Le devoir, 26 septembre 1994, Page(s) complémentaire(s)
[" FONDE EN 1910\t?Christian R ioux PERSPECTIVES Le journal à l\u2019heure du zapping Le plus grand journal du monde brillait hier de tous ses feux, place du Trocadéro, alors que des alpinistes dessinaient la première page du quotidien parisien Libération sur 30 m de haut et 25 m de large.C\u2019est en construisant sa une en «temps réel» devant la foule assemblée que le journal fétiche des années 80 fêtait le lancement de sa nouvelle formule.Plus qu\u2019un grand spectacle son et lumière, plus que le lancement d\u2019un Libération revampé au goût du jour, l\u2019événement soulignait la crise qui déchire aujourd\u2019hui la presse française.endant que les Parisiens découvraient un ¦ journal en couleurs, plus grand, deux fois 1\u2014*^ plus épais (80 pages) et à la «couverture» métropolitaine, économique et sportive JL.renforcée, on s\u2019agitait dans les rédactions parisiennes.Les lecteurs du quotidien Le Monde avaient appris plus tôt que le 50e anniversaire de la vénérable institution serait l\u2019occasion d\u2019une rénovation annoncée pour janvier («Le Monde doit redeve-m»\t\u2014»| nir un journal de référence dans '\"ff tous les domaines», dit son direc-1fH| sMS» 9 teur Jçan-Marie Colombani).Ceux || de L'Evénement du jeudi, que leur magazine préféré est au bord de la faillite.Ceux de L\u2019Express, le plus grand «news magazine» français, héritaient quant à eux d\u2019une nouvelle directrice, la très médiatique Christine Ockrent, venue (oh scandale!) de la télévision.C\u2019est un cliché de dire que la presse française est en crise, et au premier titre la presse quotidienne.Presque tous les grands quotidiens parisiens perdent de l\u2019argent et les autres, comme Libération, n\u2019en font pratiquement pas.La crise est d\u2019autant plus aiguë que ce que l\u2019on nomme ici «la presse de qualité» (Libération, Le Monde, Le Figaro) n\u2019a pratiquement pas changé ces dernières années alors que tous les grands titres européens (El Pats, The Independent, La Repubblica) ont renouvelé leur formule.Contrairement au grand patron de presse Robert Hersant qui annonce qu\u2019il n\u2019y aura plus qu\u2019un seul quotidien parisien dans dix ans, Libération fait le pari que la crise actuelle est plutôt une crise de l\u2019offre (les Français lisent deux fois moins de quotidiens que les Britanniques et les Allemands, alors qu\u2019ils sont les plus grands lecteurs de magazines au monde).Son objectif: faire de Libération un quotidien «de proximité» fournissant plus de services, abordant plus de sujets et assurant notamment .j une information métropolitaine parisiens perdent jg qualité «à l\u2019américaine» (dix de l\u2019argent et les Pages cl?aque ^our) qui fait cruel\" ae 1 argent et les jemen[ defaut ici.Au journal minimal composé de flashes (style USA Today, Info-Matin), il oppose le «mégajournal» qui parle de tout à un public de plus en plus éclaté.Après le Libé gauchiste des an-pratiquement pas nées 70, après le Libé magazine et impertinent des années 80, Serge July veut faire le «journal total», offrant plusieurs niveaux de lecture, qui parle aussi bien des grands enjeux de la politique internationale que du marché du matelas à ressort (l\u2019exemple est de lui!).Mais les choses ne sont pas si simples car pour rentabiliser les 50 millions de dollars que coûtera l\u2019opération (dont seulement 18 ont été avancés pour l\u2019instant), Libé devra augmenter de 50 %, d\u2019ici cinq ans, le nombre de ses lecteurs (stagnant depuis 1987).Lecteurs qu\u2019il ne pourra pas tous «inventer» et qu\u2019il devra nécessairement aller chercher du côté des magazines et du Monde qui est, en parts de marché, le titre parisien qui recule le plus.Les deux quotidiens profiteront donc de cette année d\u2019élection présidentielle \u2014 qui gonfle les tirages \u2014 pour se livrer une véritable guerre en fonçant chacun dans des directions différentes.