Le devoir, 20 mai 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" -?FONDÉ EN 1910\t?LE DEVOIR Vol.I.X X X V X O I I M O N T It K A I., I.K V K X D l< K l> I 2 O M Al Mi il 4 (I .1 »\u2022 T I\u2019 S T V Q T o r o il I o S S c PERSPECTIVES L\u2019avantage de la glace Contrairement à Chrétien, Paris va comme un gant à Lucien Bouchard Christian B ion x Paris - En janvier.Jean Chrétien avait traversé Paris en coup de vent et en longeant les murs.En deux jours, il avait bâclé une visite qui n\u2019était de toute évidence qu\u2019une étape secondaire d\u2019un voyage qui devait le mener à Londres et à Bruxelles.Ses organisateurs, plus férus de Trafalgar Square et du Pentagone, cherchaient leur chemin dans la capitale française, confondant l'Opéra et les Invalides.A peine élu, on sentait le nouveau premier ministre mal à l\u2019aise (il s\u2019était d'ailleurs déclaré «émotionné») dans une ville où les hommes politiques rivalisent d\u2019éloquence.Soucieux à l\u2019époque de projeter l\u2019image d\u2019un gouvernement économe, Jean Chrétien semblait marcher sur des œufs, limitant ses déclarations au strict minimum.Lucien Bouchard, qui quitte Paris ce matin pour la Belgique après une visite de quatre jours, avait l\u2019avantage de la glace.Il connaît l\u2019endroit comme sa poche et ne peut traverser le Sénat et l\u2019Assemblée nationale sans s\u2019arrêter pour serrer des mains.Cette ville lui va comme un gant, lui qui a passé trois ans dans le grand bureau du deuxième étage de l\u2019ambassade canadienne, avenue Montaigne.Il n\u2019est donc pas surprenant qu\u2019il ait choisi de s\u2019arrêter partout longuement et de multiplier les rencontres, les dîners de travail et les entrevues.D\u2019autant plus que des portes prestigieuses s\u2019ouvraient sur son passage.Non, Lucien Bouçhard n\u2019a été ni chassé («shooed») des marches de l\u2019Elysée, ni relégué au second rang («outranked»).La fin de sa visite n\u2019avait rien d\u2019ignominieuse («ignominious»), comme on l\u2019a écrit Et si le premier ministre slovaque qui suivait de près Lucien Bouchard à l\u2019Elysée a eu droit lui, à un soupçon de gardes républicains et quelques flonflons, c\u2019est simplement que cela est conforme au protocole de tous les pays du monde.On aura beau compter les fleurs du tapis, c\u2019est un accueil chaleureux - pas exceptionnel, mais chaleureux -que Paris lui a réservé.Un traitement qu\u2019au ministère des Affaires étrangères, on compare avantageusement à «une bonne visite d\u2019un responsable élevé d\u2019un pays ami», et qui ne détonne nullement avec ceux déjà réservés à Jacques Parizeau ou Jean Chrétien lorsqu\u2019il était chef de l\u2019opposition.Il y avait donc de tout pour tous dans cette visite.Du Mitterrand pour les souverainistes.Car quoi qu\u2019en dise l\u2019ambassade, n\u2019entre pas qui veut dans le cercle mit-terrandien (on dit dans l\u2019entourage de Bouchard sait Lucien Bouchard que le Canada a tout fait pour annuler cette visite).Mais pas mobiliser de Balladur et de Chirac, les deux hommes qui comptent pour l\u2019élection le capital de présidentielle de 1995.Des déclarations de soutien du chef du Parti socialiste, Michel Rocard, et de quelques gaullistes orthodoxes, dont le président de l\u2019Assemblée nationale Philippe Séguin.Mais pas de hauts responsables politiques.Un traitement exceptionnel à la Commission des Affaires étrangères de l\u2019Assemblée nationale.Mais il est aussi vrai que son président, Valéry Giscard d\u2019Estaing, a amorcé l\u2019entretien en demandant à Lucien Bouchard de lui rappeler.le nom de son mouvement La presse française n\u2019a pas relaté l\u2019événement (à l\u2019exception d'un article dans La Croix et de deux entrevues pas encore publiées).Mais elle n\u2019a pas non plus mentionné les chefs d\u2019Etat de Slovaquie et de Lituanie qui talonnaient Lucien Bouchard à l\u2019Elysée et au ministère des Affaires étrangères.De toute façon, l\u2019objectif du Bloc n\u2019était pas là.Il était en partie au Canada où les médias ont largement couvert la polémique qui s\u2019est engagée de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique.