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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1994-11-26, Collections de BAnQ.

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[" I.K I) K V OIK.I.K S S A M K DI 2 (I K T I) I M A X (' Il K 2 7 X 0 V K M K K K MM) -I *'\t-V .', ¦ ¦ m M ».m B Prenez donc un bon livre.Télévision Page C2 Cinéma Page C3 Spectacles Page C6 Jazz Page C8 Vitrine du disque Page C8 Musique classique Page CIO Théâtre Page Cil Disques Page C12 Grille télé du week-end Page C13 Agenda culturel Page C14 ?CINÉMA Windigo: dans la tourmente du doute ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il en prend des chances, Robert Morin.La pellicule est devenue si rare et si chère de nos jours, or noir de l\u2019audiovisuel.Qui veut encore risquer sa peau au moment de tourner un film?Producteurs et cinéastes se font de plus en plus conservateurs, tandis que, sans crier gare, le cinéma se transforme presque en voie de garage pour l\u2019exploration.Robert Morin, lui, vient de la vidéo et il roule toujours dans cette allée royale de découvertes.La semaine dernière, La Troisième Fenêtre, vitrine de Vi-déographe, ouvrait son programme de festivités sur une œuvre éclatée de Robert Morin, Yes Sir Madame!, parcours un peu fou d\u2019une caméra vidéo à travers le passé d\u2019un personnage québécois emblématique.La vidéo, ça ne coûte rien et ça permet tout.Mais pour la beaute, la précision des images, elle peut aller se rhabiller.Aucun support n\u2019a encore supplanté le film.Tout ça pour vous dire qu\u2019à l\u2019heure de sauter de la vidéo au cinéma, Robert Morin reste Robert Morin: c\u2019est-à-dire une substance à haut risque, presque radioactive, faite d\u2019essais et erreurs, d\u2019hypothèses de départ assumées à travers conséquences heureuses ou malheureuses.«Tapprends en te plantant», profère-t-il d\u2019un ton convaincu.Il y a deux ans, cela donna un premier long métrage étonnant, sept regards fractionnés et subjectifs sur un assassin.Requiem pour un beau sans-cœur faisait entendre une voix originale, inimitable et qu\u2019on avait envie de réécouter.Voici que Morin récidive avec Windigo, entreprise plus casse-gueule, moins ronde, quelque chose d\u2019épineux et d\u2019indigeste.Vous verrez par vous-même, car le film est arrivé dans nos salles hier, après escales multiples dans un chapelet de festivals.L\u2019autre apocalypse Robert Morin me dit qu\u2019il aime plus lire «qu\u2019aller aux vues».C\u2019est comme ça, qu\u2019un jour de 1988 ou 1989, le cinéaste a attrapé le roman de Joseph Conrad, Heart of Darkness, en se demandant, couverture refermée: «Pourquoi ne pas adapter ça au Québec, en plus petit?» D\u2019abord, me direz-vous, le livre a déjà été porté à l\u2019écran et remanié fa-:on Coppola avec arrière-fond de /iêt-nam dans le chef-d\u2019œuvre que fut Apocalypse Now.Morin avait des visées plus modestes: colorer la remontée mythique de la rivière de nos relations avec les autochtones.Le tout à travers une métaphore de notre propre indépendance.Morin déclare qu\u2019il connaît les Amérindiens ni plus ni moips qu\u2019un autre.Qu\u2019il a vécu à Sept-Iles, travaillé pour Inuit Broadcasting, assez pour observer, se poser des questions.«Les rêves collectifs, ça peut mener à la mort», me dit-il.Le thème de Windigo n\u2019avait rien d\u2019évident.D\u2019autant plus que les Québécois en ont soupé des Amérin- Ç< Vi VOIR PAGE C 2 : WINDIGO LE DEVOIR et Victor Pilon montent Grand Hôtel des étrangers an MC MARIE-MICHÈLE CRON Avec sa gueule d\u2019ange \u2014 tout jeune, n\u2019a t-il pas fait le saut de La La La Human Steps pour voler de ses propres ailes?