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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1994-12-05, Collections de BAnQ.

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[" Vol.I.X X X V No 2 8 2 T V Q / T o r o il I o 8 5c LE DEVOIR Paule Des Rivières PERSPECTIVES La chaîne invisible Le câble s\u2019impose comme un fil à la patte du téléspectateur Qui décide ce que vous regardez à la télé?Vous?Pas complètement.De plus en plus, les compagnies de câblodistribution ont leur gros mot à dire sur les chaînes qui trouvent leur chemin jusque dans votre salon.Le pouvoir des compagnies de câble est devenu encore plus limpide il y a quelques jours lorsque les trois plus importants câblodistributeurs de la province, Co-geco en région et CF Câble et Vidéotron en ville, ont annoncé leur stratégie pour l\u2019année qui vient Leur «redéploiement» découle de l\u2019arrivée, le premier janvier, de dix nouveaux canaux spécialisés, huit en anglais et deux en français, le Réseau de l\u2019information de Radio-Canada et le Canal D, calqué sur le Arts & Entertainment américain.Les nouveaux canaux viennent s\u2019ajouter au groupe de 1987, constitué de Réseau des sports, Canal Famille, TV5, MétéoMédia et Musique Plus.Mais contrairement à ce qui s\u2019était passé à ce moment, tout le monde n\u2019aura pas accès aux mêmes chaînes.Par exemple, si vous habitez à Verdun, à Elle des Sœurs ou du côté ouest de la rue Peel, vous aurez droit, moyennant quelques dollars de plus par mois, à neuf nouvelles chaînes, y compris le très attendu Discovery Channel sur la science, la chaîne culturelle Bravo, le canal américain Fox.Si, par contre, vous habitez l\u2019est de la ville, ou du côté est de la rue Peel, vous n\u2019aurez que trois nouvelles chaînes, soit RDI et le Canal D et une chaîne de musique country (les études ont démontré que les gens veulent de la musique country.En voulez-vous, vous?).Pour avoir un choix plus étendu mais pas aussi large que celui de votre voisin de l\u2019autre côté de la rue Peel, qui, lui, est sur le territoire de CF Câble, vous devrez payer 8,95 $ de plus par mois, prix de la boîte Vi-déoway que Vidéotron rend indispensable à ceux qui veulent avoir les quatre chaînes additionnelles que Vidéotron est prêt à transporter.Vidéotron, placé sur la défensive depuis l\u2019annonce de ses projets, répète que sa clientèle, majoritairement francophone et majoritairement moins fortunée que celle de CF Câble, n\u2019est pas prête à payer un supplément pour obtenir des chaînes anglaises.Et, surtout, que ses abonnés tiennent mordicus à garder le Canal Famille là où il est présentement, sur le service de base du câble plutôt que sur un nouveau service de câble enrichi.(Les câblodistributeurs estiment que pour être attrayant, un nouveau bouquet de chaînes doit comprendre des anciennes chaînes aussi bien que des nouvelles.C\u2019est pourquoi CF Câble a retranché Canal Famille, le Réseau des sports et quatre autres chaînes de son câble de base, afin qu\u2019ils rejoignent les nouveaux canaux de son service de câble enrichi).À Vidéotron, l\u2019on est formel: «Nous sommes allés dans les maisons.Les femmes nous disent ne m\u2019enlevez pas mon Canal Famille.C\u2019est ma deuxième gardienne».Fort bien.Ce que Vidéotron ne dit pas cependant c\u2019est que les familles qui veulent un choix élargi ne sont pas nécessairement intéressées par le fait d\u2019avoir l\u2019appareil Vidéoway, en raison de son coût élevé certes mais aussi parce qu\u2019il donne accès à des dizaines et des dizaines de jeux vidéo.«Mes enfants ont déjà un Nintendo, un magnétoscope et un ordinateur; je ne désire aucunement qu\u2019ils aient les jeux de Vidéoway», commente une abonnée.Ce n\u2019est ni la première ni la dernière fois que les câblodistributeurs décident pour vous.Il y a quelques années, les Montréalais avaient perdu la chaîne TV Ontario qui coûtait trop cher aux câblodistributeurs, parce que la chaîne éducative ne pouvait être captée à l\u2019intérieur de la zone hertzienne définie par le ministère fédéral des Communications.Il était moins coûteux pour Vidéotron d\u2019offrir PBS, dont deux postes rejoignent Montréal sans problème.Les compagnies de câble jouent de prudence, ne prenant pas de risque et s\u2019assurant que les sommes qu\u2019elles engageront leur seront retournées.En fait, elles voient déjà beaucoup plus loin.Et savent que dans quelques années, tout le système actuel sera remplacé par un autre appareil, «la boîte», qui permettra aux téléspectateurs de choisir leurs chaînes et de ne payer que pour celles qu\u2019ils veulent D\u2019ici là, d\u2019ici au grand soir, les compagnies de câble ne s\u2019en font pas outre mesure.Car les plaintes que Vidéotron reçoit ne proviennent pas d\u2019abonnés francophones mécontents du choix trop restreint à leur portée, mais du 10 % de ses abonnés anglophones outrés d\u2019avoir à payer pour un réseau d\u2019information de langue française dont ils ne veulent pas.