Le devoir, 26 mai 1994, Cahier A
[" FONDE 19 10 Vol.I.X X X V \\ Il I 2 I M O X T H K A I.I.K .1 K I' l> I 2 It M Al Mi It I (I ii c T v y u i' o il I o S >i r PERSPECTIVES Le verbe se fait fleurs.Pierre Bourque a maintenant sa biographie complaisante Kathleen Lévesque SI le chef de Vision Montréal, Pierre Bourque, est fort silencieux depuis le lancement officiel de sa candidature à la mairie de Montréal le 24 avril dernier, d\u2019autres se chargent de faire la promotion de l\u2019homme et de son passé d\u2019horticulteur.Sous la plume admirative de la journaliste de La Presse, Anne Richer, la biographie Pierre Bourque Portrait de l'homme, a été lancée hier soir sous étiquette Stanké.À n\u2019en pas douter, ce livre dithyrambique n\u2019est pas étranger aux élections municipales du 6 novembre prochain.Celui qui après 30 ans comme fonctionnaire à la Ville de Montréal tente d\u2019accéder au fauteuil de premier magistrat est présenté dans une langue enthousiaste et mielleuse, com-n?e un intellectuel fonceur, un humaniste à tous crins.A la limite de la complaisance, cette biographie retrace la vie de Pierre Bourque sans jamais vraiment mettre en relief ce qui a amené l\u2019homme à réaliser les projets d\u2019envergure que l\u2019on connaît.Sur ce point d\u2019ailleurs, Anne Richer ne craint pas la redite.Elle martèle.Avec Pierre Bourque Portrait de l\u2019homme, le lecteur tombe dans l\u2019anecdote.Dès les premières pages, le ton est donné.La mère ressent «des petits pincements caractéristiques au bas des reins».Et quelques pages plus loin, on s\u2019attarde à l\u2019adolescence fort peu révélatrice.«Il amorce !?.puberté, sa sensibilité est écorchée vive.Confusément, il prend conscience d\u2019étranges forces en lui, de ses ailes qui veulent se déployer», peut-on lire.Ou encore, en se référant à la première amourette à 14 ans de Pierre Bourque, Mme Richer écrit: «Ils se voient le soir en cachette, car leurs pères surveillent, gardiens sans faille et sans reproches de la moralité de leurs enfants.Mais dans la nature ardente de Sainte-Rose au clair de lune, les soirs d\u2019été, dans le tintamarre des reinettes, le bruissement des grands feuillus, dans la crainte et l\u2019émerveillement, on ne peut pas empêcher le torrent de passer ni la vie de crier».Les deux cents autres pages suivent le même rythme.La vacuité des mots laisse bouche bée.Si l\u2019homme est sensible, cela devient ici sensiblerie, s\u2019il est un rêveur, on le voit rêvasseur.Tout est enveloppé de dentelle littéraire et le petit côté messianique, qui pointait déjà avec l\u2019entrée en scène politique de Pierre Bourque, est clairement établi.Il s\u2019agit pourtant d\u2019une biographie autorisée.Pierre Bourque a donc pris connaissance de ce texte nébuleux et mollasson.Se réjouit-il de prendre en public l\u2019allure d\u2019un grand naïf?Chose certaine, ce livre risque de le desservir politiquement Le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) en fera ses choux gras.Dans les assemblées de cuisine, plus d\u2019un pourra douter de la capacité de l\u2019ancien fonctionnaire, quelque peu délinquant, à descendre sur terre et à affronter les dossiers arides de fiscalité municipale.(«Il veut façonner et inscrire au fond de lui des rêves profonds qui vont lui ressembler et l\u2019animer.C\u2019est du moins ce qu\u2019il croit qu\u2019il veut.C\u2019est du moins ce qu\u2019il ressent qu\u2019il est.», peut-on lire.) D\u2019aucuns s\u2019étonneront que les principaux organisateurs de Vision Montréal n\u2019aient pas pris connaissance de ce livre avant sa publication.Amateurisme?Bernard Magnan, président de la nouvelle formation, considère que «tout rayonnement est intéressant».«Pour moi, ce n\u2019est pas une activité clairement politique.Mais, c\u2019est certain que ça ne nuit pas», dit-il.Même chose du côté de l\u2019organisateur Jacques Aubry.«Ça s\u2019inscrit dans ce que M.Bourque a fait depuis 30 ans.Ça va permettre de diffuser ce qu\u2019il est», esti-me-t-il.Vision Montréal promet depuis quelques mois une nouvelle façon d\u2019aborder la politique.Faut-il voir dans la parution de cette biographie un premier signe du renouveau municipal?La campagne électorale aura-t-elle ce ton doucereux?Pourtant, l\u2019équipe de Bourque peut jouer dur.La bataille qu\u2019a livrée la semaine dernière l\u2019opposition officielle à l\u2019Hôtel de Ville, si elle démontrait certaines maladresses, a quand même obligé le RCM à se secouer.Le rapport de forces est établi.Le RCM est menacé.De plus, d\u2019ici deux semaines, les grandes orientations de Vision Montréal seront dévoilées en vue du congrès de fondation le 19 juin prochain.Localement, les candidats s\u2019activent; les membres seraient au nombre de 1000.Toutefois, sur la grande scène de la course à la mairie, le seul événement notable depuis le rassemblement du 24 avril survient avec la sortie du livre d\u2019Anne Richer.Du coup, le terrain devient glissant.Le livre ne mentionne que superficiellement que Pierre Bourque lorgne du côté de l\u2019Hôtel de Ville.Un petit paragraphe souligne toutefois l\u2019avenir de ce dernier advenant un échec.«Le grand jardinier se saborde, en quelque sorte, mais c\u2019est pour aller aborder d\u2019autres rivages.Si ces rivages sont inhospitaliers, à 52 ans il ne fera pas naufrage.Il va retourner à ses fleurs, à ses arbres, à son enseignement, se nourrir à d\u2019autres humus.» INDEX «Le grand jardinier se saborde mais c\u2019est pour aller aborder d\u2019autres rivages.» Les actualités.\t,A4\tIdées \t\t.A9 Agenda culturel.\t\u201eB6\tLe monde\t\t.A6 Avis publics.\t.B4\tMontréal\t\t.A3 Classées\t\t\tMots croisés.\t.B4 Culture\t\t.118\tPolitique\t\t.A5 Économie\t\t.B2\tRégions\t\t\t.Bl Éditorial\t\t,.A8\tLes sports\t\t.B5 Météo Ciel variable Max.15 Détails en B4 POLITIQUE André Ouellet suit Bouchard à Paris PAGE A 5 MONTRÉAL Le directeur de /\u2019Hôtel-Dieu déniissionne PAGE A 3 LES RÉGIONS Le sort commun de Huit et d'Ottawa page u 1 Parizeau accuse Chrétien de mentir Le Québec, selon lui, peut devenir T, ür » -V»\t;4 i * v >ï «M&tt {rt de Montréal, la marchandise avilit été repérée par les douaniers le 3 mai dernier, près des hangars de la compagnie Christensen.Les chefs du réseau de Pointe-Saint-Charles et de iachinc ont été arrêtés avec une dizaine de complices, hier matin.Les policiers ont découvert que Gérald Mattic et son frère avaient infiltré complètement le port de Montréal avec un réseau de complices soudoyés.Ils étaient liés au dédouanement des marchandises importées et à l\u2019arraisonnement de camions.La police soupçonne que les frères de Pointe-Saint-Charles ont à plusieurs occasions importé d\u2019importantes quantités de stupéfiants en provenance de l'Afrique.Les officiers de la Sûreté du Québec soulignaient hier que personne n\u2019a encore été accusé formellement.Il est possible que les chefs de réseau seulement seront accusés.Ixi chose sera faite au Palais de justice de Montréal, ce matin, par les procureurs de la Couronne.Une trentaine de perquisitions ont été effectuées par une cinquantaine de policiers, à la fois dans des résidences et des places d\u2019affaires.Un douzième suspect était encore recherché hier soir.«Il s\u2019agit d\u2019une percée majeure au niveau d\u2019un noyau île personnes contrôlant depuis très longtemps les activités criminelles au |xirt de Montréal».a déclaré le porte-parole de la sq, Pierre Robichaud à la PC.