Le devoir, 15 octobre 1994, Cahier D
[" LE IKVOIIl Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page 1)5 ?lHü Profession: mécène Page 1)11 Formes Page 1)12 l K I) K V 0 I It .I, K S S A M EDI I fi K T I) I M A X ( Il E ti (I C T II It It E I II !l I Gérald Godin 1938-1994 Près des gens et des mots JEAN ROYER COLLABORATION SPÉCIALE Gérald Godin (1938-1994) vivait près des gens comme il était près des mots.Poète, journaliste, éditeur, homme politique, il n\u2019a jamais cessé de chercher et de défendre la vérité et, en cela, il faisait confiance à la poésie comme à la part humaine du langage.Dans ses écrits comme dans ses actions, il faisait confiance à l\u2019humain et gardait forte l\u2019espérance de vivre.«Je suis optimiste.Forcené.», me disait-il lors d\u2019un entretien dans ces pages en 1986.Dans son dernier recueil de Roèmes, Les botterlots, que j\u2019avais honneur de publier il y a un an à peine, à l\u2019Hexagone, il écrivait: «La langue de ma mère/ a des mots pour tout».Dans ce qu\u2019il appelait «la grande famille des mots», il chérissait particulièrement le mot «liberté».C\u2019est cette valeur qui l\u2019a fait poète et homme d\u2019action et qui l\u2019a fait mener sa vie jusqu\u2019au bout, avec le courage que l\u2019on sait.Après une première opération au cerveau, il y a onze ans, il a dû réapprendre à parler et à faire travailler ses synapses.Il ne s\u2019en est pas caché dans ses derniers poèmes.Pour lui, la vie était langage.Pour lui, engagement et langage étaient synonymes.Voilà comment il était poète.Entièrement et jusqu\u2019au bout des mots.Gérald Godin parlait des «mots citoyens», quand on lui posait la question de la relation entre la poésie et la politique.Dans un texte écrit pour Le Devoir en avril 1980, il répondait ainsi: «La question n\u2019est pas de savoir ce que les poètes font en politique, mais bien plutôt ce que la politique fait aux poètes.Quant à moi, au coeur d\u2019une mêlée dont je n\u2019imaginais pas la millième partie, je n\u2019ai plus le choix.Je suis dans la politique comme d\u2019autres sont dans la finance.Je ne me possède plus.» Il décrivait de la même façon son appartenance au langage: «Les mots sont citoyens de la poésie.Innombrables, imprévisibles, vivants, dynamiques, changeants, intraitables et qui, au fond, dominent absolument ceux qui croient s\u2019en servir.» Sa poésie, réunie à l\u2019Hexagone sous le titre Ils ne demandaient qu\u2019à brûler, nous laisse justement la voix tourmentée et chaleureuse, mais aussi personnelle et familière, d\u2019un homme qui a lié sa parole à celle de son peuple et à celle de tous les humains.Dès ses poèmes écrits en jouai, c\u2019est-à-dire en «langue verte et populaire», les Cantouques, il oubliait sa propre voix pour s\u2019investir de la iangue des dépossédés qu\u2019il a toujours voulu défendre.Sa vérité était de ce côté-là.Mais à travers la simplicité de langage qu\u2019il adopta par la suite, se cachait un grand travailleur de l\u2019écriture et des rythmes.Admirateur de Ru-teboeuf, Ezra Pound et Saeffert, le Tchèque, Godin a composé le chant d\u2019un appétit de vivre et d\u2019un voyage exemplaire au cœur du langage.L\u2019histoire des mots à travers les Gérald Godin L\u2019abécédaire - *s$m ' ¦ SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Américain, Jack Kerouac l\u2019était jusqu\u2019au bout des ongles.Il l\u2019était sans être patriote.Sans être un bigot du nationalisme.Il était Américain parce qu\u2019il était innocent.«Allen (Ginsberg) parlait avec mépris de l\u2019Amérique, qu\u2019il trouvait stupide et dépourvue de conscience; mais Jack aimait bien qu\u2019une si grande partie de l\u2019Amérique soit inconsciente: il l\u2019était lui-même, et la source de son écriture résidait dans cet inconscient.» Biographe de Kerouac, Gerald Nicosia a travaillé son sujet pendant quatre années.Il lui a fallu deux bonnes années pour trouver un éditeur américain acceptant de publier son ouvrage, en 1983, sans le charcuter.Faut signaler que l\u2019ouvrage fait près de 800 pages.Il est pesant.Tellement qu\u2019il va peser plus lourd dans la postérité littéraire de Kerouac que les bios signées par Ann Charters d\u2019abord et par Barry Gifford ensuite.La version française de ce modèle du genre nous est proposée par les Editions Québec/Amérique.Marcel Deschamps et Elizabeth Vonarburg ont effectué la traduction.Chase Hal a profondément marqué Kerouac.Davantage en tout cas que Cassidy Neal.Pourquoi associer Chase, l\u2019anthropologue, à Cassidy, le voyou, le Sujet de Sur la route?Parce que les deux venaient de Denver, Colorado.Toujours est-il que ce Chase a «travaillé» l\u2019évolution artistique de Kerouac en le guidant notamment dans ses lectures.Car ce chaleureux personnage savait.Dès 1945, «Hal ne manquait jamais de dire aux gens quel grand écrivain Jack deviendrait un jour».Dostoïevski, Kerouac en était fou.Il ne le lisait pas, il le méditait.«Il lui fallu sept mois pour passer au travers des Frères Karamazov que Hal lui avait prêté.Il ne choisissait pas ses livres à la légère: son choix portait toujours sur ceux qui pouvaient l\u2019aider dans ce qu\u2019il était en train d\u2019écrire.» Ecrivain rapide, compulsif, Kerouac s\u2019était confectionné une méthode logeant notamment à l\u2019enseigne de la transe.«Jack écrivait toujours beaucoup, même si une grande partie de sa production ne trouvait grâce à ses yeux.Il devait se soumettre à tout un cérémonial'avant de se mettre à l\u2019écriture: après avoir baissé les stores, il faisait nerveusement les cent pas, écoutait la radio, prenait de la benzédrine, fumait, buvait du café ou de la bière, et finalement s\u2019asseyait devant sa machine à écrire.Il tapait alors à toute allure, page après page.» Femme idéalisée, femme absolue.La femme comme divinité, Kerouac l\u2019a cherchée, mais ne l\u2019a évidemment pas trouvée.Parce qu\u2019avec les femmes, Kerouac aura été un enfoiré.C\u2019est pas une opinion.C\u2019est un constat.Edie, Joan, Céline et toutes les autres, à quelques exceptions près, avaient des gouttes de sainteté en elles.Ginsberg, Allen de son prénom, c\u2019était le copain bip, le copain beat.L\u2019ami des années universitaires à Columbia, à New York.L\u2019interlocuteur privilégié en intel-lectualité lors des années de formation.