«Il faut que je leur rafraîchisse la mémoire en leur rappelant que les francophones paient depuis cinq ans pour le Newsworld anglais», disait cette semaine le porte-parole de Vidéotron.Ce n\u2019est ni la première ni la dernière fois que les maîtres du câble décident à notre place INDEX\tMÉTÉO Agenda.R6 Avis publics.B4 Classées.A4 Culture.B8 Économie.B2 Éditorial.-A6 Le monde.A4 Mots croisés.A4 Les sports.B5 Montréal Pluie débutant le matin.Venteux.Max: 3 Québec Nuageux avec pluie ou neige en fin de journée.Max: 2 Détails en B4 MON T 11 E A L .I.E I.U N 1) I) E C E M 11 11 E I !» 9 1 (i 5 c T P S LES ACTUALITÉS Le prix Jean-Olivier-Chénier va à Pierre Falardeau PAGE A 3 ?LES ACTUALITÉS Parizeau aux USA: des doutes PAGE A 2 L\u2019ENTREVUE Robert La Palme: le rire c'est du sérieux PAGE B 1 lONflNUE ÉUiM ¦ iYsft Humeur incertaine à Budapest La Bosnie, VOtan et la Russie au menu de la CSCE D\u2019APRES AFP ET REUTER Budapest \u2014 La guerre en Bosnie et un regain de méfiance entre l\u2019OTAN et la Russie présagent de difficiles négociations, au sommet aujourd\u2019hui et demain à Budapest, sur le rôle de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) dans le maintien de la paix sur le Vieux Continent.Hier, les dirigeants des 53 pays de la CSCE ont commencé à arriver dans la capitale hongroise.Les divergences de vue sur les moyens de juguler la crise bosniaque et les problèmes ethniques de la fédération de Russie devraient dominer la conférence, à laquelle participent 51 pays européens, les Etats-Unis et le Canada.Le premier ministre Jean Chrétien représentera le gouvernement canadien.«Les Russes, vont-ils montrer leur mauvaise humeur à Budapest comme leur ministre des Affaires étrangères An-dreï Kozyrev l\u2019a fait à Bruxelles, ou s\u2019agis-sait-il simplement d\u2019une manœuvre tactique pour obtenir un maximum», s\u2019inter- rogent des diplomates occidentaux.M.Kozyrev avait jeté un froid hier à Bruxelles en refusant de signer deux documents qui précisent les futures relations de Moscou avec l\u2019OTAN.Il manifestait ainsi l\u2019agacement de son pays à l\u2019élargissement de l\u2019Alliance atlantique vers l\u2019Europe de l\u2019Est.De plus, samedi soir au Conseil de sécurité de l\u2019ONU, la Russie a opposé, pour la première fois en six ans, son veto à une VOIR PAGER A 8: BUDAPEST Il est «sorti du bois» CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR L>état de santé de Lucien Bouchard, chef et fondateur t du Bloc québécois à Ottawa, ne cesse de s\u2019améliorer, et hier, l\u2019homme politique avait recommencé à manger de la nourriture solide.Les derniers bulletins de santé de l\u2019hôpital Saint-Luc indiquent que M.Bouchard respire seul, c\u2019est-à-dire sans intubation.On affirme encore que M.Bouchard pourrait quitter l\u2019unité des soins intensifs dès le milieu de cette semaine.Pour sa part, le service des relations publiques de l\u2019hôpital Saint-Luc donnera un nouveau bulletin de santé sur l\u2019état du chef bloquiste dès aujourd\u2019hui.Cela fait maintenant plus de quatre jours que M.Bouchard a subi, à l\u2019hôpital Saint-Luc de Montréal, trois opérations menant à une amputation de la jambe gauche à partir de la mi-cuisse, puis à la soustraction de morceaux de peau VOIR PAGE A 8: BOUCHARD PHOTO PRESSE CANADIENNE PHOTOS JACQUES GRENIER Pendant tout le week-end, l\u2019hôpital Saint-Luc, de Montréal, a été le théâtre de manifestations de sympathie destinées à son plus célèbre patient: le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard.Photo du haut: une pancarte installée sur une des colonnes à l\u2019entrée dç l\u2019hôpital.A droite, des sympathisants souverainistes signent un message qui sera remis au chef convalescent, tandis que d\u2019autres (à gauche) le disent avec des fleurs.La loi anti-scab attendra Axworthy ne peut tenir sa promesse en décembre ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Le ministre Lloyd Axworthy ne présentera pas en décembre, tel que promis, son projet de loi qui modifie le Code canadien du travail et qui pourrait bannir le recours aux briseurs de grève.M.Axworthy, qui participait hier à une houleuse consultation populaire sur sa réforme des programmes sociaux dans le quartier de Côte-des Neiges, a indiqué au cours d\u2019un point de presse que la réforme du Code fédéral du travail ne sera pas déposée à la Chambre des Communes avant le printemps prochain.