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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-03-09, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Vol.L X XXVI - N o 5 7 M O N T R É A L .I.E -I E II 1) I !) M A R S I «I !) 5 6 5 c + T I’ S + T V Q / T o r o n to 8 5 c PERSPECTIVES Une hausse inexplicable De grâce, un peu de répit pour les consommateurs! Afin de procéder à un rééquilibrage graduel de ses tarifs, Hydro-Qué-bec propose une hausse de 2 % du tarif domestique pour 1995.Un rapprochement de ce tarif par rapport à ses coûts serait nécessaire, le manque à gagner étant, pour l’heure, assumé par la clientèle de petite et moyenne puissance; celle-ci bénéficierait d’un gel des tarifs.Les arguments invoqués sont solides et applaudis, d’ailleurs, aussi bien par le CPQ (Conseil du patronat) que par la FCEI (Fédération canadienne de l’entreprise indépendante).Hydro-Québec doit préserver sa santé financière, tout en maintenant ses prix à un niveau compétitif dans un contexte de concurrence grandissante sur ses marchés les plus lucratifs.La hausse de 1,2 % en moyenne, ajoutée à la facturation de services connexes, procurera des revenus additionnels de 52 millions $ en 1995.L’entreprise étatique fait aussi des compromis, ce qui lui permet d’aligner en moyenne les hausses de tarifs sur l’inflation.Ce n’est donc pas la mer à boire.Et pourtant, cette demande suscite un malaise, en raison même de l’ensemble du contexte énergétique.Chaque printemps, depuis au moins une demi-douzaine d’années, Hydro-Québec supplie Québec de la laisser mettre un terme à l’interfinancement, en vertu Gilles L'e sage duquel vous et moi, nous les «domestiques», serions en quelque sorte subventionnés par les PME.Cette supplique est survenue après que des centaines de milliers de consommateurs eurent succombé aux vigoureuses campagnes du monopole étatique en faveur du tout-à-l’électricité.En nous faisant miroiter ses multiples avantages — disponibilité, fiabilité, coût peu élevé et propreté —, Hydro-Québec nous a rendus captifs de ses.charmes.Maintenant que nous avons été ensorcelés, elle sort la pote, de plus en plus salée.A première vue, 2 % de hausse, * * * ce n’est pas beaucoup.Toutefois, pour un grand nombre de petits consommateurs dont la facture d’électricité grève énormément le maigre budget, il s’agit d’une augmentation substantielle.D’une part, parce que les salaires, eux, sont gelés depuis des années, s’ils n’ont pas subi de baisse réelle.D’autre part, parce que la plupart n’ont pas les moyens, même s’ils le voulaient, de recourir à d’autres formes ou à des économies d’énergie pour contrer la hausse prévue cette année et pour plusieurs années à venir, semble-t-il.En d’autres termes, le «domestique» se sent traqué, piégé même, et il l’est.Il l’est d’autant plus que de l’interfinancement, il y en a encore, et pas mal plus substantiel que celui accordé au tarif résidentiel.Par exemple, le manque à gagner en raison des tarifs préférentiels consentis aux très grandes entreprises dévoreuses d’énergie — notablement les alu-mineries et les fameux contrats secrets d’il y a quelques années — fait plus mal à la santé financière d’Hydro-Québec que le «rabais» domestique.Autre exemple, quant à réduire l’interfinancement, il faudrait le faire de manière équitable à travers le Québec.Il en coûte sûrement plus cher d’éclairer un Madeli-not qu’un locataire de studio minable au centre-ville de Montréal.Et pourtant, personne ne songe, avec raison, à faire en sorte que le Gaspésien ne soit pas subventionné par le pauvre hère de la me Sanguinet LTiydrovore de la campagne ne paie pas plus cher que celui de la ville! Il faut bien reconnaître, par ailleurs, qu’Hydro-Québec a fait des efforts réels depuis quelques années pour améliorer sa perfonnance et pour mieux satisfaire sa clientèle.Celle-ci le reconnaît d’emblée, comme en témoignent les sondages récents et la diminution De grâce, un peu de répit pour les consommateurs des plaintes légitimes, à cause des fameuses pannes en cascade, par exemple.Mais la grande société étatique, qui a si longtemps fait la fierté des Québécois, a-t-elle fait tout ce qu’il faut pour couper dans le gras, tenir compte de l’environnement et du développement durable, par exemple, pour faire disparaître poteaux et fils qui encombrent le paysage?Même s’il est devenu plus modeste et moins triomphant, le superbe monopole ne s’çst pas encpre tout à fait débarrassé de sa mentalité d’Etat dans l’Etat.Il est vrai, en contrepartie, que son unique actionnaire, le gouvernement, siphonne ses profits, année après année.Ce qui réduit d’autant la marge de manœuvre d’Hydro-Québec.Il lui en reste quand même assez, en fait, pour donner un peu de répit aux consommateurs.Cette pause est d’autant plus indiquée que le gouvernement vient tout juste de lancer un vaste débat sur l’énergie.Il est à tout le moins prématuré de tirer des conclusions avant même que des consensus ne se dé gagent et que des arbitrages s’imposent Les consommateurs ne demandent pas de faveur.Une hausse de 2 %, si elle semble minime, n’en est pas moins énorme pour celui qui est captif et fait de son mieux pour que l’inflation ne se remette pas à galoper.Un pas dans la bonne direction, prétendent le CPQ et les entrepreneurs.Pour eux, peut-être, mais sûrement pas pour les «domestiques», essoufflés et qui n’en peuvent plus.On dit que le gouvernement doit avoir le courage d'agréer la demande d’Hydro-Québec.Mais elle est prématurée et à tout le moins incomplète.Cette proposition tarifaire sera étudiée au cours des prochaines semaines par la commission parlementaire de l’Energie et du Travail.Par la suite, le gouvernement tranchera et sa décision entrera en vigueur le premier mai.Pour lTieure, à moins d’une démonstration fulgurante, la supplique du monopole étatique doit être rejetée.INDEX Montreal Neige cessant le matin.Dégagement graduel par la suite.Max:-7 Avis publics.B3 L lassées.B5 Culture.B7 Québec Neige cessant le matin.Dégagement graduel par la suite Max:-8 Éditorial.A6 le monde.A5 Mots croisés.Bô les sports.B5 CULTURE Instants magigues avec Federico et Tennessee PAGE B 7 LE MONDE Casques bleus: la Croatie 4 assouplit sa position PAGE A 5 L'ÉCONOMIE Le dollar américain retrouve des couleurs PAGE B 2 Parizeau remet les pendules à l'heure La question ne portera pas sur un mandat de négocier Le référendum en 1995: «Plus que jamais» MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le premier ministre Jacques Parizeau a remis les pendules à l’heure souverainiste, hier, à son retour de vacances et à la veille d’une réunion de deux jours de ses députés, après quelques semaines de spéculations sur la date du référendum et sur la question référendaire.D’une part, il exclut tout report du référendum au delà de 1995, comme il l’avait promis.11 dit avoir d’ailleurs «plus que jamais» la conviction que cette consultation po- pulaire doit avoir lieu cette année.«Il doit avoir lieu en 1995.» D’autre paid, il exclut le recours à une question portant sur un mandat de négocier une nouvelle union politique avec le reste du Canada, comme plusieurs l’ont suggéré, dont le Parti de l’Action démocratique de Mario Dumont et certains souverainistes comme Guy Bertrand ou Lucien Lessard.«Il ne faut pas dénaturer le sens de l’avant-projet de loi, un avant-projet de loi pour faire la souveraineté», dit-il.Si une nouvelle union politique devait être créée entre le Québec et le Canada, ajoute le premier ministre, ce serait «après la souveraineté», et la proposition devrait venir du Canada anglais, pas du Québec.«Comme on dit, Messieurs les Anglais, tirez les premiers», a-t-il ironisé, en rappelant que les Canadiens hors Québec sont trois fois plus nombreux que les Québécois.«Les Québécois peuvent souhaiter toutes sortes de choses (à propos d'une éventuelle union politique), mais ce sont eux (les Canadiens anglais) qui peuvent déci- VOIR PAGE A 8: PARIZEAU ST v L ¦ •¦-«T.La moitié du monde est une femme PHOTO AP Une douzaine de déléguées présentes au Sommet de Copenhague, dont la Canadienne Sunera Thobani (à droite), ont décidé hier de faire un sit-in et d’entreprendre une grève de la faim qui se terminera le 12 mars pour dénoncer la pauvreté et lancer un appel à l’amélioration de leur condition à travers le monde.(Voir nos informations en page A 5.) Dignité, liberté, égalité .mais pas encore le pouvoir! CAROLINE M O NTPETIT LE DEVOIR Les femmes entrepreneurs doivent payer davantage d’intérêt sur les prêts qu’elle contractent auprès des banques, quand la banque daigne bien leur prêter de l’argent pour financer leur entreprise.C’est ce que révèle une étude de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), intitulée Le Sexisme financier et rendue publique hier.En effet, à dossier égal, les femmes qui dirigent des petites et moyennes entreprises essuient un taux de refus de la part des institutions financières de 20 % plus élevé que celui relevé auprès des hommes.Et lorsque l’institution financière accepte de prêter à une femme dirigeant une PME, le taux d’intérêt est supérieur de 0,5 % à celui accordé aux hommes dans 95 % des cas et supé rieur de 1 % dans 61 % des cas.Pourtant, le vice-président de la FCEI, Pierre Cléroux, estime que les femmes sont «plus conservatrices» dans leur demande d’emprunt et que leurs dossiers sont souvent mieux pré parés.Or, les dirigeants des institutions bancaires estiment que le fait qu’une entreprise soit dirigée par une femme constitue un facteur de risque supplémentaire.Journée d’hommage à la femme, au féminisme et à la féminité, le 8 mars, Journée internationale de la femme, donne donc aussi, malheureusement, l’occasion de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir aux femmes pour être les égales de leurs collègues mâles, et ce, plus particulièrement dans le monde du travail.Ainsi, seulement au cours de la dernière année, le groupe d’aide et d’information sur le POLITIQUE Les libéraux veulent la tête du président de l'Assemblée nationale PAGE A 4 Police et minorités: peu de progrès Après six ans, la plupart des services de police n'ont pas encore donné suite aux recommandations du Comité Bellemare KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Plus de six ans après que le Comité Bellemare les eut appelés à instaurer des programmes d’accès à Légalité pour augmenter le nombre de policiers issus des minorités, la plupart des services de police de la région montréalaise n’ont pas encore donné suite à cette recommandation.Et de tous les corps policiers qui ont adopté de tels programmes, dont le SPCUM et la SQ, nul ne peut se vanter des résultats obtenus, plutôt médiocres dans l’ensemble.Tel est le constat du Comité de surveillance de la Commission des droits de la personne du Québec (CDPQ), contenu dans un rapport rendu public hier.Ce comité a été mis en place en 1988 afin de veiller à la mise en application des recommandations du Comité d’enquête sur les relations entre les corps policiers et les minorités visibles et ethniques.Institué à la suite de la mort violente du jeune Noir Anthony Griffin en 1987, le comité d’enquête présidé par le juriste Jacques Bellemare a déposé son rapport en décembre 1988.Dans son propre rapport, le Comité de surveillance de la CDPQ trouve seuls le SPCUM et la Ville de Brassard aient jusqu’ici mis en place un programme d’accès à Légalité.Aucune des autres municipalités interpellées dans le rapport Bellemare — Laval, Longueuil, Boucherville, Greenfield Park et Saint-Lambert — n’a enclenché d’efforts en ce sens à ce jour.La CDPQ «déplore» en particulier l’attitude de Greenfield Park, qui n’a tout simplement pas répondu aux de- Seuls le SPCUM et la Ville de Brossard ont jusqu'ici mis en place un programme d'accès à l'égalité regrettable» que VOIR PAGE A 8: FEMMES VOIR PAGE A 8: POLICE «On peut manger des fleurs?» 21 chefs livrent aux enfants les secrets du goût et des odeurs PAUL CAUCHON LE DEVOIR Un petit mercredi matin frileux de mars, 232 enfants enthousiastes s’adonnent à la «peinture comestible» dans le gymnase de l’école: il s’agit de dessiner dans une assiette des formes à Laide de coulis de kiwi, de mangue et de framboise! Pas moins de 21 cuisiniers professionnels livrent leurs précieux secrets malgré l’heure matinale, installés derrière des tables ou circulant parmi les enfants.Ici, on découvre l’odeur de différentes épices.IA, on tente de deviner la texture de différents aliments enfouis dans des sacs.Deux pâtissiers effectuent une démonstration de sucre coulé, moulé en fleurs ou en oiseaux aux ailes délicates, ou encore soufflé comme un ballon, qui gonfle, qui gonfle, jusqu’à éclater en délicats morceaux irisés.Armando Baisas, lui, a remporté de nombreux prix canadiens dans des disciplines aussi exotiques que la sculpture de fruits, de légumes et de graisse.Sous ses doigts agiles naissent devant les enfants ébahis une banane-dauphin, une courge-tête d’Indien, ou un melon-fleur.Les questions fusent de toute part.«Ouache, c’est vrai qu’on peut manger des fleurs?», lance une petite fille.«Des pâtes, c’est mou comme ça?».s’étonne une autre qui vient de comprendre qu’il existait une Me avant la boîte rectangulaire de M.Catelli.Les écoles primaires tentent par tous les moyens de susciter l’intérêt des enfants en multipliant les projets éducatifs.Mais l’école Jean-Jacques-Olier, avenue des Pins à Montréal, semble avoir trouvé une formule vraiment inédite, le directeur général de la CECM et le député du coin s’étaient d’ailleurs rendus sur place, hier, pour constater le phénomène.Les parents et la direction de l’école avaient en effet organisé dans leurs murs «la journée du goût», une véritable initiation à l’art culinaire et aux métiers de la gastronomie.C’est l'équipe du restaurant Nuance sur file Sainte-Hélène (le restaurant chic du Casino de Montréal) qui a été sollicitée: non seulement les cuisiniers ont répondu avec empressement à l’invitation, mais il a fallu tirer au sort les participants, parce qu'une quarantaine d’entre eux étaient prêts à tenter l’expérience.On s'est d’abord réparti entre les classes pour raconter quelques anecdotes sur l’histoire de la cuisine.Jean-Pierre Curtat, chef exécutif au restaurant, avait rédigé une courte histoire de la cuisine à travers les âges pour alimenter, bien sûr, la discussion.On pouvait y apprendre VOIR PAGE A 8: CHEFS FHOTO HERBY WHYNE Deux pâtissiers effectuent une démonstration de sucre coulé, moulé en fleurs ou en oiseaux, ou encore soufflé comme un baDon, qui gonfle jusqu’à éclater en délicats morceaux irisés. LES ACTUAL! Les cégeps veulent que soit décentralise le régime d’aide financière aux étudiants l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi-cadre sur l’aide financière, qui fixerait le niveau des frais de scolarité et éviterait toute réforme au régime sans la tenue préalable de discussions et d’audiences publiques.La FEUQ estime de plus que le niveau de l’aide accordée est nettement insuffisant et devrait être révisé afin de permettre aux étudiants de bénéficier d’un revenu équivalent ou supérieur au seuil de la pauvreté.Selon l’organisme, il en coûterait quelques 860 millions $ au gouvernement pour adopter une telle mesure.Une trentaine de mémoires ont été soumis au comité qui prévoit terminer ses travaux au début du printemps.Les recommandations qui découleront de l’exercice seront ensuite reprises lors des états généraux sur l’Education, qui doivent être tenus en 1995.d’aide financière qui joue déjà un rôle de premier plan dans le système actuel».Le porte-parole de l’organisme a fait part de cette revendication hier à Montréal dans le cadre des audiences du Comité de travail sur l’aide financière, qui avait été m,is en place en décembre dernier par le ministre de l’Education, Jean Garon.M.Lavertu a également souligné l’importance de réviser les pratiques de calcul actuelles afin que les étudiants puissent connaître dès le début de l’année le montant de l’aide financière auquel ils auront droit et recevoir plus rapidement les sommes prévues.Un changement qui, note-t-il, permettrait de réduire de façon substantielle les pressions exercées sur les fonds de dépannage des établissements par des étudiants en attente de financement.L’an dernier, les cégeps ont utilisé ces fonds, qui doivent d’ordinaire servir uniquement dans des cas exceptionnels, afin d’accorder plus de 14 000 prêts pour un montant total de 5,3 millions $.La Fédération estime par ailleurs que les étudiants qui bénéficient de l’aide financière, ainsi que les personnes qui sont à leur charge, devraient avoir droit aux mêmes avantages que les prestataires de l’aide sociale en ce qui a trait aux services de santé.Les membres du comité de travail ont également pu entendre les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui ont fait état d’une longue liste de doléances envers un régime d’aide financière jugé «mal adapté aux années 90».Le président de la FEUQ, François Rebello, a notamment revendiqué MARC THIBODEAU LE DEVOIR La Fédération des cégeps du Québec estime que le régime d’aide financière souffre d’un niveau de centralisation excessif, qui doit être corrigé afin d’offrir «une réponse plus efficace et mieux adaptée» aux besoins de la clientèle estudiantine.Les cégeps de la province considèrent à ce titre qu’un certain nombre de démarches administratives, tel le suivi des dossiers et la vérification des renseignements, devraient leur être confiées au niveau local.