«Nous avons touché l'une des plus puissantes organisations du monde des stupéfiants, non seulement au Québec mais en Amérique du Nord», a-t-il qjouté.Selon cet agent d'information de la SQ, ce réseau aurait des liens avec le «Gang de l\u2019Ouest», un groupe responsable de nombreux vols de banque depuis le début des années 70, du trafic des stupéfiants et de meurtres aus-si'bien à Montréal qu\u2019en Floride.Au cours des nombreuses perquisitions effectuées depuis l\u2019aube hier, les policiers ont aussi trouvé 500 000 $ en argent liquide chez les comparses.Un autre conteneur transportant 10 tonnes de haschisch aurait passé sans encombre en mars dernier et sa marchandise aurait été complètement écoulée, avec grand profit.Les bandits auraient soudoyé et fait entrer dans leurs rangs des transporteurs de conteneurs, des locateurs de téléphones cellulaires, des spécialistes du transport maritime international ainsi que des courtiers en marchandises.Les suspects sont susceptibles d\u2019être accusés du trafic d\u2019autres marchandises ayant transité par le port de Montréal.Les policiers rencontrent les procureurs au Palais de justice ce matin pour convenir des accusations qui seront portées.PHOTO JACQUES GRENIER C\u2019EST LE CAS de le dire.Il y avait hier de l\u2019eau dans le gaz entre Esso Canada et Pe-tro-Canada au coin des rues Sainte-Catherine et Papineau.Plus vive que sa concurrente, la compagnie Esso s\u2019est empressée de hausser le prix du litre d\u2019essence à 58,9 cents, alors que Petro-Canada, faute d\u2019une échelle adéquate, proposait en matinée 53,9 cents.sV**ion r- *\tv\ti\tmodèles\tII Cet ouvrage vise a\tI .\tJ\tII transmettre les\tI\tfl connaissances de\tI\til base concernant la\tI\tIl théorie de la\tI\tfl simulation.\tI\tIl Parallèlement,\tJ\t/Jill /¦ il permet\tI\t' B l'apprentissage de I\tt\t'* IB l'un des langages les I g\u2014.\t/ ¦ JB plus connus de\tI .IB programmation\t/JS simulation.loan Dancea, docteur-ingénieur en génie informatique, est professeur à l'Université du Québec à Hull, où il enseigne les cours: Architecture des Ordinateurs, Simulation et modèles j .et Systèmes parallèles.Son expérience de plus de j _ vingt-cinq années en enseignement et en recherche lui a permis de publier de nombreux ouvrages en informatique.Simulation et modèles ' ISBN 2-7601-3484-9 (214 p.) 25,95 $ Le Centre de cancérologie Charles-Bruneau lance une campagne de financement CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le Centre de cancérologie Charles-Bruneau, rattaché à l\u2019hôpital Sainte-Justine, a lancé hier sa campagne de financement visant à amasser 5,7 millions de dollars pour financer la construction d\u2019un nouveau pavillon, que l\u2019on prévoit inaugurer au mois de décembre 1994.Ce pavillon de vingt-quatre lits en soins semi-intensifs, financé en grande partie par l\u2019entreprise privée, devrait accueillir quelque 1000 enfants cancéreux par année.La fondation Charles-Bruneau a vu le jour en 1990, notamment sur la motion d\u2019un médecin de l\u2019hôpital Sainte-Justine, avec pour but la construction de ce centre de cancérologie.La création du centre de cancérologie Charles-Bruneau vise à promouvoir la recherche, notamment en ce qui a trait aux greffes de moelle osseuse.Par ailleurs, le centre mettra à la disposition des patients de nouvelles façons d\u2019administrer les agents antinéoplasiques.Il traitera des tumeurs par une chirurgie de haute qualité et offrira des traitements d\u2019appoint avant-gardistes en radiothérapie et chimiothérapie.En ce qui a trait à la moelle osseuse, ce centre vise de nouvelles approches.On cite le recrutement de cellules-souches hématopoïétiques périphériques ou provenant de sang du cordon ombilical de nouveaux-nés.Ces cellules serviront de greffons lors des transplantations.Dans ce domaine cependant dit-on, des recherches fondamentales sont nécessaires pour améliorer les traitements avec le moins d\u2019effets secondaires possible.A ce jour, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a investi deux millions de dollars dans l\u2019édifice du centre de cancérologie, 1,5 million de dollars devraient être ajou- tés sous peu par le ministère, notamment pour le financement d\u2019un appareil à résonance magnétique.Pour sa part, le groupe Vidéotron y a investi pas moins de huit millions de dollars, qui devraient lui être remboursés par le biais du téléthon de Jeunesse au Soleil.In Fondation Charles-Bruneau y a investi pour sa part les 5,7 millions pour lesquels elle mène présentement cette campagne de financement Selon les porte-parole de la Fondation, le cancer constitue présentement la deuxième cause de décès chez les enfants âgés de 0 à 18 ans.Ainsi, chaque année, au Québec, 300 enfants apprennent qu\u2019ils sont atteints du cancer.Le tiers d\u2019entre eux sont leucémiques.Un cinquième souffrent du cancer du cerveau.Aujourd'hui, poursuit-on, les chances de guérison du cancer, toutes formes confondues, sont de 65 %, alors qu\u2019il y a trente ans, elles étaient à peu près nulles.LE DEVOIR MONTREAL A 4 U K V II I H , I.V, J t; r U I 2 >i -M Al I j» » LES ACTUALITÉS Enquête de l\u2019APA Sondage Sondagem sur la santé Hausse considérable de la revente de voitures volées à Montréal Six Québécois sur dix trouvent exorbitant le prix des médicaments JEAN CHARTIER LE DEVOIR Seulement 37 % des commerçants apposent l'étiquette obligatoire sur les voitures d\u2019occasion qu'ils offrent, ce qui dénote une amplification considérable de la revente des voitures volées à Montréal.L'an dernier, ce taux s\u2019établissait encore à 56%.Cette détérioration générale des pratiques de vente a comme corollaire les réseaux de vente des voitures volées et maquillées qui se sont développés de manière fort importante dans la région de Montréal au cours des cinq dernières années.C\u2019est ce qui ressort de l\u2019enquête annuelle de l\u2019Association pour la protection des automobilistes, rendue publique hier.S les étiquettes sont apposées, elles sont souvent erronées ou incomplètes, selon le président de l\u2019APA, George Iny; il souligne que ce résultat est le pire des cinq dernières années et qu\u2019il consacre des habitudes douteuses.Ce qui arrive souvent, c\u2019est que le numéro de série affiché sur un véhicule volé s\u2019apparente au numéro d\u2019un véhicule gravement accidenté ou exporté à l\u2019extérieur du Canada.«On passe souvent par l\u2019Ontario qui est le dépotoir des carcasses d\u2019automobile au Canada et qui sert de lieu pour blanchir les antécédents des voitures avant de les ramener sur le marché québécois», dit-il.En guise d\u2019illustration, l\u2019APA avait invité hier matin Mme Francis Thibet! à témoigner de son expérience récente.Celle-ci a acheté une voiture de marque Honda CS au prix de 8272 dol- lars au Garage JYC du boulevard des Laurentides, à Laval-Ouest Elle a eu très vite des problèmes avec ce véhicule et s'est aperçue qu\u2019il ne comportait pas de ganuitie.Après un examen de la carrosserie, elle a été informée que son véhicule était constitué de parties différentes de trois véhicules accidentés.En fait, la marque indiquée à l\u2019arrière de la voiture n\u2019était pas la marque originelle de cette voiture et ne correspondait pas au numéro de série de la voiture.11 n\u2019y a que l\u2019arrière qui a appartenu a une i Imula CS.La nouvelle propriétaire est sidérée de s\u2019ètre fait rouler de la sorte pour 8000$.L\u2019odomètre n\u2019indiquait pas non plus le kilométrage de la voiture.Ce cas n\u2019est pas isolé, commente le président de l\u2019AFA.Dernièrement, Honda du Canada a même refusé d\u2019appliquer sa garantie à une Civic récente qu\u2019un membre de l'APA avait achetée chez Les automobiles Grande Allée à Saint-Hubert.Mais c\u2019est la rue Saint-Jacques Ouest qui continue de venir en tête de la liste pour les infractions à la loi.Un seul des dix points de vente visités sur cette rue avait des étiquettes apposées sur toutes les voitures offertes en vente et trois commerces n\u2019en avaient apposé aucune.L\u2019APA recommande de faire attention aux mises en vente aux enchères de voitures d\u2019occasion destinées aux particuliers.Encan Auto Public, sis au 6540, rue Saint-Jacques Ouest est un terrain de vente de voitures d\u2019occasion durant la semaine et un encan d\u2019autos durant la fin de semaine et vend alors aux particuliers des autos sans garantie, ce qui est illégal.Une majorité lie Vescalade aux profits «excessifs» empochés par les compagnies pharmaceutiques ISABELLE PARE LE DEVOIR IrèsdesixQuébé ments exorbitant ois sur dix jugent le prix des l*i le même nombre attribue médica-cette es- sifs» empochés par les « œufs en ce qui a i pharmaceutiques, èle que la popula-> montre as- calade des prix aux profits «et compagnies pharmaceutiques.