses pour y changer quelque chose.Si M.Bourque parle de jardin au sens propre, si la priorité de Vision Montréal consiste vraiment à faire de cette ville la première République verte d\u2019Amérique, alors il faudra qu\u2019il nous explique aussi comment il entend imposer les exigences de son projet écologique aux Montréalais.Pour le moment, seule une minorité active, pour ne pas dire activiste, de citoyens souhaite que l\u2019Hôtel de ville se transforme en Comité central de la récupération, de la circulation à vélo et de la guerre à l\u2019auto.La ville verte, tout le monde en rêve.Mais comme tout autre rêve, il suffit d\u2019ouvrir les yeux pour en percevoir les limites.Sur le sujet, Jean Doré en sait autant que Pierre Bourque.Jusqu\u2019où peut aller la loi des verts dans une ville où la majorité des gens tiennent encore à leur bagnole, où il n\u2019est pas question qu\u2019on vienne leur dire quel arbre planter dans leur cour, ni leur défendre de brûler du bois dans leur cheminée?Jusqu\u2019où peut aller un maire jardinier à la tête d\u2019une ville qui apprend petit à petit les vertus du compostage et de la récupération, sans pour autant avoir fait voeu d\u2019écologisme?Et ces comités bénévoles d\u2019embellissement que M.Bourque se propose de créer dans chaque quartier, ne transpirent-ils pas un peu de cette odeur de brigades vertes armées des 10 commandements du parfait écolo?La ville verte a aussi un prix.Le Jardin botanique, l\u2019Insectarium, le Biodôme sont autant de réalisations intéressantes pour la qualité de vie des Montréalais, et d\u2019atouts majeurs pour l\u2019industrie touristique du Québec.Par contre, ce sont des institutions qui coûtent cher à faire vivre.Les Montréalais sont prêts à en payer le prix, et ils en sont fiers, mais dans la conjoncture actuelle, ils exigent qu\u2019on y pense sérieusement avant de se lancer dans d\u2019autres projets déficitaires.Si Pierre Bourque s\u2019oppose à la restructuration administrative et fiscale de la grande région de Montréal sous prétexte que Montréal doit commencer par donner l\u2019exemple, où trouvera-t-il l\u2019argent pour financer des infrastructures coûteuses qui servent à toute la région, quand ce n\u2019est pas à tout le Québec?Après les deux mandats controversés de Jean Doré, bien des Montréalais aimeraient laisser sa chance à un nouveau maire.Jean Doré n\u2019a pas toujours su convaincre qu\u2019il avait la situation bien en main, mais à la suite du premier discours de Pierre Bourque, plus d\u2019un se demandent si le programme de Pierre Bourque n\u2019est pas plusj/yé que celui du RCM, première mouture.Entre un Jean Doré revenu de ses rêves et un Pierre Bourque parti pour la gloire, les jeüx ne sont pas encore faits.Il faudra donc autre chose que la promesse d\u2019un jardin de roses pour changer quelque chose à Montréal Les actualités\t1 N D .A2\tE X Éditorial\t\t.AS\t Agenda culturel .B8\t\tIdées\t\t.A9\t Avenirs\t\t.Bl\tLe monde\t\t,.A6\t Avis publics.\t.B4\tMontréal\t\t.A3\tMétéo Classées\t\t\tMots croisés.\t.B6\tCiel variable Culture\t\t.BIO\tPolitique.\t.AS\tMax: 20 Économie\t\t.B2\tLes sports\t\t.B7\tDétails en B7 Les terroristes arrêteront-ils les électeurs?D\u2019APRÈS AP ET AFP Pretoria \u2014 De Johannesburg au Cap, tout le monde se posait hier la question: les terroristes feront-ils, oui ou non, peur aux électeurs sud-africains?Le jour J est enfin arrivé, mais ce n\u2019est pas dans la joie qu\u2019il se présente.C\u2019est plutôt dans une ambiance tendue, provoquée par une vague d\u2019explosions terroristes en série.Ces explosions ont manifestement pour but d\u2019intimider les électeurs qui s\u2019apprêtent à réaliser, par la voie des urnes, un renversement politique complet au pays de l\u2019apartheid.La vague d\u2019attentats à l\u2019explosif, généralement attribuée à l\u2019extrême-droite blanche, s\u2019est accrue hier soir en Afrique du Sud avec l\u2019explosion d\u2019une bombe à Pretoria.Cette bombe, qui a tué deux personnes et en a blessé 22 autres, porte à 21 tués et à plus de 150 blessés le bilan de ces trois explosions qui se sont produites dimanche et lundi.Ces attentats font craindre un bain de sang pendant et après les élections, prévues aujourd\u2019hui, demain et jeudi et dont le résultat devrait amener au pouvoir les noirs sud-africains pour la première fois depuis l\u2019arrivée des premiers colons hollandais en 1652.Hier soir, selon la police, deux personnes ont été tuées et 22 autres blessées, dont cinq sérieusement après que deux Blancs, circulant à bord d\u2019une Toyota bleue eurent lancé un engin explosif dans un restaurant modeste fré- quenté par des clients noirs.Cet établissement, appelé le «Sonny\u2019s», est situé dans le quartier de Marabastad, près du zoo de Pretoria et du centre de cette ville tranquille, siège du gouvernement.Selon le lieutenant Dave Harrington, les deux agresseurs ont pu s\u2019enfuir après avoir jeté l\u2019engin.Des bar- VOIR PAGE A 10: TERRORISTES VOIR AUSSI EN PAGES A 7 ET A 8 ¦ La révolution dans les urnes ¦ L\u2019éditorial de François Brousseau Le dernier cri de Gerry PHOTO JACQUES NADEAU DAN BIGRAS s\u2019est improvisé directeur de chorale au lancement de l\u2019album de Gerry Boulet hier soir, dirigeant le People\u2019s Gospel Choir de Montréal le temps d\u2019accompagner la voix de Gerry sur le Chant de la douleur.La résurrection du rocker-martyr Dan Bigras, Ginette Reno et Angèle Dubeau complètent Jézabel, Valbum posthume de Gerry Boulet Hier soir, dans l\u2019une des immenses salles du Marché Bonsecours, pour le lancement d\u2019un album, ils étaient tous là.Le Québec médiatique au grand complet, mille amis plus ou moins intimes, des rockstars mur à mur, jusqu\u2019au comédien Jean-Louis Millette.Tous sauf lui, évidemment Geny Boulet, celui qui chante et joue du piano sur les sept chansons de l\u2019album, intitulé Jézabel.Car il s\u2019agit bel et bien de ses dernières chansons, composées à partir de la «tragédie gospel» de Denise Boucher, enregistrées en 1987, juste après Rendez-vous doux.À la demande de Françoise Faraldo-Boulet l\u2019épouse de Geny, Dan Bigras a complété l\u2019oeuvre, avec l\u2019aide de Ginette Reno et Angèle Dubeau.Après s\u2019être lait du mouron pour l\u2019appendice de Patrick Roy, tout un peuple célèbre la résurrection de son rocker-martyr.Geny est toujours vivant SYLVAIN CORMIER A l\u2019extérieur du Marché Bonsecours, le soleil de l\u2019après-midi tente d\u2019éblouir le printemps, des fois qu\u2019il se montrerait.Dans la gigantesque salle vide, on a masqué les grandes fenêtres.Sur la scène, tantôt, il y aura toute une chorale, le People\u2019s Gospel Choir, et Dan Bigras avec ses musiciens.Et Gerry Boulet Son image et sa voix.Plus larges que nature, d\u2019autant plus présentes qu'immatérielles.Mais toute la mise en scène ne servira que le temps d'une seule chanson.Dan Bigras a insisté là-dessus.Pas de show d'outre-tombe.Surtout pas.C\u2019est pas compliqué, explique Bigras.Sa logique est simple.Gerry Boulet a enregistré les pistes de voix et de piano d\u2019un album potentiel.Il est mort avant de le mener à bout.Françoise Faraldo-Boulet lui a confié le mandat de porter l\u2019aventure à son aboutissement naturel.Il l\u2019a fait.Voilà l\u2019album.Difficile de passer l\u2019affaire sous silence.Pas moyen de passer à côté du cirque médiatique.Gerry, c\u2019est gros.C\u2019est Patrick Roy multiplié par René Lévesque.Point à la ligne.Il a bien demandé à Ginette Reno de reprendre le «duo» que la technologie moderne lui a permis de partager avec Gerry sur Chant de l\u2019amour, mais elle a refusé.C\u2019est peut-être mieux comme ça, se dit-il.«Il faut que ça soit sobre.Il y a eu du respect tout au long de cette affaire-là.il ne faut pas tout gâ- VOIR PAGE A 10: ROCKER Déménagement d\u2019organismes gouvernementaux à la Place Victoria 725 000$ pour un courtier et trois lobbyistes SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Un courtier en immeuble et trois lobbyistes ont empoché 725 000$ pour avoir fait en sorte que trois sociétés du gouvernement québécois déménagent dans des locaux vacants de la société immobilière Trizec à la Place Victoria.Ces trois organismes sont la Société d\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ), la Commission des affaires sociales (CAS) et la Société québécoise de développement de la main-d\u2019oeuvre (SQDM).Le DEVOIR révélait la semaine dernière que ces trois sociétés para-gouvernementales déménageaient dans des locaux plus petits, loués plus cher le mètre carré que ceux occupés actuellement dans d\u2019autres édifices du centre-ville.Plutôt que de communiquer dès le départ avec celui qui était le plus susceptible de combler ses 80 000 pieds carrés d\u2019espaces vacants \u2014 on parle ici de la Société immobilière du Québec (SIQ), le plus important locataire d\u2019espace à bureau de la province, un organisme avec le-quelle elle fait affaire depuis des années sans intermédiaire, Trizec a choisi de retenir les services d\u2019un courtier.Alors qu\u2019un simple coup de fil à la SIQ aurait permis à Trizec de savoir si elle avait des locataires intéressés à remplir ses locaux de la Place Victoria, Trizec a lancé un appel général aux courtiers de la métropole pour l\u2019aider à freiner l\u2019hémorragie \u2014 la société perdait 200 000$ par VOIR PAGE A 10: LOBBYISTES Rwanda «Les combats définitifs n\u2019ont pas encore eu lieu» Les forces de VONU rencontrent des difficultés croissantes, dit le général Roméo Dallaire SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR Kigali, la capitale rwandaise, a vécu hier une autre journée de combats, d\u2019échanges de tirs sporadiques et de bombardements, qui laissent présager d\u2019autres opérations militaires d\u2019envergure, selon le commandant de la force de l\u2019ONU au Rwanda, le général canadien Roméo Dallaire.«Je pense que les combats définitifs, tactiques, n\u2019ont pas encore eu lieu.Les commandants des deux parties ne nient pas la nécessité d\u2019un cessez-le-feu, mais ils ont encore des plans opérationnels à mettre en oeuvre», dit le général Dallaire.Rejoint au téléphone hier, le général Dallaire a également fait part au DEVOIR des difficultés croissantes que rencontrent l\u2019ONU et les organisations humanitaires pour venir en aide aux milliers de réfugiés.Dans l\u2019impossibilité d\u2019accomplir le mandat de maintien de la paix pour lequel elle avait été dépêchée au Rwanda, la Mission d\u2019assistance de l\u2019ONU au Rwanda (MINUAR), réduite de 2500 à 460 hommes tente d\u2019obtenir des belligérants une trêve, ou au moins des garanties de sécurité qui permettraient d'organiser les secours.Le général Dallaire faisait état hier de 13 000 réfugiés VOIR PAGE A 10: RWANDA ÉCONOMIE Moody\u2019s scrute la dette du Canada PAGE B 2 « i A 2 I.K I) K V 0 I H .I.K M A II I) I 2 » Ottawa (PC) \u2014 Les électeurs québécois ont voté plus massivement que le reste des Canadiens aux élections fédérales d\u2019octobre dernier, révèlent des données divulguées hier.;De toutes les provinces ou territoires, c\u2019est au Québec que la participation électorale a été la plus forte, soit presque 15% supérieure à la moyenne du reste des Canadiens.Environ 77,1 % des électeurs admissibles au Québec ont voté.Dans le reste du pays, la participation moyenne a été de 67,1 %.En Ontario, notamment, 67,7 % des électeurs admissibles se sont prévalus de leur droit de vote.Les données, divulguées par le Directeur général des élections, semblent donner raison au Bloc québécois quand il affirme qu\u2019il a mobilisé des électeurs québécois souverainistes qui n\u2019auraient normalement pas été intéressés par un scrutin fédéral.Développement régional Picotte cherche à rassurer McKenna remanie son conseil des ministres euébec (PC) \u2014 En date du 21 avril dernier, l'application de la rme de la politique de développement régional, adoptée à la fin de 1990, allait si bien que le ministre responsable, Yvon Picotte, a dû demander aux promoteurs «de reprendre leur souffle» parce qu\u2019à ce rythme-là, le gouvernement manquera de fonds dès le milieu de l\u2019année.C\u2019est ce qu\u2019a affirmé, hier, lors de l\u2019étude des crédits budgétaires, le ministre délégué aux Affaires régionales, Yvon Picotte, devant le scepticisme affiché par le député péquiste d\u2019Abitibi-ouest, Fran- çois Gendron, sur les «succès» du Fonds décentralisé de création d\u2019emplois.Ce dernier programme figurait comme une des pièces maîtresses du plan de relance économique annoncé par le gouvernement Bourassa en novembre 1993 dans le but de remettre les gens au travail et de stimuler l\u2019économie.Jusqu\u2019à ce jour, le ministre peut dire mission accomplie puisque