Le devoir, 25 juin 1994, Cahier A
[" A SOUVERAINETE OU QUEBEC ,X^4 >1 V\".LES ARTS Du blues à la pelle PAGEC 1 LIVRES Stevenson sur les chemins de la liberté page co L'ÉCONOMIE La dollar américain en chute continue PAGE B 3 CAHIER SPÉCIAL L'Acadie invite le monde PAGE I) 1 Jean Dion ?PERSPECTIVES Partie remise \\ A Ottawa, le vrai match se jouera à Vautomne Pour le Bloc québécois, la dernière session parlementaire aura été un camp d\u2019entraînement en vue du vrai match, estimait cette semaine Lucien Bouchard.11 aurait pu faire la même observation à propos du gouvernement, de la Chambre des communes et du pays tout entier.Jean Dion e serait utiliser le plus usé des clichés que de dire que le Canada se trouve à la croisée des chemins.Si l\u2019on s\u2019en remet aux analyses de tout acabit, il l\u2019aurait en effet été presque tous les jours depuis 30 ans.\u2022 Mais on doit quand même constater qu\u2019à Ottawa, la «planche à dessin» aura rarement été aussi encombrée et l\u2019œuvre qui en résultera aussi floue.Dans la quasi-totalité des secteurs, des changements de fond .\tont été promis et leur réalisation s\u2019annonce au mieux pénible.C\u2019est cet ordre du jour ambitieux qui fait dire aujourd\u2019hui que la vraie partie reste à venir, et pas seulement sur le front de la souveraineté.Que l\u2019ajoumement des travaux des Communes laisse un sentiment d\u2019inachèvement.Normal, pourra-t-on objecter, de la part d\u2019un gouvernement qui n\u2019est installé que depuis huit mois après dix ans de purgatoire.Dès le départ, les libéraux ont montré leurs cartes et fait des gestes spectaculaires: hélicoptères, Pearson, un peu plus tard le tabac et le Collège de Saint-Jean.Mais la timidité observée ailleurs au fil des semaines, à commencer par ce budget qui prévient que les choix viendront plus tard, semble témoigner moins de la prudence que de l\u2019ampleur de la tâche.En fait, ce gouvernement consulte comme on n\u2019a jamais consulté.Immigration, santé, autonomie gouvernementale autochtone, TPS, justice, programmes sociaux, affaires étrangères, pensions alimentaires, défense?On forme des comités, confère des mandats, tient des audiences, vous demande ce que vous en pensez.Le Journal des débats fourmille d\u2019allusions aux études, examens, révisions ou discussions passés, présents ou futurs.Pour certains, il s\u2019agit là d\u2019un comportement hautement démocratique.Pour d\u2019autres, un aveu flagrant d\u2019indécision qui confine à l\u2019incompétence.Chose certaine, le Canada se parle beaucoup à lui-même par les temps qui courent.Les résultats ne sont pas toujours probants, comme le démontrent les frictions avec les provinces, les délais encourus dans la plupart des grands dossiers de réforme.Pour le Bloc, c\u2019est la preuve inespérée qu\u2019il n\u2019y a rien à faire.L\u2019opposition officielle qui soulève le plus d\u2019opposition depuis la Confédération a joué tout du long sur cette ambiguïté, dénonçant sans retenue un gouvernement qui n\u2019arrive pas à faire fonctionner les choses tout en souhaitant d\u2019évidence que les choses ne fonctionnent pas.Là où on attendait les terribles réformistes et leur gros bon sens, ce sont d\u2019ailleurs les bloquistes qui ont forcé l\u2019admiration dans ce Parlement.Cordée serrée autour d\u2019un chef à l\u2019habileté déconcertante et de quelques lieutenants fiables, cette équipe moyenne \u2014 comme le sont toutes celles qui sont issues de vagues électorales \u2014 a trouvé son nid dans la récupération de tout ce qui passait: grogne dans les autres provinces et au sein du gouvernement Johnson, difficultés économiques, etc.Même la francophonie hors Québec, c\u2019est tout dire, a fait partie de son arsenal.Opportunisme?Plus candides, les réformistes ont de leur côté joué à fond, et pas toujours avec doigté, la carte populiste qui les avait conduits à Ottawa.L\u2019inexpérience, jointe à la croyance ferme et un peu naïve en la possibilité de nettoyer la maison de fond en comble à partir des banquettes de l\u2019opposition, a cependant joué en leur défaveur.On pourrait déplorer jusqu\u2019à demain matin que les Communes soient, au point de vue médiatique en tout cas, une affaire de style davantage que de substance, la chose demeure.La troupe de Preston Manning, de laquelle se sont démarqués en fin de parcours quelques députés aux interventions mordantes, ne peut que gagner à le comprendre.A cet égard, le récent débat sur l\u2019unité nationale commandé par le Reform indique que le parti est disposé à sortir de la cage de la criminalité, de l\u2019immigration et des thèses simplistes en matière de dépenses publiques dans laquelle il s\u2019est enfermé.Cela dit, la présence de deux partis dits régionaux a facilité la tâche des libéraux, dont la lune de miel se poursuit.Mais l\u2019automne s\u2019annonce chaud.Ce 35e Parlement a, jusqu\u2019ici, attendu.Or, plus l\u2019attente est longue, plus l\u2019exaspération est grande.Ça promet.INDEX\t\t Agenda\t\t.Cil\t Les Arts\t\t\tCl\t Avis publics.\t\tB8\t4 * Classées\t\t.B9\t4 4 * 4 Économie\t\t.Bl\t Éditorial\t\t\tMÉTÉO Le monde\t\t\tPluie intermittente cessant en Mots croisés.\t.B9\tsoirée.Risque d\u2019orage.Max.20 Les sports\t\t.B10\tDétails en B9 LUNDI Interview du philosophe Alain Finkielkraut Une fête dans la bonne humeur PHOTO JACQUES NADEAU Le défilé de la Saint-Jean à Montréal aura été cette année celui des messages plus ou moins publicitaires.Sous une affiche à caractère politique, ce cracheur de feu fait la réclame des Médiévales qui se tiendront à Québec cet été.Du monde, peu d\u2019effusion, beaucoup de pub STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Des dizaines de milliers de personnes se sont massées rue Sherbrooke, hier, à Montréal, pour assister au traditionnel défilé de la Saint-Jean, pendant que dans les quartiers de la métropole, comme un peu partout au Québec, on célébrait aussi la Fête nationale des Québécois.Le défilé s\u2019est déroulé dans le calme, la sobriété et la bonne humeur de circonstance.Il n\u2019a cependant pas déclenché d\u2019effusion de patriotisme comme cela s\u2019était passé au lendemain de la mort de l\u2019accord constitutionnel du lac Meech, en 1990.Avec cet événement, le Comité de la Fête nationale de la Saint-Jean voulait mettre en valeur l\u2019originalité et la couleur des différentes régions du Québec.En fait, le défilé avait davantage des allures de gigantesque «plogue» publicitaire.Une douzaine de régions du Québec en ont profité pour faire mousser leurs activités touristiques.Le ton était donné dès l\u2019ouverture avec une parade de colonnes Morris, où étaient collées les affiches des différentes activités estivales de la région métropolitaine (MAX, le Festival Bell Juste pour rire, etc.).Elles précédaient de peu un VOIR PAGE A 8: DÉFILÉ Les Français accueillis en sauveurs au Rwanda D\u2019APRÈS REUTER ET AFP ' T uit mille Tutsis à l'ouest du Rwanda ont accueilli en .71 sauveurs les premiers soldats français arrivés hier c ans un camp de réfugiés dans le cadre de l\u2019opération Turquoise, à laquelle six pays européens ont promis leur soutien logistique et humanitaire.Le camp de Nyarushishi est situé en bordure de la ville rwandaise de Cyangugu, à l\u2019extrémité méridionale du lac Kivu, face à Bukavu (Zaïre).«Nous sommes maintenant en sécurité et c\u2019est au tour de nos ennemis d\u2019avoir peur», s\u2019exclame Florentine, une enseignante réfugiée dans ce camp érigé de bric et de broc au beau milieu de la végétation luxuriante d\u2019une plantation de thé.«Les réfugiés étaient un peu sur leurs gardes à notre arrivée car des gens leur avaient dit que nous venions les tuer», a expliqué le colonel Didier Thibaut qui s\u2019est installé au camp de Nyarushishi avec une trentaine d\u2019hommes de la onzième division parachutiste.Mais au terme de la première nuit, Marie la Tutsie, dont les deux bébés ont été tués par les miliciens hutus, a confié : «Pour la première fois depuis des semaines, j\u2019ai vraiment dormi.» Par ailleurs, les troupes françaises ont découvert «quelques fosses communes» dans le sud-ouest du Rwanda, une région contrôlée par l\u2019année gouvernementale où les patrouilles françaises n\u2019avaient rencontré hier t aucune résistance.\t* Les soldats français ignoraient l\u2019appartenance ethnique tant des victimes que des auteurs des tueries, a indiqué à Paris le général Raymond Germanos, adjoint au chef d'état-major des armées.Ce responsable n\u2019a pas été en mesure de préciser le nombre de corps abandonnés dans ces fosses.Le Front patriotique rwandais (FPR, rébellion de la mi- Les troupes ont découvert quelques fosses communes VOIR PAGE A 8: RWANDA VOIR AUSSI ¦ Les Français sauvent la mise, par François Brousseau.A 5 LE MONDE Deux visions de PUkraine s\u2019affrontent aux urnes Une analyse de Paule Robitaille à la veille des élections présidentielles PAGE A 5 Les étranges et édifiantes aventures d\u2019un oniromane LOUIS HAMELIN 1- Dr Rémi Fassol, phumiste Ils ont fait des expériences avec les chats: ils les réveillaient toujours à l\u2019apparition des premiers mouvement d\u2019yeux rapides, pour les empêcher de rêver.Certains disent que les chats sont morts, d\u2019autres qu\u2019ils sont devenus fous.Je m\u2019appelle Rémi Fassol.Tout a dérapé le jour où je me suis retrouvé tout nu dans la me.Maintenant je ne rêve plus, je vais devenir foù, je sais que je suis déjà mort J\u2019ai été perdu par une faute en apparence innocente.Oui, j\u2019ai tué mon frère et exhibé mon anatomie.Adrénaline avait raison: je suis allé trop loin.Ce que j\u2019ai vu ici-bas, il n\u2019est permis à personne de le voir.Par le moyen de ces aveux écrits, j'espère éviter à d\u2019autres de commettre les mêmes erreurs, les mêmes abus.Au-dessus de l\u2019abîme où j\u2019attends en ce moment un juste châtiment, je n\u2019aspire plus qu\u2019à servir d\u2019exemple public, comme un pendu livré aux corbeaux à la sortie d\u2019une ville.Le sentiment d\u2019avoir contribué à la préservation des valeurs et des principes qui sont garants de notre prospérité économique suffira à atténuer les rigueurs de mon expiation.Il y a un enfer qui est à la mesure de chacun, pire que les drogues, le suicide et la bactérie phagédénique: c\u2019est l\u2019enfer du rêve.?Les problèmes ont commencé quand ma conscience s\u2019en est mêlée, empiétant ainsi sur un domaine dont l\u2019accès lui avait toujours été interdit.Je me souviens à peine de la première fois où ça s\u2019est produit Avant je glissais dans le som- VOIR PAGE A 8: AVENTURES Pour vos fins de semaine d\u2019été, Le DEVOIR vous présente, en grande primeur chaque samedi, ce feuilleton exclusif de Louis Hamelin, la chronique des mésaventures de Rémi Fassol, l\u2019homme qui n\u2019était plus capable de cesser de rêver.Prix du Gouverneur général en 1989, Hamelin a publié trois romans: Cowboy, Ces spectres agités, et La rage.Ces textes de Hamelin sont illustrés par Bruce Roberts, dont les dessins se retrouvent aussi dans les pages de la section Plaisirs du DEVOIR, le vendredi.UUPU : \u2022-i'ÙY'P*?, » i A 2 i.v, it t: v o i it i.t: M K I» I 'i à k t n I M a x (' II I-: .1 r i \\ i » ii i Casino: 3000 emplois pour Kahnawake, disent les promoteurs LE DEVOIR C\u2019est dans une semaine jour pour jour que le Conseil de bande de Kahnawake saura si, oui uu non, les Mohawks de la communauté veulent un casino de 153 millions de dollars dans leur réserve.Ce projet, largement discuté dans la communauté depuis deux ans, connaîtra son dénouement le 2 juillet pro-chain, alors qu'aura lieu un i.l< i.i u lui m mu In question.Encore aujourd\u2019hui, le projet divise la population, les opposants craignant une montée de la criminalité alors que les promoteurs multiplient les chiffres sur l'importance des retombées économiques du casino.Ces dentiers étaient à l\u2019œuvre hier (huis le cadre d\u2019une vaste opération destinée à convaincre la population que l'occasion est trop belle pour la laisser aller: création de 1150 emplois lors de la seule phase de construction du casino, de 2000 autres lors de son ouverture \u2014 20 mois plus tard \u2014 création d\u2019une masse salariale mutuelle de 60 millions de dollars, injection de 50 millions de dollars supplémentaires dans l\u2019économie québécoise grâce aux touristes.Plusieurs kiosques d'information ont été érigés hier sur le territoire de Kahnawake.Ils y demeureront jus- qu\u2019en fin d\u2019après-midi aujourd'hui pour permettre aux ci- tseift\" toyens de discuter avec le Conseil de bande, parrain du projet, et des représentants du consultant américain Grand Casinos \u2014 dont les services ont été retenu?pour mener à bien le projet.Des Amérindiens vivant aux Etats-Unis dans des réserves où un casino est déjà en exploitation \u2014 dans certains cas depuis dix ans \u2014 étaient aussi sur place pour discuter des possibilités d\u2019emploi résultant de la mise en œuvre d\u2019un tel projet L\u2019avènement d\u2019un casino dans une réserve indienne serait une première au Canada, mais devra, advenant un oui au référendum, recevoir l\u2019assentiment du gouvernement fédéral.cn attire PROGRAMME DE SUBVENTION D'HYDRO-QUÉBEC Le