Le devoir, 10 décembre 1994, Cahier A
[" LE DEVOIR Vol.I, .X X X V - N o 2 8 7 LES ARTS Les Majors américains ont-ils envoûté Québec ?PAGE C 1 0 N T II I'] A I.I.E S S A M K DI 10 K T I) I M A N (\u2019 Il E I I I) E (\u2019 E M B II E I !» DI L'ÉCONOMIE Le grand rebond en avant des banques PAGE B 1 LE MONDE Rencontre positive entre Londres et Je Sinn Fein PAGEA 10 ( A II I E II S LAOS + TPS + T VU LIVRES Alain Grandbois: Vappétit du monde PAGE I) 1 PERSPECTIVES En attendant le père Noël Delors sauvera-t-il la gauche française ?Comme pour l\u2019annonce faite à Marie, on ne sait pas exactement quand le président de la Commission européenne Jacques Delors annoncera s\u2019il sera candidat à l\u2019élection présidentielle française.Les rumeurs disent que l\u2019événement ne saurait tarder.La fumée blanche pourrait même apparaître demain à Sept sur sept, l\u2019émission d\u2019actualité politique la plus écoutée en France (et diffusée le même jour au Québec) où il sera interviewé.Pressé de mettre fin à ce «feuilleton de politique-spectacle», selon les mots du communiste Robert Hue, Jacques Delors pourrait en effet devancer la date de la fin du suspens, qu\u2019il a fixée au plus tard à Noël.Ses amis comme ses ennemis n\u2019osent pas envisager que celui qui caracole en tête des sondages et que les socialistes attendent comme un messie refuse de se lancer dans la course.Un refus provoquerait un véritable séisme politique.Dans cette éventualité, les socialistes, déjà en plein désarroi, pourraient ne pas franchir le premier tour de l\u2019élection qui se déroulera en avril.Pourtant, Jacques Delors n\u2019est pas un socialiste pur beurre.Ce catholique pratiquant, vieux syndicaliste, devenu l\u2019ami de Robert Bourassa pour ses positions fédéralistes sur l\u2019Europe, est plutôt un démocrate-chrétien (comme son ami Helmut Kohl) égaré chez les socialistes.En dépit des professions de foi qu\u2019il a prononcées cette semaine au sommet européen d\u2019Essen, en Allemagne, Jacques Delors s\u2019est toujours méfié des socialistes français.Et il fut un des seuls ministres (avec Michel Rocard) à s\u2019opposer aux politiques économiques suicidaires du premier gouvernement de François Mitterrand.Ironie de l\u2019histoire, son entrée dans la course présidentielle se produirait à un moment où les socialistes, après leur défaite aux élections européennes et l\u2019expulsion de leur secrétaire général Michel Rocard, n\u2019ont jamais été plus à gauche.Etrange situation qui verrait un social-démocrate à l\u2019allemande, presque un travailliste anglais, devenir le candidat de l\u2019un des derniers partis socialistes du monde où l'on chante encore L\u2019Internationale.Depuis plusieurs semaines, l\u2019homme tisse sa toile.Il a commencé par se faire désirer jusqu\u2019à ce que les socialistes, qui n\u2019ont pas d\u2019autre alternative, piaffent d\u2019impatience.Avec un Parti socialiste diminué, livré pieds et poings liés, Jacques Delors peut maintenant se permettre de ratisser large.Depuis quelques semaines, il multiplie les appels du pied du côté des centristes que l'on considérait acquis au premier ministre Edouard Balladur, mais par lequel les électeurs se laisseraient séduire, disent les sondages.Un jour, c\u2019est le dévoué Michel Rocard \u2014 qui a renoncé à toute ambition présidentielle, dit-il \u2014 qui fait appel aux centristes.Le lendemain, c\u2019est Delors lui-même qui rencontre Valéry Giscard d\u2019Estaing, dirigeant de l\u2019UDF et chaud partisan de l\u2019Europe fédérale.Le surlendemain, la rumeur circule selon laquelle l\u2019ancien ministre des finances Raymond Barre ferait un excellent premier ministre d\u2019un président socialiste.Car le problème majeur de Jacques Delors, c\u2019est qu\u2019il ne peut gouverner avec les seuls socialistes.Si les Français excédés par 14 ans de mitterrandisme semblent prêts à se donner un président social-démocrate, ils n\u2019ont pas l\u2019intention de réélire une Assemblée nationale socialiste.Un président de gauche peut-être, mais pour appliquer une politique de droitç! Et les candidats de droite, Jacques Chirac comme Edouard Balladur, ne manqueront pas de souligner que l\u2019élection de l\u2019homme de Bruxelles pourrait paralyser le pays.Voilà pourquoi Jacques Delors multiplie les tractations.En échange de leur soutien, il serait prêt à offrir aux petits partis du centre une réforme électorale qui, tout en réduisant le mandat présidentiel à cinq ans (ce sur quoi tout le monde s\u2019entend depuis 25 ans!), introduirait un certain niveau de représentation proportionnelle à l\u2019Assemblée nationale, favorisant les petits partis.Fédéraliste européen entêté, Delors a derrière lui le prestige de l\u2019expérience et un parcours irréprochable de dix ans à la tête de la Commission européenne.Il a aussi l\u2019avantage de ne pas être identifié trop étroitement à l\u2019équipe rongée par les scandales qui a dirigé la France pendant deux septennats.Mais, surtout, sa réputation de catholique intègre un peu sévère est, en ces temps de scandales politiques et financiers, un atout majeur.Les jeux sont cependant loin d\u2019être faits.Les qualités politiques de ce haut fonctionnaire sont