Le devoir, 24 janvier 1995, Cahier A
-?FONDÉ EN 19104- LE DEVOIR Vol.I.X X X VI - No M) M O N T H K A I.L E M A RDI 2 A N V 1 K M I !) !) ô (> 5 c + T PS + T V Q / T o r o 11 I o 8 5c Jocelyn Coulon PERSPECTIVES Courage ou facilité?Devant le scandale provoqué par la projection de deux bandes vidéo montrant des comportements particulièrement choquants de la part de soldats du Régiment aéroporté en Somalie et au Canada, le ministre de la Défense nationale, David Collenette, a frappé un grand coup.Il a ordonné le démantèlement de l’unité.Le ministre a pris sa décision contre l’avis de l’état-major des Forces armées et de plusieurs spécialistes.Le ministre de la Défense nationale vient-il de choisir l’option la plus simple pour restaurer l’honneur des Forces armées et la çonfiance de la population dans ses soldats?A écouter certains militaires actuellement en fonction et à lire ce que des officier^ à la retraite écrivent sur le sujet on peut le croire.A vrai dire, le ministre a préféré céder aux pressions de l’opinion publique en sanctionnant les soldats mais en ne touchant pas au corps des officiers responsable de la chaîne de commandement du régiment.Il y aura bien une enquête sur le leadership des hauts gradés dans l’affaire somalienne, mais pour de nombreux militaires cette décision n’est pas suffisante pour rétablir le moral au sein de l’armée.Hier, plusieurs officiers du rang de capitaine, de major et même de lieutenant-colonel, contacté par Le Devoir, ont exprimé leur frustration face au silence de la hiérarchie militaire sur toute l’affaire somalienne.A toutes les étapes de cette pénible affaire qui a commencé avant le dé-part du régiment pour la Somalie aWÊÈÊm en décembre 1992, les officiers supérieurs ont esquivé les problèmes de cette unité militaire ou se sont défilés lorsque les coups durs ont frappé les soldats.Pour ces officiers qui travaillent dans des quartiers généraux à Saint-Hubert, à Montréal, à Valcartier et à Ottawa, et qui ont souvent l’occasion de rencontrer des commandants de secteurs ou d’unités militaires, le ras-le-bol des soldats et de dizaines d’officiers est à son comble.«Depuis le début de l’affaire somalienne en avril 1993, personne, au quartier général d’Ottawa, n’a dit: voilà ce qui s’est passé au sein du Régiment aéroporté; voilà ce que nous avons fait pour remédier aux problèmes; voilà ce que nous faisons pour que cela ne se reproduise plus», dit un officier.Plus, encore.«Pas un des officiers qui peuplent la chaîne de commandement du régiment n’a assumé la responsabilité de l’affaire».«Les militaires, qu’ils soient soldats ou officiers, se sentent abandonnés.Il n’y a pas de communication entre la troupe et les hauts dirigeants militaires alors que nous sommes dans une période de changements profonds au sein des Forces armées.Où sont les chefs?» Frustré par le silence qui règne au quartier général, un autre officier s’est montré plus cinglant: «J’ai hâte de voir un général tomber sur son épée», dit-il.Spéculant sur la décision qu’allait annoncer le ministre de la Défense, tous les officiers qui ont parlé au Devoir ont parié qu’il procéderait au démantèlement du régiment et que pas un seul officier ne serait sanctionné pour l’affaire somalienne ou ne démissionnerait pour s’opposer à ce démantèlement.C’est exactement ce qui s’est passé hier à Ottawa.Après une longue explication sur les répercussions judiciaires d’une enquête publique sur le régiment au moment où des procès en cour martiale se déroulent, le ministre a décidé de dissoudre le régiment.Visiblement ébranlé, le chef d’état-major, le général John de Chastelain, a encaissé le coup même s’il avait recommandé le maintien du régiment et son déploiement en Croatie en avril prochain.La plupart des militaires sont d’accord avec les propos du colonel à la retraite, Michel Drapeau, qui réclamait dans notre édition d’hier rien de moins qu’une purge au plus haut niveau de la hiérarchie des Forces années canadiennes.L’opinion de ce colonel à la retraite est particulièrement impressionnante puisqu’il a occupé pendant près de cinq ans un poste d’observateur privilégié au sein de l’état-major à Ottawa.Il était membre du Conseil du quartier général des Forces armées, un cénacle de hauts gradés où les problèmes militaires font l’objet de débats approfondis.