Le devoir, 19 novembre 1994, Cahier D
[" ?LE DEVOIR Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page 1)5 ?Arts visuels Page Dl 7 Louis-Paul Lemieux Page D20 L E I) E V (I I R , L E S S A M E 1)1\t19 E T D I M A N C II E 2 O N O V E M R R E 19 9 1 Louis Hamelin Vous avez dit romantique?DANIELLE LAURIN Au bar Blues clair cet après-midi-là, Louis Hamelin a les deux mains aggripées à son verre de Perlier et les yeux qui fuient derrière sa tignasse.Louis Hamelin se méfie.Se méfie de lui?Se méfie en tout cas (Jes images qui lui collent à la peau.A commencer par celle de l\u2019écrivain loubard qui passe sa vie dans les bars.«J\u2019ai l\u2019impression que ça permet aux gens de ne pas me prendre au sérieux.» Pour ce qui est d\u2019en faire l\u2019écrivain représentait de la génération X, on repassera.«Une fille, un soir dans un bar m\u2019a dit qu\u2019il fallait que j\u2019arrête de me présenter ou d\u2019agir comme l\u2019écrivain représentatif des jeunes.Mais je n\u2019ai jamais prétendu ça! J\u2019ai 35 ans.Je ne prétends pas du tout être représentatif des gens qui ont 20, 25 ou même 30 ans.» Louis Hamelin crie au malentendu.«Quand j\u2019ai publié mon premier roman, La rage, on a cru déceler une nouvelle génération d\u2019écrivains.Quant à moi, c\u2019est toujours resté une formule à l\u2019usage des journalistes et des critiques.» Et au cas où on n\u2019aurait pas compris: «Un écrivain ne représente jamais personne d\u2019autre que lui-même.Les lecteurs peuvent se reconnaître, s\u2019identifier à un auteur, mais de là à faire d\u2019un écrivain ou de n\u2019importe quel artiste une sorte de cas général ou de porte-étendard.».Le mythe de l\u2019écrivain pauvre qui crée dans la dèche nécessairement ne lui sied pas non plus.«Crever de faim n\u2019aide pas à écrire que je sache! L\u2019inspiration n\u2019a rien à voir avec les conditions matérielles.Mozart qui meurt dans la misère et l\u2019anonymat et qui n\u2019a même pas son nom sur la croix.Non, je ne pense pas que ce soit essentiel.» Quant à ce reproche qu\u2019on lui a fait d\u2019utiliser trop de métaphores et de mots savants dans ses livres: «Ça me déçoit, vraiment.Je me souviens quand je lisais Aquin et Du-charme qui employaient dans certains livres tout un lexique scientifique, celui de la pharmacologie pour Aquin, celui de la botanique pour Ducharme.moi, personnellement, ça stimulait ma curiosité plutôt que de me rebuter.Pour moi, un des rôles de l\u2019écrivain, c\u2019est justement d\u2019être cet agent de circulation des langages qui nous amène à brasser les codes, à faire se côtoyer différents jargons, différents niveaux de langue.J\u2019ai peut-être eu tendance à en abuser dans mes livres, les critiques qu\u2019on m\u2019a faites ne sont assurément pas dénuées de tout fondement.Mais pour moi, avant tout, c\u2019est une question de conception du langage et de la littérature.» Pour Louis Hamelin, et il y tient, le langage est nécessairement quelqiie chose de complexe, comme la vie est complexe.L\u2019absolue limpidité de la langue comme de la vie, très peu pour lui.«Pour certains, la littérature doit VOIR PAGE D 2: HAMELIN Louis Hamelin ' \\ MH «SH lllll 'StâffiSÊgÊlk zssiïmm -AJ 'P*»J -S w rwrv * 4il # w, ¦ : \u2022 ' .'' VJ; .ïï-\u2019S i ;'V\t: 1 mm LVClA'} Mgra .: ' > ¦ ¦ mm ; .i m® .WW0f m?:- ¦xïgM Mmm wm : ; ¦ SM WMmmk CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR LM arrivisme, la duplicité, la démesure, * l\u2019humour noir pouvant aller jusqu\u2019à l\u2019au-I todérision (dans Candide), le sens du marketing et une curiosité jamais éteinte n\u2019épuisent pas les qualités qui font de l'abject et prolifique monsieur de Voltaire \u2014 dont le corpus comprend entre autres 15 000 lettres \u2014 un être à la fois fascinant et imprévisible.Ce géant amoral vilipendé par les calotins, cet être cultivant jusqu\u2019à plus soif Part de la courtisanerie, ce personnage «anti-nouvel âge» vous sert d\u2019accompagnateur «L\u2019importance de Voltaire, c\u2019est bien d\u2019avoir prouvé par A+B que la littérature n\u2019avait pas à être sincère, mais bien utile et efficace.» dans la dernière romancerie de VLB, laquelle prend en compte la «monstruosité totalitaire» du pamphlétaire-académicien dont on célèbre le 21 novembre le 300e anniversaire de naissance.Victor-Lévy Beaulieu nous a déjà prouvé qu\u2019il savait captiver le public depuis des décennies avec ses voyageries autour de Melville, de Kerouac, de Ferron et de Hugo.11 se surpasse ici, nous donnant le tournis aux diverses étapes de l\u2019enfermement auquel il a consenti durant deux mois, l\u2019an dernier: «Je suis plutôt non violent (.) mais quand en raison d\u2019un problème d\u2019alcool tu t\u2019en prends à d\u2019autres que tu blesses gravement (.) je m\u2019suis dit j\u2019vais arrêter», d\u2019autant qu\u2019il ne tient pas à une fin à la Malcolm Lowry.sur cette question, il se garde toutefois de faire la morale «mais c\u2019est prendre la décision qui est le plus dur».De ces graves événements, l\u2019écrivain sait tirer VOIR PAGE D 2 : BEAULIEU GIRERD Aide-mémoire Cent-vingt caricatures couleurs ou noir et blanc de celui de nos caricaturistes qui nous est devenu le plus familier.Vol de 12S p.\u2014 24,95$ PHOTO JACQUES NADEAU I.E DEVOIR I) 2\tL !\u2022: I) K V II I R .I.K S S A M H I) I I !» K T I) I M A N (' Il E 2 (I N 0 V E M R II E I !) !) I I V II E $ 362 jours par annee de 15 h à de 10 h à et de 13 h à de 10 h à Une mosaïque paysages parfums 69.95 $ Un cahier de recettes et un ilburn de 69.9: Boréal Qui m\u2019aime me lise k O K fl R T C A R R ! F R Promenades gourmandes ^ en Provence n jardin I .'Mrè/éi LIBRAIRIE HERMÈS RENATJD-BRAY Escales raffinées aux meilleures tables 69.95 s \t\t\t «n\tsais\t\t seulement\t\t\t q u\te ce son\tt\t des lieux\t\t\t sacrés»\t\t\t Robert Carrier\t\t\t Recettes-dîners de\" chasse à courre IOI.95 S\tW Alhin Miche 7 JOURS - 7 SOIRS jusqu'à minuit 5219, chemin de la Côte-des-Neiges © Côte-des-Neiges (514) 342-1515 4301, rue Saint-Denis © Mont-Royal (514) 499-3656 5117, avenue du Parc © Laurier (514) 276-7651 1474, rue Peel © Peel (514) 287-1011 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 télec.: 274-5660 SUITE DE LA PAGE D 1 être minimaliste \u2014 le maximum d\u2019émotions dans le minimum de mots \u2014 et la langue, nette et pure.Comme si la littérature, le langage, n\u2019étaient là que pour refléter la pensée.Je ne partage pas du tout cette conception d\u2019ailleurs très classique.Ma conception à moi du langage est au contraire tout à fait romantique, c\u2019est-à-dire que je vois le langage comme un code qui comporte ses zones d\u2019ombres, ses obscurités, ses opacités.Ça se rapproche un peu de la fonction de la poésie en fait: la poésie, c\u2019est un langage qui ne veut pas dire ce qu\u2019il est en train de dire, ou qui veut dire plus.Dans mon écriture, je dois me situer quelque part, je ne sais pas exactement où, entre la poésie et la science.» La science a longtemps préoccupé et préoccupe encore Louis Hamelin.De son passé de biologiste et d\u2019écologiste, il a gardé d\u2019ailleurs, il l\u2019avoue, une vision elle-même romantique de la nature qui finit toujours ; par prendre le dessus dans ses ; livres.«Le monde vivant m\u2019a toujours attiré.L\u2019écologie au âond, c\u2019est quoi?C\u2019est le rapport de l\u2019être vivant à son milieu, c\u2019est les rapports des êtres entre eux et des être avec la nature.Pour moi les rapports avec la nature sont romantiques comime ils l\u2019étaient d\u2019ailleurs pour Jean-Jacques Rousseau.J\u2019aime le monde vivant dans ce qu^il a de tourmenté.» \"\" C\u2019est parce qu\u2019il a eu envie d\u2019exprimer ce tourment-là en dehors des règles de la sacro-sainte objectivité scientifique que Louis Hame-_ lin à 28 ans a commencé à écrire La Rage.- - «Je ressentais le besoin d\u2019exprimer ma subjectivité, ma sensibilité, mon propre rapport au \u2019monde, ce que la profession scientique ne per-îmet pas ou très peu de faire.» * Et tout de suite, dès qu\u2019il a commencé à écri- re, D)tiis Hamelin a senti, rien de moins, qu\u2019il était fait pour ça.«J\u2019ai senti qu\u2019écrire, c\u2019était ma vocation, même si ce mot est un peu usé.En cours d\u2019écriture il y a eu bien sûr une part de doute, d\u2019incertitude, mais le succès du roman et le prix du Gouverveur général sont venus confirmer ma conviction que j\u2019étais sur la terre pour faire ça, écrire.» C\u2019est-à-dire?«C\u2019est-à-dire: rechercher la vérité de l\u2019individu, la vérité de soi.Rien à voir avec la Vérité universelle, la Vérité avec un grand V qui a causé tant de torts dans l\u2019histoire de l\u2019humanité.Non.La vérité, c\u2019est d\u2019abord ce qui se dégage de notre rapport au monde.Et pour moi, écrire, c\u2019est exprimer cette vérité-là.» Vision romantique du langage et de la littérature, vision romantique de la nature.et l\u2019amour dans tout ça?« Je suis souvent porté à traduire l\u2019amour en des termes d\u2019inaccessibilité, d\u2019impossibilité ou de drame.J\u2019ai peut-être bien une vision romantique de l\u2019amour, oui.Même si je trouve que c\u2019est devenu difficile d\u2019employer ce mot, \u201cromantique\u201d, et là, c\u2019est le bon de temps de parler de génération.C\u2019est un mot qui est devenu délicat à employer maintenant, parce que c\u2019est un mot auquel on a fait tout dire.» Et si on faisait dire au mot ce que Louis Hamelin veut lui faire dire?