\u2014 et ses atmosphères féeriques post-années quatre-vingt, réactivant à travers de multiples mutations son œil rechargeable pour nous offrir une solide salade de son cru, Michel Lemieux a remis ses gants magiques pour traverser le miroir des illusions et aller jusqu\u2019au bout de ses rêves.Et de la nuit.N\u2019est-il pas le fils spirituel de Cocteau?«J\u2019aimerais beaucoup en tout cas qu\u2019il m\u2019adopte», dit-il dans un large sourire.Si Michel Lemieux n\u2019est pas encore descendu aux enfers aux côtés d\u2019Orphée \u2014 même si la critique l\u2019a relégué un certain temps aux cachots de l\u2019oubli \u2014, c\u2019est au septième ciel qu\u2019il nous aura souvent transportés au cours de cette dernière décennie.Elle aura vu n d\u2019ailleurs ses hauts et vécu ses silences (de^4 creux, diront d\u2019autres qui l\u2019accusaient d\u2019être superficiel), alors que ce caméléon n\u2019a jamais eu peur de vêtir plusieurs rôles à la fois.Musicien et chanteur, corn- po-siteur et scénographe, metteur en scène et interprète, l\u2019homme-orchestre rencontre un jour l\u2019artiste un autre man! galaxie multidis-\u2014 qui a déjà été attitré des chefs a réalisé en 1993 Victor Pilon, aque de la ciplinarité photographe d\u2019Etat! \u2014 et qui la scénographie et les projections du spectacle Détournement majeur de la diva Diane Dufresne.D\u2019une première association en 1990, naîtra Le Souffle de Pytliagore, un spectacle holovi- déo-^graphique qui sera présenté au Salon de l\u2019informatique à la Place Bonaventure et qui nous propulsait sur une autre planète avec une danseuse en chair et en os, belle comme une princesse orientale, et des personnages virtuels.Puis ce sera Voix de passage, présenté en tournée canadienne, In mid-air lancé à Hong Kong dans le cadre du VOIR PAGE C 2 : LEMIEUX uree et du 38277784 I.K I) E VOIR, I, K S S A M K I) I 2 li K T I) I M A N (' Il K X O V K M It R K I (I !l I TÉLÉVISION Un dimanche à Hollywood PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les adaptations de pièces de théâtre pour la télévision sont des entreprises périlleuses: rien n\u2019est plus agaçant c|u\u2019une production qui «sent» le genre quelle ne veut plus être.Rassurez-vous cependant car l\u2019adaptation que François Tassé propose demain soir (Radio-Canada, 20h30) de / Ought to Be in Pictures, devenu Aller simple pour Hollywood, évite ces écueils.L\u2019histoire est simple: une fille de 20 ans arrive à l\u2019improviste chez son père, qui a quitté le domicile familial 16 ans plus tôt et habite maintenant à Hollywood.Officiellement, elle veut faire du cinéma.Mais tout le monde comprend que Lorraine veut voir la bouille de cet homme qui n\u2019a donné aucun signe de vie depuis son départ de Montréal et dont elle ignore tout.Et lui dire ses quatre vérités en pleine face.Les retrouvailles, on s\u2019en doute, sont laborieuses.D\u2019autant plus que père et fille sont de la même eau, impulsifs et soupe au lait au possible.Les flammèches ne tardent pas à jaillir.Mais comme dans tout bon Neil Simon, c\u2019est à un boulevard que nous sommes conviés et les blagues viennent bien vite désamorcer le drame dès qu\u2019il pointe le bout du nez.Pascale Montpetit est excellente.Il faut la voir atterrir à la demeure de son père, sac au dos, mal habillée, brouillon, parlant fort et blaguant pour cacher son embarras.Ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019une comédienne de 34 ans joue un rôle de 20 ans.Mais le choix ne pouvait être plus heureux.Rémy Girard joue le père, un scénariste plus intéressé par les courses que par le travail.Comédien de grand talent, Girard pourrait néanmoins être prochainement affligé du mal de la «surexposition», tellement il est partout ces temps-ci.A la longue, cette ubiquité empêche de voir le personnage plutôt que l\u2019acteur.La crédibilité du comédien en souffre.Comme Depardieu dont on se dit: «Ah tiens, encore lu;!» Robert, donc, est un gros bébé déguisé en adulte \u2014 le réalisateur Jean-Yves Laforce parle de gros nounours \u2014 qui met un bon moment avant d\u2019accepter les torts qu\u2019il a envers sa fille.Mais cette dernière a plus d\u2019un tour dans son sac et ne s\u2019en laisse pas imposer par un père absent Ça roule bien, il n\u2019y a pas de longueur.Et c\u2019est bien adapté.Logiquement, les références au hockey ont remplacé celles du football dans la pièce originale.Mais le secret d\u2019une bonne adaptation va bien au delà de ces détails et François Tassé l\u2019a bien compris.Un troisième personnage joue le rôle de tampon, la blonde de Robert, jouée par Diane Arcand que l\u2019on n\u2019a LE CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS MUSICAUX AVENIR en tete NOVEMBRE MARK PEDROTTI, baryton RACHEL MARTEL, piano Salle Pollack 555, rue Sherbrooke Ouest dimanche, le 27 novembre 1994 à 15h30 SCHUBERT - BRAHMS - RAVEL - DUPARC Adultes: 25,00 $; Étudiants: 15,00 $ Renseignements: LADIES\u2019 MORNING MUSICAL CLUB 1410, rue Guy, bureau 32 Montréal H3H 2L7 Tel.: 932-6796/487-2822 PROMUSICA COPRODUCTION SRC Église Erskine and American (Série «Topaze») Le 28 novembre 1994,20 h 00 LE QUATUOR ALCAN Formation à cordes de niveau exceptionnel de la région du Saguenay Haydn: Quatuor à cordes n° 3 en do majeur, op.76, «L\u2019Empereur» Beethoven: Quatuor à cordes en fa majeur, op.135 Ravel: Quatuor à cordes en fa majeur Billets en vente à la PDA: 15 $, 8 $ étudiants, taxes incluses (redevance en sus) Place des Arts (842-2112) Informations: Pro Musica (845-0532) I MUSICI DE MONTREAL Berceuses du Monde Nadia Pelle, mezzo-soprano Angela Song, piano Jeudi 1er décembre 1994,20 h 00 Salle Maisonneuve de la Place des Arts Oeuvres de la famille Mozart et sélection de Berceuses Billets: 16,30 S et 13,16 S - Taxes et redevance en sus Réservations: 842-2112 CBC ACREQ CMC présentent UN CONCERT ÉLECTROACOUSTIQUE 20 clips musicaux de compositeurs canadiens pour célébrer le 35e anniversaire du CENTRE DE MUSIQUE CANADIENNE Chapelle historique du Bon-Pasteur Samedi 3 décembre 1994 à 20h00 100 Sherbrooke est, Montréal Billets: W $, 15 $, 25 $ et plus Renseignements et réservations: 849-9175 Dimanche, le 4 décembre 1994 à 20h00 L\u2019ORCHESTRE DU STUDIO DE MUSIQUE ANCIENNE DE MONTRÉAL sous la direction de Jean-François Rivest présente Concertos grossos de Corelli, Vivaldi et Bach en l\u2019église Notre-Damc-du-Très-Saint-Sacrement 500, av.du Mont-Royal est (métro Mont-Royal) à Montréal.Admission générale: 20 S t.t.c.Renseignements et réservations: (514) 843-4007 les musiques d\u2019aujourd'hui Renseignements : 277-7466 pas vu à la télé depuis des lustres.Il y a deux semaines, Radio-Canada présentait une dramatique qui se passait en Floride.Cette fois, nous sommes à Hollywood.Veut-on nous faire oublier l\u2019hiver?À l\u2019école du cirque Si le théâtre n\u2019est pas dans vos cordes, vous voudrez peut-être aller voir du côté de Radio-Québec (20h) qui présente un documentaire rafraîchissant sur l\u2019École nationale de cirque, la seule du genre en Amérique du Nord.Le documentaire, tout juste sorti de la salle de montage, est produit par GPA Film et l\u2019ONF.André Gladu réalise.11 s\u2019ouvre sur la première journée d\u2019école, en septembre 1993.La professeur demande à chacun de révéler son rêve.Quelle bonne idée.