«Vers le milieu JACK KEROUAC PHOTO JEROME YULSMAN Jack Kerouac et Joyce Johnson à la porte du bar Kettle of Fish dans le Greenwich Village, à New York.VOIR PAGE D 2 : KEROUAC VOIR PAGE D 2: GODIN JEANNE LE ROY LA ZÉBRESSE LES HERBES ROUGES / NOUVELLES 136 pages, 14,95 $ JEANNE LE ROY LA ZÉBRESSE Nul doute que La Zébressê marquera d'une pierre blanche la littérature érotique québécoise.en librairie le 18 octobre LES HERBES ROUGES / NOUVELLES JEANNE LE ROY LA ZÉBRESSE LES HERBES ROUGES NOUVELLES 1 I.K I) K V 0 I It A M KOI I .r> K T I» I M A N t II Il II K I II III I) (i I V R, E S V I T K 1 N E I) U I- I V H E D E P O C H E BANDE DESSINÉ E ROQUENVAL Nina Berberova, traduit du russe par Luba Jurgenson, Baris, J\u2019ai lu, 124 p.Madame Nina Berberova, auteu-re de L\u2019Accompagnatrice, n\u2019a plus besoin de présentation.Roquen-val, très court roman publié initialement en 1991, est le septième ouvrage de son œuvre considérable à se retrouver en format de poche.Il y est question d\u2019une demeure seigneuriale rongée par les ans, une maison à la grandeur passée, comme Praskovia Dmitrievna, cette vieille dame qui fut jadis une jeune femme fantasque.Le ton est à la nostalgie, cette nostalgie toute russe marquée par le double mouvement de l\u2019arrachement-atta-chement à la terre natale.Quant aux mots, ce sont ceux d\u2019un orfèvre.LETTRES À UN JEUNE POÈTE ET AUTRES LETTRES Rainer Maria Rilke, traduites de l'allemand par Claude Forced, Paris, GF-Flammarion, 161 pages.E' crites entre 1903 et 1908 à l\u2019adresse d\u2019un jeune homme de 20 ans, Franz Xaver Kappus, les dix Lettres à un jeune poète de Rilke contiennent un enseignement précieux pour quiconque désire consacrer sa vie à la création.11 s\u2019agit, en effet, d\u2019un véritable guide spirituel où l\u2019auteur des Elégies de Duino parle notamment de patience et de solitude, de travail et d\u2019expérience.La traduction qu\u2019offre aujourd\u2019hui Flammarion, signée Claude Porcell, présente au lecteur une langue plus élégante, plus fleurie que celle de la traduction originale (signée Bernard Grasset et Rainer Biemel) qui date de 1937.La nouvelle édition comprend aussi un avant-propos éclairant, des notes qui aident à recontextualiser le texte ainsi que six autres lettres, dont quatre à Lou Andreas-Salomé, datant de la même période.NÈGRES BLANCS D\u2019AMÉRIQUE Pierre Vallières, Montréal, Typo, 472 pages.ptre un ^negre, ce n\u2019est pas être un homme en Amérique, mais être l\u2019esclave de quelqu\u2019un.» Voici comment Pierre Vallières ouvre les hostilités dans son célèbre essai, Nègres blancs Plane Vallières Nègres blancs d'Amérique \u2022\u2022¦'si d\u2019Amérique, écrit en prison en 1966 et publié en 19(i8.Très largement autobiographique, rédigé dans un style direct et clair, le livre de Vallières est une leçon d\u2019histoire à la première personne, un texte que l\u2019on peut critiquer, discuter, mais qui a l\u2019insigne mérite d\u2019avoir été «écrit debout», pour reprendre l\u2019expression de l\u2019auteur.Ceux qui ont reproché au film Octobre de ne pas contextualiser la crise pourront lire Nègres blancs d'Amérique.Ce que raconte ce livre, c\u2019est le contexte.LA LITTÉRATURE ET LE NON VERBAL Fernande Saint-Martin, Montréal, Typo, 187 pages.Autre classique de l\u2019essai québécois, 1m Littérature et le Non-Verbal, de Fernande Saint-Martin, paru originellement en 1958, est l\u2019occasion d\u2019élaborer une singulière réflexion sur le langage en se référant à la littérature et à la psychanalyse.L\u2019auteure y élabore une théorie qu\u2019elle mesure ensuite aux travaux a écrivains comme Breton, Lautréamont, Ponge et Sartre.On y retient, entre autres choses, comme le résume bellement Claude Iœvesque dans sa préface à l\u2019ouvrage, que «Tout langage artistique passe par les mots et s\u2019en passe, chacun s\u2019exportant hors de lui-même, tout entier fasciné et dépossédé par l\u2019autre et aucun ne cherchant à se départir de l\u2019autre.» PARIS MA BONNE VILLE Robert Merle, Paris, Le livre de poche, 696 pages.Le film La Reine Margot, de Patrice Chéreau, a eu notamment pour mérite de raviver l\u2019intérêt pour le roman de Dumas dont il s\u2019inspire.Dans cette foulée, la réédition de Paris ma bonne ville, troisième volet de la série de romans historiques de Robert Merle intitulée Fortune de France, est pour le lecteur l\u2019occasion idéale de prolonger son séjour littéraire dans le Paris de la seconde moitié du XVIe siècle.Ainsi, aux côtés de Charles IX, du protestant Coli-gny et de la belle Margot dont l\u2019accouplement avec Henri de Navarre enrage les catholiques, Merle place son héros et narrateur, Pierre de Sio-rac, jeune médecin habile au jeu de paume qui échappera de justesse au massacre de la Saint-Barthélemy.Il en résulte une description d\u2019époque minutieuse, dans une langue ample, truffée de termes anciens.LE CLIMAT DE LA TERRE Robert Sadoumy, Paris, Dominos-Flammarion, 126 pages.Dominos, la petite et sympathique collection pédagogique dirigée |iar Michel Serres et Nayla F\u2019arouki, promise à ceux qui s\u2019intéressent à la météo Ijc Climat de la Terre, de Robert Sadoumy.L\u2019auteur est directeur de recherche au CNRS et, sans êta- en mesure de nous din* quel temps il fera demain, nous explique de manière convaincante pour-quoi il fera ce temps là.Respectant le principe de la collection, l\u2019ouvrage est composé de deux parties, un exposé puis un essai.Dans ce dernier texte, intitulé «L\u2019homme et le climat à l\u2019aube du troisième millénaire», Sadoumy analyse les «joyeux» effets de la