loin d\u2019être prouvées.On peut être un brillant technocrate sans savoir mener une campagne électorale.Il n\u2019est pas sûr non plus que son rêve d'une Europe fédérale parvienne à mobiliser les Français qui n\u2019avaient accepté le traité de Maastricht qu'à reculons.Et puis ce n\u2019est pas toujours un avantage de partir premier dans les sondages.Cette avance n'est pour l\u2019instant qu\u2019une victoire par défaut puisque la principale occupation de Jacques Chirac, seul candidat d\u2019envergure déclaré à droite, et du premier ministre Edouard Balladur, toujours pas déclaré candidat, consiste à s\u2019entre-déchirer depuis des mois.En attendant le père Noël, c\u2019est toujours la droite qui détient les clés de l'élection.Chris lia n R i o ii x INDEX Agenda.CIO Avis publics .RIO Classées.RI2 Culture.Cl Économie.RI Éditorial.AI 2 le monde.-410 Mots cmisés.RI3 Les sports.RIO MÉTÉO Montréal Ensoleillé avec passages nuageux Demain: faible neige Max: -1 Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Demain: faible neige Max:-! Détails en B 13 Les libéraux poursuivent leur boycott et les péquistes se frottent les mains MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Après avoir jeté les hauts cris pendant trois jours, les libéraux du Québec ont poursuivi hier leur opposition à la démarche préréférendaire du gouvernement en quittant l\u2019Assemblée nationale, refusant de voter sur une motion du Parti québécois qui lançait le processus de consultation publique sur le projet indépendantiste.Le geste des libéraux \u2014 qui boycottent le processus préréférendaire, illégitime, selon eux \u2014 fut surtout symbolique: la majorité péquiste a simplement ap- prouvé la motion, sans opposition.Après le vote, le premier ministre Jacques Parizeau a mis les libéraux en garde contre les dangers de leur stratégie, qui risque, dit-il, de laisser le champ libre aux seuls souverainistes.«S\u2019ils veulent que les discussions se déroulent entre les députés du Parti québécois et les gens des municipalités, seuls, c\u2019est leur choix.Mais moi, je n\u2019ai jamais accepté qu\u2019un corps public rencontre un seul parti politique et que nous, on ne soit pas là pour plaider notre cause.La politique de la chaise vide n\u2019est jamais une bonne politique.» Mais les libéraux ne le voient pas de cet œil, et n\u2019en démordent pas.«Notre présence à ces commissions donnerait une crédibilité à cette mascarade, une machine de propagande, dit M.Johnson.Je ne me montrerai pas, dans ma région, assis là, à entériner ce que fait Parizeau.» M.Parizeau a rétorqué que la démarche qu\u2019il propose donne aux fédéralistes tout l\u2019espace dont ils ont besoin pour exprimer leurs vues.Selon lui, la seule exigence de VOIR PAGE A 14: BOYCOTT VOIR AUSSI EN PAGE A 12 L\u2019éditorial de Lise Bissonnette ŒUVRES D'ART 3 0 1 RIOPELLE À VENDRE, tableau géant (1,52 x 42m).Prix: 3,5 millions $, Appels sérieux seulement.Encore aucune offre pour L\u2019Hommage à Rosa Luxemburg STÉPHANE BAI LLARGEON LE DEVOIR Hommage à Rosa Luxemburg, la grande murale de Jean-Paul Rio-pelle, est à vendre pour 3,5 millions $.Depuis quelques mois, une trentaine de clients canadiens potentiels, privés ou publics, ont été approchés par le mandataire de l\u2019artiste, le gale-riste Michel Tétreault.Aucun d\u2019entre eux n\u2019a encore fait d\u2019offre d\u2019achat.Créée au début de la décennie, l\u2019œuvre, qui mesure plus de 40 mètres de long, est considérée comme le testament artistique du peintre canadien le plus célèbre au monde.Elle n\u2019a été montrée en public qu\u2019une seule fois, en octobre et novembre 1993.L\u2019Hommage à Rosa Luxemburg constituait la pièce centrale de l\u2019exposition Œuvres vives, présentée à Montréal, à la galerie Michel Tétreault Art International (l\u2019actuelle galeçie 55 Prince, dans le quartier des Ecluses).Cette exposition souli- V01R PAGE A 14: RIOPELLE L'Hommage à Rosa Luxemburg constituait la pièce centrale de l\u2019exposition Œuvres vives, présentée pour souligner le 70e anniversaire de Jean-Paul Riopelle.» \u2022sa i.V\u2019 Mm SSfe?S3l! il mm®! «ta si PHOTO JACQUES NADEAU K- ¦( Ottawa nie vouloir interdire la double citoyenneté Chrétien dénonce les «1645» mots du projet péquiste JEAN DION DE NOTRE BUREAU D\u2019OTTAWA Le gouvernement fédéral nie travailler à l\u2019élaboration d\u2019un projet de loi qui interdirait la double citoyenneté pour forcer les résidants d'un éventuel Québec souverain à délaisser la citoyenneté canadienne.Ottawa confirme que le ministère de l\u2019Immigration prépare actuellement une réforme de la citoyenneté, mais la proposition législative qui en ressortira ne sera «pas un projet de loi sur le Québec.