À l\u2019heure où Ottawa marche sur dei trait à la révision de la loi sur les brevet! un coup de sonde effectué au Québec ré tion, excédée du prix élevé des médicaments, t sez favorable aux médicaments génériques.Ce sondage omnibus annuel sur la santé, réalisé auprès de 1017 Québécois par la firme Sondagem entre le 26 mars et le 3 avril dernier, démontre que seulement une personne sur cinq trouve le prix des médicaments raisonnable.Les gens de 5564 ans - ceux qui dépensent le plus pour leurs médicaments - sont les consommateurs les plus irrités par le montant de leur facture à la sortie de fa pharmacie.Ce sondage démontre aussi que 62 % des répondants croient que les profits excessifs réalisés par l\u2019industrie pharmaceutique sont la première cause de l\u2019escalade du prix des médicaments.En moyenne, les Québécois ont affirmé avoir dépensé ces derniers mois l\u2019équivalent de 35 $ de médicaments prescrits.Ce montant atteint 61 $ chez les personnes âgées de 55 à 64 ans.Ces résultats sont d\u2019autant plus intéressants que le débat sur 1a protection des brevets pharmaceutiques a refait surface le mois dernier aux Communes, plaçant dans l\u2019embarras le gouvernement de Jean Chrétien.Le gouvernement libéral a subi les foudres des députés du Bloc québécois après avoir évoqué l\u2019idée de rouvrir cette loi qui protège les intérêts des fabricants de médicaments d\u2019origine, massivement implantés au Québec.Le ministre de l\u2019Industrie, du Commerce, de 1a Science et de 1a Technologie, M.Gérald Tremblay, a même fait une sortie en règle fin avril contre le fédéral, l\u2019accusant de créer «l\u2019instabilité» au Québec en parlant de modifier 1a loi C-91 sur les brevets.Coincé entre l\u2019opinion publique, fortement favorable à une baisse des prix, et les intérêts du Québec, Ottawa n\u2019a pas osé remettre le pied sur ce terrain glissant, reléguant même sous le tapis, lors de son dernier congrès au début du mois, une résolution de ses militants prônant fa modification de fa loi et le recours accru aux médicaments génériques.L\u2019industrie de produits génériques, qui fabrique des copies à bas prix de médicaments brevetés, est surtout installée en Ontario.Malgré le net mécontentement populaire envers le prix des médicaments, très peu de gens connaissent toutefois fa différence entre un médicament d\u2019origine et un médicament générique.Pas même trois personnes sur dix (28 %) savent ce qui distingue ces deux catégories de produits.En dépit de cette méconnaissance.57 % des répondants croient que les médicaments génériques sont de qualité égale aux produits d'origine et 67 % d\u2019entre eux savent que les médicaments génériques coûtent beaucoup moins cher à l\u2019achat.Pour l\u2019heure, il semble que seule une part de doute quant à 1a qualité des médicaments d\u2019origine subsiste dans 1a tête des consommateurs.Malgré l\u2019opinion sévère des consommateurs sur 1a marge de profit réalisée par l\u2019industrie pharmaceutique, 1a moitié des répondants croient tout de même que le gouvernement doit aider ces compagnies, leur donner des subventions ou des crédits d\u2019impôts.Et cela, surtout si une part importante de leurs profits sont réinvestis au Québec, si le siège social s\u2019y trouve et si 1a recherche est effectuée en bonne partie par des chercheurs québécois.Par contre, pas moins de 56 % des gens jugent trop longue fa protection légale de 20 ans accordée aux compagnies productrices de médicaments d\u2019origine pour vendre leurs produits de façon exclusive.La marge d\u2019erreur de ces résultats tirés du sondage Om-nimédic de Sondagem est de 3,1 %, dans 19 cas sur 20, permettant ainsi d\u2019obtenir un seuil de confiance de 95 %.Plus de 1017 entretiens téléphoniques ont été complétés, permettant d\u2019atteindre un taux de réponse de 63,9 %.La CSN annonce deux journées de débrayage dans 174 garderies PRESSE CANADIENNE Les travailleuses de garderie syndiquées à la CSN débraieront durant deux journées non consécutives, insatisfaites que du fait que l\u2019augmentation de salaire de 1$ l\u2019heure qui a été annoncée par le gouvernement ne touchera pas toutes les catégories de personnel.La première vice-présidente de 1a CSN, Claudette Carbonneau, a indiqué hier que 1a première de ces deux journées de débrayage aura lieu ces jours-ci, à une date qui reste à déterminer.Le mouvement touchera les 174 garderies syndiquées à la CSN.Les travailleuses de garderie syndiquées s\u2019estiment flouées par le gouvernement qui, d\u2019après elles, avait d\u2019abord laissé entendre que l\u2019augmentation annoncée de 1$ l\u2019heure serait versée à tout le personnel oeuvrant dans les garderies, et non seulement aux éducatrices.Elles craignent maintenant que les cuisinières oeuvrant dans les garderies et les préposés à l\u2019entretien ménager ne bénéficient pas tous de l\u2019augmentation de salaire.C\u2019est donc pour appuyer cette revendication, ainsi que celle d\u2019assurer à moyen terme un rattrapage salarial de 3,50$ l\u2019heure, que les travailleuses vont une fois de plus débrayer.«Est-ce qu\u2019on peut admettre qu\u2019un gouvernement joue au yo-yo comme ça avec des travailleuses syndiquées?Le gouvernement se dégage de ses propres engagements», s\u2019insurgeait Mme Carbonneau.A son avis, les travailleuses de garderie conti- nueront de jouir de l\u2019appui de la population même si elles reprennent leurs moyens de pression après avoir obtenu partiellement ce qu\u2019elles revendiquaient.«Le grand public est en mesure d\u2019apprécier qu\u2019au Québec, le respect de 1a parole donnée ça ne doit pas juste compter quand ça s\u2019adresse à des banquiers.La population est en mesure de comprendre qu\u2019on n\u2019a pas d\u2019autre choix que d\u2019exercer des moyens de pression, malheureusement, pour faire respecter les engagements qui ont été pris à notre égard.» PHOTO AJ1! James Karl Ray, 25 ans plus tard.\u2019 Pas de l libération anticipée pour ;; James Earl Ray «Je n\u2019ai pas tué le Dr King» >p Nashville (AFP) - Le meurtrier! de Martin Luther King, James Earl Ray, s\u2019est vu refuser hier à\" Nashville (Tennessee) sa première\" demande de mise en liberté condnl tionnelle depuis son incarcération' il y a 25 ans, a-t-on appris de source judiciaire.«Je n\u2019ai pas tué le Dr King», a affa firmé Ray, 66 ans, lors de son audi-\" tion par la commission des libéra*!' tions anticipées.Il a précisé avoir' été convaincu à l\u2019époque, en raison!' de la pression des médias, de plai-^ der coupable par son avocat poufi; échapper à une éventuelle peine! de mort.Il a été condamné à une-\u2019-peine de 99 ans de prison.Ray, qui avait plaidé coupable en\" 1969 après son arrestation à?Londres, était revenu sur ses aveux trois jours après.11 pourra: formuler sa prochaine demande de'i libération anticipée en juillet 1999.i! La mort de Martin Luther King,\" tué par balle le 4 avril 1968 à Mem-i phis, avait provoqué des émeutes raciales dans tous les Etats-Unis.ISPUPPSII i\tw * ''J' 4v midi .» i g\t\u2018 x.; ^ i *\t13 , ' ¦ \u2019 V.- - - .¦' ¦\t: ?' V .\u2022 A.