Le devoir, 6 mars 1995, Cahier A
LE DEVOIR PERSPECTIVES Déficit, tarte aux pommes et démagogie Les républicains, qui ont pris le contrôle du Congrès américain à la suite des élections législatives de novembre dernier, ont enregistré leur premier revers politique.La pièce maîtresse de leur programme politique «Contrat avec l’Amérique» — un amendement constitutionnel imposant l’équilibre budgétaire — a été repoussée par le Sénat la semaine dernière après un âpre débat à fort contenu démagogique, alors que la Chambre des représentants l’avait adoptée la semaine précédente.obligation pour le gouvernement de proscrire les déficits budgétaires est une idée qui revient régulièrement dans l’actualité au^c États-Unis depuis le début des années 80.A ce moment-là, l’Amérique venait de porter au pouvoir le républicain Ronald Reagan qui promettait upe révolution conservatrice mettant fin aux «abus» de l’Ëtat-Providence et aux pratiques dispendieuses des démocrates.Sous la houlette du responsable du Budget du moment, David Stockman, les républicains se sont lancés dans un programme de cqupes sombres dans le budget de l’État et de baisses des impôts, qui cependant, couplé à un ambitieux programme de réarmement, ont en fait porté le déficit budgétaire à des sommets.L’argument des économistes proches des républicains était que la baisse des impôts, en étant le moteur de l’activité économique, contribuerait en fin de compte à upe augmentation des recettes de l’État.La fameuse «courbe de Laffer» — la baisse des impôts amène une hausse des revenus de l’État —, était le dogme fiscal de la décennie.La légende veut qu’Arthur Laffer, qui a inspiré les monétaristes reaganiens tels que Jack Kemp, George Gilder et David Stockman, ait tracé sa première «courbe» sur une serviette en papier dans un restaurant de Washington.Mais lorsqu’il s’avéra que le déficit continuait de s’aggraver, un certain nombre de gourous monétaristes républicains inventèrent la panacée: l’équilibre budgétaire comme obligation constitutionnelle.Le président Reagan ne manquait pas chaque année, en soumettant des propositions budgétaires qui gonflaient un peu plus le déficit, de réclamer au Congrès qu’il amende la constitution américaine afin d’y ajouter un article interdisant au gouvernement de dépenser plus qu’il ne perçoit.Il suffisait d’y penser: pour mettre fin aux déficits chroniques, il faut les rendre inconstitutionnels.Cela a l’air tout simple, trop peut-être pour être parfaitement honnête.Mais d’une part, amender la constitution américaine n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire.Depuis 206 ans, le Congrès a examiné des milliers de propositions d’amendement et seulement 27 d’entre elles ont été retenues en obtenant l’approbation requise des deux tiers de la Chambre des représentants et du Sé-qat, et des trois quarts des assemblées législatives des États.Les plus récents amendements à la constitution américaine remontent à 1972 (le 261' amendement fixant le droit de vote à 18 ans) et à 1992 (le 27° amendement qui établit des conditions aux augmentations de salaire que s’accordent les congressistes).D’autre part, l’obligation constitutionnelle d’équilibrer le budget n’est peut-être pas la trouvaille du siècle.Depuis 1982, c’est la cinquième fois qu’un texte destiné à inscrire l’équilibre budgétaire à la constitution échoue au Congrès.Car si la formule est séduisante et populaire (une large majorité d’Américains y sont favorable), selon les économistes, elle ne résiste pas à un examen sérieux.Alain Binder, économiste et numéro deux de la Réserve fédérale, estime que ce projet est une folie, qui priverait en tous cas le gouvernement de l’outil que peuvent parfois être les déficits publics en période de récession.La semaine dernière, le New York Times décrivait la proposition d’amendement comme «une mauvaise idée», «insensée sur le plan fiscal», et «indéfendable».Le Wall Street Journal reconnaît de son côté n’avoir jamais été en faveur de cet amendement.Il reproche aux républicains d’en avoir fait «la crème de la crème» de leur programme, et «un symbole» de la rigueur budgétaire quand d’autres moyens sont disponibles pour équilibrer les comptes publics.Mais il est vrai, ajoute malicieusement le quotidien des milieux financiers que cette proposition est toujours fortement soutenue dans l’opinion publique, «comme le sont d’ailleurs les mamans et la tarte aux pomme».Le débat sur cet amendement a tourné au mélodrame à saveur populiste et à la surenchère démagogique.Les partisans de l’amendement l’ont présenté comme la solution miracle, la seule capable de freiner l’appétit de l’État.Les adversaires se sont posés en défenseur de la sécurité sociale, en prétendant que les républicains cherchaient à équilibrer les comptes en puisant dans son budget.Peu de congressistes ont sérieusement examiné la valeur intrinsèque d’une proposition, que plusieurs — dont un certain George Bush — avait, en d’autres temps pas si lointains, rangée parmi l’attirail de «l’économie vaudou» des années 80.Sylviane T ram ier ?INDEX Avis publics.B4 Classées .B7 Culture .B8 Économie .B2 Éditorial ,.A6 Le monde .~A5 Mots croisés.B7 les sports .B5 M É T É O Montréal Neige cessant le matin.5 à 10cm.Neige fondante par la suite.Max: 2 Est du Québec Neige et poudrerie cessant en après-midi.10 cm d'accumulation.Max: -1 Détails en B7 L'ENTREVUE Georges Ifrah: le conteur de chiffres PAGE B 1 LE MONDE Le gouvernement Balladur en plein désarroi PAGE A 5 LES SPORTS Villeneuve l'emporte en Formule Indy PAGE B 5 Les commissions plient bagage: et maintenant, quoi?Rodrigue Tremblay conteste à son tour la légalité de l'avant-projet de loi KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR La vaste consultation populaire sur la souveraineté a pris fin hier à Montréal avec un dernier appel à la prudence lancé par l’ancien ministre péquiste Rodrigue Tremblay.Le dernier intervenant de la dernière séance de la Commission de Montréal sur l’avenir politique du Québec a remis en question la légalité de l’avant-projet de loi sur la souveraineté.En effet, au lieu de créer l’essor souverainiste tant souhaité par le gouvernement de Jacques Parizeau, les interventions d’hier auraient mis en évi- dence les inquiétudes de la population face à l’avant-projet de loi, inquiétudes que Québec ne saura atténuer qu’en le modifiant à fond.En demandant directement à la population d’entériner une loi par voie de référendum, M.Tremblay a dit craindre que le gouvernement péquiste ne risque d’être traîné en cour par ceux qui l’accusent d’essayer de court-circuiter la constitution.«Il y de fortes chances que ce soit un processus ultra vires», a affirmé M.Tremblay, ministre de l’Industrie dans le premier gouvernement Lévesque, maintenant professeur de sciences économiques à l’Université de Montréal.«11 y a donc un grand risque qu’avec l’approche par projet de loi, le gouvernement perde le contrôle de la suite du référendum au profit des tribunaux, advenant une victoire de la souveraineté.» L’intervention de l’ancien ministre péquiste corrobore la thèse de plusieurs fédéralistes, dont le constitutionnaliste Stephen Scott, qui contestent la légalité de l’avant-projet de loi.Selon M.Tremblay, en prétendant établir la légitimité d’une telle loi en la soumettant à un référendum au lieu de suivre la voie habituelle, soit en obtenant la signature du lieutenant-gouverneur, le gouvernement ferait fi d’un principe fondamental de la constitu- VOIR PAGE A 8: COMMISSIONS r\b PP COMMISSIONS RÉGIONALES UR L'AVE NI DU QUÉBEC «ül 11 PHOTO ROBERT SKINNER , * wêm V V * \ LA RELEVE DES YVETTES?Une cinquantaine de femmes fédéralistes appartenant au mouvement «C’est notre pays» ont manifesté hier devant le Musée d’art contemporain, où se concluait la dernière séance de la Commission de Montréal sur l’avenir politique du Québec.Le camp du OUI brouille les cartes à dessein, accuse Johnson ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le rideau tombé sur les commissions régionales, le chef libéral Daniel Johnson accuse les souverainistes d’usurper la démocratie et d’ajouter à la confusion en parlant de revoir la question référendaire pour répondre aux opinions exprimées par les citoyens.Le chef libéral, qui a pris la parole hier à Montréal devant quelque 200 jeunes militants de la Commission-Jeunesse du PLQ, a ni plus ni moins accusé les souverainistes de se servir du contenu des commissions pour brouiller davantage les cartes à leur avantage.«Ce qui est désolant, c’est qu’on veuille manipuler la démocratie.Dans l’avant-projet de loi, il y a déjà toutes sortes de dispositions sur l’association, sur le libre-échange.Qu’est-ce qu’on veut ajouter?On veut ajouter à la confusion ou à la clarté?» «Je constate que tous les groupes organisés en faveur de la séparation veulent augmenter le degré de confusion en laissant croire que c’est nous qui décidons du contrat d’association avec nos voisins», a déploré M.Johnson, interrogé sur l’impact éventuel d’une question faisant référence à l’association économique avec le reste du Canada, tel que proposé par les jeunes bloquâtes.Alors que certains présidents de commissions parlent déjà de conseiller un report du référendum ou d’adjoindre un projet plus global de société à l’avant-projet de loi, M.Johnson qualifie ces propos de «tentative de détournement démocratique».«Qui mène?Est-ce M.Parizeau où ses proches colla- VOIR PAGE A 8: JOHNSON VOIR AUSSI EN PAGES A 3 ET A 6 ¦ Le projet de société au cœur des préoccupations des jeunes ¦ L'heure des compromis a sonné pour Parizeau, selon l'ADQ ¦ Autochtones: invitation à la tolérance ¦ L'éditorial de Gilles Lesage: pour quoi la souveraineté?Londres ne répond pas Mal à l'aise face à la question québécoise, la Grande-Bretagne a choisi de se taire La tenue d’un référendum sur l’avenir politique du Québec ne trouble guère la diplomatie britannique.Et ce ne sont pas les représentants du Canada et du Québec à Londres qui vont secouer la torpeur des politiciens locaux ou des fonctionnaires du Foreign Office.JOCELYN COULON LE DEVOIR Londres — Officiellement, le gouvernement britannique considère le débat constitutionnel Canada-Québec comme une affaire strictement intérieure.Bien sûr, le secrétaire au Foreign Office, Douglas Hurd, a déjà déclaré, lors d’une visite à Ottawa l’automne dernier, que Londres espérait que le Canada demeure uni.Mais, mise à part cette position, qui est d’ailleurs partagée par tous les pays du monde, c’est le silence complet.A tel point qu’il est difficile d’obtenir la moindre confidence sur le sujet «La Grande-Bretagne est mal à l’aise face à la question québécoise, dit Trevor Taylor, professeur de relations internationales au Royal Institute of International Affairs.Elle ne peut imaginer un Canada démantelé.Mais la Grande-Bretagne est aussi l’ancienne puissance coloniale.Elle ne veut surtout pas être entraînée dans cette querelle.» Une opinion que partage Edward Mortimer, le chroniqueur de politique étrangère du Financial Times.Il ajoute que le processus qui mène à l’indépendance d’un pays n'est pas une affaire que Londres prend à la légère.«La Grande-Bretagne a une certaine expérience de ce genre de situation, dit-il.Elle a beaucoup appris au cours du démantèlement progressif de son empire après la Seconde Guerre mondiale.Aujourd’hui, la prudence est de rigueur tant chez les politiciens que chez les hauts fonctionnaires.» Les Britanniques peuvent se montrer d’autant plus réservés sur la question québécoise que les représentants du Canada et du Québec à Londres ne se disputent pas sur la place publique comme à Paris.Cette attitude permet à chacun de ne pas continuellement se positionner face à la querelle Canada-Québec.A moins de changements spectaculaires, les relations VOIR PAGE A 8: LONDRES Planter sans consulter Bourque caresse pour le boulevard Henri-Bourassa un ambitieux projet de reverdissement KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Sans même avoir entamé de discussions avec les trois municipalités partenaires dans le projet de réfection du boulevard Henri-Bouras-sa, le maire Pierre Bourque entend augmenter de façon substantielle la plantation d'arbres le long de cette artère, et du coup, le budget qui y est rattaché.L’enveloppe de 700 000 $ destinée à l’aménagement paysager de cette route qui traverse Montréal-Est, Anjou.Montréal-Nord et Montréal, risque même de doubler.Des massifs d'arbustes et de fleurs prévus à l’origine sur le terre-plein du boulevard, le projet est passé à la plantation de cinq rangées d’arbres.Bien qu’aucun mémo n’existe, la commande a été clairement passée par le maire Bourque.«Ce qui est demandé, c’est deux rangées d’arbres de chaque côté, et une au W Pierre Bourque VOIR PAGE A 8: PLANTER L E I) E V 0 I R , I, E I, IJ N I) I « M A R, S I » I) 5 LES ACTUALITES Qu’ils sont bons! PHOTO AP PAUL BUGAT est un chocolatier parisien de 50 ans qui espère vendre comme des petits pains chauds ses masques blancs — sûrement appétissants — d’Edouard Balladur et de Jacques Chirac.Pour déguster l’un ou l’autre candidat à l’Élysée (la cote de popularité du premier est en chute libre, celle du second est en hausse), il faut débourser 200francs (près de 50 dollars).Alors, mou ou dur, le chocolat des Français?PHARMA INC.Fournier Pharma Inc.est la filiale canadienne de Groupe Fournier, France, un laboratoire pharmaceutique de premier plan dont les activités de recherche et développement emploient plus de 450 personnes.Afin de développer notre programme de recherches cliniques, nous sommes à la recherche d’un(e): Associé(e) de recherche clinique TÂCHES: Vos responsabilités toucheront à tous les aspects de la recherche clinique, de l’élaboration de protocoles d’études cliniques à la validation des données.Par des contacts fréquents avec tous les chercheurs au Canada, vous assurerez la progression des études cliniques, tant du point de vue de la qualité que du respect des échéances.EXIGENCES Vous détenez un Baccalauréat ou une Maîtrise en pharmacie, en sciences infirmières, ou tout autre champ d’activité lié au domaine médical.Vous avez en outre l’expérience de la recherche clinique dans l’industrie pharmaceutique.Vous êtes dynamique et méthodique.Le poste requiert une bonne connaissance de „ l’anglais et du français.NOUS OFFRONS D'intéressantes perspectives de carrière, un salaire compétitif ainsi qu’une gamme complète d’avantages sociaux.Pour vous joindre à notre équipe, veuillez adresser votre curriculum vitae sous pli confidentiel, à l’adresse ci-dessous: Dr.Pol-Henri Guivarc’h Fournier Pharma Inc.455, rue St-Antoine est, Bureau 103 Montréal, Québec, FI2Z 1J1 FOURNIER Seul (es) les candidats (es) sélectionnés (es) pour une entrevue seront contactés (es).Doyenne des universités canadiennes y et des universités francophones en Amérique, l'Université laval appuie le progrès et l'ouverture de la société en alliant formation de qualité • -** *'• i et développement du savoir.B B UNIVERSITÉ &£ LAVAL IE.SAV0II DU MOUD! PASSE PAR Kl POSTE DE PROFESSEURE, PROFESSEUR EN PSYCHOLOGIE PASTORALE La Faculté de théologie est à la recherche d’une ou d’un professeur régulier à temps plein, en psychologie pastorale et dans le domaine «psychologie et religion».DESCRIPTION DU POSTE - Enseignement aux trois cycles dans les divers programmes de la Faculté.