Ça n\u2019a rien à faire avec le Québec, ni avec la question de la citoyenneté québécoise», a déclaré hier la vice-première ministre Sheila Copps.Mme Copps répondait aux questions des journalistes relatives à un article publié hier par The Gazette et selon lequel le fédéral, sous supervision étroite du cabinet, envisagerait des amendements à la Loi de la citoyenneté afin d\u2019abolir l\u2019appartenance double ou multiple.Pour plusieurs, le fait d\u2019interdire la double citoyenneté donnerait au gouvernement fédéral une image de fermeté et contribuerait à accréditer dans l\u2019esprit des Québécois l\u2019idée que la souveraineté équivaudrait à une véritable «séparation» du Canada.L\u2019avant-projet de loi péquiste précise de son côté que «la citoyenneté québécoise peut être cumulée avec celle du Canada ou de tout autre pays».Selon le ministre des Affaires intergouvemementales, Marcel Massé, de telles rumeurs circulent «uniquement parce qu\u2019ils (les fonctionnaires et avocats de Citoyenneté et Immigration Canada) étudient toutes les options possibles, et ça n\u2019a rien à faire avec la situation présente».«Il n\u2019y a personne qui veut introduire des éléments comme ceux-là», a ajouté M.Massé, qui s\u2019est toutefois rangé aux propos tenus la veille par Jean Chrétien, à savoir que les questions de citoyenneté relevaient du Parlement du Canada et de lui seul.Au printemps dernier, le ministre de l\u2019Immigration, VOIR PAGE A 14: OTTAWA POLITIQUE Lucien Bouchard quitte les soins intensifs PAGE A 8 «Le projet de réforme n'a rien à faire avec le Québec, ni avec la question de la citoyenneté québécoise» Quand une minorité devient majoritaire A Vécole Tétreaultville, 13 % des élèves sont Québécois francophones «de souche» alors que 70% sont d\u2019origine haïtienne KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR La cafétéria de l\u2019école Tétreaultville ressemble sans doute à bien d\u2019autres, résonnant du vacarme de l\u2019heure du diner.Beaucoup de bavardage, une chicane par endroit.L\u2019un reluque les biscuits de l\u2019autre.Le troc s\u2019amorce, en catimini bien entendu.Benjamin, 11 ans.est en train de récapituler le passage la veille de Dominique Michel à La Petite Vie.Ses camarades en sixième se gaussent quelques instants, mais passent vite à d'autres sujets.Chambres en ville.Patrick Roy.Le nouvel uniforme tant détesté.La cafétéria à Tétreaultville, dans l\u2019est de Montréal, s'apparente à bien d\u2019autres.Sous tous les angles.Sauf un.Car des 12 élèves assis à la table de Benjamin, neuf sont de race noire.Tous nés de parents haïtiens, comme le sont d\u2019ailleurs 70 % des élèves de l'école Tétreaultville.On ne saurait qualifier ces enfants d'autre chose que de petits Québécois, parlant comme ils le font sans aucun accent haïtien.11 y a deux ans, les élèves de Tétreaultville ont même invité Gilles Vigneault à visiter leur école.Invitation acceptée, d'ailleurs.Le mois précédant sa visite, «on s'est vraiment trempés dans un bain québécois», rappelle en rigolant Marie-Rose Fragé.enseignante de maternelle et l\u2019une des deux professeurs d\u2019origine haïtienne à Tétreaultville.Pourtant, les enfants de cette institution de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal vivent une situation à Traverse VOIR PAGE A 14: ÉCOLE PHOTO JACQUES GRENIER L'école véhicule des valeurs qui ne correspondent pas toujours à celles de la famille. !«' Chaque semaine, des gens reçoivent des factures de fournisseurs de services interurbains dont ils n'ont jamais entendu parler.Pour plusieurs d'entre eux, il s'agit\tque certains de ces réseaux ne sont d'un même scénario : des représentants\tmême pas en mesure d'acheminer leurs se rendent à leur résidence, laissant\tappels interurbains.Bell reçoit chaque croire qu'ils sont des agents de Bell\tsemaine des centaines de plaintes Canada.Après une rapide présentation,\trelatives à ce genre de manœuvres on leur fait signer une demande de\tdéloyales.renseignements qui s'avère être, en Nous pouvons vous aider à éviter de réalité, un formulaire d'adhésion.\tC'est\ttels inconvénients.Sachez d'abord que en recevant une facture que ces\tgens\tnos représentants ne font pas de porte- découvrent avec surprise qu'ils\tsont\tà-porte.Si vous croyez être victimes de désormais abonnés à un nouveau\tpratiques abusives dans la vente de fournisseur de services interurbains.services téléphoniques, appelez-nous D'autres procédés douteux sont\tdès maintenant au 1 800 668-BELL.régulièrement dénoncés.Sans même\tEt si vous avez le moindre doute quant avoir été sollicitées d'aucune façon,\tau réseau auquel votre ligne est rac- des personnes constatent qu'elles sont\tcordée, n'hésitez pas à composer raccordées à de nouveaux réseaux.sans frais le 1 700 555-4141 à Dans plusieurs cas, elles s'aperçoivent de cette.aCdeW°°°P dytf us>on £\tTV/ Bell R ê 4 I.E I) E V 0 I II , l E S S A M E I) I 10 E T D I M A X (' Il E I I D E (' E M W \\\\ E MM) I ¦: : : É8ÉÉ1 «Élli pglgl 7;V ¦ ¦\t\u2022.tii Maga» m*A ¦iiii i 1*11, M#»fi (HTA AQBNT OPPICIRL ROLRX E DEJ QUEBEC sur les 9 Vritr//fs> v.o^Sualité' et design disent tout / in PHOTO JACQUES NADEAU Phyllis Lambert, directrice du Centre canadien d\u2019architecture, s\u2019entretient avec Jacques Girard, président de Québécor.Tous deux ont fait des interventions remarquées en faveur du maintien du Bureau de consultation de Montréal lors de la conférence de presse tenue hier par 27 organismes s\u2019opposant à la décision du maire Bourque.L\u2019abolition du Bureau de consultation de Montréal soulève un tollé JEAN CHARTIER LE DEVOIR LJ Hôtel-Dieu serait fermé et le ! Mont-Royal transformé en centre de loisir sans le Bureau de consultation de Montréal.Voilà