Le devoir, 6 août 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" FOND E 19 10\t+ Vol.LXXXV - No 180 ?M O N T li K A I.I.|< S S A M K I) I (i E T I) I M A N (' Il E A O 11 T I !) !» (1 A E li S - I.:\u2019» (I S I* S T V () LES ARTS\t\tLES ACTUALITÉS\t\tFORMES\ti \\ Baie-Saint-Paul: dis-\t.#¦& * '(B: ¦pi\t.\tSalut Félix, un show à v\t\t¦P ^ J\tAu carrefour\t moi qui est le peintre\tBJ\tla mesure de Vhomme\t\tdes modernes\tJL Jàk PAGE C 1\t\tPAGEA 10\t\tPAGE C 10\t POLITIQUE Charbonneau: Great West rompt le silence PAGE A 5 PERSPECTIVES CNN a besoin d\u2019une «bonne guerre» Ted Turner, le grand patron de CNN, a fait part lundi dernier de son souhait d\u2019acquérir l\u2019un des trois grands réseaux de télévision américains.«Je n\u2019ai encore aucun échéancier, j\u2019exprime seulement un désir.Je préférerais plutôt tôt que tard.J\u2019ai déjà attendu dix ans.Je pense que les trois grands réseaux peuvent faire l\u2019affaire», a-t-il dit Antoine Char IT \"W ne «bonne guerre»: voilà ce dont a besoin CNN qui, le nez sur l\u2019agitation immédiate, rêve aux 200 millions de dollars de profits réalisés pendant l\u2019opération Tempête du désert Depuis plus d\u2019un mois, la chaîne d\u2019information continue fait le pied de grue à Port-au-Prince, mais l\u2019invasion américaine traîne la patte malgré la résolution 940 du Conseil de sécurité des Nations unies.Peter Amett, le Néo-Zélandais qui a couvert la guerre du Golfe de sa chambre d\u2019hôtel de Bagdad, s\u2019impatiente: lorsque CNN déploie ses gros canons dans un pays, les Etats-Unis ne peuvent faire autrement que l\u2019envahir.Alors?Alors, en attendant, CNN se bat toujours contre CBS, NBC et ABC et, à défaut de les «abattre», espère bien acheter un de ces trois grands réseaux de télévision américains qui prenaient de haut le «bébé câblé» de Robert Edward Turner III lorsqu\u2019il vit le jour à Atlanta en 1980.Cela fait dix ans que le Citizen Kane du petit écran (il aurait vu le film d\u2019Orson Welles plus de cent fois) se pose la même question: mais quand donc vais-je mettre la main sur l\u2019un des trois mous quetaires de l\u2019information?Pourquoi une telle obsession chez cet homme qui ne rêvait en secret que de pouvoir célébrer son 53e anniversaire sans mettre fin à ses jours comme le fit son père lorsqu\u2019il atteignit cet âge?Propriétaire depuis 1976 des Braves d\u2019Atlanta, Ted Turner aimerait sûrement posséder un «network» lyi permettant de retransmettre d\u2019une côte à l\u2019autre des États-Unis \u2014 et même au delà \u2014 les matchs de baseball, entre autres.Déjà avec sa chaîne Fox, l\u2019Australien Rupert Murdoch, son grand rival planétaire, grignote tranquillement tous les grands événements sportifs jusqu\u2019alors transmis par ABC, NBC et CBS.Cette dernière a récemment perdu les droits de diffusion des matchs de football.Signataire du touché: la Fox.Roi incontesté de l\u2019information par câble (copié aujourd\u2019hui par les Britanniques, les Canadiens et les Français), Turner courtise constamment les «trois sœurs», afin d\u2019avoir toutes leurs chaînes affiliées qui, elles, ne perdent pas d\u2019argent dans l\u2019ensemble.Mais c\u2019est sans doute par orgueil que le grand patron de Cable News Network brûle d\u2019envie de posséder l\u2019un de ses trois concurrents.Ce serait alors une douce revanche pour celui qui mise sur l\u2019information en direct (malheureusement souvent vide de sens) pour rapprocher les habitants du village global de l\u2019Albertain Marshall McLuhan.L\u2019époux de Jane Fonda devra néanmoins ne pas répéter l\u2019erreur commise en achetant la cinémathèque de la célèbre mais moribonde Metro Goldwyn Mayer au coût de deux milliards de dollars: cette acquisition en 1986 faillit le placer dans la grande roue de l\u2019infortune.Time Communications Inc.(TCI, le premier câblodis-tributeur ;unéricain) et Time Warner (le numéro deux du câble) vinrent à sa rescousse.En échange d\u2019un demi-milliard de dollars, ils possèdent à présent 20 % de la Turner Broadcasting System (TBS, qui contrôle CNN).Un achat éventuel de CBS, NBC (toutes deux fortement déficitaires) ou ABC devra recevoir l\u2019aval des deux nouveaux partenaires de Turner qui ne peut d\u2019ailleurs sortir plus de deux millions de dollars de TBS sans leur bénédiction.Malgré tout, Ted Turner est un battant H rappelle que le capital-actions de TBS dépasse les dix milliards de dollars, deux fois plus qu\u2019il lui faut pour se payer CBS, par exemple.Sur son bureau trônent deux grandes plaques disant la même chose: «Either lead, fallow or get out of the way.» Turner a l\u2019habitude de diriger, sûrement pas de suivre ou de s\u2019écarter de ses rêves.En dehors de sa fixation sur les grands réseaux, il ne veut surtout pas faire la même erreur que son paternel.«Mon père me disait qu\u2019il voulait devenir millionnaire, avoir un yacht et une plantation; à 50 ans il avait atteint ses trois buts et il s\u2019embêtait» A 56 ans, Ted Turner fait tout pour ne pas tomber dans ce piège: «Je ne me reposerai que lorsque les problèmes du monde trouveront une solution», déclarait-il à Time en 1991 lorsqu\u2019il fut proclamé «L\u2019homme de l\u2019année».En attendant, Turner et les 2000 journalistes (mal payés) de CNN aimeraient bien que Bill Clinton se décide une fois pour toute sur Haiti.Il y a certes eu, ces derniers temps, l\u2019invasion de la Somalie, la poursuite en direct de O.J.Simpson sur les autoroutes de Los Angeles et maintenant le Rwanda.Il y a certes 80 millions de foyers dans le monde branchés sur la première chaîne mondiale d\u2019information continue, mais les recettes baissent depuis la fin de la guerre du Golfe.Un peu d\u2019images fortes «en direct, en gros plan et en temps réel» calmera l\u2019appétit nécrophile du public-voyeur et remplira un peu les goussets de CNN pour se payer enfin une des «trois sœurs» qui, jadis, (affublaient du sobriquet de «Chicken Noodle Network».INDEX MÉTÉO Agenda.C8 Les Arts.Cl Avis publics.A4 Classées.B7 Économie.B1 Éditorial.,A8 Le monde.A6 Mots croisés.B7 Les sports.B8 Montréal Ensoleillé aujourd'hui et demain.Max: 22 à 27 Québec Aujourd\u2019hui, ensoleillé avec passages nuageux.Demain, du soleil.Max: 21 à 24 Détails en B 7 L\u2019OTAN lance un raid aérien en Bosnie Sarajevo (Reuter) \u2014 L\u2019OTAN a lancé hier un raid aérien sur une position serbe des environs de Sarajevo à la suite du refus des Serbo-Bosniaques de remettre des armes lourdes volées dans un dépôt de (ONU.Le général Michael Rose, commandant des Casques bleus de Bosnie, a dit aux journalistes qu\u2019il était prêt à ordonner de nouvelles frappes aériennes au cas où les Serbes refuseraient de restituer, comme ils l\u2019ont promis, un char et d\u2019autres armes.Selon ses indications, les appareils de l\u2019Alliance atlantique ont détruit un véhicule blindé serbe équipé d\u2019un canon de 76 mm à l\u2019intérieur de la zone d\u2019exclusion d\u2019un rayon de 20 km autour de la capitale bosniaque.Seize appareils ont participé à l\u2019opération de l\u2019OTAN, a indiqué pour sa part le général John Sheenan, responsable des opérations à l\u2019état-major interarmes à Washington.Ce canon de calibre 76 mm était l\u2019une des cibles préétablies par l\u2019OTAN.«C\u2019est un canon antichar fabriqué aux Etats-Unis dans les années 40 qui avait été cédé à l\u2019armée yougoslave avant d\u2019être utilisé par l\u2019armée serbe de Bosnie», a-t-il précisé.Le général Sheehan, qui n\u2019a pas précisé le nombre de cibles visées par l\u2019OTAN, a cependant reconnu que les appareils avaient été incapables de détruire les autres armes lourdes saisies le matin même par les forces serbes, un char T-55, deux véhicules blindés de transport de troupes et un canon antichar de 76 mm, de même type que celui qui a été détruit.Les seize appareils ayant participé à l\u2019intervention de l\u2019OTAN sont quatre avions d\u2019attaque au sol américains A-10, quatre F-16 néerlandais, quatre Mirage F-l français et quatre Jaguar britanniques, a précisé le général lors d\u2019une conférence de presse.Tous les avions sont rentrés sans incident ni dommages.«Nous avons un rapport de tirs contre un appa- VOIR PAGE A 10: BOSNIE éfc;'.'\u2019 1 MH Le «deux couleurs» nouveau est arrivé PHOTO JACQUES GRENIER A CAUSE DE L\u2019HIVER, du dernier hiver qui fut un satané hiver, tous les légumes et tous les fruits ont accusé un sérieux retard: la tomate d\u2019abord, le concombre ensuite, l\u2019aubergine et la courgette enfin.Le blé d\u2019Inde, lui, aura ajourné son éclosion d\u2019une semaine environ.Hier, au marché Jean-Talon, celui de Rougemont n\u2019a pas fait dans le détail: il a pris beaucoup de place.Au cours des prochains jours, il en prendra d\u2019autant plus que la framboise, elle, n\u2019en a plus pour bien longtemps avant de se mettre entre parenthèses pendant douze mois.Brrr! Voir nos informations en page A 3.Pas de souveraineté sans référendum Parizeau affirme être «parfaitement d'accord» avec Bouchard MICHEL VENNE LE DEVOIR East-Angus \u201411 n\u2019y a aucun désaccord entre le chef du Bloc québécois, M.Lucien Bouchard, et le chef du Parti québécois, M.Jacques Parizeau, sur (interprétation du programme péquiste portant sur (accession à la souveraineté, soutient ce dernier, complètement abasourdi par ce qu\u2019il lit dans les journaux à ce sujet.Les deux leaders seront d\u2019ailleurs sur la même scène VOIR PAGE A 10: RÉFÉRENDUM MÛ VOIR AUSSI ¦ Cherry et Tremblay épluchent les promesses péquistes.B\t3 B Parizeau créerait des fonds de solidarité régionaux.A\t5 ¦ Johnson promet des stages en entreprise pour 10 000 jeunes.A\t5 Le feuilleton du Devoir 7 - Le marché Menacé de perdre pied dans un univers onirique qui a failli le mener à un mariage africain, Rémi, soutenu par sa compagne, a décidé de prendre le taureau par les comes.LOUIS HAMELIN Vous m\u2019avez bien compris, jeune homme?Un comprimé à tous les quarts d\u2019heure, et alors fini (Afrique, la mer Noire et autres cauchemars! Le médecin nous avait reconduits jusqu\u2019à la salle d\u2019attente.Adrienne me regardait avec confiance.Je savais que le docteur pourrait compter sur elle pour m\u2019obliger à suivre la prescription à la lettre.