Le devoir, 22 août 1994, Cahier A
[" ?FONDÉ EN 1910\t?Tf _ T\\ _ ! ,E DEVOIR MON T R K A I.I.K l II N I) I 2 2 A O II T I !) !) I T V Q / T o r o 11 I o S il c 1.X X X V No I 9 A ïïkJï.- y.Tiï*!', >£cjl P E K S P E C T I V E S L\u2019Acadie, entre la tête et la terre Moncton \u2014 Au delà des retrouvailles, des tintamarres et des frolics, le Congrès mondial acadien qui prend fin aujourd\u2019hui aura soulevé beaucoup plus de questions qu\u2019il n\u2019aura donné de réponses.Mais pouvait-on s\u2019attendre à ce qu\u2019il en aille autrement?Qui est Acadien?Qu\u2019est-ce qu\u2019être Acadien?Y a-t-il, une, dix ou cent Acadies?Le projet acadien passe-t-il par une communauté mondiale qui se serre les coudes au nom d\u2019un «sentiment d\u2019appartenance» aux contours flous, ou doit-il au contraire s\u2019élaborer d\u2019abord en fonction d\u2019un territoire où le poids du nombre est seul capable de faire avancer les choses?Autant d\u2019interrogations à 64 000$ qui ont illustré la difficulté de définir des liens entre une diaspora sans cesse confrontée à l\u2019assimilation \u2014 voire déjà assimilée, dans certains cas \u2014 et une métropole devant elle-même composer avec un statut de minoritaire.On a ainsi vu des citoyens de la Nouvelle-Angleterre ou du Midwest venir dire qu\u2019on pouvait être unilingue anglophone et se sentir Acadien à part entière, pendant que des Louisianais qui luttent pour des droits élémentaires dans une société encline à l\u2019homogénéisation soutenaient que la perte du français serait irréparable.On a vu des gens des Maritimes lancer un appel au soutien de la communauté néo-brunswickoise dans leurs propres tentatives d\u2019épanouissement, n\u2019hésitant parfois pas à faire jouer un vague sentiment de culpabilité; d\u2019autres affirmaient en revanche qu\u2019ils n\u2019avaient qu\u2019eux sur qui compter, que la mère-patrie avait bien assez de ses problèmes sans s\u2019échiner à régler ceux du monde.On a vu des participants discourir des gènes comme facteur d\u2019identité et de cohésion, à qui on a fait remarquer qu\u2019une telle approche avait des précédents historiques pour le moins dangereux.Mais c\u2019est probablement Jean-Marie Nadeau, le concepteur du Congrès, qui a le mieux résumé le débat qui continuera de se dérouler au cours des dix prochaines années devant mener au grand rassemblement de 2004, le 400e anniversaire de la fondation de l\u2019Acadie dans l\u2019île Sainte-Croix.S\u2019il a lancé l\u2019idée d\u2019un fonds d\u2019épanouissement mondial qui permettrait de resserrer les liens culturels et économiques, il a aussi souligné que c\u2019était nécessairement par le Nouveau-Brunswick que passait la régénération de l\u2019acadianité.C\u2019est là, entre la tête et la terre, que l\u2019Acadie a balancé pendant dix jours.La tête, c\u2019est «On ne peut l\u2019idée d\u2019une Acadie intemporelle, véhiculée en chacun à la fois par l\u2019in-pas confort de la différence et la volonté de rattachement à un mythe fonda-éternellementteur dont on espère qu\u2019il puisse aussi A\têtre porteur d\u2019avenir.La terre, c\u2019est la etre une conscience de ce que l\u2019Acadie, au ,\t.\tdelà de ce mythe, doit se doter d\u2019un reminiscence espace politique réel pour survivre et j,\tvivre, un cadre encore à définir \u2014 ni culturelle» provjnce> nj État \u2014 mais qui ne se satisfasse pas d\u2019une idéologie.«On ne peut pas éternellement être une réminiscence culturelle», comme le disait le sociologue Joseph-Yvon Thériault, auteur d\u2019un exposé magistral.Mais rien n\u2019est simple, et même les parallèles auxquels on a eu recours pour illustrer le dilemme acadien peuvent servir à illustrer une thèse et son contraire.Les Juifs, par exemple.Le fait que la majorité ne parle pas hébreu ou qu\u2019une bonne partie ne soit pas pratiquante ne remet pas en cause leurs réseaux de solidarité internationaux, a observé un intervenant.Soit, mais la présence d\u2019un foyer en Israël ne nuit pas, a rétorqué un autre.S\u2019il faut donc un lieu d\u2019où faire rejaillir l\u2019identité acadienne, c\u2019est au Nouveau-Brunswick qu\u2019il se trouve.Au pays des ancêtres, certes, mais aussi là où les gains politiques, économiques, linguistiques et institutionnels les plus importants ont été enregistrés.Là où la lutte se poursuit avec la plus grande intensité et les meilleures chances de succès.Cela dit, cette Acadie géographique ne baigne pas dans l\u2019unanimité.Comme toutes les autres sociétés, elle a ses travers, ses querelles de clochers, ses divisions internes.Il lui reste à régler la question de la place \u2014 pas toujours accueillante, soulignait l\u2019auteur-compositeur Calixte Duguay \u2014 qu\u2019elle veut faire à ceux d\u2019entre ses exilés involontaires qui voudraient soit revenir, soit poursuivre la bataille ailleurs.Vu du Québec, ces questions donnent un nouvel éclairage aux enjeux.Pas tout à fait écarté des échanges, l\u2019étemel valseur de la fédération canadienne s\u2019est bien fait dire une fois ou deux de se brancher, mais il est resté étrangement lointain de ces délibérations qui se tenaient pourtant à sa porte.L\u2019impression qui se dégage est que les Acadiens, malgré la blessure d\u2019un éventuel départ des Québécois, restent profondément respectueux du choix que ceux-ci feront.Et surtout qu\u2019ils ont la conviction profonde qu\u2019ils sont devenus ce qu\u2019ils sont avec les moyens du bord, cousins sympathiques mais isolés par les hasards de l\u2019histoire et qui, ayant surmonté tant d\u2019embûches, ne s\u2019arrêteront pas en si bon chemin.La tête et la terre.C\u2019est ce qu\u2019ils appellent, ici, l\u2019Acadie étemelle.Jean D i o n ?« I N I) K X Agenda.HR Avis publies.B4 Culture\t\t.B8 Économie\t\t.B2 Éditorial\t\t.A6 Ije monde\t\t.B5 Mots croisés.\t.IM les sports\t\t.B7 M ÉTÉ O Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 23 Est du Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 22 Détails en K4 L\u2019ENTREVUE Dr Lucille Teasdale, présente jusqu 'au bout PAGE B 1 LE MONDE Les Français quittent le Rwanda PAGE B 5 CULTURE Langue tirée, les Stones ne s'essoufflent pas PAGE B 8 Sondage Sondagem-LE DEVOIR-TVA-The Globe & Mail Constitution: les Québécois rejettent le moratoire prôné par Johnson 64,5% veulent la relance des négociations sur la base des revendications traditionnelles du Québec PIERRE O\u2019NEILL LE DEVOIR En matière constitutionnelle, les Québécois rejettent l\u2019immobilisme et désapprouvent le moratoire prôné par Daniel Johnson.Quel que soit le parti qui sera élu le 12 septembre, ils souhaitent qu\u2019il bouge, qu\u2019il relance les négociations avec Ottawa et se fasse revendicateur.L\u2019enquête d\u2019opinion publique menée du 13 au 18 août, auprès de 1020 répondants, pour le compte du Devoir, du réseau TVA et du quotidien torontois The Globe & Mail, est porteuse de deux grandes conclusions: ¦\tDans l\u2019hypothèse d\u2019une victoire du Parti libéral du Québec, 49% des Québécois (contre 36.5%) sont «en désaccord» avec l\u2019idée maintes fois exprimée par le premier ministre Johnson de refuser toute négociation constitutionnelle avant 1997.¦\tDans l\u2019hypothèse d\u2019une victoire du PQ, 49.2% des Qué- VOIR PAGE A 8: CONSTITUTION VOIR AUSSI EN PAGE A 2 ¦ Parizeau incarne davantage le changement que Johnson Advenant une victoire du Parti libéral de M.Johnson, .seriet-vous plutôt d\u2019accord ou plutôt en désaccord que ce nouveau gouvernement.refuse toute négociation constitutionnelle avant 1997\t\tPlutôt d\u2019accord .35,3%\tPlutôt en désaccord 49,4 % .reprenne les revendications traditionnelles du Québec auprès d\u2019Ottawa\t\t.64,5\t21,1 .amorce de nouvelles discussions constitutionnelles à partir des cinq conditions de Meech\t\t\t46,7\t27,3 .organise un référendum sur la souveraineté du Québec\t\t.48,1\t44 PHOTO JACQUES GRENIER Jm.\t ; ./ 'VA -tO! ,\u2018li mm .«Plus il y a d\u2019alliés, plus ça peut fonctionner, par définition», dit Daniel Johnson, qui entend s\u2019allier avec les autres provinces pour limiter le pouvoir de dépenser du fédéral.Daniel Johnson au DEVOIR S\u2019allier avec les provinces pour limiter le pouvoir d\u2019Ottawa PAUL CAUCHON LE DEVOIR Le premier ministre Daniel Johnson entend travailler à convaincre les autres provinces qu\u2019il faut limiter le pouvoir de dépenser du fédéral, tout en refusant de rouvrir le grand débat constitutionnel.«Il ne faut pas que le fédéral s\u2019imagine qu\u2019après le 12 septembre, ce sera plus facile pour lui si le gouvernement libéral est réélu», prévient-il, en faisant part de son intention de défendre «les demandes traditionnelles du Québec».Mais pour le moment la seule stratégie prônée par Daniel Johnson afin de faire reconnaître les vues du Québec consiste à «s\u2019allier avec les provinces».«Plus il y a d\u2019alliés, plus ça peut fonctionner, par définition», ajoute-t-il.Et M.Johnson ajoute qu\u2019un actuel «changement de génération» dans les directions des différentes provinces facilitera la tâche du Québec dans les prochaines années.Daniel Johnson ne veut pas parler de Constitution pendant cette campagne électorale, mais devant l\u2019insistance des médias depuis quelques jours il a dû avancer un peu VOIR PAGE A 8: JOHNSON VOIR AUSSI EN PAGE A 2 ¦\tPas de privatisation dans la santé ¦\tLe sens démocratique «de Lévesque» fait défaut à Parizeau ÉLECTIONS QUÉBEC VOIR AUSSI EN PAGE A 2 ¦ Le PQ et la santé: des promesses et peu d\u2019argent Chers nous autres Histoires de familles Responsable de l\u2019émission L\u2019AVENTURE, sur l\u2019ensemble du réseau radiophonique de Radio-Canada, Robert Blondin a offert à la Bibliothèque Nationale un fonds de plus de 10 000 spécimens de correspondance privée québécoise qui avaient fait l\u2019objet d\u2019une série radio et de deux livres intitulés Cliers nous autres ROBERT BLONDIN COLLABORATION SPÉCIALE Après les expériences communales, les aventures de colocataires, entre les chicanes, les anniversaires, les divorces, avant et après les réconciliations, les maladies, les joies, les deuils.on tient encore aux liens familiaux.Pas les contraintes, les contrôles, les interdits, les jugements, les orthodoxies, mais des liens qu\u2019on se rechoisit et qui ont au moins le mérite d\u2019avoir duré, eux.Vous connaissez Familles du Monde?Une série d\u2019albums où une québécoise, Hélène Tremblay, parcourt la terre avec la folle entreprise de vivre quelques jours dans au moins une famille de chaque pays du monde.Dans les pays qu\u2019on dit en voie de développement parce qu\u2019ils sont pauvres, on sent l\u2019espoir des parents pour leurs enfants.Dans les pays mieux nantis, une inquiétude plane sur les visages photographiés par Hélène Tremblay.Il faudrait que cette globe-trotteuse revoit toutes ces familles dans vingt ans.Pourvoir.Mais elle préférera peut-être défaire sa valise une fois pour toutes.Il faut reconnaître chez nous comme ailleurs cette tendance à garder au moins ce qu\u2019il reste de nourrissant ou de lénifiant dans les valeurs familiales.Néo-familles, familles reconstituées, familles qu\u2019on se choisit Fini le paternalisme Le Québec doit revoir ses relations avec les francophones du Canada, dit Jacques Chagnon MANON CORNELLIER PRESSE CANADIENNE Moncton \u2014 Le Québec doit revoir ses relations avec les francophones canadiens et cesser de les traiter avec paternalisme, a soutenu le ministre québécois de l\u2019Éducation, Jacques Chagnon.«L\u2019approche que le gouvernement du Québec doit avoir avec l\u2019ensemble des milieux francophones ne doit plus relever du paternalisme mais d\u2019un partenariat basé sur l\u2019égalité et la compréhension mutuelle», a déclaré le ministre hier devant l\u2019assemblée générale de la Fédération des communautés francophones et acadienne réunie à Moncton, en marge du Congrès mondial acadien.Selon M.Chagnon, le Québec s\u2019est trop souvent contenté de verser quelques dollars, rien de plus, pour se donner bonne conscience.M.Chagnon n\u2019est pas le premier, cette semaine, à fai- VOIR PAGE A 8: FAMILLES VOIR PAGE A 8: PATERNALISME i I.K I) K V 0 I II , I, K LUNDI 2 2 A 0 Û T I !» DI -\u2014-* LE DEVOIR ?-\u2014-\u2014- ^ ELECTIONS QUEBEC « Le PQ et la santé: des promesses et peu d\u2019argent MARTINE TURENNE LE DEVOIR Le Parti québécois rejette l\u2019utilisation du ticket modérateur ainsi que toute atteinte à l\u2019universalité et à l\u2019accessibilité des soins de santé au Québec.Les candidats péquistes du Comité santé et services sociaux, réunis hier à Montréal, estiment de plus que le budget actuel consacré à la santé (13 milliards$) est suffisant, et ils proposent différentes mesures pour le gérer plus efficacement.Les candidats Roger Bertrand, Guy Chevrette, Camille Laurin, Jean Rochon, Rémy Trudel, Diane Lavallée et Réjean Thomas (hôte de la réunion), ont pris des engagements sur différentes questions, allant des délais d\u2019attente pour les chirurgies (réduits de 50%), les personnes âgées (7000 nouvelles places en centres d\u2019accueil d\u2019ici l\u2019an 2000), la mise sur pied d\u2019un régime d\u2019assurance-mé-dicaments, le développement des services ambulatoires et des mesures plus strictes pour régler les pénuries de médecins en régions.Ils ont aussi dressé un bilan dévastateur des neuf années de régime libéral, axé sur la désolidarisation et l\u2019improvisation.«On a assisté à une politique continuelle de vire-capot», a dit le candidat de Rouyn-Noranda-Témisca-mingue, Rémy Trudel.On ne peut plus continuer à grignoter ainsi les programmes de santé, a ajouté Jean Rochon, sans risquer une véritable catastrophe sociale.«Car les politiques libérales d\u2019économie à court terme vont coûter très chères à la société.» Dès son élection, les péquistes s\u2019engagent à réviser une à une les «coupures aveugles» de 875 millions$ effectuées par les libéraux.Un groupe spécial d\u2019intervention sera mis sur pied pour trouver des alternatives à ces coupures, a dit le candidat de Portneuf, Roger Bertrand, et pour se faire une idée juste de l\u2019impact de chacune d\u2019entre elles sur les services disponibles à la population.Conférence exceptionnelle Autre urgence: les effectifs médicaux en région.Les péquistes convoqueront une conférence exceptionnelle réunissant tous les parties concernées et ils s\u2019engagent à recruter, au besoin, des médecins vivant au Québec mais formés à l\u2019étranger.«Pendant que des patients en Abitibi n\u2019ont pas accès à un médecin, a dit Rémy Trudel, il y a des médecins formés à l\u2019étranger qui ne demandent pas mieux que d\u2019aller les soigner.» Le PQ songe aussi à «des mesures de rigueur» pour pallier à la pénurie, s\u2019il n\u2019obtient pas de concensus.Il n\u2019y aura pas de nouveaux tickets modérateurs, «véritable taxe sur la maladie et la détresse», mais le PQ ne peut abolir à court terme celui qui prévaut sur les médicaments des personnes âgées (qui est de 2$).11 pense plutôt à l\u2019instauration «après études appropriées», d\u2019un régime universel d\u2019assurance-médicaments.Il devrait être contributoire et les primes tiendront compte de la capacité de payer des assurés.Le PQ évalue que 15% de citoyens n\u2019ont accès à aucune assurance-médicaments.,Le PQ ne sait pas ce qui restera dans les caisses de l\u2019État et ne veut pas faire de promesses «irresponsables», selon les propos de Diane Lavallée.Le «contexte difficile ne permet pas d\u2019envisager dans l\u2019immédiat une injection de nouveaux fonds» dans un budget qui représente déjà plus de 13 milliards$, une somme jugée d\u2019ailleurs suffisante pour répondre aux besoins.Mais il s\u2019engage à redistribuer l\u2019argent là où cela est possible.Ainsi, le PQ estime pouvoir économiser 90 millions$ par année grâce à son «virage ambulatoire».L\u2019équivalent de 1,5% du budget annuel des hôpitaux de soins de courte durée serait investi vers le développement des services ambulatoires, ce qui permettrait d éviter 1 hospitalisation ou à tout le moins, d\u2019en diminuer la durée (elle est de 10,5 jours au Canada, contre 7,2 en France et de 5,6 en Australie).