Le devoir, 26 novembre 1994, Cahier D
[" K N 0 V K M B H !\u2022 I) I M A N C II !\u2022 I) K V 0 I II §t«ï8| ® a < f tpsl IlHi fïWœw&i ¦ illISI * .'¦ .' \u2022 ||P$P H fi - IWï* mm mâ B Boréal Oui m'aime me lise.Sylvia Safdie expose Page D10 Formes Page D12 La courte échelle à la conquête du monde S.« / .® Le Feuilleton Page 1)3 Littérature québécoise Page D5 ARTS* VISUELS CAROLINE MON T PETIT LE DEVOIR Bertrand Gauthier, président-fondateur des éditions de la courte échelle, est souverain chez lui.Tel un monarque ambitieux, il laisse nonchalamment planer un regard de convoitise sur la carte du monde.Au milieu d\u2019un étalage des livres pour enfants de sa maison d\u2019édition, qui sont publiés dans 11 langues et ainsi vendus à travers le monde, il arbore fièrement une chemise où sont brodés de petits poissons de couleur.Cet univers enfantin, c\u2019est sa vie.Et quand il raconte l\u2019ascension spectaculaire de son entreprise, il utilise une langue claire, s\u2019assurant à chaque moment qu\u2019on a du plaisir, et qu\u2019on a biep compris.A 49 ans, cet ex-pédagogue et employé du ministère de l\u2019Education du Québec transpire le succès.Et à l\u2019encontre de bien des artistes et entrepreneurs québécois, il ne craint pas d\u2019expliquer les stratégies de marketing qui sous-tendent sa réussite.«A notre époque, on peut pas simplement faire un bon produit et penser qu\u2019il va vivre seul.Il faut pas être angélique.Je pense que si on fait un bon produit, il faut aussi le mettre en marché.Là où il ne faut pas faire de compromis c\u2019est sur le contenu», dit-il.Le patrimoine mondial Au Québec seulement, la courte échelle vend tous les ans 700 000 livres.C\u2019est phénoménal.Le marché international y ajoute 400 000 ventes annuelles.Les héros et héroïnes de ses collections, soit Ani Croche, Zunik et les autres, font donc désonnais partie du patrimoine mondial.Avec de tels résultats, Bertrand Gauthier surmonte aisément tout complexe de colonisé.Et il savoure cette victoire avec une satisfaction presque palpable.«De par ma génération, de par ma culture et par ma formation, je considérais que l\u2019axe normal de développement était l\u2019axe Montréal-Paris», se rappelle-t-il.«Mais je me butais constamment à la difficulté qu\u2019ont les Québécois d\u2019exporter en France.On est dans une situation de peuple colonisé, on le restera toujours.La réciprocité n\u2019existera jamais et maintenant, c\u2019est pire que jamais.Beaucoup d\u2019auteurs se font publier en France, pensant vendre plus de livres même au Québec.Il ne faut pa§ se le cacher», lance-t-il.A cet égard, Bertrand Gauthier rappelle que la première bataille pour un éditeur québécois est de surmonter la compétition française ou européenne sur son propre territoire.Dès les débuts de la courte échelle, il a donc fallu vaincre les géants français comme Hachette, Gallimard, Flammarion, les éditeurs de bande dessinée.La France occupait alors 95% du marché de la littérature jeunesse vendue au Québec.«Aujourd\u2019hui on est leader au Québec dans le domaine de la littérature jeunesse.On a mis les Européens sur la défensive», dit-il.Bertrand Gauthier admet que ses premières années de contacts avec la France en tant que président d\u2019une maison d\u2019édition ont été empreintes d\u2019agressivité.«Mais à un moment donné, j\u2019ai VOIR PAGE 1)2: ÉCHELLE MARIE LAURIER LE DEVOIR Spécialiste en arts graphiques, l\u2019éditeur a choisi de mettre en valeur nos artistes québécois en les présentant dans des livres d\u2019art.«Je ne fais pas de politique mais c\u2019est ma façon à moi de manifester mon patriotisme», dit-il.Il rêve de présenter l\u2019écrivain Félix Leclerc à la France qui ne le connaît que par ses chansons.Cela ne saurait tarder.Quand l\u2019éditeur Henri Rivard a accepté en 1991 d\u2019habiller en «habit de gala» l\u2019œuvre littéraire de Félix Leclerc, à la demande de sa veuve Gaétane Leclerc, il n\u2019a pas éprouvé qu\u2019une fierté bien légitime mais davantage le sentiment de faire un geste de patriotisme.«L\u2019œuvre littéraire de ce grand écrivain fait partie en quelque sorte de notre patrimoine, nous dit-il en entrevue.Je ne devais pas perdre de vue que pendant cinquante ans il fut le chantre le plus éloquent d\u2019un pays à bâtir non seulement à travers ses chansons mais aussi dans les nombreux livres qu\u2019il a laissés à la postérité.» Les voilà donc réunies, ces 2000 pages de textes que le «Fou de l\u2019île» a eu le temps de réviser, retoucher et peaufiner avant de mourir le 8 août 1988.«Il a choisi ce qu\u2019il voulait bien qu\u2019on en retienne, affirme Henri Rivard.Certains titres n\u2019ont pas été touchés tandis que d\u2019autres ont subi des changements mineurs ou de plus grande importance selon le cas.Ce travail de révision, il l\u2019a fait dans la solitude la plus complète de sa maison de l\u2019île d\u2019Orléans, si bien qu\u2019à sa femme Gaétane, lui demandant un jour ce qu\u2019il pouvait bien faire enfermé ainsi dans son bureau, il répondit simplement «Je me relis.» Et parfois il faisait à haute voix son autocritique, comme ce commentaire énoncé spontanément: «J\u2019ies haïssais donc ben, les Anglais!» 2000 pages de textes que le «Fou de l\u2019île» a eu le temps de réviser, retoucher et peaufiner VOIR PAGE D 2: FÉLIX Serge Chapleau L\u2019année Chapleau 1994 Cent douze dessins de Serge Chapleau, mordants, irrévérencieux, hilarants, qui sont autant de façons de transformer les mauvais souvenirs de l\u2019année en occasions de rire.Au pays de Félix Henri Rivard «endimanche» l'œuvre littéraire Deux mille pages réunies en quatre tomes; les hommages illustrés de 51 peintres et le témoignage de 33 personnalités d'un géant québécois Du grand Chapleau comme toujours ! A1C I, H I) K V Din.I, K S S A M K 1)1\t2 (i K T I) I M A N < Il li 'Site *$**¦ ' L\u2019ETAT DU MONDE Texte inédit Annuaire économique et géopolitique mondial IA DÉCOU VERTE/BOBÉAL .51806 A26 Le Devoir ckac73oo Qui m\u2019aime me lise.Venez rencontrer MICHEL PHANEUF le samedi 26 novembre | de 14h00 à 15b50 J mpigwy i\u2019Hexagone FÉLICITE SES AUTEURS \u2022 F Hexagone * la littérature d\u2019abord 4380 St-Denis, Mtl (514) 844-2587 Stationnement gratuit à l'arrière ^^jMt-Royal prix en vigueur du 24 au 30 nov.94 S Boréal Qui m\u2019aime me lise.Fernand Ouellette Pierre Perrault PRIX Ludger-Duvernay DE LA SSJB-MONTRÉAL PRIX Albert-tessier du Québec Yann Martel Paul en Finlande P58 pages- 18.95$ nouvelles «Quiconque serait porté à croire que l\u2019art de la fiction est moribond lira Yann Martel avec étonnement, délices et gratitude.» Alberto Manguel Yann Martel Paul en Finlande Le monde change AUSSI 704 pages-24,95 $ Le seul annuaire économique et géopolitique mondial entièrement mis à jour «.de loin la meilleure publication du genre en français.Je le recommande, sans aucune espèce de réserve, à tous ceux qui veulent élargir leurs horizons sur un monde que l\u2019on ne connaît que trop mal.» Claude Picher, La Presse r FELIX Un coffret à la mesure du «Fou de Vile» SUITE DE LA PAGE D 1 L\u2019histoire ne dit pas de quel texte il s\u2019agissait.Chose certaine, il n\u2019avait aucune complaisance à son endroit et c\u2019est en respectant rigoureusement l\u2019intégralité des œuvres poétiques et littéraires qu\u2019ont lui a remises que l\u2019éditeur Henri Rivard s\u2019est attaqué à la tâche (Je les «endimancher», s\u2019interdisant même de les relire de peur d\u2019être distrait.Gaétane Leclerc lui avait donné carte blanche dans la façon d\u2019agencer les écrits et de les présenter, sans être tenu de respecter nécessairement leur ordre chronologique.«Comme le contenu était déjà fin prêt et intouchable, je me suis concentré en toute priorité sur le contenant.J\u2019ai regroupé les textes pour les répartir en quatre volumes de même format et d\u2019égale épaisseur et inventé un boîtier dans lequel chacun d\u2019eux serait entièrement visible et identifiable et surtout bien protégé.» Henri Rivard admet que ce présentoir-cadeau lui a coûté «la peau des fesses» mais que l\u2019accueil du public, comme il a pu le constater au Salon du livre et dans les points de vente qui en redemandent, lui revaudra cette «extravagance».«Si j\u2019avais suivi la recette normale afin d\u2019établir un prix de vente au détail, il aurait été d\u2019au moins 350 $ au lieu de 220 $ tel que vendu par les libraires.» Et c\u2019est sans complexe mais imbu de l\u2019orgueil d\u2019un éditeur indépendant qui ne doit rien à personne \u2014 il n\u2019a jamais reçu ni sollicité de subvention \u2014 qu\u2019il affirme que «ce tirage initial est un cadeau exceptionnel».L\u2019œuvre est imprimée sur papier québécois sans acide et les reliures pleine toile rehaussées de médaillons collés à la main; les dorures et incrustations de couverture, le signet en tissu ajoutent une note d\u2019élégance et de raffinement, bref un supplément d\u2019art Henri Rivard et de luxe aux volumes.Toujours dans ce bel esprit de liberté pour mener à bien un travail qui lui tenait à cœur, Henri Rivard a eu l\u2019idée d\u2019assortir les textes de Félix de reproductions de 51 tableaux de peintres québécois, la plupart peu connus.Comment a-t-il réussi ce coup de maître de rassembler 51 peintres qui ont tous collaboré bénévolement à cette gigantesque entreprise?«En toute injustice, répond franchement Henri Rivard, lui-même .peintre à ses heures et grand admirateur des figuratifs.Le Québec foisonne de peintres talentueux et je voulais leur donner la chance de se faire valoir et aucun de ceux que j\u2019ai contactés ne m\u2019a refusé sa participation, certains tenant à faire une œuvre originale, les autres à puiser dans leurs réserves pour dénicher le tableau qui correspondait le mieux à PHOTO JACQUES GRENIER l\u2019esprit de Félix.Je conçois que c\u2019est un choix personnel, arbitraire, discrétionnaire même, et je suis persuadé que des noms plus flamboyants auraient sans doute été ravis aussi de collaborer.» Cette idée d\u2019insérer des reproductions de tableaux, une en couverture et une douzaine d\u2019autres disséminées dans chacun des quatre beaux livres, Henri Rivard en est particulièrement fier: «J\u2019estime que trop de nos peintres sont mal servis et parfois exploités par des \u201cfaiseurs\u201d de catalogues pour prétendument les faire connaître tout en exigeant d\u2019eux une contribution monétaire, et ces artistes ne voient jamais la couleur de ces fameux ouvrages.Je conteste cette façon de faire.» Il va sans dire que l\u2019éditeur de Félix a fait parvenir un exemplaire numéroté à chacun des 51 peintres, «la moindre des choses», juge-t-il.Même scénario pour le choix «injuste» des 33 «personnalités» qui rendent hommage à l\u2019auteur de Pieds nus dans l\u2019aube, nous raconte l\u2019éditeur: «J\u2019avais colligé une centaine de noms tous fort bien cotés et placés dans le paysage de la société québécoise pour s\u2019acquitter de cette tâche et j\u2019ai finalement choisi ceux qui me paraissaient avoir une vision différente ou diversifiée de l\u2019homme et de l\u2019œuvre.Il en est que je n\u2019ai pu rejoindre mais tous ceux que j\u2019ai sollicités ont accepté avec honneur et bonheur de témoigner leur admiration pour un des plus grands amoureux du Québec.» Une seule «personnalité» a réclamé cachet pour ce travail et l\u2019éditeur l\u2019a superbement ignoré.Henri Rivard n\u2019en est pas à ses premières armes dans l\u2019univers de l\u2019édition de luxe.Sa carrière dans ce domaine est particulièrement bien remplie car depuis vingt ans il a participé comme concepteur, conseiller technique, coéditeur, architecte, ou «complice» de la plupart des beaux livres parus au Québec, dont une quinzaine d\u2019albums d\u2019art biographique de grands peintres québécois pams chez Stanké depuis 1975.Il a été le maître d\u2019œuvre de l\u2019édition de grand luxe de Jean-Paul Lemieux retrouve Maria Chapdelaine dont les dix tableaux furent reproduits en photo-lithographie sur papier Saint-Gilles, un exploit non renouvelé à ce jour.Chez Fides, il fut le coéditeur de la version luxe et grand luxe Le Fou de l\u2019île de Félix Leclerc et de La Poésie complète d\u2019Émile Nelligan parmi plusieurs autres titres.En 1992 il a signé Menaud, maître-draveur, illustré par Jean-Paul Ladouceur et St-Denys Garneau en 1993.Il vient de publier pour Noël un Maria Chapdelaine vu par le peintre Fernand Labelle.Et c\u2019est sans compter les autres titreg qu\u2019il a produits, une trentaine aux Editions Libre Expression, une multitude d\u2019albums photographiques de Mia et Klaus.C\u2019est donc avec un portfolio fort bien muni mais surtout avec le présentoir affichant Les Œuvres de Félix Leclerc que Henri Rivard, éditeur \u2014 c\u2019est la première fois qu\u2019il signe ainsi \u2014 entend s\u2019envoler vers la France pour faire connaître Félix Leclerc, déjà une figure légendaire là-bas: «Ils sont légion les Français qui ont connu Félix Leclerc comme chansonnier et qui continuent à le vénérer, sans soupçonner l\u2019envergure de son œuvre littéraire.Le Québec a besoin de cette visibilité internationale.» Il se dit convaincu que nul mieux que l\u2019auteur de contes, fabliaux, poésies, essais et récits ayant tous notre pays comme toile de fond ne peut incarner notre sens patriotique et faire la preuve que l\u2019on se souvient.«La France m\u2019attend», conclut Henri Rivard, éditeur optimiste.ECHELLE Une conquête forgée en sept ans SUITE DE LA PAGE I) 1 compris que c\u2019était normal comme situation», dit-il.