«Nous somme bien placés pour assumer ces responsabilités supplémentaires, note le président de la Fédération, Réginald Lavertu, puisque chaque établissement dispose d’un service Apres enquete, par mois - ^ 435 4237 4 mois d'appels* gratuits à la maison, durée illimitée.4 mois d'appels* gratuits les week-ends, durée illimitée.ALPHA H MENU •• •,, i ¦' teffa 1 • Le téléphone vous appartient.• Frais d'activation et d'accès au réseau gratuits • Modes de prépaiement flexibles et économiques.• Payez en un seul versement et obtenez 12 mois çTappels gratuits à la maison, durée illimitée.Pour plus de renseignements, composez le 1 800 43-Liberti.J) - '"'r'ntT-i .¦ ¦ ¦ ¦ H Forfait Liberti seulement.Contrat de 18 mois.Abonnement avant le 14 mai 1995.Sous réserve de l'approbation de crédit.Taxes, frais d'interurbain, frais d'abonnés itinérants et options additionnelles en sus.L'appareil peut être différent du modèle illustré.Ne peut être jumelée à aucune autre offre.Disponible chez les agents participants.•Appels locaux seulement.t» ‘mi-»'1 Bell Mobilité Montréal - centre-ville Peel Mobilité inc.Tel.: (514) 288-7335 Rcpcntigny Communication Idéale Tél.: (514) 585-2847 Sherbrooke Cellulaire Flamand inc.Tél.: (819) 823-9994 St-Hubert Radio Communication Cellulaire Tel.: (514)676-9919 Granby Audiotec Tél.: (514) 378-3618 l.ongueuil Slimtel Tél.: (514)463-0565 Dollard-des-Ormeaux La Boutique Electronique Tél.: (514)684-6846 Drummondville Rochefort Radio T.V.inc.Tél.: (819)478-5178 St-Hubert Centre du Téléphone Mobile Rive-Sud Tél.: (514) 926-2020 Victoriaville Communication Victoriaville Tél.: (819) 758-7471 Centre du Téléphone Mobile Montréal-Est Tél.: (514) 729-2020 CENTRES DE COMMUNICATION PERSONNELLE Montréal Centre du Téléphone Mobile Tél.: (514) 274-9366 Laval Cellcom laval Tél.: (514) 629-7777 Montréal - centre-ville Bell Mobilité la Cathédrale Tél.: (514) 284-0284 Montréal Cellcom Montréal Tél.: (514) 739-7777 Cellular One Tél.: (514) 385-0770 Irois-Rivières Ouest Reynolds Radio inc.Tél.: (819) 376-6849 CENTRES CELLULAIRE PLUS Ville St-Laurent la Boutique Communication Tél.: (514) 335-2355 Centre du Téléphone Mobile-laval Tél.: (514) 682-9366 Boucherville National Expert Tél.: (514)949-1000 l/icatel Itée Tél.: (514) 735-3000 CENTRE HLFt ffumoufirr Radio /hack 1 / Sr A; ÈÉ .V Al "v .i, • !•>•>• sVtVM» WM pgj -a.1 Pinf^ Vidéotron L E I) E V Dll!, I.E .1 E 1’ I) I !> M A K S I !» !) 5 A 3 ?LE DEVOIR ?MONTREAL Conflit à la Ville Les cols bleus se préparent à intensifier les moyens de pression KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le syndicat se prépare à intensifier les démonstrations de force dans le conflit qui l’oppose à Montréal dès que la Ville déposera ses offres lundi prochain.«On ne restera pas inactifs, même pas d’ici lundi.Mais c’est clair que l’on va attendre à lundi pour accentuer les moyens de pression.Ça va dépendre de la proposition.On n’acceptera pas, après deux ans, que l’on rejette du revers de la main nos efforts pour présenter des revendications qui s’autofinancent complètement.On ne demande pas la charité», a déclaré hier au Devoir le président des cols bleus, Jean La-pierre.Ce dernier confirme qu’une stratégie d’intensification des moyens de pression est déjà en branle.Depuis mardi, les employés auxiliaires ont dressé des piquets de grève devant le Biodôme et placardé les murs extérieurs d’autocollants à saveur syndicale.Mécontent, le maire Pierre Bourque a répliqué en faisant parvenir une facture pour le nettoyage des murs au syndicat.Mais la tension continue de monter entre les deux parties car le syndicat brandit une lettre d’entente datant de 1991, dans laquelle les cols bleus s’engageaient à maintenir les services relatifs à la survie des animaux et où la Ville, en contrepartie, s’engageait à ne plus donner accès aux installations munici-palep abritant des animaux.«A partir du moment où ils ne respectent pas la contrepartie de l’entente, on pense de plus en plus à remettre en question notre présence au Biodôme.On n’a pas l’intention de rester les bras croisés.On a d’ailleurs déposé un grief pour exiger l’application intégrale de l’entente», indique M.Lapierre.Ce dernier semble peu confiant de voir un règlement survenir rapidement dans le dossier, notamment à cause de l’implication de Jean Des Trois Maisons, le directeur du service du personnel et ancien président du syndicat des cols blancs sous Jean Drapeau.«S’il n’y a pas de politicaillerie qui se mêle à ça, on ne devrait pas avoir de misère à s’entendre.Mais il y a deux tendances à la Ville de Montréal et on va savoir lundi laquelle des deux a gagné», a-t-il fait valoir.Chose certaine, malgré les ambiguïtés du discours de la présidente du comité exécutif, Noushig Eloyan, responsable politique du dossier, la Ville n’entend pas se laisser intimider.Hier soir, le Conseil des services essentiels entendait les deux parties, la municipalité se montrant insatisfaite de l’interprétation de la liste des services essentiels.Quant aux éléments litigieux dans les négociations entourant le renouvellement du contrat de travail, Jean Lapierre confirme que le syndicat est prêt à assouplir le plancher d’emploi, se bornant à exiger que la Ville comble les postes vacants deux fois par année.Selon M.Lapierre, cette mesure permettrait à la Mille des économies annuelles de 6 millions $.«C’est très clair que la capacité de payer des Montréalais est plafonnée.La position très ferme de la Ville va refléter cette réalité-là», a affirmé pour sa part Mme Eloyan.Le syndicat, affilié à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), revendique notamment la semaine de quatre jours.Jusqu’à présent, la Ville exigeait en contrepartie que cet horaire soit étalé sur sept jours, éliminant ainsi bien des heures supplémentaires.Les quelque 4000 cols bleus sont les seuls fonctionnaires municipaux à ne pas avoir réussi à obtenir une nouvelle convention collective.Ils ont déclenché une grève des heures supplémentaires le 1ermars dernier.Le président du syndicat semble peu confiant de voir un règlement intervenir rapidement La Chambre de commerce crée Leadership Montréal fr/ODO/T/; PHOTO HERBY WHYNE Les cols bleus envisagent de ne pas s’en tenir qu’au piquetage devant le Biodôme.î ' ' .• EN BREF ?CANCER DU SEIN: L’IMPORTANCE DU DÉPISTAGE (Le Devoir) — Le réseau d’échange et d’information du Québec sur le cancer du sein (REICQS), qui mobilise près de 100 000 professionnelles de la santé à l’échelle de la province, a profité de la Journée internationale de la femme pour rappeler l’importance du dépistage dans la lutte contre cette maladie.Le directeur du REICQS, Jean Latreille, a souligné lors d’une conférence de presse tenue à l’Hôtel-Dieu de Montréal que plus d’une centaine de décès causés par le cancer du sein pourraient être évités chaque année si 70 % de la population entre 50 et 69 ans participait à un bon programme de dépistage par mammographie.On estime que près de 1450 femmes mouiront de cette affection en 1995.-?- ACCUSÉ DU MEURTRE D’UN BÉBÉ Longueuil (PC) — Un individu de 22 ans, Tyrone Turpin, a été inculpé hier au palais de justice de Longueuil du meurtre sans préméditation d’une enfant de 21 mois, Jessica Lemire-Gagnon, dont le corps a été découvert, mardi, dans un sac à ordures, à Saint-Hubert, au sud-est de Montréal.Le suspect doit également répondre à des accusations d’outrage à un cadavre, d’extorsion, de même que de tentative de meurtre et d’agression sexuelle grave sur la mère du bébé assassiné.Selon le sergent-détective Jacques La-chaine, de la police de Saint-Hubert, la vengeance pourrait être le mobile de l’agression contre la mère.Entretemps, l’autopsie pratiquée sur le corps de la petite victime a révélé qu’elle est morte après avoir été étranglée ou par suffocation causée par un sac de plastique, a fait savoir le coroper Louis Authier.Le pathologiste Claude Pothel, du Laboratoire de médecine légale de Montréal, n’a pas trouvé d’autres traces de violence sur le corps de l'enfant.L’accusé comparalitra àa nouveau vendredi.-?- 900 débardeurs touchés CONCURRENCE DANS LES ANNUAIRES Un plan d’action touristique Le port toujours paralysé KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Chambre de commerce du Montréal métropolitain passe à l’offensive dans le secteur touristique en regroupant des entreprises désireuses de contribuer à la relance de la métropole.Leadership Montréal est le nom de ce groupe de gens d’affaires qui s’est doté d’un plan de promotion et de mise en valeur des atouts de Montréal pour l’industrie touristique.Cette action s’étalera sur les dix-huit prochains mois.«Il s’agit d’abord de concerter nos actions en nous donnant un objectif commun, puis de faire des gestes simples qui, combinés, peuvent donner des résultats exponentiels», a indiqué hier en conférence de presse le président de la Chambre de commerce, Marco Geno-ni.Les membres de Leadership Montréal (notamment Bell, HEC, Aéroports de Montréal), qui doivent d’ailleurs recruter dix autres membres au cours de 1995, «miseront d’abord et avant tout sur leurs propres forces et entreprendront eux-mêmes des actions concrètes ne nécessitant ni investissements coûteux ni nouvelles structures».Ainsi, les membres incluront dans leur rapport annuel une page vantant les mérites touristiques, économiques et culturels de Montréal.Cette initiative de partenariat rappelle les intentions énoncées en novembre dernier lors du Colloque des maires du Montréal métropolitain.Là aussi, la cible choisie pour fouetter l’économie montréalaise est le tourisme.Le maire Pierre Bourque n’y voit toutefois pas une duplication des actions, pas plus qu’une compétition entre les deux stratégies.«On travaille tous ensemble.Leadership Montréal, c’est un moyen pour développer Montréal parce que les gens d’affaires sont impliqués avec la Chambre de commerce.Mon autre rôle, c’est de créer l’harmonie et la synergie dans l’ensemble de l’ile et de la région.La présidence que j’occupe au sein du conseil des préfets et maires de banlieue va dans cette direction-là», a indiqué le maire Bourque.«On est habitués de dire que c’est la tâche du gouvernement de faire ça.Ici, ce sont les gens d’affaires qui ont décidé, avec leurs propres moyens, de contribuer efficacement au développement de Montréal», a renchéri M.Genoni.LE DEVOIR Le port de Montréal était de nouveau paralysé hier, deuxième journée du lock-out décrété mardi par l’Association des employeurs maritimes (AEM), en réaction à divers moyens de pression exercés par les 900 débardeurs du port, sans contrat de travail depuis décembre 1992.Les débardeurs, qui multiplient les journées d’étude depuis le 22 février, se sont pour la deuxième journée consécutive frappé le nez sur des portes closes, les armateurs continuant de détourner leurs navires vers d’autres ports, notamment celui de Halifax, ceci au grand de déplaisir de Dominic Taddeo, le grand patron du port qui évalue déjà à plusieurs centaines de milliers de dollars les pertes occasionnées par ce conflit de travail.Le régime de pension des employés et les montants alloués lors de la préretraite sont les principaux points en litige.Les syndiqués, membres de la section 375 du SCFP, le plus important syndicat affilié de la FTQ, ont passé la majeure partie de la journée à faire du piquetage, pendant que leurs leaders syndicaux discutaient devant le tribunal de la demande d’injonction de l’Association des employeurs maritimes visant à limiter les zones de piquetage.L’Association a déjà prévenu les syndiqués qu’elle ne réintégrerait personne aussi longtemps qu’un nouveau contrat de travail n’aura pas été signé.En entrevue, le président de l’AEM, Bryan MacKasey, précise qu’il a déjà présenté deux offres globales à ses employés — toutes deux rejetées — et qu’il est hors de question d’en déposer une troisième prochainement.«La balle est maintenant dans le camp des syndiqués, dit-il.C’est à eux maintenant de nous faire une contre-proposition.» M.MacKasey n’a nullement l’intention de demander l’intervention d’un médiateur, bien que l’écart entre les parties soit en ce moment considérable.Les débardeurs veulent par exemple offrir à leurs 400 membres âgés de 55 ans ou plus la possibilité de prendre une préretraite, tandis que l’employeur veut limiter ce nombre à 150.L’Association se dit prête à verser une somme de 60 000 $ aux préretraités alors que les syndiqués demandent que ce montant soit de 95 000 $, selon la partie patronale.Ottawa (PC) — Le CRTC a ouvert la porte, hier, à la concurrence dans le secteur des annuaires du téléphone.Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes a statué que les sections provinciales des compagnies de téléphone qui publient les annuaires résidentiels devaient vendre leurs listes de numéros à d’éventuels concurrents.La décision du CRTC permettra aux concurrents de produire leur propre annuaire du téléphone, a indiqué un porte-parole de l’organisme fédéral, Stuart MacPherson.Selon lui, les données serviront à des sociétés qui voudront produire des annuaires destinés aux gens d’affaires, aux consommateurs et aux entreprises de télémarketing.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST-JACQUES, MONTRÉAL, QUÉBEC H2Y 3X2 Fax: (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R*0*B*K Jla maittiiz dc.t intanqiùCti.LIBRAIRIE LE BOUQUIN Heures d'ouverture: lundi, mardi, mercredi: 9h à 20h, jeudi, vendredi: 9h à 21 h, samedi: 9h30 à 17h 395,Boul.Cartier, Laval Tél.: (514) 688-6036 Fax: (514) 688-8844 Nous vendons les publications du gouvernement du Québec: - lois, règlements - livres administratifs, techniques - livres d'art, etc.Commandes téléphoniques acceptées.CONCESSIONNAIRE DES PUBLICATIONS DU QUEBEC EN DIRECT Cogéco Vidéotron CF-Cabie Canal des débats de l’Assemblée nationale Canal 28 (Sherbrooke 39) Montréal Hull Aylmer Gatineau Buckingham i Canal 17 Canal 45 et les télévisions communautaires participantes Québec H H Janette Bertrand rencontre les femmes commissaires Plus de cent femmes ont fait partie des commissions sur l'avenir du Québec.Elles nous livrent ce qu'elles en pensent, ce qu'elles ont vécu, ce qu'elles ont entendu.Comment, à leur tour, envisagent-elles un projet de société?Une émission à regarder le vendredi 10 mars 1995, de 13 h 30 à 16 h 30.Municipalités desservies par : A 4 L K I) B V 0 I II , LE JEUDI 9 M A R.S I » » 3 -» LE DEVOIR ?