société moderne sur le climat, dessinant d\u2019angoissants scénarios (à bast* d\u2019effet de serre et de réchauffement de la planète) dont il s\u2019empresse de relativiser la portée du haut de sa réserve scientifique.CARMEN Suivi de Us Âmes du purgatoire, Prosper Mérimée, Paris, Ubrio, 128 p.Librio est un éditeur qui offre au lecteur des livres neufs au prix des livres usagés.Le papier et la mise en pages n\u2019ont rien pour séduire, mais le format (plus grand que celui du livre de poche habituel) permet de mettre l\u2019accent sur la couverture.Comme on s\u2019adresse évidemment au plus grand public possible, on recherche une image que les lecteurs sont en mesure de reconnaître.Par exemple, il en résulte parfois une curieuse subordination du texte publié au film qu\u2019il a inspiré.C\u2019est ainsi que Julia Migenes-John-son, vedette du film-opéra de Francesco Rosi, est mise à contribution pour vendre le bref roman de Mérimée.Le procédé n\u2019est pas neuf, mais il me semble qu\u2019il bride l\u2019une des qualités premières de la littérature, soit la liberté d\u2019imaginer qu\u2019elle laisse au lecteur.Il y aurait sans doute lieu de se pencher sur cette question sérieusement.Quant au récit que fait Mérimée des aventures de la belle ci-garillère de Séville, c\u2019est un incontournable, ne serait-ce que pour la dimension mythique prise par le personnage au fil des ans.Marcel Jean es7'7».m s*-' .¦'Môhmàe Carmen ÙkVnrttfeiwyrtM L\u2019ombre et la lumière L\u2019ANNÉE DE FEU Carnets d\u2019Orient, Tome 1: Camets d'Orient, Tome 2: Tome 3: LesFils du Sud, Tome 4: U centenaire, Jacques Ferrandez, éditions Casterman P I E R R E L E F E B V R E Jacques Ferrandez a vu le jour en 1955 à Alger, mais il n\u2019a vécu là que ses toutes premières impressions, celles que l\u2019on perd à jamais.Quelques mois après sa naissance, en effet, ses parents quittent l\u2019Algérie pour s\u2019installer à Nice où il vécu toute son enfance et son adolescence.C\u2019est d\u2019abord cette région niçoise qui lui fournira la matière de sa première œuvre digne de ce nom: l\u2019album Arrière-Pays, paru en 81, suivi quelques années plus tard par Nouvelles Du Pays, recueils de courtes chroniques illus-tnuit la vie des petites gens de ces environs.Bien que beaucoup moins ambitieux, tant par la forme que par l\u2019esprit, ces deux albums préfigurent déjà Camets d\u2019Orient, la fresque sur laquelle Ferrandez s\u2019échine depuis bientôt huit ans.Puisant cette fois à la source d\u2019un Sud plus lointain, et plus mythique dans son histoire personnelle, Ferrandez c\u2019est attaqué, en 1986, à l\u2019histoire de la présence française en Algérie, de la conquête à l\u2019indépendance.Ix* quatrième tome de cette série vient tout juste de paraître et les éditions Casterman ont profité de cette occasion pour rééditer les trois premiers titres de la saga.Carnets d\u2019Orient est une œuvre aussi séduisante qu\u2019ambitieuse.Le premier album débute en 1836 et se penche, évidemment, sur la conquête, que Ferrandez nous présente à travers le voyage de Joseph Constant, artiste peintre de son état, dans ce pays ravagé par la guerre.Tenté d\u2019abord de rebrousser chemin, Constant prolongera son séjour par amour pour Djémilah, une jeune femme déjà promise à un riche coulougli, ces descendants des mariages entre les Turcs et les femmes arabes.Ce sont donc les impressions de cet artiste qui nous tiennent lieu de regal'd sur le drame qui se joue ici.Ses camets, pour lesquels Ferrandez s\u2019est inspiré de ceux qu\u2019ont tenu Flaubert, Gauthier et Fromentin lors de leur passage en Orient, s\u2019ajoutent à la narration et en imposent bien vite le rythme.Ce journal de bord est également rempli d\u2019esquisses, faisant, eux, directement référence à Delacroix, qui visita lui aussi l\u2019Algérie à cette époque.Ces croquis ponctuent, eux aussi, le récit, se superposant aux cases, dont les dessins classiques et réalistes de Ferrandez font office de représentation «objective» de la réalité.L\u2019album oscillant ainsi des uns aux autres, c\u2019est la mouvance des regards sur ce qui a lieu que Ferrandez avant tout nous propose.Ce procédé graphique s\u2019étend à toute la série, bien que le peintre ne subsiste que le temps du premier tome.Outre l\u2019unité formelle qu\u2019acquiert ainsi l\u2019ensemble, cela scelle définitivement les liens entre chacun des épisodes suivants, qui mettent en scène, d\u2019abord l\u2019un des modèles de ce peintre, devenue adulte, puis ses enfants et ses petits-enfants.Fort belle idée qui nous permet de suivre le destin d\u2019une image et de ses descendants.L Année de feu, relate l'arrivée, en 1871, d\u2019un couple de colon, Victor et Amélie, la modèle en question, et des tensions que provoquèrent cette occupation massive de la terre.Les Fils du Sud quant à lui pourrait bien être sous-titré: Une enfance algérienne.Nous y voyions grandir Paul et I m il (C\u2019BT (DMWtÂ.II fSAMAH l\u2019&KM,\tFWSÇ il % otoà mis rxi m l m«ot l\u2019iTAUBi fi pit Cut ü AMOK cty Images successives tirées de Les Fils du Sud.Octave, auprès de leurs parents, dont la mère est fille de Victor et Amélie.Nous sommes en 1904 et la cohabitation prend des allures, toute proportion gardée, qui ne sont pas étrangères à nos deux solitudes.Cei album est sans doute le plus touchant et le plus sensible de la série, Ferrandez s\u2019étant basé pour le construire sur les souvenirs d\u2019enfance de son grand-père.Le ton se fait ici plus présent qu\u2019ailleurs, soulignant par là que l\u2019innocence a droit de cité même au cœur du colonialisme et de la répression.U Centenaire raconte, on s\u2019en doutera, le centième anniversaire de l\u2019Algérie française, en ce printemps de 1930.Paul, devenu journaliste et habitant désormais Paris, est envoyé à Alger, pour couvrir l\u2019événement.Les tensions entre les deux peuples, qui demeuraient invisibles à l\u2019enfant, sont on ne peut plus évidentes