«Il paraît que la visite de monsieur Bouchard fait du grabuge au Canada?», demandait un sénateur français avec un petit sourire en coin après avoir rencontré le chef du Bloc.Lucien Bouchard sait mobiliser le capital de sympathie dont jouit le Québec à Paris.Il sait doser l\u2019élan et le pragmatisme, le tout dans un respect des institutions qui plaît à une France conservatrice.C\u2019est déjà un exploit dans un pays où n\u2019importe quel ministre ferait une crise d\u2019urticaire à la seule idée de voir un indépendantiste breton siéger à l\u2019Assemblée nationale.Faut-il en déduire que la France reconnaîtrait le Québec dans les minutes qui suivraient le coup de fil d\u2019un ministre des Afaires étrangères québécois?Personne n\u2019envisage ici de scénario à la croate.On connaît trop le Québec pour se laisser aller à ce genre de comparaisons.Car les Québécois «travaillent au corps» la France depuis trois décennies.Quel parlementaire français n\u2019a pas, dans sa jeunesse, frit un voyage avec l\u2019OFQJ?Quel ministre de l\u2019agriculture n\u2019a pas rigolé avec les représentants de 1TJPA?Cela vaut bien des entourloupettes diplomatiques et des jeux de coulisses.Lorsque les fonctionnaires, «briefent» les politiciens avant une rencontre, ce n\u2019est jamais pour prévenir des déclarations intempestives en faveur du fédéralisme.Ce n\u2019est pas ce genre d\u2019incident diplomatique que l\u2019on redoute au Quai d\u2019Orsay.Evidemment que Paris reconnaîtrait un Québec indépendant, cela ne fait aucun doute.Mais le mince fil sur sympathie dont jouit le Québec à Paris lequel marchent les diplomates français offre peut être aussi l\u2019exemple des subtilités dont la France est capable pour exprimer sa «non-indifférence» tout en ménageant le plus possible son allié d\u2019Ottawa.INDEX Les actualités .A2 Idées Agenda culturel .B8 Classées.A9 Le monde.A5 \u2022A4\tMontréal.A3 Avis publics.JV6\tMots croisés.A6 Culture.B7\tPolitique.A4 Économie.B4\tLes sports.A7 Éditorial.A8\tÀ Voir.B10 Météo Ensoleillé Max: 22 Détails en A7 MONTRÉAL Robert Keatou se joint à Pierre Bourque PAGE A 3 L'ÉCONOMIE Les entreprises canadiennes ne profitent pas du boom asiatique PAGE B 4 CULTURE Kieslowski part favori pour la Palme d'or A N * PAGE B 7 Filière québécoise pour criminels de guerre Après la guerre, des collabos français furent aidés et protégés par d\u2019éminents nationalistes canadiens-français BERNARD PLANTE LE DEVOIR Certains membres de la droite nationaliste canadien-ne-française ont favorisé l\u2019entrée au Canada et protégé, à la fin des années 40, des collaborateurs des S.S.et de la Gestapo sous l\u2019occupation allemande en France.Parmi eux.figurait le bras droit du «boucher de Lyon», Klaus Barbie, un certain comte de Bemonville.La tête de pont de ce réseau québécois, c'était l\u2019historien de renom, Robert Rumilly, qui n\u2019a jamais caché ses penchants pour les thèses de la droite, voire de l\u2019extrême droite.Plusieurs leaders du mouvement nationaliste de l\u2019époque - des prêtres, des politiciens, des intellectuels et des étudiants - faisaient partie de cette mouvance de sympathisants des collaborateurs français du régime nazi.Parmi eux, le maire de Montréal à l'époque, Cami-lien Houde, le député indépendant et nationaliste, René Chaloult, père du drapeau québécois, de même que le Dr Philippe Hamel, le père de la nationalisation de l\u2019électricité.Pour la bonne cause PHOTO JACQUES