«Mon ministère prépare aussi un projet de loi sur l\u2019équité salariale.Nous n\u2019aurons pas le temps de présenter les deux projets de loi d\u2019ici la fin de la session», a-t-il dit.Le ministre Axworthy préfère donner la priorité à l\u2019équité salariale d\u2019autant plus facilement qu\u2019interdire aux entreprises régies par le gouvernement fédéral de recourir aux briseurs de grève ne fait guère l\u2019unanimité, le patronat étant farouchement contre et les syndicats résolument pour.Son porte-parole pour le Québec, le député d\u2019Outremont Martin Cauchon, croit savoir que M.Axworthy penche pour l\u2019interdiction du recours aux briseurs de grève.«Le ministre Axworthy serait favorable», a-t-il estimé.Le principal intéressé ne semblait pas encore branché hier.«J\u2019ai discuté avec les syndicats et les hommes d\u2019affaires», s\u2019est-il contenté de répondre quand on lui a demandé s\u2019il était en faveur d\u2019une loi anti-briseurs de grève pour les entreprises à charte fédérale.Au Québec, le Code du travail interdit aux entreprises placées sous l\u2019égide de la province d\u2019embaucher des briseurs de grève, des «scabs», en cas de grève ou de lock-out.Le fédéral facilite la tâche des employeurs en leur permettant de recourir à un tel procédé.La promesse de déposer des amendements au Code fédéral du travail au cours de la présente session parlementaire, M.Axworthy l\u2019avait faite en octobre, à Montréal, devant un groupe de syndiqués de la minoterie Ogilvie venus manifester lors d\u2019un déjeuner au Cercle canadien de Montréal où le ministre était le conférencier invité.Les 116 syndiqués d\u2019Ogilvie font la grève depuis le 6 juin.Relevant du gouvernement fédéral, la minoterie Ogilvie, que La-batt a vendue il y a deux ans au géant VOIR PAGE A 8: LOI L\u2019onde de choc Après cinq ans, la tuerie de Polytechnique laisse paraître de sourdes blessures Faut-il en parler ou se taire?Cinq ans après la tragédie de an pour que s\u2019estompent les séquelles du massacre, démontrent Polytechnique, l\u2019ambivalence entre le silence et la parole persiste, les études.Des études qui révèlent aussi le peu de moyens dont de peur d\u2019éveiller les démons endormis.Chez plus d\u2019un étudiant, nous disposons pour jauger le mal de l\u2019âme de toute une les blessures refont sporadiquement surface.Il a fallu plus d\u2019un collectivité.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les dernières feuilles venaient à peine de tomber quand Claude Prat-\" te a commencé à recevoir ses premiers coups de téléphones d\u2019étudiants, troublés par l\u2019imminence d\u2019un cinquième anniversaire.Cinq ans.Et les traces sont encore là.Les réactions, épidermiques.«Chaque année, des étudiants nous rappellent à l\u2019approche du 6 décembre, quand les émotions refont surface.Mais cette année, plus d\u2019étudiants ont demandé à être mis en contact avec d\u2019autres.Un cinquième anniversaire, ça doit être symbolique», pense tout haut M.Pratte, coordonnateur du Service d\u2019orientation et de consultation psychologique de l\u2019Université de Montréal.Dès le lendemain du drame, Claude Pratte et des confrères psychologues ont fait des pieds et des mains pour organiser de vastes groupes de discussions et de «debriefing» pour ces étudiants bouleversés, soudainement plongés en plein cauchemar.L\u2019onde de choc n\u2019a épargné personne, causant plus de dommages chez les âmes fragiles.Mais une fois ces rencontres passées, chacun a dû exorciser seul ses vieilles peurs.Certains ont consulté pendant quelques années les services d\u2019aide psychologique de l\u2019Université de Montréal.Pour les autres, on ne sait trop.Perdus dans la brume.Aucun dépistage ou suivi systématique n\u2019a été effectué par l\u2019École polytechnique ou par l\u2019Université de Montréal.Pourtant, bien des indices révèlent que le niveau de tension est demeuré élevé dans la population estudiantine, et pendant plusieurs années.Un incident violent un déséquilibré dans une classe, et la tension prenait des proportions incroyables, rappelle Claude Pratte.«Nous avons eu une augmentation sensible des demandes de consultation lors de la tragédie de Concordia et lors de la disparition de Chantal Brochu.Souvent les gens qui t PLUS JAMAIS VOIR PAGE A 8: ONDE A 8 L E I) E V 0 I R , L E L II N D I 5 I> lî C E M B B E ! 