Le devoir, 18 juin 1994, Cahier D
[" ?LE DEVOIR ?Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page D5 Lectures d'été Page D6 Visas Page D16 ?La planète comme un ballon Un livre indispensable pour apprécier la Coupe du monde de soccer IA FANTASTIQUE HISTOIRE DE LA COUPE DU MONDE DE SOCCER Jacques Gagnon Sport Mille-Iles, 321 pages MICHEL GIGUÈRE Avec le match Allemagne-Bolivie s\u2019ouvrait hier la quinzième édition de la Coupe du monde de soccer, tournoi télévisé «mur à mur», au cours duquel on nous présentera pas moins de 52 matches en 31 jours.Cette extraordinaire compétition sportive opposera 24 pays pendant plus d\u2019un mois et fera la joie d\u2019un milliard d\u2019amateurs partout sur la planète.Amorcée comme un simple tournoi «sur invitation» auquel participèrent 13 pays en 1930 en Uruguay, la Coupe du monde de soccer est devenue, soixante-quatre ans plus tard, l\u2019événement sportif numéro un sur la planète entière, sauf peut-être, aux Etats-Unis \u2014 ironiquement, là même où elle sera disputée cette année \u2014 ainsi qu\u2019au Canada.Plus d\u2019une centaine de pays se sont disputés, depuis deux ans, des matches de qualifications en espérant obtenir une des 24 places disponibles au tournoi de cette année.Qu\u2019on songe seulement qu\u2019un total cumulatif de 27 milliards de téléspectateurs de 167 pays ont suivi l\u2019édition précédente présentée en 1990 en Italie.Même en divisant par le nombre de matches présentés, on se rend compte qu\u2019en moyenne chaque retransmission était regardée par environ, toutes nations confondues, un être humain sur dix! Inutile d\u2019insister sur l\u2019intérêt pour une entreprise d\u2019être associée à cet événement.Il s\u2019agit de quelque chose que les sociétés américaines ont fort bien compris et ils ont investi une fortune, d\u2019abord pour convaincre les organisateurs de la Coupe du monde de présenter leur fameux tournoi en terre pourtant peu fertile au soccer, puis pour obtenir la permission d\u2019utiliser le monstre qu\u2019est devenue la «World Cup» à des fins publicitaires.Ce sont les étapes du développement de ce monstre que raconte Jacques Gagnon dans La fantastique histoire de la Coupe du monde de soccer, paru dans la nouvelle collection «Sport Mille-Iles», juste à temps pour aider le public d\u2019ici à replacer l\u2019événement dans une juste perspective.Car c\u2019est bien le public d\u2019ici qui est visé par ce bouquin, l\u2019auteur n\u2019en fait pas mystère.Gagnon s\u2019est en effet clairement donné pour mission de transmettre sa passion pour le «foot»aux lecteurs québécois, et ce, même aux moins avertis de ceux-ci.Gagnon réussit son pari en nous touchant plus particulièrement de deux façons.D\u2019abord, il insiste d\u2019une façon qui pourrait apparaître disproportionnée à un lecteur d\u2019un autre pays, sur les tentatives de qualifications de l\u2019équipe canadienne au fil des ans, tentatives qui furent pourtant vaines à toutes les occasions VOIR PAGE D 2: BALLON I.K I) K V O 1 It .I.K S S A M K I) I I K K T I) I M A X 0 II K I II .1 H I X I II III mm .mm.pj w- ' rlîÇfe; * m > ;*'* *2.-4 vitüh mm %&&***> Le Musée du Québec publie le catalogue de l\u2019exposition Québec, plein la vue: aussi agréable à lire qu\u2019à regarder RÉMY CHAREST CORRESPONDANT À QUÉBEC «À la pointe du cap Diamond devant l\u2019immense trouée du Saint-Laurent, air, lumière et eaux se confondent dans des proportions infinies.Pour la première fois dans ce continent l\u2019impression réelle de la beauté et de la vraie grandeur.» Québec v j \u2014 Albert Camus Journaux de voyage, 1946.Quand l\u2019auteur de L\u2019étranger écrivit ces compliments enflammés, il n\u2019était certes pas le premier homme à le faire.Il entrait dans le cours historique des innombrables admirateurs du site, que le catalogue de la remarquable exposition Québec, plein la vue nous présente de Pierre Boucher (1664) à Jean-Charles Harvey (1964) dans l\u2019écrit, et du cartographe Jean-Baptiste-Louis Franquelin (1688) à Jean-Paul Lemieux (1965) en images.Par cette remontée parallèle dans l\u2019histoire littéraire et artistique de et sur la ville de Québec, cette publication aussi agréable à lire qu\u2019à regarder démontre que les paysages entourant le cap Diamant conservent, même si on en a vanté à mort les charmes, tout leur pouvoir de séduction.Lancé il y a neuf mois par le nouveau directeur général du Musée, John R.Porter, afin de signaler le renouveau de l\u2019institution, le projet Québec, plein la vue se voulait un hommage de plus à la ville qui l\u2019accueille et de montrer sa place active dans la ville.Pour effectuer ce renouvellement en compliments, le Musée devait toutefois fonctionner selon un critère inévitable: il fallait faire du neuf avec du vieux.D\u2019abord parce que l\u2019institution a tout de même soixante ans et le bagage qui vient avec, et que la renouveler devait se faire dans certaines limites.Ensuite parce qu\u2019on ne peut traiter de Québec, cette ville «qui n\u2019a jamais connu de jeunesse», disait Hugh MacLennan, autre cité du livre avec Tocqueville, Dickens, Thoreau, Garneau, Fréchette, sans faire appel au lourd bagage historique de la ville et à la beauté intemporelle du site et que remettre un tel ensemble sous un jour nouveau ne peut se faire sans respect pour ces considérations.Sinon, on se met à trouver normal de bétonner les collines parlementaires et les quartiers historiques.A Québec, on semble déjà apprécier le coup d\u2019envoi du Musée du Québec nouveau genre.Le livre, en tout cas, s\u2019est déjà pointé le bout du nez sur les listes des best-sellers de la Vieille Capitale, prouvant une fois de plus, comme nous le disions plutôt, que l\u2019on ne se fatigue jamais, à ce passage étroit du fleuve Saint-Laurent, de se pâmer devant son chez-soi.Joseph Dynes (1825-1897), Québec vu de VAubcrivière, vers 1870, Musée du Québec.QUÉBEC PLEIN LA VUE Musée du Québec/Les Publications du Québec Sous la direction de John R.Porter, 299 pages TESTAMENT Témoin d'un siècle qui s'achève, l'Abbé Pierre décrit son itinéraire d'homme de foi.Ce texte nous conduit jusqu'à la source qui inspire SA VIE ET SES ACTIONS.BAYARD ÉDITIONS 190 pages \u2022 24,95 $ Diffusion: Dimedia \\ M K U I IK K T I» I M V (\u2019 II I (Ml I l) Q I.K I» K V 0 I H .I.K I II .1 I! I SOUS LA OIRECTIÇN OE CLAUDifc SOLAR ET LOUISE LAFORTUN& DES MATHÉMATIQUES AUTREMENT.les (-dinars du lemüo mu-age DOMINIQUE DEMERS C\u2019était il y a 100 ans.Rudyard Kipling avait déjà conquis l'Angleterre comme l'Amérique avec ses short stories.Il était souvent grossier, parfois excentrique, plutôt indiscipline et.de façon generale, mal eleve.les critiques dénonçaient ses visées impérialistes et sa vulgarité mais s'avouaient envoûtes, Henry James disait de lui: «C\u2019est le plus grand des génies».Kipling avait 27 ans.Il venait de s\u2019installer dans les montagnes du Vermont, loin de son Inde natale comme de l\u2019Angleterre victorienne, son pays d\u2019adoption.Son épouse américaine lui avait donné une fille et Kipling vivait, sans doute pour la première fois de sa vie, un bonheur calme et profond.C\u2019est donc un écrivain serein et en parfaite maîtrise de ses moyens qui Créa Mowgli et son premier Livre de la jungle en 1894.Le centenaire du Livre de la jungle risque \u2022 de passer inaperçu.Les nombreux b, 'i o -graphes de Kipling, récipiendaire du prix Nobel en 1907, se \u2014I- sont bien peu intéressés à ses œuvres pour enfants.C\u2019est pourtant l\u2019histoire de Mowgli et quelques autres récits de bêtes parus dans les deux tomes du Livre de lu jungle qui ont marque le plus profondément l'imaginaire des lecteurs de Kipling, grands et petits, au cours du dernier siècle.Pourquoi?Comme tous les grands écrivains de l\u2019âge d\u2019or de la littérature jeunesse dans celte deuxieme moitié du dix-neuvième siècle \u2014 Carroll, Stevenson, Twain, Alcott, Collodi.\u2014 Kipling a su nourrir ies fantasmes de ses contemporains tout en utilisant le couvert de la littérature jeunesse pour exprimer une pensée à maints égards profondément subversive.Il faut se rappeler le climat étouffant de l\u2019Angleterre puritaine pour apprécier l'audace de certains passages du Livre de la jungle.Kipling, l\u2019enfant des rues de Bombay qui apprit l\u2019hindi et les légendes indiennes avant de découvrir l\u2019anglais, en même temps que l\u2019enfer et le paradis, permet à Mowgli de se révolter contre les hommes, ces nigauds qui cachent leur nudité, échangent de l\u2019argent et passent leurs journées à labourer.Quant à leur Dieu, TOUJOURS BEST-SELLER Mowgli a 100 ans L'auteur Jacques (iagnon et l\u2019ailier droit de l'équipe colombienne, Carlos Valderramo.BALLON Comprendre la passion du foot plus en plus de difficultés à inventer > es univers où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.Kipling règle l'affaire en transportant Nowgli dans la jungle où il peut lui offrir des parents loups exemplaires et de fabuleux mentors, l\u2019ours Baloo et Baghee-ra fa panthère.Trop lucide pour adopter un regard complaisant, trop idéaliste peut-être pour décria* un monde en déroute, Kipling dessine un paradis ailleurs.Il sera imité par d\u2019autres grands écrivains oui, comme lui, réinventeront le bonheur parmi les animaux.Après 1a jungle de Kipling, il y aura les terriers de Beatrix Potter, les marais de Kenneth Grahame, la grange d\u2019E.B.White.Mowgli est aussi à l\u2019origine du mouvement scout fondé par le général Baden-Powell en 1908.Véritable bible du scoutisme, Le livre de lu jungle a fourni à l\u2019Association des scouts une philosophie éducative nouvelle: on ne s\u2019intéresse plus simplement à l'âme des enfants mais aussi à leur corps.Scouts et louveteaux doivent, comme Mowgli, épanouir leurs cinq sens au contact de 1a nature.Il existe, bien