pour l\u2019adulte.Son journal, qui tient à promouvoir «le génie colonial français», censurera son reportage, tandis qu\u2019il tente de concilier tant bien que mal l\u2019amour de son pays natal et l\u2019injustice de la seule présence sur ce sol de sa communauté.Ces Carnets d\u2019Orient sont avant tout le récit d\u2019une désillusion.Celle de Constant, qui jamais n\u2019épousera Djémilah, celle de Victor, l\u2019ancien communard devenu colon auquel on avait promis une terre qu\u2019il ignorait volée, puis celle de Paul, enfin, redécouvrant son pays au bord du gouffre, et dont le propre frère, Octave, devenu impuissant suite à une blessure de guerre, tandis qu\u2019il combattait, lors du premier conflit mondial, pour une mère patrie qu\u2019il n\u2019avait jamais vue, a adopté le discours de tous les officiels.Ferrandez a le grand avantage de ne jamais adopter un ton ouvertement pamphlétaire, ou moralisateur, ou d\u2019encore prétendre nous monter objectivement les deux côtés de la médaille algérienne.Ce n\u2019est pas tant l\u2019Histoire qui l\u2019intéresse ici que la vie de ceux qui l\u2019ont traversée, et ce, simplement parce que le hasard leur a donné d\u2019être là à ce moment donné.Il me faut également souligner son extraordinaire talent de dessinateur, et plus particulièrement de coloriste.Rarement ai-je vu, en bande dessinée, quelqu\u2019un reproduire aussi adroitement la lumière, faisant ainsi de ces Camets d\u2019Orient, malgré tous les drames qui les peuplent une merveilleuse invitation au voyage.cpra ous a LE DEVOIR Courez la chance de gagner: er prix prix Deux billets d\u2019avion à destination' de Genève sur les ailes de ¦£7 2 prix swissair La collection complète des oeuvres de la Bibliothèque du Nouveau Monde SN Deux bons d\u2019achats: ¦1 000$ Chez Champigny ¦1000$ Chez renaud-bray Chaque semaine, un gagnant recevra 5 ouvrages présentés lors de l\u2019émission*.et un abonnement à la revue littéraire Lettres québécoises la revue do l\u2019actualité littéraire Pour se qualifier au tirage, les participants doivent identifier correctement le livre d\u2019où sera tirée la phrase mystère qui sera lue en ondes lors de l\u2019émission Sous la couverture, le dimanche à 16 h.Chaque participant doit faire parvenir le bon de participation suivant à : Concours Sous la couverture - Le Devoir a/s SRC Télévision C.P.11007 Suce.Centre-Ville Montréal (Québec) H3C 4T9 \"Gracieuseté de la librairie de la semaine: Librairie Garneau Carrefour de l\u2019Estrie Sherbrooke Les règlements de ce concours sont disponibles à la SRC.SRC '!» Télévision LE DEVOIR j Réponse\t\t1 1 1 1 1 j Nom\t\t1 1 1 1 ] Adresse\t\t! i ! Ville\tCode postal\ti i i \t1 Téléphone 1510 l MM CONTACT VOUS PRÉSENTE L\u2019UNIVERS ET LA SOURCE D\u2019INSPIRATION DE GRANDS CRÉATEURS CONTEMPORAINS.EN VENTE A 22,95 $ LA VIDEOCASSETTE MICHEL SERRES MICHEL TREMBLAY EUE WIESEL Une collection d\u2019entrevues inédites disponible en 15 vidéocassettes.Stephan Bureau anime des entretiens de fond avec les plus grands créateurs de notre temps.Contact propose une liste d'invités prestigieux.Les entrevues sont entièrement tournées à l'extérieur des studios afin de mieux vous présenter P univers et la source d\u2019inspiration de ces grands créateurs contemporains.(periodica) LE 15X60 min./ VHS-NTSC 1.\tPaul Austcr 2.\tElisabeth Badinter 3.\tTahar Ben Jelloun 4.\tRicardo Bofill 5.\tCarlos Fuentes 6.\tFrançoise Giroucl 7.\tJacques Godbout 8.\tJean Lacouture 9.\tHubert Nyssen 10.Jorge Semprun I I.Michel Serres 12.\tPhilippe Sollers 13.\tMichel Tournier 14.\tMichel Tremblay 15.\tElie Wiesel Pour commander ELISABETH BADINTER MICHEL TOURNIER (periodica) müHIDm Tél.: (mtl) 274-3470 1-800-361-1431 (Tout le Canada) Fax : (514) 274-0201 Demandez notre catalogue gratuit Prix grand public Prix institutionnel s 4 « » 06 I.K I) K V (I I It .I.h S S A M U IM I A K T I* I M A X ( Il K I II U I T 0 I» II K I II II I I) 7 Michael Crichton Marlon Brando Un train peut en cacher un autre HARCÈLEMENI Roman de Michael Crichton, traduit de l'américain par Bernard Gilles, Collection Best-Sellers, Robert Laffont éditeur, 427 pages MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Première constatation: le pouvoir n\u2019a pas de sexe.Ht lorsque l\u2019abus de pouvoir se manifeste, il importe finalement très peu qu\u2019il se cache sous un pantalon ou un porte-jarretelles.Deuxième constatation: un train peut en cacher un autre, les Européens nous le disent depuis déjà un siècle et demi.Si l\u2019on traduit plus ou moins littéralement en nord-américain, cela donne quelque chose comme: ce n\u2019est pas ce que l\u2019on voit d\u2019abord qu\u2019il faut craindre le plus \u2014 l\u2019imminence de ce qui menace, là, au tout premier plan, le train, la fausse accusation, l\u2019injustice ou la Bêtise \u2014 mais le véritable ennemi qui se tapit souvent derrière.Transposez tout cela à Seattle dans une de ces petites boîtes de «fêlés» qui, par définition, s\u2019entêtent à définir ce qu\u2019est la fine pointe en technologie informatique.et vous saisirez rapidement à la lecture de Harcèlement que Michael Crichton sait faire autre chose que de raconter des histoires de dinosaures ressuscités (Jurassic Park) ou de mafia à la sauce sushi (Rising Sun).L\u2019affaire se présente d\u2019abord sous un angle assez classique.DigiCom, une petite entreprise d\u2019avant-garde, travaille sur deux projets majeurs: un lecteur de CD-Rom rapide fabriqué dans son usine de Malaisie et «Corridor», une application pratique de la technologie de la réalité virtuelle.Quatre jours avant la fusion de DigiCom à Conley-White un géant de l\u2019édition américaine \u2014 fusion qui rendra milionnaires tous les cracks qui travaillent sur les technologies de pointe \u2014 Tom Sanders, qui dirige ce département, se voit soudainement placé sur une voie d\u2019évitement.Même que le moyen choisi est plutôt radical.Sanders est remplacé par son ancienne petite