- Recherche fondamentale et appliquée dans les domaines de la psychologie pastorale et de « psychologie et religion ».- Supervision de stages en psychologie pastorale, notamment en pastorale clinique et en counseling pastoral.- Participation aux autres activités universitaires et administratives de la Faculté.QUALIFICATIONS - Doctorat en théologie avec maîtrise en psychologie ou doctorat en psychologie avec maîtrise en théologie.Les candidatures détenant des diplômes dans des disciplines équivalentes ou en voie d’achever leur doctorat pourront être considérées.- Expérience de recherche en psychologie pastorale ou en « psychologie et religion ».- Expérience d’intervention dans le domaine de la psychologie pastorale.- Expérience d’enseignement universitaire souhaitée.- Certification professionnelle souhaitée (ACPEP ou organisme similaire).- Publications pertinentes souhaitées.Date prévue d’entrée en fonction: l"juin 1995.Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur curriculum vitae avant le 7 avril 1995 à: René-Michel Roberge, doyen Faculté de théologie Pavillon Félix-Antoine-Savard, bureau 840 Université Laval, Québec (Québec) G1K 7P4 l'acuité de théologie i l'égalité.I l rmersite l^%al rs \«Kants a rengagement de Des groupes de femmes rappellent au gouvernement son engagement Il serait temps que le PQ vote sa loi sur l’équité salariale PRESSE CANADIENNE v A l’approche du 8 mars, Journée internationale des femmes, des groupes de femmes et du milieu syndical rappellent au gouvernement péquiste son engagement d’adopter une loi sur l’équité salariale.L’objectif de l’équité salariale est de verser un salaire égal pour un travail équivalent ou d’égale valeur, non plus seulement un salaire égal pour un travail égal.Les emplois sont d’abord évalués, puis comparés.Une telle loi vise à contraindre les employeurs à adopter des mesures dans le but d’éliminer les écarts de salaire entre les hommes et les femmes, en s’attaquant par exemple à la sous-rémunération des emplois oeçupés traditionnellement par les femmes.A Québec, le Secrétariat à la condition féminine a mis sur pied un comité qui travaille à ce dossier depuis quelque temps déjà.Depuis des années, la Coalition en faveur de l’équité salariale, qui rassemble des groupes de femmes et des syndicats, revendique une loi qui touche autant les grandes entreprises que les petites, les employés à temps partiel et à temps plein.En entrevue, la coordonatrice du comité de travail, Mme Louise Chayer, rappelait que l’idée est acquise, puisque le gouvernement péquiste s’y est engagé.Le travail est cependant plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord, notamment pour les PME et les entreprises qui ont des emplois difficilement comparables.Mme Chayer souligne que la concentration des femmes dans certains emplois — la vente, les emplois de bureau et les services — «est responsable d’une bonne partie de l’écart» de salaire entre hommes et femmes.C’est aussi à cela que la future loi doit s’atta- quer.Ce sont les emplois de femmes qui, traditionnellement, sont sous-évalués et mal payés.Au fil des ans, la situation des femmes sur le marché du travail a progressé, mais celles-ci subissent encore un écart de 26 % face aux hommes.C’est dire qu’une femme travaillant à temps plein et à l’année touche 74 % du salaire d’un homme, soit 25 579 $ contre 37 302 $.«Un dossier très important» La Fédération des femmes du Québec fait partie de la coalition qui revendique cette loi depuis des années.Sa présidente Françoise David rappelait, en entrevue, à quel point l’équité salariale «est un dossier très important pour les femmes».Le mouvement des femmes, qui tiendra une grande marche ce printemps pour porter ses revendications jusqu’à Québec, en a d’ailleurs fait l’une de ses neuf requêtes au gouvernement.De son côté, la FTQ, qui compte quelque 150 000 travailleuses parmi ses 450 000 membres, manifeste son impatience devant l’avant-projet de loi qui tarde.Le secrétaire général Henri Massé insiste auprès de la ministre responsable de la Condition féminine, Mme Jeanne Blackburn, pour qu’elle dépose «au plus tôt» son avant-projet de loi.«Nous aurions aimé que cet avant-projet de loi soit prêt pour le 8 mars, Journée internationale des femmes.» Celui-ci déplore d’ailleurs que jusqu’ici, les syndicats n’aient guère été consultés dans le processus gouvernemental en cours.Des lois sur ljéquité salariale, existent en Ontario, au Manitoba, à l’île-du-Prinpe-Edouard, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Ecosse.PHOTO ARCHIVES Paul Martin Pour débarrasser le Canada de sa lourde dette Chrétien sollicitera un deuxième mandat «Oui, absolument, on ne me dit pas départir» Ottawa (PC) — Le premier ministre Jean Chrétien a l’intention de solliciter un deuxième mandat, afin, dit-il, de débarrasser le Canada de sa lourde dette.M.Chrétien n’a jamais sérieusement discuté de sa possible candidature aux prochaines élections, mais alors qu’il était interviewé sur les ondes de la station britannique BBS, hier, il a déclaré qu’il aimait sa tâche et qu’il avait l’appui des Canadiens.«Oui, absolument, on ne me dit pas de partir», a répondu M.Chrétien quand on lui a demandé s’il serait de nouveau candidat «Nous devons nous assurer que les finances du pays sont en bon état et nous devons nous assurer que le Québec demeure à l’intérieur du Canada.» Au bureau du premier ministre, on estime que cet engagement n’est pas surprenant.Selon un porte-parole, M.Chrétien a déjà dit qu’il aimerait diriger le parti au cours de la prochaine campagne électorale.M.Chrétien s’est dit enchanté du résultat de sondages indiquant que la majorité des Canadiens appuient son budget de vigoureuses compressions.Mais il a aussi annoncé que les programmes sociaux feraient l’objet d’autres coupes, et a indiqué son intention de transformer le régime d’assurance-chômage en un système d’assurance-emploi.Il n’a pas fourni d’autre précision, mais une des idées avancées par certains économistes est d’autoriser les gens à se servir de (assurance-chômage comme d’un Régime enregistré d’épargne-retraite.Jean Chrétien Martin soucieux de justice sociale Ottawa (PC) — Le système de l’impôt sur le revenu devrait être modifié de façon à permettre une redistribution de la richesse aux enfants, aux femmes âgées vivant seules, aux travailleurs pauvres et aux entreprises les plus productives, estime le ministre des Finances, Paul Martin.«On peut faire beaucoup par le biais du régime d’impôt sur le revenu, et je pense que nous devrions le faire», a-t-il déclaré en entrevue, la semaine dernière.«Fondamentalement, le marché ne redistribue pas la richesse, il la crée», a souligné le ministre, qui vient de déposer un budget mettant l’accent sur les compressions de dépenses et la réduction de la taille et des activités du gouvernement.Ce budget ne comportait guère de mesures favorisant une justice sociale.Mais selon le ministre, le gouvernement peut toujours intervenir pour aider la longue liste des groupes canadiens dont il considère qu’ils n’ont pas une juste part du gâteau.Des études démontrent que l’écart grandit entre les riches et les pauvres au Canada, et que la pauvreté des enfants s’accroît.M.Martin croit qu’il est possible de modifier le régime fiscal pour rétablir l’équilibre, mais il n’a pas voulu dire à quels types de changements il songe, ni à quel moment il pourrait les mettre en vigueur.Cependant, une réforme de l’impôt ne constitue pas une panacée.C’est «une des façons» de résoudre le problème, a-t-il dit.Et, tout en mettant de l’avant des projets de réforme des politiques sociales fédérales axées sur la lutte à la pauvreté chez les enfants et l’amélioration du sort des travailleurs pauvres, le gouvernement réduit ses dépenses à caractère social.Les paiements de transfert aux pro- ; vinces, qui permettent à celles-ci de financer leurs programmes de santé, d’aide sociale et d’éducation, seront réduits de 7 milliards $ en 1996-97 et 1997-98.CARRIERES ET PROFESSIONS appel de candidatures I Gouvernement Idu Québec pour l’équité en emploi Ministère de la culture et des Communications Directrice ou Directeur du Conservatoire d’art dramatique de Montréal Cadre supérieur, Classe IV 57 823 $ à 70 3S6 $ Le Conservatoire d’art dramatique de Montréal est une école de formation supérieure consacrée au développement des actrices et des acteurs.Il offre un programme de formation et de perfectionnement à ceux et celles qui désirent faire carrière dans les multiples champs de l’art dramatique.L’entraînement, la création et l’approfondissement des techniques et des connaissances sont les principales voies que sont appelés à explorer les élèves.Concours numéro 634G-013014 - Ce concçurs vise à combler un emploi régulier au ministère de la Culture et des Communications dans la région administrative de Montréal.Attributions - Assurer le développement du Conservatoire ainsi que son intégration et son rayonnement dans le milieu culturel.Participer à l’élaboration des politiques, planifier et coordonner les activités pédagogiques et administratives, la gestion des ressources humaines, financières et matérielles du Conservatoire dans le cadre des lois, règlements, politiques, directives et normes en vigueur.Conditions d’admission - Détenir un diplôme universitaire de premier cycle ou une attestation d’équivalence dûment certifiée par une université québécoise.Posséder un minimum de 8 années d’expérience dans l’exercice d’activités de niveau professionnel ou d’encadrement comprenant 2 années d’expérience dans des activités d’encadrement.Aux tins de l’évaluation de la formation et de l’expérience, toute expérience pertinente non concomitante avec celle acquise sur le marché du travail est reconnue; chaque année de scolarité manquante peut être compensée par 2 années d’expérience reconnue; chaque année d’expérience manquante peut être compensée par une année de scolarité reconnue et additionnelle au minimum requis.Inclure une photocopie de l’original de ses attestations d’études.Période d’inscription - Du 4 au 17 mars 1995 Inscription - Ministère de la Culture et des Communications, Direction des ressources humaines, 225, Grande Allée Est, bloc C, 1er étage, Québec (Québec), G1R 5G5.Information - Mme Hélène Giard, (418) 643-6557 - Québec M.Alain Quenneville (514) 873-4699 - Montréal Renseignements importants Il peut exister d’autres conditions permettant l’admission aux concours, telles que la compensation, de la scolarité par de l’expérience.Lorsqu aucune expérience n 'est exigée les personnes en voie de terminer la dernière année de scolarité requise peuvent être admises.Pour occuper un emploi dans la fonction publique, il faut une connaissance du français appropriée aux fonctions.Les personnes ayant le statut de résident permanent sont admissibles, sauf s’il est mentionné dans l’appel de candidatures qu’elles doivent avoir le statut de citoyen canadien.Des renseignements supplémentaires sont disponibles auprès des personnes désignées sous la rubrique -Information» et dans les bureaux régionaux de l’Office des ressources humaines.L’inscription se fait à l’aide du formulaire - Offre de service - disponible dans les bureaux régionaux de l’Office et dans les directions de personnel des ministères et organismes gouvernementaux - L’Offre de service - doit être accompagnée d’une photocopie de l’original des attestations d’études et de tout autre document prouvant qje les conditions d’admission sont remplies Pour être acceptées, les candidatures doivent être reçues à I adresse Indiquée durant la période d’inscription.Petrie Raymond, une importante firme de comptables agréés de Montréal, est présentement à la recherche d'un candidat pour le poste de : Contrôle de la qualité Vos principales fonctions seront d'assumer des responsabilités relatives au programme d'inspection et de contrôle qualitatif de même qu'à l'évaluation et au perfectionnement du personnel.Bilingue, vous êtes comptable agréé et vous possédez un minimum de trois années d'expérience en vérification, plus une année en contrôle de la qualité.Si vous possédez les qualifications requises et que vous aspirez à une carrière où l'initiative et le professionnalisme sont de rigueur, vous êtes invité à soumettre votre candidature en toute confiance à l'attention de Gilles Villeneuve, c.a., à l'adresse suivante : PETRIE R4YMOND Société en nom collectif COMPT4BLES AGRÉÉS 1320, bout.Graham Bureau 200 Montréal (Québec) H3P 3C8 Parie Raymond pratique l'équité en minière d'emploi.Québec a a Avocate ou avocat La Centrale de l'enseignement du Québec est à la recherche d'une avocate ou d'un avocat pour occuper une fonction conseil en relations du travail.FONCTION: Sous la responsabilité de la direction d'une de ses Fédérations affiliées, fout en ayant les responsabilités générales reliées à une fonction conseil en relations du travail, cette personne sera principalement appelée à agir à titre de procureure ou procureur en arbitrage de grief ou devant des instances judiciaires ou quasi-judiciaires.De plus, la personne retenue devra être disponible à se déplacer dans d'autres localités au besoin.EXIGENCES: • Etre membre du Barreau; • Avoir une expérience d'au moins trois (3) ans à titre de procureure ou procureur, particulièrement en plaidoirie; • Avoir de l'expérience en relations du travail; • Etre bilingue.DURÉE DE L'EMPLOI: À compter de maintenant, jusqu'au 30 septembre 1995.LIEU DE TRAVAIL: Montréal.CONDITIONS DE TRAVAIL: Selon la convention collective des conseillères et conseillers de le CEO.PRÉSENTATION DES CANDIDATURES: les personnes intéressées doivent faire parvenir leur offre de service et leur curriculum vitae avant 17 h 00, le 10 mars 1995, à: Bernard Doddridge, Directeur Ressources humaines ^7/ f—Centrale de l'enseignement du Québec HVr L/tU 1170, bout, lebourgneuf Québec, Québec G2K 2G1 P S.Nous vous demandons de spécifier que vous autorisez la Direction des Ressources humaines à prendre des informations d'une tierce personne. L K I) K V 0 I It , I, K I.I! N I) I (i M A R S I » 9 5 A ?le: ACTUALITES LE CENTRE À MONTRÉAL RUTO STRRSSE 5905 AUT0R0UTÉ TRANSCANAOIENNE, ST-LAURENT 748-6961 Le «projet de société» au cœur des préoccupations des jeunes SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR La Commission des jeunes sur l’avenir du Québec a donné le goût de la consultation à tous ceux qui ont participé à ses travaux.Environ 5000 jeunes ont pris la parole ou présenté des mémoires à la commission durant les quatre semaines où elle a siégé, et beaucoup souhaitent qu’une formule permanente de forum pour la jeunesse soit établie au Québec afin de poursuivre la réflexion autour d’un projet de société.