Le devoir, 28 mai 1994, Cahier D
[" F le Devoir Essais québécois Page D2 Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page D5 Visas Page D8 A M K I) I I) K V O I II formation, voyez la richesse de l\u2019iconographie, la qualité des photos et des illustrations, le jeu des masses et des couleurs.Voyagez, voyagez au sein de ces univers: peut-être ne partirez-vous jamais ensuite, de crainte d\u2019être déçu par la réalité.Allez en librairie, furetez sur les étagères.Comparez: c\u2019est facile, quelques titres, New York, Londres, traitent de la même destination.Les ressemblances, les affinités sont évidentes.Bien sûr, chaque maison se fend en de longues explications pour démontrer les particularités et originalités de son produit.De son arme, disions-nous.Et ce n\u2019est pas faux: Gallimard, fidèle à lui-même, fait plus culturel alors que VOIR se veut plus pratique.Mais ce ne sont là que nuances.Comparez, je vous dis, les deux collections.Vous y trouverez des différences, bien sûr.Le prix, par exemple.Les Guides VOIR se vendent 29,95 $, les Gallimard, 39,95 $.Vous constaterez surtout l\u2019énorme fossé qui les sé-|HÊ\\ pare, par leurs ressemblances, Hr-/ de tout ce qui s\u2019est fait comme guides touristiques jusqu\u2019à ce jour.Les Guides VOIR et Gallimard, tout comme leurs équivalents étrangers qui ont fait eux aussi leur apparition en d\u2019autres langues, révolutionnent le concept, la nature et la portée de ces ouvrages \u2014 que d\u2019aucuns croyaient sans histoire \u2014 des guides de voyage.Sans histoire?Pas si sûr.Hérodote, Xénophon, Jules César ont commis, en leur temps, des récits de voyage.Ce serait ^ Pausanias qui, en 173, aurait écrit, avec sa Description de la Grèce (en dix volumes, rien de moins), le plus ancien guide qui nous soit parvenu.En 1841, voici 153 ans exactement, est paru, sous jaquette bleue, rédigé par Adolphe Joanne et consacré à la montagnarde Suisse, ce qui est devenu le premier Guide Hachette.Et ce fut en 1900 que le fabricant de pneumatiques Michelin, très confiant en son produit mais soucieux de ne pas voir les pionniers de l\u2019automobile se décourager sur des chemins alors conçus pour d\u2019autres moyens de locomotion, «offrit gracieusement aux chauffeurs» ses guides \u2014 qui allaient devenir LA référence en la matière \u2014 VOIR PAGE D 2: VOYAGER Le combat sera rude.Il est déjà amorcé.Les protagonistes, des poids lourds, ont fini de s\u2019étudier.Ils ont lancé leurs premiers coups, le challenger prenant une certaine avance au cours du premier round.Mais le détenteur du titre a du coffre, du souffle et de la puissance.Voyez, sous les projecteurs: l\u2019aspirant s\u2019appelle Gallimard, surnommé «La maison de la grande littérature», et le champion, c\u2019est Hachette, dit «le Géant de l\u2019édition».L\u2019issue de l\u2019affrontement est la conquête de la couronne des guides touristiques de langue française.Et peut-être même de toute l\u2019édition française.Ca chauffe, mes amis.Sur le ring et dans la salle.Les paris sont ouverts.Tout le monde s\u2019interroge.Pourquoi, diable, Gallimard, bourré de talent et bien établi dans tant d\u2019autres domaines, s\u2019est-il lancé dans le marché des guides de voyage qui lui est si peu familier?Corn- 4 ™ ment cet éditeur, qui s\u2019est contenté jusqu\u2019ici de diffu- æ/oV/ ser de rares collections en SKri librairie (dont la Biblio-\ts thèque du Voyageur qui présente des adaptations des Insight Guides britanniques), peut-il prétendre aux premières places?Ces places, rappelons-le, occupées par le duo Michelin (450 000 guides rouges et 3,2 millions guides verts vendus chaque année) et Hachette?Et pourquoi, se demande-t-on, Hachette, pour qui les Guides Bleus, Visa, Baedecker, Marco Polo et du Routard font office de biceps et pectoraux, lui qui a tant d\u2019expérience et de ressources, a-t-il attendu si longtemps?Chez Michelin, maison conservatrice qui n\u2019a que très peu modifié ses produits depuis leurs origines, une telle attitude attentis-te, teintée de réserve, se comprend.Mais chez Hachette?Et pourquoi, discute-on fiévreusement chez les parieurs, les deux adversaires s\u2019affrontent-ils avec des armes presque identiques?Ici, ce n\u2019est pas le jeu de jambes, la grâce de l\u2019esquive, la rapidité des réflexes ou les jabs de la main gauche qui distinguent l\u2019un ou l\u2019autre.Non, chacun y va de gros coups, assenés à toute volée, en espérant que l\u2019autre tombe au plus vite.Ou crie grâce.Car, à vrai dire, de part et d\u2019autre, c\u2019est bonnet blanc et blanc bonnet.Les armes en question se ressemblent comme des bessons.Chez l\u2019un, elle porte le nom on ne peut plus direct de Guides Gallimard; chez l\u2019autre, elle s\u2019appelle les Guides VOIR, dont le titre dit tout de suite de quoi il s\u2019agit.Mais Guides Gallimard et Guides VOIR semblent être de mutuels reflets.Constatez vous-même.Feuilletez, d\u2019un doigt agile et d\u2019un œil étonné, les titres disponibles des deux collections.Touchez la qualité du papier glacé, sa douceur et sa fermeté, appréciez la résistance de la reliure cousue, les dimensions pratiques du format, l\u2019abondance de la documentation, la variété de l\u2019in- Hachette et Gallimard réinventent les guides 300 marches conduisent jusqu'au sommet dits loure.La passerelle |XHir pistons offre ill\u2019s vues impressionnantes sur la Tour de Londres et sur la Tamise.touristiques, Lorsqu'il livre passage ides navires, le pont mesure 40 m de haut et 60 m de large.Lorsque le trafic était intense, il s'ouvrait jusqu\u2019à cinq fois par jour, f_ Le mécanisme de levage hydraulique a été utilisé S jusqu'en 19/6.des livres qui donnent avoir autant FRANÇOIS CHARRON LAPIERRE RENE ViE H't LACHAMI 1ST DÉJÀ-.LA-BAS C\u2019EST DEJA DEMAIN Les textes de ce recueil proposent une poésie intensément narrative, aussi détachée que possible de la tentation lyrique du moi.72 pages W.FRANÇOIS CHARRON RENE LAPIERRE LES HERBES ROUGES POÉSIE LES HERBES ROUGES / POESIE 'Sftljipifl LES HERBES ROUGES / POESIE HJ*\t\t\t \t\t\t 1\t\t\t \t\t\t \tX ¦\t\t,.,11 ljT*Tr I) 2 M K |) I I) I M A X ( II I A I I.f.Il f, V Hill, I.I K Il II GUIDES O VOIR LONDRES ESSAIS QUÉBÉCOIS Bonjour chez-nous Les fondements racistes de la démocratie U JJ I (J V.uà wml SHOPPI Histoiri RCHITECTUR1 BAKER STREET.libre Expression' VOYAGER Des guides pour poids lourds US DEUX ESPECES HUMAINES (AUTOPSIE DU RACISME ORDINAIRE) Denis Blondin Im Pleine Lune, 298 p.T \u2019ethnocentrisme occidental ne JL/ date pas d\u2019hier.Les Grecs, dont on dit qu ils ont inventé la science, la philosophie et la démocratie, se faisaient une idée si haute de la valeur de leur langue qu\u2019ils appelaient toutes les autres «barbares».Pour l'anthropologue Denis Blondin, si tous les humains appartiennent à la même espèce zoologique parce qu\u2019ils peuvent se reproduire entre eux, la vision occidentale du monde distingue plutôt deux espèces humaines: Nous, les Blancs et les Autres, que l\u2019on nomme naïvement «Peuples de couleur», «Primitifs», l n i s-Monde» ou «Sauvages».La séparation est radicale, ajoute l'auteur des Deux espèces humaines, l\u2019Histoire c\u2019est nous, les Autres ne sont que de la géographie.Fort des conquêtes de la civilisation européenne, l\u2019homme moderne appréhende maintenant le monde comme un touriste de l\u2019identité.Les autres ne sont alors pris en considération que dans la mesure où ils peuvent être assimilés à mon point de vue.Je les mets à l\u2019écart collectivement, drapé que je suis dans ma Déclaration universelle des droits de l\u2019Homme.Le hic, c\u2019est que les droits individuels ne sont reconnus.que dans le cadre juridique d\u2019un Etat-nation.Tant pis pour les Amérindiens et pour tous ces pays du Tiers-Monde chez qui nous nous sommes implantés en leur disant: Bonjour, chez R O B K R T S A L E T T I ?nous! Au fond, à l\u2019échelle planétaire, notre monde ressemble à une société féodale, simplement «les aristocrates se sont convertis en démocrates, et le Tiers Etat est devenu le l i.i s-Monde».Humain, trop humain, disait le père de Zarathoustra en ricanant derrière sa moustache de plomb.Pour une révolution sociale à l\u2019échelle humaine Professeur au Collège François-Xavier Gameau, Denis Blondin avait publié en 1990 l\u2019Apprentissage du racisme dans les manuels scolaires, que je n\u2019ai pas lu, mais il est facile de constater que Les Deux Espèces humaines en est le prolongement.D\u2019abord parce que l\u2019auteur reprend dans cet essai-ci une partie des exemples du premier, mais aussi parce que l\u2019argument de base ne dérougit pas, si l\u2019on peut dire, malgré la vague d\u2019anti-rectitude politique qui déferle actuellement sur les journaux, lignes ouvertes ou talks shows.Les Amérindiens-, comme d\u2019autres minorités, ont perdu la faveur d\u2019un public qu\u2019ils ont cru, pen- dant un court moment, gagné à leur cause.Or, M.Blondin s\u2019en prend au paradigme -racialiste- qui fait que le concept occidental d\u2019humanité est normatif.L\u2019humanité est essentiellement blanche, européenne et evo luée.Il ne s\u2019agit donc