«Je crois à ce que le mot \u201cromantisme\u201d exprime, très simplement: la jonction des êtres, la communion, la communication, la complicité.Voilà ce que je crois vraiment.» Depuis un moment déjà Louis Hamelin a troqué son Perrier pour une Black.Il a cessé aussi de regarder de tous côtés comme un être traqué.Se pourrait-il qu\u2019il que se soit passé là quelque chose qui ressemble à un moment de vérité?Louis Hamelin Betsi Larousse XV/ Ma grammaire: un best-seller! MARIE LAURIER LE DEVOIR Aussi étonnant que cela puisse paraître, la grammaire québécoise rédigée par Jacques Laurin et Roland Jacob remporte un grand succès de librairie.Mais il suffit de voir ce livre à la couverture attrayante, de feuilleter ses 434 pages, de s\u2019arrêter devant les photos des personnalités de notre patrimoine culturel, culturel, historique et sportif qui servent de parangons à l\u2019étude de la langue de Molière pour que nous tombions sous le charme.On comprend dès lors que Ma Grammaire lancée par les Editions françaises figure depuis quelques semaines au palmarès des best-sellers.Chacun se souvient que la seule évocation d\u2019un concours de grammaire a fait frémir bien des écoliers, comme si ce devait être une torture d\u2019apprendre les codes et les pièges d\u2019une langue.Il est vrai que la facture physique des manuels de notre enfance n\u2019avait rien de particulièrement attirant avec ses nomenclatures de verbes irréguliers, d\u2019exceptions qui confirment les règles et ses tours de passe-passe pour apprendre la conjugaison à l\u2019imparfait du subjonctif ou encore, cauchemar entre tous, des fameux accords des participes passés.Par contre les exercices parfois tordus que nos professeurs et nous-mêmes bien souvent inventions pour nous faciliter l\u2019assimilation des difficultés de la langue française nous plaisaient bien quand ils ne nous faisaient pas rire aux éclats.Preuve que pour apprivoiser peu à peu les grands principes parfois bizarres de l\u2019apprentissage d\u2019une langue, lesquels n\u2019ont rien de particulièrement poétiques, encore que cela soit discutable, on peut y parvenir avec un peu d\u2019imagination et d\u2019humour.Il me souvient que pour retenir les conjonctions de coordination on les associait à un personnage mystérieux du nom de Camior: «mais-ou-et donc-car-ni-or»?1res sept mots en ou dont le pluriel finit avec un x?Je vous fais grâce des phrases pas toujours catholiques que nous inventions pour retenir les heureux bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux et poux.C\u2019est simple, puisque tous les autres prennent un s au pluriel.concluait doctement l\u2019enseignant Ce qui fait l\u2019intérêt du nouveau manuel, fruit d\u2019un travail de plus de quatre ans, entièrement québécois mais en respectant rigoureusement le français universel, c\u2019est qu\u2019il semble nous appartenir en propre avec ce titre au possessif alléchant puisqu\u2019il s\u2019agit de «ma» grammaire et non pas celle de n\u2019importe qui.Détail, direz-vous, mais c\u2019est souvent dans les détails que l\u2019on détermine de l\u2019importance ou de la valeur d\u2019une chose, à plus forte raison lorsqu'il s\u2019agit d\u2019un livre à vocation scolaire et didactique.Approche personnalisée Aussi les auteurs ont-ils opté pour une démarche d\u2019apprentissage graduée en quatre étapes, chaque notion étant identifiée en couleur par un texte de présentation illustré par son inspirateur et encore une fois le «je» personnalise la démarche de l\u2019utilisateur.Je prends un exemple au hasard: en page 194, pour l\u2019étude des propriétés du pronom, je lis le texte choisi sur Frédéric Back, et ensuite j\u2019observe, je remarque et je retiens.Pas moyen de se fourvoyer dans des dédales d\u2019explications sibyllines, de termes savants ou de références hors de notre univers puisqu\u2019elles sont toutes puisées dans notre propre patrimoine.Les auteurs Il convient de présenter les artisans de cette si sympathique grammaire.Le linguiste Jacques Laurin est bien connu du public par ses nombreuses chroniques à la radio et à la télévision.Il est l\u2019animateur attitré de Notre langue parlée à Vidéotron et jusqu\u2019à tout récemment directeur général du Conservatoire Lassalle.Il a présidé le jury québécois du fameux concours d\u2019orthographe de Bernard Pivot et depuis trois ans il préside le jury de la Dictée Paul Gérin-Lajoie.Le professeur Roland Jacob mène une une fructueuse carrière d\u2019enseignant du français ici et en Afrique, comme conseiller et aussi directeur du programme de perfectionnement des maîtres en français.On comprend que ces deux passionnés de la langue française, de surcroît éducateurs émérites, signent une grammaire que chaque foyer devrait posséder.Et nécessaire de l\u2019envelopper sous l\u2019arbre de Noël, sa couverture a déjà une allure de fête avec un vert sapin profond d\u2019où ressortent les lettres multicolores du titre Ma Grammaire.Félix en quatre livres d'or MARIE LAURIER le devoir On commence par les feuilleter un à un ces quatre beaux livres d\u2019art résumant l\u2019œuvre littéraire du grand Félix Leclerc.Puis peu à peu on s\u2019attarde à relire le triptyque Adagio-Allegro-A n da h te parmi ses premiers textes.Un bref regard sur Le Calepin d\u2019un flâneur, l\u2019ancien, le nouveau ou le même, peu importe, c\u2019est toujours du Félix et il suffirait de presque rien pour que l\u2019on se mette à fredonner le Ft it bonheur.Sauf que des images nous attirent dans l\u2019un ou l\u2019autre des quatre tomes des oeuvres du poète, celles créées spécialement par une cinquantaine de peintres québécois qui rendent ainsi un hommage posthume à celui que l\u2019on qualifie de «pionnier de la chanson québécoise».On retrouve des illustrations signées Tex Lecor, Clémence Desrochers, Normand Hudon, Jean-Paul Ladouceur et tous les autres artistes, trop contents de célébrer la mémoire de Félix.Et puis, on s\u2019empresse de lire les témoignages de ses 33 «personnalités» qui elles aussi ont des comptes d\u2019amitié et de reconnaissance à lui rendre.Ire poète n\u2019a plus à se demander ce que sont devenus les Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault, Claude Léveillée, Yves Duteil, Monique Leyrac, Guy Mauffette et tous les autres qui expriment leur amour et leur ennui de celui qui fut leur maître.L\u2019édition de ces beaux livres, Les Œuvres de Félix Leclerc, choisies, revues et corrigées par lui-même, a été confiée au spécialiste en arts graphiques Henri Rivard que nous vous présenterons dans ces pages la semaine prochaine.BEAULIEU / «Ecrire n'est pas un match individuel» procès en libelle, d\u2019où il conclut que le langage «babellisé» de notre droit est chose bien triste.qui lui coûte 125 000 $.Ire encore, il excelle à ironiser dans Monsieur de Voltaire à propos de cette «Mme Blanchenei-ge» de laquelle il a un jour, dans Le Devoir, laissé entendre quelle avait pu «pirater» l\u2019une de ses idées! Il en allait autrement, confie-t-il, lorsque Louis Fréchette croisait le fer avec William Chapman et l\u2019accusait de plagiat, la réponse prenant tout simplement la forme d\u2019une autre œuvre musclée {Le Lauréat).Médiocrité et recueillement Nous vivons dans une société qui est parvenue à tout «policer», fait-il sans se résigner vraiment.Il avoue d\u2019ailleurs que le mot le plus haïssable à ses yeux est «médiocrité», illustrée selon lui par Daniel Johnson fils qui tient à tout prix à tenir le milieu de la route, «pas plus d\u2019un bord, pas plus de l\u2019autre», et qui se retrouve démuni de toute passion.Et le mot le plus beau?«Actuellement, je vous dirais que c\u2019est pour moi recueillement pour ce double contenu de cueillir et recueillir», comme s\u2019il y avait là promesse d\u2019une récolte doublée de sensations et de rêves.VLB rêve, lui, de cette grande œuvre «je dirais joycienne» qui saura un jour camper le Québec comme un jour le fit Joyce pour l\u2019Irlande du Ulysse.C\u2019est l\u2019occasion pour lui de revenir sur son intuition voulant qu\u2019écrire «n\u2019est pas un match individuel», que c\u2019est une réalité qui a nom «génie collectif» et qu\u2019elle finira toujours par s\u2019exprimer sans qu\u2019on puisse en prévoir la forme précise.L\u2019important est pour lui, comme le suggérait William Faulkner, d\u2019entretenir «un projet si vaste que tu ne puisses pas le perdre de vue».11 cite encore Borges soulignant que c\u2019est tout simple d\u2019enfanter Don Quichotte: «Il suffit d\u2019être né en Espagne, de s\u2019appeler Cervantes et d\u2019avoir assimilé tous les romans de chevalerie!» Victor-Lévy Beaulieu pétunera encore safrement, il caressera souvent sa barbe grise, cultivera son jardin, nous racontera ses angoisses et son affection pour libertins et libertaires.Boulimique d\u2019écriture \u2014 il lui est arrivé de publier quatre fois la même année \u2014 il continuera, comme Voltaire, à croire que «le monde est un état de jungle et bien fol qui s\u2019y lie vraiment».HAMELIN / «Ecrire, c'est exprimer la vérité de soi» ces volets de sa personnalité sont efficacement mis à la disposition de son génie du «marketing profond», c\u2019est-à-dire de l\u2019art d\u2019accroître sa visibilité et de persister dans ses campagnes, comme lorsqu\u2019il appelle ses amis philosophes à «écraser l\u2019infâme».Voltaire était déiste; «il faut avoir une religion et ne pas croire aux prêtres», a-t-il écrit un jour où il n\u2019avait pas à solliciter de faveurs du pape Benoit XIV.Il fut «anticlérical comme c\u2019était de mise à l'époque (.) et s\u2019il a combattu la religion, c\u2019est qu\u2019il y voyait le fondement même du fanatisme et de l\u2019intolérance».Sourire en coin sous son authentique béret basque \u2014 trait qui permet d\u2019allier militantisme et coquetterie?\u2014 Victor-Lévy Beaulieu est intarissable, serein, disponible et somme toute optimiste: «Comme écrivain, je me considère comme un marathonien.En faisant le compte, si j\u2019ai encore 12 ans à produire, aussi bien m\u2019entraîner, être en forme», glisse cet auteur de 49 ans sorti d\u2019un long tunnel.«Je ne regrette aucunement les moments où cette prise de liberté, par moment euphorisante», apportait sa part de contentement.Un devancier S\u2019il tient tant à braquer les projecteurs sur Voltaire, sans occulter ses verrues il va sans dire, c\u2019est qu\u2019il le considère comme un devancier, doté au surplus du sens du théâtre, dans cette lutte pour )a tolérancp, pour la division entre l\u2019Église et l\u2019État, dans la hardiesse à empoigner les mots qui font recette et donnent parfois lieu à des ressacs.VLB a d\u2019ailleurs connu à ses dépens cet effet boomerang des mots lors d\u2019un retentissant SUITE I)E LA PAGE I) 1 des descriptions par moments hilarantes, comme lors de séances avec son thérapeute à l\u2019accent «sagoui-nesque»; la radio FM de Radio-Canada nous en fera goûter la saveur par la lecture qu\u2019en fera Gilles Pelletier dès le 22 novembre.On rigole (jaune?) lorsque vient l\u2019heure de discuter avec un curé atteint d\u2019éthylisme de la valeur du vin de messe; ou lorsque l\u2019«enfermé» se coletaille avec «Madonna», ancienne danseuse de cabaret faisant partie du personnel qui encadre ce microcosme de paranoïa et de tripes à nu.Dans son maigre baluchon emporté de Trois-Pistoles, avant Xenfermement, VLB a glissé bon nombre de textes de Voltaire et d\u2019études sur le châtelain de Femey, ce lubrique et ludique conseiller de plusieurs grands personnages tels Frédéric de Prusse et Catherine de Russie.Voltaire fut entre autres l\u2019infatigable défenseur de quelques opprimés d\u2019alors \u2014 on retient son discours sur la tolérance et sa campagne sur «l\u2019affaire Calas».Dans les troubles survenus à Genève où il avait fui les Welches \u2014 nom péjoratif qu\u2019il accole aux Français \u2014 n\u2019a-t-il pas «soutenu et trahi tous les partis» comme le signale René Pomeau dans son Voltaire par lui-même, aux éditions du Seuil?