Ça rit énormément.Des rires il en faudra beaucoup pour avaler la discipline d,e fer à laquelle tous les élèves de l\u2019École sont astreints.Ils doivent prendre les bouchées doubles en complétant leurs études en deux fois moins de temps que les autres étudiants.Chacun a sa spécialité.Chacun a «le feu sacré».La dernière partie du documentaire se déroule sous un chapiteau, à Lévis, où les artistes, fébriles, ont donné un spectacle loin de leurs salles habituelles.Les quelques petites longueurs de la fin du documentaire sont un détail dans un ensemble informatif et divertissant.WINDIGO Un film sur les perceptions SUITE DE LA PAGE Cl diens.Morin assure qu\u2019il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019un film sur eux, mais sur la perception \u2014 les perceptions plutôt, car celles-ci n\u2019ont rien de monolithique \u2014 que les Blancs ont d\u2019eux.Cinq portraits de Québécois collés sur la réalité rouge: la Indian Lover, celui qui hait les Indiens en bloc, celui qui les aime, le fonctionnaire fédéral, le fonctionnaire provincial tirant chacun leur bout de corde.A l\u2019autre extrémité du prisme, des Amérindiens qui se sont décrétés rois et maîtres d\u2019un royaume d\u2019un Nord imaginaire appelé Aki, dans le coin de l\u2019Abitibi.Entre les deux: un navire qui remonte une rivière avec à son bord des blancs émissaires venus voir ce que mangent ces indépendantistes-là.Dans Windigo, Morin voulait aussi montrer du doigt les journalistes de télé qui font des topos de trente secondes sur des événements qu\u2019ils couvrent à toute vitesse, blasés de tout.Il livrera son film à travers les yeux du journaliste Jean Fontaine (Guy Nadon) projeté dans la tourmente des grands doutes interculturels.Le scénario fut imaginé en 1988, avant l\u2019été rouge, calqué plutôt sur l\u2019aventure des Amérindiens du lac Lu-bicon en Alberta, texte par la suite nourri de l\u2019imagerie de la crise d\u2019Oka: barricades, cagoules, bandeaux, etc.«Cet été-là, les Québécois ont vu des Indiens pour la première fois de leur vie.» Un grand écueil Grand écueil pour Windigo: sa distribution.Au départ, Morin s\u2019était bien juré de ne pas déguiser d\u2019acteurs blancs en Amérindiens comme dans Shehaweh.Pas question de peindre en rouge une Marina Orsini en squaw de service.Mais le pool de comédiens amérindiens est assez limité au Québec.Il y a bien Richard Kistabish, qui joue ici le grand chef, et quelques autres.«Mais pour le gros de la distribution, t\u2019es obligé de te tourner vers le Canada anglais», déplore Morin.Le héros de son film, Eddy Laroche, un Amérindien charismatique qui prend le maquis avec son peuple, enfant d\u2019université plein d\u2019idées politiques en tête, il n\u2019arrivait pas à trouver d\u2019acteur amérindien local pour l\u2019incarner.De guerre lasse, le cinéaste a failli donner le rôle à un francophone, puis s\u2019est ravisé, a pris le téléphone pour appeler des agences de distribution au Canada.«Au moins c\u2019est des vrais Indiens.» Ce qui ne réglait pas ses problèmes pour autant.Il,q dû chercher du côté de l\u2019Alberta, engageant finalement.Donald Morin, un comédien de théâtre qui ne parlait pas un traître mot de français, que le cinéaste a essayé de faire jouer au son (mais ça clochait), alors ils l\u2019oijt, doublé, ce qui paraît à l\u2019écran et désespère tout le monde.Robert Morin soupire.