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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-05-02, Collections de BAnQ.

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FONDE EN 1910 ?LE DEVOIR Vol.L X X XVI - No 10 2 M 0 N T II E A L .I.E M A II I) I 2 M Al 10 0 f» (i .1 e T l‘ S + T VI) / T o r o n l o S iî c Antoine Char PERSPECTIVES Les atomes crochus de la mafia russe La «verrue tchétchène» n’explosera pas au nez des dirigeants occidentaux lorsqu’ils célébreront mardi prochain à Moscou le cinquantième anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie.Boris Eltsine l’a en tout cas promis en suspendant jusqu’au 11 mai les opérations militaires contre les «bandits» sécessionnistes de la petite république du Caucase.Les vrais bandits eux courent toujours et de plus en plus vite.La mafia russe a de quoi impressionner la «pieuvre» italienne: 5691 bandes armées faisant travailler 100 000 «combattants» (dont 3000 criminels notoires et de nombreux exagents du KGB) ont été identifiées par le ministère de l’Intérieur depuis l’éclatement de l’ex-URSS.Leurs 300 «parrains» auraient «avalé» quelque 50 000 entreprises de tout type.Avec un chiffre d’affaires annuel évalué à dix milliards de dollars et des comptes étrangers frisant les 60 milliards, le crime organisé russe contrôlerait plus de 35 % du volume des transactions commerciales et financières du plus grand pays de la planète.En plus d’étouffer l’économie russe, cette mafia fait peser la menace d’un trafic de l’arme nucléaire.Avec la chute du Mur de Berlin et le démantèlement de centrales nucléaires soviétiques, le commerce de matériaux sensibles est devenu un «créneau porteur» pour les organisations interlopes.«Des événements récents ont prouvé que les groupes criminels organisés étaient déjà en possession de matériaux stratégiques et de technologie sensibles, qu’ils pourraient revendre à des groupes terroristes en échange de leur protection», s’inquiétait l’ONU en novembre à Naples, lors de sa conférence sur le crime organisé.Ces deux dernières années, la police allemande a arrêté plus d’une centaine de personnes impliquées dans le trafic de substances nucléaires enrichies en provenance, semble-t-il, de centrales du Tadjikistan, du Kirghizstan, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan, petites républiques rongées par l’instabilité politique et aux économies chancelantes.Les caïds russes et caucasiens ont à maintes reprises proposé de fournir non seulement des isotopes radioactifs mais aussi des ogives nucléaires.Ils disposeraient d’une quantité suffisante pour produire une bombe cinq fois plus puissante que celle d’Hiroshima.La mafia de l’ex-Union Soviétique a aussi des «atomes crochus» avec la drogue, marché lucratif estimé à près de 500 milliards $ par an.Elle marcherait main dans la main avec la camorra italienne pour le trafic d’héroïne (deux réunions au sommet ont déjà eu lieu à Varsovie et à Prague) et avec les cartels colombiens pour la cocaïne.Elle mise beaucoup, pour se développer rapidement, sur l’opium et le cannabis qui poussent naturellement, des steppes ukrainiennes aux plateaux du Kirghizstan.Elle a enfin développé des tiens avec ses «soeurs» de Hong-Kong, Singapour et Bangkok en acheminant vers l’Ouest l’héroïne du triangle d’or (Birmanie-Thaïlande-Chine).Elle se distingue aussi dans l’exportation de drogues de synthèse, produits fabriqués en laboratoires ou médicaments détournés de leur usage.Drogue, armes, prostitution, blanchiment de millions de dollars sont les marchés naturels de la mafiq qui, pour mieux pénétrer l’Europe occidentale et les Etats-Unis, jette son dévolu sur la diaspora russe comme tête de pont de ses activités.A New York, par exemple, la majorité des stations d’essence se trouvent entre les mains de mafieux russes qt le FBI, inquiet de leur influence grandissante aux Etats-Unis a ouvert des bureaux à Moscou, l’an dernier.Que faire, comme dirait Lénine, contre ce nouveau vénu dans le crime organisé international?Pour l’ONU, une stratégie commune mondiale s’impose.