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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-03-18, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR ?Le Feuilleton Page D3 Littérature québécoise Page D5 ?L’estampe fait un carton Page DU Formes Page D12 L E I) E V (HR, L E S S A M E D I 18 E T I) I M A N C 11 E I !) M A R S I !) !) 5 LITTÉRATURE AMÉRICAINE Scott Fitzgerald La lutte contre les circonstances HERVÉ GUAY Après la gloire soudaine qui l’a hissé au firmament des lettres américaines dans les années 20, la dégringolade de Scott Fitzgerald fut certes moins immédiate mais tout aussi spectaculaire.Au delà du mythe du talent gâché toutefois, l’auteur de Gatsby le Magnifique a surtout lutté — sa courte existence durant — contre les circonstances qui l’empêchaient d’écrire.Circonstances qui se sont avérées multiples et acharnées.Pourtant, tout allait lui réussir quand il entre à Princeton à 17 ans, en 1913.Dès son arrivée, il met son ambition démesurée au service des comédies musicales qui s’y écrivent et s’y jouent.11 néglige même ses études pour y briller.Mais la guerre survient et, surtout, il fait la connaissance de Zelda Sayre, dont il veut à tout prix faire la conquête.Dans un carnet, il note même ce dont il dispose pour séduire une jeune fille prestigieuse: «Je n’avais pas les deux choses qui comptent le plus — un grand magnétisme animal ou de l’argent.J’avais par contre les deu* choses qui viennent aussitôt après: l’intelligence et la beauté.» Et c’est là que la littérature intervient.Car Fitzgerald ne peut obtenir la main de la jeune fille très convoitée qu’après lui avoir prouvé sa valeur.11 y parvient en publiant, à 24 ans, L’Envers du Paradis, qui décrit cette «nouvelle génération vouée, plus que la précédente, à la crainte de la pauvreté et au culte de la réussite».Ce livre annonce également les nuages qui ne manqueront pas un jour d’obscurcir «le ciel cristallin et radieux» qui se dresse au-dessus de ses premiers héros.L’écrivain a déjà compris, comme l’écrit son biographe Matthew Bruccoli, que «le désenchantement et la désillusion sont les corollaires de l’aspiration».Les yeux embués Mais à l’époque, Fitzgerald a encore les yeux tout embués par Zelda et le succès de son premier livre.Le couple mène grand train, ce qui va bientôt obliger l’écrivain à écrire nouvelle sur nouvelle, dans le but, justement, de couvrir leurs dépenses somptuaires.Ainsi commence l’asservissement de Fitzgerald aux magazines qu’il tente de Imiter en monnayant de plus en plus cher ses textes.A côté de sa carrière commerciale, Fitzgerald continue néanmoins à écrire sérieusement.Paraît en 1922, son second roman, Les Heureux et les Damnés, qui préfigure à bien des égards sa déchéance et celle de Zelda.Les protagonistes insouciants de l’ouvrage, Anthony et Gloria, y dilapident leur fortune et leur jeunesse, à coup de soirées, si bien qu’à la fin, l’alcool a fait d’Anthony une loque tandis que la beauté de Gloria s’est dissoute dans les eaux du passé.Vient ensuite, en 1925, Gatsby le Magnifique, qui assoit pour de bon la réputation de Fitzgerald.Mais le mal est fait.Scott et Zelda ont trop fait la fête et trop brûlé la chandelle par les deux bouts, tant aux Etats-Unis que sur la Côte d’Azur.Il vont entamer leur descente aux enfers: lui aggrave son alcoolisme tandis VOIR PAGE D 2 : FITZGERALD $ k: pS ES RUES Uoréal riî s son n et.ï ü m 1?mss! v-'\ WWm lists W0M mm ES® DANIELLE LAURIN lui trouvant non sans raison une parenté avec notre monument national exilé en France, Anne Hébert.C’est la charge érotique de Marie suivait l’été qui avait unanimement et peut-être faussement étonné, et qui, il faut bien le dire, en avait fait se bidonner plusieurs sous cape.Eh! bien cette fois, qu’on se le tienne pour dit, Choses crues regorge de scènes de cul hétéro et homosexuelles confondues.Mais surtout, surtout, oubliez l’absence de sentiments et la froideur que l’on s’était empressé de souligner à la parution de Marie suivait l’été cette fois la directrice du Devoir fonce tête baissée dans l’amour, le vrai, le seul qui donne un sens à toute une vie.— C’est évidemment une histoire d’amour avant tout.C’est central au livre cette fois-ci.Mais vous savez, je revendique le droit aux deux.J’avais été assez choquée la première fois qu’on me reproche l’absence d’émotion.Comme si on ne pouvait pas écrire un roman à moins d’une grande tragédie.Dans la vie, tout n’est pas tragédie et on peut faire un roman avec des choses qui ne sont pas de grandes émotions.Dans le cas de mon deuxième roman, je pense que c’est assez tragique en partie, mais encore là, j’ai toujours beaucoup de retenue, parce que j’ai cette idée qui me gouverne qu’il faut savoir reconnaître les vrais drames.Choses crues, un roman d’amour, donc.Mais où est passé le roman sur la critique et les arts visuels tant redouté dans le milieu?Lise Bissonnette elle-même avait dévoilé lors de la parution de Marie suivait l’été que son deuxième roman évoluerait autour de cet axe-là.On at- PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR errière une porte sombre à numéros, je me suis engouffrée dans ce que les journalistes au Devoir surnomment, sourire en coin, «le coffre-fort»: un couloir aux multiples œuvres d’art désarmantes d’abstraction.Là, tout au bout, une porte encore, entrouverte.Debout dans l’embrasure, tailleur chic et boutons à dorures, la directrice du journal vaque avec un journaliste à ce qui ressemble à des affaires courantes.Il sort prestement, j’entre, hésitante.Sur une table, au fond de la pièce, une boîte scellée.—Je viens de recevoir mon livre.Je n’ai pas le droit d’ouvrir la boîte.Pas avant d’être rendue à la maison.Le roman, son deuxième, sera lancé quelques jours plus tard.Pour l’heure, la directrice du Devoir, dans sa peau d’auteure, trépigne, oserais-je dire, comme une adolescente.Déjà en 1992, avec Marie suivait l’été, son premier roman, Lise Bissonnette en avait surpris plus d’un.Non que la force de sa plume ait à quelque moment et de quelque façon été mise en doute.La journaliste détentrice de trois doctorats honoris causa avait depuis longtemps et bien avant ses éditoriaux-fleuve légendaires fait la preuve par neuf qu’une tête forte ne saurait établir sa crédibilité, travailler à penser le Québec sinon refaire le monde, sans un remarquable talent de scribe.Encore qu’il lui restait à braver autrement le milieu des affaires et celui de la politique, celui surtout de la culture qu’elle affectionne et donc malmène particulièrement.Ce qui en France fait partie de la tradition, mais demeure somme toute mal vu ici, fut fait: on consacra la journaliste écrivaine.Et la consécration eut lieu avec éclat: à l’unisson les critiques ont salué les dons d’écrivain de la journaliste, tendait, sinon un roman à thèse, du moins un roman à clés.On voyait déjà les têtes rouler.— Un roman n’est pas un éditorial, et s’il y a une chose que je n’ai pas voulu faire là-dedans, c’est une thèse.J’ai toute la place pour faire des thèses.Toute la place aussi pour faire tomber des têtes, l’exministre de la culture, Rita Dionne-Marsolais, l’a appris à ses dépens.Sans en faire une thèse, Lise Bissonnette n’a pas, on s’en doute, épargné le milieu restreint des arts visuels dans lequel ses personnages évoluent.Tout le roman tourne autour d’une lettre posthume que laisse François Dubeau, grand critique entre tous, une lettre-bilan où il dévoile au grand jour l’imposture qu’aura été sa vie, écorchant au passage ses confrères et ses amis artistes, aussi bien dire ses émules et ses poulains, qui furent aussi ses amants.— Il y a une sorte de jeu de la vérité là-dedans, il y a aussi une volonté de provoquer.Il a un regard parfois dur sur eux, mais jamais un regard cynique entièrement.Il les aime.C’est un milieu que j’aime aussi, beaucoup, et je sais la difficulté de la création, je sais la difficulté de l’artiste.Je sais leur petitesse et je sais leur grandeur aussi.Ce sont les gens les plus difficiles à vivre.Probablement que je le suis aussi.Elle se ravise.—.Quoique je ne pense pas que je sois si pire.Elle éclate de rire.VOIR PAGE D 2 : BISSONNETTE ¦ • j'î t; ïê lise bissonnette Nouveautés TRIPTYQUE Téléphone et télécopieur: 597-1666 Disponibles chez votre libraire! Émile Nelligan Poésies en version originale 303 p., 15$ L’édition que nous voies proposons se démarque de toutes les autres en présentant, par ordre chronologique de publication, la première version de tous les poèmes connus, un choix parmi les écrits d’hôpital et un rappel de l’influence que \elligan a eue sur plusieurs écrivains québécois.Dans la glace des autres Aline Poulin Dans la glace DES Al TRES (proses) 97 p.15$ Ce recueil de proses livre une dizaine d’instantanés de rie.tantôt superposés, tantôt juxtaposés, définis les uns par les autres, associés par différentes consciences.Dans la glace des autres interroge les multiples présences à soi et aux autres.Le livre donne raison à Prévert: •/! n y a pas de miroir objectif.» Bonne nuit, bons rêves, pas de puces, pas de punaises Sylvie Desrosiers Bosse sut.boss rêves.PAS DE PICES.PAS DE PISAISES (roman) 153 p.17$ «.Varie.Martine.Monique et les autres.I ne pétillante chronique de la trentaine féminine.on peut réellement s'attacher à ces personnages-miroirs de la société moderne.• Dominique Paupardin.La Presse ,ine vision bien québécoise et tout à fait moderne des interrogations des femmes dans la trentaine.» Andrée Poulin.Le Droit •Autant de chapitres sur les petits défauts et les interrogations des jeunes femmes d'aujourd'hui.Et pour une fois, les hommes peu rent écouter les confidences qu'elles s'échangent.• Cilles Crerier.Le Jonrnal de Montréal Émile Nelligan POÉSIES en version originale Édition prfptrtf par André Marqtals I I) 2 I, !•: I) E V (HR, I, E S S A M E I) I IK E T I) I M A N C II E I !> M A R S I I) !) 