¦\t\u201c ; \" \u2018I\tf SM mmm ¦ 1 VOUS TROUVEZ DEJA CETTE MAISON REMARQUABLE, ATTENDEZ DE VOIR SA COUR.Ayant pour arrière-cour le centre-ville de Montréal, cette remarquable propriété du 1558, avenue Docteur Penfield, offre beaucoup à son futur propriétaire.Un emplacement accessible, un magnifique espace de 25 000 pieds carrés, un voisinage prestigieux et surtout l\u2019élégance d\u2019une architecture centenaire.Pour en savoir davantage, prière de joindre Francine Vincelette au 287-7362.4 I.y.h y.v o i k , i y.c » I A 5 \\ ?LE DEVOIR ?\u2014 Frulla inaugure.les bureaux du Conseil des arts et des lettres POLITIQUE Lucien Bouchard suivi à la trace: André Ouellet se pointe à Paris «Nos relations n\u2019ont jamais été meilleures», déclare Alain Juppé à son homologue canadien R0BIC 11 (il K KOHK Kl( HARD LES OBLIGATIONS D'EPARGNE DU QUEBEC Vient de paraître! trr/f M ****** I '''\u2022Çàeh'i »»»n 1.66.0rue Sainte* Catherine.I si Montreal (Quebec ).H?X IK9 \\6\\ |'jH| 875-8972 U » PuO! Cft-o\" VAC '(!\u2022 C ¦\" ' % 3, de grammaire française .\\ >, ItlMi m/A\\ y l ; ¦ rf *Y/> '¦'.'/.¦\u2022M; i i :\t.k 1 * é?: v -y iU V I ïfêr* y.A ***\"$\u2019 Æmf \u2019 %*\t' \u2022** *h é « Æ V; , >«' * .PHOTO ARCHIVES L\u2019accroissement phénoménal de la capacité de production et la surpêche étrangère dans le Nez et la Queue des Grands Bancs seraient à l\u2019origine, entre autres, de l\u2019effondrement des stocks de poissons de fond.Compressions budgétaires La valeur aux livres Les bibliothèques sont plus que des comptoirs de prêt LOUISE GUILLEM ETTE LA H O K Y Présidente Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Tf\u2014I oute la société est confrontée à l\u2019incapacité de payer de nos gouvernements, mais il y a des choix de société qui peu-!'¦¦¦ vent être considérés comme douteux puisqu\u2019ils risquent d\u2019hypothéquer l\u2019avenir de nos enfants, non pas financièrement, mais intellectuellement et culturellement.( Prenons un exemple, parmi tant d\u2019autres: les intentions de la Commission scolaire Saint-Jean-sur-Ri-chelieu de «réorganiser» le service de bibliothèque de ses cinq écoles secondaires, jusque-là chacune sous la responsabilité d\u2019un spécialiste en moyens et techniques d\u2019enseignement (SMTE) formé en bibliothéconomie.Le plan de réaffectation prévoit la réduction d\u2019un poste et le non-remplacement d\u2019un congé de maladie.Les trois SMTE restant en poste s\u2019occuperaient des cinq écoles.Une telle modification entraînerait bien sûr une diminution de service déplorable.¦ Aussi bien dire tant pis pour l\u2019amélioration du français puisque les activités pour donner le goût de la lecture seraient réduites.¦ Tant pis pour la formation de base des élèves visant à les rendre autonomes dans leurs recherches d\u2019information puisqu\u2019on ne leur fournirait plus, au moment où ils en ont besoin, l\u2019aide et les explications nécessaires pour comprendre, puis utiliser les sources et les supports d\u2019information multiples et complexes.¦ Tant pis pour l\u2019ouverture socioculturelle offerte aux élèves puisque l\u2019organisation d\u2019activités d\u2019animation (inyitation d\u2019auteurs, de conférenciers sur des sujets d\u2019intérêt pour les jeunes, etc.) disparaîtrait peu à peu.Les bibliothèques d\u2019écoles secondaires de Saint-Jean-sur-Richelieu, comme ailleurs au Québec, sont plus que,des comptoirs de prêt, mais par certaines décisions administratives, c\u2019est ce qu\u2019elles risquent de devenir, malgré l\u2019énergie des bibliothécaires qualifiés qui continueront à les animer tant bien que mal, partagés entre deux ou trois écoles.Cé sont les utilisateurs d\u2019information de demain, nos enfants, qui en souffriront.Est-ce vraiment un choix d\u2019éducation à leur offrir?La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec répond non à ce genre de question et souhaite qu\u2019aucun service essentiel direct aux élèves ne soit touché par les restrictions budgétaires actuelles.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Laurent Soumis, Guy Taillefcr (adjoint au directeur de l\u2019information); Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); is l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Trainier, Clément Trudel; A l\u2019information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Cîillcs Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Vcnnc (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chaplcau (caricaturiste); à l\u2019information sportive: Yves d\u2019Avignon; Denise Babin, Rachel Duclos (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Ijjcie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Lise Bourgault, Brigitte Cloutier, Gys-laine Côté, Johanne Guibeau, Jean-Yves Guilbert, Christiane Legault, Monique Ver-reault (publicitaires); Micheline Turgeon, Olivier Zuida (commis); Michèle Bouchard (secrétaire).L\u2019ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordina-trice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l\u2019administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette, Monique L\u2019Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements).LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production), Sylvain Darcy (directeur de l\u2019informatique), Johanne Brunet, Danielle Canta-ra, Richard DesCormiers, Caroline Des Rosiers, Lynda Di Cesare, Marie-Josée Hudon, Michael Schneider, Christiane Vaillant.Les annonces classées et nvis publics: Yves Williams (superviseur), Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Pierre Bour-gic (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture(présfde»it), Roger Boisvert (vice-président et directeur général).ASSANE NDOYE Étudiant à l'École des hautes études commerciales | u lendemain de la décision du Canada d\u2019établir une Zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles, une vive euphorie conjuguée à une absence de contrôle gouverne-J mental dictée par des prévisions scientifiques trop optimistes, allait engendrer un accroissement démesuré de l\u2019effort de pêche et de la capacité de transformation.Repoussés à l\u2019extérieur de la nouvelle ZEE canadienne, les pays étrangers réorientèrent leurs efforts de pêche vers le Nez et la Queue des Grands Bancs dépassant souvent de loin les quotas fixés par l'Organisation des pèches de l\u2019Atlantique Nord-Ouest (OPANO).Selon plusieurs rapports, cet accroissement phénoménal de la capacité de production et la surpêche étrangère dans le Nez et la Queue des Grands Bancs seraient à l\u2019origine, entre autres, de l\u2019effondrement des stocks de poissons de fond.Dans ces rapports, les bateaux étrangers tenus pour responsables ne sont pas «apatrides» et ne «battent pas des pavillons de complaisance» non plus.D s\u2019agit de navires appartenant à des pays membres de la CEE, qui ont la triste réputation d\u2019être des écumeurs de mer.Néanmoins, le Canada a fait son mea culpa.Il a reconnu que les prévisions scientifiques étaient erronées car elles avaient été établies avec une étonnante ignorance de la ressource, de son habitat et des rapports entre espèces.A cet effet, il a imposé un moratoire sur le poisson de fond (on vient de le prolonger) et paie un lourd tribut pour aider les populations affectées par la crise.Mais cette volonté canadienne pour la conservation d\u2019une des plus grandes sources de protéine de l\u2019humanité est sérieusement compromise au regard de la surpêche qui sévit à l\u2019extérieur de sa zone maritime de 200 milles.En effet, les subtilités offertes par une interprétation du droit international, donnent encore à certaines nations l\u2019opportunité d\u2019éluder les recommandations de l\u2019OPANO.Elles légitiment leurs comportements par le principe de liberté de navigation et de