«Le crime organisé est devenu transnational mais les législations répressives restent majoritairement locales et nationales.» Il y a fort à parier qu’elles le resteront encore longtemps.En attendant, que faire lorsque une large part de la société ex-soviétique devient de plus en plus «mafieuse»?Dans un pays où le salaire moyen est cent fois inférieur à celui d’un Américain, où plus de la moitié des entreprises paient leurs employés avec retard, les paient moins que prévu où ne les paient pas du tout (sans s’exposer à une quelconque sanction), que fait-on pour survivre?A la base, le «spekulant» revend sa vodka frelatée au coin de la rue alors qu’au sommet l’on fait du «biz-ness» un peu plus sérieux.Depuis quelques mois, la Russie est agitée par une inquiétante rumeur: la corruption est au plus haut niveau à l’échelle de Richter.Plusieurs «affaires» avaient certes secoué l’Union soviétique mais jamais autant qu’au-jourd’hui.«Si les réformes économiques continuent de së développer dans cette même direction, les mafiosi italiens pourront bientôt venir s’installer en Russie», aurait récemment déclaré l’ancien vice-président Alexandre Routskoï.Dans un pays qui s’ouvre à l’économie libérale, le crime organisé est de loip le secteur qui a le plus vite appris du «capitalisme».A Moscou, tout le gratin occidental célébrera en grande pompe la victoire sur le Ille Reich, dans une capitale d’où est désormais exportée une Internationale du crime.N D E X Agenda Avis publics.,.B6 .B4 Classées .Bl Culture .B7 Économie .B2 Éditorial .A6 Le monde .A5 Mots croisés.B7 Les sports .B5 METEO Montréal Ensoleillé avec Si passages nuageux.Max: 18 Québec Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 18 Détails en B 4 CULTURE Algérie, Rwanda: même combat PAGE B 8 LE MONDE Le front croate s'embrase de nouveau PAGE A 5 AVENIRS 200 000 étudiants sur le marché de l'emploi d'été PAGE B 1 Entrevue au Devoir Le virage est terminé Le projet souverainiste ne sera plus altéré, promet Lucien Bouchard PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Le virage est terminé.Finis les compromis.Aucun autre «ajustement» significatif ne sera apporté au projet souverainiste, assure Iotcien Bouchard.«Les éléments de souplesse, ils sont contenus dans le projet dont M.Parizeau et moi avons convenu», a déclaré hier le chef du Bloc québécois dans une entrevue exclusive au Devoir.«Il peut y avoir des nuances de mécanismes, mais fondamentalement, il s’agit d’un référendum qui permettra à l’Assemblée nationale de proclamer la souveraineté et de faire au Canada anglais une proposition qu’il prendra ou ne prendra pas.» Pour l’essentiel, M.Bouchard est convaincu que le projet remanié est de nature à faire régner les conditions qui vont permettre au camp du OUI de remporter le référendum.«Et je pense qu’on va réussir à l’automne.» A cette réussite, il y a cependant un préalable, pré- vient-il, celui d’élargir la coalition à tous les hésitants et les indécis, «à ceux qui pensent que la souveraineté est la solution mais qui ne sont pas encore décidés à la mettre en œuvre».Dans cette catégorie, il inclut le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont, dont il ne doute pas des convictions souverainistes mais qui s’interroge encore sur certaines modalités.Conscient que M.Dumont représente un courant de pensée important, le chef du Bloc estime que son adhésion est essentielle et il compte le rencontrer sous peu.