amie, Meredith, dont le charme et la compétence ont littéralement séduit le patron et l\u2019équipe de direction de DigiCom.Or, ce jour même de son entrée en fonction, Meredith agresse sexuellement Sanders en lui faisant, bien sûr, porter tout l\u2019odieux de la chose.Dès le mardi matin \u2014 l\u2019histoire est racontée en quatre chapitres selon l\u2019ordre des jours de la semaine \u2014 Sanders a déjà perdu toute crédibilité auprès de ses collègues: le harcèlement sexuel, c\u2019est sérieux! Et voilà que tout le monde prend le bateau de la discussion de fond sur ce qu\u2019est et ce que n\u2019est pas le harcèlement sexuel.Sauf que le lecteur, lui, sait ce qui s\u2019est vraiment passé dans le bureau de la «pasionaria».Et tout l\u2019art de Crichton consistera à lui faire endosser le combat de Sanders pour prouver son innocence, retrouver son poste et empocher la cagnotte, comme les autres.Mais les choses ne sont pas si simples quelle paraissent: un train peut en cacher un autre.Le titre original du roman (Disclosure) témoigne d\u2019ailleurs beaucoup mieux de ce dévoilement par petite touches qui amène le lecteur à prendre conscience de l\u2019ampleur du complot tramé contre Sanders.Dès le début, on sait que des centaines de millions de dollars sont en jeu.Et Crichton nous fait rapidement comprendre que Sanders aura beaucoup de difficultés à jouer ses billes dans ce contexte.Mais ce n\u2019est qu\u2019au moment où tout se complique vraiment qu\u2019on saisira, en même temps que Sanders, l\u2019insondable profondeur du gouffre.En plongeant dans les artifices de la réalité virtuelle, le lecteur découvrira lui aussi que la sexualité n\u2019est qu\u2019une des pulsions premières.C\u2019est que, un peu comme dans un tableau d\u2019Alex Colville qu\u2019on peut voir ces jours-ci au Musée des beaux-arts de Montréal, la trame de Harcèlement frappe d\u2019abord par un effet de perspectives: elle semble s\u2019appuyer un peu lourdement sur la réalité.Comme chez Colville souvent, le sujet en premier plan \u2014 le harcèlement sexuel ici \u2014 est tellement mis en relief par une série de petits détails presque anodins qu\u2019on ne réalise pas l\u2019importance des moyens mis en œuvre pour nous y amener.Toute cette minutie dans l\u2019artifice ne vise en fait qu\u2019un but bien précis: occulter, reléguer au point de rencontre des différentes lignes de fuite, le sens réel de l\u2019opération.Comme si le procédé venait souligner à quel point nous avons pris l\u2019habitude de nous appuyer trop souvent sur des impressions en por-te-à-faux.Comme si la réalité virtuelle avait déjà, dans nos perceptions de la réalité, supplanté la «vraie vie».Est-ce là le message codé que l\u2019auteur souhaiterait nous voir déciypter sous le vernis brillant de l\u2019intrigue?Comme Alex Colville, Michael Crichton n\u2019en serait pas à une illusion de vérité près.Harcèlement» Du stéréotype .Ak ; \u2022 littérature m r Montréal 1642-1992 \u2022 Benoit Mcbnvou .et Pierre Popovk XT/ Daniel Castillo Durante B.Melançon et P.Popovic DU STÉRÉOTYPE MONTRÉAL 1642-1992 À LA LITTÉRATURE LE GRAND PASSAGE 162 p., 19,95 $\t232 p\u201e 24,95 $ L'écrit tire réparatrice TmRoric uut*»Tui*e xr/.Simon Harel L\u2019ÉCRITURE RÉPARATRICE 23-1 p., 2 I M A X C Il K I fi 0 (' T 0 B R E I I» » I ARTS V I S II K L S I) !) Où en est la relation ambiguë entre Part et l\u2019entreprise?l R \u20145L/Î&.«M» iéi tt.\t».msmmm .\u201ey\tm ¦ mi-lMft-iiii ¦\t**.* ¦ ¦ iHSk /V \" ' ¦ ?t-.*©5k-v**?S ' - \u2019 gêiifess : ¦ i'-:ïw ¦ r -.Av ;¦\u2022,¦ SU» ; - ¦ ^ W0# \u2022.¦¦ ¦MM: « - \u2018 1- Mi >>Æ,,V ¦ 'ii'.ji.'oÿ1,; Si®!® S^SSeS é$ - s»£m« \u2022¦\u2022.\u2022:\u2022¦;-¦ r:-\u2022\u2022> I M A N < Il K I » I* (\u2019 T 0 B R K I » » \tg\t\t\tgn\t+\t-\t«\tj\ti\t¦\t\u2014- \tH\tI\tI\tH\t ARTS VISUELS I) Il Profession: mécène La donation Charles S.N.Parent sur Jacques Villon au MBA MO?#:' LW EUHRSI OIJ.OQ! I Conférences DI: BA I PUBLIC CHARKTTe L-4Sii-)=niwg FasPPII.ilH'SI W4&V'' WM- ITIO|v| lEXPOamÔMl \t \\A GILERIE LINDKNERGE __ ,1 1049, bv.des Érables, Québec (418) 525-8393 Simon Carmichael .Jusqu'au 4 novembre Composition, détail 1927.Vernissage dimanche le 16 octobre à partir dé 14h MICHEL QUÉVILLON COLLABORATION SPÉCIALE Charles S.N.Parent travaille dans le monde de la finance, mais vit clrms celui de la culture.Voici un mécène, un vrai, mais que l\u2019épithète gêne un peu.«Le mot mécène a été employé pour les Médicis, dit-il.Alors, quand on tombe à Charles Parent on est clans une autre ligue.Disons que je suis dans le junior B du mécénat!» On n\u2019a pas à le croire, ht preuve de son exceptionnelle activité de collectionneur et de donateur, on la retrouvera dès cette semaine au Musée des beaux-arts de Montréal, avec l\u2019exposition d\u2019œuvres de Jacques Villon données par le mécène au Musée du Québec, entre 1987 et 1991.L\u2019exposition s\u2019intitule précisément Jacques Villon (1875-1963): la donation Charles S.N.Parent.Elle ouvre mercredi prochain et sera en place jusqu\u2019au milieu décembre.«Pour moi, une gravure possède une vraie valeur, dit ce conseiller en placements chez Lévesque, Beau-bien, Geoffrion.Tandis qu\u2019une obligation, qui recèle certes une valeur mobilière, se convertit en dollars.Il est difficile de s\u2019émouvoir pour des dollars.Mais une gravure.c\u2019est toujours excitant à voir, à palper, à toucher.C\u2019est miraculeux et concret à la fois!», explique-t-il, les yeux brillants, en se frottant le pouce et l\u2019index.Evidemment, M.Parent sait que sans argent, l\u2019acquisition d\u2019œuvres d\u2019art serait un simple rêve.Loin d\u2019en parler sur un ton badin, il l\u2019apprécie pour ce qu\u2019elle autorise : quelques petites folies ici et là.Il avoue d\u2019ailleurs honnêtement que sans les avantages fiscaux associé à son geste, sa collection n\u2019aurait pas été donnée de son vivant.Mais sa grande satisfaction, c\u2019est de permettre au public de découvrir l\u2019œuvre de Villon et les mouvements artistiques 0e mouvement cubiste et le groupe de la Section d\u2019or), auxquels il fut associé, notamment avec son frère Marcel Duchamp.Les 105 œuvres présentent les styles, les genres et les techniques pratiquées par le célèbre peintre-graveur.Le lot exceptionnel permet de prendre la juste mesure de ce chef de file de l\u2019estampe moderne en France.Charles Parent ne ménage ni moyens ni efforts dans sa quête de trésors.