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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-02-08, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Vol.I.X X XVI - No 3 2 M O N T II E A I.I.E M E R C H E I) I 8 E E V II I E II (i r> T V Q I T o r o n canadiens en choisissant leur prppre,, échéancier.,, _,, D’autres manifestations des.étudiants du Québec ont eu lieu à Qué> ; bec, Sherbrooke et Chicoutimi.Lé) j froid a empêché la grande marche)} dans les rues de Montréal mais pg j n’est partie remise, selon le contenu du budget Martin: «L’ambiance est , super bonne dans les cégeps», devait confier la présidente de la Fédération.: étudiante des cégeps.Mouvement de grève parmi les enseignants français Paris (Reuter) — Un mouvement de grève accompagné de manifestations rassemblant des milliers de personnes a touché hier l’enseignement public en France, de la maternelle à l’université, afin de réclame;- davantage de moyens.A Paris, des incidents opposant manifestants et forces de l’ordre ont éclaté.De 200 à 300 jeunes gens, le visage masqué, ont lancé des projectiles sur les policiers et gendarmes mobiles qui, au carrefour des boulevards Ras-pail et Saint-Germain, leur barraient l’accès au quartier des ministères.Selon des témoins, plusieurs magasins, dont une bijouterie et un magasin de vêtements, ont été pillés.Les manifestants ont essayé de prendre d’assaut une armurerie mais ont été repoussés par le propriétaire et les vendeurs.Auparavant, enseignants, étudiants et lycéens avaient manifesté dans le calme.Une première colonne de 15 000 personnes selon les organisateurs, 8000 à 10 000 selon la police, et une seconde regroupant la moitié de ce nombre s’étaient rejointes dans l’après-midi aux abords de l’hôtel Matignon.A l’appel de la Fédération des syndicats unitaires (FSU), des milliers d’enseignants, d’élèves et étudiants, ont également manifesté dans la plu-, .part des grandes villes de province.,, D’après la FSU, la grève a été sui-, vie par «plus de 50 % du personne^ -enseignant» dans tous les secteurs.) j Le SNES, composante de la FSU, a ,| avancé une participation supérieure à 60 % dans le second degré.«Le gouvernement doit tenir compte de ce mécontentement et de cette détermination et ouvrir immédiatement des négociations», a déclaré la FSU dans un communiqué.La Fédération de l’éducation nationale (FEN) n’avait pas appelé à la grève mais avait invité ses sympathisants à participer aux manifestations, à l’instar de nombreuses organisations de gauche, dont le Parti socialiste.r I Dans un communiqué, la FEN a [ regretté que le premier ministre pif, refusé de recevoir une délégatiqri dq • grévistes.,, , Au départ, le 7 février ne dçVait, être qu’une journée de défense du statut des enseignants-chercheurs, mécontents du budget qui leur a été • attribué le mois dernier., , r v Mais l’appel lancé début janyi)er, par la seule FSU s’est progressive; i ment étendu à tous les secteurs de l’éducation.I K I) K V 0 I H I.K M E K C R E I) S K E V R I E U I !) !) f> A 3 LE DEVOIR MONTREAL Compressions budgétaires -^ I Projet de concubinage entre les hôpitaux de Verdun et LaSalle ISABELLE PARÉ LE DEVOIR ' ompressions budgétaires aidant, les deux princi-' paux hôpitaux du sud-ouest de Montréal, le Centre hospitalier de Verdun et l’hôpital général LaSalle, se côurtisent et étudient sérieusement l’éventuel mariage dés deux établissements.En décembre et janvier derniers, les conseils d’administration des deux hôpitaux qui desservent les villes de LaSalle et de Lachine ont adopté des résolutions pour donner le feu vert à une étude sur le rapprochement des depjc, institutions., Les pourparlers finaux ont eu lieu hier et, à la fin du mois, les deux hôpitaux franchiront une nouvelle étape en'procédant à la création d’un comité stratégique spécifiquement chargé de préparer le terrain à un regroupement.Une personnalité neutre de la région du sud-ouest de,Montréal, extérieure au milieu hospitalier, sera invitée a présider ce comité, ont précisé hier les deux direc-teürs généraux des hôpitaux concernés.*En bout de ligne, ça pourrait vouloir dire la création d’un.conseil d’administration commun.Si on se rend aussi loin que ça, c’est sûr qu’il y a aura “une nouvelle botté” avec un nouveau nom», a expliqué hier le Dr Jacques Demers, directeur intérimaire du Centre hospitalier de Verdun.«On veut un hôpital de l’an 2000.Il y a des choses qu’on sva abandonner, d’autres qu’on va devoir développer davantage.Ce qu’on sait, c’est qu’avec les compres-sidhs, on va être obligés de le faire.On est condamnés à réussir», a renchéri son collègue, Georges Maillet Jr, directeur de l’hôpital général LaSalle.Mais d’ici là, il reste bien des études à faire, bien des étapes délicates à franchir.Chose certaine, il faudra quand même accélérer le pas, compte tenu des compressions majeures de l’ordre de 400 millions $ annoncées par Québec pour l’année qui vient.«On pense que ça sera plus facile de faire les compressions ensemble.Les échéanciers budgétaires nous amè-néhît aussi à se rapprocher à une certaine vitesse», a précisé lé Dr Demers, même s’il insiste sur la nécessité de ne'pâs bâcler le travail et de ne pas procéder à la hâte.Dé fait, le Centre hospitalier de Verdun, qui compte 378! lits de courte durée, un budget de 60 millions $ et 1700 employés, devra faire face à des compressions budgétaires de l’ordre de plus 6 millions $ par année d’ici trois ans.L’hôpital général LaSalle, avec ses 253 lits, un bûdget de 26 millions $ et 750 employés, envisage un mânque à gagner de près de 3,6 millions d’ici 1998.Bref, en trois ans, ces deux hôpitaux du sud-ouest de Montréal disposeront d’un budget amputé de 10 millions $ pour donner les mêmes services à la population.Un défi de taille, qu’on juge presque impossible à relever satis rationaliser à plus large échelle.¦'«Ce que nous voulons d’abord, c’est éliminer les dé-dôüblements, coordonner nos activités et faire des achats communs.Tout doit être remis en question», ajtiute le Dr Demers.Il est donc difficile de dire pour l’instant quel sera le noûveau visage de ces deux hôpitaux si un regroupement devait aboutir.On fera d’abord la liste des services donnés par chacun, on jaugera les forces et les faiblesses de l’un et l’autre.Au terme de ce processus seulement, on pourra déterminer quel établissement serait le plus propice pour donner tel ou tel type de services.«Les cibler immédiatement, ça serait déstabilisant.11 faûf nâettre tout le monde dans le coup», précise le Dr Démers.L’hôpital général LaSalle est reconnu pour son unité familiale, où s’effectuent plus de 3000 accouchements pah année.Il joue à ce titre le rôle de centre mère-enfant pour toute la région du sud-ouest de Montréal.Le Cëntré hospitalier de Verdun dispense pour sa part une gràiidê variété de services, dont des services de deuxième et même de troisième ligne.Tant M.Maillet que le Dr Demers affirment que ce prôjet de mariage n’est pas encouragé par une menace dé'fermeture, mais bien par des impératifs économiques et leur complémentarité naturelle.Les deux hôpitaux se trôüvent à une douzaine de kilomètres de distance.Lès hôpitaux ont d’ailleurs déjà créé un journal commun, intitulé L’Interactif qui servira à diffuser les mêmes informations aux employés, aux cadres, aux médecins et aux'conseils multidisciplinaires des deux hôpitaux.Atout de plus, les deux maires des municipalités, Georges Bossé, de Lachine, et Michel Leduc, de LaSalle,‘ont levé leur chapeau à ce projet de regroupement.«Ils nous ont donné leur bénédiction», a commenté hier Georges Maillet Jr.Ce regroupement est d’autant plus délicat que le Centre hospitalier de Verdun, avec ses 1700 employés, constitue le premier employeur de ce secteur du sud-ouest de Montréal.A l’instar de son voisin, l’hôpital général LaSalle se situe au deuxième rang des employeurs dé l'aïnunicipalité, d’où l’importance de faire les choses eri douceur.«Les compressions vécues dans les deux hôpitaux ont déjà des conséquences tout au moins aussi graves sur l’emploi dans la région, note le Dr Demers.Il ne faut pas sous-estimer le rôle économique que jouent nos'institutions dans une région», de conclure son collègue ’de l’hôpital de LaSalle.Choquette n’a pas acquitté le quart de sa dette électorale KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le quart des dépenses effectuées par le Parti des Montréalais au cours de la campagne électorale n’ont pas été acquittées tel que prescrit par la loi.Selon le rapport des dépenses électorales déposé le 4 février, des factures s’élevant à 111 061,71 $ n’ont pas été honorées, sur un total de 458 666 $.Il s’agit principalement de frais de publicité et de services de communications.Le Parti des Montréalais (PM) a une dette de plus de 20 000 $ envers l’imprimerie Raîche et une autre de 17 000 $ envers l’imprimerie Sainte-Claire.La directrice des communications, Monique Letarte, qui avait été embauchée dans les derniers kilomètres de la campagne pour tenter de freiner l’ampleur de la défaite, n’a empoché qu’une très maigre part de la somme qui lui est due; 13 530,53 $ sur 15 093,66 $ sont impayés.Cette situation pourrait compliquer le remboursement des dépenses électorales qui équivaut à 50 % des dépenses faites et acquittées.Ainsi, les deux candidats du PM qui ont été élus, Jeremy Searle et Michael Applebaum, pourraient ne pas être remboursés pour les factures qui sont toujours en suspens.De plus, la formation politique de Jérôme Choquette a déposé un rapport de ses dépenses électorales qui ne respecte pas la forme édictée par le directeur général des élections.Le bilan fourni se présente sous une forme si brouillonne qu'il devient difficile de trouver comment le Parti des Montréalais (PM) a réussi à additionner les colonnes de chiffres pour obtenir le total des dépenses.Les partis municipaux doivent en effet établir leurs dépenses dans des secteurs bien précis: publicité, services et biens fournis, location de locaux, frais de voyage et de repas ainsi que dépenses personnelles payées par les candidats et remboursées par l’agent officiel.Le rapport du PM indique entre autres, sous le titre des activités politiques, des dépenses de 8 391,12 $.S’agit-il de location de locaux?Les documents remis par Vision Montréal (VM) et le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) sont nettement plus clairs, ce qui ne garantit en rien la validité des