«Ni l’enquête publique ni la dissolution du régiment ne vont rehausser à nos yeux la crédibilité des dirigeants militaires ou la confiance que nous devrions leur porter, dit un officier.Ces dirigeants n’auraient pas dû attendre la décision du ministre pour agir.C’est ça le leadership dans les Forces armées».Le ministre aurait-il fait preuve de plus de courage que les hauts gradés de l’état-major?Pas si simple que ça, dit Paul Hellyer, ancien ministre de la Défense qqi fit face à une grave crise dans les années soixante.À cette époque, Hellyer imposa aux Forces arnées l’unification de ses services ce qui entraîna la démission et le renvoi de dizaines d’officiers.Pour rehausser le moral des troupes, Hellyer procéda à un remaniement au sein de la hiérarchie et passa par-dessus la tête de nombreux officiers pour choisir les dirigeants de la nouvelle armée.«J’ai l’impression que la troupe va continuer à grogner, dit-il.A moins que des têtes ne tombent».«J’ai hâte de voir un général tomber sur son épée» INDEX MÉTÉO Agenda Avis publies.B6 .B4 Classées .B» Culture .B7 Économie .B2 Éditorial ,.A6 Le monde.A4 Mots croisés.B4 Les sports.B5 Montréal Nuageux avec éclaircies.Quelques flocons.Max: -3 Québec Nuageux avec éclaircies.Quelques flocons.Max: -4 Détails en B4 CULTURE Autoroute électronique: la culture à part PAGE B 8 LES ACTUALITÉS Raël obtient son statut d’Église PAGE A 2 POLITIQUE Le Hir commande 19 études à VINRS PAGE A 5 Le scandale aura vaincu le Régiment aéroporté JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Ly indignation générale soulevée par le comportement f de certains de ses membres aura finalement causé la perte du Régiment aéroporté du Canada.Faisant fi des recommandations de l’état-major des Forces armées canadiennes, qui l’ont assuré que les incidents disgracieux diffusés la semaine dernière par la té- lévision étaient choses du passé et que la situation avait été corrigée, le ministre de la Défense, David Collenette, a annoncé hier le démantèlement complet' de cette unité d’élite, qui compte quelque 660 soldats.«Nous devons être préoccupés par la réputation du Canada et des Forces canadiennes.Notre réputation en est une de fierté, et nous faisons l’envie du monde.Et nous croyons, en tant que gouvernement, que le public a perdu confiance dans l’institution qu’est le Régiment ca- nadien aéroporté», a déclaré en conférence de presse M.VOIR PAGE A 8: RÉGIMENT VOIR AUSSI H Un soldat du régiment témoigne.A 2 SU L’éditorial de Gilles Lesage: Collenette crève un abcès.A 6 L’accident du train d’acide Des critiques contre l’intervention du CN La ZEC remet en cause les priorités du transporteur LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Les gestionnaires de la ZEC Tawa-chiche, en Mauricie, ont émis hier des réserves sur la façon dont les autorités gouvernementales et du Canadien National ont tenté de neutraliser, en fin de semaine, un déversement de 225 000 litres d’acide sul-fririque dans le lac Masketsi, qui aurait éliminé à peu près toute vie aquatique dans la rivière sur un tronçon de 16 km.Le déversement d’acide, récupéré des cheminées de la Noranda, est survenu samedi avant-midi.Les deux ministères de l’Environnement sont immédiatement intervenus mais ce n’est que dans la nuit suivante que les camions de chaux ont pu commencer à neutraliser l’acidité dans la rivière Tawachiche, dans laquelle s’écoule le lac Masketsi.Pour y arriver, les services d’urgence ont même dû percer un chemin en forêt pour les camions-remorque.Le secrétaire général de la ZEC, Marcel Bacon, a déclaré au Devoir hier ne pas comprendre pourquoi le CN n’avait pas amené prioritairement une citerne de chaux «là où 28 des 44 wagons du convoi d’acide avaient déraillé», pour attaquer le problème à la source.