pêche en haute mer.Actuellement, environ 42 000 familles des régions côtières de l\u2019Est du Canada sont désespérées.La pêche était leur principal moyen de subsistance.La province la plus affectée est incontestablement Terre-Neuve, où l\u2019on retrouve plus de 26 000 de ces ménages.Pour eux, la pêche est à la fois gagne-pain, mode de vie et cultu- re.Si la crise actuelle perdure, il sera inévitable de déplacer des familles entières, des villages entiers, des communautés entières pour empêcher leur désintégration.En effet, plusieurs localités de Terre-Neuve, de là Nouvelle-Ecosse, de l\u2019IltMlu-IYince-Edouard, du Nouveau-Brunswick et de la Gaspé-sie sont largement tributaires de la pêche.A cet effet, il ne serait pas exagéré de qualifier la crise actuelle de calamité car les soubassements de l'architecture sociale et économique de ces collectivités sont durement secoués.Le Canada, conscient de ces douloureuses conséquences, envisage de soumettre le Nez et la Queue des Grands Bancs à son autorité.La soumission de cette zone à l\u2019autorité juridictionnelle canadienne serait souhaitable dans la mesure où le régime général qui lui est actuellement appliqué favorise la surpêche.Cependant le Canada doit savoir que son pouvoir, bien ue pouvant être discrétionnaire, ne oit être ni discriminatoire, ni arbitraire.En demandant à tous les navires d\u2019arrimer leurs engins de pêche, le Canada n\u2019exproprie pas la ressource d\u2019un quelconque Etat, ni ne s\u2019en approprie.Il n\u2019y a pas non plus extinction définitive des activités de pêche; c\u2019est plutôt une mise en veilleuse temporaire.D\u2019ailleurs, le Canada ne pourrait pas étendre en permanence ses pouvoirs juridictionnels dans cette zone, qui est une composante de la haute mer.La liberté de navigation n\u2019est pas synonyme,de vide juridique.Aucun Etat n\u2019a le droit de mener en haute mer des activités qui portent préjudice à un autre Etat ou qui conduisent à l\u2019extinction des ressources biologiques.L\u2019OPANO ne peut demeurer indifférente au litige qui oppose actuellement certains pays au Canada.Car en droit maritime international, la tolérance d\u2019actes ayant lieu dans une zone dont on a la responsabilité et contribuant à ^épuisement des stocks dans un autre État, est une forme de participation à 1 p violation de la souveraineté de cet État Selon ce même droit, tout État dont la stabilité des régions côtières repose sur la pratique de la pêche, bénéficie de droits préférentiels sur les ressources vivant à proximité de sa ZEE.Avec la surpêche, on ne parle plus de reproduction lente des stocks mais d\u2019épuisement de la ressource.L\u2019urgence et la gravité de la situation légitimeraient le fait d\u2019utiliser la force militaire pour survoler l\u2019espace aérien adjacent, d\u2019arraisonner tout navire suspecté d\u2019enfreindre le règlement et de dissuader ceux qui seraient tentés d\u2019entraver l\u2019exécution des directives fédérales.Pour ne pas sacrifier l\u2019avenir de ses populations côtières, le Canada doit aujourd\u2019hui agir unilatéralement, tout en continuant les négociations.Les nombreux ballets diplomatiques n\u2019ont pas encore abouti à des accords inter- nationaux tangibles.La situation est pressante parce que chaque fois que les bateaux étrangers capturent 1000 tonnes de poisson, c\u2019est l\u2019équivalent de 75 emplois que le Canada perd.L\u2019urgence recommande donc une attitude ferme et un comportement dynamique et décisif des représentants canadiens parce que dans les instances internationales, les négociations sont souvent interminables et les compromis difficiles à trouver.Même en cas de consensus, les procédures de ratification sont parfois longues.Une décision unilatérale du Canada d\u2019étendre temporairement ses pouvoirs juridictionnels dans la bande ma- ritime du Nez et de la Queue des Grands Bancs ne saurait être un défi à la communauté internationale.L\u2019action est légitime en soi parce que soucieuse de protéger les intérêts de populations côtières essentiellement tributaires de la pêche.Cependant, pour que son action soit plus crédible, le gouvernement est tenu de ne pas oublier sur les tablettes les conclusions du rapport Casliin, notamment la réduction du nombre des intervenants et le transfert de la capacité de production excédentaire vers les pays en développement En définitive, pour faciliter l\u2019action gouvernementale, les différentes asso- ciations de pêcheurs sont invitées à mettre en rade leurs divergences.L\u2019objectif doit être commun car le fléau est le même.Dans ces situations difficiles, elles doivent unir leurs actions et jouer leur véritable rôle de groupe de pression.Les populations pour lesquelles elles défendent les intérêts ont des dénominateurs communs: endettement, désespoir, amertume.Si elles manquent à leurs obligations, la crise provoquera des bouleversements sociaux monstrueux et emportera dans son sillage des acquis qu\u2019il sera difficile de récupérer.Ce sera le sabordage de plusieurs générations.Filière québécoise pour criminels de guerre?Un scoop manqué Quand Le Devoir se fait Vémule de Allo-Police JEAN-MARC LÉGER ==jl u premier coup d\u2019œil à la une du DE- AVOIR, vendredi dernier, il m\u2019a semblé que j\u2019avais la berlue.Il devait certainement y avoir méprise: j\u2019ai eu le sentiment pendant quelques ins-\u2014Il tants de tenir entre les mains un vieux numéro d\u2019Allo-Police.Que le journal ait cru posséder là une primeur (croustillante), voilà qui laisse rêveur.Ce scoop concernant des événements remontant à près de 50 ans (et connus de quiconque chez nous a suivi l\u2019actualité de l\u2019après-guerre, les débats à propos de Vichy, de la collaboration, des «réfugiés») n\u2019appellerait qu\u2019un haussement d\u2019épaules apitoyé, si, à la faveur de cette «révélation», l\u2019auteur de l\u2019article, éminemment tendancieux, n\u2019avait mis en cause de façon diffamatoire un certain nombre de personnes, décédées ou vivantes, en les associant crûment à un prétendu réseau de défense et de protection de criminels de guerre.Le titre coiffant l\u2019article, «Filière québécoise pour criminels de guerre», et le sous-titre, «Des collabos français furent aidés et protégés par d\u2019éminents nationalistes ca-nadiens-français», sont proprement inacceptables et indignes.Ils représentent, dans leur caractère sommaire, globalisant et venimeux, une éloquente illustration de la vieille technique de l\u2019amalgame et constituent un parfait exemple de manipulation de l'information (si tant est que l\u2019on puisse ici parler encore d\u2019information).De surcroît, c\u2019est à l\u2019endroit de la plupart des personnes citées une véritable calomnie qui pourrait appeler légitimement des prolongements judiciaires.Pour le lecteur non prévenu, l\u2019article ou plutôt les articles du sieur Bernard Plante conduisent à croire (j\u2019ai pu le vérifier ces derniers jours) que toutes ou la plupart des personnes qui y sont citées ont fait paifie d\u2019un réseau pour protéger et sauver des criminels de guerre, ce qui suppose qu\u2019elles connaissaient les actes reprochés aux fugitifs, les condamnations qui les avaient frappés, la justesse de ces sanctions et que dès lors, elles s\u2019en faisaient consciemment les complices.Bêtise ou méchanceté?Devant l\u2019énormité de cette insinuation, on se demande s\u2019il faut invoquer la bêtise ou la méchanceté, selon la formule célèbre.J\u2019ai le sentiment très net qu\u2019il s\u2019agit des deux, à parts égales.