9 9 I - LE mu IT ES LOI Bombardé de questions SUITE DE LA PAGE 1 américain Archer Daniels Midland Company, a continué ses activités en embauchant des briseurs de grève.Pour faciliter le règlement du conflit, un conciliateur vient d\u2019être nommé par le Conseil canadien des relations de travail.Accompagnée par un vice-président de la CSN, Marc Laviolette, une délégation d\u2019une trentaine de grévistes se rendra mercredi au siège social d\u2019Archer Daniels Midland (ADM) situé à Decatur, en Illinois.Pour M.Laviolette, l\u2019entreprise américaine, dirigée par Dwayne Andreas \u2014 le plus grand transformateur de maïs et de soja en Amérique, selon le magazine L\u2019actualité, qui en fait un portrait flatteur dans sa dernière édition \u2014 est «un géant de l\u2019alimentation qui importe chez nous un modèle de relations de travail typiquement américain», s\u2019appuyant sur le fait qu\u2019à une usine de A.E Staley, à Decatur, une compagnie «dans laquelle ADM détiendrait de 8 à 10 % des actions», un lock-out a été décrété et des scabs ont été embauchés.Hier, dans la consultation populaire organisée au cœur de Côte-des-Neiges par la députée de Mont-Royal, Sheila Finestone, et le député d\u2019Outremont, Martin Cauchon, le ministre Axworthy, à l\u2019issue de son allocution, a été bombardé de questions et de commentaires, souvent cinglants ou acerbes, sur sa réforme des programmes sociaux.«Vous proposez des coupures sur le dos des gens les plus mal pris», a estimé une des participantes à cette consultation qui a donné lieu à trois ateliers \u2014 sur l\u2019emploi, la formation et la sécurité du revenu.D\u2019autres participants ont décrié les «documents de discussions» qui leur ont été remis et qui décrivaient en ces termes le «nouveau monde l\u2019emploi»: le taux de chômage restera élevé, le chômage à long terme est en augmentation et les emplois deviennent de moins en moins permanents.«C\u2019est cynique de prévoir des choses pareilles», s\u2019est indignée une participante.Relevant l\u2019assertion du ministre qui soulignait la création de «450 000 nouveaux emplois en quatre mois» au Canada, une chômeuse l\u2019a pris à partie : «Pourquoi ne pas me donner une de ces jobs que vous venez tout juste de créer ?», s\u2019est-elle écriée, féroce.Manque de chance, une réunion de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ) s\u2019est terminée à temps pour ne rien manquer de la période de questions accordée par le ministre, amenant son lot de macarons rouges «A bas la réforme Axworthy» et de questions plantées.«On ne veut pas que la dette nationale devienne la dette des étudiants», a dit l\u2019un d\u2019eux.Faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, M.Axworthy a répondu patiemment, en anglais principalement ou encore dans un français franchement incompréhensible, aux questions de l\u2019auditoire pendant près d\u2019une heure.ONDE Retour difficile SUITE DE LA PAGE I n\u2019ont pas ou peu réagi à l\u2019époque, réagissent fortement maintenant», affirme le psychologue.L\u2019Université de Montréal fait maintenant appel à Claude Pratte pour approcher les étudiants agressifs ou ceux qui présentent des problèmes de comportement.«Les professeurs sont maintenant beaucoup plus sensibles à ce genre de choses.Malgré l\u2019anonymat qui peut régner sur un grand campus, les gens se soucient davantage de ceux qui les entourent», affirme ce dernier.Grâce à son intervention, on a bien désamorcé quelques crises potentielles, en forçant notamment l\u2019hospitalisation d\u2019un ex-psychiatrisé qui a créé son lot de panique dans les résidences étudiantes en gardant une arqie dans sa chambre.A Polytechnique, d\u2019anciens étudiants à la recherche d\u2019une oreille attentive ont aussi relancé Gilles Lussier, psychologue et conseiller à l\u2019Ecole.«Souvent, c\u2019est lors d\u2019un deuxième traumatisme ou d\u2019un acte violent que les symptômes refont surface», affirme-t-il.Et ces réactions à retardement, tout de même rares, peuvent s\u2019exprimer par une agressivité excessive à l\u2019endroit des autres ou des symptômes purement physiques, ajoute le psychologue.Si la cohorte d\u2019étudiants qui a vécu de près ce drame a quitté le campus, il reste par contre bien des employés chez qui l\u2019âge a rendu parfois beaucoup plus difficile le retour à la vie normale.Certains disent tout haut leur désarroi, d\u2019autres le dissimulent.Ces dernières semaines, les psychologues ont d\u2019ailleurs pesé le pour et le contre en ce qui concerne la tenue éventuelle de nouvelles séances de discussions, à la demande de certains employés.Toutes choses considérées, on a de nouveau opté pour le silence.Claudette Arseneault, psychologue au programme d\u2019aide aux employés de l\u2019Ûniversité de Montréal, créé dans la foulée des événements de Polytechnique, juge que cette réserve demeure nécessaire.