«Les quotidiens français ont longtemps négligé les services, la consommation, les loisirs et l'information régionale.Comme si cela était contradictoire avec une presse de qualité», dit Vincent Giret, du magazine économique L\u2019Expansion.Pendant ce temps, les journaux de province roulent sur l\u2019or.Même le magazine phare des intellectuels de gauche, Le Nouvel Observateur, a découvert l\u2019an dernier que ses lecteurs regardaient eux aussi la télévision.Résultat: il s\u2019est doté d\u2019un cahier radio-télé et son tirage a dépassé pour la première fois celui de L\u2019Express.Cela n\u2019est d\u2019ailleurs pas étranger à la nomination d\u2019un nouveau directeur à L\u2019Express qui veut faire de celui-ci un journal grand public, plus accessible à la «génération du zapping télé».«Vous allez enfin découvrir combien vous avez changé», dit la publicité du nouveau Libé.Alors que sur l\u2019esplanade du Trocadéro la fête se prolongeait jusqu\u2019aux petites heures du matin, la France découvrait le journal à l\u2019heure du zapping.Le philosophe Jean-Paul Sartre, qui a fondé l\u2019ancienne feuille d\u2019extrême gauche en 1973 avec Serge July, devait se retourner dans sa tombe! Presque tous les grands quotidiens autres, comme Libération, n\u2019en font INDEX\t\tM É\tT É O \t.Bfi\t\t Avis publics.Classées\t Culture\t\t.A4 .B4 .B8\t\tMontréal Nuageux avec 60% de probabilité d'averses.Max: 20 Économie\t Éditorial\t Le monde\t\t.B2 .A6 .A5 R4\tA\tQuébec Nuageux.Un peu de bruine le matin.Max: 18 Détails en B4 \t\t\t Les sports\t\t.B5\t\t L\u2019ENTREVUE Paul-Marie Lapointe, ce poète qu\u2019on a voulu brûler PAGE B 1 ?LES ACTUALITÉS La tâche a été dure pour Parizeau PAGE A 4 ?LES ACTUALITÉS La peste pulmonaire est maîtrisée à Surat PAGE A 4 Aristide convoque le Parlement Vive tension à Cap-Haïtien I Cédras accuse les Américains d\u2019atrocités D'APRÈS AFP ET REUTER Washington \u2014 Le président haïtien, Jean-Bertrand Aristide, a décidé de convoquer le Parlement mercredi à Port-au-Prince, afin de lui soumettre un projet de loi d\u2019amnistie, selon un communiqué du chef de l\u2019État en exil à Washington.Par ailleurs, à Cap-Haïtien, la tension était vive après la fusillade entre les soldats américains et des policiers haïtiens qui a fait dix morts chez les policiers.Le chef de la junte, le général Raoul Cédras, a accusé les Américains d\u2019atrocités.Le chef de l\u2019État en exil demande par ailleurs dans son communiqué la levée partielle immédiate des sanctions décidées par certains pays en plus de l\u2019embargo des Na- tions unies pour chasser du pouvoir les militaires qui l\u2019avaient renversé en septembre 1991.«Afin d\u2019accélérer le processus de pleine restauration de l\u2019ordre constitutionnel et suite au décret d\u2019amnistie du 3 octobre 1993 promulgué en vertu de l\u2019Accord de Governors Island, nous avons convoqué une session extraordinaire du Parlement pour le mercredi 28 septembre afin d\u2019examiner un projet de loi d\u2019amnistie», affirme le texte de la déclaration.Selon les services d\u2019information du président Aristide, ce dernier a demandé à une quarantaine de députés en exil de rentrer à Port-au-Prince pour se joindre aux élus restés dans 111e, afin d\u2019atteindre le quorum requis.La loi d\u2019amnistie est un des points clés de l\u2019accord si- tuun'i, * v ¦ ; 'Xjf PHOTO JACQUES NADEAU Plus de 130 pays sont représentés cette année au XIVe Congrès de la Fédération internationale de gynécologie et d\u2019obstétrique (FIGO), qui commençait hier au Palais des congrès, à Montréal.Sur la photo, Alavi Ghosieh, congressiste représentant l\u2019hôpital Ghaem, en Iran.La diversité des mœurs, des croyances, des religions, des problèmes et des niveaux socioéconomiques des populations représentées risquent d\u2019y susciter un véritable choc des idées.gné dimanche dernier par l'ancien président Jimmy Carter et le président en exercice Émile Jonassaint, le président de la Cour constitutionnelle soutenu par les militaires putschistes.La loi d\u2019amnistie avait été prévue par l\u2019Accord de Governors Island signé le 3 juillet 1993 par le président Aristide et le général Raoul Cédras, chef de l\u2019année haïtienne.Le président Aristide continue de se référer à l\u2019Accord, qui n\u2019a