NADEAU AU PIANO, John Ciaccia et Pierre Marc Johnson à la batterie donnaient un spectacle hier au manège militaire des Fusiliers Mont-Royal, pour venir en aide à la maison Ludovic, centre d\u2019accueil pour les personnes atteintes du VIH.Le coût des billets était de 100 dollars.Susan Thibaudeau, la pasionaria de Trois-Rivières Maman s\u2019en va-t-en guerre ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Qu\u2019est-ce qui frit qu\u2019une mère se démène jusqu\u2019en Cour suprême, déroute les percepteurs de Revenu Québec à ses trousses et accepte de se battre contre Goliath?«L\u2019injustice!», clame Susan Thibaudeau.La pasionaria de Trois-Rivières, qui fait blêmir les fiscalistes de Revenu Québec et de Revenu Canada depuis qu\u2019un tribunal fédéral lui a donné raison, est plus que jamais inébranlable.Jamais, au grand jamais n\u2019a-t-elle songé à déclarer forfait en trois ans de lutte contre la machine fiscale gouvernementale, et rien ne la fera démordre de son interminable guérilla.«Dans la vie, j\u2019ai appris qu\u2019il y a deux façons d\u2019agir: se battre pour faire respecter ses droits, ou se taire.Moi, j\u2019ai décidé que je n\u2019accepterais plus jamais de me taire», relance celle qui entamera bientôt une nouvelle épopée judiciaire en Cour suprême.Après trois années de batailles légales, Susan Thibaudeau s\u2019est fait donner raison le 3 «Il y a deux façons d\u2019agir: se battre pour faire respecter ses droits, ou se taire.Moi, j\u2019ai décidé que je n\u2019accepterais plus jamais de me taire» mai dernier par la Cour d\u2019appel fédérale qui a déclaré discriminatoire la loi fédérale réclamant des impôts sur la pension alimentaire versée par un ex-conjoint.Depuis 1989, Mme Thibaudeau revendiquait le droit de ne pas payer d\u2019impôt sur les 1150 dollars que lui versait chaque mois son ex-mari pour les besoins de ses deux enfants.Mais pourquoi une femme, totale néophyte de la chose juridique, décide soudainement de passer le plus clair de ses temps libres, entre toges et juges, à préparer sa prochaine audience en Cour?Comme bien d\u2019autres femmes, la vie de Susan Thibaudeau était un long fleuve tranquille jusqu\u2019au jour où un divorce a bouleversé sa vie et celle de ses enfants.«Pour la première fois, je manquais de tout», raconte-t-elle.Le choc a été encore plus rude quand Revenu Québec, un jour de 1988, l\u2019a sommée de payer l\u2019impôt sur l\u2019équivalent de 32 (XX) dollars, en raison de la pension reçue de son mari, alors que son salaire annuel n\u2019excède pas 22000 Ce groupe était assez influent et fortuné pour entretenir une caisse occulte qui permettait de soudoyer des politiciens, à Québec et à Ottawa, afin qu\u2019ils interviennent en faveur des «réfugiés politiques français», comme on appelait ces collaborateurs nazis, dont plusieurs étaient VOIR PAGE A 10: FILIÈRE VOIR AUSSI EN PAGE A 10 ¦ Certains se souviennent, d\u2019autres pas VOIR PAGE A 10: MAMAN Le Goya du MBA est un faux Des experts espagnols sont formels STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR L) œuvre L\u2019agonie au jardin des Oliviers, que le Musée r des beaux-arts de Montréal (MBA) a reçu en don il y a quatre ans comme un tableau de Francisco de Goya, n\u2019est pas de la main du maître espagnol.La «désattribution» de cette toile peinte aux environs de 1819, une huile sur panneau de petit format (43,8 sur 35,3 cm) a été confirmée au cours des dernières semaines par des experts du musée du Prado, de Madrid, des autorités mondiales en cette matière.Le tableau a été donné au MBA par Michael Horn-stein et son épouse au printemps 1989.Le collectionneur et généreux donateur montréalais était alors membre du VOIR PAGE A 10: GOYA Peter White sonne le réveil des fédéralistes Les souverainistes sont en position de force pour gagner le référendum, dit-il MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC e nouveau président du Conseil pour l\u2019unité cana-.