\u2014 Voyez-vous, reprit-il d\u2019un ton pénétré, si vous tombiez sous la barre des deux heures de lucidité par jour, je ne pourrais plus rien pour vous.Narcose prolongée, coma, voilà ce qui vous attend.Un brouhaha attira notre attention.Tout le monde s\u2019était tourné du côté où un autre médecin, avec beaucoup moins d\u2019aménité, reconduisait un homme dans la cinquantaine affecté d\u2019une toux chronique: \u2014 Vous me répugnez profondément, voilà (effet que vous me faites, monsieur! Vous prétendez avoir droit à des soins de santé payés par l\u2019État, mais votre dossier me montre bien quel pitoyable exemple de parasitisme social vous représentez pour vos concitoyens! Allez, disparaissez, disparaissez je vous dis! EL comme l\u2019homme restait là à le regarder, bouche bée, il le prit par les épaules, le fit pivoter et le gratifia d\u2019un grand coup de pied au cul, en criant: «Ouste! Au suivant!» Une fois dehors, Adrienne me serra le bras avec tristesse.\u2014\tÇa ne peut plus durer.Rémi.Tout ça va sauter un jour.Je me suis arrêté au beau milieu de la rue pour chercher son regard.\u2014\tQu\u2019est-ce que tu veux dire?\u2014\tT\u2019as rien remarqué?Il se passe des choses bizarres dans cette ville.Toi.tu as perdu le contact Tiens, il va être temps de prendre ta pilule.Nous nous sommes séparés.Elle avait trouvé VOIR PAGE A 10: MARCHÉ * i A 0 I! T I 9 !» 4 A 8 ÉDITORIAL Doit-on se méfier des déclarations de Belgrade?Sylviane T r am ie r La rupture annoncée entre Belgrade et les Serbes de Bosnie doit être accueillie avec la plus grande prudence.Bien qu\u2019on ait eu confirmation de l\u2019interruption des liaisons téléphoniques et du bouclage de la frontière entre la Serbie et la partie bosniaque contrôlée par les Serbes de Bosnie, le scepticisme est de rigueur.La décision du président serbe Slobodan Milosevic de couper les ponts avec ses alliés pour les forcer à accepter le dernier plan de paix proposé par les puissances occidentales mérite d\u2019être reçue avec une bonne dose d\u2019incrédulité.e n\u2019est pas la première fois que Slobodan Milosevic s\u2019accorde la satisfaction de jouer ainsi les pacificateurs après avoir été l\u2019instigateur de l\u2019offensive serbe en Bosnie, et le principal artisan du dépeçage de la Bosnie.L\u2019année dernière aussi, il avait prétendu se fâcher tout rouge contre ses intraitables protégés de Pale, le fief des Serbes de Bosnie, qui venaient de rejeter le plan Vance-Owen de partition de la Bosnie.L\u2019embargo solennellement prononcé par Belgrade contre la «république serbe» autoproclamée de Bosnie était resté bien évidemment lettre morte.Quelques jours à peine avaient suffi pour que les intentions affichées par Belgrade s\u2019avèrent être purement et simplement de la frime.Pourquoi devrait-on accorder plus de crédit aujourd\u2019hui aux déclarations du président Milosevic?Lorsqu\u2019il tonne contre le leader des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, le président serbe est-il sincère, ou cherche-t-il seulement à donner des gages aux puissances occidentales pour qu\u2019elles lèvent les sanctions contre la Serbie?On a raison de douter de la pureté des intentions de M.Milosevic.Habitué aux effets d\u2019annonce et aux effets de manche, Slobodan Milosevic est rompu à l\u2019art de l\u2019intoxication.Grand démagogue, jouant en virtuose de la fibre nationaliste de ses compatriotes, il a réussi à exciter chez eux les pires sentiments xénophobes et à les persuader que, dans le conflit de l\u2019ex-Yougoslavie, c\u2019était eux les victimes.À présent, M.Milosevic a beau jeu de faire preuve d\u2019un semblant de magnanimité.En multipliant les gestes de bonne volonté, il peut espérer faire sortir la Serbie de son isolement, sans rien sacrifier sur le fond, ni compromettre son objectif d\u2019établir une entité autonome serbe en Bosnie.Sur le terrain, les choses se présentent d\u2019ailleurs on ne peut mieux.Les Serbes de Bosnie tiennent 70% du pays, et bien que le plan de règlement qui leur est soumis leur demande des concessions territoriales, les 49% qui leur sont offerts ne sont pas à dédaigner.Pour Belgrade, ce règlement politique est avantageux.Il consacre la plus grande partie des conquêtes serbes en Bosnie; il est assorti de la levée des sanctions contre la République fédérale de Yougoslavie (RFY, c\u2019est-à-dire la Serbie et le Monténégro); et il ouvre la porte à la création d\u2019une Serbie agrandie par le rattachement éventuel, par voie de fédération, des territoires serbes bosniaques à la Serbie.Ce n\u2019est peut-être pas tout à fait la «grande Serbie», mais cela y ressemble fort Si la métaphore sportive n\u2019était pas malvenue, on serait tenté d\u2019annoncer: «jeu, set et match» pour les Serbes.L\u2019agression a finalement payé.L\u2019agresseur tient le haut du pavé et il peut même se donner le beau Slobodan Milosevic est rompu à l\u2019art de l\u2019intoxication.rôle.Encore un effort et M.Milosevic pourra s\u2019attribuer le mérite d\u2019avoir fait la paix en Bosnie.A quand le Nobel?Le moins que l\u2019on puisse attendre des puissances occidentales, c\u2019est qu\u2019elles prennent Slobodan Milosevic au mot, et quelles le forcent à tenir parole cette fois.Quand elle annonce qu\u2019elle ferme la frontière entre la Serbie et les territoires serbes de Bosnie, et qu\u2019elle coupe le cordon ombilical qui alimente en armes, en munitions et en carburant la machine de guerre de Radovan Karadzic, l\u2019ONU devrait pouvoir vérifier que cela n\u2019est pas de la simple gesticulation.Des observateurs devraient pouvoir confirmer la véracité des dires de M.Milosevic.Et en attendant, on ne devrait pas être trop empressé à lever l'embargo contre la Serbie.Tout porte à croire en effet que l\u2019embargo international contre la Serbie commence à faire sentir ses effets.Les conditions économiques et sociale se sont dégradées et l\u2019effort de guerre consenti par la Serbie pour venir en aide aux Serbes de Bosnie (et à ceux de Croatie) pèse lourd sur la vie des habitants.Cela n\u2019est probablement pas étranger à la décision de Slobodan Milosevic de prendre ses distances avec les Serbes de Bosnie.Les Serbes de Bosnie ont quant à eux toutes les raisons de croire que Belgrade ne les lâchera pas complètement.Depuis le début du conflit, jamais le soutien de Belgrade ne leur a fait défaut, malgré les pressions internationales.Ils savent qu\u2019au bout du compte, ils partagent avec leurs protecteurs les mêmes objectifs.Leur attitude des derniers jours tend à montrer qu\u2019ils sont disposés à faire face à toute éventualité, y compris une reprise des combats.Les Serbes de Bosnie ont multiplié les provocations contre la Force de protection de l\u2019ONU (FORPRONU).Le fragile cessez-le-feu de Sarajevo est constamment battu en brèche depuis quelques semaines.Les tireurs embusqués ont repris du service.Hier les Serbes de Bosnie s\u2019emparaient de chars d\u2019assaut et de blindés dans un point de rassemblement gardé par des Casques bleus.L\u2019incident a déclenché un bombardement au sol par des avions de l\u2019OTAN d\u2019armes lourdes stationnées en infraction dans la zone de Sarajevo.Ces frappes aériennes, autorisées en principe au printemps dernier pour faire respecter les zones d\u2019exclusion d\u2019armes lourdes, pour protéger les Casques bleus et pour défendre les populations de Bosnie attaquées par les Serbes bosniaques, ont été utilisées avec parcimonie.Pourtant, les infractions ont été nombreuses.Tous les incidents qui se sont produits récemment, le durcissement des Serbes bosniaques, laissent présager une reprise des combats.Sans le soutien de Belgrade, les Serbes de Bosnie ne peuvent pas conserver bien longtemps leur emprise militaire sur la région.Autant de raisons de suspecter la bonne foi du président serbe.Fermiers courtisés Le gouvernement québécois courtise les fermiers français.Les terres sont chères en Europe, aussi invite-t-on les agriculteurs francophones à venir s\u2019établir chez nous.Je me demande toutefois si cette politique «d\u2019immigrants-investisseurs» servira le Québec à long terme.«Concurrence déloyale» disait en substance un membre de l\u2019UPA.En effet, les jeunes diplômés ont des dettes à rembourser et n\u2019ont pas le capital nécessaire pour s\u2019établir à leur compte.Ainsi, les terres les plus fertiles et les plus intéressantes leur échappent-elles.Je me demande ce ' que l\u2019on est prêt à faire pour eux «en haut lieu»?Je ne puis m\u2019empêcher de trouver ¦ que nos gouvernements manquent totalement de vision.Ils hypothèquent l\u2019avenir collectif en prétendant sauver le présent.Que n\u2019aide-t-on ceux qui sont déjà au pays à tirer leur épingle du jeu au lieu de dépenser des trésors d\u2019imagination et des millions en publicité pour attirer des investisseurs (aujourd\u2019hui les familles prêtes à s\u2019établir.mais pourquoi pas demain les prête-noms de groupes financiers accapareurs de terres)?François Mc Cauley Sherbrooke, 28 juillet 1994 Petite mesquinerie Le Devoir est un journal très ouvert il y a dans ses pages une pluralité d\u2019opinions, ce qui n\u2019est pas le cas de tous les quotidiens, malheureusement.Ainsi, un fédéraliste comme Jean-Claude Rivest peut dans la présente campagne électorale faire valoir un point de vue fédéraliste et les idées du Parti Libéral.M.Rivest a certainement des qualités, mais manifestement, ü ne peut monter sur cette presr tigieuse tribune sans faire dans la petite mesquinerie, comme il l\u2019a fait dans sa chronique du 28 juillet dernier.Des LETTRES -?