«Ira France est une puissance économique énorme, dont le marché est déjà saturé et qui n\u2019est pas intéressée à laisser son marché à des petites littératures.On restera toujours une petite littérature pour eux, une littérature régionale, au même titre que les éditeurs qui n\u2019ont pas de maison à Paris, sont des petits éditeurs.» La conquête du monde par la maison d\u2019édition s\u2019est développée au bout de sept ans, avec l\u2019embauche à temps de Barbara Creary, une avocate de formation, de mère québécoise et de père américain, qui avait pour mandat de développer le marché international.Une fois maître en son pays, l\u2019éditeur québécois s\u2019est laissé convaincre par la blonde Américaine que le marché international naturel pour les éditeurs québécois, c\u2019était l\u2019Amérique.Et d\u2019abord et avant tout le Canada anglais, qui ouvre une porte vers les Etats-Unis.Alors, l\u2019expansion passe par la traduction.«Barbara n\u2019a pas cette mentalité selon laquelle le marché québécois passe pas obligatoirement par la France», dit-il.Le marché nord-américain arrive en premier dans la liste des priorités internationales des patrons de la courte échelle, qui ne regroupe toujours, d\u2019ailleurs, que huit employés, en incluant le président-fondateur.En second lieu, figure à l\u2019agenda le marché américain de langue espagnole, soit l\u2019Amérique latine et l\u2019Amérique du Sud.«Les livres qui viennent d\u2019Espagne n\u2019intéressent pas ce marché, d\u2019une part parce qu\u2019ils coûtent trop cher, et aussi parce qu\u2019ils sont trop intellectuels, trop élitistes.Ils se sentent plus proches de nous, même s\u2019ils parlent espagnol.Ils veulent développer le marché scolaire, et on n\u2019arrête pas de leur vendre des livres», dit Bertrand Gauthier.Suit donc le marché asiatique, de la Chine, où la courte échelle a déjà une plate-forme de vente, vers le Viêt-nam, la Corée, l\u2019Indonésie.Malgré son bassin potentiel de deux milliards d\u2019acheteurs, ce marché n\u2019est pas plus rentable que l\u2019Amérique du Nord, souligne Bertrand Gauthier.C\u2019est que c\u2019est le partenaire international qui décide du prix des livres sur son propre territoire.Ainsi, la courte échelle vend des droits sur l\u2019édition originale, moyennant environ 7 % du prix de vente, quel qu\u2019il soit PHOTO JACQUES GRENIER Bertrand Gauthier «Alors en Chine, même si on vend 75 (XX) livres, on va peut-être ne recevoir que 25 cents pour chaque livre.On partage ce revenu avec les auteurs et illustrateurs», dit-il.Viennent le marché commun curé péen, soit principalement la France, l\u2019Allemagne et l\u2019Italie, l\u2019Islande, la Grèce, puis, enfin le marché des pays d\u2019Europe de l\u2019Est.Là comme en Chine, dit Bertrand Gauthier, le marché potentiel est vaste.C\u2019est que le socialisme a étouffé durant plusieurs art-nées toute forme de créativité chez les auteurs.«En Pologne, en Hongrie, et en Roumanie, ils ont perdu tout sens de la compétitivité, dit-il.Un partenaire polonais qui s\u2019intéressait à notre produit nous a dit qu\u2019il ne pouvait nous mettre en marché, parce que Walt Disney se vendait encore dans son secteur.Oh a dû lui expliquer ce qu\u2019était la compétition.» Lorsqu\u2019elle part.à la découverte dés marchés mondiaux, notamment dans les foires, la courte échelle se retrouve souvent aux côtés des albums de Walt Disney, vendus eux aussi un peu partout dans le monde, mais avec des grosses structures un peu déperson-; nalisées.De son côté, Bertrand Gaut thier explique d\u2019abord le succès de sa maison d\u2019édition par la modernité des textes et des illustrations.Leur modernité, dit-il, livre compétition à rien de moins la télévision en couleurs.De sa réussite, il dit aussi que c\u2019est un mélange de liberté et d\u2019occasion.«C\u2019est vrai aussi qu\u2019on est arrivé au bon moment En 1978, le Parti québé cois avait pris le pouvoir, on parlait de nationalisme.Les productions polir jeunes Québécois étaient très em-\u2018 bryonnaires.» A cette époque, se souvient-il,Jés livres pour la jeunesse, très majoritar rement européens, étaient austèfes; vieillots et mal adaptés aux jeunes cjui, pour leur part, étaient déjà convertis'à la télévision.Les auteurs qui écrivent pour là courte échelle sont tous québécois.Ils ont généralement, en vertu des prêté rences de Bertrand Gauthier, d\u2019abord écrit de la littérature pour adultes.«Les auteurs de littérature pour adultes n\u2019ont pas de préjugés et de; tendances déjà établis.On leur demande de conserver leur style.«Chrystine Brouillet signe chez nous et Sylvain Trudel s\u2019apprêtera nous écrire un premier roman», prœ met-il.t 5505 I.K I) E V 0 I U .I.E S S A M EDI 2 II E T D I M A N (' Il E X D V K M B It E Ml IM L I V R E S L\u2019aboutissement d\u2019une amitié privilégiée Les gaietés du Goncourt ¦ .SOURCE: DES METS ET DES MOTS/ÈDITIONS NIL mm Martel to jt r; f f 3' ffl» r f f\u2018 V T Tæ f ROBERT LÉVESQUE ?UK ALLER SIMPLE Didier van Cauwelaert Albin Michel, 195 pages COMME ION PÈRE Guillaume Le Touze L\u2019Olivier, 219 pages Vous connaissez Adrien Bertrand?Ernest Péro-chon?Vous avez lu du Marius Grout ou du Francis Walder?Du Guy Mazeline?Non?Bande d\u2019ilotes! Incultes lecteurs, mes semblables, mes frères! Ne savez-vous donc pas que ces personnes ont déjà obtenu le prix Goncourt?Et qu\u2019ils sont tous passés chez Drouant en automne?Leur chef-d\u2019œuvre sous le bras et dans le faciès le sourire effrontément retenu du vainqueur.Ces jours-ci, après avoir lu le Goncourt 94 qui est le roman le plus mauvais que j\u2019ai lu cet automne, il est bon de relativiser un brin en se disant qu\u2019aucune trace ne reste de L\u2019Appel du sol d\u2019Adrien Bertrand, ni du Nêne de monsieur Pérochon, encore moins du Passage de l\u2019homme de Marius Grout goncourtisé en 1943 (dans Paris occupé), ni du Saint-Germain ou la Négociation de Francis Walder.Quant à Guy Mazeline, lui je le retiens, comme on dit, et l\u2019histoire le retient, parce que son roman Les Loups a battu chez Drouant, en 1932, Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline.Lucien Descaves, alors juré, avait claqué la porte sans avaler ses huîtres de Belon ni manger son veau à la ficelle, sans toucher au blanc de blancs \u2014 car en ce temps-là on votait avant le repas '.Dehors, sur la place Gaillon, le docteur Destouches avait brisé entre ses doigts le grelot en argent qui provenait de son berceau du passage Choiseul, son talisman.Il y avait là sa mère et sa fille Colette.La scène est célèbre.Tous les céliniens la connaissent.1932, Mazeline, le grelot.Ce jour-là le Goncourt se déshonorait, et Descaves ne se mettra plus à table avec ses collègues.Je crois bien que c\u2019est ce jour-là, un mercredi, que le Goncourt est mort.Il est demeuré depuis un prix connu, un dîner relevé, une course à relais pour éditeurs, un formidable coup de pouce pour les ventes en librairie, une institution inamovible comme le Sénat, et bien sûr l\u2019on est content lorsqu\u2019il n\u2019est pas trop bête le Goncourt nouveau, lorsqu\u2019il va à André Pyeire de Mandiargues, à Patrick Modiano ou à Yves Navarre, lorsqu\u2019il fait faire des sous à Marguerite Duras et qu\u2019il sort Jean Rouaud de son kiosque à journaux.Mais comment admirer la rigueur et la crédibilité d\u2019un prix lorsque l\u2019Académie n\u2019a attrapé Proust que par la peau des fesses en 1919, sur division, et qu\u2019elle n\u2019a pas cru bon distinguer des lots la bonne Colette, le cher Céline, le grand Beckett, le fin Camus, l\u2019immense Sarraute, le secret Ducharme?Les dix jurés Gon- Les académiciens Goncourt: une huile sur toile d\u2019Elsie de Saint-Chamas montrant de gauche à droite, au premier plan, Robert Sabatier, Edmonde Charles-Roux, Michel Tournier, Françoise Mallet-Joris et Jean Cayrol.Debout, Daniel Boulanger, Emmanuel Roblès, François Nourissier, Hervé Bazin et André Stil.court, vivant avec l\u2019affront fait à Céline, ont un réflexe surnaturel à contourner les fauves de la littérature, les œuvres vigoureuses et dangereuses.pour eux.Jurés puissants mais écrivains mineurs (seul Michel Tournier, qui ne votait pas Cauwelaert, est un écrivain majeur dans le groupe actuel des Dix), ils préfèrent inconsciemment \u2014 culpabilité héréditaire \u2014 s\u2019attarder plus à fond dans les gaietés du jour autour du petit homard au fumet de Meursault (le plat préféré de Daniel Boulanger) et de la glace au miel et à la gentiane (le dessert chéri de François Nourissier) qu\u2019à sonder, loin des intérêts marchands et des sirènes éditrices, la qualité profonde des livres qui sont devant eux, entre les ronds de serviette en argent et les fourchettes de vermeil gravées à leur nom.Le Goncourt de 1994 n\u2019a pas laissé sur le carreau un Céline, mais il est insensé d\u2019avoir distingué un roman aussi mince et court de souffle que celui de Didier van Cauwelaert.Ce jeune homme charmant est un écrivain mineur et le Goncourt n\u2019y change rien.Voilà quelqu\u2019un qui cherche ses sujets comme on chine, il les trouve au bazar de l\u2019actualité.Ainsi il s\u2019accroche au thème des immigrants illégaux, du racisme ordinaire et des exploitations médiatiques de ces peurs.Quand on pense qu\u2019il y a cette année des romans aussi puissants que celui de Ducharme, aussi troublants que celui de Bernard Chambaz (Martin cet été), aussi remarquables que celui de Robert Bober (Quoi de neuf sur la guerre?), aussi graves que celui de Pierre Bergounioux (La Toussaint), et que ces livres-là n\u2019ont pas atteint les sélections, on se demande si les Goncourt ne mériteraient pas de passer au MacDo et d\u2019oublier leurs cassolettes de mo- P R I X Robert-Cliche 1994 Robert Gagnon LA THÈSE Le seizième «prix de la relève du roman québécois», un roman à la fois historique et policier, doublé d'une histoire de moeurs, se déroule dans un milieu qu'aucun romancier ne nous avait décrit auparavant: celui des universitaires des années trente au Canada français.Une histoire vraie.ou presque, qui débouche sur un drame mystérieux au coeur duquel se profile l'imposante figure du frère Marie-Victorin.«Robert Gagnon brille dans une histoire \u2018brillante et géniale\u2019.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil \\ rilles au vin jaune (le plat de Jean Cayrol): car ils déméritent les Académiciens de chez Drouant.Du roman primé, qui vaut le Pérochon de 1920 sans doute, je dirai que c\u2019est de la littérature express, jetable, utile aux épluchures, et que si ce n\u2019avait été du label Goncourt (et du besoin d\u2019en parler) c\u2019est un roman que j\u2019aurais abandonné en cours de route.Un garçon de Marseille-Nord, délinquant, recueilli par des tziganes et qui s\u2019est arabisé en vivant avec des bougnouls, est pointé du doigt par les autorités françaises qui mettent en place une opération de renvoi des illégaux dans leurs pays d\u2019origine.Or le gamin, malgré ses faux papiers de Marocain, est bel et bien Français (façon de ne pas toucher au vrai sujet) .Il devra partir vers son supposé pays qu\u2019il ne connaît pas, avec un commissaire chargé de la mission de rapatriement.Didier van Cauwelaert, de ce point de départ, fera un voyage sans point d\u2019arrivée.Il asticote des épisodes mais tout tourne court.Le Goncourt 94 est le plus mauvais roman que j\u2019ai lu cette année.Bon appétit, messieurs les jurés! naudot, le fondateur de la Gazette de France sous Louis XIII.C\u2019est depuis ce temps que le Renaudot est remis le même jour que le Goncourt et dans le même restaurant Les jurés Renaudot sont nourris aux mêmes cuisines que les Dix du Goncourt, mais digèrent-ils mieux, ou insistent-ils moins sur le chablis, car souvent, comme en 1932 où ils vengèrent l\u2019honneur de Céline, et cette année avec Guillaume Iœ Tou-ze, ils visent plus juste.Le second roman de ce jeune homme de 26 ans, qui fouille\u2019avec une liberté totale et sans complexe aucun la relation fils-père, de laquelle la mère est mise en marge, apporte à la littérature homosexuellè ürt regard nouveau.Si la forme est un simple mélange des genres \u2014 ünè\u2019 lettre, un extrait de journal, des récits faits par différents personnage^ \u2014 c\u2019est dans la qualité du regard que Le Touze innove.Il libère lé roman homosexuel de ses habits habituels.Avec Le Touze l\u2019homosexualité n\u2019est ni une tare ni un combat, ni une déviance ni une libération, et l\u2019écriture de ce jeune homme est défaite des tics et des stress des écrivains homosexuels qui s\u2019investissent défenseurs d\u2019une cause ou hérauts d\u2019une croisade.Voilà un père qui a quitté femme et fils pour vivre avec un homme de 20 ans plus vieux que lui, qui a quitté cet homme pour aller vivre dans une grotte au Lesotho, baiseur du beau venant mais en quête d\u2019un sénti-ment essentiel qui lui échappe.Son fils le rejoint pour mourir du sida dans ses bras.J\u2019aurais préféré que le Renaudot\u2019 aille à Ducharme, bien sûr, mais le jeunot Le Touze a quelque choisè\u2019 dans le ventre, et c\u2019est rare.MM » I 1 \u2014 Des mets et des mots, Quatre-vingts and d\u2019histoire littéraire chez Drouant, Nil Editions, 1994.Un album où j\u2019ai puisé inforrhà-' lions et menus pour rédiger cet article.,, NAÏM kattan La Distraction LA DISTRACTION Des unions et des amitiés créées par le hasard et scellées par le temps.La Distraction ne fera que les effleurer.Collection L'Arbre 19,95$ Dans le temps, lorsque les jurés suçaient leurs huîtres au salon numéro 15 et qu\u2019Escoffier était aux four-.neaux, les journalistes s\u2019impatientaient parce que les décisions, alors, étaient longues à venir.En 1926, pour meubler le temps, ils décidèrent de s\u2019élire leur Goncourt.L\u2019un d\u2019eux, George Charensol, suggéra de le baptiser du nom de Théophraste Re- La flèche du temps « Je m'appelle Aurélie Samuel.J'ai trente-trois ans.L'an dernier j'en avais trente-quatre.» La Flèche du temps c'est l'histoire d'une vie dont le temps s'écoule à rebours.22,50$ Collection