«Ils se sont lancés dans la reconstruction de la voie alors qu’il aurait été préférable, à notre avis, de neutraliser prioritairement l’acidité sur les lieux mêmes de la fuite.Quand le VOIR PAGE A 8: CRITIQUES La vie normale reprend à Kobe PHOTO AP LES ECOLES DE KOBE, cette ville du Japon en partie détruite par un violent tremblement de terre la semaine dernière, ont rouvert leurs portes hier.Comme on peut le voir ici, les locaux sont loin d’être tous fin prêts: ces élèves reprennent les cours au milieu des décombres qui témoignent encore de la violence du séisme.Devant la lourdeur de la facture de la reconstruction, c’était au tour de la Bourse de Tokyo d’être secouée hier.Autres informations en page B 2.La séparation totale, seule solution en Israël?Pour vivre en paix, il faut vivre séparé, hermétiquement séparé: telle est la devise qui monte aujourd’hui en Israël.Pendant qu’on enterrait hier la majorité des 19 victimes de l’attentat-suicide de dimanche au nord de Tel-Aviv, perpétré par le Djihad islamique, et qu’à Gaza on enregistrait des scènes de réjouissances, le premier ministre Yitzhak Rabin a promis solennellement de persévérer dans le processus de paix.tout en faisant la promotion d’une «séparation totale» entre Israéliens et Palestiniens.PATRICE CLAUDE LE MONDE Jérusalem — Séparer totalement les deux peuples de Terre sainte.Comme il l’avait fait, en octobre, après l’attentat qui avait coûté la vie à 22 civils à Tel-Aviv, Yitzhak Rabin, le premier ministre, a répété qu’à son avis tel était bien, à terme, le seul remède possible aux violences nationalistes dont sont alternativement victimes les deux peuples de l’ancienne Palestine.Sitôt dit, sitôt fait: après avoir réuni son état-major militaire et policier, dimanche en fin d’après-midi, M.Rabin a obtenu du gouvernement qu’il avalise, pour l’ensemble des territoires occupés et autonomes, le bouclage «total et jusqu’à nouvel ordre», conseillé par les hommes en uniforme.La mesure s’appliquera au moins jusqu’à la fin de semaine, laissent entendre les ministres «colombes».Le «droit de passage» pour les habitants des deux enclaves autonomes de Gaza et de Jéricho distantes l’une de l’autre d’environ 100 kilomètres, droit prévu par les ac- cords du Caire de mai 1994 et jamais mis en œuvre (sauf pour les personnalités officielles palestiniennes), est aussi suspendu jusqu’à nouvel ordre.Il en est de même pour les discussions du comité conjoint, formé, jeudi, pour étudier les dossiers des prisonniers.On en compte encore 6000 qui devaient être libérés à l’occasion du ramadan.La fin du processus de paix?Est-ce le début de la fin du processus de paix?Depuis des mois, il est en panne puisqu’Israël refuse d’évacuer ses troupes des villes de Cisjordanie, comme l’accord signé, le 13 septembre 1993, à Washington, lui en faisait obligation.Mais dans l’atmosphère délétère qui règne aussi bien en Israël que dans les territoires, une rupture pure et simple n’est plus à exclure.Car dans l’État juif, peut-être plus qu’ailleurs.le recours au terrorisme déstabilise toujours grandement le gouvernement et plus encore la société, provoquant, chaque L’école qu’on s’arrache Une école d'immersion suscite un enthousiasme fou BRIAN MYLES LE DEVOIR Seule la vente de billets pour les Rolling Stones aura suscité pareille frénésie.L’inscription pour le niveau primaire qui a eu lieu hier à la réputée Royal Vale, l’une des 14 écoles d’immersion française de la CEPGM, a été courue par les parents trois jours à l’avance., Depuis son ouverture en 1988, I Royal Vale, une école publique de la Commission des écoles protestantes du grand Montréal (CEPGM), suscite la curiosité et la convoitise.L’engouement dont les parents font preuve lors de la période d’inscription annuelle ne fait qu’accroître la popularité de cette école de 400 élèves.La politique du «premier arrivé, premier servi» fait craindre le pire aux parents qui n’ont pas hésité, l’année dernière, à faire le pied de grue devant l’école pendant toute la semaine précédant l’inscription.