- POLITIQUE Streptocoque A Les cas d’infection ont doublé en Ontario Au Québec, le ministre Rochon affirme qu’il n’y a pas d’épidémie Crise parlementaire en vue Les libéraux veulent la tête du président de PAssemblée Les péquistes entendent maintenir Roger Bertrand à son poste PHOTO ARCHIVES Le président de l’Assemblée nationsle, Roger Bertrand.Pour combien de temps encore?ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les cas d’infections dévastatrices et souvent fatales dues à la bactérie «dévoreuse de chair» ont presque doublé en Ontario depuis deux ans, et il serait fort probable que la même courbe ascendante s’observe au Québec.C’est du moins ce que soutient le Dr Donald Low, chef microbiologiste des hôpitaux Mount Sinai et Margaret Princess à Toronto, et membre du seul groupe d’études canadien sur le streptocoque A «En Ontario, nous avons observé environ deux fois plus de cas l’an dernier qu’en 1992-93.On pense que le Québec connaît la même progression que l’Ontario et les Etats-Unis, oii les cas sont à la hausse», a soutenu hier le Dr Low, qui a recensé depuis l’hiver dernier de 40 à 50 cas de chocs toxiques et de fasciites nécrosantes dues au streptocoque A.Mais on ne sait pas trop à quoi attribuer la recrudescence de cette bactérie au Canada, affirme le microbiologiste, qui souligne toutefois que l’hiver s’accompagne toujours d’une plus grande irruption de cas.«On soupçonne que cette hausse est liée à une nouvelle souche contre laquelle la population serait moins bien protégée, mais on n’en est pas sûr», affirme le spécialiste.Alors que le ministère de la Santé projette de faire de l’infection invasive au streptocoque A une maladie à déclaration obligatoire, le Dr Low estime que cela permettrait de suivre l'évolution de la bactérie et de détecter d’éventuels foyers d’infection.Mais en Ontario, dit-t-il, la déclaration obligatoire n’a pas eu d’impact sur le taux de survie ou le nombre de personnes atteintes.«Ça n’a pas diminué le nombre de décès, mais PHOTO ARCHIVES on peut mieux suivre la maladie et ___>¦ : Jean Rochon, ministre québécois de la Santé et des Services sociaux.traiter la famille immédiate», a déclaré le Dr Low.D’ordinaire, seules les graves maladies contagieuses sont inscrites au fichier des maladies à déclaration obligatoire.Outre les quatre cas de décès récemment rapportés au Québec, la vraisemblance d’une transmission de la bactérie entre une mère et sa fille de Saint-Hubert, décédées à quelques dizaines d’heures d’intervalle, poussent les spécialistes du ministère à ajouter le streptocoque A à ce fichier.Malgré les apparences, «on est loin d’une épidémie», a soutenu hier Monique Douville-Fradet, épidémiologiste provinciale pour le ministère de la Santé.En Californie, on a observé depuis janvier un taux de huit cas d’infection pour 100 000 habitants.Au Québec, on recense pour l’instant un cas d’infection au streptocoque A par million d’habitants.Pas d’épidémie, dit le ministre Même le ministre dè la Santé et des Services sociaux, Jean Rochon, a fait hier un saut hors du conseil des ministres pour dire que la situation était «sous contrôle» et qu’il n’y avait pas d’épidémie au Québec.«La situation est présentement sous contrôle avec quatre ou cinq cas.C’est le genre de phénomène qui peut arriver sans crier gare.Nous avons une équipe de microbiologistes, des spécialistes de santé publique, et on est en relation avec d’autres endroits au Canada pour voir ce qui se passe.On va tenir le public au courant à mesure que ça va progresser», a dit M.Rochon.Le comité d’experts qui recommandera la déclaration obligatoire des infections invasives due à la bactérie «mangeuse de chair» s’interroge toutefois encore sur l’étendue à donner à cette déclaration.De fait, le streptocoque peut se présenter sous diverses formes: la fasciite nécrosante qui s’attaque aux tissus — comme ce fut le cas pour le chef bloquiste Lucien Bouchard —, la pneumonie mortelle ou le choc toxique généralisé dans le corps.«C’est d’ailleurs la difficulté de se comparer à l’Ontario et aux chiffres du Dr Low, car on ne sait pas si on parle toujours des mêmes choses», a fait valoir hier Christine Colin, sous-ministre adjointe à la Santé publique.En Ontario, les médecins ne sont tenus de déclarer que les cas d’infection entraînant un choc toxique, mais l’équipe du Dr Low a recensé depuis 1991 plus de 320 cas d’infections fulminantes dues à la bactérie, avec ou sans choc, survenus en Ontario.La province songe d’ailleurs déjà à élargir sa définition pour mieux refléter cette réalité.Le comité mandaté par le ministère de la Santé devrait soumettre son rapport sur le streptocoque A d’ici deux à trois semaines et l’on prévoit un amendement au fichier des maladies à déclaration obligatoire d’ici juin.PIERRE O’NEILL MICHEL VENNE LE DEVOIR \ A Québec, tous les ingrédients sont en place pour une crise parlementaire sans précédent.Les libéraux réclament la tête du président de l’Assemblée nationale, mais les péquistes font savoir qu’ils sont bien déçidés à le maintenir en fonction.A l’issue d’un caucus parlementaire préparatoire aux travaux session-nels de l'Assemblée nationale, tenu à Mont-Rolland dans le nord de Montréal, Daniel Johnson a demandé hier à Jacques Parizeau d’exiger la démission de Roger Bertrand.«Nous n’avons plus confiance en sa capacité d’exercer, avec toutes les apparences d’impartialité et de neutralité qui sont nécessaires, sa fonction de président», a-t-il déclaré en conférence de presse.Dans la lettre expédiée le matin même au premier ministre, M.Johnson indique que les députés de l’opposition officielle retirent au président de la Chambre la confiance qu’ils lui avaient accordée l’automne dernier.Une décision que le chef libéral fonde sur une série d’allégations reliées au comportement et aux attitudes de M.Bertrand, lui reprochant essentiellement d’avoir rendu des décisions non fondées en droit parlementaire: ¦ celle qui a permis au leader du gouvernement de déférer le projet de loi 40 à la Commission des institutions plutôt qu’à la Commission de l’Assemblée nationale; ¦ celle en vertu de laquelle le directeur général des élections a pu impunément publier un appel d’offres pour l’octroi d’un contrat en vue de l’information d’une liste électorale permanente, alors que le projet de îoi l’y autorisant n’a pas encore été adopté; H ce président a clairement fait preuve de partialité dans sa gestion de la période des questions; ¦ la directrice de cabinet du président, Louise Cordeau, s’est régulièrement retrouvée du côté du gouvernement sur le parquet de l’Assemblée nationale dans les minutes qui précèdent quotidiennement l’ouverture des travaux de la Chambre; ¦ ce président a récemment convoqué, à quelques jours d’avis, une séance du bureau de l’Assemblée nationale sans avoir préalablement consulté, comme le veut l’usage, le whip en chef de l’opposition officielle quant à la disponibilité des membres de notre groupe parlementaire; ¦ ce président a omis de donner suite à une lettre du leader de l’opposition officielle, lui signalant le comportement du président de la Commission des institutions parlementaires à cet égard.Le point culminant de cette chamaillerie parlementaire est survenu le 3 février dernier, lorsque le leader de l’opposition en Chambre, Pierre Paradis, a contesté la neutralité de M.Bertrand dans une décision qu’il a rendue sur la recevabilité de la motion destinée à suspendre les règles de procédure pour forcer l’adoption du projet de loi 46 sur la construction.La prétention de l’opposition est à l’effet qu’il y a eu, avant que cette décision soit rendue, des communications privilégiées entre le bureau de la présidence et celui du leader du gouvernement.Le lendemain, M.Bertrand a tenté de s’expliquer dans une lettre qu’il a écrite à Pierre Paradis, mais rien n’y fit.Le malentendu est demeuré total.Appui au président Informé des conclusions du caucus de Mont-Rolland, le leader du gouvernement en Chambre, Guy Chevrette, a aussitôt fait savoir que l’ensemble des députés et des ministres péquistes allaient soutenir le président Selon lui, les libéraux profèrent à l’endroit de M.Bertrand des accusations «vicieuses, pernicieuses et non fondées».M.Chevrette invite les libéraux à utiliser les procédures parlementaires s’ils désirent remettre en cause l’intégrité du président et de présenter une motion à cette fin.Grâce à sa majorité, dit M.Chevrette, le gouvernement va battre la motion, mais il saisira l’occasion pour livrer sa version des faits.Il ne craint pas que les libéraux fassent se prolonger la crise parlementaire.«Ils ne voudront pas se retirer de la Chambre tous les jours, dit M.Chevrette.La politique de la chaise vide semble les attirer.S’ils le font, l’opposition, ce sera Mario Dumont; il fait mieux qu’eux dans les sondages de toute façon auprès des francophones.» Le ministre péquiste affirme détenir des preuves écrites que les libéraux entretenaient «une relation tou- te spéciale» avec la présidence à l’époque où ils étaient au pouvoir.Il a l’intention de les leur remettre sur le nez.Il menace également d’avoir recours à une procédure prévue au règlement pour blâmer et faire condamner M.Paradis pour avoir porté des accusations non fondées contre un autre membre du Parlement et d’avoir ainsi violé les droits et les privilèges de l’Assemblée et de ses membres.Le ministre invoque des précédents partout au Canada, dont trois au Québec, de cas où des motions de blâme avaient été présentées à l’encontre de présidents de l’Assemblée, qui avaient cependant pu continuer à siéger une fois la motion battue par la majorité.Au Québec, une telle motion avait été présentée le 20 mars 1974 contre le président mais avait été renversée par la vaste majorité des parlementaires (seulement deux députés avaient appuyé la motion).En 1985, à la suite d’une querelle semblable à celle qui prévaut aujourd’hui, la tête du président Richard Hyde avait été mise à prix par l’opposition unioniste.Le premier ministre libéral Jean Lesage avait mis fin à la fronde en le nommant ministre du Tourisme.Depuis l’incident du 3 février, les péquistes ont multiplié les tractations pour tenter de faire entendre raison aux libéraux.Il y a eu des pourparlers entre les directeurs de cabinets du premier ministre et du chef de l’opposition, Jean Royer et Pierre Anctil.«Nous avons donné la chance au coureur», a tranché hier Daniel Johnson, en faisant savoir que l’opposition aura recours à tout l’arsenal de la procédure «pour faire valoir notre critique à l’endroit d’un gouvernement qui ne bouge pas».Des propos qui laissent croire que la session qui reprendra mardi prochain sera tumultueuse.Selon l’Institut C.D.Howe Une recommandation du Conseil de la conservation et de l’environnement Pas de double citoyenneté dans un Québec indépendant JOËL BELLAVANCE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Il ne fait nul doute que les Québécois perdront leur citoyenneté canadienne le jour même où l’indépendance du Québec sera proclamée, soutient l’Institut C.D.Howe dans une étude publiée aujourd’hui.Le gouvernement fédéral devrait d’ailleurs adopter une loi révoquant la double citoyenneté, laquelle est permise depuis 1977, afin de s’assurer qu’il n’y ait aucun équivoque à ce chapitre à l’aube d’un référendum sur la souveraineté.Cette loi devrait entrer en vigueur la veille de la proclamation de la souveraineté du Québec, affirme Stanley Hartt, auteur de cette étude intitulée Conflits d’appartenance: la double citoyenneté et la réorganisation de l’union économique.Selon l’ancien chef de cabinet du premier ministre Brian Mulroney, la fin de la double citoyenneté ne serait pas «une mesure de représailles de la part d’un Canada qui se sent bafoué, mais une façon rationnelle du Canada de protéger son bien-être financier-.L’article 5 de l’avant-projet de loi sur la souveraineté du gouvernement de Jacques Parizeau stipule que «la citoyenneté québécoise peut être cumulée avec celle du Canada ou de tout autre pays».Le premier ministre Jean Chrétien a toujours fait valoir que seul le Par- lement peut décider qui jouit ou non de la citoyenneté canadienne.Plusieurs sondages ont déjà démontré qu’une majorité de Québécois veulent conserver la citoyenneté canadienne si le Québec devenait indépendant.Aux yeux de M.Hartt, qui est actuellement président et chef de la direction de Camdev Corporation, il serait illogique qu’Ottawa ne mette pas fin à la double citoyenneté adve-nant la souveraineté du Québec, d’autant plus que cette situation pourrait lui coûter une fortune.En effet, le gouvernement fédéral serait tenu de continuer à payer des pensions de vieillesse et des prêts étudiants, entre autres, à des résidants du Québec ayant la citoyenneté canadienne en vertu des dispositions actuelles de certaines lois canadiennes.En revanche, le Canada serait privé des revenus d’impôt versés par ces mêmes citoyens du Québec.«Dans de telles circonstances, le Canada devrait prendre des mesures pour se protéger d’une anémie financière», souligne M.Hartt dans son étude, la deuxième d’une série de cinq que publie l’Institut C.D.Howe sur le projet souverainiste du gouvernement Parizeau.M.Hartt ajoute que cet «énorme fardeau financier- qui pèserait sur le Canada s’aggraverait si le Québec et le Canada n'arrivaient pas a s’entendre sur le partage de la dette canadienne.Québec doit instituer un régime de gestion par bassin versant Ce modèle vise à mettre fin au gaspillage et à la pollution de l’eau LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Le Québec doit donner un «second souffle» à la gestion de ses ressources hydriques en instituant un régime de «gestion par bassin versant», qui serait placé sous la responsabilité d’organismes régionaux dont le financement serait assuré par les contributions de tous les usagers des ressources en eau de la province.C’est ce que propose le Conseil de la conservation et de l’environnement (CCE) dans un rapport qu’il vient de remettre au ministre de l’Environnement, Jacques Brassard.Le modèle proposé vise à mettre fin au gaspillage et à la pollution des ressources en eau en faisant en sqrte que les individus, les corporations et les sociétés d’Etat paient les «coûts sociaux» engendrés par l’usage qu’ils font de l’eau, des forces hydrauliques et des milieux aquatiques.Ces coûts, qui se traduisent actuellement par des pertes d’usage ou des baisses de qualité que personne n’acquitte, s’appliqueraient autant aux constructeurs de barrages et aux usagers des forces I hydrauliques qu'aux agriculteurs, industriels ou municipalités qui utilisent les cours d’eau comme dépotoirs.Le normes actuelles sont non seulement «incom-! piétés» parce quelles ne visent que iespapetièreset | les raffineries, mais, précise le rapport du CCE, elles j sécurisent indûment les utilisateurs parce que leurs re-I jets ou usages légaux continuent d’affecter les cours d’eau.Il faut aller plus loin, selon le CCE.et exiger que ! tous les usages de l’eau soient facturés a leur juste va-! leur pour que cette pression économique rectifie les ; comportements de gaspillage, même légal.Mais c’est dans la manière de gérer les ressources en eau que ce rapport innove le plus, proposant un modèle de gestion par bassin versant, apparenté à celui de l’Ontario, mais avec une approche plus limitée.Comme l’Angleterre, la France, l’Allemagne et des provinces comme l’Ontario, il est temps, estime le rapport du CCE, que l’administration québécoise adapte sa gestion aux ressources en se moulant à l’unité écologique de base, le bassin versant.Actuellement, les ressources en eau d’un même bassin versant peuvent être administrées par des MRC, des municipalités et des ministères ayant chacun des normes et des moyens différents.De plus, l’exploitation