- idées, il n\u2019a réussi qu\u2019à démontrer que le PLQ n\u2019en avait que des rabougries puisqu\u2019il n\u2019a su faire mieux que de nous repasser la cassette archi-usée des lieux communs éculés.Citation: «Lutte à la pauvreté, emploi, développement.C\u2019est le discours libéral de Daniel Johnson, un discours d\u2019avenir pour le Québec.» Mais, mon bon monsieur, nous sommes tous contre la pauvreté, le chômage, la stagnation.Christian Durand Verdun, 28 juillet 1994 Le retour du métro II En cette période d\u2019élection, tout semble revenu à la normale.Voici qu\u2019après des restrictions budgétaires, l\u2019argent tombe subitement du ciel, remettant à la surface quelques vieux rêves qui en temps d\u2019élection semblent devenir une priorité.Voilà donc à l\u2019affiche cette semaine à Laval: «Le retour du métro II», avec en programme double «La grande salle de spectacle».Je suis résidant de Laval et je m\u2019oppose à une salle de spectacle et au métro.Que cela soit des cadeaux électoraux ou non, je constate encore que les priorités sont très loin des besoins essentiels de la population.Loin de m\u2019opposer a la création d\u2019emplois que peuvent procurer ces deux projets, je considère plutôt ces promesses comme le signe d\u2019un pouvoir qui tend continuellement à s\u2019éloigner de la réalité et des besoins des gens.Le transport à Laval, soulignons-le, est simplement déficient et coûteux.Et malgré le projet d\u2019une station de métro à Pont-Viau, le transport à laval restera toujours déficient et coûteux.Nous n\u2019avons donc pas ici une solution pour les Lavalois.En fait, si Québec tient tant à intervenir pour améliorer la situation du transport à laval, il n\u2019y a qu\u2019une solution: une fusion avec la STCUM.Cette fusion devrait, si ce n\u2019est amener une diminution du tarif d\u2019accès de 2,60$ pour les autobus de la STL, permettre un accès gratuit au métro de Montréal par un système de transfert Pour un lavalois, il en coûte présentement 8,20$ pour un aller-retour à Montréal.Ce coût exorbitant est devenu une incitation à l\u2019isolement des Lavalois hors des activités culturelles de la métropole.Quant à la fameuse salle de spectacle, il faut noter que, malgré cette promesse de M.Johnson, Laval est loin d\u2019être une ville culturelle, et ne le sera jamais, ce, par simple choix et non pour son infrastructure qui laisse plutôt place aux multiples centres commerciaux et brochetteries.Cela n\u2019a rien à voir avec la culture, mais plutôt avec une banlieue qui pratique le magasinage et déguste tranquillement sa brochette de poulet.Mark Larmer Laval, 3 août 1994 Français ou francophone?Francophones veut dire «qui parle français», mais nos francophobes et leurs suiveurs naïfs ont tellement peur du mot «français» qu\u2019ils ont réussi à imposer le mot «francophone» à toutes les sauces.Ainsi, on retrouve sous la plume de gens bien intentionnés, mais soumis aux diktats de la mode des incongruités de ce genre: ¦\t«la version francophone d\u2019un livre» pour «la version française»; ¦\t«l\u2019instruction francophone» pour «l\u2019instruction en français»; ¦\t«des manuels francophones» pour «des manuels de langue française»; ¦\t«la culture francophone» pour «la culture française».J\u2019ai même lu «la danse francophone», «l\u2019architecture francophone», etc.(la danse et l\u2019architecture parlent-elles?).Lirons-nous bientôt: le hockey, la gastronomie et le jardinage francophones?Pourquoi pas la bêtise francophone, tant qu\u2019à y être?Raphaëlle Contant Greenfield Park, 1er août 1994 \"'ll a vie est injuste, vraiment injuste.Prenez la présente campagne électorale.De-, puis une décennie, pas un I A seul politicien en cam-L=JI pagne (à la ville, c\u2019est la même chose) n\u2019a émis la moindre idée originale et personnelle sur la conduite des affaires publiques.Le vide absolu.En 1981, en 1985 et en 1989, on se contentait de suivre le scénario préparé dans des officines de spécialistes en publicité électorale.Au fédéral, le dernier signe de vie intelligente et autonome de la part d\u2019un politicien remonte à 1932.Autant dire que ce n\u2019est plus qu\u2019un souvenir.Depuis des lustres, tout ce que le Québec renferme d\u2019analystes, de journalistes, de commentateurs et d\u2019éditorialistes se sont plaints de la stérilité intellectuelle qu\u2019impose la fa-meuse discipline de parti.On ne compte plus les éditoriaux et les diagnostics quant à la meilleure façon de dynamiser notre processus politique.Il nous faut de l\u2019imputabilité, ont suggéré certains.Non, c\u2019est une meilleure utilisation du travail en comité parlementaire dont nous avons besoin.Vous n\u2019y êtes pas du tout: seule une réforme en profondeur de notre mode de scrutin redonnera un minimum de liberté \u2014 et d\u2019intelligence \u2014 à nos politiciens.11 faut les rendre responsables en réformant le caucus.Il faut ouvrir la machine, ont répliqué les autres.Pourquoi pas des élections à date fixe?Bref, tout ou à peu près a été proposé pour insuffler un minimum de vigueur intelligente dans nos débats politiques et redonner à nos députés la marge de manœuvre qu\u2019ils ont perdue depuis des décennies.Eh bien cette fois, ça y est, profi-tons-en pendant que le train passe car si on se fie à la réaction de nos bien-pensants médiatiques, on ne reverra pas le train de l\u2019intelligence de sitôt.Pas moins de cinq candidats pé-quistes ont osé avancer des suggestions et des idées personnelles.Cinq! Vous vous rendez compte.Sur plus d\u2019une centaine.C\u2019est une véritable moisson, une avalanche, une révolte.De plus, s\u2019il faut que cela donne des idées aux autres, ça va être beau.Allons-nous pouvoir survivre à tant d\u2019imagination et à un tel déferlement A PROPOS -?- .des personnes âgées L\u2019usage de médicaments prescrits est beaucoup plus fréquent chez les personnes âgées que chez les plus jeunes.Les personnes âgées représentent 12% de la population canadienne, mais elles consomment 20% à 30% des médicaments prescrits.Si les personnes âgées consomment plus de médicaments prescrits, c\u2019est non seulement parce qu\u2019elles ont des problèmes de santé associés au vieillissement, mais aussi parce que les provinces et les territoires ont tous des régimes de remboursement des médicaments prescrits à l\u2019intention des résidants de 65 ans et plus.Parmi les répondants âgés, 18% des femmes et 14% des hommes ont déclaré avoir consommé trois médicaments prescrits et plus dans le mois précédant l\u2019enquête.En comparaison, seulement 8% des femmes et 6% des hommes parmi les répondants de 35 à 64 ans et 5% des femmes et 2% des hommes parmi les répondants de 15 à 34 ans en consommaient autant.Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, été 1994.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOÜRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS T H 0 UIN Directeur de l'information BENOiT AUBIN\t, Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCH CÔTÉ Rédactenrs en chef adjoints JEAN ROBERT SANSFAÇ0N.CHRISTINE BOUDE 2050, rne de Blenry, 0e étage.Montréal (Québec) H 3 A 3M9.Tél.: (5 14) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS IL sèvOE.A tout veut ) Début de campagne sur fond d\u2019idées DANIEL LATOUCHE ?d\u2019idées?Si j\u2019étais M.Parizeau, je démissionnerais immédiatement.Sa vie de «seul chef à bord» est compromise.Et quelles idées! Prenez Camille Laurin.Il a osé répéter qu\u2019il fallait revenir à la lettre et à l\u2019esprit de la loi 101.Quel radicalisme! Et tout cela pendant que Bernard Landry émettait l\u2019opinion carrément subversive à savoir que l\u2019un des objectifs de la souveraineté est de rendre inutiles toutes les lois 101 du monde.Si vous contrôlez les réseaux de télévision, la loi des tribunaux, celle de l\u2019immigration et des communications extérieures, a-t-il dit en substance, vous avez nécessairement moins besoin des quelques milliers d\u2019alinéas qui constituent notre loi linguistique magique.11 est vrai que de tels propos sont à ce point radicaux, éblouissants d\u2019intelligence, originaux que M.Landry aurait dû y penser à deux fois avant de les émettre en public.Les Québécois, et surtout les militants du Parti québécois, ne sont pas prêts à tant d\u2019imagination.Il faut les protéger à tout prix; heureusement que nos journalistes sont là pour dénoncer le moindre manquement à l'orthodoxie et nous rappeler qu\u2019avec l\u2019autre équipe, les Pee-Wee B de Vaudreuil, un tel danger n\u2019est pas prêt de fondre sur nous.En effet, ce n\u2019est pas demain la veille qu\u2019un candidat libéral risque d\u2019être surpris en flagrant délit d\u2019imagination et d\u2019originalité.On me dit qu\u2019il s\u2019en trouve plusieurs à avoir des idées, mais qu\u2019ils pratiquent l\u2019intelligence dans l\u2019humilité de leur for intérieur.C\u2019est bien pour leur for, mais pas pour le nôtre.Pauvres journalistes politiques.Ils ont été à ce point sevrés d\u2019intelligence et d\u2019individualisme que la moindre flammèche les rend inconfortables.