«Le cinéma, c\u2019est l\u2019art du.compromis.» Il rêvait grand, le cinéaste.Pas une nation en particulier Son royaume d\u2019Aki, par exemple.Il refusait de lui donner une connotation anthropologique, d\u2019esquisser le portrait d\u2019une nation en particulier, les Algonquins, les Cris, les Montagnais, les Mohawks.Mais commit faire un amalgame de tous ces peuples?Richard Kistabish l\u2019a conseillé, histoire de mettre au monde un camp assez réaliste dans son bois, quoique imaginaire.Tout le gibier abattu vient des bêtes tuées sur l\u2019àutof route, fournies gracieusement par les agents de la faune.Morin a compris pourquoi on réalise des films de cuisine au Québec.Parce que tourner dans le bois avec la neige, la pluie, les feuilles qui changent de couleur, et une équipe de quarante personnes filant trente jours sur un bateau, ça coûte un bras et c\u2019est toujours en crise.Il parle du tournage comme d\u2019une espèce dé miracle, dit qu\u2019il a failli devenir fou, qu\u2019il l\u2019est peut-être même devenu un peu, et que si le résultat de Winaigq ne le satisfait pas pleinement, en tous cas, il est: allé, comme son héros, au bout de ses rêves.LEMIEUX La virtualité comme source de lumière SUITE DE LA PAGE Cl Festival 2000.Et en 1993, la fresque multimédia Feux sacrés, qui refaisait surgir tel le phénix de ses cendres, l\u2019histoire de la basilique Notre-Dame de Québec \u2014 qui a déjà brûlé trois fois \u2014 et, toujours dans la Vieille Capitale, Le Grand Défilé des Médiévales de Québec.Parmi tous ces chiffres et ces dates, l\u2019une d\u2019entre elles est à souligner à l\u2019encre sépia: 1992.Une mise en scène du virtuel 1992, c\u2019est Tannée frénétique, boulimique, pimentée d\u2019un Félix pour leur mise en scène conjointe du spectacle Naif de Michel Rivard.Lemieux co-signe avec Richard Blackburn le mémorable défilé du 350e anniversaire de Montréal qui monopolise des centaines de figurants et des milliers de participants, et réalise avec Victor Pilon l\u2019environnement du spectacle d\u2019Uzeb au Festival international de jazz de Montréal.Rien ne les arrête d\u2019ailleurs.Il y aura Tête chercheuse dans le cadre du 25e anniversaire du Centre Saidye Bronfman, et l\u2019installation Territoire intérieur au marché Bonseçours lors de l\u2019exposition collective À Mille Lieux, conçue et produite par l\u2019équipe de Zone Productions pour marquer les festivités de la métropole.Cette œuvre-là est particulièrement représentative du tout récent spectacle que les enfants terribles ont mijoté récemment alors qu\u2019ils se sont inspirés d\u2019un recueil de poésie de Claude Beausoleil,, Grand hôtel des étrangers, paru aux Écrits des Forges-Europe Poésie en 1988.Dans Territoire intérieur, les spectateurs allongés sur un divan, munis d\u2019écouteurs, rivés à un écran où se projetaient des rêves éveillés et des cauchemars salés, rencontraient divers personnages dans un hommage en différé aux frères Lumière, à Bunuel, à Almodovar.Un voyage inoubliable et le clou de l\u2019exposition! Mais, surtout, une mise en scène du virtuel dans un espace onirique, versatile, la chambre à coucher.«C\u2019est un lieu absolument merveilleux, parce qu\u2019il représente le théâtre de la virtualité: toutes les nuits, on se couche, toutes les nuits on rêve», ajoute Michel Lemieux.Grand hôtel des étrangers raconte ainsi l\u2019histoire d\u2019un écrivain qui va passer une nuit dans une chambre d\u2019hôtel et qui transporte dans sa valise son passé, ses souvenirs, ses désirs, ses frayeurs.Et lorsqu\u2019il l\u2019ouvrira, ils le rattraperont, le traverseront, le transformeront.