de ces ressources s’est faite sans coordination et saqs examen des conséquences globales.A cette anarchie de la gestion s’ajoute le fait que «le degré de conscientisation des Québécois à l’égard de la conservation et de la protection du patrimoine hydrique est relativement peu élevé».Le CCE propose donc de regrouper les acteurs municipaux, régionaux, économiques et environnementaux dans des «associations de bassin», qui planifieraient la gestion et, au besoin, la restauration des cours d’eau.Ijes objectifs et les stratégies, qui auraient fait consensus, seraient intégrés aux schémas d’aménagement des MRC, comme les priorités gouvernementales.Le modèle proposé par le CCE n'aurait toutefois pas comme but premier la protection et la restauration des écosystèmes et des espèces vivantes, dont le sort est lié aux cours d'eau, comme le fait l'Ontario par une ap-proche plus «écosystémique».Ix* CCE s’en tient à une gestion plus étroite de l’eau, faisant le pari qu'une meilleure gestion profitera, par ricochet, aux espèces vivantes.EN BREF ?DE LA NÉCESSITÉ D’UNE POLICE DE LA PÊCHE HAUTURIÈRE Ottawa (PC) — Le conflit entre le Canada et l’Europe sur la pêche au turbot souligne la nécessité de créer une nouvelle police de la pêche hau- • ; turière, soutient l’ambassadeur du Canada pour la conservation des pêches.Le ministère des Pêches a confirmé mercredi que la flotte espagnole était toujours en train de pêcher juste à l’extérieur de la limite des 200 milles du Canada en dépit d’un ordre canadien d’arrêter ces activités et de quitter les lieux.Le ministre des Pêches, Brian Tobin, attendait les rapports de surveillance aérienne et la levée du jour avant de prendre d’autres mesures.Mais aucune des deux parties n’en a dit davantage.Il semble qu’une guerre de mots menée à la une des journaux des deux côtés de l’Atlantique ait donné lieu à des négociations plus discrètes de haut niveau.L’UTOPIE PÉQUISTE VUE PAR BÉLANGER (PC) — Le maintien de l’intégrité de l’espace économique canadien, adve-nant la souveraineté du Québec, tient de «l’utopie», affirme le président du comité référendaire du PLQ, , : Michel Bélanger.Prenant la parole, hier, devant les membres de la Jeune Chambre de commerce de Montréal, M.Bélanger a déclaré que le projet du Parti québécois promet, en quelque sorte, de rétablir le statu quo après la souveraineté en ce qui a trait à nos relations économiques avec le reste du Canada.«C’est bien là le vice de fond de ce projet.La reconstruction de l’union économique telle que présentée (par le PQ) est tout simplement une utopie», a fait valoir Michel Bélanger.«Les expériences faites ailleurs au monde montrent bien que le type de relations économiques étroites et soutenues dans un cadre juridique complet et égal pour toutes les parties ne fonctionne que dans un pays unitaire, que dans une fédératipn.Il est impraticable entre deux Etats souverains», a opiné M.Bélanger.-?- LES JEUNES REJETTENT LE STATU QUO Québec (PC) — À la lumière des premières analyses des travaux de la Commission jeunesse sur l’avenir du Québec, le député péquiste de Ber-thier, Gilles Baril, a retenu que «les jeunes trouvent que le projet souverainiste tel que proposé incarne trop le statu quo économique et social».Pour le député et conseiller jeunesse du premier ministre, le premier budget du ministre des Finances, Jean Campeau, devra incarner la nouvelle • façon de gouverner, «donner le ton à ce que serait un Québec souverain» et rejeter carrément le statu quo économique et social si on veut que la souveraineté arrive et surtout que les jeunes y adhèrent.M.Baril a retenu de ces premières heures de tra- • vail et d’analyse que la population québécoise, plus particulièrement dans la catégorie des 18-35 ans, ne se contentera pas de demi-mesures, .d’un demi pays, du statu quo et de vagues promesses.«Ils ont tous promis qu’ils allaient avoir le gouvernement à l’œil, a soumis hier M.Baril au cours d’une entrevue.Ils lui disent que la date du référendum est secondaire et que leur participation au débat et surtout à la société ne doit pas être passagère.-?- À LA BONNE FRANQUETTE Ottawa (PC) — Devant des regards étonnés, le premier ministre Jean Chrétien raconte comment il a discuté à la bonne franquette avec des tra-, vailleurs forestiers de La Malbaie la veille du dépôt du budget fédéral.Son entourage politique immédiat n’en avait jamais entendu parler, mais ne semblait guère surpris outre-mesure.C’est que M.Chrétien cultive son droit à la vie privée et au secret.A une époque ou les Canadiens ont été habitués à tout savoir — et tout de suite — des activités de leurs premiers ministres, M.Chré- • tien, lui, renoue avec l’époque où les premiers ministres pouvaient disparaître quelque temps du regard médiatique.Il visite sa circonscription de Saint-Maurice sans en souffler mot aux reporters qui suivent quotidiennement sa trace à Ottawa.Il s’envole pour des vacances sans que l’on connaisse sa destination.Il visite incognito le site du prochain sommet du G 7, à Halifax, en juin prochain.Tout récemment encore, il a rencontré pendant plus d’une heure le premier ministre Roy Romanow.de la Saskatchewan, pour discuter du budget, sans que la presse n’en soit informée à l’avance.I L E 1) E V 0 I R , 1.E .1 E U I) I !) M A R S 1 I) » ,r> A 5 ?LE DEVOIR ?- L E MO ID La Croatie assouplit sa position sur les Casques bleus New York (AFP) — À trois semaines de l’expiration du mandat de i’ONU dans l’ex-Yougoslavie, la Croatie, partie d’une position dure — le départ des Casques bleus — semble se rapprocher progressivement des Occidentaux et insiste en priorité sur une «redéfinition» des tâches des forces internationales.«Nous avons besoin d’un nouveau mandat, et nous n’aurions pas d’objection à ce que certaines (troupes) servant actuellement au sein de la FORPRONU (Force de protection des Nations unies), en raison de leur expérience dans la région, soient assignées à de nouvelles tâches», a déclaré hier à l’AFP l’ambassadeur de Croatie àl’ONU, M.Mario Nobilo.M.Nobilo, qui vient de retourner à New York après un séjour à Zagreb, a montré des signes d’ouverture quant au maintien d’une présence internationale sur son territoire, au delà du 31 mars, date d’expiration du mandat de la FORPRONU dans l’ensemble de l’ex-Yougoslavie.Des représentants occidentaux préfèrent parler de «signaux contradictoires», mais se montrent moins pessimistes que le mois dernier sur les chances de convaincre la Croatie de revenir sur sa décision et d’accepter le maintien d’une «forme de présence de l’ONU».Un envoyé spécial américain, M.Richard Holbrpoke, était cette semaine à Zagreb et le département d’Etat a évoqué des «progrès» à l’issue de sa mission.Par ailleurs, des contacts bilatéraux se poursuivent entre la Croatie et les principaux pays européens, qui admettent cependant que le temps presse.Tout en gardant une position ferme («la communauté internationale nous punirait en maintenant la FORPRONU en l’état»), les responsables de Zagreb commencent à réaliser qu’il sera impossible de remplacer les forces de l’ONU par des troupes de l’Alliance atlantique (OTAN) ou de l’Union de l’Europe occidentale (UEO).«Il y a d’autres possibilités qui sont explorées comme celle d’avoir des observateurs, en particulier européens, sous (l'autorité) de la Conférence intemaüonale pour l’ex-Yougoslavie ou certains mécanismes régionaux», a indiqué M.Nobilo.Le haut fonctionnaire croate reconnaît que le «nouveau mandat» dont il parle devra, en tout état de cause, être approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU.Il insiste sur la mise en oeuvre de «nouveaux mécanismes», en particulier pour un contrôle effectif des frontières entre la Serbie d’une part, la Croatie et la Bosnie, d’autre part.«Si cette condition est remplie, nous serions prêts à voir une certaine présence de vérification sur les lignes de séparation et dans les principaux centres de communications», a poursuivi M.Nobilo.Des diplomates occidentaux soulignent qu’il n’y a «pas pour l’instant de processus formel de négociations avec les Croates» et évoquent «un certain nombre d’hypothèses qui sont actuellement testées, notamment par les Américains».Parmi ces hypothèses figurent le maintien d’une forme de présence de l’ONU en Croatie, une réduction considérable du nombre de Casques bleus dans les Kra-jinas (de 12 000 à 6000 soldats, selon certaines sources), une redéfinition du mandat et l’évolution éventuelle du nom de la force qui ne s’appellerait plus FORPRONU.été reçue par le reine Margrethe II du Danemark, hier à Copenhague, Mme Hillary Clinton a Le sommet de Copenhague Les femmes sont choyées Copenhague (AFP) — Copenhague s’est voulue hier la capitale mondiale des femmes, avec une attention particulière apportée par le Sommet social et le Fourni des ONG aux violations de leurs droits, et un appel quasi unanime à améliorer leur condition partout dans le monde.De leur côté, les délégués des 184 États présents ont poursuivi leurs discussions en groupes de travail: ils tenteront d’achever dans la soirée la rédaction de la déclaration finale du Sommet.Symboliquement, c’est sous la présidence d’une femme que les discours officiels du Sommet se sont succédé.Ils ont insisté sur le fait qu’une proportion démesurée de la misère, des violences, des discriminations et des maladies de la planète se portent sur les femmes.Avec cependant une lueur d’espoir: c’est leur action, qui au niveau local, permet d’enrayer le sous-développement.Le secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali a affirmé qu’aucun «des défis du monde ne serait résolu sans les femmes».Portant le badge-symbole de cette journée, il a rappelé que la prochaine conférence mondiale convoquée par l’ONU à Pékin (4-15 septembre) sera consacrée aux droits des femmes.Hillary Clinton, épouse du président américain Bill Clinton, a été la vedette du jour en annonçant, dans une allocution en faveur des femmes, une contribution de son pays de 100 millions de dollars sur 10 ans, pour «l’éducation de milliers de filles et de femmes» pauvres en Afrique, Asie et Amérique latine.Aqx côtés de la première dame des États-Unis avait pris place Mere-te Hansen, fille d’une des fondatrices de cette Journée internationale, la socialiste danoise Nina Bang, par ailleurs première femme ministre au monde (en 1924).Les agences de l’ONU, comme l’UNÉSCO ou le PNUD ont souligné la nécessité de sortir les femmes de la situation d’infériorité au niveau mondial, tandis qu’une procession aux flambeaux devait parcourir les rues de la capitale danoise.Les ONG n’ont pas voulu être en reste: des déléguées d’ONG de pays du Tiers-Monde ont entamé un jeûne de solidarité avec les millions de femmes souffrant de la faim dans les pays pauvres.Ces grévistes de la faim réclament «davantage de résultats concrets» au Sommet.De son côté, le «caucus» mondial des ONG féminines a officiellement lancé une campagne de sensibilisation de «180 jours jusqu’à Pékin», rappelant que le Forum des ONG de la future quatrième conférence des femmes sera le rendez-vous de 30 000 personnes.De leur côté, les délégations nationales des 184 États présents au Sommet ont continué leur travail diplomatique, mettant au point en groupes de travail restreints, la rédaction finale de la Déclaration et du Programme d’action.Ces textes doivent être adqptés par les quelque 110 chefs d’États et de gouvernements les 11 et 12 mars.EN BREF ?NOUVEAU PRÉSIDENT EN GRÈCE Athènes (Reuter) — Iæ parlement grec à majorité socialiste a élu hier Costis Stephanopoulos, un conservateur, président de la république, une charge largement honorifique, Sur 300 députés, 181 se sont prononcés en faveur de cet homme politique de centre-droit au troisième et dernier tour de scrutin.Conformément au scénario annoncé, Costis Stephanopoulos a recueilli les suffrages des 170 députés du Parti socialiste d'Andréas Papandreou (PASO K) et des 11 représentants du parti néonationaliste d’Antonis Samaras, «Printemps politique».Au total, 109 voix se sont portées sur son unique adversaire, Athanase Tsaldaris, 73 ans, candidat de la Nouvelle démocratie.-?- MANDELA REFUSE DE VOIR WINNIE Johannesburg (Reuter) — Nelson Mandela a sèchement rejeté hier une demande d’entretien de son épouse Winnie et estimé que cette dernière, dont il est séparé depuis 1992, devait répondre aux convocations du vice-président sud-africain.Soupçonnée de corruption, Winnie Mandela a par deux fois ignoré la convocation du vice-président Thabo Mbekj et fait savoir qu’elle exigeait de rencontrer le chef de l’État en personne.«M.Mbeki traite ce dossier.M.Mbeki est un dirigeant hautement qualifié et plein de valeur et il s’agit d’une affaire qui entre dans son champ de compétence», a déclaré le président sud-africain.Mme Mandela, qui est vice-ministre des Ails et de la Culture, est soupçonnée d’avoir utilisé sa position pour faire obtenir des contrats à une entreprise du bâtiment dans laquelle elle a des intérêts.-?- ENQUÊTE SUR UN GÉNOCIDE Bruxelles (Reuter) — La Belgique a désigné un magistrat chargé d’enquêter sur les dénonciations liées au génocide au Rwanda, apprend-on hier de source judiciaire.Nommé le 2 mars, le magistrat, dont l’identité n’a pas été révélée, sera habilité à arrêter toute personne accusée d’avoir participé aux massacres et qui aurait cherché refuge en Belgique.Selon Eric Gillet, un avocat des droits de l’homme, une quarantaine de personnes qui ont perdu des membres de leur famille au Rwanda ont entamé une action judiciaire en Belgique.La nomination d’un magistrat chargé de ces plaintes devrait permettre à la justice d’agir, a-t-il déclaré.Avec d’autres avocats, Eric Gillet avait réclamé le mois dernier l'arrestation des personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide et installées en Belgique.-?- L'ONU CONDAMNE L'IRAK Genève (AFP) — L’Irak a été condamné hier par la coin-mission des droits de l’homme à Genève pour sa violation «massive et extrêmement grave» des droits.Trente-et-un pays ont approuvé la motion, seul le Soudan votant contre et 21 pays s’abstenant.Le texte, lu par le représentant français et soutenu par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et le Japon étale une longue série d’atteintes au droit de l'homme.Constatant que le gouvernement est responsable de ce que partout régnent la répression et l’oppression — tortures, exécutions sommaires, châtiments cruels — la commission demande à Bagdad d’éclaircir le cas de disparitions de Koweïtiens et d’indemniser les familles de personnes mortes en cours de détention.Elle souhaite enfin que soit rétablie l’indépendance du pouvoir judiciaire et que le comportement des services de sécurité soit désormais conforme aux nonnes internationales.Le scandale Agusta en Belgique Un général se suicide Bruxelles (Reuter) — L’ancien chef d’état-major de la force aérienne belge, dont le nom a été cité dans l’affaire Agusta, qui ébranle la Belgique, a été retrouvé mort hier dans un hôtel de Bruxelles, a-t-on appris de source militaire.Jacques Lefèvre dirigeait en 1988 les forces aériennes au moment de la signature du contrat pour la livraison de 46 hélicoptères Agusta à l’armée belge, qui aurait été remporté grace au versement de pots-de-vin aux partis politiques.«Il a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel», a dit une source militaire.