données.M.Réal Lavallée et son équipe, délégués par le directeur général des élections, effectueront la vérification des rapports au cours des prochaines semaines.Québec contre-vérifiera par la suite en procédant par échantillonnage.Après ces étapes, les chiffres fournis par les partis municipaux, qui s’accompagnent dans le cas de VM et du RCM de quelques boîtes remplies de pièces justificatives, pourraient être modifiés.Par exemple, des affiches sur l’S- Sv lesquelles n’apparaissait pas le nom de l’agent officiel pourraient ne pas être reconnues comme dépense électorale.Dans son rapport, VM établit ses dépenses totales à 483 952,08 $ contre 567 834,60 $ pour le RCM.Le parti de Pierre Bourque a concentré ses dépenses dans trois volets (publicité, services et location de locaux).Il lui en a toutefois coûté près de 200 000 $ de moins qu’au RCM pour tapisser la ville de pancartes publicitaires (le RCM avait opté notamment pour de la publicité télévisée), soit 258 470,63 $ par rapport à 444 044,98 $.La Coalition démocratique-Mont-réal écologique a mené une campagne plus modeste en ne dépensant que 68 887,78 $.Pour se faire réélire, les indépendants Michel Prescott et Marcel Sévigny ont respectivement dépensé 6 465,67 $ et 5566,44$.Quant à la candidate à la mairie de Montréal, Carole Caron, qui, malgré son silence durant la campagne, a recueilli 1433 votes, elle n’a investi que 20,33 $ pour tenter de se hisser à l’Hôtel de Ville.Sa publicité a coûté 6,83 $.Jérôme Choquette m ! jS; Ü mt m PHOTO JACQUES GRENIER L’ACADÉMIE DES GRANDS MONTREALAIS vient d’accueillir trois nouveaux membres qui se sont illustrés pour leur apport exceptionnel au prestige de Montréal.Il s’agit du mathématicien Maurice L’Abbé, du sculpteur Charles Daudelin et de l’homme d’affaires Pierre Péladeau.Le maire Pierre Bourque a reçu les trois personnalités hier pour une cérémonie à l’hôtel de ville.Québec modifie le règlement sur les aides visuelles Les personnes aveugles se disent pénalisées CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Les aveugles et les semi-voyants du Québec se disent pénalisés par un projet de règlement du gouvernement du Québec qui modifierait le mode d’allocation des aides visuelles, comme la canne blanche, les chiens-guides, l’ordinateur spécialisé en alphabet grec et en braille pour le travail et les études des aveugles, et la télévisionneuse pour les personnes âgées dont la vue baisse.En effet, en vertu d’un projet de règlement publié le 15 décembre dernier dans la Gazette officielle du Québec, les aveugles et les semi-voyants devront se procurer des assurances auprès de compagnies privées pour garantir leurs biens, même si ceux-ci ne leur appartiennent pas.Or, la plupart de ces appareils coûtent très cher et les primes d’assurances pourraient coûter jusqu’à 500 $, selon Richard Lavigne, président du Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain.M.Lavigne voit là de la part du gouvernement une façon d’imposer un ticket modérateur sur des services qui devraient être considérés comme des services de santé.Par ailleurs, le nouveau règlement prévoit aussi que les aveugles et semi-voyants retourneraient les ordinateurs à l’Institut Nazareth, qui en est propriétaire, immédiatement après leur travail ou leurs études.A l’heure actuelle, les aveugles et semi-voyants peuvent conserver cet ordinateur, d’une valeur d’environ 10 000 $, pra- Élections scolaires: le MLQ propose une administration unique sur l’ïle de Montréal •• : PAUL CAUCHON LE DEVOIR * »: .*• * De l’avis du Mouvement Jai'que québécois, c’est le Conseil scolaire de l’île de Montréal qui de-vniit administrer l’ensemble de la chose scolaire à Môhfréal: c’est donc auprès du Conseil scolaire que la population devrait élire des représentants plutôt qu’-auprès des huit commissions scolaires de Elle.Invité hier soir à comparaître devant la Commission1 d’enquête sur les élections scolaires, qui poursuit cette semaine ses travaux à Montréal, le Mouvement laïque (MLQ) entendait proposer l’ipstau-ràtîôri d’une administration unique sur Elle de Montréal.* lui/fip i J al r«J ! ) nffiji'! quelqu’un me prête des propos que,jq l[r ne tiens pas, et je crois qu’il éxistqjgjj une obligation de mettre les choses en clair.- A\ La semaine dernière, dans Le, D^[ voir, André Ségal, professeur d’histojp, 1)V re à l’Université Laval, m’a placé dgppur le même sac avec Pierre Bourgqvdho?comme quelqu’un qui propage yqlwf,-ji discours terroriste des nationali^tppr,-i_ canadiens».Bon, c’est son opiqip%i.j> mais il se base sur des affirmation^ jr^L correctes.>.hqtiJiéf M.Ségal écrit que je suis paçmg: eux qui n’accepteraient pas la déc)- , sion démocratique des Québécois, aq.^, : point qu’on refuserait de négocier,,k.avec un Québec souverain et essaie^.,-rait même de le briser.La défense du; Canada autoriserait «tous les moy^n%-:ip| tous les mépris, toutes les menace-pin; Ce n’est pas ma position.Oui, j’ejqi,i;v gérais une majorité plus forte que 5(1, % pour une déclaration d’indépendaityk'jj ce (un sentiment partagé, d’après unçrj série de sondages, par la plupart (le^u^| Québécois), mais je n’ai jamais jodlma qué qu’il ne fallait pas accepter,unp,,,{, décision claire de la population Québec et je n’ai jamais dit, mêmçj; pas insinué, que l’utilisation de la forj-r.,f; ce serait légitime.Je ne me situe pas dans le camg^ des légalistes qui se contentent de w dire que la constitution canadienne^ ne parle pas de la sécession djuaei province et donc c’est illégitime, n’eRS parlons plus.Dans ma chronîqüer®' dans The Gazette, au mois de décembre, j’ai critiqué le premier ministre Chrétien pour ses «déclarations simplistes» à cet égard.«Pfft!» ai-je écrit.«Si les gens du Québec décident véritablement de faire sécession, le manque d’approbation constitutionnelle ne va pas les empêcher.Comme disait le généfal de Gaulle, en ayant informé qli’il n’avait pas le droit de retirer ses forces du commandement de l’OTANj dans les années 60, quand on part, oh part.» Une dernière ligne: M.Ségal indique que je suis dans les rangs de ceux qui réduisent les aspirations québécoises à «quelque nationalisme ethnique plus ou moins puant».Ça me désoie; c’est exactement le contraire de ce que j’ai écrit pendant 30 ans de journalisme.PROPOS -?- / .d’emplois dans les sociétés d’Etat Le nombre d’employés à plein temps des sociétés d’État a chuté de 2,3 %, ayant été ramené de 117 751 en 1992-1993 à 115 096 en 1993-1994.Le nombre total d’employés à plein temps des sociétés d’Etat a été réduit de 69 341 depuis 1986-1987.L’élimination de 34166 postes est attribuable à la privatisation ou à la dissolution de sociétés.Si l’on exclut les sociétés qui ont été privatisées ou dissoutes depuis 1986-1987, les gains de productivité et les rationalisations réalisés par les sociétés existantes ont donné lieu à une réduction de 23 % de l’effectif, soit 35 175 employés.Cinq sociétés accaparent 84 % des employés à plein temps des sociétés d’Etat: la Société canadienne des postes compte 43 699 employés, la Compagnie des chemins de fer ijatio-naux du Canada (CNR) en compte 34 707, alors que la Société RadioCanada (SRC), VIA Rail Canada inc.et Energie atomique du Canada, limitée (EACL) ont respectivement un effectif de 9117 employés, 4368 employés et 4287 employés.) Conseil du Trésor, Ottawa, rapport annuel 1994 LE DEVOIR FONDÉ PAR BE N RI B0DRASSA IE 10 JANVIER Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en cher BERNARD DESCÔTE AIIX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS TIIOUIN Directeur de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCH COTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND YVES CARIONAN 2050, rue de Blenry, De étage, Montréal (Qnébec) II3 A S MO.Tel.: (5 1 4) 985-3 FAIS CE QUE DOIS 9 I 0 333 l1 I.E I) E V (MR, LE M E It C It E I) I 8 F E V It I E It I !) !) 5 A 9 IDEES Prisonniers de leur environnement Les Canadiens anglais ont beaucoup de difficulté à reconnaître quelque vertu au nationalisme québécois PHOTO ARCHIVES i%*: T , .iM ' « r,,.?'• I SaeH.jPStsw’» K» iWÙEPENDAJcr IEJ£ •' i MmmWMW,, i-vii » &_• « âf - >.^ MK ü :»(«!! I n « Arts et culture Les régions montent au front THÉRÈSE DOM1NGUE Présidente du Conseil régional de la culture, Cœur du Québec • il a controverse autour de la réforme éven- Ltuelle du Conseil des arts et des lettres du Québec persiste toujours.On pouvait lire dans l’édition du Devoir du 19 janvier sous la plume de Paule Desrivières: «Consternation dans le milieu culture: les propos -de la ministre Dionne-Marsolais sur le CALQ et la SODEC font craindre une repolitisation des dossiers».Le CALQ doit devenir la pierre angulaire du soutien et de l’épanouissement des arts et la culture sur l’ensemble du territoire québécois.Pour ce faire, il faut entre autres revoir la philosophie qui sous-tend la gestion des programmes d’attribution des bourses aux créateurs et aux organismes ainsi que la présence d’artistes professionnels oeuvrant en région au sein des jurys tel que défendue par les présents membres du conseil d’administration du CALQ.Pourtant, au moment de la création du Conseil des arts, l’ex-gouvernement libéral lui avait confié «le mandat de soutenir les créateurs afin qu’ils aient la possibilité de s’adapter aux nouvelles technologies, de se ressourcer et d’être confrontés à des démarches artistiques à l’extérieur de leur région ou du Québec (La Politique culturelle du Québec, p.66)».Or, l’évaluation comparative «au meilleur» des dossiers par discipline sur l’ensemble du territoire, la faible représentation régionale au sein des jurys ainsi que la disparition du concept des enveloppes budgétaires protégées risquent de porter un coup fatal à l’épanouissement, voire même à la survie, des arts et de la culture dans les régions.Tous doivent comprendre et accepter, au ministère comme au CALQ, que les arts et la culture ne sont pas l’apanage d’un groupe privilégié de la métropole ou de la capitale nationale, mais qu’ils appartiennent de droit à tous les artistes et artisans du Québec, peu importe leur lieu de pratique.Un ministère de la Culture et des Communications qui se respecte, de même qu’un organisme subventionnaire qui travaille réellement au soutien et à la reconnaissance des différentes pratiques artistiques et culturelles selon les spécificités de chacune sur l’ensemble de son territoire, ne saurait se permettre d’encourager la désertion régionale au