«Techniquement, l\u2019acteur qui est dans le décor est entouré de personnages virtuels, explique Michel Lemieux.C\u2019est une simulation d\u2019holographie parce que l\u2019holographie qui bouge comme ça dans l\u2019espace, cela n\u2019existe pas encore.» Les deux magiciens d\u2019Oz ont adapté une vieille technique d\u2019illusionnis- ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN AGNÈS GROSSMANN WALTER BOUDREAU Berliner Momente I CLARA SCHUMANN Concerto pour piano en la mineur, op.7 JOHANNES BRAHMS Symphonie n°2 en ré majeur, op.73 Chef d\u2019orchestre: Agnès Grossmann Soliste: Sylviane Deferne, piano Le lundi 28 novembre 1994 20h00 PHOTO JACQUES NMADEAU Victor Pilon et Michel Lemieux.me, le pepper ghost \u2014 inventée par monsieur Pepper à la fin du siècle dernier \u2014 à la technologie moderne.Le résultat?Un médium polyphonique et polymorphe qui combine théâtre, cinéma, performance.Ainsi, on pourra voir auprès de Jean-François Blanchard et de Serge Lamirande deux acteurs «réels», dirigés par Claude Poissant, et une année d\u2019êtres virtuels, le vieux sage Jacques Lan-guirand métamorphosé en fantôme.La réalité virtuelle serait alors la métaphore de l\u2019invisible et de l\u2019au-delà.S\u2019appuyer sur l\u2019émotion «En fait je pense que ce que la virtualité apporte entre le monde visible et invisible, c\u2019est la lumière, indique Michel Lemieux.La lumière, c\u2019est la chose qui sépare ce qui est réel, le monde solide, du monde irréel.Cela existe depuis longtemps la virtualité, depuis la Grèce antique, par exemple, avec la Caverne de Platon jusqu\u2019à aujourd\u2019hui avec l\u2019opéra qui est aussi un spectacle multimédia.» Toutefois, cette expression accouplée avec les nouvelles technologies soulève encore bien des interrogations et des réserves.Salade niçoise; auberge espagnole.on apprête çet-te terminologie lourde de sens et de formes à toutes les sauces et à tous les climats.Froideur, insensibilité; distance sont les mots glacés qui reviennent alors fleurir sur les lèvrçq comme des leitmotiv encombrants pour identifier la manipulation, anoi nyme et lèche-vitrines des outijs du futur.Pour Michel Lemieux cependant, leur maîtrise parfaite permet d\u2019oublier tout simplement leur présence.«11 faut que ces instruments deviennent absents.Ce que je prône en fait, c\u2019est l\u2019in-tech, la technologie invisible.On ne veut pas voir les rpa; chines qui sont secondaires.Ce qui compte, c\u2019est de revenir à un certain classicisme, de s\u2019appuyer sur l\u2019émoj tion, sur l\u2019idée.» Pas de révolution copemiciennè q l\u2019horizon mais, peut-être, à force de târ tonnements, d\u2019essais, de réflexions; l\u2019apparition d\u2019un nouveau langage see nique qui viendrait voler au septième art les trucages et les effets spéciaux, dont le cinéma est parfois très gourmand.Et si Michel Lemieux et Victor Pilon ont la tête dans les étoiles \u2014 ils aiment faire entrer en collision le présent, le passé et le futur \u2014, ils gardent fermement les pieds sur terre.«Nous n\u2019inventons rien.Nous parlons des mêmes thèmes, la mort, l\u2019amour, la joie, la peur, avec des moyens çliffé^ rents.Mais nous le faisons avec èpor-\u2019 mément de surprise, d\u2019émerveillpT ment En fait, nous ne sommes ni plus ni moins que la suite de ce qui est venu avant nous.» Ils ont raison.Jean Cocteau (es, tient par la main et les guide dans leurs songes les plus fous.GRAND HÔTEL DES ÉTRANGERS T Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal, salle B.Webster Rolph.185, rue Sainte-Catherine Ouest.Les 30 novembre, 1er, 2 et 3 décembre à 20h30.Le 4 décembre à 15h et à 20h30.Une invitation de: QUEBECOR INC.