jumelage de Virage Rénovation et d'Option Bi-énergie permet à la clientèle du secteur résidentiel d'Hydro-Québec de bénéficier à la fois d'une aide financière de la Société d'habitation du Québec ainsi que d'une subvention d'Hydro-Québec pour l'installation d'un système bi-énergie.Faites comme plus de 100 000 Québécois et optez pour le système de chauffage le plus économique.La bi-énergie s'inscrit dans le cadre du vaste Projet d'efficacité énergétique d'Hydro-Québec.Service à la clientèle Option bi-énergie 1 800 563-2111 Hydro-Québec unx (/'énergie S s La Sao Joao ¥ m m Feux de la Saint-Jean improvisés à la place d\u2019Youville Casse à Québec: les policiers utilisent les gaz lacrymogènes RÉMY CHAREST La Saint-Jean s\u2019est terminée dans les larmes, jeudi soir, dans la Vieille Capitale, alors que les forces policières dispersaient à l\u2019aide de gaz lacrymogènes les quelques centaines de jeunes encore rassemblés à la place d\u2019Youville vers trois heures du matin.Bilan de l\u2019opération: quelques vitrines brisées, vingt-trois arrestations, un policier blessé et deux auto-patrouilles incendiées.Pourtant, tout avait commencé dans un calme exemplaire, que même les services policiers de la Ville de Québec avaient applaudi tout juste après la fin du spectacle et du feu de joie des plaines d\u2019Abraham.Vers 22h, une foule estimée à 35 000 personnes s\u2019était rassemblée devant le spectacle de Sylvie Tremblay, Sylvie Paquette et Luc de Larochellière.Rien ne distinguait alors l\u2019événement d\u2019un soir de Festival d\u2019été: les parents promenaient leurs petits enfants sans souci; les spectateurs finissaient tranquillement leur bière avant d\u2019entrer sur le site, aux abords duquel on fouillait minutieusement les nouveaux arrivants; le son des haut-parleurs lui-même n\u2019aurait pas eu de quoi déranger un club de l\u2019âge d\u2019or.C\u2019est à peine si l\u2019on voyait l\u2019ombre d\u2019un drapeau fleurdelisé ou la trace d\u2019une éventuelle fièvre préréférendaire.Si la fête était un peu plus animée le long des fortifications, ornées d\u2019un chapelet assez dense de fêtards de la porte Saint-Louis à la place d\u2019Youville, rien ne laissait toutefois présager les échauf-fements survenus après que presque tout le monde fut allé se coucher.Selon la version policière, les ennuis ont commencé vers trois heures du matin, alors qu\u2019une auto-patrouille est entrée sur la place d\u2019Youville, avertie par une passante qu\u2019un indivi- du s\u2019en prenait à la porte vitrée d\u2019un édifice à bureaux.Voyant l\u2019importance de la foule encore sur place, les deux agents ont appelé des renforts et deux autres voitures sont rapidement arrivées.Les forces de l\u2019ordre ont alors été accueillies par une pluie de projectiles divers et un policier a été légèrement blessé par du verre cassé.Les six agents ont alors décidé de battre en retraite: une seule voiture a réussi à se frayer un chemin, les deux autres étant abandonnées sur place pour être incendiées par les émeutiers.L\u2019arrivée subséquente d\u2019une cinquantaine de policiers devait finalement mettre fin à l\u2019agitation, grâce à l\u2019utilisation de six grenades lacrymogènes «qui ont eu l\u2019effet escompté», selon un porte-parole de la police.Au total, l\u2019intervention a donné lieu à vingt-trois arrestations, la plupart suivies d\u2019accusations de désordre et méfait.Hier matin, on s\u2019affairait à ramasser la masse considérable de débris ornant la place et à réparer la dizaine de vitrines et l\u2019abribus endommagés la veille dans le seul secteur sud de la place d\u2019Youville.Aucun dommage n\u2019était visible au delà de la place et aucun vol n\u2019avait été signalé aux policiers: derrière une des fenêtres brisées, tout l\u2019équipement d\u2019un bureau, ordinateurs compris, était à sa place, apparemment intact La jeunesse colorée qui s\u2019installe habituellement dans le secteur avait repris sa place et personne ne semblait vraiment se formaliser de ce qui s\u2019était passé la veille.«J\u2019sais pas trop comment c\u2019est parti, mais c\u2019est parti pour de vrai», disait l\u2019un deux avec un sourire amusé sur les lèvres.Quelques histoires à raconter, mais pas de quoi s\u2019énerver, semblait-on penser là.PHOTO PC Place d\u2019Youville, une auto-patrouille dans de beaux draps.L\u2019école est finie.VACANCES POUR FILLES ET GARÇONS 6-16 ANS Équitation ski nautique Voile canot escalade etc.Séjours disponibles en juillet et août fin de semaine et semaine Base de plein air St-Jovite / Mt-Tremblant l -800-265-CAMP Base de Plein Air St-Jovite/ Mt-Tremblant t:.P.515.SAINT-JOVITE (QUÉBEC) JOT 2110 Compressions dans la fonction publique Paradis prédit l\u2019hécatombe si le Québec fait l\u2019indépendance LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR PHOTO AP AU PORTUGAL, on dit la Sao Joao.Ici, le président portugais Mario Soares essuie sur la tête des coups de marteau en plastique en faisant sa traditionnelle promenade dans le quartier historique de la ville de Porto, dont Saint-Jean est le patron.Outre qu\u2019ils en profitent pour frapper les politiciens, les résidants de la ville marquent cette fête annuelle en mangeant des sardines grillées.Le ministre de l\u2019Environnement et de la Faune (MEF), M.Pierre Paradis, a utilisé, jeudi, la divulgation administrative des compressions dans son ministère comme plate-forme politique m prédisant que l\u2019accession du Québec à l\u2019indépendance provoquerait une hécatombe au moins équivalente à celle qui a fait disparaître, ce jour-là, 4000 postes dans la fonction publique.M.Paradis a fait enregistrer, mercredi dernier, sur bande vidéo, la présentation que lui-même et son sous-ministre, M.Jean Pronovost, ont faite du plan de compressions devant les principaux cadres du MEF.Cette bande, dont LE DEVOIR a obtenu copie, a été envoyée dans les directions régionales où elle a été passée devant les employés, fort inquiets du sort de leurs emplois.Après avoir expliqué que plusieurs centaines d\u2019emplois allaient disparaître et que l\u2019enveloppe budgétaire du MEF diminuerait de 15 % dans le cadre d\u2019un plan global de compressions de 500 millions de dollars, le ministre a invité les employés du ministère à réfléchir aux conséquences de l\u2019indépendance du Québec.Les «coûts de l\u2019option politique de l\u2019autre formation politique», a-t-il dit, vont atteindre, dans la meilleure des hypothèses, les 500 millions de dollars par an, a-t-il dit, soit «l\u2019équivalent de nos coupures (sic)».Affirmant puiser ce chiffre dans le rapport de la commission Bélanger-Campeau, M.Paradis a noté que l\u2019hypothèse «pessimiste» évoquée dans ce rapport parlait de coûts pouvant atteindre cinq milliards de dollars.Le ministre n\u2019a pas indiqué devant les employés de son ministère, qui cherchaient tous à savoir s\u2019ils étaient du nombre des victimes, que les coûts évoqués par la commission Bélanger-Campeau n\u2019étaient pas de même nature que la ponction budgétaire annoncée jeudi.M.Paradis, qui semblait déjà en campagne électorale, a aussi voulu miner la crédibilité du Parti québécois auprès des cadres et employés de l\u2019ancien ministère du Loisir, de la t liasse et (le la Pèche (MUT), dont plusieurs rêvent encore d\u2019une remise en question de la fusion avec l\u2019Environnement advenant l\u2019élection d\u2019un nouveau gouvernement.«Relisez le programme du PQ», a lancé M.Paradis: «Ils sont contre la fusion parce qu\u2019ils trouvent qu\u2019on n\u2019a pas assez fusionné!» Rappelant les commentaires de l\u2019opposition après la fusion de janvier, le ministre a noté que le Parti québécois n\u2019a pas dénoncé cette fusion mais l\u2019a jugé trop étroite parce qu\u2019elle englobait pas le ministère des Richesses naturelles.«On n\u2019est pas prêts à s\u2019en aller de ce côté parce que les lobbies y sont beaucoup plus forts, beaucoup plus puissants», a-t-il dit en notant que forestiers et papetières dominent le sec- teur et ses politiques.Pour une ges-ablei tion véritablement intégrée de l\u2019environnement, a admis le ministre, une aussi vaste fusion pourrait s\u2019avérer souhaitable et il a prédit qu\u2019elle sera probablement réalisée un jour.«Mais pas tout de suite, a-t-il dit on ne fait pas encore le poids pour jouer dans cette ligue-là.» M.Paradis a bombé le torse fièrement en annonçant, DEVOIR en mains, que la coupure budgétaire de 30 millions de dollars et les «400 à 500 postes» dont «tous» avaient lu l\u2019abolition, en manchette ce matin-là, se limitaient finalement à beaucoup moins, soit à 15 millions de dollars au total.Il a laissé à son sous-ministre le soin de préciser que 365 personnes allaient perdre leur emploi au MEF, un chiffre auquel s\u2019ajoute la disparition du contentieux juridique de Montréal, une réduction comptabilisée dans le budget de la Justice malgré ses impacts sur la politique de renforcement de la loi, présentée jusqu\u2019ici par M.Paradis comme la marque de commerce de son administration.Pour les avocats de tout le milieu environnemental, la disparition du contentieux environnemental de Montréal déséquilibre dramatiquement le rapport de force technique en faveur des grands pollueurs, qui s\u2019offrent en général la crème du secteur privé.E N BREF ?JEUNE FILLE DISPARUE Le Service de police de la CUM prend très au sérieux la disparition, dans la nuit de mardi à mercredi, d\u2019une jeune fille de 19 ans, Mélanie Cabay.Personne ne l\u2019a vue depuis qu\u2019elle s\u2019apprêtait à rentrer chez elle, rue Bélanger, dans l\u2019est de la ville, après une soirée passée avec des amis.Elle devait prendre l\u2019autobus à l\u2019angle des rues Basile-Routhier et Fleury, vers lh30 mercredi matin, mais elle n\u2019est jamais montée à bord du véhicule.Les parents et les amis de la jeune fille sont unanimes à rejeter la thèse de la fugue.Les policiers ont ratissé le secteur, en vain.Aucune piste sérieuse n\u2019est pour le moment retenue.Mélanie Cabay est la petite-fille du comédien Marcel Cabay.SOMALIE: LIEUTENANT-COLONEL ACQUITTE Petawawa, Ontario (PC) \u2014 Le lieutenant-colonel Carol Mathieu, qui fête aujourd\u2019hui son quarante-cinquième anniversaire de naissance, a une raison de plus de célébrer: il a été acquitté hier d\u2019avoir désobéi aux ordres alors qu\u2019il commandait le régiment canadien aéroporté en Somalie, en 1993.La cour martiale a délibéré huit heures avant de rendre son verdict de non-culpabilité.Le colonel Mathieu était le plus haut gradé militaire à avoir été accusé à la suite de la mission controversée du régiment en Somalie.Il était accusé de négligence dans l\u2019exercice de ses fonctions pour avoir dit à ses soldats qu\u2019ils pouvaient tirer en direction des jambes des Somaliens qu\u2019ils surprenaient à piller le camp canadien à Belet Uen.Le dos bien droit, sans sourire, le militaire a déclaré aux journalistes, peu de temps après l\u2019annonce de la décision de la cour martiale, qu\u2019il n\u2019avait jamais douté de son acquittement.Découverte d\u2019une bactérie coliforme fécale Autour du mont Royal, il faut faire bouillir son eau MARTINE TURENNE LE DEVOIR Les citoyens demeurant autour du mont Royal doivent faire bouillir leur eau cinq minutes avant de la boire, une bactérie coliforme fécale ayant été découverte hier à même un robinet dans un bâtiment du secteur.La mise en garde de la Ville de Montréal s\u2019adresse aux résidants du périmètre délimité par le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, l\u2019avenue du Parc, l\u2019avenue des Pins, The Boulevard et la rue Victoria.L\u2019avertissement demeure en vigueur au moins jusqu\u2019à demain matin, le temps que les inspecteurs de la Ville aient recueilli des échantillons parfaits à divers endroits du secteur durant deux jours complets, tel que le veut la réglementation.La bactérie retrouvée n\u2019est pas dangereuse, mais elle peut provoquer des troubles digestifs.«On prend toujours ça au sérieux, dit Camille Charest, surintendant des usines de traitement des eaux de la CUM.Même si la bactérie retrouvée n\u2019est pas virulente.» Elle n\u2019a rien de commun, par exemple, avec celle qui a frappé la ville de Milwaukee l\u2019an dernier, causant la mort de 100 personnes et rendant malade quelque 400 000 citoyens.«La nôtre donnera des maux de ventre, tout au plus», ajoute Camille Charest.Conformément à la loi, le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que différents organismes de santé ont été avertis.Aucun cas de troubles digestifs n\u2019a cependant été signalé.Cela fait au moins quatre ans qu\u2019aucune bactérie n\u2019a été retrouvée, lors des inspections quotidiennes d\u2019eau potable.Camille Charest ne s\u2019avance pas sur son origine, mais il ne croit pas quelle ait de lien avec la récente canicule.Il soupçonne toutefois que le robinet où a été retrouvé la bactérie n\u2019ait pas été tout à fait propre.On ignore aussi si la bactérie est localisée où si elle s\u2019est déjà répandue à d\u2019autres secteurs, comme ce fut le cas il y a quatre ans.Mais Camille Charest estime que le périmètre délimité par la Ville est «largement sécuritaire».r [nrkTk* /fan prochain Lv< Y # n \\ V \u2019V » mm mm jrGmVV *?