«On a décidé de ne rien faire parce qu\u2019à chaque fois qu\u2019on parle du 6 décembre, c\u2019est récupéré par des groupes et l\u2019on finit par ne pas parler du vécu des femmes et des hommes qui ont été bouleversés par cela.» Dès les lendemains de la tragédie, l\u2019Ecole Polytechnique s\u2019était opposée à ce que des études ou un dépistage systématique soient effectués auprès des étudiants, optant plutôt pour la disponibilité de services psychologiques à l\u2019école.«Vous savez, il y a eu plusieurs offres d\u2019enquêtes, mais l\u2019école a refusé.On s\u2019est même fait offrir des potions magiques pour \u201crétablir l\u2019équilibre du métabolisme\u201d de nos étudiants!», ironise M.Lussier.En fait, une seule enquête collective, jamais largement diffusée, a permis de mesurer l\u2019ampleur des remous provoqués par cet événement tragique auprès des étudiants de Poly.Lors de l\u2019envoi des bulletins de la session d\u2019hiver 1990, tous les étudiants ont été interrogés sur leur niveau général d\u2019anxiété à l\u2019aide d\u2019un questionnaire formulé par des psychiatres.A la demande expresse de l\u2019école, ce questionnaire ne devait faire aucune référence à la A tuene.Six mois après le drame, le niveau moyen d\u2019anxiété chez les filles atteignait 4,8 et celui des garçons 3,6, ce qui est plus élevé que dans la population en général (environ 3).En gros, 60 % des répondantes et 26 % des garçons ont dit vivre plus d\u2019anxiété qu\u2019avant le massacre.«L\u2019ampleur des réactions a dépassé ce que les gens prévoyaient.Devant ces résultats, l\u2019école a accepté d\u2019ajouter un deuxième test pour vérifier si cet état d\u2019anxiété était lié aux événements de la tragédie», affirme le psychiatre Dr François Dassylva, qui a réalisé cette étude avec trois autres chercheurs.En fait, ce deuxième test destiné à mesurer les traumatismes liés à l\u2019événement a été acheminé aux étudiants de Poly un an après la tjragédie, en décembre 1990, ainsi qu\u2019aux étudiants de l\u2019École des Hautes études commerciales (HEC), pour permettre des comparaisons.Chez les étudiantes de Poly, on a mesuré un score moyen de 28 et de 19 chez les garçons, comparativement à 18 pour les étudiantes des HEC et de 12,3 pour leurs confrères de la même école.Un écart significatif, soutient le psychiatre Dassylva.A titre de comparaison le stress d\u2019étudiants de médecine effectuant leur première dissection sur un corps oscille entre 12 et 7, selon les sexes.«On a noté une différence importante dans le niveau de stress vécu par les étudiants des deux écoles.Si nous avions choisi une école plus éloignée que les HEC du lieu du drame, les différences auraient probablement été encore plus plus marquées», soutient le Dr Dassylva.A toutes ces occasions, les étudiants ont eu le loisir d\u2019inscrire leurs noms et adresses sur les enveloppes de retour pour obtenir les résultats généraux à ce test ou des conseils sur leur état A chaque session, de 600 à 900 étudiants et étudiantes ont répondu aux questionnaires, les filles dans une proportion beaucoup plus élevée.Pas moins de 70 % des répondants ont exprimé le désir d\u2019avoir des informations sur les résultats de ce test Ce n\u2019est que lors d\u2019un troisième et dernier envoi, expédié en mai 1991, que le retour à la normale a été observé, avec des scores de 9,1 pour les filles et 8,4 chez les garçons.«Compte tenu du caractère confidentiel du test, il a été impossible de suivre le cheminement particulier des élèves qui démontraient le plus de symptômes d\u2019anxiété et de troubles post-traumatiques», explique le Dr Dassylva, qui estime que l\u2019exercice, malgré ses limites, a permis d\u2019en savoir plus long sur les impacts d\u2019un incident tragique.Si les maux de l\u2019âme ne se mesurent pas aisément, on croit que cette unique étude a donné des indices sur la façon de jauger l\u2019ampleur du désarroi dans une communauté.Ce que ça met en évidence, note le Dr Dassylva, c\u2019est que nous avons peu de moyens pour gérer l\u2019impact psychologique des catastrophes au Québec, quand il y a un grand nombre de victimes.«Dans ce cas-ci, ça a été très laborieux parce que la situation était délicate.Tout ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est que ça puisse nous aider à l\u2019avenir à mieux comprendre et à mieux intervenir à la suite de ce genre de tragédies.» La souveraineté inquiète la classe politique américaine PRESSE CANADIENNE L> indépendance (du Québec) r va ajouter une importante dose d\u2019incertitude dans les secteurs de coopération» et «toute perturbation économique au Nord» serait ressentie aux États-Unis, indique un rapport récent du Congrès américain.L\u2019éventuelle séparation du Québec inquiète la classe politique américaine, comme l\u2019indique un document de six pages récemment produit par le service de la recherche du Congrès à l\u2019intention des hommes politiques de Washington.Le document en est toutefois un d\u2019orientation et ne reflète pas nécessairement la position officielle de la Maison blanche ni du département d\u2019Etat Une copie a été obtenue par LE DEVOIR le réseau de télévision TVA.Là où le chef péquiste Jacques Parizeau se veut le plus rassurant, sur le plan économique, le document ne peint pas la situation en rose.