5 FITZGERALD Victime de jugements réducteurs LIVRES SUITE DE LA PAGE D 1 que son excentricité à elle se métamorphose en une série de graves dépressions nerveuses.Fitzgerald n’en interrompt pas pour autant ses projets d’écriture mais son rythme ralentit, surtout en ce qui a trait à sa production romanesque.Pour survenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il passe alors le plus clair de ses journées, quand il ne boit pas, à fournir en nouvelles les imprimés.Or, avec les années 30, son travail se déprécie.En bout de ligne, le romancier empiète tellement sur le temps à consacrer à Tendre est la nuit qu’il désespère de ne jamais mener l’ouvrage à terme: «Mon roman ressemblait à un rêve, s’éloignant chaque jour davantage.» Neuf ans après Gatsby a lieu la publication du roman attendu.La critique est assez bonne mais le public ne suit pas.Il faut dire que le romancier y fait preuve de moins d’éclat et de davantage de pessimisme.Les épreuves subies par Fitzgerald imprègnent du reste tellement l’ouvrage que l’auteur déclare en entrevue : «L’homme qui a commencé ce roman n’est pas celui qui l’a terminé.» Le reste de la vie de Scott Fitzgerald va s’inscrire à l’enseigne de la désagrégation jusqu’à sa mort prématurée, à 44 ans.Les rechutes de Zel-da, une nouvelle campagne, Sheilah Graham, du travail comme scénariste à Hollywood, les études de Scottie, sa fille, ponctuent ces dernières années pendant lesquelles il conçoit Le Dernier Nabab, qu’il laisse inachevé.Une trentaine de personnes assistent aux funérailles de celui dont l’Amérique célébrait le génie une vingtaine d’années auparavant.Reste pourtant de Fitzgerald pour plusieurs l’image d’artiste superficiel et de noceur invétéré.Il ne faut pas l’avoir lu attentivement pour porter sur lui ce jugement réducteur que traduisent, aujourd’hui encore, la plupart des couvertures de ses livres.Le style est lumineux, oui, les dialogues spirituels mais profonde et émouvante la désillusion qui saisit ses héros au détour du destin qui les a foudroyés.Heureusement, Matthew Bruccoli, dans l’édition révisée de son excellente biographie de Scott Fitzgerald, rétablit la valeur de l’œuvre et la stature de l’homme.Si ses débuts littéraires furent fulgurants, l’écrivain n’a pas re- noncé par la suite à se renouveler en dépit des difficultés qui s’amoncelaient autour de lui et en lui.Bien plus, Fitzgerald a eu le courage d’inscrire dans ses ouvrages «ce sentiment que la vie au fond est une tromperie, qu’elle ressemble fort à un échec avec tout ce que cela implique,et que cette défaite n’est rachetée ni par le “bonheur” ni par le “plaisir”, mais par les satisfactions plus profondes que procure la lutte».Raison pour laquelle ses livres sont toujours lus et continueront à l’être.Cette biographie nous apprend aussi des faits troublants à propos de la relation tumultueuse de Scott et de Zelda.Outre leur rivalité littéraire, Bruccoli soutient que Zelda aurait continuellement douté que son mari fût un écrivain de premier plan.Mais elle le laissa presque toujours retravailler les textes qu’elle faisait publier.Il obtenait souvent d’elle que les articles en question portent leurs deux signatures, ou encore uniquement F.S.F.C’était moins pour lui une question de s’en octroyer le crédit que de parvenir à soutirer un cachet plus élevé aux éditeurs.Bruccoli pulvérise aussi la théorie féministe voulant que Fitzgerald ait été le principal responsable de la folie de sa femmç.La réalité s’avère plus complexe.A ce sujet, le biographe cite de larges extraits des règlements de compte épistolaires auxquels se livrait le couple.Il rapporte de plus une de leur discussion orageuse, tenue sous l’égide du psychiatre de Zelda et notée par une sténographe.Cette dispute rend particulièrement bien compte de la tournure inextricable qu’avait prise leur union.Chose certaine, Fitzgerald ne s’est jamais remis non plus des dépressions de son épouse, tel que le révèle cette phrase tirée d’un de ses carnets: «J’ai abandonné ma faculté d’espérer sur les petits chemins qui mènent au sanatorium de Zelda.» L’écrivain a heureusement métamorphosé certaines de ses heures les plus noires en pages inoubliables.L’excellente biographie de Bruccoli le prouve à l’envi: il serait difficile d’imaginer meilleure introduction à l’œuvre admirable de Fitzgerald.F.SC01T FITZGERALD UNE CERTAINE GRANDEUR ÉPIQUE Matthew J.Bruccoli La Table Ronde, Paris, 1994,578 p.BISSONNETTE Avant tout une histoire d’amour SUITE DE LA PAGE I) 1 Ne craint-elle pas les réactions à son roman?— Oui, j’étais un peu craintive, je me demandais comment les gens dans le milieu allaient réagir.J’ai un petit côté ironique, bon.Mais il faut savoir prendre une distance.Moi-même, en faisant allusion au Devoir, je parle dans mon livre d’un journal qui se prend pour Le Monde.Il faut quand même avoir un regard un peu drôle sur nous-mêmes, un peu détendu.Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble, Choses crues est plutôt un roman sombre qu’un roman drôle.Mais n’allez surtout pas dire qu’il s’agit d’un roman sur le sida.— J’avais un peu peur de ça aussi.J’avais peur de l’effet de mode.Mais je n’avais pas le choix de faire mourir mon personnage du sida.Il est un fait que dans le milieu des arts, c’est de ça que les gens mouraient dans les années 80, surtout quand ils mouraient jeunes.C’est dans le milieu des arts que ça a commencé à frapper.Vous voyez le tableau derrière vous?Son auteur est mort du sida.Depuis plus d’une vingtaine d’années déjà Lise Bissonnette fraye dans le milieux des arts visuels.Initiée à l’art et particulièrement à l’art contemporain par l’homme qui partage sa vie et à qui elle a dédié ses deux romans, Godefroy-M.Cardinal, elle a fini par en faire, sinon une cause, du moins une passion.— Quand j’achète une œuvre d’art, je suis très éclectique.Je ne suis pas très intéressée à l’art politique, à l’art très engagé, ça m’ennuie beaucoup les gens qui essaient de faire des thèses avec l’art.C’est pour ça que j’ai beaucoup de difficulté avec l’art conceptuel.Tout ce qui essaie d’être à message m’agace.Lise Bissonnette insiste, elle n’a pas voulu immortaliser ni épingler dans son livre qui que ce soit en particulier.— Combien de gens m’ont dit: «Tu parles d’un tel» à propos de mon critique.Mais absolument pas.Il reste que quand on vit dans ce milieu-là, on voit passer une galerie de person- «Tous les détails sont vrais dans mon livre, mais l’histoire est totalement inventée.» « Ma Québécoise favorite.» Bernard Pivot SW ¦ De Paris à Montréal, un accueil chaleureux : « Denise Bombardier aura beaucoup contribué, et avec quelle fougue rugissante, à l'étude des sentiments.» Jean Chalon, Le Figaro littéraire « Nos hommes est en quelque sorte la suite logique de La Déroute des sexes et ramène le contentieux hommes-femmes sur un terrain plus personnel.» Mario Roy, La Presse « Nos hommes est un portrait de groupe avec dame.» Pierre Cayouette, Le Devulr « Un livre lucide, ingénieux, féroce, tendre, charnel.» François Nourissier, Le Point DENISE BOMBARDIER NOS HOMMES SEUIL 160 pages, 19,95 $ Les Éditions du Seuil ?nages et on leur imagine des vies.Tous les détails sont vrais dans mon livre, mais l’histoire est totalement inventée.Plus inventée encore que la première fois.Quant à la bisexualité de son personnage: — Je suis fascinée par tous les problèmes amoureux, toutes les sortes d’amour.J’ai beaucoup d’amis qui sont homosexuels et je comprends très bien que quelqu’un soit franchement homosexuel unilatéral.Mais je connais aussi des gens qui peuvent être ambivalents.L’ambivalence est dans beaucoup de gens aujourd’hui, même s’ils ne se l’avouent pas.Il y a un effet culturel dans l’homosexualité.Je pense que j’ai fait une phrase là-dessus, où je dis que si les hommes s’approchaient plus franchement de leurs amis, ils seraient en érection ou quelque chose comme ça, je ne sais plus comment je l’ai écrit.Parfois j’écris un peu crûment.Dans Choses crues justement: «Tu sais la peau des hommes, Vitalie, elle n’est douce que par endroits, les muscles saillent, la gorge est râpée.Il n’y a nulle part où se perdre sans se heurter.C’est la dureté qui fait monter le désir, et je crois aujourd’hui que la plupart des mâles banderaient s’ils s’approchaient sans contrainte de leurs amis.» La «Vitalie» du roman, surnommée ainsi par son amant en hommage à Rimbaud, se prénomme en réalité Marie.Il s’agit bel et bien de l’héroïne de Marie suivait l’été qui devient ici personnage secondaire, celle à qui est adressée la lettre-bilan qu’elle ne lira jamais.— Je voulais faire réapparaître Marie qui m’était familière.Je voulais faire rencontrer une femme à François et c’est elle que je connaissais bien.Puis je trouvais amusant, sans faire une suite à mon premier roman, de faire un retour, qu’il y ait un peu de continuité entre les deux.Je suis assez attachée à ce personnage-là, je l’ai porté longtemps.Parce que le premier roman, ça m’a pris des années à me décider à l’écrire, ça m’a pris quasiment 20 ans.Lise Bissonnette compte parmi les écrivains qui n’aiment pas écrire.— Je déteste chaque minute.Vous vous assoyez pendant des heures, il n’y a personne.Je trouve ça souffrant.Je ne suis pas quelqu’un qui se lève la nuit en disant «mon dieu, une inspiration!» Pas du tout.Je fais ça de 9 heures à midi pendant mes vacances.Je ne suis pas prise de transe, absolument pas.Je ne crois pas les gens qui disent qu’ils aiment écrire.Très souvent, je n’aime pas ce qu’ils écrivent, c’est trop facile le déversement de l’être sur le papier.Pour moi, chaque phrase est difficile.Je ne suis pas quelqu’un qui rature beaucoup, mais chaque phrase qui sort, sort lentement.Rien à voir avec le fait d’écrire un éditorial.— L’éditorial, c’est autre chose, c’est un métier.Même chose pour les conférences, je peux vous écrire un 25 feuillets en une journée.Lise Bissonnette la romancière raconte qu’on a tenté déjà, qu’on tente encore parfois, dans le milieu des af- faires, dans celui de la politique aussi, de miner sa crédibilité d’éditorialiste parce qu’elle écrit des romans.On lui a déjà dit par exemple, peu de temps après la publication de Marie suivait l’été, alors qu’elle était analyste invitée à la télé pour commenter le débat Bourassa-Parizeau sur l’accord de Charlottetown, accord, on s’en souvient, qu’elle avait décrié à grands cris dans Le Devoir jusqu’à son fameux NON énorme dans la page éditoriale, on lui a déjà dit que «ces choses-là, Madame, n’avaient rien à voir avec un roman».— Il y a vraiment un problème ici, au Québec.On a tendance à considérer que la littérature, l’art, la culture en général, c’est de la dentelle.Il y a un divorce entre le monde de la politique, le monde des affaires et le monde des arts, qui est vraiment un effet de la civilisation québécoise.Je n’ai pas besoin de revenir sur mes éditoriaux récents pour montrer que même le Parti québécois a fait des erreurs, une sur l’autre.La voila qui martèle le bureau au rythme de ses mots.