\t.\t\u2019 Un grand ménage s\u2019impose dans certains centres hospitaliers de courte durée où un lit coûte 500$ par jour, contre 110$ dans un centre d\u2019accueil.Il s\u2019agit donc de re-, localiser les personnes âgées qui occupent inutilement ces lits coûteux en créant 1000 nouvelles places par année d\u2019ici l\u2019an 2000.«Et la mission de certains centres hospitaliers pourrait être revue et modifiée», a dit Diane Lavallée.Enfin les péquistes entendent diminuer de moitié le délai d\u2019attente moyen pour une intervention chirurgicale (qui est de trois mois pour une chirurgie d\u2019un jour).Ils s\u2019engagent à rendre obligatoire la conclusion d ententes de complémentarité entre les hôpitaux, CliiC, cliniques privées ou organismes communautaires.Ces derniers, a dit le candidat de St-Henri-Ste-Aine, Réjean Thomas, se-ront financés sur une base triennale, ce qui limitera insécurité et bureaucratie.Daniel Johnson au DEVOIR Pas de privatisation dans la santé L\u2019Etat doit mettre toutes ses énergies à donner l\u2019accès aux soins ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le premier ministre Daniel Johnson croit que l\u2019État doit déployer toutes ses énergies à dispenser des soins de santé à tous, et non à se demander quels services peuvent être refilés au secteur privé.«La première étape est de dire on a un système public, universel, non payant.L\u2019objectif, c\u2019est de donner des soins à tout le monde et pas: \u201cEst-ce que d\u2019autres peuvent le faire?\u201d», a fait valoir hier le chef libéral lors d\u2019une entrevue au Devoir.Interrogé sur ses intentions en matière de santé et d\u2019éducation, M.Johnson a fait valoir que le gros des services qui pouvaient être privatisés dans le vaste réseau de la santé \u2014 buanderie, hôtellerie, etc.\u2014 l\u2019ont déjà étés.D\u2019ailleurs, le premier ministre s\u2019est engagé à ce que les budgets de la santé et de l\u2019éducation, ce qu,\u2019il considère comme des «missions essentielles» de l\u2019État, continuent à croître.Contrairement aux ministères à vocation économiques, qui bénéficieront davantage de dépenses fiscales, l\u2019effort budgétaire en santé et en éducation ne pourront aller qu\u2019en augmentant, a affirmé M.Johnson.Selon ce dernier, c\u2019est plus par des obligations de résultats imposées aux employés que par des privatisations pures et dures que l\u2019État pourra résoudre le casse-tête que posent les finances publiques au vaste secteur de la santé.D\u2019ailleurs, le chef libéral a dit ne pas envier leç modèles d\u2019hôpitaux privés (HMO) développés aux États-Unis, mais regarde plutôt avec intérêt un modèle britannique qui remet la gestion des soins de santé entre les mains d\u2019organismes régionaux à but non lucratif.Ces organismes «ont des enveloppes et développent la capacité d\u2019attirer des patients et des médecins.Ça crée de la concurrence inter-établissements publics.Ça oblige à de grandes décisions sur la répartition des soins», a soutenu le premier ministre.Même si la privatisation des laboratoires de biologie médicale a longtemps plané dans l\u2019air, M.Johnson ne se dit pas très chaud à l\u2019idée.«C\u2019est le temps de réponse qui est important», relance-t-il.Reste que le système de santé devra passer par une nécessaire rationalisation de ses établissements, notamment dans le secteur universitaire.A ce titre, le premier ministre trouve inconcevable que, dans la même ville, cinq hôpitaux effectuent des transplantations cardiaques.«Ça n\u2019a aucun sens», clame-t-il.«On doit se donner des objectifs de performance.On doit s\u2019inspirer des exemples les plus intéressants.Comment ça se fait que dans une région, il se fait quatre fois plus d\u2019ablation des amygdales.Je ne crois pas qu\u2019il y a des pathologies régionales.Il y a des patrons de pratique de la médecine qui ne marchent pas», a dit ce dernier, sans avancer de solutions concrètes pour résoudre ces problèmes.Par ailleurs, Daniel Johnson n\u2019entend pas augmenter les taxes sur le tabac à court terme \u2014 malgré le nombre croissant de jeunes fumeurs \u2014, à moins d\u2019un relèvement important des taxes chez nos voisins américains.«J\u2019ai déjà dit que si M.et Mme Clinton s\u2019avisaient de monter ça d\u2019une «piasse» le paquet, on serait pas loin derrière.Rien à faire pour l\u2019instant», tranche M.Johnson qui se refuse toutefois à intervenir en ce qui a trait à la contreban- de d\u2019alcool, jugeant cette situation beaucoup plus limitée et «plus facile à contrôler».Dans le secteur de l\u2019éducation, Daniel Johnson ne prévoit pas de «grands chambardements».Il a d\u2019ailleurs peu de solutions à offrir pour régler le problème faramineux du décrochage auquel fait face le Québec, sinon de donner son «plein effet» aux mesures déjà en place.«Une des composantes de la persistance scolaire est la certitude qu\u2019un emploi t\u2019attend.Il faut que les entreprises soient encouragées davantage(.), qu\u2019elles s\u2019aperçoivent que c\u2019est dans leur intérêt d\u2019améliorer la qualité de la main-d\u2019œuvre», de dire le chef du PLQ.Bref, rien de neuf pour prévenir le décrochage de la part du premier ministre, outre l\u2019élargissement déjà annoncé du régime de prêts et bourses aux élèves du secteur professionnel au secondaire.Par ailleurs, le chef libéral, qui s\u2019est heurté à la colère des travailleurs de la construction sur la loi 142, a réitéré hier sa décision ferme de ne pas revoir cette législation.«La loi, par sa mécanique, nous amène à faire un bilan au 31 décembre 1994.Le gouvernement va être obligé de regarder les avantages sociaux en 1995», a-t-il dit.D\u2019autre part, M.Johnson n\u2019envisage pas non plus de toucher à la loi sur le normes minimales de travail, mais réaffirme son vœu de revoir les décrets, notamment dans les secteurs industriels hautement concurrentiels.«Dans l\u2019histoire du bois oeuvré (.), c\u2019est de la folie.On ne va pas libéraliser le travail à la pièce dans les \u201csweat shops\u201d.On a établi la distinction entre les secteurs où il y a une concurrence réelle.Il faut nettoyer, rajeunir, moderniser» les conventions collectives, a dit le premier ministre.Pour un débat des chefs Le «sens démocratique de Lévesque» fait défaut à Parizeau ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Pour le chef libéral Daniel Johnson, le «sens démocratique de René Lévesque» fait horriblement défaut à Jacques Parizeau, qui multiplie les excuses pour s\u2019esquiver du débat des chefs.La veille de la rencontre prévue ce matin entre le PQ, le PLQ et les représentants des trois télédiffuseurs, le chef libéral y est allé d\u2019une salve contre son adversaire, excédé des hésitations du Parti québécois à donner son accord à la tenue de ce débat télévisé.«Moi je demeure un peu étonné de voir que M.Parizeau, après avoir réclamé le débat et suggéré une date(.), je trouve qui lui manque le sens démocratique à la René Lévesque.J\u2019espère que M.Parizeau va donner à ses collabora- teurs le mandat de régler pour demain (aujourd\u2019hui)», a-t-il dit.Selon M.Johnson, en interrompant les discussions en raison de l\u2019injonction réclamée par l\u2019Action démocratique du Québec (ADQ), le PQ n\u2019a fait que «se réfugier dans les frasques de menaces de poursuite».Rappelons que la Cour a rejeté vendredi la requête présentée par l\u2019ADQ pour forcer le consortium des télédiffuseurs, composé de la Société Radio-Canada, de Télé-Métropole et de Radio-Québec, à inclure leur chef Mario Dumont au débat des chefs du 29 août.L\u2019ADQ a fait connaître son intention d\u2019en appeler de cette décision.Dès vendredi, le consortium des télédiffuseurs a invité les parties à reprendre les pourparlers ce matin.Le conseiller de Jacques Parizeau, M.Jean Royer, a répété hier après-midi qu\u2019il était fin prêt à reprendre les discussions.Le PLQ y enverra aussi ses négociateurs.Pour Daniel Johnson, le débat des chefs est important pour les gens, «pour pouvoir comparer» à la fois le style et les positions des deux partis.«Les gens comptent là-dessus, les indécis, les gens qui veulent raffermir leur opinion.» Le chef des troupes libérales, qui a plus à gagner qu\u2019à perdre dans ce débat, a dit à nouveau que le débat devait aborder de plein front la question de l\u2019«option», puisque «Jacques Parizeau en parle depuis 25 ans».Même s\u2019il se refuse à commenter les sondages, Daniel Johnson n\u2019a pu s\u2019empêcher hier de «constater» l\u2019effet bénéfique du gain de quelques points dans l\u2019opinion publique qu\u2019accordent les derniers coups de sonde au PLQ.Johnson «comprend» les Mohawks PAUL CAUCHON LE DEVOIR LES GRANDES PRÉOCCUPATIONS DE L'ÉLECTORAT L\u2019avenir des jeunes 79,3% Le manque de médecins en région 65 % L\u2019endettement des gouvernements 63,5 % La perception automatique des pensions alimentaires 57,6 % Les relations avec les autochtones 57,1 % Les impôts et les taxes 48,7 % La souveraineté I I I I I I du Québec 23,7 %\t;j::|I 0%\t10\t20\t30\t40\t50\t60\t70\t80 Fonction publique La performance d\u2019abord LE DEVOIR Daniel Johnson a rappelé hier au Devoir que si la sécurité d\u2019emploi des employés de l\u2019État n\u2019est pas menacée, il faut tout de même se donner des objectifs de performance dans la fonction publique, et «s\u2019inspirer des exemples les plus intéressants du privé».Ce qui doit être revu par contre, ce sont les clauses «trop rigides incrustées dans les conventions collectives» qui limitent, par exemple, le déplacement des fonctionnaires d\u2019une ville a l\u2019autre.Et l\u2019objectif de plafonner, dans les dépense^ publiques, la rémunération totale des employés de l\u2019Etat à 20 milliards de dollars demeure un absolu.L\u2019objectif de dégraissage de l\u2019appareil de l\u2019État pourrait même être bénéfique pour ceux qui restent, s\u2019il faut en croire le premier ministre: «si on réduit de 14% les effectifs de la fonction publique, on libère de 14% la masse salariale pour améliorer les conditions de travail», dit-il.Le chef du Parti libéral entend également examiner avec les employés des secteurs public et para-public les ententes sur la productivité.«Dans la santé, se demande-t-il, comment se fait-il que dans une région on trouve quatre fois plus d\u2019ablation des amygdales que dans une autre?Je ne crois pas qu\u2019il y ait tant de pathologies régionales».Daniel Johnson laisse donc entendre que l\u2019utilisation des soins de santé d\u2019une région a l\u2019autre relève de «défis de gestion majeurs» qu\u2019il faut revoir avec les fonctionnaires et les administrations publiques.Le premier ministre du Québec a fait montre d\u2019une certaine sympathie hier devant certaines revendications des Mohawks de la région montréalaise.Interrogé sur la situation à Oka, Daniel Johnson a montré du doigt l\u2019attitude de certains citoyens blancs de la région.«J\u2019ai trouvé regrettable, dit-il au Devoir, que des gens dans le coin ne comprennent pas que la terre ancestrale appartient probablement aux descendants de ceux qui sont enterrés là», une allusion aux revendications autochtones sur le cimetière.La situation générale dans les territoires Mohawks demeure «une préoccupation constante», dit-il, et les forces de l\u2019ordre doivent porter un jugement sur les différentes situations qui peuvent se produire en tenant du compte du fait qu\u2019«il y a une seule loi pour tout le monde au Québec».Interrogé sur l\u2019ensemble des revendications territoriales, M.Johnson s\u2019est montré peu loquace, faisant valoir qu\u2019à Oka, la situation est complexe parce que la répartition des terres sur le terrain est «très compliquée», et parce que la confusion règne à savoir «qui dirige quoi et qui est en charge de quoi».Mais à Kahnawake, Daniel Johnson constate que l\u2019ensemble de la population ne cherche qu\u2019à assurer l\u2019avenir économique de leur communauté.«Dans ces communautés, dit-il, il y a des familles, des enfants, il y a aussi des drogués et de la violence épouvantable, mais tout le monde veut assurer l\u2019avenir économique de la communauté.Ils cherchent comment faire reconnaître cette ambition très ordinaire et normale.Ils ont déjà emprunté des voies un peu inusitées pour nous, comme le bingo, le casino.Mais on voit qu\u2019ils ont voté non au casino, et ça c\u2019est très intéressant.Ils sont retournés à des projets de développement économique plus habituels dans nos sociétés», laissant entendre que le gouvernement doit les encourager dans cette voie.\t\t \tDaniel Johnson\tJacques Parizeau .été le plus sympathique\t\t.38,5%\t27,8 % .été le plus honnête\t\t\t 29,8\t24,9 .avancé les meilleures idées\t\t\t 27,9\t30,1 .semblé être le plus compétent\t\t.33,8\t26 .été le plus proche de vos préoccupations\t\t.30,7\t28,5 .incarné le plus le changement\t\t\t 18,4\t46,2 .tait la meilleure campagne dans l\u2019ensemble\t\t\t 26,7\t26,9 L\u2019un est sympathique, l\u2019autre incarne le changement PIERRE O\u2019NEILL LE DEVOIR Dans cette campagne électorale, c\u2019est le premier ministre Johnson qui apparaît le plus sympathique aux électeurs, qui estiment par contre que c\u2019est Jacques Parizeau qui incarne davantage le changement.Ces deux éléments de perception populaire ressortent de l\u2019enquête réalisée du 13 au 18 août par la maison SONDAGEM, auprès de 1020 répondants, pour,le compte du Devoir, du réseau TVA et du quotidien to-rontois The Globe and Mail.Invités à donner leur appréciation comparative du comportement des deux chefs politiques, les personnes interrogées ont réparti les qualités à peu près de façon égale.A leur avis: ¦ M.Parizeau est celui qui a incarné le plus le chan-gement(46.2% à 18.4%); de ceux qui ont choisi M.Parizeau, 28.8% ont déclaré leur intention de voter pour le PLQ à l\u2019élection; ¦ M.Johnson a été le plus honnête (29.8% à 24.9%); ¦ M.Parizeau a avancé les meilleures idées (30.1% à 27.9%); ¦ M.Johnson s\u2019est montré le plus compétent (33.8% à 26.0%); ¦ M.Parizeau a été le plus proche des préoccupations des gens (30.7% à 28.5%); ¦ M.Johnson a été a été le plus sympathique (38.5% à 27.8 %); ¦ M.Parizeau a fait la meilleure campagne (26.9% à 26.7%).A ce jour, la campagne électorale ne semble pas avoir suscité beaucoup d\u2019intérêt.45.4% des Québécois avouent y avoir accordé «peu» d\u2019intérêt et 19.4% «assez d\u2019intérêt».Et les vrais problèmes?D\u2019ailleurs, la majorité (54%) affirment que jusqu\u2019ici dans cette campagne on n\u2019a pas traité des vrais problèmes.Dans le prolongement de ce diagnostic, ils estiment qu\u2019on n\u2019a pas assez parlé de l\u2019avenir des jeunes (79.3%), de l\u2019emploi (62%), du manque de médecins en régions (65%), des relations avec les autochtones (57.1), des impôts et des taxes (48.7%), de l\u2019endettement des gouvernements (63.5%) et de la perception automatique des pensions alimentaires (57.6%).A propos de la souveraineté du Québec, les opinions sont partagées.On en a trop parlé (34.7%), juste assez (33.8%) et pas assez (23.7%).Iœs deux partis ont connu leur part de ratés et les sondeurs ont voulu savoir comment les électeurs y ont réagi.50.2% contre 43.4% disent avoir été «agacés» par le désaccord que certains candidats-vedettes du PQ ont publiquement exprimé sur l\u2019interprétation du programme du parti.Alors que 39.8% contre 13.7% sont demeurés «plutôt insatisfaits» des explications que le candidat libéral Yvon Charbonneau a fournies sur le règlement de ka dette d\u2019affaires.