les 20 millions prévus pour les quatre mois restants de 1993-94 ont été débloqués au profit de 244 projets (sur un total de 2421 demandes).Fredericton (PC) \u2014 Le premier ministre Frank McKenna a remanié son conseil des ministres, hier, plaçant à des postes stratégiques les hommes et les femmes qui seront appelés à diriger la campagne en vue des prochaines élections générales.Le nouveau cabinet a été plus remanié que renouvelé.Il compte le même nombre de membres, soit 20, y compris le premier ministre lui-même.Il n\u2019y a qu\u2019une nouvelle personnalité sor- tie de l\u2019arrière-ban.D s\u2019agit de Bernard Thériault, député de Caraquet, qui devient ministre des Pêches et de l\u2019Aquaculture.Il succède à Camille Thériault, député de Kent South, qui devient ministre au Travail et à l\u2019Enseignement supérieur.Bernard Thériault représente une région de la péninsule acadienne, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, où la pèche est d\u2019une importance primordiale pour l\u2019économie locale.Frank McKenna lOème anniversaire! -r Le jeudi 28 avril ÉED\u20190 Achetez vos billets dès maintenant! Chaque billet donne droit à une bière gratuite.Les lOèmes Journées du cinéma africain et créole du 28 avril au 7 mai 1994 _r^ SOIREE D\u2019OUVERTURE au avec Lorraine Klaasen (Musique d\u2019Afrique du Sud).Africa N°1 (Musique zairoise), La Famille Botte.Danse! Surprises! Prix! Une ambiance dujonnerrel J* \u2022\t8$ à l\u2019avance - 10S à l\u2019entrée -F nJéL:(514) 288-2020 -F\tEn vente sur le réseau Admission dès maintenant! Réseau Admission:\t5 00 mx§> w@m tmsfî® pOm\t0 97 I.K I) K V OIK, I, K M A K l> I 2 II A V K I I.I fl fl 4 A 0 -* LE DEVOIR ?LE MOPE Président élu du Salvador En Italie et au Portugal Armando Calderon: un passé controversé Les résultats du deuxième tour des présidentielles tenues dimanche au Salvador donnent à Armando Calderon Sol, de l'ARENA, 68,27% des votes exprimés.L\u2019abstention est d\u2019environ 55% et le candidat de la gauche, Ruben Zamora, ex-chef de guérilla, récolte un peu moins de 32% des voix.Le président élu entrera en fonction le 1er juin.Il a tenu \" dès hier à s\u2019entretenir avec M.Zamora.Par la suite, le président élu a 'eu une discussion avec l\u2019ambassadeur américain Alan Flanigan à qui il a promis de s\u2019en tenir à un «agenda de concertation».BERTRAND jviv DE LA GRANGE LE MONDE A nnando Calderon Sol est l\u2019antithè-,/>se du président sortant, Alfredo .jÇristiani, bien que tous deux appartiennent à la même formation politique, l\u2019Alliance républicaine nationa-, liste (ARENA droite).M.Cristiani est «un homme d\u2019une .grande finesse, bien éduqué, un prince qui a gouverné pour l\u2019oligarchie», affirme l\u2019ancien ministre démocrate-chrétien Gerardo Le Chevallier.M.Calderon «appartient en revanche à un groupe tout a fait différent, celui des nouveaux riches».Ce n\u2019est pas le moindre des défauts de cet homme controversé qui slest formé politiquement dans l\u2019ombre du fondateur du parti, Rober-Ujo d\u2019Aubuisson, soupçonné d\u2019avoir ^.Organisé les escadrons de la mort ;,,dans les années 80.,_.\u2018n La Commission de la vérité, créée ' j dans le cadre des accords de paix, n\u2019a ' finalement pas pu prouver la participa-, fion de M.Calderon à ce genre d\u2019activités.Il reste que cet avocat, qui s\u2019est enrichi dans les affaires,appartient au secteur le plus conservateur de l\u2019ARE-NA qu\u2019il a contribué à créer en 1981 (il a été lu député en 1985, puis maire de la capitale à deux reprises, en 1988 et en 1991).«M.Cristiani a mené une politique de droite modérée alors que son propre parti avait un projet autoritaire», soutient l\u2019écrivain David Escobar, qui a participé aux négociations de paix et reconnaît volontiers le «mapque de charisme» du futur chef de l\u2019État.Les adversaires de M.Calderon, en particulier le candidat de la gauche, Ruben Zamora, sont convaincus que le successeur de M.Cristiani fera tout pour freiner l\u2019application des accords de paix, notamment le déploiement de la police nationale civile et la distribution des terres en faveur des anciens guérilleros.L\u2019ex-commandant Joaquin Villalobos, qui a participé à la transformation du Front Farabundo Marti pour la libération nationale en parti politique, croit cependant que la pression internationale et la présence du FMLN au sein de l\u2019Assemblée législative obligeront M.Calderon à respecter les accords de paix signés en janvier 1992.Le jugement le plus dur vient des jésuites, qui ont pourtant formé jusqu\u2019au baccalauréat le jeune Calderon, né le 24 juin 1948 à San-Salvador.Le provincial des jésuites pour l\u2019Amérique centrale, José-Ma-ria Tojeira, dénonce «la manipulation systématique de la conscience populaire par un parti qui a tué nos frères», une allusion à l\u2019assassinat par l\u2019armée de six jésuites de l\u2019Université centraméricaine, en novembre 1989.Un «dur»?-\u2018Vf IVf La lecture.p Q© m yv.kl1* 'i, Nous avons tous une passion qu\u2019un LIVRE peut satisfaire.la cuisine, l\u2019astrologie, la bande dessinée, la culture des plantes en pot, les oiseaux, la mécanique, l\u2019histoire, la couture, le sport, le roman, l\u2019art, la politique, le bricolage, la science fiction, les plantes sauvages, les chiens, les timbres, le roman policier, les civilisations perdues, la poésie, le bricolage, les voyages, les arts martiaux, la religion, les dinosaures, le vin, la santé, les romans d\u2019amour, les cactus, l\u2019informatique, la mode, la musique classique, l\u2019érotisme, l\u2019architecture, les champignons sauvages, la littérature fantastique, la bière, les affaires, l\u2019écologie, les automobiles, la nature, les baleines, les records, les papillons, les enfants, la science, les régimes, le jardinage, la philosophie.Faites-vous plaisir .passez donc au Salon assouvir VOTRE passion! au Centre des congrès de Ouébec Du 2 7 avril au 1a- mal 1994 m ALON DU LIVRE DE QUÉBEC Un 25 avril 200 OOO manifestants contre le fascisme à Milan très militant Lisbonne fête en grandes pompes les 20 ans de la Révolution des oeillets Milan (AFP) \u2014 Plus de 200 000 manifestants, en grande majorité de la gauche italienne, ont défilé hier, sous une forêt de parapluies, dans les rues de Milan pour célébrer le 49e anniversaire de la libération du fascisme, alors que les néofascistes s\u2019apprêtent à faire leur entrée dans le prqchain gouvernement A 17h locales, aucun incident n\u2019était à noter, bien que le chef de la Ligue du Nord Umberto Bossi ait vivement été pris à parti par un groupe de manifestants, en raison de son alliance avec les néofascistes de l\u2019Alliance Nationale, pour composer le gouvernement que Silvio Berlusconi devrait être appelé à former dès cette semaine.«Pantin», «fasciste», «nazi», «vendu», hurlait un groupe de manifestants arborant un badge du Parti Démocratique de Gauche (PDS, ex-communiste), à la boutonnière.D\u2019autres manifestants se sont interposés pour éviter des heurts avec le service d\u2019ordre de la ligue.«Ce sont ceux qui ont perdu les élections qui réagissent ainsi», a commenté le député Bossi.Tous les autres leaders politiques de l\u2019opposition, Achille Occhetto du PDS, Armando Cossutta de Refondation communiste (marxiste), Ottavia-no Del Turco du Parti socialiste italien, Mino Martinazzoli du Parti populaire Italien (PPI, ex-Démocratie-chré-tienne), se sont fondus dans la foule qui s\u2019est déployée, sous une pluie battante, dans les artères principales de Milan, qui fut la capitale de la résistance au fascisme.Les grandes centrales syndicales étaient amplement représentées par leurs militants, ainsi que la Fédération nationale de la Métallurgie (proche du PDS), l\u2019Union nationale des Étudiants, et l\u2019Association nationale des Magistrats.Pour des raisons de sécurité, les manifestants, venus de toutes les régions d\u2019Italie, ont formé deux cortèges dont un près de la place Loreto où le cadavre de Mussolini et de sa compagne Clara Petacci avaient été exposés pendus par les pieds après avoir été fusillés le 27 avril 1945, soit deux jours après le début de l\u2019insurrection anti-fasciste.Afin de prévenir tout débordement, une haie de carabiniers, mobilisés en grand nombre, a guidé les manifestants qui ont défilé dans le calme jusqu\u2019au parvis de la Cathédrale.«Pas de futur sans mémoire», «Démocratie, liberté, solidarité : la nouvelle résistance», «A mort la Dème République fasciste», pouvait-on lire, ici et là, çur de discrets panneaux.A défaut de slogan unitaire, des groupes de manifestants ont entonné «O Bella Ciao», que les maquisards fredonnaient en 1943 pour libérer l\u2019Italie du fascisme.«C\u2019est la chanson du partisan qui meurt pour la liberté», a commenté une institutrice de Brescia (nord de l\u2019Italie).D\u2019autres ont applaudi, tandis que de membres de l\u2019Association nationale des Partisans italiens vendaient le badge du souvenir 3000 lire,s (environ 2 dollars).A Rome les néofascistes de l\u2019AUian-ce nationale, qui n\u2019ont participé à aucune célébration officielle, ont fait dire une messe pour «la réconciliation» des Italiens tandis que des dizaines de milliers de manifestants d\u2019extrême gauche (20 000 selon la Radio-télévision italienne RAI) ont défilé sans incident dans le centre de la capitale.Lisbonne (Reuter) \u2014 Le président Mario Soares a appelé hier les Portugais à sauvegarder la démocratie et à maintenir vivants les idéaux de la Révolution des oeillets du 25 avril 1974.Lors d\u2019une cérémonie de commémoration du 20e anniversaire de cette révolution qui a mis fin à près d\u2019un demi-siècle de dictature de droite et aux guerres dans les colonies portugaises d\u2019Afrique, Mario Soares a estimé que le pays devait investir davantage dans l\u2019éducation des jeunes.«Nous devons profiter du consensus national créé par le 25 avril pour mobiliser le pays, et sa jeunesse en particulier, en vue des grands combats du futur», a dit le président socialiste, qui a été un des principaux acteurs de la révolution.Mais, il a estimé que les idéaux de démocratie et de justice sociale de cette révolution pacifique étaient en danger et a souligné que célébrer son anniversaire ne devait pas se limiter à des manifestations de nostalgie.«La démocratie doit être défendue contre les dangers qui l\u2019étouffent \u2014 la passivité, le conformisme, l\u2019indifférence», a-t-il dit.«Nous avons besoin de plus de pluralisme, de plus de participation des citoyens et d\u2019une plus grande transparence de la yie publique», a ajouté le chef de l\u2019Etat faisant allusion à de récents scandales politico-financiers.«La solidarité avec les plus faibles (.) doit être une autre de nos grandes priorités nationales».La célébration de la Révolution des oeillets a commencé dès minuit avec un feu d\u2019artifice à Lisbonne.Les radios ont simultanément diffusé «Grandola Vila Morena», la chanson de la révolution.Cet air, joué sur une radio en 1974, était le signal secret du coup d\u2019envoi de la révolution.Les chars des unités rebelles sont entrés dans Lisbonne et mis fin à la dictature.Une foule joyeuse avait alors accueilli les soldats en mettant des oeillets rouges dans le canon de leurs fusils.Mario Soares portait une de ces fleurs à sa boutonnière lors d\u2019une parade militaire hier dans la capitale.Plusieurs des officiers, qui avaient pris part à la révolution, de même qu\u2019un de leurs inspirateurs, l\u2019amiral Antonio de Spinola, aujourd\u2019hui âgé de 84 qns, étaient aux côtés du chef de l\u2019État et du Premier ministre, Anibal Cavaco Silva.«Ce n\u2019était pas seulement un tournant au Portugal, mais cela a ouvert un nouveau cycle en Europe», disait récemment Mario Soares dans une interview.Les dictatures sont tombées ensuite pacifiquement dans l\u2019Espagne voisine puis en Grèce.Les idéaux de démocratie et de justice sociale sont mis à rude épreuve La visite à Moscou du premier ministre israélien Antisémites, les Russes?Tchernomirdine jure à Rabin que non D'APRÈS AFP ET REUTER Moscou \u2014 Le premier ministre, Victor Tchernomirdine, a tenté hier de rassurer son homologue israélien, Yitzhak Rabin, sur le «phénomène Jirinovski», et a souligné que l\u2019antisémitisme ne prospérerait pas en Russie.Premier dirigeant israélien à se rendre en Russie, Yitzhak Rabin se tenait debout à côté de Victor Tchernomirdine quand celui-ci a expliqué que les Juifs ne devaient pas craindre une vague d\u2019antisémitisme.«Je peux dire sans ambiguïté que cela ne se produira pas.Il n\u2019y aura ni antisémitisme, ni fascisme», a-t-il dit aux journalistes qui l\u2019interrogeaient sur la popularité du dirigeant ultranationaliste, Vladimir Jirinovski.Tchernomirdine a expliqué que le «phénomène Jirinovski» pouvait être interprété de différentes manières et pas seulement sous l\u2019angle de l\u2019antisémitisme.