pas ici du racisme tonitruant d\u2019un Le Pen, mais du racisme, implicite, ordinaire, du journal qui parle d'«individu de race noire», alors que la génétique moderne a montré que les races humaines n'existaient pas, du moins pas en tant que catégories naturelles pouvant être délimitées biologiquement; du racisme ancré en nous tous, qui veut faire croire que les Aztèques ont pris les Espagnols pour des dieux (c\u2019est la thèse de Tzvetan To-dorov dans 1 a Conquête de l'Amérique) et que l\u2019Europe est un grand continent, alors que la réalité géographique et terminologique délie cette prétention.Ijes exemples de ce racisme ordinaire ne manquent pas.Denis Blondin les choisit dans la sphère anthropologique bien sûr, mais aussi dans des sciences comme la géographie, la paléontologie et la sociobiologie.A chaque occasion pour montrer que les concepts darwiniens d\u2019évolution et d\u2019adaptation reposent sur un préjugé ethnocentrique.Ce faisant, quelque part, il rejoint aussi Todo-rov, celui de Nous et les Autres cette fois, qui proposait un humanisme plus tempéré, un sorte d\u2019universalisme modéré grâce auquel la reconnaissance de l\u2019unité du genre humain suppose la prise en compte de l\u2019hétérogénéité du corps social.Et s\u2019oppose au Finkielkraut de la Défai- te de la pensée pour qui l\u2019affirmation de l\u2019individu forme le prétexte d\u2019une défense de la culture française traditionnelle.L'humanisme contemporain doit repenser l\u2019alliage actuel de nationalisme et d\u2019individualisme qui fonde nos démocraties.Les deux espèces humaines ne constitue pas une réflexion foncière- ! ment neuve.Les manuels scolaires, Gustave Le Bon, Ernest Renan, ce n\u2019est pas précisément du nouveau | stock raciste.Peut-être aurait-il mieux valu ratisser moins large et insister davantage sur certains exemples plus récents?Le cas de la: sociobiologie en est un que Denis Blondin aurait pu approfondir, d\u2019autant qu\u2019un méthodique travail de débroussaillage a déjà été réalisé par Nadia Khouri dans le Biologique et le Social, paru au Préambule en 1990.: La bibliographie ne mentionne également aucun des travaux récents du sociologue Edgar Morin sur la nature humaine (Le Paradigme perdu) avec lesquels la démonstration de M.Blondin a pourtant des affinités.: Mais, malgré ces oublis et un certain éparpillement, la thèse produit son effet.On se prend à douter sérieusement de l\u2019utilité du soi-disant progrès de notre civilisation.Il n\u2019y a qu\u2019à comparer le traitement amène que nous réservons au rôle «civilisé» des Afrikaaners dans la passation des pouvoirs en Afrique du Sud et le sentiment d\u2019incrédulité exaspérée que nous avons devant la «barbarie» de Rwandais livrés à eux-mêmes.Il est vrai que les Afrikaaners, comme les bons bourgeois d\u2019Oka, jouent au golf, eux.\t\u2022 SUITE DE LA PAGE DI autant pour les informer que pour les dépanner.Par la suite, les guides de voyage, sous de multiples tonalités, répondront toujours aux mêmes canons: décrire les lieux et les gens, choisir ce qui vaut d\u2019être retenu, raconter des fragments d\u2019histoire et de culture, suggérer des itinéraires et des étapes, des lieux où avoir gîte et couvert, donner des conseils.Pour porter leur nom, ces guides devaient pouvoir accompagner les voyageurs dans leurs pérégrinations, être des outils fiables et précieux.Presque des amis.Ils n\u2019étaient ni des récits de voyages, ni des «beaux» livres, aux larges dimensions, nourris de photos reléguant le texte à l\u2019arrière-plan, mais des guides.Je parle au passé parce que les récentes collections de Hachette et Gallimard ouvrent une nouvelle ère qui obligera les guides à redéfinir leur approche et leur traitement; car dorénavant, il y aura ces guides-là et les autres qui, inévitablement, feront vieux jeu, dépassés.En toute humilité, les deux maisons, qui ont puisé une partie de leur inspiration auprès d\u2019un éditeur très londonien, claironnent qu\u2019elles ont «révolutionné» le produit.La maison Libre Expression détient les droits des Guides VOIR pour le Canada.Mais c\u2019est évidemment Hachette Livre (Littérature Générale, Guides de voyage), et non la maison québécoise, qui a assumé la traduction et l\u2019adaptation française des ouvrages de la maison britannique Dorling Kindersley.Car il faut être dans les poids lourds pour produire de tels guides.Résumons: un Guide Gallimard, c\u2019est, en sept \u2014 vous avez bien lu \u2014 couleurs, plus de 400 pages, une centaine de sites touristiques répertoriés, 350 photos contemporaines, 450 documents anciens, 200 dessins originaux; chaque Guide VOIR offre 1200 images (photos, cartes, reproductions.en trois dimensions, dessins en coupe des monuments, etc.) réalisées, comme chez le concurrent, «spécifiquement sur commande».Dans chaque cas, des dizaines et des dizaines de recherchistes, illustrateurs, rédacteurs, informaticiens, spécialistes, consultants, ressources locales et tutti quanti ont été mis à contribution.On a investi des sommes absolument faramineuses: la presse française, qui d\u2019ailleurs célèbre avec éclat «l\u2019exploit» de Gallimard, «une entreprise nationale française, comme Air France» et son investissement \u201ccolossal\u201d (selon les termes de libération) de 50 millions de francs.Car le projet prévoit, en cinq ans, 200 titres, consacrés pour une moitié à la France et, pour l\u2019autre, à des destinations étrangères.Ces injections d\u2019énergies et de capi- taux ne pourront être récupérées que par des volumes de vente considérables.Ce qui implique à la fois la mise en vente de nombreux produits dérivés (mini-guides thématiques, cartes, cartes postales, posters), la diffusion à l\u2019étranger dans la langue originale et en traduction (Gallimard a déjà conclu sept contrats de coéditions en Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie, Japon, Pays-Bas et aux Etats-Unis) et la consolidation de réseaux de distribution déjà fort et bien structurés.L\u2019enjeu, de toute évidence, dépasse la seule question des guides de voyage et embrasse l\u2019occupation, pour les majors de l\u2019édition qui tiennent à conserver pour longtemps leur statut, de tous ces points de vente à l\u2019écart des librairies qui ne peuvent être percés que par ce fer de lance que sont les livres dits pratiques.Place aux illustrations Mais revenons à la révolution susmentionnée.Jusqu\u2019à maintenant, les guides de voyage étaient une affaire d\u2019écriture et de lecture.De mots d\u2019abord et de cartes qui venaient étayer le propos.Petit à petit les illustrations ont fait leur place, ont pris de l\u2019importance, mais toujours comme éléments de support au texte.Hachette l\u2019écrit en toutes lettres: ses nouveaux guides donnent à VOIR.Ce que fait également Gallimard.L\u2019approche et, conséquemment, la présentation et le traitement de l\u2019information sont à l\u2019inverse de la tradition: il ne s\u2019agit plus de lire mais de voir, l\u2019image ayant préséance sur le mot.La formule privilégiée sera donc la capsule, la fenêtre ouverte sur un détail ou un aspect particulier, le flash, le clin d\u2019œil, le tout étant assemblé dans une espèce de fresque qui défile au long des pages.Gallimard et Hachette s\u2019affrontent dans l\u2019arène des guides de l\u2019image.Le premier, plus vif, a une bonne vingtaine de titres à son actif.Le second vient tout juste de faire paraître ses quatre premiers (Paris, Rome, Londres et New York) et d\u2019autres suivront sous peu.Qui cédera dans ce combat des chefs?Parmi les spectateurs attentifs, les regardent tous ces éditeurs d\u2019importance diverse, depuis Arthaud/Flam-marion en France jusqu\u2019à Ulysse chez nous.Ils attendent l\u2019issue du combat et surtout ses conséquences: dans quel sens ira vraiment la tendance dans les années à venir?Seront-ils, eux aussi, obligés de se lancer dans des productions analogues?Auront-ils les ressources de le faire?Est-ce pour eux l\u2019annonce de disparition plus ou moins certaine ou, pour survivre, l\u2019intégration à de plus vastes conglomérats?Un autre spectateur, tout aussi attentif mais silencieux, est Michelin.Ses guides, dans leur conception et leur facture, ont peu évolué.En sera-t-il toujours ainsi?Bernard Gilbert Au carrefour du livre CQFD Roman, Bernard Gilbert, VLB, 260pages RÉMY CHAREST CORRESPONDANT A QUEBEC Ces jours-ci, si vous entendez parler de Bernard Gilbert, ce sera vraisemblablement à titre de directeur général du Carrefour international de théâtre de Québec, qui bat son plein jusqu\u2019au 5 juin.Que fait alors cet article dans la section Livres de notre journal?Tout simplement, Bernard Gilbert a trouvé le temps, entre deux réunions préparatoires à la plus récente édition de l\u2019événement qu\u2019il dirige, de publier trois livres fort différents les uns des autres.En ordre de parution, il s\u2019agit de CQFD, polar à teneur politico-linguistique québécoise se déroulant dans une station communautaire de la Vieille Capitale, paru chez VLB, d\u2019Opéra, un récit poétique où la folie-quotidienne se heurte à la folie des grandeurs des opéras Orlando, Lucia de Lamermoor et Wozzeck, paru au Noroît, et la réédition remise à jour de Québec, une ville, beau livre illustré des magnifiques photos de Claudel Huot, paru au début des années 80 aux familiales éditions de L\u2019Empreinte (il a présidé aux destinées de la maison avec son père, Gabriel Gilbert, imprimeur du premier livre d\u2019Anne Hébert, à compte d\u2019auteur, et employé aux presses du Soleil pendant près d\u2019un demi siècle) et ayant vendu un joli 8000 copies à l\u2019époque.Pas étonnant, au fond, pour un homme qui a été tour à tour libraire, chroniqueur littéraire, pigiste au Soleil, relationniste, producteur bénévole puis directeur général de la doyenne des radios communautaires, CKRL-MF (CQFD?), président du conseil d\u2019administration de l\u2019Ensemble Anonymus, auteur d\u2019une courte pièce jouée dans Passion Fast-Food, du théâtre Niveau Parking, directeur général du théâtre Périscope puis du Carrefour, le tout avec en poche un simple bac en littérature.Bernard Gilbert est le genre de type qui va voir un peu partout s\u2019il y est, qui parle, écrit et agit sur tous les fronts.A tour de rôle et parfois, en même temps.