À trop fréquenter les politiciens, ils ont perdu l\u2019habitude de la réflexion et de la pensée.Toute idée nouvelle les rend mal à l\u2019aise.Le pirç, c\u2019est qu\u2019ils ont absolument raison.A quoi servirait par exemple à un journaliste d\u2019avoir lu le dernier rapport de l\u2019OCDE qui pour la première fois démontre hors de tout doute que les pays qui ont pratiqué la déréglementation et qui ont abaissé les normes de travail ont créé moins d\u2019emplois que les autres, puisque le premier ministre ne saurait même pas de quoi il en retourne.Mais où est l\u2019injustice?direz-vous.Dans le fait que ce sont encore les mêmes qui sont ainsi l\u2019objet d\u2019un tel débridement intellectuel.Demandez à des péquistes de penser et de réfléchir par eux-mêmes, et tout de suite ils vont se lancer dans des interprétations de ce que veut dire l\u2019accession à la souveraineté, la prédominance du français ou l\u2019universalité des soins de santé.Ce sont toujours les mêmes sujets qui ont droit aux idées et à l\u2019imagination.Pensez-vous un instant qu\u2019un candidat péquiste aurait pu avoir une petite idée personnelle sur l\u2019enseignement universitaire, le vacarme des bateaux à moteur sur nos lacs, la laideur de nos villes ou la supériorité du ski alpin sur le ski de fond \u2014 pour prendre des sujets qui me tiennent à cœur \u2014, mais non.Rien.Pas le moindre début d\u2019une pensée divergente.Pas la moindre petite dissension.C\u2019est le calme plat et le gris le plus terne.On se croirait en plein paysage intellectuel libéral.Nous sommes samedi et je donnerais ma plus belle chemise que tous les journaux vont résumer la deuxième semaine de campagne en disant qu\u2019elle aura été marquée au coin de la dissension et du cafouillage au sein de l\u2019équipe péquiste.J\u2019ai bien peur qu\u2019un tel diagnostic, surtout s\u2019il devait être accompagné d\u2019une baisse dans les sondages, ne signale la fin de cette brève récréation intellectuelle qui nous sera tombée dessus en ce début d\u2019août 1994.On en parlera probablement encore longtemps dans les chaumières de ce début de campagne où quelques idées auront circulé à la vue de tous. A 10 I, K I) K V OIK.I.K S S A M K I) I (i K T I) I M A N (' Il K A 0 I' T I II II I ?LE DEVOIR ?ACTUALITES « Émeute à La Havane Selon un nouveau sondage Libéraux et péquistes nez à nez La Havane (AFP) \u2014 Une brusque flambée de violence, marquée par de très violents incidents entre manifestants et forces de l\u2019ordre, faisant plusieurs blessés graves, a ravagé hier les abords du boulevard du front de mer et plusieurs mes du centre de La Havane.Les incidents ont éclaté en milieu d\u2019après-midi, selon des journalistes et des témoins sur place, près de l\u2019entrée de la baie de La Havane, à proximité de la zone portuaire, d\u2019où trois vedettes ont été détournées cep dix derniers jours en direction des Etats-Unis.Comme ils le faisaient depuis plusieurs jours, des milliers d\u2019habitants de cette zone populaire s\u2019étaient réunis sur le Malecon, le boulevard longeant le front de mer, commentant les rumeurs selon lesquelles un çiutre détournement de ferrie sur les Etats-Unis pourrait avoir lieu dans la journée.Les incidents ont débuté lorsque les forces de l\u2019ordre, qui étaient en très grand nombre et interdisaient l\u2019accès au quai, opt tenté de dégager le front de mer.Echanges de coups, jets de pierres et coups de bâton ont rapidement suivi.Plusieurs centaines d\u2019ouvriers du contingent Bias Roca, un contingent de travailleurs d\u2019élite considéré par le régime comme le fer de lance de la classe ouvrière, sont alors arrivés à bord de plusieurs camions et ont commencé, casque sur la tête et bâton à la main, à disperser la foule.Les policiers ont tiré des coups de semonce au début des incidents, et certains ont par la suite tiré sur des manifestants.Un photographe de l\u2019AFP a ainsi pu voir une personne, blessée par balle à la poitrine, secourue par des proches près de l\u2019hôtel Deauville en bordure du Malecon.Refluant en courant vers les rues de Centre-Havane et de la Vieille-Havane, des centaines de manifestants se sont attaqués aux établissement commerciaux, brisant les vitrines sur leur passage, notamment dans les les rues Galliano et Neptuno.Selon un témoin, un groupe de plus de 200 personnes ayant ainsi dévalé la rue Galliano scandait le slogan «Liberté, liberté!».LE DEVOIR L\u2019écart qui sépare les libéraux et les péquistes s\u2019est rétréci, mais le Parti québécois demeure toujours en tête dans les intentions de vote des électeurs québécois.Selon les résultats d\u2019un sondage CROP réalisé pour le compte de la Société Radio-Canada et du journal La Presse, les libéraux de Daniel Johnson se sont approchés à deux points du Parti québécois.Après répartition des indécis, le Parti québécois récolte 48% des votes, comparativement à 46% pour le Parti libéral.L\u2019Action démocratique du Québec récolte pour sa part 3% des votes.Dans un sondage pubüé par Le Devoir entre le 16 et le 20 juillet, le Parti québécois récoltait alors 51,3% des suffrages et les libéraux 43,6%.la montée des libéraux dans le sondage de La Presse et de Radio-Canada pourrait s\u2019expliquer par le taux remarquablement faible des indécis \u201413% des électeurs.Mais ces résultats ne remettent pas pour le moment en cause une éventuelle victoire des troupes de Jacques Parizeau lors du scrutin du 12 septembre, selon les sondeurs.Selon les résultats du sondage, Daniel Johnson ferait le meilleur premier ministre pour 40%des électeurs québécois.31% préfèrent Jacques Parizeau.Mais chez les francophones, les deux chefs sont presque à égalité avec respectivement 36 et 35%.Les sondeurs ont également demandé aux répondants d\u2019attribuer une note sur dix aux chefs des deux principaux partis politiques.Daniel Johnson, s\u2019en tire avec une note de 5,1.Le chef péquiste Jacques Parizeau a pour sa part obtenu un 4,5.Chez les francophones, l\u2019avantage de Daniel Johnson est presque inexistant.Il obtient la note de 4,9 contre 4,8 pour Jacques Parizeau.Toujours est-il que les deux chefs ont raté la note de passage de six sur dix.Plus de 1000 personnes ont répondu à ce sondage effectué entre le 28 juillet et le 1 août.Salut Félix, à la mesure de l\u2019homme SYLVAIN CORMIER Les monuments, comme on le sait, sont inaltérables: il vaut mieux ne pas s\u2019y frotter, on s\u2019y casserait les ongles.C\u2019est précisément ce qu\u2019avaient compris les organisateurs de l\u2019hommage très juste et passablement réussi à Félix Leclerc que l\u2019on proposait hier soir au Théâtre Maisonneuve en spectacle d\u2019ouverture des sixièmes Fran-coFolies de Montréal: il fallait à tout prix éviter le pompeux, le grandiloquent, l\u2019ampoulé.Parce que cela aurait fait suer Félix, qui regardait toute l\u2019affaire d\u2019en haut.Il fallait être à la hauteur.Tous les invités ne l\u2019étaient pas, forcément: quand dix-sept Bozos potentiels se partagent une telle scène, il y a toujours quelques clowns de trop dans le lot (Mano Solo qui lisait son texte, Johanne Blouin et son Félix version Las Vegas, Jean Leloup et son rap cabotin d'Attends-moi ti-gars).Mais l\u2019approche générale du spectacle était, elle, par- 8 LES FRANCOFOLIES faitement appropriée.On en savait d\u2019ailleurs gré à CBF-690, qui était derrière toute l\u2019entreprise et qui diffusera le spectacle mardi prochain à 19h.L\u2019animatrice Monique Giroux, qui assurait les enchaînements, avait le ton absolument idoine: elle évoquait la vie de Leclerc avec le respect requis mais sans emphase outrée, en termes clairs et limpides mais sans jamais sombrer dans les lieux communs.Avec bonheur, on avait également réquisitionné quelques extraits d\u2019archives sonores, qui permettaient à Félix lui-même d\u2019apporter son concours à ce qui était finalement plus une fête qu\u2019un hommage.Comme pour le salut à Jacques Brel de l\u2019an dernier, une autre belle réussite dans le genre, on avait très heureusement privilégié la formule minimaliste: il n\u2019y avait sur scène que des pianos, des guitares, une ou deux contrebasses, et des voix.Ce sont surtout les voix, d\u2019ailleyrs, qui faisaient la force du spectacle.A commencer par celle, incomparable, de Marie-Claire Séguin, qui liquéfiait dans L\u2019Hymne au printemps toutes les embâcles.Moins puissante mais tout aussi marquante, il y avait celle de Renée Claude, un instrument exquis manié avec délicatesse et nuance, qui révélait de Ce matin-là tout ce que Félix y avait mis.Et puis il y avait la voix gigantesque de Dan Bi-gras, tous poumons dehors, qui propulsait Mon fils et Notre sentier jusqu\u2019au fond du ventre.Et il y avait le timbre doux et chaud de Claude Gauthier, qui a soulevé la salle avec son propre hymne à Félix, Il était une fois Félix, la seule chanson qui n\u2019était pas du Géant de l\u2019île d\u2019Orléans, mais qui s\u2019imposait en la circonstance.Et aussi la voix enfantine de Clarika, qui a épaté tout le monde avec sa version audacieuse de Sur la corde à linge.Des voix, Jean-Guy Moreau en a fait une bonne quinzaine, lui, rameutant habilement les Ferland, Brassens, Renaud et autres Reggiani autour de Félix.Bourbon Gauthier a fait retentir la sienne en anglais: sa version country de My Neighbour Is Rich, une flèche bien affûtée de Félix à l\u2019endroit des anglophones, était savoureuse.Et puisqu\u2019il fallait une voix politique pour servir L\u2019Alouette en colère, c\u2019est évidemment Paul Piché qui s\u2019est porté volontaire: ça lui allait bien.Mais la voix qui portait le plus loin était celle de Sol: «Pour être un géant / Il suffit de se tenir debout / Debout grandeur nature / Et faire la bise aux quatre vents».Cette voix-là, même Félix a dû l\u2019entendre.BOSNIE Une façon pour Washington de faire accepter le plan de paix des Cinq SUITE DE LA PAGE 1 reil» qui n\u2019ont pas atteint leur cible, selon le général.Le général Rose a dit avoir parlé avec le général Manojlo Milovanovic, chef d\u2019état-major des Serbo-Bosniaques, qui a promis que toutes les armes seraient rendues aujourd\u2019hui.Le chef des Casques bleus lui a répondu que les opérations aériennes étaient seulement suspendues et qu\u2019elles reprendraient si les aimes ne sont pas rendues.Rose a indiqué avoir donné un préavis d\u2019une heure aux Serbes avant le déclenchement du raid d\u2019hier, qui a eu lieu à 18h32 locales (16h32 GMT).C\u2019est une cible isolée qui a été choisie de manière à ne pas faire de victimes civiles.«La frappe a eu lieu à 12 km au sud de l\u2019aéroport.Nous avons délibérément choisi une cible très isolée pour éviter tout dégât collatéral à la communauté civile», a dit le responsable del\u2019ONU.C\u2019est à la demande des responsables militaires de l\u2019ONU que le raid a été ordonné à la suite de la confiscation par les Serbes d\u2019un chai\u2019, de deux véhicules blindés de transport de troupes et d\u2019un canon de DCA dans un dépôt gardé par des Casques bleus à l\u2019intérieur de la zone d\u2019exclusion de Sarajevo.Selon un général néerlandais, les Serbes semblaient déplacer ou restituer les armes dérobées.