«Notre population d\u2019origine juive n\u2019est pas menacée et ne le sera jamais.Et aucun Jirinovski ne pourra jamais provoquer cela», a-t-il dit en rappelant que la communauté juive russe était la plus importante d\u2019Europe.«Simplement quelques personnes veulent provoquer de telles choses afin de semer l\u2019agitation dans le pays.Les Juifs dans le monde, dans notre pays et en Israël n\u2019ont rien à craindre», a-t-il ajouté.Des députés ont rapporté qu\u2019Yitzhak Rabin s\u2019était inquiété lors d\u2019un entretien avec le président de la Douma (chambre basse du Parlement), Ivan Rybkin, de la montée du racisme et du fascisme en Russie.Ivan Rybkin lui a expliqué qu\u2019il y avait des tendances en Russie et que dans un vingtième des villages et des petites villes, on avait toujours exprimé «des options exotiques de ce genre».Rybkin a ajouté que le parlement prendrait des mesures pour contrer «l\u2019extension du fascisme et du racisme».Yitzhak Rabin et Victor Tchernomirdine ont signé plusieurs accords de coopération notamment dans les domaines de l\u2019agriculture et du tourisme ainsi qu\u2019une convention fiscale.Le premier ministre russe a décla- ré que Moscou, qui co-parraine avec Washington les pourparlers israélo-arabes, était prêt à faire davantage pour accélérer le processus de paix au Proche-Orient M.Rabin a ajouté que des contacts accrus avec Moscou «contribueront à stabiliser la situation dans la région».Mais en dépit de ces propos conciliants, Israël est surtout apparu jusqu\u2019à présent inquiet de la volonté affichée depuis plusieurs mois par la Russie, traditionnelle alliée des Palestiniens, d\u2019élargir son influence au Proche-Orient.Israël avait notamment repoussé l\u2019idée russe de réunir une nouvelle Conférence internationale sur le modèle de celle de Madrid d\u2019octobre 1991.Le président de l\u2019OLP Yasser Arafat, qui avait précédé M.Rabin à Moscou au cours d\u2019une visite plus tôt ce mois-ci, avait pour sa part invité la Russie à insister auprès de M.Rabin pour «ne pas perdre de temps» dans la relance du processus de paix, après le massacre d\u2019Hebron en février.Le retrait des Serbes 2e ultimatum Ce soir à minuit Washington (AFP) \u2014 Les forces serbes bosniaques s\u2019exposent à des frappes aériennes si elles ne respectent pas l\u2019ultimatum de l\u2019OTAN exigeant le retrait avant demain de toutes les armes lourdes dans un rayon de 20 km autour de Gorazde, a réaffirmé hier l\u2019administration US.«Je pense que la chaîne de commandement et, surtout, la compréhension de ce qui peut ou ne peut pas dè clencher des frappes aériennes sont à présent en bon ordre», a déclaré le président Bill Clinton devant un groupe de journalistes.«Si les Serbes ne se conforment pas à la date limite (mercredi à 00H01 GMT), ils doivent s\u2019attendre à des frappes aériennes», a indiqué pour sa part le porte-parole de la présidence, Dee Dee Myers.Interrogé sur le refus, samedi, de l\u2019envoyé spécial des Nations unies dans l\u2019ex-Yougoslavie, Yasushi Aka-shi, d\u2019autoriser les frappes aériennes comme le souhaitait l\u2019OTAN, M.Clinton a expliqué que l\u2019ONU avait voulu donner un délai supplémentaire aux forces serbes pour vérifier si elles entendaient vraiment se retirer.Les Serbes bosniaques ne doivént «absolument pas» essayer de tirer partie de cet incident entre l\u2019OTAN et l\u2019ONU, a déclaré M.Clinton, qui s\u2019était dit plus tôt dans la journée «satisfait» de l\u2019évolution de la situation,autour de Gorazde.«Je n\u2019ai (.) absolument aucune fai-son de penser que l\u2019ONU ne soutient pas fermement l\u2019ultimatum de i\u2019OTAN», a ajouté M.Clinton, indiquant qu\u2019il n\u2019y «a eu aucune différence de politique».Mlle Myers a également indiqué que «le bombardement ou la concentration d\u2019armes (lourdès) dans l\u2019une des autres zones de sécurité (Bihac, Srebrenica, Zepa et Tuzla) étaient susceptibles de déclencher de$ frappes aériennes».A Londres, les ministres des Affaires étrangères américain, français et britannique ainsi que l\u2019émissaire du président russe Boris Eltsine ont décidé lundi la création d\u2019un «groupe\u2019de contact» à quatre (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU) pour,Relancer le processus de paix en Bosriie.Le processus diplomatique «progresse», a estimé à ce sujet Mlle Myers.Le porte-parole du départemént d\u2019Etat, Christine Shelly, a cependant qualifié les bombardements de la station de pompage de Gorazde ainsi que les incendies allumés par les Serbes dans les habitations de «manière don acceptable d\u2019effectuer un retrait».«Ce n est |)as le type d\u2019attitude que nous aurions aimé voir lors de ce/e-trait, mais le point essentiel est de réussir à ce que le retrait se poursuive, que les armes lourdes soient ^tirées, que les bombardements cessent» de façon à poursuivre les négociations, a déclaré Mme Shelly.À NE PAS MANQUER.A NE PAS MANQUER.À NE PAS MANQUER.A NE PAS MANQUER.O.La recherche média.une Axumce mus Kisoues ?L\u2019Association de la Recherche en Communication du Québec (ARCQ) est heureuse d\u2019annoncer la tenue de son 15e congrès annuel.Ce Congrès est conjointement organisé avec le Groupe de travail en recherche et développement de la Grappe médias du ministère de la Culture et des Communications.Ce congrès se veut une occasion de débattre du rôle de la recherche avant, durant et après le développement d\u2019un produit médiatique.D\u2019une durée d\u2019une journée et demie, sa formule favorisera pleinement les échanges de points de vue entre les artisans, créateurs, décideurs et chercheurs du monde des médias.Hôtel des Gouverneurs de la Place Dupuis à Montréal Ce projet a été réalisé grâce à la participation financière des organismes solvants: \u2022 LE MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS \u2022 TÉLÉFILM CANADA \u2022 \u2022 LE FONDS DE TÉLÉVISION MACLEAN HUNTER \u2022 LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES INDUSTRIES CULTURELLES (SOGIC) \u2022 PATRIMOINE CANADIEN \u2022 RADIO-QUÉBEC \u2022 Pour renseignements et inscription, prière de contacter le secrétariat de l\u2019ARCQ au no.(514) 341-6666 d»lai»cft«»t*wncCTnmirtoolon duOuÜMcOWOO) Jérusalem ne veut pas trop voir Moscou au Moyen-Orient I.K I) K V OIK.I.K M A K l> I 2 II A V K I I.I II I) I A F 11 1 ü U E I) [I S U1) : L a r é y o 1111 i o n (ht n s les 111 Aujourd'hui commencent les premières élections multiraciales de l'histoire du pays Enfin la démocratie À partir d\u2019aujourd\u2019hui et jusqu\u2019à jeudi, quelque 22,7 millions d\u2019électeurs sont convoqués aux urnes pour choisir leurs représentants dans le cadre de ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la «Nouvelle Afrique du Sud».C\u2019est, en effet, un nouvel Etat qui va voir le jour, puisque \u2014 événement sans précédent dans l\u2019Histoire \u2014 «tous» les citoyens sud-africains en âge de voter peuvent participer à ces élections générales.Les Noirs, qui constituent 75% de la population totale du pays, ont enfin le droit d\u2019exprimer leur suffrage, comme avaient pu le faire \u2014 séparément \u2014, outre les Blancs, les Métis et les Indiens, lors de l\u2019élection du Parlement dit «tricaméral» marquant l\u2019une des grandes étapes initiales sur la voie des réformes, en 1983.Il s\u2019agit donc, a présent, du tout dernier acte et du plus important dans le long processus d\u2019abolition de l\u2019apartheid.Ainsi, 18 millions d\u2019électeurs «potentiels», près de sept sur dix, vont voter pour la première fois, au cours d\u2019une opération d\u2019autant plus complexe et difficile que 40% d\u2019entre eux sont analphabètes.Il faudra déposer deux bulletins dans les urnes, l\u2019un pour le scrutin national, qui déterminera la composition du Sénat et de l\u2019Assemblée nationale, l\u2019autre pour le scrutin régional, c\u2019est-à-dire l\u2019élection des membres des assemblées créées dans chacune des neuf nouvelles provinces.Dans les deux cas, le mode retenu est celui du scrutin de liste à la proportionnelle intégrale.Sur chaque bulletin de vote, l\u2019électeur doit cocher la case du parti de son choix, où seuls figurent les noms de la formation et de son leader, ainsi qu\u2019un symbole figuratif à l\u2019intention des illettrés \u2014 le plus engageant étant sans conteste celui du très «folklorique» Kiss Party (Keep It Straight and Simple): l\u2019empreinte de deux lèvres rouges.Un autocollant a été prévu pour ajouter l\u2019In-katha du chef zoulou Mangosuthu Buthelezi qui, la semaine dernière, a décidé in extremis de participer aux élections, alors qu\u2019il n\u2019était plus temps d\u2019imprimer de nouveaux formulaires.Dix-neuf partis se présentent au niveau national et vingt-sept au niveau régional.Huit partis briguent les suffrages des Sud-Africains aux deux échelons à la fois, et dans toutes les provinces; parmi eux les principaux: le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela et le Parti national (NP) du président sortant, Frederik De Klerk, qui, ensemble, réunissent de 75% à plus de 80% des intentions de vote, selon les derniers sondages.Onze formations font seulement acte de candidature pour le Parlement national, tandis que huit autres ne se présentent qu\u2019au niveau régional, dans une ou plusieurs provinces.EN BREF ?LES SOCIALISTES JAPONAIS PARTENT Tokyo (Reuter) \u2014 Les socialistes japonais ont annoncé hier leur retrait de la coalition au pouvoir, plongeant le nouveau premier ministre Tsutomu Hata dans l\u2019embarras.«Nous ne pouvons pardonner au reste de la coalition.Il n\u2019y a plus de place pour une poursuite des négociations.Nous nous retirons de toutes les structures de la coalition au pouvoir», a déclaré le président du parti socialiste, Tomiichi Murayama.Les socialistes n\u2019ont pas du tout apprécié la création surprise par les conservateurs et les centristes d\u2019un bloc parlementaire les tenant à l\u2019écart.Tomiichi Murayama a toutefois ajouté que son parti voterait le projet de budget pour 1994-95, ainsi que plusieurs mesures destinées à lutter contre la récession.-?- DES CUBAINS À L'AMBASSADE ta Havane (service espagnol de l\u2019AFP) \u2014 Un groupe de quatre ou cinq Cubains, dont un enfant, ont pénétré hier matin sans autorisation dans l\u2019ambassade du Canada à la Havane, dans le quartier Miramar.Une équipe de télévision de Miami a été témoin de l\u2019incident au cours duquel une femme aurait été arrêtée.Le groupe a déjoué les gardiens postés aux alentours de l\u2019ambassade, dans le quartier Miramar.Au cours des derniers mois, on a relevé plusieurs incidents de Cubains tentant de pénétrer dans les jardins de l\u2019ambassade.Le dernier incident de i Cubains pénétrant dans une ambassade remonte à jan-1 vien Huit Cubains avaient alors pénétré dans l\u2019ambassade de Belgique à La Havane et n\u2019en sortirent qu\u2019un mois plus tard, sur promesse des autorités cubaines qu\u2019il n\u2019y aurait pas de poursuite contre eux.-?