Le devoir, 6 juillet 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" ?FONDÉ EN 1 9 1 O ?T V () I T o r o ii l o S 5 c (i r> i .1 I! I I.I.K T I !> !) I 15 4\t?I.K M K 11 (' R K I) I (i MON T R E A I- I.X X X V \u2014 PERSPECTIVES Assainir les écosystèmes ou l\u2019industrie de l\u2019eau?Le Conseil des ministres s\u2019apprête à réorienter, peut-être même aujourd\u2019hui, l\u2019important Programme d\u2019assainissement des eaux du Québec (PAEQ) dans lequel ont été investis 4,7 milliards$, un montant qui atteindra bientôt 6 milliards$ avec les projets en cours.La réforme mise de l\u2019avant par le ministre des Affaires municipales, M.Claude Ryan, le nouveau responsable du futur programme «d\u2019équipements municipaux», vise à épargner plusieurs centaines de millions$, à intégrer la logique de l\u2019épuration à celle de la restauration des infrastructures municipales et hausser encore un peu le pourcentage de la population québécoise qui épure ses eaux usées.Et le ministre se propose, d\u2019après les informations disponibles, de concentrer son aide sur les municipalités moins nanties.On peut vraiment dire, sans sombrer dans le lieu commun, que le Québec est à la croisée des chemins en assainissement.Les usines d\u2019épuration, construites ou en préparation, vont hausser le niveau d\u2019assainissement à 90% de la population «branchée» sur réseau d\u2019égout.Dans sa logique de réforme administrative, où les enjeux sont fondamentalement financiers et sociaux, la réforme Ryan a commencé et continuera de susciter bien des malaises.D\u2019abord parce qu\u2019elle veut diminuer l\u2019ampleur des investissements publics, qui devaient atteindre les 1,5 milliards$, boues d\u2019épuration et débordements compris.Et aussi parce que les petites municipalités, qui ont payé pour la dépollution des grandes villes, acceptent mal qu\u2019on ne leur .renvoie pas l\u2019ascenseur, comme en Ontario et aux Etats-Unis.On estime, là-bas, que grandes et petites villes doivent respecter les mêmes normes minimales de rejet et que la collectivité doit assumer l\u2019excédent de coût de l\u2019épuration dans les plus petites villes, où les coûts de revient sont plus élevés parce que répartis sur moins de gens.Mais cette question d\u2019équité sociale en soulève une autre, plus fondamentale: que voulons-nous assainir?Pourquoi épurer?Le bilan gouvernemental de 15 ans d\u2019assainissement au Québec, que Le Devoir divulguait cette semaine, indique que l\u2019objectif administratif initial est presque atteint, soit assainir les rejets d\u2019au moins 90% de la population sur réseau.Mais Québec découvre que l\u2019atteinte de cet objectif ne nous assure pas que les cours d\u2019eau vont échapper au processus de vieillissement accéléré, qui les tue lentement.Si leur mort biologique constitue un minimum incontournable, le vrai débat devrait être de leur redonner la santé, d\u2019augmenter le nombre et la vitalité des espèces qu\u2019ils abritent.Si les cours d\u2019eau ne sont pas plus en santé, après 4,7 milliardsS, indique le bilan gouvernemental, c\u2019est que le PAEQ a été utilisé à certaines époques autant comme un antidépresseur économique que comme un outil de gestion environnementale.Il fallait éparpiller d\u2019importants investissements rapidement.Et le choix des projets s\u2019est fait en fonction d\u2019objectifs sociaux plus qu\u2019environnementaux.On voulait obtenir, ce qui est légitime, des eaux brutes saines pour protéger les prises d\u2019eau potable municipales et même permettre dans les rivières la baignade et la pêche.Si on avait voulu plutôt guérir nos cours d\u2019eau de la dégénérescence et de la mort biologique à plus ou moins long terme, on n\u2019aurait pas abandonné l\u2019idée d\u2019une attaque concertée sur les pollutions urbaines, industrielles et agricoles, bassin par bassin.Le tiers de la pollution industrielle est toujours intact et la pollution agricole, causée