«Nous avons des indices selon lesquels les Serbes de Bosnie ont réagi à cette opération et des armes sont actuellement soit en cours de déplacement, soit, comme nous l\u2019espérons, en cours de restitution au dépôt», a déclaré le général Ben Droste à la télévision de son pays.C\u2019est le premier raid aérien de l\u2019OTAN depuis les frappes aériennes d\u2019avril contre des cibles serbes aux abords de l\u2019enclave musulmane de Gorazde, en Bosnie orientale.La Russie, alliée traditionnelle des Serbes, qui a jusqu\u2019ici montré peu d\u2019enthousiasme pour des frappes aériennes en Bosnie, a rejeté la responsabilité du raid d\u2019hier sur les Serbo-Bogniaques.A Washington, le secrétaire d\u2019Etat américain, Warren Christopher, a déclaré que le raid était un moyen de maintenir la pression sur les Serbes pour qu\u2019ils reviennent sur leur rejet du dernier plan de paix des Cinq.RÉFÉRENDUM SUITE DE LA PAGE 1 demain, participant tous deux à une importante assemblée dans le comté de Joliette pour la nomination du député sortant, Guy Chevrette, comme candidat péquiste.M.Parizeau a répété hier, comme il le fait depuis des mois, qu\u2019«on ne ix.\u2018ut |ias faire la souveraineté sans référendum».Et que la déclaration solennelle qu\u2019un gouvernement du PQ ferait adopter par l\u2019Assemblée nationale, «affirmant la volonté du Québec d\u2019accéder à sa pleine souveraineté», n\u2019a qu\u2019une dimension «symbolique», qui ne conférera nullement le pouvoir au gouvernement de réaliser la souveraineté.«Le pouvoir de faire des choses, nous l\u2019aurons seulement après le référendum» si une majorité se dégage en faveur de la souveraineté, assure-t-il.Mercredi, lors de son passage à Montréal, M.Bouchard a été appelé à interpréter ce paragraphe du programme: «Dès qu\u2019il sera élu, un gouvernement issu du Parti québécois fera adopter par l\u2019Assemblée nationale une déclaration solennelle affirmant la volonté du Québec d\u2019accéder à sa pleine souveraineté.» M.Bouchard a répondu que «l\u2019Assemblée nationale ne peut pas déclarer et proclamer la souveraineté du Québec à la place des Québécois.L\u2019intention doit être exprimée par la population du Québec elle-même par référendum».Sa réponse a été interprétée comme une divergence d\u2019opinion avec M.Parizeau.«J\u2019ai lu les journaux ce matin, j\u2019en suis pas revenu», dit M.Parizeau, estomaqué.M.Bouchard dit quelque chose, on cherche à l\u2019opposer à moi.Ce qu\u2019il a dit, je le pense.Je suis parfaitement d\u2019accord avec lui.Là, c\u2019est vraiment la tempête dans le godet» «Ce que ça montre, c\u2019est que quand des gens sont obsédés par la découverte de bibites, ils en trouvent.Il a toujours été très clair qu\u2019on ne peut pas faire la souveraineté sans un référendum», qu\u2019il prévoit toujours tenir «huit à dix mois» après les élections.Dès ce printemps, puis au début de l\u2019été dans une publicité et maintenant en campagne électorale, le Parti libéral du Québec a cherché à convaincre la population que le programme du PQ lui donne le mandat d\u2019amorcer la réalisation de la souveraineté, même avant un référendum, ce dernier n\u2019étant que «l\u2019acte de naissance du Qupbec souverain».A plusieurs reprises, depuis, M.Parizeau a répété qu\u2019il n\u2019était pas question d\u2019interpréter une victoire péquiste aux élections comme le mandat de faire la souveraineté.Encore cette semaine, devant une assemblée de partisans à Sainte-Agathe, il déclarait: «On va élire un gouvernement qui ne va pas faire la souveraineté après avoir été élu.Il va faire un référendum pour que, si la réponse est oui, là on la fasse.» L\u2019ambiguïté vient de deux sources: le libellé du programme du PQ lui-même, et les déclarations du chef Parizeau sur «l\u2019enclenchement» du processus d\u2019accession du Québec à la souveraineté.Que veut dire «enclencher»?C\u2019est préparer, dit M.Parizeau, par des études, des discussions, commissions ou autres procédés pour être prêt à agir en cas d\u2019une victoire référendaire.En outre, la préparation, les libéraux avaient commencé à la faire, signale M.Parizeau, en commandant à ses ministères des études en marge de la Commission Bélanger-Campeau et de l\u2019adoption de la loi 150, en juin 1991.Cette loi prévoyait un référendum sur la souveraineté, stipulant qu\u2019avec un résultat favorable, le Québec deviendrait un pays souverain un an jour pour jour après le référendum.Fréquemment, M.Parizeau se remémore ces souvenirs devant des assemblées partisanes.«Ceux qui ont voté ça en 1991, dont M.Johnson, ont trompé les Québécois.Aujourd\u2019hui, ils disent que la souveraineté est catastrophique.Pourquoi ils l\u2019ont votée, la loi?Nous, nous ne sommes pas des tricheurs.On va tenir notre référendum en 1995.» Le programme du Parti québécois est toutefois clair sur une chose: «L\u2019élection d\u2019un gouvernement du Parti québécois signifiera notamment que la population du Québec a choisi de se doter d\u2019un gouvernement souverainiste» qui aura non seulement le mandat de préparer la souveraineté mais aussi «d\u2019en faire la promotion, de préparer et de tenir un référendum qui permettra de la réaliser».Ce gouvernement «verra à démontrer mieux encore les avantages de la souveraineté et les contraintes du fédéralisme canadien».Le programme prévoit que le parti fera essentiellement trois choses à ce sujet entre son élection et le référendum: ¦\tL\u2019adoption par l\u2019Assemblée nationale d\u2019une déclaration solennelle affir-mant la volonté du Québec d\u2019accéder à la pleine souveraineté.M.Parizeau dit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une simple «déclaration d\u2019intention» qui ne donne «aucun pouvoir d\u2019exécution».Ce sera «un symbole».Mais, dit-il, «les symboles, c\u2019est important».Le chef péquiste suppose que le texte de la motion adoptée précisera la nécessité de tenir un référendum.La tenue d\u2019un référendum est considérée au PQ comme un impératif dans la perspective d\u2019une reconnaissance internationale.M.Bouchard déclarait pour sa part mercredi que «la motion ne prétendra certainement pas lier la volonté souveraine du peuple, tant que le peuple n\u2019aura pas pris la décision».¦\tL\u2019établissement, à la suite de «dis-eussions» avec le gouvernement fédéral, de l\u2019échéancier et des modalités de transfert des pouvoirs et des fonctionnaires ainsi que les règles de partage de l\u2019actif et des dettes.Cette semaine, MM.Bouchard et Parizeau ont tour à tour souhaité que des discussions aient lieu, mais ont tous deux prédit qu\u2019il n\u2019y en aurait pas, les fédéraux s\u2019y refusant.Il estime toutefois qu\u2019il aura «l\u2019obligation morale» de proposer à Ottawa des négociations sur le partage de la dette, afin de «montrer notre bonne volonté au Canada et au monde entier» de payer notre part.¦\tL\u2019adoption d\u2019une loi instituant une commission constitutionnelle ayant le mandat de rédiger un projet de Constitution du Québec souverain.MARCHE Le fameux système Méga-Mart reposait sur les trois C SUITE I)E LA PAGE 1 du travail dans un nouveau supermarché au concept révolutionnaire et moi je devais aller m\u2019inscrire au b.s.pour payer mon loyer.Dans l\u2019autobus, je ne cessais de penser à ce qu\u2019elle venait de dire.Avais-je vraiment perdu le sens des réalités?Au bureau du b.s., il m\u2019arriva une bonne chose et une mauvaise.D\u2019abord, dans la salle d\u2019attente, alors que j\u2019avais sorti ma petite fiole pour avaler un autre com-, .primé anti-rêve, mon voisin s\u2019étira le bras et, en bâillant, ingurgita toute ma provision avant de replacer la bouteille ., vide là où il l\u2019avait prise.».; i Puis un moustachu qui ne désirait pas faire mystère de , Bsa perspicacité me remit une adresse à laquelle je devais \u2019 | .me présenter sans faute.Je n\u2019allais pas rater mon rendez-, i jvous pour quelques grammes de médicament.,, J\u2019ai sauté dans un taxi pour aller plus vite et la course i r ^m\u2019a coûté mes derniers deniers.Ça se trouvait un peu loin ' en banlieue, j\u2019ai même dû couper sur le pourboire.Hési-» » -tant, je me tenais devant une sorte d\u2019immense entrepôt, ) '«entouré de gens qui entraient et sortaient sans arrêt.Un [murmure placide et une moue d\u2019hébétude caractérisaient , )le va-et-vient de tous ces quidams.J\u2019ai fini par prendre f (rmon courage à deux mains.Le flot content, divisé près de ) « l\u2019entrée par une matrone glapissant des «Bonjour!» et des «En avant!», m\u2019a aspiré à l\u2019intérieur.Sur la façade, j\u2019avais .eu le temps de noter deux inscriptions géantes: le nom de .l'entreprise: Méga-Mart, et sa devise: moins cher, tu fmeurs.On m\u2019a équipé d\u2019un panier et donné une tape sur les fesses et je me suis retrouvé en train d\u2019arpenter des allées presque infinies, bordées jusqu\u2019au ciel de marchandises abracadabrantes.Une voix lointaine me hélait.J\u2019ai renversé la tête en plissant les yeux sous l\u2019assaut de néons aveuglants.Enfin j\u2019ai aperçu Adrienne au sommet des étagères, en uniforme rayé avec coiffe originale à visière.Elle se balançait au bout d\u2019un escabeau vertigineux.Je ne comprenais rien à ce quelle me criait, sinon qu\u2019on l\u2019avait en- voyée placer des denrées et qu\u2019elle n\u2019arrivait plus à redescendre.Je n\u2019ai pas tardé à la perdre de vue et mon panier m\u2019a entraîné, étant muni d\u2019un moteur électrique qui ne souffrait aucun arrêt de plus de trente secondes.Perchées sur des miradors, des jeunes filles semblablement vêtues agitaient des mégaphones et hurlaient des slogans: «Chez Méga-Mart, boni soit à qui y pense!» «Nous essayer, c\u2019est vous adapter!» Le fameux système Méga-Mart reposait sur les trois C: Consultation, Calcul, Conscience.Au début de chaque allée était posté celui que les nombreux sous-gérants appelaient le Kid: il s\u2019agissait le plus souvent d\u2019un adolescent surdoué, échevelé, assis devant un ordinateur.Il était plutôt mal vu de ne pas faire appel régulièrement à ses services.On pouvait lui demander, par exemple: «Dites-moi, le Kid.Si j\u2019achète 33 tondeuses