Étudiant à l\u2019Université de Montréal à l\u2019époque des faits, comme Camille Laurin, André Payette et plusieurs autres, je peux affirmer que nous ne sommes intervenus, surtout par des pétitions, que dans le cas du comte de Bemonville et de sa famille.Nous avions été, comme la plupart des personnalités citées dans le journal et comme des milliers de Québécois, abusés.Car ce sont bien des milliers de Québécois qui ont participé à un mouvement de sympathie et à une vaste campagne de solidarité, comme les journaux de l\u2019époque en font foi, un courant qui rejoignait tous les mi- lieux.De façon certes imprudente, puérile même à certains égards mais avec générosité, nous avons cru aider et protéger un homme injustement persécuté pour délit d\u2019opinion.Notre bonne foi avait été surprise.Lorsque la vérité nous est clairement apparue, de façon incontestable, tout appui à de Bernonville a aussitôt cessé et s\u2019est même transformé en indignation, chez les plus ardents défenseurs de la veille.Il importe de disjoindre le cas du comte de Bernonville de celui des autres «collaborateurs» vrais ou faux, dont aucun ne bénéficia d\u2019un pareil mouvement de solidarité, comme il importe de distinguer le petit noyau de fidèles de Rumilly de l\u2019ensemble des personnalités québécoises qui ne s\u2019engagèrent que dans l\u2019affaire de Bernonville.n convient ensuite d\u2019avoir la tête sur les épaules, le respect des personnes, le sens du passé et des évolutions, toutes vertus allègrement ignorées par certains folliculaires de la presse québécoise.Cette affaire de Bemonville aura été profondément malheureuse et elle nous invite à manifester à l\u2019avenir la plus grande circonspection envers les réfugiés dits politiques.C\u2019est là d\u2019ailleurs une leçon qu'en retirait le regretté Jacques Perrault, qui avait été l\u2019un des avocats de Jacques de Bemonville, et le principal, au cours des derniers mois.Professeur à la faculté de droit, conseiller juridique de l\u2019Imprimerie populaire (éditrice du DEVOIR), beau-frère d\u2019André Laurendeau, Me Perrault était un brillant juriste et un homme généreux: il serait plus tard l\u2019un des cofondateurs de l\u2019éphémère Rassemblement puis du Parti social-démocrate, ancêtre du NPD-Qué-bec.M.Plante souhaitera peut-être l\u2019inclure dans le réseau «de soutien aux criminels de guerre».Il est désolant que des événements aussi pénibles que cette affaire de Bemonville servent aujourd\u2019hui de prétexte à des journalistes en mal de scandale et à des apprentis chercheurs en quête de célébrité, pour assouvir je ne sais quelle frénésie anti-nationaliste, sans souci des réputations et guère plus de la vérité.Il est encore plus attristant, en l\u2019occurrence, que LE DEVOIR ait consenti à servir de tribune à semblable entreprise.Les archives parlent crûment Il faut lire, et bien lire.Dans sa réplique aux articles du DEVOIR intitulés «Filière québécoise pour criminels de guerre» et «Certains se souviennent, d\u2019autres pas», Jean-Marc Léger accuse l\u2019auteur de condamner certaines personnes par association.Or, plusieurs acteprs de l\u2019époque, comme M.Léger, plaident l\u2019ignorance.C\u2019est écrit noir sur blanc.Pour le reste, les archives de Robert Rumilly parlent et sans doute parlent-elles crûment.Faut-il les censurer?Bernard Plante La province la plus affectée, Terre-Neuve, compte plus de 26 000 familles affligées par la crise actuelle. A 10 I K II K V » I H , I, K ,| >; | |> | i >1\t\\| \\ |\t) il ü -?LE DEVOIR ?i n rriTT T T m Tl r s I Muscle Enveloppe Vaisseaux sanguins Les bactéries \"mangeuses de chair\" Les streptocoques du groupe A une chaîne de bactéries immobiles responsables d'infections de la gorge et du larynx, généralement bénignes 1 Faisceau i défibrés Selon les hypothèses, un virus coloniserait le streptocoque A, le transformant en bactérie tueuse qui produit des enzymes fatales.Elles attaquent les muscles et la peau.Cette nécrose (sorte de gangrène) peut entraîner la mort en quelques heures.Un humain sur dix est porteur l^HTde streptocoques A sans en souffrir Par le réseau sanguin, les streptocoques peuvent atteindre d'autres parties du corps et Infester des tissus détruits.AFP infographie ¦ Mathias Bollmeyer BACTERIE Psychose SUITE DE LA PAGE 1 La vague d\u2019inquiétude qui frappe présentement le continent européen a pris son origine en Grande-Bretagne où les médias se sont emparés de cette histoire après l\u2019apparition d\u2019un nombre anormal de cas mortels dans le Gloucestershire au cours des trois derniers mois.Depuis l\u2019apparition des gros titres dans la presse, les centres de santé et les médecins britanniques ont été inondés d\u2019appels téléphoniques alarmés.A un point tel que tous les membres de la communauté médicale essaient désormais de mettre un terme à ce qu\u2019ils considèrent comme une psychose.«La bactérie tueuse a mangé mon visage», titrait hier le quotidien à grand tirage Star, qui a interviewé un homme ayant eu besoin de greffes de peau après avoir survécu à la bactérie.«Nous sommes en face d\u2019une campagne d\u2019incitation à la panique.Tous ceux qui souffrent d\u2019un petit mal de gorge sont convaincus qu\u2019ils ont attrapé la maladie», a déclaré un porte-parole du laboratoire national de recherche sur la santé publique.D\u2019autres réactions ont été entendues en Norvège, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande ainsi qu\u2019au siège de l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève.Les responsables de la santé à Wellington ont déclaré que la bactérie était également active en Nouvelle-Zélande sous sa forme mutante.La bactérie peu dévorer la chair humaine et les muscles au rythme de 2,5 centimètres à l\u2019heure.Les services sanitaires néerlandais ont rapporté de leur côté que la bactérie avait tué 21 personnes aux Pays-Bas depuis 1992.En Islande, on a dénombré deux morts en trois mois.«Le nombre de cas est très faible, et ils sont répartis dans tout le pays.Ce n\u2019est pas une situation d\u2019épidémie», a cependant déclaré un porte-parole des services nationaux de santé et de protection de l\u2019environnement.Mme Diana Martin, responsable au Centre de traitement néo-zélandais des maladies contagieuses, a précisé que l\u2019affaire avait pris des proportions tout à fait ridicules.Elle a souligné que cette maladie se traitait dans la plupart des cas avec de la pénicilline.Des médecins norvégiens qui ont eu à s\u2019occuper en 1988 de l\u2019irruption de plusieurs cas pendant une période très courte ont dit que la bactérie semblait pouvoir vaincre sans difficulté les défenses naturelles de l\u2019organisme.En Allemagne, le ministère de la Santé a ordonné l\u2019ouverture d\u2019une enquête pour déterminer si des cas semblables avaient été identifiés.De son côté, l\u2019OMS a indiqué que cette bactérie avait été repérée depuis longtemps mais qu\u2019elle n\u2019avait fait l\u2019objet d\u2019aucune publicité avant la mise au jour des cas mortels du Gloucestershire.Un porte-parole de cet organisme a estimé que l\u2019origine de cette éclosion subite de cas était difficile à déterminer mais que le manque d\u2019hygiène pouvait constituer une explication.BOUCHARD «Où est le problème?» Chrétien devra démissionner si le Québec se sépare, selon Manning MANON COKNELLIEK PRESSE CANADIENNE Ottawa \u2014 Le premier ministre Jean Chrétien devrait démissionner si le Quebec sr m-|uiv du l anad.i car il snail eu conflit d\u2019intérêts pour conduire les négociations subséquentes, a soutenu hier le chef réformiste Preston Manning lors d\u2019un échange avec un groupe de journalistes.