sûr, une correspondance réelle entre l\u2019idéal scout et l\u2019histoire de Nowgli.Mais Kipling est un bien mauvais scout et le général Baden-Powell a retenu de l\u2019œuvre de Kipling ce qui faisait bien son affaire en fermant les yeux sur de nombreux passages.Car Le livre de la jungle, comme d\u2019ailleurs Land and Sea Taies for Scouts and Guides, ce cadeau de Kipling à Baden-Powell, proposent des scènes de violence et de vengeance à faire frémir bien des parents.En 1967, Disney a porté Mowgli à l\u2019écran.Kipling était mort depuis 30 ans.J\u2019avais 11 ans mais je me souviens encore du bonheur fou et de cette liberté affolante qui m\u2019avaient happée dès les premières images, de ma peur du python et de mon ravissement à chaque fois qu\u2019apparaissait l\u2019ours Baloo.Plus tard, j\u2019ai retrouvé les mêmes personnages dans les deux tomes du Livre de la jungle, ces œuvres écrites sur un îlot de bonheur, juste avant la tempête.Car, à partir de 1899, une série de malheurs ont bouleversé la vie et l\u2019oeuvre de Kipling.Le livre de la jungle n\u2019aurait sans doute pu être écrit après.Kipling aurait quand même été nobélisé et les ouvrages sur l\u2019homme et l\u2019œuvre seraient bien peu changés mais le champ littéraire pour la jeunesse ne serait pas le même et des millions d\u2019enfants n\u2019auraient pas, comme moi, rêvé d\u2019être Mowgli dormant sur la panse d\u2019un ours.SUITE DE LA PAGE I) 1 sauf en 1986, alors que les rouges atteignirent enfin «la terre promise», étant admis en phase finale au Mun-dial organisé par le Mexique.L\u2019accent mis par l\u2019auteur sur les (rares) hauts et les (nombreux) bas de notre sélection nationale donne certainement au livre un intérêt additionnel pour le lecteur qui s\u2019interrogerait sur les raisons de ces multiples ratés.L\u2019autre truc qu\u2019emploie Gagnon pour mieux nous faire comprendre son enthousiasme vis à vis des joueurs dont il raconte la carrière, est de les comparer, autant que faire se peut, avec des joueurs de hockey bien connus par l\u2019amateur moyen.Par exemple, l\u2019anglais Stanley Matthews est présenté comme le Gordie Howe du soccer, l\u2019autrichien Mathias Sindelar comme l\u2019équivalent de Jean Béliveau, l\u2019allemand Franz Beckenbauer comme l\u2019alter ego de Bobby Orr.Quant à Nobby Stiles, savoir que son style de jeu s\u2019apparentait à celui Dale Hunter suffit sans doute pour illustrer à merveille le type de joueur qu\u2019il était.Le truc marche aussi pour les entraîneurs: l\u2019argentin Cesar Ménotti, c\u2019est Jacques De-mers; l\u2019italien Vittorio Pozzo, c\u2019est Victor Tikhonov; quant au hollandais Rinus Michels, c\u2019est Mike Keenan.Il fonctionne aussi bien sûr pour les clubs (la Juventus de Turin est au football ce que le Canadien est au hockey) et pour les stades (Wembley, à Ixtndres, c\u2019est le Forum).Le jeu de l\u2019analogie a ses limites mais il demeure pertinent, l\u2019auteur évitant de tomber dans le cliché.La structure du livre est simple: Gagnon passe en revue chaque édi- tion de la Coupe du monde, y relatant les anecdotes les plus intéressantes, en racontant le dénouement et en s\u2019attardant aux joueurs qui ont le plus marqué l\u2019histoire de ce sport.Il se permet ainsi de courtes parenthèses sur Pelé, Cruyff, Beckenbauer, noms familiers pour qui suit le soccer depuis les années soixante-dix, mais aussi sur d\u2019autres grands noms surgis d\u2019un passé plus éloigné mais non moins glorieux: Sindelar, Di Stefano, Kocsis,.Le style de Gagnon reflète l\u2019influence de quelqu\u2019un qui s\u2019est abondamment abreuvé au journal L\u2019Equipe et autres France Football: il est résolument franco-français.Les passes y sont «lumineuses», les matches «respirent», les équipes «tutoient la gloire».Ce n\u2019est pas un défaut, au contraire.Cela nous donne un récit fort agréable à lire, d\u2019où la poésie n\u2019est pas absente.Le style de jeu autrichien des années trente y est décrit comme libre et élégant, inspiré des valses de Strauss, alors que le rapprochement entre le style brésilien et la samba est inévitable.Comme on peut s\u2019y attendre, le livre est, somme toute, peu critique sur le phénomène social mondial que constitue désormais le soccer.Bien sûr des allusions au contexte politique entourant chacune des précédentes éditions de la Coupe du monde sont prétexte à certains commentaires (dont quelques uns sont franchement exagérés, comme lorsqu\u2019on qualifie l\u2019ensemble de la foule italienne à la finale de 1934 de «spectateurs-militants-fascistes»!), mais dans l\u2019ensemble, on sent que ce n\u2019est pas le propos de l\u2019auteur de s\u2019interroger sur le devenir d\u2019un sport spectacle qui s\u2019est bien éloigné de ses origines populaires.Qu\u2019on songe seulement au fait que le coût officiel du meilleur billet pour le match de finale qui sera disputé le 17 juillet prochain à Los Angeles est de 475 $ US (plus frais d\u2019administration), et que pour obtenir le privilège d\u2019acheter ce billet à ce prix, il faut encore acheter un autre billet pour le match de troisième place disputé la veille, au coût beaucoup plus raisonnable de 125$ US.Mais l\u2019heure est à la fête.On aura quatre ans pour soulever ce genre de questions après le tournoi.Pour l\u2019instant, place aux artistes du ballon qui font vibrer la planète.Et pour apprécier le spectacle dans toute sa splendeur, il vaut la peine de ljre le livre de Gagnon.Tiens, entre Etats-Unis-Suisse et Italie-Irlande, cet après-midi, les organisateurs ont prévu trois heures de répit qui semblent toutes désignées pour ça.Les mathématiques sont-elles les mêmes dans différentes cultures?Les femmes font-elles des mathématiques de la même façon que les hommes?Quelles sont les notions mathématiques utilisées dans les travaux à l\u2019aiguille comme le tricot, le crochet ou la dentelle?Des mathématiques autrement aborde entre autres ce genre de questions et offre des perspectives de réponse qui sauront rejoindre les intérêts de personnes d\u2019horizons différents.sous la direction de Claudie Solar et Louise Lafortune les éditions du remue-ménage Mowgli rêve de le mettre en colère et de lui faire mordre la |x>ussicre.L\u2019enfant loup n\u2019a rien à voir avec les héros blonds et bouclés, désespérément angéliques et pathétiques de l'ère victorienne.Mowgli refuse de jouer les victimes à 1a manière d'Olivier Twist ou les modèles, comme le charmant Petit Lord Fauntleroy de Frances Hodgson Burnett.Nowgli n\u2019est pas bon, beau et obéissant mais fort, sale et audacieux.Et heureux! Lewis Carroll avait déjà injecté beaucoup de fantaisie et de liberté dans le petit monde trop s«tge de fa littérature jeunesse; Kipling ajoute la sensualité.Mowgli dort, chasse et mange alors que Pere Loup, Bagheera et Baloo lui enseignent les caresses du vent et les frissons de l\u2019herbe.Sans doute Mowgli appartient-il, comme tant de petits héros du dix-neuvième siècle, à la grande famille des enfants purs et rédempteurs de l\u2019après Rousseau.Kipling croit aussi, comme l\u2019auteur de YEmile, que les enfants doivent vivre leur enfance, qu\u2019ils représentent le meilleur de l\u2019homme et que la meilleure façon d\u2019apprendre, c\u2019est par l\u2019expérience, dans l\u2019ombre d\u2019un mentor.Mais Kipling, toujours écartelé entre deux pensées souvent aux antipodes, laisse Mowgli courir librement dans la jungle pour l\u2019embrigader plus tard, au seuil de l\u2019âge adulte.Des milliers de pages \u2014 fort convaincantes par ailleurs \u2014 ont été noircies pour expliquer l\u2019œuvre de Kipling à partir de ses visées impérialistes et militaristes mais il suffit de relire les deux tomes du Livre de la jungle pour ne plus rien comprendre.Quelle étrange part de cet écrivain attiré par la guerre, front et frégates confondus, a engendré cette œuvre profondément complexe que constitue l\u2019histoire de Nowgli?Sans doute est-ce dans ce récit animalier que Kipling livre le mieux la richesse de sa pensée mais aussi, et peut-être surtout, ses déchirements.On y retrouve l\u2019Inde et l\u2019Angleterre, le sauvage farouche et l\u2019ami des rois, l\u2019anarchiste et le moralisateur, l\u2019élitiste et le défenseur des droits fondamentaux.Le livre de la jungle est une œuvre aussi cohérente que pétrie de contradictions.Tout comme Mowgli, l\u2019enfant pur et authentique, est un petit être profondément vindicatif et violent.Kipling a lancé un vaste mouvement d\u2019exil de l\u2019enfance au pays des bêtes.A 1a fin du dix-neuvième siècle, les représentations de l\u2019enfance et de la famille sont encore belles et réconfortantes mais les écrivains ont de SYLVAIN TRUDEL Les prophètes «Les textes donnent l\u2019impression d\u2019avoir été patiemment sculptés et peaufinés dans le silence discipliné où se réfugie le créateur consciencieux.Voilà le paradoze et la beauté du style Trudel.» Andrée Poulin, Le Droit.«Un recueil foisonnant, touffu, au style achevé, peut-être le plus riche des livres de Sylvain Trudel.(.) Son écriture embrasse toute la vie, universelle.» Raymond Bertin, Voir.Sylvain Trudel écrit admirablement bien et certaines de ses nouvelles sont extraordinaires.» Gilles Crevier, Le Journal de Montréal.« Les prophètes demandent à être regardés, au-delà des mots, pour la force des images.Elles nous parlent, nous étonnent et souvent nous éblouissent.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil.«Dans des textes très travaillés, évocateurs, au ton souvent poétique, lyrique, Sylvain Trudel parle des liens particuliers qui unissent les gens, les couples bien sûr, mais peut-être surtout les enfants et leurs parents.» Lucie Côté, La Presse.Daniel Poli ( j uin L\u2019Ecureuil noir Roman Gilles Archambault Nouvelles Chroniques matinales Bruno Roy Mémoire d\u2019asile La TRAGÉDIE DES ENFANTS DE DUPLESSIS Serge \" Bernard Arcand l)e nouveaux lieux communs Serge Bouchard et Bernard Arcand écrivent des textes réjouissants sur les lieux communs [.] partageant avec un égal bonheur l\u2019art de renouveler les clichés.'Mm 'em* Ce livre force le respect, la colère et la réflexion [.] Bruno Roy nous rappelle que pour [ses] compagnons d\u2019enfance, les signes du passé sont très actuels.\u2022 \u2022 Pascale Millot /je Devoir [.] un humour caustique, marqué de dérision envers lui-même.Un recueil qu\u2019il faut lire je pense à petite dose, pour faire durer.Raymond Bertin loir Ce récit d\u2019une rare densité s\u2019annonce comme l\u2019un des plus forts de l\u2019année littéraire en cours.Pierre (.'ayouette /s Devoir LES EDITIONS DU BORÉAL r 1864 I.K I) K V III It .I.fc S S A M K H I h Il I M A N I\u2019 Il V.ii .1 r i x i ii ii i |) !}i W' LIVRES -*VA É C « I V ROUSSEAU EORGES MAY ; E S P E T I T S BON II E II R S Les affres du moi ROUSSEAU , Georges May, Éditions du Seuil, collection «Écrivains de toujours».Quel amateur de livres de ma génération n\u2019a pas dans sa biblio-tneque au moins deux pu trois ouvrages de la collection «Ecrivains de toujours»?J\u2019ai sous les yeux un exemplaire du Baudelaire par lui-même que publia Pascal Pia en 1952.Il vous intéressera peut-être de savoir que je l\u2019achetai d\u2019occasion chez Tranquille quelques mois plus tard.Le prix de mon acquisition?75 C.Voici que réapparaît cette collection que j\u2019ai toujours prisée jusqu\u2019aux jours où elle devint presque infréquentable.On y jargon-nait un peu trop à mon goût.Ce reproche, on ne peut l\u2019adresser à Jacques Bens, auteur d\u2019un Marcel Pagnol inédit.Si j\u2019ai choisi de ne pas vous en parler, c\u2019est qu\u2019il m\u2019a semblé trop cursif, trop superficiel.Il n\u2019empêche qu\u2019on y trouve une iconographie et des documents fort pertinents.L\u2019étude de Georges May nous présente un Rousseau attachant.D\u2019abord parue en 1961, elle s\u2019attache à un écrivain dont l\u2019oeuvre tout entière propos des variantes du moi.S\u2019étant analysé dans de multiples ouvrages, le Genevois a bâti avec minutie un temple au «je».D\u2019où il ressort qu\u2019un Rousseau par lui-même est une évidence attendue.La biographie de Rousseau ne ménage pas les surprises.Humble dans l\u2019adolescence, mal à l\u2019aise dans la société des hommes, il ne s\u2019en mêlera pas moins aux grands de ce monde.Il se fera des amis, se sentira trahi par eux; frayera avec les sommités littéraires de son siècle, Diderot, Hume, Voltaire, mais se retirera toujours au bout de quelques mois ou de quelques années dans un quelconque ermitage.Comment oublier qu\u2019il ait abandonné ses cinq enfants à l\u2019Assistance publique et qu\u2019il ne songe jamais à en avoir du remords?Rousseau n\u2019est jamais où on l\u2019attend.11 nous émeut aux larmes, mais il n\u2019est jamais sûr que notre émotion ne se transforme pas bientôt en dou- GILLES ARCHAMBAULT ?te.C\u2019est pourtant lui qui l\u2019emporte.Nous croyons à sa sincérité.Comme le rappelle Georges May: «Rousseau n\u2019a jamais échappé à l\u2019empreinte de son éducation calviniste: son vrai procès n\u2019est pas celui que lui intente le public, c\u2019est celui qu\u2019il se fait à lui-même.L\u2019austérité et la sévérité de ses principes le forcent presque toujours à condamner rigoureusement les fautes mêmes qu\u2019il invite le lecteur à excuser».Rousseau a beaucoup fui tout au long de sa vie.Il n\u2019habite un lieu que pour mieux l\u2019abandonner.Il composera des opéras, mais trouvera dans son travail de copiste une joie qui paraît parfois plus grande encore.Il croit en l\u2019homme naturel, se méfie de la société, mais écrit des ouvrages que soutient la force intellectuelle que ses propos cherchent à dénoncer.Après avoir cru aux idées, après avoir ferraillé en compagnie des Encyclopédistes, il fait profession d\u2019humilité.La philosophie n\u2019est plus son fait.«Réfléchir, comparer, chicaner, persister, combattre, n\u2019est plus mon affaire; je me laisse aller à l\u2019impression du moment sans résistance et même sans scrupule.Tout le mal que j\u2019ai fait en ma vie, je l\u2019ai fait par réflexion; et le peu de bien que j\u2019ai pu faire, je l\u2019ai fait par impulsion».A cette dernière édition du Cahier Livres avant l\u2019été, il ne me paraît pas superflu de vous recommander la lecture de cet essai pertinent, bien illustré (les illustrations sont maintenant en couleur), de cette introduction intelligente à une œuvre qui n\u2019a pas fini de nous surprendre.Car il n\u2019est pas toujours évident qu\u2019un écrivain de toujours soit en même temps un écrivain d\u2019aujourd\u2019hui.Un ANGE CORNU AVEC DES AILES DE TÔLE * «(.) m\u2019apparaît déjà, après ses grandes pièces bien sûr; comme le meilleur de la littérature qu 'aura livré à ses contemporains la plume de Tremblay.» Robert Lévesque, /J- Devoir, Il juin 1994 « Des personnages aussi forts que ceux de sa dramaturgie, des dialogues sénés, savoureux; bref, on lit \"du Tremblay \u201d.» Pascale Navarro, Voir, 2 juin 1994 * En vente CHEZ VOTRE LIBRAIRE LEMÉAC o lu littérature d'aujourd'hui L E F E U I L L E T 0 N Le moi de Juliet ACCUEILS Journal IV1982-1988 Charles Juliet Éditions P.O.L, 364 pages Comme on dit d\u2019une veuve élégante que le noir lui va bien, on pourrait dire de Charles Juliet que sa litté-i alun- sans fard, littérature lèche et exigeante de l\u2019introspection la plus ne dii ale, littérature de deuil (des illusions.des peurs comme des eupho-i (es, du «moi»), lui va comme un gant.Mais un gant de crin.C m Charles Juliet est un janséniste qui vit dims une époque de désordre.Le 24 janvier 1982 il note dans son Journal: «quand on est pris par ce qu\u2019on vit, on n\u2019est pas présent à soi-même, on n\u2019a qu\u2019une conscience floue de ce qui se passe, de ce qu\u2019on éprouve.Tenir un Journal, c\u2019est revenir sur ce qui a été vécu pour le vivre à nouveau, pour en dégager le sens, pour en jouir et en garder trace».On le voit, un journal pour un écrivain comme Juliet n\u2019a rien du carnet mondain qui est le lot de bien de ses confrères pressés et verbo-scripteurs.Un journal pour lui est le lieu privilégié des marges de l\u2019écriture, c\u2019est un travail constant, une fidélité, un jour une phrase, de la place pour le silence, c\u2019est quelque chose comme un haut plateau dans sa géographie littéraire.Le 27 janvier 1982 il écrit: «quand je prends conscience de ma médiocrité, je me demande ce que je serais devenu si des êtres de qualité n\u2019avaient pas croisé ma route, si je n\u2019avais pas lu des centaines de livres qui m\u2019ont permis de me dégager de mon étroitesse, de m\u2019ouvrir, de me donner les moyens de la réflexion».Voici donc le quatrième tome de son Journal.Il enfile sobrement et intensément les notes des années 1982 à 1988, celles de la sortie de son autopsychanalyse littéraire dont l\u2019ampleur et la brutalité morale avaient bloqué les trois premiers tomes aux étages du bas \u2014 au trente-sixième dessous la nuit \u2014 dans le magma, dans la détresse, dans la violence des doutes et de la haine de soi.Ce sont, au contraire, des années claires, celles de ce qu\u2019il appelle «l\u2019affranchissement du moi», passage obligé pour un homme comme Juliet \u2014 «se délivrer de la souffrance, c\u2019est donc quitter la mare du moi pour pénétrer dans le fleuve, ROBERT LÉVESQUE ?1 devenir un, ne plus offrir d\u2019obstades à ces énergies qui traversent l\u2019être, le dilatent, lui accordent lumière et plénitude».Ce sévère Charles Juliet que l'on imaginait généralement s\u2019adonner aux délices du cilice, et marcher ses stations avec la lenteur des demi-sta-tufiés, le voilà, pour reprendre un de ses titres publiés pendant cette période, «dans la lumière des saisons», le nez dehors, les yeux sur l\u2019épaule d\u2019autrui, le sourire peut-être, et si cela est ainsi c\u2019est que ces six minées de 82 à 88 sont pour lui celles d\u2019un lent déblocage littéraire où il laissera s\u2019éclore \u2014 après la souffrance aiguë de la première difficulté d\u2019être \u2014 la possibilité d\u2019écrire sur son enfance.Cela donne le 12 janvier 1987 une entrée au Journal qui saura émouvoir ceux qui ont lu, paru à la fin 88, ce remarquable récit qu\u2019est L\u2019Année de l\u2019éveil: «j\u2019ai entrepris une nouvelle dans laquelle je me propose de relater quelques épisodes de ma vie d\u2019enfant de troupe.Je ne sais rien de ce qu\u2019elle sera.Je me contente pour l\u2019instant de rassembler des souvenirs».Charles Juliet, comme Jean Genet, est un enfant qui n\u2019a pas connu sa mère.Il avait trois mois lorsqu\u2019on les a séparés.Son père, avant de fuir, le placera chez l\u2019habitant dans les environs d\u2019Aix-en-Provence.Il n\u2019aura pour amis que ses vaches qu\u2019il conduit au pré.Petit homme seul qui a peur,des loups, des nuits et des mistrals.A12 ans, en 1946, on l\u2019envoie à Abc dans une caserne, c\u2019est une école pour ce qu\u2019on appelle alors «des enfantç de troupe», orphelins, pupilles de l\u2019État, enfants abandonnés qui peuvent dans un cadre militaire d\u2019immédiate après-guerre entreprendre certaines études de base.Charles Juliet, qui se forme à la boxe, y découvrira la lueur de la littérature au bout d\u2019un enfer.Cette «nouvelle» qu\u2019il entreprend le 12 janvier 1987, à 53 ans.c\u2019est en quelque sorte la réconciliation avec ce gamin des vaches, avec son oassé, qui s'effectue à plus de 30 uns de distance.On peut suivre au fil des entrées.et en deviner les effets sur lui.ce travail qui donnera un récit étonnant, un des plus forts romans d'apprentissage publiés ces dernières minées, un livre exceptionnel lié serré par la simplicité de l\u2018écriture et la profondeur du