- SOLIDARITÉ FAIT GRÈVE Varsovie (Reuter) \u2014 Le syndicat Solidarité a appelé hier les mineurs de charbon polonais à se joindre au mouvement de grève en cours dans les mines de lignite.Selon un porte-parole de Solidarité, les arrêts de travail pourraient débuter dans quelques heures.les ouvriers des mines de lignite ont cessé le travail jeudi dernier pour tenter d\u2019obliger le gouvernement à retirer un plan de restructuration du secteur.Ils ont pratiquement cessé d\u2019approvisionner les usines qui produisent plus de 30% de l\u2019énergie électrique du pays et ont obligé le gouvernement à importer d\u2019urgence de l'électricité.On ignore encore le nombre des mineurs de charbon qui répondront à l\u2019appel de Solidarité et la forme que prendra le mouvement.WPM '.v PHOTO AP Ben Ngobeni, membre exécutif de l'Inkatha, explique le déroulement de l'assemblée spéciale du parlement sud-africain au prince Gideon Zulu et à ses collègues, tous vêtus des habits traditionnels zoulous.Mourir pour l'ANC Une campagne audacieuse sur les terres de l'Inkatha MARIE-PIERRE SUBTIL LE MONDE U lundi \u2014 Mal à l\u2019aise, Mangosuthu Buthelezi tourne en rond dans la pièce bondée.C\u2019est pour offrir sa «médiation, dit-il, qu\u2019il est venu, interrompant sa campagne électorale pendant quelques heures.N\u2019est-il pas «ministre de la police» du bantoustan du Kwazulu, le fief des nationalistes zoulous, dont il est aussi le premier ministre?Dans l\u2019atmosphère tendue du commissariat, le dirigeant de l\u2019Inkatha salue timidement les uns et les autres, qu\u2019il soient policiers \u2014 acquis à sa cause \u2014, militants de son propre parti \u2014 entrés là comme dans un moulin \u2014 ou même membres du Congrès national africain (ANC) et de la Commission électorale indépendante (IEC).Les gens de l\u2019ANC et de Î\u2019IEC ont trouvé refuge au commissariat dans l\u2019après-midi.Ce samedi, ils étaient venus distribuer des tracts au centre commercial d\u2019Ulundi.Une gageure: jusque-là, personne n\u2019a pu faire campagne dans la capitale administrative du bantoustan; hormis, bien sûr, le parti de M.Buthelezi lui-même, lancé dans la course depuis quelques jours après avoir tenté de faire échouer le processus électoral.L\u2019«intrusion» s\u2019est soldée par une fusillade.Discours ambigu Du convoi de l\u2019ANC et de l\u2019IEC, restent, devant le Parlement du Kwazulu, deux voitures calcinées.L\u2019un des passagers est mort brûlé vif, un autre a été tué, cinq ont pris la fuite.Ceux qui sont, ce soir du 23 avril, au commissariat ont été sauvés par l'intervention de la police.Reste à les sortir de là: dehors, la foule gronde.Ils risquent leur vie une fois la porte franchie.Décision est prise de les évacuer dans deux véhicules blindés.La dizaine de jeunes gens viennent de quitter la pièce lorsqu\u2019un coup de fusil retentit.Dans un couloir sans lumière, un homme gît, blessé dans le dos.Il était venu à Ulundi pour distribuer des tracts de l\u2019ANC, il mourra moins d\u2019une heure plus tard, assassiné en plein coeur d\u2019un commissariat.Sans que le «ministre de la police», à une vingtaine de mètres de là, ait daigné se rendre sur les lieux.«Il s\u2019est tiré dessus lui-même», se contentera de dire M.Buthelezi.«On ne peut pas laisser faire les criminels, ils doivent payer pour ces crimes», a lancé Nelson Mandela le lendemain, lors de son dernier meeting de campagne, à Durban, en précisant qu\u2019il devait s\u2019entretenir le soir même avec le pré- sident Frederik De Klerk de la mort des trois militants de son mouvement.Comment les élections pourraient-elles être «libres et honnêtes» au Kwazulu, alors que les partisans de l\u2019ANC ne peuvent s\u2019afficher sans risquer la mort?Qui contrôlera la régularité du scrutin dans les collines du bantoustan, peuplées de pauvres hères prêts à mourir pour l\u2019Inkatha, le parti de M.Buthe-lezi, qui a su exploiter leur nationalisme?Plus de 150 000 personnes assistaient au rassemblement de l\u2019ANC, dans le stade de Durban.Moins de 3000 se sont déplacées pour entendre Mangosuthu Buthelezi, le même jour, au centre des expositions du grand port du Natal.Se perdant dans un long historique censé expliquer le récent revirement de son parti, le dirigeant zoulou a annoncé que l\u2019Inkatha allait «ridiculiser l\u2019ANC» lors du scrutin.«Nous entendons depuis bien trop longtemps ses prétentieuses déclarations selon lesquelles [il] est majoritaire dans la région, a affirmé M.Buthelezi.Mais la victoire de l\u2019Inkatha au Kwazulu/Natal ne serait-elle pas si sûre?Du discours du chef zoulou, on aura pu aussi retenir une phrase ambiguë: «Le combat pour la liberté et la prospérité ne fera que commencer après les élections.» L'héritage géopolitique de l'apartheid Un compartimentage racial fort complexe Johannesburg (Reuter) \u2014 L\u2019apartheid, institué par le Parti national (NP) peu après son accession au pouvoir en 1948, a abouti au compartimentage racial des Noirs d\u2019Afrique du Sud en fonction de clivages tribaux, culturels, religieux et linguistiques.En zone urbaine, c\u2019est le regroupement linguistique et culturel qui a prévalu, chaque groupe se voyant attribuer des «sections» propres.Hors des villes, le gouvernement a créé en 1959 des foyers ethniques pour y accueillir les Noirs qui pouvaient y exercer leurs droits politiques.Les Noirs ont été répartis en une dizaine de foyers ethniques, les bantoustans, sur 13% des terres les plus pauvres dans l\u2019ensemble du pays, les 87% restants, dont les régions agricoles les plus riches, étant la propriété de la minorité blanche.Les élections des 26-28 avril, première consultation multiraciale en Afrique du Sud, vont faire disparaître les bantoustans.Ceux-ci et le$ quatre provinces du pays \u2014 Province du Cap, Natal, Etat libre d\u2019Orange et Transvaal \u2014 céderont la place à neuf provinces nouvelles.Quatre bantoustans ont obtenu leur indépendance de Pretoria, qu\u2019il est le seul à reconnaître.Ce sont le Trans-kei, où se trouvent les Noirs d\u2019expression xhosa, le Bo-phuthatswana, qui regroupe les Tswanas, le Venda où vivent les Vendas et le Ciskei, où habitent d\u2019autres Xhosas.Les six autres bantoustans, qualifiés d\u2019autonomes, sont le KwaNdebele pour les Noirs d\u2019expression ndebe-le, le KaNgwame pour les Swazis, le Lebowa pour les Sothos du Nord, le Qwa-Qwa pour les Sothos du Sud, le KwaZulu pour les zoulous et le Gazankulu pour les Shangaans.Noirs W 74% Q Blancs 14% ® Métis et Asiatiques 9% Afrique du Sud : 38 millions d'habitants Nord - Ouest Population totale : 1 023 947 m © Pretoria.Witwatersrand Population totale : 7 214 248 \u2022\t© O Transvaal du Nord Population totale : 4 721 226 A \u2022 O 75,5% 3,2% 21,3% 64,4% 5,7% 29,9% 96,8% 0,2% 2,9% BOTSWANA Population totale 714 508 41% 42,5% 16,5% PRETORIA ?7 \\ Johannesburg \u2022\t'\t* / i vV; -k-J- AFRIQUE DU SUD u- 300 km Port Elizabeth Population totale : 4 680 278 93,1% 0,8% 6,1% Durban m Population totale : 7 955 526 81,5% 11% 7,5% Population totale : 3 545 689 Population totale : 6 348 838 Population totale : 2 446 I \u2022\t# G \u2022\t\u2022\t* 16,2% 59,5% 24,3% | 87%\t7%\t6% j [ 83,5% 2,9% 13,5% AFP infographie - f.Nallier-L.Saubadu \t\t\t\t Zoulou\t8,5 millions\t22%\tTswana\t3,3 millions\t8,6% Xhosa\t6,6 millions\t17%\tShangaan-Tsonga 1,4 million\t3,6% Afrikaans\t5,8 millions\t15%\tSwazi\t954 000\t2,4% Sotho du Nord 3,7 millions\t\t9,6%\tNdebele du Nord 170 000\t0,4% Anglais\t3,5 millions\t9%\tNdebele du Sud 290 000\t0,7% Sotho du Sud\t2,6 millions\t6,7%\tNdebele\t146 000\t0,37% Un pays où les Noirs immigrent Johannesburg (AP) \u2014 C\u2019est l\u2019un des paradoxes les plus surprenants de l\u2019histoire récente sud-africaine: quelque deux millions de Noirs originaires des pays voisins ont immigré en Afrique du Sud, en dépit de l'apartheid et de la répression raciale, dans l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure ou.au moins, d\u2019un travail assuré.Le nombre de ces immigrants noirs va sans doute encore augmenter après les actuelles élections.En cas de victoire, l\u2019ANC n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019expulser les travailleurs étrangers, mais souhaite au contraire leur accorder la nationalité sud-africaine afin qu\u2019ils puissent faim venir knir famille.Depuis plus d\u2019un siècle, l\u2019économie sud-africaine, l\u2019une des plus flo-rissantes du continent, attire des immigrants à la recherche d\u2019un emploi, et le nombre des immigrés noirs a | toujours dépassé celui des émigrés.même au plus fort de l\u2019apartheid.«Il n\u2019y avait pas moyen de gagner de l\u2019argent au Zaïre», explique Anselme Ngouzu, un pharmacien qui a fui ce pays d\u2019Afrique centrale et qui vend à présent des masques en bois sculptés dans les rues de Johannesburg.«Au moins, il y a du travail ici.» Depuis la mise en place de l\u2019apartheid.l\u2019immense majorité des immigrés noirs sont des hommes sans qualification qui ont laissé leur famille derrière eux, sont payés une misère et contraints à des conditions de travail et de vie très difficiles.Avant l\u2019instauration du régime raciste, l'Afrique du Sud attirait l\u2019élite noire du continent et certains immigrés venaient pour suivre les cours à l'Université de Fort Hare.Mais ce type d'immigration semble à nouveau à l\u2019ordre du jour avec le démantèlement progressif de l\u2019apartheid.Le vote au Canada Dans douze villes canadiennes, les citoyens sud-africains peuvent se prévaloir aujourd\u2019hui de leur droit de vote.En accord avec la Commission électorale indépendante d\u2019Afrique du Sud, c\u2019est le Barreau du Québec qui assume la tâche de recueillir les votes à Montréal, de 7h à 19h au siège de l\u2019Association de la jeunesse ukrainienne, au 3270 Est de la rue Beaubien.Trois membres du Comité des droits de la personne du Barreau du Québec ont accepté de se relayer pour agir comme chef de bureau de votation, en accord avec l\u2019organisme qui régit ces premières élections multiraciales en Afrique du Sud.Ce sont: Me André Tunnel, Me Nicole Trudeau-Bérare! et Me Chantal Sauriol.Au Barreau, on avait d\u2019abord pensé que certains de ces délégués se rendraient en Afrique du Sud même à titre d\u2019observateurs.Des discussions avec la IEC ont permis d\u2019assurer une collaboration en vue de garantir la conformité du vote aux normes préconisées pour l\u2019ensemble des électeurs sud-africains.A des avocats québécois incombera donc la responsabilité de déposer sur un avion-cargo l\u2019urne scellée contenant les bulletins qui auront été déposés par des Sud-Africains habitant le Québec.Des scrutins semblables sont prevus à Toronto.Vancouver et quelques autres villes.A 7 \u2018nos* Un débat constitutionnel à finir L\u2019Assemblée nationtüe qui est 9ur le point d\u2019être élue se réunira pour la première fois, le 6 mai, afin de choisir le nouveau président de l\u2019État et celui-ci \u2014 Nelson Mandela, selon toute vraisemblance, étant donné la confortable victoire que l\u2019on prédit à l\u2019ANC \u2014 sera investi solennellement dans ses fonctions le 10 mai.Mais ce moment historique ne marquera pas le terme de l\u2019évolution institutionnelle du pays, pourtant négociée et élaborée depuis plusieurs années.FRANCIS CORNU LE MONDE La Constitution, qui entrera en vigueur aussitôt après les élections, n\u2019est que provisoire.Elle est susceptible d\u2019être plus ou moins modifiée dans un délai de cinq ans.L\u2019Assemblée nationale aura donc une double fonction, législative et constituante.À l\u2019encontre des autres formations politiques, qui savaient que l\u2019ANC serait en position dominante après une victoire électorale très prévisible, et donc moins conciliant, le parti de M.Mandela tenait à ce que la Constitution définitive ne soit pas seulement le fruit de négociations préalables au premier scrutin «démocratique» mais l\u2019oeuvre d\u2019une assemblée réellement représentative.L\u2019Assemblée nationale comptera 400 sièges, occupés pour moitié par des députés élus directement au scrutin «national»; les 200 autres sièges étant répartis entre les neuf provinces, en fonction de leur importance démographique et en proportion du nombre de voix recueillies par chaque parti dans celles-ci.Pour toute modification de la Constitution, une majorité des deux tiers sera requise - majorité que l\u2019ANC pourrait approcher lui-même ou, plus sûrement, par le jeu d\u2019alliances, ce qui effraie ses adversaires.Le Sénat, qui aura un rôle plutôt consultatif, disposera de 90 sièges, dix pour chacune des provinces, distribués au prorata du résultat que les partis y auront enregistré.Comme le précédent Parlement, les deux Chambres siégeront au Cap, tandis que le gouvernement restera à Pretoria.Un régime présidentiel Bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un régime présidentiel,, sans premier ministre, le chef de l\u2019État ne sera pas élu directement au suffrage universel, mais par l\u2019Assemblée.Les partis disposant de 80 députés ou plus - ou bien les deux formations les plus nombreuses - désigneront chacun un vice-président Ainsi l\u2019ANC est-il quasiment assuré d\u2019en compter un, de même que le Parti national (NP) qui devrait nommer M.De Klerk à ce poste.D y aura au maximum 27 ministres dans le «gouvernement d\u2019union nationale».Vingt sièges à l\u2019Assemblée garantiront automatiquement un portefeuille à un parti.Selon ce barème et de récents sondages, le NP, jusqu\u2019alors au pouvoir sans partage, peut espérer avoir trois ou quatre ministres.Fédéralisme ou régionalisation?Les provinces se voient accorder une large représentation au Parlement national, mais le nouveau système encadre relativement les prérogatives de leurs gouvernements et .assemblées, en laissant notamment le contrôle de leurs moyens financiers au pouvoir central.La Constitution hésite manifestement entre fédéralisme \u2014 le mot n\u2019est pas écrit\u2014 et forte régionalisation.Une Constitution fragile Non seulement cette Constitution n\u2019est qu\u2019«intérimaire», mais encore le débat reste-t-il ouvert sur un certain nombre de questions graves.Bien que le texte fondamental proclame d\u2019emblée la nature «unitaire» de la République d\u2019Afrique du Sud (après annulation des «indépendances» ou «autonomies», des anciens bantoustans), les plus chauds partisans d\u2019un fédéralisme accentué, voire d\u2019une confédération, ceux qui redoutent le plus le pouvoir de l\u2019ANC, parce que ce mouvement a affirmé sa très nette préférence pour un centralisme prononcé, n\u2019ont pas dit leur dernier mot Ils se prévaudront sans doute du lait que la ligne de partage entre les attributions du pouvoir central et des autorités provinciales n\u2019est pas encore clairement définie, 'ce qui promet déjà une rude lutte d\u2019influence entre Pretoria et certaines régions.Mais surtout ils se targueront des promesses de compromis qui viennent d\u2019être faites à deux partis représentant des forces centrifuges, en échange de leur ralliement au processus électoral qu\u2019ils boycottaient auparavant La semaine dernière, l\u2019Inkatha, qui prétend défendre la cause de Zoulous, avait obtenu que pour ceux-ci l\u2019éventuelle reconnaissance d\u2019un statut particulier soit discuté après les élections.Samedi, c\u2019était au tour du Front de la liberté (FF), né d\u2019une scission de l\u2019extrême droite blanche d\u2019obtenir de l\u2019ANC et du gouvernement sortant l\u2019engagement que le principe de ^autodétermination» de la communauté afrikaner soit mis à l\u2019étude après le scrutin. A 8 I.K I) V.V OIK.I.K M A KOI 2 II A V K I I.I II * reprise; Les maîtres chanteurs armi les innombrables maux que sécrète le fédéralisme canadien, il en est un qui réapparaît chroniquement, en fait chaque fois que le peuple québécois se rapproche, peu ou prou, d\u2019une échéance politique qui pourrait être l\u2019occasion d\u2019une remise en question de son appartenance à la confédération.Il s\u2019agit de sa capacité maladive, apparemment incurable, à produire une variété ahurissante de maîtres chanteurs en herbe qui se déchaînent épisodiquement dans une fulminante pléthore de menaces irrationnelles de tout acabit.On y a droit encore une fois.C\u2019est reparti exactement comme lors des élections qui rirent l\u2019arrivée au pouvoir du Parti québécois en 1976, du référendum québécois sur la souveraineté en 1980, du coup de force constitutionnel de Trudeau en 1981, des négociations du lac Meech en 1990 et du référendum pancanadien sur les accords de Charlottetown en 1992.Un interminable feuilleton de mauvais goût qu\u2019il nous est malheureusement impossible de zapper! Si Boris Vian avait l\u2019idée de se réincarner à Montréal aujourd\u2019hui, il en ferait une chanson qu\u2019il intitulerait fort probablement Fais-moi peur, Johnny, Johnny!» Cette chanson, ou plutôt ce chantage, a toujours désespérément le même contenu monotone: si le Québec ose prendre le chemin, pourtant naturel et légitime, de son indépendance nationale, le ciel va, carrément et sans la moindre hésitation, lui tomber sur la tête! Peu importe les circonstances et bien qu\u2019en réalité elles ne se produisent jamais au moment où ils nous les annoncent avec insistance, les maîtres chanteurs nous promettent toujours les mêmes calamités: le dollar va dégringoler, les taux d\u2019intérêt vont grimper en flèche, les investisseurs vont fuir, les exportations vont chuter, le chômage va exploser, la dette publique va imploser, la pauvreté va s\u2019étendre, bref, l\u2019économie va s\u2019effondrer et le développement social du Québec va stagner, sinon PIERRE GRAVELINE ?régresser, le jour où les Québécois vont décider de prendre toutes leurs affaires en main.Chiffres tronqués à la bouche, les maîtres chanteurs nous resservent périodiquement les mêmes grotesques prédictions, nonobstant le fait que ces catastrophes se produisent déjà, l\u2019une après l\u2019autre, alors même que nous vivons sous le régime fédéral.Bien entendu, nous diront-ils, c\u2019est le projet d\u2019indépendance qui, par anticipation en quelque sorte, porte la terrible responsabilité de tous ces malheurs.Quand on possède un si magnifique bouc émissaire, pourquoi se priverait-on de l\u2019enfourcher et de l\u2019user jusqu\u2019à la corde?Mais, à force de l\u2019étirer, la corde ne fait plus guère peur aux pendus par contumace.Les maîtres chanteurs ajoutent alors au terrorisme économique d\u2019autres pressions psychologiques.Faisant mine d\u2019oublier les règles du droit international, ils y vont de menaces à l\u2019intégrité territoriale d\u2019un éventuel Québec indépendant.Si le Québec peut se séparer du Canada, le West Island et Kahnawake ne peuvent-ils pas se séparer du Québec?n\u2019hésitent-ils pas à se demander.Ou, plus ridiculement encore, gonflant leurs pitoyables biceps de fiers-à-bras du fédéralisme, ils tentent l\u2019intimidation a la Serbe en nous menaçant d\u2019une intervention appréhendée de l\u2019armée canadienne.Derrière ces manoeuvres se cache la bonne vieille stratégie qui vise à créer de toutes pièces un climat d\u2019insécurité économique, à laisser poindre au besoin la perspective de troubles graves, en espérant ainsi influencer les craintifs et les indécis1 et retarder à nouveau le cours de1 l\u2019histoire.Si elles n\u2019ont pas gagne en originalité, les tactiques des maîtres chanteurs n\u2019ont guère progressé, nop plus, en crédibilité.Évalués à l\u2019aune des redoutables; 1 harangues de son maître à penser; les discours anti-séparatisses tonitruants d\u2019un Jean Chrétien reprenant le flambeau de la Sainte Croisade contre l\u2019indépendance, s\u2019avèrent de bien pâlottes litanies.De la même fa-;1 çon, comparée aux manœuvres ma-' chiavéliques d\u2019efficacité de son pré1 1 décesseur, la pauvre tentative d\u2019extorsion de votes concoctée récemment par un Daniel Johnson, avec la complicité malhabile d\u2019un ex-confrè-re de classe américain devenu ironiquement cadre supérieur chez Johnson & Johnson, semble çivoir l\u2019impact d\u2019un pétard mouillé.À un autre niveau, mesurées à la mordante échelle Richler, les imprécations ré pétées d\u2019un Norman Webster, qui; illustration exemplaire de la qualité -démocratique de la presse indépem ¦ dante, sévit dans mon quotidien pré féré, paraissent provoquer des se1 ' cousses de piètre intensité.Quel que soit le jugement que l\u2019on porte sur leur efficacité, les tactiques répétitives des maîtres chanteurs, rhodésiens attardés ou rois nègres nouvelle vague, sont surtout éminemment révélatrices de leur incommensurable mépris pour le peuple québécois.«Moi y en expliqué à toi, pauvre tribu naïve, béni-oui-oui des référendums perdus, combien le bon maître canadien et ses fidèles alliés américains vont se fâcher et devenir méchants méchants si tu persistes à vouloir briser tes chaînes», proclament-ils en chœur.Bien évidemment, j\u2019écris ce texte; en tremblant comme une feuille, d\u2019érable il va sans dire, et ne trouve pour illusoire consolation que la fragile certitude d\u2019avoir fait provision, en prévision des temps de malheur qui vont bientôt s\u2019abattre sur nous, d\u2019une raisonnable quantité de sirop : de ce merveilleux symbole qui nous ; rassemble d\u2019un océan à l\u2019autre.A PROPOS -?- .de xénophobie L\u2019année 1993 a vu naître plusieurs tendances.D\u2019une part, on se satisfait de voir quelques mouvements d\u2019intolérance organisés en perte de vitesse au Québec; d\u2019autre part, la situation internationale s\u2019est suffisamment dégradée pour que l\u2019on y jette un œil attentif.La résurgence de partis politiques d\u2019obédience xénophobe ou carrément fasciste reste le fait marquant de 1993 et inquiète bon nombre d\u2019observateurs.Le parallèle entre 1933 et 1993 peut ne pas être dénué d\u2019intérêt.En effet, dans les deux cas, la part croissante des électeurs accordant leur voix à de telles formations reflète une frustration économique et sociale profonde, aggravée par une crise d\u2019identité na- tionale et des conflits interethniques dans plusieurs pays.' La nature des interactions factorielles favorisant cette > poussée de l\u2019extrémisme xénophobe est très complexe pour n\u2019être qu\u2019un chapitre de ce document.Cependant, une étude attentive des contextes ayant engendré cette situation s\u2019avère plus que nécessaire afin d\u2019éviter qu\u2019il ne se reproduise près de chez nous.En effet, le fait que le Québec soit pour l\u2019instant épargné par la remontée géné- ! ralisée des tendances fascistes permet d\u2019agir directe- : ment à la source et ce, avant que le climat d\u2019intolérance * ne se durcisse irrémédiablement.\t' ' Ligue antifasciste mondiale, 1994.P 0 S Ü É PAR LE DEVOIR be N RI BOORASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, ROCII COTÉ Rédacteurs en chef adjoints JEAN ROBERT SANSFAÇON.LUCIE LACAVA 2050.rne de Bleory.9e étage.Montréal (Québec) H3A 3M9.Tél.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.K |) K V II I It .I.K M A It II I 2 H A V It I I.I il il I I I) E E S Élections municipales à Montréal La conscience verte contre le citoyen Doré La course à la mairie prend des allures de feuilleton politique FRANÇOIS G.DESROCHERS Étudiant au doctorat en études urbaines INRS-Urbanisation/UQAM écidément, la course à la mairie de Montréal prend de plus en plus des allures de feuilleton politique avec son lot de faits cocasses, sa part de revirements spectaculaires et son dénouement toujours incertain.Le dernier épisode s\u2019est joué récemment avec le retrait surprise du candidat Claude Beauchamp et son prompt ralliement à l\u2019autre aspirant maire, Pierre Bourque, la «conscience verte» de Montréal.La publication dans LE DEVOIR (5 avril 1994) d\u2019un sondage sur les intentions de vote des Montréalais n\u2019est sans doute pas étrangère à ce singulier autant qu\u2019inattendu réenlignement politique.Avec un maigre 4,7% des intentions de vote, Claude Beauchamp \u2014 qui est sans doute fort en calcul pour avoir réussi en affaires \u2014 a rapidement fait le décompte de ses chances d\u2019occuper un jour le bureau du maire.Sabordant donc sa jeune formation politique, Action Montréal, laissant un peu cavalièrement sur le carreau ses appuis jusqu\u2019ici acquis, Claude Beauchamp a troqué la perspective d\u2019une humiliante défaite pour celle, plus rassurante, d\u2019être du côté d\u2019une équipe frayant sérieusement avec la victoire.Loin de la coupe aux lèvres Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour cet ex-journaliste et hommes d\u2019affaires ainsi que ceux qui s\u2019agglutinent actuellement autour du candidat Pierre Bourque.Pour un, le maire Doré, malgré un dur bilan dressé par l\u2019électorat sur les réalisations de son administration depuis 1986, n\u2019est pas encore battu demeurant le favori des Montréalais avec 30% des intentions du vote.C\u2019est, en fait, un peu plus que tous ses opposants réunis.Quant à Pierre Bourque, maintenant le principal adversaire désigné à Jean Doré, sa popularité repose ironiquement sur son actuel effacement.Hantant la scène politique plutôt qu\u2019en l\u2019occupant, se laissant habilement désirer, Pierre Bourque et son équipe demeurent pour l\u2019instant une énigme politique.Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que d\u2019ici l\u2019échéance électorale de novembre prochain, le portrait général peut encore considérablement évoluer.Qui sait?D\u2019autres candidats entreront peut-être dans la course modifiant à nouveau complètement le paysage politique.Nous ne sommes sans doute pas encore au bout de nos surprises.Il faudra également Pierre Bourque, chef de Vision Montréal.PHOTOS JACQUES NADEAU Le maire Jean Doré \u2022s*\u2019; \u2022' ü m a I-,/ suivre attentivement, ainsi que le soulignait la journaliste Kathleen Lévesque, comment se départageront les électeurs encore indécis qui constituent tout de même 40% de l\u2019électorat (LE DEVOIR, 7 avril 1994).Ce qui, cependant, semble plus particulièrement détonner dans le ballet politique qu\u2019il nous est actuellement possible d\u2019observer, c\u2019est le choix délibéré de Pierre Bourque de fonctionner le plus possible en circuit fermé.lorsqu\u2019on le questionnait sur le caractère très sélect de sa formation politique, l\u2019ex-maire de Montréal, Jean Drapeau, avait coutume de rétorquer par cette boutade traduisant le peu de cas qu\u2019il faisait de la démocratie municipale: «Tous les Montréalais sont membres du Parti civique par l\u2019esprit.» A regarder aller Pierre Bourque, à le voir passer maître dans l\u2019art de l\u2019esquive, celui-ci nous invite bien involontairement à établir le parallèle.Mais, faut-il s\u2019indigner pour autant?En politique, toutes les stratégies se valent à la condition, très cyniquement, qu\u2019elles se traduisent en votes lors des élections.Il faudra donc voir comment Pierre Bourque tirera son épingle du jeu pour prendre la mesure exacte de sa tactique électorale.On oublie surtout que la trajectoire adoptée par Pierre Bourque est plutôt typique de la politique municipale et qu\u2019il ne faudrait pas, dès lors, s\u2019en étonner.L\u2019enfant négligé de la pratique électorale La scène municipale demeure en effet l\u2019enfant négligé de la pratique électorale.Quand l\u2019exercice ne tourne pas à la consécration d\u2019office, faute d\u2019opposition, le taux de participation aux élections ne franchit qu\u2019exceptionnellement le cap de 50%.Sur l\u2019échiquier politique, les partis \u2014 lorsqu\u2019ils existent \u2014 sont rarement opposés du point de vue idéologique, se formant et déformant au gré des candidatures, adaptant leur programme à l\u2019évolution de l\u2019actualité et faisant grand cas de leur foi dans des principes qui relèvent plus de la vertu que de véritables choix de société (du genre, «nous sommes pour.la réduction des taxes!»).Assez significativement, il n\u2019est pas rare de voir des aspirants conseillers se «magasiner» un parti, allant au plus offrant ou à celui qui semble le plus apte à prendre le pouvoir.Le résultat?Plus souvent qu\u2019autrement, la curiosité du citoyen, momentanément stimulée en temps d\u2019élections par la chose locale, est rapidement émoussée jusqu\u2019au prochain rendez-vous électoral alors que les dirigeants politiques locaux ne sont généralement pas spécialement réputés pour leur transparence.Il y a donc ici une douce ironie.C\u2019est moins Pierre Bourque et son parti Vision Montréal que Jean Doré et le RCM qui font ici figure d\u2019exception: un parti politique né il y a 20 ans d\u2019un véritable mouvement populaire et fonctionnant sur le modèle de ses grands frères sur les scènes provinciale et fédérale.Une formation politique où prime toujours la ligne de parti et qui est encore aujourd\u2019hui caractérisé par un membership important, un programme dûment adopté en congrès et des candidats choisis lors de conventions dans les districts électoraux.Un parti politique secoué par huit années au pouvoir mais qui, au plan de la démocratie de représentation, peut encore faire la leçon à son plus proche rival.Qui gagne perd Gosset a été acquitté dans Vaffaire Griffin, mais il a perdu, comme nous tous L OSÉ DOMOND e verdict a été prononcé.Le lapsus d\u2019un des membres du jury a donné quelques sueurs froides à l\u2019avocat de la défense.C\u2019est un signe révélateur des ambiguïtés entourant toute cette affai-e.Coupable ou non coupable, telle \u2019est plus la question.L\u2019administration quitable de la justice, voilà la grande réoccupation.Tous ceux qui avaient suivi de près e deuxième procès du policier Allan losset savaient que, d\u2019une manière ou \u2019une autre, il allait être acquitté.Pour ne raison bien simple: on ne peut rouver sans l\u2019ombre d\u2019un doute qu\u2019il vait descendu le prévenu de sang-oid.On ne peut pas prouver qu\u2019il vajt tué intentionnellement.A partir du moment où il a eu le ré-éxe de dégainer son arme et de la ointer en direction du prévenu, les vénements se sont précipités.L\u2019espa-e de quelques secondes et un hom-îe qui ne devait pas mourir venait de îourir.La théorie de l\u2019accident Li théorie de l\u2019accident me parais-ait tout simplement absurde.la veille es funérailles d\u2019Anthony Griffin, je l\u2019étais rendu au salon funéraire pour xaminer le cadavre.Ije jeune homme vait reçu une balle en plein front, ntre les deux yeux.Personne ne me *ra croire que le revolver visait si jus-* par accident.L'individu faisait face u policier et il lui a logé une balle ans la tête.Combien dp coups de feu nt été tirés ce jour-là?A quelle distan-e?A quel endroit?Dans la cour du oste de police! L\u2019autre policière, où tait-elle?Que faisait-elle?Elle obser- vait passivement la scène?Pourquoi subitement Anthony Griffin s\u2019était-il mis à courir alors que jusque-là, il n\u2019avait opposé aucune résistance à son arrestation?De quoi avait-il peur quand il avait essayé de s\u2019enfuir?Une seule personne pourrait nous dire la vérité.Elle est morte.La vérité est enterrée avec lui.Une fois écartée la théorie de l\u2019accident, il ne nous reste plus qu\u2019à essayer de comprendre les motifs de «l\u2019accident».Il serait injuste et déraisonnable d\u2019intenter un procès d\u2019intention contre l\u2019agent Gosset.Lui seul, en son âme et conscience, sait pourquoi il avait choisi de tirer.On peut tout au moins lui reprocher d\u2019avoir commis une faute professionnelle grave.Personne ne peut raisonnablement contester ce fait Malheureusement, notre système judiciaire ne semble pas sanctionner ce genre de bavure.On nous dira certainement qu\u2019il n\u2019existe pas de jurisprudence en la matière.Pardon, je ne suis pas avocat.J\u2019essaie simplement de faire appel à mon bon sens.Injustice n\u2019est pas toujours une affaire de gros bon sens.C\u2019est une affaire de procédure et de mise en scène.Que le meilleur acteur gagne même si cela dessert les causes de la justice.La justice, comme la politique, est un jeu d\u2019adresse, d\u2019astuces, d\u2019influence, de gros sous.Aujourd\u2019hui, il faut cesser de considérer le cas de l\u2019individu (îosset pour accuser le système judiciaire de jouer avec le feu en ne rendant pas la justice de manière équitable.Le système est biaisé.Dans ce cas précis, après avoir Anthony Griffin a payé de sa vie une bavure policière qui ne sera jamais tirée au clair.crédité la théorie de l\u2019accident d\u2019un verdict de non-culpabilité, on s\u2019est servi de la théorie de la négligence.Or, si l\u2019on comprend bien les instructions du juge aux membres du jury, il fallait établir si, au moment du drame, une négligence avait été commise.La négligence avait été commise avant le drame, au moment de l\u2019arrestation (pas de fouille et pas de menottes).Dans les circonstances, les membres du jury n\u2019avaient pas beaucoup de choix que d\u2019acquitter l\u2019accusé.La théorie de «l\u2019écart marqué» avait également précédé le drame.Le jury n\u2019aurait donc pas retenu les antécédents.On a jugé les conséquences et pas les causes.On ne peut laisser sous silence le fait que le juge aurait «presque suggéré» au jury un verdict de non-culpabilité.Sans remettre en cause ni la sagesse, ni l\u2019impartialité, ni l\u2019expérience du juge.sans insinuer quoi que ce soit sur ses motifs ou ses intentions, admettons que les instructions du juge au jury ont pesé de tout leur poids dans la balance.Justice a peut-être été rendue, mais que dire de l'apparence de justice?Dans toute cette histoire, il y a plusieurs grands perdants.Anthony Griffin a payé de sa vie une bavure policière qui ne sera jamais tirée au clair.Sa famille et ses proches ne seront jamais convaincus de l\u2019impartialité du système judiciaire lorsque les forces policières sont impliquées dans une affaire.Si l\u2019on ajoute les autres bavures policières où tout s\u2019est terminé en queue de poisson, les membres des communautés ethnoculturelles auront de bonnes raisons de se méfier,de la police et du système judiciaire.A tort ou à raison, on se surprend à penser qu\u2019il y a collusion entre les forces policières et le système judiciaire.On a peut-être tort de penser ainsi, mais que fait-on pour nous prouver le contraire?Sept années d\u2019enfer L\u2019agent Gosset est l\u2019autre grand perdant.Malgré les acquittements successifs, on reste sceptique.1987-1994: sept années d\u2019enfer pour lui.Le moindrement qu\u2019on a du cœur, malgré les circonstances, on ressentirait une certaine compassion pour cet individu.Personne n\u2019est parfait Tout le monde peut commettre des erreurs.Malheureusement, on ne pardonne que les fautes ou les erreurs avouées.Cette histoire hantera ses pensées pour le reste de sa rie.Quel supplice! Quelle lente agonie! La police de la CUM est l\u2019autre grande perdante.Je vous laisse deviner pourquoi.Je ne fais pas ici allusion aux sommes d'argent englouties lore du premier procès où rien n\u2019a été ménagé pour arracher le premier verdict de non-culpabilité.L\u2019image de la police au-dessus des lois n\u2019est pas rassurante pour personne.Les émeutes de Los Angeles et leurs conséquences donnent une idée de ce qui peut arriver lorsque la frustration des victimes du système déborde.Nous avons tous perdu des plumes dans cette affaire.Si seulement on pouvait tout oublier et recommencer à zéro.Mais.Anthony Griffin.Marcel-lus François, Kelly.cinq Noire tués dans des circonstances ténébreuses, tous des victimes de bavures policières! Peut-on oublier cela?J\u2019aurais préféré me taire, mais mon silence serait complice.A I) De quelle couleur est le racisme?Le mal menace partout et aucun peuple n'est exempté PIERRE R.DESROSIERS Essayiste C=====| 'était fatal: il aura fallu que soient assassinés deux chefs d\u2019Etat et massacrés un premier ministre, 17 prêtres et 11 Belges, pour que les médias occidentaux fassent leur une avec le Rwanda et le Burundi.Au DEVOIR, on s\u2019est même permis une analyse de ==J François Brousseau qui éclaire les événements en fonction de la coopération Rwanda-Québec amorcée dès les années 60.Et pourtant, pas plus dans les pages des agences de presse que dans les interviews tenues le lendemain au réseau américain PBS, le mot «racisme» n\u2019est-il une seule fois prononcé.Tout au plus évoque-t-on, avec une prudence extrême, l\u2019opposition entre «tribus» ou, comme en ex-Yougoslavie, entre «ethnies».Brousseau, là-dessus, est exemplaire.Suivons la subtilité de la phraséologie: «Hutus et Tutsis, écrit-il, sont certes des mots importants pour comprendre ce qui se passe.» Sur quoi il nous rappelle les massacres de 1972, 1988, 1993 et 1994.Un recoupement rapide avec les articles d\u2019agence nous apprend que les derniers affrontements, en octobre dernier, avaient fait plusieurs dizaines de milliers de morts et environ 700 000 réfugiés en fuite.Tout cela dans un massacre mutuel entre Hutus et Tutsis.«Mais, ajoute Brousseau, l\u2019interprétation des conflits qui ont secoué ces pays depuis trois décennies ne peut recourir aux seules catégories ethniques.L\u2019attaque pourrait plutôt être attribuée aux éléments durs de l\u2019armée, etc.» Admirons le glissement des verbes.D\u2019abord le présent, net et affirmatif: on ne peut parler uniquement d\u2019ethnies.Et pourquoi?Parce qu\u2019il se pourrait que ce soit autre chose.Cette fois, le conditionnel.Ainsi, l\u2019affirmation initiale repose sur un possible qui, s\u2019il s\u2019avérait exact, serait précisément L\u2019intelligentsia l\u2019exception à une règle qui s\u2019ap- t plique depuis 30 ans.Et le tour est occidentale ne proféré ainsi joué de passer encore une fois sous le tapis un mal qui afflige partout la planète, le racisme, dont on voudrait que seuls les Blancs soient porteurs.Avant la dernière guerre mondiale, on parlait volontiers de races.Depuis lors, et pour de bonnes raisons, le qualificatif de «raciste» a pris la connotation que l\u2019on sait.Aujourd\u2019hui, pour ne pas le prononcer, on parle d\u2019ethnies quand il s\u2019agit de l\u2019ex-Yougoslavie et de tribalisme quand il s\u2019agit de l\u2019Afrique.A ce compte, on pourrait dire du nazisme qu\u2019il entraîna une guerre tribale entre le peuple des Seigneurs et les tribus du peuple élu.Pourquoi pas?La vérité est que l\u2019intelligentsia occidentale, par un mélange curieux de snobisme et de culpabilité, ne profère l\u2019accusation de racisme que dans deux cas de figure: lorsque les auteurs des exactions sont des Blancs s\u2019attaquant à des minorités ou à d\u2019autres ethnies, ou lorsque les victimes sont juives.Jamais l\u2019inverse.A-t-on seulement effleuré le terme à la suite du massacre d\u2019Hébron?Il y a là un blocage intellectuel grave qui dénote, en vérité, un refus de voir ce qui est, au nom de ce qu\u2019on voudrait qui soit.On filtre ainsi la réalité, ne laissant passer que ce qui s\u2019accorde avec nos conceptions.Or, c\u2019est là le processus même du racisme.Dans le cas présent, on attribue volontiers aux Blancs une pathologie que les autres ne sauraient contracter, ce qui laisse entendre qu\u2019elle leur serait naturelle.Plus près de nous, un chef amérindien a pu justifier, à la télévision de Radio-Canada, le projet d\u2019expulser de son village des familles entières d\u2019origine mixte, en disant 0e cite de mémoire): «Notre bagage génétique a été dilué depuis trop longtemps.» Qui, alors, au cœur même d\u2019une société munie d\u2019une charte des droits, a parlé de racisme?La vérité est que ce mal menace partout.N\u2019en sont exempts ni les populations africaines, ni les populations juives, ni les anglophones ou les francophones chez nous.Il s\u2019agit de le combattre là où il est, et le premier geste consiste à le nommer.Dans le cas de l\u2019Afrique, il est indéniable que les conflits tribaux qui l\u2019affligent depuis la décolonisation des années 1950-60 sont au moins aussi responsables de son état lamentable que ne l\u2019est le colonialisme occidental.Laisser entendre, sans le dire, bien entendu, qu\u2019il y a là pour les Africains noirs une situation normale, presque «naturelle», est à la fois méprisant et faux.Il y eut, de 1933 à 1945, un grand nombre d\u2019Allemands qui combattirent le racisme hitlérien.Beaucoup le payèrent de leur vie.Il y a, maintenant, un grand nombre d\u2019Africains qui combattent le racisme sous sa forme tribale.Ceux-là et celles-là mènent, pour nous tous, un essentiel combat de l\u2019esprit car le racisme est d\u2019abord une maladie de l\u2019esprit.Appeler enfin les choses par leur nom ne peut que les aider en servant la vérité.l\u2019accusation de racisme que lorsque les auteurs des exactions sont des Blancs s\u2019attaquant à des minorités ou d\u2019autres ethnies, ou que les victimes sont juives.Jamais l\u2019inverse.