«L\u2019importance de Voltaire, rétorque VLB rencontré cette semaine chez son éditeur Stanké, c\u2019est bien d\u2019avoir prouvé par A + B que la littérature n\u2019avait pas à être sincère, mais bien utile et efficace.» Il ajoutera plus tard que les louvoiements, le côté caméléon de François-Marie Arouet dit Voltaire interviennent sans que Voltaire «ait un problème de morale»; Du jeudi 17 au mardi 22 novembre Seances de signature au stand #247: Raymond Plante DIMANCHE LUNDI L\u2019éto e MARDI a pleure SaÜ Raymond Punie L'ÉTOILE A PLEURÉ ROUGE rouge Une nouvelle histoire d\u2019Esther Martin, l\u2019héroïne de La Fille en cuir.Un roman noir sur la violence qui sévit dans notre société.0 t v i I.K |) !\u2022: V o | It , I, !\u2022: S S A M K I) I I !) K T l> I M A N (' Il K Il \\ (I V K M II It E III II I I) De la passacaille au jazz ALLIES WfcLCOME \\w ÿK&.è au mardi 22 novembre Séances de signature au stand #247 SAMEDI Qui m\u2019aime me lise Ctantai Saint-Jarre siaa Prix du Gouverneur Général JARRE CHANT Editions Denoël « Les sidéens sont à la fois notre tiers-monde et notre apartheid ».Face à eux s\u2019expriment les tabous, les préjugés et les peurs qui hantent notre société.Peur de la mort que l\u2019on préfère fuir, drame aussi d\u2019une époque où par le sang et le sperme la chaîne des générations se brise.Psychothérapeute, Chantal Saint-Jarre nous livre de manière émouvante instructive sa réflexion à partir de son expérience sur le terrain.L\u2019auteur de L\u2019Occupation américaine écrit comme on sarcle un terrain, sans états d\u2019âme ni soins idéologiques; il délimite, il sépare, il range, il énumère, il fouille, il creuse et retourne, il égalise, il embellit, il assombrit, avec une application maniaque et une manière de n\u2019y pas toucher, d\u2019effleurer des sujets et de faire son ordinaire comme un jardinier de carrière.Giraudoux, vous dis-je.Quignard \u2014 qui imagine déjà le film, sans doute \u2014 fait revivre avec un détachement soigné cette période des premiers jeans, de la découverte des Coca, des disques de Buddy Holly, des jeep de la Military Police et des US Go Home peints sur les routes ou les granges dans la France à peine remise des années troubles de l\u2019Occupation allemande.Pascal Quignard, né en 1948, n\u2019a pas puisé en lui cette matière mais il organise et reproduit les souvenirs d\u2019un autre, son cinéaste et ami Alain Corneau, né en 1943 sur les bords de la Loire et qui, comme Patrick Carrion le jeune héros du roman, avait 15 ans en 1958.L\u2019interrogation qui court dans L\u2019Occupation américaine, et qui a son signal dans ce O majuscule, n\u2019est pas développée outre mesure par Quignard.Elle demeure en sourdine, comme un nocturne de PHOTO Pascal Quignard trompette.Car le roman à, thèse et à tambour n\u2019a plus cours.A petites touches le narrateur va nous faire découvrir, au-delà du drame des adolescents qui se sont juré l\u2019amour total à 14 ans et que les bourrasques de la vie vont séparer \u2014 duo tragique et motif central du tableau \u2014, la nuit éternelle qui encercle Meung-sur-Loire, qui fut occupée tour à tour dans l\u2019histoire par les Celtes, les Germains, les Romains, les Vandales, les Alains, les Francs, les Normands, les Anglais et les Allemands, puis les Américains.Cette nuit oppressante enferme l\u2019histoire des hommes, toujours impuissants et prisonniers de l\u2019histoire.Dans cet après-guerre Quignard signale avec une ironie maligne certaines habitudes récurrentes, d\u2019une occupation l\u2019autre: «Meung s\u2019était tu sous la Seconde Guerre et les villageois se taisaient toujours parce que la terreur en quelques années ne s\u2019était pas usée.Ils avaient connu les Allemands.Ils découvraient dans la stupeur les Américains qui avaient pris leur place, qui envahissaient les banlieues d\u2019Orléans, qui édifiaient des pavillons, qui étendaient leurs bases, qui déroulaient des miles et des miles de fils de fer barbelés, protégeant leurs dépôts, leurs facilities, sauvegardant leurs magasins propres, contrôlant avec leurs médecins et leurs règlements sanitaires les bordels alentour.» Dans la bande d\u2019amis de Patrick Carrion, fils unique du vétérinaire, et de Marie-Josée Vire, fille abandonnée par une mère qu\u2019on n\u2019a pas revu depuis la guerre, on réagit différemment à cette libération-intrusion: ce sera d\u2019abord la fascination secrète, les poubelles que l\u2019on va fouiller près des grilles du camp militaire à la nuit tombée, les Dinky Toys, les bouteilles de Coca-Cola avec lesquelles on fait des lampes dans des cachettes sur les îles aux saules de la Loire, les comics et les pots de Peanut Butter, des calendriers d\u2019Ava Gardner et des numéros froissés de Life.Ensuite ce sera la fréquentation éblouie: l\u2019admission au mess où des soldats musiciens font un jazz tonitruant, le bonheur de Patrick dans un monde étranger et pourtant trouvé sur place, l\u2019amitié avec un sergent qui a fait le Pacifique, le Japon et la Corée, et puis le baptême quand dans la bouche des soldats le nom de Patrick Carrion deviendra Pee Cee.Les années passent, de 14 à 18 ans Patrick et Marie-Josée vont terriblement vieillir.Le pacte d\u2019amour perd de son exclusivité dans les virées de musique, dans les beuveries d\u2019hommes au mess, Marie-Josée fréquentera un soldat, un copain de Patrick aux idées communistes va entrer dans une résistance féroce envers les Yankees, et Patrick s\u2019assombrit, il a une douleur qu\u2019il ne comprend pas, secrète, comme un mauvais sort d\u2019enfant, malaise qui lui fera quitter les habits de la classe américaine et malgré l\u2019amitié du sergent Ca-berra il va sombrer dans des hifrneurs de solitaire, rejoint pas un passé immédiat, et il se dégoûte de cette adhésion aux occupants; pourquoi s\u2019est-il DAVID carr îet?aveuglément vers eux quand son pere avait dû accueuillir les troupes allemandes et leur laisser un étage de la maison.Tout s\u2019effondre et Marie-Josée veut revenir vers Patrick.Le sergent Caberra, à qui le lie une indicible amitié, se tue en voiture alors qu\u2019il venait à sa demande le chercher pour un gig.Son mal secret l\u2019isole.Marie-Josée va se tuer et lui il va partir.Vieillir ailleurs, en Inde où le narrateur le rencontre quand il a 42 ans et nous en restitue l\u2019histoire intime.L\u2019Occupation américaine de Meung-sur-Loire a déboussolé une enfant abandonnée qui avait aimé un enfant unique.Le plus fort passage de Quignard dit la libération que représente pour Patrick la mort de Marie-Josée, et son désir d\u2019être seul.De se défaire de l\u2019amour.De fuir comme Rimbaud.Raconté avec la froideur de regard d\u2019un écrivain attentif et délicat, ce drame atteint à la beauté étale des tableaux figuratifs de jadis ou à la précision des chansons de geste, des genres anciens que Pascal Quignard recrée de manière fabuleuse.PHOTO ARCHIVES Après la joie des années 1944 et 1945 lorsque les Alliés libérèrent la France, et au long de l\u2019Occupation américaine durant les années cinquante, certains «découvraient dans la stupeur», comme l\u2019écrit Quignard, que «les Américains avaient pris la place des Allemands».On passait des Welcome aux Go Home.Albin Michel 208 paces 27.95 S Une amitié cocasse et émouvante entre un jeune fonctionnaire et un petit délinquant pris dans les filets d\u2019une opération anti-immigration.R O B E R T L fi V E S Q II E ?L'OCCUPATION AMÉRICAINE Pascal Quignard Seuil, 210 pages n passe de la viole de gambe au saxo, et de la passacaille au jazz, dans le nouveau roman de Pascal Quignard, L\u20190(-cupation américaine', mais chez l\u2019auteur à succès de Tous les matins du monde rien n\u2019a vraiment changé de la méthode de travail d\u2019un écrivain à l\u2019affectation morose.C\u2019est à nouveau la chronique des heures pleines et creuses d\u2019un groupe humain saisi par un regard sans émotivité aucune, c\u2019est la filature à pied de deux adolescents Orléanais qui «en associant leurs détresses, associèrent leurs vies», et que la mort va séparer.Et puis, disons-le puisque cela est en passe de devenir une habitude, ce sera encore et très bientôt, sur.tous les écrans du monde, un film d\u2019Alain Corneau.Ici monsieur de Sainte-Colombe s\u2019appellera Wilbur Humphrey Caberra et c\u2019est un sergent de l\u2019armée américaine, mademoiselle de Sainte-Colombe peut s\u2019appeller Marie-Josée Vire et elle lit Gilbert Ces-bron (mais on lui fera vite découvrir Hemingway et Faulkner.), et Marin Marais est un zazou de province qui fume des Lucky Strike et joue de la batterie Premier.On est vers la fin des années cinquante, la France est encore dans l\u2019OTAN et 10 000 soldats américains campent à demeure près de Meung-sur-Loire dans la région d\u2019Orléans, où s\u2019est installé après la guerre Y Army Communication Zone.C\u2019est ce que Quignard appelle, et non sans arrière-pensée, l\u2019Occupation américaine avec l\u2019audace d\u2019un O majuscule.Sous le Roi-Soleil ou sous la bannière étoilée, dans la France de Lul-li ou celle de René Coty, c\u2019est d\u2019abord et avant tout, avec Quignard, d\u2019un certain éblouissement littéraire dont il sera question: une approche attentive et sans passion, du détail froid, des touches furtives, une attention constante aux objets, aux instruments, aux choses de la vie; cet écrivain, qui est un Oulipien assagi, produit une écriture exacte et sans ridés, comme un visage de reine de beauté, et chacun de ses romans est désormais l\u2019ouvrage d\u2019un littérateur haut-de-gamme dont on cherche en vain les faiblesses ou les pâtés.À la limite, ce serait rebutant de perfection froide mais, étrangement, ça ne l\u2019est pas.Car c\u2019est ainsi du Quignard.Une marque ou une adresse, en tout cas une signature.A une autre époque, sous d\u2019autres occupations, cette finesse aurait relevé de Giraudoux \u2014 mais sans l\u2019obséquiosité du fonctionnaire ni les obscurs ou louches partis pris de l\u2019homme du ministère de l\u2019Information.de 19 h à 21 h W DIMANCHE de 13 h à 14 h Pierre Morency LES PAROLES QUI MARCHENT DANS LA NUIT Pierre Morency Les paroles qui marchent r clans la nuit poemes Une superbe célébration de la vie et du verbe.poimes Boréal 112 pages-18.70$ Didier van Cauwelaert L I V R E S La maman de Caillou Onze ans, quatre livres pour enfants et un million d\u2019exemplaires plus tard, Hélène Desputeaux persiste et colorie Mais partout, toujours, elle laisse la même et unique marque Desputeaux, reconnaissable entre toutes' une ligne claire, des couleurs chatoyantes, le tout sur fond blanc.«J'adore Miro et Klee, confie-t-elle.Mais surtout, j\u2019adore la couleur et des fouillis, des désordres.» Et cette diversité l\u2019a amène a travailler avec les plus grands auteurs pour les petits, notamment avec Robert Munsch, le plus populaire auteur canadien, toute catégories confondues (il vend trois millions de livres bon an mal an), avec qui elle a publié Purple, Green and Yellow chez Annick Press, en 1992, l\u2019histoire délirante et colorée de Brigitte qui veut se faire offrir par sa mère des marqueurs «su-per-débiles-permanents-jusqu\u2019à-la-mort-et-peut-être-même-après».Ce livre a été vendu à plus de 350 000 exemplaires.