«J\u2019ai beaucoup d\u2019admiration pour les hommes touche-à-tout de la Renaissance,» confie-t-il d\u2019ailleurs, en précisant que la création est pour lui une manière d\u2019échapper aux vicissitudes de la vie de gestionnaire.PHOTO LUCIE LEFEBVRE Bernard Gilbert Etrangement, c\u2019est le genre auquel Gilbert avoue d\u2019emblée être néophyte dont on a jusqu\u2019ici parlé le plus: le roman.«J\u2019écris depuis quinze ans, explique l\u2019auteur, mais jamais je n\u2019avais mené à terme un projet d\u2019un souffle plus important Au départ, c\u2019était plus un défi personnel, une façon de me tester.Et j\u2019avais deux rêves: écrire un polar, et écrire sur CKRL, alors je les ai combinés d\u2019un coup.» Il faut bien le dire, la maîtrise d\u2019écriture est beaucoup plus présente dans Opéra que dans CQFD.Même s\u2019il s\u2019agit, là aussi, d\u2019une première publication, Bernard Gilbert explique qu\u2019il s\u2019est attaqué au genre depuis beaucoup plus longtemps que le roman.Et si le roman provient en bonne partie d\u2019une envie de rendre hommage à un certain milieu de vie, de rendre compte d\u2019une expérience, le recueil de poèmes est venu d\u2019une véritable fascination: «L\u2019opéra, c\u2019est fascinant parce qu\u2019absolument monstrueux.Cette façon de chanter.Et le fait qu\u2019on parte de presque rien, en général \u2014 des livrets particulièrement insipides \u2014 et qu\u2019on qu\u2019on réussisse à faire des choses hénaurmes.Que des gens meurent pendant une heure, ou qu\u2019ils prennent tout un aria pour mesurer la largeur d\u2019un tapis, c\u2019est l\u2019ultime degré de la fiction.» Dans cet écart vers la fiction amplifiée et vers la folie, comme dans le roman quelque peu militant de Bernard Gilbert, on retrouve tout de même une préoccupation commune: dénoncer le vide du monde actuel, un monde où «le bonheur est dans le retrait sur soi».Deux solutions se présentent, dans l\u2019écriture de l\u2019auteur: défendre des idées comme les journalistes-enquêteurs de CQFD-MF, ou disparaître du monde réel en sombrant, comme l\u2019héroïne d'Opéra dans un ailleurs lointain et intérieur.Michel Jasmin se raconte DEBOUT LA VIE, autobiographie de Michel Jasmin, Les Editions 7 jours, 222pages.MARIE LAURIER LE DEVOIR C\u2019est au cours d\u2019un voyage à Londres que j\u2019ai connu Michel Jasmin, vers 1983 je crois.Il était mon voisin de siège dans l\u2019avion et comme il était déjà installé du côté hublot et que nous voyagions de nuit, ce n\u2019est qu\u2019au petit matin, en arrivant à Heathrow que j\u2019ai constaté le handicap de mon compagnon.Je me demandais comment il allait faire pour suivre le programme infernal de ce voyage de presse où pas une seule minute ne nous appartient vraiment, sans compter les nombreux déplacements que nous devions faire dans la campagne anglaise à visiter des châteaux difficiles d\u2019accès, à grimper des escaliers en colimaçon dans des restaurants, bref, tout ce qui était déjà éreintant pour nous, à plus forte raison pour Mi-chel-à-la-cane qui suivait toutefois fort allègrement le groupe.Un soir ou plutôt une nuit de forte tempête londonienne, pour tromper notre insomnie, Michel Jasmin nous fit à Serge Laprade et moi le récit de l\u2019accident qui allait le priver de l\u2019usage de ses jambes pendant plusieurs années.Et dans un même souffle, il exprimait son vif désir d\u2019animer un talk-show, à la télévision, ce qu\u2019il réalisa avec grand succès la saison suivante, si ma mémoire est bonne.Michel Jasmin avait réussi à nous tenir en haleine jusqu\u2019aux petites heures du matin et c\u2019est ce souvenir qui me vient en lisant Debout la Vie et il me semble entendre encore sa voix chaude raconter les péripéties de son malheureux destin qu\u2019il savait toutefois émailler de propos humoristiques.Comme il le souligne lui-même dans son avant-propos, il était résolu à «transporter l\u2019espoir espoir à bout de bras et le porter le plus loin possible».Eh bien, je dis bravo Michel!, vous avez fort bien réussi à nous démontrer que toute épreuve, tout accident, toute contrariété, tout handicap physique ou moral ne saurait désormais anéantir votre sens de la vie tant vous avez mis toutes vos forces à vaincre, non sans difficulté ni période de dé- couragement, le sort que l\u2019on vous rér servait cette terrible nuit du 10 novembre 1973, sur la route de Saint-Ba-sile-le-Grand.Sa voiture conduite par son ami Kevin dont il n\u2019avait pas soupçonné l\u2019état d\u2019ébriété avancée, fait une chute de 22 pieds pour laisser Michel j privé de l\u2019usage de ses jambes, cloué W pendant des mois sur un lit d\u2019hôpital.K De quoi perdre à jamais le goût de I vivre, un sentiment qui effleurera bien j souvent l\u2019accidenté pour le remplacer un jour par une exceptionnelle volonté de dominer son handicap et de faire mentir les prophètes de malheur, notamment des médecins plus que sceptiques quant à ses chances de réhabilitation.Il faut lire le cha1 pitre où l\u2019auteur explique sa descente aux enfers, celui où il avoue avoir rapidement perdu intérêt pour tout et où manger lui semblait superflu.Mais il échappe de justesse à plusieurs tentai fives de suicide, décide d\u2019 abandonner les drogues qu\u2019il ingurgite en abondance, finit par les jeter en vrac avant de se rendre à l\u2019hôpital Monfort d\u2019Ottawa où il retrouvera un équilibre de vie.Trois ans après son accident, de multiples opérations et une réadaptation ardue, Michel Jasmin reprend résolument le chemin du studio de radio CKMF pour y animer une émission de musique disco, un genre dont il deviendra un spécialiste pendant quatre ans, pour passer ensuite au poste de Jean-Pierre Coallier et enfin le 19 mai 1977 il entreprend sa carrière d\u2019animateur à Télé-Métropole, ensuite à Radio-Québec à Variétés Mi- \\ chel Jasmin.Mon souvenir de mon compagnoif de voyage s\u2019arrête là et nous nous pen -I dons de vue mais le livre m\u2019apprend j que Michel a connu d\u2019autres déboires: faillite, alcoolisme, un autre accident qui aurait pu lui être fatal.Encore une j fois, Michel reprend son combat et ! réussit à se sortir de sa déchéance;' avouant agir par inconscience: «Si1 ; j\u2019avais su d\u2019avance tout ce que j\u2019aurais: | eu à faire pour remonter la pente à ces différents moments de mon existen- j ce, je ne crois pas que je l\u2019aurais fait»-Il faut avoir un sacré culot pour faire ! une telle confidence.Michel Jasmin I n\u2019en manque pas et à cet égard le titre de sons livre est superbement choisi: Debout la Vie! À surveiller les 11 et 13 juin : LES LIVRES D'ETE Évadez-vous sur des pages baignées de soleil C'est un rendez-vous dans LE DEVOIR e I.t: |) K V 0 I It .I.K S S A M K D I 2 S K T I» I M A X ( H K It M Al I It II I l) :t I, E F E 11 I L I.E T 0 N Nous ne vieillirons pas ensemble Régine Robin: l\u2019épreuve de l\u2019étranger IIIZABIIH El LOUIS Elizabeth Craig parle de luiuis-Ferdinand Céline Alphonse Julliand Gallimard, 462pages C'est en quelque sorte un roman.