regard (qui obtint en 89 le rix des lectrices de Elle, jamais si ien attribué), où un gamin entiché de son chef (et surtout de la femme de son chef, chez qui il passe les dimanches) luttera a armes inégales contre tous les demons |x>ur survivre, simplement survivre.La littérature sera en effet la survie de Charles Juliet.Omis ce quatrième tome de son Journal, on en a la preuve page après page.Après des études de médecine interrompues, Juliet se consacrera à ce travail solitaire sans compromis, difficilement, il nous apprend le 13 novembre 1987 qu\u2019il ne tire encore aucun revenu de son métier d\u2019écrire (sa femme est professeur et elle tape les manuscrits), et il se demande aussi s\u2019il n\u2019est pas «un parfait inadapté».Juliet s\u2019est découvert en lisant les autres \u2014 son premier livre lu était Le Dieu nu, un roman de Robert Marge-rit, son premier choc fut L'Etranger de Camus \u2014 et très vite il ira vers les phares les plus brillants à ses yeux dans la nuit de ses détresses existentielles, c\u2019est-à-dire Samuel Beckett, et Kafka, qu\u2019il aimera beaucoup trop (il l\u2019avoue dans ce Journal), qu\u2019il aimera au-delà des goûts et jusqu\u2019«au don excessif de soi à l\u2019autre» que lui reprochera Claude Roy.Admirateur puis ami de Beckett, et du peintre Bram van Velde, et de Giacometti, Charles Juliet dans ce Journal IV fait un peu acte de contrition pour se distancier des «dépeupleurs».On sent qu\u2019il a pris ses distances avec la littérature «mortifère» du grand Sam, en tout cas il se défend d\u2019en avoir été un dévot ou un imitateur.Il nous dit aussi que Beckett lui a écrit un jour: «éloignez-vous et de vous et de moi».C\u2019est que le Juliet des crus de 1982 à 1988 est un homme qui sort d\u2019une longue retraite douloureuse en lui, dans le magma insondable, c\u2019est un homme sévère qui s\u2019apaise, qui pour Godbout Fiction ?dbout Galarneau Jacques temps * ft Les Éditions du Seuil 192 pages - 19,95 $ y a plus qu'il n'y paraît chez les Galarneau, et, à les découvrir, on ne risque pas d'être flabeurgasté.Pierre-Robert Lederq Magazine Littéraire Le dernier roman de Godbout, Le temps des Galarneau, raconte les tribulations de cette nouvelle bande de Pieds Nickelés que le temps n'a pas véritablement assagis.Gérard Meudal, Libération D'une écriture acide, piquée de mots introuvables et ae tendresse incongrue, le roman est délectable et tonique.Laurence Liban, L'Express Vif, rocambolesque, parfois tragique.Véronique Jacob L'Evénement Le temps des Galarneau est un livre extrêmement vivant, 'oeuvre d'un écrivain en pleine possession de ses moyens, insolent et pudique, habile comme pas un à surfer sur des réalités qui (méfiez-vous) ne sont pas sans profondeur.Gilles Marcotte, L'actualité Godbout l'écrivain a bien vieilli, son art d'accorder l'amertume et l'ironie s'est encore affiné.Marie-Claude Fortin, Voir un peu se vante de s\u2019être «affranchi du moi» (le 3 février 85: «Etre vrai, c\u2019est être dégagé du moi»), affranchissement qui est la seule voie verçj la joie, dit-il, et la joie seule lui perme\\ d'obéir à l'instance morale qui l\u2019habile et qui maigre 1rs orages lui a |>eims de se hisser hors de lit vasque du sort médiocre où son enfance l'avait jeté, i Mais au fil des pages, dans les en-! trelacs et les contradictions de la pen-' sée, on sent que Juliet cherche enco-, re dans le noir, qu\u2019il est toujours, homme et écrivain, le Heu d\u2019un conq bat; si l\u2019homme a besoin de lumière, l\u2019écrivain a besoin de descendre encô-, re au fond de la mine, d\u2019ouvrir il'.mires galeries.La lumière Ôfc l'homme iui vient des femmes, dq^ amis rencontrés, de certains livres, des mystiques et du jazz; celle de l\u2019écrivain a a naître d'elle-même, plus nue, éclatant avec une étrange sou-, daincté au coeur des ténèbres.?J\u2019aime, à ce dernier feuilleton de Iq saison, vous laisser avec la suggest * lion de lire un écrivain comnuv Charles Juliet qui représente l\u2019exigën-' ce et le raffinement d'une littérature sans compromis.Lisez de tels écrj-vains cet été \u2014 je pense, parmi ceùfl dont je vous ai causé, à Milan Kunde; ra (Les testaments trahis, Gallimard), Philip Roth (Tromperie, Gallimartjl), Gabriel Matzneff (La prunelle de tues; yeux, Gallimard), Bernard Chambaz, (Martin cet été, Julliard), Marie Ndiaye (Un temps de saison, Minuit), François Bon (Un fait divers, Minuit), Et puis bonnes vacances.Simonne Monet-Chartrand Pionnières québécoises et Regroupements de femmes (tome 2) PIONNIERES QUEBECOISES el REGROUPEMENTS DEFEMMES 1970-1990 SIMONNE MONET-CHARTRANt lus éditions da lewu-iwr.agd Le dernier livre de cette *i | femme d'action, qui sou- î haitait que ce «survol des î : nouvelles pionnières, de- j! puis les années 1970,\t' témoigne du dynamisme jt engendré par la révolution »} féministe».368 pages, 30,95 S Sjj r ?Francine Saillant f Au coeur de la baleine.Obésité et transformation ces Femmes ONT eATI IY1 DNTRÊflL Au cœur de la baleine IC SAÎLlAHt les éditions du rtmùo-tnénoge « Un livre capital sur une souffrance maintes fois occultée par le discours médical et commercial entourant l'obésité.» \u2014 Renée Larochelle, Au fil de l'événement 7 60 pages, 18,95 S Ces femmes qui ont bâti Montréal En 350 chroniques, plus de 150 auteures relatent la petite et la grande histoire des femmes qui ont bâti Montréal depuis 350 ans 640 pages, 32,95 S les éditions du remue-ménage I.K S S A M K II I I K K T I) M A X < Il r.I il .MIN I il il I.K II r.V (I I It .I.I V K K S UNIVERSITAIRES Une imposante synthèse des problèmes sociaux ES S A I S QUÉBÉCOIS A vélo, à rames et à crédit IRAIIÉ DES PROBLEMES SOCIAUX, collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon luinglois tt Yves Martin, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994,1164 pages, 69,95$.DÉVEL0PPEMEN1 CULTUREL El MONDIALISATION DE L'ÉCONOMIE.UN ENJEU DÉMOCRATIQUE.Marc Raboy, Ivan Rentier, Florian Sauvageau et Dave Atkinson, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994, 144 pages, 15$.GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Pour la première fois au Québec, le Traité des problèmes sociattx que ; vient de publier l\u2019IQRC dresse une fresque imposante, une synthèse saisissante de l\u2019état de la recherche québécoise dans ce vaste champ de connaissances.Plus de 70 collabora-leurs font le point en quelques papes sur leur secteur de prédilection, dans un langage ai i i-«il>lr ail piulanr.qui y trouve ample matière à réflexion.I.\u2019ensemble de ce volumineux recueil tail resaortir nettement l\u2019éclatement des problèmes sociaux, ici comme ailleurs.Simon Langlois en fait d\u2019ailleurs le titre de son chapitre de conclusion.Ces études s\u2019inscrivent dans une longue tradition intellectuelle qui jette un regard critique sur la société et ses institutions, et sur les rapports de force et les relations sociales qui s\u2019y nouent, note-t-il.Ce Traité vient aussi combler un vide dans l\u2019étude de la société québécoise; il n\u2019y avait pas ici de synthèse sur les problèmes sociaux, contrairement à d\u2019autres sociétés où de tels ouvrages abqndent.A bon droit, M.Langlois rappelle l\u2019importance du travail théorique sur les problèmes sociaux: sont-ils bien posés; quels sont les postulats sous-jacents; comment établir des liens entre des problèmes sociaux trop souvent analysés de façon isolée?Si aflf EST-S EL 1ER S LIBRAIRIE HERMÈS ROMANS QUÉBÉCOIS I.UN ANGE CORNU AVEC DES AILES DE TÔLE, de Michel Tremblay - Éd.Léméac/Ades Sud 2.LES QUATRE SAISONS D'ISABELLE, de Solange Chaput-Rolland - Éd.Libre Expression 3.L'ÉCUREUIL NOIR, de Daniel Poliquin - Ed.Boréal 4.PETITES PINS DU MONDE ET AUTRES PLAISIRS DE LA VIE, de Danielle Roger - Éd.Herbes Rouges «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.LE NAUFRAGEUR, de Jean-François Lisée - Éd.Boréal 2.\tLE TRICHEUR, de Jean-François Lisée - Éd.Boréal 3.L'AMOUR ASSASSIN, de Clément Olivier - Éd.Slanké «T ROMANS ÉTRANGERS 1.\tLE PREMIER HOMME, de Albert Camus - Éd.Gallimard 2.DOCILE, de Didier Decoin - Éd.Seuil 3.\tRUE DE LA SOIE, de Régine Desforges - Éd.Fayard 4.\tL'APRÈS-MIDI BLEU, de William Boyd - Éd.Seuil «T ESSAIS ÉTRANGERS 1.UNE ANNÉE EN PROVENCE, de Peter Mayle - NIL Éditions 2.LA SOUDURE FRATERNELLE, de Tahar Ben Jelloun - Éd.Arléa 3.TESTAMENT., de l'Abbé Pierre - Éd.Bayard «F LIVRE JEUNESSE I.LES GRANDS SAPINS NE MEURENT PAS, de Dominique Demers - Éd.Québec/Amérique «r LIVRE PRATIQUES 1.GUIDE DU JARDINAGE, de Benoît Prieur - Éd.de l'Homme 2.\tGÎTES DU PASSANT AU QUÉBEC, Collectif - Éd.Ulysse «r COUPS DE COEUR 1.LE PETIT LIVRE DE GROS CÂLINS, de Kathleen Keating - Point-Virgule 2.LE LIVRE DES ANGES, de Karen Goldman - Ed.Fidès 1120 av.Laurier ouest, Outremont, H2V 2L4, 274-3669 ?T-* Dépaysement, érotisme et humour t Se marier à rt f Buffalo Jump! f ^\tde Susan Haley traduit de l\u2019anglais par Jacques Fontaine\t* *\t0 dans toutes les librairies ^ Un roman plein d\u2019intelligence, d\u2019humour et de vitalité! ^ * O * la pleine lune * -T- $*$*****#*&**$*$***$ les problèmes sont bien posés, les interventions devraient être meilleures.