«Il représente quelque chose au Québec.VOIR PAGE A 8: VIRAGE VOIR AUSSI EN PAGE A 2 ¦ Le Bloc délaissera son rôle d’opposition officielle ¦ Chrétien «a du front tout le tour de la tête» ¦ II faut tendre la main aux anglophones du Québec PHOTO JACQUES GRENIER Le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard.Fêtard au travail i U MAN PHOTO JACQUES NADEAU DEVANT L’AMPLEUR de la tâche, certains s’arrachent les cheveux.D’autres, comme Vincent Sgambato, arrachent des mauvaises herbes.Jardinier dans un cimetière, M.Sgambato racontait hier que, dans son Italie natale, on ne besogne pas le 1er mai.Pendant ce temps, les trois centrales syndicales québécoises soulignaient la Journée internationale des travailleurs en adoptant une déclaration conjointe visant une diminution de la durée de la semaine de travail.Ce qui ne déplairait pas à M.Sgambato.Autres informations en page A 3.Le malaise français Cinquante ans plus tard, la collaboration demeure un sujet de controverse en France Le 2 mai 1945, Pierre Laval, l’ange noir du régime de Vichy et partisan de l’Allemagne nazie, était arrêté à Barcelone, en Espagne.Quelques jours auparavant, le maréchal Philippe Pétain s’était constitué prisonnier en Suisse.Les deux personnages, expulsés vers la France, subirent de spectaculaires procès pour collaboration avec l’ennemi.Le premier fut exécuté, le second emprisonné à vie.Cinquante ans plus tard, la collaboration reste toujours un sujet de polémique en France.CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS I9?95 •m LA VICTOIRE «Chirac, c’est pire que Jospin» Le Pen s'abstient de donner une consigne de vote à ses partisans CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS T ean-Marie Le Pen votera pour Jeanne d’Arc et pour I personne d’autre.Et tant pis si elle ne se présente pas! C’est au terme d’une manifestation en l’honneur de Jeanne d’Arc marquée par la mort d’un Marocain de 29 ans, jeté à la Seine par trois skinheads, que le leader du Front national, le parti d’extrême droite français, a annoncé sa décision de ne pas donner de consigne de vote à ses partisans pour le second tour de l’élection présidentielle.Alors qu’en soirée la classe politique française s’indignait de ce crime qui pourrait avoir été commis par des participants à la manifestation, le leader extrémiste avait dans la matinée consacré l’essentiel de son discours à fustiger les deux candidats à la présidence.L’absence de consigne du Front national vient compliquer encore un VOIR PAGE A 8: CHIRAC Jean-Marie Le Pen votera pour Jeanne d’Arc.PHOTO AP aurice Papon est un vieillard de 83 ans qui coule une retraite paisible.Décoré de la Légion d’honneur pour avoir participé à la Résistance, l’ancien préfet de police du général de Gaulle et ministre de Valéry Giscard d’Estaing est pour les uns l’exemple du citoyen qui a mérité de la patrie.Mais pour les autres, Maurice Papon restera toujours le secrétaire général de la préfecture de la Gironde soupçonné d’avoir contribué, entre 1942 et 1944, à envoyer à la mort 1645 Juifs, dont 240 enfants.L’histoire de celui qui pourrait être le dernier des grands collaborateurs à comparaître devant un tribunal illustre toute l’ambiguïté française face au drame de ce siècle.Une ambiguïté qui renaît chaque fois que François Mitterrand dépose f Le maréchal Pétain une gerbe de fleur sur la tombe du maréchal Pétain «une tradition interrompue l’an dernier seulement» et qui rebondit périodiquement au rythme des révélations sur le passé du président.Les Français n’ont-ils pas redécouvert à l’automne que François Mitterrand avait participé à des manifestations d’extrême droite avant de s’engager dans la résistance?Cette déchirure pourrait être rouverte en juin lorsqu’on saura si Maurice Papon, inculpé de crime contre l’humanité, sera traduit en justice.