ce qui ressort de la conférence de presse tenue hier par les représentants de 27 organismes venus soutenir l\u2019instance consultative institutionnalisée de la Ville de Montréal.Avec un budget annuel de 400 000 $, le BCM a permis d\u2019éviter en 1990 des dépenses de 100 millions $ qui auraient changé la conservation et la préservation de la montagne pour un centre de tourisme et loisir avec construction d\u2019un funiculaire, second belvédère, plate-forme d\u2019observation et cabane à sucre, avancent l\u2019avocat Raymond Doray et le professeur Camille Limoges dans un document rendu public par une coalition de soutien au BCM.Michel Yergeau, qui a présidé les audiences sur le déménagement de l\u2019Hôtel-Dieu, affirme pour sa part: «Sans le Bureau de consultation de Montréal, l\u2019Hôtel-Dieu serait déménagé.On serait en train d\u2019achever le processus en ce moment».La consultation sur l\u2019Hôtel-Dieu a forcé 10 ministres à écouter le point de vue des Montréalais.Phyllis Lambert analyse la situation en ces termes: «L\u2019Hôtel de Ville ne peut pas être juge et partie.Il faut une institution entre les promoteurs et les citoyens.Le BCM avait pour mandat d\u2019écouter l\u2019intelligence de la population.Qu\u2019on prenne les dossiers de McGill College et du Vieux Port.Dans les deux cas, le BCM a changé la position des promoteurs.Dans la stratégie envisagée pour McGill College, il n\u2019y avait pas d\u2019issue.C\u2019était l\u2019affrontement.On n\u2019envisageait pas de compromis entre la Ville et des milliers de citoyens».Elle note qu\u2019il y eut des séances de «questionnements techniques, de confection de documents, d\u2019analyses des consensus.Je suis pour la paifici-pation de la population», conclut-elle.Le docteur Edouard Boité, du Regroupement des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu, apporte son témoignage sur l\u2019expérience et l\u2019expertise du BCM.«Nous étions dans une impasse sans le BCM», a-t-il dit.Le président de Québécor, Jacques Girard, l\u2019un des commissaires sur l\u2019avenir de l\u2019Hôtel-Dieu voit ainsi la situation: «Les compressions sont nécessaires mais dans les compressions, il faut distinguer l\u2019essentiel de l\u2019accessoire.Le BCM est essentiel au fonctionnement de la démocratie à Montréal».A l\u2019objection voulant que le BCM soit peuplé de sympathisants du RCM, Maurice Forget s\u2019objecte.Le président d\u2019Héritage Montréal était lui-même un partisan du Parti civique.Il ajoute que le maire Doré a résisté à la consultation sur les dossiers du Forum et des HEC mais qu\u2019il aurait dû les accepter.On estime aussi qu\u2019une consultation ad hoc sur chaque dossier aurait coûté deux fois plus que le BCM, au minimum.On signale en outre que MM.Goyer et Melançon ont quitté le RCM en prétextant que celui-ci n\u2019était pas assez démocratique.Or, voilà qu\u2019on coupe un instrument qui assure la démocratie entre les élections, selon les membres de la coalition.Parmi les signataires de celle-ci, on trouve notamment le directeur de l\u2019école d\u2019Architecture de l\u2019Université de Montréal, Roger Richard, le directeur de l\u2019école d\u2019architecture de l\u2019Université Laval, Alexis Ligougne, le directeur de l\u2019Institut d\u2019Urbanisme de l\u2019UdM, Michel Boisvert, le Centre interdisciplinaire de recherche en science et technologie de l\u2019UQAM et les Amis de la Montagne.CECM: la démocratie détournée, dit Laurin Le député du PQ juge sévèrement Vaillance du RSC et du COURS PAUL CAUCHON LE DEVOIR Pour le député-délégué de la région de Montréal, le Dr Camille Laurin, les alliances politiques qui se sont produites cette semaine à la CECM sont «très gênantes sur le plan de l\u2019éthique et de la morale publique», déclare-t-il.Et M.Iüurin juge «déplorable et inquiétant» que des milliers de citoyens aient été privés de leur droit de vote le 20 novembre dernier, en ajoutant que la Loi sur les élections scolaires devrait relever du Directeur général des élections plutôt que du ministère de l\u2019Ecjucation.A titre de délégué régional pour la région de Montréal, le Dr Camille Lau-rin a sûrement la plus lourde responsabilité parmi la quinzaine de députés nommés délégués régionaux par le premier ministre Parizeau.Et il doit conseiller le Conseil des ministres sur tout problème se posant dans sa région.En entrevue au Devoir, Camille Laurin n\u2019a pas caché que l\u2019élection scolaire avait créé une situation «inquiétante» à Montréal.Le Dr Laurin a été sévère envers l\u2019alliance qui a permis cette semaine au Regroupement scolaire confessionnel (RSC) de prendre le pouvoir à la CECM grâce à l\u2019appui de deux commissaires du COURS, malgré que le MEMO ait remporté l\u2019élection en terme de nombre de sièges.