>« f-~ Ce commentaire, fait dans la foulée! du char allégorique de Lanaudiè-re, appartient à Pauline Martin.Elle coanimait le défilé pour Radio-Canada,\u2019 avec Claude Quenneville.Ce ne fut pas lumineux.Ça se voulait, semble-t-on comprendre, léger et drôle.' Dans la nie, le journaliste André Robitaille en mettait beaucoup, plus certainement que le client \u2014 le téléspectateur \u2014 en demandait.Il se dandinait de gauche et de droite, se mettait à quatre pattes avec les dinosaures du char allégorique de Laval, montrait ses espadrilles neuves, bréf, faisait n\u2019importe quoi pour nous montrer qu\u2019il s\u2019amusait beaucoup.Pour sa part, Marie Plourde s\u2019est installée au parc Maisonneuve et a fait quelques entrevues avec les vedettes du spectacle de soirée.Encore là, bonjour la «plogue».Si elle n\u2019a pas mentionné au moins dix fois que le spectacle serait diffusé à la radio Cité Rock Détente, elle ne l\u2019a pas mentionné une fois.C\u2019est énervant à la fin! La réclame publicitaire remplace-t-elle, désormais, le commentaire politique?Il n\u2019y a qu\u2019une seule chose sur laquelle tout le monde insiste, c\u2019est la participation des communautés multiculturelles à la fête et à la vie du Québec.«Le Québec, dixit Claude Charron, a besoin de renfort.Il faut compter sur d\u2019autres pour élever notre nombre.» Plus tôt, le coanimateur à TVA, Richard Garneau, avait mis le journaliste Réjean Léveillée au défi de lui trouver des Russes dans la foule.Il aura trouvé, à la place, deux Algériens.Ceci dit, TVA s\u2019est mieux tiré d\u2019affaire que Radio-Canada.Il n\u2019est pas toujours facile de faire de la parlotte pendant une heure et demie, avant, pendant et après un défilé.Mais le tandem Garneau-Charron donnait moins l\u2019impression d\u2019improviser.Ainsi, en parlant des Médiévales, LIBRAIRIE LE BOUQUIN Heures d'ouverture: lundi, mardi, mercredi: 9h à 20h, jeudi, vendredi: 9h i 21h, samedi: 9h30 à 17h 395,Bout Cartier, Laval Tél.: (514) 688-6036 Fax: (514) 688-8844 Nous vendons les publications du gouvernement du Québec: -\tlois, règlements -\tlivres administrais, techniques -\tlivres d\u2019art, etc.Commandes téléphoniques acceptées.CONCESSIONNAIRE DES PUBLICATIONS DU QUEBEC que la région de Québec avait décidé de mousser en envoyant à Montréal une délégation de jeunes habillés en costume d\u2019époque, Richard Garneau a fourni quelques renseignements sur la fréquence de l\u2019événement et le nombre de touristes qui y ont participé l'année dernière.A Radio-Canada, Pauline Martin s\u2019est simplement interrogée sur l\u2019engouement pour les époques passées, pour la vie sirqple des gens.Les gens du Moyen Age aimaient aussi beaucoup fêter, poursuivit Claude Quenneville.Gens du pays, gens de party, conclut Pauline Martin.Et voilà pour les Médiévales de Québec.L\u2019on a entendu, hier, une longue publicité sur tous les événements et festivals québécois des prochains mois.Où et quand voir les dinosaures de Laval, où et quand assister aux régates de Valleyfield, où et quand se rendre au Festival de musique de Lanaudière.Un peu plus et on s\u2019ennuierait du petit Saint-Jean blond et frisé, qui défilait dans les parades d\u2019antan.Il semblait certainement plus à sa place que le bonhomme Carnaval! ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS OE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55.SMACQUES.MONTRÉAL.OUÉBEC H2V3X2 F» (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R*0*B«fC J.u muit-iM dit inlanqivltt I K It K V O I H , I.K S S M \\f.Il I K T It I M \\ .N I II K i II J IM M I H It I A partir par nuitée1 Tout prêt! \u2022Studios, suites d une et de deux chambres à coucher\t1.\u2022\tCuisines entièrement équipées\tWSËÈÊiÈÈSÊfflM&ÊÈSÊÊÊÊ \u2022\tPiscine intérieure et centre de conditionnement physique\tIff.\u2022Stationnement souterrain\t¦£- \u2022\tEnfants de 18 ans ou moins\tJÊ^Ê^mjàXjKÊgfl demeurent grc uitement\t J\t__ dans la suite de leurs parents\t_______________________ \u2022Service aux chambres et e-taurants\t§§, Tout près! \u2022Cérémonie de la Relève\t!\tn- '^Ky*Mbn de ij Garde\t^\t® \u2022Musée de l'Aviation\t\\\ty\t^ \u2022\tMusée Canadien des Civilisations IpSir\"' * .ZiMmfeqkflffi \u2022\t>ée des Beaux-Arts\t.^ \u2022G nul Ride -j et Marché Byward\trfealiwP) 'Occupation simple ou double Tarifs en vigueur du 24 juin au 5 septembre 1994 Sujet à !a disponibilité des suites ms IIS M lit!! Il iilïï Epargnez! a 10$ [gas PÉII PPHRÎ.?.PLACE MINTO SU I T E H Ô T EL Réservations: J -800-267-3377 ,(613)782-2350 À deux pas de la colline parlementaire 433 ouest ave.Laurier Ottawa, (Ontario) K1R7Y1 (613)232-2200 f* , :é ($ïii r< ÇfiïamomP Présentez cette annonce à votre arfivSfe -eOece^ez un rabais de .$10.00 sur la première nuitée de votre séjour*1 Un'tablais par séjour -seulement.Cette offre est valide du 1er juillet au 31 août 1994.¦tr'^ le devoir POLITIQUE L\u2019affaire Thibaudeau Fête nationale La Cour suprême tend l\u2019oreille Ottawa (PC) \u2014 la Cour suprême du Canada a accepté d'entendre la cause de Suzanne Thibaudeau sur l'imposition des pensions alimentaires.,^a Cour devra déterminer si Timon des pensions alimentaires ( ij(reint les droits constitutionnels des parents qui les reçoivent.Le 3 mai dernier, la Cour d\u2019appel fédérale déclarait qu'il était anliconsti-tujQonnel d\u2019obliger les parents \u2014 sur-i un des femmes \u2014a déclarer les prestations de pension alimentaire i (jimne un revenu imposable.La Cour était d\u2019accord avec Mme Thi-baudeau, une travailleuse sociale de Tràbffiwm, |M)ur trouver cette disposition discriminatoire.Ugement majoritaire de la Cour d'appel ne répondait toutefois pas à d\u2019êtres questions comme le sort ré-se/ve à la déduction d\u2019impôt accordée au parent qui verse la pension alimentaire.La Cour veut procéder rapidement dans cette affaire.Il y a une se-mâfije, le juge en chef Antonio Lamer avait indiqué que si la cause était entendue, elle le serait dès le début du mois d\u2019octobre.Il avait demandé aux avocats de se tenir prêts.Mme Thibaudeau est mère de deux enfants dont elle a la garde.Elle reçoit une pension alimentaire de son ex-conjoint pour subvenir aux be- ædes enfants.En 1989, elle déci-'entamer des démarches légales pour contester les articles de la Loi fédérale de l\u2019impôt qui stipulent que les soxjynes doivent être incluses dans le calcul du revenu.Johnson et Chrétien lancent un appel à la solidarité Les timbres à 45 cents?O ttawa (PC) \u2014 La Société canadienne des postes se propose d\u2019augmenter de deux cents (0,43 $ à 0,453) le coût du tarif-lettres de base le jer octobre 1994, la première hausse depuis près deux ans.Société des postes est en affaires pour servir la population canadienne», affirme Paul Courte-marjehe, vice-président, marketing et ventes.«Malgré cette augmentation du tarif-lettres de base, le prix actuel d\u2019un timbre-poste au Canada estTe deuxième moins élevé dans le monde industriel», précise M.Cour-temanche.La Société utilisera notamment ces revenus additionnels pour améliorer le service à la clientèle et moderniser son réseau du transport.LE DEVOIR ET PC Les premiers ministres canadien et québécois ont lancé hier un message à la solidarité des Canadiens et des ()ui I», m .i l\u2019occasion de la Fête nationale du 24 juin.Ix* premier ministre du Québec, M.Daniel Johnson, a estimé hier que la fête devait être un moment privilégié, «un temps de réflexion, auxquels le calendrier nous a < ont lés, et qui permet de faire le point sur la solidarité qui nous anime.sur des ambitions que nous caressons, sur de projets que nous envisageons».«Nous devons le faire, a-t-il signifié, au delà de toutes les divergences que la vie de tous les jours peut nous réserver.» Pour M.Johnson, la solidarité, l'unité dans l'action «sont absolument essentielles si nous voulons surmonter tous les obstacles que le monde moderne et le prochain siècle nous réservent».«Je vous convie tous, au cours des années qui viennent, à toujours garder le cap sur le progrès, le développement économique, social et culturel de la société québécoise», a-t-il conclu.M.Johnson a aussi lancé un appel au calme et à la sérénité ailleurs au pays autant qu\u2019au Québec.«L\u2019appel à la sérénité et au calme que j\u2019ai déjà lancé aux Québécois, a- t-il précisé, s'applique aussi au reste du Canada (.) On doit mettre dans notre objectif tout ce qui est vraiment important pour les Québécois, la famille québécoise et l'appui que le gouvernement du Québec doit leur accorder, sur les jeunes et la contribution que nous devons leur permettre de faire à la société québécoise.» «La discussion politique sur ce que le Canada de demain sera, sa place dans le monde, doit se faire dans la sérénité et le calme», a-t-il conclu.Pour sa part, le premier ministre du Canada, M.Jean Chrétien, a dit voir dans les célébrations de la Saint-Jean «un rassemblement afin de fêter fièrement les valeurs et les traditions qui nous unissent dans une société moderne et tolérante».«Les fêtes de la Saint-Jean témoignent du dynamisme et de la vitalité de la société québécoise et des communautés francophones, a déclaré M.Chrétien dans un communiqué.Elles constituent également une manifestation de l\u2019esprit de solidarité qui anime notre grand et magnifique pays.» «Nous avons bâti une société moderne, accueillante et tolérante qui a à cœur de veiller au respect des droits, à la promotion de la culture et à la protection du patrimoine québécois et canadiens-français», de conclure le premier ministre.PHOTOS PC Le premier ministre Chrétien, à gauche, était hier dans son comté de Saint-Maurice.Le premier ministre Daniel Johnson, qui prend quelques jours de congé, a fêté la Saint-Jean à Québec.A surveiller' samedi le 20 août : CAHIER ÉDUCATION PHOTO PC Lucien Bouchard et Jacques Parizeau: triomphants.Un défilé à saveur préélectorale ; pour les souverainistes ¦\tBouchard: le Canada dort «dans un confort artificiel» U ¦\tParizeau: une fête nationale «pas comme les autres» LAURENT SOUMIS LE DEVOIR Les milieux souverainistes ont vu hier dans la participation populaire au défilé de la Saint-Jean un signe de la victoire prochaine du Parti québécois aux élections provinciales et un encouragement à travailler fort en vue du rendez-vous référendaire.De façon générale, les déclarations à saveur partisane recueillies en cours de défilé tranchaient nettement avec les vœux plus apolitiques émis quelques heures plus tôt dans les traditionnels messages du 24 juin, fête nationale de tous les Québécois.Promettant de s\u2019impliquer personnellement dans la prochaine campagne référendaire, le leader du Bloc québécois, M.Lucien Bouchard, soulignait ainsi en cours de parcours que «Tannée prochaine sera celle des grandes décisions».Peu surpris de l\u2019hostilité à son endroit du Canada anglais, qu\u2019il estime endormi «dans un confort artificiel», M.Bouchard s\u2019est dit confiant que le reste du pays «devra accepter le résultat de la démocratie au Québec».«J\u2019ose croire que notre fête nationale sera le point de départ d\u2019un fructueux parcours de solidarité», a fait valoir le chef de l\u2019opposition officielle à Ottawa.Pour son vis-à-vis québécois, le leader péquiste Jacques Parizeau, «C\u2019est une fête nationale qui ne ressemble pas aux autres puisqu\u2019il y aura un référendum en 1995 visant à réaliser la souveraineté du Québec pour qu\u2019enfm nous puissions être les seuls maîtres de notre avenir».Selon lui, cette Saint-Jean s\u2019inscrit dans la continuité du rejet de l\u2019accord de Charlottetown en 1992 et de l\u2019élection de 54 députés souverainistes aux Communes Tannée suivante.«Cela signifie que tous nos impôts, toutes nos lois et tous nos traités seront décidés par l\u2019Assemblée nationale du Québec, une situation souhaitée par une grande majorité de la population québécoise», de soutenir M.Parizeau.Suivant immédiatement le défilé, MM.Bouchard et Parizeau ouvraient hier la marche sous une bannière pro- mettant d\u2019ailleurs aux Québécois un pays pour Tan prochain.Les deux hommes étaient flanqués du vice-président du: : PQ, M.Bernard Landry, et du député bloquiste de Lau-L rier-Sainte-Marie, M.Gilles Duceppe.Le premier disait déceler hier «une constance, un cres-1 ; cendo» dans la ferveur nationaliste des Québécois; le second la nécessité d\u2019y aller «étape par étape».«On sent que beaucoup de gens appuient notre causent sont très sympathiques, de dire M.Duceppe.Mais il faudra travailler très fort»\t_\t\" » * Refusant de se mêler aux élites du peloton de tête, le chef de l\u2019Action démocratique du Québec, M.Mario Du- ¦ mont, estimait «qu\u2019aucun chef politique ne devrait oser: ' ternir l'image de la fête en se tenant à la tête du défilé, gonflé d\u2019un orgueil démesuré et croyant être suivi par le ' Québec tout entier».\tq,.;! Au premier rang, marchaient aux côtés des leaders sou- 1 verainistes la présidente de la Centrale de l\u2019enseignement du Québec, Mme Lorraine Pagé, et le président du Fonds1 : de solidarité des travailleurs (FTQ), M.Fernand Daoust/ > Tous deux promettaient hier d\u2019être là au bon moment, 7; ;; > la première «pour battre un gouvernement qui a dilapi- -dé le patrimoine», le second «pour travailleur en faveur d\u2019une tendance lourde même si rien n\u2019est joué».