L'Arbre ANN LAMONTAGNE La flèche du temps HMH Éditions Hurtubise HMH 7360, boul.Newman, Ville LaSalle (Québec) H8N 1X2 Tél.: (514) 364-0323 \u2022 1-800-361-1664 Fax : (514) 364-7435 V\" Dbmiet fVIttjutn L\u2019Écureuil Daniel Poliquin A L\u2019Ecureuil noir roman «Une œuvre aussi riche [.] dont on sent qu\u2019elle apporte à la fois un regard et une écriture neufs, il y a des gens qui appellent cela un chef-d\u2019œuvre.» Réginald Martel La Presse 1 Boréal 204 pages- 18.70$ Félix Leclerc est vivant et se porte bien à travers les pages de la biographie que vient de lui consacrer Marcel Brouillard.Mieux encore, il revit avec une intensité toute particulière lorsque l\u2019auteur raconte l\u2019homme qu\u2019il a connu et qui l\u2019a marqué de façon indélébile, à la façon d\u2019un mentor et d\u2019un guide.On ne peut passer sous silence des rencontres avec des êtres d\u2019une telle qualité.Marcel Brouillard, dès de l\u2019âge de 15 ans, a côtoyé celui que tout un pays appelait affectueusement Félix.A la même époque, il a commencé à collectionner articles de journaux et de magazines, critiques et photographies pour, des années plus tard, rendre un hommage posthume à ce grand conteur et poète.Ce sont les années passées à Vaudreuil que Marcel Brouillard évoque le plus volontiers: des années un peu bohèmes, un peu folles où la maison de Félix Leclerc était devenue le lieu de rendez-vous où se rassemblaient les chanteurs et les comédiens qui ont marqué toute une génération: les Guy Maufette, Lucille Dumont, Jacques Normand, Monique Ley-rac.C\u2019est en 1945 que Félix Leclerc est arrivé à Vaudreuil.Marcel Brouillard allait à l\u2019école et livrait du pain pour se faire de l\u2019argent de poche.L\u2019écolier fut frappé par cette famille qui sortait tellement de l\u2019ordinaire: «A 15 ans, vous savez, se remémore-t-il, on rêve de poésie et de théâtre.J\u2019étais émerveillé de pouvoir parler à ce personnage hors du commun et grâce à lui j\u2019ai connu des moments inoubliables, comme la création de la pièce Le P\u2019tit Bonheur à Vaudreuil.Là-bas, tout se passait autour de Félix».Et c\u2019est à la suite des conseils et des exhortations de Félix que Marcel Brouillard est devenu journaliste.Le chanteur lui avait dit: «Si tu veux écrire, fais-le, n\u2019attends pas.» Et Marcel Brouillard interviewait les gens qu\u2019il rencontrait chez Félix et réussissait à donner (ou parfois à vendre) ses papiers aux journaux locaux.Puis à 21 ans il lance un hebdo local à Vaudreuil dont il sera le directeur pendant huit ans.Ses impressions de Félix Leclerc: «L\u2019homme le plus drôle de la terre, celui qui, comme le disait Guy Maufette, n\u2019arrivait pas quelque part mais y apparaissait.Avec sa belle tête léonine et ses dons de conteur, sa prestance et son charisme \u2014 les femmes se l\u2019arrachaient \u2014 c\u2019était un de ces êtres qui partageait son talent et distribuait ses dons sans compter.Et lorsqu\u2019il se sentait aimé, il chantait toute la nuit dans son grenier pour ses amis.» On oublie souvent, rappelle Marcel Brouillard, que Félix a passé 22 ans de sa vie à Vaudreuil, et qu\u2019il y a composé ses plus belles chansons.Le poète n\u2019est pas uniquement celui du tour de l\u2019île, bien au contraire.Mais ce que l\u2019auteur de Félix Leclerc voulait également dire c\u2019est toute son admiration et son amour pour un être qui ne l\u2019a jamais déçu.FÉLIX LECLERC L'HOMME DERRIÈRE LA LÉGENDE Marcel Brouillard Québec-Amérique, 361 pages Qui m'aime me lise I,P lloilllllllil Wfc- Nouveautés! CP.885, Moncton, Nouveau-Bnmswkk, E1C 8N8 Tél.(506) 857-8490\tTéléc (506) 855-3130 MKLVILLl Téléc.(506) 855-3130 Tél.(506) 857-8490 4 1 e n t r Oampigny ROMANS QUÉBÉCOIS 1.\tLE POIDS DES OMBRES, Marie Laberge - éd.Boréal 2.VA SAVOIR, Réjean Ducharme - éd.Gallimard 3.L'ENFANT DRAGON, Paul Ohl - éd.Libre Expression 4.UN ANGE CORNU AVEC DES AILES DE TÔLE, M.Tremblay - éd.Leméac «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.RENÉ LÉVESQUE, Pierre Godin - éd.Boréal 2.\tLA MAFIA MÉDICALE, G.Lanctôt - éd.Voici la clef 3.L'AMOUR ASSASSIN, C.Olivier - éd.Slanké W ROMANS ÉTRANGERS 1.GARENNE, Jeanne Bourin - éd.Grasset 2.\tPARIS AU XXÉME SIÈCLE, Jules Verne - éd.Hachette 3.\tHARCÈLEMENT, Michael Crichton - éd.Robert Laffont 4.UN ALLER SIMPLE, D.Van Cauwelaert - éd.Albin Michel 4^' ESSAIS ÉTRANGERS 1.\tL'ÉTAT DU MONDE 1995, coll.- éd.La découverte 2.\tL'EFFET GULLIVER, H.Sérieyx - éd.Calmann-Léry 3.HISTOIRE UNIVERSELLE DES CHIFFRES, G.Ifrah - éd.Robert Laffont «r LIVRE JEUNESSE 1.\tBELLE JOURNÉE POUR MOURIR, S.Martel - éd.Fides 4P' LIVRES PRATIQUES 1.GUIDE GOURMAND MONTRÉAL 1995, Josée Blanchette - éd.de l'Homme 2.\tLA GUÉRISON EN ÉCHO, J.C.Crombez - éd.M.N.H.4P' COUP DE COEUR 1.L'EMPYRÉE, Anne Grospiron - éd.Gallimard 4380, rue Saint-Denis, Montréal 844-2587 Voyages sans retour.parfois fiix-sept nouvelles dans ÏJ lesquelles on traverse un monde étrange, de l'imaginaire au rêve.Ces voyages explorent les temps de la vie : la naissance, la maturité, la vieillesse.2-/600-0261-6 146 p.15,95 $ + T.P.S.r Evelyne Foëx -ni\u2014 \u2022 m.\u2014 Évelyne Foëx Voyages sans retour., fOAf(Ùi Le Bouddha de Percé | ] n roman historique U qui vagabonde à travers les générations, depuis l'arrivée de la famille des Desgarris à Anse-à-Beaufils au milieu du 19e siècle, jusqu'à la sombre réalité de la vie montréalaise d'une fin de millénaire.2-7600-0262-4 T 82 p.19,95$ +T.P.S.Tourmente dans la tour d\u2019ivoire L E S P E T I T S i B 0 N II E U R S j Ultime solitude BARTLEBY Herman Melville.Traduit de l\u2019anglais par Bernard Hoepjfner.Avec une postface de Olivier Nora.Collection «Mille et une nuits», 80 pages.Réal-Gabriel Bujold LA SOUVERAINETÉ RAMPANTE Jean Larose, Boréal, 112 p.POURQUOI JE N'ÉCRIS PAS D\u2019ESSAIS POSTMODERNES Pierre Milot, Liber, 139 p.POUR L'ÉCOLE Revue Liberté, no 215, octobre 1994.Le père Noël est arrivé, et le père Noël des vieux est une ordure.Conséquence, les cadeaux qu\u2019il nous promet ne sentent pas nécessairement la lavande.Depuis environ deux ans, la guerre québécoise des pamphlets culturels est ouverte, et elle ressemble de plus en plus à une guerre intestine.Officiellement, c\u2019est Pour en finir avec les casse-cul d\u2019André Ducharme (Boréal, 1992) qui a ouvert les hostilités, mais cette ode à la sexualité tirait un peu au hasard et ne blessait pas grand monde.Le tir s\u2019est précisé avec les essais de Richard Martineau et Mario Roy, respectivement sur les ennemis de la télévision et sur l\u2019anti-intellectualis-me.Des intellectuels connus étaient visés, dont Jacques Godbout et Jean Larose.La guerre prenait ensuite une tournure nettement éditoriale et universitaire, au début de cette année, avec l\u2019attaque de Jacques Pelletier contre ce qu\u2019il a appelé la droite culturelle (VLB, 1994), avec dans le collimateur Godbout et Larose encore, et François Ricard.Je me souviens avoir dit que ce pamphlet ferait des vagues, parce que M.Pelletier avait chaussé ses sabots marxistes pour couper l\u2019herbe sous le pied du littéraire au profit d\u2019une certaine sociologie aux émanations de Bourdieu et de Goldmann.Le diable commençait à être aux vaches institutionnelles.Eh bien, ça continue de meugler! On l\u2019a vu il y a quelques semaines avec le très bourdieusien A tout prix de Robert Yergeau, qui ramenait l\u2019institution littéraire québécoise à des questions de copinage et de réseaux d\u2019influence.Mais ce n\u2019est pas tout, la vague anticipée déferle aujourd\u2019hui.S\u2019ajoutent au tableau de chasse Pourquoi je n\u2019écris pas d\u2019essais postmodemes de Pierre Milot et La Souveraineté rampante de Jean Larose.Commençons par le Milot J\u2019ai déjà dit tout le mal que je pensais de l\u2019essai précédent de M.Milot {Le Paradigme rouge, Balzac, 1992), dont la lourdeur méthodologique n\u2019avait d\u2019égale, trop souvent, que l\u2019embrouillamini stylistique.Après l\u2019analyse bourdieu-sienne (décidément!) du processus d\u2019institutionnalisation de l\u2019avant-garde littéraire et politique québécoise des années soixante-dix, M.Milot s\u2019attaque maintenant à la post-modernité.Ici, il prend fait et cause pour Jurgen Habermas dans le débat qui a opposé celui-ci à Jean-François Lyotard.Se réclamant de la pensée esthétique allemande et de la rationalité argumentative, contre les Lyotard, Derrida, Scar-petta et compagnie à qui il reproche, comme Habermas, de refuser la communication et l\u2019éthique véritables, l\u2019auteur en profite pour régler ses comptes québécois avec les «recyclés» de l\u2019avant-garde (André Beaudet, François Charron, Philippe Haeck, André Roy, Normand de Belle-feuille sont cités en exemple).En fait, Pourquoi je n\u2019écris pas d\u2019essais postmodemes est plus lisible que l\u2019ouvrage précédent, peut-être à cause de sa nature pamphlétaire, et pose au moins une question intéressante: le très faible retentissement de la pensée allemande et des thèses d\u2019Habermas au Québec (et son corollaire, l\u2019accueil facile des idées postmodemes) ne renvoie-t-il pas au parisianisme, aux effets de mode, dont ont été victimes, selon l\u2019auteur, nos intellectuels avant-gardistes des années soixante-dix?C\u2019est d\u2019ailleurs à l\u2019aune de ce même parisianisme que, dans le premier chapitre, sont attaqués Jean Larose et François Ricard, coupables de néoclassicisme.Par contre, le lecteur pourra facilement penser que le débat en est un d\u2019initiés quand M.Milot, qui est membre d\u2019un groupe de recherche important qui s\u2019appelle le C1ADEST (pour Centre interuniversitaire d\u2019analyse du discours et de Jean sociocritique des textes) s\u2019en prend à Michel Biron, qui en est membre, et à Régine Robin, qui l\u2019a fondé (avec Marc Angenot et Antonio Gomez-Morûina, si je ne m\u2019abuse).Attaqué de toutes parts, Jean Larose réplique, on oserait presque dire, enfin.Dans La Souveraineté rampante, l\u2019auteur de La Petite Noirceur et de L\u2019Amour du pauvre fait flèche de tout bois contre ses détracteurs, immédiats ou moins immédiats.La thèse est simple dans son essence, si elle ne l\u2019est pas toujours dans sa démonstration: les Québécois sont des névrosés et tout ce que l\u2019on fait en discutant des avantages et des désavantages de la souveraineté, c\u2019est de réduire sa portée et de ramper devant l\u2019Autre.Et cette dégradation de la souveraineté est parallèle à la dévaluation de la littérature dans notre système d\u2019éducation.La littérature est de moins en moins enseignée pour elle-même, ce qui explique le rejet de la littérature française au profit de la littérature québécoise et de l\u2019idéologie pédagogique du vécu, selon l\u2019auteur.La littérature est la souveraineté par excellence.Toutes ces prémisses, rappelées avec force dans la première partie de Im Souveraineté rampante, étaient celles des deux précédents ouvrages.Là où le pamphlet prend véritablement son envol, et où l\u2019ouvrage rate en bonne partie son coup, c\u2019est dans le chapitre central consacré à «Pelletier, Foglia et [aux] pédagogues».Je vous fais grâce de la réplique cinglante que M.Larose sert à Pelletier, qu\u2019il accuse de faire de fausses déclarations (des citations qui n\u2019existent pas, etc.) et de la fausse représentation, parce qu\u2019il y a plus intéressant et parce que dans le fond c\u2019est un débat de purs et durs, entre partisans de la souveraineté littéraire et partisans de la souveraineté sociologique.Ira où le bât blesse, c\u2019est cette attaque à ras-de- terre et à fond de train de Pierre Foglia, accusé d\u2019anti-intel-lectualisme grossier et qui s\u2019autoriserait du droit à l\u2019humeur et à l\u2019opinion pour donner une crédibilité aux idées molles de notre temps.Ces idées molles sont bien sûr celles de la «contreculture de masse», véhiculées par les médias, le rock et ses avatars, le «moi», le nouveau, le «ça-là où ça se passe».L\u2019attaque est tellement grosse que j\u2019en perds le peu de latin qu\u2019il me reste.D\u2019abord, à quoi sert-il de reprocher à un chroniqueur de s\u2019intéresser aux effets de mode?Que je sache, Pierre Foglia est d\u2019abord journaliste.Mais le plus comique, ou le moins drôle, c\u2019est que c\u2019est peut-être le journaliste non spécialisé qui parle le plus de littérature.Et surtout, c\u2019est probablement le seul qui peut .