«Il y aura un manque de confiance en M.Chrétien et son gouvernement pour conduire ce genre de négociations, en partie pour des raisons de conflit d\u2019intérêts.Mais il sera aussi en difficulté s'il perd en défendant le statu quo», a-t-il déclaré.A son avis, «il y a de bonnes chances qu\u2019il faille tenir un nouveau scrutin» dans le reste du Canada afin de donner le mandat nécessaire au gouvernement fédéral.Pour sa part, s\u2019il devenait premier ministre, M.Manning serait prêt à négocier «dans le meilleur intérêt du Canada«.Mais «je pense que les séparatistes peuvent être battus et je veux qu\u2019ils le soient, que ce soit au Québec ou dans l\u2019Ouest», a-t-il rapidement renchéri.Chose certaine, il demeure un fédéraliste insatisfait.Et il croit qu\u2019il faut assister à une forme quelconque de renouvellement de la fédération si on veut garder le pays uni.«Si on en arrive à un choix entre le statu quo fédéraliste et le séparatisme, le statu quo va perdre», a-t-il prédit.«Je pense que ce gouvernement se dirige, comme un somnambule, vers une crise fiscale et constitutionnelle», a-t-il ajouté.Il demande donc aux libéraux d'étaler leur vision du fédéralisme.Il veut aussi dresser une liste des questions difficiles que soulève la séparation, niant du même souffle avoir déjà concédé la victoire au Parti québécois lors de la prochaine élection et du référendum.Interrogé sur l\u2019utilité d\u2019une liste semblable, il a soutenu qu\u2019une liste assez longue pourrait mettre en évidence la complexité de la séparation.Cela pourrait, d\u2019une part, calmer les Canadiens qui parlent de laisser partir le Québec et, d'autre part, effrayer certains Québécois qui croient que cela pourrait se faire sans trop de mal.S\u2019il demande au gouvernement d\u2019étaler une nouvelle vision du pays, il n\u2019est pas du tout pressé de décrire la sienne.Chaque fois que les journalistes l\u2019interrogeaient à ce sujet, il les accusait de vouloir l\u2019entraîner dans le débat constitutionnel.«Le fédéralisme est quelque chose de bien plus large que la constitution», a-t-il dit à plusieurs reprises.M.Manning, lui, préfère une «nouvelle vision du fédéralisme» basée sur une approche économique, sociale et institutionnelle complètement «rafraîchie».Selon lui.la constitution en serait une partie mais pas le pivot.Lorsque les journalistes ont soutenu que M.Manning voulait refaire la dernière campagne électorale qui portait justement sur ces différentes approches et qui avait conduit à sa défaite, il s\u2019est rebiffé.Selon lui, les différents projets de réforme des libéraux sont voués à l\u2019échec et le fait que M.Chrétien promette d\u2019offrir «un bon gouvernement» demeure insuffisant.Tout au long de l\u2019échange.M.Manning tentait d\u2019éviter les réponses précises.Il a fallu un barrage constant de questions et d\u2019interventions des journalistes pour l\u2019obliger à éclaircir un tant soit peu sa position.À la fin de l\u2019entretien auquel assistait presque toute la presse anglophone mais où seulement deux journalistes francophones avaient été invités, M.Manning semblait lui-même surpris du chemin qu\u2019on l\u2019avait forcé à parcourir.En fait, c\u2019est à son corps défendant qu\u2019il a dévoilé une partie de son jeu et son personnel tentait, après 45 minutes de discussions, de faire dévier la conversation sur autre chose.PARIZEAU Avis d\u2019experts SUITE DE LA PAGE 1 Le chef péquiste reproche à M.Chrétien d\u2019adopter la même attitude que «dans les derniers mois de Meech et lors du référendum de 1980».Or, la participation fédérale lors de ce référendum, selon M.Parizeau, «sert de précédent et établit la légitimité de la démarche» souverainiste».M.Parizeau affirme que M.Chrétien ne peut pas participer à la fois au référendum et ne pas en reconnaître par la suite les résultats, s\u2019ils sont favorables à la souveraineté.Selon M.Chrétien, l\u2019avis d\u2019experts auquel se réfère M.Parizeau «dit aussi que le Québec ne peut se séparer du Canada sans le consentement du Canada».Le chef péquiste soutient que cette exigence ne se trouve nulle part dans le document Il est vrai que les experts affirment que le «droit à la sécession n\u2019existe pas en droit international».Néanmoins, ajoutent-ils, «il n\u2019existe pas non plus de règle juridique faisant obstacle à la sécession».M.Chrétien mentionnait que «l\u2019intégrité territoriale, c\u2019est aussi l\u2019intégrité du territoire canadien».Or, les experts disent que «le principe de l\u2019intégrité territoriale ne (fait) pas obstacle à l\u2019accession à l\u2019indépendance».M.Parizeau signale que les experts prévoient d\u2019ailleurs explicitement le cas où le Canada s\u2019oppose à la sécession du Québec.«En l\u2019absence d\u2019accord entre le Canada et le Québec, écrivent-ils en effet, la réussite du processus conduisant à la souveraineté reposerait sur la capacité des institutions politiques québécoises d\u2019instaurer et de maintenir, à titre exclusif, l\u2019autorité publique sur le territoire du Québec.» Les experts ajoutent que la sécession effective du Québec «serait considérablement renforcée par la reconnaissance de nombreux Etats tiers».Cette reconnaissance internationale «revêtirait une grande importance».C\u2019est pourquoi, dit M.Parizeau, lui-même comme Lucien Bouchard, qui revient de Paris, que l\u2019on multiplie les démarches à l\u2019étranger.Il demeure, et M.Parizeau en convient, qu\u2019il faudra que le gouvernement du Québec et l\u2019Assemblée nationale prouvent qu\u2019ils exercent sur l\u2019ensemble du territoire québécois l\u2019autorité publique exclusive.Un journaliste lui a demandé comment il y parviendrait.Les agents de la GRC, l\u2019ar- mée, les douaniers, les percepteurs d\u2019impôt fédéraux, les milliers de fonctionnaires fédéraux œuvrant au Québec ne disparaîtraient pas par enchantement?Les experts cités par M.Parizeau écrivent dans leur avis: «La sécession serait considérée comme réussie si, durant un temps suffisamment long, les autorités québécoises parvenaient à exclure l\u2019application du droit canadien sur leur territoire et, au contraire, réussissaient à y faire régner l\u2019ordre juridique découlant de leurs propres lois et décisions.» Ils ajoutent: «On ne pourrait admettre que le Québec a accédé à l\u2019indépendance qu\u2019en cas d\u2019exclusion du contrôle des autorités canadiennes sur le territoire québécois.» M.Parizeau a expliqué que c\u2019est pour ces raisons qu\u2019il faut huit à dix mois, entre la prise du pouvoir du PQ et le référendum, pour préparer l\u2019accession du Québec à la souveraineté, dont le transfert des fonctionnaires fédéraux à la bureaucratie québécoise.M.Chrétien, dit-il, ne peut pas empêcher des fonctionnaires fédéraux de venir travailler pour le Québec.«L\u2019esclavage» n\u2019existe pas au Canada, quand même, affirme-t-il.VIE PRIVEE Examen public SUITE DE LA PAGE 1 Comme son collègue, M.Gauthier s\u2019est dit persuadé que les Franco-Ontariens étaient, en grande majorité, opposés à ce que le chef du Bloc aille leur expliquer le projet séparatiste.Or l\u2019ACFQ «joue le jeu» de l\u2019adversaire, a-t-il déploré: «Je ne trouve pas ça amusant du tout» Le député de Cochrane-Supérieur, Réginald Bélair, a de son côté parlé d\u2019»erreur de jugement» de la part de l\u2019ÂCFO, se demandant ce que M.Bouchard «irait faire là».Àl\u2019ACFO, on s\u2019expliquait mal une pareille levée de boucliers.Son président Jean Tanguay a expliqué que l\u2019association avait pour politique de convier, chaque année, le chef de l\u2019Opposition officielle aux Communes, et qu\u2019il n\u2019était pas question d\u2019annuler quoi que ce soit.Des invitations ont aussi été lancées à Jean Chrétien, aux ministres fédéraux Diane Mar-leau, Michel Dupuy et Lloyd Axworthy, de même qu\u2019aux leaders provinciaux Bob Rae et Lyn McLeod.Seuls MM.Bouchard et Victor Goldbloom, commissaire aux langues officielles, ont cependant accepté à ce jour.M.Tanguay ne se fait pas d\u2019illusions quant aux intentions du Bloc.