«On retiendra principalement que les jeunes veulent être plus et mieux consultés, pour participer à la construction de leur société, car ils se sentent concernés», a résumé Audrey Benoît, vice-présidente de la Commission des jeunes.La Commission des jeunes sur l’avenir du Québec tenait hier sa séance de clôture à l’Université du Québec à Montréal.Environ trois cents jeunes et moins jeunes ont assisté à la dernière session au cours de laquelle le point de vue souverai- _____ niste a largement dominé, comme c’est le cas depuis le début des séances, ce qui n’a pas empêché les interrogations et les inquiétudes sur l’avenir politique du Québec de tenir une grande place dans les interventions.Le thème du «projet de société» semble faire recette auprès des jeunes, et plusieurs ont décrit la souveraineté comme un moyen pour forger une société plus juste et plus humaine.Pour beaucoup, la souveraineté se fonde sur un consensus qui existe au Québec sur un certain nombre de choix de société: la famille, l’éducation, la protection sociale, notamment.Pour certains, la souveraineté du Québec reviendrait à s’affirmer dans le monde: «Dire OUI COMMISSIONS RÉGIONALES SUR L'AVENIR DU QUÉBEC à la souveraineté, c’est s’asseoir à la table des grands, dans le GATT, à l’ONU.C’est aller dans le sens du peuple tchèque, du peuple slovaque», a dit un jeune homme.Pour un autre, du Lac-Saint-Jean, la souveraineté doit amener plus de pouvoir dans les régions pour leur permettre de se développer.Pour un troisième, qui s’est présenté comme un «futur citoyen du Québec», la souveraineté c’est «se prendre en mains».Une déléguée de Montréal, fort applaudie, a exprimé les choses ainsi: «Pour être souverainiste, ce n’est pas nécessaire de dénigrer le Canada.Le Canada n’est pas un mauvais pays, mais ce n’est pas mon pays.» La survivance de la langue française au Canada semble être une préoccupation importante des jeunes, qui hier, ont dénoncé le recul du français dans les provinces maritimes et les difficultés des francophones en Ontario: «Non, la francophonie ne va pas bien au Canada», a affirmé un jeune homme.Et sur le même sujet, un autre, de l’Outaouais, a renchéri: «Dans l’Outaouais, ça parle comme ça marche.Ça fait dur!» On aura compris que les défenseurs du fédéralisme n’étaient pas légion, mais cependant quelques voix discordantes se sont élevées contre le Parti québécois et contre la gestion par le Québec de secteurs qui relèvent de sa compétence.«Dans l’éducation on est souverain et on a 40 % des jeunes qui décrochent.Comment ne pas être inquiet pour l’avenir?», s’est demandé un jeune homme.Un autre a mis ses collègues en garde contre «le danger de devenir majoritaire» et de «bâtir sur la haine et la vengeance», affirmant aussi que «la souveraineté ne doit pas se construire sur l’ethnie».En clôturant les travaux de la Commission des jeunes, son président Marc-André Coailier a servi au public ce conseil: «Restez curieux, et si vous restez curieux vous allez vivre vieux.» Il a annoncé que le rapport de la Commission ainsi que les recommandations des commissaires seraient prêts d’ici la fin du mois.«Un signe» La vice-présidente de la Commission, Audrey Benoît, croit que cet exercice aura été utile et que le rapport final sera pris en considération par le gouvernement.«La participation à la Commission des jeunes, plus élevée que toutes les autres, est un signe que la jeunesse n’est pas aussi désabusée qu’on veut le dire.Donc le gouvernement, quel qu’il soit, devra tenir compte de la réponse, quelle qu’elle soit.(.) Nous, on est allés écouter les jeunes, on va écrire ce qu’ils nous ont dit dans notre rapport, et on va le défendre ce rapport-là», dit-elle.Selon Mme Benoît, les articles de l’avant-pro-jet de loi du gouvernement du Québec qui ont été le plus discutés au cours des séances de la Commission sont ceux qui portent sur la monnaie, la citoyenneté et la nouvelle constitution.«On a eu toutes sortes de proposition pour la question référendaire.Par contre la date du référendum a été très peu abordée.C’est sans doute parce que les jeunes se sont fait dire que le référendum était en 1995, et ils le croient.Ils veulent avoir les informations pour faire un choix éclairé.Ils veulent régler ça maintenant, parce que pour eux, ils sont déjà rendus à l’autre étape: se bâtir une société à notre image, se créer un nouveau projet de société avec dedans un nouveau contrat social.» Il reste à faire la synthèse de ce grand déballage.Les commissaires s’attelleront à la tâche dès cette semaine.L’heure des compromis a sonné pour Parizeau, selon l’ADQ PRESSE CANADIENNE Le référendum sur la souveraineté du Québec ne se soldera par une victoire du OUI que si le premier ministre Jacques Parizeau accepte de faire abstraction de tout chauvinisme politique et de s’adjoindre le soutien de représentants de diverses factions politiques.C’est ce qui ressort de l’intervention de la section montréalaise de l’Action démocratique du Québec (ADQ), hier, peu avant la clôture des audiences de la Commission de Montréal sur l’avenir du Québec.«Nous avons besoin d’une victoire, et nous avons besoin d’une victoire rapidement», a déclaré le représentant de l’ADQ, Stéphane Le-bouyonnec.«Même si nous avons gagné la première et la deuxième périodes, la troisième est la plus importante et, donc, pour le gouvernement de Jacques Parizeau, pour le premier ministre, l’heure des compromis a sonné», a-t-il lancé.«Comme premier ministre de tous les Québécois, il doit gouverner pour tous les Québécois», a poursuivi le porte-parole de l’ADQ, évoquant l’idée d’un compromis qui serait perçu comme «un véritable compromis et non pas une retraite, simplement la mesure de ce qu’est le Québec aujourd’hui».Une grande coalition «Monsieur Parizeau en a la responsabilité et le devoir moral.Il lui appartient de forger le consensus et d’initier la grande coalition nationaliste dont le Québec a besoin pour relancer sa progression dans l’histoire, d’abord et avant tout en rejetant le statu quo», a insisté le représentant de l’ADQ-Montréal.«Nous savons tous que les Québécois rejettent littéralement le rapatriement de la Constitution de 1982.«Mais nous savons aussi maintenant qu’à choisir entre la souveraineté et le statu quo, ils choisiront le statu quo.» «Alors que veulent vraiment les Québécois et les Québécoises?» Pour M.Lebouyonnec, la population souhaite «une nouvelle union Québec-Canada, qui est actuellement davantage représentée par un jeune chef de 24 ans», soit Mario Dumont, dirigeant de l’ADQ.Le porte-parole de l’ADQ-Montréal a cité en exemple la situation vécue par la population de la métropole québécoise.«Qui n’a pas dans sa famille un membre de la communauté grecque ou italienne, qui n’a pas un anglophone, qui ne travaille pas en anglais, qui n’a pas des amis qui sont anglophones?Les Montréalais réalisent qu’ils sont le tampon social et culturel du Québec.Ils ne veulent pas de séparation brutale.» «Pour beaucoup, la relation canadienne n’est un pis-aller; elle est aus- si émotive, elle est une question de relations.» Compte tenu du dilemme politique que pourrait soulever tout compromis pour le Parti québécois, l’ADQ suggère à M.Parizeau, dans le cadre des commissions pré-référendaires, «de s’adjoindre des individus qui auront, de par leur passé, démontré une certaine modération en ce qui a trait à la question nationale», avançant les noms de Marcel Masse, ancien ministre conservateur à la tête de la commission de Montréal, et de Jean-Paul L’Allier, maire de Québec et président de la commission québécoise, tous deux issus d’horizons politiques différents.L’objectif d’une telle démarche serait, selon M.Lebouyonnec, de faire en sorte que le compromis référendaire ne serait pas issu «du conseil des ministres (.) mais de la volonté des Québécois, représentés par un forum élargi».Jacques Parizeau 30**% PHOTO PC Ghislain Picard, président de l’aile québécoise de l’Assemblée des Premières Nations a boycotté les séances de la Commission du Nord sur l’avenir du Québec.11 n’y avait, par ailleurs, aucun autochtone parmi les sept commissaires.La Commission du Nord met fin à ses travaux Autochtones: invitation à la tolérance Chibougamau (PC) — Des citoyens de Chibougamau invitent les Québécois à la tolérance à l’endroit des nations autochtones.Ils proposent une recette basée sur le respect mutuel et le développement de relations plus nombreuses.«La ville de Chibougamau a la chance de vivre une évolution assez intéressante à cet égard dans ses relations avec les communautés autochtones environnantes», a raconté hier le maire, Ronald Blackburn, devant la commission du Nord sur l’avenir du Québec qui terminait ses travaux dans cette ville située à 700 km au nord de Montréal.La ville a créé un «comité des amitiés interculturelles» qu’elle finance depuis trois ans.Ce comité organise diverses manifestations et échanges avec les communautés cries de Mistissini, d’Ouje-Bougoumou et de Waswanipi, qui sont toutes situées dans un rayon de 150 km de Chibougamau.«C’est sur une base désintéressée et lentement, cela marche.Au niveau du Québec, le ton monte.Notre inquiétude est grande de voir le climat se détériorer.Tous, Québécois ou autochtones, nous aurions à perdre d’une telle évolution», a dit le maire Blackburn.Le partenariat avec les autochtones doit être basé sur trois règles, a expliqué le maire: un respect mutuel, le développe- ment de relations, de forums et de points de rencontre, et une politique «favorisant l’inclusion des autochtones dans la vie québécoise plutôt que leur exclusion».Deux enseignants de Chibougamau, Reynold Undsay et Réjean Girard, ont renchéri dans le mémoire qu’ils ont présentés devant la Commission du nord.«Nous croyons beaucoup aux liens qui peuvent être tissés entre nos deux communautés», ont-ils dit Ils ont cité le cas de onze éducatrices autochtones de la communauté crie qui ont réussi le cours collégial de technique de garderie dispensé à Chibougamau et qui travaillent actuellement à la garderie de Mistissini.«Ce groupe a été le premier dans toute la commission scolaire crie à recevoir une attestation d’études collégiales», ont mentionné les deux enseignants.Le mémoire présenté par Donald Rheault, président régional de la centrale syndicale, signale que les droits autochtones doivent être «négociés dans un climat de droit, non dans un rapport de force».Magré ces témoignages sympathiques, aucun représentant des 12 000 Cris n’a accepté de participer aux travaux que la Commission du Nord sur l’avenir du Québec a tenus dans cinq communautés nordiques depuis une semaine.Nouveau budget fédéral Santé et programmes sociaux seraient réellement menacés Ottawa (PC) — Le système de soins de santé et les programmes sociaux du Canada sont sérieusement menacés par le nouveau budget fédéral, analyse l’Institut,Caledon de politique sociale.À compter de 1996-97, en vertu du budget présenté lundi dernier, Ottawa diminuera les sommes versées aux provinces aux titres de la santé, des programmes d’aide sociale et de l’éducation.Ces sommes seront en outre réunies en un seul versement d’argent, que les provinces seront libres de dépenser comme bon leur semble.Cette baisse des paiements de transfert sonne le glas du régime canadien de la santé, affirment Ken Battle et Sherri Torjman, les auteurs de l’analyse.Le premier ministre Jean Chrétien a déclaré cette semaine que le gouvernement fédéral s’assurerait que les provinces respectent les grands principes du régime de soins de santé comme l’universalité et le financement public.Mais la seule façon dont Ottawa peut imposer le respect de ces principes est de retenir les sommes qu’elle verse aux provinces qui ne s’y conformeraient pas, par exemple celles qui feraient payer des frais aux usagers.Enlevez l’argent, et vous faites disparaître le moyen de pression, affirme l’Institut Caledon, une organisation à but non lucratif qui effectue des recherches sur des questions de politique sociale.Le même avertissement a été émis la semaine dernière par le secrétaire général de l’Association médicale canadienne, Léo-Paul Landry.Comment M.Chrétien pense-t-il contrôler ce que feront les provinces, s’il n’a plus le contrôle de l’argent?demande M.Landry.De plus, il n’y a pas que les paiements de transfert qui diminuent En vertu d’une formule qui date des années Mulroney, la proportion de l’argent qui retourne aux provinces en «liquide» décline, le reste étant des points d’impôt perçus directement par les provinces — et sur ces sommes, le gouvernement fédéral n’a aucun pouvoir.M.Battle estime que la proportion des transferts en «liquide» aura entièrement fondu aux alentours des années 2006-2008.Occasion, d'affaires La santé, la liberté et l'indépendance financière Réalisez vos rêves et atteignez vos objectifs avec CELL TECH, une compagnie solide en pleine expansion, établie depuis 1982 (514) 345-5637 (message enregistré 24 h) BATISSEZ VOTRE PROGRAMME AVEC LE DES.„GESTION“HEC DIPLOME D’ETUDES SUPÉRIEURES EN GESTION Programme de 2® cycle souple et court.Formation individualisée.Vaste choix de cours dans 13 disciplines et fonctions de la gestion.Formation antérieure en gestion non requise.Expérience de travail non requise.Pour progresser dans votre carrière.ADMISSION Trimestre d’automne 1995 Date limite : 1er avril.30 crédits.Temps plein ou partiel.LA GESTION, LAISSEZ-NOUS VOUS EN PARLER! 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passé le week-end à préparer la ronde suivante de témoignages mais une question demeure, et cela pourrait prendre quelques mois avant d’en connaître la réponse: fera-t-on écouter par le jury la déposition de Mme Lopez, seul témoin de la défense qui dit avoir un alibi innocentant Simpson.Certains observateurs de la scène judiciaire en doutent.Ils estiment que les contradictions mises en relief par le contre-interrogatoire des avocats de la poursuite fera craindre aux défenseurs de Simpson de soumettre le témoignage de Mme Lopez à un examen serré.Mais d’autres experts croient qu’il y a de fortes chances que les membres du jury soient appelés à écouter l’histoire de Mme Lopez — cette bonne qui travaillait chez les voisins de Simpson.Malgré les incohérences de son témoignage, elle demeure la seule personne qui affirme avoir vu la Ford Bronco de Simpson garée sur sa propriété au moment où la poursuite prétend qu’il se trouvait plutôt à trois kilomètres de là, en train d’assassiner son ex-femme, Nicole Brown Simpson, et son ami, Ronald Goldman, le 12 juin dernier.Le virus Michel-Ange de retour?Palo Alto, Californie (Reuter) — Les fabricants de programmes informatiques ont déclaré hier redouter une nouvelle apparition, aujourd’hui, du virus Michel-Ange, du nom du célèbre peintre de la Renaissance italienne né un 6 mars.Chaque année, un saboteur anonyme s’en prend aux ordinateurs professionnels et personnels d’IBM.Le virus informatique introduit- dans le système peut détruire les informations stockées sur les disques durs si l’ordinateur est branché.En mars 1992, le virus Michel-Ange avait infecté environ un million d’ordinateurs personnels.Depuis, le phénomène a perdu de son ampleur et les attaques se sont réduites.Pour régler ses problèmes financiers La faillite personnelle, une solution de plus en plus prisée Québec (PC) —Jadis considérée comme une procédure déshonorante, la faillite personnelle est devenue un moyen comme un autre, pour ne pas dire la solution, pour régler ses problèmes financiers.Si bien qu’il n’est pas rare de voir des personnes opter pour cette formule à deux ou même trois reprises.Trois raisons fondamentales ont transformé la mentalité des Québécois face à la faillite: les modifications apportées à la loi fédérale facilitent ce processus; la concurrence féroce que se livrent les institutions de crédit les amène à faire preuve de plus de libéralisme: finalement, à l’exemple des anglophones, les Québécois ont compris qu’une dette n’est pas un contrat moral mais un contrat d’affaires.Albert (nom fictif mais cas réel) l’a compris.Il a fait faillite il y a plusieurs années po ir repartir à neuf.Par la suite, il a eu un emploi stable qui lui a permis de regagner la confiance des banques et des commerces.L’an dernier il a appris qu’il serait mis à pied.Il s’est alors empressé d’empocher toutes ses marges de crédit avant de déclarer faillite à nouveau, en accord avec son épouse dont l’emploi n’était pas menacé et qui a pris la relève pour obtenir du crédit.L’attitude d’Albert frise la fraude.C’est du moins la conclusion qu’on peut en tirer si on prend soin de lire attentivement la loi fédérale sur les faillites et l’insolvabilité.Il est impossible d’évaluer de façon précise l’ampleur de cette pratique puisque les statistiques ne tiennent pas compte du nombre de faillites pour un même individu.Le syndic Michel Leblond n’hésite pas à dire que «le taux de rechute est inimaginable et constitue un problème sérieux».Les gens font des deuxième et troisième faillites parce que c’est trop facile, selon lui.Par contre, M.Leblond témoigne beaucoup de sympathie à l’endroit de ceux qui font appel à cette solution quand c’est vraiment l’unique moyen de s’en sortir pour repartir à zéro.