«Un collectionneur est limité par la disponibilité des pièces sur le marché et par l\u2019argent.11 arrive que l\u2019on fasse des folies.Récemment, j\u2019ai fait l\u2019acquisition de deux pièces qui vont être données cette année.C\u2019est assez coûteux de le faire comme ça.Mais bon! Je voulais que la collection soit améliorée.» Son complice français, Rolland Pressât, le tient au courant de ses nouvelles découvertes.En écoutant M.Parent, on sent qu\u2019une joyeuse complicité et une ferveur intellectuelle identique lient ces deux hommes.Collectionneur dans l\u2019âme En fait, Charles Parent est un collectionneur dans l\u2019âme.«Mes premières passions étaient de collectionner les Canadiana, les livres d\u2019histoires de la Nouvelle-France et de Charlevoix.Les vieux livres, les vieilles gravures m\u2019ont toujours attiré.Plus tard, je me suis intéressé aux livres illustrés par les peintres français.» L\u2019art contemporain québécois intéresse aussi Charles Parent.Sans prétendre être un connaisseur en la matière, il estime que les artistes québécois n\u2019ont rien à envier, côté talent, à qui que ce soit.Toutefois, le marché de l\u2019art québécois empêche qu\u2019ils jouissent d\u2019un rayonnement international égale à leur talent.Charles Parent respecte les marchands d\u2019art.Selon lui c\u2019est une vocation qu\u2019ils pratiquent II les encourage donc dans la mesure où le permettent ses ressources et le répit que lui laisse sa passion Villon.Comme s\u2019il n\u2019en faisait pas assez, il organise, en 1986, le concourt Duchamp-Villon, dont le premier prix allait cette année à Patrice Labastrou pour son œuvre Je compte sur le hasard autant que sur vos doigts.Passion, collection.impulsion.En art contemporain Charles Parent se fie à son flair.Ces amis artistes le conseillent parfois et sa femme refrène, dans la mesure du possible, ses impulsions qui lui ont tout de même permis d\u2019acquérir plusieurs œuvres québécoises intéressantes, Simonin, Bougie Pelletier.Mais qui l\u2019ont aussi forcé à consacrer un espace, qu\u2019il Sa grande satisfaction, c\u2019est de permettre au public de découvrir l\u2019œuvre de Villon Des folies! Au total, Charles S.N.Parent a offert près de 200 œuvres au musée du Québec, qui a monté cette exposition et préparé le catalogue de 189 pages qui l\u2019accompagne.Le mécène a découvert Villon en 1973, mais avoue avoir été imprégné d\u2019art et de culture dès son plus jeune âge, à Québec, sa ville natale.Tout jeune, il est nourri de littérature française du XIXe siècle.Il se délecte alors des tirades de Rostand, de citations de Gambetta, de vers de Musset déclamés avec passion par son père.Sa mère, Gertrude Bru-neau, elle-même peintre et sculpteu-re, le sensibilise aux arts visuels.Sa rencontre avec Jean-Paul Lemieux compte parmi les événements marquants de son adolescence avec son premier voyage en Europe à l\u2019âge de 15 ans.Trois ans plus tard, après un second séjour en Europe, il s\u2019installe à Montréal, où il vit toujours, pour étudier en lettres et en histoire.C\u2019est en fréquentant jes graveurs Vincent Théberge et Evelype Du-fault qu\u2019il développe son goût pour l\u2019estampe et découvre l\u2019œuvre de Villon, ce grand maître de la gravure qui illustra plusieurs œuvres littéraires.Son «premier coup de foudre» survient en 1973: les Bucoliques de Virgile dans la version de Paul Valéry illustrées par Villon.Comme tous les collectionneurs, CENTRE D'EXPOSITION ART CÉRAMIQUE CONTEMPORAIN ANN ROBERTS SCULPTURES CÉRAMIQUE Vernissage aujourd'hui le 15 octobre de 14 h à 18 h jusqu'au 12 novembre 372, rue Sainte-Catherine ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi au samedi de 12h00 à 17h30 Le Centre d'exposition Circa remercie le Ministère de la Culture du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.a baptisé, avec humour, «le salon (les refusés», aux croûtes que son intuition du moment élevait au firmament des grandes choses.A écouter cet homme sans prétention se moquer de lui-même, on a l\u2019impression que, dans le fond, ces gestes impulsifs sont un mal pour un bien, car le milieu de l\u2019art retire, dans l\u2019aventure, des sous bien venus.La crise qui secoue l\u2019art contemporain, ravivée depuis trois ans par ia «dilapidation» des deniers public pour l\u2019achat de Voice of fire de New-inan et du No.16 de Rothko, préoccupe Charles Parent.Il comprend la frustration du public devant l\u2019hermétisme de certaines œuvres d\u2019art.«C\u2019est tout à fait normal que le public veuille comprendre le message que l\u2019artiste tente de faire passer à travers son œuvre.Peut-être aurait-on parfois intérêt à proposer un texte explicatif pour aider les gens à suivre la démarche.» Pourtant, M.Parent sait aussi que l\u2019art exige un effort de la part du public et que les critiques véhémentes doivent être atténuées.Sensible à l\u2019existence difficile des artistes, aux risques inhérents à la remise en question des canons esthétiques, il refuse de voir en eux une élite qui plane au-dessus du public.Charles Parent raconte d\u2019ailleurs, que tout jeune, en 1956 il jouait au baseball sur les plaines d\u2019Abraham pendant que se tenait, à cinq cent mètres de là, une exposition Jacques Villon.11 doute que l\u2019œuvre l\u2019aurait séduit, à cette époque, comme elle le fera près de vingt ans plus tard.Les Petits Haleurs, d\u2019abord appelé Pêcheurs braquant leurs lignes.Du 19 octobre 1994 au 8 janvier 1995 Stratégies urbaines : Projets récents Harry Symons, Souvenirs urbains : Fragments récents, 1994.Huile et collage sur toile, 167 x 122 cm Collection de l'artiste.