«avec le devoir f Place des Arts MfdffivMeiUM M22112 «« Mmmu Adrmon ( S1« 790 124» Acdrvanc* «t fc \u2022* O» ****** r fl! SOI ItoftrtJi PAVILLON DES ARTS _ DE STE-ADÈLE Soirée rétro de 'p\u2019imçaiâe Samedi 3 décembre à 20 h Lucienne r Boyer Mistinguett Ldith Piaf Maurice Chevalier Joséphine Baker Tino Rossi ANIMATEURS Serge Bélair et Phil Laframboise POUR RESERVATION: (514) 229-2586 LE DEVOIR rem ^ ^33886 I !) Il I NOV K M It H K I) I M A N C II K S A M K O I I, K S I) K V O I II - ' É CRAN ?*: chef-d\u2019œuvre très bun bon quelconque &)\u2022 : très faible : pur cauchemar WINDIGO ?De Robert Morin.Une sorte d\u2019Apocalypse Now québécois, moins le budget, moins le souffle, et à la sauce autochtone.Un groupe d\u2019Amérin-dieris déclarent l\u2019indépendance d\u2019un territoire du Nord et accueillent les fonctionnaires, les journalistes, les blancs compréhensifs ou non, venus leur faire entendre raison.De bonnes idées jamais menées à terme, une interprétation très inégale et une direction d\u2019acteur souvent déficiente.Sur des images intéressantes: l\u2019insôlîte campement indien, et des réflexions parfois pertinentes sur la perception des Amérindiens par les Blancs.Au Complexe Desjardins et Galeries Laval.Odile Tremblay THE PAGEMASTER ?De Maurice Hunt et Joe Johnston.Un des inévitables films pour enfants à sortir avant la période des Fêtes.Celui-ci mêle l\u2019animation et le cinéma d\u2019acteurs.Il montre la découverte par une petit garçon trop sérieux et peureux du merveilleux monde de la fantaisie peuplé de pirates, de monstres, de fées, de fantômes.Frais, charmant, drôle, pétri d\u2019effets spéciaux et de prouesses d\u2019animation.Au Carrefour Laval et Centre Eaton.Odile Tremblay GO FISH ?Dé Rose Troche.Ce premier long métrage en noir et blanc, ni revendicateur ni brouillon, nous fait péné-trer dans l\u2019univers d\u2019une bande d\u2019amies lesbiennes dont l\u2019une d\u2019elles cherche désespérément l\u2019âme sœur.Subtil, bien construit, tendre et serein.Au Cinéma de Paris jusqu\u2019au 1er décembre.Francine Laurendeau CAMILLA ?1/2 T J , .I Dè Dfeepa Mehta.Une coproduction cahado-anglaise mettant en vedette deux stars américaines! Plus d\u2019un demi-siècle sépare Camilla de sa jeune amie Freda.Toutes les deux ai-mërtf éperdument la musique de Brahms, mais comment ne pas sombrer dans la déprime quand on sait que jamais on ne pourra la jouer convenablement?Un film plutôt prévisible qui fait passer de petits messages moralisateurs sur fond de comédie tendre et légère.En v.o.anglaise aux cinémas Loews et Laval.Jçan-Claude Mar ineau STAR TREK ?De'David Carson.Les fidèles de cet-tfe'réligion qui est pratiquée depuis 1966 délirent et soutiennent que ce septième long métrage est un des meiflèurs.Pour moi qui n\u2019ai pas la fpï,'c\u2019est un film conventionnel, pratiquement sans humour et sans imagination aucune.V.o.: Loews, Du Parc, Versailles, Pointe-Claire, Greenfield Parc, Angrignon, Dorval, Laval.V.f.: Parisien, Versailles, Laval, Angri-gnon, Carrefour de l\u2019Estrie.Francine Laurendeau CLERKS ?1/2 De Kevin Smith.Si les hauts et les bas \u2014 mais surtout les bas \u2014 de la vie d\u2019un commis de dépanneur filmée en noir et blanc granuleux vous intéresse, ce film est peut-être pour vous.Si vous avez en plus une affec-tiçn particulière pour les person-pages secondaires fortement typés kO\tAS 3ow)-Guy Vmu Co*)CEp7EURS tXüni/üKÇut-
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