«L\u2019album se meurt au Québec, répète-t-elle après plusieurs autres.On a plus le choix, il faut travailler à Toronto ou ailleurs.» Ce qui ne se fait pas sans compromis.Les Américain qui appellent Caillou Lollypop\u2019s, voulaient aussi anglicisé le nom de Desputeaux.Au Canada anglais, on refusait de parler de pipi ou de caca (on parlait de Number one et Number two.): «Disons que c\u2019est un autre univers.»\t-¦ \" Hélène Despu- teaux se dore y\t\\ la pilule en\t/\t\\ pensant que\t/\t\\ ce sont sur- /\t/»\t' tout de mê- f me ces suc- \\\t^ cès étrangers\t\\ Ç)\tJ qui lui per- J\ty mettent de V\ty vivre un conte \\\ty' de fée en vivant \\ J\t/ de ses dessins.~\u2014.*i\u2018vr^JL «Maintenant, je peux ff \\ dessiner sept JmL\\ \\C ^ / /.-h, jours sur sept.\t»\tjffmmzÊMijdMS maison».Puis, elle s\u2019est inscrite aux ateliers du samedi du Musée du Québec.Vers 15 ou 16 ans, la jeune Hélène a ensuite remplacé son père qui donnait un atelier d\u2019arts plastiques dans le quartier Montcalm.«J\u2019acceptais les participants dès deux ans ou deux ans et demi.J\u2019adorais déjà le dessin et les tout-petits.» Hélène Desputeaux a combiné cette passion a l\u2019université en complétant un baccalauréat en Communication graphique et un autre en éducation préscolaire.Puis a enseigné aux enfants de la prématernelle avant de se lancer à plein temps dans l\u2019illustration de livres pour enfants.Caillou est né assez rapidement, il y a cinq ans.«L\u2019éditeur Chouette m\u2019a approché et j\u2019ai dessiné ce bébé.» Pourquoi ce nom?«On l\u2019a trouvé dans une liste.» Et pourquoi cette bouille ronde et chauve?«Parce que.» D\u2019accord, mais encore?«En tout cas, je peux dire que dans les salons du livre, des dizaines de parents viennent me voir pour me montrer leur bébé en me disant: regardez on dirait que vous l\u2019avez dessiné!» Caillou, c\u2019est le bébé-livre par excellence: des couleurs vives et lumineuses, des images simples mais hyper-efficaces, des pages cartonnées ou plastifiées à toute épreuve, et surtout un succès, assuré auprès des petits, les premiers concernés.A tel point que les parents peuvent finir par développer des pierres au foie à force de se soumettre aux implorations de leur marmaille qui leur réclame Caillou sans relâche (et maintenant les produits dérivés: le gant de toilette, les autocollants, la marionnette.).s.«C\u2019est efficace parce que rien n\u2019est laissé \\ au hasard, explique l\u2019illustratrice.J\u2019observe \\ les enfants, je consulte les parents, je lis \\ j\u2019essaie et je recommence.L\u2019auteur fait le J même travail.» / D\u2019où ce résultat léché, où s\u2019expose le { vécu de Caillou, qui prend son bain, mange, ( ou se met en colère.Et maintenant, Caillou Y grandit avec son lectorat.Après les petits / dictionnaires, et la série des historiettes du / genre «Caillou à la garderie», l\u2019auteure Jocelyne Sanchagrin et Hélène Desputeaux viennent d\u2019engendrer une petite sœur, Mousseline, avec laquelle Caillou expérimente la jalousie ou l\u2019ennui.La nouvelle série s\u2019adresse aux enfant de «deux ans et plus».Et c\u2019est décidé: on ne verra pas Caillou à l\u2019école ou, pourquoi pas, à l\u2019université.«On va s\u2019arrêter là je pense.Caillou avec des cheveux, c\u2019est pas Caillou.» De toute manière, il n\u2019y a pas que ça pour Hélène Desputeaux qui aime touché un peu à tout.Elle a travaillé pour Héritage Jeunesse de Montréal, Annick Press de Toronto, l\u2019éditeur australien Heineman, pour toutes les tranches d\u2019âge, dans tous les genres de l\u2019album au bouquin.Plusieurs de ses illustrations ont été reproduites dans des livres scolaires (Graficor, C.E.C., Ginn Publishing, Nelson Canada.).Elle a aussi illustré bon nombre de bulletins et catalogues, des revues, des affiches, et même la pochette du dernier album de Carmen Campagne.STÉPHANE PAILLA R G E O N LE DEVOIR élène Desputeaux est une illustratrice à suc- En une dizaine n cès «super-débile-écœurant d\u2019année de travail, elle a produit une quarantaine de livres pour enfants (parfois seule, le plus souvent avec un auteur) qui se sont vendus au total à plus d\u2019un million d\u2019exemplaires.De quoi rendre jalouse Arlette Cousture et justifier le titre d\u2019invitée d\u2019honneur du présent Salon du livre de Montréal.Surtout, Hélène Desputeaux est la maman de Caillou, le bébé chauve au regard un brin mélancolique, que les bambins du Québec et d\u2019ailleurs ont adopté comme leur propre frère.Depuis sa naissance, à la fin des années quatre-vingt, aux éditions Chouette, plus de 400 000 exemplaires de la vingtaine de livres de la série Caillou ont été vendus à travers le monde, en français bien sûr, mais aussi en anglais, en hollandais ou en japonais.«Il ne faut pas oublier les auteurs, Michelle Chartrand ou Nicole Nadeau: disons qu\u2019on a enfanté une petite star internationale à plusieurs maman», dit la jeune dame modeste, qui est d\u2019ailleurs vraiment enceinte d\u2019un deuxième enfant.«Ma première dit qu\u2019elle aussi elle va dessiner Caillou plus tard, mais avec des cheveux.» Hélène Desputeaux elle, est née en 1959, à Québec, un crayon dans la main, ou presque.Son papa, dessinateur indus-\t\"\"'v triel, l\u2019a toujours en- y,.\t^ couragé à dessiner.Æt «Il accrochait de A longues bandes de jMp | papier sur les murs kfpi de la maison et me Pf laissait les remplir.» K;;f Elle se rappelle \\\tr aussi avoir organisé \\,\u201e;i .£ * ses premières exposi-fions «dans le portique en arrière de la\ts-mÈCi LIBRAIRIE (.ntt nLI B RA I R 1 ET7 S# RmOd®Y /\tROMANS QUEBECOIS I.LE POIDS DES OMBRES, Marie Laberge - Éd.Boréal 2.VA SAVOIR, Réjean Ducharme - éd.Gallimard 3.UN ANGE CORNU AVEC DES AILES DE 1ÔLE, M.Tremblay - éd.Leméac 4.BEISI LAROUSSE, Louis Hamelin - XYZ éditeur ESSAIS QUEBECOIS éd.Boréal I.RENE LEVESQUE - UN ENFANT DU SIECLE, Pierre Godin 2.HISTOIRE D'IDEES, Laurent-Michel Vacher - éd.Liber 3.FLQ: MANIFESTE OCT.1970 -éd.Quartier Libre ROMANS ETRANGERS I.HARCÈLEMENT, Michael Crichton - éd.Robert Laffont 2.LA VOLEUSE D'HOMMES, Margaret Alwood - éd.Robert Laffont 3.PARIS AU XXÈME SIÈCLE, Jules Verne - éd.Hachette 4.L'ALCHIMISTE, Paulo Coelho - éd.Anne Carrière ESSAIS ETRANGERS 1.\tUNE ANNÉE EN PROVENCE, Peter Mayle-éd.Nil 2.\tÉTAT DU MONDE 1995 - éd.Boréal/La découverte 3.\tENTREZ DANS L'ESPÉRANCE, Jean-Paul II - éd.Plon LIVRE JEUNESSE LA NOUVELLE MAITRESSE, Dominique Demers - éd.Québec-Amérique Caillou, LIVRES PRATIQUES sympathique ami de tous; illustration de Hélène Desputeaux.1.PINARDISES, Daniel Pinard - éd.Boréal 2.GUIDE GOURMAND 95, Josée Blanchette - éd.de l'Homme COUPS DE COEUR t.PORT-SOUDAN, Olivier Rolin-éd.Seuil 2.CHIENS DE DIEU, P.Benedict-éd.Actes-Sud 5219, ch.de la Côte-des-Neiges 342-1515 4301, rue St-Denis 499-3656 5117, avenue du Parc 276-7651 1474, rue Peel 287-1011 Pierre Goulet LE LYS ROUGE André Girard ORCHESTRA Jacques Btssonnette Dany Laferrière CHRONIQUE DE LA DÉRIVE DOUCE François SCHIRM BEAUREGARD Raymond Lévesque KETCHUP SANGUINE roman roman roman roman roman ANPio: «iRAiin Le lys roi.gc l\u2019onltK, ! Indien qui voulait suivit la Ni'iivrtle-Fr.wo ORCHESTRA nOMASf François Schlrm * Beauregard roman Sous la direction de Guy Lapointe SOCIÉTÉ; CULTURE ET RELIGION D.Welzer-Lang P.Dutey, M.Dorais LA PEUR DE LAUTREENSOI Julio CORTÀZAR HAUT EST LE PÉROU Rodolphe Morissette LES JUGES, QUAND ÉCLATENT LES MYTHES Plume Latraverse CHANTS LYBRES chansons Collectif LA CONDITION QUÉBÉCOISE Société, culture et réllgiim à Montréal: \u2022xty-jor siècle -.\t, Dtnwl Vilirr-(jnf, Firm tfcurj *1 MkImI l>,f»u La peur de l\u2019autre en soi Du ttiitmc A l'homophnbic La condition québécoise linjeux et horizons d'une société en devenir Sawladlm.-tlond* | Alain Gramtoois Leslies de là nuit OSTRAKA CECILE CLOUTIER fflEXAGONE « POÉSIE D\u2019OU SURGI MARCEL BELANGER rHEXAGÔNE « POESIE QUE JE BOUGE GILLES CYR IHXAGONE \u2022 POÉSIE IULS BUREAU I/irrésislihle différence L\u2019étoile mythique Lecture de l'étoile pourpre d\u2019Alain Grandbois Là fin d\u2019iin Québec lràdilionnel.1914-1939 NOUVEAUTES EN POESIE L'AUTOMNE GRANDBOIS L'appel ues mots Pierre Perrault Pour la suite du monde Récit rtN«rçraf*«* sic Michel Hr.iuli IVnis Viîlcncmv Voyage en Janiaïquc dim «cjptundrfc L ouisé WARREN Le roman de la fille Claude BEAUSOLEIL Micheline LA FRANCE Paul ZUMTHOR ook CHUNG Madeleine MONETTE Pierre Vallières Nègres blancs d\u2019Amérique TYPO|| Vois.' IVr Gaston MIRON A.Grandbois Les îles de la nuit Plene Vadeboncœur Gouverner ou disparaître TYPOg jcnn-naniei i.arnîi La liberté en colère Le /ii ;re du film__ Pierre Vallières Nègres blancs d'Amérique Denis Villeneuve Voyage en Jamaïque Pierre Perrault Pour la suite du monde Serge Patrice Thibodeau L'appel des mots Robert Lahaise La fin d'un Québec traditionnel Pierre Vadeboncœur Gouverner ou disparaître L'homme sans rivages Portrait d'Alain Grandbois JACQUES ALLARD ?IMPALA Roman, Carole David, Les Herbes rouges, 127pages LE POIDS DES OMBRES Roman, Marie iMberge, Boréal, 459 pages Dix ans après, Louisa Ferragamo, une Montréalaise dans la Centaine, sans profession connue, se souvient, dans la prison où elle se trouve, du coup de fil anonyme, brutal de sécheresse, qu\u2019elle a un jour reçu d\u2019une autre prison: «Votre mère est morte.Nous l\u2019avons trouvée pendue.» Connie, la disparue, ancienne chanteuse de cabaret, avait abandonné la narratrice dans les années 60 quand elle avait cinq ans.Une prison explique-t-elle l\u2019autre?Quel crime a d\u2019abord été commis par la mère, puis par la fille?Quel roman familial faut-il encore imaginer?Ainsi commence le récit d\u2019une orpheline que la vie a laissée à bout de souffle et mise à l\u2019écart du temps.D\u2019où ces pauvres repères temporels que la lecture met du temps à rassembler.Et les petites phrases où l'émotion affleure dans le souvenir d\u2019une fatalité.Pas de fleurs narratives ici, que des faits, des flashes comme celui de cette Impala beige de la mère qui roule dans la mémoire d\u2019une enfant sans cesse abandonnée.Avec quelques commentaires, surtout au début, pour insister sur l\u2019énigme identitaire: «Ne me demandez pas de vous dire des choses que je ne veux pas nécessairement vous avouer.Laissez-moi me souvenir tandis qu\u2019elle meurt pour la dixième fois.De Saint-Léonard à Rivière-des-Prairies en passant par la rue Dante, je n\u2019ai jamais su qui j\u2019étais.Suis-je la fille, véritablement la fille de Roberta?» Voilà un petit roman efficace, donné en trois parties faites d\u2019unités brèves dont l\u2019épilogue livre le secret bien gardé de l\u2019emprisonnée (elle a tué son père).Au centre, dans cet autre espace stratégique: les révélations de Connie et des lettres illustrent l\u2019enquête de la narratrice.Ceux qui connaissent déjà les