par l\u2019érosion, les pesticides et les engrais, n\u2019a pas vraiment reculé.La lutte aux déversements de fttmier, là encore, visait souvent plus à protéger les prises d\u2019eau que les cours d\u2019eau.L\u2019échec relatif du PAEQ au plan environnemental vient du fait qu\u2019on a dépensé sans se demander où chaque dollar profiterait le mieux à l\u2019environnement, une logique élémentaire d\u2019investisseur.On n\u2019a pas regardé les cours d\u2019eau comme de grands corps vivants, malades des humains et de leur industrie sous toutes ses formes, dont le coeur devait être guéri avant les ulcères d\u2019estomac.On peut refaire le PAEQ en fonction d\u2019une approche écosystémique et investir les 1,5 milliards$ qui restent, sur les organes vitaux de nos grands écosystèmes aquatiques pour les sauver de l\u2019eutrophisation et mieux, leur redonner vie.On peut aussi se contenter d\u2019un compromis susceptible de satisfaire à la fois les comptables gouvernementaux et l\u2019industrie de l\u2019eau tout en évitant une tempête municipale à deux mois des élections: mais ce sera à coup sûr aux dépens des objectifs environnementaux à l\u2019origine du PAEQ.Louis- Gilles Fr an coeur ?INDEX Agenda.B6 Avis publics.A4 Classées.B4 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.A6 Le monde.A5 Mots croisés .A4 Les sports.B5 MÉTÉO Nuageux avec éclaircies Max: 27 Détails en B 4 DEMAIN Clichés d\u2019été: la Minganie et la Basse-Côte-Nord » POLITIQUE\t\tMONTRÉAL\t\tÉCONOMIE M3i: Hydro-Québec\t¦ ,1\tKanesatake: émoi autour +\t\tLe CPQ préfère la TPS ne reculera pas\t\td'une arrestation\t\tà une hausse des impôts PAGE A 4\tJSl i\tPAGE A 3\t\tPAGE B 2 Le Service de police «tolère l\u2019incompétence», dit Malouf «Je ne dirige pas une organisation malade», lui réplique Jacques Duchesneau PAUL CAUCHON LE DEVOIR Le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) vient d\u2019essuyer un dur coup avec la présentation hier d\u2019un rapport incisif et très critique sur son fonctionnement et ses pratiques.L\u2019auteur du rapport, le juge Albert Malouf, émet en effet 42 recommandations pour tenter de remédier au «manque de coordination et de communication entre sergents et officiers supérieurs», au «flottement sérieux» dans le commandement des opérations, à la faiblesse de l\u2019évaluation du personnel, à la désuétude des équipements de communication, à l\u2019intégration aléatoire des nouveaux policiers.Le jugement de M.Malouf sur les structures de com- mandement est accablant: il est arrivé, écrit-il, que les officiers «commandaient mal leurs hommes parce qu\u2019ils ne savaient littéralement pas quoi faire eux-mêmes».Pour le juge Malouf, la culture de l\u2019ensemble du SPCUM «tolère l\u2019incompétence».Enfonçant le clou, il ajoute que «le SPCUM est un corps en proie à de nombreuses divisions, qui influent de façon négative sur sa performance (.), un corps où la frustration est élevée, dont les policiers ont tendance à s\u2019accommoder en accomplissant leurs tâches de manière routinière».Le juge Malouf fait également valoir que des pratiques de tir obligatoire devraient être instaurées au SPCUM, et que le port d\u2019arme devrait être retiré temporairement au VOIR PAGE A 8: MALOUF PHOTO JACQUES NADEAU Le directeur du Service de police de la CUM, Jacques Duchesneau, flanqué de la présidente de la Communauté urbaine de Montréal, Mme Vera Danyluk.Arafat forme son gouvernement PHOTO AP À SON ARRIVEE A JERICHO, hier, le chef de l\u2019OLP, Yasser Arafat, a été accueilli par des représen- .