Ça peut se lire comme tel.Une rencontre à Genève en 1926 entre une jeune Américaine de 24 ans et un médecin français de 32 ans qui travaille l*)ur la Société des nations; leur idylle «jure sept ans à Paris.C\u2019est une danseuse des Ziegfield's Pollies et c\u2019est un toubib qui écrit un roman.Montmartre entre-deux-guerres au 98 rue Ijepic.Dans l\u2019entourage de l\u2019écrivain on l\u2019appelle «l\u2019impératrice» la belle Américaine.Mais la danseuse se lasse et retourne en 1933 dans sa Californie natale.Le toubib, qui va en vain la chercher à U)s Angeles en 1934 (tout en essayant de vendre son roman à un producteur d'Hollywood), est devenu entre-temps un écrivain de génie, l\u2019écrivain majeur de son temps.La danseuse disparait dans le melting pot entre Iowa et Texas.On ne la retrouva jamais plus?Erreur.Un universitaire américain à vocation de détective n\u2019a pas lâché prise.Il a lu l\u2019œuvre magistrale du médecin de la rue Lepic, et toutes les biographies sur la vie de l\u2019écrivain, il colloque de par le monde sur le génie de langue du romancier, et a juré de retrouver la danseuse américaine qui fut la dédicataire de ce roman fameux qui s\u2019écrivait rue Lepic entre 1928 et 1932 et qui avait pour titre Voyage au bout de la nuit.Cinquante-quatre ans après la rupture, l\u2019universitaire a enfin, après dix ans de recherche et d\u2019épluchage de bottins divers dans divers états, le bon numéro de téléphone.Au quatrième appel on décroche.Une voix hésitante dit «allô».Il est llh45 le 7 avril 1988.Elle a 86 ans, elle est veuve, un peu dure d\u2019oreille.C\u2019est elle! Il y a quelque chose de tout à fait inhabituel et de parfaitement maniaque dans l\u2019enquête du professeur de linguistique de l\u2019université de Stanford, Alphonse Juilland, enquête qui lui a permis de retracer Elizabeth Craig \u2014 un an avant sa mort en 1989 \u2014 et d\u2019impressionner par ce coup de théâtre tous les céliniens au Colloque Céline du Goldsmith College de l\u2019université de Londres en 1988 («L\u2019Impératrice est encore des nôtres», a-t-il pu dire).Littérature et filature réunies.Le scoop est devenu ce bouquin lourd et très illustré qui est l\u2019ouvrage le plus singulier de l\u2019année littéraire, qui se lit comme un roman, pour sûr, et qui donne des éclairages particuliers sur cette liaison célèbre pour tous les céliniens, ce premier grand amour de Louis-Ferdinand Destouches, son Américaine, un peu Molly un peu Lola dans Voyage au bout de la nuit, et dont il dira dans une lettre à Milton Hindus en 1947, alors qu\u2019il cherche une dernière fois à la rejoindre, «c\u2019est un fantôme auquel je dois beaucoup» et «je n\u2019aurais jamais rien été sans elle».Des rares photos, l\u2019une à Chamonix où ils skiaient, des remarques de Céline dans des lettres à des amis, des témoignages, on savait d'Elizabeth Craig sa beauté, ses jambes magnifiques, sa liberté sexuelle, sa difficulté a parler français, et sa fuite.Dans le Céline de François Gibault, on pouvait lire dans le premier tome paru en 1977: «il n\u2019est pas impossible qu\u2019Eliza-beth Craig soit encore de ce monde».Cette phrase a été le déclencheur de l\u2019enquête de Juilland.lu même année paraissait un article d\u2019une ex-danseuse qui fut amie avec Elizabeth Craig, Estelle Reed-Debrot, qui donnait des pistes, le nom du mari américain, Ben Tankel, des noms de danseuses qui avaient débuté avec elle, etc.Après mille vérifications, le professeur Juilland a eu Elizabeth Craig au bout du fil.Et c\u2019est là que, pour nous, pour les céliniens curieux, ce portrait de la vieille Elizabeth Craig devient fascinant.D\u2019abord le choc: on apprend des entretiens que Juilland mène avec elle (il y en a six) qu\u2019elle n\u2019a jamais lu le Voyage, qu\u2019elle ne savait pas qu\u2019il lui était dédié! Qu\u2019elle a brûlé les lettres que Céline lui écrivit jusqu\u2019en 1934! Et qu\u2019elle n\u2019a jamais parlé de lui à sa famille! Revenue en Californie pour la mort de sa mère, Elizabeth Craig avait hésité à quitter Louis Destouches.Lorsqu\u2019elle décide de ne pas revenir à Paris et de faire sa vie aux Etats-Unis \u2014 après la tentative de Céline pour la récupérer à Los Angeles en 1934, lui donnant un rendez-vous à l\u2019aéroport qu\u2019elle ne respectera pas \u2014 c\u2019est à une cassure qu\u2019elle se livre, Elizabeth Craig.Elle tourne le dos à cette aventure de huit ans.Elle accepte de nous dire pourquoi, elle qui croyait que jamais plus on ne la retrouverait «Louis», c\u2019est ainsi qu\u2019elle l\u2019appelle \u2014 avec une vieille tendresse dans la voix, nous dit Juilland \u2014, était un Elizabeth Craig à 86 ans parle d\u2019un amour qui était sublime, mais qu\u2019elle eut peur de prolonger.«Je ne nous voyais pas vieillir ensemble», dit-elle.homme qui avait changé en se mettant à écrire.L'amant de la rue Lepic était devenu un homme gris et pessimiste lorsque l\u2019écriture de son roman prit le dessus sur tout Elle se rappelle qu\u2019il passait des heures dans son cagibi et qu\u2019il n\u2019était plus le même lorsqu\u2019il en sortait.Cette métamorphose fut une épreuve pour elle.«Penché sur ses papiers, il avait l\u2019air \u2022l'un vieillard») dit «De.Et die ajoute: «Il vous fixait avec sur le visage un air désespéré qui vous donnait envie de pleurer».Elle se souvient qu\u2019il l'emmenait le soir se promener dans les quartiers pauvres de Paris, et qu\u2019il lui parlait de la misère humaine.«Louis disait qu\u2019il avait un devoir d\u2019écrire pour le peuple, décrire sa misère», dit-elle, et même si «c\u2019était un homme doux et plein d\u2019affectueuse tendresse» la vie se vivait au noir avec lui.Elle en a eu marre, elle qui venait d\u2019une famille d\u2019optimistes purement américains, constructeurs de fortunes personnelles.Son grand-père avait été gouverneur de l\u2019Iowa, son père était dentiste et avocat, son frère premier violon dans l\u2019orchestre de Los Angeles à 10 ans! Elle mariera un finaud de l\u2019immobilier.Elle ne le dit pas comme ça mais c\u2019est ce que l\u2019on lit entre les lignes, elle a choisi le camp des optimistes.Elizabeth Craig à 86 ans parle d\u2019un amour qui était sublime, mais qu\u2019elle eut peur de prolonger.«Je ne nous voyais pas vieillir ensemble», dit-elle.«J\u2019avais trente ans à l\u2019époque et je pensais: quand j'en aurai quarante, que lui restera-t-il à regarder?» Des choses comme ça.Devant ce passé que le professeur Juilland réveille devant elle, Elizabeth Craig a vécu comme une panique à rebours, un drame ancien s\u2019est joué à nouveau, et ce livre d\u2019entretiens est purement pathétique.Qu\u2019était-elle devenue la jolie danseuse que Céline aimait baiser joyeusement au point de vouloir la partager avec les copains?Elle a vécu la vie d\u2019une Américaine moyenne, avec un mari qui traficote et réussit de bons coups d\u2019argent dans l\u2019immobilier, elle n\u2019a pas eu d\u2019enfants, a toujours été la bonne cuisinière des rosbifs, elle a été championne de tirs au pigeon d\u2019argile, a déménagé 20 fois mais n\u2019a jamais quitté les Etats-Unis, elle a toujours voté Républicain et en 1950 a échappé à la, mort lors d\u2019un accident de voiture.Etrange destinée, on peut avoir inspiré le plus grand écrivain du siècle et se marier à un petit maverick de l\u2019immobilier au Nevada; être le modèle d\u2019un personnage dans un chef-d\u2019œuvre de la littérature française et remporter des trophées de ball-trap dans une petite ville de l\u2019Ohio.Elizabeth Craig a voulu oublier sa jeunesse mais n\u2019a pas oublié «Louis».Quelques jours avant sa mort, en juillet 1989, à son neveu qui était le seul survivant de sa famille, sous l\u2019effet de la morphine elle a parlé, elle a dit regretter d\u2019avoir caché ce passé à sa famille, elle a dit à quel point il était «un grand enfant», et qu\u2019il était si fier d\u2019elle qu\u2019il invitait des amis pour qu\u2019elle danse devant eux, nue.Toute la cruauté de la guerre dans un dessin d\u2019enfant DESSINE-MOI Li PAIX La guerre vue par les enfants de l\u2019ex-Yougoslavie : Préfaces de Barbara Hendricks et i, Bernard Kouchner Éditions du Chêne.Paris (80 pages) H CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Onze éditeurs viennent de publier, en autant de langues, un ouvrage-choc que l\u2019Unicef a réalisé avec des jeunes de l\u2019ex-Yougoslavie; des jeunes spoliés de leurs jeux, de lfeurs copains, de leurs parents et des câlins auxquels ont droit tous les enfants.Ce livre-témoignage est aussi un document de thérapie, car, nous rappelle-t-on, 150 000 enfants, dans la seule Bosnie, sont atteints de «troubles nerveux post-traumatiques» (PTSD en anglais) et sont suivis par des équipes spécialisées, comme c\u2019est aussi le cas en Somalie, au Liban ou dans d\u2019autres zones de conflit.: Au moins 50 000 autres jeunes réfugiés ou déplacés dans l\u2019ancienne Yougoslavie ont à réapprendre à vivre dans un monde qui ne peut leur apparaître qu\u2019absurde puisque depuis 1991, pas moins de 15 000 enfants y sont morts, mis en joue délibérément par des tireurs isolés ou bêtement fauchés par des mortiers balayant les étals d\u2019un mar-ché.Dessins et textes de Dessine-moi la paix crient la cruauté de la guerre (une section porte en sous-titre: «le jour où ils ont tué ma maison»).On peut résumer le livre par cet extrait d\u2019un poème d\u2019Ivana (11 ans): «Arrêtez tout ce qui tue et détruit/ pour un sourire de bonheur/ sur un visage d\u2019enfant».La cantatrice Barbara Hendricks rappelle, en avant-propos, que le jeune Alexsandar (14 ans) sur son lit d\u2019hôpital à Sarajevo, «affaibli par la souffrance, (il) a murmuré: quand je ferme les yeux, je rêve de la paix».La vente de cet album se fait au bénéfice de la Fondation I Dream of Peace, active partout où se trouvent des victimes de la guerre et, principalement, des enfants atteints de troubles psychologiques consécutifs à une guerre qui les prive de famille et d\u2019école.En ex-Yougoslavie, la guerre les a confrontés au sadisme, aux