«Les problèmes sociaux sont plus nombreux que jamais, plus complexes, plus diversifiés.C\u2019est juste.Mais il faut tout de suite ajouter: les artisans et artisanes sont aussi plus nombreux et mieux équipés pour en-trepivndre le travail de recherche qui reste à faire.» Chose certaine, le travail fait, surtout depuis 1960, \u2014 «les trente glorieuses», comme les qualifie Claude Lessard \u2014 est fort valable et important, même s\u2019il ne saurait être tout à fait satisfaisant.Les auteurs font état des points forts et des faiblesses de leur recherche, des lumières et des ombres, sans glorification et sans flagellation, avec pondération et discernement.Les jugement péremptoires et à l\u2019emporte-pièce sont rarement le lot des savants véritables qui, ayant exposé les tenants et aboutissants d\u2019une situation ou d\u2019un problème, ont confiance que le lecteur en tirera les conclusions et les leçons appropriées.Cette perspective pédagogique imprègne toute cette somme et donne, même au non initié, pressé l\u2019heureux sentiment d\u2019élargir son horizon de connaissances.Livre de référence À l\u2019évidence, ce n\u2019est pas un ouvrage que l\u2019on lit d\u2019une traite, mais plutôt comme un livre de référence, de documentation et de consultation, selon ses champs d\u2019intérêt ou ses préoccupations du moment.Par exemple, le journaliste qui suit l\u2019actualité de ces semaines-ci \u2014 par exemple, les déboires de l\u2019Aide juridique ou les avatars de la loi sur les jeunes contrevenants \u2014 trouve dans ces pages ample matière à étayer son point de vue interrogatif et critique.On peut en dire autant de la plupart des chapitres, sinon de tous, qui soulèvent des enjeux de taille et des perspectives intéressantes à explorer.On voudrait pouvoir tout citer, inviter à lire aussi bien Denise Lemieux que Germain Dulac, Marie-Andrée Bertrand, Diane-Gabrielle Tremblay, Johanne Gauthier, Jean-Pierre Proulx (ancien confrère au DEVOIR devenu professeur), et les autres collaborateurs de ce Traité.Il faut pourtant se contenter de quelques aperçus qui, espérons-le, donneront aux apprentis-chercheurs le goût d\u2019approfondir leur champ de prédilection, et aux journalistes le temps d\u2019aller au-delà des approximations et impressions dont le terrible quotidien les oblige trop souvent à s\u2019abreuver inlassablement, jour après jour.Ainsi, les réflexions du démographe Jacques Henripin sont toujours stimuhintes, même si d\u2019aucuns contestent les conséquences, désastreuses pour le Québec, d\u2019une fécondité défaillante qu\u2019il met en relief avec vigueur et rigueur.Quoi qu\u2019il en soit, les problèmes de population et d\u2019aménagement sont loin d\u2019être négligeables.Plusieurs textes le font ressortir de façon remarquable.De même, au sujet de la maladie, Ginette Paquet conclut avec pertinence: «Au moment où le Québec, à J\u2019ins-tar de l\u2019Ontario et de plusieurs Etats américains et européens, intensifie l\u2019action préventive auprès des enfants pauvres ainsi qu\u2019auprès de leur famille, le besoin d\u2019innovation en matière d\u2019intervention et de recherche s\u2019avère capital.Un nouvel équilibre dans nos priorités s\u2019impose.Nous devons dépasser la priorité consentie sans cesse à la recherche biomédicale et à la recherche en sciences naturelles pour accorder une plus grande importance à la compréhension des facteurs sociaux qui influencent l\u2019état de santé et de bien-être coUectif.» D\u2019autre part, comme le rappelle François Béland avec à-propos, il y a des problèmes dans le fonctionnement du système de santé et de services sociaux que le Québec a mis au point avec minutie depuis 30 ans; mais les solutions doivent être trouvées en respectant la logique propre de notre organisation, originale, non en important des Etats-Unis ou d\u2019ailleurs des solutions miracles ni en sabrant de façon radicale, à l\u2019aveugle, dans les programmes.La déviance?Qu\u2019en est-il par ailleurs de la déviance, sous toutes ses formes?A cet égard, la conclusion des criminologues Jean-Paul Brodeur et Marc Ouimet porte à réfléchir.«Plus pies de nous, la crise d\u2019Oka peut être utilisée pour illustrer le type de préoccupation qui nous anime.Les pouvoirs publics s'enorgueillissent de ce que cette crise n\u2019a fait qu\u2019une seule victime officielle fie caporal Ixmiay de la Sûreté du Québec; deux autres personnes sont mortes des suites de cette crise).Force est de constater que les divers paliers de gouvernement ont laissé cette crise perdurer bien au-delà des seuils de tolérance des citoyens qui en furent les victimes, dans le dessein de préserver l\u2019image publique d\u2019un Canada non violent.Ije prix à payer pour ce volontarisme de l\u2019inertie pourrait se révéler assez lourd.» A lire au complet, comme le sont tout autant les textes éclairants sur les conflits de valeurs et «les signes multiples d\u2019un changement indéniable bien qu\u2019inachevé», selon l\u2019expression de Denise Lemieux à propos de la condition féminine.Des remises en question salutaires, des diagnostics lucides, des pistes de réflexion sortant des sentiers battus.Ainsi en est-il de la prudence de David J.Roy à propos de l\u2019euthanasie.«Il est sain, et non pas inhumain, de rester vigilant envers ceux qui voudraient administrer une mort bienveillante.Devant cette délicate question, toute crainte ou appréhension est plus que justifiée.» Les chapitres portant sur les inégalités sociales et économiques, la marginalité et l\u2019exclusion, la participation, les solidarités communautaires et les politiques, fournissent aussi des rétrospectives et bilans clairs et nuancés, tout en ouvrant des perspectives utiles sur tout ce qui reste à faire, et qui est énorme, nul n\u2019en doute.Des idées reçues sont remises en question, sur le racisme, la vieillesse, la solitude, les nouveaux retraités, la famille, et le reste.On évoque aussi le rôle clé des médias, devenus, à côté des enceintes parlementaires et des universités, une nouvelle place publique où sont débattues les grandes questions sociales, selon Alain Touraine, cité par Langlois, souhaitant qu\u2019il y ait davantage de recherches sur la façon dont les problèmes sociaux sont construits par les médias.A côté de cette véritable encyclopédie, passons à l\u2019autre extrême pour souligner la parution récente, aussi à l\u2019IQRC, d\u2019un petit ouvrage collectif qui remet en question (\u2019intervention traditionnelle de l\u2019Etat dans le secteur culturel.Le contexte mondial changeant, il faut de nouveaux moyens pour favoriser le développement culturel, essentiel à la vie démocratique.Selon les quatre auteurs, «l\u2019Etat détient donc la clé pour résoudre le problème du développement culturel dans le contexte de l\u2019économie ouverte - non pas en \u201cdirigeant\u201d la culture, mais en favorisant des mécanismes permettant la participation culturelle des individus en tant que citoyens».Ici aussi, ample matière à réflexion et à discussion.DEUX ROUES, UN AVENIR (LE VÉLO EN VILLE), , Claire Massette, Ds Éditions Écosociété, 264 p CENS DE RIVIÈRE, André Noël, Us Editions Écosociété, 166 p.DE NOUVEAUX LIEUX COMMUNS.Serge Roucliard et Remard Arcand, Boréal, «Papiers collés», 232p.Alors que le cahier que vous tenez s\u2019apprête à se parer de ses atours estivaux, je vous propose aujourd'hui trois sujets d\u2019apparence anodine et qu\u2019on associe d\u2019habitude aux voyages ou aux vacances: le vélo, la rivière et la carte.de crédit.Mais comme vous le verrez, les apparences sont parfois trompeuses.Petite balade écologique, question de ne pas perdre de vue, derrière l\u2019arbre, la forêt.À vélo Deux semaines après le Tour de l\u2019ile, la plupart des cyclistes montréalais sont déjà revenus à la réalité quotidienne du free-for-all, du combat contre l\u2019ogre motorisé ou de la cyclo-frustration, comme le dit Robert Silverman, alias le Fou à pédales, dans sa préface à Deux roues, un avenir, de Claire Morissette, alias la Folle à pédales.M.Silverman et Mme Morissette militent depuis près de vingt ans au Monde à bicyclette et, ensemble, ont sans doute fait plus pour la «vélorution» que tout autre bipède québécois sur deux roues.Lycra et fluo mis à part, les vertus écologiques du vélo ne sont plus à démontrer.C\u2019est de loin le véhicule le plus avantageux si l\u2019on compare la dépense d\u2019énergie qu\u2019il exige et la masse qu\u2019il peut déplacer.Sur le plan environnemental, c\u2019est un moyen de transport irréprochable.Sa convivialité et sa maniabilité devraient lui obtenir une place de choix dans nos villes engorgés, mais c\u2019est encore loin d\u2019être le cas, tant nos vies demeurent organisées en fonction de l\u2019automobile.Selon Ivan Illich, l\u2019Américain-type consacre en moyenne quatre heures par jour à sa voiture, qu\u2019il s\u2019en serve, s\u2019en occupe ou travaille pour la payer.Par où l\u2019on voit que îa question du vélo est hautement politique.Le vélo est écologique au sens énergétique et urbanistique du terme, mais il est aussi féministe, ce qui est plus étonnant.Le cyclo-féminisme est en effet, selon Mme Morissette, une façon de signaler les affinités entre femme et bicyclette.La preuve en serait que le droit pour les femmes de pédaler fut l\u2019objet d\u2019une âpre lutte à la fin du XIXe siècle et au début du XXe (lutte qui eut d\u2019ailleurs des incidences vestimentaires, comme l\u2019usage du pantalon).Personnellement, j\u2019avoue que la preuve m\u2019est apparue un peu courte et le lecteur non-militant ne manquera pas de tiquer devant des formules-chocs du genre «c\u2019est une clochette de bicyclette qui a sonné la libération des femmes».En fait, il y a dans Deux roues, un avenir un petit côté prophétique, déclamatoire, qui agace.Je croyais que le temps des avant-gardes historiques était passé.Ma fibre cynique me fait dire que le règne du vélo est à l\u2019écologie ce que l\u2019indépendance du Québec est à la politique.Aussi ROBERT S A L E T T I ?indispensables puissent-ils être, leurs chances de voir le jour sont proches de zéro.Les forces d\u2019inertie et d\u2019argent sont trop fortes.Chose certaine, l\u2019ouvrage de Mme Moris- ! sette est bien documenté, tant du point de vue de l\u2019histoire de ty bicyclette que de celui de la réalité cyclable internationale.Les cyclo-voyageurs y trouveront aussi des renseignements pratiques.