«On pense qu’il s’agit d’un suicide.» Des soupçons de plus en plus pré; cis pesaient sur Jacques Lefèvre, qui a pris sa retraite en décembre 1988, un mois après la signature du contrat avec la firme italienne.Les enquêteurs chargés de l’affaire avaient perquisitionné à son domicile il y a environ un mois et l’avocat bnixellois Alfons-Hendrik Puelinckx, qui est soupçonné d’avoir servi d'intermédiaire et est incarcéré depuis un mois, a, selon la presse belge, reconnu avoir eu des contacts avec lui.Georges Cywie, le représentant d’Agüsta en Belgique, lui aussi arrêté il y a un mois, a également cité le général comme l'un des acteurs des négociations du contrat Agusta.Jacques Lefèvre avait nié la réalité de ces contacts.Sa mort paraît suspecte: l’hôtel où il avait réservé une chambre pour une nuit était situé tout près de son domicile et six petites bouteilles de whisky ont été retrouvées près du cadavre, qui ne portait cependant aucune trace de violence.Agusta, qui a toujours démenti avoir versé des commissions occultes pour remporter le marché, est mis en cause par des membres des Partis socialistes francophone (PS) et flamand (SP).Étienne Mangé, le trésorier du SP arreté il y a deux semaines, a admis avoir obtenu d’Agusta une commission de 51 millions de FB à l’insu des ministres socialistes de l’époque, dont l’actuel secrétaire général de l’OTAN, Willy Claes, pour renflouer des satellites du SP en difficulté.Le ministre des Affaires étrangères, Érank Vandenbroucke, le président du SP, Louis Tobback, et le secrétaire général de l’OTAN, Willy Claes, tous trois membres de ce parti, sont en difficulté pour avoir reconnu être au courant d’une offre d’Agusta, tout en assurant l’avoir refusée.Balladur va rendre public son patrimoine Paris (Reuter) — Édouard Balladur a annoncé hier soir qu’il rendrait public l’état de son patrimoine dans les prochains jours, pour mettre fin à la polémique sur ses liens passés avec la société GSI (Générale de service informatique).«Pour mettre un point final, je le publierai dans les jours qui viennent», a déclaré le premier ministre sur la chaîne de télévision LCI, précisant que cela porterait également sur le patrimoine de son épouse.«Dans cette affaire j’en ai quand même un peu gros sur le coeur, par-ci* que |x*rsonne n’a jamais fait preu- ve d’autant de scrupules et d’autant de souci d’intégrité», a-t-il souligné.En réponse à des révélations du Canard enchaîné, lç premier ministre et candidat à l’Elysée avait auparavant confirmé dans un communiqué qu’il avait bien réalisé entre 1986 et 1993 plus de 2.7 millions de francs de plus-value sur la vente d'actions de GSI, société dont il a été le P-DG de 1977 à 1986.Concernant la publication de son patrimoine.Édouard Balladur a dit sur LCI que l’essentiel de celui-ci appartenait à son épouse et qu’il avait demandé «qu’on regarde les choses au franc prêt», mais que rien n’était «plus limpide».504 le journal E l .e Quotidien Conférence d«P^„ ttan'or 334 par jour LE COMPTE VALEUR SCOTIA Pour les opérations bancaires de tous les jours: nombre illimité de chèques et de retraits d’espèces, carte VISA*,’ paiement de factures, protection contre les découverts’, chèques personnalisés et bien plus encore.Quand on considère tout ce qu’on dépense chaque jour, ces 33c sont vraiment un bon placement.Passez donc à votre succursale Scotia.Vous verrez, avec le compte Valeur Scotia, vous y gagnerez.Pour des opérations bancaires à moindres frais.Banque Scotia 3 ‘I j Bjrvjur de Vvrik (unv uvijo «tome de cette nurqur *S«r fntnt de I Jppfdw** *ir^ I.!•: I) K V OIM, I.K ,1 K II I) I 9 M A M S 109 5 A 6 EDITORIAL Du côté des projets Lise Bisson nette L’un pleure et l’autre rit, mais le Parti québécois et le Parti libéral ont tous les deux tort de réagir de telle façon aux travaux, terminés hier, des commissions consultatives sur l’avenir du Québec.eu de démocraties pourraient se targuer, aujourd’hui, de susciter autant d’intérêt pour la chose publique.Plus de 50 000 personnes ont participé à quelque 400 réunions et ont soumis près de 5000 mémoires.Parce que les commissions étaient composées de souverainistes ou de proches sympathisants, on craignait l’unanimisme qui aurait enlevé sa crédibilité à l’opération.Mais non.Les Québécois qui s’y sont présentés ont parfois parlé pour parler, souvent à côté de la question que le gouvernement leur avait posée, mais ils y ont tout de même répondu, pour peu qu’on veuille les entendre plutôt que les utiliser.Le Canada, c’est évident, ne les intéresse plus guère, sauf comme filet de sécurité.Le Québec est leur territoire de prédilection, le cadre où s’inscrivent toutes leurs espérances qu’on a étiquetées, de manière un peu dérisoire, «projets de société».Ils ne rejettent pas la souveraineté, mais ils la traitent un peu comme une question secondaire, un thème corollaire.Ils demandent qu’on leur démontre le lien entre cette foi politique et leurs espérances.Pour le Parti québécois, ce résultat est déroutant.Ses dirigeants voyaient l’exercice comme une sorte d’enseignement de la souveraineté par dynamique de groupe, qui aurait éclairé les indécis et pavé la voie à une majorité au référendum.La tentation est forte de se mettre à nouveau à maudire «le confort et l’indifférence», à mépriser le stéréotype du Québécois moyen engoncé dans son ambivalence et ses craintes.Car depuis des années, durant leur traversée du désert, les militants qui ont reconstruit le Parti québécois et l’ont ramené au pouvoir se sont convaincus que l’étapisme avait été une erreur, et qu’à trop vouloir suivre l’opinion, le PQ s’était privé de la faire avancer.Ils ont donc parlé haut et fort, avant, pendant et après les élections et ils ont proposé rien moins qu’une déclaration unilatérale de souveraineté.Ils se retrouvent aujourd’hui devant un «ni oui ni non» qui les désespère.Pourtant, le débat public a changé.Le projet de souveraineté, en 1980, avait naufragé sur deux écueils.L’un était certes la crainte la plus élémentaire: celle de perdre des «pensions», des prestations de toutes sortes, la participation à ce qui semblait encore la richesse collective du Canada.Uautre était la promesse de renouvellement du fédéralisme canadien, dont on sait ce qu’il est advenu.Sans disparaître tout à fait, ces deux thèmes sont passés à l’arrière-plan.Personne, désormais, ne s’accroche sérieusement à l’illusion d’une rénovation du fédéralisme canadien.Et si les appréhensions économiques sont encore présentes, elles ne dominent pas les discussions.Les commissions consultatives ont été constamment ramenées à un nouvel objet, bien résumé par le président de la commission de Montréal, M.Marcel Masse: «La souveraineté, pour faire quoi?» Ce discours n’est pas une négation, mais une interrogation pressante à laquelle le gouvernement du Parti québécois ne pourra échapper s’il veut faire avancer son option, et surtout faire avancer le Québec.Certes, on peut s’exaspérer de certaines demandes, des groupes qui subordonnent leur OUI à des garanties constitutionnelles touchant le statut de la musique classique, l’abolition de la censure, la protection de l’ail des bois ou des bélugas.Mais une fois décantés les milliers de mémoires, on verra pour l’essentiel que les Québécois veulent des directions de fond: entre autres un modèle de relations interculturelles, un projet éducatif exigeant, un souci concret d’équité et d’égalité entre les personnes, un engagement ferme quant au développement culturel, un plan de lutte à la pauvreté, une esquisse crédible des voies de la régionalisation.Tout cela, répondent les péquistes exaspérés, est dans leur programme.Mais justement, il fallait commencer à le mettre en œuvre, pour l’illustrer, avant de déclarer la souveraineté.Six mois après l’arrivée au pouvoir du Parti québécois, on ne trouve sur la table qu’un seul plan assimilable à un «projet de société», celui que Le Devoir révélait hier: l’intention de la ministre du Travail, Louise Harel, d’imposer aux entreprises une taxe de 1% de la masse salariale à consacrer à la formation professionnelle.C’est aussi excellent que mince.S’ils sont capables de remballer leur rêve d’immédiat, de revoir leur stratégie et leur échéancier, d’endurer des railleries inévitables et souvent méritées puisqu’ils ont erré par présomption, les souverainistes garderont l’avantage, majeur, d’être du côté du «projet».Du côté des citoyens qui croient encore possible de redessiner le monde.Tel ne sera pas le cas de ceux qui ricanent, dans le camp fédéraliste, en pensant d’ores et déjà la partie gagnée.Y a-t-il simplisme plus abyssal que celui de la nouvelle porte-étendard du NON, Lucienne Robillard, qui passait lundi aux pertes tout le travail des commissions et de leurs participants en se réjouissant de l’échec de «l’astuce» péquiste?Y a-t-il résignation plus plate, retournement plus choquant que celui d’un caucus libéral québécois qui, hier encore, prétendait se battre pour une fédération décentralisée et qui, aujourd’hui, s’écrase en souriant devant le budget Martin qui consacre la direction contraire?Les Québécois qui se sont présentés devant les commissions consultatives ont fait preuve de sens civique et ont forcé la réflexion sur un monde en changement.En se moquant de leurs débats, en les résumant à un NON référendaire, c’est le Parti libéral et son chef, M.Johnson, qui font étalage du plus grand cynisme partisan.On attend encore, et on attendra sans doute longtemps, de leur part, le début d’une réponse aux questions fondamentales qui se sont posées dans ces forums inédits.Leur seule fierté, faut-il comprendre, est celle du boycottage, c’est-à-dire de l’absence.Le contraire, en effet, du projet.PQ et PLQ interprètent mal le message des commissions.Le musée de nos malheurs À la lettre d’Yves Beauchemin, publiée dans Le Devoir du 23 février dernier, j’ajouterais que notre situation au Québec est bien pire que ne l’était celle de la minorité noire d’Afrique du Sud avant l’accession de Nglson Mandela aux commandes de l’État, puisqu’elle a forcé certains de nps grands écrivains à s’exiler aux États-Unis pour écrire.C’est aussi le triste sort d’un grand nombre de nos compatriotes qui, poussés par la rigueur implacable de notre hiver (sans doute votée par la majorité anglophone au Parlement d’Ottawa), ont dû s’acheter un condo ou, pire, une simple roulotte en Floride et se voient dans l’obligation, chaque année, en décembre ou en janvier, selon les menaces de la météo de Radio-Canada, d’aller se plonger dans un univers américanopho-ne agressant où ils risquent de perdre leur foi — non, pardon, cela n’est plus à la mode! —, je voulais dire leur identité.Et pensez donc à tous ces vaillants Québécois qui franchissaient courageusement les frontières, chaque semaine, pour aller chercher de quoi survivre à Plattsburg et qui, maintenant, ne peuvent même plus le faire depuis que notre dollar ne vaut plus que 70 cents (au fait pourquoi donc allons-nous le garder s’il vaut si peu?).Cela doit aussi être la faute des Canadiens anglais qui sont allés dépenser notre argent à l’extérieur du pays! Vraiment dans ce musée de notre déréliction que M.Beauchemin veut ériger, nous devrions y construire une ile pour nos pauvres écrivains qui ont vécu l’isolement dans de tels LETTRES -?- lieux de réclusion; une plage pour nos malheureux retraités et villégia-teurs qui y ont subi la torture du soleil et les assauts des vagues; un centre commercial, comme ceux de Plattsburg, où nos misérables Montréalais épuisés venaient trouver un peu de réconfort bilingue; et peut-être aussi une pancarte indiquant «Old Orchard», «Key West» ou autre chose; je remettrais cette dernière décision entre les mains du ministre de la Culture.Claude Guemier Laval, 24 février 1995 Les néo-Québécois Les propos tenus par Raymond Lévesque et le député Philippe Paré au sujet des immigrants et des allo-phones font un tort immense aux souverainistes du Québec.Ils annulent ainsi des années d’efforts de Bernard Landry et du regretté Gérald Godin.Si, dans une grande proportion, les néo-Québécois préfèrent demeurer dans un Canada qui leur offre le multiculturalisme alors que le Québec ne leur propose que l’intégration, il ne faut pas leur en tenir rigueur.Quel avantage auraient-ils a changer de majorité dans de telles circonstances?De plus, comment voulez-vous que les néo-Québécois croient qu’ils seront des citoyens à part entière si, dès le départ, on leur refuse le droit de vote (Lévesque) et le droit de parole (Paré)?Il faut que les souverainistes commencent par convaincre les -Québécois de souche» du bien-fondé de la souveraineté (ce qui n’est pas encore fait), et qu’ils dénoncent haut et fort ces déclarations intempestives qui ne correspondent qu'à un courant d’opinion minoritaire et de plus en plus marginal.Il faut affirmer que le Québec sera toujours une société respectueuse des droits de la personne.Il n’est pas question de priver du droit de vote ceux qui ne pensent pas comme nous.Michel Sarra-Boumet Laval, 27février 1995 Le 50 % plus un Il est étonnant de lire dans les journaux déclarations et analyses remettant en question la règle du 50% plus un, telle que voulue par la tradition démocratique.Cette norme est la seule qui, dans le cas d’un référendum portant sur deux options, puisse à la fois confirmer la défaite et légitimer la victoire.Substituer à ce principe démocratique toute autre proportion créerait des situations anomiques où ni le camp du OUI, ni celui du NON ne remporterait de victoire légitime.(A moins que les fédéralistes ne trouvent que leurs votes valent plus que ceux des souverainistes!) Imaginons que l’on exige de ces derniers un minimum de 55% d'appuis pour réaliser leur projet politique et qu’ils n’en récoltent que 54%; comment l’option fédéraliste pourra-t-elle se déclarer gagnante avec 46% du vote populaire?Évidemment, plus le seuil est élevé, plus il y a de probabilités qu’à l’issue du référendum les deux camps soient perdants.Si l’on exclut le cas hautement improbable d’une égale répartition des votes, dans les consultations à deux options, la règle du 50% plus un est la seule pouvant assurer qu’il y aura un gagnant C’est une question d’équité et de logique mathématique.Marco Micone Montréal, 22février 1995 '¦'T'**.À PROPOS -?- .de Tâge des immigrants à Montréal pas comptabilisée parmi les effectifs de la population immigrée et, d’autre part, par la durée d’établissement au Québec.En effet, la majorité des résidents permanents immigrent lorsqu’ils sont de jeunes adultes et tel qu’observé, la durée de résidence s’élève à plus de 20 ans pour les deux cinquièmes de la population immigrée de la région de Montréal.Ministère des Affaires internationales, de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, 1994.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BODRASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédactenr en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS THOUIN Directeors adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER Rédactenr en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, me de Blenry.9e étage, Montréal (Qnébec) H3A 3M9.TéI.