«C\u2019est presque un détournement démocratique, explique-t-il.Le COURS avait fait campagne en s\u2019identifiant en faveur des commissions scolaires linguistiques, et il vire casaque pour offrir la majorité à un parti confessionnel.C\u2019est vraiment gênant».M.Laurin constate même qu\u2019à la CECM, «les postes de directions sont (maintenant) contraires au vœu de la majorité de la population», dit-il.Le gouvernement doit-il intervenir plus directement?M.Laurin convient que la question est «délicate», ajoutant pour le moment «qu\u2019un gouvernement peut parler, et peut envoyer des messages».Concernant le recensement et les vote en tant que tel, M.Laurin constaj te qu\u2019«une possibilité de 80 000 personnes» n\u2019ont pas pu voter à l\u2019élection; scolaire, parce qu\u2019ils ont été identifié^ ni comme catholique ni comme pro-i testant, alors qu\u2019on aurait pu leur de-1 mander à quelle commission scolaire ils voulaient voter.«On ne les a pas in! formés de leur droit, dit-il.C\u2019est une atteinte à leur droit de s\u2019exprimer, d\u2019autant plus que peu de gens votent aux élections scolaires».Le Dr Laurin ajoute qu\u2019«il faut à tout; prix réformer la loi scolaire», et il attend avec intérêt les suggestions qui seront émises par le juge Richard Beaulieu, nommé avant-hier par le ministre Jean Garon responsable d\u2019une enquête sur le déroulement de l\u2019élection scolaire du 20 novembre dernier.Interrogé pour savoir s\u2019il considérait intéressante la suggestion du professeur et socialiste de l\u2019éducation Jean-Pierre Proulx, qui suggérait dans les pages du Devoir cette semaine que les commissaires devraient être élus par les parents plutôt que par l\u2019ensemble de la population, M.Laurin a répondu «qu\u2019il y à beaucoup de mérite à étudier cette hypothèse».Le Dr Laurin élargit d\u2019ailleurs le débat: non seulement le temps est venu de repenser la structure des élections scolaires, mais «l\u2019analyse est à faire», dit-il, en ce qui concerne les élections aux régies régionales de la santé.«Plusieurs se demandent s\u2019il faudrait élire l\u2019ensemble des administrateurs des régies de la santé au suffrage universel, explique-t-il.D\u2019autres soutiennent au contraire que la participation du public n\u2019est pas assez forte pour qu\u2019on continue à élire des administrateurs dans le sens actuel.Il faut analyser».Camille Laurin LIBRAIRIE LE BOUQUIN Heures d\u2019ouverture: lundi, mardi, mercredi: 9h à 20h, jeudi, vendredi: 9h à 21 h, samedi: 9h30 à 17h 395,Boul.Cartier, Laval Tel.: (514) 688-6036 Fax: (514) 688-8844 Nous vendons les publications du gouvernement du Québec: -\tlois, règlements -\tlivres administratifs, techniques -\tlivres d\u2019art, etc.Commandes téléphoniques acceptées.CONCESSIONNAIRE PUBLICATIONS DU yoa/t/erie /&Àt ¦CU.LP.Q)iamenù\\ VJ E W E L y 1355.Ave.Grcene, 2ième étage, Westmount.937-4500 y MONTRE PANTHÈRE\u201d DE CARTIER OR MASSIF 18K.Exclusivement dans les boutiques Cartier et chez les concessionaires Cartier agréés.Chaque montre est accompagnée d'un certificat d'authenticité.BIRKSHHi Représentant Cartier autorisé 240.SQUARE PHILLIPS.MONTRÉAL.(514) 397-251 PLACE STE-FOY.QUÉBEC.(418) 653 4035 Ce lexique est base programmes de mathématiques du premier cycle du secondaire.Les élèves du deuxième cycle qui ont certains retards, ainsi que les adultes oui font rapprentissage ae cette matière l'apprécieront.Composé de près de 1 000 mots, facile d'utilisation, de format pratique et abondamment illustré, il permet de bien visualiser les concepts.ISBN 2-7601-3755-4 (190 p.) 14,95 S \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN UNIVERSITAIRE-UQAM 335, rue Sainte-Catherine Est Montreal (Québec) Tel.: (514) 284-2210 Télécopieur: (514) 284-1849 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN UNIVERSITAIRE ET COLLÉGIAL 168-170.rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2X 1K9 Té!.: (514) 861-5647 Télécopieur: (514) 861-5307 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (primaire et secondaire) 4560.rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2J 21.3 Té!.: (514) 849-1112 Télécopieur: (514) 849-6360 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (manuels d'occasion) 4440.rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2J 2L1 TéL: (5141843-6241 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (manuels et littérature) Station Métro-Longueuil Longueuil (Québec) J4K 2T4 TéL: (514) 677-6525 Montréal Tbronto guerm 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Tél.: (514) 842-3481 Téléc.: (514) 842^923 Chambardement en catimini Bourque se livre à une réorganisation administrative de la Ville sans la bénédiction du conseil municipal KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La réorganisation administrative de la Ville de Montréal que le maire Pierre Bourque doit soumettre à l'approbation du conseil municipal lundi soir prochain, semble déjà avoir été mise en branle.Depuis deux semaines, c\u2019est le grand chambardement dans les différents services de la Ville.La réforme s\u2019organise, sinon physiquement, du moins au chapitre de la planification et des transferts de dossiers.C\u2019est ce qu\u2019affirment trois fonctionnaires qui préfèrent garder l\u2019anonymat compte tenu de leur position dans l\u2019appareil municipal.Selon eux, le maire Bourque devance ainsi le processus démocratique, ne laissant aux élus que le pouvoir d\u2019approuver une décision déjà effective.Louis Roquet, l\u2019actuel secrétaire général, en fonction jusqu\u2019à ce que Québec statue sur l\u2019abolition ou non de son poste tel que le réclame M.Bourque, nuance la situation.