Le devoir, 11 mars 1995, Cahier D
?LE DEVOIR ?Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page D5 ?Dieter Appelt Page D7 Formes Page DlO L K I) E V O I R .1, E S S A M EDI II E T D I M A X C II E I 2 M A R S I !) 0 5 A v\ Vs" Où va la littérature?On se demandait, il y a quelques semaines: où va la littérature?C’était autour d’une table ronde organisée par Pascal Assa-thiany, p.-d.g.des éditions du Boréal.On entendait par «littérature» aussi bien le littéraire (au sens esthétique du terme) que les littérateurs, l’écriture que les écrivains.C’est ce qu’on pouvait comprendre après les interventions de l’essayiste Jean Larose (La Souveraineté rampante, Boréal 1994) et René Daniel Dubois {Being at Home with Claude, Le-méac 1986).Leurs attaques incisives de l’ère des images et du désengagement auraient pourtant Jacques pu viser d’autres Allard agents du milieu : ?les éditeurs, par exemple, aussi bien que d’autres responsables de l’éclatement même de la notion de littérature depuis au moins un demi-siècle.Et pourquoi pas le lectorat?On aurait alors mis en cause le milieu littéraire le plus large plutôt que l’aire limitée aux écrivains.Surtout que l’on parlait à partir d’une scène éditoriale, carrefour p^r excellence de la problématique.A quel débat conviait-on la bonne centaine de personnes rassemblées sur invitation?Je ne fus pas étonné de voir au passage les universitaires rabroués.On aime tant le faire au Québec, comme pour rappeler le rapport difficile que nous avons historiquement au savoir.Mais était-ce là vraiment opportun?Dans la mire de l’animateur Jacques Godbout et des professeurs François Ricard et Jean Larose se trouvait cette engeance chercheuse dont on définance si allègrement les travaux actuellement, en espérant bientôt les ensevelir dans des amphithéâtres débordants d’étudiants.«En classe!», comme dirait l’agriculteur de Lévis.De quoi était fait le non-dit?De qui, de quoi s’agissait-il?Des centres de recherches dp Laval (CRELIQ), de Montréal (CETUQ), du groupe international et interuniversitaire des analystes du discours (CIADEST)?C’est à eux que je pensais et à leur apport considérable à notre réflexion sur la théorie et le texte.Comme d’habitude, ni groupe ni personnes ne furent désignés, que ce soit ceux qui se réclament des sciences du texte (des généticiens aux sémioti-ciens) ou ceux qui gardent les titres habituels d’historiens ou de sociologues et qui, sur cette scène des écrivains-éditeurs, font souvent figure de responsables de la déchéance même du littéraire.Cette navrante dénonciation, assez fréquente depuis la vogue structuraliste et surtout celle, actuelle, de la sociologie littéraire, m’est apparue aussi dépassée qu’improductive pour le débat que l’on devrait avoir.Il me semble que le milieu intellectuel devrait se respecter lui-même s’il veut mériter le respect des autres.Ce qui voudrait dire être vraiment critique.Pourquoi avons-nous perdu (en 1990) le grand réseau d’information littéraire et culturelle qu’avait bâti Jean-Guy Pilop à la radio FM de Radio-Canada?A l’analyse, les raisons comptables paraissent nettement insuffisantes.Et c’est tout l’espace du débat qui ne cesse de se rétrécir ici depuis 1980.Il m’a fallu tenter de l’expliquer dans un récent VOIR PAGE D 2 : LITTÉRATURE DANIELLE LAURIN En me quittant ce soir-là, Christian Mistral m’a regardé dans les yeux, m’a souri, bon enfant.Puis, me tapotant l’épaule, le gaillard a lancé: «T’en fais pas, va, ça ira.Ten fais pas pour moi, je suis un psychopathe.Tu ne le savais pas?» Pour tout dire, j’ai eu l’impression d’avoir été conviée à quelque chose comme un coup monté.D’abord, il s’est amené avant l’heure, sans chapeau, barbichette au menton, avec des façons de vieux garçon.D’accord, il buvait.«J’ai 148 de quotient intellectuel, faut que je vive avec ça.Je suis tourmenté, je bois pour m’endormir.» J’avais prévu qu’on parlerait avant tout de littérature ou, à tout le moins, qu’il insisterait pour ne parler que de ses livres.De son nouveau livre surtout, un livre étrange étiqueté antiroman, un livre double affublé de deux titres: Carton-pâte (inédit) et Papier mâché (édition revue et corrigée).Un livre à deux volets en fait, publié tête-bêche chez VLB, avec en gros plan sa photo sur chacune des deux couvertures.«Je me sens comme une cocotte-minute.J’ai été tellement ostracisé.Ma vie, depuis un an et demi, ce n’est que jour après jour me lever le matin et décider de sortir dehors, me tenir debout et regarder le monde dans les yeux.» Depuis un an et demi dans les médias, dans la rue, Christian Mistral n’est plus l’auteur de Vamp ou de Vautour.Depuis un an et demi, dans les médias, dans la rue, Christian Mistral est un batteur de femmes.Depuis un an et demi, Christian Mistral défraie la chronique judiciaire plutôt que littéraire: trois fois accusé de voies de fait, les deux dernières contre la même fille, sa blonde, qui est toujours sa blonde aujourd’hui.il a fini par se retrouver en taule.Il est sorti le 23 décembre dernier, après un mois.«Ce qui me désole le plus dans toute cette histoire, c’est que j’ai toujours cru que mes livres devaient se défendre eux-mêmes.Bien sûr, si on veut lire Carton-pâte et Papier-mâchè à la lumière de mes dernières aventures, on va trouver tout plein de références.» J’avais souligné ce passage dans Papier-mâché: «Après trois litres de vin blanc et soixante cigarettes, on a du bois dans les os.C’est dangereux, ce qu’on peut faire VOIR PAGE D 2 : MISTRAL LIBERTÉ 217 FÉVRIER 1995 6$ Dérives philosophiques En vente chez votre libraire Des gens d’horizons divers ÉVOQUENT LEURS RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE.DES RÉPONSES ÉCLATÉES, SINGULIERES JUSQU’À L’OUTRANCE, LOIN DES IMAGES D’ÉPI N AL.\ « I i.u i) y v oms.i.u s s a m y i> i i i y t d i m a n c ii k i 2 m a h s i » » r> I) 2 LIVRES- LITTERATURE SUITE DE LA PAGE I) 1 cours d’introduction aux études littéraires.Par l’époque, mais aussi par la réduction locale aux sphères d’intérêt.Même dans le tout petit milieu intellectuel du Québec.Sur la question plus générale de l’évolution du littéraire il y aura beaucoup à faire avec le siècle qui s’achève.C’est bien vu.Mais, à travers la production courante, l’écrivain parle, ne cessant de répondre à la grande question.Par exemple, dans la prose narrative privilégiée en ces colonnes, je remarque souvent le nouveau déploiement des formes brèves.Conviennent-elles vraiment plus (et de plus en plus?) aux lecteurs ou est-ce un effet de conjoncture (les livres plus minces coûtent moins cher)?Quoi qu’il en soit, l’originalité croissante de leur arrangement en recueil saute aux yeux.Bien sûr, le mode traditionnel demeure et restera sans doute, parce qu’il est bien commode.Comme dans le dernier titre de Nairn Kattan, La Distraction (Hurtubise-HMH) où l’on retrouve le thème amoureux cher à l’auteur, avec une pointe fantaisiste (les Chinois ne seraient-ils pas Juifs?) qui devient manifeste à la fin.La stratégie minimale d’une montagne donne ici à la lecture certaine courbe.D’autres recueils travaillent de plus sur les rapports internes et externes des récits successifs.Plus que de ressemblances ou d’apparentements, de plus en plus de liens, d’un type romanesque assez sophistiqué, se tressent.L’on dépasse, par exemple le simple retour de personnages, pour produire des flashs narratifs aussi intenses par les ellipses qu’économes dans la représentation (plus suggérée que pratiquée).On le voit dans les très forts Récits de Médilhaut d’Anne Legault où scènes et dialogues dessinent le roman fragmenté du désastre et du recommencement.Il semble que la redondance indispensable dans la tradition doive maintenant se faire sobre, secrète.Du moins dans l’écriture d’œuvres de diffusion restreinte.Il y a là comme une tyrannie du texte qui ne serait cinématographique mais pour le retenir ou ralentir par des recours poétiques, donc plus énigmatiques, moins simples que dans le romanesque volontiers laissé à la littérature populaire.D’autres écrivains raffinent les liens des récits groupés en installant aussi une stratégie du point de vue: le récit raconte plus que jamais, cette fois d’un récit à l’autre, l’histoire de sa quête formelle, de sa recherche énonciative.La vérité reste une question de point de vue mais éclaté, variable.Je l’ai signalé pour le bel Œil de verre de Sylvie Massicotte, autre auteur de la maison (avec A Legault) où s’expérimente de nouvelles façons narratives: L’Instant même, qui fêtait récemment son dixième anniversaire.Comment s’étonner que dans cet investissement artiste s’estompe l’engagement social en tant qu’élément fortement thématisé, anecdotisé?Que soit mis en valeur le drame individuel, la fragmentation presque télévisuelle de la vie quotidienne?Ainsi peut répondre sommairement l’écriture actuelle à la domination des techniques de l’image et à la fin des grands récits ou de ceux de Rengagement: dans la recherche d’une narrativité adaptée au temps.Réplique ou mimèse, si l’on veut, mais transformation du sujet et de la lecture.Les deux «antiromans» publiés tête-bêche par Christian Mistral chez VLB éditeur correspondent-ils à cette mouvance nouvelière de l’espace narratif?Je le crois, d’autant plus que s’y mêle un caractère propre aussi au récit de type postmoderne: l’autobiographique.Ce double ouvrage ne me semble malheureusement pas le grand livre qu’on pouvait espérer.J’y reviendrai.MISTRAL Le mythe Christian Mistral SUITE DE LA PAGE D 1 dans ces moments-là.On peut tuer quelqu’un juste cpm-me ça, pour des raisons qui paraissent excellentes, et le pire quand on y pense, c’est qu’on risque de ne pas s’en souvenir le lendemain, ni comment ni pourquoi.Vingt-cinq ans de pénitencier pour un crime qu’on n’a plus en mémoire, c’est du temps dur.» J’avais souligné ce passage-là et bien d’autres, dans Carton-pâte aussi, celui par exemple sur les explications à donner avant de «perdre son cool» et d’entrer «dans le tas avec un tesson de Johnnie Walker» quand les mains des hommes virevoltent autour du corps de la femme aimée comme une propriété.Mais j’avais résolu de ne pas en parler.Pas tout de suite.«On peut trouver toutes sortes de références à mes dernières aventures dans mes livres, mais la littérature fout le camp dans ce temps-là.» Dès son premier livre publié en 1988 alors qu’il avait 23 ans, père déjà d’un garçon de six ans, Christian Mistral, marié à 16 ans, divorcé à 18, s’est placé comme personnage au centre de sa fiction.