«Si Papon avait été un petit milicien, il y a longtemps qu’il aurait été jugé», dit l’historien Serge Klarsfeld, 59 ans, qui préside l’Association des fils et filles des déportés juifs de France.De juillet 1942 à mai 1944, neuf convois de VOIR PAGE A 8: MALAISE Bourque veut mettre un toit sur l’autoroute Décarie KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le maire Pierre Bourque souhaite cautériser la «blessure» qu’est l’autoroute Décarie en la recouvrant partiellement, permettant du coup l'unification des deux secteurs de Côte-des-Neiges.Il s’agit de construire, au-dessus de l’autoroute, des passages suffi- Pierre Bourque samment larges pour supporter des habitations bordées d’un parc linéaire avec piste cyclable.La dalle sur laquelle s’élèveraient les immeubles serait composée d’une structure contenant des stationnements.Le Palais des congrès est un exemple d’un bâtiment érigé au-dessus d’une autoroute (Ville-Marie).A l’occasion d'une conférence de presse concernant le développement économique du secteur Côte-des-Neiges, M.Bourque a affirmé hier qu’il fallait mettre fin à la divi- VOIR PAGE A 8: BOURQUE NOUVEAUTES A 2 I, K I) K V 0 I It .I.K M A R l> I M A I Guérin, éditeur a publié récemment À la une du Devoir, une société en évolution Calepin de visite France Lord 4' secondaire À la une du Devoir, une société en évolution Trousse pédagogique France Lord 4e secondaire Chimie 534 Guy Petit 5' secondaire Cahier (335 p.) Chimie 534 Guy Petit 5e secondaire Corrigé (469 p.) Comptabilité intermédiaire 1 Nicole Racette Universitaire Notes de cours (280 p.) Comptabilité Intermédiaire 2 Nicole Racette Universitaire Notes de cours (324 p.) Comptabilité intermédiaire 1 Nicole Racette Universitaire Compléments des notes de cours, corrigé et transparents (436 p.) Comptabilité intermediaire 2 Nicole Racette Universitaire Compléments des notes de cours, corrigé et transparents (404 p.) Croisières mathématiques 2 Équipe d’enseignants et enseignantes 2e secondaire Guide et corrigé (718 p.) Dictionnaire de géomorphologie à caractère dimensionnel Michel Brochu et Jean-Pierre Michel Universitaire (298 p.) Dictionnaire des noms d’arbres Marie-Paule Desjardins-Tison (210 p.) Emparons-nous du sport - Les Canadiens français et le sport au XIX' siècle Gilles Janson (239 p.) En quête de vrai Lise Montbleau et Aline Piché 4e secondaire Cahier (98 p.) En quête de vrai Lise Montbleau et Aline Piché 4e secondaire Guide (75 p.) L’ensemble canadien, ressources et régions Christine Hannell et Robert Harshmaux 9e et 10' année, Ontario (334 p.) Entre l’angoisse et le rêve Renald Legendre Universitaire (356 p.) Entrepreneurial la création d’une entreprise (traduction de: Entrepreneurship creating a venture) Lily Kretchman, Lori Cranson et Bill Jennings 12e année (Ontario) (466 p.) L’andragogie, champ d’études et profession Madeleine Blais, Estelle Chamberland, Mohamed Hrimech et André Thibault Universitaire (275 p.) Lexique mathématique Jean-François Vincent 1" cycle du secondaire (190 p.) Les mots pour écrire, rédaction administrative Danièle Daigle Collégial (186 p.) Mon petit monde 1 Denise Dutil 2' année, primaire Manuel (70 p.) Mon petit monde 2 Denise Dutil 2e année, primaire Manuel (86 p.) Mon petit monde 3 Denise Dutil 3e année, primaire Manuel (90 p.) Mon petit monde 4 Denise Dutil 4e année, primaire Manuel (78 p.) Mon petit monde 5 Denise Dutil 5e année, primaire Manuel (80 p.) Mon petit monde 6 Denise Dutil 6e année, primaire Manuel (86 p.) Mathématiques 2000 -116 Jacques Assouline, Chantal