«Toute perturbation économique au Nord pourrait provoquer une onde qui serait ressentie aux États-Unis.» «Les ajustements économiques à court terme pourraient avoir un impact pénible et coûteux sur les activités commerciales des trois pays», avertit-on dans un langage diplomatique.Depuis une quinzaine d\u2019années, les Américains marchent sur des œufs et ne veulent surtout pas donner l\u2019impression de se mêler de la politique interne du Canada.Les propos ne sont pas alarmistes, fait remarquer le commentaire du réseau TVA, mais les auteurs du texte laissent quand même voir l\u2019inquiétude des Américains.Les sénateurs et les représentants de la chambre pourront prendre connaissance du document d\u2019orientation à la veille du dévoilement du plan d\u2019action du premier ministre Parizeau.Les auteurs du document mentionnent aussi que Washington voudra maintenir de bonnes relations avec un Québec souverain et un Canada diminué.Jacques Parizeau a souvent dit de ses conversations avec le personnel politique américain qu\u2019elles étaient bigrement intéressantes et le laissaient optimistes.La lecture du document en question semble toutefois laisser croire que tout le monde n\u2019a pas été convaincu par le chef péquiste.BUDAPEST Les Russes rechignent SUITE DE LA PAGE 1 résolution sur la Bosnie montrant ainsi son mécontentement face à la stratégie occidentale dans ce conflit.Les Russes craignent une nouvelle division de l\u2019Europe après un élargissement de l\u2019OTAN.Ils voudraient un renforcement de la CSCE, seul forum pan-européen où ils sont activement présents.Ils souhaiteraient y jouer un rôle dirigeant en ce qui concerne leur «étranger proche», les anciennes républiques ex-soviétiques.Moscou a proposé à la réunion préparatoire du sommet, qui siège depuis plus de huit semaines à Budapest, un document pour un «nouveau modèle de la sécurité pan-européenne pour le 21e siècle».Les Occidentaux sont prêts à en discuter, à condition que cela ne mette pas en cause l\u2019OTAN, l\u2019UEO (l\u2019Union de l\u2019Europe occidentale) ou d\u2019autres organisations.A l\u2019exception de l\u2019ex-Yougoslavie, pratiquement tous les conflits et tensions dans lesquels la CSCE intervient déjà ou serait appelée à intervenir concernent l\u2019ancien empire soviétique: Estonie, Lettonie, Géorgie, Moldova, Tadjikistan, Ukraine.Les Russes rechignent sur deux mécanismes de maintien de la pane que la CSCE veut développer.L\u2019un regarde le conflit au Nagomy Karabakh entre les deux républiques ex-soviétiques de l\u2019Arménie et de l\u2019Azerbaïdjan qui a fait plus de 20 000 morts.La CSCÉ veut envoyer une véritable force internationale de 3300 hommes, une sorte de Casques bleus de la CSCE, dans cette enclave à majorité ethnique arménien- ne en Azerbaïdjan avec l\u2019aval des Arméniens, des Azerbaïdjanais et des Arméniens du Nargorny Karabakh.Pour la CSCE c\u2019est une «opération-test» pour sa capacité de maintien de la paix.Les Russes, qui y sont opposés, estiment que la CSCE n\u2019a pas les moyens ni l\u2019expérience requises pour une telle opération dans cette région.Le deuxième mécanisme de la CSCE consiste à confier à une «partie tierce» une opération dans une zone de conflit.Cette «partie tierce» pourrait être la Russie avec des pays de la Communauté des États indépendants (CEI).Mais la CSCE ne veut absolument pas accorder un blanc seing à Moscou.Une solution pourrait venir des présidents eux-mêmes, en particulier Bill Clinton et Boris Eltsine.En revanche, l\u2019un des documents majeurs du sommet, le «code de conduite», est acquis.Il s\u2019agit de normes pour un contrôle politique et démocratique des forces armées, en particulier pour leur utilisation à l\u2019intérieur d\u2019un pays.La CSCE, née il y a 19 ans en pleine guerre froide, devrait changer d\u2019autre part de nom pour devenir «Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe».Ce n\u2019est pas simplement cosmétique, estiment des diplomates occidentaux, car elle devra acquérir une nouvelle capacité légale.Jusqu\u2019à présent, les diplomates qualifiaient la CSCE de «processus».Après le prochain sommet en 1996 à