meurtres perpétrés à froid.Pour les jeunes que des adultes plongent ainsi dans les cauchemars, il vaut la peine de s\u2019attarder à ces dessins dont l\u2019un est flanqué d\u2019une phrase prononcée par un réfugié de cinq ans, Nadim: «J\u2019avais un nouveau tricycle, rouge et jaune avec une sonnette.vous pensez qu\u2019ils ont aussi détruit mon tricycle?» La jeune Zlata, de Sarajevo, nous avait déjà mis en présence de cette sagesse prématurée propre à bien des enfants traumatisés par la guerre, lors de son passage à Montréal.Dessine-moi la paix nous assène un message troublant: ce sont toujours des adultes qui créent ces horreurs dont les enfants souffrent.LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest 362 jours par annee outremont, montréal tel.: 274-3669 télec.: 274-3660 IA QUEBECOIIE Régine Robin Typo, 1993 IE DEUIL DE l\u2019ORIOINE UNE lANCUi EN IROP, IA LANGUE EN MOINS Régine Robin Presses Universitaires de Vincennes, 264 pages.HEINZ WEINMANN La québécoite est tombée telle une pierre dans la mare québécoise.Gros aérolithe venu d\u2019on ne sait où.Peu importe.Il était la tout simplement, incontournable, inassimilable.La québécoite est entrée dans l\u2019imaginaire québécois par effraction grâce à des faux papiers d\u2019identité.Grâce à l\u2019identité truquée de deux langues, à la fois «si loin et si proches», «français de France» et «français d\u2019ici».Identité trompeuse, parce que travaillée par ces «petites différences» dont parlait Freud, causes souvent de ressentiments, de rivalités sinon de guerres intestines.Ne voulant pas rester coite, ayant la langue bien pendue, Régine Robin a dit tout haut, publiquement, ce que d\u2019autres immigrants français disent en privé, entre eux.Qu\u2019ils font partie d\u2019une minorité ciblée par leur langue, «minorité audible».Paradoxalement, cette dernière ne comprend pas les immigrants écorchant et baragouinant le français mais ceux qui le maîtrisent, le parlent «trop parfaitement», sans complexe: les Françaises de France.D\u2019autre part, avec La québécoite, le Québec découvre l\u2019outremonde, le hinterland imaginaire que les immigrants apportent avec eux, non pas comme des bagages de va-nu-pieds mais comme des trésors offerts avec amour à leur pays d\u2019accueil.Dans la postface à son édition de poche, Régine Robin aiguise la différence entre ce qu\u2019elle appelle la littérature «légitime» du Québec, avatar du «pur laine» ethnique, toujours hantée par le syndrome de la «forteresse assiégée» et une «écriture migrante», ghettoïsé, si l\u2019on n\u2019y prend garde, sous l\u2019étiquette «littérature ethnique».Décidément, c'est cette «écriture migrante* qui passionne Régine Robin, puisque sa propre écriture s\u2019inscrit dans un vaste Ilot migratoire, ses parents, juifs polonais, s'étant installés en France, devenue la terre-matrie qu\u2019elle quitte de nouveau pour (im) migrer au Québec.Dans ce courant migratoire se situe son dernier très bel ouvrage, U deuil de l\u2019origine, pour lequel elle a dores et déjà gagné le prix Jacques-Rousseau décerné par l\u2019Acfas pour l\u2019interdisciplinarité.A son centre, quatre écrivains qui ont en commun d\u2019être originaires de l'ancienne Mitteleuropa, «macédoine» pluriethnique et plurilingue de l\u2019empire austro-hongrois: Freud, Elias Canetti, Kafka, Georges Perec.Tous les uatre également, en contact avec es langues «mineures» qui n\u2019ont pas produit des oeuvres reconnues dans la littérature mondiale, ont choisi une «grande» langue culturelle: les trois premiers l\u2019allemand, Perec le français.La critique traditionnelle a pris pour acquis la maîtrise que ces quatre écrivains avaient atteint dans «leur» langue d\u2019écriture.Or, en y regardant de plus près, Régine Robin découvre chez ces quatre auteurs une généalogie souvent fantasmatique, leur «roman familial», qui sape le socle apparemment solide de la langue culturelle.Le souvenir de voix lancinantes, voix d\u2019ancêtres disparus, l\u2019oralité brouillonne, sans règles grammaticales, faisait irruption dans l\u2019univers bien réglé de la culture d\u2019écriture.Voix du père de Freud parlant le yiddish, puisque originaire de Moravie, de Freiberg où est né également Schlomo Sigismund qui signera finalement Sigmund.Elias Canetti non seulement écoute mais entend les voix de son grand-père, baragouinant en plus du judéo-espagnol, langue de la maison, une dizaine de langues balkaniques sans en maîtriser aucune.Voix qui éclatent soudainement dans les souks de Marrakesh (Les voix de Marrakech), après avoir été puissamment refoulées par la langue de sa mère, l\u2019allemand, aux- quelles Elias voue un culte d\u2019amoureux transi.U*s voue du yiddish que Kafka entendait comme celles du tchèque dans son entourage à Prague, tout d\u2019un coup l'interpellent, le fascinant, esthétisées, une fois mises en scène avec le passage du théâtre yiddish à 1 Vague en 1911.A la suite de cette expérience décisive Kafka se pense «ixisseur de yiddish», s'étant déjà cru voleur de la langue allemande en s'imaginant avoir volé, tels les tziganes, «l'enliutt allemand au berceau».Décidément, pour Kafka l\u2019allemand n'est qu'une langue d\u2019emprunt, fruitée avec respect plus qu\u2019avec amour.Enfin Perec, en quête de son père et surtout de sa mère, d\u2019origine polonaise, envoyer à Auschwitz sans laisser aucune trace, même la date de sa mort étant restée incertaine, Perec ne cesse de dresser des inventaires, de repérer et décrire avec une précision maniaque des lieux.Souvent, au milieu, une case laissée vide, telle l\u2019absence lancinante de cette mère disparue à jamais comme le fameux «e féminin» de 1m disparition.Enfin tous les quatre, Juifs non croyants, sont interpellés, un moment de leur vie, par leur judaïté refoulée.Retour du refoulé qui nourrit le fantasme d\u2019une langue primitive, ada-mique disparue, morte, dont on fait le deuil mais qu\u2019on essaie désespérément de déchiffrer.De là chez Freud le «syndrome de Champollion», chez Perec l\u2019obsession du rébus, du puzzle dont il faut retrouver le code, le «mode d\u2019emploi».Enfin, chez Kafka, interorétation interminable comme la psychanalyse de la Loi du père.Loin de vouloir s\u2019enraciner dans une langue, ces quatre auteurs font tout pour la déstabiliser, en gardant au centre de leur langue «maternelle», le souvenir d\u2019une autre langue, langue-relique, langue-fétiche.Ils ont obtenu finalement ce qu\u2019ils cherchaient: perdre leur belle assurance d\u2019emprunt basée sur l\u2019ignorance, l\u2019oubli de leur passé.Du coup, ils boitent, comme Jacob et comme Œdipe, «pied enflé», au pas claudiquant.Régine Robin culture )M)1I GA1-JEV le tout nouveau roman de James QaveD Deux cent soixante ans après la fin de SHOGUN, et vingt ans après celle de TA1-PAN, débute l\u2019imposante histoire de GAI-JIN: un roman de passion où James Clavell renoue avec ses héros pour le plus grand plaisir des lecteurs.GAI-JIN: une palpitante saga de 1200 pages qui nous plonge dans le Japon du XIXe siècle alors qu\u2019étrangers (les gai-jin) et Japonais s\u2019opposent.GAI-JIN: un grand roman historique où James Clavell reprend le fil de son histoire.Une lecture qui est aussi une inoubliable escapade au pays du Soleil levant.En vente partout! Gai-Jin de James Clavell 1 200 pages, 34,95 $ &Shogun nous révélait la culture japonaise.GAI-JIN montre l\u2019effet de la européenne sur les Japonais.À eux deux, ces romans forment le vin et le yang.99 James Clavell LE DEVOIR.EES SAMEDI 2 S ET DIMANCHE 2 0 Al A I ! I 'I \t[ 1\tf V 1\tRFC ^\t.\t\t ¦\t m-\t\t\t\\\\ r,\tw J\tLi :\tL V 1\tL t U U Du danger des honneurs CÉSAR BIROTTEAU Honoré de Halzac, Préface et commentaires de Pierre-iMuis Rey.Pocket, collection «Lire et voir les classiques», 368 pages.Le titre au long du roman dont je veux parler aujourd\u2019hui en résume l'intrigue: Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, marchand parfumeur adjoint au Maire du deuxième arrondissement de Paris, Chevalier de la IJgion d\u2019Honneur, etc.Au moment où débute l\u2019histoire, César Birotteau est en pleine euphorie.Ses convictions royalistes et un modeste fait d\u2019armes lui ont permis d\u2019obtenir la légion d\u2019Honneur.Pour fêter l\u2019événement, il décide de donner un bal.L\u2019affaire serait de peu d\u2019importance s\u2019il ne se décidait a se livrer pour l\u2019occasion à des dépenses somptueuses.11 fera refaire son appartement malgré les réticences de sa femme.Comme si ce n\u2019était pas suffisant, il se fait rouler dans des transactions immobilières.On devine la suite.Ruiné, César devra avoir recours à la faillite.Epuisé par des démarches humiliantes et inutiles, il est à deux pas du découragement le plus total lorsqu\u2019il se reprend en mains grâce à l\u2019appui de sa femme et de Césarine, sa fille.César est un naïf.Roué, il peut l\u2019être, mais dans l\u2019exercice de son métier.Aspire-t-il à s\u2019élever de sa condition sociale, on le manipule à l\u2019envi.S\u2019il est attachant, c\u2019est surtout qu\u2019il est balourd.Il croit à la réussite comme Monsieur Homais croyait au progrès.Balzac