jamais été appliqué.D\u2019autre part, M.Aristide appelle dans sa déclaration les pays comme les États-Unis à mettre fin aux sanctions unilatérales en rétablissant notamment les liaisons aé- VOIR PAGE A 8: ARISTIDE Peut-on choisir le sexe de son enfant?Un comité de spécialistes en éthique d\u2019obstétrique et de gynécologie rend ses recommandations CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Interruption de la grossesse selon le sexe du fœtus ou son état de santé, maternité de substitution (mères porteuses), donneurs d\u2019éléments génétiques dans le but de procréer, stérilisation, contrôle des naissances, usage d\u2019anti-progestatifs, avortement, techniques de reproduction.Jamais peut-être la science ne s\u2019est-elle approchée autant de la nature et jamais autant de questions d\u2019éthique se sont posées dans les domaines connexes de la gynécologie et de l\u2019obstétrique.Dans une liste de recommandations, rendues publiques hier, le comité éthique de la Fédération internationale d\u2019obstétrique et de gynécologie, dont le XTVe congrès débutait hier à Montréal, rend son évaluation éthique sur ces questions cruciales et modernes que posent la sexualité et la reproduction.Ainsi, au plan de la sélection du sexe des enfants, il déplore notam-ment «qu\u2019une discrimination sexuelle profondément enracinée prévale encore dans de nombreuses sociétés et que l\u2019avortement sélectif de fœtus femelles se soit manifesté récemment comme une nouvelle manifestation de cette injustice sociale».Ainsi, le comité conclut que la sélection préconceptionnelle du sexe «ne doit jamais être utilisée comme un moyen de discrimination sexiste, en particulier à l\u2019encontre du sexe féminin».Cependant, le comité ajoute que la sélection préconceptionnelle selon le sexe du fœtus peut être justifiée en fonction de considérations sociales, dans la perspective La sélection préconceptionnelle peut être justifiée dans la perspective «de permettre à des enfants de bénéficier de l\u2019amour et de l\u2019attention de leurs parents» VOIR PAGE A 8: ENFANT Quand la Terre ne tient plus sur son axe Protagoniste de la rébellion d\u2019octobre 1993, Alexandre Routskoi dénonce le sommet Clinton-Eltsine PAULE ROBITAILLE CORRESPONDANTE DU DEVOIR À MOSCOU Le général Alexandre Vladimirovitch Routskoi, l\u2019un des leaders les plus héroïques de l\u2019opposition russe, n\u2019aime pas les États-Unis.Pour lui, le sommet Eltsine-Clinton est une grosse farce.De toute façon, selon lui, la Russie est devenue le valet des Américains, Boris Eltsine leur marionnette.Il étale la page centrale d\u2019un magazine américain pour prouver son point «Let\u2019s buy Siberia!», titre la revue en lettres rouges.Routskoi s\u2019énerve, monte le ton en fixant un journaliste de New York.«La Terre tenait sur un axe qui s\u2019appuyait sur deux pôles, explique-t-il en faisant glisser lentement un rouleau de papier collant sur un crayon.L\u2019URSS disparue, l\u2019axe est devenu une épée entre les mains des Américains.» Aujourd\u2019hui, selon Routskoi, le gouvernement dilapide le pays.L\u2019économie s\u2019effondre.«C\u2019est la banqueroute complète! Tout cela à cause de l\u2019impotence des dirigeants actuels.Le chômage dans le pays a dépassé le cap des dix millions.Au début de l\u2019année prochaine, nous aurons 30 à 35 millions de chômeurs, la moitié de la population active!» Une fois au pouvoir, le général Routskoi promet de redonner au pays son image traditionnelle.«La Russie a 1000 ans d\u2019histoire, lance avec verve le militaire de 47 ans.Dieu l\u2019a prédestinée à être une grande puissance.» Alexandre Routskoi n\u2019a jamais pardonné aux États-Unis d\u2019avoir appuyé le président Eltsine dans sa bataille sanglante contre le Parlement russe l\u2019an dernier: «Comme si Bill Clinton envoyait l\u2019armée américaine bombarder le Congrès!», lance-t-il.Le général Routskoi était l\u2019un des protagonistes de la rébellion d\u2019octobre dernier.Exvice-président, c\u2019est lui que les députés rebelles avaient choisi comme président de leur gouvernement fantoche.C\u2019est lui aussi