profit d’une plus grande centralisation sous aucun prétexte rationnel et raisonnable.D’autant plus que la problématique de la décentralisation émerge directement du programme du nouveau gouvernement.Ironiquement, la vague de protestations suscitée par Mme Dionne-Marsolais témoigne de l’ampleur du problème en même temps qu’elle souligne à double trait la fragile ouverture du milieu artistique et culturel métropolitain à l’égard des régions.Or, que cela plaise ou non, les régions du Québec ne sont pas le foyer d’accueil des productions montréalaises en mal de rentabilité, elles constituent ap contraire des entités d’une extraordinaire richesse créatrice.L’équité en matière artistique et culturelle est l’affaire de tous, et les régions n’ont pas à s’excuser d’exister non plus qu’à mendier pour survivre.Nier cette réalité, c’est étouffer l’expression des artistes œuvrant dans les régions.C’est aussi endosser une situation pernicieuse dans laquelle le Québec ne peut s’enfoncer davantage.Si les propos de Mme Dionne-Marsolais éclaboussent la plupart des intervenants engagés dans le dossier du CALQ en remettant en question le code de déontologie qui guide la démarche de l’organisme, et singulièrement de ses membres, ils ont à tout le moins le mérite de susciter l’émergence de la véritable problématique du Conseil des arts.En effet, pour la première fois dans la petite histoire controversée du CALQ, on peut se réjouir de constater l’existence d’un réel débat public et démocratique sur les enjeux fondamentaux qui guident la réforme anticipée des modes de financement des créateurs et des organismes artistiques et culturels au Québec.Les batailles rhétoriques qui s’organisent doivent s’articuler autour d’un objectif commun à tous, celui de soutenir toutes les pratiques artistiques et culturelles sur l’ensemble du territoire.C’est le Québec entier qui en sortira vainqueur.Les arts et la culture ne sont pas l’apanage d’un groupe privilégié de la métropole ou de la capitale nationale L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Giîles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Guy Taillefer (.adjoint au directeur de l’information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Benoit Munger, Odile Tremblay: à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Ven-ne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l'information sportive: Yves d'Avignon: Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge La-plante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice).Yves Williams (superviseur.Avis publics et annonces classées).Jacqueline Avril.Daniel Barbeau.Jean de Billy.Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté.Sylvie Hanna, Christiane Legault, André Mélançon.Suzanne Miscevic, Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L'ADMINISTRATION Henry Riedl, c.m.a (contrôleur).Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross.Linda Thériault (adjointe à l’administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.Rachek le Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur).Chrvstian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Jean Lemav (directeur adjoint, production et informatique).Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard DesCormiers, Caroline des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hu-don.Svh-ain Lesage.Christiane Vaillant.Christian Vien.Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA I FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président et directeur général).1 A 8 L li I) K \' () | R .I.E M E H C H E I) I K E Ê V R I E R I !» !» 5 E I) I T 0 R I A L Le modèle de Lévis Lise Bisson nette De toute évidence, la condamnation générale que vient de subir l’ensemble du système universitaire québécois par un juge qui n’est autre que le ministre de l’Éducation, Jean Garon, prend sa source dans le vieux rêve particulier de celui-ci, qui voudrait voir naître une université dans son comté de Lévis.un peu partout, et multiplier les coûts d’infrastructures.La chose qui trouble, c’est plutôt que le ministre fasse ainsi de son rêve particulier un modèle général, et arrive avec une idée toute faite là où son gouvernement, hier encore en campagne électorale, proposait une réflexion ouverte à partir d’états généraux de l’Éducation.«Si les États généraux doivent avaliser les préjugés de M.Garon, ça ne sert à rien de les tenir», déclarait lundi au Devoir le recteur de l’Université Laval, Michel Gervais.Remarque d’autant plus pertinente que le Parti québécois, en formulant cette promesse, voulait justement remédier à la façon de réformer que M.Garon semble désormais privilégier.Durant tout le règne libéral, le ministère de l’Éducation a refusé net un examen global du système d’éducation du Québec, malgré les résultats médiocres, dans tous les ordres d’enseignement, de trente ans d’efforts.On a donc réformé à la pièce, selon les coups de coeur des ministres successifs, avec de notoires effets pervers.Le resserrement de l’enseignement professionnel a fait grimper à des taux tiers-mondistes l’abandon des études secondaires, le tripotage des programmes du cégep a mis en lumière les carences de la formation de base au primaire et au secondaire.A deux mois de l’élection, le gouvernement commençait à se demander quelles étaient les fins de l’enseignement qu’il n’avait cessé de conduire à hue et à dia comme s’il les connaissait C’est de ce coûteux dégât, de ce long gaspillage d’énergies qu’est née l’idée, accueillie avec enthousiasme dans la plupart des milieux d’éducation, d’une étude complète du système, sous la forme d’états généraux.En décrétant déjà le modèle d’enseignement universitaire qu’il veut privilégier, le ministre court-circuite doublement le processus.D’une part il écarte les réflexions contraires à la sienne, d’autre part il donne priorité à l’aboutissement des études plutôt qu’à la formation de base, l’erreur même dans laquelle s’était enfoncée le régime libéral, et qui a stérilisé toute son action éducative.M.Garon est un excellent député de Lévis, certes, mais il est surtout, désormais, ministre de l’Éducation 1 faut savoir que la région de Chaudiè-re-Appalaches produit déjà des diplômés universitaires, formés par des professeurs et chargés de cours dépêchés par l’Université du Québec à Rimouski.M.Garon sème depuis des années le doute sur la qualité de cet enseignement venu d’une autre région et du mauvais côté du fleuve.Et certes, on peut se demander avec lui si ces centres universitaires, qui champignonnent un peu partout au Québec au gré des appétits locaux et des volontés d’expansion des universités, sont une bonne idée.Comme un dossier d’information le soulignait hier en nos pages, il est bien difficile, même pour les meilleurs professeurs, d’exiger une performance vraiment universitaire d’étudiants qui ont un accès limité à des ressources élémentaires, dont les bibliothèques et les outils de recherche.Belle question pour les futurs états généraux de l’éducation, que de se demander s’il faut créer de nouveaux établissements universitaires tout équipés à Lévis ou à Saint-Jérôme, ou s’il faut cesser le saupoudrage et demander aux universités de concentrer leurs énergies sur les campus existants.M.Garon, lui, a déjà décidé.Car Lévis décide de tout.C’est au sujet de cette vieille promesse électorale qu’il était interrogé à l’Assemblée nationale quand, au grand ébahissement subséquent du milieu universitaire, il a annoncé des «changements considérables» dont sa volonté de fractionner le système sur l’ensemble du territoire, en universités à la fois plus petites, plus spécialisées, et se faisant concurrence.«On va arrêter de faire des folies et de gaspiller notre argent», a-t-il décrété à l’intention d’établissements dont la plupart, depuis une dizaine d’années, ont sabré des services essentiels pour survivre à d’énormes compressions.Ce qui est le plus inquiétant, dans les propos du ministre, ce n’est pas sa chimère lévisienne.Si le gouvernement n’a pas de crédits pour améliorer les conditions des centres universitaires hors les murs, il n’en aura pas Pour l’amour de son comté, M.Garon répète l’erreur libérale plus pour fractionner le système, vider une partie des universités existantes pour en construire de plus petites __ pour l’ensemble du Québec.Il a tendance à l’oublier.Franc, mais maladroit Jean-Robert Sansfaçon es milieux politiques fédéraux n’ont pas tardé à sauter sur l’os que vient de leur servir le ministre québécois des Finances Jean Campeau en affirmant qu’un Québec indépendant pourrait refuser d’assumer sa part de la dette fédérale en cas de mésentente quant au partage des sommes dues.En elle-même, la déclaration de M.Campeau n’a rien d’extraordinaire, on a déjà entendu pire de la bouche des membres du cabinet fédéral: Ron Irwin, par exemple, à propos de la possibilité qu’Ottawa accoure au secours des autochtones d’un Québec indépendant, ou encore, le premier ministre Chrétien lui-même concernant l’absence pure et simple de droit du Québec à l’indépendance.Pour tout dire, M.Campeau a tout à fait raison quant au fond: un gouvernement du Québec devenu souverain ne contribuerait au remboursement de la dette fédérale que dans une proportion préalablement négociée et acceptée par les deux parties.On imagine facilement chacun des deux gouvernements défendre ses intérêts, refusant la position initiale de l’autre.D’ailleurs, on avance déjà des chiffres qui pourraient servir de base à la négociation, le ministre québécois évaluant à quelque 18,5 % de la dette fédérale la part qui lui reviendrait après partage des actifs, son homologue fédéral suggérant plutôt 27 %.On ne risque pas beaucoup en imaginant une entente qui se situerait quelque part entre les deux, une fois prises en compte la répartition des actifs entre les deux nouveaux pays et la portion plus théorique que réelle de la dette qui est due à la Banque du Canada, notre banque.Contrairement à ce qu’on affirme de façon irresponsable dans certains milieux nationalistes du Canada anglais, Ottawa devrait donc négocier rapidement avec un éventuel Québec indépendant.Tant pour le partage des responsabilités et le remboursement de la dette, que pour rassurer les créanciers, soutenir la devise commune et stimuler l’activité économique.Il n’y donc pas d’alternatives à la négociation, sinon l’affrontement.Ce que personne ne souhaite au Canada, à l’exception