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information)', Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales)', Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l'information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon.Roland-Yves Carignan.Pierre Cayouette (livres).Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Bémbé (responsable), Robert Dutrisac.Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste).Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l'information politique: Pierre O\u2019Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Ijesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec): Serge Cha-pleau (caricaturiste): à l'information sportive: Yves d'Avignon; Denise Babin.Rachel Duclos (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (direc-teur): Manon Scott.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PEBIJOTÉ latrie Pinsonneault (directrice).Jacqueline Avril.Lise Bourgault.Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté.Johanne Guibeau, Jean-Yves Guilbcrt Christiane Legault.Monique Verreault (publicitaires): Micheline Turgeon, Olivier Zuida (commis): Michèle Bouchard (secrétaire).L\u2019ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables): Florine Cormier, Céline Fumy.Jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross, linda Thériault (adjointe à l\u2019administration).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette.Monique L'Heureux.lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).LA PROMOTION ET LES RELATIONS PCBUQVES Guy-Renaud Kirouac (directeur).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production), Sylvain Darcy (directeur de l'informatique), johsnne Brunet.Danielle Can tara.Richard DesComuers.Caroline Des Rosiers.Lynda Di Cesare, Marie-Josée Hudon.Michael Schneider.Christiane Vaillant Les annonces classées et mis publics: Yves Williams (superviseur).Dominique Charbonnier.Marlène Côté.Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland IE CONSEIL DU DEVOIR INC.Fierté Bourgie (president) LA FONDATION DE DEVOIR Marcel Couture(prrstdoiO.Roger Boisvert (ricr-pré-sident et directeur général). I.K I) K V 0 I R .I.K M A It I) I 2 li A V It I I.I II II I A 10 ACTUALITES TERRORISTES «Nous savons qui ils sont» B O U R G A U LT ?Johnson.par intérim Je n\u2019ai jamais parlé de Daniel Johnson.Je le trouvais peu intéressant et je n\u2019ai pas changé d\u2019idée depuis qu\u2019il est devenu Premier ministre.Premier ministre par intérim, sans doute.On a l\u2019impression qu\u2019il le sait et qu\u2019il ne voudrait retarder les élections que pour pouvoir dire qu\u2019il a occupé la fonction plus longtemps que son frère Pierre Marc.Peu intéressant, disais-je.Une idée fixe: le fédéralisme à n\u2019importe quel prix; une manie: la gestion à la petite semaine; un projet: l\u2019Etat comme entreprise privée; une pratique: le sur-place agité.Ne pas bouger mais donner l\u2019impression qu\u2019on chevauche un étalon sauvage.Se péter les bretelles.Souvenez-vous: Daniel Johnson approuva d\u2019abord la fermeture du collège militaire de Saint-Jean.Puis il se ravisa.Monté sur son grand destrier il annonça qu\u2019il prenait la tête de l\u2019opposition.Spa-rages et gesticulations.Puis, plus rien.Où en est l\u2019affaire?On n\u2019en sait trop rien, plus personne n\u2019en parle.A Ottawa, le pétage de bretelles a fait long feu.Et puis il y a eu la fermeture de Hyundai à Bromont.Se repéter les bretelles.Daniel Johnson s\u2019insurge et annonce qu\u2019il n\u2019en sera rien.Il envoie une délégation en Corée.11 multiplie les déclarations et s\u2019agite en son cabinet.Depuis?Rien.Un autre pétage de bretelles sans conséquence.Peu intéressant, vous dis-je.Puis Ottawa annonce que «la main-d\u2019oeuvre», c\u2019est fédéral».Là, c\u2019en est trop.Daniel Johnson joue la colère, fait semblant d\u2019être,surpris, redécouvre les intérêts supérieurs du Québec.A Ottawa, on fait la sourde oreille.Daniel Johnson en perd immédiatement la voix.L\u2019axe Ottawa-Québec est sourd et muet.La belle affaire! Daniel Johnson s\u2019en accommode en nous assurant que tout cela peut s\u2019arranger à l\u2019qmiable.Puis il part aux Etats-Unis.Il avait dénoncé de Qaulle en Europe, il s\u2019en prendra aux souverainistes aux Etats-Unis.L\u2019oiseau salit son nid, mais de loin; il a raison de croire qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un tour de force.Daniel Johnson est Premier ministre, c\u2019était le rêve de sa vie.Pas élu, nommé.Qu\u2019à cela ne tienne.Il s\u2019accrochera tant qu\u2019il le pourra.Il continue à faire du sur-place pendant que le peuple trépigne d\u2019impatience.Il ne gouverne pas, il se maintient.Il ne se bat pas, il lance des pétards mouillés.Et puisqu\u2019il ne rêve pas, il veut empêcher les autres de le faire.Il fourbit ses armes pour la campagne électorale.Un seul thème: faire peur au monde.Instabilité, chaos, hausse des taux d\u2019intérêt, baisse de la valeur du dollar.Vous vous souvenez de «la piastre à Lévesque» que brandissaient les libéraux de l\u2019époque?70 cents américains qu\u2019elle valait Certains analystes nous la promettent à 69 cents dans un Québec souverain.Un beau cheval de bataille pour Daniel Johnson.Je vous parie qu\u2019il va l\u2019enfourcher.H fera semblant de ne pas se souvenir que «la piastre à Bourassa», en 1986, valait 69,13 cents américains.Et «la piastre à Johnson», ça vaut quoi?Ne vous en faites pas, cela n\u2019a aucune importance, l\u2019intérim aura été de courte durée.RWANDA SUITE DE LA PAGE 1 à Kigali, que l\u2019ONU cherche à déplacer dans des zones plus sûres de la ville ou du pays.Mais en l\u2019absence d\u2019accord ferme entre les belligérants pour assurer la libre circulation des personnes, les opérations d\u2019escorte se doivent d\u2019être «discrètes et prudentes».«Le Front patriotique continue de faire des manoeuvres d\u2019encerclement de Kigali, tandis que les forces du gouvernement réagissent avec les ressources qu\u2019elles possèdent pour tenter de briser cet encerclement Le combat pour la capitale n\u2019a pas été décisif et se fait attendre.D\u2019autres endroits dans le pays, comme le nord-ouest n\u2019ont pas été particulièrement actifs, mais les forces se font face en grand nombre.A moins d\u2019un dénouement inattendu, je crois qu\u2019on aura encore des combats», dit M.Dallaire.' En outre, la division humanitaire des Nations unies a lancé hier à Nairobi un appel d\u2019urgence aux donateurs internationaux pour venir en aide à plus d\u2019un million de personnes affectées par la crise en cours au Rwanda, où la situation est «catastrophique».Les différentes agences des Nations unies estiment leurs besoins à 11,68 millions de dollars d\u2019ici fin mai, a précisé au cours d\u2019une conférence de presse M.Peter Hansen, secrétaire général adjoint de l\u2019ONU chargé des affaires humanitaires.Quelque 1 284 000 personnes déplacées ou réfugiées au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, en Ouganda et au Zaïre devraient bénéficier de cet appel.Parmi elles se trouvent des centaines de .milliers de Burundais qui ont fui leur pays après le coup d\u2019Etat manqué du 21 octobre.Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 52 500 Rwandais ont trouvé refuge au Burundi, en Tanzanie, en Ouganda et au Zaire depuis le 6 avril La guerre civile et les massacres entre Hutus et Tutsis ont fait depuis cette date plusieurs dizaines de milliers de morts au Rwanda.De retour du Rwanda, où il a conduit une mission d\u2019évaluation des besoins humanitaires, M.Hansen a qualifié la situation de «catastrophique à Kigali» et relevé que «personne ne connaît vraiment l\u2019ampleur de la catastrophe dans les autres régions rwandaises».Quatre membres d\u2019agences de l\u2019ONU sont encore à Kigali pour évaluer ces besoins humanitaires, tandis que les Nations unies Une des priorités sera l\u2019évacuation de quelque 11000 Rwandais ayant trouvé refuge dans un stade et un hôpital du nord-est de Kigali, dans un secteur contrôlé par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR).(Avec AFP) SUITE DE LA PAGE 1 rages de police ont été dressés autour de la ville.Ce nouvel attentat survient quelques heures à peine après l\u2019explosion d\u2019une voiture piégée, contenant une centaine de kilogrammes d\u2019explosif, et garée à une station de taxis collectifs dans le quartier noir de Germis-ton.Dix personnes ont été tuées et 36 autres blessées.Dimanche, un attentat semblable dans le centre de Johannesburg avait fait neuf morts et une centaine de blessés.Selon une source proche des enquêteurs, parlant sous couvert de l\u2019anonymat, un «homme blanc et blond» a été vu rangeant à Germiston, une voiture jaune, contenant l\u2019explosif.Cette source a assuré «qu\u2019elle ne doutait pas» que ces explosions étaient liées à une campagne de l\u2019extrême-droite, destinée à perturber le scrutin.«Nous allons en avoir beaucoup d\u2019autres», a prévenu cette source, ajoutant que les forces de sécurité avaient du mal à contrôler les accès de la zone de Johannesburg, permettant ainsi aux extrémistes blancs d\u2019entrer et de sortir en toute impunité pour perpétrer leurs actes terroristes.L\u2019extrême-droite blanche, basée généralement dans les zones rurales, demande un «Volkstaat» (territoire blanc séparé) et entend perturber le scrutin pour empêcher les noirs d\u2019arriver au pouvoir.Réagissant à l\u2019attentat de Germiston, le président de l\u2019ANC Nelson Mandela a affirmé que celui-ci était l\u2019acte SUITE DE LA PAGE 1 mois et ses baux à la Place Victoria ne se terminaient qu\u2019en 96 et 99.L\u2019opération s\u2019est avérée un échec jusqu\u2019au jour où Michel Damphousse, président de la Corporation immobilière Pantera, cogna à la porte de Trizec, son exemployeur, pour lui offrir ses services.C\u2019est lui, avec l\u2019aide de trois lobbyistes «engagés pour faire des représentations à Québec et ailleurs» qui sont à l\u2019origine de la décision de la Société immobilière du Québec de déménager Place Victoria \u2014 dans les locaux vacants de Trizec \u2014 la Société d\u2019assurance automobile du Québec, la Commission des affaires sociales et la Société québécoise de développement de la main-d\u2019oeuvre.Pour avoir permis que la transaction se réalise, Damphousse a confirmé au DEVOIR qu\u2019il avait touché une commission de 725 000$ de Trizec.«Les lobbyistes, eux, ont touché 250 000$ à même ma commission».M.Damphousse refuse d\u2019identifier les trois lobbyistes.«Je ne sais même pas à qui ils ont parlé.J\u2019ignore s\u2019ils ont fait affaire avec les dirigeants de la SIQ, de la SAAQ, de la CAS, ou de la SQDM, ou encore avec tout ce monde-là en même temps.Tout ce que je sais, c\u2019est qu\u2019ils ont réussi à convaincre les bonnes personnes aux bons endroits afin que la SIQ orchestre le déménagement de la SAAQ, de la CAS et de la SQDM à la Place Victoria».«Après plusieurs mois de représentations auprès de leurs relations, notamment à Québec, les trois lobbyistes, ajoute M.Damphousse, ont réussi à faire le pont entre Trizec et la SIQ qui ont ensuite commencé à négocier avant que tout se termine dans les bureaux de la Place Victoria».Place Victoria, propriété de Magil Laurentienne et de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, a alors «effacé» les baux de Trizec en échange de 5 millions$ et d\u2019un bail de 12 ans et demi avec la SIQ.Le DEVOIR a tenté en vain de communiquer avec les dirigeants de la SIQ pour en savoir davantage sur la nature des démarches des lobbyistes, et obtenir une série de baux et de documents que le ministre délégué au de «fous qui massacrent les innocents parce qu\u2019ils craignent la démocratie».De son côté, le président Frederik de Klerk avait qualifié de «cinglés» les auteurs de ces attentats qui ont, selon lui, «déclaré la guerre au reste de la société».