«Avec Vamp, j’ai pris des risques énormes, évidemment, en donnant mon nom à mon personnage.Et en même temps, je me donnais une liberté que je n’aurais pas eu autrement.Ça m’a permis de mentir allègrement et de faire vraiment des romans.» N’empêche que depuis Vamp, Christian Mistral a été élevé au rang de représentant de sa génération.«J’ai voulu parler au nom de ma génération, parce quelle en avait besoin, parce qu’il fallait que ça contribue à un débat d’idées qui était stagnant.Il fallait que quelqu'un leur en foute plein la gueule à ces salopards, ceux qui nous écrasaient par la force du nombre.» Provocation?«Eux me provoquaient, moi, j’ai répondu.Provoquer, ce n’est pas se battre, c’est lancer des roches et se sauver dans l’autre direction.Ce n’est pas mon genre.J’aime mieux lancer un gros rocher.Quitte à ce qu’il me déboule dessus après.J’ai toujours su qu’il y avait un prix à payer pour ce que je faisais.C’est-à-dire faire des choix que je dois assumer.J’ai décidé d’être écrivain et d’être le meilleur idéalement, le meilleur que je pouvais être en tout cas.J’étais destiné aux études supérieures.» Le voilà encore qui reparle de son génie.«Regarde-moi, je suis un nerd.J’ai des grosses lunettes épaisses comme ça.Ça ne m’est pas venu génétiquement.C’est parce que j’ai trop lu dans l’obscurité.J’en ai eu assez de l’obscurité.Mais parfois, les spotlights, c’est pas mieux, parce que quand il fait trop clair, tu ne vois rien.En ce moment, je me reconquis à moi-même, je veux redevenir propriétaire de moi-même.Ensuite, je vais repartir à la conquête d’autre chose.» Christian Mistral dit depuis le début, depuis Vamp, qu’il a dans la tête l’architecture de l’œuvre qu’il veut accomplir, brique par brique.«Sûr que je suis ambitieux.Sûr que maintenant les raisons sont moins claires qu’elles l’étaient à l’époque alors que je voulais m’extraire de l’anonymat et faire une marque.Pourquoi je veux remonter les marches maintenant au lieu d’aller me réfugier comme Réjean Duchar-me?Je pense que ça importe peu les motivations des écrivains.La plupart d’entre eux parmi les plus grands ont toujours été des salopards de première classe et ce n’est pas important quand ils sont morts.C’est le travail qui compte.Est-ce que ça compte que Céline ait été un Une réflexion stimulante Petit livre dérangeant que cette «réflexion sur les illusions des indépendantistes québécois»! Gilles Lesage, Le Devoir « Il est impossible de rendre ici justice à cet ouvrage remarquablement lucide, profond et réfléchi.» Marcel Adam, La Presse Nationalisme et Démocratie constitue un bon test pour la solidité des convictions d'un militant souverainiste.C'est court, bien écrit et facile à comprendre.À ne pas laisser entre les mains d'un nationaliste mou.Michel David, Le Soleil Jean-Pierre Derriennic Nationalisme et Démocratie Réflexion sur les illusions des indépendantistes québécois collaborateur et un antisémite?Qu’est-ce qu’on ferait sans l’œuvre de Céline?» Christian Mistral n’en joue pas moins la carte de l’innocence.«On m’a joué de sales tours.Je n’ai rien à me reprocher.Mon fils le sait.Si j’avais été coupable, je le lui aurais dit, il le sait, lui, il m’a cru.Je ne lui ai jamais menti.Mon fils n’a jamais eu peur de la chair de son père.Il a 13 ans et il me touche encore, il m’embrasse.Moi, je n’ai jamais touché à mon père.Je n’ai jamais pu.Ça, c’est l’héritage que je lui laisse à mon fils.Ça va faire un meilleur homme que moi.Mon cher enfant va avoir des choses à me reprocher, je le sais.Il n’y a pas une journée que ça ne me déchire pas de ne pas être avec lui, de ne pas vivre avec lui.Mais c’est le prix à payer.Le prix à payer pour être Christian Mistral, pour écrire les livres que j’écris.» J’ai quand même posé la question de l’étiquette «antiroman» accolée à son programme double déroutant qui fait s’entrecroiser des histoires apparemment sans début ni fin, ponctuées de poèmes, de textes sans ponctuation, de bouts de conversation et de bribes de ce qui a tout l’air d’un journal intime.«Carton-pâte a été écrit des années après Papier-mâché, mais c’est le même livre qui continue.J’avais publié Papier-mâchê une première fois en 1989 de façon quasi artisanale, et les gens ne savaient pas ce que c’était.Il y avait un ordre dans Papier-mâché.J’ai repris le même ordre, deux fois plutôt qu’une, dans Carton-pâte.Ils vont finir par comprendre que ce ne sont pas des fonds de tiroirt, que ce n’est pas un fouillis, que c’est fait délibérément, avec une vision.J’essaie d’ouvrir une fenêtre sur ma tête en espérant que les gens veulent regarder ce qui se passe à l’intérieur et laisser entrer un peu d’air frais.» Laisser entrer un peu de Mistral, quoi! Et derrière la fenêtre, derrière les personnages en papier-mâché qui s’entre-déchirent et le théâtre en carton-pâte qui s’effondre, i! y a quoi?«J’ai inventé le mythe Christian Mistral, je l’ai fabriqué pour en faire une réalité.Et ça existe maintenant.C’est aussi vrai que la table sur laquelle nos verres sont posés.» Là-dessus, il commande un énième verre.«Je commence à boire en me levant et je bois jusqu’à ce que je tombe.Je suis un ivrogne.Un ivrogne, c’est un ivrogne.L’alcool, c’est le prix à payer, ça aussi, pour être Christian Mistral.Je me suis fabriqué un nom, une identité.C’est l’histoire de ma vie, l’identité.Pour moi, un homme, et quand je dis un homme, bien sûr, ça comprend le genre humain en général, un homme se définit par son travail.Mon travail, c’est écrire.» La vie de Christian Mistral, c’est écrire, seulement écrire?«Je ne vis que pour aimer, pas pour écrire.L’amour, c’est la salvation.J’haïs ça écrire.J’aime mieux laver la vaisselle.J’aime mieux cirer les souliers d’un flic.Quand je ne trouve plus de job à faire, j’écris.Mais j’haïs ça.C’est pour ça qu’il faut que je me soûle pour arriver à le faire.De toute mon enfance, j’ai toujours voulu aller me chercher du pouvoir, pour pouvoir me défendre.Je me suis toujours senti en danger, menacé.Penses-tu que tu peux être un grand écrivain sans être angoissé?Non.Fait que je bois.C’est ça ou la dope.Ou le cul.» Christian Mistral travaille actuellement à un roman sur le suicide, Valium, qui s’inscrira dans la série des V ou Vortex Violet, à la suite de Vamp et de Vautour.Au centre de Valium: le personnage de Mary Raspberry, qui a fait l’objet déjà d’une chanson pour Dan Bigras.«J’ai une œuvre à accomplir.Je sais tout ce que j’ai à faire.Quand j’aurai fini, je vais faire la planche.» WÊÊÊÊÊÊÊ h- Disponible < ce en librairie ce dès le O CL 15 mars.EDITIONS MNEMOSYNE Boréal 146 pages.17,95$ Qui m'aime me lise.t D ! T £ U K y , immmm Jean Hamelin Histoire S'Université Laval M- - » Histoire ZJni ver si te Lovai üïlH ire ou chez jJVrt; DISTRIBUTION DE LIVRES UNIVERS W5 r je Marie-Victorin, Sa«T(Quêter) GOS 310 ¦Tel (41g) *31-7474 Imeri/bun: 1 (800) 859-7474 lîelec (418) *31-4021 362 jours par annee LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 27-1-3669 télec.: 27+3660 I t * PHOTO PIERRE CHARBONNEAU Jacques Savoie Le jeu t du vertige PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Revenir d’exil, comme le chante si bien Richard Desjardins, c’est «comme planter une aiguille dans un vieux disque».L’expérience est souvent très douloureuse.Le retour de Hugo Daguerre, personnage principal du Cirque bleu, plus récent roman de Jacques Savoie, est particulièrement brutal.L’artiste revient à Montréal après dix ans d’exil aux Etats-Unis, trois jours à peine après avoir fait son dernier tour de piste au cirque Barnum and Bailey, à Chicago, où il œuvrait soir après soir.Il rentre le cœur à l’envers.Car la belle Sally qu’il aimait tant n’a pas survécu au numéro des lanceurs de couteaux dont elle était la vedette.Aidé en cela par sa demi-sœur, Hugo tenterja d’endiguer sa peine en redécouvrant les,gens et les lieux d’autrefois.À sa façon, Jacques Savoie vit lui aussi un retour d’exil.Apres quelques années dans le grand cirque de la télévision et du cinémra — il a notamment écrit le scénario de la minisérie Bombardier —, l’auteur des Portes tournantes revient èh effet à la littérature.Dans ce pays «qui encourage une littérature d’amateurs», quiconque veut vivre de sa plume doit élargir ses horizons.D’où, explique Jacques Savoie, son passage au scénario.On a souvent dit de l’écriture de Jacques Savoie qu’elle était cinématographique.Lui-même s’en confessait à Lettres québécoises récemment.Le film qu’a tiré Francis Mankiewicz de son roman Les Portes tournantes n’a que renforcé l’impression.Cette fois, assure Jacques Savoie, il n’en est rien.«Le Cirque bleu, c’est avant tout un projet littéraire.C’est aussi un roman poétique, un roman d’amour.C’est le roman de la famille post-éclatée», insiste-t-il.Par l’omniprésence de la poésie de Baudelaire et par le rapport aux bouquins qu’entretiennent tous les personnages, Le Cirque bleu se veut aussi un livre sur la littérature, plus précisément sur l’amour des livres.La musique, encore une fois, y occupe une place importante.Le romancier, qui fut un temps le chanteur et musicien meneur du groupe Beausoleil Broussard, a imaginé un singulier instrumentale «Parloir», une espèce de cornefiiu-se qui a la faculté de traduire la parole en musique.Tout le roman de l’écrivain d’origine acadienne se veut une entreprise de nuance.Même quand il place ses personnages dans des situations d’inceste, on sent la retenue.Son écriture demeure ouverte, elliptique.Plusieurs critiques ont à ce propos noté.une certaine filiation avec Jacques Poulin.Chose certaine; il partage la timidité et la modestié de l’auteur du Vieux chagrin.Jacques Savoie compare la littérature à une jeu du vertige.