— .Line sur l’autre, les erreurs.Pourquoi?Parce que la culture, c’est de la dentelle.Même un parti aussi supposément culturel que le Parti québécois, dont le fondement est culturel presque, a traité ça comme de la dentelle, comme des bébelles.Ils s’en repentent aujourd’hui, ils commencent à s’en rendre compte, voyez tout ce débat autour des artistes et du référendum.Chose certaine, s’il faut en croire Lise Bissonnette, ce n’est pas demain la veille qu’elle va se lancer en politique.— Je ne ferai pas comme Claude Ryan, qui disait que c’était irréversible, qu’il n’irait jamais en politique et qui deux mois plus tard y est allé.Ma réponse à moi, c’est non, cette vie-là ne m’intéresse pas, malgré l’amitié que j’ai pour les gens de ma génération qui sont là-dedans.Louise Beaudoin, Liza Frulla sont des amies, je les vois, j’aime beaucoup les rencontrer, j’observe beaucoup ce milieu-là, j’ai de l’admiration pour les gens qui sacrifient leur vie personnelle à ce point-là.Mais pour moi, la vie personnelle, ça compte beaucoup, c’est pour ça que j’aime mieux écrire des romans.La romancière connaît tant et si bien le milieu de la politique qu’elle pense à en faire la toile de fond de son prochain roman.On imagine sans peine tous ceux et celles, ses amis et amies y compris, qui pourraient se sentir visés.Lise Bissonnette tient à les rassurer.— On peut créer des personnages que personne ne pourra jamais reconnaître, des personnages hybrides.A moins que Lise Bissonnette se risque à écrire sur son propre milieu, le milieu journalistique.En attendant, elle sera ce soir à l’émission de sa bonne amie Denise Bombardier, Raison Passion.L’auteure de Nos hommes a sûrement sa petite idée, hy-bridité ou pas, sur les Choses crues de sa copine, sur le personnage à la sexualité débridée, en tout cas, qui casse du sucre sur le dos de ses amants.CHOSES CRUES Lise Bissonnette Boréal 138 pages EN BREF LA FRANCOPHONIE EN MARCHE La revue L’Année francophone internationale lancera son édition 1995 le lundi 20 mars à 17h30, au Musée de la civilisation (85, rue Dalhousie, Québec).L’événement aura lieu dans le cadre de la Semaine internationale de la francophonie, à l’occa- sion d’une rencontre organisée par l’Institut de l’énergie des pays ayant en commun l’usage du français.On soulignera le 25e anniversaire de l’Agence de coopération culturelle et technique.Le directeur de L’Année francophone internationale, M.Michel Têtu, présentera alors le quatrième numéro de cette publication qui existe depuis 1992.ACHÈTE P?ET VEND AU MEILLEUR PRIX H \( a r nflï in ri IJ I K bL liiul ü \ LU 1 DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD, ITEMS RARES ET DE COLLECTION 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET QUALITÉ 713 Mont-Royal Est, Mtl Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 523-6389 POÉSIE Lire et écrire IA MANIERE D’ETRE Claude Beausoleil, Montréal, Les Herbes Rouges, coll.«Poésie», 1994.LA VIE SINGULIÈRE Claude Beausoleil, Montréal, : > ; i Les Herbes Rouges, coll.«Poésie»)H 1994 DAVID CANTIN Claude Beausoleil est sans doute le poète le plus prolifique de sa génération.A ma connaissance, en moins d’un an, cinq recueils sont parus (dont quatre aux Herbfr^ Rouges), sans compter un roman a L’Hexagone.Dans ses deux derniers | titres, une interrogation sur la lectu-jî re et l’écriture entraîne cette parole*' qui cherche à rendre les moindres details d’un itinéraire quotidien.La Manière d’être se compose de deux parties, dont la première donne, son titre au recueil.En tout, plus de1 100 poèmes offrent de nombreuses, variations sur la solitude, le jour et le, temps autour d’un espace restreint, où l’impulsion créatrice émerge: Çe-lui de la «chambre de lecture», pour, reprendre le titre du dernier livre dje, François Tétreau.On retrouve au fil, des pages un désir explicite de nommer l’immédiat, à partir de considérations d’ordre affective et poétique;.«Une heure après midi / la rue s’agi-, te / il y a la date réelle / et le froid in:.' sensible / que je ne reconnais pas •/ lisant à l’intérieur / les textes du nao->1 ment / étalés sur des meubles / plus, précis que la page / enroulée sous, mes doigts.».L’ampleur lyrique qui, caractérise habituellement la poésie de Beausoleil fait place à dels., strophes assez courtes qui semblent varier arbitrairement.De mêrne,- le; vers se compose d’à peine quelques! mots, en privilégiant toutefois l'enjambement.Ce désir de faire brej peut surprendre après de nombreux.1 recueils au souffle débordant cojn-; ¦ me Une certaine fin de siècle (Mont-, réal, Le Noroît, 1983) ou S’inscrit, < sous le ciel gris er\ graphique de feu , (Trois-Rivières, Ecrits des Forges* i 1985)! , : • , ' Un plaisir indéniable d’écrire r.j:ij De toute évidence, il se dégage dp cette pratique un plaisir indéniable dans l’acte même d’écrire, devenant, par ce fait une activité intense ,et es-, sentielle qui retrace un vécu.A l’occasion, cet enthousiasme génère des poèmes achevés aux accents discrets; «La nature du jour / est dé , pousser la lumière / vers l’excèg dû midi / à entrer sous les toits / pour, donner en écho / à la forme dû-temps / un voile protégeant / la servitude du sens / un moment libérée / dans l’éclat du miroir.».Malgré se's • réussites, La Manière d’être n eyjte guère les lieux communs, lés ré-dites, les généralités, comme en Témoignent certaines réflexionsÿe Beausoleil, sur l’art poétique; «L’écriture comme la ville / déstabilisa le sens des choses», «La parole de moji poème / est le chant d’une mémoire».Ce discours familier inflige jui poème sa négligence et son statoj?-me, bien au-delà d’une véritable quiète individuelle.Une insouciance semblable refajt surface dans La Vie singulière bu Beausoleil traite, une fois de plüs>, de la réalité urbaine, en retraçant les divers états d’âme du «sujet amoureux».Le volume s’oüvre sûr une élégie bien tressée autour d’un mot qui résume une préoccupation fondamentale chez ce poète: «j’écris».«Le boulevard à cette ligure» et «cahier d’un ciel blessé» rassemble des poèmes épars suggérant une sorte d’improvisatijpüi contrôlée qui tourne sur elle-mêmf.Comme il le mentionne dans l’un de ses titres «tout parle d’amoufr», d’autres constats de ce genre créent un ton grandiloquent, qui ne vas pas sans narcissisme.On en vient à se demander si la question amoureuse, toujours délicate, permettra aux œuvres subséquentes d’élargir des horizons plutôt restreints?Malgré une réputation importante et des récompenses littéraires prestigieuses, la production de Claude Beausoleil se présente trop souvent sous le signe de l’abondance à tout prix.Il me semble qu’un choix plus judicieux ne pourrait qu’accentuer la justesse de certaines pages! VIENT de PARAITRE André Beaucha DANS LE MIROIR DU MONDE André Beauchamp 224 paf-es - 19,95 $ A (ravers une observation patiente de la vie quotidienne, l'auteur nous conduit à un dévoilement de la profondeur cachée de l’existence: symboles du temps, de la nature, de la vie au jour le jour, rites de passage.Dans son parcours, l’auteur signale la dimension religieuse du symbole et l’interprétation que la tradition chrétienne en propose.* MÉDIASRAUL CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ I.K I) K V OIK.I.K S S A M EDI I S K T I) I M A \ (’ II K I 0 M A li S I H H A I) O t) L 1 V R, E S - 1.E F E II I L L E T 0 N Le crime au plus-que-parfait ROBERT LÉVESQUE ?* SMALL G UNE IDYLLE D'ÉIÉ ,, Patricia Highsmith .z:iÇalmann-Lévy, 382pages CG est Gide qui disait — / bien avant la médiatisation sauvage du monde civilisé — qu’au-delà de huit cents exemplaires un écrivain était ¦ condamné au malentendu.Le cher Gide — que la fortune de sa femme rendait insouciant du por-t tefeuille — voulait dire que la fréquentation d’un auteur est chose intime1 et jamais affaire de mode ou de foule, qu’une voix ne s’impose qu’à des lecteurs attentifs, intelligents, cultivés, et que les grands tirages : multiplient les distorsions entre le si-; gnal émis par l’auteur et ceux reçus ¦i par les lecteurs.Ainsi a-t-on pris longtemps Sime-! non pour un auteur de romans de , gafequand c’était le styliste du banal, ainél croit-on qu’Ionesco a fait dans l’absurde quand il a ciselé dans la logique de l’angoisse, ainsi Tchékhov qui Voulait faire rire aux larmes ses contemporains et n’a connu le succès ; que lorsqu’ils se sont mis à pleurer 1 devant les mises en scène lentes et i mélancoliques de Stanislavski.Il ÿ â — dans ces affaires de mal-j entendu — le beau cas de Patricia Highsmith: c’est une Américaine du TeXâs qui a vécu sa jeunesse à New York avant de devenir nomade en : Europe (elle a fait ses nids en Grèce, j en Italie, en Angleterre, en France et en Suisse), c’est une femme qui est 1 morte le 4 février dernier à l’hôpital i de' LOcamo, à 74 ans, solitaire, alcoo-i liqiie et hostile, c’était une recluse, i une mutique, une misanthrope qui I aimait les chats et les potagers, les serpents et les faits divers, c’est une femme qui a écrit trente romans et noüvelles — classés trop vite au raÿdh du roman policier — et qui, car elle l’a voulu ainsi en dépistant la poHçe.des gazettes et des échos, échappe à tout essai de biographie.Cette femme secrète — qui est un grattd écrivain — illustre parfaitement l’aphorisme de Gide.Voilà un écrivain immense mais sous-classifié darts' le registre de la littérature, un écrivain aux forts tirages mais sous- estimé des historiens de la chose littéraire et qui, l’œuvre maintenant close sur elle-même, saura trouver sa place parmi les romanciers américains — elle a droit aux successions des Faulkner et Hemingway — et parmi les monstres sacrés de la dernière volée du XX'' siècle, je pense à Kundera et aussi à Thomas Bern-hard, créateurs comme elle d’insupportables légèretés de l’être sur fond d’angoisse haineuse.Philosophe de l’ennui et sociologue du suspense, Patricia Highsmith a su croiser ces sciences para-doxales-là dans une phénoménale façon d’écrire des histoires qui — peu importe le sujet et le crime — vous happent d’entrée, vous retiennent prisonnier d’un récit et vous libèrent en flagrant délit de complicité: quand on lit du Patricia Highsmith, on saute dans une entreprise de lecture assez stupéfiante, car chez elle au lieu de suivre une intrigue on s’immerge dans une réalité complexe, un univers que l’auteur, maniaque, pertinent, espiègle, pervers, vous expose dans ses détails les plus minuscules et ses puissances d’appréhension les plus efficaces.