n\u2019adopte pas à son sujet les attitudes qui seront plus tard celles de Flaubert par rapport à son personnage.Nulle caricature, aucune position ironique.César est du côté GILLES ARCHAMBAULT ?de l\u2019ordre et du travail que viendra récompenser Dieu et le roi.lorsqu'il se sortira de son marasme, qu\u2019il sera lavé de tout soupçon, Birotteau mourra.La conclusion de Balzac: «Jésus ordonne à la Terre de rendre sa proie, le saint prêtre indiquait au Ciel un martyr de* probité commerciale à décorer de la palme étemelle».A la récompense terrestre \u2014 la Légion d\u2019Honneur \u2014 succède l\u2019autre, l\u2019étemelle.Si l\u2019on dévore une histoire ainsi bouclée, c\u2019est à l\u2019évidence que le charme balzacien opère ailleurs.Le cadre du roman a beau être dessiné comme un syllogisme, il en va tout autrement de l\u2019écriture si enfiévrée qu\u2019elle semble échapper à son auteur même.Les rêves de gloire du pauvre marchand parfumeur sont d\u2019un primaire à faire pleurer.Pourtant on se prend à souhaiter qu\u2019ils se réalisent.Pendant ce temps se tissent sous nos yeux les fils de la toile dans laquelle il se prendra.La vie est partout dans cette évocation du Paris des premières décennies du 19e siècle.Que de personnages criants de vitalité! Des personnages qui sillonnent la Comédie Humaine et que l\u2019on croît connaître.On y rencontre le banquier Nucingen, le voyageur de commerce Gaudissart, l\u2019usurier Gobseck et le Curé de Tours, frère de César, et on est suspendu à leurs propos.On a l\u2019impression de les découvrir.Balzac les anime de façon incomparable, leur met en bouche des mots qui traduisent à coup sûr leur origine sociale aussi bien que les traits de leur caractère.Il y a bien évidemment les descriptions trop nombreuses, lourdes comme il n\u2019est pas permis, et qui nuisent même au déroulement de l\u2019intrigue.Que dire des interminables explications des lois de la faillite?Mais peut-on prétendre aimer Balzac sans déguster jusqu\u2019au bout ses toquades?Je ne le crois pas.Aimer Balzac serait l\u2019aimer tout entier, malgré ses inconvenances et sa morale bourgeoise un peu courte.Ecrivant cela, je sais que je n\u2019apprends rien au lecteur que vous êtes.Ne m\u2019en demandez pas trop, je suis encore sous le choc.¦ LIRE ET VOIR LES CLASSIQUES Honoré de Balzac César Birotteau Durant les nuits d\u2019hiver, le bruit ne cesse dans la rue Saint-Honoré que pendant un instant ; les maraîchers y continuent, en allant à la Halle, le mouvement qu\u2019ont fait les voitures qui reviennent du spectacle ou du bal.Au milieu de ce point d\u2019orgue qui, dans la grande symphonie du tapage parisien, se rencontre vers une heure du matin, la femme de monsieur César Birotteau, marchand parfumeur établi près de la LITTÉRATURE La femme QUÉBÉCOISE et la mort PENSE A HON RENDEZ VOUS Nouvelles, Hélène Rioux Québec/Amérique 142 p.C\u2019est dans Plain-chant que Jean Cocteau écrit ces vers, ici mis en exergue: «Voilà pourquoi la mort éga tentent m\u2019effraye/ Et nu* fait les yeux doux;/ C'est qu\u2019une grande voix murmure à mon oreille:/ Pense à mon rendez-vous».L\u2019apostrophe, donnée en titre (le ce deuxième recueil d\u2019Hélène Rioux (apres L'Homme de Hong Kong, L986), est ici bien directe qui habituellement serpente au cœur de tous les livres.Mais, rassurez-vous, la rencontre qui vous attend n\u2019esi pas pour autant morbide.D\u2019ailleurs, ce dixième ouvrage de la romancière porte la dédicace suivante: «Pour mes enfants, car c\u2019est avec la vie qu\u2019ils me donnent rendez-vous.» Et avant même d\u2019entrer, dans la première des dix nouvelles proposées, c\u2019est un dialogue en italiques que vous traverserez, comme si l\u2019échange, commencé dans le poème liminaire, devait se poursuivre, aussi familièrement que poétiquement, entre la Mort et l\u2019écrivain.Il se maintiendra entre chacun des courts récits.Ce hors-d\u2019œuvre, comme disent les architectes, met bien en saillie l\u2019intention narratrice: toutes les histoires à venir, dit-elle, sont nées de cette négociation vitale qui mène de la mort à soi, à l\u2019enfance, à l\u2019amour, JACQUES ALLARD ?pour aboutir à l\u2019ultime rencontre, celle qui vous met, justement, hors texte.L\u2019effeuillage de la vie se raconte donc sur deux régimes.L'appareil est simple, comme il convient: la fie- lion peut être mais toujours aussi la méditation.Non pas qu'il y ait ici de grandes idées ou quelque programme philosophique.Plutôt un retour sur les clichés de la Faucheuse, la veilleuse, la menteuse*, la voleuse.Celle qui est aussi la bonne fée de toutes les sorcières, la piégeuse, la muse de la musique.Ou encore: les bras mêmes de la tendresse, «la lueur au coeur du noir», la reine du carnaval.Celle qui, dès le matin, vous regarde dans le miroir.Ce propos s\u2019illustre mais à distance, transposé dans des histoires de femmes.11 y a «Anne.ou celle qui ne voit rien venir», la fugueuse habite pourtant au Treize, avenue des Chrysanthèmes, et tout se passe un 13 juillet, pendant l'été de ses treize ans, alors que j'aulo-stoppeuse est montée dans la treizième voiture qui passait.Il y a ensuite «Kate.ou celle qui rêve près de la mer» et où la nar-rat net* rêve sur sa\tau caié Prague et laisse dériver son imagination à la recherche d\u2019une ville de pluie et de mélancolie, quelque part en Europe: Prague ou Bruges, Ostende?Ce sera aussi une ville de musique, rue Villa-Dibos.Il y aura encore Geneviève, Eléonore, Renée, Sole-dad, Jeanne, Françoise, Carmen et Marguerite.Elles traverseront pareillement leur mémoire et leur quotidien.Iront au parc plutôt qu'au travail, pour lire le roman d'un ancien amant.Seront frappées par la violence qui leur est faite comme aux enfants.Liront le dictionnaire médical à s'en faire mourir.Se désespéreront du grand adolescent, particulièrement quand il quittera la maison, à dix-huit ans.Rêveront le matin de l'osso buco de la fête, à préparer pour le soir, jusqu'au moment où, au téléphone, on propose des pré-arrangements funéraires.Plus triste (ou drôle d'humour plus noir?): l'actrice quinquagénaire qui meurt sur l\u2019autoroute, en cherchant Voilà une écriture arrivée à maturité mpr terrible du corps vieillissant: est-il possible qu'elle éloigne le jeune amant?La vieille célibataire («alzhei-mer»?) partie acheter une étoffe qui plairait a l\u2019amoureux dont elle rêvait dans sa jeunesse.Ou mieux celle qui, à quatre-vingt-huit ans, trouve la mort dans sa salle de bains: elle voulait tout simplement en détruire l'image du miroir, «blanche et très immobile».A la fin du livre, l'auteur prévient: toutes ces nouvelles, déjà publiées en revue, ont été modifiées, parfois profondément, seul le personnage principal ayant survécu.Je n\u2019en doute guère après la lecture du recueil.Ces récits témoignent d\u2019une maîtrise: leur facture soignée, plutôt classique dans leur concision, révèle une série de portraits attachants.L\u2019auteur sait décrire les lieux et personnages, les faisant vivre dans une quotidienneté habitée de musique et de rêverie, comme pour mieux conduire son lecteur à l\u2019inévitable.Voilà une écriture arrivée à maturité, comme le signalaient opportunément les deux prix décernés à Chambre avec baignoire (Québec/Amérique.1992): celui du Journal de Montréal (1992) et celui de la Société des écrivains canadiens (1993).La maturité?Oui, cette qualité de l\u2019œuvre quand elle sait le murmure.Le besoin d\u2019étonner LES PÉRIPÉTIES DE P.LE PROPHÈTE Christiane Duchesne Québec/Amérique jeunesse 160 pages MARIE-CLAIRE GIRARD G'' a fait des années que Christiane V/ Duchesne rêvait de faire des cnoses à la radio pour les enfants, qu\u2019elle s\u2019imaginait en Tante Lucile de cette fin de siècle.Elle croit à la radio et elle est persuadée qu\u2019il s\u2019agit du médium idéal pour raconter des histoires.Un beau jour, la radio est venue à elle.Christiane Duchesne était à écrire tranquillement un roman intitulé La bergère de chevaux, en plein mois de janvier, de 9 à 5 tous les jours en pensant qu\u2019on vivait un hiver de merde.Le dernier jour, celui où elle allait enfin savoir comment finissait son histoire, le téléphone a sonné et le cœur lui est monté dans les oreilles: Rémi Boucher, le directeur des «Coups de théâtre», le rendez-vous international de jeune théâtre qui s\u2019achèvera demain, lui demande d\u2019écrire un texte pour la radio, un texte destiné aux enfants.Elle a passé d\u2019une histoire à l\u2019autre en 24 heures.«Moi j\u2019ai été élevée avec Y van l\u2019intrépide, dira-t-elle, ça m\u2019a toujours passionné, je vivais avec la radio quand j\u2019étais petite.Et soudain on m\u2019offrait de réaliser un rêve.Dans les deux heures qui ont suivi le coup de téléphone de Rémi Boucher Les péripéties de P.le prophète sont apparues dans ma tête.J\u2019avais cinq quart d\u2019heure à écrire pour la dernière semaine de mars.C\u2019est parti comme une bombe atomique».Le radio-roman Les péripéties de P.le prophète a été présenté tout au long de la semaine, en direct du Hall théâtre du Café de la Place et diffusé sur les ondes de Radio-Canada AM et FM.Les enfants ont pu faire connaissance avec Jonas, le chef de cavalerie (Marc Labrèche), P.le prophète (Rey-nald Robinson), Marie-Ursula (Geneviève Rochette), l\u2019empereur Prokov (Michel Mongeau), le fou-musicien de l\u2019empereur (Pierre-Daniel Rheault) et la narratrice (Anne Poliquin).Loin de la terroriser, des projets fous comme celui-là aiguillonnent Christiane Duchesne.Et passant de La bergère de chevaux aux Péripéties.elle n\u2019a pu s\u2019empêcher de mettre dans sa nouvelle histoire un irrésistible général Jonas commandant une intrépide et bruyante cavalerie.