«Ce qui peut expliquer la confusion, c\u2019est que chacun des futurs directeurs a reçu le mandat de définir son futur service.Le secrétariat général a mis à leur disposition des professionnels qui les assistent dans la définition détaillée des mandats des services, dans l\u2019élaboration d\u2019une structure et dans la préparation d\u2019un projet de budget 1995», a indiqué hier M.Roquet Du côté de l\u2019opposition officielle, si la façon de procéder du maire agace, l\u2019absence d\u2019information à 48 heures d\u2019une réforme majeure exaspère.«Sur le fond, nous n\u2019avons à ce moment-ci aucun document, aucune notes explicatives, aucun organigramme à l\u2019apy pui de la proposition.Il n\u2019y a rien qui permette aux membres du conseil de se faire une opinion sur les économies générales de la réorganisation.Cela semble une décision qui émane uniquement du bureau du maire», a commenté le conseiller du RCM André Lavallée.L\u2019équipe du RCM entend d\u2019ailleurs talonner la nouvelle administration sur cette question lors de la séance du conseil municipal de lundi soir.Dans l\u2019ordre du jour rendu public en vue de l\u2019assemblée, aucun détail ne justifie le choix des directeurs de services (curriculum vitae et critères de sélection).Plus tôt cette semaine, la présidente du comité exécutif, Nou-shig Eloyan, précisait toutefois que l\u2019expérience, la compétence et l\u2019adhésion au projet de réforme du maire Bourque, avaient guidé le choix de l\u2019administration.Aux dix-sept services et à leurs dirigeants présentés par Le Devoir mercredi dernier, il faut ajouter les services du greffe et le bureau du vérificateur qui conservent leur forme actuelle ainsi que leur tête dirigeante.De plus, le bras économique de la Ville, la CIDEM, change d\u2019appellation et devient le Service de développement économique, alors que le maire Bourque parlait de l\u2019abolir et de relier cette activité à son bureau.De plus, au Service du personnel, M.Bourque est allé cherché un ancien haut fonctionnaire de l\u2019époque Drapeau, soit Jean Des Trois Maisons.Quant au dossier de l\u2019habitation, il échoit au nouveau Service de l\u2019urbanisme qui sera dirigé par Pierre Ouellet.Exit Gilles Bonin Bourque écarte son chef de cabinet KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le numéro deux de la nouvelle administration montréalaise, Gilles Bonin, vient d\u2019être écarté par le maire Pierre Bourque.M.Bonin, qui a été défait aux élections du 6 novembre, était jusqu\u2019à la semaine dernière chef de cabinet du comité exécutif.Au cours du week-end, le maire Bourque lui a signifié que ses compétences seraient dorénavant utilisées pour la mise sur pied du bureau du modérateur que dirige politiquement le conseiller Robert Côté.Un mois à peine après l\u2019arrivée de la nouvelle équipe, les premières tensions d\u2019ordre politiques pointent.D\u2019une part, le comité exécutif ne semble pas avoir eu voix au chapitre et d\u2019autre part, le geste risque d\u2019incommoder certains élus provinciaux qui avaient appuyé pu- bliquement à la mairie M.Bourque et localement, M.Bonin.Au bureau du maire, on refuse de préciser quoi ce soit.Et il a été impossible de rejoindre M.Bonin.Au moins deux sources confirment toutefois ces informations.De plus, selon Télévision Quatre Saisons, M.Bonin aurait remis sa démission à la suite de ces événements.Ce retrait pourrait d\u2019ailleurs être une double démission puisque M.Bonin préside le parti Vision Montréal.A ce chapitre, des efforts «soutenus» seraient déployés pour retenir M.Bonin qui s\u2019est révélé être un militant dynamique au sein de la jeune formation.Gilles Bonin fut l\u2019un des rédacteurs du programme de Vision Montréal et il a présidé le congrès de fondation du 19 juin dernier.Pour le mois de travail qu\u2019il a abattu à l\u2019hôtel de ville (du 7 au 26 novembre), M.Bonin a reçu un salaire de 2 100 dollars. I.E I) E V 0 I B .E E S S A M E I) I 10 E T I) I M A N C II E I I I) E 0 E M K H E I il il I A Claude Chamberlan débouté Jugement de Salomon La Cour supérieure décide que la paternité du Festival du nouveau cinéma est indivisible ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Rebondissement dans le dossier du Festival international du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal: Claude Chamberlan, le directeur de ce rendez-vous du septième art, vient de voir déboutée devant la Cour supérieure sa demande d\u2019injonction permanente contre son exassocié Dimitri Eipides.Une première injonction interlocutoire avait été accordée à Claude Chamberlan le 4 mai dernier.Il avait alors pu museler Dimitri Eipides en l\u2019empêchant de s\u2019exprimer, de protester et surtout de tenir son propre rendez-vous du cinéma, susceptible de concurrencer le sien.Le torchon brûle entre les deux associés depuis que Claude Chamberlan a entrepris \u2014 au grand courroux de son partenaire \u2014 de changer les dates d\u2019un festival établi depuis 22 ans à l\u2019automne pour en faire un événement printanier, en y adjoignant des projections extérieures destinées à séduire surtout le jeune public.Ce différend devait entraîner au printemps dernier la rupture du couple fondateur.Délié de l\u2019injonction, Dimitri Eipides peut désormais demander des fonds aux instances gouvernementales en tâchant de reprendre les rênes du rendez-vous du cinéma.