«Il fallait trouver un nouveau moyen pour minimiser la présence VOIR PAGE A 8: ÉCOLE Tremblay n’inspire plus Bern Le cinéaste français abandonne son projet de film ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Mt c h e 1 Tremblay qui avait sorti tambours et trompettes en conférence de presse le 23 septembre dernier, pour annoncer que le cinéaste français Claude Berri allait porter à l’écran une adaptation de ses deux romans de la veine homosexuelle Le Cœur découvert et Le Cœur éclaté , repart Gros-Jean comme devant.Le Claude Berri Michel Tremblay VOIR PAGE A 8: SÉPARATION projet qui devait donner la vedette au populaire comédien Daniel Au-teuil a coulé à pic au grand dam de l’écrivain dramaturge.Rien n’avait été signé entre les productions Claude Berri et Michel Tremblay.Seul l’enthousiasme du cinéaste — et le feu vert de Berri pour lâcher le morceau — avait incité Tremblay à lancer la nouvelle (prématurée) d’une entente.«Pour une fois dans ma vie que je dis quelque chose à l'avance, il fallait bien que ça s’écroule», commentait hier avec VOIR PAGE A 8: TREMBLAY . L E I) E VOIR, I, E M A II 1) I 2 4 .1 A N V I E It I !) !) .1 A 2 LES ACTUALITES Québec reconnaît l’Église raélienne STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Les raéliens sont au septième ciel: à la fin décembre, le mouvement raélien a obtenu le statut de corporation religieuse auprès de l’inspecteur général des institutions financières du Québec.,Les lettres patentes constituant en corporation l’Église raélienne ont été délivrées le 19 décembre dernier.Le mouvement aura mis au moins cinq ans à obtenir ces documents officiels.«Nous sommes très heureux», dit simplement Raël lui-même, joint au téléphone à Montréal.Claude Vorilhon, dit Raël, est le fondateur de ce mouvement soucoupiste.Ancien chanteur pop sans succès, il affirme a,voir reçu des messages d’extraterrestres (les «Élohims») qui l’auraient emmené sur leur planète dans les années soixante-dix.Depuis, le «guide des guides» a pour mission de révéler que ces extraterrrestres ont créé l’Homme en laboratoire, il y a longtemps, et qu’ils reviendront bientôt sur terre pour aider à établir un gouvernement mondial.Le mouvement revendique 32 000 membres à travers le monde, dans plus de 80 pays.Il y aurait 4000 raéliens au Québec.Le gouvernement québécois est le premier,à «reconnaître» de cette façon administrative «l’Église raélienne».«L’Église raélienne devient donc une religion officielle au même titre que les religions catholique, musulmane, bouddhiste et judaïque», peut-on lire dans le communiqué de presse diffusé hier par les raéliens.«La lettre patente est très claire, ajoute Raël: il est écrit Église raélienne».«On ne fait pas une reconnaissance officielle d’une religion», précise pourtant Michel Gui-mond, agent de recherche au bureau de l’Inspecteur général.«On ne porte pas un jugement philosophique ou théologique sur la valeur de la religion».L’inspecteur général se contente de «délivrer à une corporation une charte qui lui permet de se livrer à certaines activités dans le cadre de la Loi sur les corporations religieuses».Les lettres patentes de l’Église raélienne spécifient que la corporation est notamment constituée pour «organiser, administrer et maintenir une église de la religion raélienne, et ce à des fins strictement religieuses sans avantage pécuniaire pour ses membres (.)».Mais pour que les dons recueillis soient déductibles d’impôt, la nouvelle corporation