«Écrite, c’est comme marcher les yeux fermés devant un précipice.Si on fait un pas devant, on peut tomber màis on peut aussi s’envoler», dit-il en promettant d’écrire la suite:du Cirque bleu.LE CIRQUE BLEU Jacques Savoie La courte échelle 1995,155 pages M A I! S I !) !) r> I) I M A X (' Il K S A M K I) I I.K S I) K V 0 I II L 1 V R E 8 Nous faut-il des guerres blessé en février 1937 dans un avion de l’escadrille André Malraux.En 1940 il rejoint la Résistance belge et, pris par la Gestapo, il va craquer, il va parler.Après la guerre il sera dénoncé, exclu du Parti communiste, sali.Que va-t-il faire?Ecrire des romans.Cinq.Dans celui qui réappa-rait Paul Nothomb mettait en scène un pilote, descendu par la Luftwaffe en 1939, qui passe la guerre dans des camps de prisonniers dont il s’évade pour se faire reprendre.Une guerre où il n’y sera pour rien.Une blessure d’amour-propre.Son personnage, Gauthier, va tout faire, une fois libéré en 1944, pour se réengager.La guerre n’est pas finie.Il veut s’y réintroduire.Il n’y réussira pas car l’Allemagne capitule, zut.La scène où Gauthier visite en fin 1944 un copain à la prison de Fresnes, un Français devenu officier SS par désir, et qu’il discute avec lui sans le juger, sans l’envisager en monstre, a dû sonner drôlement perverse en 1949.On a ignoré Julien Se-gnaire.Aujourd’hui on trouve dans le roman de Paul Nothomb un ouvrage stupéfiant, troublant, où le suicide est la seule issue apparaissant au courage d’un homme d’action qui meurt de «n’y être pour rien».Et qui se rate.C’est quasiment du Sartre, bien plus que du Malraux.teurs, il a écrit maints ouvrages sur 39-45 l’auteur de L’Orchestre rouge et de Paris sous l’Occupation, il a enquêté, tout lu, mais c’est dans ce souvenir d’enfance qu’il a emmagasiné et préservé son patrimoine de courage.De l’homme silencieux, élégant, de «cette ombre» qui venait diner le soir, avenue de l’Observatoire, pour repartir au café crème les lendemains matins, et qu’ils appelaient Alexandre, Gilles Perrault, enquêteur dans l’âme, a retrouvé la trace et l’identité.Son bouquin, en crevant le mystère de famille (ses parents ne surent pas qui il était), est aussi le résultat d’une investigation patiente.Il sait maintenant qu’il s’agissait de Edward Mountford Wilkinson, né dans le Missouri de parents britanniques, marié à une Alsacienne dont la famille tenait à Pains un restaurant coté.Il avait été formé par la Royal Air Force et intégré au SOE (Special Operations Service) mis sur pied par Churchill pour soutenir la résistance en France.Il sera pris par la Gestapo en juin 1943, on le tuera à Mauthausen en septembre 1944 sans qu’il ait parlé.po cherchait pour interrogatoire, on la croyait liée à un réseau de résistants.Les Perrault n’étaient ni juifs ni communistes, on faisait plutôt dans la démocratie chrétienne mais tout de suite, c’est-à-dire le 20 juin 1940 en captant en différé le fameux appel du général de Gaulle sur les ondes de la BBC, ils se fixèrent dans une certitude.Ce serait de Gaulle et Churchill.«Je ne me souviens pas d’une seule discussion familiale à propos de Pétain», écrit Gilles Perrault dans ce récit impressionnant de sérénité qu’il vient d’écrire «pour elle», sa mère.Avertie, elle ne revint que le lendemain avenue de l’Observatoire.Avant de rentrer dans la maison, elle marcha dans les jardins de ce grand parc de Montparnasse et Gilles Perrault se souvient de cela, il la regardait depuis la fenêtre, elle marchait les mains dans les poches sans jamais regarder en direction de la maison, elle allait et venait d’un pas lent sous les marronniers.Il écrit: «Je connaissais son visage des mauvais jours, mais je ne lui avais encore jamais vu le masque de la tragédie.» Sa mère, après un conseil de famille, va décider de se livrer à la Gestapo, au 84 de l’avenue Foch.On ne se livrait jamais à la Gestapo.I.a mère de Perrault va faire cet acte d’un courage inouï (elle avait effectivement des liens avec la Résistance, elle hébergeait un Anglais lié à un réseau) pour sauver son mari.Perrault écrit: «J’étais trop jeune, et surtout trop réduit à l’égocentrisme pour comprendre que ce qui se jouait là, c’était la vérité du couple formé par mes parents depuis vingt ans.» Il ajoute: «Les longues minutes passées à la regarder marcher, mon amour pour elle dévasté par une angoisse stridente, je sais aujourd’hui qu’elles ont été les plus violentes de ma vie.» Il fait, un demi-siècle plus tard, à 64 ans, un bouquin de ces minutes-là.Il a vécu la guerre en gamin, Perrault, et, quand on le connaît, on ne s’étonne pas de lire sous sa plume qu’il «ne pardonne pas au hasard de l’avoir fait naître trop tard pour devenir acteur de cette guerre au lieu d’en rester le spectateur fasciné».Il en est devenu l’un des commenta- rieuses ou injustes, il n’y a que la guerre pour atteindre aux limites de la raison et ressentir les vertiges de la vie, entre les grands déchirements moraux et les petites joies de survie, ses fuyantes grâces et ses troubles mesquineries, ses familles ressoudées et ses amitiés spontanées, son esprit de sérieux aussi, et tous ses tropismes.Jean Racine, qui vivait à une époque où la guerre en dentelles donnait des morts sans sépulture, faisait théâtre de guerres plus anciennes encore où le héros pouvait soulever un peuple contre un roi qui commande l’assassinat de l’amant d’une princesse grecque; Racine écrivait «la guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces», c’était dans Mi-thridate, ça pourrait être joué à Sarajevo ou en Tchétchénie, on y entendrait d’étranges accents qui feraient mal, qui feraient du bien.La guerre est romanesque, aussi.C’est facile d’en parler pour qui ne l’a pas vécue mais lue, sous toutes ses formes, qui la reçoit minutée le soir à la télé, qui la retraverse sans cesse en compagnie des écrivains quand t on se plonge dans les Primo Levi I ou le dernier Jorge Semprun, dans * les lyrismes estomaquants de Louis-Ferdinand Céline, dans le journal de Drieu ou celui d’Anne Frank, promenades et tombeaux de la guerre des autres, des autres guerres, quelque chose nous y a*.attirant comme dans les ls|, guet-apens d’une indéfi- wtttogk nissable nostalgie.IréJfiPlà Nous faut-il des HHK guerres pour connaître à fond la nature hu- ' ' • I M'.Pi 11r !i\-.ajgr%~.sa mesure?Pour fai-re sortir la crapule ¦B| ou le héros?Que fe-fPWifig riez-vous si le Qué-"jÉfcfr liée était envahi par BflMHBjjlf une armée étrangè-re?Si un Anschluss nous LÉVESQUE LES JARDINS DE L’OBSERVATOIRE Gilles Perrault Fayard, 250 pages N'Y ÊTRE POUR RIEN Paul Nothomb Phébus, 191 pages Rien n’est plus fort ni plus marquant que la guerre.Ceux qui les vivent le savent.Mondiales ou civiles, interminables ou en blitz, envahissantes ou vengeresses, glo- Autre roman sur la guerre.Celui-là est imprégné des perversités de l’époque.Il a été écrit à chaud, si l’on peut dire, en 1949.C’est un roman fouilleur des consciences comme chez Malraux mais la France de l’épuration n’a pas voulu en prendre acte, pour cause de complexité dans un monde qui cherchait à retrouver et son honneur et des idées strictes.Il avait été publié chez Gallimard sous le pseudonyme de Julien Se-gnaire.L’auteur s’appelait, il s’appelle puisqu’il vit encore, Paul Nothomb.C’est un Belge qui aujourd’hui enseigne la Bible en Sorbonne.C’est par un hasard des Puces — quelqu’un a trouvé un exemplaire jauni qu’il a porté chez Phébus — que l’on republie ce roman-là en 1995.Paul Nothomb, qui était oublié, n’est pas n’importe qui, c’est lui qui, pendant la guerre d’Espagne, a inspiré à Malraux le personnage d’Attignies dans L’Espoir.Il avait fui une famille «barrésienne», s’était fait communiste à 22 ans, avait débarqué chez les Républicains espagnols.Il sera abattu et N v être pour rien rattachait de force à la Nouvelle-Angleterre?Dans un sondage j’imagine qu’au moins 4 % des 'ÊSg répondants admettraient être H prêt à collaborer avec l’enne-§¦ mi.Ce n’est que dans la guer-HB re, aussi, que le courage peut Hj se révéler.Gilles Perrault, qui a écrit H autant sur les paras d’Algérie Hg que sur les réseaux de la Résistance (L’Orchestre rouge), ¦B sur la dictature polie et assassi-¦ ne du roi du Maroc [Notre ami B le roi) que sur les bancals ser-HH vices secrets de Louis XV [Le P*® Secret du Roi), a vu ce courage né de la guerre dans les yeux de sa mère, il y a 52 ans.Il avait 12 ans quand deux hommes de la Gestapo sont arrivés chez lui, avenue de l’Observatoire.Sa mère était absente, grâce à lui en somme, puisqu’elle venait de partir pour supplier le proviseur du lycée Montaigne de reprendre son fils qu’on venait d’exclure de l’enseignement public pour nullité crasse en mathématiques.On emmena son père, qui tenait bureau d’avocat à l’entresol de la maison.Mais c’est elle que la Gesta- PHOTO JOSSEUNE RIVIÈRE/DOC LAPI-VIOLLET Gilles Perrault, à 12 ans, en 1943.« Belle et grande surprise en cette rentrée littéraire de janvier.ce récit, qui va droit à l'essentiel, sans un mot de trop, est un poème en prose, d'une belle simplicité.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil IXYZ éditeur félicite Robert Brien finaliste au littéraire Desjardins du Salon du livre de Québec « Un conte poétique qui chante la vie.» Gilles Crevier, Journal de Montréal 90 pages, 12,95 $ « L'auteur de Kamouraska replonge dans l'histoire noire et trouble de l'enfance.» Claude Dessureault, Le Voir Les Editions du éditeur Anne Hébert .00 #•* ni Huhm.Momrâl (Québec) 1121JZI Tft:514.525.21.70 »Téléc.: 5I4.525~5.37 LOGIQUES Renaître •¦ '-A-' de ma au-bonheur Santal L’Histoire de ma vie , Chantal Pary •232 pages • 14,95 $ «Ce livre vous fera découvrir la vraie Chantal Pary , à cœur ouvert,» Roger Sylvain, Hèbdo Vedettes Les recettes du bonheur sont simples Au Fil des jours Roland Leclerc, prêtre 192 pages • 16,95 $ Au Fil des U» tdüw'*! iôotoucr «Ces réflexions brèves, liées spontanément à l’Évangile, sont un exemple éloquent de la manière dont on peut intégrer la foi dans la vie quotidienne.» L'Église canadienne DECOUVRIR L’EVANGILÉ SANS SE TROMPER U» Edifloi» logTques Vhistoire du bonheur, c’est l’histoire de Jésus Découvrir l’Évangile sans se tromper John Wijngaards.prêtre • 289 pages •18,95$ «Ce livre propose une histoire bien documentée du lieu et du temps où Jésus a vécu.Livre utile au pasteur, à Renseignant, au catëchète, nu responsable de cercles bibliques.» Prêtre et Pasteur prisons USE HxAlphonse-Desjardins Lw Éditent LOGIQUES Le bonheur résiste à toutes les Témoignages de détenus Donald Thompson, prêtre 163 pages • 18,95 î «Ces êtres sont des humains, ils ont un cœur, ils sont tous autant capables de pleurer que d’être durs.Consentir à les entendre est le premier pas à faire pour leS comprendre.et pour recon-! naître qu’ils sont dignes d’être aimés.» Prêtre et Pasteur EN VENTE DANS CES BONNES LIBRAIRIES Montréal: Bertrand.Foucher.Bélanger.4284 de la Roche • Desmarais et Robitaille.60 Notre-Dame O.• Librairie Éditions Paulines.4362 St-Denis • Média Paul.3965 Henri-Bourassa E.