«Mon objectif demeure de regagner mon festival l\u2019automne prochain», affirmait-il hier de son domicile d\u2019Athènes.Il veut clarifier auparavant des questions légales, étudier la situation, rejoindre les bailleurs de fonds, histoire de prendre une décision éclairée.Le jugement émis jeudi par le juge Tingley ressemble à celui de Salomon et coupe la poire du Festival en deux.Il déclare en substance que le Festival du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal est une entité formée des deux cofondateurs égaux en droits et en acquis, qu\u2019aucune des parties ne peut en revendiquer la paternité aux dépens de l\u2019autre, que chacun est libre de concurrencer l\u2019adversaire et que les injonctions ne sont pas de mise dans cette affaire.Le juge a donc débouté Chamberlan de ses prétentions à être l\u2019unique mandataire du Festival.11 a aussi balayé du revers de la main les accusations d\u2019agissements injurieux et déloyaux lancées contre Eipides, en faisant observer que celui-ci s\u2019est tenu bien tranquille pendant les six mois de son injonction interlocutoire.Comme le faisait remarquer maître Robert Apostolatos, un des avocats associés au dossier de Dimitri Eipides, par ce jugement, le magistrat laisse les bailleurs de fonds décider auquel des deux directeurs ils octroieront leurs subventions.Deux festivals attelés à la vocation du nouveau cinéma et de la vidéo ne peuvent survivre conjointement à Montréal.Quelqu\u2019un devra donc choisir, ou laisser sombrer corps et biens le navire du Festival.Les représentants de Téléfilm Canada disaient hier vouloir entendre les deux parties avant de prendre quelque décision que ce soit.Les bailleurs de fonds, SOGIC, Téléfilm, etc., ont gelé leurs subventions jusqu\u2019au règlement du conflit et le rendez-vous du cinéma organisé au printemps dernier par Claude Chamberlan l\u2019a été à ses frais, aucune somme ne lui ayant encore été remboursée.Claude Chamberlan affirmait de son côté que le conseil d\u2019administration de sa compagnie se réunira la semaine prochaine afin d\u2019étudier la procédure à suivre.On ignore encore s\u2019il ira en appel de la décision de la Cour supérieure.Le Festival accumule les procès puisqu\u2019une poursuite en dommages et intérêts de 300 000 $ intentée l\u2019été dernier par Eipides contre Chamberlan court toujours, avec allégations de diffamation, de congédiement illégal, etc.Ce qui est jugé sur un plan ne l\u2019est pas sur l\u2019autre et le Festival du nouveau cinéma ne semble pas près de sortir du bourbier judiciaire où il s\u2019est enfoncé.La CEQ propose des changements au financement des garderies LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Alors qu\u2019un groupe de travail se penche sur le financement des services de garde, la CEQ propose une formule qui équilibrerait davantage les revenus d\u2019une garderie à l\u2019autre, mais qui suppose un accroissement de la contribution gouvernementale.La Centrale de l\u2019enseignement du Québec représente quelque 350 travailleuses de garderie et 1000 dans les services de garde en milieu scolaire.La ministre responsable de l\u2019Office des services de garde, Pauline Ma-rois, a mis sur pied, au mois d\u2019octobre dernier, un groupe de travail chargé d\u2019analyser le financement des services de garde, en cherchant à régler le problème de fond de la sous-rémunéra-tion des travailleuses en garderie.En théorie, le groupe doit proposer des solutions à l\u2019intérieur du cadre budgétaire actuel.Il doit faire rapport à la ministre Marois en janvier.La CEQ, comme d\u2019autres organismes nationaux et régionaux, présentait donc son point de vue sur la question.La CEQ propose une révision du mode de financement qui réduirait les écarts de revenu d\u2019une garderie à l\u2019autre, permettant ainsi d\u2019améliorer le salaire des travailleuses.Ce n\u2019est pas la contribution des parents qui augmenterait, ni les dégrèvements fiscaux dont ils jouissent, mais plutôt la contribution du gouvernement qui devrait être haussée.Actuellement, chaque garderie est financée par deux sources: les tarifs chargés aux parents et les subventions gouvernementales.Ces subventions de fonctionnement comptent deux parties: l\u2019une fixe et l\u2019autre variable, qui équivaut à 30 % du tarif chargé aux parents.La formule proposée par la CEQ ajoute une autre variable: le revenu des parents.L\u2019aide versée par le gou-vernement à la garderie tiendrait compte non seulement du tarif demandé aux parents, mais aussi de leurs revenus.Le niveau de revenu jugé nécessaire pour chaque garderie serait négocié entre le gouvernement, les garderies et les représentants des travailleuses.La CEQ n\u2019est pas en mesure de dire combien cette nouvelle méthode de financement coûterait en plus au gouvernement Pour Mme Pagé, c\u2019est d\u2019ailleurs une question de choix de société.Elle déplore «les montants qu\u2019on trouve pour l\u2019école privée et qu\u2019on ne trouve pas pour les services de garde».La centrale syndicale propose