Lisbonne, les sommets seront plus espacés dans le temps et n\u2019auront lieu que tous les trois ou quatre ans.Ils étaient organisés jusqu\u2019à présent tous les deux ans.BOUCHARD Message d\u2019Alain Juppé SUITE DE LA PAGE 1 à l\u2019abdomen et à la région thoracique, alors qu\u2019il était la proie d\u2019une bactérie streptocoque de type A, dite «bactérie mangeuse de chair».Il avait d\u2019abord été hospitalisé mardi pour un caillot de sang à la jambe gauche.Depuis, M.Bouchard fait partie d\u2019une minorité de patients qui ont réchappé de cette terrible maladie.Alors, les témoignages de sympathie n\u2019ont cessé d\u2019affluer à l\u2019égard du chef bloquiste, dont on dit du reste qu\u2019il est l\u2019homme politique le plus populaire du Québec.Et pourtant, le salon de l\u2019unité des soins intensifs de l\u2019hôpital Saint-Luc ne comptait pas de visiteurs hier, aux abords de la chambre où reposait M.Bouchard.L\u2019accès à l\u2019hôpital était d\u2019ailleurs bloqué aux journalistes.Selon des sources proches de la famille, seule sa femme Audrey Best et son frère Gérard, ont été admis au chevet de Lucien Bouchard depuis le début de son hospitalisation.Pour sa part, le premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, a fait un saut à l\u2019hôpital samedi après-midi, principalement pour saluer l\u2019épouse de M.Bouchard.C\u2019est Audrey Best qui aurait tenu le reste de la famille informé de l\u2019état de santé de son mari, et tout ce monde semble désonnais assuré que M.Bouchard est non seulement hors de danger, mais bien engagé vers le rétablissement.Dès vendredi, le médecin traitant de l\u2019homme politique, le Dr.Patrick D\u2019Amico, affirmait que son patient devrait pouvoir retourner à la vie publique au printemps prochain, avec l\u2019aide d\u2019une prothèse.Le même jour, les médecins de Saint-Luc avaient procédé aux changements des pansements et au traitement des plaies de M.Bouchard.La phase de réparation de la maladie, soit le traitement des plaies, sera suivie d\u2019une phase de réadaptation en physiothérapie de trois ou quatre mois.Enfin, les témoignages d\u2019appui ont été transmis à M.Bouchard au cours de la journée de dimanche.Ainsi, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a fait parvenir hier un message d\u2019encouragement au chef du Bloc québécois, par l\u2019intermédiaire de l\u2019ambassade de France à Ottawa, «Monsieur le président, j\u2019ai appris avec émotion l\u2019épreuve que vous subissez, dit ce communiqué.Je souhaite vous adresser mes vœux les plus chaleureux de prompt rétablissement et j\u2019espère vivement avoir prochainement le plaisir de vous revoir afin de poursuivre la discussion que nous avions engagée lors de votre visite à Paris en mai dernier.» D\u2019autre part, plusieurs personnes interrogées se sont dites confiantes dans le fait que M.Bouchard reviendrait à la politique active dès qu\u2019il le pourrait.«Nous sommes sûrs qu\u2019il mettra toute son énergie et son opiniâtreté à se rétablir pour être en mesure de mener, avec nous, le dernier grand combat dont il parlait il y a quelques jours, celui de la souveraineté du Québec», ont dit les dirigeants de la Fédération des travailleurs du Québec, soit le président Clément Godbout et son secrétaire général Henri Massé.La Fédération des travailleurs du Québec, a également émis hier un message de sympathie au défenseur de la souveraineté du Québec à Ottawa.«Notre ami et compagnon de lutte Lucien Bouchard a désormais deux grands combats à gagner.: le premier pour recouvrer la santé, le deuxième pour faire du Québec un pays souverain», dit ce communiqué.La FTQ, a précisé qu\u2019elle avait appuyé le Bloc lors des dernières élections, précisant que M.Bouchard «comme René Lévesque, il a su gagner l\u2019affection de tout un peuple et, en particulier, des travailleurs et des travailleuses que nous représentons».Les deux dirigeants de la centrale syndicale ont fait ces déclarations au nom des 450 000 membres de la FTQ.De son côté, le président du Mouvement souverainiste du Québec, Ivano Veilone, s\u2019est dit lui aussi assuré que le chef du Bloc québécois reviendrait sous peu à la politique active, même si la décision ultime revenait, bien sûr, à M.Bouchard lui-même.Le mouvement souverainiste du Québec, qui célébrait hier l\u2019anniversaire de la rébellion des patriotes du Bas -Canada en 1837, et qui regroupe près de 2000 membres, a fait signer hier d\u2019immenses cartes de souhaits de prompt rétablissement à l\u2019attention de M.Bouchard.Ces cartes, signées par plus de 200 personnes, ont été acheminées aux gardes de sécurité de l\u2019hôpital Saint-Luc dans l\u2019après-midi.Toute la fin de semaine, une banderole affichant les mots «Que l\u2019on continue», à l\u2019intention de M.Bouchard, est demeurée déroulée sur le mur du restaurant le Vieux Munich, boulevard René-Lévesque, devant l\u2019hôpital Saint-Luc.