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS La structure par âge de la population immigrée diffère de celle de l’ensemble de la population de la région de Montréal.La population immigrée compte 6% seulement de jeunes de moins de 15 ans comparativement à une proportion de 19% pour l’ensemble de la population montréalaise.En outre, 47% de la population immigrée appartient au groupe des 45 ans et plus contre une proportion de 32% de la population de la région de Montréal.Ces différences s’expliquent, d’une part, par le fait que la descendance de la population immigrée née au Québec n’est pain et des roses PIERRE GRAVELINE ?milles monoparentales dirigées par des femmes, il se situait à 45,4%, contre 28,3% chez celles dirigées par des hommes.L’écart tend à se réduire avec le temps mais avec une lenteur tellement pénible qu’on se croirait en plein statu quo évolutif.Il faut dire que les neuf longues années de froide indifférence et de politique de laisser-faire de feu le gouvernement libéral n’ont guère contribué à donner aux centaines de milliers de femmes pauvres l’espoir d’améliorer leur condition.Il est difficile de dire si le nouveau gouvernement en est pleinement conscient, mais l’arrivée au pouvoir du Parti québécois soulève à cet ég^rd une immense attente.A travers marches et manifestations, la Fédération des femmes du Québec et ses alliées ne se contentent pas de rappeler des statistiques gênantes et d’émettre de pieux slogans.Elles proposent un véritable programme de lutte contre la pauvreté des femmes constitué de neuf mesures concrètes susceptibles de transformer radicalement, à moyen terme, une situation qu’elles jugent à juste titre inacceptable.Six des mesures mises de l’avant visent à corriger des inégalités particulières ou à répondre à des problèmes spécifiques: un système de perception automatique de pensions alimentaires avec retenue à la source, l’application de la loi des normes minimales de travail à toutes les personnes participant à des mesures «d’employabilité», l’accès à la formation générale et professionnelle avec soutien financier adéquat pour les prestataires de l’assurance-chômage ou de la sécurité du revenu, une modification des règles de parrainage pour les femmes immigrantes, le gel des frais de scolarité et l’augmentation des bourses pour les étudiantes ayant des responsabilités parentales, la création d’au moins 1500 nouvelles unités de logement social par année.Les trois autres, plus ambitieuses, ont aussi une portée plus générale: la mise en œuvre d’un immense programme de développement des infrastructures sociales (réseau de services de garde, maintien à domicile, etc.), l’adoption d’une loi proactive sur l’équité salariale comme il en existe déjà dans cinq provinces canadiennes, l’augmentation du salaire minimum de 6$ à 8,15$ l’heure pour le faire passer au-dessus du seuil de pauvreté.De toutes ces mesures, seule la perception automatique des pensions alimentaires avec retenue à la source est aujourd’hui réellement en voie d’être réalisée par le gouvernement québécois.Mais, aussi espérée et intéressante soit-elle, une mesure ne fait pas un programme crédible de lutte contre la pauvreté, encore moins un projet de société porteur d’une mobilisation des femmes.On espérait que le nouveau gouvernement profite de l’occasion du 8 mars pour annoncer ses couleurs en cette matière.Ce ne fut pas le cas.Beaucoup, qui se réjouissent de la place importante accordée aux femmes dans le Conseil des ministres, vont commencer à se demander si ce changement n’est que cosmétique ou s’il traduit vraiment une sensibilité nouvelle envers les préoccupations légitimes des femmes et une volonté réelle d’agir pour améliorer leur condition dans notre société.Les semaines qui viennent, particulièrement les choix budgétaires en cours d’élaboration, indiqueront plus précisément aux femmes si elles sont en voie d’obtenir le pain et les roses qu’elles revendiquent ou si elles devront encore une fois se contenter de la croûte et des épines.Du u moment où se déroule à Copenhague le premier et peut-être historique Sommet mondial pour le développement social cherchant à identifier les grandes ignés d’une action internationale pour contrer le sous-déve-loppement et la pauvreté, ici même au Québec, une vaste coalition de groupes féministes, syndicaux et communautaires vient d’annoncer, à l’occasion du 8 mars, le lancement d’une opération d’envergure visant à sensibiîiser la population et le gouvernement à l’intolérable pauvreté que subissent nombre de femmes dans notre société.Initiée par la Fédération des femmes du Québec et reprise à leur compte par des centaines d’associations locales, régionales et nationales, cette opération prendra notamment la forme d’une marche contre la pauvreté qu’effectueront, à partir de différentes villes, des centaines de femmes à compter du 26 mai prochain, marche culminant en une grande manifestation devant l’Assemblée nationale le 4 juin.Tant la Marche des femmes contre la pauvreté que l’ensemble des actions qui entourent celles-ci sont placées sous le thème «Du pain et des roses», reprenant le slogan adopté par un groupe d’ouvrières américaines au début du siècle dernier: du pain pour le travail mais aussi des roses pour la qualité de vie.Faut-il le rappeler, la pauvreté est dans notre société une réalité brutale et tenace qui touche malheureusement toujours davantage les femmes que les hommes.La pauvreté continue d’avoir un sexe.Ainsi, selon le Bureau de la statistique du Québec, 20,6% des femmes de 15 ans et plus étaient considérées comme pauvres en 1990, contre 15,1% des hommes.Chez les 65 ans et plus, le taux de pauvreté s’élevait à 35,6% pour les femmes et à 19,1% pour les hommes.Chez les personnes seules, il atteignait 49,4% pour les femmes et 37,3% pour les hommes.Chez les fa- L K I) lv V Dili.I, K .1 V, 1' I) I !) M Alls I !l !) ft IDEES A 7 Le silence est d’art L’absence quasi complète des artistes dans le débat sur la souveraineté est troublante ROSE MARIE ARBOUR Professeure d’histoire de l'art à l’UQAM ans le présent débat sur la souveraineté (à faire) du Québec, le silence quasi complet des artistes est troublant.A part les déclarations méprisantes de Jean-Louis Roux à l’égard d’un Québec souverain qui ne font qu’éclairer à son plus bas niveau l’effet, sur des personnalités égotistes, des récompenses politiques.Déjà en 1945, les attaques du futur sénateur contre le surréalisme en art des futurs automatistes reflétaient bien, dans l’obsession d’un «juste milieu», son conservatisme à tout crin.Plusieurs d’entre nous rappellent et se rappellent l’importance de l’engagement des artistes pour le mouvement d’indépendance du Québec qui culmina au référendum de 1980.Ce rappel fait ressortir la très grande différence de la situation actuelle où de rares voix — quelques personnes de théâtre, des métiers d’art, de danse — se sont élevées du rang des artistes à la toute fin de la Commission de Montréal sur l’avenir du Québec.Que s’est-il passé pour qu’un silence à peine atténué plane sur la question de l’indépendance du Québec en 1995?L’exercice de prise de parole des commissions a été pourtant radicalement novateur: une maturité remarquable a marqué la grande majorité des interventions.Or, dans ces commissions, l’hétérogénéité croissante de la culture québécoise y a été perçue et présentée majoritairement en termes ethnologique et sociologique, en termes économique et juridique.Presque rien n’a concerné la culture en terme de création artistique, toutes disciplines confondues.lu situation politique et socioculturelle a passablement changé au Québec depuis 15 ans et le silence relatif des artistes signale un fait nouveau qui n’est peut-être que la pointe d’un iceberg: autant le dire clairement, il semble ne pas y avoir de place pour ces derniers dans le présent espace culturel autrement qu’à titre de porte-flambeau d’une cause.Dans les démarches actuelles en art, particulièrement en arts visuels et en musique ces dernières années, les attaques pernicieuses de néoconservateurs ont contribué à miner la légitimité de l’autonomie de ces pratiques et par conséquent leur crédibilité.Plutôt que de susciter un dialogue fructueux et éclairant entre individus et groupes, les polémiques ont provoqué un climat de méfiance et de suspicion entre les praticiens en art actuel et les tenants d’une conception de l’art comme «service», valable et accessible que lorsqu’il sert entre autres de support au profil croustillant d’une «nouvelle» à grand tirage ou à une contemplation passive d’un monde idéalisé.Rares sont les artistes qui semblent se voir dans le futur d’une société qui structurellement n’inclut pas leur apport spécifique et leur expertise propre.Cela n’est pas dû à de «mauvaises intentions» des personnes qui appuient et travaillent d’arrache-pied à l’avènement de la souveraineté du Québec.Mais pas une seule ligne sur la culture au sens large et restreint du terme ni sur la place des arts et de la création dans le «pays à faire» n’émerge de l’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec.L’art n’est pas en soi un projet de société mais il doit en faire partie.L’art n’est pas en soi un projet de société mais il doit en faire partie.Un fossé infranchissable semble exister présentement entre l’art et le politique, mais aussi entre l’art et les débats publics qui l’accompagnent.Comment relier les formes d’expression esthétique à la vie quotidienne et pratique de notre société?Une recherche de passerelles et de voies d’accès entre les sphères des savoirs, de la vie pratique et de l’expression esthétique, contribuerait pourtant à l’avènement d’une société vraiment nouvelle en rompant la marginalisation chronique des altistes et la classification de leurs productions comme un «luxe».Les récentes éclaboussures contre les universités par le ministre Garon sont éclairantes quant à la légitimité que les universitaires et les intellectuels se voient contestée; les doubles démissions (qu’elles qu’en soient les causes) des ministres de la Culture sont également explicites d’un malaise profond qui révèle bien que, dans le jeu de chaises musicales des priorités que se fixe un gouvernement, l’expression esthétique, dans une culture en voie de modification profonde, est problématique.Les artistes n’ont d’autre désir que d’être intégrés, dans leurs compétences respectives, dans le tissu social au même titre que tout citoyen et citoyenne de quelque domaine, activité ou discipline soient-ils.En ce sens, le futur est beaucoup plus intéressant que le passé, plus intéressant même que l’apparent consensus qui a pu momentanément exister en 1980 au Québec.L’intégration des artistes dans cette société semble contradictoire puisque l’art moderne s’est presque toujours mis en état d’opposition critique face aux valeurs dominantes de la société matérialiste de ce siècle finissant.Le peu de participation des artistes aux commissions montre que le créneau cloisonné qui est le leur doit éclater.Quel espace sera le leur dans une société remaniée?11 est à espérer que les solutions marginalisantes seront écartées même si, à court terme, elles peuvent en rassurer plusieurs.Certains artistes sont maintenant de plus en plus amenés à s’immiscer, en tant que spécialistes et experts, dans toutes sortes de domaines — culture, éducation, communications, environnement, nouvelles technologies, relations interculturelles.Ces domaines sont appelés à se décloisonner et à se mettre en réseaux, ce qui permettrait aux artistes d’y trouver place et sens.Ces nouveaux espaces sont à explorer si l’on pense au rapport capital qui existe entre l’hétérogénéité à maintenir et la nécessaire intégration des différences.Le silence des artistes dit bien la complexité actuelle de leur position et la difficulté qu’il y a à se définir un nouvel espace social.C’est leur identité même qui est en jeu non seulement à cause de la conjoncture politique au Québec mais plus généralement à cause d’une situation prévalant dans les sociétés occidentales dites avancées: si une volonté politique ne donne pas un espace vital aux praticiens en arts dont les activités ne sont pas réglées par la «loi du marché», ces derniers n’ont pas d’autre choix que la marginalité.Le silence des artistes a actuellement un fondement réel dont on ne peut éviter l’analyse en profondeur.PHOTO ARCHIVES faaiîîtüfr.vê.M rt* mit* mmm ¦ mm± î'r-%; * : ¦ mm «Les déclarations méprisantes de Jean-Louis Roux à l’égard d’un Québec souverain ne font qu’éclairer à son plus bas niveau l’effet, sur des personnalités égotistes, des récompenses politiques.» Rien ne sert de courir 2- Le gouvernement doit se donner les instruments d'une large coalition pour la souveraineté MARCEL PEPIN Ancien président de la Confédération des syndicats nationaux GÉRARD BOISMENU Professeur titulaire de science politique à l’Université de Montréal [—e gouvernement du Québec, dans la L démarche menant à la souveraineté, n’a pas droit à l’erreur.Il est condamné à réussir son pari ou ne doit pas le tenir.Pour ce faire, il lui u==ü faut oeuvrer à former la plus large coalition politique et sociale supportant la souveraineté et travailler à susciter un appui massif à cette coalition.Le défi est double: établir un terrain d’entente avec ses partenaires institutionnels (partis et groupes sociaux) et impulser une dynamique sociale favorable à l’option de la souveraineté, selon la formule «le pays avant les partis».Liées, ces deux dimensions doivent faire l’objet d’une grande attention.line coalition qui fasse consensus Penser en termes de coalition ne coule pas dè sôurce, compte tenu que nos traditions poli-ticjues sont imbues d’une vision étroitement bi-pârtisane.Le débat politique se résume la plupart du temps à une opposition entre deux partis ennemis qui, chacun de son côté, parle d'une seule voix.Eu égard à la discipline interne des partis, les débats entre sensibilités au sein d’une même formation sont identifiés à de la pagaille.Avec la campagne référendaire, nous avons l’occasion de briser ce carcan et d’ouvrir la dynamique pour quelle soit multipartisane bien que bipolarisée.Le pôle du OUI réunit, de fait, plus d’une organisation politique ou sociale.Le dialogue public qui est entretenu entre les organisations témoigne d’une diversité de sensibilités au sein d’une famille politique.I.e dialogue n’est pas synonyme de discorde, mais plutôt de voie par laquelle le partenariat prend forme et le consensus se constitue.C’est en ce sens qu’une entente entre organisations partisanes doit être scellée, une entente qui à la fois reconnaisse la personnalité de ces organisations et rende possible une action commune.I)un autre côté, l’état de l’opinion publique à l’égard de la souveraineté conduit à prendre du recul par rapport à l'image attrayante, parce que simple, de la troisième période de la partie qui doit être complétée.Lorsque l’on a pris l’avance dans les deux premières périodes, il peut être tentant, même si ce n’est pas toujours judicieux, de compter sur cette avance, de jouer défensivement et de remettre constamment la rondelle à l’adversaire.Cette tactique peut être dangereuse et se tourner contre ses protagonistes, mais elle réussit à l’occasion.Le gouvernement semble avoir opté pour cette tactique à l’heure actuelle.Or, nous ne sommes pas en troisième période.Nous sommes à la dernière partie d’un trois de cinq.Peu importe le compte des matchs précédents, peu importe les habiletés antérieurement démontrées, le match commence avec le compte de zéro-zéro.Cette analogie sert simplement à illustrer que les épisodes du rapatriement de 1982, du lac Meech, de l’élection du Bloc québécois et de Charlottetown ont été riches d’enseignements en matière de fédéralisme canadien pour de nombreux Québécois.Mais de là, on ne peut compter sur une marche nécessaire vers la souveraineté.L’appui à la souveraineté est plus solide aujourd’hui qu’en 1980, mais il est encore insuffisant.Les voix manquantes n’ont pas tiré de nos déboires constitutionnels les mêmes conclusions ou la même conviction.C’est à ces électeurs et électrices qu’il faut s’adresser; pour eux, la partie commence et tout reste à prouver.L’équipe bénéficie d’une forte défensive, mais peut-elle prendre l’initiative à l’attaque?Le fétichisme de la question Les incertitudes, les craintes, les réticences, les résultats des sondages, tout semble imposer qu’on s’interroge sur le libellé de la question référendaire.Il ne faut pas faire écran avec cette question de la question.Ce n’est pas la question qui ne lève pas assez, c’est plutôt la thèse souverainiste.Il est permis de penser que l'utilisation de ternies négatifs dans la formulation de la question aurait une influence conséquente sur le vote, mais, à l’inverse, on ne peut faire de la surenchère dans l’usage de termes suggestivement positifs oq dans le recours à une démarche indirecte.A un certain point, la population vote sur le fond de la question; c’est ce que nous montre le résultat de 1980: les gens ont voté sur la souveraineté-association et non sur un mandat de négocier.En ce sens, il faut se concentrer