\ten parler, mine de rien, tout en Irarose\tparlant d\u2019autre chose (ou vice- versa).En tout état de cause, c\u2019est finalement le plus littéraire de nos chroniqueurs, par le style, par les mises en scène de ses reportages et par la langue qu\u2019il utilise (mais ici, il faut aimer Céline et Tremblay et pas seulement Proust).A quoi cela sert-il ou plutôt à qui cela sert-il?J\u2019ai eu la désagréable impression que M.Larose se servait de la popularité incontestable (mais aussi problématique) de Foglia pour redorer son blason.L\u2019intellectuel descend dans la me et est prêt à se battre pour ses idéaux, à n\u2019importe quel prix.Quiconque a suivi la carrière de Foglia (pour ma part, depuis son arrivée aux sports de La Presse) sait qu\u2019il y a une différence fondamentale entre donner son vécu en exemple (c\u2019est le premier niveau de ceux qui n\u2019ont pas d\u2019esprit critique) et jouer de son vécu, comme on dit jouer d\u2019un instrument (c\u2019est le second niveau de ceux qui ne prennent pas au sérieux, pour qui leur vie est aussi une fiction).Que M.Larose n\u2019ait pas compris cela est un peu désespérant, lui qui prône la distance intérieure pour justifier la démission des pédagogues.Mais c\u2019est le problème de ceux qui n\u2019ont pas d\u2019auto-ironie, qui croient que la culture est strictement un arrachement aux contingences de ce monde, qu\u2019Arlette Cousture est inutile, que les chroniqueurs ont remplacé les curés (ce qui est un peu vrai) et qu\u2019il n\u2019y a pas de différence entre les deux (ce qui est faux), et que Frank Zappa est une brute grossière.Dans l\u2019avant-demière livraison de Liberté, revue à laquelle a beaucoup collaboré M.Larose, et qui porte sur l\u2019école, François Bilodeau \u2014 que j\u2019ai bien connu pour avoir travaillé avec lui il y a quelques années déjà (salut, François!) \u2014, rappelle, dans un texte très personnel intitulé «Notes pour un dernier solo de guitare imaginaire» et dédié à Frank Zappa qui est mort récemment, que pour lui il n\u2019y a jamais eu de fossé entre une certaine musique rock et le reste de sa culture, y compris littéraire et livresque.Je me suis souvenu qu\u2019à une autre époque je fréquentais moi aussi, pour mon plus grand plaisir, à la fois Proust, Céline, Groucho Marx et Frank Zappa.C\u2019était bien sûr avant de devenir professeur et journaliste.Aujourd\u2019hui, je dois me contenter de Pierre Foglia.PHOTO JACQUES GRENIER i Moby Dick est sans 1 conteste l\u2019une des grandes : œuvres de la littérature | mondiale, Bartleby est ! certes la plus singulière de j son auteur.On sait que le personna- ! ge central de ce récit est un clerc de i notaire qui s\u2019enferme dans une atti- : tude de refus.Qu\u2019on lui propose de ( copier un document, de faire une ( course ou d\u2019obtempérer de quelque \u2019 manière que ce soit, il ne sait que i répondre: «J\u2019aimerais mieux pas.» 1 Dans la traduction de Pierre Iœyris | de 1951, et contenue dans Benito 1 Cerene et autres contes de la Véran- 1 da, on lit plutôt: «J\u2019aimerais mieux ne pas le faire.» Quoi qu\u2019il en soit, il s\u2019agit de rendre le «I Would prefer not to» de l\u2019original.Dans le but d\u2019agrémenter sa longue nouvelle, Melville crée à Bartleby des compagnons.11 y a ) Dindon, l\u2019Anglais bon buveur; Pin- i cettes n\u2019a que 25 ans et il est ambitieux comme un diable; reste Gingembre dont la tâche consiste à fournir les gâteaux et les pommes , aux deux autres.Melville décrit l\u2019at- j mosphère du bureau à la façon de ' Balzac.Après tout, n\u2019avait-il pas été lui-même copiste dans une étude?Au milieu de cette faune somme toute rassurante, Bartleby fait figu- j re de contestataire.Il est doux, ne j dit presque rien, mais se retranche « bientôt dans la non-obéissance tota- i le.Son patron a beau le supplier, lui ] présenter les choses sur le ton le : plus amène, il ne bouge pas.Il refuse le travail comme il refuse la vie, l\u2019amour, l\u2019amitié.Il aimerait mieux pas.Dans un monde voué au travail, ! à la bonne marche des affaires, il choisit de ne plus collaborer.Pierre Leyris avait traduit la nou- j velle de la façon suivante: Bartleby, j l\u2019écrivain.Peut-être est-ce à cause de ce titre, on est porté à voir en ce ; petit employé taciturne Melville lui- j même.Quand il a publié ce texte en revue en 1853, il se relevait difficilement des échecs cuisants qu\u2019il avait connus en publiant Moby Dick puis i Pierre et les ambiguïtés.Quelle humiliation avait-il dû subir, lui qui quelques années plus tôt avait été célébré grâce à deux romans d\u2019aventures maritimes Typee et Omoo?Ira tentation du silence avait dû le visiter.Face à l\u2019incompréhension de ses contemporains, c\u2019était une attitude normale.Je ne cesse pas d\u2019être fasciné par le personnage et par le récit qu\u2019il habite.Bartleby dans toute sa douceur, toute son innocence est le plus troublant des hommes.Aussi le narrateur se trouve-t-il démuni.U ne sait quelle attitude adopter.Après avoir tenté à maintes reprises de le raisonner, il le menacera.Enfin, de guerre lasse, il se résoudra à déménager.Bartleby squattérise le local.Il finira dans un asile où il refusera toute nourriture.Comment ne pas songer au destin de Robert Walser, cet immense écrivain qui écoula les 27 dernières années de sa vie dans une clinique.Walser était d\u2019accord avec tout, se refusait à toute discussion.Son abandon rejoignait le refus de Bartleby.La fin est sublime qui nous apprend que Bartleby avait été clerc au Bureau des lettres mortes de Washington.C\u2019est lui qui avait charge de détruire par le feu toutes les missives qui n\u2019avaient pas atteint leur destination.Comme sa propre vie justement.Il avait dès lors probablement à apprendre qu\u2019on peut préférer ne pas faire les choses.Uî visage d'Antoine Rivière MICHELINE LA FRANCE LE VISAGE D\u2019ANTOINE RIVIÈRE Roman.208 pages.18,95 $ «Un roman modelé par des mains habiles, un bon suspense doublé c très intéressante étude de caractè Marie-Claude Fortin < ôte porte GILLES CYR l\u2019Hexagone PAUL ZUMTHOR LA PORTE À CÔTÉ La porte qu ils tentent d\u2019ouvrir n\u2019est jamais la bonne! SONGE QUE JE BOUGE Poésie.128 pages.$14.95 «On souhaite que ces textes soient diffusés parmi les amateurs de poésie un peu partout, mais aussi parmi les amateurs qui ne savent pas encore qu\u2019ils en sont.» Lucie Bourassa.Le Devoir LA LIBERTÉ EU COUPE ic wrcounm JEAN-DANIEL LAFOND LA LIBERTÉ EN COLÈRE LE LIVRE DU FILM «Il réussit à écrire une nouvelle page d\u2019histoire en filmant en direct la réconciliation de Pierre Vallières et Charles Gagnon.» Luc Perreault.La Presse «Un autre Octobre» -;V- I, K I) K V OIK, I.K S S A M K I) I 2 (i K T I) I M A N (\u2019 Il E N (I V K M II K !\u2022: I !) il I yTiVi»r, Prix du ministre de l\u2019Éducation! Le lys rouge Beauregard ny\u201c vlb éditeur LA BONNE LITTERATURE Lecture cLAlbert Miliaire le samedi 26 novembre à 14 h au 5219, chemin de la Côte-des-Neiges ©J Côte-des-Neiges (514) 342-1515 Lecture de Richard Garneau le samedi 26 novembre à 14 h au 1474, rue Peel ©| Peel (514) 287-1011 Lecture de Paul Buissonneau le samedi 26 novembre à 14 h au 5117, avenue du Parc ©] Laurier (514)276-7651 Donnez l'espoir qui fait vivre.FONDATION CANADIENNE DU REIN LITTÉRATURE Le choc Uargent qui vient d\u2019Ottawa QUÉBÉCOISE du réel explorateur y a suivi Betsi Larousse, une chanteuse (très inspirée de Mit-sou), justement celle dont une chanson pourtant banale avait rejoint Marc au plus profond de sa solitude, au début de son voyage, alors qu\u2019il décriait la culture populaire et les artifices de la médiatisation?Sera-ce aussi révélateur que l\u2019intrusion de la «bête lumineuse» (Pierre Perrault) dans sa voiture?Comme, en leur temps, Le Dompteur d\u2019ours (Yves Thériault, 1951) et surtout: La Montagne, secrète (Gabriel-le Roy, 1961), ou L\u2019Élan d\u2019Amérique (André Langevin, 1972), Betsi Ijarous-se dit aujourd\u2019hui comment la nature et la culture sont profondément interreliées dans la quête du sens.Et, au contraire de ce que Robert Lalonde (Sept lacs plus au Nord) et Monique Proulx (Homme invisible à la fenêtre) proposaient, ici la pratique artistique elle-même se voit annihilée: elle ne permet plus la maîtrise du réel, sa transformation.Tout se passe comme si dans le monde fabriqué d\u2019aujourd\u2019hui, celui des images et du virtuel, il fallait faire table rase de toutes les représentations, de tous les totems, de toutes les interprétations.Marc ne sera (fera) plus carrière, semble-il.Après avoir détruit ses œuvres (et échappé au suicide), il ne lui restera que la route, celle de la nuit américaine (comme dans les road movies) où l\u2019on ne sait où s\u2019arrêter.Il est vrai que, pour lors, il oublie (scotch aidant?) son repaire des bois et les pitounes sculptées d'un possible recommencement, celui, comme par hasard, d\u2019une «installation», comme dit l\u2019art contemporain.C\u2019est un peu ce que raconte ce fort roman où l\u2019amitié prévaut sur l\u2019amour, l\u2019infini sur le fini, le désir de l\u2019incarnation sur celui de la chair.Il le fait avec une ironie qui s\u2019amenuise au fur et à mesure que se précise le choc combiné de la nature et de la culture de masse.La prose de Louis Hamelin paraît d\u2019ailleurs maintenant allégée, même si, heureusement, s\u2019exerce toujours un œil naturaliste, ce qui donne de remarquables descriptions de la faune et de la flore mauricienne.Là se trouve son grand hommage au réel.Elle l\u2019enregistre aussi fidèlement que Lépine qui prospecte le monde en parlant à son magnétophone.Voilà un roman d\u2019observation et de critique sociale com- POLIIIQUES PROVINCIALES COMPARÉES Sous la direction de Jean Crête, Liais M.Imbeau, Guy Lachapelle Québec, Presses de l\u2019Université Laval, 364 pages, 35 $ GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L> analyse de la dépendance financière des administrations provinciales suggère que les provinces tendent à dépendre à des niveaux très variables des ressources transférées par le palier fédéral.Il est donc permis d\u2019avancer que le système de transferts sous-tend la possibilité d\u2019une «clientélisation» de certaines provinces.Ainsi, à long terme, les tendances à la désintégration politique et économique sont susceptibles d\u2019être exacerbées plutôt que contrées par le système de transferts intergouvernementaux en vigueur au Canada.Par suite de la crise des finances publiques dont ils subissent les contrecoups, les citoyens des provinces nanties percevront qu\u2019ils contribuent trop au,bien-être des autres provinces.A l\u2019inverse, les citoyens des provinces démunies estimeront ne pas recevoir assez d\u2019un système fédéral sensé remédier aux disparités régionales.Telle est la conclusion du chapitre que les chercheurs Gérald Bernier et David Irwin consacrent aux transferts entre les «paliers» gouvernementaux, dans un ouvrage comptant douze textes comparatifs sur les politiques des gouvernements provinciaux au Canada.Comparant par exemple les droits de péréquation reçus par le Québec aux sommes perçues par l\u2019Ontario, ils notent que le Québec sortira toujours gagnant pour la simple et bonne raison que les modalités de calcul font en sorte que l\u2019Ontario ne reçoit pas de tels paiements, du moins jusqu\u2019à ce jour.Le Québec perçoit la somme totale la plus importante en vertu de ce programme et il se classe au premier rang en ce qui a trait au pourcentage des sommes reçues.Cependant, sur une base par habitant, la situation se renverse à la faveur de Terre-Neuve.Suivant cette mesure, le Québec se classe au septième rang des provinces bénéficiaires.Toutefois, se demandent les deux chercheurs, lorsque l\u2019on fait référence à des gagnants et à des perdants, qui désigne-t-on?Les administrations provinciales, les individus, les entreprises?Affirmer que les citoyens des provinces atlantiques bénéficient des largesses du palier fédéral constitue une aberration dans la mesure où le revenu par habitant demeure inférieur à la moyenne nationale et ce même après avoir tenu compte des transferts fédéraux dont ils bénéficient.En bout de ligne, un tel raisonnement consiste à dire que parce que les assistés sociaux retirent des prestations gouvernementales, ils bénéficient davantage des largesses du gouvernement que les individus à très haut revenu.A la fois originale et aride \u2014 l\u2019hété-roscédasticité, vous connaissez?\u2014, cette synthèse est intéressante en ce qu\u2019elle défriche un champ neuf qui, au Québec, est appelé à prendre de l\u2019ampleur en raison des objectifs du nouveau gouvernement.Il n\u2019y a jamais eu ici de véritable école comparative, les chercheurs québécois ayant eu tendance, à ce jour, à sacraliser la spécificité québécoise en favorisant l\u2019étude de cas ou en poussant, parfois, l\u2019audace jusqu\u2019à l\u2019étude de cas comparés, généralement le Québec et l\u2019Ontario.Ces 33 études empiriques ne tirent pas de conclusions fermes sur les thèses en présence \u2014 celle de la convergence et celle du «politics matters» \u2014 les auteurs estimant que d\u2019autres recherches sont nécessaires pour déterminer les.déterminants qui jouent un rôle primordial.En fin de compte, comme l\u2019écrit Nicole F.Bernier à propos de la santé, la connaissance limitée que nous avons des mécanismes qui sont à l\u2019origine du degré de l\u2019effort étatique offre plusieurs défis importants à ceux qui s\u2019intéressent aux disciplines des sciences sociales.Chacun dans leur secteur, d\u2019autres chercheurs en disent autant, tel Yves Denoncourt en matière d\u2019environnement.Les préoccupations qui, hier encore, étaient le lot d\u2019un groupe restreint d\u2019individus prêchant, à coups de discours emportés, les vertus de la pensée environnementale sont devenues aujourd\u2019hui un maillon incontournable de la gestion du pouvoir et seront demain au cœur des travaux en analyse des politiques.Une nouvelle génération de politiques publiques est née, reste à trouver et à mettre au point les instruments capables de nous les faire connaître en profondeur.Ainsi, qu\u2019en est-il exactement du lourd paradoxe que relève l\u2019analyste?En dépit de la reconnaissance du caractère global et de l\u2019éveil de la conscience environnementale à l\u2019échelle mondiale, comment peut-on expliquer qu\u2019une province comme l\u2019Ontario puisse dépenser des sommes d\u2019argent en moyenne six fois plus importantes que sa voisine, pourtant fort comparables à maints égards, le Québec?L\u2019État-providence Au sujet de l\u2019État-providence, le professeur Lachapelle, de Concordia, note que les paiements fédéraux de transferts constituent les déterminants clés expliquant la croissance des dépenses de santé, des services sociaux et d\u2019éducation dans les provinces canadiennes.D\u2019autres facteurs politiques jouent également un rôle statistiquement significatif: la présence de partis de gauche, le degré de compétition politique et l\u2019année électorale.Les besoins des citoyens et le niveau de développement économique sont également des déterminants non négligeables.Espérons-le, du moins! D\u2019autres