\t\u2022 ' ) \\ Pour sa part, le président de la Société Saint-Jean-Bâp-\u2019 : tiste de Montréal, M.Jean Dorion, se réjouissait «de la belle affluence et de la participation multiethnique qui varie I selon les quartiers traversés».\t\u2018U Le maire de Montréal, M.Jean Doré, refusait toute conclusion politique, estimant plutôt que les réjouissances'1 d\u2019hier témoignaient de ce que les Québécois et les Mont-' \u2019 réalais peuvent faire lorsqu\u2019ils se tiennent «coude à cou-: \u2019 de».\t1 ;; Dans son homélie à l\u2019occasion de la traditionnelle mes-!.se de la Saint-Jean, l\u2019archevêque de Montréal, Mgr Jean-1 > Claude Turcotte, a profité de l\u2019Année internationale de la famille pour encourager la société «à investir» dans cette institution «d\u2019une valeur parmi les plus importantes».Élections: Bourassa risque de s\u2019en mêler Québec (PC) \u2014 Au moment du déclenchement des élections, que d\u2019aucuns prédisent pour le mois prochain, il restera toujours deux anciens premiers ministres du Québec qui pourraient être invités à sortir de leur retraite politique pour prodiguer leurs conseils et peut-être même faire campagne en faveur du parti qu\u2019ils ont déjà dirigé.Toutefois, si on se fie aux propos tenus cette semaine à la Presse canadienne par Jacques Parizeau et Daniel Johnson, la présence du libéral Robert Bourassa et du péquiste Pierre Marc Johnson n\u2019est pas encore assurée et pas nécessairement envisagée avec ravissement Le président du Parti québécois, Jacques Parizeau, devient presque muet quand on lui parle de son prédécesseur Pierre Marc Johnson, à qui il a montré la porte de sortie après la défaite électorale de 1985.Celui qui a dirigé le Québec pendant quelques semaines à l\u2019automne de 1985 ne jouera «aucun rôle» dans la campagne à venir, a déclaré placidement M.Parizeau.Et le président du PQ d\u2019ajouter: «Je ne sais pas du tout où il en est sur le plan politique.» Quant à la possibilité de voir Robert Bourassa partager la tribune avec Daniel Johnson, le leader péquiste ne la commente pas explicitement mais il ponctue l\u2019entrevue qu\u2019il accordait mardi du vocable «triché», employé comme verbe ou épithète, dans une allusion directe à un livre récent qui critique la tactique de négociations constitutionnelles de l\u2019ancien premier ministre libéral.Chez les libéraux, la conjoncture est plus mouvante, le chef n\u2019a pas l\u2019air IC'Il iet i embarrassé quand la question lui e$t posée sur une participation éventuelle' de M.Bourassa à la campagne.Il devient visiblement mal à Taise quand' on lui cause de son frère.11 sourit >eb se contente de brefs commentaires.' ' : Daniel Johnson convient discuter-politique avec Pierre Marc: «C\u2019eSt une préoccupation familiale depuis 25' ans.La nouvelle, ce serait que je vous' annonce que les Johnson ne parldnf pas de politique.On échange», ré-; pond le premier ministre.\tI > > Il arbore un sourire contraint quand on évoque devant lui Thypo-» thétique tandem Daniel-Pierre Marc que certains ont imaginé à la manière des frères Kennedy comme grand coup que les libéraux pourraient porter pour frapper l\u2019imagination et tester de gagner une troisième victoire électorale d\u2019affilée.\t' \u2022 ¦ REUSSIR L'ECOLE Parution: Samedi le 20 août Tombée publicitaire: Vendredi le 1 2 août Pour réservation publicitaire, (514) 985-3316 Télec.: (514) 985-3390\t1-800-363-0305 C'est un rendez-vous dans LE DEVOIR 9 I.Y |) K V OIK.I.K \\ M Y It I It I M A X (' Il Y i h j r i x i h it i ?LE DEVOIR ?A r> PERSPECTIVES Les Français sauvent la mise Vers un succès au Rwanda?Elections présidentielles dans (ex-république soviétiqut Deux visions de l'Ukraine s'affrontent dans l'isoloir Dans un contexte de crise économique aiguë et de désenchantement postindépcndunce, l'Ukraine va aux urnes demain, lors du premier tour de l'élection présidentielle.D* président sortunt, le nationaliste Ijéonid Kravtchouk, fait face à une forte* opposition: le candidat Ivéonid Koutchma le talonne dims les sondages.Car l'Ukraine avec ses 52 millions d'habitants et ses ogives nucléaires, c'est aussi un pays divisé où les 22 % de Russes ethniques sont à la tête d\u2019un fort mouvement visant le rapprochement avec Russie.FRANÇOIS HKOUSSEAU LE DEVOIR Entrés avant-hier au Rwanda pour y protéger les nouvelles victimes potentielles de sauvages milices assoiffées de sang, les soldats français ont été accueillis hier comme des sauveurs par les réfugiés du camp de Nyaru-shishi, dans l'est du pays.Simultanément, le vent d\u2019opposition internationale à cette entreprise controversée s\u2019est fait remarquablement plus doux.Plusieurs pays d\u2019Europe (Tltajie notamment) et même d\u2019Afrique (dont le Sénégal et l\u2019Egypte, pour ne pas parler de certains régimes douteux comme le togolais et le zaïrois) appuient désormais l\u2019initiative française, et se sont dans certains cas proposés comme appuis sur le terrain.Même le Front patriotique rwandais (FPR), mouvement rebelle armé par l\u2019Ouganda qui contrôle plus de la moitié du Rwanda, a nuancé hier ses furieuses critiques anti-françaises des derniers jours et s\u2019est déclaré disposé à «revoir sa position», s\u2019il s\u2019avérait que Paris est vraiment entré au Rwanda pour y faire œuvre humanitaire.Il est vrai que le FPR, qui aime se présenter comme le recours démocratique et la force pacificatrice face aux milices hutues \u2014 alors qu\u2019il a lui aussi, bien qu\u2019à une échelle beaucoup plus modeste, commis des atrocités \u2014 pourrait voir sa réputation ternie s\u2019il persistait à jouer les mauvais coucheurs.Ce ne sont pourtant pas les raisons qui manquent pour trouver suspecte l\u2019entreprise française.Une entreprise qui, avant même d\u2019être déclenchée, avait presque fait l'unanimité contre elle.La France a un lourd passé en Afrique et en particulier au Rwanda.Elle y avait appuyé ouvertement le régime précédent du président assassiné Juvénal Habyarimana.Un régime dont les successeurs sont les responsables principaux des massacres à caractère largement ethnique des deux derniers mois, massacres dont la majorité des 500 000 victimes sont membres de la minorité tutsie.Les précédentes interventions françaises en Afrique obéissaient souvent à un schéma selon lequel Paris, sous le'.couvert d\u2019une opération de protection de ses ressortissants, venait à la rescousse d\u2019un dictateur local en difficulté, Cela s\u2019est vérifié tout autant sous la gauche que sous la.droite: en 1986 par exemple, le président socialiste François Mitterrand approuvait une opération de «paras» pour sauver la mise au dictateur togolais Qnassingbé Eyadéma menacé par une tentative de coup d\u2019Etat.Cette fois, la situation est différente et la dimension «humanitaire» est mise de l\u2019avant II esi cependant difficile,de ne pas voir également dans ce débarquement une opération politique.La France aurait-elle certaines arrière-pensées envers des «alliés» \u2014 le régime hutu des héritiers d\u2019Habyarima-na \u2014 mis en déroute par le FPR?C\u2019est possible, mais le discrédit pesant sur les milices «gouvernementales» hutues est tel qu\u2019il est difficile d\u2019imaginer aujourd\u2019hui leur al-liapce avec les Français.Et de toute façon, il n\u2019y a plus d\u2019Etat à sauver, comme c\u2019est habituellement le cas.\u2022La France intervient parce qu\u2019il y a un vjde total du pouvoir tant à l\u2019intérieur du Rwanda \u2014 où l\u2019État et la société ont été littéralement dissous par la guerre civile \u2014 qu\u2019à l\u2019échelle internationale, où l\u2019ONU est en net recul et où les conflits régionaux n\u2019ont plus d\u2019arbitre.C\u2019est ainsi qu\u2019on laisse les Russes jouer les gendarmes dans le Caucase, les Américains agir (ou ne pas agir) en Haïti, et les Français intervenir en Afrique.Que signifie, demandera-t-on enfin, une «intervention humanitaire» qui survient alors qu\u2019un demi-million de personnes ne pourront plus jamais être sauvées?On pourra certes juger sévèrement une opération qui se déroule après le gros des massacres.Mais si une seule vie humaine supplémentaire était sauvée par cette intervention \u2014 et cela semble être le cas à en juger par les nouvelles en provenance de Cyangugu et Nyarushishi \u2014 alors les Français, contre toute attente, pourraient conserverie beau rôle et sauver la mise.J\tE N B R E F ?DÉMISSION AU MEXIQUE Mekico (Reuter, AFP) \u2014 Le ministre mexicain de l\u2019Intérieur, Jorge Carpizo, a annoncé hier sa démission qu\u2019il a justifiée par son «indignation et sa déception» devant l\u2019attitude du gouvernement et du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir).«A diverses reprises, j\u2019ai demandé à la société et au gouvernement de laisser la vérité guider notre action; la réponse a été encore plus de mensonges, encore plus de calomnies et encore plus d\u2019hypocrisie», écrit-il dans sa lettre de démission au président Carlos Salinas de Gortari qui a refusé cette démission.Carpizo, un juriste très respecté au Mexique, devait superviser les élections présidentielles.Par ailleurs, un chemin de croix attend le nouveau commissaire du gouvernement pour le Chiapas, M Jorge Madrazo, qui devra renouer le dialogue avec une guérilla plus que sceptique.Jorge Madrazo, jusqu\u2019ici président de la Commission nationale des droits de l\u2019Homme (CDNH), a été désigné jeudi soir par le président Salinas, une semaine après la démission de Manuel Camacho Solis, ancien maire de Mexico et membre éminent du PRI PAIILE R O H IT A 11.1.K CORRESPONDANTE DU DEVOIR Kiev \u2014 Un pays partagé entre deux peuples.Une province qui brandit la menace de la sécession.Une économie qui va très mal.Une constitution dépassée.Et les ambitions d\u2019un puissant voisin qui veut tout contrôler.la toile de fond des élections présidentielles en Ukraine peut rappeler le Canada, mais les règles du jeu sont plutôt différentes.Dans les rues de Kiev, cherchez les sign.es d\u2019une campagne électorale.Vous n\u2019en trouverez pas.A la télévision, les vidéoclips des candidats, omniprésents à l\u2019Ouest, manquent à l\u2019appel.Au lieu de cela, les discours de chacun des sept protagonistes de cette campagne et de longs débats ont envahi le petit écran.Pourtant, malgré son allure terne, la campagne est agressive et les sondages indiquent une participation importante aux deuxièmes élections présidentielles libres de la jeune histoire de l\u2019Ukraine indépendante.Demain, les Ukrainiens choisiront entre deux visions de leur pays; un choix qui pourrait bien décider de la survie du pays en tant qu\u2019État.L\u2019intérêt des gens s\u2019explique peut-être par un dernier espoir de faire débloquer l'impasse qui rend leur vie si misérable.Avec la dévaluation vertigineuse de la «monnaie» ukrainienne, le salaire moyen est d\u2019environ 10 dollars par mois.L\u2019Ukraine frise la faillite.Sa production industrielle a chuté de 50% depuis janvier.Sa monnaie qui n\u2019en est pas une, le karbovanets («coupon»), vaut 20 fois moins que le rouble comparativement au dollar.Ici, les réformes économiques sont toujours au point mort.Revenir à tout prix en arrière Les russophones de l\u2019est, fatigués par la terrible chute de leur niveau de vie, veulent à tout prix revenir en arrière, oublier le «beau risque» de l\u2019indépendance et se coller à la Russie où, selon plusieurs, la vie est plus facile qu\u2019ici.Ce qui explique l\u2019attitude de la Crimée, à majorité russe, qui veut quitter au plus vite ce pays de malheur.Tout stagne.Les communistes et les socialistes dominent le Parlement, la «Rada».Leur speaker, Alexandre Moroz, est un nostalgique de l\u2019URSS.Il est également candidat à la présidence.Et le premier ministre est aussi un dinosaure de l\u2019ère soviétique, Vitali Massoul.«C\u2019est encore une fois la vieille cuisine! Le retour aux vieux jours! Tout est opaque!» explique découragée une femme, professeur d\u2019université.Le nouveau président de ce pays de 52 millions d\u2019habitants, la troisième puissance nucléaire au monde, aura donc tout un défi.Des sept candidats en lice, deux s\u2019imposent, encore une fois: deux anciens communistes, issus des mêmes souches.D\u2019abord, le président sortant; Léonid Kravtchouk, au pouvoir depuis trois ans, depuis les premiers jours de l\u2019indépendance ukrainienne.L\u2019homme, ancien chef de l\u2019idéologie du Parti communiste, se veut maintenant un défenseur farouche de la souveraineté du pays.Ijéonid Kravtchouk présente à ses électeurs un bilan très partagé.Si les réformes économiques en Ukraine ont été pratiquement inexistantes durant son mandat, il peut, par contre, se prévaloir d\u2019avoir évité le pire, guidant les premiers pas du nouvel Etat et négociant le partage de l'héritage soviétique sans conflit armé ni explosion.