À rames Aux mêmes Éditions cosociété dirigées par Serge Mongeau, le docteur drop-out, est paru Gens de rivière d\u2019André Noël.Journaliste et ama- | teur de descente de rapides en canot, l\u2019auteur reproduit ici une série de reportages réalisée pour La Presse sur dix rivières québécoises.Le traitement est donc essentiellement journalistique, chaque rivière étant abordée par le biais d\u2019individus dont le vécu personnel ou professionnel est lié à cette rivière.Une petite histoire des rivières du Québec coiffe le tout, qui décrit leur rôle dans le développement de la province et la surexploitation et la pollution dont elles ont été victimes.L\u2019idée qui sous-tend la publication de ces reportages, c\u2019est que les gens de rivière ont développé des liens privilégiés avec la nature et que, contre le fort courant de globalisation et de mondialisation qui nous menace, des actions locales et communautaires, à hauteur de citoyen (Mongeau propose la création d\u2019une association des gens de rivière, évidemment), sont possibles.Dans ce contexte, il est ironique de constater que les entrevues menées par André Noël l\u2019ont été à l\u2019aide d\u2019un ordinateur portatif grâce auquel il saisissait au fur et à mesure les propos de ses interlocuteurs.Comme convivialité et contact privilégié avec la nature (humaine), on a déjà vu mieux.De même, mais là M.Noël n\u2019y est pour rien, on ne peut s\u2019empêcher de penser à tous les arbres entre lesquels serpentent ces rivières du Québec et qui seront abattus pour produire tous ces volumineux journaux dont l\u2019abonné moyen ne lira que 10 ou 5 % (parfois moins) du contenu, avant de les jeter au re- | but ou, s\u2019il tient à se déculpabiliser, avant de les expédier au recyclage.À crédit Pour rester dans l\u2019ordre estival j des choses, je signale en terminant la parution des Nouveaux Lieux communs de Serge Bouchard et Bernard Arcand.J\u2019ai déjà dit tout le bien que je pensais du premier tome de ces textes à deux voix d\u2019abord diffusés à la radio.De la même eau salée, le deuxième constituera une excellente lecture de plage ou de voyage.Avec des thèmes comme le béton, le pneu, le rasoir, la météo et les cartes de crédit, c\u2019est à un dépaysement au deuxième degré que vous êtes conviés.Un avant-goût furtif?«Les cartes de crédit sont choses vivantes puisqu\u2019elles expirent.» Le vélo est écologique au sens énergétique et urbanistique du terme, mais il est aussi féministe, ce qui est plus étonnant ccçz A gn Fcc §§ 'ZïX'imtf'.i *v.aa »\u2022 m .sa iHffJftta.TîûrpfWSè Rimbaud ïèi,ûiçsu vio Colette Le blé en hertie Crocodiles Henri Trovst La neige en.deuil Maupassam Le Horla I Steol'Bn King Le singe Texte intégral de véritables livres en grand format \u2022 2,95$ chaque volume \tTexte intégral\t\tTexte intégral\t$/nw\tTexte intégral\t\tTexte intégral\t\tTexte intégral\tf06uo\tTexte intégral Le plus petit prix littéraire Jamais la littérature classique ou moderne n'a été aussi accessible.18 titres parus : Jonathan Livingston le Goéland (Bach), La bande mouchetée (Doyle), Le diable au corps (Radiguet), Roméo et Juliette (Shakespeare), L\u2019art d\u2019aimer (Ovide), Lettres de mon moulin (Daudet), Carmen (Mérimée), Dom Juan (Molière), La fin de Chéri (Colette), Le char de Phaéton (Queen), Premier amour (Tourgueniev). Le miroir é\t' ' d\u2019une réalité dorée qui se cherche.272°pages ÉDITIONS QUÉBEC/AMERIQUE cahiers-Pho,oS 582 pa&es total K«,assa (991-1932 MA' Lisee Jean-François Quand la prose se fait belle IU NE ME DIS JAMAIS QUE JE SUIS BELLE nouvelles Gilles Archambault, Boréal, 153 p.Yuppie Blues Paul Rousseau * A propos du TRICHEUR ** A propos du NAUFRAGEUR PETITES FINS DU MONDE ET AUTRES PLAISIRS DE IA VIE.RÉCITS Danielle Roger, Les Herbes rouges, 76 p.Très certainement le bouquin le plus important produit au Québec depuis 10 ans.* Daniel Latouche, Le Devoir DIEU EN PERSONNE récits Jérôme Elie, ht Pleine lune, 153 p., A nouveau, voici des recueils de récits.Malgré leurs titres, les deux derniers n\u2019ont guère à voir avec le retour du religieux dans la fiction québécoise, si ce n\u2019est le signal (comme rappel) porté par le titre.On n\u2019échappe pas au discours de son époque, surtout quand on prétend s\u2019en distancier, même par, l\u2019ironie.Marc Ange-not (1889, Un Etat du discours, social 1990) vous le dira volontiers: dans le .discours social, la littérature, c\u2019est le fou du roi.Mais s\u2019il faut faire de l\u2019écrivain l\u2019échotier du social, du moins en partie, je préférerais le titre d\u2019Archambault qui ramène le discours global à son opposé: l\u2019intime.Paradoxe: n\u2019est-ce pas le seul discours à :ê(re socialement acceptable de nos jours?Familière, la prose toise donc .ici son lecteur, comme une femme le compagnon d\u2019habitude.Serait-ce suffisant pour secouer même un chroniqueur (sorte d\u2019habitué des habitudes)?En tout cas, quand la prose fait ainsi la belle, on ne peut que s\u2019attarder à ses entours.Voyez d\u2019abord Danielle Roger étirer ses trente-six paragraphes narratifs sur soixante-seize pages.L\u2019éditeur qui a bien soigné la couverture .(selon le modèle VLB: grande illustration liminaire intérieure) présente d\u2019ailleurs le texte comme «les confessions d\u2019une fille à risques», après nous avoir montré une belle damnée Renaissance, chevauchant, prisonnière inquiète, un ange cornu.Risquerait-on ici la contamination?Ce discours éditorial exagère.Les «actes contre nature», les «effractions de toutes sortes» dont il parle (par en arrière, évidemment) n\u2019impressionneront surtout pas les lecteurs de la défunte Josée Yvon.Rien ici de la bestialité lyrique de la Cobaye (VLB 1993).On peut sans risque suivre la narratrice des Petites fins du monde.Tirer la chasse d\u2019eau à répétition quand l\u2019amant s\u2019en va.Bon, on a compris.Traîner dans les bars, les cafés et autres cuisines de la solitude.Goûter l'ordinaire des ordures (Anal! mon ,cher Freud).Aller jusqu\u2019au bout d'Un /impur de Swamp.Mais pour arriver ,à quoi?Réécouter Richard Desjardins (L\u2019Homme-canon)?Bon, mais .enfin quoi d\u2019autre?Que cette délectation morose, ce convenu de la marge, rien que ce plaisir des restes?Pitié .pour Swann! , j Après ce joli découpage de notes .iptimes où le discours est si .creux, ,Dieu en personne de Jérôme Elie impressionne par la hauteur de son ambition: le vide est ici une véritable construction: une conquête, comme JACQUES ALLARD ?chez les taoïstes.C\u2019est que ce premier livre est construit autour de son deuxième récit, intitulé opportunément «La lettre manquant.» qui contient l'une des Histoires extraordinaires d\u2019Edgar Allan Poe (traduite par Beaudelaire): «Souvenirs de M.Auguste Bedloe».Dans cette autre histoire de «lettre volée», une erreur typographique prive M.Bedloe de son «e» final.Corne dans La Disparition de Pérec.Reprise du lipogram-me, penserez-vous?Il y a plus: c\u2019est ici le pivot (esthétique, philosophique) d\u2019un recueil de récits articulés comme les wagons d\u2019un train.La cinquième et dernière partie s\u2019intitule justement: «la Gare».Ainsi joue habilement l\u2019auteur dans l\u2019espace romanesque jusqu\u2019à le «nouvelliser».Et puis dédoublements, hallucinations et folie sont au rendez-vous.Le mystère à la Poe s\u2019y écrit avec une certaine arrogance: le style du XIXe s\u2019emmêle à celui d\u2019aujourd\u2019hui, les mots (parfois rares) frappent, les fils narratifs tissent le filet serré qu\u2019aimeront les amateurs du genre.Il s\u2019agit là d\u2019une remarquable entrée en scène du fils de Robert Elie.Les lecteurs moins aventuriers préféreront peut-être la petite musique de Gilles Archambault.Le charme opère toujours.De quoi est-il donc fait?De la tristesse moqueuse ou moquée dont s\u2019habille la narration?Ou est-ce plutôt de cette gaieté triste, toujours vaguement coupable, auto-dé-préciative, du type judéo-newyorkais si proche de nous?La douzaine de nouvelles, où jamais un fil ne dépasse, n\u2019ennuie pas.Il n\u2019y a qu\u2019une histoire peu convaincante: «Amour maternel».Plus encore, toutes sont étonnantes et pourtant si proches.Elles rendent le son continu d\u2019une seule voix, toujours murmurante, que l\u2019on entend particulièrement bien à la fin dans celle de l\u2019écrivain.Le thème dominant est celui du temps qui passe, de la vieillesse qui vient.Mais aussi des rapports humains malaisés, en particulier ceux des pères et fils.Belle, cette prose?Oui, dans celle limpidité du narré où l\u2019intime dit tout, par petites touches impressionnistes, comme dans ces esquisses d\u2019une page, glissées avant les nouvelles, une sorte d\u2019entretexte qui justement fait tableau.Il y a encore là un certain jeu dans l\u2019espace romanesque, celui du liant dans l\u2019alliage narratif.On peut tout pour faire du roman.Découper sa solitude en récits-paragraphes, jouer les mystères de l\u2019in-tertexte ou même encadrer de susurrements ses murmures.PHOTO JACQUES NADEAU Gilles Archambeault Lisée « est le détective politique du Québec.Il est intelligent, éveillé, implacable et rigoureux.Il construit ses démonstrations méticuleusement, interroge suspects et témoins et examine les documents.[.] Le verdict sur Le Tricheur est donc : une autre superbe intrigue politico-policière de l\u2019inspecteur Lisée.» * Nathalie Collard, Voir Le procès est ouvert, avec éclat et brio, mais il ne fait que commencer.* 718 pages et cahiers-photos 36,95 S À l\u2019écrit comme au micro, Jean-François Lisée frappe et frappe fort.Il assume.Il a le courage de ses opinions et des faits qu\u2019il rapporte.Il donne des noms, des dates, des lieux.Juste pour ça, juste pour cette plume en quête de vérité, je lui lève mon chapeau.* D* une exactitude implacable.** Michel Lacombe, SRC Franco Nuovo, Le Journal de Montréal Gigantesque! ** Laurent Laplante, Le Droit Don Macpherson, The Gazette À la lecture du livre, certains risquent la crise d\u2019apoplexie.