«Poétesse de l’appréhension plutôt que de la peur», disait d’elle Graham Greene qui n’était pas le seul écrivain à l’admirer.Cette appréhension, cette angoisse permanente, cette illusion de danger, elles vous saisiront à toutes les 382 pages du dernier roman que laisse Patricia Highsmith, un roman à cent lieues d’un adieu, un roman que l’on devra se forcer à imaginer en testament littéraire tant sa facture et son ton sont une régénération du style et de l’art de la romancière.C’est comme si, au dernier pavé, Patricia Highsmith livrait un ouvrage aussi frais qu’un premier roman, bouclant un parcours parfait au long duquel elle a conservé la forme de la débutante surdouée de 1949 qui avait su étonner Alfred Hitchcock avec L’Inconnu du Nord-Express.Ce n’est pas un roman policier, bien sûr.Le seul flic qui le traverse est un homosexuel marié qui débarque chez un gay de 46 ans, Rickie, à qui il donnait une heure auparavant une contravention pour excès de vitesse dans un quartier de drague, contravention qu’il va évidemment déchirer.Le seul meurtre a eu lieu à la première page: un garçon de 20 ans, Peter, poignardé à la sortie d’un cinéma par des drogués en manque; c’était l’amant de Rickie.Quelqu’un va mourir, aux deux tiers du récit, une femme d’âge mûr qui s’appelle Renate et dirige un atelier de couture, quelqu’un que tout le monde déteste dans le quartier, une chipie au pied bot et à la gueule sé- PAULINE HARVEY DANIELLE ROGER mmi LETTRES DE DEUX CHANTEUSES EXOTIQUES LES HERBES ROUGES / ROMAN LETTRES DE DEUX CHANTEUSES EXOTIQUES Deux femmes singulières, terriblement féminines.Patricia Highsmith vère, une lesbienne refoulée qui sous prétexte de la former — et parce qu’elle l’aime plus que tout — brime la liberté d’une jolie couturière de 19 ans qu’elle a sortie du ruisseau, cette Luisa, qui aimait Peter, qui fréquente Rickie, que courtisent Teddie et puis Dome.La reine du roman noir — dont les ouvrages dépassent le genre — a situé son dernier jeu dans la communauté gay de Zurich, autour d’un biergarten qui, le samedi soir, est envahi par une PHOTO IRMELI JUNG faune homosexuelle, gars et filles, plus ou moins étudiants ou dans les arts visuels, dans la publicité, la dèche ou la police.Le quartier s’appelle Ausser-shil, et le bar en question, Chez Jakob, est étiqueté «small g» dans les guides pour indiquer un bar gay non exclusif.On trouve alentour salons de thé et pi-queries d’héroïne, ateliers de couture et maisons de passe, c’est tisanes et gin tonie, c’est un caphamaüm de banlieue, ça sent le mazout et le patchouli, le chili con carne et le muguet, ça sombre dans le ragot et le who's who séropositif.C’est de la vie.C’est de la routine.C’est de l’angoisse.Patricia Highsmith nous plonge dans ce quartier d’Aussershil.Rickie est un designer de 46 ans, personnage autour duquel tout va tourner.Il y a Luisa, la petite main de chez Renate.11 y a Teddie, un gosse de riches qui débarque un soir chez Jakob et dont Rickie tombe amoureux après avoir «frisé l’infarctus» en le voyant sortir nu de sa salle de bains.Il y a Willi l’idiot du coin que Renate utilise à ses fins d’espionne enragée qui veut sortir Luisa de cet enfer de sexe.11 y a Dome qui boulote dans la rénovation avec un travelo et a un œil sur Luisa.Il y a Philip qui fait des partouzes entre gars et termine une thèse sur l’incommunicabilité.Il y a la secrétaire de Rickie, qui se réveille au Chianti.Faune, milieu, monde, micro-société, l’Aussershil de Patricia Highsmith est le Clichy d’Henry Miller ou le Vienne d’Arthur Schnitzler dans sa version suisse, années 90 et sida.On y coule des jours pas si tranquilles et c’est une ronde: les rendez-vous, les coups de fil, les samedis soirs, les bouffes et les sauteries, les mauvaises nouvelles et les conquêtes, les disputes et les surprises.Rickie sent cet été-là que le corps vieillit, que le temps casse cette illusion de carrousel.Cet été-là Rickie ne peut avouer son amour à Teddie et baise avec son flic qui le verbalise.Une idylle d’été.Ne cherchez ni crime, ni coupable, ni mobile dans Small g.Patricia Highsmith les a parfaitement dissimulés ces ressorts du polar, cette technique qu’elle maîtrise plus que n’importe qui mais qu’elle relègue depuis longtemps dans les roses, parce qu’elle en a marre des polars la très grande romancière d'Eaux profondes.La dernière habileté de Patricia Highsmith dans Small g c’est que seul le lecteur se rendra compte, s’il est perspicace, qu’il y a eu un crime, mais si parfait que sans préméditation il sera sans enquête; qu’il y a aussi un suspect, qui est le hasard; mais qu’il n’y a pas de mobile apparent, sinon, bien sûr, celui de la littérature.Mais je ne vous en dis pas plus.Olivier Roiin signera son dernier roman au Salon Olivier Rolin « Une écriture superbe, qui me fait penser à André Breton, pour un cri désespéré.» Bernard Kouchner, Libération « Ce livre porte-parole d'une génération est un vrai diamant.» Jacques-Pierre Amette, Le Point « Olivier Rolin parle remarquablement des lendemains qui déchantent, des vies à la dérive et surtout de ce sentiment qu'on appelait jadis la déréliction.» Jean Fugère, Sous la couverture, SRC PRIX FEMINA 1994 Seuil 128 pages, 22,95 $ Les Éditions du Seuil du livre de l'Outaouais : le jeudi 23 mars de 19 h à 20 h le samedi 25 mars de 14 h à 15 h le dimanche 26 mars de 13 h à 14 h Fiction & Cie Olivier Rolin Port-Soudan roman I logiques j Le Jeu éducatif Nil,till 111 (.K'M'MU'I tmsimj RTAtrrvrnfcs rRAIWJLRS IAJDIQUF Les éditions LOGIQUES JOLI K WH K AITRIMIKI SéIëi logiques nm.imiim: LO VS F II.S Kl ACTIVITÉS i nuTiQj a PÉDAGOGIQUE Les Éditions LOGIQUES Tél.:(5l4) 933-2225 Fax:(514)933-2182 LOGIQUES Qu’est-ce que le jeu ?Mesurer les compétences par le jeu Le Jeu pédagogique Nicole De Grandmont 168 pages • 18.95 $ «L'auteure.partisane de la pédagogie du jeu, nous aide à comprendre cette approche qui se veut respectueuse du libre choix de l’élève, de ses besoins ainsi que de son rythme d’apprentissage.» Apprentissage et socialisation Pédagogie du jeu Nicole De Grandmont 216 pages • 24,95 $ «L’auteure démontre bien la pertinence de l’utilisation du jeu en classé régulière et auprès des* élèves en adaptation scolaire et sociale.La lecture de ce livre nous amène à entrevoir le jeu comme un outil pédagogique important, sinon essentiel.» Benoit Patry, Québec français L’enfant s’exprime par le jeu On peut jouer et apprendre! Nicole De Grandmont 224 pages • 18,95 $ «Le livre de De Grandmont est un ouvrage qu’il est indispensable de connaître, notamment dans le domaine de l’adaptation scolaire.Il faut l’utiliser, le transformer au gré de ses intérêts et de ses besoins.Le monde scolaire s’est, sans contredit, enrichi d’un outil pratique et très accessible à tous les éducateurs.» Pauline Beaupré Revue des sciences de l'éducation Le Jeu ludique Nicole De Grandmont 176 pages • 18,95 $ «Ce manuel offre de judicieux conseils aux intervenants dont la mission consiste à accompagner et stimuler le développement intégral des enfants qui leur sont confiés.» Revue des sciences de l’éducation AIDER LE MONDE MOT À MOT ?CODE l'autonomie grâce â l'alphabétisation dans le monde en développement 1-800-661-2633 » I) 2 I.K I) K V Oil!.I.K S S A M K I) I I H K T I) I M A X < Il K I il M A li S I il il FITZGERALD Victime de jugements réducteurs L I V R E S SUITE DE LA PAGE I) I que son excentricité à elle se métamorphose en une série de graves dépressions nerveuses.Fitzgerald n’en interrompt pas pour autant ses projets d’écriture mais son îythme ralentit, surtout en ce qui a trait à sa production romanesque.Pour survenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il passe alors le plus clair de ses journées, quand il ne boit pas, à fournir en nouvelles les imprimés.Or, avec les années 30, son travail se déprécie.En bout de ligne, le romancier empiète tellement sur le temps à consacrer à Tendre est la nuit qu’il désespère de ne jamais mener l'ouvrage à terme: «Mon roman ressemblait à un rêve, s’éloignant chaque jour davantage.» Neuf ans après Gatsby a lieu la publication du roman attendu.La critique est assez bonne mais le public ne suit pas.Il faut dire que le romancier y fait preuve de moins d’éclat et de davantage de pessimisme.Les épreuves subies par Fitzgerald imprègnent du reste tellement l’ouvrage que l’auteur déclare en entrevue : «L’homme qui a commencé ce roman n’est pas celui qui l’a terminé.» Le reste de la vie de Scott Fitzgerald va s’inscrire à l’enseigne de la désagrégation jusqu’à sa mort prématurée, à 44 ans.Les rechutes de Zel-da, une nouvelle campagne, Sheilah Graham, du travail comme scénariste à Hollywood, les études de Scottie, sa fille, ponctuent ces dernières années pendant lesquelles il conçoit Le Dernier Nabab, qu’il laisse inachevé.Une trentaine de personnes assistent aux funérailles de celui dont l’Amérique célébrait le génie une vingtaine d’années auparavant.Reste pourtant de Fitzgerald pour plusieurs l'image d’artiste superficiel et de noceur invétéré.Il ne faut pas l’avoir lu attentivement pour porter sur lui ce jugement réducteur que traduisent, aujourd’hui encore, la plupart des couvertures de ses livres.Le style est lumineux, oui, les dialogues spirituels mais profonde et émouvante la désillusion qui saisit ses héros au détour du destin qui les a foudroyés.Heureusement, Matthew Bruccoli, dans l’édiüon révisée de son excellente biographie de Scott Fitzgerald, rétablit la valeur de l’œuvre et la stature de l’homme.Si ses débuts littéraires furent fulgurants, l’écrivain n’a pas re- noncé par la suite à se renouveler en dépit des difficultés qui s’amoncelaient autour de lui et en lui.Bien plus, Fitzgerald a eu le courage d’inscrire dans ses ouvrages «ce sentiment que la vie au fond est une tromperie, qu’elle ressemble fort à un échec avec tout ce que cela implique,et que cette défaite n’est rachetée ni par le “bonheur” ni par le “plaisir", mais par les satisfactions plus profondes que procure la lutte».Raison pour laquelle ses livres sont toujours lus et continueront à l’être.Cette biographie nous apprend aussi des faits troublants à propos de la relation tumultueuse de Scott et de Zelda.Outre leur rivalité littéraire, Bruccoli soutient que Zelda aurait