«Une personne incapable de payer ses dettes fait preuve d’honnêteté en faisant faillite.Elle signifie ainsi à ses créanciers de cesser de faire des frais dans l’espoir de récupérer ce qui leur est dû.» «Une personne incapable de payer ses dettes fait preuve d’honnêteté en faisant faillite» Les institutions financières tenant compte du risque dans les taux d’intérêt, la relation entre les deux parties en est donc une d’affaires.Quand il y a un pourcentage d’intérêt en jeu, ce n’est plus de la morale mais c’est un risque calculé.Ce que les francophones ont compris bien après les anglophones, souligne le syndic.En 1993, les faillites personnelles ont coûté 426 millions $ aux institutions financières du Québec comparativement à 885 millions $ en Ontario.Le Québec a enregistré 15 707 faillites personnelles en 1993 contre 16 632 l’année précédente.Pour les dix premiers mois de 1994, 14 700 consommateurs ont déposé leur bilan comparativement à 14 569 pour la même période en 1993.Conseiller au crédit et à l’endettement à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF), M.Vital Barbeau abonde dans ce sens.Pour les ACEF, les institutions prêteuses ont une part importante de responsabilité dans le dossier des faillites, sans vouloir nier la contribution des consommateurs.«On leur propose des cartes de crédit partout et parfois on leur offre un cadeau pour obtenir leur accord.Des commerces exigent leurs propres cartes, d’où une multiplication forcée de marges de crédit.Pour le consommateur, c’est de l’argent qui tombe du ciel», analyse M.Barbeau.Aujourd’hui, c’est presque anormal de ne pas faire appel au crédit.Des gens qui sollicitent ses conseils se sentent coupables de ne pas avoir de cartes de crédit parce qu’ils se font dire que s’ils n’utilisent pas le crédit, ils ne pourront jamais y avoir accès en cas de besoin véritable.Les modifications apportées en 1992 à la loi sur la faillite et l’insolvabilité, qui prévoyaient la «proposition de consommateur» comme alternative à la faillite, sont un «flop», selon le syndic Michel Leblond de Québec.Cette procédure n’est pas du tout utilisée au Québec parce que les syndics ne couvrent même pas leurs frais et se retrouvent avec des «obligations qui n’ont pas de sens».Quant aux consommateurs, ils n’y gagnent rien puisqu’ils doivent payer leurs dettes au complet et sont «fichés» pour six ans, au même titre que les faillis.Euthanasie: pour un amendement du Code criminel Ottawa (PC) — Le Code criminel devrait être amendé de manière à autoriser clairement l’interruption des traitements qui permettent de maintenir en vie un malade en phase terminale, affirment des membres du comité sénatorial sur l’euthanasie.En même temps, il faudrait que les médecins se voient signifier des lignes directrices définissant à quel moment et comment ils peuvent cesser, ces traitements, disent-ils.A l’heure actuelle, il n’y a aucun paramètre qui définisse les conditions d’interruption des traitements, expliquait la sénatrice Thérèse Lavoie-Roux, vice-présidente du comité, en entrevue.«Un médecin pourrait dire: “ce patient a été ici assez longtemps, ou, pour celui-là, il n’y a rien d’autre qu’on puisse faire”, et mettre fin aux traitements sans consulter qui que ce soit d’autre.Personne n’a de contrôle là-dessus.» Il faudrait obliger les médecins à consulter au moins un collègue, et de préférence une équipe médicale, avant de décider, suggère-t-elle.Le sénateur Gérald-A.Beaudoin, également membre du comité, est aussi d’avis que «la situation devrait être clarifiée dans le Code criminel».«Nous pourrons peut-être avoir à modifier la législation, ici et là, pour nous assurer que tout sera fait selon les lignes directrices.Nous devons être prudents.» Il est courant que des médecins interrompent des traitements dans le cas de malades dont le décès est imminent et irréversible, parce qu’ils considèrent que poursuivre ces traitements relèverait de l’acharnement thérapeutique, mais il n’existe aucune donnée sur la fréquence de telles mesures, et les circonstances au cours desquelles elles sont prises.«Nous n’avons pas de chiffres, mais cela se produit chaque jour dans tous nos hôpitaux», a assuré Margaret So- merville, du Centre McGill pour la médecine, l’éthique et le droit Certaines personnes interprètent le Code criminel comme interdisant toute cessation de traitements.Plusieurs tribunaux ont reconnu la validité de cette pratique, mais des médecins craignent toujours d’être tenus responsables d’un décès, a signalé Mme Somerville.Un amendement au Code criminel serait utile, a-t-elle dit, tout en soulignant que cela ne donnera pas aux médecins une réponse toute faite.Même si, à l’heure actuelle, les médecins ne sont pas légalement tenus de consulter des collègues avant de débrancher un respirateur, dans la pratique, ils le font généralement, a-t-elle ajouté.Le dépôt du rapport du comité, qui était prévu pour le 15 mars, sera reporté de deux mois à cause de la difficulté que posent les questions étudiées, a indiqué la sénatrice Joan Nei-man, présidente du comité.CARRIERES ET PROFESSIONS Doyenne des universités canadiennes ' • et des universités francophones en Amérique, l’Université Laval appuie le progrès et l’ouverture de la société en olliant formation de qualité et développement du savoir.S S UNIVERSITE S SB LAVAL U SAVOIR DU MONDE fASSE PAR Kl APPEL DE CANDIDATURES NOMINATION DO DOYEN OU DE LA DOYENNE DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE L’AGRICULTURE ET DE L’ALIMENTATION Conformément à la Procédure de nomination des doyens de faculté et des directeurs d’école et de département, adoptée par le Conseil d’administration à la séance du 21 septembre 1994, le Comité de nomination sollicite des candidatures pour combler la vacance du poste de doyenne ou de doyen et invite toute personne ou organisme à faire des suggestions sur le profil de la candidate ou du candidat au poste à pourvoir.Le mandat d’une durée de quatre ans peut, après évaluation et consultation, être renouvelé une fois.QUALIFICATIONS GÉNÉRALES : - être professeure ou professeur agrégé ou titulaire ; ou être détentrice ou détenteur d’un Ph.D.dans une discipline des sciences de l’agriculture et de l’alimentation depuis dix ans ; ou posséder une expérience remarquable dans un domaine des sciences de l’agriculture et de l’alimentation; - avoir une très bonne connaissance des besoins et des activités du domaine de l’agriculture et de l’alimentation; - avoir une bonne expérience de l’enseignement et de la recherche; - avoir la capacité d’assumer des tâches de responsabilité exigeant un bon esprit de décision ; - témoigner d’une bonne capacité d’écoute des besoins pédagogiques des étudiantes et des étudiants et de leurs préoccupations; - avoir les aptitudes requises pour entretenir des relations fécondes avec le corps professoral, les membres du personnel administratif, les associations professionnelles et scientifiques, les organismes gouvernementaux et les entreprises; - posséder une bonne maîtrise du français écrit et parlé.Le Conseil d’administration doit procéder à la nomination du doyen ou de la doyenne de la faculté au plus tard à la séance du 21 juin 1995 et la date d’entrée en fonction est fixée au 7 juillet 1995.Les candidatures ainsi que les propositions de candidatures et les suggestions sur le profil de la candidate ou du candidat doivent être soumises par écrit et reçues, au plus tard le 10 avril 1995, au bureau du président du Comité; Monsieur Michel (îervais Recteur Président du Comité de nomination Cabinet du Recteur Université Laval, Québec (Québec) G1K7P4 Faculté des sciences de l’agriculture et de l'alimentation VENDEUR(SE) de maisons neuves demandé(e)s par un important promoteur de la Rive-Sud, doit avoir minimum 3 ans d’expérience, être dynamique et disponible.448-3797 Country Style requiert les services d’un(e) Représentant(e) en immeuble pour la province de Québec.Avec plus de 200 restaurants à travers le Canada, Country Style continue son expansion à un rythme accéléré.La personne recherchée possédera de 3 à 5 ans d’expérience dans la sélection des emplacements de même qu’une capacité éprouvée à identifier et négocier l’emplacement des localités lucratives.Une bonne compréhension de l’industrie de l’alimentation rapide est essentielle.Bilinguisme requis.Prière d’envoyer un curriculum vltae détaillé en français et en anglais à: Country Style Donuts CSD 2 East Beaver Creek Road, Bfdg.# I Richmond Hill.Ontario L4B 2N3 hn serfu ratiqués sur place étaient négatifs.Une équipe de géologues s’est rendue sur place. I.E I) E V 0 1 a, LE 1.U N 1) I « M A R S I !) !) 5 5 FRANCE Le gouvernement Balladur est en plein désarroi Paris (AFP) — La cohésion du gouvernement français est sérieusement mise à mal par des accrochages à I répétition entre partisans des deux candidats gaullistes à l’élection présidentielle d’avril-mai, le maire de Paris et patron du RPR Jacques Chirac, et le premier ministre Edouard Balladur.La dernière passe d’armes en date, qui oppose M.Balladur et son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, le principal soutien de Jacques Chirac, est d’autant plus grave que la France, qui assure au premier semestre de 1995 la présidence de l’Union européenne, peut difficilement se permettre une cacophonie au sommet, à fortiori à la tête de sa diplomatie.La dernière bataille a éclaté samedi lorsque M.Balladur a déclaré «sans fondement» les mesures d’économies annoncées trois jours plus tôt par le ministère des Affaires étrangères, qui concernent notamment la fermeture de six ambassades et quinze consulats.Ces dispositions avaient été prises par M.Juppé, président par interim du RPR, en réponse à l’annonce par le gouvernement d’un gel global de crédits budgétaires de 20 milliards de FF (4 milliards de dollars).Mais M.Balladur a aussi et surtout accusé M.Juppé d’avoir agi pour des motifs politiques.L’annonce de ces mesures, «dans la période que nous traversons, me paraît relever de préoccupations qui ne sont pas celles du bon fonctionnement du service public», a-t-il déclaré.Le député RPR Patrick Devedjian, fidèle entre les fidèles d’Edouard Balladur, a demandé hier la démission de M.Juppé après ce désaveu.Hier, le ministère des Affaires étrangères a choisi de répliquer avec une bonne dose d’ironie, en prenant note «avec satisfaction» de l’annulation de ses mesures et laissant entendre que si elles étaient supprimées, le gel de crédits budgétaires l’était également.Jeudi, Alain Juppé avait déjà ferraillé avec le premier ministre, à propos du projet présidentiel de Jacques Chirac.Edouard Balladur avait mis en garde contre les «promesses électorales» dangereuses selon lui pour la stabilité du franc.M.Juppé avait estimé qu’«un homme d’Etat n’utilise pas ce genre d’arguments dans une campagne électorale».Le candidat socialiste à la présidentielle Lionel Jospin s’est déclaré «stupéfié» de «la façon dont le gouvernement de la France se déchire», estimant que «le gouvernement a littéralement explosé».A sept semaines du premier tour de la présidentielle, la tension monte entre les deux camps, alors que se confirme le renversement de tendance dans les sondages au profit de Jacques Chirac, reléguant M.Balladur, longtemps considéré comme le successeur quasi certain du socialiste François Mitterrand, dans la position de challenger.Un leader rwandais est assassiné Kigali (AFP) — Des inconnnus armés qui avaient dressé un barrage sur la route, ont tué samedi soir le préfet de Butare (sud), Pierre Rwangabo, personnalité hutue libérale qui avait échappé au génocide de l’an dernier, a-t-on appris hier de source officielle à Kigali.Le préfet, accompagné de son fils de 18 ans, de son chauffeur et d’un soldat qui assurait sa garde, revenait par la route de Kigali à Butare.Entre Mbazi et Mgoma, la route étant barrée par un tronc d’arbre, le préfet est descendu de son véhicule et les inconnus ont ouvert le feu, le tuant sur le coup ainsi que son fils et son chauffeur.Selon la radio rwandaise, les hommes armés étaient apparemment des civils.Le soldat de garde a été blessé et secouru plus tard par une patrouille de l’Armée patriotique rwandaise.Personnalité connue du Parti social-démocrate (PSD), M.Rwangabo avait fui à Byumba, tenue par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir), lorsque les militants extrémistes hutus, In-terahamwe, ont commencé à massacrer les tutsis et les Hutus libéraux à Kigali, après la mort le 6 avril dernier du président Juvénal Habyarimana.M.Rwangabo travaillait alors avec le chef du gouvernement, Agathe Uwilingiyimana, autre opposante au président Habyarimana assassinée par sa garde présidentielle.¦Jifc'.