Buzaglo et Gérard Buzaglo 1" secondaire Cahier (156 p.) Mathématiques 2000 -116 Jacques Assouline, Chantal Buzaglo et Gérard Buzaglo 1" secondaire Corrigé (268 p.) Mathématiques 2000 - 216 Jacques Assouline, Chantal Buzaglo et Gérard Buzaglo 2e secondaire Cahier (306 p.) Mathématiques 2000 — 216 Jacques Assouline, Chantal Buzaglo et Gérard Buzaglo 2' secondaire Corrigé (306 p.) Mon passage au secondaire Chantale Lemay 6' année, primaire Guide de l’élève (22 p.) Mon passage au secondaire Chantale Lemay 6' année, primaire Guide de l’enseignement (26 p.) Précis de généalogie: le temple des ancêtres de René Lévesque Pierre Boileau (114 p.) Profils du XX' siècle (traduction de: Contours in the twentieth century Dale Davis 11'et 12' année (450 p.) Les Saisons littéraires / Solstice d’hiver Revue (490 p.) Les Saisons littéraires / Équinoxe vernal Revue (441 p.) guerin: -1501.rue Drolet Montreal (Québec) H2T 202 Canada T.l : (514)842-3481 Téléc : (514) 842’-4923 LE POLITIQUE Moins de Canada, plus de Québec Tendre la Le Bloc mènera «sa» bataille m?in,aux JEAN DION LE DEVOIR Le double mandat que s’est donné le Bloc québécois lors de son entrée en force à la Chambre des communes, qui consistait à expliquer la souveraineté au reste du pays et à promouvoir un programme de gauche, «ne lève pas au Canada anglais».Et ce n’est rien là de bien surprenant, affirme son chef Lucien Bouchard.Quand il prend la parole, «c’est le diable qui parle.On ne va pas écouter le diable quand même», ironisait hier le principal intéressé en entrevue au Devoir, au moment d’indiquer que sa formation se consacrera, au cours des prochains mois, un peu moins à jouer son rôle de parti d’opposition et un peu plus à mener la lutte référendaire.C’est surtout que l’ordre du jour progressiste, qui s’illustre notamment dans la défense des programmes sociaux, se heurte à «un courant de droite qui balaie tout».«La social-dé-mocratie est très loin», a déploré M.Bouchard, qui a de surcroît fort à faire pour seulement bénéficier de la présomption d’innocence aux yeux du .Canada.A cet égard, le leader bloquiste n’est pas tendre avec les médias de langue anglaise.«Ils sont en croisade.On les compte sur les doigts de la main, les gens qui font encore du journalisme au Canada anglais quand il s’agit de la question nationale.Ils sont drapés dans le drapeau [canadien] et ils nous traitent comme des adversaires.C’est un peu inquiétant.A leur place, je me poserais des questions», déclare-t-il.Il y a bien des atomes crochus qui pourraient être préservés, mais «quand les souverainistes ont appuyé le libre-échange, on s’est fait mal voir de certains amis que nous avions en- PH0T0 JACQUES GRENIER Lucien Bouchard en entrevue au Devoir, core au Canada anglais du côté des intellectuels, des gens du centre-gauche.C’est à nous de restaurer ces ponts-là, mais ce n’est pas facile», convient-il.Aussi le Bloc consacrera-t-il les prochains mois à livrer «sa» bataille.Mercredi dernier, son caucus a décidé de mettre fin aux voyages des députés à l’étranger et de limiter sa présence au sein des comités parlementaires qui sillonnent de temps à autre le Canada.«Je reconnais que l’imminence du référendum nous ramène beaucoup plus près de nos sources et du combat souverainiste, dit M.Bouchard.On va s’assurer de toujours avoir la présence en Chambre qui est requise, mais on prend aussi des mesures pour être plus présents sur le terrain.Il est certain qu’on va maintenant surtout prendre la parole en fonction du débat référendaire au Québec.On va continuer de parler au Canada anglais, mais ce n’est pas la priorité.» Cette stratégie, insiste le chef, n’empêchera toutefois pas l’opposition officielle de «défendre les grands dossiers pancanadiens», tel factuel projet de loi C-76 mettant en application certaines mesures du dernier budget Martin en matière de programmes sociaux.Quant à l’avenir du Bloc après le référendum, M.Bouchard refuse de l’envisager dans la perspective d’une victoire du NON.