\tDU Ix> face-à-face télévisé entre les deux chefs de partis est un événement fort attendu.66.1% prévoient regarder le débat à la télévision.Quant à savoir qui en sortira vainqueur, les préférences s\u2019annulent: Jacques Parizeau (33.2%) et Daniel Johnson (32.0%).Que le débat ait lieu ou pas, c\u2019est d\u2019abord et avant tout sur le petit écran que les gens vont suivre le déroulement de la campagne pour les aider à se faire une idée définitive.57.8% identifient la télévision comme leur principale source d\u2019information, 22.% les journaux et 9.1% la radio.Enfin, les sondeurs ont voulu satisfaire leur curiosité en regard de l\u2019effet que peut avoir sur le déroulement de la campagne l\u2019intervention des chefs fédérau*.34.3% se sont dits d\u2019avis que Lucien Bouchard a nui au Parti québécois, alors que presque autant (31.6%) croient au contraire qu\u2019il a aidé la cause des péquistes.4 7 I.I! N I) I I) K V 0 I K A (I I\u2019 T I !) il I L E S A C T U A LIT E S .;;;;; ¦ \u2022 ' mmEm mim wmi wm> S$$£&ra!Xi u«ie £f«^ sf< /ktaak.J Anne Anastasi Département tic psychologic.Univcrsjic Ford hum Trail tic I i on de I Van v* >v s Gaelic.IMi.IX l hmvrsilc du Que hcc a Monintàj ^ uérin ni ver sitaire l F DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pitrre-F Côté, ( R Parce qu\u2019un vote, ça compte, Ç>lLV ^ lourtûU- dt Wk le » à \" ^fl6U Pour de plus amples renseignements,\tde l\u2019extérieur composez sans frais, de 9 h à 22 h, 7 jours par semaine:\tde Québec 1 800 461-0422 £ SX\" 528-0422 l« penomes sourde, «J , 800-537-0644 ou malentendantes ssa L\u2019un est Yougoslave, l\u2019autre est Équatorienne Les deux médecins grévistes sont prêts à aller jusqu\u2019au bout Ils jeûnent depuis quatre jours et veulent œuvrer en région C\u2019est une poupée.PHOTO JACQUES GRENIER LUCIE DUBOIS et Maurice Fiché, tous les deux du Vieux-Lon-gueuil, ont gagné hier le- prix famille du Festival du papier de Longueuil, en confectionnant une poupée de grandeur quasi-nature, à l\u2019image d\u2019un dessin esquissé par leur fille Eleanor, de 4 ans et demi.Le Festival du papier de Longueuil, qui se poursuivait toute la fin de semaine, est organisé par l\u2019Association des gens d'affaires de Longueuil, dans une tentative de rapprochement arts-affaires.En tout, 150 participants y ont présenté 55 œuvres.Et c\u2019est la Boucherie Saint-Laurent, de Longueuil, qui a gagné la mention d\u2019honneur pour son œuvre de papier, dans la section entreprise.ISBN 2-7601-3369-9 (278 p.) 35,00 $\" \u2022\tLIBRAIRIE GUERIN UNIVÉRSITAIRE-UQAM \\ 335, rue Sainte-Catherine Est\t-,\t- i\t¦ rv Montréal (Québec)\tX , ¦ F Tél.: (514) 284-2210 Télécopieur: (514) 284-1849 \u2022\t\\ \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN UNIVERSITAIRE ET COLLEGIAL \\ 168-170, rue Sainte-Catherine Est\tV Montréal (Québec) H2X1K9\t'\t\u2022\t^ \u2019 ?Tél,: (514) 861-5647 Télécopieur: (514) 861-5307 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (primaire et secondaire) 4560, rue Saint-Denis\tI I\tj Montréal (Québec) H2.I 2L3\t1-L-1-\u2014-\u2014j\u2014 Tél.: (514) 849-11,12 Télécopieur: (514) 849-6360 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (manuels d\u2019occasion) 4440, rue Saint-Denis - Montréal (Québec) H2.I 2L1-*-r\u2014 Tél.: (514) 843-6241 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (manuels et littérature) Station Métro-Longueuil Longueuil (Québec) J4K 2T4-\u2014 Tél.: (514) 677-6525 j\t,\t.Éguerm Tiiront > \u2014 -\t4501, rue Drolet L_ Montréal (Québec) H2T &G2 Canada Tél.: (514) 842-3481 _______Téléc.: (514) 842-4923\t! CAROLINE MONT PETIT LE DEVOIR Lçs deux médecins, l\u2019un Yougoslave et l\u2019autre Equatorienne, qui font la grève de la faim depuis quatre jours devant le bureau de la ministre de la Santé et des services sociaux Lucienne Robillard, pour obtenir un permis de pratique en région, ont l\u2019intention de poursuivre leur manifestation jusqu\u2019à ce qu\u2019il aient obtenu satisfaction.Les Dr Slobodan Milosevic, et Julietta Z.Petroni, arrivé,s respectivement au Canada de Yougoslavie et d\u2019Equateur il y a six et sept ans, demandent un permis au ministère de la Santé et services sociaux pour pratiquer la médecine dans une région éloignée désignée, et ce pour toute leur vie.Les deux médecins n\u2019ont pas été retenus à l\u2019examen annuel de la Corporation des médecins du Québec, qui sélectionne dix candidats détenteurs de diplômes acquis hors de l\u2019Amérique du Nord, pour pratiquer la médecine au Québec.Ils ne peuvent donc pas pratiquer la médecine sur la seule foi de leur diplôme.; .De son côté, la ministre de la Santé et des services sociaux, Lucienne Robillard, jointe au téléphone, a rappelé hier le Québec ne souffrait pas présentement d\u2019une pénurie de médecins, mais bien d\u2019un problème de répartition des effectifs.Contingement pour tout le monde A cet égard, les deux médecins grévistes, comme tous les autres représentants des médecin diplômés hors de l\u2019Amérique du Nord, sont invités à rencontrer aujourd\u2019hui le sous-ministre responsable de la planification des effectifs médicaux pour le ministère, M.Pierre Lamarche.D\u2019ailleurs, dit la ministre Robillard, le contingentement existe chez tous les aspirants à pratiquer la médecine, y compris chez les étudiants désirant entrer en faculté.«Sur 100% étudiants aptes à faire un cours de \t\t PHOTO JACQUES GRENIER Julietta Z.Petroni: un permis s\u2019il-vous-plaît.médecine, nous n\u2019en prenons que 15%», a dit Mme Robillard.Selon Mme Robillard, le Québec n\u2019est pas particulièrement dur avec les médecins immigrants détenteurs d\u2019un diplôme hors de l\u2019Amérique du Nord, puisqu\u2019il accorde 10 permis par année, et qu\u2019il entre environ 30 candidats potentiels à ces postes chaque année dans la province.Selon le Dr Julietta M.Petroni, qui affirme par ailleurs être membre du Parti libéral du Québec en cette période électorale, ils étaient environ 80 l\u2019an dernier à tenter de passer l\u2019examen de la Corporation.Selon elle, d\u2019ailleurs, l\u2019examen de la Corporation des médecins du Québec est très mal organisé, laissant la place, notamment à du plagiat, entre le premier et le deuxième groupe passant l\u2019examen.Pour sa part, Mme Robillard a mentionné hier qu\u2019une réunion de la table de planification des effectifs médicaux était prévue pour septembre.Cette table regroupe tant des représentants du Conseil médical du Québec, de la Corporation des médecins du Québec, de la Fédération des médecins spécialistes, des quatre facultés de médecine québécoises, des régies régionales et du ministère.Enfin, Mme Robillard soutient qu\u2019il est impossible pour elle de forcer qui que ce soit à demeurer en région éloignée des centres urbains à vie.En effet, la trentaine de membres de l\u2019Association des médecins québécois sans frontières dans les régions, offrent leurs services pour pratiquer dans ces régions toute leur vie.Selon Mme Robillard, les médecins diplômés hors de l\u2019Amérique du Nord, qui sont par ailleurs des citoyens canadiens, ont la même attitude que les médecins québécois, c\u2019est-à-dire qu\u2019il désirent se rapprocher des centres urbains après quelques années de service en région.Aussi, Mme Robillard se demande s\u2019il ne serait pas contraire à la Charte des droits et libertés de les forcer à demeurer à un endroit donné, ou que ceci soit conditionnel à leur droit de pratique.«Nous avons déjà des mesures pour inciter les mé.decins à aller en région éloignée», dit-elle.A ce jour, ces mesures n\u2019ont pas réussi à résoudre l\u2019ensemble des problèmes de répartition.Selon la ministre de la santé et des services sociaux, les régions du Québec sont autonomes en omnipraticiens, depuis 1994.Dans le cas de l\u2019Abitibi-Témiscamingue, Mme Robillard a rappelé qu\u2019elle venait de nommer 21 médecins pour travailler dans cette région, dont trois étaient détenteurs d\u2019un diplôme obtenu hors de l\u2019Amérique du Nord.Le virage technologique d\u2019Expro pourrait coûter cher aux employés CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Les quelque 300 employés du syndicat des employés de production et d\u2019entretien de l\u2019usine de produits chimiques Expro, de Valleyfield, ont été mis au fait hier de la possibilité que l\u2019on mette à pied une centaine de leurs collègues.Ce scénario fait partie d\u2019une série d\u2019hypothèses entourant le virage technologique d\u2019Expro, dont la production a été traditionnellement liée à l\u2019industrie militaire.Pour l\u2019année 1994 seulement, l\u2019usine a en effet déjà perdu un important contrat provenant d\u2019un client américain.Ainsi, le chiffre d\u2019affaires de la compagnie est passé de 55 millions$, qu\u2019il était l\u2019année dernière, à 51 mil-lions$ pour 1994.Les prédictions fixent à 35 mil-lions$ seulement le chiffre d\u2019affaires pour 1995, soutient par ailleurs le président du syndicat des employés de production et d\u2019entretien, M.Richard Mallette, À ce jour, la compagnie Expro s\u2019est spécialisée en poudre propulsive et en produits explosifs.Elle produit également une poudre de chasse commerciale qu\u2019elle vend sur le marché américain.Or, «le marché militaire s\u2019effondre plus vite que prévu», souligne M.Mallette, notamment depuis la chute du mur de Berlin.Aussi, ajoute-t-il, la compagnie américaine Alliant, dans un effort protectionniste, souhaite acheter l\u2019usine de production de poudre Hercules, installée aux États-Unis.Hypothèses Les employés syndiqués d\u2019Expro possèdent le tiers des actions de la compagnie depuis le mois d\u2019octobre dernier.Parmi les hypothèses de reconversion de la compagnie à des fins non-militaires, on trouve la possibilité que l\u2019usine se spécialise en production environnementale, soit en dé-contamination des sols, en recyclage des pneus usés, ou en recyclage des huiles.Selon M.Mallette, il y a à ce chapitre trois ou quatre types de production possibles.Par ailleurs, l\u2019usine de Valleyfield ne pourra effectuer ce virage sans aide gouvernementale, de poursuivre M.Mallette.Cette aide pourrait venir sous forme de subventions des gouvernements provincial et fédéral.Depuis le mois d\u2019octobre, les décisions prises par Expro doivent être consensuelles, entre le syndicat et la compagnie.Hier dimanche, la direction de la compagnie Expro n\u2019était pas disponible pour commenter l\u2019hypothèse suggérant la mise à pied de cent syndiqués.Cette hypothèse suggère également le licenciement de 15 cadres, bien que les cadres d\u2019Expro aient déjà subi leur propre restructuration au cours des derniers mois.«Les autres unités syndicales ont aussi des décisions à prendre, de dire M.Mallette, bien que la restructuration touche beaucoup plus les cadres et les employés de production et d\u2019entretien».Les avocats doivent aussi penser à leur famille Tbronto (PC) \u2014 Le plus important regroupement de juristes au Canada se targue d\u2019être à l\u2019avant-garde de l\u2019évolution sociale en prônant un traitement égal pour les avocats qui réduisent leurs heures de travail pour des raisons familiales.L\u2019Association du barreau canadien a mis un terme, hier, à une année de débats parfois acharnés en adoptant deux résolutions controversées \u2014 mais diluées \u2014 sur la discrimination à l\u2019intérieur de la profession.Ces résolutions invitent les bureaux d\u2019avocats à permettre aux avocats qui ont des enfants de réduire leurs heures de travail sans miner leurs chances d\u2019avancement ou leur droit à une rémunération «équitable».' «C\u2019est plus que ce j\u2019aurais cm pouvoir se produire en un an, a déclaré la présidente du Barreau, Mme Cecilia Johnstone.Nous sommes certainement en avance sur toutes les autres professions sur cette question.» Les bureaux d\u2019avocats ne sont pas tenus de suivre la politique adoptée par le Barreau, qui compte 34 000 membres.Mais elle aura néanmoins un certain poids moral, et pourrait exercer une influence sur les associations provinciales de juristes qui envisagent d\u2019adopter des règle ments obligeant les bureaux d\u2019avocats à appliquer ce genre de mesures, a indiqué l\u2019avocate torontoise Mary Eberts.Par le passé, des femmes pouvaient prendre un congé de maternité et à leur retour, constater qu\u2019elles avaient été reléguées à des fonctions inférieures, ou même congédiées.«Nous sommes la seule profession à avoir mené une étude nationale et un débat national de cette ampleur sur l\u2019égalité des femmes», a fait valoir Me Eberts.Les résolutions adoptées sont toutefois des versions atténuées des propositions initiales.On y indique que les congés pris pour des raisons familiales ne devraient pas normalement compromettre l\u2019admissibilité des avocats au statut d\u2019associé ni affecter leur droit à un salaire équitable.Mais la résolution laisse de côté la mention selon laquelle les bureaux auraient «l\u2019obligation légale» de s\u2019ajuster aux besoins des pères ou mères de famille à leur emploi.PHOTO ARCHIVES O J.Simpson Procès d\u2019O J.Simpson l)e l\u2019importance de l\u2019ADN Los Angeles (AP) \u2014 Les analyses du sang retrouvé sur les cadavres de l\u2019ex-femme de la star américaine O.J.Simpson et de son ami ne permettent pas de conclure avec certitude à la culpabilité du footballeur américain, accusé d\u2019être le meurtrier.En conséquence, les avocats des deux parties affûtaient leurs armes en vue d\u2019un débat, prévu pour aujourd\u2019hui!, sur l\u2019importance que revêt l\u2019ADN du sang dans cette affaire et sur la quantité de sang nécessaire pour effectuer des analyses concluantes.Seules quatre gouttes de sang ont pu être recueillies sur le lieu du crime.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST-JACQUES.MONTRÉAL, OUÉBEC H2Y 3X2 Fax: (514)845-7874 Tél : (514) 98 R»0*B*l*C Jl.i maïtiiic Ici intangilCei Bureaux de révision Du 22 au 27 août 1994, c\u2019est la révision des listes électorales.Pour exercer votre droit de vote le 12 septembre prochain, vous devez abso-lument être inscrit sur la liste électorale.1.\tConsultez la liste électorale que vous avez reçue.2.\tVérifiez si votre nom y est inscrit et bien inscrit.3.\tPour toute demande d'inscription, de correction ou de radiation de la liste électorale, vous devez vous rendre, du 22 au 27 août 1994, au bureau de révision le plus près de chez vous.4.