-¦ v.PHOTO AP Le général Aslan Maskhadov, chef des forces rebelles tchétchènes, s'est déclaré hier pessimiste quant à la volonté des Russes de négocier un règlement pacifique de la guerre en Tchétchénie.Les Russes coupent la route aux rebelles tchétchènes Ourous-Martane (AFP) — Dans leur première grande offensive depuis qu’elles ont achevé d’encercler Grozny il y a deux semaines, les forces russes se sont emparé hier de la dernière route qui reliait encore la Tchétchénie centrale à l’Ingouchie voisine à l’ouest.Avec des dizaines de blindés, un véritable déluge d’artillerie et des bombardements répétés par avions et hélicoptères, les Russes ont lancé hier matin dans la bataille toute leur puissance de feu pour s’emparer de cette voie vitale et tenter de venir à bout de la résistance des trois villages de la région.Samachki, Bamout et Atchkhoï-Martane, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Grozny, résistaient toujours hier soir, comme en témoignaient les déflagrations d’artillerie qui continuaient à déchirer l’air toutes les quelques secondes.Mais Samachki et Bamout sont maintenant totalement encerclés par les forces russes, et les milliers d’habitants qui continuaient hier soir à fuir Atchkhoï-Martane ne se faisaient guère d’illusion sur le sort de ce gros bourg d’environ 20 000 habitants, jusque là bastion indépendantiste.La route passant par Atchkhoï-Martane puis bifurquant au nord vers Samachki était la seule route encore praticable vers Nazran, la capitale de l’Ingouchie voisine, où sont réfugiés une grande partie des Tchétchènes qui ont fui la petite république caucasienne depuis l’entrée des troupes russes il y a bientôt trois mois.S’ils réussissent à s’emparer d’Atchkhoï-Martane, les Russes contrôleront pratiquement toute la région à l’ouest de Grozny.Le petit village de Valérik semble assez indéfendable, et celui de Guékhi, dernier sur la route qui mène vers Ourous-Martane, est comme cette ville contrôlé par l’opposition pro-russe, et ne devrait donc pas s’opposer à l’avancée des chars russes.Les Russes auraient alors réussi un grand mouvement, isolant les indépendantistes dans l’est de la Tchétchénie, autour des villes de Chah, Argoun et Goudermès.Les bombardements répétés, d’artillerie ou aériens, sur ces trois villes ces derniers jours laissent penser que les troupes russes préparent maintenant une offensive de ce côté, qui aurait pour but de repousser les combattants tchétchènes vers les montagnes du sud.La Somalie abandonnée par le monde Aïdid réclame de l aide Mogadiscio (AFP) — «Laguerre est finie», a affirmé hier le général Mohamed Farah Aïdid, en demandant de nouveau à la communauté internationale d’aider les Somaliens à reconstruire leur pays, par une aide strictement humanitaire.Le «chef de guerre» a salué, au .cours d’une conférence de presse, la «fin de l’occupation de la Somalie par des troupes étrangères», quelques jours après le retrait des derniers Casques bleus de l’Opération des Nations unies en Somalie (ONU-SOM II).Prenant pour preuve le calme relatif qui règne à Mogadiscio depuis le départ des derniers soldats de l’ONU, le général Aïdid a estimé que la situation redevenait «normale» et qu’il fallait maintenant penser à la reconstruction.Pour cela, a-t-il dit, la Somalie a besoin de l’aide de la communauté internationale, aide qu’il veut seulement humanitaire.Le général Aïdid ne veut plus entendre parler de soldats étrangers et estime inutile une médiation internationale dans les conflits entre factions somaliennes, qui ont ensanglanté et affamé la Somalie depuis 1991.«Nous voulons coopérer avec la communauté internationale, nous voulons avoir de bonnes relations avec tous les pays», a insisté le général Aïdid.Interrogé sur les pro- blèmes de sécurité rencontrés par le personnel étranger des organisations humanitaires, le chef de guerre a estimé qu’il serait plus facile d’assurer cette sécurité que lorsque l’ONUSOM était là.«Nous allons travailler ensemble, alors qu’aupara-vant nous n’avions pas de contacts directs», a-t-il relevé.Pendant la présence de l’ONUSOM, «le peuple somalien a mené la lutte la plus noble» contre cette occupation, a ajouté le général Aïdid.Maintenant, «les Somaliens sont unis et veulent travailler ensemble, pour reconstruire leur pays, pour maintenir la paix et la sécurité, pour vivre en harmonie et regarder de l’avant», a-t-il précisé.Sarajevo sous le feu des francs-tireurs La capitale bosniaque a connu sa pire semaine depuis deux mois Sarajevo (AF) — Un homme a été blessé hier à Sarajevo par des francs-tireurs, au terme de la pire semaine qu’aient connue les habitants de la capitale bosniaque depuis la mise en place du cessez-le-feu il y a deux mois.Depuis lundi, 15 personnes ont été blessées par des coups de feu de tireurs embusqués, et deux personnes ont été tuées, dont une femme touchée par un tir de mortier.Malgré le renforcement dès mardi de la présence d’unités «anti-snipping» de la FORPRONU le long de la principale avenue de Sarajevo, les tireurs embusqués, postés en zone serbe de l’autre coté de la rivière Miljacka, ont tiré quasi quotidiennnement sur les passants et le tramway.Ils ont notamment touché un jeune Casque bleu français, légèrement blessé à la tête et qui a été sauvé par son casque.Les unités anti-francs-tireurs ont riposté à plusieurs reprises, selon la FORPRONU.La circulation du tramway a été interrompue.Par ailleurs, cinq membres de l’organisation humanitaire «Pharmaciens sans frontières», quatre Français et un Américain, ont été détenus par les Serbes de Bosnie, après être entrés par mégarde dans une zone sous leur contrôle, a indiqué hier un porte-parole de la FORPRONU.Selon le porte-parole, le lieutenant de vaisseau Myriam Sochacki, les cinq hommes ont été arrêtes samedi alors qu’ils revenaient de livrer une cargaison de médicaments à Sarajevo avec trois camions.A leur sortie de la ville, ils se sont égarés sur une route en zone serbe.Des négociations sont en cours pour leur libération, a précisé le porte-parole.Les Serbes ont empêché samedi un convoi de camions du bureau du coordinateur spécial de l’ONU pour Sarajevo, chargé de la reconstruction de la ville, de traverser la zone de l’aéroport, territoire neutre contrôlé par les Casques bleus.Selon la FORPRONU, les autorités serbes de Bosnie s'opposent au fait que des camions empruntent les «routes bleus» ou «crossings» qui permettent aux civils l’entrée et la sortie de la ville depuis le 1er février dernier.Un convoi de vivres destiné aux 500 Casques bleus néeerlandais est d’autre part arrivé hier matin dans l’enclave musulmane de Srebrenica (est de la Bosnie).Les forces néerlandaises avaient achevé leur rations d’aliments frais depuis plusieurs jours et commençaient à manquer de vivres.Transportant 30 tonnes de nourriture, les dix camions du convoi ont été autorisés samedi à franchir les lignes serbes en direction de la Bosnie orientale, à la suite de l'intervention téléphonique du général Rupert Smith commandant de la FORPRONU pour la Bosnie, auprès du commandant serbe Radko Mladic.EN BREF ?ISRAËL FAIT UN GESTE Jérusalem (Reuter) — Israël a autorisé les Cisjordaniens à rouvrir ou à reconstruire une quarantaine de maisons murées ou débilites appartenant à des personnes soupçonnées d’activisme palestinien, a-t-on appris samedi auprès des forces de l’ordre.Elles ont expliqué que ce geste envers les habitants de Cisjordanie occupée avait été décidé à l’occasion de la fin du ramadan.Les forces israéliennes ont également rouvert une vingtaines de rues murées à la suite de jets de pierres.-?- VIOLENCES ARMÉES À KARACHI Karachi (Reuter) — Treize personnes, dont un policier et un milicien, ont été tuées par des hommes armés à Karachi durant la fête musulmane de l’Aid-al-Fitr, qui marque la fin du ramadan, ont rapporté hier la police et les services ambulanciers.Les corps criblés de balles de trois hommes d’une vingtaine d’années ont été découverts dans un taxi hier matin dans le centre-ville.La tension est vive à Karachi depuis l’assassinat de 20 fidèles chiites la semaine dernière dans deux mosquées de la ville.Des violences à ca- ; : ractère ethnique et religieux y ont fait 164 morts en février en plus de 800 l’an dernier.-?- 24 mois *Sujet à l’acceptation du crédit avec VCI.Financement maximum 20 000.00 $.sur nos Jetta neuves 94 en inventaire, taux de crédit annuel 3.9# 24 mois.5.9# 36 mois, 7.25# 48 mois, 8.25# 60 mois.L’offre prend fin le 31 mars 95.NORDEST VOLKSWAGEN LTÉE 10395 boul.Pie IX, Montréal-Nord, Qué, Tel.: 325-3422 L E I) E V 0 I R , L E L 1! N I) I B M A R S 1 9 9 ,r) EDITORIAL Pourquoi la souveraineté?Gilles Lesage La Commission des aînés sur l’avenir du Québec tient aujourd’hui et demain ses dernières audiences publiques, aux îles-de-la-Madeleine.C’est ainsi que prennent fin les consultations que 18 commissions itinérantes (16 régionales, une pour les aînés, une pour les jeunes) ont tenues depuis un mois sur l’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec.Les quelque 280 commissaires prennent les deux prochaines semaines pour faire le bilan et dégager des consensus qui seront ensuite soumis au gouvernement.ores et déjà, il est permis de constater que, sans ajouter aux hyperboles péquistes, ce vaste exercice d’écoute et de prise de parole a été largement intéressant, utile et fructueux.H l’aurait été davantage si l’opposition officielle, au lieu de bouder dans son coin, y avait pris part, au lieu de laisser à l’ADQ et à son chef Mario Dumont plus de place qu’ils en auraient eu normalement.Même en l’absence de la confrontation systématique des points de vue que les libéraux auraient apportée, les présidents ont fait en sorte que tous ceux qui voulaient s’exprimer ont pu le faire sans entraves.À preuve, plus de 50 000 personnes ont participé aux activités publiques, qui ont suscité plus de 4600 mémoires, dont plus de la moitié ont été discutés publiquement avec les commissaires.Les absents ont eu tort Succès populaire, donc, dans le respect général des vues divergentes, même si, à l’évidence, la grande famille péquiste dominait les débats.Les dérapages ont été peu nombreux et vite réprimés.A preuve, celui du député bloquiste de Louis-Hébert, Philippe Paré, contredit sur-le-champ par ses collègues et désavoué le lendemain par son chef Lucien Bouchard.Les commissions n’ont pas provoqué le courant enthousiaste et mobilisateur envers la souveraineté, mais elles ont permis à des milliers de concitoyens de faire part de leurs espoirs et de leurs préoccupations.Ils y ont d’ailleurs pris un intérêt et un plaisir évidents, au point de souhaiter que la démarche soit renouvelée et devienne même périodique.Même si le débat était en quelque sorte orienté autour de l’option péquiste — avec le préambule et LA question, en conclusion de l’avant-projet de loi — les gens ne se sont pas gênés pour s’interroger à haute voix et avec vigueur, non seulement sur le projet gouvernemental, mais sur la démarche et les étapes pour y arriver.En majorité, certes, on ne conteste pas l’objectif souverainiste ou l’horizon 1995 pour le référendum, comme s’il était inévitable à plus ou moins long terme.Mais on a l’impression que, pour plusieurs intervenants, l’essentiel n’est pas là.Ce qui a d’ailleurs fait sursauter, ici et là, des militants intransigeants pour qui la souveraineté est la seule et unique clé de l’avenir du Québec.À ceux-là, des milliers d'intervenants sont venus rappeler utilement que l’option péquiste n’est pas un objectif en soi, mais un moyen privilégié pour tendre à une plus grande mesure d’épanouissement collectif et de progrès économique.En d’autres termes, ce qui les intéresse et les préoccupe au plus haut point — ce que reflètent également les sondages, les uns après les autres — c’est le pourquoi et le comment, mieux encore, le pour quoi des chambardements majeurs que le gouvernement Parizeau s’apprête à nous proposer.Les présidents interrogés par Michel Venne et Pierre 44’Neil, dans Le Devoir de samedi, l’ont fait ressortir largement Les citoyens ont décrit à grands traits la société dans laquelle ils veulent vivre, attendant des péquistes qu’ils démontrent que la souveraineté est nécessaire pour répondre à leurs attentes profondes.La soif de changements est immense.Le statu quo est honni, les griefs contre Ottawa sont nombreux.Mais la confiance envers Québec est limitée.Une constante émerge un peu partout.On ne veut pas changer de pouvoir pour le plaisir de la chose, ni bouleverser les structures actuelles sans savoir ce qu’on fera des morceaux.Ici, on esquisse un projet de société, différente et meilleure, note la présidente Danielle-Maude Gosselin (Chaudière-Appalaches).Là, on veut s’assurer que Québec ne perpétuera pas à son échelle le modèle fédéral actuel.Les pouvoirs récupérés, il devrait les transmettre aux régions et aux collectivités locales.Il faudrait cesser de centraliser les pouvoirs (à Ottawa ou à Québec) et de décentraliser les dépenses, comme a dit le président de l’UMQ, Ulric Blackburn.Pas de délestage sans les moyens d’agir.Prenant la parole, comme une amorce de démocratie directe, les citoyens aiment être consultés et ils veulent que ça donne des résultats concrets.Les attentes sont énormes, la déception sera amère si les espoirs ne sont pas comblés.Ça n’a pas créé un momentum ou un courant (en faveur de la souveraineté), note le président Antoine Grégoire (Outaouais).Mais les gens sont plus sensibles, plus aux aguets, en état d’alerte.Ils sont aujourd’hui plus en attente que décidés.Les commissaires, y compris les ministres et députés, péquistes et bloquâtes, ont pris la mesure de cette attente, qui ressemble à quelque chose comme un nouveau projet de société, mobilisateur et vivifiant.Les questions sont nombreuses et persistantes, aussi bien sur l’association économique que sur la dette, la monnaie et autres pommes de discorde.Les citoyens ne se contentent plus de vagues et grandes assurances, ils veulent des faits, des chiffres.Les aînés sont moins effarouchés qu’en 1980, ce qui est réconfortant, certes.Mais leurs préoccupations sont de nature économique, comme les plus jeunes, et ils tiennent à ce que le Québec remplisse ses obligations, en matière de dette notamment Mieux informés, les citoyens ont aussi, quoi qu’on en médise dans certains milieux, le sens de l’histoire et du relatif.Les tribuns ne les impressionnent plus guère.Ils jugent sur pièce, analysent au mérite, veulent la vérité, celle qui fait état aussi bien des avantages que des inconvénients d’une décision capitale, pour l’avenir.Ce n’est pas pour rien que, les uns après les autres, de M.Parizeau à M.Bouchard, en passant par les ministres Landry et Marois, les porte-parole souverainistes jonglent avec des hypothèses de question et des scénarios différents du début de décembre dernier.A ce jour, en tout état de cause, le grand brassage d’idées souhaité par le premier ministre n’a pas suscité l’échappée requise pour un référendum hâtif.Le remue-méninges fait plutôt ressortir — ironie de l’histoire, qui a tendande à bégayer — que l’étapisme si honni de naguère est chevillé au cœur d’un très grand nombre.Pas moyen d’échapper à ce retour vers le futur! Quand on leur donne la parole, les Québécois disent éloquemment des choses intéressantes.Ambivalentes peut-être, mais claires et constantes.Le goût de bouger et d’aller de l’avant, sans soubresauts et avec prudence.La marche vers la liberté, avec gradualisme et respect des autres.Ce n’est pas le grand frisson que d’aucuns appellent aveuglément, mais un idéalisme qui n’est pas exempt de réalisme.Sondage sans précédent qui alimentera la réflexion des stratèges et penseurs de tout poil, le long voyage des commissions sur l’avenir du Québec n’a probablement pas fait progresser pour la peine la croisade péquiste.Mais cette quête patiente et sereine a dégagé des convergences en faveur de changements profonds et un consensus énorme: un deuxième NON serait catastrophique.Les 18 commissions ont été utiles et fructueuses ; Chercher le crime Le député de Hull, Robert Lesage, dans Le Devoir du 8 février dernier, ose traiter la Commission sur l’avenir du Québec de «quétaine».Voilà bien tin terme à l’image du personnage.Plutôt que de mettre les fonctionnaires en garde contre la démarche et les offres du gouvernement du Québec — «C’est presque criminel», (fit-il, de favoriser l’indépendance quand on vit en Outaouais»— il serait de la plus haute importance que le député Lesage dénonce les coupures de postes, par milliers (45 à 50 mille d’ici trois ans, dont un tiers dans la région de la capitale nationale), que s’apprête à faire son ami, Marcel Massé dans la fonction publique fédérale.Il serait également fondamental d’entendre le député Lesage dénoncer les compressions aux pensions de vieillesse que va effectuer Paul Martin, le ministre des Finances.Nous n’avons pas encore entendu le député de Hull prendre la défense des plus démunis qui risquent de sombrer dans une misère plus profonde encore, à la suite des compressions dans les programmes sociaux ue fera IJoyd Axworthy, ministre es Affaires sociales a Ottawa.' Décidément, quand M.Lesage se préoccupe des intérêts de -sa- population.il y a tout a craindre.Rien a démontrer pour toutes ces années passées al Assemblée nationale.I.’auto-hxite 50 — poumon de l'Outaouais et artere vitale — ni vu ni, connu.Il n’a LETTRES -4- même pas su rallier ses pairs quant à l’emplacement du casino.Malgré tout cela, le député Lesage poursuit son monologue sans saveur et place ses gros pieds sur le frein de l’évolution de l’Outaouais.Or, 40 % des citoyens et citoyennes de Hull, et même plus à mesure que passent les jours, ne donnent plus foi aux propos de ce triste sire.Sylvia Gravel, Céline Héroux, Henri Benoît, Gaston Laurin, Adrien Amyot, Jean Frenette Hull, 10 février 1995 Sortons Clément God-bout de la glacière.Dans un article du 26 janvier M.God-bout demeure perplexe devant le report du projet Grande-Baleine.Et pour cause il prive «de dizaines de milliers d’emplois» des gens qui œuvrent principalement dans le domaine de la construction.Secteur durement touché par la récession.Sans être spécialiste de la question, je crois que la décision de reporter ce projet est excellente.On aura beau évoquer toutes les études pour justifier la décision du gouvernement: n’empêche qu’on insistera jamais assez sur les dommages causés a l’environnement et des effets pervers que cela entraînera sur le peuple qui y vit J’ai visité a plusieurs reprises la région de Grande-Baleine, c’est un paradis! H faut donner raison a Jean Chrétien quand il dit que «le Canada, c'est le plus beau pays du monde.» Monsieur Godbout semble faire un credo du discours sur «le plein emploi comme assise de notre projet de société.» C’est rêver en couleur! Notre société est en profonde mutation, l’emploi aussi.Les méga projets tels que nous les connaissons sont en voie d’extinction.Il est vrai qu’ils sont générateurs d’emplois pour l’industrie de la construction, mais pour une courte période.Après, tout est à recommencer, au grand dam des travailleurs.Dans l’article, il est dit que «rien non plus ne nous assure que la multiplication des petits barrages ne provoquera pas une opposition plus vive encore que le projet Grande-Baleine.» Rien ne nous dit que le contraire ne serait pas valable.Tant qu’aux éoliennes dont il met en doute la «sécurité d’approvisionnement, j’aimerais suggérer à Monsieur Godbout de s’abonner à Science et Vie ou à toute autre revue scientifique.Il remarquerait en outre, que depuis l’expérience du Cap-Chat, la technologie a beaucoup évolué dans ce domaine particulier.Faut avoir la vue bien courte des enjeux énergétiques lorsqu'il mentionne que «le dossier de Grande-Baleine et de l’avenir énergétique de Québec va sortir de la glacière.» Je ne I sais pas au juste ce qui sortira de cette glacière, mais ce ne sera sûrement pas de milliers d’emplois avec sa manne de cotisations syndicales.Jean-Pkrre Plessis Héiair Iberville, 27 janvier 1995 LE MONDE Le nouvel Ontario ans les arènes que sont devenus les programmes d’études canadiennes à l’étranger, les protagonistes sont toujours les ________mêmes: dans un coin, brandissant l’unifolié, le Canada; dans l’autre, drapé dans le fleurdelisé, le Québec.La querelle intestine s’exporte dans les colloques, les parties nulles abondent, l’ambassade et la délégation offrent en parallèle leurs réceptions, le rituel est immuable.Lassés par des années d’observation de notre tango de la rupture interminable, deux des groupes les plus experts proposaient la semaine dernière une variante.Le Centro de Investigaciones sobre America del Norte rattaché à l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM) et le Center for the Study of Canada rattaché à la State University of New York (SUNY à Plattsburgh) ont monté l’arène à Mexico et préféré mettre face à face le Québec et l’Ontario.Nous étions tous un peu désarçonnés mais le plus surpris était encore mon collègue Graham Fraser, directeur du bureau du Globe and Mail à Washington, avec lequel je présentais en duo la conférence de clôture.Graham est un journaliste chevronné, expert de la question canadienne et québécoise (il a écrit une histoire du Parti Québécois qui demeure pour nous tous une référence), donc vétéran des colloques.Au cours des années, il a expliqué le Québec au Canada, le Canada au Québec, et le Québec-Canada à l’étranger avec une objectivité aussi rare qu’exemplaire.Mais c’était la toute première fois, disait-il, qu’on attendait de lui une perspective proprement ontarienne.Le courage et le brin de douleur que lui avait infligé l’exercice étaient palpables.C’est quoi ça, l’Ontario, dans notre tragi-comédie collective?Même ignorants ou indifférents, les Québécois auront perçu d’évidents changements depuis une dizaine d’années.L’Ontario, tombée dans le conservatisme en enfance puisque née loyaliste, n’en est plus le bastion: avant d’élire des néo-démocrates, il y a près de cinq ans, elle avait vécu avec un gouvernement libéral de centre-gauche.L’Ontario, qui n’avait qu’un LISE BISSONNETTE ?/ mot à dire pour faire et défaire les gouvernements canadiens, et une moue à faire pour qu’Ottawa prenne ses ordres de Queen’s Park, se croit aujourd’hui flouée: 1’,accord de libre-échange avec les Etats-Unis puis avec le Mexique lui a été imposé, les mesures de transition ont été à peu près nulles et son industrie manufacturière a subi des contrecoups majeurs, le plafonnement des paiements fédéraux de transfert le handicapent fortement car le nombre d’assistés sociaux a augmenté de façon catastrophique.D’où l’affirmation, relativement nouvelle dans la donne politique canadienne, d’une sorte de «régionalisme» ontarien, agressif et nourri de griefs spécifiques.Les habitués des conférences fédérales-provinciales remarquent tous que l’Ontario n’est plus le médiateur tranquille entre les insatisfaits chroniques que sont le Québec, l’Ouest, l’Atlantique.L’Ontario se présente plutôt avec sa propre liste d’épicerie, s’absorbe désormais dans ses intérêts propres.Tout cela, nous le savions plus ou moins consciemment.Mais Graham Fraser a ouvert, en y revenant, des perspectives fascinantes sur le changement concomitant des attitudes en Ontario.Le syndrome de «l’Ontario d’abord» atténue désormais le sens de l’accommodement.Sans jamais jouer les bonshommes sept-heures, le journaliste voit disparaître, chez ses concitoyens, le «sens de la culpabilité» qui en menait autrefois plusieurs, de l’ancien premier ministre John Robarts aux universitaires éclairés, à flirter avec la thèse des deux nations, sinon à l’adopter carrément malgré la résistance des autres parties du pays.Exit la sympathie particulière.Si le Québec disait OUI à la souveraineté, l’Ontario aurait certes intérêt à négocier et le ferait, mais gare à la période de transition.Personne n’aurait intérêt à pratiquer la rétorsion dans les échanges commerciaux mais il serait naïf de croire, par exemple, que l’Ontario continuerait stoïquement à porter le poids de la péréquation durant les procédures de divorce.Et le Québec n’est pas le seul à essuyer les plâtres d’un nationalisme ontarien qui ne dit pas encore son nom.Le reste du Canada, le ROC, et notamment les provinces de l’Atlantique qui ont été les bénéficiaires principales de la péréquation, craignent que la solidarité ontarienne traditionnelle soit déjà affaire du passé.Les raisons, cette fois, pourraient être plus profondes que la fatigue qui marque la relation Québec-Ontario.C’est l’identité ontarienne qui change, rappelle Graham Fraser.Toronto, qui incarne à la fois l’Ontario politique et l’Ontario économique, est une ville dont le tissu démographique a beaucoup changé sous l’effet de l’immigration.Peut-on demander par exemple à la communauté asiatique, l’une des plus prospères et dynamiques, d’intérioriser les vieilles valeurs fondatrices de la fédération?Le soutien aux provinces pauvres, le partage incarné par la péréquation sont aussi étrangers au nouvel Ontario que l’est la thèse des deux nations.Et la distance psychologique est aujourd’hui bien plus grande entre la civilisation plutôt homogène des Maritimes et celle de Toronto, qu’entre les cousines cosmopolites que sont Montréal et Toronto.J’écoutais Graham Fraser, que je ne prétends surtout pas avoir résumé ici à la lettre, et je me disais que l’affaiblissement de la fédération canadienne est une sorte de processus irréversible.Ottawa peut bien, avec ses forceps budgétaires, tenter de faire naître encore un Canada uniformisé dans le carcan des «normes nationales», mais il ne peut rien contre les tendances lourdes, nées du libre-échange, d’une politique de multiculturalisme qui a oblitéré les origines du pays, de l’impasse constitutionnelle, et du poids de la dette qui va créer un sauve-qui-peut général, chacun pour soi.Avec l’Ontario en tête du peloton.À PROPOS -4- .de langue et de villes Un peu plus du tiers (37 %) des francophones du Québec résident en 1991 dans la région métropolitaine de Montréal, les trois quarts (76 %) des anglophones, 2 % des autochtones et 93 % des allophones.Parmi les autres régions métropolitaines de recensement, c’est la région de Hull qui regroupe, après Montréal, le plus d’allophones (9640), suivie de celle de Québec (8445), de celle de Sherbrooke (3065), de celle de Trois-Rivières (930) et, enfin, de celle de Chicouti- mi-Jonquière (640).Les allophones constituent 17 % de la population de la région métropolitaine de Montréal (514 145 personnes).Dans les autres régions métropolitaines, ce poids varie d’un peu plus de 4 % (Hull) à 0,4 % (Chicou-timi-Jonquière).Statistiques et indicateurs, n" 7, Gouvernement du Québec.LE DEVOIR FONDÉ FAR HENRI B 0 0 R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAIIX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS THOIIIN Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.GUY TAILLEFER Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND YVES CARIGNAN 2050.rue de Rleury.De étage.Montréal (Québec) HSA SM 9.Tél.: (514) 08 5-S SS S FAIS CE QUE DOIS I.E I) E V 0 I R .1.E I.U N 1) I (i M A R S 1 fl !) 5 IDEES Le travail, une qualité de vie Pourquoi ne pas remettre les mots «civisme», «conscience sociale» et «engagement» à la mode?CLAUDE RAJOTTE Ingénieur ans la société occidentale, le travail est plus que jamais une valeur primordiale permettant aux individus de jouir d’une bonne qualité de vie.Dans certaines sociétés comme les États-Unis, plusieurs programmes sociaux sont même offerts uniquement par l’entremise des employeurs.Par ailleurs, plusieurs nations, parmi les plus généreuses sur le plan social, remettent en question leurs programmes sociaux universels.Avec ces réalités, l’importance du travail s’accentue encore davantage et les individus sans emploi sont de plus en plus laissés à eux-mêmes.Hélas, contrairement à la situation qui p prévalu à partir des années 50, où un diplômé d’université se faisait offrir plusieurs emplois, ce sont maintenant les êmplois, quand il y en a, qui se font offrir des dizaines et même des centaines de diplômés.Les employeurs, en plus de pouvoir choisir parmi une multitude de candidats, peuvent même imposer des conditions de travail moins avantageuses à leurs nouveaux employés que celles de leurs employés plus anciens.Les candidats les moins alléchants ou qui refusent les conditions de travail qui leur sont offertes peuvent toujours aller travailler chez McDo ou retourner aux études.Les changements sociaux peuvent sûrement expliquer une partie de ce problème, diront certains.Dans les années 50 et 60, très de peu de femjnes occupaient le marché du travail.A partir du début des années 70, en même temps que le monde du travail se transformait (en passant des secteurs primaire et secondaire vers le secteur tertiaire), plusieurs femmes voulaient et avec raison «gagner leur vie» comme tout le monde.Une masse très importante d’individus venait donc grossir, voire doubler le nombre de travailleurs.Avec de tels changements structuraux, que nous soyons passés d’à peu près le plein emploi dans les années 60 à un taux de chômage de quelque 12% en 1995, cela démontre que le marché du travail a pu absorber une quantité impressionnante de travailleurs.En cela, nous n’avons rien à envier au monde du travail japonais qui, avec son brillant taux de chômage de 3 ou 4%, n’ouvre ses portes qu’à une minorité de femmes.Malgré cette conjoncture, on observe parfois un manque de motivation de la part de certains travailleurs.La perception générale est qu’il y a encore beaucoup de gras à couper et beaucoup de coups de pied qui se perdent et ce, particulièrement dans les entreprises publiques.Ces travailleurs qui «traînent de la patte» sont probablement en voie d’extinction car après plus de deux décen- nies où ce sont les travailleurs qui menaient les règles du jeu, l’employeur est maintenant au bâton et c’est maintenant lui qui fixe les règlements.Ces nouveaux règlements s’appellent «rationalisation», «productivité», «rentabilité» et surtout «performance».Plusieurs entreprises se sont engagées dans de nouvelles avenues et adoptent un langage plus agréable à l’oreille.L’expression «nouveau partenariat» désigne le nouveau type de relation qu’ils veulent établir avec leurs employés, ce qui est souvent qualifié par les employés de tactique pour aller «gruger» davantage dans les conditions de travail.D’autres sont plus positifs et pensent que leur employeur a peut-être réalisé que la valeur d’une entreprise réside plus dans la qualité de ses employés que dans son chiffre d’affaires.La technologie est accusée par plusieurs de grande responsable du manque chronique de travail.Or, l’équation «technologie-perte d’emploi» est loin d’être prouvée «globalement».Par exemple, l’avènement de l’informatique a probablement créé plus d’emplois qu’il en a fait disparaître.Par contre, il est évident qu’une entreprise qui congédie 100 employés pour les remplacer par un «bidule» automatisé conçu et fabriqué au Japon, ne contribue pas à la création d’emplois dans notre société.Et, hélas, cela se produit trop souvent.Les employeurs ont donc un rôle à jouer, mais les travailleurs peuvent faire leur part.Les organisations de travailleurs et notamment les syndicats, avec leur énorme pouvoir d’achat, leurs solides structures et leurs circuits d’information d’une efficacité remarquable, ont une place primordiale.Avec ces outils, faire la promotion de l’achat de produits de qualité fabriqués et/ou conceptualisés localement peut jouer un rôle de premier plan dans la création d’emplois.Le clivage entre les établissements d’enseignement et les entreprises continue d’entraver l’accession au premier emploi des finissants.Les employeurs doivent }eur ouvrir toutes grandes leurs portes.A l’instar du modèle allemand, les entreprises et les établissements d’enseignement doivent accentuer les programmes travail-étude ainsi que les diverses formes de stages.Quant à eux, les finissants doivent mettre de l’eau dans leur vin et accepter des conditions peut-être moins avantageuses pour leur permettre de jouir d’une première expérience pertinente si importante dans leur cheminement de carrière.Après quelque temps à acquérir de l’expérience dans leur domaine, l’emploi plus rémunérateur leur sera probablement offert avant même qu’ils ne le sollicitent, à condition évidemment qu’ils fassent preuve d’une bonne compétence Contrairement à la situation qui a prévalu à partir des années 50, où un diplômé d’université se faisait offrir plusieurs emplois, ce sont maintenant les emplois, quand il y en a, qui se font offrir des dizaines et même des centaines de diplômés.et de beaucoup de volonté.On entend souvent l’argument de la diminution des heures supplémentaires pour favoriser la création d’emplois.Cet argument est sûrement très juste lorsqu’il s’agit de chaînes de montage ou de plusieurs emplois dans le secteur tertiaire.Cependant, quiconque a déjà occupé un travail dans des activités de conception, quel que soit le domaine, sait que les 35 ou 40 heures régulières sont totalement insuffisantes et qu’on ne partage pas ce type de travail comme on tranche un quartier de pomme.Ces emplois de conception très créateurs d’emplois doivent être encouragés et mis en valeur.