micro-récits de C.David (L\u2019Endroit où se trouve ton âme, 1991) retrouveront, plus développés et synthétisés, quelques motifs insistants: l\u2019italianité des origines, le petit monde des cabarets, le père mafieux assassiné.Ce premier roman déplie ainsi un univers qui se caractérisait autant par ses silences que par ses ellipses.Mais pour qui suit le roman familial que recomposent depuis des années les auteurs féminins, le discours (très concis) n\u2019étonnera guère.H redit les mensonges de l\u2019amour, la solitude des femmes, l\u2019indignité des hommes, en particulier celle du père.Dans son analyse maintenant classique (Roman des Ainsi vont ces deux romans de la fille sans père, l\u2019un du genre «populaire», l\u2019autre d\u2019un format «poétique».Toujours, la mère manque, qu\u2019elle soit Connie Ferragamo la flouée, abandonnée et «abandonnatrice», ou la blonde Yseult, reine-mère écrasante de réussite et de li- berté.On n\u2019en est plus ali Stabat mater.11 y a eu déplacement.Au fils s\u2019est substituée la mère.Stabat filia.Ainsi la vie regarde la vie: elle s\u2019en est allée.Une place à prendre mais pas de résurrection en vue pour l\u2019Enfant trouvée.Y a-t-il un avenir pour les Bâtardes?origines et origines du roman, 1972), Marthe Robert a magistralement démontré les liens que l\u2019on peut faire entre ce que Freud avait appelé «le roman familial des névrosés» et le développement du genre romanesque.Elle concluait qu\u2019après le règne du Bâtard réaliste (si fortement incarné chez Balzac) était venu celui de l\u2019Enfant trouvé, celui qui esquive le combat et défait la trame du récit.Dans cette perspective, où situer Louisa et ses consœurs?On ne retrouve pas souvent YEuguélionne (Louky Bersianik, 1976) qui ambitionnait de refaire le monde ou le roman.Comme, d\u2019ailleurs (mais bien autrement), chez Anne Samson de La Sainte Famille.De toute façon, la littérature québécoise est depuis longtemps celle de l\u2019Enfant trouvé.N\u2019est-ce pas ce que l\u2019on relit dans Le Poids des ombres, le troisième roman de Marie Laberge?Dans cet autre roman de la fille, l\u2019enquête sur la mort de sa mère Yseult Marchesseault (une recherchiste à Radio-Canada, belle quinquagénaire affranchie, qui finalement se sacrifie) et sur l\u2019absence du père (un petit voleur mort sans avoir connu sq fille) n\u2019assure pas davantage la reconquête du monde.A 30 ans, la publicitaire Diane retrouvera en fin de parcours le nom maternel qui est le sien, et sans nul doute son corps même, celui de la vie sexuelle et affective.Et le couple pourra recommencer, mais la famille?Mais le roman?Il fait ici trop de scènes, trop de phrases.Dans Le Poids des ombres, tout se passe comme si le besoin d\u2019être embrassé (tenu dans les bras, étreint, au sens le plus maternel) provoquait un foisonnement effusif des mots, ce bavardage narratif (pour mieux embrasser le lecteur?) qu\u2019on sentait moins dans Quelques adieux.Ce mouvement s\u2019articule d\u2019ailleurs sur une jouissance nouvelle de l'échange sexuel, lié de toute évidence à l\u2019acceptation de la mort de la mère, longuement reconstituée depuis le saut fatal du pont Jacques-Cartier jusqu\u2019à cette station prolongée à la morgue de Montréal où elle doit attendre des semaines avant d\u2019être «reconnue» par sa fille.Carole David Jetn-DAniel Lafond LA LIBERTÉ EN COLÈRE LE LIVRE DU FILM Yves Bolduc L'étoile mythique.Lecture de L'étoile oourure YVES BOLDUC ESSAIS Uni KAIRES IHLXAGONh !U-, ' *\u2022 icer du sein ; \\e pas inuliler qcr Poisson Samedi 19 novembre 19 h à 21 h Dimanche 20 novembre 12 h à 14 h Nouvelles dimensions du corps Dr Sana Bélair 206 p.24.95 $ Samedi 19 novembre 14 h à 16 h Radiodiffusion et société distince Michel Fillon 239 p.29,95$ fffiüN DU Im£ D£ M OfÎHÈAL SÉANCES DE SIGNATURE STAND 982-984 EDITIONS DU MERIDIEN H7S1P6 Réforme ou maquillage?Im réforme de l'éducation au Québec Paul-Emile Roy 82 p.19,95 $ L'irrésistible différence ; L'homme et la femme Jules Bureau 370 p.29,95 $ Dimanche 20 novembre 16 h à 18 h Samedi 19 novembre 16 h à 18 h Psychologie du mourir et du deuil Jean-Luc Hétu 396 p.29,95 $ Dimanche 20 novembre 19 h à 21 h et Im vie format familial Hervé Anctil 164 p.18,95 $ Hervé Anetil Samedi 19 novembre 12hà 14 h Hervé Anctil Dimanche 20 novembre 14 h à 16 h D.Pcrusse L'homme sans rivages.Portrait d'Alain Grandbois MARCEL FORTIN Histoire d\u2019une célébration U rfteptidii critique M&te des livres d\u2019Alain Cranibots 1533-1963 ESSABLmtRAIRES HEXAGONE Marcel Fortin Histoire d'une célébration LITTERATURE ET CINEMA Marcel Bélanger D'où surgi Cécile Cloutier Ostraka Gilles Cyr Songe que je bouge__________ LES.ESSAIS OUI DURENT Janine Sulto Hi MtS- VV.yPa ¦.«s **?*#*&§** tçjgiSgî _ mm Ml If-, Shine Legault Çui) Cloutier (!uy Cloutier CE QU'IL FAUT DI VÉRITÉ .\tLending mime LE POIDS DI S OMBRES Qui m\u2019aime me lise 'Vincent .\u2018Engel Louis Jolicoeur Olivier Rolin Ce qu\u2019il faut DE VÉRITÉ nouvelles 112 pages.14.95 S Saisir\tRécits de\tAélita\tLa vie\tThéâtre de l\u2019absence\tMÉDILHAULT\tnouvelles traduites du russe\tMALGRÉ TOUT\tREVENANTS nouvelles\tnouvelles\tpar Carole Noél, Dominique Issenhuth el Tania W.Krieger\tnouvelles\tnouvelles traduites de l'angli par Christine Klein-Lataud 136 cages,\t160 pages.\t192 pages.\t188 pages,\t320 pages.16,95 S\t18,95 $\t19,95 $ (recueil bilingue)\t19.95 S\t27.95$ Pour souligner la parution de son 50e recueil de nouvelles, L'instant même vous offre, à l'achal de deux litres de son catalogue, un exemplaire de Bris de guerre , nouvelles de Jean-Pierre CanneI el encres de Benoist Oemoriane, édition sur Ingres à la forme, ordinairement vendu 17.95 S- Tour du monde de tous les vins LAROUSSE DES VINS Ou dictionnaire des vins de 50 pays producteurs, un album abondamment illustré de 608 pages.Ly album ne nous apprend pas seulement comment i choisir, apprécier, boire, constituer une cave à vin, mais il nous amène dans toutes les régions de France et de Navarre, bien sûr, mais aussi dans tous les pays de la communauté européenne et des coins des autres continents, soit au moins 50 pays où les vignobles foisonnent.Nous faisons ainsi un tour du monde en textes et en superbes photos, tout en apprenant les choses qu\u2019il faut savoir sur le liquide, rouge, ambré, blanc, rosé, pétillant, mousseux, corsé, léger, fruité ou cet élixir festif qui sait si bien accompagner nos repas et nous garder le moral.Si d\u2019aventure, le vin rend triste, c\u2019est qu\u2019on en a trop bu ou qu\u2019il n\u2019était tout simplement pas de bonne qualité.Tous se souviennent d\u2019avoir bu un jour ce que nous appelions de la «piquette» qui rendait le teint havre et les yeux globuleux.Avec le temps et l\u2019expérience, l\u2019amateur devient plus exigeant, plus sophistiqué et il n\u2019hésite pas à demander les conseils d\u2019un oenologue avant d\u2019acheter le vin qui conviendra avec tel ou tel plat, ou encore avec le genre de réception que nous organisons et surtout les goûts des invités qui seront de la fête.Ah! oui, quelle sorte de verre choisir?Autant de détails contenus dans le nouveau Larousse des.vins qui constitue un cadeau idéal à offrir ou à s\u2019offrir.A la bonne vôtre! Marie Laurier 464 pages - 25,95 S Donner à son amour mort une sépulture de mots ! jouis Jolicæur SAISIR L'ABSENCE Lmîhmt mimt LAROUSSE $£ DES 9 VINS TOUS LES VINS DU MONDE Du jeudi 17 au mardi 22 novembre Séances de signature au stand #247: VENDREDI de I9h à2l h SAMEDI de 13 h à 16 h DIMANCHE de 14 h à 16 h Olivier Rolin livre et encore moins un livre à succès.J\u2019ai commencé à écrire pour survivre, parce que j\u2019étais en clinique et que je n\u2019avais pas autre chose à faire que d\u2019essayer de survivre.Mais j\u2019ai voulu aussi décrire cette histoire en évitant tous les pièges du règlement de comptes, de l\u2019indiscrétion, du déballage.J\u2019ai pensé que je pouvais écrire ce livre-là le jour où j\u2019ai eu l\u2019idée de la femme de ménage, c\u2019est-à-dire de quelqu\u2019un qui est un témoin tout à fait étranger, un témoin extérieur qui n\u2019a même pas connu ni vu physiquement la jeune femme.Simplement par les changements qu\u2019il y a eu dans l\u2019appartement, elle peut s\u2019apercevoir qu\u2019il y a un moment où il y a une histoire d\u2019amour et qu\u2019il y a un moment où cette histoire se brise.Je crois qu\u2019en racontant une histoire uniquement de l\u2019extérieur, on peut éviter l\u2019indécence.» Cette histoire, Olivier Rolin l\u2019a vécue \u2014 et la vit toujours \u2014 non seulement avec une extrême douleur affective mais aussi comme une espèce d\u2019inadéquation entre lui et la modernité de son temps.«D\u2019une certaine manière, cette femme plus jeune que moi, en partant, me renvoyait à mon statut d\u2019archaïque, de type d\u2019une autre culture, d\u2019une culture un peu morte.Ce qui est d\u2019autant plus souffrant.» Cette inadéquation avec son époque, Olivier Rolin la ressent intensément.«Je ne me sens pas en très grande adhésion avec l\u2019imaginaire de notre époque, encore moins avec sa réalité.C\u2019est vrai que l\u2019on honore essentiellement la réussite.Le marché boursier est devenu l\u2019espèce de paradigme général de la société, y compris de la société intellectuelle.Toutes ces rubriques \u201cen hausse\u201d et \u201cen baisse\u201d dans la presse, c\u2019est précisément cela.Je ne me sens pas en accord avec ça.Si je compare cette réalité avec les illusions que nous avions eues il y a 25 ans alors que nous rêvions d\u2019un monde à la fois plus juste et poétique, il est évident que je peux être qu\u2019amer.» Abandonné,tout seul dans son époque et tout seul dans ses sentiments, le A.de Port-Soudan devient peu à peu une épave.L\u2019alcool, inexorablement, fait partie de sa chute.«Il y a quelque chose de très sincère dans la destruction alcoolique, «Jamais je n\u2019aurais songé à écrire une histoire sentimentale si elle ne m\u2019était pas arrivée.» Linsiantmême Salon du livre de Montréal \u2022 stand 765 Anne Ijegault RÉCITS DE MÉDILHAULT Lnritni ntetnt PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Donner à son amour mort une sépulture de mots, c\u2019est-à-dire laisser un signe dans la mémoire des hommes qui ne soit ni trop indigne d\u2019une histoire qu\u2019on a vécue ni trop indigne de la force de la passion.Ainsi pourrait-on résumer toute l\u2019intention du Port-Soudan d\u2019Olivier Rolin.L\u2019histoire en est fort simple.Le narrateur vit à Port-Soudan, parmi les épaves de grands cargos rouillés, où il trafique et boit l\u2019alcool frelaté.Un beau jour il reçoit une lettre d\u2019une concierge parisienne lui annonçant le suicide de A., son ami écrivain et vieux complice Mai 68 et des belles années.Le A.en question, apprend-il, a laissé à ses côtés une lettre qu\u2019il lui destinait et sur laquelle on ne pouvait lire que «cher ami».Voilà tout.Le narrateur revient donc à Paris et entreprend de reconstituer la vie de son ami.A force de rencontrer des témoins qui n\u2019étaient pourtant pas des intimes \u2014 la concierge, une infirmière \u2014 il découvrira peu à peu le drame de A.dont l\u2019amour fut trahi par cette.femme plus jeune qu\u2019il aimait tant.La trahison, consta-tera-t-il, est plus forte que la mort.Olivier Rolin n\u2019a jamais caché son dégoût pour ce qu\u2019il appelle «le petit commerce de la littérature».Il honnit les romans de journalistes et a horreur de ceux qui font des romans pour avoir des prix.Ironiquement, il vient de recevoir le prix Femina, l\u2019un des plus prestigieux prix littéraires de France.Et c\u2019est dans le tumulte de la foire de Brive qu\u2019il a généreusement pris le temps de raconter au Devoir l\u2019histoire de Port-Soudan.