«Un cheval c\u2019est comme un rêve, dit-elle, quand j\u2019étais petite je m\u2019appelais Chevale Duchesne, quand ça allait mal je me transformais en cheval.Conduire une formule Un, piloter un avion, galoper, ça va tout ensemble.Je ne fais au- Ijoin de la terroriser, les projets fous aiguillonnent Christiane Duchesne.cune de ces choses mais il y a toujours plein de chevaux dans mes histoires.Un cheval c\u2019est droit et plein de courage».Elle répète plusieurs fois cette dernière phrase, rêveuse, séduite par la vérité qu\u2019elle vient d\u2019énoncer.«Et puis en plus, les chevaux ça se prête très bien au son radiophonique».Line Meloche, la réalisatrice des Péripéties de P.le prophète ne parle pas de radio-roman mais bien de film radiophonique, car cette invraisemblable et délicieuse histoire où la bonne en chef du royaume de l\u2019empereur Prokov disparaît mystérieusement a pris une dimension et une couleur hors du commun grâce aux voix des comédiens qui incarnaient les personnages et aux paysages sonores qui accompagnaient la narration et les dialogues.«Écrire c\u2019est un peu inventer le monde tous les matins, poursuit-elle.C\u2019est sûr qu\u2019il y a la TPS, la TVQ, les enfants, etc.Sauf qu\u2019il y a toujours un petit moment où j\u2019invente mes affaires.Maintenant j\u2019ai le temps d\u2019écrire et j\u2019en profite à fond.Je me ménage toutes sortes d\u2019avenues et j\u2019écrirai probablement des choses un jour auxquelles je ne pense pas du toujt maintenant.C\u2019est un bonheur».Écrire pour les adultes ou pour les enfants, c\u2019est la même chose, selon elle.Ce qui caractérise d\u2019ailleurs l\u2019écriture de Christiane Duchesne c\u2019est l\u2019absence de concession: elle utilisera des mots rares qu\u2019elle n\u2019expliquera pas dans le paragraphe suivant, les enfants iront les chercher ou passeront outre.Le plaisir demeure: «C\u2019est l\u2019univers du bel absurde, la meilleure solution de survie.;.Ëst-ce que ce n\u2019est pas cette absurdité heureuse que vivent les enfants?Est-ce que ce n\u2019est pas cette confrontation permanente à la découverte d\u2019un monde assez étrange et pas facile à comprendre qui fait que les enfants s\u2019inventent des solutions tous les jours?Jusqu\u2019à ce que l\u2019âge, la société et la culture se mettent à offrir des petits modèles sécuritaires?.Mais si on préfère s\u2019étonner tous les jours?» Christiane Duchesne a obtenu deux fois le Prix du Gouverneur Général pour un roman jeunesse, et à deux reprises le Prix Christie, dont le dernier tout récemment pour «La quarante deuxième soeur de Bébert».Elle a aussi deux fils.Il faudrait bien qu\u2019elle écrive un deuxième film radiophonique pour les enfants.Les Péripéties de R le prophète CHRISTIANE DUCHESNE é EST-SELLERS LIBRAIRIE GÉNÉRALE FRANÇAISE ROMANS QUEBECOIS 1.LES PROPHÈTES, Sylvain Irudel - éd.Quinze 2.\tOSTENDE, François Gravel - éd.Québec/Amérique 3.LES QUATRE SAISONS D\u2019ISABELLE, Solange Chaput-Rolland - éd.Libre Expression 4.L\u2019IMMACULÉE CONCEPTION, Gaétan Soucy\u2014 éd.Lalerna Magica ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.\tLE TRICHEUR, Jean-François Lisée - éd.Boréal 2.DICTIONNAIRE DES OEUVRES LITTÉRAIRES DU QUÉBEC, I.6, Collectif- éd.Fidès 3.\tL\u2019AMOUR ASSASSIN, Clément Olivier - éd.Stanké ROMANS ÉTRANGERS 1.LE PREMIER HOMME, Albert Camus - éd.Gallimard 2.\tL\u2019APRÈS-MIDI BLEU, William Boyd - éd.Seuil 3.MR VERTIGO, Paul Auster - éd.Actes Sud 4.RUE DE LA SOIE, Régine DeForges - éd.Fayard ESSAIS ÉTRANGERS 1.ABSOLU, l\u2019Abbé Pierre et Albert Jacquard - éd.Seuil 2.ST-EXUPÉRY.VIE ET MORT DU PETIT PRINCE, Paul Webster - éd.du Félin 3.LA FÊLURE DU MONDE, André Glucksman - éd.Flammarion LIVRES JEUNESSE 1.NAÎTRE, Collectif - éd.Gallimard Jeunesse i c f liViîï ROMANS 1 440 pages/36,95 S J\u2019aime les BOUQUIN BOUQUINS Romans libertins du XVIIIe siècle DU XVIIIe SIÈCLE i kv.8uuv!i'.< ¦ nmos \u2022 iwwiW.w'M lAMOkUteC \u2022 vU.%Sl'.1N * HOWRITAKM* KXx.iKrrilw\t\u2022 \u2022mVWFK \u2022 IX'RAT NHWMT \u2022 VIVANT l»:Sl 'S »Xl.*WNS L\u2019essentiel de la production libertine du siècle des lumières.La liberté de pensée et d\u2019imagination de ces auteurs n\u2019a d\u2019égale que l\u2019absolue maîtrise d\u2019une langue scintillante d\u2019intelligence, de beauté, de désir.Nos grands succès - littérature \u2022\tLa légende arthurienne \u2022\tSagan, œuvres \u2022\tDernières nouvelles du crime, P.Highsmith ROBERT LAFPCWT LES RACINES DE L\u2019OMBRE Les racines de l\u2019ombre est une plainte d'amour à une mère inconnue.Le reflet fragmenté d\u2019une mémoire meurtrie par une même blessure, une même déchirure.Une enfance orpheline.Un recueil nourri à la source intarissable de l\u2019abandon.D O DE l X ¦ # o S Les racines de l\u2019ombre Bruno Roy Collection «Phrases détachées», 120 p., 16,95 $.Hémisphères Daniel Pigeon Collection «L\u2019ère nouvelle», 96 p., 15,95 $.Un recueil de nouvelles qui nous transporte aux confins de la réalité.Une écriture sensuelle et métaphorique.éditeur 1781, nie Saint-Hubert Montréal (Québec) H2L3Z1 Tél.: 514.525.21.70 Tétée : 514.525.75.37 I ¦ .K t)K V 0 I H .I.F.A M F.D I K T D I M A N (\u2019 Il K Il M Al I D II ) \\ m *^F» AT Bordée de longues et superbes plages, l\u2019Acadie offre des lieux de détente exceptionnels.La poutine râpée Ce ne fut pas toujours la richesse en Acadie.Loin de là.Et les hivers étaient rudes et longs.Mais l\u2019esprit humain n\u2019est jamais à bout de ressources.Christine Scofield, originaire de Baie-Sainte-Anne, m\u2019a dicté cette recette de poutine râpée \u2014 rien à voir avec ces plats gluants servis dans nos stands à hot-dogs \u2014 qui tire une petite merveille de la bonne vieille patate: ¦ Préparer en quantités égales des patates pelées (qui auront été mises à cuire) et des patates crues, râpées et épurées (passées dans un linge, tordues et égouttées pour qu\u2019elles aient à peu près la consistance d\u2019une pâte à biscuit).¦ Mêler sur un comptoir en salant et poivrant au goût.¦ Diviser le tout en grosses boules bien fermes de la taille d\u2019une orange.¦ Préparer en parallèle une farce composée d\u2019oignons et d\u2019entrelar-dé de porc (flanc de porc comportant plus de gras que de maigre, qu\u2019on appelle viande à poutine en Acadie) découpé en petits dés.¦\tPendant ce temps, faire bouillir de gros chaudrons d\u2019eau salée (ne jamais utiliser de l\u2019eau de mer, ce serait trop salé).¦\tAvec les mains, aplatir les boules pour en faire des galettes épaisses, y déposer la farce et refermer en s\u2019assurant que les nouvelles boules soient également bien fermes (elles ont alors une teinte rosée).¦\tPlonger les boules dans l\u2019eau bouillante et garder à ébullition pendant trois heures.Les boules flottent d\u2019abord et calent au fur et à mesure qu\u2019elles cuisent; elles doivent avoir une consistance parfaite, sinon elles éclatent (mais il est normal que quelques-unes éclatent).¦\tCuites, les patates seront grises, d\u2019une consistance «assez gommeuse».La poutine râpée est prête.En Acadie, on dit \u2014 en compliment \u2014 que «de bonnes faiseuses de poutine travaillent vite et leurs patates rougissent peu, de sorte que la poutine soit d\u2019un gris très pâle».N.C.m'Æi .V.- ' PHOTO JEAN-PAUL ROBICHAUD Cet édifice du Collège Saint-Joseph est un monument à la mémoire du père Camille Lefebvre.Où loger A LA DECOUVERTE DU i)UÉBEC Pour plus d'informations: (514)252-3138 Gîtes du passant\"0 Gîtes à la ferme Maisons de campagne Pour vos vacances ou une escapade de fin de semaine, faites connaissance avec l'hospitalité québécoise où l'accueil de vos hôtes devient une douce amitié.Chaque maison est visitée par la fédération des Agricotours du Québec et doit répondre à des standards de qualité.CP: Cite du Passant / service Bed and Breakfast (5 chambres et moins).CF: Cite à la Ferme / chambre d'hôte et demi-pension ou pension complète.MC: Maison de campagne I chalet ou maison de ferme tout équipés.COEUR DU QUÉBEC Gîte de la Seigneurie LouLseville.Amants de patrimoine, vie champêtre, jardins, musique.GP.25 à 37 $, GF.dem.pens.40 à 55 $, p.p.occ.d.Forfaits 819-228-8224 CHARLEVOIX Au Clocheton à Unie St-Paul.Résidence victorienne, 4 ch., 1 avec s.de b.privée (3 avec lavabo), copieux déjeuner, atmosphère familiale, GP 50 à 75 $/2 pers.418-435-3593 Québec Gîte du Notaire.35 min.Québec, village tricentenaire.Tranquillité et romantisme des «Belles d\u2019autrefois».Celle du notaire offre le luxe du style victorien, salon de thé, costumes et ambiance d\u2019époque.Prix abordable.