comparaisons en perspective, des postulats à interroger, des hypothèses à vérifier, l\u2019actualité en fourmillera au cours des prochains mois, avec la question centrale: l\u2019argent qui vient d\u2019Ottawa est-il intégrateur ou déstabilisateur?Chercheurs et analystes, à notre secours.Puis-je signaler à ces savants professeurs qu'il est préférable de parler d\u2019ordres de gouvernement, quand il s\u2019agit d\u2019Ottawa et de Québec, plutôt que de paliers ou de niveaux, à moins de vouloir indiquer que l\u2019un est supérieur à l\u2019autre?D\u2019autre part, l\u2019ancien premier ministre fédéral s\u2019appelait Mackenzie King (et non McKenzie, comme Claude, du duo Kashtin), ce que d'aussi éminents universitaires savent sûrement.J A C Q U E S ALLARD ?BETSI LAROUSSE OU L'INEFFABLE ECCÉITÉ DE LA LOUTRE Roman, Louis Hamelin, XYZ éditeur, «Romanichels», 273 p./pout a commencé avec cet ori-^ X gnal qui est venu atterrir dans mon auto.Je m\u2019étais laissé distraire par le tableau de bord, tâtonnant dans l\u2019ombre pour essayer de mettre le grappin sur une voix humaine.Le grésillement de la radio ressemblait au bruit que font les gros scarabées quand ils se jettent dans les feux de camp l\u2019été.Je me sentais bien.C\u2019était le seul endroit pour être seul au monde.» Ces premières phrases du quatrième roman de Louis Hamelin annoncent bien la couleur du week-end que va vivre (et raconter) Marc Carrière, sculpteur de 36 ans, parti à la chasse dans les parages de La Tuque.Insatisfait de son travail d\u2019artiste, il a quitté son appartement montréalais pour retrouver sa région natale, en passant par Trois-Rivières où il a laissé un atelier et une sculpture (Le Nageur) dans le parc portuaire.Dès vendredi, la première des trois journées du récit, la présence animale s\u2019affiche, à commencer par cette intrusion accidentelle de l\u2019élan qui, crevant le pare-brise, viendra symboliquement occuper la «place du mort», aux côtés du conducteur-narrateur.Si, comme on le constate, le récit nous laisse languir sur cet événement extraordinaire, c\u2019est qu\u2019il a beaucoup à dire sur ce qui pourrait s\u2019appeler le choc du réel, sujet profond de ce roman automobile, au double sens d\u2019une énonciation personnelle et de son parcours routier, même si on n\u2019y est pas enfermé comme dans L\u2019Invention de la mort (Hubert Aquin, 1959-1991).Déjà, le sous-titre savant du roman avait de quoi mettre le lecteur en alerte.Non seulement à cause de Milan Kundera dont il rappelle L'Insoutenable Légèreté de l\u2019être (et, pour la menace faite à l\u2019individualité, sans le citer: Les Testaments trahis), signalant ainsi la nature assez philosophique du récit à venir, mais particulièrement avec ce terme scolastique et existentialiste de l\u2019«eccéité».Le terme peu banal (mais au dictionnaire courant) est explicité au milieu du roman: «Après un silence, j\u2019ai demandé: \u2014 Alors qu\u2019est-ce que c\u2019est que ce mot eccéité?\u2014 Le fait d\u2019être ici ou là, Marc.S\u2019incarner.Si on est là-bas, y être, et si l\u2019on est ici, y être aussi.C\u2019est la chose importante sauf que c\u2019est de plus en plus rare».Cette nécessité de l\u2019incarnation est ensuite explicitée par «le miracle irremplaçable de la présence» d\u2019une loutre aperçue un jour d\u2019hiver sur un lac gelé.Celui qui parle ainsi à Marc s\u2019appelle Yvan Lépine.Derrière cette nomination d\u2019apparence banale, se cache l\u2019un des plus beaux personnages du roman récent.Cet ami farfelu que Marc retrouve par hasard se révèle peu à peu un chercheur de sagesse: l\u2019écologiste amateur de toutes les roses, celle des vents mais aussi celles de la chanson populaire (comme Diane Dufresne), l\u2019amoureux aussi naïf que maladroit est finalement un explorateur du Nord éternel et, bien évidemment, un aventurier de l\u2019espace intérieur (traqué jusqu\u2019à Saint-Benoît-du-Lac).Que peut-il arriver quand, suite à l\u2019accident, Marc, le chercheur de formes, revoit Yvan au Festival western de Saint-Tite?Surtout quand l\u2019ami Alphonse Daudet lu par Albert Miliaire La Chèvre de M.Seguin Musiqiir.pi Alixanuri: Stankl Illustrations or.Olivier Iassek Richard Garneau écrit et raconte Les Patins d\u2019André Musique dk Alexandre StankT.Illustrations pi: SitniANn Iorisch mi ArîllRS Stankg LÀ PENSÉE ET LES ÉMOTIONS FA .MATHÉMATIQUES MrlaMgnifk» et affaiblit- Francine Ouellette lue par Paul Buissonneau L\u2019Oiseau invisible Musique pi: Alexandre Stanké Illustrations de STI ANE Bf.AU REGARD * .\u2022Y** \"Vf\t(batiK ly| PIERRE GOULET LE LYS ROUGE FRANÇOIS SCHIRM BEAUREGARD PLUME LATRAVERSE CHANTS LYBRES DANY , LAFERRIERE CHRONIQUE DE LA DERIVE DOUCE autant g Fauteur n'était i\tTX \t débarqi\tLiés \t e cinq petites proses -comme urs que peut en contenir une année - où xite sa vie quotidienne à l\u2019époque où il n métèque parmi d\u2019autres fraîchement à Montréal.«Dans ces textes-là.on Réginald Martel.La Presse.Un premier roman de François Schirm, ex-prisonnier politique, qui raconte le destin tragique de ces hommes entraînés dans des guerres injustes.Beauregard nous mène de Dien Bien Phù à Montréal, en passant par le goulag de Sainte-Anne-des-Plaines et les foyers d insurrection dans les Lauren tides et sur les plages Un roman étonnant de Piene Goulet: l\u2019histoire de Pontiac, ce chef indien qui voulut défendre, malgré la défaite de 1763.les territoires de la Nouvelle-France dans la région de Détroit.À l heure où la souveraineté du Québec apparaît comme possible, voici un roman nistonoiK?oui s impose comme une lecture incontournable De «Bobépine* à «Daynis Chonsons nouvelles.'Plu RENAUD-BRAY! OU QUE VOUS SOYEZ.DES ACTIVITES QUI PLAIRONT AUX PETITS COMME AUX GRANDS! L\u2019ABANDON SCOLAIRE ¦ à L\u2019abandon scolaire L.Langevin \u2022 34,95 $ la,famille; e:t L\u2019EDUCATION DE L\u2019ENFANT PB LA MINSANCIi A SIX ANN La famille et l\u2019éducation de l\u2019enfant B.Terrisse, G.Boutin \u2022 34,95 $ LA RECHERCHE EN ÉDUCATION COMME SOUKO.0» CHANOEMENT La recherche en éducation J.Chevrier ei al.\u2022 24,95 $ \u2019 ENSEIGNER LE FRANÇAIS Enseigner le français C.Préfontaine, G.Fortier et al.38,95 $ L\u2019EDUCATION ET LES MUSÉES VIStTFJL EX Pt OHEH ET APPUI NDRI L\u2019éducation et les musées B.Lefebvre \u2022 34,95 $ L'Alphabétisation \\ IfUrfctlit*:» 0 iiüff'miW' L'alphabétisation H.Poissant \u2022 24,95 $ L\u2019ENSEIGNANT ET LA GESTION DE LA CLASSE L\u2019enseignant et la gestion de la classe T.Nauit \u2022 24.95 $ LES PROCESSUS MENTAUX ET LES ÉMOTIONS DANS L'APPRENTISSAGE La pensée et les émo- ,1 I tions en mathéma- * ;| thiques Les processus men- < 'g taux et les émotions j -î dans l'apprentissage! \u2022 * L.Lafortune.L.Saint-Pierre I 38.95 S ch.Les Editions LOGIQUES Tél.: (514) 933-2225 Fax: (514) 933-2182 I) (?' I.\\: l> I'! V (I I II , I.!¦: S S A M K I) I 2 li E T l> I M A i\\ C II E 2 7 X (t V K M II II V.I II II V R E S - L I T T É R A T U R E CANADIENNE-ANGLAISE Prix de nouvelles et nouvelles de prix Quand Ann Diamond a publié un recueil de poèmes intitulé Terrorist letters en 1992, la GRC a fait enquête, alertée par le mot «terroriste»! Un bonne blague qui fait encore bien rigoler le milieu de l\u2019édition anglo-québécoise, milieu qui éprouve par ailleurs une tendresse particulière pour cette grande bringue de poétesse.montréalaise, loufoque et déÿuingandée.Il fallait entendre, le 11 novembre dernier, les applaudissements nourris qui accompagnèrent Afin Diamond jusqu\u2019au podium, où elle allait recevoir le prix QSpell 1994, catégorie fiction, pour son recueil de nouvelles Evil Eye.¦«Je suis stupéfaite, dit-elle en guise de discours, je n\u2019ai jamais rien gagné, sauf une fois, cent dollars, pour avoir rempli un questionnaire sur ma phobie des serpents \u2014 moi qui n\u2019ai même pas peur des serpents.» D\u2019autant que son premier recueil de nouvelles s\u2019intitulait Snakebite.(Les Prix QSpell sont décernés chaque année par la Société québécoise pour la promotion de la littérature de langue anglaise à des auteurs qui résident au Québec depuis au moins trois ans, qu\u2019ils soient publiés ici ou ailleurs.) Ce genre de bizarreries, de coïncidences et de contradictions fleurissent dans les nouvelles d\u2019Ann Diamond.Fleurs maladives et timides \u2014 telles le nénuphar de L\u2019Écume des jours \u2014 qu\u2019elle laisse pousser dans les interstices de ses paragraphes, sans Sophie G ironnay ?nous indiquer s\u2019il faudrait y lire un sens caché ou un signe cabalistique.Snakebite (Cormorant Books, 1989) restait assez proche de l\u2019évocation réaliste.On y passait quelques histoires dans la peau de jeunes adultes, dans ces périodes inconfortables et absurdes où les amours et les destins s\u2019obstinent à flotter entre deux eaux.Ann Diamond y recrée assez habilement l\u2019atmosphère de cette époque déjà si lointaine de «mouvements des femmes», vous savez, où vos amies de filles devenaient lesbiennes par conviction politique.Dans Nineteen Seventy-Five, d\u2019ailleurs, l\u2019héroïne se fait serveuse nue par provocation contre les idées féministes de son chum.Depuis, Ann Diamond semble s\u2019être enfoncée dans un univers onirique et mystérieux.Par exemple, dans le premier recueil, une nouvelle racontait les amours d\u2019un soir, entre une touriste et un arabe en Égypte.Dans Evil Eye, Cairo reprend la même figure, mais dans un registre distancié où un vendeur de falafel se prend pour le messie et rêve d\u2019avoir une aventure avec une belle Occidentale qui est peut-être une sorcière ou l\u2019incarnation du mal, ou va savoir.(d\u2019ailleurs lui-même est peut-être le Messie pour vrai), tout cela sur fond de troubles politiques.Dans la nouvelle titrée Evil Eye, la blessure au genou d\u2019une femme en proie à un délire de jalousie apporte la malédiction à une île, où règne une ambiance de guerre fio.ooo in (kc wSnmnU alory rize I SLort Fiction Iront (.kr Beat ofCjtMatL.YNçw Writm \u2022 'afkLIrrt \u2022 wîtj>\tGbivr* McCifllaml & Stewart 1 »***«-* \u2022» \u2022 LE DICTIONNAIRE HISTORIQUE DE LA LANGUE FRANÇAISE crit comme un roman policier.Une enquête unique par son ampleur, /f travers 1 000 ans d\u2019existence, la recherche des origines et la description de l'évolution de TO 000 mots de la langue française.Une vivante saga des mots qui s'inscrit dans la grande aventure du français tout au long du dernier millénaire.Avec la date d\u2019apparition de chaque mot dans la langue française et son mot source, ses rapports entre les autres langues et les premières citations littéraires où il se trouve.Grand Prix de la langue de France PROMOTION du 25 novembre au 31 décembre '94.160,00$ Prix courant 200,00$ 2400 pages.Deux volumes reliés, sous coffret.Disponible en librairie.m DICTIONNAIRES LE ROBERT Toute la richesse de la langue r SOFEM Solidarité Femmes et Enfants du Monde Organisme de coopération pour le soutien de la famille Fondé au Québec et accrédité en tant qu'organisme de charité au Canada.; Selon les experts en coo-: pération internationale: 1 \"L'éducation des filles ! est l'investissement le l ; plus rentable que pour-; raient faire les pays du j ; Tiers Monde\" i Aider les jeunes mères ! de famille à combattre \u2022 la pauvreté est le meil-I ; leur moyen d'aider des I ; milliers d'enfants! I i ; Oui, ça me concerne ! et je m'en occupe! hd concours * l icoiiverturej ?LE DEVOIR Courez la chance de gagner: I er Deux billets\tDeux bons d\u2019achats: ¦1000$ Chez Champigny prix ailes de\tprix Deux billets d'avion à destination de Genève sur les ailes de prix swissair^, e La collection complète des oeuvres de la Bibliothèque du Nouveau Monde JVI aussi % ¦1000$ Chez RENAUD-BRAY Chaque semaine, un gagnant recevra 5 ouvrages présentés lors de l\u2019émission*.et un abonnement à la revue littéraire Lettres québécoises Tant du 17 nov.1994 ino Lacombo de Montréal Pour se qualifier au tirage, les participants doivont idei sera tirée la phrase mystère qui sera lue en ondes lors Sou* la couverture, le dimanche à 16 h.Chaque participant doit faire parvenir le bon de partici| à Concours Sou* la couverture \u2022 Le Devoir SRC if?Télévision I.E DEVOIR 3.P.353.Suce.E.Montréal.\t\t\t \t\t\t \t514) 2\t73-5197\t , J.\t\t\tur fin d'impôt) m i:\t\t\t EUIL EYE fl n n Diamond # Mi terrorist letters ann diamond en suspens (un peu comme clans lç film Meditenaneo, mais en drame).A moins que tout se passe dans sa tête à elle, qui croit avoir fait l\u2019amour avec un soldat aux pieds de bouc.?Pour ma part, j\u2019avoue à ma grande honte que quand je ne sais plus très bien ce qui est en train de se passer ni où on veut m\u2019emmener, ça m\u2019agace.On suit l\u2019auteure bien volontiers, on s\u2019étonne, on s\u2019amuse aussi.