qui, du haut du balcon de la Maison-Blanche, siège du Parlement, avait appelé la foule à prendre d\u2019assaut la tour de télévision russe.La folle aventure avait viré au cauchemar et, le lendemain, le président Eltsine réglait ses comptes en en- VOIR PAGE A 8: RUSSIE PHOTO ARCHIVES «Un beau jour, les Russes se libéreront de leur peur et de leur apathie, prédit le général Routskoi.Ils se soulèveront» « i * V.I* T R M l< l< K I It !» I IjfciSf «««asa L£ DEVOIR rslpubü informations publiées ¦ par LE DEVOIR Inc.dont le siège social e dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribu a situé » numéro 2050 de Bleuty.9e étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par le.Imprimerie Québécor LaSalle.7743 de Bourdeau division de Imprimerie, Québécor Inc.612ouestrue Sainbj«qucsMonWaU 'Agence Presse Canadienne £ autorisée»àe ployer eU dilfttser le, \u2022 par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.775 boul.Lebeau, St-Laurent Envoi de publication - Enregistrement no 0g5«.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Téléphone général: (514) 985-3333; service à la clientèle.(514) 985-3355.publicité.(514) 985-3399.I.K DKVOIIt ENFANT La maternité de substitution suscite des inquiétudes SUITE DE LA PAGE 1 «de permettre à des enfants des deux sexes de bénéficier de l\u2019amour et de l\u2019attention de leurs parents».Le comité recommande donc que la recherche dans ce domaine soit autorisée en fonction de son intérêt potentiel.Par ailleurs, pour ce qui est de l\u2019interruption de la grossesse après un diagnostic anténatal d\u2019anomalie incurable, ou dans le cas des grossesses multiples, elle n'est pas exclue de la pratique d\u2019obstétrique telle que conçue par le comité d\u2019éthique mais doit se faire en fonction d\u2019un certain code de conduite.Pour ce qui est de la maternité de substitution, le comité, dont les seize membres proviennent de pays aussi divers que l\u2019Inde, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark et le Sénégal (etc.), la considère actuellement «avec les plus expresses réserves».Ce comité se dit «particulièrement inquiet que la maternité de substitution est susceptible, d'une manière générale, d\u2019attenter à certaines valeurs familiales».Selon le comité, les arrangements faits avec la mère de substitution ne doivent pas revêtir de caractère commercial et ne doivent pas, en particulier, être organisés par des entreprises.\t, Lorsqu\u2019une maternité de substitution est envisagée, les lois des pays considérés doivent être impérativement respectées et les intervenants doivent recevoir une information complète sur toutes les implications juridiques de l\u2019entreprise.\tt\t.Aussi, la liberté de décision de la mère de substitution doit être respectée.Pour ce qui est des dons d\u2019éléments génétiques, soit des ovaires ou du sperme, ils doivent se faire en général dans le respect du secret des donneurs, ainsi qu\u2019avec leur permission écrite, et de façon à éviter les risques de consanguinité.Ils ne doivent pas non plus prolonger la période de reproduction naturelle de la femme.Quant à la stérilisation, qui soulève de nombreuses questions éthiques et même religieuses, elle commande que «le principe du consentement libre et éclairé sont rigoureusement respecté».Ce principe du consentement implique que la patiente soit notamment informée du fait que sa décision est définitive et que la stérilisation masculine offre une alternative., A ce sujet, le comité souligne que les «facteurs ethniques, raciaux ou socioéconomiques ne doivent jamais restreindre la liberté de choix des patientes en matière de stérilisation».Par ailleurs, le comité souligne également que si certains praticiens sont opposés à la stérilisation en raison de leurs croyances religieuses ou philosophiques, ils ont parfaitement le droit de ne pas réaliser une stérilisation mais les patientes doivent être informées de la possibilité de pratiquer la stérilisation ailleurs.Enfin, considérant que «l\u2019avortement périlleux d\u2019une grossesse non désirée est estimé responsable de la mort d\u2019une femme toutes les trois minutes