ùèm , i i 1 tants de la secte juive ultra-orthodoxe et antisioniste Neturei Karta.L\u2019un des membres de cette secte fera partie du premier gouvernement «autonome» palestinien, dont l\u2019installation à Jéricho a été annoncée hier par Arafat au cours d\u2019une brève visite.Nos informations en page A 5.Les «jeux du macramé» Entre le Mondial et le Tour de France, les Jeux de la Francophonie, qui s'ouvrent à Paris, se cherchent une identité PASCALE PONTOREAU En 1987, lors du Sommet de Québec.des francophones zélés ont eu l\u2019audacieuse idée de créer les Jeux de la Francophonie.On connaissait déjà les Jeux olympiques, leur idéal, leurs ouvertures spectaculaires, leur surenchère médiatique et leurs records sans cesse surpassés.Moins haut en couleur, les Jeux du Commonwealth rappellent la grandeur coloniale de l\u2019Empire britannique.Encore moins visibles et beaucoup moins connus: les Jeux de la Méditerranée, les Jeux des petits États réunissant Malte, le Lichtenstein, Andorre et autres mini-pays européens depuis douze étés.Alors, pour ne pas se sentir en reste, les francophones, forts de leurs quarante-sept drapeaux, se sont jetés à l\u2019eau.Côté idéal, rien à redire.Les Jeux, à l\u2019image des olympiades originelles, réunissent des sportifs.et des artistes.Les pays d'accueil sont alternativement, aux deux ans.du Sud puis du Nord et reçoivent à leurs frais les délégations des pays membres de la Francophonie.En 1989, le Maroc a eu la lourde tâche d\u2019accueillir les premiers Jeux de la Francophonie.Mais, la présence d\u2019une compétition en «métiers d'art» et les piètres résultats obtenus dans les disciplines d\u2019honneur ont rapidement accolé à l\u2019événement le surnom de «jeux du macramé»! Le concept de cette jeune manifestation francophone, axée sur la culture et le sport, reste «encore flou, encore mou», admet la ministre Liza Frulla, arrivée hier à Paris pour soutenir les 150 athlètes et artistes de l\u2019équipe québécoise.Il devra donc «être raffermi» et éventuellement réservé aux «jeunes espoirs» artistiques et sportifs des pays francophones.«Ça pourrait être nos espoirs versus leurs espoirs.C\u2019est probablement ce qui va arriver, a prédit la ministre de la Culture hier en inter- Géniaux, ces gitans Les trois spectacles ont attiré plus de 85 000 personnes GUYLAINE MAROIST Le ciel de plomb qui menaçait la ville en fin d\u2019après-midi n\u2019aura pas découragé les mélomanes montréalais de s\u2019offrir une soirée tzigane.Les cumulo-nimbus F ayant heureusement plié bagage, 85 000 convives ont envahi la rue Ste-Catherine pour participer à la grande fiesta lancée par les organisateurs du Festival de Jazz.Foulant le succès du film Latcho Drom, David Jobin, grand vizir de la programmation extérieure, a misé cette année sur cette musique à l\u2019âme vagabonde pour faire culminer la quinzième édition du Festival.Ce grand fervent d\u2019effusion gitane a invité le groupe Bratsch, le trio Rosenberg et le groupe Strunz & Farah, qui avaient tous fait bonne fi-gure lors de la série thématique en ttMlVAL 1991.\tDEJAZZ Le quintette français Bratsch a DE M0NTrEa1 donne le coup d envoi de cette superboum annuelle, qui a connu ses temps forts par le passé avec les groupes Galliano, Uzeb, le guitariste Pat Metheny et le chanteur sud-africain Johnny Clegg.Avec une sonorisation déficiente en début de parcours, malgré les 60 000 watts crachés par les hauts-parleurs, ces romanichels ont quelque peu endormi la foule avec leurs loki d\u2019ili, chansons lentes du répertoire gitans des Balkans.Il a fallu attendre les VOIR PAGE A 8: GITANS Washington ferme la porte aux Haïtiens Un camp de réfugiés mis sur pied au Panama D\u2019APRÈS L\u2019AFP \\\\Tashipgton \u2014 Face à un afflux de réfugiés haïtiens, V V les Etats-Unis ont adopté un nouveau dispositif visant à décourager les départs en exil par la mer et fermer tout espoir d\u2019entrée aux Etats-Unis.Les Haïtiens qui fuient leur pays par mer et qui sont recueillis par lçs garde-côtes américains ne seront plus accueillis aux États-Unis \u2014 même s\u2019ils sont considérés comme des réfugiés politiques \u2014, mais placés dans des camps, a annoncé hier le responsable américain chargé du dossier haïtien, M.William Gray.