(Entre autres, The Ape Diet, l\u2019histoire d\u2019un gourou japonais rescapé d\u2019Hiroshima qui en vient à choisir des singes pour disciples après avoir fait fortune en Californie, est un bijou d\u2019ironie zen.) Mais par mo- ments, on se retrouve sans repères, donc indifférent, et le surgissement des images étranges qui s\u2019entrechoquent semble mal contrôlé, voire gratuit.Les histoires d\u2019Ann Diamond, subtiles et volatiles, s\u2019évaporent alors sans laisser de trace.C\u2019est pourtant dans cette voie qu\u2019elle doit persévérer, parce que c\u2019est là qu\u2019elle est absolument personnelle.Il faut dire qu\u2019on peut se permettre d\u2019être exigeant en la matière car au Canada anglais, la nouvelle est un art majeur.De plus en plus d\u2019éditeurs franco-québécois s\u2019en rendent compte, d\u2019ailleurs: Martel et Bissoondath sont chez Boréal, tandis que la maison L\u2019Instant même, spécialisée dans la nouvelle, redouble d\u2019efforts en traduction et en découvertes avec Alistair MacLeod, Steven Heighton, et bientôt Bonnie Burnard.mais j\u2019y reviendrai.Pour le moment, j\u2019aimerais recommander ce qui me paraît être un indispensable: The Journey Prize Anthology.Créé en 1988, le prix Journey (et son chèque de 10 000 $) est probablement le plus convoité dans le domaine.Les nouvelles admissibles proviennent des parutions de l\u2019année dans les petites revues, et l\u2019organisateur du prix, l\u2019éditeur McClelland & Stewart, publie les finalistes dans un recueil, The Journey Prize Anthology.S\u2019y aventurer est donc le meilleur moyen de prendre le pouls de la relève, et en 1994, on peut dire qu\u2019il battait fort! Le calibre autant que la diversité des œuvres rassemblées sont étonnants et réjouissants.Un vrai festin qui vous mène des petites vies grises de banlieue (le très convainquant Relatives in Florida de Dorothy Speak) jusqu\u2019au cœur du primitivisme tropical (l\u2019exotique Anomie de Robert Mullen).J\u2019ai eu le plaisir d\u2019y trouver une nouvelle très maîtrisée de Robyn Sarah, dont le premier recueil, A Nice Gazebo (chez Véhiculé, 1992) était plein de promesses.Promesse tenue.Et aussi d\u2019admirer la performance brillante de Genni Gunn, clans Versions, où sont comparées les 36 versions d\u2019un même épisode par chacun des membres d\u2019un même famille et leurs motivations pour s\u2019y accrocher, tout ça en quatre pages.L\u2019heureuse gagnante du Journey Prize est Melissa Hardy, avec Long Man the River, qui commence dans ia farce et finit dans le merveilleux, avec ce baptême baptiste \u2014 et opportuniste \u2014 d\u2019une jeune femme Cherokee, qui retrouve au fond de l\u2019eau les monstres mythiques de sa propre culture.Ma nouvelle préférée reste celle d\u2019Alison Wearing, Notes from Under Water, journal de voyage d\u2019une haute fonctionnaire en mission de paix à Prague, et dont les remarques d\u2019un cynisme vitriolé sont à hurler de rire.Il paraît qu\u2019Alison Wearing, qui voyage seule et n\u2019a pas d\u2019adresse fixe depuis l\u2019âge de 17 ans, prépare un recueil sur ce thème.Je m\u2019en régale d\u2019avance.LIVRES PRATIQUES L\u2019encyclopédie de la voiture LE GUIDE DE L'AUTO Jacques Duval avec Denis Duquet et Marc Lachapelle, Les Éditions de l\u2019Homme, 432pages JACQUES GRENIER Avec sa couverture rigide, ses 432.pages et toutes les illustrations en couleurs sur papier glacé, Le Guide de l\u2019auto 1995 se donne des allures d\u2019encyclopédie.De la plus petite voiture à la plus volumineuse, de la plus modeste à la plus onéreuse, pas moins de 200 modèles sont décrits et analysés par les auteurs de cet ouvrage avec des fiches techniques fort bien détaillées.Des tableaux comparatifs permettent d\u2019établir ses préférences selon les caractéristiques énoncées.Toutes les données font appel aux mesures du système métrique.Une section est consacrée aux prototypes de voitures qui seront peut-être sur nos routes dans un avenir plus ou moins rapproché.Certains modèles fonctionnant à l\u2019électricité feraient bonne figure pour des poupons dans un épisode de la série Star Trek.Avec les pétrolières qui dominent le monde du transport, l\u2019auto électrique en est encore à ses premiers balbutiements.Et pour les consommateurs résignés à se procurer des véhicules qui s\u2019abreuvent de carburant, les prix s\u2019échelonnent de 7740 $ pour la Lada Samara 1500 jusqu\u2019à 700 000 $ pour une Jaguar XJ 220 Jacques Ouval avec Denis Duquel et Marc Lachapelle m tes ta \u2022 TOITURES LES MIEUX \u2022; «AfTÉB AU QUÉBEC guide de l\u2019auto i\u2014 m \\432 En exclusivité mondiale, les routières les plus rapides du siècle: les McLaren M8 GT et F1 essayées par Jacques Ouval et Paul Frère dont quelques unités sont encore disponibles même si ce modèle n\u2019est plus commercialisé.Mais si c\u2019est la vitesse que vous recherchez, vous pouvez choisir la McLaren Fl pour la modique somme de 1 124 700 $.Elle peut rouler à 372 km/h sauf qu\u2019à cette vitesse, vous aurez droit en prime au maximum de points d\u2019inaptitude que peut contenir un seul billet d\u2019infraction au code de la route.Devinez à quelle vitesse roulerait le chauffeur à qui on décernerait des points d\u2019aptitude! Neil Bissoondath A l\u2019aube de lendemains précaires roman Ce livre célèbre les humbles triomphes de ceux qui sont perpétuellement sous la menace de leurs émotions, qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes et qui trouvent en eux la force de continuer à vivre.* m Neil Bissoondath A l\u2019aube de lendemains précaires 316 pages- 19.95$ Qui m\u2019aime me lise I.K I) !\u2022: V (I I U , I.K s S A M K 1)1 ï (i K T I) I M A N (' Il Y 1 7 X (I V K M It It Y I II II I V 11 \\] s - MANDES DESSINÉES Le retour du refoulé 1* I E K K E I.E F E H V K E La famille a longtemps été un sujet quasi tabou en bande dessinée, ou du moins, une notion passablement abstraite.«Tout le monde ne peut pas être orphelin», selon le bon mot de Jules Renard, mais à l\u2019enseigne du neuvième ait, c\u2019est pratiquement la réciproque qui s\u2019avère la règle.Tintin, Lucky Luke, Blueberry ou Spirou n\u2019ont tous ni père, ni mère, ni frère, ni sœur.Et si Modeste, Donald Duck, ou Mickey Mouse ont de la parenté, il s\u2019agit de mystérieux neveux dont on n\u2019a jamais vu les géniteurs.Certains héros ont bien sûr leurs parents à portée de mains, pensons à Jo et Zette, l\u2019autre série de Hergé, ou encore à Achille Talon, vivant toujours avec papa-maman.Mais les Legrand n\u2019ont jiunais connu l\u2019ombre d\u2019un conflit familial, et les brouilles passagères des Talon ne laissent entrevoir aucun complexe d\u2019Œdipe mal résolu.Les chose, pourtant, changent.Depuis quelques années, les séries mettant en scène la vie familiale, osent mettre un peu plus de viande autour de l\u2019os.C\u2019est le cas de Cédric, issu du prolifique cerveau de Cauvin, le scénariste le plus surutilisé depuis Stan Lee, et illustré par Laudec, qui était de passage à Montréal pour le Salon du livre.«Cédric relate les faits et gestes d\u2019une famille tout à fait moyenne, composé d\u2019un gamin, Cédric, de ses parents bien sûr, et de son grand-père maternel, qui vit avec eux», m\u2019explique l'artiste de 47 ans d\u2019une petite voix laissant percer sa timidité.Cette série, qui a débuté en 1987, prend son essor là où Boule et Bill n\u2019osent s\u2019aventurer.Tout s\u2019y joue, en effet, autour des rapports de force et des lignes de tension entre les différents protagonistes.Nous sommes, entendons nous bien, à mille lieues des Simpsons de Matt Groening, mais la série, au-delà de sa tendresse bon enfant, possède un côté acerbe, pour une bande s\u2019adressant aux plus jeunes, qui était inimaginable dans Le journal de Spirou il y a à peine 10 ans.«Les séries dites familiales traditionnelles avaient l\u2019habitude de mettre l\u2019accent sur les gags, la mécanique des situations», déclare Laudec.«D s\u2019agissait d\u2019histoires qui souvent esquivrdent les sentiments des personnages.Tandis que nous, c\u2019est précisément cet aspect qui nous intéresse», poursuit-il.«Nous nous attardons aux conflits de générations, aux problèmes entre Cédric et ses parents, souvent dus à ses mauvaises notes.11 y a aussi la complicité entre Cédric et le grand-père, complicité dont sont exclus les parents, et bien sûr les mésententes entre le pépé et son beau-fils.Bref, des phénomènes bien simples qu\u2019on retrouve partout», continue-t-il.«De tout cela, donc, nous faisons des petites histoires amu- santes, parfois tristes également, mais habituellement plutôt tendre.» L\u2019univers de Cédric ne se limite pourtant pas à celui de la maison.11 y a, bien sûr, l\u2019écolq, puis les copains, puis les amours.«A l\u2019origine, le projet que Cauvin et moi voulions présenter aux éditions Dupuis avait pour personnage principal une institutrice.Mais assez vite, l\u2019école nous est apparu un lieu trop limité.Nous nous sommes donc décidés pour un enfant, ce qui nous permettait une mobilité entre les pôles famille-école», explique Laudec.La série innove également par la richesse psychologique dont elle dote ses enfants.Cédric est un persoimage à part entière, non pas un caractère type comme le sont les enfants de la bande de Totoche de Tabary, de la Ribambelle de Roba, ou des As de Greg.Au-delà de la famille, et de l\u2019école, l\u2019amour demeure la grande préoccupation du petit héros.«Cédric se spécialise dans les amours contrariées», m\u2019affirme le dessinateur.«Au début, il était amoureux de son institutrice, ce qui lui causait bien des tourments.Puis il l\u2019a laissée tomber, si je puis m\u2019exprimer ainsi, pour une petite Chinoise nouvellement arrivée dans sa classe.» Malgré les embûches que ses auteurs s\u2019acharnent à mettre sur sa route, parions tout de même que ses chances de réussite amoureuse soient désormais meilleures.Zidrou et Falzar: des enfants et des chiens MARGOT ET OSCAR PlUCHE Edition Casteman PIERRE I.E F E B V R E Zidrou et Falzar, respectivement François D\u2019hondt et Benoît Drousie de leur vrai nom, sont deux drôles de lascars.Peut-être les avez-vous vus, lors du Salon du livre de Montréal, l\u2019un déguisé en boucher poursuivant l\u2019autre affublé d\u2019une marionnette représentant un gros chien de ruelle dans les tons ocres.Tous deux instituteurs de formation, ils ont quitté le métier pour créer Les Potaches, leur studio de scénario.Se consacrant essentiellement au public enfantin, ils ne se limitent pourtant pas à la bande dessinée.Zidrou est membre des Sinistres Totaux, une troupe d\u2019action théâtre, tandis que Falzar écrit également des livres pour enfants.C\u2019est tout de même essentiellement en tant que scénaristes de la série Margot et Oscar Pluche qu\u2019ils se trouvaient à Montréal.«Le principe de cette série est assez simple, explique Zidrou, le plus volubile des deux compères.11 s\u2019agit d\u2019une |x^ tite fille de huit ans qui s\u2019est amourachée d\u2019un chien de rue, et qui désire le ramener à la maison.Bien sûr, les parents n\u2019en veulent pas.Il faut dire qu\u2019il y a déjà six enfants dans la famille, plus une chatte.Elle le ramène tout de même en douce, et c\u2019est cette amitié clandestine qui est à la base des différents épisodes.Notre volonté est également de faire une série axée sur la vie quotidienne.Margot ne découvrira donc jamais de trafiquants de drogue, pas plus quelle ne conduira une voiture.C\u2019est une gamine normale, avec du caractère, dans un quotidien franco-belge normal.» «Il y a aussi une chose qui distingue notre série de ce qui se fait ailleurs en BD enfantine, et c\u2019est que nous nous efforçons le plus possible d\u2019être actuel, que nous re- fusons absolument de jouer sur la nostalgie, ce qui arrive trop souvent lorsqu\u2019on traite de l\u2019enfance.Car on ne veut pas faire une série sur notre enfance, mais bien quelque chose qui touche les enfants d\u2019aujourd'hui et qui puisse aborder des réalités contemporaines», affirme Zidrou.Margot et Oscar Pluche est publié chez Casterman, maison d\u2019édition qui s\u2019est essentiellement consacrée, depuis environ 15 ans, à une bande dessinée plus adulte, au point même de pratiquement réduire à zéro, si ce n\u2019est, pour quelques titres, leur catalogue pour enfants.«Nous sommes en effet arrivé chez Casterman au bon moment, avoue Falzar, alors qu\u2019ils désiraient relancer leur secteur jeunesse.Mais nous visons tout de même le tout public.Nous insérons des petites touches, des détails, qui concernent les adultes.Notre bonheur, ajoute Zidrou, c\u2019est lorsqu\u2019un adulte nous affirme avoir éprouvé du plaisir à lire un de nos albums.Ceci dit, le public enfantin est véritablement le meilleur public que l\u2019on puisse espérer.Iœs auteurs avec un grand A, de bande dessinée avec un grand B et un grand I) ont peut-être une aura artistique qui nous fait défaut, mais lorsque nous rencontrons les ; gosses il se passe toujours des choses merveilleuses.Par exemple, dans le deuxième album, Oscar se casse une patte.Et bien un enfant est venu me voir, lors d'une séan- ' ce de marionnette, et a demandé au chien si sa patte allait mieux.Une chose pareille vous fait littéralement < fondre de bonheur», assure-t-il.«Tandis que les amateurs de BD adultes sont souvent des monomaniaques», renchérit Falzar, «allant de festivals en festivals avec leurs collections d\u2019albums sous le bras.Lorsque je vois la pagaille autour des stands des auteurs pour adultes lors des salons, je ne les envie pas», conclut-il.VITRINE JEUNESSE LE CASTOR Michel Villeneuve, Omise Sylvestre IE BÉLUGA Évelyne Arcouette, Joseph Lévesque IE GORILLE DE MONTAGNE Philippe Dequesne, Michel Quintin, Martine de la Vallée éd.Michel Quintin, coll.ciné-faune, 24 p., couv.rigide Voici trois remarquables albums documentaires traitant de trois espèces d\u2019animaux qui fascinent les enfants.Sur la couverture, seul le nom de l\u2019illustrateur ou de l\u2019illustratrice apparaît, c\u2019est dire l\u2019importance accordée à l\u2019image.C\u2019est elle qui véhicule l\u2019humour (la fantaisie est privilégiée pour éviter l\u2019aridité que revêtent parfois les documentaires), l\u2019affectif (maman béluga a des nageoires assez longues pour envelopper tendrement bébé béluga), le souci du détail, (l\u2019exécution des dessins relève d\u2019une grande habileté), le milieu environnant.Le texte, lui, transmet sous forme de vers très simples (ça ressemble à une comptine) des informations justes et essentielles sur l\u2019espèce.L\u2019intérêt réside dans l\u2019interprétation unique et réjouissante de chaque énoncé (par exemple, pour illustrer l\u2019habileté à la nage des castors, on les a représentés aux olympiques, à la télé).Iœ tout apparaît grandement accessible à des bambins dès trois ans et intéressera encore à huit ans.ZÉRO LES BÉCOTS Texte de Lucie Bergeron Illustré par Dominique Jolin Héritage, coll.Libellule, 72 p.