«Nous sommes très conscients des enjeux.Mais est-ce qu\u2019on va aller se cacher la tête dans le sable ou être des moutons et ne parler qu\u2019aux gens que les gouvernements nous permettent d\u2019écouter?» Après des visites controversées à Washington, Paris et dans l\u2019Ouest canadien, le chef du Bloc québécois doit quant à lui commencer à se faire au tumulte qu\u2019il sème sur son passage.Demain, il se rendra à Shediac, à l\u2019invitation de l\u2019Association des municipalités du Nouveau-Brunswick.Le premier ministre Frank McKenna a déjà fait savoir que M.Bouchard n\u2019était pas le bienvenu dans sa province et a demandé à ses ministres de boycotter la rencontre.Hier, en tout cas, le principal intéressé est resté de marbre.Aux commentaires des députés libéraux, a-t-il répondu, «je n\u2019ai pas vraiment de réaction.J\u2019ai été invité, j\u2019ai accepté, et j\u2019irai.Où est le problème?Dans quelle sorte de société vivons-nous si c\u2019est devenu un problème que de parler en public devant un groupe très important?C\u2019est bien une démocratie, ici?».S\u2019il juge un peu excessives les remarques de M.Boudria, M.Bouchard considère néanmoins que les choses se passent «comme prévu», de manière «tout à fait saine, tout à fait correcte et tout à fait positive».Il vaut mieux, ajoute-t-il, que l\u2019on fasse les gorges chaudes maintenant qu\u2019au moment où les Québécois auront à déterminer leur avenir.»Ce qui n\u2019avait jamais été dit est en train de se dire.Ces réactions sont en train de s\u2019enregistrer et de s\u2019exprimer.Ce qui est important, c\u2019est que le moment venu, les gens aient pu exprimer les sentiments négatifs ou de surprise qui ont pu les animer, réagir au choc de voir que tout à coup il y a des séparatistes qui se promènent en exprimant des idées séparatistes.» Loin de reculer, le chef du Bloc compte au contraire profiter de son séjour au Nouveau-Brunswick pour dévoiler la politique de son parti en matière de relations entre un Québec souverain et les francophones du Canada.Le document, a dit M.Bouchard, «n\u2019invente pas la lune, mais on a fait un travail honnête de réflexion et on essaie de proposer quelque chose de réaliste.C\u2019est surtout un engagement des souverainistes que nous sommes, une main tendue.» Le leader souverainiste a souligné qu\u2019un Québec indépendant disposerait de moyens financiers et d\u2019institutions susceptibles d\u2019aider à la survie et à la promotion de la cause des francophones du Canada.SUITE DE LA PAGE 1 mières expériences d\u2019évaluation publique, ont suggéré les experts: les cartes d\u2019identité (avec ou sans photo, ou plus globalement les moyens d\u2019identification personnelle, avant que l\u2019entreprise privée dicte ses choix aux citoyens): les projets du secteur des services sociaux de créer 17 systèmes d\u2019information sur les clientèles (on songe à créer des fichiers régionalisés sur les malades mentaux, les délinquants, les personnes âgées, etc.).L\u2019évaluation sociale des systèmes d\u2019information sur les personnes prend en compte une gamme beaucoup plus étendue que la seule protection des renseignements personnels: les effets discriminatoires, les impacts sur la vie des personnes concernées, les effets pervers sur l\u2019économie, sur l\u2019efficacité, les contrecoups sur l\u2019organisation interne.L\u2019examen public peut se faire de différentes façons, à des degrés divers.La proposition la plus extrême va jusqu\u2019à proposer un mécanisme qui se rapproche de celui du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).Le ministre de la Justice, responsable de la loi, M.Roger Lefebvre, n\u2019a donné aucune indication sur ses intentions à l\u2019égard de ces recommandations.Si des modifications étaient proposées à la loi, une nouvelle consultation publique devra avoir lieu, ce qui reporte la discussion à l\u2019automne sinon à l\u2019hiver, du moins après les élections.Les propositions concernant l\u2019évaluation des tçchnologies de l\u2019information utilisées par l\u2019Etat se présentaient ainsi: ¦\tLa Commission d\u2019accès à l\u2019information suggère d\u2019obliger les ministères à informer la Commission de tout projet de développement informatique susceptible de mener à la création de nouveaux fichiers de renseignements personnels.De la sorte, la CAI pourrait formuler des recommandations aux organismes pour s\u2019assurer, au préalable et avant que des capitaux ne soient engagés, de la conformité de ce projet avec la loi.La Commission s\u2019autoriserait alors à consulter elle-même les personnes et les organisations intéressées (comités de citoyens, associations de malades, confessions religieuses, etc.) pour éclairer son propre jugement.¦\tL\u2019Association de sécurité informatique de la région de Québec estime que cette proposition est inadéquate et ne ferait que transformer en dépôt de documents la commission qui serait débordée.L\u2019ASIRQ recommande plutôt que la CAI fasse connaître au préalable ses exigences, élabore des guides, des politiques, des lignes directrices destinés aux organismes publics pour qu\u2019ils intègrent ces exigences dans l\u2019élaboration de leurs projets.¦\tLa société privée Progestaccès, qui vient en aide aux entreprises privées dans l\u2019application de la loi sur la protection des renseignements personnels, propose d\u2019aller plus loin et de forcer les organismes à produire pour chacun des projets une déclaration d\u2019impact social, publiée dans la Gazette officielle et dans un journal à grand tirage, avec la possibilité pour les citoyens de faire des commentaires.¦ Une large coalition d\u2019organismes sociaux (santé mentale, sida, personnes âgées, femmes, syndicats) recommande d\u2019aller plus loin: elle demande un moratoire sur les projets de systèmes d\u2019information, en particulier dans le domaine de la santé, pour éviter que les citoyens soient placés devant des faits accomplis; une nouvelle législation qui va permettre l\u2019évaluation sociale, politique, économique des systèmes d\u2019information (sur informatique ou sur papier) avant qu\u2019ils ne soient implantés; l\u2019obligation dans cette loi de la tenue d\u2019audiences publiques, un peu comme au CRTC ou au BAPE, de manière à ne pas laisser aux seuls bureaucrates et aux seuls informaticiens le loisir de décider, laissant à l\u2019écart les premiers intéressés: les citoyens.La consultation sur la loi d\u2019accès a donné lieu à des débats peu animés, à la veille d\u2019élections.En fait, cet exercice aurait dû se dérouler il y a déjà plusieurs mois.Le rapport sur la mise en œuvre de la loi, qui sert de base aux travaux des députés, a été soumis il y a déjà un an et demi.Les dékiis ont été si longs qu\u2019un citoyen de Sillery, M.Alain Bayle, avait mis en demeure la Commission de ia culture de l\u2019Assemblée nationale, le 18 avril, de procéder dans les plus brefs délais.Le 3 mai, la tenue des audiences publiques a été annoncée.La Société canadienne de la Croix-Rouge Division du Québec beau le Devoir LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514)985 3333 ADMINISTRATION\t(514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3344 (514) 985-3344 (514) 985-3399 1 800 363-0305 SERVICE À LA CLIENTÈLE \u2022 Extérieur (sans frais) * 1-800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements poslaui.Montréal\t(514) 985-3355 LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siège social est situé au numéro 2050 de Bleury.9e étage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor laSalle, 7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612 ouest rue Saint-Jacques, Montréal.L\u2019Agence I*resse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 775 bout.Iebeau, St-Iaurent.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399.I "]
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