à gazon, j\u2019économise combien?» Il manipulait quelques données, le résultat en rouge et des motifs décoratifs apparaissaient à l\u2019écran et le petit s\u2019écriait au comble de l\u2019émotion: «La somme astronomique de 327 beaux dollars, monsieur!» On interrompait la musique pour diffuser partout le montant de cette aubaine et la salve d\u2019applaudissements obligatoires éclatait du côté des caisses.A l\u2019autre bout de l\u2019allée, derrière un pupitre d\u2019aspect ascétique, se trouvait le directeur de conscience.On confiait d\u2019ordinaire cette tâche à des employés expérimentés et dévoués, d\u2019allure austère et si possible repoussante.Le client n\u2019abordait ce personnage qu\u2019avec réticence pour lui confesser son futur achat.Le commis des consciences levait alors sur lui son œil mauvais: «Pourquoi donc voulez-vous acheter 33 tondeuses à gazon, mon pauvre ami?» \u2014\tBen, disons, pour en offrir à toute la famille.Le visage du casuiste s\u2019éclairait II sautait sur ses pieds, ayant soin toutefois de conserver sa mine renfrognée: \u2014\tBravo! Si vous ne sortez pas d\u2019ici avec vos 33 tondeuses à gazon, vous aurez affaire à moi, compris?Enfin, le long de l\u2019allée, évoluaient les Consultants.Ils avaient le jappement facile et une démarche cauteleuse de gardes-chiourme aguerris.Si le client présentait la moindre trace d\u2019hésitation, ils le suivaient pas à pas, attendant le moment d\u2019attaquer: \u2014\tVous êtes bien sûrs d\u2019avoir votre savon à vaisselle pour tout le mois?Venez un peu par ici, vous deux.Après avoir été semoncé dans les règles, le couple désemparé se voyait expédié au Kid le plus proche qui se dépêchait de lui concocter un rabais sur quelques années de détergent à vaisselle.Le Consultant idéal excellait dans l\u2019art de faire perdre ses moyens au consommateur réfléchi.Ayant donc réussi, pendant que mon panier s\u2019écrasait contre la section des fromages, à faire comprendre à un de ces bonshommes pourquoi je me trouvais là, il eut un clignement de paupière rusé avant de dire: «Iâ-bas au fond.Tout au fond!.» Une banque se dressait là dans le coin, avec sa vitrine, ses guichets pare-balles et son gardien de sécurité.J\u2019ai exhibé la recommandation du fonctionnaire et on m\u2019a poussé dans le bureau du directeur.Un homme mûr au masque accablé m\u2019a accueilli d\u2019un haussement de sourcil avant de poser devant lui un stylo-bille au capuchon mâchouillé.\u2014\tJe ne savais pas, lui dis-je, qu\u2019on trouvait des banques dans les supermarchés.\u2014\tNotre place est ici, monsieur?.Ah.Fassol Rémi.Oui, j\u2019ai été prévenu.Expliquez-moi ce qui ne va pas, mon p\u2019titgars.Il ne m\u2019écouta pas une seconde, occupé à caresser sa joue bien rasée et luisante en préparant sa réplique.\u2014\tVoilà ce que je vais faire, Fassol.Vous êtes jeune, vous avez de l\u2019ambition.Je vais vous vendre une maison.\u2014\tJe vous demande pardon, mais je veux juste payer mon loyer.\u2014\tVous n\u2019aurez rien à payer tout de suite.Réfléchissez à ma proposition.Derrière moi, deux dames de bonne tenue avaient pris place de chaque côté de la porte, comme pour en surveiller l\u2019accès.Je fis un geste pour me lever.\u2014\tDeux cent mille, Fassol! Je vous finance tout, une magnifique hypothèque! \u2014Je n\u2019ai pas d\u2019emploi, comprenez-vous?Une ombre de compassion effleura son visage, et les deux employées soupirèrent à l\u2019unisson.Puis il décrocha son téléphone.Je me sentais de plus en plus confus et exaspéré.\u2014\tOui, Rémi Fassol, l\u2019auteur de Oka Indigne, c\u2019est bien ça.Dans quelle société vivons-nous, en effet Il raccrocha et se frotta les mains.\u2014\tTout est arrangé.Maintenant le contrat Rémi.Vous voulez-bien que je vous appelle Rémi?\u2014\tVous m\u2019avez trouvé un emploi pour payer ma maison?\u2014\tOui, votre maison.Comme c\u2019est bien dit.Maintenant, si vous vouliez cesser de vous tracasser avec ces broutilles, et.J\u2019ai renversé ma chaise et foncé vers la porte en bousculant les deux femmes.Elles m\u2019ont rattrapé à la sortie, où le gardien de sécurité me bloquait le passage.Les autres employés détournaient pudiquement leur regard.Le directeur, lui, parut furieux: \u2014\tEmmenez-le où vous savez.Nous reparlerons de tout ça demain, Fassol.Ouste! Ils m\u2019ont enfermé dans la voûte, où j\u2019ai passé la nuit en compagnie d\u2019une fortune inaccessible et tranquille dont le sommeil à long terme m\u2019a sûrement inspiré.Le lendemain, j\u2019ai signé le contrat d\u2019un air dégagé et je suis parti.J\u2019ai erré un peu dans le supermarché puis me suis reposé sur un de ces bancs qu\u2019ils avaient installés pour accommoder les clochards victimes de ce que Méga-Mart appelait l\u2019effort de consommation.Et honnêtement je cherchais la sortie.La semaine prochaine: Le général et les rats LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 LE DEVOIE RENSEIGNEMENTS\t(514)985-3333 ADMINISTRATION\t(514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514)985 3344 (514)985 3344 (514)985 3399 1 800 363-0305 SERVICE A LA CLIENTÈLE \u2022 Extérieur (sans irais) * 1 - 8 00-463-7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS Les iiaéros de téléphone seiiaets soit valables pont le service de lirraisoe pet camelot et pou les abonnements postant.Montréal\t(514) 985-3355 LF.DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siège ssval cm situé au numéro 205(1 de Hleury.9r Montréal (Québec).MA 3M9.n est imprimé par les Imprimerie Québécor 1-aSaIlr.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest me Saint Jacques.Montréal.I.Agence rnrsse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans IF DEVOIR.IF DEVOIR est distribue par Mesenteries Dynamiques, division du (irnupe Québécor Inc.775 bout leheau.St I jurent.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Depot légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphoné general: (514) 9853333: semer a la clientèle: (514) 9853355: publicité: (d14) 9853399. BASEBALL LES SPORTS LIGUE NATIONALE HIER San Diego 4 Chicago 2 Montréal 5 Philadelphie 0 SI.Louis 11 Pittsburgh 3 Atlanta 16 Cincinnati 6 Floride 7 New York 10 San Francisco à Houston Los Angeles à Colorado Jeudi St.Louis 7 Montréal 3 Pittsburgh 5 Phll'phie 1 Los Angeles 1 SD 0 Houston 6 Colorado 2 Floride 5 Chicago 1 Aujourd'hui SD (Hamilton 8-5) à Chicago (Castillo 1-1) Floride (Rapp 6-7) à New York (Jacome 4-2) Montréal (Henry 8-2) à Phil'phie (Valenzuela 2-1 ) St.Louis (Olivares 2-4) à Pittsburgh (Smith 9-8) Atlanta (Maddux 14-6) à Cincinnati (Rijo 9-4) SF (VanLandingham 7-1) à Houston (Harnisch 7-5) (Parties d'hier non comprises) Section Est \tG\tP\tMoy.\tDifl Montréal\t68\t39\t.636\t\u2014 Atlanta\t63\t44\t.589\t5 New York\t52\t54\t.491\t151/2 Philadelphie\t52\t56\t.481\t161/2 Flôride\t48\t60\t.444\t201/2 \tSection Centrale\t\t\t Cincinnati\t64\t43\t.598\t\u2014 Houston\t62\t47\t.569\t3 Pittsburgh\t51\t56\t.477\t13 Chicago\t48\t59\t.449\t16 St.Louis\t48\t59\t.449\t16 \tSection Ouest\t\t\t Los Angeles\t54\t54\t.500\t\u2014 San Francisco\t52\t57\t.477\t21/2 Colorado\t51\t60\t.459\t4 1/2 San Diego\t43\t68\t.387\t121/2 LIGUE AMÉRICAINE HIER Kansas City 8 Seattle 0 Cleveland à Boston Detroit 2 Toronto 4 Baltimore 4 Milwaukee 0 New York au Minnesota Chicago en Californie Texas à Oakland Jeudi Toronto 5 Boston 2 New York 9 Minnesota 2 Milwaukee 5 Baltimore 3 Texas 4 Chicago 1 Cleveland 5 Detroit 0 Kansas City 5 Oakland 2 Seattle 4 Californie 2 Aujourd\u2019hui Cleveland (Grimsley 4-1 et Ogea 0-0) à Boston (Sele 7-7 et Finnvold 0-0) Detroit (Moore 10-10) à Toronto (Hentgen 13-7) Seattle (Davis 1-2) à KC (Gubicza 7-8) Bal'ore (Rhodes 2-5) à Milw\u2019kee (Wegman 8-4) NY (Perez 9-3) au Minnesota (Mahomes 8-5) Chicago (Bere 11-2) en Californie (Lorraine 0-2) Texas (Rogers 11-7) à Oakland (Darling 10-10) (Parties d\u2019hier non comprises) Section Est \tG\t\tP\tMoy.\tDiff New York\t68\t\t38\t.642\t\u2014 Baltimore\t58\t\t48\t.547\t10 Boston\t52\t\t56\t.481\t17 Toronto\t52\t\t56\t.481\t17 Detroit\t49\t\t59\t.454\t20 \tSection Centrale\t\t\t\t Chicago\t63\t\t44\t.589\t\u2014 Cleveland\t62\t\t44\t.585\t1/2 Kansas City\t62\t\t47\t.569\t2 Milwaukee\t51\t\t57\t.472\t121/2 Minnesota\t48\t\t59\t.449\t15 \tSection\tOuest\t\t\t Texas\t52\t\t56\t.481\t\u2014 Oakland\t47\t\t60\t.439\t¦11/2 Seattle\t43\t\t62\t.410\t71/2 Californie\t44\t\t65\t.404\t81/2 \tLES MENEURS\t\t\t\t \tMJ\tAB\tP\tCS\tMoy.TGwynn SD\t104\t392\t75\t153\t.390 Bagwell Hou\t105\t383\t98\t140\t.366 Morris Cin\t105\t412\t59\t144\t.350 Alou Mon\t100\t390\t76\t131\t.336 Piazza LA\t102\t385\t63\t127\t.330 Mitchell Cin\t89\t290\t54\t95\t.328 LWalker Mon\t99\t381\t75\t124\t.325 Boone Cin\t101\t352\t56\t114\t.324 Jefferies StL\t97\t373\t46\t119\t.319 Galarraga Col\t103\t417\t77\t133\t.319 Points \u2014Bagwell,\tHouston, 98; Grissom, Montréal,\t\t\t\t 90; Bonds, SF, 87; Lankford, St.Louis, Biggio, Houston, 80; Galarraga, Col'ado, 77; Alou, Montréal, 76.Points produits \u2014 Bagwell, Houston, 107; Bichette, Colorado, 94; Williams, SF, 92; Piazza, LA, 89; Galarraga, Colorado, 85; McGriff, Atlanta, 83; LWalker, Montréal, 82.Coups sûrs\u2014TGwynn, SD, 153; Morris, Cincinnati, 144; Bagwell, Houston, 140; Bichette, Colorado, 140; Conine, Floride, 135; Galarraga, Colorado, 133; Alou, Montréal, 131.Doubles\u2014LWalker, Montréal, 43; Biggio, Houston, 39; TGwynn, SD, 33; Bichette, Colorado, 32; JBell, Pittsburgh, 32; Bagwell, Houston, 30; Cordero, Montréal, 29; Morris, Cincinnati, 29.Triples \u2014 RSanders, Cincinnati, 8; DLewis, SF, 8; Butler, LA, 8; Clayton, SF, 6; Kingery, Colorado, 6; TFemandez, Cincinnati, 6; 12 à égalité à 5.Circuits\u2014Williams, SF, 41; Bagwell, Houston, 37; Bonds, SF.36; Galarraga, Colorado, 31; McGriff.Atlanta, 29; Mitchell, Cincinnati, 28; Bichette, Colorado, 27.Buts volés \u2014 DSanders, Cincinnati, 36; Grissom, Montréal, 35; Biggio, Houston, 35; Carr, Floride, 31; DLewis, SF, 27; DeShields, LA, 27.AU BÂTON (Partie d'hier non comprise) \tAB\tPC\tCS\tPP\tCC\tBV\tMoy.Alou\t390\t76\t131\t70\t21\t7\t.336 