«Un groupe de personnes désespérées a déclaré la guerre au reste de la société, a souligné le président sud-africain.Nous n\u2019aurons de cesse de les traquer, de les juger et de les punir comme ils le méritent.» Un suspect a été interrogé lundi dans le cadre de l\u2019enquête sur cette vague d\u2019attentats, mais le vice-ministre de l\u2019Ordre et de la Loi, Gert Myburgh, a refusé de donner les motivations ou l\u2019appartenance politique éventuelles de l\u2019individu.Après avoir rendu visite hier aux blessés hospitalisés à la suite de l\u2019attentat de dimanche, le président de l\u2019ANC, Nelson Mandela, a révélé que M.de Klerk et lui-même s\u2019étaient entretenus de mesures pour mettre fin aux violences.«Nous savons qui ils sont», a-t-il dit à propos des terroristes.Outre les deux attentats meurtriers, une dizaine d\u2019autres explosions de moindre importance ont eu lieu sans faire de victime au cours des deux derniers jours, à proximité de bureaux de vote, de mairies ou de pylônes électriques.Deux d\u2019entre elles ont visé également lundi des stations de taxis collectifs fréquentées par des noirs dans la banlieue de Johannesburg.L\u2019attentat de lundi à Germiston a été particulièrement violent.Des débris ont été projetés à plusieurs centaines Conseil du Trésor, M.Jean Leclerc, se disait prêt la semaine dernière à divulguer parce qu\u2019«il n\u2019y a absolument rien à cacher dans cette transaction».La SIQ a refusé de remettre au DEVOIR tous les documents demandés.Des trois organismes concernés par ce déménagement, seul la CAS était contrainte en vertu de la loi de faire affaire avec la SIQ pour se relocaliser; les deux autres l\u2019ont fait de plein gré.Or, la SIQ, a qui on a confié le mandat d\u2019orchestrer les trois déménagements aux meilleurs endroits possibles, n\u2019est jamais allée en appel d\u2019offres pour y arriver.Pourtant, un décret gouvernemental l\u2019y contraignait.Ce que nie la SIQ.En effet, en vertu du décret gouvernemental 2408-85 \u2014 intitulé Règlement concernant les modalités d\u2019exercice des pouvoirs contractuels de la société immobilière du Québec \u2014 la SIQ doit aller en appel d\u2019offres si la superficie additionnelle recherchée dans un édifice où elle est déjà locataire de plus de 1000 mètres carrés (c\u2019est le cas à la Place Victoria où la SIQ loue 18 580 mètres carrés) dépasse 300 mètres carrés.Or, pour loger la SAAQ, la CAS et la SQDM à la Place Victoria, la SIQ avait besoin de 9724 mètres carrés.L\u2019appel d\u2019offres a été court-circuité quand le vice-président de la SIQ, Bill Bartlett, a demandé et obtenu de son conseil d\u2019administration (demande d\u2019autorisation 7828, signée le 2 février 94) «d\u2019excéder la norme du paragraphe 2.5 b (1000 mètres carrés et plus)» du décret gouvernemental cité plus haut pour relocaliser la CAS, la SAAQ et la SQDM à la Place Victoria.Le DEVOIR a copie de ce document signé par M.Bartlett lui-même.En réaction aux propos publiés lundi dernier dans le DEVOIR, la SIQ expédie depuis quantité de chiffres pour convaincre la presse que le déménagement de la SAAQ et de la CAS dans des locaux plus petits, loués plus cher le mètre carré, représente un «coup de maître» parce qu\u2019il permet la rationalisation des espaces à bureau du gouvernement et d\u2019économiser 10 millions$ grâce à la négociation d\u2019une clause de «rétrocession d\u2019espace».Or, la rétrocession d\u2019espace n\u2019est pas une économie, mais la possibilité d\u2019en faire une.de mètres du lieu de l\u2019explosion.Une vingtaine de minibus, utilisés comme moyens de transport collectifs par les travailleurs noirs, ont été détruits.Des morceaux de voitures pendaient aux arbres, des restes humains, des bouts de métal tordus et des bris de verre jonchaient le sol.«Cette bombe a pour but de faire peur aux électeurs et de les dissuader de se rendre aux urnes», a déclaré Izzy Naigi, porte-parole d\u2019un syndicat proche de l\u2019ANC, dont les locaux de Germiston sont situés près du lieu de l\u2019attentat.Pour la police, les auteurs de l\u2019attentat de lundi sont vraisemblablement les mêmes que ceux qui ont commis celui de dimanche.Dans les deux cas, de grandes quantités d\u2019explosif (100kg lundi, 80kg dimanche) ont été utilisées.Aucun des attentats n\u2019a été revendiqué, mais de forts soupçons pèsent sur les extrémistes blancs, dont beaucoup disposent d\u2019une formation militaire et connaissent bien les armes et les explosifs.La police estime en effet que l\u2019attentat de dimanche, au moins, est l\u2019oeuvre de spécialistes en explosifs.Le Mouvement de résistance afrikaner (extrême-droite blanche) a rejeté toute implication, mais a estimé que | ces attentats n\u2019étaient pas surprenants.«L\u2019ANC peut-elle s\u2019attendre à recevoir autre chose, en retour, que sès propres remèdes, après tout ce temps?», a déclaré un porte-parole du Mouvement, en accusant le parti de Nelson Mandela d\u2019ignorer la volonté des opposants.Car, comme l\u2019explique Pierre-Louis Dufresne, porte-parole de la SIQ, si un organisme installé par la SIQ à la Place Victoria réalise d\u2019ici la fin de son bail (2006) que ses locaux sont devenus trop grands pour ses besoins, il pourra demander une réduction de cet espace et payer le loyer correspondant \u2014 plutôt que celui initialement négocié pour un local plus grand, donc plus cher.Tout cela jusqu\u2019à une valeur locative globale de 9 194 700$.D\u2019autre part, l\u2019analyse des documents remis à la presse pour infirmer les chiffres dévoilés par le DEVOIR sur les coûts des trois déménagements, confirme l\u2019essentiel de notre reportage.En effet, selon les propres documents utilisés par la SIQ en conférence de presse, mercredi dernier, la SAAQ paie actuellement un loyer de 653 713$ au 870 de Maisonneuve est; il sera de 834 947$ à la Place Victoria où le prix du mètre carré passera à 300,25$ à la fin du bail.Pour la CAS, toujours selon les chiffres fournis par la SIQ, le loyer serait de 936 223$ au 440 René Lévesque Ouest.Or, il s\u2019agit du loyer de l\u2019année précédente, celui qui était en vigueur jusqu\u2019au 31 mars dernier.Depuis le 1er avril, le mètre carré est loué non plus 281,77$, comme le soutient la SIQ, mais 210,18$ à la suite du renouvellement du bail.Un prix à ce point intéressant pour la SIQ qu\u2019ellç a décidé de prolonger le contrat jusqu\u2019en l\u2019an 2009.A la Place Victoria, le mètre carré sera loué à la CAS 246,54$, toujours selon les chiffres divulgués par la SIQ.Fait intéressant: le président de la CAS, le juge Louis Rémilliard, a appris du DEVOIR \u2014 et non de la SIQ \u2014 que ses nouveaux bureaux seraient situés à la Place Victoria.Quant à la rationalisation des espaces gouvernementaux, l\u2019autre argument invoqué par la SIQ pour justifier les déménagements, le DEVOIR constate \u2014 en lisant toujours les documents publiés par la SIQ \u2014 que la SQDM déménagera dans des espaces identiques à ceux occupés actuellement, soit 3667 mètres carrés.De même, cette fois du côté de la CAS, les employés déménagent dans des locaux s\u2019équivalent, soit 3223 mètres carrés, comparativement à 3322,65 actuellement On déménage pour occuper 100 mètres de moins ROCKER Un testament musical sous forme de «tragédie gospel» m ¦ PHOTO JACQUES NADEAU Dan Bigras au Marché Bonsecours avant le lancement.SUITE DE LA PAGE 1 cher à la fin.En fait, j\u2019avais plus d\u2019inquiétudes à propos du lancement qu\u2019au niveau de l\u2019album.Mais on se contente de donner une idée de l\u2019album.On ne peut pas faire plus.Gerry n\u2019est pas là.» C\u2019est qu\u2019il a eu sa part de doute, au départ, l\u2019homme à la camisole.«Qu\u2019est ce que tu penses?Je me suis posé toutes les h.de questions possibles et impossibles.La principale, c\u2019était vis-à-vis Gerry.Aurait-il voulu que ça sorte?J\u2019avais la trouille.J\u2019avais peur qu\u2019on me dise que je n\u2019avais pas le droit, que je lui volais le spotlight.Mais Françoise m\u2019a dit: c\u2019est toi ou personne, parce que je n\u2019entends personne d\u2019autre.Elle était sûre que j\u2019allais sentir Gerry.Sa confiance m\u2019a convaincu.Et j\u2019avais été bouleversé par les chansons.Je me suis dit: pourquoi laisser mourir d\u2019aussi belles chansons?Tu ne gardes pas ça dans un tiroir.» Certes non.On voulait tous entendre les derniers efforts de Gerry Boulet.Mais sous quelle forme?Les tripotages post-mortem ne manquent pas, et sont rarement, voire jamais, concluants.N\u2019aurait-on pas eu avantage à faire paraître les bandes telles quelles?N\u2019aurait-il pas été plus émouvant \u2014 et plus vrai \u2014 d\u2019entendre Gerry se débattant seul avec la maladie et son piano?«C\u2019est vrai que c\u2019était déjà très fort et très déchirant tout nu.Mais je sentais le manque.Ça m\u2019agaçait.Tu sais très bien que le gars entend le drum et la basse pendant qu\u2019il joue et qu\u2019il adapte sa façon de jouer à ce qui va être dessus.Geiry était comme ça.Il entendait le band.Il a fait ça en deux jours, c\u2019était le maximum qu\u2019il pouvait donner, mais c\u2019était fait pour recevoir des arrangements.Je n\u2019ai pas eu besoin de me forcer.C\u2019était facile à suivre.Les tounes exigaient leurs arrangements.» L\u2019album est en quelque sorte la bande sonore signée Gerry de ce que Denise Boucher, que l\u2019on connaît surtout pour Les Fées ont soif, appelle sa «tragédie musicale», tirée de l\u2019histoire toute biblique de «Jézabel, fille du roi de Tyr et épouse du roi d\u2019Israël, néûf siècles avant Jésus-Christ», un épisode que Boucher considère comme «le moment où le monde a basculé» dans le patriarcat.Ambitieuse allégorie des turbulences planétaires de notre propre fin de millénaire, Jézabel a d\u2019abord été une pièce de théâtre: Robert Lévesque me chuchote que Boucher tentait en vain de la colporter auprès des compagnies théâtrales depuis plusieurs années.En désespoir de cause, elle a hélé son copain Gerry qui, séduit par le texte, a rapidement composé une poignée de (très belles) mélodies.Devant l\u2019ampleur de l\u2019événement, il y a fort à parier que l\u2019oeuvre de Boucher sera bientôt mise en scène.Y avait-il lieu de rendre Jézabel à terme?Doit-on ou non retoucher a posteriori le travail inachevé d\u2019un artiste décédé?Bigras, en cours de route, a laissé l\u2019instinct prendre le pas sur la morale.«La question, là, de savoir si c\u2019était bien de faire ça, à partir du moment où on a un c.de bel album, je m\u2019en tab.Quand c\u2019est bon, quand tu trippes, quand c\u2019est beau, quand t\u2019es ému, tout vaut la peine.» La même émotion, quatre heures plus tard, fera vibrer Jean-Louis Millette, qui avait participé en 1987 à une lecture publique de Jézabel à Ottawa.Dans un Marché Bonsecours où il n\u2019a pas fait aussi chaud depuis les étés où se marchandaient choux et carottes, l\u2019auditoire recevra les bons mots du comédien comme un éloge funèbre a posteriori: «C\u2019est un album magnifique, magistral, magique, intense et émouvant, qui nous prouve que Gerry est là, avec nous.» Suivra le Chant de la douleur, la plus belle chanson de l\u2019album, chantée en direct par mille voix et en différé, sept ans plus tard, par Gerry, comme une tonne de briques.LOBBYISTES Trizec a dû payer 5 millions$ pour se défaire de ses baux LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514) 985-3333 ADMINISTRATION\t(514)985 3333 AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985 3344 (514) 985 3344 (514) 985 3399 1 800 363 0305 \u2022 Extérieur (sans frais) \u2022 1-800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI À DE 7H30À 16H30 2050, RUE DE BIEURY.9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS les anérts 4* télépkm tiivuit sait valaklas pair la write * Hfranaa par centM al pnr las «feataacah posKai Montréal\t(514)985-3355 LE DEVOIR fat publié par LE DEVOIR Inc dual la wpa aodal m «Rué au numéro 2050 da BJrury.9a étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9 II est imprimé par h Imprimn» Québécor USaOe.7743 de ffertirdeau.division de Imprimerie* Québécor Inc .612 ouN rue Saint-Jacques.Montréal.L\u2019Agence lYrue Canadienne ni autorisée à employer et à diffuser les \u2022dormabons pubSées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, dmrion du Groupe Qaebftor Inc.773 boni.Lrbeau.Sf-Inurrut Fjma de publication \u2014 Enregistre m* nt no OlOff.DépAt 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