«Les boat people qui nécessitent une protection (pour des raisons politiques) auront la possibilité de l\u2019obtenir dans des camps de réfugiés», a précisé M.Gray au cours d\u2019une conférence de presse à la Maison Blanche.Le premier de ces camps, avec une capacité de 10 000 personnes, sera établi au Panama et un accord de principe a été atteint avec file de la Dominique et Antigua pour l\u2019ouverture d\u2019autres camps, a précisé M.Gray.En aucun ças, les personnes ainsi placées sous la protection des Etats-Unis et du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ne pourront être admis sur le sol des Etats-Unis.L\u2019annonce de cette décision fait suite à l\u2019augmentation très nette des Haïtiens cherchant à fuir leur pays par la mer.Au cours des onze derniers jours, quelques 10 000 réfugiés haïtiens ont été interceptés par les garde-côtes américains.Jusqu\u2019à présent, les Etats-Unis renvoyaient les réfugiés fuyant leur pays pour des raisons économiques.VOIR PAGE A 8: MACRAMÉ VOIR PAGE A 8: HAÏTIENS % 4 9 I.K I) K V 0 I II .I.V.M K l< I) H K I) I li .1 I! I I, I.K T I !» !» 4 A 8 -» le devoir «-\u2014\u2014 ACTUALITES MALOUF Son rapport fait état de directives imprécises ou inexistantes dans plusieurs secteurs d\u2019intervention stratégiques SUITE DE LA PAGE 1 policier qui ne réussit pas à se classer lors de ces tests.De plus, le juge Malouf s\u2019interroge sur la syndicalisation des officiers, constatant les tensions patronales-syndicales qui prévalent dans le service.Le directeur du SPCUM, Jacques Duchesneau, a d\u2019emblée fait valoir hier qu\u2019il espérait que ce rapport soit le dernier, après qu\u2019une série de rapports ait formulé pas moins de 185 recommandations depuis 1988 envers la police montréalaise.M.Duchesneau a soutenu que 26 des 42 recommandations du rapport Malouf ont été ou sont en voie d\u2019être réalisées, et que 16 sont à l\u2019étude.Il a reconnu certaines lacunes au SPCUM, notamment au niveau de la supervision des enquêtes, des processus d\u2019évaluation, de la supervision et des communications, de la formation, mais il a également voulu insister sur les points forts du SPCUM tel que retenus dans le rapport, dont la qualité des rapports de vérification interne, la compétence et le fonctionnement de la Section technique (SWAT), et la pertinence de l\u2019approche communautaire.Jacques Duchesneau s\u2019est élevé contre le diagnostic de «tolérance envers l\u2019incompétence», soutenant que ce n\u2019était pas le cas.«Je ne dirige pas une organisation malade» soutient-il, estimant aussi que les policiers ont «droit à l\u2019erreur».Le juge Malouf avait reçu le 15 mai 1992 le mandat du ministre de la Sécurité publique d\u2019alors, Claude Ryan, de réviser «de façon approfondie et globale» l\u2019organisation, les méthodes, les standards, les pratiques, et les procédures du service de police.Ce mandat découlait d\u2019une recommandation du rapport du coroner Yarosky, rédigé à la suite du décès de Marcellus François, tué par l\u2019arme d\u2019un policier du SPCUM le 3 juillet 1991.Le juge Malouf a procédé à l\u2019examen d\u2019événements comme les tueries de Polytechnique et de Concordia, l\u2019affaire Marcellus François, le saccage sur la Plaza Saint-Hubert, l\u2019émeute qui avait suivi le passage de Guns\u2019n Roses au Stade, etc.Le groupe a étudié des rapports d\u2019événements, participé à des activités de patrouille, visité des corps policiers canadiens et américains, rencontré plusieurs membres du service.Son diagnostic fait état de directives imprécises ou inexistantes dans plusieurs secteurs d\u2019interventions stratégiques, de rapports opérationnels et administratifs incomplets, de nombreux problèmes de supervi- sion, de formation inadéquate.