Bell\t93\t11\t25\t10\t2\t3\t.269 Benavides\t84\t8\t16\t6\t0\t0\t.190 Berry\t293\t40\t79\t39\t10\t11\t.270 Cordero\t388\t62\t116\t63\t15\t15\t.299 Fletcher\t275\t28\t73\t55\t10\t0\t.265 Floyd\t324\t43\t92\t40\t4\t10\t.284 Frazier\t135\t24\t37\t13\t0\t20\t.274 Grissom\t443\t90\t129\t42\t10\t35\t.291 Lansing\t371\t40\t95\t33\t4\t12\t.256 Milligan\t76\t10\t18\t12\t2\t0\t.237 Spehr\t35\t8\t9\t5\t0\t2\t.257 Walker\t381\t75\t124\t82\t18\t15\t.325 Webster\t127\t13\t36\t23\t5\t0\t.283 White\t76\t14\t23\t13\t2\t1\t.303 \tAU MONTICULE\t\t\t\t\t\t \tGP\tVP\tML\tPM\tBB\tR\tMPM Fassero\t86\t0\t138.2\t46\t40\t119\t2.99 Henry\t82\t1\t97.0\t26\t18\t63\t2.41 Heredia\t53\t0\t68.0\t27\t13\t56\t3.57 Hill\t155\t0\t147.2\t53\t42\t85\t3.23 Martinez\t95\t1\t128.0\t55\t38\t125\t387 Rojas\t32\t15\t79.0\t31\t20\t78\t353 Rueter\t63\t0\t85.2\t51\t21\t46\t536 Scott\t52\t1\t502\t14\t18\t33\t249 Shaw\t52\t0\t64.1\t29\t15\t44\t4 06 Wetteland\t36\t22\t58.1\t18\t20\t61\t2.78 White\t1 1\t0\t23.2\t16\t11\t17\t6.10 B A S E B A L L Joueurs et proprios se reparleront deux jours avant la grève! New York (AP) \u2014 À une semaine de la date fixée pour le déclenchement d\u2019une grève dans le baseball majeur, l\u2019Association des joueurs et la partie patronale ont fait savoir hier quelles ne reprendront pas avant mercredi les discussions formelles au sujet d\u2019un plafond salarial.C\u2019est donc dire qu\u2019il ne restera alors que deux jours aux parties pour s\u2019entendre et éviter un huitième arrêt de travail au cours des 22 dernières années.Eugene Orza, l\u2019un des avocats de l\u2019Association des joueurs, a déclaré que rien ne laissait croire que les propriétaires s\u2019apprêtaient à renoncer à leur demande d\u2019un plafond salarial.«Je pense qu\u2019ils veulent mettre de la pression sur les joueurs pour les contraindre à accepter un plafond salarial, et à cette fin ils sont prêts à vivre une longue grève, a dit Orza, hier.Quand je dis \u201cils\u201d, je pense à un nombre important de propriétaires.» Les parties ont tenu des discussions informelles, hier.L\u2019Association des joueurs a tenté d\u2019expliquer comment à son avis les équipes pouvaient instaurer un système de partage des revenus sans qu\u2019il soit accompagné d\u2019un plafond salarial.«Nous avons fait part de quelques idées sur les moyens de venir en aide aux équipes des petits marchés, a dit Orza.Je ne dirais pas que les négociations aient progressé, mais aux moins les parties discutent.» Les négociateurs ont accepté de tenir une rencontre formelle lundi, même si les questions économiques ne seront pas abordées.«Si nous considérons qu\u2019il y aura éventuellement une entente sur les questions économiques, il vaut mieux tenter de régler immédiatement tous les autres points», a dit le négociateur en chef de la partie patronale, Richard Ravitch.Des comités des deux parties vont se rencontrer mardi, puis le lendemain les discussions vont reprendre sur la question litigieuse du plafond salarial.La grève est prévue pour deux jours plus tard, le vendredi 12 août.Ravitch espère que l\u2019Association des joueurs va reconsidérer sa position sur un plafond salarial, pour qu\u2019on puisse ensuite négocier les montants d\u2019argent du nouveau contrat de travail.L\u2019Association refuse pour l\u2019instant de considérer l\u2019instauration d\u2019un plafond salarial, invoquant le principe du libre marché de l\u2019économie.Orza a déclaré ne pas comprendre pourquoi les propriétaires s\u2019imaginent que les joueurs pourraient accepter un plafond salarial.«Ils ont peut-être comme objectif de casser le syndicat et de se débarrasser de tous les joueurs, a dit Orza.C\u2019est peut-être la raison de leur actuelle stratégie.» L\u2019imbattable Pedro Martinez Les Expos remportent 5-0 à Philadelphie Philadelphie (PC) \u2014 Peut-être faudrait-il qu\u2019il représente les joueurs à la table des négociations! Pedro Martinez (10-5) ne perd plus.Celui qui est de toutes les batailles a remporté sa quatrième victoire de suite, ne donnant que deux coups simples et quatre buts sur balles en huit manches.Devant 33642 personnes et quelques affiches Don\u2019t strike, les Expos l\u2019ont emporté 5-0 contre les Phillies.Même s\u2019ils n\u2019ont réussi que six coups sûrs, ils ont ainsi remporté une 15e victoire à leurs 17 derniers matchs.Quand on lui donne deux points ou plus, Martinez affiche maintenant un dossier de 10-1.Au sommet de sa forme, il n\u2019a même pas eu à atteindre un seul frappeur, lui qui domine la Ligue nationale avec 11.Il n\u2019a fait face qu\u2019à 29 frappeurs en huit manches et il a enregistré huit retraits au bâton.Deux erreurs à la troisième de Kim Batiste, un joueur de troisième but originaire de Prairieville en Louisiane, ont donné les deux premiers points.Après avoir saboté une balle à double-jeu, il n\u2019a pu saisir un roulant de Larry Walker pour soulever l\u2019ire des partisans des Phillies, une foule qui n\u2019a pas peur de ses opinions.Walker a ensuite réussi son 44e double dans une cinquième manche de deux points contre David West, qui n\u2019avait travaillé que deux manches et deux tiers à son dernier départ.Celui qui a peut-être disputé jeudi son dernier match avec les Expos au Stade olympique n\u2019est plus qu\u2019à deux doubles du record d\u2019équipe établi par Warren Cromartie en 1979.West (4-9) n\u2019a alloué que quatre coups sûrs et deux points mérités en huit manches mais il a aussi donné sue buts sur balles.Martinez, lui, a été aidé dans ses deux dernières manches par de superbes jeux défensifs.Tour de France Sydor dans l\u2019eau chaude L\u2019équipe canadienne est menacée d\u2019une suspension de deux ans Vaujany, France (PC) \u2014 L\u2019équipe canadienne de cyclisme est menacée d\u2019une suspension de deux ans au Tour de France féminin si Alison Sydor de Vancouver participe ce weekend à une épreuve de la Coupe du monde de vélo montagne en Suisse.Sydor était mystérieusement absente au départ de la neuvième étape du Tour, mercredi, et l\u2019entraîneur canadien Denis Roux a plus tard justifié l\u2019abandon de l\u2019athlète par une inflammation du genou droit.Les dirigeants du Tour ont toutefois appris que Sydor a l\u2019intention de participer à une épreuve de vélo de montagne à Lenzerheide, en Suisse.Cycliste polyvalente, Sydor a, ces dernières années, partagé son temps entre les épreuves sur route et le circuit de la Coupe du monde de vélo de montagne.Irrités d\u2019être ainsi snobés, les organisateurs du Tour ont tenu une réunion d\u2019urgence, hier, et ils ont émis un communiqué laconique qui précise, en substance, que «le Tour de France féminin n\u2019est pas une session d\u2019entraînement».«Les directeurs du Tour de France imposeront de sévères sanctions à celles qui ont déserté l\u2019épreuve si elles prennent le départ de la course de vélo de montagne ce week-end.» Les directeurs du Tour se réuniront le 15 septembre pour décider des sanctions mais on avance déjà que l\u2019équipe canadienne pourrait être suspendue pour les deux prochaines années.Roux nie qu\u2019il a tenté de couvrir l\u2019affaire.«Alison a pris la décision elle-même, que puis-je y faire?», a plaidé Roux, qui a rencontré les organisateurs pendant 40 minutes.Elle m\u2019a dit qu\u2019elle souffrait d\u2019une inflammation au genou.Je n\u2019ai pas essayer de la couvrir.Elle voulait partir et je devais respecter sa décision.» Sydor s\u2019est hissée jusqu\u2019au quatrième rang du classement général à mi-chemin de la classique de deux semaines mais il est devenu évident à l\u2019approche des dernières étapes qu\u2019elle avait peu d\u2019espoir de terminer parmi les meilleures.Senna victime d\u2019un bris de conduite?Championnat d\u2019Europe d\u2019athlétisme Pour un nouveau feu d\u2019artifice Paris (Reuter) \u2014 L\u2019accident mortel du Brésilien Ayrton Senna lors du Grand Prix de Formule un de Saint-Marin, le 1er mai dernier, serait du à une rupture de la colonne de direction de sa Williams, rapportent les quotidiens L\u2019Équipe et Info-Matin dans leurs éditions d\u2019hier.Citant un rapport, toujours officieux, ordonné par la justice italienne, le quotidien sportif fait état d\u2019une analyse microscopique de la cassure de la colonne pratiquée par les professeurs Lorenzini et Melchionda de l\u2019université de Bologne le 28 juin.L\u2019analyse «aurait abouti à une terrible conclusion: ce n\u2019est pas le choc contre le mur de béton situé à l\u2019extérieur de la courbe de Tamburello qui a causé cette cassure mais un défaut de qualité, éventuellement d\u2019un manque d\u2019épaisseur du métal utilisé», écrit L\u2019Équipe.Le quotidien sportif précise que la cause de la sortie de route de Senna, lancé à plus de 300 km/h dans le sixième tour de course, s\u2019explique à 85 % par cette rupture de la colonne de direction.La pression insuffisante des pneus ne peut être retenue qu\u2019à 10 % tandis que la l\u2019erreur humaine ou un autre prqblème technique ne sont crédibles qu\u2019à 5 %.A l\u2019appui de cette explication, le journal rappelle que les enquêteurs ont «envisagé toutes les hypothèses, y compris les moins crédibles, parmi lesquelles la défaillance humaine (.).» Rupture identique pour Hill Il note enfin qu\u2019après l\u2019accident, «lorsque les sauveteurs avaient voulu enlever le volant, une partie de cette colonne était venue avec lui.Dans la précipitation, l\u2019ensemble fut posé à terre, sur la droite de la voiture, comme en témoignent certaines photos».De son côté, Info-Matin souligne que Damon Hill disposant de la direction mise en cause a été lui aussi victime d\u2019une rupture identique à Monaco, «15 jours après le drame, lors d\u2019un accrochage avec Mika Hakkinen».Dans une interview accordée à ce quotidien, Andrian Neway, de l\u2019écurie Williams, affirme que la colonne de direction de la voiture de Senna avait été changée juste avant le Grand Prix.