À Québec, les nouveaux députés font l\u2019apprentissage du métier KATIA GAGNON PRESSE CANADIENNE Québec \u2014 Mardi dernier, elle a fait son entrée à l\u2019Assemblée nationale pour la première fois après avoir tenté \u2014 sans succès \u2014 de se faire élire comme députée à quatre reprises depuis les élections de 1976.Louise Beaudoin la voulait, sa place de députée.«C\u2019est le triomphe de la détermination», lance la ministre des Affaires canadiennes du cabinet Parizeau.«Ça fait 18 ans que j\u2019essaie de prendre mon siège de députée.J\u2019ai été accrochée à cette idée-là comme c\u2019est pas possible.C\u2019est un couronnement» Pourtant, elle a été ministre des Affaires internationales sous le gouvernement Lévesque, présidente du comité du NON lors du référendum sur l\u2019accord de Charlottetown, déléguée du Québec à Paris.Malgré cet imposant curriculum vitae, les électeurs de Chambly lui ont fait subir la défaite électorale a quatre reprises.«Avant d\u2019être ministre, on est député.Etre ministre comme je l\u2019ai été pendant deux mois (sans être élue), ça n\u2019avait pas vraiment de signification, dit-elle.J\u2019ai fait une campagne acharnée pendant quatre ans.Battre Mme (Lucienne) Robillard, ça n\u2019a pas été facile.» Louise Beaudoin était loin d\u2019être la seule à avoir des papillons dans l\u2019estomac mardi dernier.Près de la moitié des parlementaires faisaient leur entrée pour la première fois dans l\u2019impressionnante enceinte de l\u2019Assemblée nationale.«C\u2019est une responsabilité énorme que de représenter, seul, près de 260 000 Québécois», souligne le chef de l\u2019Action démocratique, Mario Dumont, le cadet des parlementaires et seul député de sa formation politique.L\u2019ADQ a cependant récolté près de sept % des votes à l\u2019échelle du Québec le 12 septembre dernier.La même émotion était sur bien des visages, mardi dernier.Les députés cherchaient leur place sur les banquettes, allaient saluer les adversaires d\u2019en face, se fami- liarisaient avec le décorum et les procédures.«J\u2019ai avant tout pensé aux citoyens de mon comté, souligne David Cliche, député péquiste de Vimont.Je me suis senti énormément de poids sur les épaules pour relever l\u2019honneur des politiciens.» «J\u2019étais à la fois très enthousiaste et très inquiet, car il faut absolument que je contribue, dans les prochaines années, à redonner confiance en la politique aux citoyens.Sinon, on est sur le bord d\u2019une crise majeure», af-firme-t-il.David Cliche est un autre membre du PQ qui œuvre dans l\u2019ombre depuis de nombreuses années.Candidat défait aux élections de 1989, il est le principal rédacteur des chapitres sur l\u2019énergie, l\u2019environnement et les autochtones du programme du Parti québécois.«Mais, dit-il, rien ne remplace la récompense de nos commettants: nous avoir élu.Impossible de qualifier cette sensation.C\u2019est l\u2019aboutissement de plusieurs années de travail.» La députée libérale de Jean-Talon, Margaret Delisle, savourait d\u2019autant plus sa victoire qu\u2019elle n\u2019a gagné son siège que par 24 voix.Opposition oblige, elle entre à l'Assemblée nationale dans un esprit nettement plus belliqueux que ses vis-à-vis péquistes.«Je m\u2019attends à un mandat de surveillance du gouvernement: j\u2019ai l\u2019intention de suivre particulièrement le dossier de l\u2019assainissement des finances publiques.Il y a beaucoup de pain sur la planche», lance-t-elle.Un séjour dans l\u2019opposition recèle cependant des avantages incontestables.Lorsqu\u2019on a demandé à Mme Delisle \u2014 une néophyte de la politique provinciale \u2014 si elle aurait des problèmes à faire sa place aux côtés des habitués de l\u2019Assemblée nationale, elle a répliqué, tout sourire: «Lorsque je consulte mon caucus, dans la région de Québec, je sors toujours gagnante.» Rappelons que Mme Delisle est la seule députée libérale de la région de la Capitale.LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050.RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.M0HTRÉAI, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985 3344 (514) 985 3344 (514)985 3399 1-800 363 0305 l« ii*érn 4e WttpAeee seivteh sent vilibta p»« le servlet de Imiisoe per cemltl et peer les ibeeaeaeets pesteti SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal\t(514)985-3355 Extérieor (sans frais) 1 800 463-7559 L L'A A1C "]
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