«Je n\u2019ai pas à le cacher mais en même temps je ne veux pas insister là-dessus: je n\u2019aurais jamais songé à écrire sur une histoire sentimentale si elle ne m\u2019était pas arrivée.Quand j\u2019ai commencé à écrire ce livre, je ne savais pas que ça allait devenir un VICTOR-LÉVY BEAULIEU romance luxure et écriture, fric et flagornerie, désintoxication et création.dans Voltaire.\tStankg Marie Laberge quelque chose de très souffrant et de très malheureux, donc de très sincè- i re.Cela l\u2019isole complètement», dit £ Olivier Rolin.«Ce livre-là, c\u2019est le plus court que j\u2019aie jamais écrit mais c\u2019est aussi ce- 3 lui qui m\u2019a coûté le plus de mal.| Chaque mot pratiquement, il a fallu 1| que je me le sorte aux cisailles, au | fond des entrailles», confie-t-il.L\u2019auteur se défend vigoureuse- J ment d\u2019avoir écrit un livre misogyne j comme le lui ont reproché certaines 1 voix.«D\u2019abord on a tout à fait le droit 1 d\u2019écrire un livre misogyne.Le hic I c\u2019est que celui-là ne l\u2019est pas.J\u2019ai vou- 1 lu que l\u2019amour de A., cette esquisse il féminine ne soit pas du tout saisis-1 sable.J\u2019ai voulu aussi qu\u2019elle ne soit \u2019 pas rejetée du côté du mal, de la fau- ; 1 te ou des ténèbres.» Olivier Rolin voudrait que le lec- c] teur aime cette femme comme A.l\u2019a \u2022, aimée et comme lui l\u2019aime.«Cette sé-.J pulture de mots, ce n\u2019est pas pour en-, > terrer quelqu\u2019un.C\u2019est pour enterrer i ij une histoire et en laisser une fresque u qu\u2019elle-même, la femme réelle à l\u2019ori- !\\] gine de cette histoire, puisse aimer.» J On ne saurait trouver plus belle g] leçon d\u2019amour et d\u2019humanité.d PORT-SOUDAN\tj Olivier Rolin, Seuil Collection Fiction & cie, 125 pages '¦ Poids es ombres roman Une mère, sa fille, leurs amours.«Marie Laberge illustre de manière magistrale la force des pulsions de vie qui habitent un être humain placé au bord d\u2019un précipice.» Dominique Paupardin La Presse O.ih/a RymettKO A3J1MTA Olga lluutenko AÉLITA lüMmM Les ÉTRANGES ET ÉDIFIANTES AVENTURES D\u2019UN ONIROMANE Olga \u2018Boit ten fa Steven 1Height on Steven Heigh inn THÉÂTRE DE REVENANTS Lhiilml mink L I V R E S Les années 60 d\u2019Arlette Cousture La romancière québécoise la plus lue de toute la francophonie publie le second tome de Ces enfants d\u2019ailleurs PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Il y a clans YEnvol des tourterelles, le tome 2 de Ces enfants d\u2019ailleurs paru cette semaine chez Libre Expression, une terrible et sanglante scène de confrontation entre une grosse brute du nom de Casimir et Jan Pawulski.Arlette Cousture a mis tant d\u2019ardeur à écrire cet épisode violent qu\u2019elle fut incapable de se lever le lendemain matin! «J\u2019étais courbaturée, j\u2019avais les jambes meurtries comme si je relevais moi-même d\u2019un dur combat», se souvient-elle.L\u2019anecdote en dit long sur l\u2019ardeur et la passion qui animent la romancière québécoise la plus lue non seulement au Québec mais dans toute la francophonie.Il y a précisément deux ans, elle publiait le premier tome de Ces enfant d\u2019ailleurs, Même les oiseaux se sont tus.Elle y racontait le destin tragique d\u2019une famille de Cracovie, depuis les horreurs de la Deuxième Guerre jusqu\u2019à son arrivée au Canada.Appuyé sur de solides recherches historiques, le roman décrivait non pas la «grande guerre» que l\u2019on voit dans les documentaires historiques mais bien la «petite guerre», la guerre de la peur et de la faim, celle dont le souvenir laisse de si profondes blessures à l\u2019âme.L\u2019histoire a ému des milliers de lecteurs.Plus précisément 300 000, au Québec, en France, en Suisse et en Belgique.Dès le départ, l\u2019auteur avait prévu un deuxième tome.On comprendra vite pourquoi à sa lecture.Chez Arlette Cousture, tout est solidement planifié.«Jé suis mentalement très structurée.Je déteste échapper une maille à mon tricot», prévient-elle.Dans le tome 2, qui comblera ceux qui ont lu le premier, on retrouve les trois enfants Pawulski.Jan s\u2019intégre magistralement bien à la vie montréalaise et fait des affaires d\u2019or avec ses épiceries Aucoin.Jerzy, avec lequel il est en brouille, vit sur une ferme au Manitoba et rêve inlassablement de retourner dans soi) Eldorado, la Pologne.Leur sœur Elisabeth enseigne toujours la musique et, malgré toutes ses souffrances, trouve toujours une raison de vivre en la personne de la jeune virtuose Florence \u2014 le joli prénom! Elisabeth trouvera enfin, au bout de mille détours, un homme qui saura l\u2019aimer.Tant pis pour le docteur Denis Boisvert.Nous verrons, au fil des pages, ces enfants d\u2019ailleurs et leurs propres enfants traverser la décennie des années 60.Arlette Cousture a pris grand plaisir à intégrer à son récit tous les grands et les petits bouleversements de cette époque bouillonnante.Les premières bombes du FLQ \u2014 en 1962, qui s\u2019en souvient?\u2014, l'ouverture de la Place des Arts au milieu des manifestants qui dénonçaient le «place des autres», l\u2019Expo 67 \u2014 Arlette Cousture y fut hôtesse! \u2014, le métro tout neuf, les chansons des Beatles, etc.Des personnages réels y évoluent: Duplessis, Wilfrid Pelletier, Karajan et autres.«Je ne fais qu\u2019effleurer ces événements.Je ne prends pas position.Je ne fais jamais de politique.À travers mes yeux de romancières, j\u2019évoque l\u2019époque des terroristes québécois en mettant en scène un enfant qui joue au FLQ.Son père qui garde en mémoire le bruit des bombes n\u2019aime pas du tout ce jeu», explique-t-elle.Comme elle en a le secret, Arlette Cousture a imaginé une fin dramatique et parfaitement imprévisible à cette longue saga.Il serait indécent, voire criminel de la dévoiler.Le souci du lecteur Extrêmement rigoureuse, Arlette Cousture avait même formé un comité de lecteurs de divers horizons pour scruter le premier tome de Ces enfants d\u2019ailleurs.Peu de temps avant que le deuxième tome aille sous presse, elle a, sous l\u2019oeil inquiet de ses éditeurs, récrit le dernier chapitre.«Une sorte microchirurgie», précise-t-elle, afin d\u2019améliorer son œuvre.C\u2019est dire à quel point elle travaille avec passion.Férue de psychologie, il faut l\u2019entendre parler de ses personnages.On jurerait l\u2019écouter parler de personnes réelles.Il faut l\u2019entendre décortiquer les moindres recoins de l\u2019âme des Polonais.Elle se glisse totalement dans la peau de ses personnages.Il n\u2019y a pas le moindre «je» dans les milliers de pages qu\u2019elle écrit.«Ma raison d\u2019être,,ce sont les lecteurs.A quoi bon écrire s\u2019ils ne sont pas au rendez-vous?», demande-t-elle.Ses lecteurs lui rendent bien cette affection.En France où elle séjourne plusieurs mo.is par année, comme au Québec.A la Foire du livre de Brive où elle tenait kiosque il y a quelques jours, ils étaient nombreux, jeunes et vieux, à s\u2019arrêter devant son stand, le temps d\u2019une dédicace ou d\u2019un bon mot.Arlette Cousture pourrait remplir le Forum en réunissant tous ceux qui lui ont écrit depuis ses débuts en littérature.Mercredi dernier, au lancement de l\u2019Envol des tourterelles au Ritz Carlton, elle avait invité des centaines de simples lecteurs qui avaient eu la bonté de lui adresser un mot après la parution de Ces enfants d\u2019ailleurs à venir célébrer l\u2019événement en sa compagnie.Quelle belle idée! Cette relation privilégiée qu\u2019elle entretient avec le public la comble totalement et lui fait oublier les regards condescendants qu\u2019elle perçoit \u2014 de plus en plus rarement \u2014 chez quelques grandes figures de l\u2019establishment littéraire québécois.COUSTURE CES ENFANTS D\u2019AILLEURS Lenvol des tourterelles Arlette Cousture PHOTO ANDRÉ PANNETON Avis aux écrivains Bourse d'écriture Gabrielle Roy Le FONDS GABRIELLE ROY, avec l\u2019appui financier du ministère des Communications du Canada, attribuera de nouveau en 1995 une bourse d\u2019écriture comprenant: ( 1) la possibilité de séjourner gratuitement pendant six mois dans la maison de Gabrielle Roy à Petite-Rivière-Saint-François, et (2) une somme de 15 000 $.Les candidats doivent résider au Canada, avoir publié au moins deux ouvrages littéraires et soumettre leur demande d\u2019ici le 31 décembre 1994.Le nom du lauréat sera annoncé au printemps 1995.Pour recevoir le dépliant précisant les règles et les modalités du concours, prière de s\u2019adresser au Fonds Gabrielle Roy 451, av.Stuart Montréal H2V 3H1 télécopieur: (514) 271-2220 MANIAQUE DES ENFANTS.Dans ses temps libres, un menuisier à la retraite fabrique des jouets en bois.Tous les mardis et mercredis, il se rend à un hôpital pour enfants et distribue ses jouets aux petits malades.Ces gestes font partie d'une douce révolution.Un à un, ils contribuent à rendre notre monde meilleur.Soyez complice de cette révolution./ toi i « » t*ii\\\\%\\i m ««uni iivr^ii m %*»\u2022\u2022_* «imm \tDu jeudi 17 \tau mardi \t22 novembre \tSéances de \t \tsignature au \tstand #247 : \tSAMEDI \t \tde 16 h à 18 h \tDIMANCHE \tde 13 h à 14 h Daniel Poliquin y L\u2019Ecureuil noir roman «Une œuvre aussi riche [.] dont on sent qu\u2019elle apporte à la fois un regard et une écriture neufs, il y a des gens qui appellent cela un chef-d\u2019œuvre.» Dan id Poliquin *\u2019v ' ¦* N Réginald Martel La Presse L\u2019Écureuil 204 pages- 18.70$ 1 Boréal * ÎÉMÛJIpp dffoirrcj de Dieuï el dtMjl m'èW.j.ANTAL .mm- Parapiui& Diable\"\u2019.