continuellement douté que son mari fût un écrivain de premier plan.Mais elle le laissa presque toujours retravailler les textes qu’elle faisait publier.Il obtenait souvent d’elle que les articles en question portent leurs deux signatures, ou encore uniquement F.S.F.C’était moins pour lui une question de s’en octroyer le crédit que de parvenir à soutirer un cachet plus élevé aux éditeurs.Bruccoli pulvérise aussi la théorie féministe voulant que Fitzgerald ait été le principal responsable de la folie de sa femmç.La réalité s’avère plus complexe.A ce sujet, le biographe cite de larges extraits des règlements de compte épistolaires auxquels se livrait le couple.Il rapporte de plus une de leur discussion orageuse, tenue sous l'égide du psychiatre de Zelda et notée par une sténographe.Cette dispute rend particulièrement bien compte de la tournure inextricable qu’avait prise leur union.Chose certaine, Fitzgerald ne s’est jamais remis non plus des dépressions de son épouse, tel que le révèle cette phrase tirée d’un de ses carnets: «J’ai abandonné ma faculté d’espérer sur les petits chemins qui mènent au sanatorium de Zelda.» L’écrivain a heureusement métamorphosé certaines de ses heures les plus noires en pages inoubliables.L’excellente biographie de Bruccoli le prouve à l’envi: il serait difficile d’imaginer meilleure introduction à l’œuvre admirable de Fitzgerald.F.SCOTT FITZGERALD UNE CERTAINE GRANDEUR ÉPIOUE Matthew J.Bruccoli La Table Ronde, Paris, 1994,578p.BISSONNETTE Avant tout une histoire d’amour SUITE DE LA PAGE I) 1 Ne craint-elle pas les réactions à son roman?— Oui, j’étais un peu craintive, je me demandais comment les gens dans le milieu allaient réagir.J’ai un petit côté ironique, bon.Mais il faut savoir prendre une distance.Moi-même, en faisant allusion au Devoir, je parle dans mon livre d’un journal qui se prend pour Le Monde.Il faut quand même avoir un regard un peu drôle sur nous-mêmes, un peu détendu.Quoi qu’il en soit, dims l’ensemble, Choses crues est plutôt un roman sombre qu’un roman drôle.Mais n’allez surtout pas dire qu’il s’agit d’un roman sur le sida.— J’avais un peu peur de ça aussi.J’avais peur de l’effet de mode.Mais je n’avais pas le choix de faire mourir mon personnage du sida.Il est un fait que dans le milieu des arts, c’est de ça que les gens mouraient dans les années 80, surtout quand ils mouraient jeunes.C’est dans le milieu des arts que ça a commencé à frapper.Vous voyez le tableau derrière vous?Son auteur est mort du sida.Depuis plus d’une vingtaine d’années déjà Lise Bissonnette fraye dans le milieux des arts visuels.Initiée à l’art et particulièrement à l’art contemporain par l’homme qui partage sa vie et à qui elle a dédié ses deux romans, Godefroy-M.Cardinal, elle a fini par en faire, sinon une cause, du moins une passion.— Quand j’achète une œuvre d’art, je suis très éclectique.Je ne suis pas très intéressée à l’art politique, à l’art très engagé, ça m’ennuie beaucoup les gens qui essaient de faire des thèses avec l’art.C’est pour ça que j’ai beaucoup de difficulté avec l’art conceptuel.Tout ce qui essaie d’être à message m’agace.Lise Bissonnette insiste, elle n’a pas voulu immortaliser ni épingler dans son livre qui que ce soit en particulier.— Combien de gens m’ont dit: «Tu parles d’un tel» à propos de mon critique.Mais absolument pas.Il reste que quand on vit dans ce milieu-là, on voit passer une galerie de person- «Tous les détails sont vrais dans mon livre, mais l’histoire est totalement inventée.» « Ma Québécoise favorite.Bernard Pivot vm' De Paris à Montréal, un accueil chaleureux : « Denise Bombardier aura beaucoup contribué, et avec quelle fougue rugissante, à l'étude des sentiments.» Jean Chalon, Le Figaro littéraire « Nos hommes est en quelque sorte la suite logique de La Déroute des sexes et ramène le contentieux hommes-femmes sur un terrain plus personnel.» Mario Roy, La Presse .L « Nos hommes est un portrait de groupe avec dame.» Pierre Cayouette, te Devoir « Un livre lucide, ingénieux, féroce, tendre, charnel.» François Nourissier, Le Point DENISE BOMBARDIER NOS HOMMES 8EUII 160 pages, 19,95 $ Les Éditions du Seuil nages et on leur imagine des vies.Tous les détails sont vrais dans mon livre, mais l’histoire est totalement inventée.Plus inventée encore que la première fois.Quant à la bisexualité de son personnage: — Je suis fascinée par tous les problèmes amoureux, toutes les sortes d’amour.J’ai beaucoup d’amis qui sont homosexuels et je comprends très bien que quelqu’un soit franchement homosexuel unilatéral.Mais je connais aussi des gens qui peuvent être ambivalents.L’ambivalence est dans beaucoup de gens aujourd’hui, même s’ils ne se l’avouent pas.Il y a un effet culturel dans l’homosexualité.Je pense que j’ai fait une phrase là-dessus, où je dis que si les hommes s’approchaient plus franchement de leurs amis, ils seraient en érection ou quelque chose comme ça, je ne sais plus comment je l’ai écrit.Parfois j’écris un peu crûment.Dans Choses crues justement: «Tu sais la peau des hommes, Vitalie, elle n’est douce que par endroits, les muscles saillent, la gorge est râpée.Il n’y a nulle part où se perdre sans se heurter.C’est la dureté qui fait monter le désir, et je crois aujourd’hui que la plupart des mâles banderaient s’ils s’approchaient sans contrainte de leurs amis.» La «Vitalie» du roman, surnommée ainsi par son amant en hommage à Rimbaud, se prénomme en réalité Maine.Il s’agit bel et bien de l’héroïne de Marie suivait l’été qui devient ici personnage secondaire, celle à qui est adressée la lettre-bilan qu’elle ne lira jamais.— Je voulais faire réapparaître Marie qui m’était familière.Je voulais faire rencontrer une femme à François et c’est elle que je connaissais bien.Puis je trouvais amusant, sans faire une suite à mon premier roman, de faire un retour, qu’il y ait un peu de continuité entre les deux.Je suis assez attachée à ce personnage-là, je l’ai porté longtemps.Parce que le premier roman, ça m’a pris des années à me décider à l’écrire, ça m'a pris quasiment 20 ans.Lise Bissonnette compte parmi les écrivains qui n’aiment pas écrire.— Je déteste chaque minute.Vous vous assoyez pendant des heures, il n’y a personne.Je trouve ça souffrant.Je ne suis pas quelqu’un qui se lève la nuit en disant «mon dieu, une inspiration!» Pas du tout.Je fais ça de 9 heures à midi pendant mes vacances.Je ne suis pas prise de transe, absolument pas.Je ne crois pas les gens qui disent qu’ils aiment écrire.Très souvent, je n’aime pas ce qu’ils écrivent, c’est trop facile le déversement de l’être sur le papier.Pour moi, chaque phrase est difficile.Je ne suis pas quelqu’un qui rature beaucoup, mais chaque phrase qui sort, sort lentement.Rien à voir avec le fait d’écrire un éditorial.— L’éditorial, c’est autre chose, c’est un métier.Même chose pour les conférences, je peux vous écrire un 25 feuillets en une journée.Lise Bissonnette la romancière raconte qu’on a tenté déjà, qu’on tente encore parfois, dans le milieu des af- faires, dans celui de la politique aussi, de miner sa crédibilité d’éditorialiste parce qu’elle écrit des romans.On lui a déjà dit par exemple, peu de temps après la publication de Marie suivait l’été, alors qu’elle était analyste invitée à la télé pour commenter le débat Bourassa-Parizeau sur l’accord de Charlottetown, accord, on s’en souvient, qu’elle avait décrié à grands cris dans Le Devoir jusqu’à son fameux NON énorme dans la page éditoriale, on lui a déjà dit que «ces choses-là, Madame, n’avaient rien à voir avec un roman».— Il y a vraiment un problème ici, au Québec.On a tendance à considérer que la littérature, l’art, la culture en général, c’est de la dentelle.11 y a un divorce entre le monde de la politique, le monde des affaires et le monde des arts, qui est vraiment un effet de la civilisation québécoise.Je n’ai pas besoin de revenir sur mes éditoriaux récents pour montrer que même le Parti québécois a fait des erreurs, une sur l’autre.La voila qui martèle le bureau au rythme de ses mots.— .Une sur l’autre, les erreurs.Pourquoi?Parce que la culture, c’est de la dentelle.Même un parti aussi supposément culturel que le Parti québécois, dont le fondement est culturel presque, a traité ça comme de la dentelle, comme des bébelles.Ils s’en repentent aujourd’hui, ils commencent à s’en rendre compte, voyez tout ce débat autour des artistes et du référendum.Chose certaine, s’il faut en croire Lise Bissonnette, ce n’est pas demain la veille qu’elle va se lancer en politique.— Je ne ferai pas comme Claude Ryan, qui disait que c’était irréversible, qu’il n’irait jamais en politique et qui deux mois plus tard y est allé.Ma réponse à moi, c’est non, cette vie-là ne m’intéresse pas, malgré l’amitié que j’ai pour les gens de ma génération qui sont là-dedans.Louise Beaudoin, Liza Frulla sont des amies, je les vois, j’aime beaucoup les rencontrer, j’observe beaucoup ce milieu-là, j’ai de l’admiration pour les gens qui sacrifient leur vie personnelle à ce point-là.Mais pour moi, la vie personnelle, ça compte beaucoup, c’est pour ça que j’aime mieux écrire des romans.La romancière connaît tant et si bien le milieu de la politique qu’elle pense à en faire la toile de fond de son prochain roman.On imagine sans peine tous ceux et celles, ses amis et amies y compris, qui pourraient se sentir visés.Lise Bissonnette tient à les rassurer.— On peut créer des personnages que personne ne pourra jamais reconnaître, des personnages hybrides.A moins que Lise Bissonnette se risque à écrire sur son propre milieu, le milieu journalistique.En attendant, elle sera ce soir à l’émission de sa bonne amie Denise Bombardier, Raison Passion.L’auteure de Nos hommes a sûrement sa petite idée, hy-bridité ou pas, sur les Choses crues de sa copine, sur le personnage à la sexualité débridée, en tout cas, qui casse du sucre sur le dos de ses amants.CHOSES CRUES Lise Bissonnette Boréal 138 pages E N ?LA FRANCOPHONIE EN MARCHE La revue L’Année francophone internationale lancera son édition 1995 le lundi 20 mars à 17h30, au Musée de la civilisation (85, rue Dalhousie, Québec).L’événement aura lieu dans le cadre de la Semaine internationale de la francophonie, à l’occa- sion d’une rencontre organisée par l’Institut de l’énergie des pays ayant en commun l’usage du français.On soulignera le 25e anniversaire de l’Agence de coopération culturelle et technique.Iœ directeur de L'Année francophone internationale, M.Michel Têtu, présentera alors le quatrième numéro de cette publication qui existe depuis 1992.ACHÈTE O ET VEND AU MEILLEUR PRIX m Sm.JfcC SR 1 DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD, 1« •é ITEMS RARES ET DE COLLECTION s?Métro Sherbrooke 849-1913 Métro Mont-Royal 5234)389 li iîï P O E S I E Lire et écrire LA MANIERE D'ÊTRE Claude Beausoleil, Montréal, Les Herbes Rouges, coll.