• Service de documentation pastorale.6050 St-Hubert Chicoutimi: Librairie La Source.400 Racine E Sherbrooke: Média Paul.250 St-François N.St-Hyacinthe: Ubrairie Samt-Antome, 1905 Pratte.Les Éditions LOGIQUES Tél.:(SI4) 933-222S Fax:(SI4) 933-2182 \ OEUVRES DART^ A.VEN DRE OU A ACHETER 985-3344 I.IS I) H V I) I lî , I, !•: S S A M !•: I) I II IS T I) I M A N C II lî I 2 M A li S I î» !» 5 I) 4 -4T L E S I* E T I T S B 0 N l! R S Des nouvelles du grand frère ARCHAMBAULT ?LETTRES À PAULINE Stendhal Collection «L’Ecole des lettres», Seuil 645 pages Il est des correspondances qu’on lit pour la clarté ou la vivacité du style.Ainsi Diderot, Voltaire ou Madame de Sévigné.Il y a dans l’expression de ces auteurs un classicisme naturel, que rien n’apprête.N’étant jamais ennuyeux, ils surprennent même par le primesaut d’une écriture jamais forcée, jamais outrée.On ne trouvera pas cette perfection dans les lettres que Stendhal écrit à sa sœur Pauline de 1800 à 1815 environ.Quelques autres missives parviendront à Pauline jusqu’en 1825.Au début de leurs échanges épis-tolaires, Stendhal a 17 ans.Elle en a deux de moins.Notre auteur habite Paris; sa correspondante est toujours à Grenoble.Que raconte le jeune provincial monté à Paris?11 réclame sans cesse qu’on lui écrive.Pauline ne lui fait parvenir que de courtes missives.lorsqu’elle s’en donne la peine.Il s’en plaint amèrement.Il partira bientôt pour l’Italie à la suite de l’armée napoléonienne.Ces Lettres à Pauline nous permettent donc de connaître les années de formation d’un écrivain qui allait se donner plus tard, sans beaucoup de succès, des allures de froideur.Le Stendhal de 17 ans n’a rien d’un roué.Il aime sa jeune sœur et entreprend son éducation.Il dirige ses lectures, lui recommande la fréquentation des bons auteurs.Aux travaux de couture qu’on veut lui inculquer, il lui conseille de préférer l’étude de la musique et des langues, l’italien de préférence.Plus l’adolescent laisse place à l’adulte, plus s’estompe la présence de la famille.Grenoble, bientôt, n’est plus qu’un souvenir.On sait que c’est en 1800 qu’il rencontre pour la première fois à Milan l’une des femmes importantes de sa vie, Angela Pietragrua.Ce qui fait merveille dans ces lettres imparfaites, c’est surtout l’immense tendresse de l’homme pour sa sœur cadette.Il se confie à elle avec une apparente absence de retenue.Affirmer qu’il lui dit tout serait sot.Car s’il veut le bonheur de Pauline, s’il souhaite qu’elle devienne autonome dans la mesure où une femme pouvait l’être dans la France du XIX1' siècle, il sait aussi qu’elle est la personne qui peut le mieux intercéder auprès de son père, qui seul peut délier les cordons de la bourse.«Je suis obligé d’emprunter, ce qui me rend moins gai; étant moins gai, je suis moins aimable.Heureusement, quand j’ai été comme cela deux jours, je le dis bonnement, et on rit de mon malheur, et je me mets à rire.» Veut-on plus entière déclaration d’amour d’un frère pour sa sœur que celle-ci?«Tu vois par la liberté des questions que je te fais que tu dois garder ma lettre pour toi.Depuis deux ans nous avons été étrangers l’un à l’autre; tu étais très jeune alors, mais à cette heure que tu es raisonnable, je voudrais bien que tu me regardes comme un de tes meilleurs amis.» A cause de ce ton d’ouverture, de ce cri à peine retenu, il faut lire ces Lettres à Pauline.Elles nous en apprennent autant sur l’amour et l’amitié que La Chartreuse.Tant pis s’il ne s’y trouve pas encore la déraison amoureuse des quinquagénaires étourdis par le passage du temps.S hiver/printemps revue 1.R i o « x Marce colloque n pays sans è de Montréal , ,n Jean-Brillanl D e u x i è ni e tél.: (514) 529-1316 ,oi>K.MtR05 1/2«HIVER/PRINTtMP5 TRENTE-CINQ ANS APRES LES INSOLENCES DU FRERE UNTEL, VOICI LES INSOLENCES D’UN MILITANT LAÏQUE! vlb éditeur DE LA GRANDE LITTÉRATURE mémoire et promesse Bulletin d'abonnement Abonnement institutionnel: 40,00 $ Abonnement de soutien: 40,00 5 le numéro: double 10,00 $ Revue Possibles, B.P.114, Succursale Côte-des-Neiges, Montréal, Québec H3S 2S4 NOM____ ADRESSE, VILLE__ PROVINCE___ OCCUPATION CI-JOINT___ Nous revoilà à la case 1dJj'iüsme ontfait leur'œuvre.Par un québécois renaît.Trente ans i„ Québec a été nié comme nation et curieux '° “:sfon7e"o7on*nous, oui ou non, être une vorx dans d.Car une petite nation comme le Quebec ne p ut e S' , Nous passivement.Il faut prôner^p*°je» ou,> simplement devons imaginer que^ tous devons renouer avec la luadrte iTir^r^de^resdu^s qu^ ^ un Les débats que nous tenons p .Une nouve||e voix doit se fondation d'un monde meilleur.La mémoire STÉPHANE STAPINSKY JEAN LAMARRE SERGE CANTIN STÉPHANE KELLY JEAN FRANÇOIS CARON Le blocage ANDRÉ THIBAULT AMINE TEHAMI HUBERT GUINDON MATHIEU-ROBERT SAUVE ALEXANDRA JARQUE JEAN-FREDERIC MESSIER Jules t- L'enjeu JULES-PASCAL VENNE PHILIP RESNICK JACQUES FOURNIER GREG M.NIELSEN MICHEL DUMAS La promesse DANIEL JACQUES.pierre de bellefeuille robin philpot RAYMONDE SAVARD GABRIEL GAGNON .CODE POSTAL.TELEPHONE.MANDAT-POSTE AU MONTANT DE 25,00 $ POUR UN ABONNEMENT À QUATRE NUMÉROS À COMPTER DU NUMERO Daniel Baril LES MENSONGES DE L’ÉCOLE CATHOLIQUE La confessionnalité du système scolaire public coûte aux contribuables québécois près d'un demi-milliard de dollars par année! En trente et un mensonges et huit vérités, Daniel Baril fait le procès de notre système scolaire, trente ans après le rapport Parent et la création du ministère de l'Education.«Les mensonges de l'école catholique est le résultat orchestré de ce ras-le-bol, une longue suite de démentis, une dénonciation méthodique de tous les mensonges perpétrés contre notre système scolaire.» Robert Saletti, Le Devoir «Daniel Baril accouche d'un ouvrage à la fois nécessaire et un peu désespérant.» Mario Roy, La Presse Zoom sur Gilles Carie ENTRETIENS AVEC GILLES CARLE Michel Coulombe Liber, 1995,225 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On se fait épingler le ruban de la légion d’honneur et puis on se réveille avec une œuvre derrière soi à 65 ans.Que confie le cinéaste Gilles Carie à Michel Coulombe?Comme bien des créateurs, il s’étonne d’être arrivé quelque part, sans avoir compris qu’il y était parti.«Je ne l’ai pas décidé.Des gens m’ont confié des films à faire.Puis tout s’est enchaîné.Plus tard, beaucoup plus tard, d’autre se sont aperçus que j’avais une “œuvre cinématographique”.Moi je ne m’en étais jamais aperçu.Cela ne m’était jamais passé par la tête.» Figure de proue de notre cinéma, Abitibien sans l’être, spécifiant qu’il ne chante pas le pays comme Vigneault, mais fait juste l’aimer.Il est né à Maniwaki en 1929.Son baptême du grand écran fut vécu avec Rin Tin Tin, mais c’est Le Mécano de la General de Buster Keaton qui lui donna la piqûre.Une trajectoire en dents de scie, les beaux-arts, trente-six métiers sur fond de vie d’artiste: des recueils de poésie, des pièces de théâtre, des romans.Cinéaste, oui mais.toujours en marge de ce qui se fait bien voir.Ne crachant pas sur la pub, genre impur, dit-on — derrière Lui y connaît ça de Labatt et la mimique entendue d’Olivier Guimond, c’est Gilles Carie.Jonglant avec le petit écran, il inaugura avec Les Plouf e les cycles combinant film et série télé.Après quelques réalisations tâtonnantes, Rock Deniers lui donna la chance de s’exprimer avec 800 $, en réalisant en 1963 le film-annonce du Festival international du film de Montréal.On y verra apparaître un Indien qui se suicide au tomahawk, un franc-tireur sur un toit visant le téton gauche d’une jolie fille et tuant deux curés.Bref, du Gilles Carie avant la lettre.On suivra son parcours, à travers les couloirs de l’ONF, quand Jacques Bobet, grand dépisteur de talents, le dépiste donc.Du documentaire, il passe vite à la fiction.La Vie heureuse de Léopold Z devait être un court métrage sur le déneigement à Montréal.Bifurcation.Le film s’allonge, devient le portrait admirable d’un dénei-geur poétisé par Carie et le comédien Guy Lécuyer.En 1965, le public tombe en amour avec cette vie heureuse-là.Le grand Roberto Rossellini, de passage à Montréal, lui déclarera: «Je n’ai rien compris à la langue de votre film, mais j’ai aimé ce que j’ai vu à l’écran.» Le jouai avait enfin franchi les frontières.Puis en 1966, exit Gilles Carie de l’ONF «quand je ne pouvais plus profiter d’une certaine anarchie».Propos et confidences, retours en arriéré, aveux: il n’aimait pas Le Crime d’Ovide Plouffe, jugeait le livre raté, et le téléfilm qu’il en tira lui-même pas très fort non plus.Posant un regard sur son œuvre de documentaliste, il refuse de se voir comme le grand documentaliste qu’il est.Place aux anecdotes classiques: la sortie obscure des Mâles à Paris, dans un cinéma porno, puis par un engrenage de circonstances, sa découverte par toute la presse française et Cilles Carie devenu l’incontournable de Paris (qui fit la fête à plusieurs de ses films et ne l’a jamais oublié depuis).Il se défend de mettre beaucoup de sexe dans ses films, dit qu’il n’a fait qu’appeler un chat un chat.Mais à l’encontre de plusieurs cinéastes d’ici, certaines de ses actrices — Carole Luire bien sûr, mais également son actuelle compagne Chloé Sainte-Marie — furent aussi ses muses.L’érotisme est plus qu’un thème récurrent dans ses films mais le poids ardent de son propre regard.L’ensemble de ses entretiens se révèle un peu décousu.On a connu dans cette série, des ouvrages plus concentrés.Mais le coq à l’âne sied bien à Gilles Carte,/ et même si des questions restent sans réponses, si l’on: passe vite sur les tournages dont on aurait aimé explorer davantage les dessous, en allant au-delà des fragments des tournages du Viol d’une jeune fille douce, des Mâles, de La Vraie Nature de Bernadette, on s’arrête aux réflexions du cinéaste: «Jean Pierre Lefebvre partageait cette idée saugrenue selon laquelle si un réalisateur fait des films dans un petit pays, il faire des petits films.Doit-il aussi moins manger?» ou «A force de documentaires bien pensants, on est en train de se faire un imaginaire en papier mâché.» i i Comment Gilles Carie pourrait-il oublier l’accueil cruel que réserva la presse à La Guêpe?«Après La Guêpe, tous 1 mes films sont différents, dira-t-il.La réflexion que j’ai faite sur ce film est sans doute plus importante que le film lui-même.» On le verra revenir sur le fameux projet de film sur la Corriveau, jamais réalisé,bref sur les joies et les peines qui parsèment la carrière d’un cinéaste, qui adore l’écriture de scénario.Zoom sur ses rapports avec la technique, du choix judicieux de la lentille à l’importance de régler un traveling au millimètre: «C’est un grand privilège de faire du cinéma», résume Carie.