«Sans aucune exception, écrit-il, toutes les opérations que nous avons examinées ont été marquées par des flottements, parfois très sérieux, au niveau du commandement des opérations».La première recommandation exige d\u2019ailleurs une révision immédiate de tout le système de supervision.En ce qui concerne l\u2019utilisation de la force, les écarts de conduite (qui sont l\u2019œuvre d\u2019une minorité de policiers) sont principalement imputables «à des faiblesses évidentes au niveau de l\u2019intégration des nouveaux policiers, au niveau du processus d\u2019évaluation et au niveau de la supervision».Le juge propose plusieurs mesures techniques pour améliorer l\u2019intervention sur le terrain, et il recommande la mise en place d\u2019un véritable processus d\u2019intégration des nouveaux policiers par un système de policiers instructeurs ou tuteurs pour chaque recrue.Jacques Duchesneau a indiqué hier qu\u2019un programme de formation sur mesure allait être implanté en janvier prochain.Le juge Malouf fait également l\u2019historique des rapports syndicaux au SPCUM.Le discours de la Fraternité des policiers lui paraît caractérisé «par son agressivité et par une méconnaissance volontaire des contraintes budgétaires qui affligent la CUM».M.Malouf ajoute que l\u2019accréditation syndicale des constables et cadres intermédiaires peut être remise en question, mais toute tentative de régler ce dossier «de manière autoritaire et unilatérale est vouée d\u2019avance à l\u2019échec».Il est donc urgent de tenir un débat public éclairé sur cette question, ajoute-t-il.Jacques Duchesneau s\u2019est montré plutôt tiède sur cette question, déclarant qu\u2019il n\u2019allait pas «précipiter cette démarche».Pour le président de la Fraternité des policiers Yves Prud\u2019homme, la désyndicalisation des officiers est «non-négociable: c\u2019est une question qui a fait l\u2019objet d\u2019un débat public il y a plusieurs années, débat que le gouvernement avait réglé pour des raisons de paix industrielle, d\u2019équilibre des forces».Il ajoute que le rapport Malouf soulève des questions mais n\u2019apporte aucune preuve que le syndicalisme nuit au travail des policiers.De façon générale, il se dit d\u2019avis que les constatations relatives à la frustration et à la démotivation des policiers sont les mêmes que celles qui ont été rapportées par la Fraternité ces dernières années.«Les policiers travaillent avec les outils mis à leur disposition», conclut-il.Le PLQ devra suspendre sa campagne publicitaire BERNARD PLANTE LE DEVOIR Le Parti libéral qui entreprenait, hier, dans les journaux une nouvelle campagne de publicité pré-électorale devra y mettre fin, au plus tard demain, alors que le premier ministre, Daniel Johnson, sera forcé d\u2019annoncer la tenue d\u2019élections partielles dans la circonscription de Rivière-du-Loup.C\u2019est l\u2019avis exprimé par le directeur général des élections du Québec, Rerre-F.Côté.M.Côté est catégorique, sitôt qu\u2019un décret est pris pour déclencher la tenue d\u2019une élection, qu\u2019elle soit complémentaire ou générale, les partis politiques sont tenus d\u2019attendre au moins 29 jours avant d\u2019entreprendre leurs campagnes publicitaires.Avant cette périodes seules les dépenses relatives à l\u2019organisation (bureau électoral, lignes téléphoniques, etc.) sont permises et les formations politiques doivent attendre 29 jours, c\u2019est la loi, avant de vendre leurs couleurs dans les journaux, à la télévision ou à la radio.Se référant à certains articles de la loi électorale, Pierre-F.Côté souligne que toute publicité est interdite dans les 29 jours suivant la prise d\u2019un «décret» déclenchant une élection.M.Côté interprète le mot «décret» en l\u2019appliquant aussi bien au déclenchement d\u2019une élection complémentaire, qu\u2019au déclenchement d\u2019une élection générale.Donc, à partir de demain 7 juillet, terminée la pub nationale.Cet avis du directeur général des élections risque de contrecarrer les plans du PLQ.Selon des informations obtenues par Le Devoir, la machine libérale souhaitait donner une suite télévisée à la campagne lancée hier dans les journaux.Au dessus d\u2019une photographie floue de