[.] Il faut être profondément blasé pour ne pas être révolté.* Gilles Lesage, Le Devoir Un travail de moine.Un pavé où foisonnent les anecdotes.Un tableau ironique [du comité Allaire].Lisée brosse une fresque d\u2019une acuité quasi sidérante du congrès libéral [de 1991].* Denis Lessard, La Presse roman itenti It U \\l-'.l.S \\Il \\TI\\I K muni nu ni Paul Chutfcow roisieme collection Autres Rives lUc'()ns 'gzcior cut*«m Roman Best-Sellers Robert Laffont JOURNAL DE GUERRE Le parchemin maudit U DUEL DES GÉMEAUX Robert Ludlum, collection Best-sellers, traduit de 1\u2018Américain par Patrick Berthon, éditions Robert Ijaffont MICHEL HÉLAI K LE DEVOIR Ce n\u2019est pas d\u2019hier que l\u2019intégrisme est à la mode.Il y a longtemps que certains prétendent pouvoir écrire l'histoire du momie eu répertoriant toutes les tonnes de fanatisme ayant trouvé à s'incarner à travers les temps: de la Bible jusqu\u2019à La reine Margot, les exemples pleuvent.Avec son dernier \u201cthriller», l.e duel des gémeaux, Robert Ludlum vient qjouter son nom à cette liste déjà fort longue.L\u2019histoire que propose Iridium est assez fascinante.Parce qu\u2019elle met en relief un fondamentalisme plutôt occulté, celui de Rome.Et aussi parce que ce fanatisme religieux se marie à la détermination d\u2019un homme et au pouvoir du fascisme montant dans une Italie qui ploie de plus en plus devant les diktats de Berlin.Au cœur du drame, une famille d\u2019industriels aristocrates qui résiste à Mussolini et qui entraîne des partigiani, les Fonti-ni-Christi.Mais surtout, un convoi ferroviaire perdu dans la nuit.Tout commence d\u2019ailleurs au milieu de la nuit, quelque part le long d\u2019une voie ferrée en Salonique.Des moines orthodoxes chargent un train en silence.Nous sommes avant la guerre, en 1939.Le convoi transporte une précieuse caisse de bois qui remet littéralement en jeu le sort du monde.La caisse contient des documents; trois documents en fait.Tous trois questionnent l\u2019existence historique de Jésus-Christ.Le premier renvoie au Symbole de Nicée au IVe siècle de notre ère: c\u2019est l\u2019original d\u2019un texte historique connu des érudits sous le nom des démentis du Filioque.Le deuxième est un texte arameen remontant à l\u2019époque du Christ.Mais le plus important a été écrit sur un parchemin dans une prison romaine en 67 de notre ère: son auteur est Simon de Bethsaïde, surnommé Pier-ic.le fondateur de l'Eglise romaine.C\u2019est surtout ce document qui risque de faire encore plus de dégâts que quelques dizaines de bombes atomiques larguées sur la chrétienté puisqu'il contient des révélations ahurissantes sur la mort de Jésus.Les Nazis veulent absolument mettre la main sur le précieux chargement du convoi de Salonique.Les fascistes aussi.Tout comme le Vatican.Mais Savarone Fontini-Christi a pris ses précautions.Et malgré des centaines d\u2019assasinats qui provoqueront la presque disparition de la famille, de plusieurs moines, d\u2019innocents et de «méchants» de toutes couleurs, personne ne réussira à retracer la caisse cachée quelque part dans les Alpes italiennes.Personne sauf Victor Fontine, le fils rescapé de Savarone Fçnte-Christi, qui a refait sa vie aux Etats-Unis apres la guerre.Avant de mourir, il laisse à ses deux jumeaux de fils le soin de retrouver les précieux documents qui menacent toujours l\u2019équilibre du monde moderne toujours aux prises avec des guerres de religion.Or les deux fils ont la gémellité agressive et antinomique.Le bon et le méchant lutteront jusqu\u2019à la mort pour mettre la main sur les parchemins maudits.Le récit est évidemment bien mené dans le style de Ludlum.Et je vous laisse bien sûr le plaisir de découvrir le secret du fameux parchemin de Simon Bethsaïde.IVRES - Un pirate au grand cœur CAPTAIN BLOOD.Rafael Sabatini, traduit de l\u2019anglais par Edmond Michel-iyi, Éditions Phébus, 240 pages.PASCALE MILLOT Heureuse initiative de la part des Edition! l'hébus que de réédi- tci 11- roman introuvable depuis de nombreuses années.Publié une première fois par Gallimard dans les années 30, Michael Curtiz en avait tiré un grand film, avec Errol Flynn dans le rôle du Capitaine Blood.Pas étonnant, car ce livre est une denrée rare, qui se prête merveilleusement bien à l\u2019adaptation cinématographique.Un vrai livre d\u2019aventure comme il ne s\u2019en écrit pratiquement plus.De ceux qui ne s\u2019embarrassent pas de justification réaliste.De ceux qui nous plongent, sans préambule, dans le feu de l\u2019action.De ceux aussi qui nous rappellent le monde de nos lectures de jeunesse.Au temps où la comtesse de Ségur nous racontait ses histoires de petites filles cruelles et où Jules Verne nous prenait par la main pour nous promener dans ses contrées imaginaires.Il se dévore d\u2019un trait, goûlument, comme un goûter de fête, tant les aventures extraordinaires de ce médecin devenu pirate au grand cœur pour l\u2019amour de la belle Arabella nous tiennent en haleine de la première à la dernière ligne.«Peter Blood, docteur en médecine en la bonne ville de Bridgewater, fumait gravement sa pipe en arrosant les géraniums rangés sur l\u2019appui de la fenêtre de sa maison, dans Water Lane.» Voilà, ça commence comme ça, alors que le futur Capitaine Blood (alias Don Pedro Sangre, alias M.Le Sang), aventurier assagi, coule des jours paisibles, en Angleterre, à l\u2019écart de la révolte qui gronde.Pour notre plus grand bonheur, il sera bientôt victime d\u2019une erreur judiciaire qui l\u2019expédiera directement dans un bagne des Caraïbes.H faut dire qu\u2019en cette fin de XVIIe siècle houleuse, la Justice du roi Jacques II d\u2019Angleterre ne plaisantait pas avec les rebelles partisans du Duc de Monmouth, fils naturel du roi Charles II qui cherchait à s\u2019emparer du trône de l\u2019usurpateur.Prisonnier à la Barbade, Peter Blood rencontrera celle qui allait donner son nom à son navire et dont le souvenir ne le quittera plus: Arabella, la nièce du colonel Bishop.Notre aventurier ne tardera pas à s\u2019échapper avec plusieurs de ses compagnons d\u2019infortune en s\u2019emparant d\u2019un galion espagnol.Devenu pirate, il aura tôt fait de faire parler de lui et de mettre les antilles sens dessus dessous, s\u2019emparant de butins fabuleux, capturant des espagnols, s\u2019alliant avec Levasseur, un Français avide à qui il fera payer cher sa trahison, et délivrant au pas- sage quelque belle jeune femme de noblesse anglaise.Plus tard, il entrera au service du roi Jacques pour sauver son navire et ses compagnons avant de s'allier à la France sous le règne du roi Louis et de rentrer dans le rang pour servir sa patrie à l\u2019avénement de Guillaume III au trône d\u2019Angleterre.Comme tout roman picaresque digne de ce nom, le procédé et la structure en sont simples et efficaces: l\u2019histoire nous est parvenue grâce à un journal de bord, tenu par Jeremy Pitt, le lidelc sc( ond du i api taine, qui a recensé minutieusement les hauts faits de ce flibustier pas comme les autres.En 28 chapitres aux titres plus évocateurs les uns que les autres, chaque aventure nous est relatée dans un style limpide et direct comme un coup de sabre.De l\u2019action à l\u2019état pur, tips Eersonnages hauts en couleurs: Amelia, «une jeune fdle svelte et gracieuse en habit d\u2019amazone», le colonel Bishop, un gros homme à la démarche lourde et aux «petits yeux, flanquant un énorme nez flasque», de superbes navires \u2014 la Victorieuse, l\u2019Elisabeth, la Méduse ou la Baleine \u2014, des coups de fouet, des coups de feu, des coups de gueule, tout y est.D\u2019abordages en mutineries, de sabordages en actes d\u2019héroïsme, ce roman navigue dans les mers du Sud à grand renfort de coups de main et de grands sentiments.Au menu de ce festin de pirate: amour, amitié, honneur, courage et liberté.Ça claque, ça tire, ça tue à tour de bras, ça explose à toutes les pages et on en redemande.Au cœur de la tourmente, deux êtres mus par des sentiments sublimes se détachent, flottant au-dessus du commun des mortels.Deux personnages exceptionnels qui réussiront finalement à s\u2019aimer après avoir levé bien des malentendus, déjoué bien des pièges et des obstacles et parcouru bien des miles.Tout est bien qui finit bien, les bons l\u2019emportent sur les méchants, et la noblesse d\u2019âme et la bravoure sont bien sûr récompensées.On n\u2019aurait pas souhaité d\u2019autre fin.>r EDIUV | Diffusion 1751, rue Richardson, suite 7519, Montréal, Qc, H3K 1G6 TéL: (514) 939-2660\tFax:(514)939-2661 Voyage au cœur du temps et de la mémoire F A N T A 3 SI N pour mon pays, la gloire et.des prunes r a n u y f a h b e : s ANTA5SIN tur mm» paya, la glaire et.dw> primo « Charly Forbes Charly Forbes ! raconte la vie d\u2019un I l fantassin avec Ig?toute la passion de l f ™ rj celui qui a accepté \u2018\"«Km d\u2019en faire le wÊf j sacrifice.C'est le ont le plaisir de vous ré s enter le de la LA FILLE DE PERSONNE Marc K.Parson, Septentrion, 261 p.ISABELLE RICHER Cette longue confession d\u2019un père à sa fille se déroule dans la Ville-Marie du dix-huitième siècle, lorsque les Montréalais s\u2019appelaient encore des Montréalistes.Au cours d\u2019une seule et longue nuit de 1745, Nicolas Personne, fils de huguenots, débarqué en NouvelleFrance en 1710 pour servir comme soldat dans les armées du roy, entreprend de raconter sa vie à sa fille Marie-Louise.Fiévreux, allongé sur son lit de mort, Nicolas Personne se confie autant par envie d\u2019exposer par le menu le récit de ses aventures dans le Nouveau-Monde que par loyauté envers une enfant dévouée qui a le droit de connaître le secret de ses origines, d\u2019apprendre enfin ce qu\u2019on lui a caché.Habilement, l\u2019auteur n\u2019établira jamais s\u2019il s\u2019agit d\u2019un monologue véritable ou si Personne se tient ce discours intérieur à l\u2019intention de sa fille qui n\u2019en saura jamais rien.