\tUn parent, un conjoint ou une personne qui cohabite avec vous peut le faire à votre place.Vous trouverez l'adresse de ce bureau dans la liste ci-après.Le choix vous appartient.Si vous travaillez ou étudiez à l'extérieur, ou si vous séjournez dans un centre hospitalier ou un centre d\u2019accüèîl, au sens de la Loi sur les services de santé et les services sociaux, vous pouvez choisir de voter dans là-circonscription où vous résidez temporairement.Mais, attention: vous devez faire ce choix au moment de la révision des listes électorales.Les bureaux de révision sont ouverts du 22 au 27 août 1994, de 10 heures à 21 heures.Pour de plus amples renseignements, composez sans frais, de 9 h à 22 h, 7 jours par semaine: 1 800 461-0422 (sans frais) de l'extérieur de Québec 528-0422 (de la région de Québec) ATS Les personnes sourdes ou yffj malentendantes peuvent composer sans frais: BS3 ats 1 800 537-0644 eiistubi Circonscription de Acadie MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin Centre d'achats l'Acadie-Sauvé 1400, rue Sauvé Ouest, porte 1490 Tél.: 514-331-7393 \u2022\tManoir Bois-de-Boulogne 10\t005, avenue de Bois-de-Boulogne \u2022Les Habitations de Salaberry 2175, rue de Salaberry \u2022Centre hospitalier Notre-Dame-de-la-Merci 555, boulevard Gouin Ouest SAINT-LAURENT, v (partie) \u2022Foyer Saint-Laurent 1055, chemin Côte-Vertu \u2022École Henri-Beaulieu 1250, rue Chameran Circonscription de Anjou ANJOU, v \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 7440, boulevard Les Galeries-d'Anjou, porte 110 Tél.: 514-352-1534 \u2022Résidence Champlain-Anjou 6020, boulevard Joseph-Renaud \u2022\tCentre Roger-Rousseau 7501, avenue Rondeau MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tCentre Judith-Jasmin 8850, rue Bisaillon Circonscription de Bourassa MONTRÉAL-NORD, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 3925, rue Monselet Tél.: 514-326-5116 \u2022\tAréna de Montréal-Nord 11\t212, avenue Garon porte 8 MONTRÉAL,v (partie) \u2022Église Saint-Antoine-Marie-Claret 10 630, avenue Larose \u2022\tLocal commercial 2330, boulevard Henri-Bourassa Est Circonscription de Bourget MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 5878, rue Sherbrooke Est Tél.: 514-254-2959 \u2022Tour Honoré-Beaugrand 8051, avenue Souligny \u2022\tTour Longue-Pointe 6980, avenue Pierre-de-Coubertin \u2022\tCentre d'accueil Pierre-Joseph-Triest 4900, boulevard Lapointe Circonscription de Crémazie MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 9129, rue Lajeunesse Tél.: 514-383-0580 \u2022\tCentre d'accueil Edmond-Laurendeau 1725, boulevard Gouin Est \u2022\tHabitation d'Auteuil 255, boulevard Henri-Bourassa Est \u2022Habitation Saint-Firmin 2025, boulevard Henri-Bourassa Est Circonscription de D\u2019Arcy-McGee CÔTE-SAINT-LUC, c \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 5757, boulevard Cavendish porte 100 Tél.: 514-369-2320 \u2022Édifice CBC 5555-A, avenue Westminster HAMPSTEAD, v \u2022\tÉcole Hampstead 83, chemin Thurlow MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tDécor Décarie 6900, boulevard Décarie, porte 120 Circonscription de Fabre LAVAL, v (Fabreville) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 600, 3e Avenue Tél.: 514-627-0589 \u2022\tCentre communautaire Montrougeau 725, montée Montrougeau porte 19 \u2022\tPresbytère Saint-Ferdinand 3250, rue Esther (Sainte-Dorothée) \u2022Manoir du Ruisseau 400, boulevard Samson \u2022\t683-B, rue Principale (Laval-Ouest) \u2022Centre ACCES 6500, boulevard Arthur-Sauvé Circonscription de Gouin MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 1453, rue Beaubien Est 3e étage Tél.: 514-271-7729 \u2022\tLes Habitations Beaubien 525, rue Beaubien Est \u2022La Maison des Aînés 6240, avenue Christophe-Colomb \u2022Salle paroissiale Saint-Ambroise 6520, rue de Normanville \u2022Salle paroissiale Saint-Esprit 5465, 5e Avenue Circonscription de Hochelaga- Maisonneuve MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin Place Ontario 4115, rue Ontario Est porte 330 Tél.: 514-521-1594 \u2022Habitation Viauville 4920, rue Lafontaine \u2022\tHabitation Adélard-Langevin 1830, rue Saint-Germain \u2022Habitation Pierre-de-Coubertin 2600, avenue Aird \u2022\tÉglise Notre-Dame-de-l'Assomption 3201, rue Hochelaga Circonscription de Jacques-Cartier POINTE-CLAIRE, v \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 123, place Frontenac Tél.: 514-426-0967 \u2022Salle Sainte-Jeanne-de-Chantal 14, boulevard des Sources DORVAL, v \u2022Foyer Dorval 225, avenue de la Présentation \u2022Centre aquatique Surrey 1945, avenue Parkfield BEACONSFIELD, v \u2022Beaconsfield United Church 202, chemin Woodside \u2022Beaurepaire United Church 25, avenue Fieldfare Circonscription de Jeanne-Mance SAINT-LÉONARD, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 7930, boulevard Provencher Tél.: 514-376-6103 \u2022Bibliothèque municipale 8420, boulevard Lacordaire \u2022Pavillon Collerette 8120, rue Collerette \u2022Pavillon Ferland 6020, boulevard Lavoisier MONTRÉAL, v (partie) \u2022Centre éducatif communautaire René-Goupil 4105, 47e Rue Circonscription de Lafontaine MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 8906, boulevard Maurice-Duplessis Tél.: 514-494-3441 \u2022Habitation Marie-Victorin 7950, rue Jacques-Rousseau (Pointe-aux-Trembles) \u2022Centre Maria-Goretti 15 912, rue Notre-Dame Est \u2022Les Habitations Séguin 13 687, rue Forsyth (Rivière-des-Prairies) \u2022Centre communautaire R.D.P.9140, boulevard Perras Circonscription de Laporte GREENFIELD PARK, v \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 10, boulevard Churchill Tél.: 514-465-5211 \u2022Centre sportif René-Veillet 1050, rue Parklane SAINT-LAMBERT, v \u2022Aréna Saint-Lambert 616, rue Oak \u2022Salle du Club Lion 250, avenue Saint-Laurent LEMOYNE, v \u2022\tCentre Lajeunesse 120, rue René-Philippe ¦\tCe bureau de révision n'est pas accessible aux personnes handicapées ou à mobilité réduite.SAINT-HUBERT, v (partie) \u2022Centre culturel Pierre-et-Bernard-Lucas 2060, rue Holmes \u2022Club de l'Âge d'or Laflèche 1798, rue Walnut ¦\tCe bureau de révision n'est pas accessible aux personnes handicapées ou à mobilité réduite.Circonscription de Laurier-Dorion MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 110, boulevard Crémazie Ouest, porte 422 Tél.: 514-385-1068 \u2022\tPatro le Prévost 7355, avenue Christophe-Colomb \u2022\tHabitations Pontbriand 600, rue Villeray \u2022\tHabitations Hélène-Boullé 8135, rue Drolet \u2022\tHabitations Saint-Roch 400, rue Jarry Ouest \u2022\tHabitations Jean-Talon 7255, rue Durocher Circonscription de Laval-des-Rapides LAVAL,v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 400, boulevard Saint-Martin Ouest porte 100 Tél.: 514-662-1306 \u2022Centre de formation Compétences 2000 777, avenue de Bois-de-Boulogne, porte 4 \u2022\tCentre Saint-Louis-de-Montfort 25, rue Saint-Louis \u2022Résidence l'Oasis 300, place Juge-Desnoyers \u2022Centre sportif Josée-Faucher Mont Lasalle 125-A, boulevard des Prairies \u2022Centre Laval-des-Rapides 387, boulevard des Prairies Circonscription de Marguerite- Bourgeoys LASALLE, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin Centre d'achats LaSalle 7852, boulevard Champlain porte 44 Tél.: 514-364-5805 \u2022Église Marie-Mère-des-Chrétiens 1600, rue Thierry \u2022589, 43e Avenue \u20228552, rue Lemieux \u2022770, rue Maher Circonscription de Marie-Victorin LONGUEUIL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 365, rue Saint-Jean porte 113 Tél.: 514-463-2927 \u2022Place Longueuil 825, rue Saint-Laurent Ouest (aire de restaurants) \u2022Complexe sportif Longueuil inc.550, boulevard Curé-Poirier Ouest \u2022Place Sainte-Hélène 1511, rue Sainte-Hélène \u2022Maison Boulogne 2455, rue Boulogne \u2022Motel Idéal Labarre 2019, boulevard Taschereau A moins d'avis contraire figurant dans l\u2019adresse, les bureaux de révision sont accessibles aux personnes handicapées ou à mobilité réduite. I, K I) K V OIK, I- V.I, I! N I) I 2 2 AO 11 T MUM a r> L E S A C T ü A L i T E S Une tombe en Amérique ou l\u2019hommage aux immigrants irlandais Grosse Ile (PC) \u2014 La présidente de la république d\u2019Irlande, Mme Mary Robinson, a remercié le Canada pour sa compassion, hier, après avoir vu les cimetières collectifs où des milliers de ses compatriotes ont été in-hupiés, au siècle dernier.A leur arrivée en Amérique du Nord, les immigrants irlandais, qui fuyaient la Grande Famine des années 1840 en Irlande, ont été mis en quarantaine à Grosse Ile, à 45 kilomètres en aval de la ville de Québec, pour empêcher la contamination.«J\u2019étais déterminée à venir ici, quelle que soit la température», a déclaré Mme Robinson, après avoir examiné, sous une pluie froide, un monument en mémoire des morts et des médecins qui les ont soignés.Le monument rend hommage «aux 5424 personnes qui ont fui la maladie et la famine en Irlande en 1847 et n\u2019ont trouvé qu\u2019une tombe en Amérique».On estime à 15 000 le nombre total d\u2019Irlandais morts du typhus, de dysenterie et du choléra et Mme Robinson n\u2019a pas seulement évoqué leur tra-I gédie, mais aussi la générosité de ceux qui les ont aidés.«Les Canadiens, et particulièrement les Québécois, ont manifesté une extraordinaire compassion envers les Irlandais, hommes et femmes, pauvres et malades», a dit Mme Robinson après avoir déposé une gerbe de fleurs devant une énorme croix celte érigée en 1909 à la mémoire des morts.La tragédie de Grosse Ile devrait nous rappeler que la famine et la maladie continuent de sévir dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, a déclaré Mme Robinson aux 450 Irlandais et Canadiens d\u2019origine irlandaise qui se sont rendus à Grosse Ile à l\u2019occasion de sa venue.Mme Robinson a également assisté à une brève cérémonie religieuse et visité un hôpital construit pour soigner les immigrants irlandais en 1847, l\u2019année où la majorité des Irlandais sont décédés.Plusieurs personnes ont été touchées par l\u2019histoire tragique de l\u2019île.D\u2019autres ont estimé que la visite de la présidente contribuerait à soutenir les efforts engagés pour la préservation de Grosse Ile comme monument en mémoire de la tragédie, à l\u2019approche du 150e anniversaire de la Grande Famine.Plusieurs membres de la communauté canado-irlandaise avaient été indignés par le projet de faire de l\u2019île ce qu\u2019ils considéraient comme un parc thématique sur l\u2019immigration.Le ministre du Patrimoine Michel Dupuy a récemment annoncé que le passé tragique de l\u2019île et son caractère irlandais seraient pleinement expliqués dans le cadre du plan qui vise à faire de Grosse Ile un site historique national.imm wife Mary Robinson: «J\u2019étais déterminée à venir ici.» PHOTO PC Bureaux de révision Circonscription de Marquette LACHINE, v \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 50, 15e Avenue Tél.: 514-637-3384 \u2022Église Saint-Paul 377, 44e Avenue \u2022Centre d'accueil de Lachine 650, place d'Accueil \u2022Centre Albert-Gariépy 800, rue Sherbrooke LASALLE, v (partie) \u2022École Sainte-Catherine-Labouré 441, rue Trudeau SAINT-PIERRE, v \u2022École Martin 29, 2e Avenue (entrée du gymnase) Circonscription de Mercier MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 4410, boulevard Saint-Laurent Tél.: 514-288-0513 \u2022Habitations Émile-Nelligan 5230, rue Saint-Dominique \u2022Habitations Lanaudière 1315, rue Gilford \u2022Résidence Jean-de-la-Lande 4255, avenue Papineau \u2022\tCentre d'accueil Chevalier-de-Lorimier 4625, avenue de Lorimier Circonscription de j Mille-Îles____________________ LAVAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 4490, boulevard de la Concorde Est Tél.: 514-664-0842 \u2022\tCentre communautaire Auteuil 6200, boulevard des Laurentides, porte 112 \u2022Résidence Les Écores 1800, boulevard Cartier Est \u2022\tPavillon du boisé Papineau 3235, boulevard Saint-Martin Est, porte 207 \u2022\tC.L.S.C.des Mille-Îles 8524, boulevard Lévesque Est \u20226095, boulevard des Mille-Îles Circonscription de Mont-Royal MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 6655, chemin de la Côte-des-Neiges porte 300 Tél.: 514-738-3220 \u2022\tCentre hospitalier des convalescents de Montréal 6363, chemin Hudson (bibliothèque) \u2022\tAcadémie Shadd 4810, avenue Van Horne MONT-ROYAL, v \u2022Centre d'hébergement Mont-Royal 275, avenue Brittany \u2022École Algonquin 555, avenue Mitchell Circonscription de Nelligan PIERREFONDS, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 4795, boulevard Saint-Charles Tél.: 514-626-0571 \u2022Bibliothèque de Pierrefonds 13 555, boulevard Pierrefonds (entrée principale) \u2022Centre communautaire de l'Ouest Parc Grier 17 760, rue Meloche SAINTE-ANNE-DE-BELLE-VUE, v \u2022Hôpital Sainte-Anne 305, boulevard Saint-Pierre 2e étage SAINT-RAPHAËL-DE-L'ÎLE-BIZARD, p \u2022\tChalet de l'Association de l'Âge d'or 571, rue Cherrier Ouest Circonscription de Notre-Dame- de-Grâce MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 3285, boulevard Cavendish porte 100 Tél.: 514-488-6550 \u2022\tRésidence Montclair 4413, avenue Montclair \u2022Association montréalaise pour les aveugles 7010, rue Sherbrooke Ouest \u2022Y.M.C.A.de Montréal 4335, avenue Hampton \u2022\tCentre MacKay 3500, boulevard Décarie Circonscription de Outremont MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin Centre professionnel Snowdon 4950, chemin Queen Mary porte 340 Tél.: 514-344-2080 \u2022\tLocal commercial 5999, avenue du Parc \u2022Centre hospitalier St.Mary 3830, rue Lacombe OUTREMONT, v \u2022Manoir Outremont 1000, avenue Rockland (hall) \u2022Chalet du parc Beaubien À l'angle de la Côte-Sainte-Catherine et de l'avenue Stuart Circonscription de Pointe-aux-Trembles MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 12 125, rue Notre-Dame Est Tél.: 514-640-1883 \u2022Domaine Bonneville 300, terrasse Jacques-Léonard \u2022Centre Madzarello Mission Dominic-Savio 9181, rue Sainte-Claire \u2022 Église Saint-Marcel 1630, boulevard Saint-Jean-Baptiste \u2022Local commercial 8720, rue Hochelaga Circonscription de Robert-Baldwin DOLLARD-DES-ORMEAUX, v \u2022.Bureau principal du directeur du scrutin 4583, boulevard des Sources Tél.: 514-421-7381 \u2022Chalet Coolbrooke 260, rue Spring Garder \u2022Chalet Westminster 531, rue Westminster \u2022Chalet Westwood 45, rue Thornton PIERREFONDS, v (partie) \u2022St.Genevieve United Church 4697, boulevard Saint-Jean \u2022St.Barnabas Anglican Church 12 301, rue Colin Circonscription de Rosemont MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 2950, rue Masson porte 301 Tél.: 514-374-3643 \u2022Habitation Richard-Angus 3451, avenue du Mont-Royal \u2022Habitation Lafond 3505, rue Laurier \u2022Habitation Marie-Rollet 6556, 26e Avenue \u2022Habitation Rosemont 3855, boulevard Rosemont Circonscription de Saint-Henri -Sainte-Anne MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 2485, rue Centre Tél.: 514-932-0089 \u2022C.R.C.S.Saint-Zotique 75, square Sir-Georges-Étienne-Cartier \u2022Centre de santé de Saint-Henri 5205, rue Notre-Dame Ouest Circonscription de Saint-Laurent SAINT-LAURENT, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 5255, boulevard Henri-Bourassa Ouest Tél.: 514-331-3910 \u2022\t1865, rue Laval \u2022\tSt.Mark's Anglican Church 1650, rue Decelles ¦\tCe bureau de révision n'est pas accessible aux personnes handicapées ou à mobilité réduite.\u2022École Gardenview 700, rue Brunet MONTRÉAL, v (partie) \u2022Transfiguration of our Lord Parish 11 775, rue Filion ¦\tCe bureau de révision n'est pas accessible aux personnes handicapées ou à mobilité réduite.