Jacques Parizeau, l\u2019on peut lire le mot «compromettre»; au dessus d\u2019une photo claire de Daniel Johnson on lit le mot «construire».M.Johnson affirmait, hier, que les campagnes publicitaires pré-électorales de son parti avaient entraîné des déboursés «de moins d\u2019un demi million».Un des ses collaborateurs devait par la suite préciser qu\u2019il s\u2019agissait plutôt d\u2019un montant «de moins de 400 000 dollars».PHOTO JACQUES NADEAU Le groupe français Bratsch érnm.'mmW * v ' ' \u2019 \"T - - GITANS Le duo Strunz and Farah: pas la moindre émotion SUITE DE LA PAGE 1 vivaces khelimaski d\u2019ili et leur rythmes endiablés pour que les convives exultent.On a joué des castagnettes avec ses mains encourageant le coup d\u2019archet aux accents klez-mer de Bruno Girard.Le groupe, qui reviendra à la salle du Gesu au début d\u2019octobre, a fait honneur aux airs et romances russes, roumains, yougoslaves, bulgares, arméniens et yiddish pendant qu\u2019on projetait des diapositives sur les facades du complexe Desjardins et de la Place des Arts.Des oeuvres de Miro (c\u2019est quoi le rapport?) et des palabres illisibles.Pas tellement réussi comme show visuel.Suivait le trio Rosenberg, groupe de gitans hollandais foulant les pistes de Django Reinhardt.Le grand Grapelli, qui enregistrait cette année au Carnegie Hall un album avec ses jeunes virtuoses, a dit qu\u2019il s\u2019agis- sait du meilleur groupe tzigane qu\u2019il ait entendu de toute sa très longue carrière.Quand Stochello, guitariste lead du trio, a attaqué sa macaferri, hier soir, on a compris que le grand violoniste avait confondu «meilleur» avec «rapide».Stochello joue sans doute «mieux» de la six-cordes que Django, techniquement parlant, mais il n\u2019a pas l\u2019âme du guitariste aux doigts tronqués.Mais moments tout de même forts agréables, notamment lors de la relecture de Nuages, pièce fétiche de Django.Après le trio Rosenberg, le duo américain Strunz and Farah a pris la possession de la scène sans que l\u2019on ait rqssenti la moindre émotion dans la foule.A l\u2019image de l\u2019ensemble du spectacle présenté, ce duo manquait totalement l\u2019aspect communication.Ils ont joué aussi sagement que le trio Rosenberg.HAÏTIENS «Nous ne voulons pas voir les gens se noyer» SUITE DE LA PAGE 1 Mais ceux qui, après examen de leur dossier en Haïti ou sur des bateaux américains croisant au large, obtenaient un statut de réfugié politique, pouvaient être accueillis aux Etats-Unis.En annonçant cette mesure de dissuasion, William Gray a lancé un appel aux Haïtiens pour qu\u2019ils ne prennent pas la mer au risque de leur vie.Il a mis en exergue le naufrage d\u2019un bateau surchargé qui aurait fait il y a deux jours au large de Saint-Marc plus de 150 victimes.Une trentaine de réfugiés ont déjà péri noyés la semaine dernière sur la côte sud-ouest du pays à la suite d\u2019une panique provoquée par des coups de feu en l\u2019air de policiers locaux.«Nous demandons instamment au peuple haïtien de rester en Haïti.Nous ne voulons pas voir les gens se noyer», a souligné M.Gray.M.Gray a réaffirmé qu\u2019il n\u2019était pas question «d\u2019une intervention militaire imminente» en Haïti, précisant qu\u2019imminent voulait dire «une période de quelques jours».Mais il a répété qu\u2019«une option militaire était sur la table.» M.Gray a affirmé que le déploiement au large de Haïti, annoncé hier par le Pentagone, de quatre nouveaux navires américains avec à leur bord quelque 2000 «Marines» n\u2019était pas lié à cet afflux de boat people, mais à l\u2019éventuelle évacuation des citoyens américains.Le groupe d\u2019assaut américain composé de quatre navires, dont un porte-hélicoptères, va se diriger aujourd\u2019hui vers Haiti et renforcer le dispositif de 9 bâtiments américains croisant au large des côtes haïtiennes.Conduit par le porte-hélicoptères USS Inchon, le groupe comprend le USS Trenton, le USS Portland et le USS Spartanburg