«On bascule dans des choses bien compliquées si le projet ne réussit pas.Mais comme ma présomption est qu’on a des chances sérieuses de gagner, je vais miser là-dessus.11 y aura toujours du temps pour tirer les conclusions d’un échec», note-t-il.L’homme se fait d’ailleurs ironique sur une éventuelle participation aux prochaines élections fédérales.«Si elles ont lieu avant le référendum, [nous y serons] sûrement», dit-il sourire en coin.Et si, en attendant, le chef du Bloc estime qu’il n’y a pas de zone libre sur l’échiquier politique québécois en raison de son extrême polarisation, il croit que le Parti conservateur de Jean Charest pourrait (re)devenir la force d’opposition attendue par les Canadiens — après la souveraineté du Québec, s’entend.«IÎ va falloir qu’une bonne journée, commente-t-il, il y ait un autre parti qui puisse briguer les suffrages et former un gouvernement Je comprends très bien les conservateurs de souhaiter jouer ce rôle-là.C’est dans leur histoire, c’est dans leur mission.Je ne vois pas qu’il y en ait d’autres qu’eux qui puissent dans un avenir prévisible, devenir la solution de rechange.» anglophones du Québec Avant même de songer aux liens à mettre en place avec le Canada, le gouvernement d’un éventuel Québec souverain devra s’affairer à bâtir des ponts avec sa communauté d’expression anglaise, affirme Lucien Bouchard.Cette question «est en un sens plus importante que le rapport avec ie Canada anglais, parce qu’elle sera là pour toujours.C’est la fibre même de notre société», a déclaré le chef du Bloc québécois en entrevue au Devoir, assurant qu’il prenait ces choses «très au sérieux».«Je suis convaincu que l’une des premières préoccupations d’un gou- : vemement souverainiste devrait être de créer une harmonie avec eux fies Anglo-Québécois), de les rassurer.Il y a des gens qui ont des appréhensions qui ne me paraissent pas fondées mais qui, dans leur esprit, le sont.Il faut en tenir compte.Il y a une démonstration à faire dans le concret, dans le quotidien», a-t-il ajouté.Plus ou moins définie, la politique de la main tendue prônée par M.Bouchard parle d’«indusion» des anglophones à la fonction pu- «Certainsont blique, à fraction gouvernementa- des craintes Ie>> et à certaines institutions eco- ! Pauvreté Chrétien «a du front tout le tour de la tête» Lorsqu’il se dit «attristé» du fait que les souverainistes se consacrent tout entiers à la question nationale alors que le Québec bat des records de pauvreté, le premier ministre Jean Chrétien fait preuve de «démagogie» et de «mauvaise foi», estime le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard.«L’une des raisons pour lesquelles on a de plus en plus d’assistés sociaux, c’est que les restrictions au régime d’assurance-chômage apportées par le gouvernement de M.Chrétien chassent les gens vers l’aide sociale.On se targue d’améliorations du taux de chômage, mais en réalité les gens ont été refoulés vers le dernier refuge, et c’est le Québec qui les ramasse», a commenté hier M.Bouchard lors d’une entrevue au Devoir.Le chef du Bloc réagissait au discours du week-end du premier ministre, qu’il a qualifié d’«incroyable».