© Harry Symons 1994 L'exposition examine l'espace physique et social de la ville contemporaine tel qu'il est vu par quelques-uns des architectes, urbanistes et designers urbains les plus novateurs.Heures d'ouverture des salles d'exposition et de la librairie du CCA : mercredi et vendredi, 11 h à 18 h; jeudi, 11 h à 20h; samedi et dimanche, 11 h à 17 h.Renseignements : (514) 939-7026 Le CCA remercie le Conseil des Arts du Canada de son appui à la présentation à Montréal de cette exposition.La Ville de Montréal a également fourni son appui à la présentation de l'exposition et des événements qui y sont associés.La participation des invités français au colloque est rendue possible grâce au consulat général de France (Québec).Programme d'activités complémentaires Débat public sur l'avenir de la ville avec les candidats à la mairie de Montréal Le 20 octobre à 17 h 30 Salle Marie-Gérin-Lajoie, pavillon Judith-Jasmin, UQAM, niveau métro Entrée libre Charrette sur l'échangeur du Parc-des Pins Exposition de projets Du 25 octobre au 6 novembre Centre de design de l'UQAM, 200, rue Sherbrooke Ouest, Montréal 987-3395 Programme de films Images de villes Tous les mardis, du 8 novembre au 20 décembre Projections à 18 h 35 et 20 h 35 Cinémathèque québécoise, 335, boul.de Maisonneuve Est, .Montréal Droits d'entrée : 4$ par séance Colloque Montréal : Agir dans la ville Le 11 novembre à 17 h 45 et le 12 novembre à 10 h Théâtre Paul-Desmarais du CCA, 1920, rue Baile, Montréal Entrée libre Centre Canadien d'Architecture/Canadian Centre for Architecture 1920, rue Baile, Montréal (Québec) H3H 2S6 i t^Ulrthih\tVWTVJ2 # m ÏM5.Ç4 l* ^riJai^lr t« :.i-;^-.\t\\v.\t.;-\u2018.;.^jDf S;; ': M «$¦ I I f*.glfeS?- \u2022 ;v %»&' PHOTO: ROBERT SKINNER Vue au dernier «Expo cuisine salle de bains portes et fenêtres», ce lieu de rêve pour la pasta de Rosanna Cotunni (armoires de Décors Abitec en érable teint, mobilier Knoll très fettucine, signé Frank Gehiy, et stuc vénitien) rnuiu; vjil,de,ki l/uisL.uo Quelques trouvailles en flânant Mais ces nouvelles ambiances chaleureuses, traditionnelles ou rustiques, qui régnent dans les cuisines à la mode ne sont qu\u2019une apparence.Derrière les placages de cerisier, de cœur d\u2019érable \u2014 ou de cœur de palmier, tant qu\u2019à faire \u2014 de nos armoires, se cache une panoplie de ferrures, charnières, supports coulissants et autres roulements à bille, de plus en plus sophistiquée.C\u2019est ce qu\u2019on découvrait au stand des grossistes en quincaillerie Richelieu, qui avaient eu la bonne idée de construire une cuisine complètement transparente et d\u2019y monter à l\u2019intérieur l\u2019ensemble de leurs accessoires.Incroyable, tous les bidules et les machins qui peuvent exister, tel ce tiroir d\u2019où sort une planche à repasser comme un diable d\u2019une boîte, ce «coin magique» qui permet de faire pivoter hors de l\u2019armoire toutes les étagères qui se cachent dans les recoins, etc.Entre autres nouveautés de l\u2019automne: la charnière qui se monte et démonte sans outil.Pratique, pour les monte ou démonte-en-l\u2019air («Qui a volé ma porte en cœur de palmier!», hurla la voisine.) Un bon conseil aux bricoleurs: magasinez sur catalogue, tout autant que chez le détaillant, c\u2019est le seul moyen de tout trouver.Au hasard des allées, j\u2019ai aussi noté: ?\tle double siphon d\u2019évier de compagnie ontarienne Geberit, qui permet de gagner 40 % d\u2019espace sous l\u2019évier; ?\tla douche en colimaçon Lynpro, créée par la designer Francine Martineau, dans laquelle on entre en tournant, donc sans porte, ordinaire ou avec huit jets; ?\tles panneaux flexibles Richelieu Simtab, qui permettent de construire sa propre boîte à pain sur mesure ou tout autre devanture de meuble; ?\tles volets persiennes Capri en PVC (avec lattes larges, inclinables ou fixes), fabriqués ici mais sur une modèle importé d\u2019Italie par la compagnie de fenêtres Fenergic.L\u2019an prochain, nous annonce Ginette Ga-doury, le salon doublera de surface et divisera de moitié la longueur de son appellation pour devenir le Salon de la rénovation.Deux bonnes nouvelles, en somme.Persiennes Capri, non c\u2019est pas fini.Au musée McCord se tient jusqu'au 4 décembre une exposition délicieuse* et rafraîchissante qui nous ramène au temps où l'on avait coutume de marquer son linge de ses initiales.D\u2019où la nécessité d\u2019apprendre à broder des lettres et de s\u2019exercer sur ce qu\u2019on appelle des marquons.En fait, les marquoirs qui sont exposés au McCord montrent que ces carrés de tissu répondirent à bien des fonctions, en Angleterre et en France, avant de devenir, dans les écoles chrétiennes du Québec, de simples entraînements pour futures ménagères.Certaines jeunes filles y exprimaient là leurs talents d\u2019artistes, pas seulement dans des lignes de lettres et des abécédaires, mais encore avec des maximes ou un dessin, qu\u2019elles étaient d\u2019ailleurs bien fières de signer au point de croix.Et la superbe carte de l\u2019Europe brodée par Miss Barrett en 1798 témoigne d\u2019une mode qui voulut unir la broderie \u2014 exercice qu\u2019on accusait à cette époque d\u2019abrutir les filles \u2014 à l\u2019enseignement d\u2019une matière réputée «masculine» comme la géographie.Au gré de ces travaux d\u2019aiguille précieux et fragiles, qui font pour la première fois au Québec l'objet d\u2019une exposition, il n\u2019est pas rare de deviner le caractère de la brodeuse: celle-ci était impatiente, celle-là espiègle.Et cette autre inscrivit, de ses propres cheveux sur un carré de soie diaphane, un poème destiné à un amoureux.?Noirs de mode Association canadienne pour la pro-t motion des designers noirs de mode a été fondée en juillet dernier et regroupe, pour l\u2019instant, une quinzaine de membres, issus de régions aussi diverses que le Soudan, les Caraïbes ou tout simplement le Québec.Seul point commun à tous ces créateurs: la couleur de la peau, qui est encore pour eux, quoi qu\u2019on en dise, un certain handicap, selon le couturier M\u2019Backé Seye, fondateur de l\u2019Association.Un défilé de mode prévu pour ce mercredi 19 octobre, au Centre de commerce mondial de Montréal, permettra de se faire une idée de la variété de leurs créations.Information au 8494748.?Les travaux et les jours Le Musée Joseph-Filion de Sainte-Thérèse fêtait cette semaine la fin des travaux de rénovation extérieure.Il faut dire qu\u2019on a eu chaud: vers 1988, le Foyer Drapeau tout voisin, aujourd\u2019hui centre hospitalier, croyant en être propriétaire, voulut raser cette vieille demeure bâtie en 1898, pour en faire un parking.