(418) 285-5492 Mlle Bernard.QUÉBEC (MONT SAINTE-ANNE) Maisons de campagne à louer (ancestrales ou modernes).À 30 min.de Québec, 3 à 5 ch.à c.Bain tourbillon ou sauna et foyer.Cuisine bien équipée.Golf, vélo montagne, piscine, chutes et rivières .Gilles Élhier, en soirée: 1-800-461-2050.CAFÉ COUETTE MONTÉRÉGIE Le long de l\u2019eau.B&B 40 min.de Mil sur Richelieu large et sauvage: {.\u2019Évasion.Plus croisière, Fort Ixtnnox, 75 $ 2 pers.(514) 291-5900 Saint-PauI-de-rtle-aux-NoIx.¦\tHôtel Paulin (à Caraquet, 506-727-9981/3165): douze chambres, hareng mariné, mousse au crabe et saumon, ateliers de peinture pour les jeunes et sessions de thérapie par les arts.¦\tMaison touristique Dugas (à Caraquet, 506-727-3195): Gîte du passant depuis 17 ans, 11 chambres sans prétention aux noms des couleurs de l\u2019arc-en-ciel, confitures maison et bonne humeur de la patronne.¦\tLe Vieux Presbytère de Bouctouche 1880 (506-743-5568): auberge dans une maison centenaire, verte et blanche, tranquille devant le ciel et la mer; restaurant Le Tire-Bouchon.¦\tChez Françoise (à Shédiac, 506-532-4233): bonne table, chambres calmes et claires.¦\tAuberge Belcourt (à Shédiac, 506-532-6098), Gîte du passant de sept chambres, de style victorien et meublée d\u2019antiquités.¦\tVictoria Bed & Breakfast (71, Park Street, Moncton, 506-389-8296): une maison patricienne dans un quartier chic de Moncton, quatre chambres très confortables (avec salles de bain individuelles) et agréablement décorées, piano au salon et petits déjeuners fort élaborés servis par une hôtesse élégante et fort désireuse de parfaire son français.La boîte-théâtre D\u2019évidence, Caraquet est l\u2019un des hauts-lieux culturels de la péninsule acadienne.Y est né, en 1974, le Théâtre populaire d\u2019Acadie (506-727-3403) qui présente ses productions \u2014 une soixantaine de pièces depuis sa fondation en 1974 \u2014 dans un hangar désaf- fecté, la Boîte-Théâtre, et fait des tournées à travers la province, au Québec et à l\u2019étranger.A l\u2019affiche cet été, en juillet et en août: Aurélie, ma soeur de Marie Laberge et Une journée particulière d\u2019Ettore Scola dans une adaptation de Roland Lepage.UnésémSnédebridge abord du NORWAY .icrnez-vous à notre groupe '\u201c^oueursdebndgepom une croisière de 7 jours Départ : 8 octobre 1759$ r\tcanine Canaan_ Informations : Estelle TREMBLAY ou Catherine BERI 1255, Carré Phillips, bureau 505 Montréal (Québec) H3B 3G1 OPTIONS VOYAGES L\u2019Acadie Quoi faire Quelques festivals Les Acadiens aiment fêter.Et s'amuser.Cet été, ce ne seront pas les occasions qui vont man quer.¦\tFestival du saumon, du 27 juin au juillet, à Campbellton (506-789-2700): en hommage au très succulent saumon de l'Atlantique qui fréquente la Restigouche.¦\tFestival international de la Francophonie, du 28 juin au juillet, à Tracadie-Sheila: artisans et artisans du Mali, de la Belgique, de la Louisiane, du Zaïre et caetera y participeront.¦\tFestival de jazz et de blues de Moncton, du 30 juin au 8 juillet (506-858-8308): ça swingera jour et nuit.¦\tFestival du homard de Shédiac, du 5 au 10 juillet (506-532-1122): les gens là-bas disent que leur homard est meilleur que celui des Iles-de-la-Madeleine.Ça vaut la peine de vérifier.¦\tFestival international de musique baroque, les 15, 16,17,22 et 23 juillet, à Lamèque (506-344-5846): une église toute simple \u2014 celle de Sainte-Cécile, patronne des musiciens \u2014 sur l\u2019île de Ship pagan, presque au bout du monde pourraient croire certains, et une acoustique hors de l\u2019ordinaire.Les amateurs de musique ancienne y convergent de partout.Un événement unique.¦\tFoire brayonne , du 27 au 31 juillet, à Edmundston (506-739-6608): les Brayons, Acadiens à 100 %, habitent le Madawaska\u2014 qui fut aussi, un temps, la République du Madawaska, à cheval sur le Maine.¦\tFestival acadien, du 5 au 15 août, à Caraquet (506-727-6515): tous les types de musique, du cajun au folklore, du théâtre, de la poésie, de la danse, pour célébrer l\u2019Acadie et sa culture.Parcs fédéraux Parcs Canada a mis en valeur quelques beaux sites naturels (parc nationaux Fundy et Kouchi-bouguac) et d\u2019autres reliés à l\u2019histoire du Nouveau-Brunswick (Blockhaus de St.Andrews, Tour Martello-Carleton).Certains s\u2019attachent plus particulièrement au «fait» acadien.¦\tFort-Beauséjour (Aulac, 506-536-0720).Les remparts pentagonaux du fort Beauséjour furent érigés par les Français entre 1751 et 1755, lors de leur longue lutte contre les Britnanniques pour le contrôle de l\u2019Acadie.Le fort a par la suite servi pendant la Révolution américaine (1776) et la Guerre anglo-américaine (1812).Ruines restaurées au bord de la baie de Fundy, renommée pour ses très fortes marées.Centre d\u2019accueil et expositions.Bâtiments ouverts aux visites jusqu\u2019au 15 octobre, de 9h à 17h tous les jours.¦\tMonument Lefebvre 1896/Odyssée acadienne (Saint-Joseph-c|e-Memramcook, 506-758-9783).Edifice de pierre rouge construit à la mémoire du père Camille Lefebvre.Partie du Collège Saint-Joseph (qui fut le premier établissement d\u2019enseignement supérieur acadien), il sert aujourd\u2019hui de salle de spectacle et de centre d\u2019interprétation de l\u2019histoire acadienne.Ouvert aux visites jusqu\u2019au 15 octobre, de 9h à 17h tous les jours.¦\tIle-Beaubears (Nelson-Mirami-chi, 506-636-4957).Beaucoup de familles ayant échappé à la déportation se cachèrent dans des camps près de la rivière Mirami- chi.L'ile Beaubears fut l'un de ces endroits.Sentier sous la voûte de grands pins blancs comme il y en avait partout dans la vallée.Sites de pique-nique et toilettes chimiques.Aucun téléphone public ni de service de traversier régulier; les visiteurs ne peuvent atteindre l'ile qu\u2019en embarcation privée.Renseignements: Parcs nationaux et Lieux historiques nationaux \u2014 Nouveau-Brunswick, guide touristique (gratuit), coordonnateur du marketing et des relations publiques, service canadien des parcs, C.P.3946, succursale B, Saint-John, Nouveau-Brunswick E2M 5E6.À visiter ¦\tVillage historique acadien (à Caraquet, jusqu\u2019au 24 septembre, 506-727-3467).Le Village a maintenant dix-neuf ans.Des maisons, des bâtiments de ferme et toute une galerie de personnages ha^ billés en costumes d\u2019époque qui travaillent aux champs, tondent les moutons, filent la laine et reprennent tous les travaux d\u2019antan, recréent le mode de vie ancestral des années 1780-1880.Dans le bâtiment principal, une cafétéria sert des repas préparés à l\u2019ancienne; la boutique, à côté, met en vente draps et napperons tissés sur place, arrangements de fleurs séchées et de verre, sculptures de bois et autres pièces d\u2019artisanat.¦\tLe pays de la Sagouine (506-743-1400).En face de l\u2019église de Bouctouche, un petit piétonnier conduit aux maisons vertes, grises et bleues de cet autre village historique hérité de l\u2019univers d\u2019Anto-nine Maillet.Au menu du restaurant L\u2019ordre du bon temps sur l\u2019ile aux Puces: soupe de devant-de-porte, poutine râpée, pâté aux palourdes, fricots, pets-de-soeurs et tarte au coconut.¦\tAquarium et Centre Marin de Shippagan, jusqu\u2019au 11 septembre, 506-336-3013).L\u2019Acadie est née de la mer.Poissons, phoques et plus de 100 espèces marines sont ici en vedette.Diaporama sur l\u2019histoire de la pêche dans le golfe Saint-Laurent, salles d\u2019exposition sur la construction navale et l\u2019apprêtage du poisson.Renseignements généraux: Ministère du Développement économique et rrrt>\tAu h°rc* du majestueux fleuve.Une magnifique auberge «4 fleurs de lys», située iCtUUl.1 yc\tdans un site unique à Saint-François de l'Ile d'Orléans.Forfait week-end 124,50 $.CI)3 tlHt 01101 Pour information ou réservation : ****\t(418)829-2735\tFLEUR DES BOIS.Une agréable petite cachette sur les rives du Saint-Laurent.Venez découvrir les secrets de la cuisine française tégionale de notre chef.Maintenant que nous sommes ouverts 12 mois par année, venez pour la première fois assister à la résurrection du printemps.Dans une authentique victorienne fraîchement rénovée au 103.route du Quai à Rivière Ouelle.Fleur des bois, la fine fleur des auberges dans l'Est.\t(418)856-1201 ÎLE AUX COUDRES AUBERGE LA COUDR1ERE\t, Une atmosphère d'ancien manoir.Nouvelle cuisine.Musique et danses folkloriques.Animation et jeux divers.Piscine chauffée.49 unités.\t\u201e\t.Réserverions; (418) 438-2838 MONT SAINTE - A N N E ._____________-\u2014.Une escapade au Mont-Sainte-Anne en amoureux avec ou sans ( /\\ uherse I,a v^amarinc ) prétexte, tout juste pour s'offrir de bons moments, ça vous tente?'-\u2014-' Nous vous proposons confort, tranquillité, chaleur, cuisine raffinée et prix alléchants.Evasion de printemps: 139.00 /pers.occ.double incluant 2 nuits.1 souper gourmet.2 déjeuners, les pourboires et plein de petites attentions.N'est-ce pas votre anniversaire de mariage bientôt?Réservation: 1-800-567-3939 (418)827-5703 AtZ, w Pour réserver cet espace, communiquez avec Monique Verreault au (514) 985-3314 ou 1-800-363-0305 v * .» 1 M'Æj w -»C ÏÏSÏÏZ*?- ¦ \u2022\u2022.:.*V W ' «v -*»«***
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