\u2022\tÉglise Notre-Dame-du-Bel-Amour 7050, boulevard Gouin Ouest Electoral division of Sainte-Marie-Saint-Jacques MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tMain office of the Returning Officer 1001, boulevard de Maisonneuve Est, 4e étage Tél.: 514-521-2022 \u2022Les Habitations Terrasse Ontario 1100, rue Sherbrooke Est \u2022Les Habitations de Maisonneuve 2485, boulevard de Maisonneuve Est \u2022Les Habitations Jeanne-Mance 100, rue Ontario Est \u2022Collège Ville-Marie 2600, rue Wurtele Circonscription de Sauvé MONTRÉAL-NORD, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 6460, boulevard Henri-Bourassa Est Tél.: 514-323-0457 \u2022\t5037, rue Perras \u2022\tCentre de loisirs 11 121, rueSalk \u2022\tÉglise Sainte-Colette 11\t905, boulevard Sainte-Colette (entrée rue Claude-Legault) \u2022\tAréna Henri-Bourassa 12\t000, boulevard Rolland \u2022\tChâteau Beaurivage Phase II 6880, boulevard Gouin Est Circonscription de Taillon LONGUEUIL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 2160, chemin du Tremblay porte 100 Tél.: 514-448-3762 \u2022Manoir Trinité 15, rue Pratt \u2022Centre d'accueil Mgr-Coderre 2761, rue Beauvais \u2022Centre d'accueil René-Lévesque 1901, rue Claude \u2022École Carillon 1360, rue Laurier \u2022École Christ-Roi 3000, rue Dumont Circonscription de Verdun VERDUN, v \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 4555, rue de Verdun Tél.: 514-766-1824 \u2022Édifice Sons of Scotland 1610, rue Stephens \u20225751, rue de Verdun \u20225255, rue Wellington \u20223683, rue Wellington \u2022\tCentre communautaire de l'île-des-Soeurs 260, rue Elgar Circonscription de Viau MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 8920, boulevard Pie-IX 1er étage, porte 101 Tél.: 514-326-3282 \u2022Habitations des Carriers 8605, boulevard Saint-Michel \u2022\tRésidence Emmaüs 9400, rue Irène-Joly \u2022Résidence Laure-Conan 3000, rue Jean-Talon Est \u2022\tRésidence Christophe-Colomb Pavillon Dorion 1360, rue Jean-Talon Est Circonscription de Viger SAINT-LÉONARD, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 7373, boulevard Langelier (entrée des cinémas) Tél.: 514-253-3203 \u2022Presbytère Saint-Gilbert 5420, rue Angevin MONTRÉAL, v (partie) \u2022\tMa Maison Saint-Joseph 5605, rue Beaubien Est \u2022\tCentre Alphonse-Desjardins 6755, 36e Avenue Circonscription de Vimont LAVAL, v (partie) \u2022\tBureau principal du directeur du scrutin 76, boulevard Bellerose Est Tél.: 514-667-0302 \u2022\tÉcole L'Odyssée-des-Jeunes 4600, rue Cyrille-Delage \u2022\tÉcole Sainte-Béatrice 5409, rue Prince-Rupert \u2022École Villemaire 211, boulevard Sainte-Rose \u2022Centre communautaire de Vimont 1900, rue Bédard, porte 10 \u2022\tCentre Communautaire Renaud 1885, avenue Dumouchel porte 206 \u2022Centre communautaire Champs-Fleury 2585, boulevard des Oiseaux Circonscription de Westmount -Saint-Louis MONTRÉAL, v (partie) \u2022Bureau principal du directeur du scrutin 550, rue Sherbrooke Ouest, tour ouest, porte 1075 Tél.: 514-288-0483 \u2022Foyer Laurentien 2165, rue Tupper \u2022\tY.M.C.A.1450, rue Stanley \u2022\tC.E.D.A.2515, rue Delisle WESTMOUNT, v \u2022Centre communautaire Greene 1090, avenue Greene \u2022\tChâteau Westmount 4860, boulevard de Maisonneuve Ouest À moins d'avis contraire figurant dans l'adresse, les bureaux de révision sont accessibles aux personnes handicapées ou à mobilité réduite.\u2022Habitation de l'Église 1980, rue Galt \u2022Église Saint-Jean-de-Matha 6841, rue d'Aragon (sous-sol) LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Pierre-F.Côte, C.R Parce qu\u2019un vote, ça compte L E I) E V 0 I H .\t1, E LUNDI 2 2 A 0 fl T I !» !» I Le nouveau désordre terroriste Sylviane T r a m i e r Carlos la semaine dernière est un événement qui fera date dans l\u2019histoire de la sur le terrorisme?Rien n\u2019est moins sûr.L\u2019arrestation du mythique lutte contre le terrorisme.Est-ce une victoire décisive arlos, comme le Chacal du roman de Forsyth, est une figure d\u2019époque.L\u2019homme emprisonné à Paris est une survivance de la guerre froide, et du compagnonnage idéologique, aujourd\u2019hui révolu, entre le marxisme et le terrorisme arabe.Carlos sous les verrous: l\u2019image frappe l\u2019esprit.Tout comme, il y a près de deux ans, celle, derrière les barreaux, d\u2019Abimaël Guzman, dit présidente Gonzalo, leader du mouvement terroriste péruvien Sentier Lumineux.Ces deux hommes, l\u2019un mercenaire, l\u2019autre chef de guerre, ont entretenu longtemps chez leurs sympathisants, chacun à sa manière, un fort culte de la personnalité, nimbé d\u2019un mystère qui les faisait croire invincibles.L\u2019insaisissable Carlos, l\u2019introuvable Gonzalo.Leur chute à tous deux fait voler le mythe en éclats.Dans le cas de Carlos cependant, la chute vient tard.Le mythe était déjà usé.L\u2019homme était à la retraite depuis plus de 10 ans.Ce n\u2019est pas un tueur à gages en exercice qui a été mis aux arrêts, mais un terroriste sur la touche.Si l\u2019on se fie aux spécialistes de la question, Carlos n\u2019aurait, par exemple, rien à voir avec les attentats terroristes des dernières années, contre le World Trade Center à New York, en mars 1993, contre une organisation juive à Buenos Aires, en juillet dernier.Le terrorisme proche-oriental n\u2019est pas mort, et l\u2019arrestation de Carlos n\u2019y mettra pas un terme.Mais ses fondements idéologiques ont quelque peu changé.Carlos, de son vrai nom Ilitch Ramirez Sanchez, le prénom du terroriste le plus recherché de la planète, emprunté à Lénine, fournit une des clefs du personnage.Né dans une famille vénézuélienne aisée et communiste, il reçoit, comme ses frères Lénine et Wladi-mir, une bonne éducation dans des écoles de Londres.H fréquente ensuite l\u2019université Patrice-Lu-mumba de Moscou et revient ensuite à Londres mener une vie de militant communiste et de fêtard.Il est alors un habitué des discothèques à la mode et des réceptions d\u2019ambassade.Quand il se met au service de ce qu\u2019il était convenu d\u2019appeler «la cause palestinienne», il apporte avec lui un bagage doctrinaire marxiste qui coïncide à ce moment-là avec la philosophie des révolutionnaires du monde arabe.L\u2019analyse marxiste et anti-colonialiste, et plus généralement l\u2019adhésion aux thèses révolutionnaires occidentales prévalaient alors dans le Tiers Monde.La génération de Carlos, à l\u2019exemple de son maître à penser Georges Habache, chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), professait un nationalisme anti-impérialiste d\u2019obédience marxiste.Il est à noter que la plupart des terroristes arabes de la cause palestinienne appartenaient à la minorité chrétienne.Cela, c\u2019était avant que l\u2019intégrisme islamique ne prenne le relais et ne devienne à la fois le nouveau ferment et la nouvelle bannière de la révolution dans les pays arabes.Que Carlos ait été livré par le Soudan, vraisembla- blement avec l\u2019assentiment des mouvements islamiques radicaux de la région, n\u2019est pas sans soulever un certain nombre de questions.Le Soudan vient d\u2019être ajouté, en août 1993, à la liste dressée par les Etats-Unis des pays qui encouragent et pratiquent le terrorisme.Le régime militaro-islamiste au pouvoir à Khartoum a rejoint sur cette liste la Libye, l\u2019Iran et la Syrie.Le lâchage de Carlos par ses anciens protecteurs et clients ne veut pas dire que ceux-ci renoncent désormais au terrorisme.C\u2019est plutôt un signe des temps.Le moment était venu de se débarrasser d\u2019un hôte encombrant et cela d\u2019autant plus aisément qu\u2019il était dépassé.Le trop voyant, le trop flamboyant Carlos, grand amateur de whisky, cadrait mal avec la nouvelle orthodoxie islamiste.Question de style et de génération, plutôt que de méthode.À l\u2019opposé des Baader et des Carlos, marxistes, athées, tentés par le vedettariat, les terroristes du Proche-Orient aujourd\u2019hui sont des anonymes, strictement religieux, des fous de Dieu.Le terrorisme islamiste n\u2019a que faire de mercenaires.Il a des combattants aveuglément dévoués, prêts au sacrifice.On impute à Carlos la mort de plus de 80 personnes.Qu\u2019il soit traduit devant la justice est une bonne chose.Mais il ne faut pas trop attendre du procès \u2014 s\u2019il a lieu \u2014 d\u2019un homme comme Carlos, qui incarne le passé.S\u2019il fait des révélations, elles pourront certes éclairer un pan de l\u2019histoire récente, mais il est peu vraisemblable qu\u2019elles servent à identifier les auteurs des derniers attentats terroristes ou qu\u2019elles permettent de prévenir des attentats en préparation.Il y a longtemps qu\u2019il n\u2019y a plus de «réseau Carlos» à démanteler.Dans les prisons françaises, Carlos va rejoindre un certain nombre de terroristes condamnés à de lourdes peines de prison.Notamment Georges Ibrahim Abdallah, responsable présumé des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), mis en cause dans le meurtre des diplomates américain Charles Ray et israélien Yacov Barsimantov à Paris, en 1982; et Fouad Ali Saleh, Tunisien, chef d\u2019un réseau Hezbollah pro-iranien, tenu pour responsable de la série d\u2019attentats qui s\u2019est produite à Paris en 1985 et 1986.Mais des figures notoires du terrorisme arabe, de la vieille école ou de la nouvelle vague, sont recherchées par plusieurs polices et courent encore: Abou Nidal, dirigeant du Fatah, présumé responsable d\u2019attentats aux aéroports de Vienne et de Rome; Abou Daoud, un des derniers responsables encore en vie de l\u2019organisation «Septembre Noir», présumé responsable du massacre de 17 athlètes israéliens aux jeux Olympiques de Munich.L\u2019ancien chef des services secrets français, Alexandre de Marenches, un expert en matière de terrorisme, faisait remarquer que l\u2019arrestation de Carlos mettait un point final au terrorisme «marxi-sant».Mais il souligne qu\u2019à son avis une véritable mutation du terrorisme international est en cours.Pour reprendre ses propres mots: «Le terrorisme a un grand avenir, mais il ne s\u2019appellera plus Carlos.» Les fondements idéologiques du terrorisme proche-oriental ont changé.La science impuissante Le XXe siècle a été celui de l\u2019industrie.Il a été également celui de la science.Les sciences physiques, humaines et médicales allaient, pour plusieurs, remplacer la religion, la morale et la foi.Nous voilà à la fin de ce siècle et nous sommes forcés d\u2019admettre les limites de ces institutions de la rationalité.L\u2019industrie, partenaire de la science, a propulsé des mégatonnes de polluants dans l\u2019environnement.Un nombre inestimable d\u2019espèces de plantes et d\u2019animaux sont disparues à jamais.L\u2019humanité est lourdement touchée: des millions de personnes meurent chaque année du cancer.Les années passent et puis les décennies et le nombre de cas augmente de façon parabolique pour ne pas dire diabolique.Bientôt, le cancer sera la principale cause de mortalité.La science médicale progresse, mais beaucoup moins rite que le nombre de cas.Et les moyens financiers nécessaires à l\u2019application de la science médicale deviennent astronomiques, Les Etats ne peuvent plus suivre l\u2019augmentation des coûts.L\u2019empire techno-industriel est en train de perdre la guerre au cancer qu\u2019il a lui-même engendrée.Le sida est une maladie virale.C\u2019est aussi une maladie comportementale.La promiscuité sexuelle a engendré une explosion des maladies vénériennes.Pendant un temps, la médecine.LETTRES -4- avec des doses massives d\u2019antibiotiques, a exercé un certain contrôle sur ces maladies.Aujourd\u2019hui, il me faudrait des pages pour nommer et décrire l\u2019ensemble des maladies vénériennes répertoriées.Certaines souches deviennent si résistantes qu\u2019elles nécessitent un arsenal d\u2019antibiotiques de plus en plus sophistiqués et coûteux.Mais le monstre en ce domaine s\u2019écrit en quatre lettres, sida.La médecine s\u2019y casse les dents.Le dernier congrès a exprimé l\u2019impuissance du corps médical.C\u2019est l\u2019étoile de la science qui pâlit.Cette science qui devait tout régler, cette science dont on a fait un dieu.La crise n\u2019est pas qu\u2019économique.Elle est profonde, morale.Et la science n\u2019y peut plus grand-chose.François Beaulé Montréal, 9 août 1994 Les électeurs apprentis sorciers La persistance des Québécois à vouloir voter pour le PQ et à se dire en même temps contre la souveraineté a toutes les apparences d\u2019un double jeu délibéré.Certains électeurs (peut-être assez nombreux pour faire la différence entre un gouvernement péquiste et libéral) voudraient-ils profiter de l\u2019occasion pour donner des sueurs froides au reste du Canada, pour lui rendre la monnaie de sa pièce après l\u2019échec de l\u2019Accord du lac Meech?D\u2019autres entretiendrâient-ils la douce assurance de pouvoir dire non à un éventuel référendum, ce qui rendrait inoffensive l\u2019élection d\u2019un gouvernement péquiste?Aucun doute que ces motifs font partie du raisonnement de plusieurs électeurs.Il suffit d\u2019être un peu attentif pour s\u2019en rendre compte.Mais la situation n\u2019est-elle pas tendue pour se permettre ainsi des impertinences?Le PQ lui-même n\u2019entend pas être dupe du double jeu des Québécois.Ses ténors prennent grand soin de répéter toutes les fois qu\u2019ils en ont l\u2019occasion que l\u2019élection d\u2019un gouvernement du Parti québécois permettra d\u2019enclencher le processus d\u2019accession à la souveraineté, que le PQ est souverainiste pour l\u2019éternité et qu\u2019un «non» à un éventuel référendum serait pour le Québec une catastrophe aussi grande que la collision avec une comète géante: le Québec n\u2019en sortirait pas plus affaibli.On se promet d\u2019entraîner les Québécois sur une pente irréversible.Il n\u2019y aura pas d\u2019autres occasions, alors celle-ci doit être la bonne, se dit-on avec impatience au PQ.Les autres Canadiens, pour leur part, sont à ce point exaspérés qu\u2019ils pourraient perdre les pédales et pousser les Québécois dans la même direction que le PQ, quitte à y perdre un idéal et beaucoup de leur orgueil.Cette fois, c\u2019est sérieux.Les électeurs apprentis sorciers qui continuent de croire aux vertus du double jeu pourraient déclencher des événements irréversibles.Les dés rouleront pour ceux qui jouent sans rire.Que pourrons-nous faire ensuite, si ce n\u2019est constater les dégâts et chercher à refaire l\u2019histoire?Jean-Philippe Savard Montréal, 5 août 1994 ItS\t] ?b&T\\ c\u2019esT ?