dans le monde», le comité estime que l\u2019usage d\u2019anti-progestatifs par les femmes peut contribuer à pallier ce problème.Plusieurs de ces thèmes seront d\u2019ailleurs abordés au cours des ateliers du XlVe congrès de la Fédération internationale de gynécologie et d\u2019obstétrique (FIGO), qui compte présentement plus de 12 000 personnes inscrites.Aujourd\u2019hui, un rapport mondial sur la santé des femmes doit être rendu public.Hier, au cours de la journée, des compagnies pharmaceutiques occupaient déjà les salles du Palais des congrès pour donner des conférences satellites concernant la santé des femmes et la gynécologie.Tout au long de la semaine, la gynécologie en pédiatrie et chez les adolescents, les problèmes de désordres alimentaires, les méthodes inséminatoires de toutes sortes, les maladies transmises sexuellement, les cycles menstruels et de maternité ainsi que la population mondiale sont autant de thèmes qui seront traités en ateliers.Mandat de grève au Globe and Mail Toronto (PC) \u2014 Pour appuyer leurs revendications, les employés syndiqués du quotidien torontois The Globe and Mail ont donné à leur syndicat le mandat de déclencher la grève, vendredi prochain.Des 243 employés qui ont voté, samedi, environ 90 % ont donné leur accord au débrayage.Ce qui signifie que 400 journalistes, vendeurs de publicité et employés d\u2019entretien syndiqués pourraient débrayer à compter de minuit une minute, vendredi, si les parties patronale et syndicale ne sont pas parvenues à s\u2019entendre.La dernière offre de la compagnie prévoit une convention collective d\u2019une durée de quatre ans, sans augmentation de salaire la première année et des hausses de 1 %, 2 % et 2 % pour les deuxième, troisième et quatrième années.Le syndicat dit s\u2019opposer au projet de la compagnie de garder les nouveaux employés de la rédaction «à contrat» pendant une période pouvant aller jusqu\u2019à quatre ans.Mais The Globe affirme que ses gestionnaires ont besoin de flexibilité.Les employés syndiqués du journal sont privés de convention collective depuis juin.Les deux parties ont poursuivre leurs pourparlers, hier.PHOTO AP Ces habitants de Cap-Haïtien ont remis en dansant, hier aux autorités militaires américaines, les armes saisies aux policiers et soldats de la deuxième ville haïtienne qui ont.abandonné leur poste après la mort de dix constables, tués par les marines samedi.ARISTIDE Les Américains reconnaissent avoir tiré les premiers SUITE DE LA PAGE 1 riennes avec Port-au-Prince.«Nous exhortons ces pays à décider de suspendre ces mesures tout en maintenant les sanctions qui visent précisément ceux qui font obstruction à la restauration de la démocratie», ajoute le chef de l\u2019Etat en exil.Le président Aristide doit rentrer,en Haïti après le 15 octobre, date limite fixée par les Etats-Unis pour le départ du pouvoir des putschistes, selon le secrétaire à la Défense, William Perry.Par ailleurs, le colonel Torn Jones, commandant des unités de marines aéroportées, a reconnu hier que les soldats américains avaient ouvert le feu les premiers à Cap-Haïtien, au cours de l\u2019incident qui a fait samedi soir dix morts côté haïtien.Selon le colonel Jones, les troupes américaines patrouillaient près du quartier général de la police de Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, devant lequel se déroulaient «une manifestation pro-américaine de partisans d\u2019Aristide», le président en exil.Ce «groupe anti-Cédras», le chef de l\u2019armée haïtienne, «échangeait des insultes dans un volleyball verbal avec ceux qui se trouvaient à l\u2019intérieur du quartier général de la police», a ajouté l\u2019officier supérieur interrogé sur une base militaire à Cap-Haïtien.Selon lui, «deux meneurs (dans le commissariat) qui criaient contre la foule se sont mis à faire des gestes avec leurs armes pour intimider les soldats (américains) dans la foule».«Vers 19h (23h GMT), une de nos patrouilles commandée par un lieutenant a vu un individu brandir une arme automatique Uzi.Il a abattu cet individu et la fusillade a éclaté», a-t-il expliqué.