«Poésie», 1994.LA VIE SINGULIÈRE Claude Beausoleil, Montréal, : ; \ Us Herbes Rouges, coll.«Poésie») *-1994 DAVID CANTIN Claude Beausoleil est sans doute le poète Je plus prolifique de sa génération.A ma connaissance, en moins d’un an, cinq recueils sont parus (dont quatre aux HerbH Rouges), sans compter un roman L’Hexagone.Dans ses deux derniers J titres, une interrogation sur la lectu-;l re et l’écriture entraîne cette parpU»' qui cherche à rendre les moindres détails d’un itinéraire quotidien.Im Manière d’être se compose de deux parties, dont la première donne son titre au recueil.En tout, plus de 100 poèmes offrent de nombreuses, variations sur la solitude, le jour et le, temps autour d’un espace restreint, où l’impulsion créatrice émerge: Celui de la «chambre de lecture», pour reprendre le titre du dernier livre dpi François Tétreau.On retrouve au fil, des pages un désir explicite de nommer l’immédiat, à partir de considérations d’ordre affective et poétique;.«Une heure après midi / la me s’agite / il y a la date réelle / et le froid jn-, sensible / que je ne reconnais pas / lisant à l’intérieur / les textes du rao-> ment / étalés sur des meubles / plus, précis que la page / enroulée sous, mes doigts.».L’ampleur lyrique qui, caractérise habituellement la poésie de Beausoleil fait place à dels, strophes assez courtes qui semblent varier arbitrairement.De même, le vers se compose d’à peine quelques! mots, en privilégiant toutefois l’çn-jambement.Ce désir de faire bre,f peut surprendre après de nombreux recueils au souffle débordant com-, me Une certaine fin de siècle (Mont-i réal, Le Noroît, 1983) ou S'inscrit sous le ciel gris en graphique de feu j (Trois-Rivières, Ecrits des Forges,, 1985)! I , I Un plaisir indéniable d’écrire De toute évidence, il se dégage de ,j cette pratique un plaisir indéniable y dans l’acte même d’écrire, devenant 3 par ce fait une activité intense ,et es-, j sentielle qui retrace un vécu.A l’oc- | casion, cet enthousiasme génère des poèmes achevés aux accents djs- • crets; «La nature du jour / est de pousser la lumière / vers l’excès du midi / à entrer sous les toits / pour, donner en écho / à la forme d.ü temps / un voile protégeant / la servitude du sens / un moment libérée / dans l’éclat du miroir.».Malgré ses réussites, Im Manière d'être n’éyjte guère les lieux communs, les redites, les généralités, comme enjé-moignent certaines réflexions,ÿe Beausoleil, sur l’art poétique; «L’écriture comme la ville / déstabilisa le sens des choses», «La parole de mon poème / est le chant d’une mémoire».Ce discours familier inflige Jui poème sa négligence et son statisme, bien au-delà d’une véritable q(iê-te individuelle.Une insouciance semblable relâjt surface dans La Vie singulière pii Beausoleil traite, une fois de plus, de la réalité urbaine, en retraçant les divers états d’âme du «sujet amoureux».Le volume s’ouvre sûr une élégie bien tressée autour d’un mot qui résume une préoccupation fondamentale chez ce poète: «j’écris».«Le boulevard à cette h$u-re» et «cahier d’un ciel blessé» rassemble des poèmes épars sugjjé-rant une sorte d’improvisati$wi contrôlée qui tourne sur elle-même.Comme il le mentionne dans l’tm de ses titres «tout parle d’amouf», d’autres constats de ce genre créent un ton grandiloquent, qui ne vas pas sans narcissisme.On en vient à se demander si la question amoureuse, toujours délicate, permettra aux œuvres subséquentes d’élargir des horizons plutôt restreints?Malgré une réputation importante et des récompenses littéraires prestigieuses, la production de Claude Beausoleil se présente trop souvent sous le signe de l’abondance à tout prix.II me semble qu’un choix plus judicieux ne pourrait qu’accentuer la justesse de certaines pages! VIENT de PARAÎTRE André Beauchamp DfW i: LE IVIIROJH DU NÏOl IDE Symbole» et rite» de la v»e quotidienne DANS LE MIROIR DU MONDE André Beauchamp 224 panes - IV.VS $ À travers une observation patiente de la vie quotidienne, l’auteur nous conduit à un dévoilement de la profondeur cachée de l’existence: symboles du temps, de la nature, de la vie au jour le jour, rites de passage.Dans son parcours, l’auteur signale la dimension religieuse du symbole et L interprétation que la tradition chrétienne en propose.MÉDIASPAUl CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ mmm M : ¦ .¦ Téléc.: 1781, roc Albin Michel i Il était une fois les années 70.Gaston Saint-Pierre s’évertue depuis plusieurs années à éclairer et à remettre en piste notre mémoire historique qui vit en accéléré mm -*nr~ NADEAU PHOTO Artistes dé Montréal, Toronto, Halifax, Çalgary et Vancouver L’Atelier Circulaire vous invite A I’exposition LITHOGRAPHIE Dû 19 MARS AU 14 AVRIL I ,a Galerie de l’Atelier est OUVERTE TOUS LES JOURS DE llHÀ 17h 40 Molière est (métro df.Castelnau) : 272-8874 L’Atelier Circulaire • EST EN NOMINATION pour le Grand Prix 1994 du Conseil des Arts de la Communauté Uriuine de Montri-al Avec la participation du Conseil des Arts et :s l ettres du Quchcc-ct du Conseil des Arts nant des boules jaunes, leur matérialité, leurs traces sur la pelouse, les ! changements d’échelles, les modalités financières propres à la circula- , tion des œuvres d’art conduisent i l’artiste à s’intégrer à leur procès de ! fabrication comme à inscrire sa ; condition dans la société.Vingt ans ‘ après, où en sommes-nous?Gaston ! Saint-Pierre se prépare à y répondre j en pensant à une exposition qui ! viendrait rendre compte d’un réel ! métaphorique à l’œuvre dans cer- i taines pratiques des années quatre- ! vingt et quatre-vingt-dix.Elles sont ‘ corrodées cependant par deux -choses que nous connaissons tous ’ trop bien: l’inquiétude et l’incertitu- ' de.Et ainsi de suite.4 •l » < 4 PHOTO JACQUES NADEAl) £ L’Heure fixe, une œuvre d’Edmun Alleyn exposée à la Galerie Chassay.« La réalité dépasse la rumeur.L’exposition Et ainsi de suite qui se tient simultanément à la galerie Christiane Chassay et chez Circa est l’événement en arts visuels de l’année.Remarquable à tous les niveaux, il prouve que deux galeries aux mandats différents peuvent s’engager dans un processus d’échanges et de dialogues enrichissants et réactualiser, avec une ardeur et un souffle rares, notre passé récent.Maître d’œuvre de cette double exposition — que l’on aurait pu retrouver dans un musée, tout le monde le chuchote à l’oreille de tout le monde — on retrouve l’excellent commissaire et critique d’art Gaston Saint-Pienœ.On connaît la logique de sa résistance à l’instantané à travers les expositions Naissance et persistance, la 'sculpture au Québec, 1946-1961 (asjpc Lise Lamarche) au Musée du Québec, Vues d’ensemble au CIAC en!!l992 ou bien, plus récemment ch^z Christiane Chassay, Edmund j]- ti Maître d’œuvre de cette double exposition — que l’on aurait pu retrouver dans un musée, tout le monde le chuchote à l’oreille de tout le monde — on retrouve l’excellent commissaire et critique d’art Gaston Saint-Pierre.exposition Québec 75 conçue et organisée par l’historien d’art Normand Thériault.Tout se tient donc.L’histoire rattrape l’histoire.Et ainsi de suite pour notre plus grand bonheur.L’art-attitude Il résulte de la cohérence de ces expériences avec le temps, qui arrivent à s’affranchir d’une historicité picturale et sculpturale traditionnelle puis d’une certaine tutelle moderniste, une immense fraîcheur.Celle-ci est teintée parfois (pour nous) d’un brin de nostalgie, mais surtout d’une capacité fertile à évaluer déjà les enjeux de l’art conceptuel que ces démarches définissent, comme la notion d’installation qu’elles anticipent.L’art n’est plus seulement un objet, mais une attitude dictée par un dépassement des recherches antérieures.Ainsi de Françoise Sullivan qui nous présente une des œuvres les plus émouvantes de l’ensemble.Une série de trente-deux photos noir et blanc prises entre le Musée d’art contemporain à la Cité du Havre et le Musée des beaux-arts sur la rue Sherbrooke où exposaient à ce mo-ment-là Denis Juneau et Guy Mont-petit, nous refait faire mentalement et symboliquement le chemin parcouru (dans lequel les repères deviennent confus d’ailleurs) entre les deux établissements.La photographie vient enregistrer la dérive situa-tionniste d’une artiste qui cherchait à ce moment là à se dégager de la pratique habituelle de la sculpture et de la peinture — à laquelle elle reviendra au début 1980.Le système clos du milieu est, par ailleurs, visé par Robert Walker avec beaucoup d’acidité dans Is Politics Art?.Un acte de subversion des systèmes politiques et une affirmation sur les arts visuels qui en font partie dans des photos (il y en a beaucoup dans l’exposition, ce qui prouve également l’intérêt grandissant pour la valeur de documentation du réel de ce médium) prises au cours de vernissages entre 1974 et 1975 par Walker et fréquentés par des personnalités majeures.Critiques d’art, gale-ristes et directeurs de musées, artistes, (et même Margaret Trudeau!) dont il viendra serrer la main avec vigueur.Comment d’ailleurs l’environnement agit-il sur l’individu?Edmund Alleyn réfléchit depuis ion-temps sur le mécanisme de notre univers machinique.Dans ses silhouettes archétypales, ses schémas de circuits électroniques, le créateur de Untroscaphe — une sculpture publique et machine à sous très popu- tine, la transmission d’une action, la prise en charge du hasard .et l’humour.