«M.Kravtchouk est un renard, raconte une passante.Il a l\u2019expérience, il veut la paix.C\u2019est pour cela que je l\u2019aime.» Si lors de la campagne électorale de 1991 ses appuis se concentraient dans l\u2019est du pays, à majorité russophone, aujourd\u2019hui, c'est l\u2019ouest ukrainien nationaliste qui est derrière lui.Faire parler de lui Depuis le début de la campagne, il apparaît partout, à la télévision, à la radio, dans la majorité des journaux encore contrôlés par l\u2019Etat.Vernissages, festival du cinéma, signature d\u2019un accord de coopération et de partenariat avec l'Union européenne: toutes les raisons sont bonnes pour faire parler de lui.Mais cela n\u2019empêche pas son adversaire le plus farouche, Léonid Koutchma, ancien premier ministre de M.Kravtchouk, de marquer des points.Jadis à la tête d\u2019une des plus grandes usines de missiles au monde, M.Koutchma se qualifie de pragmatique.Durant sa campagne, il a répété la nécessité de créer des liens plus étroits avec la Russie, d'accélérer les réformes économiques et lancer à fond de train un programme de privatisation jusqu\u2019ici inexistant en Ukraine.Le rapprochement qu\u2019il propose avec la Russie lui vaut le mépris des nationalistes ukrainiens et l\u2019amour des russophones.Les deux hommes sont pratiquement à égalité dans les sondages et un deuxième tour de scrutin semble inévitable.A part MM.Koutchma et Kravtchouk, en troisième place dans les sondages, se trouve le speaker du Parlement, le nostalgique de l\u2019URSS Vitali Morov.Le quatrième favoris est Valodame Lanavoïe, le chouchou des jeunes businessmen, le «Kennedy ukrainien», qui prône des réformes radicales et un virage à l\u2019Ouest.Pour les Ukrainiens plutôt conservateurs, un discours aussi «révolutionnaire» fait peur.Au deuxième tour, déjà, les observateurs prédisent que la plupart des votes de M.Lanavoïe, populaire dans l\u2019ouest, iront à M.Kravchouk, et que ceux de Morov, aimé à l\u2019est, se reporteront sur M.Koutchma.Les élections présidentielles montreront la division claire entre deux peuples et deux cultures et leur difficile cohabitation.Là aussi, la chose n\u2019est pas inconnue des Canadiens.PHOTO AP - La suspension des vols entre Haïti et les États-Unis est entrée en vigueur hier à minuit et cette famille haïtienne a pris le dernier vol reliant Port-au-Prince à Miami.Interruption des liaisons aériennes avec l'Amérique du Nord Haïti a gardé ses étrangers Si les Français sauvent des vies, ils auront le beau rôle -?- IA COALITION HONGROISE EST PRÊTE Budapest (AFP) \u2014 Le Parti socialiste hongrois (MSZP, excommuniste) et les libéraux de l\u2019Alliance des démocrates libres (SZDSZ) ont présenté hier la composition du gouvernement, après avoir signé un accord de coalition gouvernementale pour quatre ans.La liste des ministres présentée par les deux partis comprend neuf socialistes et trois libéraux, sans compter des secrétaires d\u2019État.La tête de liste SZDSZ aux dernières élections de mai, Gabor Kuncze, a été désigné vice-premier ministre et ministre de l\u2019Intérieur.-«.- QUINZE ÉTAGES PLUS BAS.Copenhague (Reuter) \u2014 Un touriste allemand a fait une chute du 15e étage d\u2019un immeuble de Copenhague et s\u2019en est sorti avec quelques contusions, a rapporté hier la police danoise.Eduard Pattern, 19 ans, était assis sur la rambarde du balcon quand il a été emporté par un vent violent.Le jeune homme a d\u2019abord rebondi sur un cable électrique puis sur arbre avant de se retrouver au sol après une chute de 50 mètres.«Cela doit être le miracle du siècle», a dit un porte-parole de la police.Port-au-Prince (AFP) \u2014 La plupart des étrangers résidant en Haïti sont restés dans le pays, en dépit de l\u2019interruption, à partir de vendredi à minuit, des liaison?aériennes reliant Port-au-Prince aux États-Unis et au Canada, selon des sources diplomatiques concordantes.La spspension des vols entre Haiti et les États-Unis, décision sur laquelle le Canada s\u2019était aligné, avait été annoncée le 10 juin par le président Bill Clinton dans le cadre de sanctions américaines pour tenter d\u2019obtenir le départ des responsables militaires haïtiens.Environ 3000 Américains sur les 8000 résidant dans le pays auront quitté Haiti à l\u2019arrêt des vols, a indiqpé le porte-parole de l\u2019ambassade des États-Unis, Stanley Schrager.Selon plusieurs agences de voyages de la capitale.il s\u2019agit d\u2019une majorité de personnes d\u2019origine haïtienne.La plupart des Américains, dont les membres des missions religieuses protestantes implantées depuis de nombreuses années, ne sont pas partis.M.Schrager a précisé qu\u2019à ces 8000 Américains s\u2019ajoutaient un millier d\u2019autres qui ne sont pas enregistrés au consulat Pour les Canadiens, entre 800 et 850 personnes, dont une majorité de personnes d\u2019origine haïtienne, sur 2400 recensés ont quitté Haïti, a annoncé un porte-parole de l\u2019ambassade du Canada.En revanche, beaucoup de religieux, la plupart originaires de la province de Québec, «parfaitement intégrés depuis de nombreuses années», n\u2019ont pas quitté le pays, a-t-il dit.Du côté de la communauté française, estimé à 1400 résidents, «aucune panique n\u2019a été enregistrée, et les départs en vacances prévus se déroulent normalement», selon des sources diplomatique et aéronautique.Cet arrêt des vols vers l\u2019Amérique du Nord va pénaliser principalement les milieux populaires en privant de re- venus plus de 100 000 personnes de condition modeste, selon des sources économiques et financières concordantes.Trois mille marchands populaires font ainsi la navette entre Port-au-Prince et Miami, New York, Panama et Curaçao, alimentant en marchandises bon marché 10 000 petits revendeurs.«Les personnçs aisées ne peuvent plus voyager aux États-Unis ou au Canada, mais elles peuvent financièrement tenu», souligne un responsable patronal qui a requis l\u2019anonymat Les dernières sanctions économiques unilatérales décrétées mercredi par le président Clinton font l\u2019unanimité contre elles dans les milieux patronaux, où on estime qu\u2019elles frappent essentiellement les plus défavorisés.C\u2019est notamment le cas de la plus critiquée, le plafond à 50 dollars par njois et par personne des transferts familiaux de la diaspora haïtienne vers Haïti.Ces transferts, estimés à environ 250 millions $ par an, sont destinés aux milieux défavorisés.Delors n'a toujours pas de successeur D'AI\u2019RÈS REUTER ET AFP C^orfou \u2014les dirigeants de l'Union européenne ne sont /pas parvenus hier soir à se mettre d'accord sur le nom du successeur de Jacques Delors à la tete de la Commission de Bruxelles.Réunis en sommet à Corfou, en Grèce, les Douze n\u2019ont pas réussi par deux fois à dégager le consensus nécessai-' re à la désignation du président de la Commission.Les discussions répandront ce matin.Au cours du dîner, un vote informel a été organisé.De sources diplomatiques européennes, on a appris que huit voix sont allées au Premier ministre belge Jean-Luc Déliante, soutenu par la France et l\u2019Allemagne, loin devant son homologie néerlandais, Ruud Dibbers, qui n\u2019enaob-' tenu que trois.Iœ Britannique Leon Brittan, commissaire européen au Commerce, a obtenu une voix, sans doute celle de son ' Premier ministre, John Major, sous haute surveillance des «eurosceptiques» du Parti conservateur.Devant l\u2019échec de cette première réunion, certains chefs d'Ktal et de gouvernement ont regagné leurs hôtels, aussitôt rappelés par la présidence grecque qui a souhaité une reprise immédiate des discussions.Mais, quelques instants plus tard, les Douze se séparaient à nouveau sur un constat d\u2019échec.Selon de s sources diplomatiques, la situation avait toutefois quelque ; peu évolué puisque dix voix se seraient portées sur Jean-Luc Dehaene, une sur Ruud Dibbers \u2014 sans doute les Pays-Bas \u2014 et une sur Leon Brittan \u2014 toujours la Grande-Bretagne.On ignorait encore quels sont les deux pays qui ont voté une première fois pour Jean-Luc Dehaene et une seconde fois pour Ruud Dibbers.Par ailleurs, l\u2019Union européenne a signé un accord de partenariat avec la Russie et entériné l\u2019adhésion de quatre nouveaux pays au 1er janvier 1995, hier, au premier jour de son Conseil européen de Corfou.«Nous avons fait un pas historique qui interdira la guerre froide économique», s\u2019est félicité le président russe Boris Eltsine.Le chef de l\u2019État russe a affirmé qu\u2019il fallait désormais oeuvrer à «faire de la petite Europe une grande Europe», une référence à son souhait de faire à terme de la Russie un membre à part entière de l\u2019Union européenne.L\u2019accord de partenariat et de coopération, signé pour une période de dix ans, prévoit une ouverture accrue du marché européen aux produits russes, un encouragement aux investissements européens en Russie, et ouvre la perspective à terme d\u2019une zone de libre-échange entre les deux parties.L\u2019Union européenne a par ailleurs entériné son élargissement de Douze à Seize, avec la signature des traités d\u2019adhésion de l\u2019Autriche, la Suède, la Finlande et la Norvège.Sous réserve d\u2019approbation des électeurs des trois pays nordiques lors de référendums cet automne \u2014 les Autrichiens ont déjà massivement dit oui le 12 juin \u2014TUE étendra ainsi son territoire du Péloponnèse jusqu\u2019au cercle polaire le 1er janvier prochain.L\u2019Union espère que l\u2019arrivée de ces quatre pays riches, qui à terme apporteront plus d\u2019argent au budget communautaire qu\u2019ils n\u2019en recevront, lui donnera un ballon d\u2019oxygène, alors que les premiers signes de relance restent insuffisants pour créer des emplois pour ses 17,8 millions de chômeurs.COLOMBIE Samper aurait reçu des «narcodollars» Bogota (AFP) \u2014 La Colombie est plongée dans un véritable scandale politique en raison d\u2019une possible participation de «narcodollars» à la campagne du nouveau président Ernesto Samper qui, avant même son entrée en fonction, est contraint de se justifier aussi bien dans son propre pays que face à l\u2019opinion internationale.«Je.n\u2019ai jamais reçu d\u2019argent d\u2019aucune organisation criminelle (.) et je ne suis pas disposé à laisser sans réponse les calomnies non seulement contre ma propre dignité, mais aussi contre la Colombie tout entière», a déclaré M.Samper sans parvenir toutefois à dissiper définitivement les soupçons qui pèsent sur le financement de sa campagne électorale.Selon des enregistrements de conversations téléphoniques, rendus publics mercredi dernier, le Cartel de Cali, l\u2019une des principales organisations mondiales de trafic de cocaïne, aurait accepté de fournir 3 milliards de pesos (environ 3,7 millions $) pour financer la campagne de M.Samper.Cette affaire, que les autorités ne sont pas encore parvenues à éclaircir, est intervenue deux jours après la victoire, dimanche dernier, au deuxième tour de l\u2019élection présidentielle de M.Samper, 43 ans, sur son rival conservateur, Andrés Pastrana, 39 ans.Elle a très vite provoqué l\u2019inquiétude des États-Unis qui ont estimé qu\u2019elle pourrait affecter la coopération avec la Colombie en matière de lutte anti-drogue, tandis que la presse américaine en a amplement rendu compte.Pour M.Samper, qui doit remplacer l\u2019actuel président César Gaviria le 7 août prochain, l\u2019affaire est d\u2019autant plus grave que son pays risque à nouveau, au plan international d\u2019être taxé de «narco-démocratie» ce qui pourrait ruiner les efforts de son prédécesseur pour améliorer l\u2019image de marque de la Colombie.Par ailleurs, les services de sécurité colombiens ont largement renforcé vendredi les mesures de sécurité autour du président élu, le libéral Emesto Samper, et de sa famille, qui ont été menacés jeudi par un individu se réclamant du cartel de la drogue basé à Medellin.«Nous avons pris ces menaces très au sérieux, et donc nous avons renforcé fie dispositif de) sécurité autour du président élu et de sa famille», a déclaré l\u2019ancien sénateur Fernando Botero, l\u2019un des plus proches collaborateurs de M.Samper.La rédaction de la chaîne de télévision QAP avait reçu jeudi un appel téléphonique d\u2019un correspondant se présentant comme le porte-parole des lieutenants de Pablo Escobar, le chef du cartel de Medellin tué en décembre dernier par la police.«Samper n\u2019arrivera pas au pouvoir», avait affirmé cet interlocuteur anonyme.«Nous connaissons les points faibles de M.Samper, nous savons où se trouvent tous ses proches», avait-il ajouté.Les enregistrements divulgués mercredi faisaient entendre une conversation entre les frères Orejuela d\u2019une part, se disant prêts à financer la campagne électorale d\u2019un candidat à la présidentielle, et le journaliste Alberto Giraldo d\u2019autre part.M.Giraldo a confirmé l\u2019authenticité des enregistrements, en affirmant que les responsables de la campagne électorale de M.Samper et de celle de son rival Andres Pastrana avaient rejeté les propositions de financement des chefs du cartel de Cali.4 \\ !; I.f.