d’une poignée d’extrémistes et d’illuminés qu’il faut continuer de dénoncer.Si la sortie de M.Jean Campeau, cette semaine, peut malgré tout être considérée comme malhabile, voire inacceptable, ce n’est donc pas à cause de son contenu, mais à cause de la fonction stratégique occupée par ce ministre au sein du gouvernement.M.Campeau est le responsable des finances d’une région qui aspire à devenir un pays.Il devait savoir que sa fonction l’oblige à beaucoup de prudence et de réserve.Le Québec doit déjà supporter une dette de 100 milliards de dollars, incluant les emprunts d’Hydro.Indépendant, cette somme pourrait plus que doubler.Les marchés financiers le savent et profiteront de chaque faux pas pour exiger une prime de risque supplémentaire.En tant que contribuables, souhaitons que nous n’aurons pas à payer pour cette maladresse.Mais en tant qu’électeurs, exigeons de la part du nouveau ministre des Finances qu’il fasse ses preuves et qu’il établisse solidement sa crédibilité, notre crédibilité, avant de jouer au poker en public.Voyage à Paris M.Parizeau s’est permis une assez longue virée a Paris.Un voyage d’apparat (surtout pour impressionner la galerie locale), d’inauguration de chrysanthèmes, de bonnes paroles, où tout n’était que mise en scène.Le gouvernement français est passé maître dans l’organisation de ce genre de visites qui sont hebdomadaires à Paris.L’ambassadeur Benoit Bouchard et ses fonctionnaires ont toutefois réussi a mettre un peu de piquant dans un voyage qui s’annonçait mortellement ennuyeux pour la classe politique française.Par son «bon» mot à l’égard du président Séguin, l’ancien ministre conservateur a permis à cette même classe politique de se payer une pinte de bon sang.Jacques Chirac, qui n’avait pas prévu rencontrer M.Parizeau, s’est dépêché a trouver quelques fleurdelisés pour décorer son Hôtel de Ville et s’est farci d’une déclaration pompiere aux accents gaulliens.Edouard Balladur ne vou- LETTRES -?- lant pas être en reste avec son «ami» maire de Paris en a ajouté bien onctueusement, même s’il est bien connu qu’il ne s’intéresse pas plus au Québec qu’aux îles Mouk-Mouk.Seul François Mitterrand est resté coi devant la quête de M.Parizeau et les jeux de verbe de ses deux successeurs potentiels: il est vrai qu’il venait tout juste de clamer à Strasbourg que le nationalisme, c’est la guerre.Que pensez de tout cela?C’est le porte-parole du Quai d’Orsay qui a le mieux résumé: rien n’a changé dans la politique française au sujet du Québec et la France observe avec sympathie ce qui s’y passe présente-ment.Quand on sait ce que veut généralement dire le mot sympathie chez les officiels français, i.e., peu sérieux, un peu folklorique.Il n’y a aucun doute: le quai d’Orsay a classé comme secondaire le dossier souveraineté a la Parizeau.Michel J/-bel Montréal, 30 janvier 1995 h dével/rppement durrMe versi/m 1995 I Les arbres tombent, tombent.Sur file de Vancouver se trouvent les plus anciennes forêts tempérées au monde.On y retrouve les derniers cèdres rouges millénaires qui s’élèvent jusqu’à 70 mètres fl’équivalent d’une tour à logement).Ces lieux majestueux, humides, inondés de lichens verts et pourvus d’une faune incroyable, s’apparentent facilement aux forêts équatoriales.Hélas, depuis peu, avec autorisation gouvernementale, ces arbres tombent les uns après les autres sous la machinerie de l’industrie forestière sans réelle sélection.Il est fort a parier que le trou béant résultant de ces milliers d’hectares ravagés sera, tout comme la muraille de Chine, le seul accomplissement humain visible de la Lune.Que de tristesse.Claude Tousignant Montréal, l" février 1995 AEAW(< POKER FACE" CAMPEAU .CARTE! \\ Y, • M Il I; .m.1J/0 i'irplA j mn Les propos farfelus de M.Campeau Ii y a quelques semaines, le constitutionnaliste Patrick J.Monahan a créé tout un émoi avec ses propos sur les conséquences néfastes de la séparation du Québec.Ils ont été publiés dans une étude pour l’Institut C.D.Howe, une étude qui a disparu du débat en une demi-joumée, après que les politiciens du Parti québécois aient accusé le professeur torontois de vouloir semer la peur.«Scénario catastrophe dénué de crédibilité», «les thèses alarmistes de l’Institut C.D.Howe écartées du revers de la main»: voilà des manchettes avec lesquelles la plupart des médias au Québec ont rejeté le rapport de M.Monahan, sans avoir publié l’essentiel de son analyse.Le voilà: si les Québécois optent pour la souveraineté, il ne sera pas possible de négocier une séparation amicale dans le court délai d’un an prévu dans le projet de loi de Jacques Parizeau.La chose la plus difficile serait le partage de la gigantesque dette canadienne.Si M.Parizeau pousse de l’avant avec une déclaration unilatérale d’indépendance, sans un accord sur la dette, le Canada serait obligé de résister — pas à cause de la colère, mais simplement pour protéger ses propres intérêts.(Assumer la totalité de la dette de 550 milliards $, après le retrait de 25 % de ses contribuables, serait un fardeau insupportable).Résultat: deux gouvernements rivaux réclamant la suprématie sur le territoire du Québec, c’est-à-dire une période de grande agitation.(M.Monahan ne prévoit pas l’utilisation des forces armées).Le désordre entraînerait une vente massive des obligations canadiennes, une chute énorme de la valeur du dollar canadien, des hausses rapides dans les taux d’intérêts et «une crise constitutionnelle, politique et économique d’une proportion encore jamais vue par les Canadiens».Ce n’est pas très surprenant, cette analyse.Tout le monde sait que l’argent est lâche: il prend fuite à la moindre alerte.Il ne faut que lire les nouvelles en provenance du Mexique.Pourquoi,cette résurrection de M.Monahan?À cause de la déclaration lundi du ministre des Finances du ~pr i NORMAN WEBSTER ?Québec, Jean Campeau.Dans une entrevue avec la Presse canadienne, M.Campeau a rejeté du revers de la main le critère de la population pour fixer le prorata de la dette qu’un Québec souverain devrait assumer.Du revers de la main.Il a rappelé une étude pour la Commission Bélanger-Campeau fixant à 18,5 % la part de la dette que le Québec devrait assumer.Oui, elle existe, cette étude.Il y en a d’autres qui mènent à des conclusions forts différentes et portent ce pourcentage jusqu’à 32 %, se basant sur l’argument que le Québec ait tiré des bénéfices plus que proportionnel du régime canadien.Cela atüibuerait au Québec une somme de 176 milliards $, tandis que l’étude de M.Campeau y attribuerait 102 milliards $.Les différences sont si énormes — et les conséquences d’une dispute si graves — que la plupart des économistes (y inclus un dénommé Jacques Parizeau) s’étaient mis d’accord pour que la base de division soit la population.Ça veut dire que le Québec assumerait à peu près le quart de la dette nationale en s’en allant Et tout à coup, voilà M.Campeau avec ses propos farfelus et ses menaces de retenir des versements destinés au paiement de la dette à Ottawa.C’est effrayant, c’est le sommet de l’irresponsabilité, une garantie de chaos économique qui mène directement au scénario envisagé par Patrick Monahan.On le pensait «alarmiste», mais c’était avant la contribution de M.Campeau.?D’habitude, je ne réponds pas aux critiques.J’ai ma chronique pour l'exposition de mes opinions; les lecteurs ont le droit de me contrer librement, sans peur que j’ajoute toujours le dernier mot Mais il y a des occasions où A P R 0 P 0 S -?- r .d’emplois dans les sociétés d’Etat Le nombre d’employés à plein temps des sociétés d’Etat a chuté de 2,3 %, ayant été ramené de 117 751 en 1992-1993 à 115 096 en 1993-1994.Le nombre total d’employés à plein temps des sociétés d’Etat a été réduit de 69 341 depuis 1986-1987.L’élimination de 34 166 postes est attribuable à la privatisation ou à la dissolution de sociétés.Si l’on exclut les sociétés qui ont été privatisées ou dissoutes depuis 1986-1987, les gains de productivité et les rationalisations réalisés par les sociétés existantes ont donné lieu à une réduction de 23 % de l’effectif, soit 35 175 employés.Cinq sociétés accaparent 84 % des employés à plein temps des sociétés d’Etat: la Société canadienne des ixistes compte 43 699 employés, la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CNR) en compte 34 707, «dors que la Société Radio-Canada (SRC), VIA Rail Canada inc.et Énergie atomique du Canada, limitée (FACT) ont respectivement un effectif de 9117 employés, 4368 employés et 4287 employés.> Conseil du Trésor, Ottawa, rapport annuel 1994 FONDÉ PAR II F N R I LE DEVOIR B 0 I! R A S S A L E 0 JANVIER » I 0 Directrice LISE BIS SO N .V K TT K Rédacteur «n chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l’administration FRANÇOIS T II 0 IT IN Directeur de l’information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.ROCII COTÉ Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND YVES CARIGNAN 2050, me de Blenry, De étage.Montréal (Qnébec) USA 3M9.TéI.: (!) I 4) 985-3 FAIS CE QUE DOIS m -t-frimc 1 » i isl'd: ! J 31 tW ! j 3pJ;j»'.l quelqu’un me prête des propos que,jçnj(! ne tiens pas, et je crois qu’il existai, une obligation de mettre les choses en clair.- A\ La semaine dernière, dans Le De;t\ voir, André Ségal, professeur d’histojr> w re à l’Université Laval, m’a placé dppf^u' le même sac avec Pierre BourgqplJhi?comme quelqu’un qui propage_? mais il se base sur des affirmation^ ji>iiji' correctes.i ; • M.Ségal écrit que je suis pavmj: ; eux qui n’accepteraient pas la déci-sion démocratique des Québécois, a^.^jj point qu’on refuserait de négocipfojç avec un Québec souverain et essaiera-' rait même de le briser.La défense du; Canada autoriserait «tous les moyqii$j:t:j| tous les mépris, toutes les menacer ai; Ce n’est pas ma position.Oui, j’exjjfüv gérais une majorité plus forte que 5().().% pour une déclaration d’indépendant,^) ce (un sentiment partagé, d’après une j série de sondages, par la plupart Québécois), mais je n’ai jamais ji)d(T,,n qué qu’il ne fallait pas accepter,ung,.^ décision claire de la population du,,., Québec et je n’ai jamais dit, mêmçj) pas insinué, que l’utilisation de la foç-[.:(| ce sentit légitime.Je ne me situe pas dans le camp des légalistes qui se contentent de dire que la constitution canadienuê-K-ne parle pas de la sécession dffifcej province et donc c’est illégitime, n’efTr parlons plus.Dans ma chromqüe“®' dans The Gazette, au mois de décembre, j’ai critiqué le premier ministre Chrétien pour ses «déclarations simplistes» à cet égard.