également l\u2019élimination progressive de l\u2019aide gouvernementale aux garderies à but lucratif.Dans son mémoire, la CEQ prône aussi une négociation centralisée entre le Conseil du Trésor et les travailleuses des garderies.Actuellement l\u2019employeur des travailleuses en garderie est en quelque sorte le conseil d\u2019administration de la garderie.Finalement la CEQ réclame que le gouvernement oblige les commissions scolaires à offrir dans toutes les écoles un service de garde pour les enfants du préscolaire et du primaire.Donner des dents à la lutte au racisme L E S A C T ü A LIT E S La Commission des droits de la personne du Québec demande le renforcement de la Charte pour pouvoir mieux combattre les mouvements racistes KONRAD Y A K A B U S KI LE DEVOIR La Commission des droits de la personne (CDPQ) demande à Québec de renforcer la Charte des droits et libertés de manière à lui permettre de poursuivre plus efficacement les mouvements racistes.Ces derniers s\u2019avéreraient de plus en plus adroits en propageant leur discours de manière à échapper aux dispositions actuelles de la Charte qui traitent de la discrimination et de l\u2019incitation aux actes haineux.Selon le président de la CDPQ, Yves Lafontaine, la Commission a dû s\u2019incliner à plusieurs reprises ces dernières années devant les demandes des individus visés par des actes haineux, faute de posséder les outils légaux pour poursuivre ceux qui auraient commis de tels gestes.La CDPQ «violerait le mandat qui lui a été confié et se mettrait en contradiction avec son propre raison d\u2019être si (.) elle prenait fait et cause pour des mouvements qui, se réclamant des libertés fondamentales, portent atteinte aux droits et libertés d\u2019autrui», a déclaré hier Me Lafontaine lors d\u2019une conférence de presse.Bien que la recrudescence des groupes racistes notée ailleurs soit encore marginale ici, il n\u2019en demeure pas moins que le Québec n\u2019a pas été épargné sur ce plan.Le nombre de personnes appartenant à des organismes d\u2019obédience raciste est à la hausse au Québec, comme en témoigne l'arrivée des groupes tels le Heritage Front et les Northern Hammerskins, selon Pierre Bosset, conseiller juridique à la CDPQ.«Les organisations changent mais les individus demeurent», a dit Me Bosset en faisant remarquer que plusieurs ex-membres de la section montréalaise du Ku Klux Klan, qui s\u2019est sabordée l\u2019été dernier, se sont recyclés dans certains autres groupes racistes.La CDPQ évalue entre 200 et 300 le nombre de «racistes militants» dans la région montréalaise.Ces derniers auraient été les responsables des 143 incidents racistes relevés dans la région entre janvier et août de cette année, a constaté Me Bosset.In nouvelle disposition que demande la CDPQ ferait de tout acte d\u2019«incitation à la discrimination» un délit civil.Cette disposition, qui prendrait la forme d\u2019un amendement à la Charte des droits et libertés, se lirait ainsi: «Nul ne doit publiquement tenir ou diffuser des propos ou commettre des actes haineux ou méprisants qui incitent à l\u2019accomplissement d\u2019actes discriminatoires.Peut être considérée victime d\u2019une violation de cette disposition toute personne faisant partie du groupe visé.» La Saskatchewan et la Colombie-Britannique se sont déjà dotées d\u2019une disposition semblable.Le Code criminel canadien régit d\u2019ailleurs les crimes haineux, mais comme le fardeau de la preuve est plus exigeant et qu\u2019une poursuite ne peut être intentée qu\u2019avec l\u2019approbation du procureur géné- ral, les dispositions du Code criminel ne sont invoquées que dans les cas exceptionnels.«A ce titre, la disposition (proposée par la CDPQ) est plus intéressante» puisque le fardeau de la preuve est moindre au civil, a dit Chantal Sauriol, membre du comité du Barreau du Québec sur les droits et libertés.D\u2019après la CDPQ, la portée de l\u2019article 11 de la Charte québécoise, qui interdit la diffusion, la publication ou l\u2019exposition d\u2019un signe discriminatoire, est trop restreinte.Par exemple, la Charte interdit actuellement aux propriétaires de prier les membres de certains groupes ethniques de s\u2019abstenir de faire une demande pour un logement.Mais la Commission ne saurait sanctionner quiconque véhiculerait un discours selon lequel les membres du même groupe ethnique seraient de mauvais locataires, selon Me Bosset.Ce dernier affirme que la nouvelle disposition ne vise aucunement «à interdire la discussion des sujets d\u2019intérêt public».Ceux qui se questionnent publiquement sur le port du voile islamique à l\u2019école pourront donc le faire sans crainte de contrevenir à la Charte.Me Lifontaine a d\u2019ailleurs fait savoir que la CDPQ étudie actuellement ce sujet controversé et se prononcera le mois prochain.La requête de la CDPQ, rendu publique hier, a été acheminée le 21 novembre au ministre de la Justice, Paul Bégin.Ce dernier a depuis commandé des «compléments d\u2019information» à ses fonctionnaires avant de s\u2019y prononcer, a dit hier son attachée de presse, France Thériault.(dépôts humides moyens annuels de sulfate) !n OU fMHHA ivîaub **umc
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.