&RT\\ AUJE.Z-Y /SSL m v fÀ Les pères et la révolution REPRIS]* m Ml - #* 'SS \u2018¦n Gatineau, le 17 août 1994 Chère Ariane, ous écririez la dernière fois: «A tout âge, les femmes ont besoin du soutien des hommes même s\u2019ils ne sont plus leurs amoureux, jamais de leur rejet humiliant (.), mais pourquoi si peu de gestes responsables?» Pourquoi?V A R I A N DENIS La réponse courte à cette question équivaudrait à prononcer, encore une fois, le verdict d\u2019irresponsabilité généralisée des hommes en ce qui a trait à l\u2019éducation des enfants ou, plus largement, aux tâches de maternage et de soutien qui ont recouvert longtemps l\u2019identité sociale des femmes.Hélas, l\u2019anarchie des comportements individuels a suffisamment établi l\u2019égoïsme foncier des pères délinquants pour qu\u2019il soit nécessaire d\u2019en rajouter; pensons au dossier des pensions alimentaires.Pour arriver à comprendre un peu mieux ce que le sens commun ne cesse de marteler, il faut reposer le problème autrement, me semble-t-il.Au risque de passer pour un méchant moraliste, j\u2019ai le goût de reprendre le débat sur les valeurs, ce tabou que notre société libérale est incapable de repenser civiquement depuis l\u2019avènement des lobbys corporatistes.Que voulons-nous au juste comme société?Qu\u2019est-ce qui est impor-\t?tant à la fin?Dans l\u2019ordre des besoins primordiaux de la personne, que doit-on privilégier: l\u2019autoroute électronique ou les garderies?Il faudrait cesser de se compter des histoires quand même.Le problème de la justice sociale qu\u2019on aurait voulu garder dans la sphère privée est désormais un problème de société.L\u2019incurie de l\u2019État, malgré de notables progrès et de viçieuses avancées électoralistes, a fait son temps.L\u2019État, ça reste, jusqu\u2019à preuve du contraire, le «moins pire» moyen d\u2019arbitrer socialement le balancier de la solidarité sociale et de la liberté individuelle.Qu\u2019on se branche à la fin! S\u2019il est vrai que nous désirons une société égalitaire garantissant à nos enfants une éducation saine, un environnement stimulant et sécurisant, pourquoi acceptons-nous que 20% d\u2019entre eux croupissent dans l\u2019indigence, l\u2019abus sexuel et le décrochage scolaire?S\u2019il est vrai que l\u2019entrée des femmes sur le marché du travail représente le signe évident d\u2019un développement social, un mûrissement de la civilisation, une condition de l\u2019accroissement des richesses collectives, pourquoi tolère-t-on que cela se fasse dans des conditions qui limitent, à toutes fins pratiques, la fin poursuivie?Pourquoi traite-t-on les femmes comme des «travailleurs» interchangeables dont la carrière est soumise au «risque» d\u2019une grossesse (30% des femmes sont syndiquées après tout)?Pourquoi les lois du travail ne sont-elles pas réformées depuis que les familles comptent désormais sur deux revenus pour vivre?Si on se ronge tant les ongles sur la dénatalité, pourquoi ne cesse-t-on pas de considérer les femmes comme les seules responsables du maternage pour instaurer, enfin, des congés de paternité dignes de ce nom?Pourquoi une femme doit-elle courir après sa pension alimentaire jusqu\u2019à démissionner, si on dit que les enfants, c\u2019est important?Qui écope du fait de cette hypocrisie sociale?Si on ne veut pas que nos enfants décrochent de tout à l\u2019adolescence, il faut, au contraire, les accrocher à la vie dès leur arrivée.Pas facile d\u2019écrire là-dessus.Denis Montréal, le 19 août 1994 Très cher, il otre réflexion sur les valeurs me ramène à une Vidée qui m\u2019obsède: le rôle capital des pères' dans l\u2019émergence d\u2019qne société plus juste et plus agréable à vivre.Êtes-vous conscients que vous avez entre les mains la possibilité de changer le monde?Si les «lobbys corpora- f tistes» ont leur poids d\u2019influence, les individus peuvent aussi faire ce qu\u2019il faut pour incruster d\u2019autres valeurs dans l\u2019intimité des foyers, au travail, au sein des réseaux qui tissent nos ries.Le jour où les pères abattront vraiment la moitié du travail d\u2019éducation des enfants et ce, depuis leur naissance, prenant le temps de leur transmettre des valeurs pacifiques, des valeurs d\u2019autonomie; exigeant des garçons de respecter et de défendre leurs soeurs comme eux-mêmes; exigeant des soeurs de respecter et d\u2019appuyer leurs frères; partageant avec les mères les joies et les souffrances de pareil engagement; permettant aux femmes de se départir de la moitié du fardeau; révolutionnant, du fait même, le modèle millénaire de la maternité comme prétendu lien supérieur, privilégié (et ô combien piégé) entre les petits et leurs mères; ce jour-là, les hommes montreront qu\u2019ils veulent une société assise sur d\u2019autres valeurs que celles qui comptent aujourd\u2019hui.Des valeurs de solidarité, de partage plutôt que de domination et d\u2019exclusion.Les inconséquences que vous soulevez entre le discours sur l\u2019urgence de valeurs humanistes et la réalité crue, autrement éloquente, questionnent la place que la société reconnaît aux parents \u2014 et que les pères eux-mêmes acceptent de prendre face aux enfants.L\u2019immense majorité des travailleurs sont des pères.Quand les a-t-on entendus revendiquer ou offrir des conditions de travail qui permettent de donner à leurs enfants le temps qu\u2019ils méritent?N\u2019y a-t-il pas des pères à tous les échelons du pouvoir?Bien sûr, il y a beaucoup de mères qui font sentir aux hommes leur manque de talent, ou carrément leur incompétence, ne réalisant pas, ma foi, qu\u2019elles se tirent dans le pied.Mais il y a surtout beaucoup trop d\u2019hommes qui ont le tort de laisser toute la place aux femmes.Et, quant à moi, leur réserve n\u2019est pas si innocente.Souvent, cette politique de non-ingérence (!) cache une vraie résistance et du ressentiment face à celles qui veulent partager le monde avec eux et les responsabilités du pouvoir.La meilleure manière de ralentir la révolution des rôles, c\u2019est de laisser faire et de laisser croire que les mères sont les maîtres d\u2019œuvre de l\u2019éducation.Jamais on n\u2019accouchera d\u2019un nouveau monde sans le concours des pères patemants.Quand ils choisiront de consacrer le temps qu\u2019il faut à l\u2019éducation et à l\u2019intendance des enfants, quand, par millions, ils verront qu\u2019ils sont devenus des travailleurs moins prisés et plus «interchangeables» parce qu\u2019ils ont choisi ou sont obligés de s\u2019occuper de leurs petits, on les entendra peut-être hausser le ton collectivement pour exiger plus de justice et de respect, moins de compétition et de concurrence sauvages.Malgré une minorité de précurseurs qui joue un rôle plus actif et une infime proportion qui partage vraiment la responsabilité entière, l\u2019engagement des pères est encore dérisoire, congru, et va rarement de soi.Là comme ailleurs, la rhétorique est plus édifiante que la réalité qui, elle, fait hurler.Lentement, je sais, nous progressons.Un dernier mot pour vous dire qu\u2019un colloque prometteur s\u2019organise là-dessus les 24 et 25 octobre prochain, à l\u2019Université de Montréal: «Pères à part entière».J\u2019irai, c\u2019est certain.Et vous?Ariane LE DEVOIR FONDÉ PAR BENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS THOUIN Directeur de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCH CÔTÉ Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, CHRISTINE IIOIIDE 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.TéI.: (51 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) K V 0 I It .I.K I.Il X I) I 2 2 A (I fl T I !l !l I TD E E S HAÏTI Victime de la démocratie à l\u2019américaine Pendant 34 mois, un embargo passoire a permis aux militaires dominicains et haïtiens de s\u2019enrichir grâce au trafic de produits divers PHOTOS AP RENÉ SOLER, S P I R I TA I N L\u2019auteur travaille avec les Haïtiens, en Haïti et dans la diaspora, depuis 25 ans.epuis 1986, nous avons pu assister à cette lutte du peuple haïtien pour instaurer plus de justice et de liberté dans ce pays.Nous avons assisté aux nombreuses manifestations de 1987 à 1990 où des milliers de personnes, écrasées depuis deux siècles par les différentes oligarchies héritées du système colonial, ont osé affronter la mitraille.Le 7 février 1991, nous avons chanté et dansé avec le peuple, lors de l\u2019instauration du nouveau régime démocratique, incarné par Jean-Bertrand Aristide.Nous avons constaté aussi les nombreux obstacles à l\u2019instauration d\u2019une véritable société démocratique, durant ces huit mois de pouvoir.Le 30 septembre 1991, nous avons crié de rage lorsque nous avons appris que les forces impérialistes \u2014 américaines et haïtiennes \u2014 avaient stoppé dans le sang ce processus de libéralisation.Parler de lutte armée?Depuis 34 mois, nous assistons, impuissants, au massacre systématique d\u2019un peuple qui avait cru au message des évêques, leurs patrons, message qui l\u2019avait encouragé dans la lutte contre le régime duvaliériste.Nous dénonçons ce massacre d\u2019innocents «qui aspirent à la justice et à la vérité».Nous entendons et enregistrons les témoignages des victimes de la répression et, en particulier, celui des femmes et des petites filles violées par cette horde macoute, formée par les spécialistes américains de la lutte antiguérilla.Mais, en Haïti, la seule force ar- mée dont nous disposons est celle des militaires formés à Fort Benning, E.-U., munis d\u2019un armement suffisamment sophistiqué pour massacrer à Raboteau, ou Bergne, ou à Chantal, lieux des dernières tueries provoquées par une soi-disant guérilla.Mais, dans le monde actuel où le pouvoir unique se trouve au Pentagone, qui, dans un si petit pays, oserait parler de lutte année?Personne! Pas les moyens de se nourrir Depuis 34 mois, nous constatons un embargo passoire qui permet aux militaires dominicains et haïtiens de s\u2019enrichir grâce au trafic d\u2019essence et de produits divers nécessaires à la prospérité des oligarques en place.Le coût de la vie a quadruplé en quelques mois et le peuple n\u2019a plus les moyens de se nourrir.Ira communauté internationale nous arrive chaque jour avec son aide humanitaire qui pourrit sur le port de Port-au-Prince.Raison invoquée: pas d\u2019essence pour le transport en province.Vu de l\u2019extérieur, le chaos haïtien est total.Mais il convient de se demander si, derrière ce charivari meurtrier, ne se cache pas une logique implacable, une machinerie bien huilée, mise au point depuis longtemps déjà par le Pentagone, la CIA, le FBI.et une partie de la Maison-Blanche.¦\tCe que pensent les ennemis de l\u2019intérieur et de l\u2019extérieur, c\u2019est qu\u2019il faut à tout prix empêcher le retour de Jean-Bertrand Aristide, adepte de la théologie de la libération, gauchiste, populiste dangereux! De plus, ce pays n\u2019étant pas capable d\u2019instaurer la démocratie (la preuve: l\u2019échec de ces huit mois de gouvernement), il faut maintenir un régime fort, qui saura contrôler cette population analphabète qui a la prétention de savoir voter.¦\tIl faut instaurer ce gouvernement fort, changer les trois putschistes actuels, qui ont un peu trop de sang sur les mains, et mettre d\u2019autres militaires à leur place.Ce sera chose simple, les candidats ne manquent pas! Pour la galerie, il y aurait un gouvernement de «Concorde»: macoutes plus néomacoutes plus délégués des oligarchies.Ainsi, la communauté internationale serait satisfaite.L\u2019armée garderait effectivement le pouvoir et la répression pourrait continuer comme avant.¦ Puis, il faut consolider un système économique d\u2019apartheid; et pour cela, écraser tout d\u2019abord le fragile équilibre économique qui permettait au peuple haïtien de subsister et à la petite classe moyenne de croire qu\u2019elle jouissait d\u2019un certain pouvoir.La passoire de l\u2019embargo a permis l\u2019étouffement progressif afin d\u2019éviter tout soulèvement populaire.L\u2019économie informelle est devenue ainsi le masque à oxygène qui nous a permis de tenir malgré tout.Tout est prêt maintenant afin qu\u2019Haï-ti entre à son tour dans le nouvel ordre mondial, dans le système libéral imposé par les Chicago Boys et les businessmen américains.¦ Finalement, il faut mettre sous tutelle ce pays des Caraïbes, en attendant de reprendre le contrôle total de Cuba.La région sera alors démocratisée, puisque Ba-laguer sera bientôt proclamé président, en république Dominicaine, pour la huitième fois! Pour Haïti, normalement, l\u2019invasion brutale ne sera pas nécessaire, sauf si les barons de la drogue refusent les conditions du plan de Washington; ou encore, si le flot des boat people devient trop important.Nous, nous restons sur le sol haïtien, ni sourds, ni aveugles, mais lucides.Une question toujours nous revient, une question lancinante que se pose tout le peuple haïtien: «Pourquoi et comment la communauté internationale peut-elle consentir à l\u2019aveuglement dans lequel elle persiste?Pourquoi et comment les peuples amis d\u2019Haïti peuvent-ils accepter les mensonges de l\u2019establishment américain?La création d\u2019emplois destinés aux prestataires de la sécurité du revenu Dix ans d\u2019infamie La prochaine décennie pourrait bien placer un devant l'insoutenable: un régime étatique nombre important de chômeurs et de travailleurs de travail forcé ou de discrimination sociale ANDREW SAVAGE M.Sc.sociologie l :\téjà une décennie qu\u2019Ottawa Det Québec collaborent afin d\u2019encourager la réadaptation sociale ou l\u2019intégration au marché des emplois des l\u2018- ¦ , prestataires de la sécurité du revenu aptes au travail.Nous constatons aujourd\u2019hui que les interventions gouvernementales visant à créer des occupations ou à rehausser l\u2019employabilité des assistés sociaux constituent un véritable gâchis.Souvenirs impérissables Convaincues à l\u2019origine que l\u2019ignorance, le manque d\u2019expérience et la paresse expliquaient l\u2019essentiel du chômage des jeunes de moins de 30 ans, les autorités politiques décidèrent d\u2019y remédier en créant trois mesures destinées à développer leur employabilité: «Travaux communautaires», «Stages en milieu de travail» et «Rattrapage scolaire».Pour que ce dispositif originel fonctionne sans importuner le statu quo existant alors sur le marché du travail, Québec modifia la Loi de l\u2019aide sociale, de manière à soustraire les participants des protections accordées aux autres travailleurs en vertu du Code du travail, de la Loi sur les décrets des conventions collectives, de la Loi sur la fonction publique et des disr positions relatives au salaire de la Loi sur les nonnes du travail.Les prestataires avaient cependant le choix de participer et ils ne pouvaient pas être directement pénalisés s\u2019ils mettaient fin à un engagement en cours de route.L\u2019opération «Déclic» prenait ainsi solennellement son envol, Mme Pauline Marois exultait, et les bien, pensants semblaient rassurés.L\u2019analyse des résultats nous enseigne maintenant que loin d\u2019être un moyen pour combattre le chômage, cette intervention technocratique marquait le début d\u2019une ère d\u2019infamie et d\u2019exploitation, qui dure toujours.Le virus Québec inc.aidant, les pragmatiques ministres Paradis et Bourbeau entreprirent, au début de J988, la révision de la Loi de l\u2019aide sociale, laquelle deviendra, en décembre tie la même année, l\u2019actuelle Loi sur la Sécurité du revenu.Les principaux changements relatifs à l'insertion professionnelle des prestataires sont Connus: la division de la clientèle en '\u2022aptes» et «inaptes» au travail, l\u2019obligation pour les «aptes» de chercher un èmploi, l\u2019établissement d\u2019un système (lit d\u2019incitation au travail enchaînant le montant de la prestation à la participation aux mesures d\u2019employabilité, et fouverture de ces dernières aux personnes de plus de 30 ans.L\u2019allocataire forcé de s\u2019enrôler En outre, coup de chapeau au gouvernement social-démocrate précédent, on maintient, avec l\u2019article 24, l\u2019interdit d\u2019accès aux protections prévues par le Code du travail et, désormais, à l\u2019ensemble de la Loi sur les normes du travail.Le libre choix de participer devient en même temps un exercice purement théorique, puisque l\u2019allocataire est forcé de facto de s\u2019enrôler, sous peine de subir une diminution de sa prestation.L\u2019Etat du Québec peut dès lors faire indirectement ce que l\u2019article 15 du Régime d\u2019assistance publique du Canada l\u2019empêche de faire directement.Les trois mesures d\u2019employabilité initiales sont conservées, et le programme «Travail communautaire» devient «Expérience de travail» (Extra).La Commission des droits de la personne dénonce à ce moment-là le potentiel de discrimination sociale contenu dans le projet de loi; mais son filet de voix est étouffé.En mai 1990, on ajoute un nouveau programme d\u2019aide à l\u2019intégration en emploi (PAIE), qui n\u2019est pas à proprement parler une mesure d\u2019employabilité.Cette dernière initiative pour «valoriser les ressources humaines» utilise une portion du budget de la sécurité du revenu comme levier pour la création d\u2019emplois, en finançant en partie ou en totalité, pour une durée maximale de six mois, le salaire versé par les employeurs (ex: entreprise privée, municipalité, organisme communautaire).Si pour juger de l\u2019impact de la participation aux mesures d\u2019employabilité sur l\u2019obtention d\u2019un job, l\u2019on ne se réfère qu\u2019aux prestataires ayant eu au moins une expérience de travail dans les 19 mois suivant leur enrôlement, alors il est possible de dire que les participants obtiennent de meilleurs résultats que les non-participants, et que les mesures exercent ainsi une action positive.