Étouffer cet esprit créateur en ne permettant pas aux travailleurs de faire les heures qu’ils doivent faire pour concrétiser leurs idées n’est certes pas la voie à suivre.L’avenir est plutôt dans le partage des profits générés par les bonnes idées et en cela, les employeurs ont un énorme bout de chemin à faire.Nous devons donc travailler efficacement, favoriser et récompenser l’innovation, faire preuve de solidarité avec ceux et celles qui nous côtoient et peut-être remettre à la mode les mots «civisme», «conscience sociale» et «engagement».Il faut également garder à l’esprit qu’un membre de notre société apte au travail et qui de surcroît recherche un emploi qui ne vient pas, cela est tout à fait intolérable socialement et humainement.IllIlIllUttV 5 H Ui 06 O > £ W 2 W X H Z O H Une réforme de l’école Est-ce que parents et enseignants pourraient partager la tâche de guider les enfants?PIERRETTE BÉLANGER Montréal endosse les positions de Laurent J Comtois exposées dans son texte intitulé «Pour une véritable réforme de l’école» {Le Devoir, 5 février 1995).Mais une réforme valide ne pourra - se faire qu’avec la collaboration des enseignants, et c’est là que le bât blesse.Je suis une grand-mère dont les petits-enfants fréquentent l’école alternative.H est vrai qu’à l’école alternative, l’enseignant est un guide plutôt qu’un maître.Mais il faut savoir que ces 20 écoles alternatives du Québec, soutenues par le désfr des parents, ne pourraient exister sans le bon vouloir des profes- ' seurs dont la formation pédagogique est celle de l’école traditionnelle.Si ces professeurs sont devenus des «guides», c’est bien parce qu’ils l’ont choisi fil faut l’espérer!) et qu’ils s’y appliquent de leur mieux.Leur en sommes-nous reconnaissants?Laurent Comtois exprime clairement la différence fondamentale dans la démarche pédagogique proposée par l’école alternative.Il signale le défi à rencontrer par les professeurs pour soutenir la découverte et «structurer la démarche».Ce dont il ne parle pas, c’est la quantité d’énergie demandée à ces «nouveaux» profs par les enfants et par les parents qui les leur confient' Depuis bientôt deux ans, je fréquente l’école «régulière» à titre bénévole pour aider les enseignants à la bibliothèque pour les petits de maternelle et de première année.Je dois souligner l’admiration et la reconnaissance que j’éprouve à l’égard des enseignants.Il faut les voir aux prises avec 20,30 enfants bien vivants et chacun demandant encouragement et attention.Je m’émerveille devant leur compétence et : leur disponibilité.Si nous voulons modifier l’école pour nos enfants, il faut d’abord considérer les enseignants comme nos partenaires dans l’entreprise.Je constate à quel point l’enseignant au primaire reçoit peu de support des parents qui sont déjà débordés par leurs tâches: le taux des parents disponibles pour venir prendre leurs petits à la sortie de l’école est infime.Pour la grande majorité, c’est la garderie jusqu’à six heures.Je sens le «stress» dans l’air et le peu de communication et de valorisation réciproque entre les partenaires.Pourtant, c’est l’enfant qui est notre commune préoccupation.Je vois les parents inquiets parce qu’ils espèrent le succès pour leur enfant mais le savent embarqué dans un bateau qui leur est interdit d’accès.Je vois des professeurs qui donnent patiemment Oe plus possible!) leur savoir aussi généreusement qu’on peut le faire dans le cadre physique qu’est l’école et ses règlements inévitables.Je vois les petits qui veulent apprendre et qui cherchent une oreille attentive.Dans ce nouveau Québec que l’avant-projet de loi sur la souveraineté propose, y aura-t-il une vraie place pour l’enfant, ceux qui l’aiment et ceux qui le guident?Saurons-nous coopérer, entre adultes, pour que nos enfants apprennent la coopération, cette «capacité de s’associer aux autres» que requiert l’adaptation au changement?En attendant, est-ce que parents et enseignants pourraient devenir «associés» et partager la tâche de «guider» les enfants?J’ai l’espoir qu’on y parvienne.J’y travaille modestement L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, LouisGilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Mortier, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Konrad Yaka-buski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); h l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillar-geon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; A l’information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l'information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Iesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Cha-pleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d'Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).I-a Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge I aplati te (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Utcie Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur.Arts publia et annonça classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Ilanna, Christiane Legault, Suzanne Miscevic, Jacques A Nadeau, Micheline Rueüand, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.MkhelineTurgeon; Michèk- Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Hen-y Riedl.c.nui.(contrôleur), Nicole Carmel (responsable da servira comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy lacas, Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thé-riault (adjointe à l'administration).1-K MARKETING ET SERVICE À LA CIJENTELE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette.Monique L'Heureux.Use Lachapelle.Rachelle Leclerc Venne.LA PROMOTION ET ILS RELATIONS PI IBIJQUES Guy Renaud Ki-niuac (directeur).Chrystian Guy (superviseurà la promotion da abonnements).LA PRODICTION Marie-France Tupgron (directrice de la production).Jeun leniay (directeur adjoint, production et informatique).Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard DrsComwrs, Caroline des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudnn.Sylvain lesage.Michèle Malenfant.Christiane Vaillant.Christian Vieil.Olivier Zut da IE CONSEIL DI : DEVOIR INC.Marcel Couture (président) IA FONDATION DH DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boéswxl ( tsreprrsidenî cl dirrrteur general) Élèves en difficulté Pour une gestion de la prévention Il faut s’orienter vers une simplification de l’administration des ressources en adaptation scolaire et une meilleure allocation des sommes disponibles ÉGIDE ROYER Professeur en adaptation scolaire Faculté des sciences de l’éducation Université Laval [f====jl n 1992-1993, notre système scolai- Ere (préscolaire, primaire et secondaire) comptait 1 021 765 élèves, dont 136 241 étaient officiellement identifiés comme handicapés ou —-Il en difficulté d’adaptation et d’apprentissage (EHDAA).Sur un budget, total de 5419,2 milliards, le ministère de l’Éducation leur consacrait alors 1 042,8 milliards de dollars.Le ministère et les commissions scolaires utilisent des catégories pour identifier les élèves ayant des besoins éducatifs particuliers.Globalement, deux grands types sont identifiés: les élèves handicapés et les élèves en difficulté.Au Québec, nous comptons actuellement huit catégories d’élèves en adaptation scolaire divisées en 17 sous-catégories qui correspondent à 31 codes spécifiques, si nous tenons compte des diverses combinaisons possibles de handicaps et de difficultés.Une approche à repenser?Les sommes d’argent générées par l’application de ces définitions varient selon le code attribué à chacun des éléves handicapés ou en difficulté d'adaptation et d’apprentissage.Ces catégories et leur définition sont également incluses dans la convention collective des enseignants où elles correspondent à un ratio maître-élèves.Le système utilisé au Québec implique d’abord une déclaration nominale par chacu- ne des commissions scolaires de chacun des élèves officiellement identifiés comme handicapé ou en difficulté.Malgré toutes les énergies consacrées à l’identification, nous constatons que l’élève déclaré en difficulté une année donnée ne l’est souvent pas l’année suivante, et que celui non déclaré une année donnée peut l’être l’année suivante.Également troublante est la perméabilité des différentes définitions.Il s’agit de «glissements catégoriels» provoqués, entre autres, par les mouvements sociaux qui influencent l’adaptation scolaire.Le nombre d’élèves identifiés dans le passé comme ayant une déficience intellectuelle légère et qui sont maintenant reconnus comme présentant des difficultés d’apprentissage graves en est un exemple éloquent.Les caractéristiques des interventions éducatives Le système actuel de financement ne favorise pas les interventions préventives.Malgré la lourdeur de gestion associée à l’octroi des ressources, certains sous-groupes d’élèves en difficulté ne reçoivent que peu de services.Au préscolaire, le financement n’est possible que pour les services aux élèves handicapés et non ceux qui risquent de développer des difficultés d’apprentissage à leur entrée au primaire.Au primaire et au secondaire, le nombre : d’élèves en difficulté d’apprentissage et de comportement est fixé d'avance pour fins de financement.Les commissions scolaires qui investissent dans la prévention, avant que le jeune ne développe suffisamment de difficultés pour être identifié, le font sans support fi- nancier spécifique du ministère de l’Éducation.Si l’identification est susceptible de générer des ressources financières à une commission scolaire, la prévention, pour sa part, n’est que fort peu appuyée Les enseignants de classes ordinaires enseignent de plus en plus à tous les élèves en difficulté et leurs interventions éducatives quotidiennes ne sont pas guidées par la catégorie à laquelle appartient chacun des élèves en difficulté.La même situation prévaut pour les enseignants œuvrant auprès des groupes des cheminements particuliers au secondaire.Ces classes sont rarement homogènes.Dans les faits, plusieurs études soutiennent que les caractéristiques des interventions éducatives efficaces semblent être les mêmes pour les élèves identifiés en difficulté d’apprentissage et ceux présentant une déficience intellectuelle légère ou en difficultés de comportement.D’ailleurs, que ce soit au primaire ou au secondaire, en classe ordinaire ou en classe spécialisée, ces élèves se retrouvent souvent dans les mêmes groupes.Malgré un modèle de financement qui repose sur une identification catégorielle de tous les élèves en difficulté, il est contradictoire de constater qu’en bout de course, rien ne garantit que les sommes générées leur soient entièrement consacrées.Les commissions scolaires ne sont pas tenues de dévoiler les sommes qu’elles reçoivent pour ces élèves en difficulté, ni de les affecter entièrement aux services éducatifs destinés aux EHDAA.La seule obligation qui leur est faite par la loi à cet égard est de rendre publiques les sommes quelles affectent et non celles qu’elles reçoivent.Des actions à envisager Le temps et l’énergie consacrés à établir et à valider l’identification d’un élève ne le sont pas à lui enseigner.Il semble évident que nous devrons nous orienter vers une simplification de la gestion des ressources en adaptation scolaire et une meilleure allocation des sommes disponibles.Cette révision devrait, à notre avis, comporter les actions suivantes: ¦ Réserver une place beaucoup plus importante à la prévention.¦ Limiter le nombre de catégories.Deux catégories, handicapés et à risque, seraient suffisantes pour des fins de financement.Un élève ayant besoin de services «en adaptation scolaire» serait celui dont le handicap ou les difficultés sont susceptibles de l’empècher d’atteindre la majorité des objectifs d’apprentissage et de socialisation de l’école.¦ Le ministère et les commissions scolaires doivent évidemment continuer à rendre des comptes sur l’utilisation des sommes consacrées à l’éducation.En ce qui a trait à l’adaptation scolaire, nous suggérons que la nature et la pertinence du service offert constituent des objets de vérification et que les interventions préventives puissent être reconnues comme acceptables pour fins de financement ¦ Enfin, préalable à toutes ces modifications, il apparaît important que des négociations aient lieu pour modifier la convention collective des enseignants et des enseignantes.L’utilisation de catégories d’élèves pour gérer les dispositions de leur contrat de travail.doit faire l'objet d’une révision. I- E I) E V 0 I R , L E l IJ N I) I (i M A R S I 9 9 5 A 8 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES COMMISSIONS «Ça laisse l'autre option dans l'obscurité» SUITE DE LA PAGE 1 tion canadienne.L’avis de M.Tremblay se base sur le cas d’une loi manitobaine déclarée ultra vires en 1919 pour cette même raison.Dans les démocraties parlementaires, a poursuivi M.Tremblay, les référendums ne peuvent être que «consultatifs».Si les Québécois se prononcent en faveur de la souveraineté par voie de référendum, les seules façons de procéder seraient ou d’en négocier les termes avec le reste du Canada ou de faire une déclaration unilatérale d’iijdépendance.A l’instar des jeunes péquistes, M.Tremblay a proposé que la question référendaire porte sur un choix entre l’accession à souveraineté (comprenant une union économique avec le Canada) et le statu quo fondé sur la Loi constitutionnelle de 1982.