«Pfft!» ai-je écrit.«Si les gens du Québec décident véritablement de faire sécession, le manque d’approbation constitutionnelle ne va pas le^ empêcher.Comme disait le général de Gaulle, en ayant informé cjU’il n’avait pas le droit de retirer ses forces du commandement de l’OTAN] dans les années 60, quand on part, oit part.» Une dernière ligne: M.Ségal indique que je suis dans les rangs de ceux qui réduisent les aspirations québécoises à «quelque nationalisme ethnique plus ou moins puant».Ça me désole: c’est exactement le contraire de ce que j’ai écrit pendant 30 ans de journalisme.CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON OU TEXTE MAL IMPRIMÉ i.!•: I) K void.i.K m !•: n c n k d i « r k v h i k ii i » » r> I D E ES Prisonniers de leur environnement Les Canadiens anglais ont beaucoup de difficulté à reconnaître quelque vertu au nationalisme québécois JOSEPH J.D U D Z A K Avocat, Sainte-Adèle aniel Latouche demande aux Canadiens anglais de se porter à la défense de la souveraineté.pourtant, ils continueront de se prononcer pour un Canada uni.Plusieurs souverainistes se disent inquiets des résultats qu’obtiendra leur op- tion, lors du prochain référendum, s’ils ne parviennent pas à se gagner, d’ici là, l’appui de certains membres des communautés anglophones et allophones.Ainsi, déjà en 1980, René Lévesque demandait à son conseiller d’alors, Daniel Latouche, de convaincre ses amis de «l’intelligentsia canadienne-anglaise» de souscrire à une pétition en faveur de l’indépendance du Québec.Après deux mois d’efforts en ce sens, M.Latouche se dit déconcerté de n’avoir réussi à récolter que cinq signatures.Quinze ans plus tard, il s’interroge une fois encore sur les motifs qui incitent si peu de Canadiens anglais à épouser la cause souverainiste.M.Latouche se demande surtout pourquoi si peu d’économistes, de politologues, d’historiens, de philosophes et de féministes issus de la communauté canadienne-anglaise acceptent d’apporter leur appui, non seulement au droit à l’autodétermination des Québécois, mais encore aux mérites de la cause souverainiste.Des pirouettes d’ordre légal Bien sûr, il semble légitime qu’un souverainiste déplore l’attitude de certains intellectuels qui s’efforcent, par toute sorte de pirouettes d’ordre légal, de nier le droit du Québec à déterminer démocratiquement son avenir, tout en négligeant ou refusant d’examiner la viabilité d’un pays dont une importante partie s’apprêterait à revendiquer la sécession.Cependant, M.Latouche ne devrait pas se surprendre outre mesure de la réticence de nombreux intellectuels anglophones à reconnaître la valeur de pareille option.Dans le contexte québécois, lorsque certains sont transp.ortés à l’idée de construire un nouvel Etat répondant davantage à leurs aspirations, d’autres ne Voient là que le morcellement d’un autre État.1 Or, les intellectuels anglophones, tout comme la plupart des membres de leur communauté, témoignent quasi invariablement d’un profond attachement pour leur pays.Bien qu’il paraîtrait souhaitable qu’un nombre grandissant d’intellectuels an- liïüm X*JPe;té Ra'fa ; lÉpi ## mm: N mm 1 Püf lut MU *Mn* mm *9* PHOTO ARCHIVES «Dans le contexte québécois, lorsque certains sont transportés à l’idée de construire un nouvel Etat répondant davantage à leurs aspirations, d’autres ne voient là que le morcellement d’un autre Etat.» glophones se montrent plus ouverts et s’efforcent d’apprivoiser les fondements du mouvement souverainiste — voire de développer une sympathie pour certaines des causes à son origine — intellectuellement, il s’agit néanmoins d’un exercice des plus ardus.En fait, l’éducation et la culture de ce groupe d’individus diffèrent sensiblement de celles de leurs collègues québécois francophones.En bout de ligne, chacun semble pri- sonnier de son environnement.Notre culture, nos visions politiques ainsi que nos croyances ne sont souvent que le constat de nos expériences passées.Je partage l’avis de Daniel Latouche qui déclarait récemment que la plupart des Québécois sont profondément déconnectés de la réalité canadienne, partageant ainsi le mythe que les Canadiens anglais ne sont que des Américains de seconde zone.Cependant, en contrepartie, force est de constater que bien peu de Canadiens anglais jouissent d’une perception claire et éclairée de la société québécoise.En fait, les Canadiens anglais ont habituellement beaucoup de difficulté à moindrement reconnaître quelque vertu au nationalisme québécois qu’ils identifient généralement comme le Quebec Problem.Immanquablement, ils ne semblent pas saisir que le nationalisme est un état d’esprit dont les caractéristiques diffèrent d’un endroit à l’autre; choisissant plus souvent qu’autrement d’assimiler sa version québécoise à des modèles qui lui sont étrangers et plus extrêmes.Ainsi, s’il peut sembler objectivement légitime qu’une communauté distincte par sa langue et sa culture, exprime le désir d’inscrire son évolution dans le courant des exploits de ses héros, gens d’affaires, artistes, chefs syndicalistes, politiciens et institutions, il n’en demeure pas moins que cette réalité des plus élémentaires reste en soi incompréhensible pour le Canada anglais.Et il lui est encore plus difficile d’accepter que, parfois, ce sentiment puisse se traduire par un désir d’accéder à l’indépendance.Un profond attachement Ceci s’ajoutant au profond sentiment d’attachement des anglophones à la communauté canadienne, il n’est donc pas étonnant de constater qu’à ce jour peu d’entre eux aient répondu favorablement à l’invitation de Monsieur Latouche.Enfin, Daniel Latouche aimerait que les anglophones participent à leur façon au processus référendaire en indiquant les meilleurs moyens de rendre la souveraineté plus fonctionnelle.Or, beaucoup d’entre eux sont d’avis qu’il faudrait, de prime abord, s’assurer que les Québécois désirent vraiment devenir un peuple souverain, dans ce contexte, pareille contribution ne peut leur sembler que prématurée.Si, en définitive, les Québécois devaient, démocratiquement et de manière non équivoque, opter pour la souveraineté, alors les membres anglophones et allophones de cette société n’auraient d’autre choix que de s’impliquer dans l’élaboration de ce nouveau projet.Mais pour l’instant, conformément à l’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec, l’élaboration officielle d’une nouvelle constitution ne sera amorcée que lorsque le projet de loi aura été approuvé par référendum.On peut donc prévoir que jusqu’à ce moment, une forte majorité de Québécois anglophones s’emploiera plutôt à défendre sa vision d’un Canada uni.Et si, en raison des échecs constitutionnels répétés des dernières années, ses arguments ne pourront être aussi nombreux ou convaincants que par le passé, ils n’en demeureront pas moins déterminés et hautement inspirés.Révisionnisme à l’égard du génocide rwandais JOHN NKONGOLI Représentant à Montréal du Front patriotique rwandais (FPR) ====| epuis un certain temps, il est navrant d’obser- Dver dans une certaine opinion une tendance au révisionnisme face au génocide rwandais exécuté par les milices justement constituées pour les besoins de la cause.En effet, certains journalistes trouvent qu’il est aujourd’hui urgent de rendre à nouveau respectable les bourreaux d’hier, à savoir les responsables du génocide nourris sous perfusion internationale par les ONG qui accomplissent difficilement leur mission.Pire, ils sont relayés en cela par certains des militants des droits de la personne au Rwanda.Iœ dernier rapport de Monique Mujawamariya à l’occasion de sa visite au Rwanda s’inscrit dans ce ridicule courant dont les objectifs sont tout, sauf désintéressés.Ce rapport n’a qu’un seul mérite; celui d’exister au moment où la controverse fait rage à propos des performances du nouveau gouvernement.En effet il n’est pas à l’abri des critiques tant sur le plan méthodologique que sur celui du fond des investigations menées dans un pays qui se remet difficilement d’un génocide horrible.Nous nous limiterons à quelques brèves observations.Les violations décrites par la militante l’ont été par des preuves par témoignage.Ce quelle laisse dans l’ombre la plus épaisse, ce sont des questions pourtant fondamentales pour un rapport crédible.Qui sont les témoins interrogés?Comment a-t-elle choisi son échantillon?Quelle est la marge d’erreur?Quel est le degré de crédibilité des témoignages recueillis?Quelle est leur vision politique du Rwanda?Quel rôle ont-ils joué pendant les événements du génocide?D» rigueur la plus élémentaire demande pourtant que ces questions soient plus élucidées avant toute recherche.Ceci est d’autant plus important qu’en matière des droits de la personne la preuve recueillie doit être administrée, hors de tout doute raisonnable.L’intime conviction serait trop simpliste.A tout le moins, on se serait attendu à ce que ces témoignages soient corroborés par des éléments objectifs notamment les fouilles, l’exploration des fosses et lp confrontation des documents.A titre purement illustratif, le rapport affirme sans ambages à la page 22 que dans la localité de Kabutare, elle aurait observé un charnier de 3000 personnes tuées, selon elle, par l’Armée patriotique pwandaise (APR) le 9 juillet 1994.Curieusement, au même endroit, feu le père Simard écrivait dans une lettre à sa congrégation comment à peu près 2000 personnes ont été assassinées par les militaires et les milices de l’ancien régime.Selon des sources dignes de foi, ce charnier décrit par les deux serait le même.Qui dit vrai?Quoi qu’il en soit, la thèse de Mujawamariya paraît peu probable et peu nuancée pour un pays transformé en quelques jours en cimetière.Ce rapport brille par un amalgame étrange.Il n’établit pas un lien d’imputabilité nécessaire et suffisant entre le rôle des autorités rwandaises et les fauteurs de troubles.Pourtant par ici par là, elle met la direction de l’APR hors de cause.Plus loin à la page 32 elle affirme détenir des informations concordantes selon lesquelles les soldats coupables d’assassinat ont été eux aussi assassinés.Il faut répondre aux questions Le lien d’imputabilité nous aurait permis de répondre aux questions essentielles suivantes: que fait le nouveau pouvoir pour empêcher les délinquants de nuire?Ce gouvernement a-t-il les moyens d’assurer la sécurité?Participe-t-il