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que font habituellement les responsables politiques ou administratifs.Puisqu\u2019il y a dans ce cas une différence statistiquement significative entre les participants et les non-participants quant à l\u2019entrée sur le marché du travail, pour deux des trois mesures d\u2019employabilité, et pour le programme d\u2019aide à l\u2019intégration en emploi, plusieurs affirment sans ambages que l\u2019on tient là la preuve irréfutable de l\u2019influence décisive de la participation aux programmes pour combattre le chômage des prestataires.En vérité, l\u2019on ne peut soutenir de tels, propos sans sombrer dans l\u2019erreur ou la propagande.Cette affirmation, tout en étant inexacte, omet de rapporter l\u2019essentiel, à savoir que la majorité des participants ne trouveront pas d\u2019emploi.Ira seule chose dont on est à peu près sûr d\u2019après les enquêtes, c\u2019est que les participants visitent relativement plus souvent les entreprises que les autres, ce qui est de peu d\u2019intérêt.Après tout, le MMSRFP n\u2019a pas une mission touristique.Ira question cruciale est de savoir si celles ou ceux qui décrochent un emploi conservent leur poste Est-ce que les démarches des prestataires sur le marché du travail débouchent sur des emplois durables?Oui, environ une fois sur deux, mais alors l\u2019effet des mesures d\u2019employabilité n\u2019y est pour rien, car il n\u2019y a aucune différence statistiquement significative entre les participants et les non-participants qui sont restés sur le marché à la suite de l\u2019obtention d\u2019un premier emploi.Seul, le programme d\u2019aide à l\u2019intégration en emploi a un impact significatif, et son taux de durabilité se situe presque à moitié de son taux d\u2019intégration tous azimuts, passant ainsi de 70% à 39%, avec une durée moyenne en emploi de 5,3 mois.Soulignons que ce taux est significatif seulement pour les emplois localisés dans des entreprises privées, lesquelles représentent 55% du total, mais que la comparaison ne tient plus pour les emplois dans d\u2019autres types d\u2019entreprise (ex.: municipalités et organismes communautaires).- L\u2019intégration au marché Divers facteurs contribuent à expliquer le taux plus élevé du PAIE, par exemple la sévérité de la Loi de l\u2019assu-rance-chômage et la subvention salariale.Malgré cela, 61% des participants à cette dernière mesure se retrouvent quand même, à moyen terme, en chômage ou à l\u2019aide sociale.Ce phénomène vient accréditer la thèse que la plupart des participants sortent temporairement de l\u2019aide sociale, travaillent quelque temps, vivent ensuite des revenus de l\u2019assurancechômage puis reviennent à la case de départ.Une autre façon de jauger l\u2019effet des mesures est d'évaluer l\u2019impact de la participation sur la sortie de l\u2019aide sociale.Encore une fois, sauf pour les participants au PAIE dans le secteur privé, la différence entre les participants et les non-participants n\u2019est pas significative.De plus, les taux de sortie sont généralement faibles, et les participants font à peine meilleure figure que les autres.Environ 72% de l\u2019ensemble des participants ayant eu au moins un emploi se retrouvent toujours à l\u2019aide sociale 19 mois plus tard.Certains verraient sans doute là la confirmation du mythe, de l\u2019existence d\u2019une culture de la pauvreté.Il s\u2019agit plus sûrement d\u2019une indication sérieuse du piteux état de notre économie.Enfin, notons que les non-participants occupent autant de postes permanents que les autres, et environ 46% Comparaison entre les participants et les non-participants aux mesures de développement de l'employabilité ou de soutien à l'emploi destinées aux prestataires.Les résultats reflètent la situation 19 mois après la fin de la participation à une des quatre mesures.\t\t\tPARTICIPANTS\t\t\tNON-PARTICIPANTS\t\t \tRS\tEXTRA\tSMT\tPAIE\tRS\tEXTRA\tSMT\tPAIE \t%\t%\t%\t%\t%\t%\t%\t% Ayant eu au moins un emploi\t34\t42\t46\t70\t35\t33\t37\t33 Emplois durables\t19\t18\t21\t39\t16\t18\t18\t16 Sortie de l'aide sociale\t19\t22\t27\t44\t19\t16\t19\t16 Moyenne de mois en emploi\t8.9\t8.2\t9.6\t10,9\t8,6\t6,3\t8,6\t8,3 Salaire horaire moyen brut\t9,12\t9.60\t9,27\t8.30\t9,24\t9,38\t9.13\t9,35 Françoise Tarte.Alain Boisvert Relance auprès des prestataires de la sécurité du revenu ayant participé à un program- .me de développement de l\u2019employabilité ou d\u2019intégration en emploi.Second volet Direction de l\u2019évaluation et de la statistique, MMSRFP, Québec, février 1994.de la totalité des emplois sont à temps partiel.Le nombre moyen de mois en emploi est légèrement supérieur pour les participants, mais le salaire horaire brut moyen des non-participants est plus élevé: 9,28$ contre 9,07$.Les participants au programme PAIE gagnent environ 1$ l\u2019heure de moins que les autres, ce qui veut dire que PAIE n\u2019est pas payant.Donc, comme il n\u2019y a pas de différence significative entre les participants et les non-participants quant à la permanence en emploi et la sortie de l\u2019aide sociale, nous constatons que les mesures de développement de l\u2019employabilité ne favorisent pas l\u2019intégration durable au marché du travail.Et puisque les taux d\u2019intégration sont bas et que la grande majorité des participants n\u2019atteint jamais le marché des emplois, nous ajoutons que ces mesures sont inefficaces.Même avec PAIE, plus de la moitié des participants qui ont trouvé au moins un poste reviennent à l\u2019aide sociale à long terme.Le développement durable En évaluant sommairement à environ un milliard$ les montants consacrés à ces mesures depuis 10 ans, on commence à se représenter l\u2019ampleur du gâchis administratif.Seul le programme PAIE obtient des résultats significatifs, bien qu\u2019encore là il y ait davantage d\u2019échecs que de réussites.Le succès relatif de PAIE est peut-être l\u2019ombre de la silhouette d\u2019un signe qu\u2019il vaut mieux investir dans la création d\u2019emplois permanents, plutôt que dans la formation professionnelle ou le développement de l\u2019employabilité.A l\u2019heure où nous dénombrons environ 350 000 prestataires aptes au travail; où le fédéral prépare la dissolution du régime actuel d\u2019assistance publique; où le Québec est envahi par une pléthore de mesures temporaires d\u2019employabilité ou de soutien à l\u2019emploi; où le gouvernement provincial met sur pied partout sur le territoire des corporations intermédiaires de travail, sortes d\u2019agences de placement à rabais des prestataires de la sécurité du revenu; et au moment où il est de plus en plus question de «bénévolat obligatoire», ou encore de travail socialement utile, ce qui est du pareil au même, il est urgent de s\u2019interroger sérieusement sur le bien-fondé de ces politiques actives de main-d\u2019œuvre, ainsi que sur l\u2019avenir quelles réservent, particulièrement au chapitre des conditions de travail.Il est possible que les 10 prochaines années placent un nombre important de chômeurs et de travailleurs devant l\u2019insoutenable, c\u2019est-à-dire un régime étatique de travail forcé ou de discrimination sociale.< ?\tDes disquettes, SVP! Étant donné l\u2019abondance du courrier, Le Devoir se réserve le droit d\u2019adapter et de réduire les textes qui lui sont soumis pour publication dans cette page.Les textes envoyés ne devraient pas dépasser quatre feuillets de 25 lignes chacun.Si possible, joindre une copie sur disquette de 3,5\" et préciser le logiciel utilisé.Prière de bien préciser également vos nom, occupation, adresse et numéro de téléphone.\t \tL\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Mont-petit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information); Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales); Martin Duclos et Désirée Szucsany (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l\u2019information politique: Pierre O\u2019Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l\u2019information sportive: Yves d\u2019Avignon; Denise Babin, Marie-Hélène Alarie (secrétaires à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (idirecteur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Johanne Guibeau, Jean-Yves Guilbert, Christiane Legault, Monique Verreault (publicitaires); Micheline Turgeon, Olivier Zuida (commis); Michèle Bouchard (secrétaire).É\u2019ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette, Monique L'Heureux.Lise Lachapelle, Ra-ehelle Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Ma-rie (superviseur aux promotions des abonnements).LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production), Sylvain Darcy (directeur de l'informatique), Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard DesCormiers, Caroline Des Rosiers, Lynda Di Cesare, Marie-Josée Hudon, Michael Schneider, Christiane Vaillant.Les annonces classées et avis publics: Yves Williams (superviseur), Jean de Billy, Marlène Côté, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau.Micheline Ruelland.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Pierre Bourgie (président>.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président et directeur général).?\t A 8\tI, K I) K V 0 I H ¦ I.K I, Il N I) I 2 2 AO V T I i> i) I__ -» LE DEVOIR ?\t_\t\u2014 /n'HUMTES CONSTITUTION 36,5% des Québécois voteraient pour la souveraineté\tLa méthodologie SUITE DE LA PAGE 1 bécois (contre 41.4%) sont «d\u2019accord» pour que M.Jacques Parizeau «commence tout de suite» avec Ottawa les discussions sur les transferts de pouvoirs et le partage de la dette fédérale.En plus d\u2019être favorables à une reprise des grandes manœuvres constitutionnelles par un gouvernement libéral, les Québécois ont une idée assez précise des objectifs qui devraient guider ces pourparlers: 64.5% des personnes interrogées (contre 21.1%) se disent «plutôt d\u2019accord» pour que M.Johnson «reprenne les revendications traditionnelles» du Québec auprès d\u2019Ottawa; 46.7% (contre 27.3%) sont «plutôt d\u2019accord» pour qu\u2019il amorce de nouvelles discussions constitutionnelles «à partir des cinq conditions de Meech»; 48.1% (contre 44.0%) sont «plutôt d\u2019accord» pour qu\u2019il organise un référendum sur la souveraineté du Québec.Dans la perspective de l\u2019entrée en scène d\u2019un gouvernement issu du PQ, les vues des Québécois sont tout aussi tranchées.Ils sont «plutôt d\u2019accord» avec les quatre points essentiels de l\u2019article 1 du programme péquiste: 56.3% (contre 37.7%) pour que M.Parizeau tienne un référendum sur la souveraineté; 47% (contre 43.6%) pour qu\u2019il fasse adopter par l\u2019Assemblée nationale une résolution sur la volonté du Québec d\u2019accéder à la pleine souveraineté; 49.2%(contre 41.4%) pour qu\u2019il commence tout de suite avec Ottawa les discussions sur les transferts de pouvoirs et le partage de la dette fédérale; 46.9% (contre 44.3%) pour qu\u2019il entreprenne la rédaction d\u2019un projet de constitution d\u2019un Québec souverain.Mais en poussant un peu plus loin l\u2019exploration du sentiment populaire, les sondeurs ont perçu une certaine ambivalence.En fait, ils ont découvert que les Québécois préféreraient que la tenue du référendum soit repoussée dans le temps.Appelées à choisir entre deux hypothèses, 45.1% des personnes interrogées ont exprimé le désir que ce référendum se tienne «au plus tard, à l\u2019intérieur du mandat de quatre ans» du prochain gouvernement.Alors que 40.8% croient qu\u2019il devrait être tenu «d\u2019ici huit à dix mois».Si désireux soient-ils de voir le PQ reprendre les négociations constitutionnelles avec Ottawa après les élections, les Québécois ne se font pas d\u2019illusions sur la réaction du Canada anglais.70.2% sont d\u2019avis que «le fédéral et les autres provinces» refuseront de négocier avant la tenue du référendum.Alors que 49.9% (contre 24.9%) croient que le Canada anglais acceptera de négocier si le oui l\u2019emporte au référendum.Soucieux de connaître le sentiment populaire face à l\u2019option souverainiste, les sondeurs ont posé la question fondamentale.«Si ce référendum avait lieu dès maintenant?» 49.9% ont annoncé qu\u2019il voteraient contre et 36.5% ont déclaré qu\u2019ils voteraient en faveur de la souveraineté.Par delà ces opinions parfois contradictions, la majorité des Québécois sont satisfaits de voir que la souveraineté s\u2019est imposée comme un enjeu de la présente campage électorale.«D\u2019après vous, aurait-il été préférable ne ne pas qborder la question de la souveraineté à cette élection-ci»?A cette question, 50.0% ont répondu non et 44.2% oui.Sur le déroulement général de la campagne, les sentiments sont partagés: 36.4% des électeurs s\u2019en disent assez satisfaits, 33.8% se déclarent peu satisfaits et 15.5% avouent en être pas du tout satisfaits.Ce sondage sur les opinions et motivations des Québécois a été réalisé exclusivement pour le réseau TVA Le Devoir et le Globe and Mail.Pour cette étude, Sondagem inc.a réalisé 1020 entretiens téléphoniques auprès d\u2019un échantillon représentatif de la population du Québec.L\u2019échantillon comprenant cinq strates (trois pour la région de Montréal, une |x>ur la région de Québec et une |X)ur le reste de la province) a été généré par ordinateur, une technique qui permet de rejoindre les abonnés dont le numéro de téléphone est confidentiel.