«Halte là!», s\u2019écria la Société d\u2019histoire des Milles-Îles, qui finit par se retrouver en charge de la bâtisse, par les vertus d\u2019un bail emphytéotique.Jadis construite par le forgeron Filion pour lui, sa femme, et sa forge (qui elle, est toujours là), la maison est maintenant un musée d\u2019histoire privé, qui présente deux expositions par année.En ce moment, on y raconte le travail quotidien de la femme au début du XXe siècle, tel qu\u2019il s\u2019organisait au fil des saisons.Mais attention, en se basant sur les souvenirs d\u2019enfance de deux citoyennes du coin, nées en 1910 et 1918.Car la Société d\u2019histoire a pris la bonne habitude d\u2019enregistrer les témoignages des aînés de la région et possède aujourd\u2019hui 450 cassettes, en plus d\u2019une collection d\u2019objets soigneusement sélectionnés.Par l\u2019entremise de sa présidente Marie-José Laurin, la Société organise aussi des promenades guidées dans Sainte-Thérèse.Information au (514) 434-9090.SOPHIE GIRONNAY \u201c \" \u2022 ère des cuisines laboratoires, / «frettes et blanches» comme des lavabos, toute mélamine dehors, est bel et bien révolue.C\u2019est la , conclusion qu\u2019on pouvait tirer, la J fin de semaine dernière, du salon _ «Expo cuisine salle de bains porte et fenêtre» qui se déroulait Place Bona-venture.La fine fleur de la rénovation intérieure s\u2019exposait sur cent mille pieds carrés, sous la présidence éclairée de Ginette Gadoury (fondatrice de Décormag et actuelle âme dirigeante du chic Salon international de design de Montréal).Dès l\u2019entrée, on était dans le ton, avec le stand du fabricant d\u2019armoires de cuisine Denis Couture, joliment conçu en placage de cœur d\u2019érable teinté brun et mauve (décor signé Maryse Duval et Albert Leclerc).Couleurs chaudes, lignes courbes et finis bois semblent bien revenir en force depuis un bout de temps dans la décoration intérieure.Mais cet automne, il ne s\u2019agit même plus d\u2019une tendance.C\u2019est un fait accompli.Témoin les quatre aménagements de cuisine et de salle de bains créés, tout spécialement pour le salon, par quatre designers de profils différents.Chacun devait développer le thème du style champêtre.Rosanna Cotunni: la classe Rosanna Cotunni est née à Bergame, en Italie.et ça se voit.Son décor remportait, haut la main, la palme du bon goût et de l\u2019esthétisme raffiné.Tout le monde, évidemment, n\u2019a pas les moyens de meubler sa cuisine «campagnarde» avec des meubles signés du célèbre architecte californien Frank Gehry (créés pour la maison Knoll).Mais on peut s\u2019inspirer de cette joyeuse palette de couleurs acidulées (de l\u2019orange, du jaune), retenir l\u2019idée des grandes peintures qui ajoutent un coup de panache, ou prendre exemple sur le dépouillement de l\u2019ensemble.La hotte est une création de la designer et le fini des murs, à s\u2019en lécher les babines, met à profit les techniques vénitiennes anciennes de crépi à bas de chaux (même s\u2019ils sont réalisés par la compagnie québécoise.evant! Venezia revêtements architecturaux).«Il s\u2019agit, explique Mme Cotunni, d\u2019une sorte d\u2019enduit avec effet à\u2019encausto, qui change de couleur selon le nombre de couches qu\u2019on applique.Et c\u2019est étemel!» Rosanna Cotunni s\u2019est fait connaître par sa décoration des bureaux administratifs du Musée d\u2019art contemporain de Montréal, où l\u2019on retrouve sa touche mi-dépouillée, mi-humoristique, et son talent à mélanger le chaud et le froid, dans les matières comme dans les teintes, sans qu\u2019il n\u2019y paraisse.Marc Chapleau: l'imagination À Marc Chapleau, le prix de l\u2019inventivité.Sa petite salle de bains verte et violette déborde d\u2019idées amusantes dont, en prime, il est facile de s\u2019inspirer au moment de refaire des travaux chez soi.Qui n\u2019a pas, par exemple, un vieille échelle qui traîne quelque part, aisément reconvertible en support à serviettes, journaux, etc.On remarquera la douche faite maison, en planches mais doublée de céramique.Marc Chapleau s\u2019est lancé dans la créa- Marc Chapleau fera-t-il des bulles?Ci-contre, l\u2019étal aux trésors de Richelieu quincaillerie.tion de mobilier au dernier SIDIM \u2014 où il fut remarqué \u2014 avec toute la fougue de sa jeunesse.après bien des années en décoration d\u2019intérieur.Un faux «p\u2019tit jeune», quoi.Du décor luxueux de Philippe Dagenais \u2014 aussi «champêtre» qu\u2019un condo du Sanctuaire \u2014 je retiens surtout le jeu somptueux des placages de bois: chêne aux armoires, dallages en mosaïque au sol, etc.Philippe Dagenais est sans doute le plus connu des décorateurs montréalais, avec 25 ans de carrière, une boutique et tout le tralala.Tout en respectant le thème imposé, Réal Boulanger est le seul des quatre qui semble avoir réalisé une vraie cuisine fonctionnelle, comme on en voit chez les marchands, et chez les gens, avec assez de rangements, de tiroirs et de toute cette sorte de choses.C\u2019est peut-être son expérience dans le secteur commercial qui lui garde les pieds sur terre.PHOTO: G.STE-MAKIr.A1C "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.