aux,exactions commises?Iœs auteurs identifiés agissent-ils, à leur titre personnel ou comme responsables de l’État?Quelles autorités a-t-elle rencontrées?Pourquoi n’a-t-elle pas rencontré les organisations locales des droits de la personne?Sous l’angle des droits humains, on devrait garder à l’esprit que le nouveau pouvoir hérite d’un patrimoine peu reluisant.A cela s’ajoute un délabrement prononcé des infrastructures judiciaires et une carence aiguë des moyens financiers et humains.En réalité, le cercle est vicieux: «Instaurez le droit et la manne tombera.» Or, sans bourse délier, on ne peut faire respecter la loi.C’est un tour de passe-passe consistant à considérer le nouveau pouvoir comme peu représentatif à travel's un miroir ethniste.Ix> juriste belge, Filip Reytnjens, pourtant réputé pour ses sympathies envers l’ancien régime et ses réserves à l’égard du Front Patriotique Rwandais (FPR), confirme qu’«il existe au gouvernement une différence nette entre le FPR et les autres partis.En soi, cela n’est pas mauvais et tend à démontrer que les ministres non-FPR ne sont pas des «marionnettes».Au contraire, ils assument leurs positions et n’hésitent pas à se battre pour faire prévaloir leurs points de vue.» (Voir Rapjxjrt de Mission pour l’Institut de jxilitique et de gestion du Développement, Université d’Anvers, daté le 3 novembre 1994.) Ces propos confirment s’il en était encore besoin que le rapport critiqué est loin de correspondre aux normes élémentaires en matière de recherche juridique.Serait-ce pour cela que le Collectif des ligues et des associations de défense des droits de l’Homme (CLADHO) vient de se désolidariser publiquement de Monique Mujawamariya?PHOTO ARCHIVES Au plus fort de la guerre chile, l’été dernier, plus d’un million de Rwandais avaient pris les chemins de l’exil.: % (M i Arts et culture Les régions montent au front THÉRÈSE DO MIN GUE Présidente du Conseil régional de la culture, Cœur du Québec -—ji a controverse autour de la réforme éven- Ltuelle du Conseil des arts et des lettres du Québec persiste toujours.On pouvait lire dans l’édition du Devoir du 19 janvier sous la plume de Paule Desrivières: «Consternation dans le milieu culture: les propos - de la ministre Dionne-Marsolais sur le CALQ et la SODEC font craindre une repolitisation des dossiers».Le CALQ doit devenir la pierre angulaire du soutien et de l’épanouissement des arts et la culture sur l’ensemble du territoire québécois.Pour ce faire, il faut entre autres revoir la philosophie qui sous-tend la gestion des programmes d’attribution des bourses aux créateurs et aux organismes ainsi que la présence d’artistes professionnels œuvrant en région au sein des jurys tel que défendue par les présents membres du conseil d’administration du CALQ.Pourtant, au moment de la création du Conseil des arts, l’ex-gouvernement libéral lui avait confié «le mandat de soutenir les créateurs afin qu’ils aient la possibilité de s’adapter aux nouvelles technologies, de se ressourcer et d’être confrontés à des démarches artistiques à l’extérieur de leur région ou du Québec (La Politique culturelle du Québec, p.66)».Or, l’évaluation comparative «au meilleur» des dossiers par discipline sur l’ensemble du territoire, la faible représentation régionale au sein des jurys ainsi que la disparition du concept des enveloppes budgétaires protégées risquent de porter un coup fatal à l’épanouissement, voire même à la survie, des arts et de la culture dans les régions.Tous doivent comprendre et accepter, au ministère comme au CALQ, que les arts et la culture ne sont pas l’apanage d’un groupe privilégié de la métropole ou de la capitale nationale, mais qu’ils appartiennent de droit à tous les artistes et artisans du Québec, peu importe leur lieu de pratique.Un ministère de la Culture et des Communications qui se respecte, de même qu’un organisme subventionnaire qui travaille réellement au soutien et à la reconnaissance des différentes pratiques artistiques et culturelles selon les spécificités de chacune sur l’ensemble de son territoire, ne saurait .se permettre d’encourager la désertion régionale au I profit d’une plus grande centralisation sous aucun prétexte rationnel et raisonnable.D’autant plus que la problématique de la décentralisation émerge directement du programme du nouveau gouvernement.Ironiquement, la vague de protestations suscitée par Mme Dionne-Marsolais témoigne de l’ampleur du problème en même temps qu’elle souligne à double trait la fragile ouverture du milieu artistique et culturel métropolitain à l’égard des régions.Or, que cela plaise ou non, les régions du Québec ne sont pas le foyer d’accueil des productions montréalaises en mal de rentabilité, elles constituent au contraire des entités d’une extraordinaire richesse créatrice.L’équité en matière artistique et culturelle est l’affaire de tous, et les régions n’ont pas à s’excuser d’exister non plus qu’à mendier pour survivre.Nier cette réalité, c’est étouffer l’expression des artistes œuvrant dans les régions.C’est aussi endosser une situation pernicieuse dans laquelle le Québec ne peut s’enfoncer davantage.Si les propos de Mme Dionne-Marsolais éclaboussent la plupart des intervenants engagés dans le dossier du CALQ en remettant en question le code de déontologie qui guide la démarche de l’organisme, et singulièrement de ses membres, ils ont à tout le moins le mérite de susciter l’émergence de la véritable problématique du Conseil des arts.En effet, pour la première fois dans la petite histoire controversée du CALQ, on peut se réjouir de constater l’existence d’un réel débat public et démocratique sur les enjeux fondamentaux qui guident la réforme anticipée des modes de financement des créateurs et des organismes artistiques et culturels au Québec.Les batailles rhétoriques qui s’organisent doivent s’articuler autour d’un objectif commun à tous, celui de soutenir toutes les pratiques artistiques et culturelles sur l’ensemble du territoire.C’est le Québec entier qui en sortira vainqueur.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l’information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Benoit Munger.Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac.Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O’Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Ven-ne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis).Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott.Serge La-plante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur, Am publics et annonces classées).Jacqueline Avril.Daniel Barbeau, Jean de Billy.Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté.Sylvie Hanna, Christiane Legault.André Mélançon.Suzanne Miscevic, Micheline Ruelland.Monique Vemeault (publicitaires); Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Henry Riedl, c.m.a.(contrôleur), Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables); Florine Cormier.Céline Furoy, jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Ross.Linda Thériault (adjointe à l’administration).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette.Monique L’Heureux.Lise Lachapelle.Rachel-le Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PU-BIJQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur).Chrvstian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Jean Lemav (directeur adjoint, production et infitrmatique).Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard DesCormiers.Caroline des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hu-don, Sylvain Lesage.Christiane Vaillant.Christian Men.Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-president et directeur général).\ Les arts et la culture ne sont pas l’apanage d’un groupe privilégié de la métropole ou de la capitale nationale A 10 I, E I) E V O I II , L E M E R C II E 1) 1 8 F Ê V II 1 E II I !) !) 5 LE DEVOIR ACTUALITES MASSE «Scandaleux» SUITE DE LA PAGE I ce d’une importante partie de la population montréalaise, soit la communauté anglophone.Ce qui a amené l’ancien ministre fédéral dans le gouvernement conservateur de Brian Mulroney à lancer cet avertissement: «S’ils (lès anglophones et les fédéralistes) ne viennent pas, leur point de vue ne sera pas représenté.Point.L’un des inconvénients de la démocratie, c’est que l’on ne peut pas forcer les gens à assister à une commission s’ils ne veulent pas y venir.» L’un des deux commissaires anglophones, le syndicaliste Arthur Sandbom, s’en est d’ailleurs pris aux leaders de sa communauté, notamment Alliance-Québec, qui poursuivent leur boycottage de cette instance qui sondera les Montréalais sur l’avant-projet de loi sur la souveraineté.«Personnellement, je trouve ça scandaleux.Personne n’a demandé à qui que ce soit de s’abstenir des débats sur (les accords constitutionnels de) Meech et Charlottetown, le référendum de 1980 ou le rapatriement de la Constitution en 1982.Où s’en va-t-elle, la communauté anglophone, en disant que nous ne participerons pas à ce débat?», a martelé M.Sandborn, président du Conseil central de Montréal de la CSN et l’un des 21 commissaires qu’a présentés pour la première fois M.Masse aux journalistes.A l’instar de l’autre commissaire anglophone, le vice-président David Levine, M.Sandborn est identifié à la cause souverainiste.Le syndicaliste a voté OUI en 1980, alors que M.Levine, directeur général de l’hôpital Notre-Dame, était conseiller politique dans le premier gouvernement péquiste.Le gouvernement s’était évertué, en vain, à convaincre plusieurs anglophones fédéralistes, dont Charles Taylor, Julius Grey et trois anciens présidents d’Alliance-Québec, à y siéger.Cependant, M.Levine ne voit pas dans l’absence de commissaires anglophones fédéralistes une justification pour boycotter les travaux de la Commission.Cette dernière «ne saura pas signer un rapport final qui différera sensiblement de ce que le public aura exprimé.Dans ce sens, la composition de la Commission n’est pas importante».Bien qu’il ait dit déplorer le boycottage d’Alliance-Québec, qui prétend être le principal interlocuteur des 650 000 anglophones de la province, M.Masse a toutefois souligné qu’un «pourcentage important» des quelque 600 inscriptions d'intervenants qu’a reçues jusqu’ici la Commission provient d’individus et de groupes anglophones, dont le Parti Egalité, qui a annoncé hier sa participation.Quant au boycottage des troupes libérales de Daniel Johnson, M.Masse trouve que celui-ci manque à son devoir, en tant que chef de l’opposition, de «représenter les points de vue des minorités lorsqu’il y a des minorités en désaccord avec l’un ou l’autre projet de loi».Pour sa part, le délégué régional du gouvernement péquiste pour la région montréalaise, Camille Laurin, qui siège également à la Commission, a laissé entendre que le lobby anglophone s'isole d’un nombre grandissant de ses pairs fédéralistes en maintenant son boycottage.Rappelons que les principaux interlocuteurs des communautés grecque, juive et italienne — communautés où l’anglais prime, faut-t-il le noter — présenteront un mémoire conjoint devant la Commission.De plus, a fait savoir M.Laurin, «il y a l’Asçociation des anglophones des Cantons-de-l’Est, le Parti Egalité et d’autres groupes qui ont déjà manifesté leur intention de venir, même si nous savons qu’ils vont présenter une opinion conforme à leurs croyances fédéralistes».Mais le président d’Alliance-Québec, Michael Hame-lin, a réaffirmé hier la décision de son groupe de bouder les commissions en conformité avec les vœux de la «grande majorité» des anglophones du Québec.