|) K V 0 I li , US S A M K D I K T i> I M A X (' Il K i II J I' I .V I II I) 4 ï I) rr o \\ \\ Le cafouillis des compressions Gilles Lesage Quel contraste entre deux événements ministériels! Ministres, députés, journalistes et autres notables ont inauguré en grande pompe, cette semaine, le rutilant Casino de Pointe-au-Pic, considéré comme la panacée du comté «métaphysique» de Charlevoix.Rien n\u2019avait été négligé pour faire de cette inauguration un succès médiatique, pochettes et conférences de presse à l\u2019appui.Au même moment, presque en catimini et malgré elle, la présidente du Conseil du trésor consentait finalement à confirmer, debout dans le hall d\u2019entrée de l\u2019immeuble qui abrite le conseil des ministres (le fameux bunker de la Grande Allée), que 4000 postes sont en voie d'être abolis dans la fonction publique québécoise, durant l'exercice financier en cours.Q uel contraste aberrant! Alors que tout est mis en œuvre pour inciter petits et grands parieurs à tenter leur chance au blackjack, à la roulette, au midi-baccara et aux machines à sous \u2014 pour gonfler quelque peu les coffres de l\u2019État boulimique \u2014 tout est mis en œuvre par ailleurs pour tenter d\u2019atténuer et, si possible, réduire à moins que rien, les effets désastreux et en cascade des compressions.Pas de bilan d\u2019ensemble de la double opération qui vise, en un an, à réduire de plus de 2 milliards$ les dépenses gouvernementales.Avec toute la bonne volonté dont elle est capable, Mme Monique Gagnon-Tremblay dissémine quelques bribes d\u2019informations, partielles et éparses, se fait rassurante et conciliante.Pour le Casino, l\u2019abondance, le buffet; au bunker, la disette, les miettes.Et pourtant, cette fois, ce n\u2019est pas uniquement de dépenses d\u2019administration dont il s\u2019agit, ni de dépenses de transfert (subventions), mais de personnes réelles, en chair et en os, à Montréal, Québec et partout en province.Les «postes» que la ministre évoque, ils étaient ou sont encore occupés par des hommes et des femmes dont le destin est soudain mis à la loterie.Tentant de dorer la pilule, la présidente du Trésor évoque l\u2019attrition naturelle, le respect des conventions collectives et de la sécurité d\u2019emploi; de sorte qu\u2019en bout de ligne bien peu de fonctionnaires permanents seront mis en disponibilité ou tablettés, la roulette frappant les temporaires, les occasionnels, les contractuels.Les pelés, les galeux de qui vient tout le mal?Probablement.Quel étrange raisonnement! Comme si le jeu de massacre auquel le gouvernement se livre impunément n\u2019affectait pas justement, en priorité, les plus vulnérables de ses «serviteurs», ceux dont le statut précaire est doublement grevé par cette menace incessante, et qui ont peu de moyens pour se défendre et faire valoir des droits.Si au moins ils avaient quelques ou plusieurs milliers de dollars à parier pour enrichir l\u2019État, celui-ci pourrait leur étendre le traitement de VIP qu\u2019il réserve à ses clients privilégiés des deux casinos et, bientôt, au troisième de l\u2019Outaouais.Mais non.Ils ne sont que des numéros sans pouvoir, qui occupent des «postes» que l\u2019on supprime allègrement.Pour un cadeau de la Saint-Jean, quel désastre! Et quelle foire! Pressée de questions par les reporters \u2014 comme elle l\u2019était encore la semaine dernière à l\u2019Assemblée nationale, mise opportunément en congé avant que le gouvernement ne fasse tomber le couperet \u2014 la présidente du Trésor fait contre mauvaise fortune bon cœur.Mais elle est incapable de fournir la moindre indication quelque peu précise quant à l\u2019ampleur réelle et au «succès» de la double opération en cours.L\u2019objectif serait atteint à «quelques dizaines de millions$» près, par rapport aux 2,1 milliards$ prévus d\u2019ici le 1er avril 1995.Mais encore?Elle ne saurait en dire davantage, des négociations et ajustements n\u2019étant pas encore complétés ici et là dans l\u2019appareil.Qu\u2019en est-il alors, à tout le moins, dans son propre ministère qui, si important soit-il par sa force de frappe, compte moins de 1000 employés?Comment donne-t-il l\u2019exemple quant aux coupures totales de 6% dans les effectifs, de 10% dans les subventions et de 30% dans l\u2019administration, ou Les fonctionnaires québécois soumis à la loterie.d\u2019une combinaison de ces cibles?Ijx ministre ne le sait pas davantage, car là aussi, il reste des fils à attacher.Les suggestions quant à la diminution des heures de travail durant les trois mois d\u2019été ayant été rejetées, d\u2019autres hypothèses sont à l\u2019examen.Pire encore.Alors que l\u2019inquiétude et le désarroi, voire la panique et le cynisme s\u2019installent un peu partout dans les officines gouvernementales \u2014 avec un terrible effet démobilisateur qui finit par affecter la prestation de services \u2014 chaque ministre est laissé libre quant au choi des moyens pour faire connaître les mauvaises nouvelles à son personnel.Ces décisions cruelles affectent pourtant des milliers de personnes, leurs familles, leur entourage et, par ricochet, l\u2019ensemble des Québécois.Ceux-ci n\u2019auraient-ils pas mérité que le chef du gouvernement lui-même, avant de se lancer à corps perdu dans la chasse aux votes, ou sa mandataire en l\u2019occurrence, fasse le point en long et en large, à la tribune privilégiée de l\u2019Assemblée nationale?Mais non.La rationalisation dont M.Johnson se gargarise à tout venant souffre de graves accrocs avec la franchise et la limpidité qui s\u2019imposent dans de telles circonstances, si difficiles soient-elles.Que chaque ministre, que chaque dirigeant d\u2019organisme joue à la loterie comme bon lui semble avec son personnel, aux abois.Au ministère des Affaires internationales, de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles, le sous-ministre Norman Riddell a au moins eu la décence de faire face à la musique en réunissant tous les employés de la capitale pour les informer directement de décisions qui les concernent directement.Le ministre de l\u2019Environnement et de la Faune, M.Pierre Paradis, a choisi, lui, une vidéocassette pour s\u2019adresser à ses fonctionnaires; par la suite, il a fait tenir à la presse un communiqué résumant succinctement son «plan de rationalisation cohérent».C\u2019est la moindre des choses, pensez-vous, que ce geste de courtoisie élémentaire et de transparence minimale.Pourtant, ces deux exemples, bien différents, sont mentionnés parce qu\u2019ils sont exceptionnels.S\u2019il en est, bien peu d\u2019autres ministères se sont donné la peine de faire part de vive voix de leur manière de faire tomber le couperet fatidique.Bien sûr, il faut un certain courage pour affronter des centaines de fonctionnaires courroucés, qui en ont ras le sol d\u2019être les sempiternels boucs émissaires des turpitudes gouvernementales.Si on en juge par l\u2019improvisation et le cafouillage qui ont prévalu cette semaine, bien peu osent bravement faire face directement à la grogne, inévitable et compréhensible, de leurs subalternes, impuissants et désabusés.Les fonctionnaires ont mauvaise presse, certes.Mais il est loin le temps où le gouvernement, précédent et actuel, se faisait fort de couper dans le gras, de donner une cure minceur à une fonction publique pléthorique et bedonnante.C\u2019est dans le vif que l\u2019on taille désormais, c\u2019est à l\u2019os que l\u2019on touche quand on coupe des «postes», des postes qui sont occupés par des femmes et des hommes bien en chair, sans titre, sans grade et sans pouvoir.Pénible et pitoyable opération d\u2019allégement qui n\u2019ose dire son nom.Les dés sont jetés.Quand on comprime, compresse, sabre et coupe à l\u2019aveuglette dans les effectifs, désormais, on joue à la roulette russe avec des milliers de petits fonctionnaires.On improvise en catimini et dans la bousculade le démantèlement de services essentiels.Rationalisation, que de bêtises en ton nom! La réalité à Polytechnique Sj Ion un récent rapport faisant suite à: \u2019affaire Fabrikant, certains professé urs de Concordia se seraient imposé s injustement comme les auteurs di : travaux scientifiques faits par d\u2019autres, et cela, en profitant du là d$me de leurs dirigeant?.Malheureusement, à l\u2019École Poly-te :hnique où je suis professeur, on a dépassé, et de loin, le niveau du lajcisme.En matière de recherche, ni isldirigeants ont mis en place un sj^tème qui conduit automatiquement au genre d\u2019abus dénoncé à Côncordia.Voici une description si ccincte de ce système et de son fonctionnement: on forme des é( ujpes de recherche officielles en cl oisissant de préférence pour les diriger des professeurs qui n\u2019ont par et Ixfinêmes aucune capacité de reel erche.On leur paie des cher- erc cfteji rs appelés associés de reel erche (ou autrement).Ces cher-ci leurs n\u2019ont pas de permanence et d< ivent mettre le nom de leur supé-ri tu?comme coauteur dans leurs pu-b ic.ations.On engage aussi de jeniies professeurs assez «malléables» pour accepter de servir LETTRES -?- comme chercheurs dans ces équipes et sur lesquels on exerce les pressions habituelles: menace de renvoi, refus de promotion etc., pour les asservir à la manière des associés de recherche.Voilà, en quelques mots, la réalité à Polytechnique.Certains prétendent que le contrat est honnête.On offre un poste, un salaire en échange d\u2019une participation à titre d\u2019auteur.Mais, à la limite, devrai?-je mettre le nom du ministre de l\u2019Éducation comme coauteur de mes articles puisqu\u2019en définitive c\u2019est de lui que provient mon salaire?Et puisqu\u2019on peut devenir scientifique par personne interposée, peut-on aussi devenir compositeur de musique, peintre ou écrivain de la même façon?Le motif profond de nos dirigeants, c\u2019est le pouvoir, le désir de tout contrôler.et aussi la peur de la critique.Leur attitude est particulièrement incompatible avec l\u2019esprit d\u2019une institution universitaire.Pour faire progresser les connaissances, un professeur d\u2019université doit posséder une autonomie de pensée, un esprit critique.Vouloir limiter l\u2019exercice intellectuel du professeur au domaine strict de la science, sans accepter qu\u2019il remette en cause le cadre même dans lequel il tra- vaille, c\u2019est vouloir la quadrature du cercle.Luc Robillard Professeur titulaire École Polytechnique de Montréal Montréal, 13 juin 1994 La mémoire courte de Webster M.Webster a une tête d\u2019honnête homme, à tel point qu\u2019on lui donnerait le bon Dieu sans confession.Hélas, il a de toute évidence la mémoire très courte ou il ment délibérément.En effet, dans LE DEVOIR du 8 juin, il nous parle d\u2019un rapport de la Banque Royale, durant le référendum de 1992, énumérant les conséquences néfastes d\u2019une séparation.Manque de pot, ledit rapport n\u2019élucu-brait qu\u2019à propos des conséquences néfastes d\u2019un vote négatif sur l\u2019accord de Charlottetown: c\u2019était si horrifiant et terrifiant que le lendemain du résultat négatif, on se serait attendu à la fermeture des succursales de la Banque Royale, au dollar à 0,50$, au Canada en faillite sinon en révolution et à Webster fuyant aux îles Mouk Mouk! Pierre Mercier-Gouin Saint Sulpice, 9 juin 1994 mssioi Î4- W-4 Coupable, votre honneur Clf====| ela m\u2019a quand même pris deux jours pour découvrir la clé de l\u2019énigme.Mais c\u2019est l\u2019été et il fait chaud.Alors nos neurones fonctionnent .-\u2018I plus lentement.Regardez les politiciens.C\u2019est en tentant d\u2019expliquer le comportement d\u2019O.J.Simpson que, d\u2019un seul coup, j\u2019ai compris ce qui faisait marcher la planète, l\u2019origine de la vie, les maringouins, bref toutes ces grandes questions qui nous assaillent et piquent., notre curiosité, sans compter le pourquoi et le comment des marionnettes à trois doigts de Radio-Canada (où sont les deux autres?Est-ce le résultat d\u2019une transformation génétique?).Prenez OJ.Voici un homme qui assassine calmement sa femme et l\u2019amant de sa femme \u2014 du moins c\u2019est ce que les procureurs nous disent en insistant particulièrement sur la nature calme et réfléchie du geste.Et puis, d\u2019un seul coup, il perd les pédales et se lance à bride abattue (si on peut dire) sur les autoroutes de Los Angeles comme pour prouver une fois de plus qu\u2019avec Hertz, vous êtes sur la route plus rapidement Qu\u2019est-ce qui a bien pu se passer pour que cet homme perde son calme légendaire et fasse ainsi un fou de lui-même?Seuls les Québécois auront compris l\u2019ex-pücation qu\u2019a pu donner Dan Rather.Il semblerait en effet que le matin même où il devait se présenter au poste de police pour un séjour de 30 ans, il ait décidé à la dernière minute de lire les journaux.Immédiatement nous a appris Rather, il aurait sauté dans sa voiture, présumé-ment pour aller voir sa mère.Toute la clé de l\u2019énigme est là.Qu\u2019a-t-il pu lire qui le pousse ainsi à rechercher le sein maternel?, Sûrement pas l\u2019horreur du Rwanda À ce que je sache, O.J.n\u2019est pas Tutsi.H ne saurait y avoir une explication.Pour la première fois de sa vie, O.J.venait de feuilleter un journal canadien \u2014 question de savoir s\u2019il pourrait trouver refuge dans les Pays d\u2019en Haut \u2014 dans lequel i! apprenait qu\u2019à cause du Bloc québécois le pays de son exil doré n\u2019existerait probablement plus dans dix mois.D\u2019où le choc.Et d\u2019où