Ça n\u2019a que peu d\u2019importance, le vieux soldat de 70 ans navigue, en pensée, entre les quatre femmes de sa vie dont il fera l\u2019éloge.Migwa l\u2019Indienne qui l\u2019initiera à la vie spirituelle et au côté caché des choses, Madeleine, son premier amour à son arrivée en Nouvelle-France et qui deviendra sa femme, Catherine, l\u2019amie inséparable de Madeleine, qui partagera la couche du couple et qui jouera un rôle insoupçonné et enfin Marie-Louise qui servira d\u2019interlocutrice muette dans ce voyage au coeur de la mémoire et du temps.Cette vérité que Nicolas Personne tient tant à dévoiler à sa fille, et qui ne surviendra qu\u2019à la dernière ligne de la dernière page, ne sert que de beau prétexte pour faire un saut dans le passé, dans cette époque encore mal connue et pourtant de mieux en mieux exploitée par les auteurs québécois (que l\u2019on pense seulement à la trilogie de Chrystine Brouillet).La fiction permet d\u2019y accéder par un chemin engageant, moins aride que le livre d\u2019histoire.Après la lecture de La fille de Personne , on balaie le Vieux-Montréal d\u2019un nouveau regard.«Le fleuve, deux grandes avenues parallèles, dix rues perpendiculaires, deux cents petites maisons de bois et de colombages et vingt-sept de belles pierres grises, pas une de plus, et l\u2019église Notre-Dame.» Parson profite de cet épisode romancé pour y aller de quelques messages très à-propos, que d\u2019aucuns trouveront récupérateurs.En exergue, l\u2019auteur évoque «les grandes amitiés qui unirent jadis gens des nations autochtones et de la Nouvelle-France, en espérant que ce printemps revienne».Et en plusieurs endroits, Parson donne du coude aux «Anglois» qui sont sur le point de conquérir cette colonie encore «françoise» mais que bien des colons sont prêts à leur céder.Leber, ami fidèle de Personne et nationaliste avant son temps, harangue ainsi un de ses compatriotes à l\u2019appartenance chancelante: «Tu serais prêt à renonce à ton pays, à ta race, à ta langue, pour faire davantage de profit! Je le sais! Tu serais prêt à nous vendre à l\u2019Angleterre, traître!».Le texte, truffé de considérations Les Faucons de Mogador Bob Oré Abitbol Le lancement aura lieu le mardi 21 juin à 18 h.Centre des Arts Saidye Bronfman 5151, chemin Côte-Ste-Catherine dans le cadre du XU' festival Sépharade de Montréal du 18 juin au 3 juillet 1994 Marc K.Parson La Fille de Personne DEPARDIEU qui, deux cents ans plus tard trouvent toujours leur écho, se lit avec plaisir malgré un essouflement au milieu du récit.Marc K.Parson fait d\u2019un roman dit historique, un roman-héritage, une réflexion sur la vie et les différentes formes que prennent l\u2019amour.militaire de carrière qui se confie en souvenir de ses camarades du Régiment de Maisonneuve et du Royal 22e Régiment.456 pages, illustré, 2*) S Let édition» du Septentrion.1300, GIT 1Z3 * Télécopieur: (418) 527-4978 Mj ire.Edipresse En vente chez votre libraire I.K 0 K V 01 H .I.K A M K IM I K K T I) I M A X (\u2019 Il K I I» .1 I' I X I il il I I\tv\tR\t \tV\tn\tI / «¦¦¦« imiliM ¦¦su is > usa iinmiiiiiiHi Illlllilliailiii ,mnaii|inaiHR ihnmiiiihi iiiniMiin Rim»l*lDU iiiiHinin v- V\t¦ immiBiifl SBESBBSlBlSt «amant!®®® \\ '¦ Ii» Place Ville-Marie dans toute sa splendeur.PHOTO FRANÇOIS POCHE ( Voyage au fil de Pile ; MONTREAL, UN PARFUM D ÎLES ' Photographies de François Poche, , textes de Louis Caron; , \u201déditionsStanké, 144pages, .i,\t60$ (édition bilingue) PASCALE MILLOT Si ce n\u2019étaient les ponts qui font le cauchemar des automobilistes, ' oh oublierait peut-être que Montréal est une grande étendue de terre po-, sée sur un gigantesque fleuve mouvant.C\u2019est cette situation si particulière - (Jui donne sa couleur, son âme et sôh parfum à Montréal - qu\u2019ont voulu capter, ensemble, les deux artistes responsables de ce très bel ouvrage : Montréal, un parfum d\u2019îles.Ce livre-là est né d\u2019une rencontre.Celle de deux hommes : Louis Ca-rtm et François Poche.Le premier, oh' le connaît bien.A 50 ans, ce fils littéraire de Jean Giono nous a déjà 1 livré des romans qui nous parlent de nos ancêtres et de nos racines.Des romans qui racontent la petite histoire de personnages intenses perdus au milieu de la grande, celle du Québec et de l\u2019Amérique : Le Coup de poing, Les Fils de la liberté, I/i Tuque et le Béret, Le Bouleau et L\u2019Epinette.Des romans d\u2019odeur, celle de la terre et du bois.Des livres qui nous touchent parce qu\u2019ils recèlent quelque chose d\u2019essentiel.Le second, on n\u2019en avait encore jamais entendu parler.Normal, c\u2019est un photographe français et sa carrière commence à peine.Il a pourtant déjà sillonné une bonne partie du monde à la recherche des images qui composent son univers et connaît bien le Québec pour y avoir vécu pendant quatre années.Pour réaliser son projet, il a parcouru la ville, souvent, à chaque sai- son, à toute heure du jour et de la nuit.Forcément, il voulait tout voir et tout montrer.Car, autant le dire, ses images sont celles d\u2019un voyeur: Montréal y est captée dans toutes les positions, dans ses recoins les plus intimes, sous des angles inconnus, parfois incongrus, souvent émouvants.Sous la neige, la pluie, les feuilles.Par moins 25, par plus 30, ce petit bonhomme à la moustache touffue et aux yeux rieurs, a photographié, sans relâche, dénichant de son regard avide des lieux bizarres, inédits, des personnages, des couleurs et des lumières particulières.Résultat: plus de 1000 images panoramiques \u2014 un procédé particulièrement adapté au projet puisqu\u2019il permet de saisir le maximum d\u2019horizontalité - parmi lesquelles il a dû en choisir une soixantaine.Le romancier entre en jeu Et c\u2019est là que le romancier entre en jeu, avec ses histoires.Louis Caron habite Montréal depuis plus de 30 ans et a superposé à la vision du photographe sa propre perception de son île.Car le sentiment d\u2019insularité à Montréal est subtil, léger, sensuel comme les mots que l\u2019auteur est venu poser sur les images de François Poche.Pour mieux rendre l\u2019ampleur de la vision et en redoubler l\u2019acuité.Présentés en alternance et en rythme avec les photographies, les textes sont simples: une journée dans la ville.Une journée comme toutes les autres dans la vie de gens qui vivent et travaillent à Montréal, les mêmes peut-être que ceux qui ont été captés, le plus souvent à leur insu, par l\u2019œil du photographe.Un jour ordinaire, de 7h30 du matin, alors que Germain parcourt «la ville rose dans la lumière du matin» au volant de sa camionnette GMC Ventura Diesel, jusqu\u2019aux petites heures de la nuit, quand des policiers accompagnent un jeune homme blessé aux urgences, et qu\u2019«à l\u2019étage de l\u2019obstétrique, une femme venait de donner naissance à son premier enfant C\u2019était une fille.» Quatorze textes en tout, quatorze histoires, «quatorze moments, comme autant d\u2019îles dans une journée de la ville», nous dit l\u2019auteur dans sa préface.Ajoutons enfin que toutes les photographies sont elles-mêmes légen-dées par Louis Caron et que ces légendes sont autant de petites chansons à la gloire de la ville.Certaines empreintes d\u2019une intense poésie «Des taches de vie, sur le gris infini de la ville engourdie», d\u2019autres drôles ou profondément humaines: «Un coup de brosse, un coup de balai, un coup de grattoir, un coup de cœur».Mais ce qui ne laissera pas de nous surprendre encore, c\u2019est qu\u2019à cette double vision viendra s\u2019ajouter une troisième: la nôtre.Et que cet enfant enfoui sous les feuilles du Mont Royal nous renverra aux automnes de notre propre enfance; et que devant les vieux endormis sur leur Bleue à la taverne de la rue Fabre, sur le Plateau, c\u2019est à notre propre vieillesse que nous penserons peut-être.Bref, que nos émotions viendront s\u2019inscrire au fil des pages et des images.C\u2019est un livre aux mille facettes comme la ville qu\u2019il évoque.Inépuisable, comme elle, parce que sans cesse renouvelé par le regard qu\u2019on y porte.Riche enfin parce que fait avec les yeux et les mots de deux amoureux de leur ville, de leur île, de Montréal.Ostende François ¦ François Maspero Le temps des Italiens «.un livre sobre, à la limite de l'épure, où chaque trait trouve sa place, sa nécessité, pour donner à l'ensemble un pouvoir d'évocation, une émotion extrême.» Bertrand Audusse, Le Monde «Ce roman, intitulé Le temps des Italiens, est d'une poésie absolue, celle qui justement ne se paie pas de mots mais de situations de beauté, et d'amour pour des personnages communs, simples.» Jacques Folch-Ribas, La Presse 144 p.?19,95$ Robert So l é William ~i Boyd I; APRES MIDI BLEU «William Boyd, trois ans après Brazzaville Plage, se glisse à nouveau dans le peau d'une femme et nous livre un roman provocant sur Manille, la médecine et l'amour.» Raymon Bertin, Voir «De l'aventure, de l'exotisme, des passions amoureuses pathétiques.un délectable suspense.» Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur 360 pages ?29,95$ fÜ Ü S'il 352 pages ?29,95$ «Robert Solé est de retour avec une deuxième épopée égyptienne, tout aussi foisonnante de hauts faits historiques, tragiques et tragi-comiques.» Andrée Poulin, Le Droit «Ce roman, d'une écriture limpide et précise, se lit avec bonheur.En ces temps de fanatisme et de menaces sur les libertés en Égypte, il est important de le lire pour mieux comprendre cet Orient tumultueux, surprenant et toujours si proche malgré tout.» Tahar Ben Jelloun, Le Monde ROBERT SOLE LE SÉMAPHORE d'Alexandrie Dan Simmons L'HOMME ROMAN ALBIN MICHEL \u2014M Acveilr.OSÂT) DEAN R.KOONTZ Roman LA CACHE Albin Michel Ooh Chunfl Nouvelles orientales et désorientées / assaut contre /
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