sur une question claire, précise et sans ambiguïté.On ne bâtit pas un pays à coups d’astuces.11 appar- tient aux tenants d’une question à volets multiples de convaincre qu’il puisse être possible de tirer une conclusion claire des résultats.Si ce que l’on veut savoir, c’est si la population est d’accord pour que le Québec devienne un pays souverain, eh bien c’est de cette façon qu’il faut poser la question! Il nous apparaît clairement que l’on ne peut charger une question au point où elle pourrait répondre à l’ensemble des interrogations qui se sont manifestées, ni au point où elle pourrait informer sur le processus politique qui en découle.Par ailleurs, un texte de loi offre une structure assez étroite pour y exprimer le projet de souveraineté, ses conditions de réalisation et les objectifs sociaux et politiques qui sont poursuivis dans sa réalisation.Il faut donc chercher d’autres instruments d’expression formelle du projet politique.Une déclaration solennelle Si l’on écoute bien les voix qui se sont exprimées aux diverses commissions itinérantes, c’est de cela qu’on veut entendre parler: qu’est-ce que la souveraineté, comment va-t-on procéder et surtout quel genre de société aura-t-on?Peut-être avec une certaine lassitude, pour ceux qui y travaillent depuis une trentaine d’années, mais sans condescendance, il faut répondre à ces questions légitimes.C’est la seule façpn de prendre l’initiative de l’attaque.A la fois pour répondre aux questions posées, pour prendre l’offensive dans la promotion de la souveraineté et pour travailler à la constitution de la plus large coalition des forces politiques et sociales, le gouvernement devrait considérer sérieusement la possibilité de déposer à l’Assemblée nationale une déclaration solennelle qui serait discutée, modifiée si nécessaire, et votée.Cette déclaration prendrait la forme d’un engagement officiel du gouvernement et de ses alliés concernant un certain nombre de sujets, un engagement qui situerait et encadrerait le sens à donner à la question référendaire.Cette déclaration solennelle devrait traiter de trois grands thèmes majeurs et donc pourrait se composer de trois chapitres.Ij\ dimension de ce document devrait être sensiblement plus restreinte que le livre blanc qui avait soutenu la thèse gouvernementale en 1980.Le premier chapitre servirait à énoncer clairement ce qu'est le contenu de la souveraineté (en ajoutant à ce qui est mentionné dans l’avant-projet de loi les questions linguistique et culturelle), l’importance de la souveraineté politique dans un monde qui est davantage intégré et, finalement, la capacité d’action acquise en comparaison avec la situation actuelle.Le processus d’accession à la souveraineté Le deuxième chapitre devrait porter sur le processus d’accession à la souveraineté, en abordant plus particulièrement la négociation avec le reste du Canada (comme le partage de la dette et des actifs), la position concernant l’espace économique, le rapatriement des fonctionnaires fédéraux, la date envisagée pour la déclaration par l’Assemblée nationale de la souveraineté dp Québec et ce qui découle de la succession d’Etats au plan international.Le troisième chapitre définirait les grandes valeurs qui appuient le projet de souveraineté et répondrait à la question «la souveraineté pour quoi faire?».Sans entrer dans une programmation partisane étroite, il y aurait lieu de poser de grands principes tels que la place fondamentale de la Charte des droits de la personne, la reconnaissance de droits collectifs, l’engagement à l’égard de la langue française et de la culture québécoise, des garanties concernant le filet de sécurité sociale tant pour les sans-emploi, les enfants et les jeunes que pour les personnes âgées, les objectifs concernant l’emploi et la reconnaissance des normes internationales du travail, l’engagement à l’égard de la décentralisation et du développement régional.Cette déclaration solennelle devrait constituer la plate-forme de ralliement des forces soutenant la souveraineté et l’argumentation du projet d’alternative à l’impasse fédéraliste.Instrument de fondation de la coalition souverainiste.cette déclaration solennelle ne devrait pas être rédigée dans quelque officine gouvernementale feutrée, mais entre partenaires politiques.L’esprit volontaire doit aussi être clairvoyant.Il incombe au gouvernement de réunir les règles institutionnelles pour que le référendum se déroule dans des conditions irréprochables, et de travailler à constituer une coalition des forces dans le respect des partenaires, afin de réunir la plus large majorité pour l’option souverainiste.Parce qu’il faut le temps de faire les choses, l’automne 1995 semble un meilleur moment pour faire le point sur les actions entreprises et arrêter une date pour la tenue du référendum.FIN Tolérer, tolerare RENÉ BERTH IAU ME Docteur ès lettres Président du Centre de perfectionnement en français écrit • s n cette année intemationa-: le de la tolérance, il est curieux de constater à quel point ce mot prête à inter-: prétation.Quand on dit qu’on tolère une chodé, une situation ou une personne, cela si-gnifie-t-il qu’on la supporte avec patient ce ou bien qu’on la considère avec utj; esprit d’ouverture?ht confusion s’explique par le fait que le sens du verbé' «tolérer» et celui du dérivé «tolérance» se sont radicalement transformés depuis les premiers emplois attestés (XIVe siècle), qui ne sont d'ailleurs pas tous sortis de l’usage.Une brève remontée dans le temps nous aide à y voir clair.«Tolérer» est issu du latin tolerarè qui signifiait porter, supporter en souffrant un poids physique ou moral.La racine indo-européenne qui a produit le verbe latin tolerare est également à l’origine du nom propre AÜas, ce géant de la mythologie grecque qui fut condamné par Zeus à «tolérer» l’univers, c’est-à-dire à le porter sur ses épaules.De nos jours, on se contente de tolérer (ou de trouver intolérables) une douleur, la canicule, le froid sibérien, etc.Cette première acception n’a évidemment rien à avoir avec le sens moderne de respect de la liberté d’autrui.Peu à peu, l’idée de patience se mêle à l’idée de souffrance.Au début du XVIIe siècle, tolérer une chose qu’on n’approuve pas, c’est la supporter avec patience, ou encore la considérer avec indulgence.C’est ainsi qu’apparaissent les maisons de tolérance (maisons de prostitution), qui seront tolérées par la loi en France jusqu’en 1946.On fenne les yeux, on passe l’éponge sur une situation qu’on a lé pouvoir d’empêcher.Quant au nom «tolérance», qui apparaît également au XIVe siècle, il prend assez tôt le sens actif d’ouverture à l’égard d’autrui en matière religieuse.En 1562, l’Édit de tolérance accorde aux protestants le libre exercice de leur culte.Pour la première fois, le mot est associé au refus de persécuter ceux qui ne pensent pas comme nous, bref au rejet du fanatisme et du sectarisme.Dernier stade de l’évolution du nom tolérance (fin du XVIIe siècle): il finit par exprimer l'idée d’ouverture d’esprit et de respect de la liberté d’autrui en matière philosophique ou politique.On le voit, «tolérer» et son dérivé «tolérance» peuvent prendre, selon le contexte, des sens aussi variés que «fermer les yeux» et «avoir l’esprit ouvert».Il n’est donc pas étonnant qu’ils: prêtent tant à confusion.Pourquoi nêj pas parler de l’année de l’ouverture?, On dissiperait bien des ambiguïtés, mais soyons tolérants! L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Syl- , , vain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier.Louis-Gilles Francoeur (environné- 1 ment), Kathleen Lévesque, Caroline Mont- ; ¦ petit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Le-gault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, respon- ' ’ sable de la section Tourisme)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs)-, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Benoît Mun-ger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l’information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique: Pierré O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d'Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis)-, Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Liplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur, Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté.Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Suzanne Miscevic, Jacques A.Nadeau, Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Tur-geon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Henry Riedl, c.m.a.(contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy.Jean-Guy lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thé-riault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette.Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.LA PRO-MOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guv-Renaud Kirouac (directeur).Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).IA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Jean Lemay (directeur adjoint, production et informatique).Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard DesCormiers, Caroline des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Michèle Malenfant.Christiane Vaillant Christian Vien.Olivier Zuida.IE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture {président).LA FON- ¦ , DATION DU DEVOIR Marcel Couture 1 (président).Roger Boisvert (vice-président et .1 directeur général).’ >i!Î »*Vj L E I) E V 0 I R , I.E J E II I) I 9 M A R S I 9 9 5 A 8 LE DEVOIR ACTUALITES PARIZEAU Lav ant-pro jet de loi prévoit la négociation d'une union économique SUITE DE LA PAGE 1 der», dit-il.En ce sens, non seulement il ne servirait à rien de poser une question aux Québécois dans laquelle serait prévue une nouvelle union politique avec le reste du Canada, mais la chose a déjà été essayée, dit M.Parizeau, et a échoué.Le premier ministre rappelle que c’est exactement ce qu’a essayé de faire le gouvernement de Robert Bouras-sa avec la loi 150, prévoyant un référendum sur la souveraineté si on ne parvenait pas à obtenir des offres du reste du Canada.Le Canada a proposé l’Accord de Charlottetown, qui a été rejeté par les Québécois et par bon nombre de Canadiens.Au cours des dernières semaines, à la faveur des commissions sur l’avenir du Québec, plusieurs personnes ont suggéré que l’on reprenne cette tactique du couteau sur la gorge.Une idée, proposée en 1991 par l’actuel secrétaire général du gouvernement, Louis Bernard, avait refait surface dans l’esprit de gens qui étaient à la recherche d’une question rassembleuse: que le gouvernement demande par référendum un «mandat de grève».En 1991, M.Bernard suggérait, dans une présentation à la Commission Bélanger-Campeau, de demander aux Québécois s’ils accepteraient que le Québec devienne un pays indépendant si, après une période de négociations d’au plus deux ans, une entente de souveraineté-associa- tion ne pouvait être conclue avec le reste du Canada.M.Parizeau souligne que, depuis Bélanger-Campeau, il s’en est passé des choses.«On ne va pas retourner à des hypothèses soulevées à l’époque de Bélanger-Campeau, après deux sanctions, dit-il.Combien on en veut?Charlottetown, c’était la dernière des dernières chances pour le Canada.» «Avec Charlottetown, dit-il, les Québécois ont voté sur ce qu’ils ne voulaient pas.Peut-on leur demander cette fois-ci de voter sur ce qu’ils veulent?» Le premier ministre a fait ces précisions au cours d’un point de presse, hier soir, après ayoir prononcé un discours sur le fonctionnement de l’État québécois devant un auditoire de hauts fonctionnaires.Il a reconnu avoir observé, durant son absence pour des vacances au Mexique, «un certain désordre» parmi les députés péquistes qui, pour un certain nombre, se sont lancés dans toutes sortes d’hypothèses sur la stratégie référendaire.Il promet de reprendre les choses en mains.S’il exclut l’hypothèse de mener une consultation sur une nouvelle union politique, M.Parizeau rappelle que l’avant-projet de loi prévoit la négociation d’une union économique avec le reste du Canada, advenant la souveraineté.En ce sens, il n’exclut pas la suggestion de Lucien Bouchard de rendre explicite dans la question la notion d’union économique.«Ça s’examine comme les autres suggestions», a-t-il dit Mais il ne veut pas se prononcer sur les changements à faire au texte de l’avant-projet de loi «avant que je reçoive les rapports des commissions».Commission nationale: rapport en avril Ces rapports, il ne les aura tous en main qu’à la mi-avril.Chaque commission régionale remettra le sien d’ici le 22 mars.Mais ce n’est que deux semaines plus tard que les présidents des 18 commissions itinérantes, auxquelles ont participé plus de 53 000 citoyens, pourront se réunir pour débattre d’un rapport national commun.M.Parizeau a annoncé hier que de nouvelles audiences auront lieu à compter du 22 mars pour entendre les organisations nationales se prononcer sur l’avenir du Québec dans le cadre d’une Commission nationale élargie, formée des 18 présidents des commissions régionales, mais aussi de partisans.Aux présidents s’ajouteront deux représentants du Parti québécois et du Bloc québécois, ainsi qu’un représentant de l’Action démocratique.M.Parizeau invite également le Parti libéral du Québec, le Parti libéral du Canada et le Parti conservateur à y déléguer respectivement deux, deux et un représentant.Les 18 présidents présenteront leurs rapports respectifs à la séance du 22 mars.A l’issue des audiences nationales et des sessions à huis clos, ils se réuniront au début d’avril pour préparer le rapport final des consultations.M.Parizeau nie que cet exercice additionnel ait pour but de gagner du temps ou de créer une dynamique en faveur de l’option souverainiste.Le premier ministre re- connaît par contre que les commissions régionales n’ont pas permis d’accroître de façon significative l’appui à son projçt, mais il ne s’en formalise pas.«Evidemment, si on regarde les sondages, il n’y a pas eu une augmentation de l’appui à la souveraineté, dit-il.Mais je ne suis pas certain que c’était possible.On a écouté les gens, on n’a pas mené de batailles.Ç’a été très éclairant, mais ça n’est rien pour faire augmenter l’appui.» Après le dépôt des rapports des consultations, les péquistes vont se réunir entre eux et «avec le Bloc québécois» pour déterminer la suite à donner.Les deux partis ont prévu des réunions p ai tisanes au cours du mois d’avril.Les jeunes péquistes ont leur congrès les 24 et 25 mars.Entre-temps, les travaux de l’Assemblée nationale reprendront mardi prochain.Les députés du PQ sont réunis en caucus aujourd’hui et demain à Drummondville pour préparer la rentrée et discuter de la démarche référendaire.Par ailleurs, le premier ministre a réitéré l’appui entier que son gouvernement accorde au président de l’Assemblée nationale, Roger Bertrand, à qui les libéraux retirent leur confiance (lire autre texte en page A 4).