-/dienne, le président de la chaîne de journaux Unimé-dia M.Peter White, sonne le réveil des fédéralistes canadiens.Selon lui, ces derniers ne réalisent pas que la souveraineté du Québec est plausible et que les souverainistes sont aujourd\u2019hui en position de force pour gagner le référendum.En outre, M.White tient pour acquise la défaite du parti de Daniel Johnson aux élections.Le Canada anglais, pense celui qui fut conseiller de Brian Mulroney, ne semble pas préoccupé par l\u2019éventualité de la désintégration du Canada.Il suggère à ses com- VOIR PAGE A 10: RÉVEIL Michel Tremblay for ail Culturellement, les jeunes anglophones sont les plus «branchés» STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Montréal est une ville de jeunes «branchés culturels» anglophones.Les résultats d\u2019une étude en cours, présentés hier au 62e congrès de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences (ACFAS), montrent en effet que dans l\u2019île de Montréal les «consommateurs assidus de culture de moins de 35 ans» sont à majorité des anglophones.Le bloc de 51% de grands amateurs d\u2019art et de produits culturels est composé de 17 % d\u2019anglophones d\u2019origine britannique et de 34 % d\u2019autres origines («des allophones de souche», ironisait un chercheur).Chez les francophones, 38 % peuvent être dits «de souche» (les sou-chiens?), tandis que 11 % ne sont pas d'origine française.Ces résultats surprenants se retrouvent dans Us publics des arts à Montréal, une étude des professeurs Guy Bellavance et Daniel Latouche, attachés au secteur urba- VOIR PAGE A 10: BRANCHÉS I I.»! |i »! V o I H .I fc V K N l> H »! U I 2 o M \\ |\t| il li| A 2 i m LES A C T l! A I, I TE S Rénovations au noir au siège d\u2019Hydro-Québec Québec assure que la Commission de la construction a «rempli sa mission» 47 inspecteurs chargés de faire respecter le décret sont mis à pied SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Rapport de l\u2019Institut de recherche sur la rémunération Les salaires dans la fonction lue inférieurs à ceux lu secteur privé publiai La Commission de la construction du Qiiebn\tlait sim travail- au chantier d\u2019Hydro-Québec, selon le ministre du Travail, Serge Mardi, interrogé hier en Chambre put le depute péquisre Serge Ménard qui s\u2019interrogeait sur l\u2019ampleur du travail au noir effectué lors de la rénovation des 22 étages de l\u2019édifice.Selon le ministre, la CCQ a «rempli sa mission» puisque l'organisme a constaté 63 infractions, à la suite d\u2019enquêtes menées depuis 1991 auprès d\u2019une cinquantaine d'employeurs et ae 140 employés.Mais pour Jacques Thibault, ouvrier à ce chantier, et qui répète dans le vide depuis un an qu\u2019il n\u2019y a pas que lui «qui ait été forcé de faire du travail au noir chez Hydro», le nombre d\u2019infractions «constatées- par la CCQ est «ridicule» et démontre bien la «totale inefficacité de l'organisme».«Si une véritable enquête avait été menée, c\u2019est par centaines qu\u2019on aurait compté les infractions, affirme-t-il, appuyé en cela par un inspecteur de la CCQ ayant demandé l\u2019anonymat.«Seulement chez les tuyauteurs, note Thibault, 22 travaillaient au noir, mais seulement quatre ont porté plainte.Pourquoi?Parce qu\u2019ils auraient perdu leur job s\u2019ils avaient ouvert leur trappe.Ce qui a été mon cas.» Le ministre Marcil a aussi indiqué au député de Laval-des-Rapides que la plupart des infractions avaient été commises au début des travaux.Ce que réfute l\u2019inspecteur de la CCQ et l\u2019ouvrier Thibault.«La deuxième phase des travaux était la plus importante
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