(enfants de sept à 10 ans) Martin juge qu\u2019à sept ans, il est assez grand pour éviter les becs et bisous qui ne manqueront pas de pleuvoir sur lui en ce jour d\u2019anniversaire.Un casque de hockey, de l\u2019ail, du maquillage, des tactiques astucieuses., il est prêt à tout sauf aux bécots.L\u2019idée est originale, les illustrations très expressives, et la ténacité de Martin fera certainement sourire tout enfant pour qui les becs sont une corvée.Quant aux autres, ils trouveront peut-être l\u2019intrigue un peu mince et l\u2019entêtement de Martin légèrement absurde.LIA ET LE NU-MAINS Texte de Danielle Simard Illustré par Philippe Béha Héritage, coll.Libellule, 72 p.(enfants de sept à 10 ans) originalité de ce petit bouquin ' tient au point de vue adopté.Lia, princesse des fées, l\u2019a écrit à l\u2019intention de ses amis fées, lutins et ogres du royaume de Saugrenu.Une rencontre étonnante avec Philippe, un nu-main surgi d\u2019un trou au pied d\u2019un arbre, est à l\u2019origine de ce témoignage.11 existerait en effet, un monde sans oisours, où l\u2019on se promène nu-main, où on mange des animaux et où les fées et les lutins sont enfermés LIBRAIRIE HERMÈS de9hà22h 362 jours par anne 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 lélec.: 274-3660 dans des livres! Cette rencontre très sympathique a le grand mérite de ne pas porter de jugement (les nu-mains sont-ils cruels ou non.).L\u2019«autre» y est raconté avec tout l\u2019étonnement et la curiosité que sa différence suscite.La fantaisie, la vivacité des personnages, la cohérence du récit et de la finale procurent un plaisir indéniable.FRÉDÉRIC, LE PETIT COCHON ÉLECTRIQUE Texte de Carole Tremblay Illustré par Béatrice Leclercq Raton laveur, 24 p.(enfants de trois à huit ans) Frédéric est un petit cochon rose qui rêve de sortir de l\u2019ombre.Un jour, un éclair le transforme en générateur électrique.Il n\u2019y a qu\u2019à brancher un appareil dans son museau pour qu\u2019il fonctionne.D\u2019abord ravi de sa nouvelle vie, le petit cochon déchante peu à peu jusqu\u2019à se sentir malheureux.Il souhaitera alors revenir à sa vie ordinaire qu\u2019il retrouvera grâce à l\u2019apparition d\u2019une étoile filante.La finale, prévisible et ]X)rteuse de morale, vient quelque peu atténuer le plaisir d\u2019une situation de départ originale et riche.Les multiples exploitations du don de Frédéric sont ;unusantes et font preuve d\u2019une créativité certaine.Mais lorsque les dernières lignes nous apprennent que le petit cochon, vaincu par les inconvénients de son état, renonce à son don, on est déçu qu\u2019il ne trouve d\u2019autre solution qu\u2019un retour en arrière.Lorsqu\u2019on apprend qu\u2019il ne fait plus jamais de vœu en regardant les étoiles filantes, on ne peut que s\u2019attrister.UN PROF EXTRA Texte de Dorothée Roy Illustré par Dominique Jolin Raton laveur, 24 p.(enfants de trois à huit ans) HP «M-ë./ -\t#1 T fl É-SpHl Ifert La première fois que les enfants aperçoivent leur nouveau professeur, ils comprennent tous que c\u2019est quelqu\u2019un de spécial.Mais personne ne pose de questions.Aucune question non plus lorsqu\u2019ils découvrent son drôle d\u2019accent, sa nourriture éton-minte, ses étranges capacités, ou ses habitudes excentriques.Mais ce matin, tout le monde s\u2019est posé des questions.La structure répétitive du texte et la réaction placide des enfants face aux extravagances des situations provoque le rire et la curiosité.Le lecteur anticipe, attend d\u2019une page à l\u2019autre un punch qui n\u2019arrive qu\u2019à la toute fin et emporte le tout comme un coup de baguette magique.L\u2019humour et la générosité des illustrations valent à eux seuls le détour.LA DEUXIÈME VIE Texte de Anique Poitras Québec/Amérique, coll.Titan, 158 p.(jeunes de 12 à 15 am) Après la mort de Serge, après avoir elle-même visité la mort, Sara réapprend la vie.Les coups durs se succèdent.Emmanuel devient cet indispensable ami dont chacun rêve.Son rôle dans la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare montée à l\u2019école, lui permettra de nourrir, à même ses chagrins, un personnage dont elle découvre la profondeur.Inutile de dire que l\u2019émotion est au rendez-vous.C\u2019est la matière même dont est fait ce roman, suite attendue de La Lumière blanche.La mort, la vie, l\u2019amour, l\u2019amitié.les thèmes essentiels s\u2019entrecroisent et se répercutent l\u2019un sur l\u2019autre, traités avec beaucoup d\u2019actualité et sans mièvrerie.On y plonge avec avidité, on y vibre, on y anticipe une suite qu\u2019on devra malheureusement attendre.Gisèle Desroches Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Améliorez votre français écrit Cours sur mesure à la maison, au bureau, en vacances.Date limite d\u2019inscription : 31 janvier 1995 Pour recevoir le dépliant d\u2019information, appeler au (514) 343-7393 ou remplir la formule ci-dessous et la retourner à : Cours autodidactique de français écrit (CAFÉ) Université de Montréal, C.P.6128, succursale Centre-ville, Montréal (Québec).H3C 3J7 Nom et prénom Code postal Jean Larosc Jean Larose La Souveraineté rampante À la croisée du culturel et du politique, Jean Larose donne ici un exemple de polémique aussi brillante qu\u2019efficace.1\tBoréal\t \t\t LE PETIT ROBERT DES NOMS PROPRES fur Noëloffrez le Nouveau Petit Robert dev nonu propres qui vous donne accès à l\u2019ensemble du patrimoine mondial, dans un esprit d\u2019ouverture et de modernité.LE ROBERT JJ 5 UFS NOMS propres cû! 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doivent identifier correctement le livre d\u2019où sera tirée la phrase mystère qui sera lue en ondes lors de l\u2019émission Sous la couverture, le dimanche à 16 h.Chaque participant doit faire parvenir le bon de participation suivant à : Concours Sous la couverture > Le Devoir a/s SRC Télévision C.P.11007 Suce.Centre-Ville Montréal (Québec) H3C 4T9 ¦Gracieuseté de la librairie de la semaine: Librairie Renaud-Bray avenue du Parc Montréal Les règlements de ce concours\t,!îï,\tt \u201e rinirnin sont disponibles à la SRC.SRC i GlévisiOD LE DEVOIR Réponse t Nom Adresse Ville Code postal ^Téléphone HL._________ 1211 Les 115 000 visiteurs au I) 8 L E I) E V 0 I II, L E S S A M E I) I 2 ' l'àjr'.yvv \"Ca&'^v ~ \u2014-T¦- A 1 tr^\"r,s-r lllli r ; Claudia Richard et son grand-papa Maurice Année internationale de la famille ARTS VISU K L S La banque prête de l\u2019art 1 i LA BANQUE D'ŒUVRES D'ARI SUR LE VIF À QUÉBEC À la salle C2 du Palais Montcalm Jusqu\u2019au 4 décembre RÉMY CHAREST CORRESPONDANT À QUÉBEC A la galerie du Palais Montcalm, on est présentement en train de battre un record pour le plus grand nombre d\u2019œuvres présentées en une seule salle.La Banque d\u2019œuvres d\u2019art du Conseil des arts du Canada, qui achète des œuvres d\u2019art contemporain canadien pour ensuite les louer à des organismes publics, pa-rapublics ou à but non lucratif, montre présentement près de 450 œuvres sélectionnées parmi les quelque 18 000 peintures, gravures, sculptures, dessins et photographies de quelque 2600 artistes qui font partie de sa collection.La raison d\u2019un tel déploiement de cadres tient avant tout de la vente itinérante: chaque année, pour permettre l\u2019accrochage de plus de 9500 des œuvres de la collection dans des bureaux et édifices publics, la Banque voyage vers ses clients, de région en région, pour leur permettre de sélectionner, au coût moyen d\u2019une centaine de dollars i)ar année, l\u2019œuvre qui ornera leurs locaux.L\u2019exposition présentée au Palais Montcalm prend donc des allures de rétrospective de l\u2019art canadien des vingt-cinq dernières années, avec, pour accueillir le visiteur à l\u2019entrée, un superbe diptyque du Québécois Paul Béliveau, mais aussi d\u2019un salon des acceptés, d\u2019un grand magasin de l\u2019art.Car au pied des accrochages serrés et nombreux, on trouve aussi des piles de cadres appuyés contre le mur et les caisses, encore à moitié pleines, qui ont servi à transporter tout cet étalage.Le visiteur curieux peul d\u2019ailleurs tout voir, s\u2019il se donne la peine de remuer les piles lui-même, ou en demandant l\u2019aide des techniciens qui sont toujours sur place.Et ça vaut plutôt la peine de remuer les cadres pour bien voir toute a variété de styles et de techniques regroupées dans la collection.On ne pourrait certes pas accuser la Banque d\u2019avoir une vision trop restrictive de l\u2019art en voyant tout ce qui s\u2019y retrouve.J\u2019y ai noté au passage \u2014 mais vous remarqueriez sûrement autre chose \u2014 une très belle et délicate eau-forte de Betty Goodwin, qui représente et s\u2019intitule Folded Shirt; deux photographies de Danielle April, Gymnopédie année I (1984) et Im Pointe de ma flamme (1992), qui démontrent une évolution et un rafi-iïement impressionnant du style; Diamant noir, un papier plié élé- SAvëCjNAC OEUVRES RÉCENTES VERNisSAÇE sam Edi T dÉCErubRE 1 Th à 18h L'art isTE sera présent ^/ClCs-U-LS cl dsiB uqa ¦CL tainut-LLE.¦ I I Si-DiNis MontréaI H 21 2L4, TÉL.: 845-2400 EXPOSITION MARIUS DUBOIS Oeuvres récentes Prolongation jusqu'au 5 décembre Présentation par l'artiste Dimanche 27 nov.14h30 une grande roue de quatre mètres de diamètre, à l'intérieur de laquelle deux où trois hommes peuvent entrer pour l\u2019actionner.Surnommée «cage à écureuils» pour cette raison, la grue permet de soulever des poids de plus d\u2019une tonne.C\u2019est l\u2019outil même qui ])ermit la construction des cathédrales, et on peut le voir jusqu'au 30 novembre, au Musée de la Civilisation.Par la suite, l'instrument sera ressorti pendant les prochaines Médiévales, soit du 9 au 13 août, sur le site consacré aux constructeurs de cathédrales.Chronique de la mort II1III1IT Dans le cadre de l\u2019exposition Andres Serrano - La Morgue le Musée d'art contemporain vous invite à une conférence de Michel Vovelle le mercredi 30 novembre, de 18 h à 2(1 h.Historien et professeur émérite à l'Université de Paris I.Michel Vovelle a écrit de très SOURCE: BANQUE D\u2019ŒUVRES D'ART DU CONSEIL DES ARTS DU CANADA Sans titre, de Carole Baillargeon.Abba, de Michel Labbé.gant de Serge Tousignant datant de 1967, ainsi que les superbes photos couleur grand format d\u2019Alain La-framboise.Si la Banque louait aux particuliers, je les voudrais toutes sur mes murs.Les Médiévales font la grue Les prochaines Médiévales de Québec se préparent depuis belle lurette et on peul déjà voir les premières manifestations publiques de ce qui devrait être, une fois de plus, une gigantesque fête populaire et tou-ristico-historique.En plus du théâtre du Bois de Coulonge qui annonce, pour sa prochaine saison, un Abélard et Héloïse tout à fait dans le ton pour son mois d\u2019août, le Musée de la Civilisation accueille, de son côté, un outil médiéval dont l\u2019usage a longtemps survécu à l\u2019époque: la grue.Construite par deux artisans français spécialistes en restauration de bâtiments, assistés de quatre artisans du Conseil des métiers traditionnels du bâtiment du Québec, cette machine élévatoire est mue par galerie MIREILLE BRISSET ART \u2022 ARTISTES 1640, rue Sherbrooke Ouest .Montréal H3H 1C9 .Tel.: (514) 937-1761 Du 19 octobre 1994 au 8 janvier 1995 Stratégies urbaines : Projets récents L\u2019heure du passage - SOURCE: BANQUE D\u2019ŒUVRES D\u2019ART DU CONSEIL DES ARTS DU CANADA/PHOTO YVAN BOULEKICE La biennale des cravates Toujours prêt à détourner une bonne idée pour le bénéfice de l\u2019art, les artistes du collectif lnter-Le Lieu s\u2019apprêtent à répondre à leur manière à la Biennale Découverte en donnant suite, à partir du 9 décembre, à leur Biennale des Couvertes tenue.l\u2019an dernier, avec une Biennale des Cravates.Pour ce faire, le Lieu invite donc tous ceux qui se sentent inspirés par ce tissu longitudinal encadrant depuis des lunes le cou masculin à créer une œuvre s\u2019y rapportant directement ou indirectement.Il s\u2019agit donc d'avoir une idée, de croire qu\u2019on peut la réaliser et, si possible, que l\u2019idée en question soit ludique et légère.Une fois le «concept» élaboré, on n\u2019a qu\u2019à confirmer son intention de participer à la Biennale en téléphonant au (418) 529-9680 et à respecter la date de tombée du 6 décembre pour l\u2019accrochage.Aucune contrainte de travail n\u2019est imposée au-delà d\u2019un rapport à la cravate: on vous donne donc, en quelque sorte, toute la corde qu\u2019il faut pour vous pendre.Entrée libre 185.nie Sainie-Cathcrine Ouest Renseignements : |514| 847-6253 MUSEE D ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL exposition LAURENT BONET Jusqu\u2019au 18 décembre 1994 Au Centre d\u2019Art Ozias Leduc 1090, chemin de la Montagne, Mont St-Hilairc (Québec) (514) +46-1137 Les heures d\u2019ouveiture sont du mercredi au dimanche, de 11 hOO à 17h00.\\ l.j Galerie VOX est ouverte du mercredi au dimanche, de liK'i I~h 406(1 boul.«Naint-laurcnt.espace 110.Montreal (Québec) H2W 1Y9 Vu* l'npiili remercie ses membres, le Conseil des arts ci des lettres du Québec, la Ville de Montreal et le Cnntril des arts de la CCM pour leur appui financier.Harry Symons, Souvenirs urbains Fragments récents, 1994 Huile ef collage sur toile, 167 x 122 cm Collection de l'artiste.© Horry Symons 1994 L'exposition examine l'espace physique et social de la ville contemporaine tel qu'il est vu par quelques-uns des architectes, urbanistes et designers urbains les plus novateurs.Le CCA remercie le Conseil des Arts du Canada de son appui à la présentation à Montréal de cette exposition.La Ville de Montréal a également fourni son appui à la présentation de l'exposition et des événements qui y sont associés.