«Les œuvres que j’ai sélectionnées répondaient toutes en fait aux questions du temps réel mais de manière différente, explique Gaston Saint-Pierre.C’est vrai qu’au-delà du plaisir d’organiser une telle exposition où j’ai dû écarter des pièces qui avaient soit disparu, soit qui ne correspondaient pas à la thématique, il y a une volonté de cerner une période méconnue en arts plastiques, qui est, et aussi bizarre que cela puisse paraître, celle des années soixante-dix.De prendre aussi une distance critique vis-à-vis ces œuvres et de les relire pour mieux comprendre ce qui arrive aujourd’hui.Cette idée de travailler sur cette période s’est également confirmée lorsque j’ai com- mencé à observer des images, à voir des productions qui correspondaient à des démarches bien particulières.» Et ces propositions fortes appartiennent à des artistes qui sont toujours actifs sur la scène des arts visuels.Celle-ci, qui avait la bougeotte facile début soixante-dix, se cristallisait essentiellement à Montréal autour d’expositions isolées telles que Les Moins de trente-cinq, Québec Underground, Camera Art, de l’ouverture de Véhicule Art, entre autres, de la présence de la galerie Média.Et certains, tels que Irene Whittome, Edmund Alleyn, Robert Walker, Bill Vazan et Suzy Lake, qui étaient déjà connus ou qui démarraient une nouvelle pratique au tournant des deux dernières décennies, faisaient partie, simple coïncidence, de la fameuse Alleyn: oeuvres médiatiques 1965-1975.C’est que Saint-Pierre s’évertue depuis plusieurs années à éclairer et à remettre en piste notre mémoire historique qui vit en accéléré.Et ainsi de suite est en fait une découpe dans le temps, mais le temps réel que les dessins, sculptures, photographies, media-mixtes exposés ici abordent suivant le même principe: 'son inscription littérale dans l’œuvre à laquelle s’ajoutent plusieurs notions.La série, la répétition, l’idée du quotidien et par extension de la rou- DU 17 AU 30 MARS: SUSAN FEINDEL DU 31 MARS AU 20 AVRIL: JACQUES PAYETTE GALERIE L’AUTRE ÉQUIVOQUE 333, rue Cumberland Ottawa TÉL: (613) 789-7145 DU LUNDI AU SAMEDI DE 10 H À 17 H 30, LE DIMANCHE DE 13 H À 17 H 30 EXPOSITION ANN McCALL 20 ans de sérigraphie Jusqu 'au 25 mars WADDINGTON & GORCE 2155.rue Mackay Montréal, Québec Canada H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 Fax:(514)847-1113 Kltti* Brun«*u œuvres récentes Vernissage mardi le 21 mars à 17h jusqu'au 9 avril DIDACTART, Complexe du Canal Lachine 4710, Saint-Ambroise, local 334 - Tél.: 937-8093 Mardi au vendredi: 12h à18h Samedi ef dimanche: 13h à 17h MARIE - CHRYSTINE LANDRY * J Trois temps.Vues de la rive jusqu’au 8 avril 1995 G A L E R I E G R AF F 963 Rachel est, Montréal, H2J 2J4 (514) 526-2616 mercredi; vendredi 11 hOO-18h()0, samedi 12h()0-17h()0 Nouvelle adresse Galerie Elca London 1196, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A 1H6 • (514) 282-1173 Du MARDI AU VENDREDI DE 10 H A 17 II 30, LE SAMEDI DE 10 II À 17 II Art & Antiquités d'Asie- 2159, rue Mackay Montréal, Qc H3G2J2 Tél.: (514) 843-6312 (514)689-3428 Fax.: (514) 689-3428 ¦¦ mm H SB En collaboration avec les Belles Soirées de l'Université de Montréal A LA DÉCOUVERTE des Musées du Connecticut animé par Monique Gauthier du 4 au 8 mai 1995, 599 $ p.p.occ.double Voyage littéraire en Provence animé par Andrée Lotey du 16 au 30 juin 1995, 2 I 99 $ p.p.occ.double I.E I) E V DIR.I E S S A M EDI IR E T D I M A N (’ Il E I !> M A R S I !» !» f> ¦f' TW iSik i ¦ ¦.' ,vV.: JËtr-'v M î *’ SOURCE MUSÉE DES BEAUX-ARTS - l-.-, PMR ¦££0 LE SÉMINAIRE DES JARDINIERS Vo.s pouces verts commencent à vous démanger?L’École d’architecture de paysage de l’Université de Montréal propose un séminaire de formation continue de deux journées, vendredi et samedi prochains, les 24 et 25 mars, intitulé «Végétaux et paysages urbains».Six conférenciers, dont cinq de Montréal plus l’expert américain James Randolph Urban, de réputation internationale, dit-on, prodigueront leurs conseils, destinés surtout à des professionnels (paysagistes, urbanistes, agronomes, etc.) et des étudiants.I.es sujets abordés concerneront la biodiversité des boisés urbains, l’architecture et le design faits avec des végétaux, les techniques innovatrices de plantation, les espèces prometteuses, la gestion et l’évaluation des projets d’aménagement, ainsi que les clés d’une conception intégrée.Bref, un chouette séminaire pour le maire (mais le communiqué ne dit pas s’il s’est inscrit!).Les inscriptions, de 225 $ pour les pros et de 50 $ pour les étudiants, comprennent les exposés médiatisés, les notes de cours, les goûters pendant les pauses et le déjeuner du samedi.On s’informe et s’inscrit auprès de Johanne Roy, (514) 343-6887.EXPOS EN VRAC Plusieurs expositions ont débuté ou débuteront ces jours-ci, concernant un aspect ou l’autre du design, de l’architecture ou de l’urbanisme.Pour continuer dans l’esprit pouce vert, signalons qu’au Complexe Desjardins, à partir de lundi prochain 20 mars, les étudiants de l’Institut de technologie agro-alimentaire de Saint-Hyacinthe transformeront la grand-place en un immense jardin-expo, avec cîes meubles, des idées d’aménagement et, ce qui intéressera les paysagistes professionnels, de nouvelles variétés d’arbustes.Depuis mercredi, le Centre du design de l’UQAM présente un florilège des travaux de graphisme des professeurs de l’Université (200, nie Sherbrooke Ouest), tandis que dans le Vieux Montréal se tient une exposition-vente d’œuvres de grands maîtres du design, meubles et accessoires «parmi les plus significatifs du mouvement moderne» (au 105, Saint-Paul Ouest, 3‘‘ étage).Enfin, à la Galerie du service des activités culturelles de l’Université de Montréal (2332, bout.Édouard-Montpetit), on expose des projets en architecture et design qui tournent tous autour d’une question fort intéressante et rarement abordée: l’expérience urbaine des femmes.CONFERENCES A CHAUD Certaines conférences parlent du lointain.d’autres abordent des sujets chauds, chauds, chauds! Ce sera le cas des celles qui se donnent, par le plus pur des hasards, toutes deux le 23 mars, à l’Université de Montréal, et dans le même local, salle 2040 du pavillon du 5620, avenue Darlington.Le «midi de l’urbanisme» proposé comme chaque jeudi par l’Institut de l’urbanisme (de 12h à 13h30) portera cette fois sur la mise en valeur du site de l’ancienne gare Jean-Talon.Les conférenciers seront Marie-Claude Barrette et Martin Fournier.Le soir, à 18h, c’est au tour de l’École d’architecture de prendre le relais avec l’architecte montréalais Gilles Saucier qui présente ses travaux récents, et il y en a une floppée! Sophie Gironnay s •- ! ne i t •J.-’ ihJ .¦i '[ SâTSïGiH • >: I i yji-jnîri rihiM-i.• hu,/ ’,• ::r , , r _axta t DIETER APPEL.T.De la séquence de Erinnerungsspur (Trace de la mémoire).1977-79.L’estampe fait un carton Les plus belles pièces de la Société des collectionneurs d'estampes de Montréal au MBA STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Sublime et pervers, tout à la fois.L’œuvre reproduite ci-contre s’intitule Perversité.C’est une eau-forte d’Odi-lon Redon, réalisée il y a un peu plus d’un siècle, en 1891.Une œuvre puissante mais étrange, elle-même en quelque sorte perverse, donc, puisque la précision quasi naturaliste du style laisse tout de même place à l’ambiguïté: la tête est gracieuse, mais elle laisse comme un arrière-goût d’anxiété et de menace.Ici, encore, Redon a parfaitement suivi son mot d’ordre esthétique de «tout faire en art par la soumission à la venue de l’inconscient».Cette œuvre est une des pièces maîtresses de l’exposition Le Goût de l'estampe, présentée dans deux petites salles du pavillon Benaiah Gibb du Musée des beaux-arts de Montréal (MBA).L’événement a été inauguré la semaine dernière et sera en place jusqu’au 23 avril prochain.Le Goût de l’estampe rassemble 90 œuvres réalisées du XVe siècle à nos jours, aussi bien par les monstres sacrés de l’Occident que par les plus remarquables artistes du Québec, de Rembrandt, Goya et Klee à Taylor, de Dürer, Pira-nèse et Bonnard à Brandtner, de Fragonard, Daumier et Matisse à Clarence Gagnon.La plus vieille, La Crucifixion, d’Israël van Meckenem, est datée de 1480.La plus récente, une sérigraphie d’Alfred Pellan, cje 1968, est intitulée Eléments.Et c’est tout.L’exposition ne gravite pas autour d’un thème précis ou d’une quelconque technique.On y retrouve aussi bien des œuvres sur des sujets bibliques (Lucas van Leyden, Hendrick Goudt, Rembrandt ou Tiepolo) que d’autres dans la veine mythologique (Hans Sebald Beham, Ugo da Carpi).Aussi bien des scènes de genre (Adriaen van Ostade, Cornelis Dusart, Nicholas Berchem, Canaletto, Fragonard) que d’autres en odeur de critique sociale (Hogarth, Daumier, Goya, Taylor).Autant des essais érotisants (Matisse, Buller) que des représentations architecturales (Piranèse, Méryon).De véritables trésors Il y a de véritables trésors dans tout ça.Par exemple, deux sujets tirés de La Petite Passion sur bois de Dürer et une énigmatique gravure intitulée Quatre femmes (ou encore Les Quatre Sorcières), datée de 1497.L’interprétation de cette œuvre a fait couler des centaines de litres d’encre depuis la Renaissance.On y voit donc quatre femmes, mais aussi un crâne et un démon.La feuille a été gravée pendant une période intense de chasse aux sorcières et tout juste onze ans après la publication du premier traité de démonologie, le Malleus Maleficarum de Henry Institoris et Jacques Sprenger.L’une des quelque seize éditions allemandes du traité fut réalisée un an avant Les Quatre Sorcières, par l’oncle du génie, Anton Koberger.Une preuve supplémentaire que la raison, tant prisée par les humanistes, avait déjà sa part d’ombre, elle aussi.On peut également s’attarder longtemps devant les deux Ribera (Grosse tête grotesque et l’insoutenable Martyre de saint Barthélemy), les quatre eaux-fortes de Rembrandt, dont un autoportrait, l’une des prisons imaginaires {La Tour ronde) de Piranèse, un grand et un petit paysage de Canaletto et te Quatre Temps de la journée de Hogarth.Il faut aussi contempler jQue se llevaron! de Goya, une œuvre inquiétante qui vaut à elle seule le déplacement.Et puis les belles gravures du Québécois Frederick B.Taylor, célébrant le travail ouvrier et l’effort de guerre ca- Perversité, une estampe d’Odilon Redon.nadien {The Welder et Two Chippers, de 1944).Et le plus beau dans tout ça, c’est que toutes ces œuvres viennent de collections privées québécoises.Il s’agit en fait de «pièces choisies de la Société des collectionneurs d’estampes de Montréal» (SCEM), comme l’explique le sous-titre de l’exposition.Cette société a été fondée en 1983, quand des collectionneurs qui se réunissaient déjà sur une base informelle ont décidé d’officialiser leur groupe de rencontre et de faire connaître leur amour de l’estampe au public.Les amateurs éclairés se donnent maintenant rendez- vous huit fois par année pour assister à des conférences et participer à des réunions de discussion, en plus d’organiser des démonstrations données par des artistes, des visites de musées ou d’autres activités pédagogiques du genre.Depuis le début de la décennie, chaque automne, la Société présente aussi une foire de l’estampe réunissant des marchands et des artistes.Le fait qu’il soit beaucoup plus facile de se procurer une estampe qu’une œuvre d’art unique ouvre la porte aux collectionneurs moins fortunés.Presque tous peuvent même logiquement espérer constituer des regroupements complets autour d’un thème ou d’un artiste.Et ce n’est pas d’hier.La SCEM renoue en fait avec une importante tradition.L’amateur d’estampes a une longue histoire, de l’abbé de Marolles, qui dut céder sa propre collection à Louis XIV, au baron de Rothschild, dont les pièces ont été léguées au Louvre.Plusieurs techniques En Amérique du Nord, les club d’aquafortistes sont apparus dès le premier tiers du siècle dernier.