«Nous avons réduit le diamètre de la colonne.Lors de l\u2019accident, cet arbre s\u2019est rompu.Mais les données télémétriques ne nous disent pas si la rupture a eu lieu avant ou après le choc contre le mur», déclare Neway.Ce changement de colonne aurait été effectué parce que Senna se plaignait de ne pas avoir la place nécessaire pour guider son volant et il ne voyait pas son tableau de bord, précise Neway.Une contre-expertise, portant sur l\u2019autre partie de la colonne de direction, a été confiée à l\u2019institut militaire aéronautique italien Pratica de Mare.Les résultats des travaux effectués le 18 juillet n\u2019ont pas encore été rendus publics.«Je ne serais sûr à 100 % de la cause du décès d\u2019Ayrton (Senna) que lorsque les résultats de la contre-expertise seront connus», a conclu Adrian Neway.Helsinki (AFP) \u2014 Exception faite du perchiste Serguei Bubka, qui a préféré les dollars à un titre supplémentaire sur son prestigieux palmarès, l\u2019élite du Vieux Continent est rassemblée à Helsinki jusqu\u2019au 14 août pour des championnats d\u2019Europe d\u2019athlétisme dévalorisés dans un calendrier aux multiples rendez-vous d\u2019importance.Depuis la dernière édition à Split, en 1990, se sont succédé deux Championnats du monde (1991 et 1993) et des Olympiques (1992).Dans un tel contexte, que pèse désormais un titre européen?Plus rien, répond Bubka qui a empoché 80 000 $ pour une représentation aux Goodwill Games avant de prendre livraison quarante-huit heures plus tard d\u2019une Ferrari pour son trente-cinquième record du monde.Toutes les autres étoiles européennes d\u2019un niveau mondial seront présentes.Les unes estiment qu\u2019un titre européen n\u2019est pas forcément à négliger.Les autres, éclipsées par les imposants bataillons de coureurs africains, de sprinteurs américains et de coureuses chinoises, n\u2019ont pas une autre occasion de coiffer une couronne.Avec Linford Christie, qui visera un triplé unique (100 m), John Regis à la poursuite du doublé (200 m), Colin Jackson (110 m haies), Roger Black (400 m) et l\u2019intouchable Sally Gunnell (400 m haies) les Britanniques pourraient renouveler leur feu d\u2019artifice de Split (huit titres).L\u2019Allemagne misera sur ses deux Heike, Henkel (hauteur) et Drechsler (longueur), like Wylud-da (disque) et une densité athlétique incontestable.Quant à la Russie qui effectuera, comme toutes les autres république nées de l\u2019éclatement de l\u2019ex-URSS, ses premiers pas européens officiels, elle sera compétitive dans de nombreuses épreuves à l\u2019instar de l\u2019ambitieuse Irina Privalova.Si la blonde sprinteuse moscovite n\u2019a pas trop laissé d\u2019énergie dans ses multiples courses du Grand Prix, elle devrait s\u2019approprier le doublé (100 et 200 m) voire le triplé avec le relais, et mériter d\u2019être sacrée «reine» d\u2019Helsinki.EN BREF ?HENDERSON POURSUIVI ! Le voltigeur Rickey Henderson, des Athletics ] d\u2019Oakland, fait l\u2019objet d\u2019une poursuite de trois millions $ US de la part de sa demi-sœur, qui l\u2019accuse de l\u2019avoir violée à plusieurs reprises au milieu des années 1970.Dans sa poursuite, déposée jeudi à la cour supérieure du comté d\u2019Alameda, I Paula Henderson prétend qu\u2019en 1975, alors j qu\u2019elle était âgée de 12 ans, Henderson l\u2019a violée ! de manière répétée.Selon la poursuite, les abus | se sont poursuivies pendant trois ans.Hender-! son, âgé de 35 ans, a démenti les accusations | dont il fait l\u2019objet lorsqu\u2019il est arrivé à l\u2019aéroport d\u2019Oakland, jeudi soir.Ken Gumick, le porte-paro-i le de l\u2019avocat et agent de Henderson, s\u2019est refusé ; a tout commentaire.I-a poursuite précise que ; Paula Henderson, âgée de 31 ans, qui est sans ! emploi et domiciliée à Oakland, a refoulé le sou-! venir de ces abus jusqu\u2019à la naissance de son pre-! mier enfant, l\u2019an dernier.SUSPENSION MAINTENUE Pour sa première décision depuis qu\u2019il est entré en poste, Gene A.Budig, le président de la Ligue américaine, a maintenu la suspension de cinq matches imposée par Bobby Brown au gérant des Red Sox de Boston, Butch Hobson.Brown et Budig ont rencontré Hobson, jeudi, à Boston, pour aborder le sujet.Le gérant des Red Sox a été suspendu parce qu\u2019il est entré en contact avec les arbitres pendant un match contre les Yankees de New York, le 28 juin.L\u2019instructeur John Wathan dirigera les Red Sox pendant la suspension de Hobson.-\u2014«- UNE CHANCE POUR MONZA Le gouvernement italien a adopté, hier, un ensemble de mesures qui devrait permettre l\u2019organisation du Grand Prix de formule 1 de Mon- za, qui avait été annulé pour des raisons de sécurité.Le ministre italien de l\u2019Agriculture, Adriana Poli Bortone, a déclaré que le gouvernement avait adopté un plan pour élargir les aires de dégagement dans les célèbres courbes de Lesmo.-?- KUKOC REMPILE Toni Kukoc jouera à nouveau la saison prochaine en NBA avec les Bulls de Chicago.le Croate, qui participe présentement aux Mondiaux de basket-ball de Toronto, a révélé avoir signé un contrat de six ans avec le club.Toutefois, ses responsables se sont refusés à confirmer cette infrormation.Kukoc entend être, la saison prochaine, l\u2019un des piliers de l\u2019équipe.«J\u2019ai beaucoup marqué.Ma première saison en NBA est maintenant derrière moi et je ne peux que m\u2019améliorer», a-t-il déclaré.G i L L E MARCOTTE ?Forçats de la pédale e dos arqué, les deux jambes .-/plantées dans les cale-pieds, les t eux bras étirés sur le guidon, ça donne l\u2019impression d\u2019avoir quatre pattes et ça confirme celle que j\u2019ai de plus en plus: le bicycle est en somme un sport de bête.On y est à la fois cheval et jockey.Même que plus je pédale, moins je suis certain que c\u2019est un sport.Ça serait plutôt un moyen de transport, rendu périmé par le cheval-vapeur lui-même, qu\u2019à un moment donné on a recyclé en sport et qu\u2019on a refilé en douce comme tel avec la clique habituelle des monstres à la Merckx, Poulidor, Ocania, Indurain et autres jarrets d\u2019acier glorieux.Dans le fond, c\u2019est d\u2019abord un engin fait pour se déplacer trois, quatre fois plus vite qu\u2019à pied: plus que ça, c\u2019est du sport, c\u2019est vrai, mais dire que c\u2019est un sport, c\u2019est beaucoup dire.Pédaler exige peu d\u2019habileté, à peu près aucune dextérité, comme celles requises par exemple pour dribbler, tirer un ballon dans un panier, attraper ou frapper une balle, ainsi se suite.Tout au plus, le bicycle exige un minimum de technique et un sens minimal de l\u2019équilibre, et encore là, l\u2019inertie fait le gros du travail.C\u2019est un bon, un gros exercice, efficace par exemple pour retrouver la forme perdue, et la garder.Mais avaler les kilomètres à la dizaine, pendant des heures et des heures, c\u2019est en soi un petit exploit de forçat, de galérien, peu excitant, mis à part le bon vent.Surtout celui qui grise le pédaleur quand il se laisse descendre sur une bonne pente, sensation qui le lave de la douleur et le sèche des sueurs qu\u2019il a eues à la monter.Je déraille, dites-vous.Peut-être bien.Je le saurai mieux une fois revenu du Grand Tour où je m\u2019attends à croiser quelques athlètes convaincus d\u2019être en train de faire du sport et qui auront peut-être la patience de m\u2019expliquer en quoi c\u2019en est.Pour le moment, je vois dans le «pédalage» en gang un genre de variante de l\u2019aérobique en ligne, qui a néanmoins l\u2019avantage de remplacer les sourires débiles et la musique heavy par de francs rictus et le chant du vent C\u2019est une activité qui a quand même ses bons côtés, à laquelle je commence même à reconnaître des charmes.Par exemple: pédaler peut devenir une invitation à la méditation.Six, sept heures, huit même, au trot, au galop sur sa selle, donnent au bipède à deux roues tout le temps de laisser monter et mijoter dans son cerveau hyper-oxygéné toutes sortes de pensées.Parmi celles que j\u2019ai eues, il y en a une qui m\u2019est restée: «I>a vie est bien courte, mais y a rien qui presse.» Cette pensée m\u2019est venue à force de constater qu\u2019en roulant d\u2019un point à un autre, j\u2019avais le réflexe de constamment calculer.Exemple: du Vieux-Montréal au canal Lachine, aller-retour = 23 kilomètres.Je commençais par regarder ma montre, je partais à la minute juste, j\u2019arrivais à l\u2019autre bout, je regardais l\u2019heure, je soustrayais les minutes et je faisais la règle de trois pour avoir la vitesse.Ça ne finissait plus.Ce n\u2019est pas de la bicyclette, c\u2019est du calcul mental.Pourquoi, pensez-vous?Parce que je voulais savoir, en regardant l\u2019itinéraire du Grand Tour, si j\u2019allais pouvoir faire telle journée en tant de temps, question de ne pas arriver à la noirceur, une couple d\u2019heures après tout le monde.J\u2019ai mis un holà à cette manie et je pars, sans montre ni odomètre.Je pars le matin à huit heures et j\u2019arrive quand j\u2019arrive, ça finit là, quitte à manger froid.On nous l\u2019a bien dit: «Ce n\u2019est pas une course.» Je vais pédaler le Grand Tour tranquillement, pas vite \u2014 c\u2019est quand même 15 km/h.Car, comme j\u2019en ai eu une fois de plus la révélation en roulant le long de la voie maritime au rythme d\u2019un paquebot luxembourgeois qui glissait tout lentement sur les flots: «Oui, mes amis, la vie est bien courte, mais y a rien qui presse.» Et pour tout vous dire, même si le vélo sur de telles distances me donne l\u2019impression d\u2019être un exercice fort ingrat, il offre à son pratiquant un rare cadeau.Quand il en descend.Au bout de 100 kilomètres, comme je l\u2019ai fait une fois cette semaine, il s\u2019est passé ceci quand j\u2019ai fini par «gajpier» mon lit: je me suis assis et je n\u2019ai plus bougé.Je ne bougeais plus.Je ne me souviens pas d'avoir déjà été aussi immobile.Ça doit être quelque chose corœ me ça, le nirvana.En tout cas, j\u2019avais juste le goût de rester là, vidé, dans le vide.Et j\u2019ai coulé dans le sommeil comme un carré de sucre dans la crème d\u2019un cappucino.Un délice, le bicycle! 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