la décision de sauter dans sa bagnole pour aller régler son compte au séparatisse-en-chef.Lucien l\u2019a donc échappé belle, et si j\u2019étais lui, j\u2019enverrais un gros merci à DANIEL LATOUCHE ?chacun des 816 policiers qui, n\u2019écoutant que leur courage, ont accompagné O J.sur les autoroutes californiennes.Encore quelque 5000 kilomètres et Lucien y goûtait Mais il ne faudrait pas que Lucien croie que son calvaire est fini.Aux États-Unis, on commence à découvrir que les difficultés que rencontrent les États-Unis avec le cas haïtien sont directement reliées à la présence du Bloc.En effet, depuis qu\u2019ils ont appris que le Québec serait bientôt un pays souverain et qu\u2019ils pourraient y déménager en masse, les Haïtiens ont cessé de prendre les menaces américaines au sérieux et n\u2019attendent plus qu\u2019un signe de Lucien pour sauter dans leur chaloupe et remonter le Saint-Laurent.Tous les moyens sont bons pour atteindre la Terre promise.Regardez OJ.Les Français eux aussi sont furieux.Et ils ont doublement raison.L\u2019hiver dernier, ils ont invité Lucien à souper, ils lui ont trouvé un tapis rouge pour qu\u2019il ne s\u2019enfarge pas dans les fleurs, ils lui ont donné deux fois le dessert et que fait ce cher Lucien une fois rentré au pays?Il continue à parler de souveraineté.Avec quelle conséquence, demandez-vous?Ma foi, vous ne connaissez rien à la politique internationale (ton outré).Le Rwanda, voyons donc.Le Rwanda.La France s\u2019apprêtait calmement à envoyer la Légion au Rwanda \u2014 rien de spécial, elle le fait à chaque mois \u2014 quand on apprend que le premier ministre de ce petit pays était au Québec et qu\u2019il aurait même rencontré Lucien.Voilà! Tout s\u2019éclaire.Lucien a dû lui faire miroiter l\u2019aide certaine d\u2019un Québec souverain.C\u2019est la colère française qui a mis la puce à l\u2019oreille des Japonais.Pendant des années, on leur a dit que la défense du dollar fort était l\u2019un des piliers de la politique économique des États-Unis.Or, voici que depuis trois semaines, lés Américains laissent dégringoler leur billet vert, en apparence pour forcer lçs Japonais à revoir à la baisse leurs ambir, fions commerciales.Depuis hier, les Ja-.ponais sont livides (si on peut dire).On vient de les informer que pour donner des munitions à Jean Chrétien dans sa lutte aux séparatisses, les Américains ac:, ceptent de perdre allègrement des milliards.En plus d\u2019avoir O.J., Cédras, la Légion à sa trousse, voici que Lucien va devoir esquiver les Ninjas des services secrets japonais.J\u2019espère pour lui que son judo n\u2019est pas trop rouillé.Cette mise en accusation généralisée ; de Lucien est profondément injuste.Qu\u2019on lui accole la responsabilité de la pluie de météorites sur la Rive-Sud, cela passe encore.La responsabilité du plafond de l\u2019Assemblée nationale qui tomj-be sur la tête des ministres libéraux?Peut-être.Après tout, n\u2019est-il pas vrai que la seule existence des séparatisses a suffi pour enrager les dieux qui n\u2019hésitent pas à nous l\u2019envoyer dire.Mais cela n\u2019excuse pas qu\u2019on passe sous silence de bons coups.\t.,, La Corée du Nord! Que faites-vous de la Corée du Nord qui vient d\u2019annoncer qu\u2019elle gelait le développement de soii programme nucléaire depuis que l\u2019ancien président Carter lui a transmis un message de Lucien.Que faites-vous de Michel Rocard qui vient de perdre sa job depuis que les Érançais ont appris qu\u2019il appuyait la souveraineté du Québec, confirmant ainsi que l\u2019indépendance allait forcer Laurent Beaudoin et Bombardier à déménager leurs 11000 emplois à Plattsburgh?S\u2019il est vrai que Lucien est la cause de la chute du marché de la revente des maisons, il ne faut quand même pas oublier qu\u2019à lui seul il a occasionné une augmentation de 2% du marché de la maison neuve.Et que faites-vous de la chute dans l\u2019augmentation des ventes de cigarettes en Ontario?Et l\u2019amélioration de la balance touristique québécoise ne compense-t-elle pas largement la hausse du niveau de l\u2019eau dans le fleuve Mackenzie?Et puis, si Lucien est responsable de tout, cela veut-il dire que Jean n\u2019est responsable de rien?h < À P R, 0 P 0 S -?- .des familles traditionnelles Les personnes du troisième âge et de la fin de l\u2019âge adulte sont proportionnellement plus nombreuses dans les familles traditionnelles que dans les familles à deux soutiens.Il y a néanmoins de jeunes couples aujourd\u2019hui où seul le mari occupe un emploi rémunéré.Ces familles traditionnelles diffèrent cependant de celles où les époux sont plus âgés en ce que l\u2019inactivité de la femme est souvent temporaire: la plupart des jeunes épouses y ont une expérience récente du marché du travail et ont quitté celui-ci pour s\u2019occuper de leurs enfants.Pour les jeunes familles, il peut y avoir des avantages à ne compter qu\u2019un seul soutien: moins de stress à essayer de concilier travail, responsabilités familiales et besoins personnels et plus de temps pour participer activement à l\u2019éducation des enfants.En revanche, elles risquent de connaître de plus |l grandes difficultés financières puisqu\u2019elles ne peuvent !! compter sur le revenu que d\u2019un seul des conjoints poùr \" subvenir à leurs besoins.Le revenu des familles traditionnelles est, en moyenne, inférieur à celui des familles où les deux conjoint?,, travaillent, quel que soit l\u2019âge du couple.En outre, l\u2019effet d\u2019une perte d\u2019emploi sur le revenu est,.généralement plus désastreux pour les premières qué j pour les secondes.Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, printemps 1994.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l\u2019administration FRANÇOIS TIIOUIN Directeur de l'information BENOIT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, R0CH CÔTÉ Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇ0N, LUCIE LACAVA 2050, rne de Blenry, 9e étage, Montréal (Québec) II3A 3M9.Té 1.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I fc It K V 0 I K , (.K S S \\ M K It | K T It I M A X (\u2019 II R 2 II .1 I\u2019 I X I It It I I I) E E S Le grand vol du 7/47 Avec un billet de Lotto Super 7 payé deux fois plus cher, on obtient 150% moins de chance de remporter un gros lot similaire à celui de la 6/49 A la rescousse de Fidel L\u2019«aide» d'Ottawa à Cuba, une politique à courte vue Négociations de libre-échange tant mis en jeu, la 6/49 offre toujours plus de chances de le toucher, cela même si les participations du Super 7 contiennent trois sélections, une choisie par le joueur et deux générées par l\u2019ordinateur, ce dont tiennent compte les statistiques de Loto-Québec.Pour choisir lui-même sa combinaison gagnante, un joueur n\u2019a qu\u2019une chance sur 63 millions! Pourquoi donc Loto-Québec affirme-t-elle qu\u2019au Super 7 il existe «plus de chances de gagner qu\u2019au Loto 6/49»?Seulement parce que ce jeu est la première loterie sur terminal à offrir comme lot des participations gratuites, et à calculer ces prix sans valeur dans le calcul de son taux de remise, taux qui pourtant devrait être le pourcentage d\u2019argent remis aux joueurs.Ainsi, en distribuant 472 000 billets gratuits lors de son premier tirage, le Super 7 a empoché près d\u2019un million de dollars pourtant déclarés remis aux joueurs.En incluant les participations gratuites parmi ses remises, la Société Loto-Québec fausse le calcul de son taux de remise.Plutôt que de remettre 45% des sommes jouées, Loto-Québec redistribue au public une proportion inférieure des mises.Chaque fois qu\u2019elle vend 100 billets de Super 7 à 2$, Loto-Québec empoche 200$ et devrait remettre au parieur 45% de cette somme, soit 90$.Mais, en distribuant une participation gratuite une fois sur sept, soit 14,29 fois, et en calculant la valeur théorique de ces participations dans son taux de remise, Loto-Québec économise 28,57$ et ne remet en argent que 61,43$ sur 200$, soit un taux de remise réel de 30,71%.Ce calcul, assez clair la première semaine, alors qu\u2019aucune participation gratuite ne vient embrouiller le tableau, se complique par la suite puisque «le taux de remise appliqué par Loto-Québec tient compte des billets gratuits», et que «ceux-ci sont incorporés dans les ventes et dans les lots».Selon que l\u2019on calcule le taux de remise réel sur l\u2019ensemble des participations détenues ou sur les seuls billets achetés, on obtiendra alors un taux de remise en argent de 30,71 ou de 35,83%, ce qui reste bien en deçà des 45% normaux.Les billets gratuits viennent aussi gonfler le calcul du taux de remise global qui, après quatre tirages, vient plafonner à 52,5%, ce qui permet à Loto-Québec de déclarer; «Le taux de remise moyen est de, 52,5.» En écrivant cela, la société d\u2019Etat joue allègrement avec ses propres définitions puisqu\u2019elle inclut ici ses billets gratuits dans son taux de remise, tout en les excluant de ses ventes et en utilisant les recettes réelles comme base de calcul, ce qui lui permet d\u2019afficher un pourcentage plus alléchant.Pourtant, la définition de Loto-Québec spécifie que les billets gratuits sont incorporés dans les ventes et dans les lots.Le 7/47 décollera-t-il?Alors que les lots du 6/49 risquent de diminuer avec l\u2019introduction de la nouvelle loterie, ceux du Super 7 vont au contraire atteindre des sommets qui dépassent l\u2019imagination.Avec ses faibles probabilités et son lot cumulatif de 2,5 millions, auquel on ajoutera hebdomadairement 60% du fonds des lots (versus 50% dans le cas du 6/49), PHOTO ARCHIVES la cagnotte du Super 7 risque d\u2019atteindre des montants époustouflants, «des sommes qui vous feront rêver», clame Loto-Québec.Alors que le 6/49 a offert des prix atteignant 18 millions, on peut s\u2019attendre à ce que le Super 7 offre régulièrement des gros lots supérieurs à 20 millions! En faisant rêver à de pareilles destinations, le 7/47 est assuré de faire embarquer beaucoup de voyageurs à bord et de réussir son décollage.En fait, ses terminaux deviendront vite aussi achalandés que ceux des aéroports.Quand on se rappelle les fièvres causées par l\u2019attribution de lots de 15 à 18 millions à la 6/49, il est facile de prévoir que les Québécois succombent à une épidémie folle à la perspective de remporter un gros lot de 20 ou de 25 millions.Grâce au Super 7, les fièvres précédentes provoquées par des lots occasionnels d\u2019une quinzaine de millions vont devenir chose courante.Loin d\u2019avoir une préoccupation sociale et de se soucier d\u2019éviter les crises de folie qui ont amené des familles à se priver de nourriture pour achçter de faux espoirs, Loto-Québec et l\u2019État mettent aujourd\u2019hui en branle une loterie qui fera de ces fièvres un événement régulier, et qui, même, en provoquera de plus graves quand, un jour, l\u2019inaccessible lot frisera les 30 ou 40 millions.«Ça dépasse l\u2019imagination», tel est le slogan du Super 7.S\u2019il faut beaucoup d\u2019imagination pour croire que le Super 7 soit payant, il n\u2019est pas difficile d\u2019imaginer quelles seront les conséquences de cette loterie auprès d\u2019une population désespérée par la crise économique.Peut-être l\u2019État a-t-il manqué d\u2019imagination.MAURICE PHILIPPS Scénariste et réalisateur auprès de ministères, l\u2019auteur a publié le roman Mort imminente chez Québec/Amérique oto-Québec a procédé récemment au premier tirage du Lotto Super 7, une nouvelle loterie de type 7/47 qui, contrairement à ce que laisse entendre sa publicité, offre aux consommateurs moins de probabilités de gain en argent que la 6/49, et n'affiche qu\u2019un taux de remise réel de 30%.Malgré une publicité promettant «plus de chances de gagner qu\u2019au Lotto 6/49», le consommateur, en payant son billet de Lotto Super 7 deux fois plus cher, obtient 150% moins de chances de remporter un gros lot similaire à celui de la 6/49.En fait, une mise de 2$ ne confère qu\u2019une chance sur 21 millions de remporter un gros lot de 2,5 millions, lot offert couramment par la 6/49 qui, pour 1$, offre une chance sur 14 millions.Normalement, le gros lot offert au 6/49 n\u2019est que d\u2019un million, mais depuis quelques mois, en raison des mises, cette loterie offre à ses adeptes des gros lots supérieurs à 2 millions et atteignant régulièrement 5 millions.En envahissant le marché du 6/49, le Super 7 grugera considérablement ses mises, ce qui fera baisser son gros lot et sa popularité.Bien qu'elle s\u2019en défende dans sa publicité, Loto-Québec, et ses sœurs pancanadiennes, ont amorcé une opération pouvant conduire à la disparition de la 6/49 et à son remplacement par une loterie retournant moins d\u2019argept aux parieurs mais plus de profits à l\u2019État Ça changera vraiment pas l\u2019monde En mentionnant dans sa publicité que le Super 7 offre «plus de chances de gagner qu\u2019au Lotto 6/49», Loto-Québec passe subtilement sous silence que son nouveau jeu offre seulement plus de chances de gagner une participation gratuite à une loterie qui attribuera rarement de l\u2019argent à ses consommateurs.Dès qu\u2019il est question de gagner un lot en argent sonnant les chances y diminuent dramatiquement