«C’est une question de principe.De toute façon, il y aura un débat à l’extérieur des commissions qui sera à notre avis aussi important, sinon plus important» que celui qui se déroulera devant les commissions.Alliance-Québec, qui prétend que le processus consultatif du gouvernement est biaisé en faveur des souverainistes, base son boycottage sur des sondages démontrant l’opposition quasi totale des non-francophones à la souveraineté.Bien que MM.Laurin et Masse se,soient tous les deux félicités de la participation du Parti Egalité, qui milite très activement pour les droits des anglophones, le chef de cette formation a indiqué hier qu’il ne ménagera pas ses mots devant la Commission.Keith Henderson se présentera devant cette instance pour arguer de la «non-constitutionnalité» de l’avant-projet de loi.La sécession du Québec de la fédération canadienne, dit-il, ne pourrait se faire que par un amendement à la Constitution, ce qui nécessiterait l’assentiment d’une majorité des provinces et du gouvernement fédéral.Même si une majorité de Québécois expriment leur volonté souverainiste lors du référendum, le Parti égalité contestera la démarche en cours.M.Henderson s’en est pris au premier ministre Jean Chrétien qui, en ne sollicitant pas avant le référendum une opinion de la Cour suprême sur la légalité de l’avant-projet de loi, fait la preuve de «la faiblesse de la réponse fédéraliste».A la différence des 14 autres commissions régionales, qui démarrent dès cette semaine, celles de Montréal et de Québec débuteront leurs audiences le 15 février.En plus de séances formelles dans chacune des sous-régions de l’île de Montréal, la Commission prévoit tenir des «forums» informels à travers la région montréalaise, qui réuniront chacun entre 25 et 50 intervenants et où aucune inscription préalable ne sera requise.CANADA Trois organismes SUITE DE LA PAGE 1 Selon le PQ, un éventuel traité d’association prévoirait la libre circulation, à divers degrés, des capitaux, des biens et des personnes.Dans le premier cas, on estime qu’il serait «parfaitement inutile, sinon impossible, de l’entraver».Dans le second, le maintien de l’union douanière et de la zone de libre-échange existantes suffirait, dût-on invoquer l’accord du GATT, auquel le Québec serait admis.Et dans le troisième, on suggère la conclusion d’une entente,analogue à celle qui existe déjà entre le Canada et les Etats-Unis.Pour gérer ce nouveau marché commun, le PQ suggère la mise en place de trois organismes, contrôlés démocratiquement: conseil, secrétariat et tribunal.Le hic, toutefois, c’est que les souverainistes se fondent sur une nécessaire «ouverture d’esprit» pour assurer le succès de la nouvelle union.Mais on ne compte plus les études et rapports en provenance du Canada anglais qui tentent de démontrer que, dans les premiers mois sinon les premières années suivant un OUI référendaire, le ressentiment présiderait à toutes les discussions, voire les rendrait impossibles.Plusieurs voix, certaines froidement rationnelles et d’autres hautement émotives, se sont élevées pour faire comprendre que le Canada n’était pas qu’un «espace économique», mais un pays, et que les auteurs de sa rupture ne seraient pas reçus avec un tapis rouge.La question pose aussi le problème de la représentation canadienne.Qui parlerait au nom du nouveau pays amputé?Ottawa?Son premier ministre, député du Québec, pourrait-il seulement rester en poste?Les provinces?Un front commun d’intérêts aussi divergents que ceux de l’Ontario et de la Colombie-Britannique serait-il faisable?Récemment, une étude publiée par l’Institut Fraser suggérait que le Canada volerait probablement en éclats, politiquement sinon territorialement, au lendemain de la souveraineté.De son côté, Andrew Coyne, chroniqueur au Globe and Mail, reprenait une thèse de plus en plus répandue au pays, à savoir que le Canada, de par sa seule force d’inertie, serait incapable de négocier quoi que ce soit et devrait plutôt acculer le Québec, après un certain délai, à faire une déclaration unilatérale d’indépendance sans garantie particulière.Une démarche à laquelle il n’est pas certain que les Québécois donneraient leur aval.D’autres ont fait valoir que le Canada, déjà lié à d’autres pays par accords de libre-échange, devrait tenir compte de certaines restrictions dans ses «offres» au Québec, voire renégocier ces ententes tout du long.La bonne foi, si bonne foi il y avait, ne serait donc pas à elle seule gage de succès.De plus, le Québec, comme le soulignait en 1991 un rapport de l’Institut C.D.Howe, aurait le plus à perdre d’une stagnation de la situation: la valeur des biens (et services) qu’il écoule au Canada est de trois à quatre fois plus élevée que celle des marchandises qui suivent le chemin inverse.Par ailleurs, si le maintien d’un continuum économique se décidera à deux, c’est par voie unilatérale que le Québec souverain, soutient l’avant-projet de loi, conservera le dollar canadien.Techniquement, il semble que rien ne s’oppose à un tel projet.Economiquement, ce serait aussi la meilleure avenue à emprunter, ont unanimement déclaré les experts ayant comparu devant la Commission Bélanger-Campeau.Certains pays de par le monde utilisent la devise d’un autre pays: le Panama et le Liberia, par exemple, ont pour monnaie le dollar américain.Mais le poids de; leur économie est insignifiant par rapport à celle des Etats-Unis.L’utilisation d’une devise par un pays (le Québec) contrôlant près du quart de la masse monétaire de l’autre (le Canada) serait un fait sans précédent, rappelait en 1991 le professeur Thomas Courchene dans une étude sur les impacts financiers de la souveraineté.Le principal argument invoqué dans ce débat, et que Jean Chrétien fait sien, consiste à dire qu’un Québec indépendant n’aurait aucun contrôle sur la politique monétaire canadienne.Rien de bien nouveau, réplique le PQ dans le document précité: «depuis qu’il existe un dollar canadien, le Québec n’a jamais participé à la conduite» de cette politique.Les souverainistes proposent donc un certain contrôle conjoint de la Banque du Canada.Pour plusieurs analystes, dont la Banque Royale (1992), le maintien d’une monnaie commune ne résisterait pas au test du temps, notamment parce qu’il suppose un improbable «renoncement à la souveraineté dans des domaines économiques clés» de la part des deux partenaires.De plus, un tel partage «serait intrinsèquement instable et précaire: les cycles économiques atteignent en général le Québec et le Canada avec des décalages temporels et dans des mesures différentes».En d’autres termes, les problèmes de l’un — même si c’est le Canada qui pâtit le plus de la souveraineté, notait aussi l’Institut Fraser en 1991 — deviendraient rapidement intolérables pour l’autre.Il faut également souligner, à l’instar du professeur Courchene, que la question de la viabilité d’une devise conjointe serait inséparable d’ententes sur le remboursement de la part québécoise de la dette publique fédérale.Une harmonisation des politiques budgétaires, fiscales et douanières des nouveaux Etats devrait également voir le jour, ce qui est loin d’être acquis à court terme.Enfin, en ce qui a trait à la double citoyenneté, l’avant-projet de loi précise que «la citoyenneté québécoise peut être cumulée avec celle du Canada ou de tout autre pays».Du côté fédéral, les déclarations récentes à ce sujet ont été teintées de prudence.Aux Communes, Jean Chrétien s’est borné à dire que le Parlement du Canada détenait la compétence exclusive de légiférer à cet égard, et qu’un Québec souverain ne disposerait d’aucun moyen pour influencer une éventuelle décision.Le passeport canadien demeure un symbole puissant: les sondages démontrent que les Québécois veulent et même s’attendent à le garder si leur province quitte le Canada.Et le débat n’est pas nouveau: en 1987, la ministre de l’Immigration de l’époque, Barbara McDougall, avait laissé entendre que la citoyenneté canadienne pourrait être enlevée aux Québécois dans l’hypothèse d’une sécession.Une déclaration que Jacques Parizeau avait aussitôt ridiculisée, alléguant qu’il serait absurde de permettre la double citoyenneté aux résidents «des îles Samoa, mais pas du Québec».En fait, si Ottawa s’avisait d’abolir la double citoyenneté, il devrait vraisemblablement le faire pour tous les pays du monde.L’été dernier, le comité permanent des Communes chargé du dossier recommandait justement au gouvernement de se pencher sur cette possibilité.Mais là où le Bloc québécois voyait «une tentative de chantage dans le but de faire peur aux Québécois à la veille du référendum», la majorité libérale disait plutôt vouloir mettre fin aux abus d’individus résidant à l’étranger et revenant au pays pour profiter, par exemple, de la gratuité des soins de santé.Le ministre Sergio Marchi a promis de présenter cette année un projet de loi réformant la citoyenneté.Tant M.Marchi que la vice-première ministre Sheila Copps ont toutefois assuré qu’une modification des règles du jeu n’aurait «rien à voir» avec la question québécoise.Le Parti québécois a lui-même admis qu’«il appartiendra évidemment au Canada de prendre toutes les décisions qu’il juge appropriées relativement à la citoyenneté canadienne».Il doit cependant espérer qu’un important geste préréférendaire d’Ottawa ne viendra pas brouiller les cartes.Des agents de la GRC manifestent à Ottawa Ottawa (PC) — Des centaines d’agents de la GRC ont troqué hier leurs uniformes rouges et leurs armes de poing contre des pancartes et des parkas pour aller protester contre un projet de loi sur la colline parlementaire.Soutenant qu’ils se battent pour conserver leur liberté fondamentale d’association, environ 500 agents qui n’étaient pas en service sont venus du Québec et de l’Ontario pour défiler par un froid rigoureux afin de montrer aux législateurs qu’ils n’apprécient pas le projet de loi C-58.Les critiques, au nombre desquels figurent les simples agents, ont indiqué que le projet de loi renforcera le pouvoir du commissaire de la GRC, Philip Murray, et minera les efforts de syndicalisation.