©U©# mm- t£ PARENT INTRAÎNEUR rtlvvixil T » < Au Fil des \u2022srfiKSa: USOIIAIRI CLIN |»l L?. écrivain Daniel Gagnon habite t face à l\u2019église Notre-Dame-de-Grâce, sur la rue du même nom.En i biais de chez lui, s\u2019élève aussi, en par-.lie caché par de beaux arbres, un beau monastère, celui des Dominicains.Deux édifices qui ont dû inspirer le romancier tandis qu\u2019il écrivait ; Rendez-moi ma mère!, son septième roman, où il est question du fils de la bienheureuse Marie de l\u2019Incarnation., ¦ .Car, avant de prendre le voile, Ma-2 rie de l\u2019Incarnation, la mystique la ¦ .plus inspirée de notre histoire religieuse, a eu un fils, issu d\u2019un bref mariage.Ne perdant pas de temps, elle -le consacre sans tarder à Dieu, dès ,,, sa naissance.Et, chose surprenante, .elle s\u2019empresse bientôt d\u2019abandonner le gamin pour prononcer plus vite ' ses vœux chez les Ursulines., Daniel Gagnon, touché par cette ^çiéserlion impromptue, a voulu redonner la parole à ce fils, Claude Martin, 1 \u2022 cjui avait dix ans quand sa mère l\u2019a quitté, laissant à de proches parents ,,i Je spin de parachever son éducation.Ï.P.c l\u2019avis de Daniel Gagnon, le petit ; ( Claude ne s\u2019est jamais vraiment remis \u2019 dé cette séparation prématurée, ce '\u2019 Jjui explique en partie le titre choc \u2018 que porte son roman épistolaire.Pourtant, au départ, Gagnon était Surtout fasciné par Marie de l\u2019Incarnation et par son écriture soignée mais devant la difficulté d\u2019en faire revivre la grâce et la fermeté, l\u2019écrivain a renoncé.En revanche, le fils présentait l\u2019avantage de ne pas opposer une prose du même calibre.Aussi Gagnon est-il allé plus facilement à sa rencontre, a-t-il plus aisément conçu un style inspiré du XVII', quoique facilement lisible pour le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui.Son roman se présente donc comme les lettres que Claude Martin adresse à sa mère de 1630 à 1641.Période située entre leurs deux entrées en religion, celle de Marie Guyart chez les Ursulines d\u2019abord et celle de son fils chez les Bénédictins ensuite.Dans les entrefaites, la tension reste vive: lui, animé par l\u2019espoir insensé que sa mère lui reviendra; elle, épouvantée par le geste qu\u2019elle a dû poser pour se vouer entièrement à Dieu.Pour Daniel Gagnon, cependant, dès que Claude Martin se décide à prendre la même voie que sa mère, le conflit est résolu et par conséquent, l\u2019intensité dramatique chute.Drôle d\u2019idée quand même que de revenir sur cette histoire très XVIIe où la maternité et la spiritualité divisent l\u2019âme d\u2019une mystique.L\u2019auteur ne s\u2019en offusque pas.«J\u2019aime beaucoup plonger dans la vie intérieure des gens.Traiter de thèmes plus enfouis, des obsessions qui durent une vie et prennent toute RENDEZ-MOI MA MÈRE ! la place.Un être comme Claude m\u2019intéresse par tout ce qu\u2019il a voulu faire pour sa mère, même au-delà de sa mort.Par son choix d\u2019entrer en religion également, pour faire plaisir à sa mère au bout du compte.» L\u2019autre chose qui plaisait à Daniel Gagnon, c\u2019était d\u2019avoir affaire à un personnage comme Claude Martin qui a une raison d\u2019écrire.De la sorte, le romancier n\u2019avait pas besoin de raconter lui-même l\u2019histoire de Marie de l\u2019Incarnation de l\u2019extérieur.Ce qui sauvait du même coup l\u2019ouvrage du roman historique traditionnel.La dimension spirituelle ne déplaisait pas non plus au romancier.«Il s\u2019agissait d\u2019aborder un sujet avec cœur, avec du cœur au ventre, pour faire vibrer le lecteur à des grandes choses, à un grand destin, à une grande douleur, mais vue de l\u2019intérieur.Que le lecteur puisse plonger dans un drame dont il perçoit l\u2019intensité du tourment et que ça Remporte.» Au demeurant, Daniel Gagnon avoue demeurer perplexe à l\u2019égard du vide actuel au chapitre de la spiritualité.Il déplore au passage le manque d\u2019intériorité de certains livres et la disparition des «grands élans», des «grandes visions» et de l\u2019aventure intérieure dans la littérature.Aventure intérieure que Daniel Gagnon distingue vigoureusement de la sensiblerie et de la mièvrerie qui s\u2019étalent dans les magazines, les courriers du cœur et à la télévision.«Tout ça me désole.D\u2019une part, les gens ressentent le vide actuel, le manque d\u2019aventure et du désabusement.D\u2019autre part, certains se jettent dans les sectes à la Jouret.Tout ça au lieu d\u2019apprendre à vivre \u2014 point.Que ce soit dans un couple mère-fils, une relation père-fille ou autrement.Nous baignons dans une sorte de facilité que je trouve inacceptable.» Sans être pratiquant, Daniel Gagnon se dit toutefois religieux dans un sens plus vaste.«À cet égard, je rejoins mon personnage (Claude) qui dit à sa mère s\u2019intéresser davantage à la religion humaine, à l'homme, à la vie et qui dénonce la torture pratiquée à l\u2019époque.contrairement à Marie de l\u2019Incarnation qui, même si elle est très en avance sur son temps, répand la bonne nouvelle sans remettre en causç la \u201cpropagande\u201d commandée par l\u2019Eglise.» Daniel Gagnon convient que Rendez-moi ma mère! raconte surtout un amour impossible comme il les aime.Amour impossible qui devra être sublimé en bout de route.Le triangle amoureux a beau être constitué cette fois-ci d\u2019un fils, d\u2019une mère et de Dieu.(Marie appelle d\u2019ailleurs Dieu son «Divin Amant».) Il n\u2019en demeure pas moins que Claude ne pourra arriver à obtenir l\u2019amour de sa mère que par l\u2019entremise de Dieu, qu\u2019en se vouant à Lui.Chose certaine, on ne peut pas accuser Daniel Gagnon d\u2019écrire des romans banals.Quant à remettre à la mode le tourment des âmes: il fallait y penser.Au reste, son roman a le grand mérite de nous présenter «l\u2019envers d\u2019une grande figure de la Nouvelle-France», sans compter l\u2019envie que nous donne Gagnon de relire Marie de l\u2019Incarnation grâce aux nombreux extraits que son livre contient.RENDEZ-MOI MA MÈRE ! Daniel Gagnon Leméac 183 pages m*Ri: VADEfiONCOfMJ» amour] Scan V.micr Kofccn Lebei.UNE IDÉE DE DIEU : Les Éditions Fides et Bellarmin seront présentes au Salon du Livre de Montréal aux stands 135, 137, 139.234, 236 et 238.Jean Vanier JÉSUS, LE DON DE L'AMOUR «Je dédie ce livre à ceux qui cherchent la paix, l'amour et la vérité, qu'ils soient diciplies de Jésus ou non.» Coédition Be/larmin-Fleurus.Vol.de 208 p.\u2014 19,95$ mnmv w mm Comme un chant d'oiseau Sheila Cassidy AU SEUIL DE LA LUMIÈRE Directrice médicale du St.Luke Hospice\u2019s (Plymouth, G.-B.), établissement qui accueille des malades en phase terminale, Sheila Cassidy parle de cette expérience au service de ceux et de celles dont les jours sont comptés.Vol.de 270 p.\u2014 29,95$ Élisabeth J.Lacelle L'INCONTOURNABLE ÉCHANGE Élisabeth J.Lacelle est une des premieres femmes à avoir poursuivi des études approfondies en théologie et en vient donc à s\u2019interroger sur la place des femmes en christianisme.Vol.de 302 p.\u2014 34,95$ Robert Lebel, évêque UNE IDÉE DE DIEU Sous le mode de billets finement tournés, l'auteur propose des réflexions spirituelles, révélatrices du Dieu de Jésus Christ.Vol.de 192 p.\u2014 14,95$ Prre Vadeboncoeur DIX-SEPT TABLEAUX D'ENFANT Une fillette commence à se métamorphoser étrangement, et bien avant l'heure, en une artiste.Quand elle dessine, elle n'est déjà plus une enfant.Pierre Vadeboncoeur émerveillé se livre à une étude lumineuse sur la création artistique.Vol.de 90 pages.III.en couleurs.DIX-SEPT TABLEAUX D\u2019ENFANT ÉLISABETH J.LACLILF- \u2019\u2022'w*®\t- -X , v \u2022 l JiiK\u2019ontoiirtiàbk; ^change ti fJuriJi+' ' 9U rti* i-.riJAkMix Anthony De Mello COMME UN CHANT D'OISEAU Esprit profondément original, l'auteur réussit, comme peu d'autres, une admirable synthèse entre les traditions orientales et la spiritualité de tradition chrétienne.Vol.de 136 p.\u2014 14,95$ AU SEUIL DE LA LU MIL K L Sprifltahtf pour taxvmparnemtntda mabda La fuite en avant BETSI LAROUSSE Ou l\u2019ineffable eccéité de la loutre XYZ éditeur, Romanichels, 273 pages DANIELLE LAURIN Betsi Larousse ou l\u2019ineffable eccéité de la loutre.C\u2019est le titre du quatrième roman de Louis Hamelin, cet auteur dont on a dit tant de bien en 1989 lorsqu\u2019il a publié à 30 ans La Rage couronné par le Prix du gouverneur général et identifié par la critique comme le livre de toute une génération.Ses deux autres romans publiés depuis n\u2019ont pas eu autant de résonnance, mais bon an mal an l\u2019ex-étudiant en biologie poursuit sa quête des mots rares, des métaphores alambiquées et.de la vérité.Vérité des êtres, de l\u2019instant, de l\u2019émotion.Vérité de l\u2019écriture qui circule libre et éclatée, difficile parfois, contrastée en tout cas, poétique.Avec Betsi Larousse ou l\u2019ineffable eccéité de la loutre, Louis Hamelin fonce tête baissée dans le monde de l\u2019image, du paraître et de l\u2019ego trip médiatique.Et il campe, derrière ce délire collectif, un monde d\u2019introvertis à la recherche de leur âme qui ont soif d\u2019absolu.Entre le roman philosophique, le road movie et la satire sociale, Betsi Larousse ou l\u2019ineffable eccéité de la loutre raconte essentiellement une fin de semaine de ratages, de mal-être et d\u2019incommunicabilité.Il y a là, au fond d\u2019un bois, quelque part en Mauricie, trois êtres mal assortis que le hasard réunit et qui se débattent avec la vie.Il y a là Marc Carrière, sculpteur, et Yvan Lépine, grand explorateur, deux illustres inconnus, avec devant eux et pour eux seuls leur fantasme fait chair, Betsi Larousse alias Mitsou en personne.Betsi Larousse la fausse rousse est là qui se trémousse rien que pour eux et que font-ils?Ils s\u2019esquivent les pauvres types, multiplient les malentendus, retardent et retardent infiniement le moment de passer à l\u2019acte, comme si le rêve en fait valait mieux que la réalité.Et pour calmer le désir qui monte et monte inexorablement, que font-ils les mecs?Ils font ce que d\u2019habitude font les mecs dans ces cas-là, ils parlent et parlent encore, de la vie, du sens de la vie, et de rien de moins que l\u2019ineffable eccéité de la loutre.Eccéité, c\u2019est-à-dire, comme l\u2019exlique Lépine à son ami: «Le fait d\u2019être ici ou là, Marc.S\u2019incarner.Si on est là-bas, y être, et si on est ici, y être aussi.C\u2019est la chose la plus importante sauf que c\u2019est de plus en plus rare.» Ineffable eccéité, parce que bien sûr ce «miracle irrempla- çable de la présence» ne trouve pas de mot pour se dire.Ineffable eccéité de la loutre enfin, parce que c\u2019est en fixant une loutre un soir sur un lac gelé, rien de moins, une loutre qui elle-même «fixait la réalité avec une densité extraordinaire», que l\u2019explorateur a compris de quoi il en retourne: «J\u2019ai eu l\u2019impression d\u2019assister, à travers elle, au dévoilement de l\u2019être, je voulais exister d\u2019une manière aussi brutale et parfaite que la loutre.Couvrir le monde de ma réalité devenait tout à coup un impératif absolu.» Oui mais voilà, être ici maintenant avec Betsi Larousse, ils y arrivent pas les gars.Et pendant qu\u2019ils tergiversent, Betsi elle fait la moue, pose, s\u2019étire au soleil, promène ses seins et boit du scotch à même la bouteille.Sur une scène, devant l\u2019objectif d\u2019une caméra ou en plein bois finalement, quelle différence?