À Montréal même, des collectionneurs d’estampes étaient actifs dès 1880 et c’est grâce à leurs dons que la collection d’estampes de l’Art Association of Montreal (l’ancêtre du MBA) fut créée en 1918.L’exposition Le Goût de l’estampe est d’ailleurs présentée dans le Cabinet des dessins et des estampes du Musée.Ce travail est en soi une excellente introduction à cet art.On retrouve d’instructifs panneaux didactiques et même une vitrine bourrée des outils développés et utilisés par les artistes depuis des siècles.L’estampe est le résultat de l’impression d’une image à partir d’un support sur un autre.On peut par exemple graver une image sur du cuivre et la transférer sur papier, ou dessiner sur pierre et reporter sur tissu.On distingue généralement trois techniques (et leurs dérivés) pour réaliser des estampes ou des gravures, soit en relief (taille d’épargne), soit en creux (taille-douce), soit à plat.L’ensemble des techniques traditionnelles sont représentées dans Le Goût de l’estampe, de la pointe sèche à la gravure sur bois, du mezzo-tinto à l’aquatinte, de la sérigraphie à la lithographie.Une grande part des œuvres de l’exposition du MBA appartient toutefois à la technique dite de l’eau-forte.Il s’agit d’un procédé de taille-douce, mais indirecte, à l’aide d’un vernis protecteur et d’un acide.L’artiste décape alors une plaque de métal, la chauffe et y étend une couche de vernis.Il dessine ensuite sur le vernis sec avec une pointe, en enlevant une mince pellicule qui met le métal à nu.La plaque est finalement plongée dans un bain acide, débarrassée de son vernis et encrée, pour le tirage d’un œuvre parfois sublime et perverse, tout à la fois, comme celle-ci, d’Odilon Redon.angela Grauerholz MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL JUSQU'AU 23 AVRIL LE PASSAGE DE LA PHOTOGRAPHIE AU RÊVE mardi au dimanche de 11 h à 18 h mercredi de 11 h à 21 h (ENTRÉE LIBRE À COMPTER DE 18 H) Ces soirées gratuites SONT PRÉSENTÉES PAR Les^ du Maurier Ltée TfrB droits d'entrée : 5 $ MÉTRO PLACE-DES-ARTS renseignements : (514) 847-6212 1er MARS-14 MAI 1995 L'exposition organisée par The Art Institute of Chicago est rendue possible grâce à la Lannan Foundation de Los Angeles ainsi qu'à la Lufthansa German Airlines et à l'Institut fur Auslandsbeziehungen de Stuttgart.Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.MUSÉE DU QUÉBEC Parc des Champs-de-bataille.Québec G1R 5H3 «»• a D 12 I) E V 0 I R., L E S S A M EDI 18 E T I) I M A N C II E I « M A R S I !) 9 5 os vies.Par la vertu d ce en design commercial, dont la Ville awn I '¦ : •: '• -¦ ' * création, ils pourront gagner l’un dés deux v < < ir et l’autre ' •w„ 4 , »*"> ifmés au larvon •^«p.i mal de design) fin mai.l pCUfS C A LE DEVOIR La Ville de Montréal — secondée de Liaison Design — a décidé d’encourager les détaillants qui ont fait l’effort d’aménager leur devanture ou leur boutique, et d’ainsi X de chaleur, de funky».Lui était déjà H" I dans le rouge acajou, au chic Le Citrus, son premier resto (en 1989) dont il fit aussi la devanture.Connu pour son ta- '-O lent a pressentir et a précéder les ten-, dances, Jean-Pierre Viau n’en doit pas ’ moins travailler avec le passage des ' modes.Telle est la grandeur, et la servitude, du designer de commerces: i «Ah! La voilà, la grande question!», ri-1 gole-t-il.«Les architectes, qui m’invitent souvent à des conférences — je suis l’un des rares designers qu’ils aiment, va savoir pourquoi —, me la posent à chaque fois.Mais même dans la construction d’immeubles, ça n’arrête pas d’évoluer.Combien d’énormes monstres construits pour durer sont devenus inefficaces et non fonctionnels! Alors.Moi je n’ai pas de problème avec l’éphémère!», conclut le petit elfe, avant de disparaître derrière un arc-en-ciel.d’excelle £ait hier 1 prix de PHOTOS AVENTURE «Moi je n'ai pas de problème avec l'éphémère!» émbellir «Un designer compétent rentabilise chaque pied carré, évite des gaffes, aide à cibler son aménagement par rap- port au public qu’on cherche à atteindre», explique Marie-Josée Lacroix, âme organisatrice du concours.«Bref, il ne faut pas se demander combien un designer Coûte, mais combien ça coûte de ne pas en employer.» Des bulletins de participation seront envoyés par la poste à chaque détaillant.Surveillez votre boîte à lettres.SOPHIE GIRONNAY l r\| aire une entrevue avec Jean-Pier-J| 1 re Viau, dont on voit les aména- gements intérieurs de boutiques et de restaurants dans toutes les J L revues de design et d’architecture, n’est pas une idée bien originale.Pas grave.Jean-Pierre Viau est original pour deux.C’est même ce qui le caractérise.Et grâce, beaucoup, à son talent, apprenez, bonnes gens, qu’en matière de décor commercial, Montréal est super dans le coup.«Il n’y a pas de décalage, dit-il, entre ce qui se fait ici, à New York et ailleurs.Je connais des patrons de bar de Boston qui viennent régulièrement voir ce qui se fait ici.» Quand il est venu m’accueillir à la porte de l’immense loft tout croche et palpitant de musique rock qui sert d’atelier à sa bande, je l’ai pris pour un stagiaire ou un jeune cousin passé faire un tour.Tout blême et tout menu, tout de gris anthracite vêtu, il ressemblait à un elfe, un petit lutin pâle, un compagnon de Peter Pan, mais en noir et blanc.Moi qui venais de remonter le boulevard Saint-Laurent pour y faire la tournée de quelques-uns de «ses» restaurants, j’ai trouvé le contraste surprenant Car au Publix, les pots de peinture, orange, rose, vert, bleu, jaune, ont valsé comme une colonie de lapins sortis d’un chapeau: «En plus, on avait mis des tables fluo, mais certaines per- sonnes sont incapables de manger là-dessus.» Les banquettes ont de petites oreilles, et des caissons de bois peint ondulent aux murs.Même délire de formes et de couleurs dans les Pizzédé-lic (le designer fait toute la chaîne) dont chacun possède son four, «différent chaque fois comme un personnage».Au Globe, l’espagnol se mêle au vieillot, style Plateau rénové.Au plafond du Cafétéria se tord une chenille en peluche rouge — ou est-ce un homard, une corne d’abondance?— mise là pour cacher un tuyau.«C’était plus intéressant que de fermer l’espace avec du gypse.Dans la rue, je suis comme un touriste, je regarde toutes les vitrines.Alors je destine mes décors aussi aux passants.J’aime qu’en marchant sur le trottoir ils soient aspirés, intrigués.» Gagné.Et même, souvent, ils poussent la porte: car les restas de Viau font salle comble.«Dans la réussite d’un resto, d’un bar, le décor compte au moins pour 50 %.Dans d’autres commerces, c’est moins important, même s’il y aurait de quoi à faire.Une SAQ, par exemple, j’en ferais une gratis!» Son rêve?«Concevoir un Club Med! Mais même quand on a droit à la fantaisie, à l’innovation, quand on aménage des commerces, on est tenu de respecter certains points de repère et de faire référence à l’imaginaire collectif.Si je me laissais vraiment aller, je ferais des endroits dont on ne devine- rait même plus, la fonction!» En attendant, il s’exerce au sérieux à l’ex-gale-rie Michel Tétreault, à la boutique du Musée des beaux-arts, aux étalages de La Baignoire.Travailler l’espace Jean-Pierre Viau est sorti de l’UQAM, en design de l’environnement, sans s’être fixé de destination: «Je savais seulement que je préférais travailler l’espace plutôt que l’objet.» Engagé pour faire la bijouterie Moug, il fonde ensuite Carré 3 avec l’étalagiste Jacques Bilodeau.Une boutique de vêtements japonais (No, sur Crescent) lance le duo sur la piste du minimalisme.C’est le règne du métal brut, du bloc de ciment sur lequel on «jette» artistiquement une chemise hors de prix.À partir de 1988, son travail en solo — la clinique vétérinaire Laurier, le salon de coiffure Tonie, Le Château près du Luxe.— continue dans cet esprit-là: «Le minimalisme m’a permis d’apprendre sur le tas, en commençant par le plus facile à réaliser.Pratique.Mais aussi ça m’aura permis de réfléchir sur la fonction, sur ce qui est, pour chaque usage, le minimum requis.Ç’a l’air nono, mais chercher l’essence même des choses est un beau thème de réflexion.» Dont les conséquences, dit-il, se font toujours sentir.Après tout, le minimalisme a été son école (de la rue) à lui.Bientôt ses clients réclament «plus (TOPS 02 t Il est ouvert aux commerces d’une superficie inférieu- re ou égale à cinq mille pieds carrés et situés sur l’une «¦J.«r dès 24 artères où existe une association de marchands ».•, ïî» Kîj (on espère étendre aux autres rues dans les années fu- tures).Mais attention! Les travaux devront avoir été èffectués en association avec un designer professi ’C \Q^ icS CO PORTES ET FENETRES FENÊTRES ARCHITECTURALES La famille Marvin fabrique des fenêtres architecturales depuis plus d’un demi-siècle.Nous utilisons des matériaux nobles comme le bois, durables comme l’aluminium extrudé et à la fine pointe de la technologie comme le fibre de verre pultrudé.Architectes, entrepreneurs et propriétaires, le savoir-faire de Marvin vous permettra de recevoir tout le soutien technique (visite de chantier, dessin d’atelier, détail de construction, etc.) dont vous aurez besoin pour mener à bien vos projets.Offrez-vous de meilleures vues avec les portes et fenêtres Marvin.Pour avoir notre catalogue gratuit, visitez notre salle de montre au s 8138, BOUL DÉCARIE, MONTRÉAL, H4P 2S8 735-7500, 1-800-361-5858
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