«Nous avons dit à nos troupes de ne pas utiliser la force sans absolue nécessité, mais que si cela devenait indispensable, d\u2019y avoir recours complètement et sans hésitation», a souligné le colonel Jones.Il a affirmé être convaincu que ses soldats avaient vraiment cru que leur vie ou celle des gens dans la foule étaient en danger.Le général Cédras, qui s\u2019est rendu sur les lieux avec le général Henry Hugh Shelton, le commandant de l\u2019opératiop «Soutien à la démocratie», a de son côté accusé les Etats-Unis d\u2019«atrocités».Il a exigé le limogeage et la cour martiale pour le colonel Jones, selon la chaîne de télévision CNN.Deux des morts étaient en uniforme.Selon le colonel Jones, les tués étaient des policiers ou des attachés.Dans la matinée, des centaines d\u2019Haïtiens ont mis à sac le quartier général de la police et une caserne au Cap-Haïtien.Dans une atmosphère de fête foraine, les civils se sont emparés des matelas, lits, tables, bureaux, lampes, s\u2019arrêtant parfois le temps d\u2019une photo.Un porte-parole militaire américain a identifié les dix victimes comme des membres de la police militaire haïtienne.Le président Bill Clinton a justifié hier l\u2019action des marines américains.Il a déploré la perte de vies humaines mais a estimé que les troupes américaines n\u2019ont fait que se défendre.«Il doit être clair que les forces américaines sont prêtes à répondre à des actions hostiles et le feront», affirme un communiqué publié par la Maison-Blanche.«Nous continuerons de travailler avec les autorités militaires haïtiennes pour une transition pacifique», ajoute le communiqué.Le secrétaire à la Défense, William Perry, a indiqué que les forces américaines \u2014 qui passeront dans les jours qui viennent de 13 000 à 15 000 \u2014 resteraient jus-; qu\u2019.au début de l\u2019an prochain.A propos de la fusillade de Cap-Haïtien, il a déclaré à la chaîne de télévision NBC: «Nous nous attendions à des difficultés, et l\u2019incident d\u2019hier est typique de ce à quoi nous nous attendions.» Après cet incident, le lieutenant-colonel Claude Jose-phat, commandant local de la police haïtienne, a envoyé un officier de liaison auprès des marines pour enquêter sur la fusillade.Deux autres incidents ont éclaté samedi soir au Cap-Haïtien, a déclaré le commandant Steve Little.Des coups de feu ont été entendus en deux endroits de la ville mais personne n\u2019a été blessé.RUSSIE Un militaire dévoué à sa patrie SUITE DE LA PAGE 1 voyant ses soldats «nettoyer» la place.La reddition des hommes du Parlement, faite en public, les mains derrière la tète, fut sans doute l\u2019une des plus humiliantes défaites pour ce militaire, un héros de la guerre d'Afghanistan.Cinq mois de prison lui ont permis d\u2019écrire le programme de son parti.En février, l\u2019amnistie votée par le Parlement lui a redonné la liberté.Koutskoi s\u2019est organisé, a parcouru le pays, doublé le leader du Parti libéral démocratique, Vladimir Jirinovski, dans les sondages.Son idée fixe: devenir président d\u2019une Russie puissante.Son grand appartement cossu, au centre de Moscou, à deux pas de la rivière Moscou, est devenu son quartier général.Dans le hall de marbre, une demi-douzaine d\u2019hommes attendent leur tour sous l\u2019œil discret des gardes du corps.En entrant dans son bureau, on découvre cet homme costaud à la moustache fournie, lunettes sur le bout du nez, penché sur sa table de travail à fouiller des dossiers.Il ne détourne pas le regard.On attendra que son secrétaire nous présente.L\u2019endroit est sobre.Les tapis viennent de Chine et de Perse.Les murs sont couverts de livres; des ouvrages sur l\u2019Armée rouge, la Bible en plusieurs éditions, le Coran, des classiques.«J\u2019adore Shakespeare!», glisse-t-il comme ça.Et son chien entre dans la pièce.Le perroquet jacasse dans la cuisine.Est-ce sa façon de gonfler la poitrine?Sa moustache à la gauloise?Ou sa manière de plaider la cause de son pays?Alexandre Routskoi a des allures de Jacques Parizeau.Leurs nationalismes, pourtant, diffèrent.Celui de Routskoi est boulimique.Il veut reprendre ce que la Russie a perdu, reprendre les ex-républiques de l\u2019URSS et défendre les 25 millions de Russes qui les habitent.Sa solution à l\u2019indépendance bornée de la Tchétchénie, petite république rebelle du sud du Caucase, est simple.