Également présentée : Richard Henriquez et le Théâtre de la mémoire Du 27 septembre 1994 au 29 janvier 1995 L'exposition présente des dessins et des sculptures de l'architecte canadien contemporain, de même qu'une installation qui évoque sa fascination pour la mémoire, l'histoire et la culture.En complément de l'exposition, des ateliers de création « Famille» sont offerts au grand public sur fin de semaine.Renseignements et inscriptions : (514) 939-7026 Cette exposition, réalisée conjointement par le CCA et le Musée des beaux-arts de Vancouver, a bénéficié de l'appui généreux du Conseil des Arts du Canada.A Centre Canadien d'Architecture/Canadian Centre for Architecture 1920, rue Baile, Montréal, QuéEsec, Canada H3H 2S6 Danièle PARINELLO l\u2019Être et le paraître technique mixte Kamila WOZNIAKOWSKA If it's painted, it\u2019s true.Oeuvres récentes jusqu'au 30 novembre GALERIE DOMINION 1438, rue Sherbrooke Ouest Mardi au vendredi de il Oh à\u2019!7h30 845-7833*/ 845-7471 samedi de 1 Oli à I7h 1 I.!\u2022: I) K V 0 I H .I.E S S A M K I) I 2 (i K T I) I M A N (\u2019 Il E 2 7 NO V E\tE I !l !\u2022 I I) 12 Ifl \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 I * It d3±Pè iéglf! \"ttEgg-Z- T^Z&SX.Tequila et Cheminées Sécurité: une collaboration exceptionnelle Le 16 mars dernier, l'Institut de Design Montréal accordait, dans le cadre de son programme pour stimuler la recherche appliquée en design, une contribution financière de 80 000 S à l\u2019équipe de design de Tequila Communication pour la conception d\u2019un foyer préfabriqué, en partenariat avec l\u2019entreprise manufacturière Cheminées Sécurité Inc.Voilàjplus de 10 ans que l\u2019équipe de Tequila collabore avec Cheminées Sécurité, autant au niveau du design et de la conception de nouveaux produits qu\u2019au marketing et à la publicité de ces mêmes produits.C\u2019est cette intégration complète du département de design de Tequila, dès le début d\u2019un projet, au sein des équipes de recherche et développement et de marketing de Cheminées Sécurité qui rend ce partenariat exceptionnel.Il a débuté en 1987 avec le lancement, par Cheminées Sécurité, de sa première génération de foyers avec facade décorative: la gamme KIT, composée de deux modèles.Ils permettent un choix de couleurs, et incluent des grilles en aluminium extrudé.Le succès de ces foyers conçus par Christian Defays marque le début de la collaboration fructueuse entre Cheminées Sécurité et Tequila.En 1992, la deuxième étape dans la collaboration agence-entreprise pour le design des foyers est amorcée.Une gamme complète Je foyers décoratifs offrant 120 possibilités d\u2019agencement et comprenant contours, bordures et profilés est lancée sur le marché.Et en 1994, le département de design de Tequila initie le concept de la troisième génération de foyers de Cheminées Sécurité.Ces foyers répondent aux nouvelles tendances du marché: désormais, l'accent est mis sur la combustion au gaz.question de respect de l\u2019environnement et d'efficacité énergétique.Dans un marché très compétitif, les designers doivent répondre à la fois aux principes d'un design novateur, aux réglementations environnementales et s'adapter aux derniers développements technologiques.Le designer Christian Defays, de Tequila, a adopté au cours de ses années de collaboration avec Cheminées Sécurité une méthode axée sur le travail d'équipe.De la direction marketing de Cheminées Sécurité au chef du departement d\u2019ingénierie, tous sont impliqués au processus de conception et de développement des nouveaux produits.LE DEVOIE a-t-il une archictecture r a u* # m e n t » anadienne ?Le tipi, dans sa version décorative la plus populaire, jadis, au sud de l'Alberta.Pour Harold Kalman, l\u2019églisp du Précieux-Sang de Saint-Boniface, de l\u2019architecte manitobain Etienne Gaboury, est un bon exemple d\u2019expression typiquement canadienne.Gaboury trouve son propre langage, tout en simplifiant des éléments empruntés à Le Corbusier (son église de Ronchamp) aussi bien qu\u2019au tipi.^ .SOPHIE GIRONNAY L\u2019architecture canadienne, est-ce qu\u2019une telle chose existe et qu\u2019est-ce que ça mange en hiver?Les Canadiens ont-ils, oui ou non, une architecture «nationale», qui a ses traits spécifiques et particuliers, reconnaissables d\u2019une mer à l\u2019autre, en un mot une identité?Harold Kalman, lui, croit que oui.Il y croit dur comme fer et, après tout, il en sait peut-être un peu quelque chose.Harold Kalman vient de publier H History of Canadian Architecture, une mégasomme en deux volumes, 933 pages et 859 illustrations, qui fait, tout simplement, l\u2019histoire de «l\u2019environnement bâti du Canada» depuis l\u2019igloo et le wigwam jusqu\u2019au Queen\u2019s Quay Terminal de Toronto, en passant par les petites gares, les hôtels-châteaux et le Parlement.On attendait ça depuis Looking at Architecture in Canada d\u2019Alan Gowans paru en 1958 et révisé en 1966 sous le titre Building Canada.«Depuis Gowans, il y a eu des tonnes d\u2019études ponctuelles publiées partout sur des sujets particuliers \u2014j\u2019ai tout lu, d\u2019ailleurs, explique Kalman, mais personne n\u2019a été assez stupide pour essayer de mettre tout ça ensemble!» Secondé par des recherchistes et relu par quatorze sages, Kalman s\u2019est attelé à ce travail de fou pendant plus de quinze ans, «on and off», dit-il.Car dans le civil, Kalman dirige une firme de consultation en conservation architecturale basée à Vancouver, qui le mène partout à travers le pays (et à l\u2019étranger).«Ce livre était en fait mon violon d\u2019Ingres», dit l\u2019historien, qui tient mordicus à préciser que son ouvrage en est un de synthèse et non de recherche originale.«Quand j\u2019ai dû remonter aux sources \u2014 comme pour mon chapitre sur les aborigènes, qui avaient fait l\u2019objet de publications, mais seulement par des anthropologues \u2014 j\u2019essaye de ne pas le montrer pour garder une unité de ton.» Curieux que Gowans et Kalman (qui a 51 ans), nos deux historiens nationaux, aient fait les mêmes études, à Princeton, à vingt ans de distance: «Quand j\u2019étais étudiant là-bas en histoire de l\u2019art et architecture, dans les années soixante, il était encore impensable de s\u2019intéresser à autre chose qu\u2019à l\u2019architecture européenne.Alan Gowans avait fait œuvre de pionnier en écrivant une thèse sur les premières églises québécoises et encore! c\u2019est parce que les bâtisses étaient assez anciennes pour obtenir l\u2019aval des professeurs.» Longtemps considérées comme de pâles et viles copies de ce qui se faisait en Europe, les constructions d\u2019ici n\u2019ont acquis que sur le tard leurs lettres de noblesse.Quant au bâti vernaculaire, celui qui n\u2019est signé d\u2019aucun grand nom de l\u2019ar- \u2014 ^ chitecture, il est encore au purgatoire, sauf pour les tenants de la «nouvelle histoire» (histoire des femmes, de la vie quotidienne, etc.).C\u2019est dans cette optique qu\u2019il faut comprendre la démarche d\u2019Harold Kalman: «Je suis le continuateur d\u2019Alan Gowans en ceci que je regarde l\u2019architecture comme l\u2019expression de la culture en général.Ce qui m\u2019intéresse, ce sont les gens et les idées, l\u2019évolution de l\u2019histoire et de la politique et la façon dont elles influencent le bâti, bien plus que l\u2019évolution des styles.Une \u201cgrande\u201d architecture, nous en avons bel et bien une, différente de l\u2019européenne.Mais je pense qu\u2019on en apprend plus par l\u2019architecture de deuxième ordre.Cette rue de triplex en rangée, avec ses escaliers extérieurs typiques, m\u2019en dit plus long qu\u2019un monument.» Canadienne dès les premiers pas Bon, mais trêve de préambule: à quoi se reconnaît un bâtiment canadien?Quels en sont les traits spécifiques?Là-dessus, Kalman se fait très prudent et propose un jeu: «Si on parachutait quelqu\u2019un devant l\u2019église Notre-Dame à Montréal, je crois qu\u2019il aurait de bonnes chances de deviner où il se trouve, rien qu\u2019en faisant appel à ses connaissances générales et à son sens de l\u2019observation.Le travail de la pierre, beaucoup plus en surface qu\u2019en Europe (à cause de la dureté du matériau et aussi de l\u2019absence de sculpteurs sur pierre qualifiés) lui montrerait qu\u2019il se trouve en Amérique du Nord.La forme et le style de l\u2019église \u2014 néogothique, début XIXe siècle \u2014 lui indiquerait qu\u2019elle a été bâtie pour une communauté catholique, donc où en Amérique du Nord sinon au Québec?Et la taille du bâtiment l\u2019orienterait vers une ville importante, donc, à cette époque, Montréal.Des facteurs environnementaux (matériaux, climat), des facteurs culturels, tout cela se combine pour fabriquer une architecture qui appartient à une tradition occidentale, c\u2019est sûr, mais qui trouve son caractère propre aussitôt qu\u2019elle est transplantée.L\u2019architecture d\u2019ici est devenue canadienne dès le premier instant où un être humain a posé le pied sur le sol canadien!» D\u2019autant plus qu\u2019à partir de la Confédération et de la construction des chemins de fer, il y eut, de la part des autorités fédérales, une volonté politique nettement affirmée pour unifier le style des édifices publics, d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.Cela, Kalman le raconte dans son livre avec autant d\u2019éloquence qu\u2019il en met, en contrepartie, à faire la part de ce qu\u2019il appelle les «régionalismes».«Il n\u2019y a peut-être pas d\u2019architecture unifiée d\u2019un océan à l\u2019autre, reconnaît-il.Sûrement que nous avons des différences de tempérament qui s\u2019expriment dans l\u2019architecture.Les Canadiens anglais sont réticents et circonspects.Ils se méfient du succès et des manifestations bruyantes (il faut réussir à l\u2019étranger avant d\u2019être reconnu ici).Aux Etats-Unis, on voit un tas de tombeaux à la gloire de grands Américains, comme on n\u2019en construirait jamais ici.Si on prend l\u2019exemple de la maison de style georgian du XVIIIe siècle \u2014 qui a fini par devenir le symbole de la classe dominante anglo-protestante dans l\u2019ensemble de l\u2019Empire britannique \u2014 on voit qu\u2019elle était très .ornementée en Angleterre, qu\u2019elle s\u2019est simplifiée aux Etats-Unis et qu\u2019au Canada, elle se dépouille encore beaucoup plus, par nécessité peut-être, mais pas totalement.«Dans mon livre, j\u2019ai parlé d\u2019exubérance gauloise à propos du Québec des années soixante.Mais pendant cette même période où s\u2019affirmaient si fortement les identités provinciales, certains architectes des Prairies ont réalisé un travail assez parallèle à celui des Québécois.Les deux ont utilisé des formes géométriques audacieuses, simplifiées, où la complexité, si elle existe, reste dissimulée.Et ce n\u2019est même pas évident qu'ils aient été au courant du travail des uns et des autres.» Traits nationaux ou régionaux, entre les deux son cœur balance, et balanceront sans doute toujours.Restent les deux volumes, les mille pages et les quelques siècles à travers lesquels Kalman nous entraîne, dans une randonnée attentive et intelligente, qui ouvre à chaque pas, à chaque arrêt sur bâtiment, des perspectives intéressantes sur l\u2019histoire des peuples.«Tout ce que j\u2019ai voulu, c\u2019est de rendre accessible l\u2019information de base.» On lui doit beaucoup plus que cela.«Les gens ne regardent pas assez les maisons.J\u2019espère que chaque livre publié va les aider à mieux le faire!» A HISTORY OF CANADIAN ARCHITECTURE De Harold Kalman, Oxford University Press, 2 volumes, 95 $, en anglais seulement.Dessine-moi la maison du père Noël Hé les enfants, ce message est pour vous! Ça fait longtemps que je me demande de quoi pourrait bien avoir l\u2019air la maison du père Noël.Est-elle en glace ou en bonbons?Ronde ou carrée?Et quand il y a trop de jouets dedans, est-ce qu\u2019elle est élastique, comme une tuque de lutin?Et les rennes, où habitent-ils?Je suis certaine que vous, vous devez avoir de bonnes idées sur la question.Alors cette année, Le Devoir lance un grand concours de dessin: envoyez-nous un dessin qui représente la maison du père Noël, telle que vous vous l\u2019imaginez.Les plus beaux seront reproduits dans la page Formes du Devoir, au matin du 24 décembre.En plus, il y aura des cadeaux à celui ou celle qui aura envoyé le plus beau dessin! Alors faites vite, à vos crayons! Envoyez vos œuvres avant le lun-di 19 décembre (sans oublier d\u2019indiquer vos noms, adresse, numéro de téléphone et votre âge) à La Maison du père Noël, a/s Le Devoir, 2050 nie de Bleu-ry, 9e étage, Montréal, H3A 3M9.Et parlez-en à vos amis, à la maison et à l\u2019école! Le.cocon qui rit Tout apprendre et tout comprendre, enfin, sur l\u2019histoire de l\u2019habitation domestique, tout en éclatant de rire à toutes les deux lignes, c\u2019est possible! Grâce à The Canadian Home, From Cave to Electronic Cocoon, de Marc Denhez.L\u2019avocat ontarien a travaillé pour la Société d\u2019hypothèque et de logement pendant des années (aussi bien que pour l\u2019UNESCO ou Parcs Canada), ce qui a contribué à aiguiser, semble-t-il, non seulement ses connaissances en matière de construction domiciliaire mais aussi son sens de l\u2019humour.Voilà en tout cas un ouvrage qui vous permettra de faire le tour des questions les plus gravement existentielles du style: comment en suis-je venu à habiter là, pourquoi ma maison a l'air de ce qu\u2019elle a l\u2019air et pourquoi elle me coûte si cher?Ceci, tout en vous tenant les côtes.Un indispensable complément à celui dont je parle à côté (chez Dun-durn Press, 256 pages, désolée, en anglais seulement).Sophie Gironnay Institut de Design Montréal LL "]
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