religieuse devra entreprendre des démarches auprès du gouvernement fédéral.Cette requête sera toutefois traitée indépendamment de celle qui a conduit à l’incorporation de l’Église raélienne.Au Québec, actuellement, 691 corporations religieuses détiennent leurs lettres patentes (des Églises bien sûr, mais aussi des organismes de charité, des écoles, etc.).Quarante-six lettres patentes ont çté accordées en 1992-1993, par exemple à l’Église de Scientologie.Les refus d’incorporer sont rares et résultent le plus souvent d’un vice de formulation dans la requête de reconnaissance.Fin d’un long cauchemar juridique UADN sauve Guy Paul Morin Toronto (PC) — Le long cauchemar juridique de Guy Paul Morin vient de se terminer.Grâce à un nouveau test d’ADN qui prouve son innocence, cet Ontarien de 34 ans a finalement été disculpé, hier, du terrible meurtre sexuel de la petite Christine Jessop commis voilà plus de dix ans et pour lequel il avait été accusé, acquitté, puis trouve coupable et emprisonné pendant 18 mois.Immédiatement après sa disculpation, Guy Paul Morin s’est fait offrir un dédommagement financier par le Procureur général de l’Ontario — dédommagement qui reste à négocier, mais qui se chiffrera au moins à 250 000 $, ne serait-ce que pour rembourser ses frais judiciaires.Le Procureur général a également annoncé qu’il venait de nommer Me Alan B.Gold, l’ex-juge en chef de la Cour supérieure du Québec, pour étudier la possibilité de tenir une enquête publique sur cette affaire, dont on dit qu’elle est î’une des plus longues de l’histoire juridique canadienne.Me Gold a 30 jours pour formuler ses recommandations quant à la meilleure façon de faire la lumière sur le comportement des policiers et de la poursuite dans ce dossier, surtout depuis le deuxième procès.Les avocats de M.Morin prétendent que la police et la Couronne ont commis une série d’inconduites qui les ont amenés à condamner un innocent.Hier, le sous-ministre de la Justice — qui remplaçait le Procureur général Marion Boyd, en voyage à Victoria pour une conférence ministérielle — a expliqué que le processus qui débute avec Me Gold servira justement à «maintenir la foi du public dans l’administration de la justice».«Notre système est encore parmi les meilleurs au monde, mais il n’est pas infaillible», a déclaré Me Larry Taman.Et, depuis Victoria, la ministre Boyd a envoyé un communiqué exprimant «ses plus profonds regrets à M.Morin, ainsi qu’à sa famille.Elle ne peut pas imaginer d’expérience plus troublante».De plus, on a annoncé que l’enquête policière reprendra en vue de trouver le véritable assassin de la petite Jessop, qui n’avait que neuf ans lorsque son cadavre mutilé a été retrouvé en octobre 1984.A sa sortie de cour, Guy Paul Morin a dit qu’il se sentait «comme un homme ressuscité».«Je me sens tout léger (.) Une nouvelle vie commence pour moi», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il fallait dorénavant que ce genre d’erreur judiciaire ne se reproduise plus jamais.En cour, lorsque le juge Dubin a rendu son verdict d’acquittement, la famille, les amis et les supporters de M.Morin se sont mis à crier et à sauter de joie.Guy Paul Morin a longuement serré dans ses bras Joyce Milgaard, la mère de David Milgaard, cet autre Canadien devenu célèbre après avoir purgé 23 ans de prison pour un crime qu’il n’avait pas commis.Dans le cas de Guy Paul Morin, c’est la science qui l’a sauvé: jeudi dernier, les avocats de la défense ont obtenu les résultats d’un nouveau test d’ADN qu’ils avaient commandé à des experts — deux Américains, un Canadien — en vue de prouver une fois pour toutes l’innocence de leur client, lors de la requête en appel qui devait débuter hier.Guy Paul Morin Cantel sait parler affaires! Le Motorola 850 : un téléphone portatif doté d'une multitude de fonctions.i i tüv ¦ wxy Imaginez! 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