Au Super 7, non seulement la probabilité de toucher le gros lot est 1,5 fois plus faible qu\u2019au 6/49, mais les plus petits lots en argent ceux de 10$, ne se gagnent qu\u2019en obtenant un 3 sur 7 plus numéro complémentaire, ou un 4 sur 7, ce qui ne se réussit en moyenne qu\u2019en dépensant 65$, soit une fois tous les 32,5 achats d\u2019un montant de 2$.Au 6/49, un gain de 10$ au 3 sur 6 se produit statistiquement après un déboursé de 56$.Quel que soit le mon- Feldman contre-attaque L\u2019avocat américain accuse le ministre Ciaccia d\u2019avoir injustement mis en doute le travail accompli pour le Québec lors de son mandat ELLIOT J.FELDMAN Avocat rattaché au bureau de Pepper, Hamilton & Scheetz de Washington, M.Feldman fut conseiller juridique du Québec dans le cadre des négociations de libre-échange.Rapportées dam le DEVOIR du 11 juin dernier, ses déclarations récentes accusant Ottawa et Québec de mal défendre les intérêts de la province ont fait l\u2019objet de rêactiom de la part du ministre John Ciaccia à l\u2019Assemblée nationale.M.Feldman réagit à son tour aux propos du ministre.F-\te ministre John Ciaccia a répondu à l\u2019ar- Lticle paru dans LE DEVOIR en attaquant mon éthique personnelle et professionnelle.Je me dois d\u2019y répondre, étant toutefois limité par mon obligation de confi-u=\u2014\tdentialité envers un ancien client Cet article traitait notamment du rôle joué par le gouvernement du Canada lors de la défense des intérêts du Québec dans divers dossiers d\u2019échanges commerciaux internationaux.Tout ce qui y est relaté est de nature publique.L\u2019attaque lancée par le ministre ne découle aucunement du texte même de cet article.Au surplus, il ressort des journaux que le ministre ne dément aucunement les principaux points de l\u2019article du DEVOIR.Dans à peu près toutes les procédures intentées par les Etats-Unis à l\u2019encontre du Canada, le gouvernement fédéral a préféré défendre ses propres intérêts ou ceux des provinces autres que le Québec.Le Canada n\u2019a donné son appui au Québec que lorsque seuls les intérêts de cette province étaient en jeu.Le ministre a mis en doute le travail que j\u2019ai accompli pour le Québec lors de mon mandat.J\u2019ai invité les gens de la presse à contacter les divers dirigeants des ministères et organismes concernés afin qu\u2019ils confirment ma feuille de route.J\u2019ai traité beaucoup de dossiers pour le gouvernement du Québec et je peux dire que le Québec a gagné toutes les causes contestées.J\u2019ai toujours réussi à protéger les intérêts du Québec, parfois en évitant les débats judiciaires.Même lorsque les autres pro- vinces canadiennes et le gouvernement fédéral perdaient, le Québec gagnait.Le ministre a également mis en doute le bien-fondé de mes honoraires.Jamais, au cours de mon mandat, le ministre ne m\u2019a demandé de justifier les factures que je lui ai transmises et celles-ci ont été examinées de façon régulière par le ministère des Affaires internationales et par le ministère de la Justice.A tout événement, un tel sujet ne pourra jamais être clarifié à l\u2019Assemblée nationale ou lors de débats journalistiques.Je demande une vérification publique de toutes les factures que j\u2019ai envoyées au gouvernement du Québec concernant les différents mandats que j\u2019ai obtenus de septembre 1989 à décembre 1993.Le dossier du magnésium Que des vérificateurs indépendants exposent à la population du Québec la nature des dossiers traités, le temps consacré à chacun d\u2019eux, le taux horaire des avocats concernés ainsi que les résultats obtenus.J\u2019invite ces vérificateurs à faire le même exercice pour tous les avocats ayant représenté le Québec dans des dossiers de même nature.Une vérification préliminaire avait été entreprise il y a un an au sein du gouvernement et on m\u2019avait indiqué que le rapport qualité/prix pour mon travail était beaucoup plus satisfaisant que celui des avocats retenus par la suite par le ministre.Le ministre prétend qu\u2019il m\u2019a congédié dans le dossier du magnésium et a ainsi sauvé la stratégie industrielle du gouvernement du Québec.C\u2019est tout simplement faux.Le ministre a retenu les services de Bud Lawrence, un avocat semi-retraité autrefois haut fonctionnaire d\u2019une association pétrolière et engagé plus tard par Akin, Gump, Haqer & Feld, afin qu\u2019il négocie un règlement avec les États-Unis.Je représentais toujours le gouvernement pour tout l\u2019aspect judiciaire du dossier comme d\u2019ailleurs le reflètent les comparutions et les procédures déposées devant les instances concernées.Et, tel que le démontrent les registres publics, ce sont ces procédures judiciaires et non la négocia- tion pour laquelle Me Lawrence avait été retenu qui ont conclu le dossier avec succès.J\u2019ai gagné la cause du magnésium en débattant vigoureusement les pratiques d\u2019Hydro-Québec, lesquelles sont au cœur même de la stratégie industrielle du Québec.C\u2019est seulement après avoir gagné cette cause que l\u2019on m\u2019a démis de mes fonctions.J\u2019ai été engagé par Hydro-Québec après mon congédiement par le ministre Ciaccia.Hydro-Qué-bec valorisait grandement mon travail et n\u2019était pas prêt à retenir les services des nouveaux procureurs du ministre Ciaccia.Suite à mon départ, le ministre a engagé Me Lawrence et sa firme pour porter en appel devant deux groupes spéciaux binationaux, partie de deux décisions rendues dans la cause du magnésium portant sur certains points techniques.Non seulement n\u2019ont-ils pas réussi à obtenir un règlement du dossier avec les États-Unis, mais en plus, ils ont perdu ces deux appels.Le ministre insiste qu\u2019il a engagé Akin, Gump, Strauss, Heuer & Feld pour la principale raison qu\u2019il connaissait et recherchait les services de M.Strauss.Or, au moment où il a retenu ladite firme, M.Strauss était l\u2019ambassadeur américain à Moscou.Tous les documents officiels provenant de cette firme confirment d\u2019ailleurs qu\u2019à l\u2019époque M.Strauss n\u2019y était attaché d\u2019aucune façon.Le ministre Ciaccia ne m\u2019a donné aucune raison justifiant ses agissements.Je n\u2019ai jamais su pourquoi j\u2019ai été congédié après les plaidoiries finales dans une cause alors qu\u2019il ne restait qu\u2019à attendre la décision du tribunal (une cause que nous avons gagnée, comme toutes les autres d\u2019ailleurs).Ce n\u2019est pas à moi de spéculer.Toutes les raisons fournies par le ministre sont contredites par les faits et documents faisant partie de registres publics.Aucune de ces raisons n\u2019est reliée au sujet traité dans l\u2019article du DEVOIR.Je ne sais tout simplement pas pourquoi M.Ciaccia a choisi de m\u2019attaquer personnellement au lieu de traiter de ces questions publiques.d\u2019importance primordiale pour les intérêts du Québec.PEDRO MARIORI Domicilié à Montréal, l'auteur y représente le mouvement Cuba independiente y democratica (CID), basé à Miami.r y usqu'à quel point la nouvelle politique canadienne )d\u2019«aide» à l\u2019egard de Cuba est-elle réaliste, sage et vraiment solidaire du oeuple cubain?Quand il s'agissait de l\u2019Afrique du Sud.le Canada n\u2019avait pas de politique indépendante de celle des « Il Etats-Unis.Dans la guerre du Golfe, le Canada s'était rallié à l\u2019effort de guerre américain.Quand le président Jean-Bertrand Aristide a été chassé du pouvoir par les putschistes haïtiens, Ottawa a dépêché son ministre des Affaires extérieures pour qu\u2019il se joigne à d\u2019autres figures du continent pour intercéder en faveur d\u2019Aristide.Dans tous ces cas, on invoquait à juste titre la moralité démocratique, la défense des droits de l\u2019homme contre la férocité des dictateurs.Mais dans le cas du peuple cubain, sa souffrance sous la coupe d\u2019un régime totalitaire masqué sous le drapeau du marxisme ne semble pas empêcher nos politiciens de dormir.Pour le ministère des Affaires étrangères du Canada, l\u2019argument de la souffrance des Cubains n\u2019est aujourd\u2019hui que le prétexte pour annuler une politique instaurée plusieurs années auparavant, dans la foulée de l'intervention cubaine en Angola.Mais c\u2019est surtout un prétexte pour couvrir une autre politique, visant celle-là à permettre aux gens d\u2019affaires de profiter maintenant, pendant qu\u2019il en est encore temps et alors que Castro est toujours là, de la situation.tout en empêchant le peuple cubain de prendre en main sa propre destinée.Oui, le temps court et le Canada veut protéger ses intérêts économiques.Mais c\u2019est une action myope: Fidel Castro n\u2019est pas un bon cheval; son avenir est plus qu\u2019incertain.Et pourtant, le Canada mise toujours, en 1994, sur ce cheval! C\u2019est une politique à courte vue, orgueilleusç puisqu\u2019elle se démarque des États-Unis.Une politique qui couvre les intérêts matériels les plus égoïstes des investisseurs d\u2019ici, sans aucun égard pour des principes moraux invoqués ailleurs: une gifle contre les combattants de la démocratie et de la justice écrasés par Fidel Castro et son omniprésente police secrète.Cette politique ne vaudra au Canada aucun respect parmi les Cubains qui souffrent et qui luttent.En rétablissant de cette façon son aide au régime cubain, le Canada tourne le dos à la souffrance de ce peuple.De plus, en considérant le montant de l\u2019aide annoncée, et en faisant l\u2019hypothèse qu\u2019elle se rende, on peut s\u2019interroger sur sa portée.Que sont 1,5 million de dollars face aux manques criants de 11,5 millions de personnes qui ont besoin de tout: nourriture, vêtements, médicaments?Castro va tomber.Si ce n\u2019est pas demain, ce sera après-demain, ou dans un avenir relativement rapproché.Le Canada viole-t-il, aujourd\u2019hui, ses beaux principes humanitaires parce qu\u2019il aurait peur de ne pas avoir de place, demain, dans les affaires cubaines?Les politiciens et les fonctionnaires à Ottawa ne voient-ils donc pas que le régime castriste est au bout du rouleau, qu\u2019il va peut-être même bientôt s\u2019effondrer?Ne voient-ils pas que dans un pays où la population est soumise aux caprices d\u2019un obsédé du pouvoir absolu, on ne peut pas produire convenablement des biens et services, ni faire correctement du commerce?Comment peut-on croire qu\u2019il est possible de transiger avec un pays qui n\u2019a plus rien ou presque rien à offrir, avec un pouvoir qui est hostile par essence aux producteurs libres, à la débrouillardise et à l\u2019entrepreneurship (pourtant si typiques des Cubains), avec un régime aux abois qui ne recherche en fait qu\u2019une marge de crédits supplémentaires pour durer quelques mois, quelques années de plus?Peut-on blâmer l\u2019embargo commercial des États-Unis pour la dégringolade du camp socialiste, et par ricochet pour la situation à Cuba?La réponse est non.L\u2019embargo des États-Unis n\u2019est pas dirigé contre le peuple cubain.Il est dirigé contre un dictateur totalitaire.C\u2019est plutôt lui qui impose dans les faits un épouvantable embargo à son propre peuple, puisqu\u2019il ne lui permet pas de travailler librement, à son propre compte, puisqu\u2019il n\u2019admet pas la libre entreprise, puisqu\u2019il hait la liberté d\u2019expression, de publication et de communication, choses pourtant indispensables à toute économie saine.L\u2019embargo castriste contre la liberté et la démocratie, voilà la cause d\u2019un naufrage économique faussement attribué au blocus américain.Avec sa politique myope, le Canada joue contre ses propres intérêts à long terme.Pourquoi une politique quand il s\u2019agit d\u2019Haïti ou de l\u2019Afrique du Sud, et une autre quand il s\u2019agit du Cuba de Fidel Castro?Pourquoi une politique quand il s\u2019agit d\u2019Haïti ou de l\u2019Afrique du Sud, et une autre quand il s\u2019agit de Cuba?\u2022\t4 » \u2022 \u2022\tI \u2022\t« \u2022 « * \u2022 \u2022 VI < I Fin t., i K f y.U ' t: ' t -1 >\u2022 if I ' (I y :xge^ kimrkkîàiiicii aujourd\u2019hui?C ***\"¦- PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3344 (514) 985-3344 (514) 985-3399 1 800-363-0305 \u2018 SERVICE À LA CLIENTÈLE \u2022 Extérieur (sans frais) \u2022 1-800-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MnMTDÉAI milÉBEC) H3A 3M9 ENSEIGNEMENT MORAL Martial doucher 1 ET RELIGIEUX AUX SOURCES DE LA VIE (lre secondaire) L'AMOUR EN HÉRIT AGE (2e secondaire) UN AMOUR INFINI (3e secondaire) APPELÉ(E) À L'AMOUR (4e secondaire) À paraître (5e secondaire) A S A LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS ADMINISTRATION (514)985-3333 (514)985-3333 SERVICE DES ABONNEMENTS Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements postaui.Montréal\t(514) 985-3355 LE DEVOIR est pubUé par LE DEVOIR Inc.dont le siège social est situé au numéro 2050 de Bleury, 9e étage, Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor LaSalle, 7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612 ouest rue Saint-Jacques, Montréal.I.Agence Press* Canadienne «t autorisée Remployer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 775 boul.lebeau, St-Iaurent.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399.I "]
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