County.Ils rejoindront un autre navire d\u2019assaut, le Wasp, qui mène depuis plusieurs semaines des exercices dans le secteur avec 650 Marines à son bord.L\u2019émissaire américain a noté que le président constitutionnel d\u2019Haïti, M.Jean-Baptiste Aristide, «n\u2019avait pu être joint» afin d\u2019être informé des nouvelles dispositions américaines visant les boat people mais qu\u2019il «serait surpris» qu\u2019il ne les entérine pas.L\u2019accroissement de la misère dû aux sanctions internationales, le taux plus élevé des asiles politiques (25% environ) désormais accordés dans le cadre des nouvelles mesures de l\u2019administration Clinton, la présence des navires de guerre américains près des côtes et, dans une moindre mesure, la persistance de la répression politique, ont augmenté d\u2019une manière spectaculaire le nombre des boat people haïtiens ces derniers jours.Par ailleurs, le gouvernement du président provisoire Emile Jonassaint (non reconnu par la communauté internationale) s\u2019est déclaré lundi soir «profondément indigné» par l\u2019attitude des bateaux des gardes-côtes américains au large d\u2019Haïti.Ces navires, «au mépris des ac-çords et conventions signés par les Etats-Unis, violent les eaux territoriales haïtiennes pour arraisonner les embarcations de pêche, kidnapper de petits pêcheurs et les présenter ensuite à la presse comme des voyageurs clandestins», souligne un communiqué gouvernemental.D\u2019autre part, un juge de Miami a accordé 41 millions de dollars de dommages et intérêts à six Haïtiens qui affirmaient avoir été torturés par le régime militaire de Prosper Avril.Ce procès avait été intenté en février 1991 alors que Prosper Avril, l\u2019un des militaires haïtiens qui se sont succédé au pouvoir à Port-au-Prince dans les années 80, vivait à Miami.Il avpit regagné Haïti après le coup d\u2019Etat qui, en 1991, a renversé le président élu Jean Bertrand Aristide.Les six Haïtiens affirmaient avoir été arrêtés, sévèrement battus et torturés par des soldats agissant sous les ordres de Prosper Avril.Certains d\u2019entre eux avaient ensuite été détenus pendant une longue période sans soins médicaux et tous ont subi des infirmités permanentes, selon le texte de leur plainte en justice.L\u2019un des plaignants, le Dr Fernand LaForest, qui vit maintenant à Paris, a déclaré que «beaucoup d\u2019Haïtiens estiment que les Etats-Unis sont responsables de la crise actuelle».«Il est réconfortant de voir un tribunal américain punir un tortionnaire haïtien», a-t-il ajouté.Le montant de ces dommages et intérêts a été fixé vendredi soir par un juge de Miami et rendu public hier par le Centre pour les Droits Constitutionnels de New York qui représentait les Haïtiens dans ce procès./ MACRAME «Nous sommes différents des autres» SUITE DE LA PAGE 1 » \\ view.L\u2019important, ce sera, à défaut d\u2019avoir les équipes de pointe et des frandes vedettes, d\u2019avoir des quipes équilibrées formées des éléments les plus prometteurs».\u2019 Entre les «vrais» jeux et les grandes compétitions internationales, entre les grands festivals culturels et les prix prestigieux, les jeux francophones ont du mal à trouver leur indentité.«Parce qu\u2019ils sont encore tout jeunes, souligne Mme Frulla.C\u2019est seulement la deuxième édition.Mais il reste avant tout que réunir comme ça la jeunesse francophone de 46 pays est un objectif tout à fait louable».