«Feindre le naturel était devenu chez elle une seconde nature.Le naturel était son mythe personnel.» Toute éprise quelle est de sa propre image de starlette, la nymphette au filet de voix et au joli minois qui a sa vie préfabriquée exposée à la une de L\u2019Evénement du mardi après-midi finira quand même par se dévoiler une âme.le scotch aidant.Mais chacun son destin et surtout «chacun sa cuirasse», Betsi, elle, c\u2019est la célébrité, la célébrité à tout prix.Betsi a compris depuis longtemps que c\u2019est par le regard des autres qu\u2019elle existe.Elle ne s\u2019en cache pas, l\u2019avoue franchement et en jouit, tout simplement.Ce qui ne l\u2019empêche pas de voir clair: «Personne ne me laisse placer un mot, de peur que j\u2019aie le mauvais goût de gâcher la belle image qu\u2019ils avaient de moi en arrivant.Quel drôle de rôle: tout le monde parle de toi, mais personne ne té parle à toi.» Personne ne lui parle à elle, pauvre Betsi, pas même le beau Marc qui lui tourne maladroitement autour avec-en tête les mots d\u2019amour qu\u2019il ne lui ne dira jamais, ni Lépine non plus, à peine lancé dans l\u2019aventure déjà ailleurs, et qui finira par fuir dans le sommeil, «veinard ivre mort, malheureux comme les pierres du chemin mais il ne le sait pas, il dort et son sommeil est d\u2019or».Bref, Betsi Larousse ou l\u2019ineffable eccéité de la loutre c\u2019est la fuite en avant, la fuite devant ce qui fuit nécessairement.C\u2019est, au beau milieu de nulle part, des moments de grâce qui filent avant qu\u2019on les attrappe.Et voilà bien la force de ce livre qui semble aller dans tous les sens: ces moments-là qui d\u2019habitude nous glissent entre les doigts, Louis Hamelin s\u2019en empare sans crier gare, les hache menu rien que pour nous, et ça explose, de partout.Boréal Qui m\u2019aime me lise.Robert Blondin Le Guerrier désarmé essai Robert Blondin répond au questionnement actuel des hommes qui se donnent la peine d\u2019envisager, d\u2019accepter, de provoquer des changements profonds d\u2019identité et de comportement.Du jeudi 17 au mardi 22 novembre Séances de signature au stand #247: SAMEDI de 15 h à 17 h DIMANCHE de 13 h à 14 h V«r* «ne nouvelle mstculiaité Robert Bi.ondin LE GUERRIER DÉSARMÉ Jeanne Bourin L\u2019enfance de Jeanne Bourin dans la France profonde LA GARENNE Jeanne Bourin, Éditions Julliard, 220 pages MARIE LAURIER LE DEVOIR envie est grande pour un écri-< vain qui prend un peu d\u2019âge de se replonger dans son enfance pour faire partager à ses lecteurs une petite part de sa vie, assuré d\u2019y mettre autant de style et de talent que dans des œuvres plus corsées.C\u2019est le cas de Jeanne Bourin qui nous avait habitués à ses romans historiques \u2014 ma préférence reste toujours sa remarquable Très Sage Héloïse (Hachette), ouvrage couronné d\u2019ailleurs par l\u2019Académie française \u2014 qui nous rappellent les mœurs et l\u2019environnement des gens, surtout les femmes du Moyen-âge avec ses Pérégrines, La Chambre des Dames, Le Jeu de la tentation, Les Amours blessées, pour ne nommer que ces titres.Voilà qu\u2019elle nous amène cette fois dans la France profonde des années 1930, nommément celle de la Garenne, une belle région champêtre qu\u2019elle a arpentée toute petite de long en large, et un peu plus grande, dissimulée dans les bosquets pour y observer les rencontres clandestines de son cousin Jacques et de la trop belle Lulu, ce cousin où il n\u2019y a pas si longtemps jouait avec elle à la marelle et à la poupée et lui faisait croire qu\u2019il allait l\u2019épouser un jour.Des promesses, des promesses, qui n\u2019en a fait du- rant dans la chaleur des étés, dans la fraîcheur des nuits naissantes, dans le chuchotement des secrets confiés à sa sœur ou son frère que l\u2019on souhaitait complices de nos premiers émois sensuels que nous pensions éprouver pour l\u2019éternité?Et l\u2019on se jurait de s\u2019écrire à tous les jours jusqu\u2019aux prochaines vacances (air bien connu, n\u2019est-ce pas?) Foin de toute cette foison de beaux et nobles sentiments: les lettres se sont faites de plus en plus rares, le jeune Jacques a grandi de quelques centimètres, sa voix a mué et le cœur de la petite Jeanne n\u2019a jamais cessé de battre la chamade pour le beau cousin qui l\u2019a trahie pour se transformer en un bel indifférent.Banale, cette histoire?Pas tout à fait sous la plume de Jeanne Bourin Banale, cette histoire?Pas tout à fait sous la plume de Jeanne Bourin qui insère dans son roman la description de paysages et de climats de la Garenne où l\u2019on perçoit le ruissellement du Loir tout proche, l\u2019éclairage subtil des ombres et des lumières, la tiède chaleur de l\u2019air, la faune et la flore d\u2019une campagne majestueuse.Et bien sûr, les réminiscences de ses rapports parfois difficiles avec ses parents, cette curiosité et cette prescience d\u2019une enfant au regard perçant, pour qui aucun détail n\u2019échappe tant dans la physionomie des gens de son entourage et de leurs humeurs changeantes.Généreuse et peut-être tout simplement candide, la petite Jeanne, qui voudrait que l\u2019amour soit un moteur en continu, que la vie à la Garenne se déroule toujours en parfaite harmonie avec les êtres, les choses et la nature.Hélas, la petite fille perd lentement mais sûrement ses illusions, le destin de chacun et chacune s\u2019inscrit dans des ailleurs quelle ne peut pas encore percevoir mais qu\u2019avec le recul du temps elle analyse avec une belle sensibilité.Nous sommes loin des héroïnes du Moyen-Age mais Jeanne Bourin se fait le plaisir de nous parler d\u2019une enfance, la sienne qui est aussi un peu la nôtre, non?Oui.f I.K I) K V (MK.I.K S S A M K |)| I il K T I) I M A X (' Il K 2 0 X 0 V K M B I! K I il f) I i) ia I V II E S VITRINE DU LIVRE I) E POCHE LES BOSNIAQUES Velibor Colic, traduit du serbo-croate par Mireille Robin, Paris, Le Serpent à Plumes, coll.Motifs, 139 pages.Littérature de guerre.Voilà l\u2019une des meilleures façons de qualifier Les Bosniaques, troublant recueil de courts textes écrit par Velibor Colic.Comme autant d\u2019épitaphes s\u2019y succèdent de terribles desciptions, épisodes tragiques d\u2019une guerre folle et absurde.La plupart des textes ont été écrits à Modrica, en Bosnie-Herzégovine, d\u2019autres au camp de Sla-vonski Brod, en Croatie, ou l\u2019auteur a été réfugié, d\u2019autres encore ont été écrits plus tard, en France.Colic raconte ces événements dans un style sobre, avec la dignité et la retenue des grands témoins.CRIS El CHUCHOTEMENTS SUIVI DE PERSONA El DE LE LIEN Ingmar Bergman, traduit du suédois par Jacques Robnard et Catherine de Seynes, Paris, Gallimard, coll.Folio, 232 pages.LES MEILLEURES INTENTIONS lngmar Bergman, traduit du suédois par C.G.Bjurstrôm, Paris, Gallimard, coll.Folio, 483 pages.A ce jour, Gallimard a publié pas moins de onze scénarios d\u2019Ingmar Bergman.L\u2019implacable mécanique des récits mis en forme par le réalisateur suédois, ainsi que là profondeur et la précision de ses analyses psychologiques, suffisent à justifier la publication de ce qui est, à l\u2019origine, un outil de travail ou, pour reprendre la formule de Pasolini, une structure tendant à devenir une autre structure.Cris et chuchotements, qui réunit trois sœurs, dont l\u2019une est atteinte du cancer, est sans contredit l\u2019un des trois ou quatre chefs-d\u2019œuvre du maître.Tout comme Persona, d\u2019ailleurs, qui décrit les rapports entre une actrice souffrant de dépression nerveuse et l\u2019infirmière qui la soigne.Quant à Le Lien, le cinéaste y explore l\u2019univers d\u2019une femme prise entre amant et vie conjugale.Dans les trois cas, Bergman parle de personnages qui cherchent à briser l\u2019isolement dont ils sont victimes.Bien entendu, les scénarios ne sont pas l\u2019équivalent des films qu\u2019on en a tiré.Ainsi, à la lecture, Persona est une œuvre plus froidement analytique, moins mystérieuse qu\u2019au cinéma où Bergman multiplie les effets étonnants.Mais, les scénarios de Bergman n\u2019ont pas la forme sèche et un peu rebutante qui caractérise généralement les textes destinés au cinéma.Leur allure est souvent proche de certains romans modernes (on peut penser, dans certains cas, au Duras de Moderato Cantabile).Les Meilleurs intentions, avant-dernier scénario de l\u2019auteur, est un bel exemple de cette écriture métissée et singulière.Débarrassé de la mise en images lourde de Bille August, qui avait réalisé le film, l\u2019histoire d\u2019amour et de Inline des parents de Bergman semble ici habitée d\u2019un nouveau souffle.Pour le plaisir des lecteurs.Ingfnar Bergman Cris et chuchotements wwi \t?\u2022'~'f\t«7*\t^ '\u201et#~.^'iy^P LE CENTRE D\u2019EXPOSITION DE BAIE-S Al NT-P AU L présente CHARLEVOIX HISTOIRE D'ART 1900 ci 1940 Une centaine d'oeuvres ayant fréquenté ou habité Charlevoix à l'époque CONFERENCES on collaboration avoc la Société d'histôire de Charlevoix Les dimanches 20 et 27 novembre 1994 à 14 h 00 \u201e\t-\tClarence Gagnon, chantre de la région de Charlevoix 1916-1935, par Rosaire Tremblay .«Marins Barbeau: le folklore, lo folkloriste et r'histoiro de l\u2019art (1900-1940)» par Sergo Gauthier JUSQU'AU 30 JANVIER 1995 OUVERT DE 9 h À 17 h Visites guidées: les mercredis, samedis et dimanches 23.rue Arnbroise-Fafard.Baie-Sàinl-Paul / Renseignements (4 18).435-3681 on A NE PAS MANQUER BONNIE BAXTER ' Jr.,C;:;yv .V .7.\t\u2022 ¦ v.7 >V V7 ' JD'ARTÔ IE MO.RENSEIGNEMENTS: [514] 288-0811 « * » Le Bal Des Animaux Murale ('ii relief, sculptures et gravures sur bois Vernissage ScUIH'tli H) IloVt'lI11)IV mne 1993, ce programme n design.-Air Experts Design Inc.et Mirador Design Industriel \u2022 Groupe Collège LaSalle Air Experts Design Inc.et Mirador Design Industriel ont présenté, par l'entremise des designers Daniel Lord et Dominique Roy, un projet de développement d\u2019une hotte de laboratoire possédant un système intégré de contrôle du flux d\u2019air, piur la compagnie Blier Inc.Le coût total du projet est de 92 880 S.La itribution de l\u2019Institut de Design Mo ûts admissibles, soit 44 940 S.: Groupe Collège LaSalle s inception d'un outil de design réal de: -ici Dulac.Le coût total du projet est de 367 200 $.La contribution de l\u2019Institut de Design Montréal représente 43% des coûts admissibles, soit 100 000$.L\u2019Institut de Design Montréal invite les intéressés à participer au prochain appel de propositions de son programme de contributions pour stimuler la recherche appliquée en design, qui sera lancé le 3 décembre prochain.Les formulaires de proposition le 31 janvier 1995.16 heures, à I Institut 1037, rue Rachel, 3e étage, Montréal, prochains lauréats seront annoncés le levront etre reçus at le Design Montré; Juébcc.H2J 2J5.amedi 11 mars 199' Poi 14) 596-2436.Institut de i_______________ "]
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