À partir de 1642 numéros de téléphone valides, 1020 entretiens ont été complétés, donnant un taux de réponde de 62,1 %.Aucune substitution de ménages ou de personnes n\u2019était autorisée dans ce sondage.Tous les entretiens ont été réalisés en centre téléphonique à partir de Montréal, du 13 au 18 août.En retenant un seuil de confiance de 95 %, on estime la marge d\u2019erreur maximale d\u2019un tel sondage à plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.La présente étude d\u2019opinion publique a été réalisée par l\u2019institut de sondage SONDAGEM pour LE DEVOIR/TVA/THE GLOBE AND MAIL.Toute reproduction ou diffusion, en tout ou en partie, de ses résultats est interdite sans la mention «Un sondage SONDAGEM réalisé pour LE DE VOIR/'IVA/'l HE GLOBE AND MAIL.SUITE DE LA PAGE 1 Encore une fois, dans un dédale de valeurs qui s\u2019effritent, de rêves illusoires, d\u2019idéal désincarné, on cherche le durable.Mode, tendance profonde, réflexe de survie affective, régression?La réponse ne me semble pas prévisible avant au moins le début du prochain siècle.De nombreux exemples dans notre courrier privé nous rappellent les trivialités qui finissent par s\u2019additionner en une durée.Les peines et les joies du quotidien.Octobre 1966 Tu as bien fait de venir frapper à ma porte.Une maman est toujours là qui attend son enfant.Surtout après cette longue absence d\u2019un an.Je t\u2019ai cherchée sans aucun résultat.Le soir, en me couchant, je me disais où peut bien être ma petite fille?Je suis si contente que tu reviennes au bercail.Si tu savais comme j\u2019ai prié et demandé à Dieu de te protéger et de te ramener à nous.Ne crains pas l\u2019accueil de ton père, il sait que le grand coupable de ta fugue c\u2019est lui.Pourquoi a-t-il été si sévère envers toi?parce que un certain soir tu étais rentrée à la maison 2 heures en retard.Sans un mot d\u2019explication, il t\u2019a mise à la porte.Tu es partie en pleurs, n\u2019emportant rien avec toi.Au moment de ce départ imprévu, mon coeur s\u2019est arrêté de battre.Pourtant, maman t\u2019a toujours comprise, tu te souviens au retour de plusieurs autres veillées, tu venais toujours me dire bonsoir.Tu t\u2019asseyais même sur le coin de mon lit.je t\u2019embrassais et je t\u2019amenais dans la cuisine pour pouvoir jaser à notre aise, sans éveiller ton père.Son caractère impulsif nous faisait peur.Oublions ces moments passagers qui ne furent pas toujours gais.A l\u2019approche de ton retour, je me sens rajeunie.J\u2019ai hâte de te serrer dans mes bras.A bientôt ma grande, Maman Certaines mères, toujours tolérantes, tiennent à leur morale sociale même s\u2019il faut affronter une bien chère fille.On a beau être mère on en reste pas moins éducatrice.Ce qui n\u2019exclue pas certaines motivations disons.moins nobles.St-Denis, 14 avril 1968 Ma bien chère fille, Ton absence m\u2019est bien pénible j\u2019aimerais tant que tu sois proche de moi.Je dois t'avertir d\u2019un détail très impor- FAMILLES tant à propos du service social.Tu sais que tes chèques échangés en Suisse reviennent à la banque du service social, par conséquent ils prendront vite connaissance de ton séjour là-bas ce qui automatiquement entraînera que tu seras coupée de cet aide et rayée définitivement de leur liste, si plus tard, tu étais de retour au Québec et que tu aies besoin de leur aide ce serait très difficile de l\u2019avoir, les ayant joués, car quand on est assez pauvre pour avoir le service social on a pas les moyens de se promener en avion en Suisse.Ce ne sont pas des fous qui sont à la tête de cet organisme, donc ma chère fille, trou ve un autre moyen de ne pas échanger leurs chèques à l\u2019étranger, je pourrais te suggérer de les garder pour quand tu seras de retour si tu décides de revenir.Ce serait d\u2019ici un mois, car après tu ne seras pas admise sur l\u2019avion à sept mois de grossesse.Par ici, tu es assurée de cet aide du service social très important pour toi et ton bébé.Je n\u2019aurais jamais pensé que tu aurais pû me faire cette peine de ne pas voir ton bébé na issant ni même après car on ne voyage pas en avion avec une jeune bébé.Il faut qu\u2019il ait six mois au moins.C\u2019est vraiment un grand désappointement pour moi de te voir si loin et enceinte, loin de tous les tiens et de ta mère qui t\u2019aime tant et qui pense à toi sans cesse.Ta mère qui s\u2019ennuie.Ce n\u2019est pas le cas.Mais on pourrait s\u2019imaginer que ce bébé naît, revient, en avion (voyons!), les choses s\u2019arrangent un peu, le service social reste myope, et, un jour, le mousse écrit à sa grand-mère à St-Denis: Grand maman Est-ce vrai que maman était une Sainte quand elle était jeune et qu\u2019elle lavait la vaisselle tous les jours, 365 par année?Réponse.Pat En fait, sa mère, elle aurait dû être surveillée de plus près.Ouais, mais lui.y serait encore dans les limbes?Lévis, 27 mai 1932 Mon bien aimé, je viens de recevoir ta tendre missive, à 9 1/2 heures.Que je suis heureuse de posséder un ami comme toi! Je vois bien que comme moi ta pensée ne quitte guère la mienne.Nos pensées, comme les oiseaux, s\u2019envolent d\u2019une rive à l\u2019autre, en effleurant de l\u2019aile les flots bleus du grand fleuve.Hier, en regardant filer l\u2019Empress of Britain, je voyais l\u2019autre rivage grossi par les jumelles et très proche par conséquent, j\u2019imaginais que tu devais être là, m\u2019ouvrant tes bras comme ton grand coeur s\u2019ouvre pour me consoler.Je reviens à la réalité des choses pour te mettre au courant de ma vie retirée.Je suis guettée «comme un chat guette une souris» et comme cette dernière, je suis prise au piège.Tu devines?Maman m\u2019attendait à la porte de l\u2019ho-pital.Alors j\u2019ai vu à sa mine qu\u2019elle avait guetté notre séparation au bas de la côte et elle m\u2019attendait en conséquence.Je ne l\u2019ai pas mise au courant de tout, loin de là, j\u2019ai même manqué à la vérité.Pour mon pied, j\u2019ai dit tout simplement que je m\u2019étais tourné le pied, mais la vérité est que je ne suis pas trop pire pour la vilaine chute que j\u2019ai faite.Je ne boite pas du tout.Tous les soirs, ma compagne me passe son alcool à friction et cela me fait beaucoup de bien.Demain tout sera pour le mieux j\u2019espère.A bientôt maintenant, il ne nous reste que quelques heures encore, et je t\u2019embrasserai comme je t\u2019aime.Ta bien-aimée Une dernière.Une juteuse.Presque un téléroman.Montréal, 2 décembre 1964 Chère petite J\u2019ai reçu ta lettre ainsi que son contenu merci, toujours merci.Je voulais t\u2019écrire lorsque j\u2019ai reçue ton chèque pour signer, mais je n\u2019avais pas le temps, car j\u2019ai été bien occupée, depuis au delà d\u2019une semaine, j\u2019ai eu du trouble à propos de ma tante Déliska, on a voulu la placée dans une maison de santé, une affaire montée par les Couture pour s\u2019en débarassée.Alors elle m\u2019a téléphoné d\u2019aller à son secours, elle faisait bien pitié elle pleurait à chaud de larmes, étant sa nièce, je me suis opposée à celà, ça serait long de te raconter cela par lettre, je suis allée chez les Notaires, pour une copie de son testament, et je l\u2019ai obtenu, et il est dam les mains du docteur Gauthier, maintenant les choses se corses, on me défent mais visites, auprès d\u2019elle, tu comprends que les Couture sont nerveux, d\u2019après ce je peux en juger ils ont patauger dans son argent, il lui ont dit qu\u2019elle n\u2019avait plus d\u2019argent qui lui restais, seulement ça propriété de 10 logements, je ne sais pas comment ceci va se terminer, ça sent pas bon je t\u2019expliquerai tout, quand je te verrai, je dois aller demain avec Marguerite pour la voir, tout ça est énervant, a part cela ça va bien, tout le monde est bien.Maman.À partir de cette lettre, à chacun d\u2019élaborer son propre scénario.En deux ou trois heures d\u2019auto, vous serez prêts à soumettre le synopsis à un de nos scénaristes à la mode.Avez-vous déjà une idée de la distribution?PATERNALISME SUITE DE LA PAGE 1 re ce «mea culpa».Jeudi, c\u2019était le poète Gilles Vigneault qui en faisait état lors d\u2019une conférence de presse.«Le Québec a perdu l\u2019occasion d\u2019être un Québec très répandu à la grandeur du Canada et de l\u2019Amérique en ne soutenant pas assez les minorités extérieures au territoire», a-t-il dit.Le ministre Chagnon, lui, a même évoqué le fait que certains parlaient de «quasi-néo-colonialisme» québécois.Pour corriger la situation, il a annoncé aux délégués que le premier ministre Daniel Johnson «voulait faire en sorte que le ministre responsable de la Francophonie puisse, de façon structurée, avoir des rencontres régulières avec les représentants de la francophonie canadienne».Il a aussi offert, en taqt que président de la conférences des ministres de l\u2019Education, de défendre le dossier de la francisation des institutions auprès de ses homologues.Cela fait plus d\u2019un an et demi que la FCFA a déposé à l\u2019Assemblée nationale sa politique de rapprochement avec le Québec.Elle a reçu quelques échos du gouvernement et du Parti québécois mais n\u2019avait encore obtenu aucun engagement concret.Les propos du ministre ont donc été bien accueillis mais sans débordement d\u2019enthousiasme.«Un cadre permanent de consultation avec le gouvernement du Québec fait partie de la politique de rapprochement qu\u2019on a soumise à l\u2019Assemblée nationale», a expliqué la présidente de la Fédération, Claire Lanteigne.La FCFA veut que les francophones et Acadiens soient considérés comme des partenaires quand vient le temps d\u2019élaborer des programmes qui les concernent.Mardi, ils ont obtenu cette assurance du gouvernement fédéral.Ils espèrent la même chose du Québec.Selon Mme Innteijpe, les propos de M.Chagnon laissent croire que si les libéraux sont reportés au pouvoir, ce sera le cas.Elle ignore cependant la position du PQ, qui a indiqué qu\u2019il rendrait sa politique publique après les élections pour ne pas avoir l\u2019air d\u2019utiliser les francophones.C\u2019est la première fois de l\u2019histoire de la Fédération qu\u2019un ministre québécois accepte d\u2019assister à l\u2019assemblée annuelle.Itenue des élections québécoises n\u2019est pour rien dans ce changement de cap, a soutenu M.Chagnon après la rencontre.«Je n\u2019avais pas l\u2019intention de me servir de l\u2019invitation de ce matin comme d\u2019une tribune politisée et partisane», a-t-il confié aux journalistes.JOHNSON «Affichage: on a atteint l\u2019équilibre» SUITE DE LA PAGE 1 sur ce chemin, souvent à son corps défendant.En entrevue exclusive hier matin au Devoir, il a précisé encore plus ses positions politiques face au reste du Canada advenant son élection en septembre.Daniel Johnson adopte fondamentalement une attitude très «pratico-pratique» des relations avec le reste du Canada.Toute négociation doit se régler «dossier par dossier», dit-il, et la «révision en profondeur du document constitutionnel» doit être mise entre parenthèses «d\u2019ici deux ans».Mais en attendant, dit-il, la persistance, l\u2019endurance et la patience sont nécessaires «pour améliorer les conditions de vie des Québécois, et pour exercer de façon autonome nos compétences partout».Daniel Johnson promet qu\u2019il continuera à soutenir les revendications traditionnelles du Québec, «la langue, l\u2019éducation, la culture», qualifiés aussi des «éléments historiques du Québec» formant la «société distincte».Mais visiblement Daniel Johnson déteste les discussions sémantiques: «On a appelé ça société distincte, un autre vocable aurait pu être utilisé.En utilisant à chaque fois les mêmes mots on donne l\u2019impression de tourner en rond».Daniel Johnson a insisté hier sur le fait que «le pouvoir de dépenser du fédéral ne doit pas être une excuse pour lui pour prendre la place qui ne lui revient pas.Toutes les provinces sont conscientes de ça».Comment convaincre le fédéral de limiter son pouvoir de dépenser, ou d\u2019envahir des champs de compétences provinciales?La stratégie de Daniel Johnson semble être de convaincre les provinces l\u2019une après l\u2019autre de s\u2019allier avec lui pour faire face à Ottawa.«Le pouvoir fédéral de dépenser, on (règle ça) en affrontant tout le monde, ou en cherchant à faire en sorte que les autres provinces souscrivent pour leurs raisons à elles, explique-t-il.Les autres provinces vont réaliser qu\u2019il y a un vice de fonctionnement dans le fédéralisme canadien au point de vue budgétaire et financier».Daniel Johnson rejette les arguments voulant que les alliances du Québec avec les autres provinces se sont toujours effondrées.Il se dit convaincu de la valeur de cette approche à cause du ton qu\u2019il emploiera.De toute façon, dit-il, «nous avons le choix de continuer dans cette voie, ou de choisir la voie dite séparatiste».Daniel Johnson constate également «un changement de génération» chez ses homologues provinciaux, et «d\u2019ici quelques années, je suis convaincu qu\u2019il y aura un changement majeur de la dynamique.C\u2019est nous qui sommes en avance dans ce changement, à cause de nos impératifs à nous, la langue, l\u2019éducation, la culture.» Interrogé sur les interventions répétées de ministres fédéraux dans des champs de compétence provinciale, ainsi que sur le retard à conclure une entente sur la formation de la main d\u2019œuvre, Daniel Johnson plaide la confiance, et il prend même la peine d\u2019ajouter que le cas échéant, «le ton pourrait monter».Mais pourquoi ne pas carrément ouvrir de véritables discussions globales avec le Canada anglais et avec Ottawa?«La pratique constitutionnelle, ce n\u2019est pas de constamment changer de texte, dit-il.A cause de l\u2019évolution, à cause des nouvelles technologies, des politiques gouvernementales on passerait constamment notre temps à changer la Constitution.Ce ne serait pas vivable».Par ailleurs, s\u2019il est un sujet que Daniel Johnson semble considérer comme clos, c\u2019est bien celui de la langue.«Sur l\u2019affichage on a atteint l\u2019équilibre», soutient-il.Et «lorsque les anglophones s\u2019imaginent que je vais changer la loi d\u2019accès à l\u2019école, la réponse est non».Daniel Johnson semble donc croire que le Québec est parvenu à un degré d\u2019équilibre en matière linguistique, et il n\u2019est pas d\u2019accord avec les interprétations voulant que la situation actuelle dans l\u2019affichage soit empreinte de laxisme.Dans son compté de Vaudreuil samedi, le premier ministre avait été interrogé sur la présence grandissante d\u2019affiches en anglais.Hier, le Parti québécois dénonçait son attitude, l\u2019accusant de s\u2019en «laver les mains».«La loi est la même pour tout le monde, répliquait hier au Devoir M.Johnson, elle prévoit que les gens logent une plainte et que la plainte soit traitée.C\u2019est la meilleure garantie».Le premier ministre rencontrait hier au Devoir la directrice Use Bissonnette, le rédacteur-en chef Bernard Desr coteaux, l\u2019éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon, et les journalistes Isabelle Paré, Pierre O\u2019Neill et Paul Cauchon.Daniel Johnson paraissait très satisfait du déroulement de sa campagne.Il a refusé de commenter les récents sondages, qui démontrent un rétrécissement de l\u2019écart entre le PQ et le Parti libéral, mais qui prédisent toujours une forte victoire péquiste.Le chef du Pli) laissait voir hier des signes de fatigue malgré sa bonne humeur.La voix voilée parce qu\u2019il souffrait d\u2019une laryngite, il faisait savoir que sous les conseils de son médecin il annulait ses activités prévues pour la journée d\u2019hier, n\u2019ayant conservé que cette entrevue au Devoir.H doit poursuivre sa campagne électorale à compter de demain matin.LIQUIDATION CHOCI 'C'est en plein le temps de profiter d'offres incroyables sur tous nos modèles 1994 Financement au taux de 5.9% pour 48 mois offert, sur approbation de crédit par Toyota Crédit Canada Inc.à l'achat de foui modèle Tercel et Camry 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Imprimerie Québécor laSalle.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest nie Saint Jacques.Montréal.I.Agence lYesse C anadienne est autorisée a eni|4oyrr et à diffuser les .«il l/ brui,.SI lv.ur.-nt Envoi *\u2022 publication - hnrf-giàrrmrnt no«158 HépAt légal: Kibliothwiuc national»- du Qoébrc Téléphone général: (514) 985-33X1; wrvicc à ladirnleh-: 15141985-3355.publicité; (514) 9853399."]
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