«Je pense que dans les derniers jours de la dernière session, a-t-il dit, le leader de l’opposition (Pierre Paradis) a fait des déclarations qui, je pense, allaient trop loin, et que les libéraux se sentent un peu coincés avec ça», a-t-il déploré, tout en souhaitant que «cette question-là ne yire pas à une affaire partisane; c’est une institution trop importante».Lucie Bélanger reçoit le prix Simonne-Monet-Chartrand CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le prix Simonne-Monet-Chartrand, qui récompense l’engagement d’une mère de famille envers la justice et les droits humains, a été remis hier à Lucie Bélanger.La remise du prix par la conseillère spéciale du premier ministre du Québec, Lisette Lapointe, s’est déroulée hier au Centre des femmes de Montréal, qui organise ce concours chaque année à l’occasion de la Journée internationale de la femme.La candidate recherchée dans le cadre de ce concours est une mère de famil-“ne; elle se distingue par son engagement envers les femmes, elle doit avoir travaillé avec les femmes pour les aider à améliorer leurs conditions de vie, et elle utilise ses talents de communicatrice pour promouvoir des valeurs et des idéaux humanitaires.Ce n’est pas une personnalité publique.Pour sa part, Mme Bélanger, la récipiendaire du prix 1995, a déjà préparé un mémoire de maîtrise sur l’autonomie financière des femmes, la reconnaissance économique du travail de maternage et la crise de (État-providence.Elle a aussi contribué, tant à titre d’employée que de bénévole, à de nombreuses œuvres visant l’avancement social des plus démunis et des femmes en particulier.L’engagement social fait partie intégrante de sa façon de vivre, dit-on a son sujet.Elle siège notamment aux conseils d’administration des cuisines collectives d’Hochelaga-Maisonneuve et de la Ligue des droits et libertés.Hier après-midi, Marie Lavigne, présidente du Conseil du statut de la femme, a évoqué la vie bien remplie de Simonne Monet-Chartrand, qui a inspiré ce prix et qui était également mère de sept enfants.Le Centre des femmes de Montréal a offert, en 1994, des services à 3500 femmes provenant de 87 pays.Il tente d’aider des femmes immigrantes à s’intégrer à leur société d’accueil, des femmes qui luttent contre la violence ou la pauvreté, et des femmes qui cherchent à s’intégrer dans le monde professionnel.Lucie Bélanger FEMMES «Il est important que les femmes investissent les lieux de pouvoir pour que leurs revendications se concrétisent» SUITE DE LA PAGE 1 harcèlement sexuel au travail a reçu pas moins de 2119 plaintes de harcèlement sexuel.Ces plaintes faisaient état de harcèlement d’un homme envers une femme dans 98 % des cas et de harcèlement homosexuel, généralement d’un homme envers un autre homme, dans 2 % des cas, dit Marie-Josée Godbout, relationniste pour l’organisme.Le harcèlement sexuel se manifeste sous forme d’œillades, de paroles, de gestes, d’attouchements, de menaces, de propositions, de farces, d’affichage de matériel pornographique, et peut aller jusqu’à l’assaut sexuel.«Les femmes hésitent souvent à venir témoigner dans des causes de harcèlement parce qu’elles craignent de perdre leur emploi», affirme Mme Godbout.Aussi, dans une étude rendue publique hier, (Intersyndicale des femmes, qui regroupe du personnel syndiqué provenant d’une dizaine d’organisations syndicales québécoises, identifie des formes de violence vécues par les femmes du seul fait qu’elles sont femmes.Recueil de témoignages de travailleuses syndiquées de divers milieux, le document identifie le harcèlement sexuel comme «un comportement à connotation sexuelle qui est une manifestation de pouvoir faisant d’une personne un objet sexuel dans un milieu de travail».On y expose une pléthore de cas, de la menace dégradante à l’étalage de calendriers exposant des femmes nues.Par ailleurs, la présence des femmes sur le marché du travail est passée de 38,6 % en 1973 à 53,7 % en 1993.Et pour sa part, l’épouse et conseillère spéciale du premier ministre du Québec, Lisette Lapointe, a longuement parlé, hier, au Centre des femmes de Montréal, de la place que les femmes doivent accepter d’occuper en politique.«Il est important que les femmes investissent les lieux de pouvoir pour que leurs revendications se concrétisent», a-t-elle dit.Dans une société idéale, Mme Lapointe croit que les femmes devraient former la moitié de l’Assemblée nationale et la moitié du conseil des ministres, et que l’alternance des sexes devrait prévaloir au poste de premier ministre.On est loin d’une telle réalité, souligne-t-elle, les femmes refusant souvent de s’engager politiquement.C’est pourquoi «on se doit d’appuyer celles qui ont accepté ce défi».Si les femmes ont gagné dignité, liberté et égalité de Dans une société idéale, Lisette Lapointe croit que les femmes devraient former la moitié de l’Assemblée nationale et la moitié du conseil des ministres droit, a poursuivi Mme Lapointe, elles n’ont pas encore le pouvoir.Pourtant, à Ottawa, le premier ministre Jean Chrétien a semblé satisfait des progrès réalisés par les femmes depuis quelques années.«Aujourd’hui, plus de femmes occupent un emploi dans un plus grand nombre de secteurs, où elles exercent une plus grande influence décisionnelle qu’à tout autre moment de notre histoire.Nous avons tout lieu de nous en réjouir», a-t-il dit.A Québec, on a profité de l’occasion pour annoncer la future marche des femmes contre la pauvreté, attendue devant le Parlement le 4 juin prochain.Des milliers de femmes partiront alors de toutes les régions du Québec et seront accueillies et hébergées par d’autres femmes, chemin faisant, du 26 mai au 4 juin prochains.Cette initiative de la Fédération des femmes du Québec vise à obtenir gain de cause pour les femmes auprès du premier ministre Jacques Parizeau dans neufs dossiers, soit l’accès à l’emploi, l’équité salariale, la protection des assistées sociales, les bourses d’études, la perception des pensions alimentaires, le salaire minimum, le parrainage des femmes immigrantes, la formation et le logement.A Montréal hier matin, le YWCA annonçait pour sa part le lancement d’un programme visant l’intégration professionnelle des exclues du monde du travail, soit des femmes ne travaillant pas à l’extérieur de la maison depuis plus de cinq ans ou des femmes ayant un diplôme universitaire depuis un an mais à qui l’on refuse l’accès au travail.Le programme comporte notamment des groupes de soutien auxquels se mêlent des employeurs potentiels.Enfin, à Saint-Jean, Terre-Neuve, des représentants de l’Alliance de la fonction publique du Canada ont déclaré que les 45 000 fonctionnaires touchés par les compressions d’effectifs à travers le pays seront majoritairement des femmes.Et à Montréal, le syndicat des professeurs de l’Université du Québec a souligné que les femmes ne constituent que 15 % du corps professoral dans (ensemble des universités québécoises.Or, les prochaines compressions budgétaires n’arrangeront rien à cette situation.Rappelons qu’en matière de scolarisation au Québec, les femmes sont désormais majoritaires parmi les diplômés universitaires de premier cycle.CHEFS Nous avons voulu montrer aux enfants que la cuisine était un métier technique passionnant SUITE DE LA PAGE 1 que Nostradamus a écrit un traité des confitures, et que le restaurant La Tour d’argent, fondé en 1582 et toujours debout, se spécialisait d’abord dans le pâté de héron.Mais les enfants ont surtout retenu que le premier grand cuisinier de (histoire était nain, égyptien sous les Pharaons, et répondant au nom de Khnoumhotpou.Puis, on a effectué quelques expériences: petit cours sur la physiologie du goût (croquis de langue à (appui), dégustation à (aveugle des quatre saveurs de base (sucré, salé, acide, amer), présentation de photos et des diapositives sur les instruments culinaires les plus sophistiqués, conseils en tout genre: «La cuisine, c’est un métier dangereux, lance un cuisinier, on peut souvent se brûler, se couper, s’ébouillanter si on ne fait pas attention.» Puis, le dessert: la visite du gymnase et des petits kiosques.«Ce genre d’activité se fait dans les écoles de France, mais ça me semble inédit au Québec, commente Jean-Pierre Curtat.Nous voulions développer la curiosité des enfants, les pousser à goûter des aliments, leur faire comprendre que le goût, ça se développe.» Son collègue Philippe renchérit: il est important d’inculquer aux plus jeunes enfants des notions de goût et de les ouvrir à la complexité du monde alimentaire.Et puis Philippe, un Français qui vit au Québec depuis six ans, s’est montré assez étonné de ce qu’au Québec la table familiale ne soit pas toujours le lieu de discussion et de retrouvailles dont il rêve, et qu’elle fasse face à une sérieuse compétition de la part de la télévision et du Nintendo.Des objectifs pédagogiques variés, donc: un cours d’histoire, un cours d’initiation à (art de vivre, des notions de français (les enfants voudront sûrement rediscuter de ce fruit qui porte le doux nom de carambole), une.sensibilisation aux traditions culturelles diverses, avec des enfants de différentes communautés ethniques qui comparaient le fumet de leurs cuisines.Et pour la directrice de (école, Michèle Caya-Danse-reau, il s’agissait aussi de présenter aux enfants «la fierté d’un métier».«Je viens d’une génération qui a cru que (université représentait la fin du monde, dit-elle.Mais un cours universitaire, aujourd’hui, ne garantit aucunement un emploi.Nous avons voulu montrer aux enfants que la cuisine était un métier technique passionnant, et que ceux qui (exercent sont passionnés.» Hier, à Jean-Jacques-Olier, personne ne pouvait la contredire.POLICE Sur 117 embauches, seulement quatre membres des minorités culturelles à la SQ SUITE DE LA PAGE 1 mandes de collaboration du Comité de surveillance.La plupart des autres n’envisageaient pas (instauration d’un tel programme, tandis que la Ville de Longueuil a simplement dit avoir «analysé et amélioré ses normes d’embauche» sans les détailler.«Il serait impérieux que les services de police (de ces municipalités) instaurent des programmes d’accès à l’égalité afin d’assurer au sein de leurs effectifs une meilleure représentation de la population qu’ils desservent», a affirmé la CDPQ dans le rapport d’hier.Bien qu’ils ne se disent aucunement surpris par les conclusions du rapport, les représentants des minorités ethniques rejoints hier ont dit souhaiter que son dépôt entraîne une réponse plus musclée de la part de Québec.«Six ans après Bellemare, il n’y a pas beaucoup de progrès (.) Le rapport démontre encore une fois qu’il est important que le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, examine (état de ses recommandations afin d’y donner suite», a déclaré Fo Niemi, du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).«D’autant plus qu’à Laval et sur la Rive-Sud, le taux de diversité raciale s’accroît, d’ou la nécessité d’agir concrètement.» Là où existent des programmes d’accès a (égalité, le Comité de surveillance remarque qu’il reste du pain sur la planche.la CDPQ souligne les efforts «tardivement employés» par la Sûreté du Québec, qui n’a procédé à la création d’un programme d’accès à (égalité qu’en mars 1993 — avec de bien piètres résultats jusqu’ici.Des 117 recrues embauchées en 1994, seulement quatre provenaient de communautés culturelles et deux de minorités visibles.Des 117,29 étaient des femmes.«Il reste beaucoup à faire pour assurer une intégration réelle et significative de membres des groupes que la SQ a choisi de cibler», conclut le comité.Quant au Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM), qui a instauré un programme d’accès à (égalité en 1991, la CDPQ salue ses efforts à ce chapitre, mais constate également que ces efforts «n’ont pas eu les résultats escomptés».Le SPCUM s’est donné comme objectif d’embaucher entre 1991 et 2001 720 femmes, 171 policiers issus des minorités visibles, 102 des communautés culturelles et 30 autochtones.Mais pendant les trois premières années du programme, il n’a engagé que 85 femmes (au lieu de (objectif de 216), 18 personnes issues des minorités visibles (au lieu de 45) et cinq autochtones (au lieu de huit).Le SPCUM a toutefois dépassé (de 24) son objectif en ce qui a trait aux recrues issues des communautés culturelles.«Il est clair qu'en raison du fait que peu d’étudiants provenant, entre autres, de minorités ethniques et visibles obtiennent leur diplôme en techniques policières, le SPCUM peut difficilement remplir les exigences de son programme d’accès à l’égalité», soutient la CDPQ.Cette dernière estime que plus d’efforts doivent être ef- fectués par les cégeps qui dispensent le programme de techniques policières afin de recruter des candidats issus des groupes ciblés.Les collèges Ahuntsic, John-Abbott et Maisonneuve viennent justement d’annoncer (implantation d’un programme d’accès à (égalité pour remédier à ce problème.Le Comité de surveillance, qui cesse ces activités avec ce rapport, n’a qu’un pouvoir «d’intervention morale».Il appartient à Québec et aux corps policiers eux-mêmes de décider de donner suite aux recommandations contenues dans le rapport, intitulé Pour la police du futur, c’est aujourd’hui demain! «Nous, on se contente de faire les constatations et on pense que c’est aux instances policières de prendre la responsabilité d’y donner suite», a maintenu Normand Dauphin, coordonnateur du Comité de surveillance et rédacteur du rapport.Mais cette attitude ne plaît guère au président de S.O.S.Racisme, Gaby Luonga Kombé, qui aurait voulu que la CDPQ prenne des mesures plus concrètes pour forcer les corps policiers à atteindre leurs objectifs.«La Commission est en train de faire un travail de pompier.Elle a dû attendre cinq ans pour constater que les objectifs n’ont pas été atteints!», s’est étonné M.Kombé.«Au lieu de constater, la Commission devrait se pencher sur les moyens d’augmenter le nombre de minorités visibles.» Le Comité de surveillance a également fait le bilan des corps policiers en ce qui a trait à trois autres aspects de la question policiers-minorités, traitée dans le rapport Bellemare: les relations communautaires, la formation des nouvelles recrues, le «recyclage» des policiers de longue date et le fonctionnement du comité de déontologie.La CDPQ reprend la recommandation émise en 1992 dans le rapport Corbo et visant à instituer «un cours obligatoire sur la diversité culturelle et les phénomènes de la discrimination raciale» pour tous les étudiants en techniques policières.La Commission préconise aussi que les policiers déjà en fonctions soient sensibilisés de façon continue aux réalités interculturelles.«Il apparaît urgent qu’un fort contingent de policiers expérimentés bénéficie d’une attention particulière» sur ce plan.Bien que la quasi-totalité des services de police aient instauré des programmes visant à améliorer leurs relations avec les diverses communautés ethniques qu’il desservent, la CDPQ dénote qu’elle ne possède pas les moyens pour évaluer (efficacité de ces programmes.Elle fait toutefois remarquer que le Comité de suivi de la CUM, chargé de surveiller la mise en application du plan d’action sur les relations avec la communauté noire, «donne des signes d’essoufflement».Enfin, la Commission constate que le fonctionnement du comité de déontologie, qui fait enquête sur des plaintes provenant des gens dont les droits auraient été lésés, va dans le sens souhaité par le rapport Bellemare.Mais elle estime qu’il faudra bientôt sonder les communautés culturelles pour obtenir leur avis sur ce plan.LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À I6H30 2050.RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 • PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514)985 3344 ANNONCES CLASSÉES (514)985 3344 + PUBLICITÉ ($14)985 3399/ télécopies» (514)985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800 363 0305 SERVICE les •¦¦Lin d« téléphone uhrwti soat nleblei pmi le serrkt de lieiiiiee per uaelel et pen In tbMeeaeeli pojtm DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR publié par JE DEVOIR Inc (font fo * informâtjGr.» dans IJ- DEVOIR IL DEVOIR -U»- v#r taI fit «tué an numéro 2ff/i «fo Bfoury.V Har»-.Montréal.(Québec).IHA 3M9.fl N imprimé par 1r% Imprmr «T dnfrilmè par Mc >1 up hr a Dynamique*.4nrnrai du finujr QurWor Inc.775 bnul l/Vai, Si laurent.Kimâ (fo hr Qupbmir I.aSaflr.7743 de Bourdeau.dnnuon dr Imprimrriw Qurbrco lubbratinn — IjrnptlfrmnH noWVI Ifop/if légal lkWiofhw|ur nationale t Inc.612 ourtf nr Saint Jarqur*.Montréal 1 du Québec Téléphone général (SI 4) «MS-XK .’Agence IVrnr Canadienne r%i autorisée à employer et à diffuser In servit e à h clientele (SI4) 9RS43SS; publicitc (514) W5-33W r —
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