«Pour tout dire, j’envie Kurosawa qui a tourné Ran vers ses quatre-vingts ans.» Le mobile du crime LE COLLECTIONNEUR Chrystine Brouillet La courte échelle, 214 pages ISABELLE RICHER Les criminels finissent toujours par faire une erreur.C’est comme ça qu’ils se découvrent.Sûrs d’eux, de leur invincibilité, ils baissent la garde, un moment, et un plus rusé qu’eux les démasque.Ou alors ils succombent à l’envie de défier ou à celle d’être enfin attrapé, arrêté, puni.Il y a les plus bêtes, vite identifiés, et les plus sournois, les intelligents, ceux qu’on met plus de temps à épingler.Près de deux cents pages chez Chrystine Brouillet.Deux cents pages qui ne supportent pas l’interruption de peur de suspendre le cours d’une enquête menée avec acharnement par Maud Graham elle-même, de retour sous la plume de madame Brouillet après une trop longue absence.Avec ce polar, Chrystine Brouillet inaugure brillamment la nouvelle collection lancée le mois dernier (Roman 16/96) par la maison d’édition La courte échelle et qui veut donner à lire aux plus de seize ans.Les cadavres démembrés et mutilés de jeunes femmes sont découverts au printemps dans des parcs de Québec.La manie du tueur d’amputer ses victimes et de les piquer avec de longs stylets équivaut à une signature qui permet le rapprochement avec des meurtres commis dans les années précédentes aux Etats-Unis.Le tueur rôde-t-il maintenant à Québec?Que font les policiers?Pourquoi ne parviennent-ils pas à l’arrêter?La population ne parle que de ça, les femmes sont terrorisées et Maud Graham est sur les dents.Nous aussi.Tout près de réaliser l’œuvre macabre qui occupe toutes ses pensées, Michael Rochon résiste à l’envie de défier ouvertement cette enquêtrice qui s’intéresse à ses meurtres parfaits (pas d’indices ni d’empreintes, pas de témoins, aucun lien apparent entre les victimes).Pas Maud Graham qui, aussi usée soit cette tactique, provoque le tueur par la voix des médias, laissant entendre que les policiers détiennent des informations sérieuses.Le duel psychologique s’installe et nous réserve les meilleurs moments de ce polar bien conduit d’un bout à l’autre, ponctué de moments horrifiants, à notre plus grande joie.On suivra attentivement, comme si on y participait, l’enquête de Graham, secondée de son fidèle Rouaix, jusqu’à la découverte du repaire du tueur (dont l’erreur a été de ne pas se préoccuper de la ressemblance de ses alias).La finale où apparaît un énorme mobile humain, suspendu au centre de la pièce, a quelque chose de la maison du psychopathe à l’étrange cape du Silence des agneaux ou serait-ce de l’appartement de Jeffrey Dahmer où s’empilaient les restes de cadavres.Le phénomène des «serial killers» exerce une fascination sur nos semblables.Chrystine Brouillet l’a compris et s’y est intéressée avec la rigueur qu’on lui connaît.Son roman ne comporte aucune faille au niveau du contenu.L’auteure nous a habitués, avec sa trilogie de Marie La-flamme à du travail bien documenté.Mais il ne faut pas croire que Le Collectionneur se réduise à une simple étude sur le phénomène.Il s’agit d’un vrai roman qui compte des intrigues parallèles, toutes attachantes.> Du jeune prostitué homosexuel, lié- -d’amitié avec Graham à l’adolescent de 12 ans en fugue.et bientôt en ; danger, la mécanique fonctionne à la, perfection et aucun .de ces portraits, cal-, qués sur ceux que • • nous renvoi! chaque jour notre environne-ment, ne sent le c]i- , ché, ni le personnage , obligé.Bien que l’amitié entre l’enquê-.¦ trice vedette et Gré- i goire, le jeune prostitué nous semble; à première vue peu plausible, le talent de ;, l’auteure efface nos,, doutes et on ne de-, mande qu’à y croire, i -Le Collectionneur réussit l’horrible > équation de permettre au lecteur de s’identifier au : tueur et de le redouter avec la même ferveur grâce au parcours que noü&: ; fait emprunter madame Brouillet.Le lecteur le suit dans ses déplaçai,.ments, ses activités, comprend où il veut en venir et frissonne à l’idée ; qu’il est tout à fait fonctionnel en société.Ce n’est pas sans rappeler l’ar- • restation toute récente du présumé • assassin de la rue Laurier, qui selon un pattern bien établi, violait et tuait avec méthode et minutie.Et avec , une violence inouïe.Pourtant, c’était un voisin bien inoffensif.* a a.w mm w m m m » w:m CtIRVSTINt BKHIIUU Le Collectionneur PLUME ït4'Zi Ce roman, qui est une véritable cours des miraculés, est également une réflexion hilarante sur la littérature et ceux qui la fréquentent.Supercherie ou histoire vraie?Le lecteur tranchera, certes, mais il ne sera pas dépaysé en se plongeant dans l’univers de Plume Latraverse, avec sa galerie impressionnante de personnages plus vrais que nature, bons vivants et bons mourants, libres penseurs et libres buvards.ATRA VERSE vlb éditeur IA Pf Tiff MAtSO* DE LA GRANDE LITTÉRATURE I.E I) E V (MR.I.E S S A M E I) I II K T I) I M A X (' Il I! I 2 M A H S I !t !l ft L I V R E S ES S A I S QUÉBÉCO IS La mort manufacturée ROBERT S A L E T T I ?¦««a* LE SANG QUI TUE (L'AFFAIRE DU SANG CONTAMINÉ AU CANADA) Johanne McDuff, Libre Expression 283 pages ne je meure au combat, ou meure de tristesse, Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçm>; faisait dire Corneille à Rodrigue.Quelques millénaires plus tard, nous semble-t-il, le sang est devenu le lieu de tous les soupçons et, pour les hémophiles, de tous les drames.Pour ceux qui dépendent du sang des autres parce que le leur-ne coagule pas et que la moindre hémorragie, externe et surtout interne, peut leur être fatale, le remède est devenu le poison.L’hémophilie est une maladie héréditaire qui touche principalement les garçons.Son nom lui vient d’un docteur américain qui, au début du XIX'- siècle, l’a baptisée ainsi à partir des mots grecs1 haimatos, sang; et philos, ami.Curieux alliage: de mots fort probablement marqué, nous disait récemment Chantal Saint-Jarre dans son ouvrage sur le sida (Du sida, De-noël, 1994), par un imaginaire social qui n’a pas dit adieu aux histoires de vampires suceurs de sang.C’est aussi une maladie mal connue du pü-blic, peut-être parce qu’elle est relativement peu répandue.Au Canada, il y a environ 2500 hémophiles répertoriés, au Québec, environ 600.Aujourd’hui, près de la moitié d’entre eux sont infectés par le virus d’immunodéficience acquise.Au moment où la Commission d’enquête Krever sur l’approvion-nement en sang reprend ses audiences afin de déterminer si possible la part des responsabilités à l’échelle nationale dans ce qu’il est maintenant convenu d’appeler l’affaire du sang contaminé, la parution du Sang qui tue, de Johanne McDuff, tombe pile, c’est le moins qu’on puisse dire.Au moment où le gouvernement fédéral, tout en refilant aux provinces la gestion d’une enveloppe budgétaire réduite des soins de santé, se targue de vouloir préserver des normes nationales, la lecture du Sang qui tue frappe par sa nécessité.Le’Sang qui tue est une enquête approfondie d’une journaliste de Radio-Canada à Ottawa.Le Sang qui tue est une minutieuse récapitulation de l’affaire du sang contaminé depuis ses débuts que Mme McDuff fait remonter à juillet 1982.Trois Américains, hémophiles et hétérosexuels, viennent de mourir.La maladie que l’on appelait GRID (Gay-Related Immune Deficiency) se nommera désormais AIDS (Acquired Immune Deficiency Syndrome) , ou sida en français.Au même moment, un petit bébé hémophile prénommé Philippe naissait dans un .hôpital d’Ottawa.A peine un mois plus tard, le 3 août 1982, la Direction générale de la protection de la santé, un organisme relevant directement du ministère fédéral de la Santé et chargé de protéger la population contre les risques liés à la vente et à la consommation de médicaments, prend note de la découverte américaine et charge deux organismes subalternes de suivre de près l’évolution de la nouvelle maladie chez les hémophiles.Mise à part la découverte du virus du sida en 1984, ce fut peut-être la dernière bonne nouvelle pour les hémophiles canadiens avant l’éclatement du scandale que l’on sait en novembre 1992.Le Sang qui tue raconte chronologiquement toutes les péripéties qui ont mené à ce scandale, regroupées en trois sections intitulées L’Incertitude, L’Inaction et La Catastrophe.En recoupant plusieurs reportages, articles scientifiques, entrevues et documents officiels disponibles (procès-verbaux, notes ministérielles, etc.) de cette décennie maudite, Johanne McDuff met en évidence les tergiversations et les tiraillements de l’appareil bureaucratique, du ministère de la Santé en haut (et des ministres qui s’y sont succédé, notamment Monique Bégin et Jake Epp qui se sont renvoyés la balle) jusqu’à la Croix-Rouge canadienne, l’organisme qui a le monopole de la collecte et de la distribution du sang au Canada, en bas.Pourquoi a-t-on été si lent à sonner l’alarme au Canada alors que les Américains, de loin les plus grands fournisseurs de la Croix-Rouge canadienne, étaient déjà sur un pied d’alerte au début de 1983?D’ailleurs, ici même, un article de Yannick Villedieu dans le numéro d’octobre 1983 du magazine L’actualité faisait le lien entre sang et sida.Qui plus est: pourquoi n’a-t-on pas rendu publics les résultats des premiers tests réalisés en 1984 qui révélaient que 56 % des hémophiles canadiens testés présentaient des anticorps du virus du sida, même si l’on n’était pas encore complètement sûr du rôle joué par ces anticorps?Pourquoi avoir continué à PHOTO LIBRE-EXPRESSION Mil Y.v mm La journaliste Johanne McDuff.?distribuer des concentrés de facteur VIII (l’agent coagulateur du sang) que l’on savait contaminés, alors que l’ancien traitement — les cryoprécipités —, moins pratique mais plus sécuritaire, était encore disponible?Pourquoi les concentrés chauffés, une nouvelle technique qui présentait aussi moins de risques, n’ont été disponibles au Canada qu’en avril 1985 alors qu’on aurait pu en commander dès 1983?Pourquoi ces mêmes concentrés chauffés, une fois reçus, ont-ils été distribués au compte-gouttes pendant trois mois?Pour écouler le stock de concentrés ordinaires?Comme toute bonne enquête, Le Sang qui tue ne fait pas que relater, il soulève des questions, beaucoup de questions, qui laissent croire que plusieurs personnes n’ont pas pris leurs responsabilités et que des intérêts économiques ont prévalu.Le sang est devenu un bien manufacturé et l’industrie du sang, une grande industrie.Une grande indutrie de la mort.Et derrière, loin derrière, l’industrie pharmaceutique, il y a des individus moralement brisés et, une fois sur deux, physiquement déchus ou morts.Pour souligner le drame personnel de ces hémophiles que l’on a laissés se contaminer sans rien leur dire, Johanne McDuff a parsemé son enquête de quelques cas vécus, comme celui de Marc P.ou du petit Philippe.Aux dernières nouvelles, Philippe, infecté il y a 12 ans, était toujours vivant, mais ses séjours à l’hôpital étaient plus fréquents et plus longs.Ses parents n’ont pas eu d’autre choix que de lui dire la vérité: son rerpède a été son poison.Etrange époque que celle-ci, où la vie se manufacture et la mort se donne en cadeau.£ DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD, | ê ITEMS RARES ET DE COLLECTION s Montreal Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 KAFFAIREDU SANG CONTAMINÉ AU CANADA Johanne McDuff ENQUÊTE l’Hexagone La littérature d'abord Un ouvrage majeur sur la pratique romanesque de Réjean Ducharme.Cet essai de sociocritique sur Les enfantâmes, qui apporte des éléments neufs pour la compréhension et la description concrète de l'oeuvre romanesque de Réjean Ducharme, soulève aussi des questions de méthode et de théorie littéraire, d'histoire et de culture québécoises.Une lecture qui relie la pratique de l'écrivain à la société dont il est issu.Gilles McMillan L'ODE ET LE DÉSODÉ Essai de sociocritique sur Les enfantâmes de Réjean Ducharme Coll «Essais littéraires» 208 pages 19,95 $ Gilles McMillan L’ODE ET LE DESODE «Tout pour tous, À L’OMBRE DE ZAPATA VIVRE ET MOURIR DANS LE CHIAPAS Marie-José Nadal Éditions lui pleine lune, 272 pages CLÉMENT TRHDEL LE DEVOIR LP anthropologue Marie-José Nadal nous offre ici un ’ dossier précieux sur les «zapatistes» qui ont fait irruption sur la scène mexicaine le 1" janvier 1994.11 a fallu près de dix ans de préparation «sérieuse et prudente», s’il faut en croire le génial relationniste qu’est le sous-commandant Marcos, avant que ne surgisse cette rébellion, faute d’espace de dialogue, notamment avec les autorités du Chiapas dont l’ex-gouverneur Ab-salon Castellanos est dénoncé comme l’un des exemples de grands propriétaires fonciers à la pointe de la répression contre les «in-digenas».Trois mots simples reviennent dans les communiqués de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN): démocratie, justice et liberté.Un slogan y est martelé: tout pour tous, rien pour nous.Voilà bien le paradoxe.Cette guérilla ne vise pas le pouvoir en tant que tel; elle suscite des appuis nombreux dans la «société civile» qui, comme elle, apprend à fustiger les «usurpateurs», à dénoncer les intrigues du «palais (présidentiel) où règne la fourberie».Ce mouvement a fait résonner un retentissant Ya basta! face aux décideurs du Chiapas et de Mexico.Par sa méfiance à l’endroit des partis, il aide à braquer les projecteurs sur les données brutes de problèmes qui trouvent parfois une solution alors que «les causes (des problèmes) subsistent».On continue dans cette partie du Mexique à «mourir de maladies guérissables»; la formation à l’école y est souvent mince et sous-financée, et les, plus grandes richesses de l’Etat en sont exportées sans que la population locale en profite, plaide Î’EZLN.Dans une sorte de constat d’échec, le pouvoir mexicain répondra partiellement, au printemps de 1994, aux 34 demandes concrètes des rebelles en promettant par exemple une «loi de justice agraire» au Chiapas, une «réorganisation complète du nen pour nous» système de santé», la mise sur pied d’une radio libre et la création d’un Bureau de défense des droits des autochtones! Mme Nadal plaide pour ces «Mayas oubliés» dans l’isolement et le sous-développement; elle livre maintes raisons pour se ranger du côté d’une paysannerie qui s’est sentie trahie du fait que le président Carlos Salinas a remanié l’article 27 de la Constitution, ce qui équivalait à renier la Loi agraire obtenue par les révolutionnaires en 1915, du temps donc de l’illustre Emiliano Zapata qui menait ses troupes aux cris de Terre et liberté.La rhétorique zapatiste, dans les textes que l’on a choisis ici, peut nous apparaître comme une broderie trop délicate pour émaner d’un front de lutte.11 faut se faire à l’idée que les principaux porte-parole de l’armée zapatiste ont à composer avec les symboles et rituels propres aux peuples qui défendent leur dignité bafouée.Le dossier se clôt peu avant les élections du 21 août 1994, alors que se déroule la Convention nationale démocratique dans une sorte de «navire pirate», un vaste amphithéâtre érigé à proximité de la selva lacandona (forêt du Lacandon).«Nous ne sommes pas intéressés à vivre comme on vit maintenant», proclame Marcos qui invite à battre le gouvernement tout en persévérant dans les voies pour «retrouver l’espoir».L’EZLN, dans ce dossier, ne donne pas dans la fascination pour le martyre, elle est là pour faire valoir son idéal d’égalité des sexes (30 % de l’effectif de l’armée zapatiste est composé de femmes), pour faire la lutte au mal governo (mauvais gouvernement) et aux caciques qui s’appuient sur les milices privées, sur les casernes et sur les prisons pour défendre leurs intérêts Dans le sud-est du Mexique a surgi un «processus de démocratisation».Ses leaders disent favoriser là voie pacifique.Le pouvoir a, un certain temps, prêté l’oreille à leurs desiderata.Le chapitre n’est pas clos mais, sur le terrain, peu d’indicateurs bougent dans le sens d’une solution «digne et juste».Les pendules sont, depuis le 9 février, replacées à l’heure de la confrontation tandis que s’activent les politiciens pour tenter d’éviter quç se rallume le foyer de lutte au Chiapas et dans d’autres Etals où les in-digenas se sentent floués.¦ -ÉÉK À L’OMBRE DE ZAPATA Vivre et mourir dans le Chiapas Marie-José Nadal O la pleine lune «Le roman de Jacques Côté a retenu mon attention du début à la fin.un roman en demi-teinte, en nuances, oit L auteur ne force jamais la note.» Marie-Claire Girard.Le Devoir J a c q u e s Côté es Amitiés inachevées «Les Amitiés inachevées confirme le talent d’écrivain de Jacques Côté.Un magnifique roman.» Gilles Crevier, Journal de Montréal «Avec les Amitiés inachevées, Jacques Côté fait sa marque.» Anne-Marie Voisard.Le Soleil Jacques Côté Les Amitiés inachevées mm 224 pages 18,95 S l’Hexagone La littérature d'abord Un roman sur le feu sacré.Un événement littéraire.Une critique unanime.«Un beau roman, sur une passion sacrée, créatrice et destructrice à la fois, qui pose le problème du remords et du pardon.Livre merveilleusement bien écrit.» Gilles Crevier, Le Journal de Montréal «Un événement.Le premier roman québécois de l'Inde.Et il est écrit de belle manière: on y trouve la simplicité sereine du tracé, l'originalité de l'histoire, la limpidité de la source.Tout à fait réussi.» Jacques Allard, Le Devoir «Un travail efficace (.) On assiste, tout autant qu'à l'apologie du feu sacré, à une mise en scène et en mots de la nature.» Réginald Martel, La Presse YOLANDE VILLEMAIRE LE DIEU DANSANT I, E I) E V 0 I R .L E S S A M E I) I II E T I) 1 M A N C II E I 2 M A H S I !) !) 5 I) (> ÉBP LIVRES 4m LITTÉRATURE JEUNESSE La nouvelle collection Alli-bi tient ses promesses GISELE DESROCHES FILON D'OR POUR UN FILOU Texte de Marion Crook Héritage, coll.Alli-bi, 222pages 1995 DRÔLES D'ORDURES! Texte de Linda Bailey Héritage, coll.Alli-bi, 272 pages 1994 LA FROUSSE AUX TROUSSES Texte de Linda Bailey Héritage, coll.Alli-bi, 240 pages 1995 QUI A PERDU LES PÉDALES?Texte de Ann Aveling Héritage, coll.Alli-bi, 188 pages 1994 QUAND MINERVE JOUE DU CLAVIER Texte de Claire Mackay Héritage, coll.Alli-bi, 266 pages 1995 Créée spécialement pour les bons lecteurs de 10 à 13 ans, encore peu attirés par les thèmes de l’adolescence et qui ont vite fait le tour des petits romans peu consistants, la collection Alli-bi (éditions Héritage) a été inaugurée par la parution cet automne de deux premiers titres: Drôles d'ordures! et Qui a perdu les pédales?S’il était difficile alors d’en prendre la pleine mesure, les trois nouveaux titres qui s’ajoutent cet hiver nous offrent cette occasion.Née de la cogitation de l’organisme R.D.Création (siège social à Québec) mandaté par Héritage, la collection, dirigée par Yvon Brochu, se veut une alternative au besoin d’intensité, à la recherche de frissons, surtout comblés de nos jours par les livres d’épouvante comportant souvent une bonne part de violence.Romans policiers bien articulés, au suspense prononcé, assaisonnés d’humour: ils sont aussi sérieux et drôles que leur mascotte, l’alligator déguisé en détective qui figure en vignette à l’endos des volumes.La jaquette est attrayante et le nombre de pages varie de 190 à 270.Ils proviennent actuellement du Canada anglais où la tradition du genre est peut-être plus ancienne.Ils proposent des horizons nouveaux aux petits Québécois, par exemple une coop d’habitation de Vancouver, une mine d’or des provinces de l’Ouest, ou l’univers des immenses remorqueurs de l’île Victoria.Ils ont en commun d’offrir des enfants-héros crédibles qui ont du temps à consacrer au jeu de l’espionnage et qui échappent à la méfiance d’adultes ne les prenant pas trop au sérieux.Leur âge les autorise en effet à fouiner partout et dispense les malfaiteurs des indispensables précautions de prudence qu’ils prendraient à l’endroit d’un adulte.Meilleurs que la police?Presque, mais pas tout à fait, leur jugement ne les mettant pas à l’abri d’erreurs et leur dépendance envers leurs parents nécessitant des ajustements continuels.Très crédibles donc et souvent drôles.La série Steph et Joé est peut-être la plus hilarante avec ses situations impossibles et son héroïne narratrice à l’humour tonifiant.Dans le premier, Drôles d’ordures!, l’argent de S.O.S.Déchets, un organisme de Vancouver voué à la protection de l’environnement et pour lequel la mère de Stéphanie travaille, a été volé.Stéphanie, 11 ans et demi, grande amateure de romans policiers, estime qu’elle est en mesure d’enquêter elle-même.Elle se lance dans des situations aussi périlleuses que cocasses.Dans le second, La Frousse aux trousses, Steph et son ami Joé viennent passer quelques jours au camp de reboisement où travaille le père de l’héroïne.La présence du jeune Alexandre, cinq ans, les oblige à jouer les gardiens d’enfants alors qu’une affaire bien plus grave requiert tous leurs talents de détective.S EU ffr» i i concours wÊÊÈÊm ** DOUS Ja ! puverturej LE DEVOIR re- courez la chance de gagner: er 1 prix 3 prix Deux billets d’avion à destination de Genève sur les ailes de ¦a 2 prix swissair La collection complète des oeuvres de la Bibliothèque du Nouveau Monde JM %1 Deux bons d’achats: ¦1000$ Chez Oampignv ¦1000$ Chez renaüd-bray Chaque semaine, un gagnant recevra 5 ouvrages présentés lors de l’émission*.et un abonnement à la revue littéraire Lettre$ québécoise$ la revue de l’actualité littéraire Gagnant du 2 mars 1995 : Madame Andrée Sinekave de Montréal Pour se qualifier au tirage, les participants doivent identifier correctement le livre d’où sera tirée la phrase mystère qui sera lue en ondes lors de l’émission Sous la couverture, le dimanche à 16 h.