«Nous sommes différents des autres.Nos jeux associent performance et solidarité.On ne doit donc pas se calquer sur les autres mais bien inventer autre chose», clament les organisateurs.Ainsi, pour la deuxième tenue des Jeux \u2014 retardée à la suite des pérégrinations de la politique politicienne hexagonale \u2014 le comité a mis le paquet.Et depuis ce matin, c\u2019est Paris qui brille, jusqu\u2019au 13 juillet, sous les feux de la francophonie avec sept compétitions artistiques (danse contemporaine et traditionnelle, chanson, peinture, sculpture, conte et production télé) et sept disciplines sportives (athlétisme-handisport, basket féminin, foot- ball, handball masculin et féminin, judo masculin et féminin, lutte libre et tennis de table).Plusieurs manifestations risquent cependant de détourner l\u2019attention tant des journalistes que du public: la Coupe du monde de football et le Tour de France cycliste, deux activités populaires à souhait ainsi qu\u2019une kyrielle d\u2019activités francophiles: une rencontre avec des écrivains des cinq continents \u2014 Marie-Christine Blais représentera le Québec aux côtés, entre autres, de Simone Schwartz-Bart et Rachid Mimouni \u2014 un spectacle du Ki-Yi M\u2019Bock de Were Were Liking d\u2019Abidjan et un concert des Haïtiens de Boukman Ekspéryans.Mais, on a beau se complaire dans les préjugés, ces Jeux seront toutefois l\u2019occasion pour certains artistes \u2014 les sportifs auront plein de sites tout frais tout neuf à leur disposition \u2014 de se produire sur des scènes aussi prestigieuses que celle de l\u2019Olympia (chanson), du théâtre du Rond-Point Renaud-Bar-rault (conte, danse traditionnelle) ou du centre Pompidou-Beaubourg (danse contemporaine et production TV) et d\u2019exposer leurs œuvres dans les salles de l\u2019Hôtel de la Monnaie.Les juges peuvent être naïfs mais on peut difficilement qualifier les Manu Dibango, Alain Lamontagne, Filippe Sawadogo (directeur du FESPACO), César et autres pré- sidents ou membres de jury de guignols qui se sont laisser embarquer dans cette aventure sans souci de crédibilité.Du côté québécois, l\u2019auteur-com-positeur-interprète Stephen Faulkner, le conteur Jocelyn Bérubé, la chorégraphe Shantal Nicole, la compagnie de danse Migration, le peintre Michel Barbeau, le sculpteur André Foumelle et les réalisatrices Suzanne Guy et Diane Gar-neau défendront les couleurs de la Belle Province.Pour les sportifs, il a fallu attendre le 20 juin pour obtenir les noms de la délégation même si Bruni Surin court d\u2019ores et déjà sur toutes les lèvres; au football, on notait la présence de deux Cana- diens dans la formation francophone affrontant.et perdant devant l\u2019équipe de France A.Quels que soient les résultats obtenus et les problèmes persistant à quelques semaines de leur ouverture, ces deuxième Jeux de la Francophonie seront un ultime et irréversible test pour leur avenir.Soit ils mourront avant de naître et sombreront dans l\u2019oubli le plus total \u2014 ce qui sera relativement facile vu qu\u2019ils sont déjà inconnus \u2014, soit ils deviendront un rendez-vous suivi.Il semblerait que la Ville lumière ait voulu prendre les paris.un moyen comme un autre de mettre en sourdine la dévaluation du franc CFA! LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514)985 3333 ADMINISTRATION\t(514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985 3344 (514)985-3344 (514) 985 3399 1 800-363 0305 SERVICE À LA CLIENTÈLE \u2022 Extérieur (sans frais) * 1 - 800 - 463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS Us ¦¦¦lus de lélépkoit salraals seal niables pou la tanka da livraisaa par caaclel al pear les abaaaeaiMls pasties Montréal\t(514)985-3355 LE DEVOIR est publié (as LE DEVOIR Inc.dont le siege *od^ est situé au numéro 2Q5ftde Bleuty.9e étage, Montréal, (Québec), H.TA 3M9.Il est imprimé par In Imprimerie Québécor laSdlr.7743 de Bourdeau, division de Imprimerie* Québécor Inc .SI2 ouest rue Saint Jacques.Montréal L'Agence Presse Canadienne est autorisée a employer ce à diffuser le» informations publiées dans LE DEVOIR.IE DEVOIR est distribué par Messagerie* Dynamiques, division du fimupe Québécor Inc .775 bout lebeau.St luirent.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.IMpAt Itgal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général (514) 985-3333; aenrice à ta clientèle: (514) 985-3355; publirilé: (514) 985-3399.J "]
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