«Nous avons été soumis à un régime autocratique depuis plus de 100 ans et il est temps qu’on y mette fin», a déclaré le sergent d’état-major de la GRC, Blair Cyr, d’Ottawa, qui avait des glaçons qui lui pendaient de la moustache.«Nous vivons dans un environnement communisant et autocratique et nous ne pouvons pas permettre ce genre de chose.Je veux ravoir mes droits en tant que Canadien.» Gaétan Delisle a pour sa part rappelé qu’il faisait face à des mesures disciplinaires pour sa participation à l’organisation d’associations de membres de la GRC à travers le pays.«(Murray) veut nous empêcher de protester contre son projet de loi.Pourquoi?Qu’a-t-il à cacher?», avancé M.Delisle, un sergent d’état-major du Québec.M.Murray n’était pas disponible pour comineotêrla situation.Le solliciteur général, Herb Gray, a insisté sur le fait que le projet de loi déposé en novembre «confirme simplement le statu quo».Mais il a admis qu’il viendra confirmer une politique de longue date qui interdit aux agents de la GRC de former un syndicat.,,, M.Gray a dit qu’il ne croyait pas qu’il existait un mouvement généralisé visant à obtenir une amélioration ;qes droits dont jouissent les membres de la GRC.( , «Dans toute organisation de 15 000 membres,, il.se trouve des gens qui ont un point de vue différent.En tant que citoyens, ils sont venus exprimer leur point de.vqe, ce qu’ils ont certainement le droit de faire.» De son côté, le député de Colombie-Britannique, Svend Robinson, a accusé le gouvernement d’essayer de «museler» les agents de la GRC avec le projet de loi.«La colère gronde dans les rangs de la GRC en Côlflm-bie-Britannique», a affirmé le député néo-démocrate *au cours d’une conférence de presse.«On refuse de reconnaître les droits fondamentaux des membres de la GRC.» :,, (.j CAMPEAU Négociation SUITE DE LA PAGE 1 que le nouveau pays ne se plierait pas à n’importe quelle condition.De fait, M.Campeau a expliqué au Devoir qu’il avait voulu montrer que la part de la dette assumée par le Québec «ne serait pas fixée par eux», qu’il y aurait une négociation et que le Québec «sera dans une position de négociation aussi bonne que la leur».«Que le Canada n’essaie pas de nous faire payer plus que notre part», dit-il.Payer plus que notre part «nuirait au développement de notre économie».Le ministre a ajouté que la part québécoise de la dette canadienne «n’est pas une nouvelle dette qui nous tomberait sur la tête», comme veulent le faire croire les adversaires de la souveraineté.Par le biais des 29 milliards $ d’impôts payés par les Québécois à Ottawa, Québec «paie déjà sa part».Selon le premier ministre, M.Campeau a donné un sens précis à ses propos tenus lundi.Il a, d’après lui, voulu décrire la réaction du Québec si le reste du Canada cherchait «à gonfler notre,part ou nous placer dans des conditions impossibles.A ce sujet, je suis d’accord», a-t-il confié.Mais il répète que le Québec souverain se sentirait une «obligation» de rembourser une part de la dette, puisqu’une part de la dette fédérale a été «encourue en notre nom».«Nous devons supporter ce fardeau», dit-il.M.Parizeau a refusé hier de dire si le fait que sa part de la dette affecte le développement économique du Québec était devenu un critère pour évaluer le caractère équitable de son partage.Il a soutenu que l’évaluation de la part du service de la dette fédérale qui devrait être supportée par le Québec devrait «varier entre 18 et 22 ou 23 %».Ces considérations n’ont toutefois pas empêché, à Ottawa, le ministre des Finances Paul Martin d’accuser son homologue de se livrer à du «chantage» dont les Québécois devront défrayer la note.«Des déclarations irresponsables comme on en voit de la part des péquistes» risquent en effet d’avoir pour conséquence «une augmentation des taux d’intérêt sur les obligations du Québec» parce qu’elles témoignent d’«un manque d’intégrité et de fiabilité».«Alors, ce sont vraiment les Québécois, en fin de compte, qui vont payer», a déclaré M.Martin.Le ministre a tenu à préciser qu’à son avis, les propos de M.Campeau ne seraient pas source d’instabilité pour l’économie nationale «parce que le Québec ne se séparera pas et les gens le savent».Il a d’ailleurs souligné «ne pas vouloir entrer dans une guerre de chiffres avec qui que ce soit» puisqu’il s’agit là d’«une question extrêmement hypothétique».Selon M.Martin, 27 % des débentures canadiennes sont détenues par des Québécois, ce qui signifie que «les péquistes sont en train de les tenir en otages.D’après moi, c’est un chantage qui ne marchera jamais».! j co- De son côté, beau joueur, le chef réformiste Irçstpn Manning a dit oser croire que M.Campeau avait é,te,çité hors contexte, mais sur le fond de l’affaire, il s’est mprifré impitoyable.«Ça n’a aucun sens.Si le Québec reppnçait à sa part de dette en cas de sécession, ses chance?ide créer un marché commun avec le Canada et toutes] les autres ententes économiques qu’il recherche seraient nulles.» De son côté, le chef conservateur Jean Charest s’est dit «dépassé» par des propos «totalement irresponsables».«C’est une attitude de confrontation très tfè& fié-gative.MM.Parizeau et Campeau vivent sur une aptre planète s’ils pensent qu’ils vont résoudre ces problèmes d’une manière aussi simpliste.» \ En fait, seul le Bloc québécois a refusé de jeter,la,pier-re à M.Campeau.«Il a dit que (le partage de la dette) ;va devoir être négocié en tenant compte des actifs ei jdjes passifs» fédéraux au Québec.«Ce n’est pas nouveau, Ce serait totalement irresponsable de laisser la partie adverse déterminer ce qu’on doit et signer un chèque jen blanc.On va payer notre part de la dette, c’est bjéiji,evident.Encore faut-il la négocier», a commenté le député Gilles Duceppe.v Par ailleurs, en conférence de presse à Montréal, les têtes dirigeantes du Parti libéral du Québec sont également tombées à bras raccourcis sur M.Campeau.Daniel Johnson a prédit que le ministre des Finances serait le prochain «démissionné» du cabinet Parizeau.«J’ai hâte de voir combien de temps il va demeurer au poste avec des théories aussi farfelues et des arguments aussi insignifiants que ceux qu’il a mis de l’avant pour.jèx-pliquer comment il envisage l’avenir financier dans fin Québec séparé», a dit M.Johnson, sommant M.Campeau de présenter dans les meilleurs délais un «bqdgpt de l’an 1 du Québec»., M.Johnson et le président du comité référendaire du PLQ, Michel Bélanger, ont dit craindre pour la crédibilité financière du gouvernement québécois auprès des marchés étrangers, notamment quant à sa capacité d’emprunt.Le gardien de la cote de crédit du Québec «sombre dans la sorcellerie et invoque des recettes magiques», ont-ils dénoncé.// Les représentants libéraux sont aussi d’avis quejes propos en apparence rassurants de M.Parizeau amènent à conclure «qu’il n’est pas du tout sûr qu’il puisse ,y avoir la moindre entente» de nature économique, et particulièrement sur le partage de la dette, entre un Québec, souverain et le reste du Canada.Et le Québec, a dit M.Bélanger, y perdra au change: «Si le Canada a des problèmes pour rembourser sa dette, ça affecte le dollar canadien», qui s’expose à une dépréciation.«Et le dollar; Canadien, (ce serait) la monnaie du peuple du Québec.», , Avec Michel Venne à Québec et Pierre O’Neill à Montréal GARON Critique de la gestion SUITE DE LA PAGE 1 ou Princeton.Hier, M.Garon a de nouveau souligné les résultats des étudiants en comptabilité de l’Université Laval, dont seulement 22 % ont réussi l’examen de la Corporation professionnelle des comptables.«Ce n’est pas normal qu’on en forme cinq pour qu’un seul obtienne son diplôme de comptable», a dit M.Garon, qui estime que ce faible taux de réussite constitue du «gaspillage» de fonds publics.Il propose d’organiser un colloque regroupant l’Ordre professionnel des comptables, les dirigeants universitaires, les professeurs et les étudiants pour analyser ce problème.M.Garon en a aussi profité pour écorcher les recteurs universitaires qui ont mal pris ses critiques de vendredi dernier.«Certains recteurs ont fait des commentaires sans avoir lu le libellé de mes propos», a-t-il noté.‘ j, j Il en a profité pour critiquer la gestion dans certaines universités, souhaitant que «plus d'argent de leur .bucjget soit consacré à l’enseignement et qu’on révise le?,çquts de l’administration».Vendredi dernier, le ministre de l’Education avait formulé le vœu qu’on «change l’orientation des université»».«Si Dieu me prête rie et le premier ministre fonction, il va y avoir des changements considérables et, entre autres, un changement qui est commencé récemment avec lçs centres hospitaliers universitaires», a-t-il alors déclaré.;, Les propos du ministre lui ont valu l’accusation d’ptre «irresponsable» de la part du recteur de l’Université, Ui-val, Michel Gervais.Pour le président de l’Univer^ite pu Québec, Claude Hamel, le ministre a fait une «soiliçjn-justifiée» contre les universités québécoises.,, i,! r ! A J ï paanc/pacnon j LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 A 16H30 2050.RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS H ADMINISTRATION : (514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985 3344 ANNONCES CLASSÉES (514) 985 3344 + PUBLICITÉ (514) 985 3399 / télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 SERVICE III numéros de téléphone leirenls font «elibles peer le service de llrriiiM per cenelol et peer les ebonnemenls posleei.DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans Irais) 1 800 463-75.*i9j.- LE UfcvOlK * ntjim
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