-Gracieuseté de la librairie de la semaine: Chaque participant doit faire parvenir le bon de participation suivant Librairie Garneau à : Concours Sous la couverture - Le Devoir Place Versailles, a/s SRC Télévision C.P.11007 Suce.Centre-Ville Montréal Montréal (Québec) H3C 4T9 Les règlements de ce concours sont disponibles à la SRC.SRC 2 | Du MARDI AU VENOM III PI 10 II A 17 II .30, EE SAMEDI PI J0 II A 17 II L E I) E V 0 I li .I.E S S A M EDI II E T I) I M A N ( Il E I M A II S I II !) r> ?I) J) Uartiste, le marchand et le fonctionnaire L’ARCHITECTUR E EN HR E F ?DE LA GRANDE VISITE ses.Une bonne nouvelle pour les mordus de la rénovation.Vernissage dimanche le 12 mars à partir de 14h GLEN NICOLL Jusqu'au 7 avril \A GALERIE LINDKNERGE 1049, av.des Érables Québec (418) 525-8393 i 1 :: portuaire 2‘m‘ création, 11 mars à 15 h 30, par Helmut Lipsky, à l'extérieur, devant le musée k S ¦••J; Wm ÉÜÜfeM il Mi Raymonde Moulin fait de la sociologie de l'art.Mais de la bonne., DE LA VALEUR DE L'ARI | Raymonde Moulin Flammarion, 286 pages STÉPHANE BAILLARGEON il LE DEVOIR Raymonde Moulin est sociologue.Elle l’avoue elle-même.Mais ce n’est,pas une raison pour cesser de lire cette recension de son dernier livre.Parce que Mme Moulin pratique sa discipline de façon à captiver tqqt le monde, même ceux qui sortent habituellement leur fusil et leur cpùteau (à peinture, bien sûr) quand ils entendent le mot «sociologie».Raymonde Moulin est la grande spécialiste française des «mécanismes socioéconomiques de construction de la valeur de l’art».Aussi bien dire du marché de l’art.Elle a fait son nom, comme on dit, avec la publication, il y a 25 ans, d’un ouvrage pionnier intitulé, Le Marché de la peinture en France (Éditions de Minuit).Au fil des ans et des études, sur une foule de sujets, du développement historique du métier d’architecte à la relation entre le musée et le marché dans la société contemporaine, Raymonde Moulin est devenue une .figure internationalement reconnue dans sa spécialité un peu aride, au croisement de l’histoire, de l’économie, du droit et de la politique.En 1992, elle a publié une nouvelle somme intitulée L’Artiste, l’Institution et le Marché, également parue chez Flammarion.Elle est maintenant directrice de recherche au CNRS de France.Elle dirige en même temps le Centre de spciologie des arts à la prestigieuse École des hautes études en sciences sociales, à Paris.Itinéraire de recherche Son dernier livre, De la valeur de l’art, réunit des essais parus entre 1968 et 1994 dans diverses revues spécialisées, ou même dans certains livres.Les textes de ce recueil ont popçtué son «itinéraire de recherche», comme elle l’écrit elle-même.Mais, de façon plus large, ses essais ont aussi participé à la constitution de la sociologie de l’art en tant que discipline.C’est maintenant une évidence de dire que l’art ne peut être isolé de son contexte et que la valeur d’une œuvre est fonction de critères esthétiques, mais aussi de conditions sociologiques.Pourtant, ce lieu com-•: mun n’a pas toujours fait l’unanimité et on comprend à la lecture des textes de Mme Moulin ce qu’il a fallu de .temps et de patientes recherches pour définir une théorie des instances sociales qui favorisent ou in- terdisent l’apparition puis l’adulation de certaines formes artistiques.«L’analyse de la relation entre le champ culturel et le marché apparaît comme le fil conducteur de l’ensemble, écrit l’auteure dans sa préface.Il se dégage de ces textes une nouvelle théorie socioéconomique de la valeur de l’art.La construction de la valeur des œuvres et de la réputation des créateurs s’effectue à l’articulation du champ culturel où s’opèrent les évaluations esthétiques et du marché où s’effectuent les transactions.» Cette position théorique est ensuite appliquée à des disciplines différentes, l’architecture, les arts plastiques, ou la photographie par exemple.La professeure examine aussi le rôle de quelques grandes institutions (à commencer par le musée), et celui des experts en tous genres (commissaires-priseurs, critiques d’art, conservateurs, etc.), dans la construction des valeurs artistiques contemporaines.Le travail de la sociologue est particulièrement intéressant quand il s’attaque à l’extension de «l’État providence culturel», depuis deux ou trois décennies.Les artistes ont été particulièrement choyés de ce point de vue, avec la multiplication des musées, des centres d’expositions et des banques d’œuvres d’art publiques, l’enrichissement croissant des programmes de bourses, la définition d’un statut voire d’une protection sociale des artistes, sans compter l’aide accordée aux organisations et à la formation professionnelles.Profonde mutation Il y a là les signes d’une profonde mutation.Dans l’article intitulé Le Marché et le Musée, daté de 1986, la sociologue met d’ailleurs en évidence le changement radical qui a conduit les établissements muséaux, le plus souvent soutenu par l’État, à s’engager en faveur de «l’immédiateté artistique» et de la «socialisation du risque esthétique», tout en palliant en partie pour les «défaillances du marché».la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-12S4 Jusqu'au 2 avril 1995 : «35 ans et 15 minutes» Une rétrospective de l'œuvre du graveur John Kenneth Esler Dimanche, 12 mars à Stewart Hall, Centre culturel de Pointe-Claire Wendy Simon, exposera dans la Galerie d'art des outils de graveurs et se fera un plaisir de répondre aux questions du public entre 14 h et 16 h.Le critique d'art Henry Lehmann donnera une causerie dans le grand salon du Centre culturel à 15 h.Cette présentation est intitulée T/te Role of Art Critic - o personal view, Entrée libre • Accessible par ascenseur Horaire de la Galerie: du lundi au vendredi, de 14 h à 17 h lundi et mercredi soirs, de 19 h à 21 h samedi et dimanche, de 13 h à 17 h HUGUETTE LAROCHELLE Territoires occupés CHRISTIAN PARENT Frontières VERTICALE ART CONTEMPORAIN Du 16 février au 19 mars - Conférence des artistes dimanche le 12 mars à 14 h -1871, boul.Industriel, Laval - 975-1188 -Ouvert du mercredi au dimanche -12 h à 18 h - La galerie remercie Ville de Laval, le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts du Canada.En collaboration avec les BELLES SOIRÉES de l’Université de Montréal À LA DÉCOUVERTE des Musées du Connecticut animé par Monique Gauthier du 4 au 8 mai 1995, 599 $ p.p.occ.double Tournée dans les Musées de Londres Voyage littéraire en Provence animé par Andrée Lotey du 16 au 30 juin 1995, 2 I 99 $ p.p.occ.double (avion en sus) animé par Monique Gauthier du 20 mai au 2 juin 1995, 2799 $ p.p.occ.double Observation des oiseaux au Québec et dans les Maritimes animé par Robert Bonneau du 15 au 21 mai 1995, 729 $ p.p.occ.double 8 Seul l'encadrement pédagogique est sous la responsabilité de I Université de Montréal ?INFORM ATI ON ET RÉSE RVATIO N S VOYAGES CARBIN (S 14) 728-4SS3Xj.Depuis quelques années, le musée d’art contemporain est même «saisi par la fièvre de l’immédiateté».Être un jeune artiste est devenu une valeur en soi, tout comme il est maintenant tout à fait naturel de produire ce que Mme Moulin appelle de «l’art orienté vers le musée».Certains artistes vont jusqu’à adopter une «posture critique par rapport au musée», précisément de type sociologique, pour mettre en évidence les conditions sociales de production de la valeur de l’art — Hans Haacke est le champion de cette tendance.Bien sûr, les études de Raymonde Moulin concernent d’abord le cas français.Il suffit pourtant d’un peu d’imagination pour «faire le transfert» sur notre propre situation nationale, et ce, même si YÆsthetic Welfare State connaît actuellement un certain recul, ici comme ailleurs.On aimerait tout de même une version typiquement québécoise de cet excellent recueil.C’est de la sociologie, c’est vrai.Mais bon Dieu que c’est bon.