«Bombardons!» Routskoi n\u2019a jamais été un communiste ni un réformateur.Il est avant tout un militaire dévoué à sa patrie.Pour lui, le courage est la plus grande vertu.A deux reprises, l\u2019avion qu\u2019il pilotait a été descendu en Afghanistan.Il a été fait prisonnier par les moudjahidines et a souffert des mois de prison dans des camps rebelles afghans.Routskoi ne tolère pas la lâcheté et c\u2019est pour cela qu'il a honte de son peuple lorsqu\u2019il se rappelle les événe^ ments d\u2019octobre dernier.«Nous voulions seulement que les gens se lèvent et expriment leur désaccord au gouvernement Eltsine, explique-t-il.Ils nous ont envoyé des télégrammes.Qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire avec des télégrammes?Les accrocher au mur, c\u2019est tout.La peur pathologique que nos gens ont traînée pendant 77 ans, cette peur-là, elle reste comme une vieille maladie.» Aujourd\u2019hui, il soutient que des centaines de milliers de gens à travers toute la Russie l\u2019appuient.Mais les foules demeurent petites, bien plus petites qu\u2019avant la rébellion d\u2019octobre.«L\u2019opposition est divisée, avoue-t-il, la hargne dans la voix.Nous, les chefs des différents partis, ne réussissons pas à nous entendre.Depuis un an, je répète qu\u2019il faut choisir un leader, ils ne m\u2019écoutent pas.Lorsque j\u2019y pense, cela me dégoûte.» «Un beau jour, pourtant, les Russes se libéreront de leur peur et de leur apathie, prédit le général Routskoi.Ils se soulèveront.Là, ni Routskoi ni le président en place ne pourront les retenir.Espérons que la société n\u2019explosera pas.Nous avons eu assez d\u2019une révolution.» Un Albertain conseille Cédras Calgary (PC) \u2014 Un Albertain, originaire de Calgary, est l\u2019un des principaux conseillers de la junte militaire har tienne honnie du général Raoul Cédras.11 dit se prénommer «The Shadow», (l'Ombre), mais certains de ses anciens concitoyens de Calgaiy se rappellent de lui comme de Lynn Garrison, le gars qui aimait les avions.«Je crois au général Cédras, et je crois que ce que je fais ici est correct», a dit M.Garrison au quotidien Calgary Sun, depuis son domicile à Port-au-Prince.«Il n\u2019arrive pas souvent dans la vie d\u2019un homme qu\u2019il ait la chance de jouer un rôle dans le déroulement de l\u2019Histoire.» Garrison, qui s\u2019est enrôlé dans les forces aériennes canadiennes après avoir terminé ses études secondaires, a déménagé en Californie en 1966 pour travailler dans l\u2019industrie cinématographique.Après avoir passé quelques années en Irlande, il s\u2019est rendu en Haiti en 1979 pour y tourner un film sur le vaudou.Son passé militaire et son amour des avions lui ont permis d\u2019entrer en contact avec l\u2019élite militaire haïtienne et on lui a demandé de se joindre au général Cédras au moment du renversement du président constitutionnel, Jean-Bertrand Aristide, en 1991.Rejetant les accusations de violation des droits humains portées par l\u2019ONU et d\u2019autres organisations humanitaires, Garrison accuse à son tour certains employés de l\u2019ONU d\u2019avoir pénétré dans des morgues, la nuit, pour en extraire des cadavres et les jeter dans la rue et faire croire à des atrocités.Actuellement premier porte-parole du gouvernement en Haïti, où les forces américaines se déploient depuis lundi, il affirme que lorsque la junte cédera le pouvoir le 15 octobre en vertu de l\u2019entente conclue avec le gouvernement américain, il travaillera au reboisement des collines haïtiennes.Mais pour l\u2019instant, il passe ses journées à traiter avec les médias internationaux et à prendre part à des rencontres de haut niveau au quartier général de l\u2019armée haïtienne.VOTRE DOIf VA LOIN Grâce à vous.Développement et Paix soutient, dans le tiers monde, l'action de partenaires courageux qui luttent pour un monde plus juste.Votre don va loin ! 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