«S’il n’y avait qu’une option sur le bulletin de vote, le NON deviendrait alors une boîte vide, reliée à aucune option constitutionnelle en particulier» a-t-il déclaré devant la Commission.Avec une seule option sur le bulletin de vote, «ça laisse l’autre option dans l’obscurité.Ça peut être interprété par une personne d’une façon ou d’une autre» a-t-il ren- chéri plus tard dans une entrevue.Faisant remarquer que Jean Chrétien et Daniel Johnson ne tiennent pas le même discours sur le sens d’un NON, M.Tremblay a dit qu'il faut les forcer à «se mettre d’accord».Plus tôt, l’intervention du Groupe des Cent, une formation de plus de 200 jeunes professionnels fédéralistes, a donné lieu à une confrontation verbale entre les représentants du groupe et les commissaires péquistes et blo-quiste.Le président de la Commission, Marcel Masse, a même dû intervenir pour rappeler le député bloquiste Gilles Duceppe à l’ordre.Les porte-parole du Groupe des Cent ont qualifié la souveraineté de solution «désuète et illusoire» aux aspirations du Québec, qui a pu s’épanouir et profiter du système fédéral depuis la Révolution tranquille.«Depuis 1960, non seulement le régime fédéral n’a pas empêché le Québec d’agir, mais il a facilité au contraire l’instauration de maints programmes, tels l’assurance-maladie, l’aide sociale et le développement de l’enseignement postsecondaire, grâce à des mesures de partage et d’égalisation des chances que seule une fédération pouvait offrir» a soutenu l’avocat Christian Vaillancourt.Son collègue Marc-André Blanchard a sommé le gouvernement de lever «l’épée de Damoclès, cette hypo- thèque» qu’est la question nationale soit en tenant son référendum le plus vite possible soit en l’abandonnant.«L’hypothèque, c’est le fédéralisme» a riposté la ministre de l’Emploi, Louise Harel, en rappelant que les politiques fédérales — telles que le pacte de l’automobile, l’octroi du contrat des frégates au Nouveau Brunswick — ne favorisent guère le Québec.Alors que le ministre Camille Laurin a dit accueillir l’intervention du groupe avec «un étonnement abyssal», le whip du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a déploré la piètre part (18 %) du Québec dans les dépenses fédérales de recherche et développement, contre 51 % en Ontario.«Si on parle de la même quantité d’argent, c’est pas la même qualité d’argent, a-t-il tonné.Nous, on le reçoit en paiements de transfert pour le bien-être social et en assurance-chômage, tandis que l’Ontario le reçoit en recherche et développement et investissements industriels.» Le porte-parole du Groupe des Cent, Pierre Arsenault, avait beau essayer de répondre, M.Duceppe n’a pas lâché en démolissant sa thèse.Ce qui a nécessité l’intervention du président, M.Masse, afin de faire remarquer au député bloquiste qu’il «faudrait laisser les intervenants répondre, s’il vous plaît.» Pour sa part, un représentant du Regroupement des Algériens du Québec, Rajid Boudjarane, a fait part du sentiment très répandu chez les membres des communautés culturelles «d’être propulsés dans une querelle où ils sont transformés en boucs émissaires».Faisant référence aux déclarations récentes, selon lesquelles on ne devrait pas permettre au vote des minorités ethniques de faire échouer le OUI, M.Boudjarane a affirmé qu’il incombe aux souverainistes de justifier leur démarche envers les communautés culturelles.On ne peut pas blâmer ces dernières si elles préfèrent «la souplesse qu’elles ont trouvée dans la mentalité de la diversité canadienne».«Ils ne comprennent pas [la démarche] des Québécois.C’est aux Québécois de la leur faire comprendre.» C’est sur un ton moins grave que le conseiller municipal Sam Boskey s’est adressé à la commission.Dans une intervention au nom de la Coalition démocratique-Mou-vement écologique de Montréal, il a fait rire plusieurs commissaires en comparant l’avant-projet de loi à une visite chez le pharmacien qui ne vend qu’un seul remède: «la pilule Parizeau».«Le pharmacien offre la même pilule à tout le monde, mais c’est seulement après que tu l’as prise qu’il te demande quels sont tes symptômes.» nmAHiri;|J .irtKAeumnr LONDRES SUITE DE LA PAGE 1 canado-québécoises à Londres devraient rester harmonieuses.A l’ambassade du Canada, les diplomates parlent avec affabilité des relations qu’ils entretiennent avec leurs collègues québécois.D’ailleurs, dès son arrivée à Londres en octobre dernier, l’ambassadeur Royce Frith s’est rendu à la délégation générale du Québec pour saluer le délégué, Harold Mailhot, qui travaille dans la capitale britannique depuis trois ans.«Nous avons convenu qu’il n’était pas dans l’intérêt des deux parties d’exporter nos querelles politiques à Londres, dit-il.Nous devons absolument collaborer.Il y va de notre prospérité économique.» M.Frith fait remarquer que le marché financier de Londres est l’un des plus importants au monde et que la plupart des banques et des grandes sociétés canadiennes et québécoises y sont représentées.Les enjeux sont colossaux et pas seulement pour le Canada.Si le total des investissements britanniques directs au Canada atteignait 146 milliards en 1993, celui des investissements canadiens en Grande-Bretagne se chiffrait à 115 milliards.«Les industriels canadiens sont très actifs en Grande-Bretagne», dit M.Frith.H souligne le succès de Vidéotron qui travaille à l’installation du câble dans plusieurs régions du pays et celui de Bombardier qui, grâce à l’achat de l’avionneur Shorts Brothers, est le premier employeur d’Irlande du Nord.Contrairement à ce que plusieurs croient, la France n’est pas le premier partenaire commercial européen du Québec.Certes, les Français entretiennent une relation très médiatisée avec le Québec et ne lésinent pas sur la distribution de médailles et de rubans lors de cérémonies hautes en couleurs.Mais lorsqu’on examine les chiffres, force est de constater que leur présence économique au Québec est négligeable.Selon le délégué général du Québec, Harold Mailhot, la Grande-Bretagne est le premier investisseur industriel européen au Québec et maintient quelque, 18 000 emplois directs dans la province.En excluant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne détient 10 % des investissements étrangers au Québec, l’Allemagne 3 % et la France 1,5 %.Les relations économiques entre le Québec et la Grande-Bretagne ne sont pas inégales.Loin de là.Ainsi, les entrepreneurs québécois sont les premiers investisseurs canadiens dans ce pays où ils contrôlent maintenant 30 000 emplois.Ils profitent aussi largement du commerce entre les deux pays.Pour le 1er trimestre de 1994, les exportations du Québec en Grande-Bretagne se sont accrues de 34,4 % et les importations de 22,8 %.La Grande-Bretagne est aussi la plaque tournante des relations financières entre le Québec et l’Europe.Plus de 90 % des emprunts européens de la province sont réalisés à Londres.En plus des relations économiques, le Québec développe rapidement sa présence culturelle en Grande-Bretagne.M.Mailhot indique que la délégation a recensé quelque 120 événements culturels québécois dans le pays.Après avoir représenté la province au Japon pendant trois ans, Harold Mailhot s’est installé dans la capitale britannique durant l’été 1992.Sans étiquette politique, le délégué général s’est donné comme première mission de promouvoir les intérêts économiques de la province.Ce qui ne l’empêche pas d’expliquer à tous ses interlocuteurs le sens de la démarche du nouveau gouvernement péquis-te.«Les Britanniques veulent savoir ce qui se passe au Québec, dit-il.Dans tous mes discours, j’explique le processus dans lequel le gouvernement est engagé et je Uvre un message sur le maintien de la stabilité économique, politique et sociale dans une démocratie comme la nôtre.Certains sont inquiets, mais la plupart d’entre eux en ont vu d’autres.» PLANTER Verdir l'environnement urbain SUITE DE LA PAGE 1 PHOTO PC Daniel Johnson, hier, devant les jeunes libéraux: le Parti libéral, a-t-il dit, ne défend pas le statu quo puisque le fédéralisme est en constante évolution.JOHNSON Une question claire, intègre et honnête SUITE DE LA PAGE 1 borateurs?», a insisté le chef libéral qui, la veille, s’était moqué de l’idée exprimée par l’ex-ministre conservateur et président de la Commission de Montréal sur l’avenir du Québec, Marcel Masse, d’adjoindre un «projet de société» à l’avant-projet de loi souverainiste.Pour le chef du PLQ, le gouvernement doit s’en tenir à une question claire, intègre et honnête, et toute autre solution viendrait affaiblir la légitimité même du processus et de son résultat.Ce dernier n’a pas voulu dire clairement si une question plus large nuirait aux tenants du NON, mais s’est limité à répondre que les Québécois ne se laisseraient pas flouer et duper par toute cette opération.Devant les jeunes libéraux, Daniel Johnson a soutenu que les Québécois étaient d’abord venus s’exprimer devant les commissions pour parler de leurs problèmes quotidiens et de ce qui les tracasse, plus que de l’avant-pro-jet de loi du gouvernement Parizeau.«Les gens sont allés entretenir les commissions.Aujourd’hui, on est en train de nous dire qu’il va falloir changer la question pour refléter ce que les gens sont venus nous dire.Il y a juste un problème: si les gens ne sont pas allés parler de l’option, ça va porter sur quoi le référendum?», s’est-il moqué.Par ailleurs, le chef libéral ne croit pas qu’une victoire du NON affaiblirait le Québec puisque le Parti québécois n’a pas de programme de réforme constitutionnelle en vue, et le reste du Canada non plus.«Ça affaiblira le Québec si tous nos voisins attendaient un NON pour initier des manœuvres constitutionnelles.Il n’y a pas ça non plus», défend-il.En réponse à ceux qui soutiennent que le Parti libéral n’a d’autre alternative à offrir que le statu quo, Daniel Johnson rétorque qu’il n’est pas question de statu quo, le fédéralisme évoluant au jour le jour.Même si le budget fédéral annonce le retrait financier d’Ottawa dans les programmes sociaux sans retrait politique, M.Johnson dit qu’il faut voir ailleurs les exemples très concrets d’adaptation du fédéralisme.Notamment, dans les négociations sur l’immigration où sur l’assurance-chômage au Nouveau-Brunswick.Quant aux jeunes libéraux, ils entendent faire bientôt valoir leur propre position constitutionnelle.Selon le président dç la Commission-Jeunesse du PLQ, Claude-Eric Gagné, la «décentralisation qui a été opérée [dans le budget Martin], ce n’est pas la décentralisation totale, mais ça a démontré une intention de bouger.C’est à nous de saisir cette intention pour amener le gouvernement fédéral à bouger de la meilleure façon possible pour le Québec».Hier, quelque 200 jeunes libéraux de l’île de Montréal ont peaufiné, au cours de divers ateliers, la stratégie qu’ils entendent appliquer au cours des prochaines semaines pour répondre du tac au tac aux arguments des tenants de la souveraineté.Réunis au sein d’une coalition des jeunes pour le NON, les jeunes du PLQ veulent essaimer dans le milieu scolaire et dans les médias régionaux d’ici le mois de juin.centre.Ça ne pourra pas être fait systématiquement tout le long du parcours, mais il y a des tronçons qui vont le permettre», a confirmé au Devoir Sonia Thompson, architecte-paysagiste responsable du dossier depuis la réorganisation administrative de Montréal.Là où l’emprise publique n’est pas suffisamment large pour permettre de planter des arbres, M.Bourque rejetterait l’idée de procéder à des expropriations.«On irait vers des ententes avec les riverains [individuellement] en leur proposant de planter un arbre sur leur terrain, plutôt que de payer pour l’expropriation.L’année prochaine, on va se pencher sur ces questions-là», a expliqué Mme Thompson.Joint au téléphone la semaine dernière, le vis-à-vis de Mme Thompson à Ville d’Anjou a dit tout ignorer de ces éventuels changements.Pourtant, un comité d’urbanisme intermunicipal a été mis en place depuis l’entente de juin dernier, qui a établi le partage des coûts, la nature et la responsabilité de la coordination des travaux.Ce comité planifie l’aménagement paysager et urbain (choix des lampadaires et des feux de circulation par exemple, qui varient d’une municipalité à l’autre).Mme Thompson, qui confirme qu’aucune négociation n’a été enclenchée avec les villes limitrophes, assure que les modifications sont présentement à l’étape de l’analyse, tout comme les dépenses qu’elles pourraient engendrer.Sur ce point, la plantation de 222 arbres sur la rue Sainte-Catherine (une rangée de chaque côté de la voie) entre De Lorimier et Mecalfe, nécessitera par comparaison des investissements de 65 000 $, ce qui n’inclut pas l’utilisation de la machinerie, ni le temps pour creuser les fosses.Le projet Henri-Bourassa s’étend, quant à lui, sur 8,5 kilomètres et comporte cinq rangées d’arbres.«Si tu as déjà la machinerie sur place pour planter un arbre, ce n’est pas en planter un deuxième qui va coûter beaucoup plus cher.C’est une question de rentabilité», a expliqué Mme Thompson.Puis, cette dernière ajoute: «Le concept général de la plantation est avancé, est adopté.Sauf que l’étude des éléments particuliers de tout le trajet n’est pas complétée.» Ainsi, la circulation lourde dans certains secteurs du boulevard Henri-Bourassa pourrait remettre en question la viabilité des arbres.Une première série de plantation d’arbres est d’ailleurs prévue pour 1996 entre Saint-Jean-Baptiste et l’échangeur de l’autoroute 40, là où s’élèvent des pétrolières et se situe, entre autres, le parc industriel Henri-Bourassa.Les intentions du maire Bourque dans ce dossier correspondent à sa volonté de faire de Montréal un jardin, tant au sens propre qu’au figuré.Selon lui, l’amélioration de la qualité de vie passe, en grande partie, par le verdissement de l’environnement urbain.Le réaménagement du boulevard Henri-Bourassa doit coûter au total 118 millions $.Le financement est réparti entre le gouvernement fédéral (35,3 millions $), Québec (30,2 millions $) et les quatre municipalités concernées (52,7 millions $), soit Montréal, Montréal-Nord, Anjou et Montréal-Est.Il s’agit d’un projet majeur pour la relance économique de l’est de l’île.Le boulevard Henri-Bourassa, qui a l’allure d’une route de campagne par endroit, deviendra, avec ses suc voies, la colonne vertébrale du développement industriel du secteur.Jusqu’à ce jour, 5 millions S de travaux de réfection ont été effectués, principalement au chapitre des infrastructures souterraines.Aidez-les à les aider.OXFAM-QUEBEC (514)937-1614 2330, rue Notre-Dame 0,, Bureau 200, Montréal (Qc), Canada H3J1N4 LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS H ADMINISTRATION : (514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ (510915 3399/ lél«copieur (510 985 3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 (514) 985 3344 lit liaérot O télépkoill tllmll (Ml «iliblit pou le nitki de Ibfiltoe per caaelel il peer lit ibontatili petlm.DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985 3355 / télécopieur (514) 985 3390 Eitérieur 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