à i „ MÊÊ : RAYMONDE MOUUN DE U VALEUR DE L’ART Flammarion Le lundi 10 avril, à 13h, l’architecte japonais de réputation internationale Fumihiko Maki donnera une conférence à Montréal dans le cadre des Programmes de culture canadienne.M.Maki, Prix Pritzker 1993 et récipiendaire de la médaille de l’Union internationale des architectes, a été déjà qualifié de «plus grand moderniste vivant» par les critiques du Time Magazbie et du Chicago Tribune.M.Maki présentera des diapositives de quelques-unes de ses œuvres et fera une présentation (en anglais) intitulée Image, espace et matérialité.On réserve et on achète son billet de 10 $ au 937-7937.IDEE.LUMINEUSE Une toute je,une entreprise canadienne appelée Électra Source, fondée en 1992 et basée à Drummondville, a mis au point un système appelé Easy Trac qui vient de remporter le concours Habitas-Innovation, décerné au dernier Salon de l’habitation et de l’aménagement extérieur.Il s’agit d’un système de rails qui apporte l'électricité là où on le souhaite, sur un chantier de rénovation.Les rails s’installent sans difficulté sur tous les types de surface.Ensuite, on peut y insérer des prises de courant en toute sécurité et sans fils expo- UN MONTREALAIS PRÉSIDE LTRAC C’est un architecte québécois, Paul-André Tétreault, du bureau Té-treault, Parent, Languedoc et associés ou TPL pour les intimes, qui a été nommé président du conseil d’administration de l’Institut royal d’architecture du Canada cette année.L’institution est une association professionnelle qui existe depuis 1907 et représente aujourd’hui quelque 3000 architectes au Canada.Sa mission est de faire avancer la cause de l’architecture et de sa pratique et de fournir un cadre national propre à favoriser l’excellence.Son rôle est d’agir en tant que lieu national d’échange et de discussion, et d’encourager les membres de la communauté architecturale à faire de leur mieux, en fonction des critères d’excellence partagés par leurs pairs.Dans cette optique, c’est l’IRAC qui organise, tous les deux ans, la remise des fameuses médailles d’excellence, les prix canadiens les plus prestigieux dans le domaine.M.Tétreault sera secondé par les vice-présidents Bill Chomik (Alberta) et Barry J.Hobin (Ontario).Le directeur régional pour le Québec est Robert Thibodeau.EXPOSITION ANN McCALL 20 ans de sérigraphie Jusqu *au 25 mars WADDINGTON & GORCE 2155, me Mackay Montréal, Québec Canada H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 Fax: (514)847-1113 Utilisant les sirènes de navires accostés au port.La soirée du hockey à Pointe-à-Callière.Trois 5 à 7 sur l'histoire de ce sport, 17 h 30, café L'Arrivage Le hockey a-t-il vraiment évolué depuis 30 ans?Mercredi 15 mars Avec Donald Guay, historien et un invité surprise.Montréal, ville de hockey Mercredi 22 mars Avec Daniel Thrcotte, l’historien bien connu et Denis Brodeur, photographe du Canadien de Montréal depuis 30 ans.Le hockey, son histoire, son influence dans la vie quotidienne Mercredi 29 mars Avec Michel Vigneault, historien et Robert Gravel, fondateur de la Ligue nationale d’improvisation.Pour les jeunes Samedi 18 mars, à 14 h 30 L’histoire du hockey selon Francois Gravel, écrivain bien connu des adolescents et Mike Bossy.Brunch thématique de la St-Patrick dimanche 19 mars, 2 services : 11 h et 13 h 30 Pour souligner la fête des Irlandais Réservations nécessaires : 872-9128 Musée d’archcologic et d'histoire de Montréal 350.place Rotule Angle de la Commune Vieus-Montréal PoiNTF.-À-CALLiÈRF.Ouvert de 10 h à 1' h et jusqu'à 20 h le mercredi.Fermé le lundi (5U) 8"2-9l50 DIETER APPELT.De la séquence de Eriimerungsspur (Trace de la mémoire).7977-79.F MARS-14 MAI 1995 L’exposition organisée par The Art Institute of Chicago est rendue possible grâce à la Lannan Foundation de Los Angeles ainsi qu'à la Lufthansa German Airlines et à l'Institut für Auslandsbeziehungen de Stuttgart.Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.MUSEE DU QUEBEC Parc des Champs-de-bataille.Québec G1R 5H3 I I, E i) E V (I I It , L E S s A M E I) I I ! E T I) I M A N C II E I 2 M A K S I !) !) 5 verte, mm R, 1- ¦ f:'; V lifêm ¦ • • * .à La famille Marvin fabrique des fenêtres architecturales depuis plus d’un demi-siècle.Nous utilisons des matériaux nobles comme le bois, durables comme l'aluminium extrudé et à la fine pointe de la technologie comme le fibre de verre pultrudé.Architectes, entrepreneurs et propriétaires, le savoir-faire de Marvin vous permettra de recevoir tout le soutien technique (visite de chantier, dessin d'atelier, détail de construction, etc.) dont vous aurez besoin pour mener à bien vos projets.Offrez-vous de meilleures vues avec les portes et fenêtres Marvin.Pour avoir notre catalogue gratuit, visitez notre salle de montre au 8138, BOUL DÉCARIE, MONTRÉAL, H4P 2S8 735-7500, 1-800-361-5858 L’architecture au FIFA Un palmarès des films traitant d’architecture, à voir à l’occasion du Festival international des films sur l’art, présentement à l’affiche à Montréal.THE GODFATHER OF AMERICAN ARCHITECTURE: PHILIP JOHNSON }}Yï Un bûcher des vanités de l’architecture, ce portrait impertinent et sophistiqué du controversé «vieux snoro».New York, New York! Méchant et délicieux.FALLINGWATER Naissance (et visite guidée) du chef-d’œuvre de Wright, par le fils du pro-prio qui a tout vu, tout vécu.Ou l’amitié historique d’un client et d’un architecte, tous deux exceptionnels.Aussi émouvant qu’esthétique.REM KOOLHAAS: BUILDING THE 21s' CENTURY 1/2 >>> Plongée dans la pensée, l’architecture, et parfois l’âme de Koolhaas.Sujet brûlant, actuel, traitement fin.DISOWNED ARCHITECTURE YYï Bâtiments mussoliniens: bijoux redécouverts par une caméra exemplaire.A VISION BUILT - ZAHA HADID Belle caméra, amoureuse des formes folles créées par Zara Hadid.LOUIS I KAHN À DACCA YYï Pour le deuxième 30 minutes, une visite inspirante du parlement du Bangladesh, chef-d’œuvre d’une vie.NEW MODERNISTS: NINE AMERICAN ARCHITECTS Yïï On sait qu’ils ont construit beaucoup mais on les voit surtout causer.Frustrant mais de beaux éclairs.PARTNER TO GENIUS: OLGIVANNA LLOYD WRIGHT 1/2 Ou comment une aristo russe donna une seconde vie à Wright, en bâtissant leur école de Taliesin, selon les préceptes de Gurdjeff.EL MURO Y EL MURALISMO 1/2 Pour connaître le grand Mexicain Luis Barragan et ses émules.FRANK LLOYD WRIGHT: THE OFFICE FOR EDGAR J.KAUFMANN 1/2 En complément de Fallingwater.L’HOMME À LA MAIN OUVERTE Évocation mélancolique et slave des semi-échecs de Le Corbusier.Pour vieux fans seulement Info-Festival: 874-1637.Sophie Gironnay SOPHIE GIRONNAY LE DEVOIR es nouveaux talents de l’ébénisterie américaine sont de joyeux bricoleurs qui font feu de tous bois et de tous outils, du chalumeau jusqu'à la drill.Du moins est-ce l’impression qu’ils donnent dans le film Cut Loose de Doug Weinhacht (à voir au FIFA).On y fait la connaissance de quatre créateurs, Gail Fredell, Jeff Benedetto, Garry Knox Bennett et Philip Agee.Très différents par l’inspiration, le style, les méthodes, ils appartiennent tous à ce que l’on appelle, aux États-Unis, la «deuxième génération de l’ébénisterie», celle des années quatre-vingt.Car il y en eut une première, de génération, extrêmement productive et fameuse, dans les années 50, dans le sillage de Wharton Esherick et George Nakashima, puis de Tage Frid et Sam Maloof Rocker, chaise berçante de Gail Fredell 1988, Frank Gehry à Montréal?Notre prince des arts décoratifs, Luc d’Iberville Moreau, aura-t-il l’honneur d’être celui par qui le Frank Gehry arrive?L’architecte américain le plus couru au monde a dessiné des plans et des entrées distinctives pour les espérés nouveaux locaux du Musée des arts décoratifs, sur la demande de son directeur.Si ça marche — les fonds restent à trouver — le Musée (asphyxié au château Dufresne, et même menacé de voies d’eau) s’installera dans des espaces inutilisés du Musée des beaux-arts de Montréal qui s’étendent, au rez-de-chaussée, depuis Bishop jusqu’à Crescent.Ils sont situés au sud de la ruelle cou- Frank Gehry, célèbre architecte basé à Santa Monica, Californie, se délasse en créant des chaises-nouilles, inspirées du cageot de légumes.Son père était fabricant de meubles à Toronto.parallèle à Sherbrooke, qui traverse le MBAM de part en part, là où est accrochée l’oreille géante sculptée par Betty Goodwin.Vous me suivez?Pour les entrées, qui ouvrent ladite ruelle sur les rues Bishop et Crescent, Gehry a créé des auvents, bien dans sa manière, en métal à trous pour que la neige passe.Bien qu’interrompue, la ligne de — eh! non, le meuble'n’est pas qu'italien! Ainsi que pendant cet âge d’or, les éraSites d’aujétotl’hui fabriquent JS de leurs mains des pièce® üniques ou SnSÜite quantité, destinées à une clientèle!’amateurs éclairés.Exposi-tions, galeries spécialisées/pùbliçations sont allées sgi multipliant pour conférer à ce typfede meubles un statut' semblable à celui de l’œuvre d’art.- ; “ Sauf qu’entre-temps le «flower power» a jeté son fou.D’où une floraison de créateurs de meubles indépendants dont le cri de ralliement pourrait être: «Tout est permis.» Aucun rapport, par exemple, entre Gail Fredell et Jeff Benedetto.Elle peaufine des tables, découpe une berçante, aux lignes épurées, qui s’inspirent de la philosophie zen et des paysages californiens, quand lui travaille à partir de morceaux de ferraille et de machinerie trouvés dans les cours de récupération.Mais tous deux partagent la même attitude.Au diable la recherche cérébrale d’architectes, qui développent une théorie à travers le dessin d’une chaise.Au clou, les diktats du design, qui orientent les tendances de la mode et de la production en série.Forts pour la plupart d’une éducation universitaire — et qui n’a pas toujours à voir avec le travail du bois —, ces ébénistes libertaires nouveau genre créent du meuble d’abord pour jouer.Dans l’intimité de leur atelier, ils s’offrent les plaisirs qui les appellent.Aussi, un clin d’œil à l’histoire des styles, un rappel humoristique à quelque ligne du passé (on aime par-dessus tout la période Shaker du XVIIIe siècle) ne sera pas forcément la preuve qu’on s’inféode au postmodemis-me.Parfois, on s’autorise un commentaire politique.Les matières ont le droit de s’amalgamer, dans un joyeux mélange de bois, de métal, de plastique, qu’on peinturlure au gré des goûts.Le résultat peut être élégant, ou kitsch, ou rococo, suivant la décision consciente du créateur, surtout pas naïf.Et lorsque Garry Knox Bennett planta un énorme clou, en guise de point d’exclamation, sur un meuble en bois précieux qui lui avait coûté des mois de travail — ce qui causa tout un émoi — il disait tout sur les bonheurs du savoir-faire artisanal et la nécessité de ne pas se prendre au sé- rieux.Célèbre entre autres pour ses horloges drolatiques, ses alliages détonants de matières et son esprit aventureux, Bennett (né en 1934) est d’ailleurs l’une des figures les plus typiques et les plus influentes de cette nouvelle génération, dont il est un peu le «mononcle».Grand, costaud, bedonnant, nonchalant, l’ex-sculpteur, dans Cut lnose, nous fait les honneurs de son atelier californien, le verre de vin quasiment vissé à sa grosse poigne.d’oii manque un bout de doigt.Brrr, les avatars de la bricole! m leurs profils se dessine en continuité et trace dans l’espace une frontière imaginaire séparant avec force le MBAM du futur occupant.«Si ces auvents sont marquants, c’est bien volontaire.J’ai même demandé à Gehry de recommencer: sa première esquisse était trop timide», explique M.D’Iberville Moreau.Depuis le temps que son Musée attend son pignon sur le centre-ville, ce n’est pas le moment de le faire arriver sur la pointe des pieds! Surtout quand la bannière est signée Gehry.L’auvent de Gehry ouvre sur Crescent, à gauche.Le bâtiment du MBAM est planté devant.) Le logo du MADM est aussi l’œuvre de Gehry.PORTES ET FENÊTRES FENÊTRES ARCHITECTURALES B A1C
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