«Faut quasiment l’entendre pour le croire.C’est profondément injuste et il y a une mauvaise foi manifeste là-dedans.» Au congrès de l’aile québécoise du Parti libéral fédéral à Trois-Rivières, M.Chrétien avait dénoncé les ater- moiements des souverainistes autour des «astuces» et autres «traits d’union» au moment où 17,6 % des familles québécoises vivent sous le seuil de la pauvreté et où la province compte plus de 800 000 personnes vivant de l’aide sociale.En après-midi aux Communes, M.Bouchard a reproché à son vis-à-vis d’«avoir du front tout le tour de la tête pour faire la leçon au gouvernement du Québec».40 % des nouveaux assistés sociaux, a-t-il précisé, sont des chômeurs qui n’ont plus accès à l’assurance-chômage.Et c’est «la faute à qui?La faute à celui qui a fait des sermons en fin de semaine».Le ministre du développement des Ressources humaines, Lloyd Axwor-thy, a toutefois répliqué que 110 000 emplois permanents avaient été créés au Québec depuis 12 mois.Le bilan récent du gouvernement est «le meilleur de tous les pays de l’Occident» et les allégations du chef de l’opposition «ne sont pas appuyées par les faits» puisque le pays a compté 86 000 demandeurs d’assurance-chômage dé moins au cours de la dernière année que pendant l’année précédente, a dit le ministre.Au Devoir, le chef du Bloc a quand même concédé que le débat référen-çlaire accaparait beaucoup les esprits.A preuve, Ottawa serait «en train d’enfoncer toutes les positions qui nous restent» en cherchant à refiler aux provinces la responsabilité des programmes sociaux sans les fonds qui vont avec, et les hauts cris autour du projet de loi C-76 qui le confirme restent rares.«Il y a une fatigue et une désaffection politiques.Même les dossiers sociaux qui auraient normalement mis le Québec en feu n’arrivent pas à le faire.C’est peut-être parce que le dossier souverainiste et référendaire prqnd toute la place», a-t-il confié.A cet égard, M.Bouchard s’est dit persuadé qu’un Québec souverain serait plus en mesure d’affronter le problème de la pauvreté.«On n’est pas souverainiste pour les fleurs du tapis ou pour le passeport québécois, quoique ce soit important aussi.On est d’abord souverainiste parce qu’on pense que, collectivement, on serait mieux», a-t-il conclu.J.D.qui ne me nomiques, mais elle reste en deçà semblent pas de modifications ( , de fond à la poli- fondees, mais tique linguistique ., , du Québec.«Il y qui, dans leur [aura] peut-être ., un équilibre nou- espnt, le sont» veau a établir en regard de la loi 101.Mais ce n’est pas le premier débat à faire», dit-il.Celui qui a déjà défendu un assouplissement des lois régissant la langue d’affichage ne serait donc pas disposé à offrir le libre accès à l’école anglaise, car «ce n’est pas l’anglais qui est menacé, mais le français».C’est aussi, selon lui, le cas dans les milieux de travail.Dans un autre ordre d’idées, M.Bouchard s’est dit soucieux de ce que les francophones du reste du Canada, majoritairement opposés à la souveraineté, en viennent à percevoir le Québec comme un «point d’ancrage» de leurs revendications.«Il est important qu’on conjure une certaine image négative, très négative même, que ces gens-là avaient de la souveraineté» et que, souvent, «nous leur avions inculquée.Il s’est dit des choses assez graves, terribles, dont je regrette qu’elles aient été dites, et on a du chemin à faire.» Mais en définitive, le chef bloquiste prend acte de l’assimilation galopante des francos dans le régime, actuel, et il assure «croire qu’un Etat souverain français au Québec est pas mal plus important pour eux que les béquilles du gouvernement fédéral».Certes, un Québec souverain ne pourrait rien en matière de gestion scolaire, par exemple, «mais par contre, on peut être un Etat ami, ouvert et plus que sympathique à leur cause, et montrer qu’on est prêt à faire des choses pour eux», notamment sur le plan financier.J.D,, Labrador Le nombre de vols à basse altitude augmentera Ottawa (PC) — Le nombre de vols d’entraînement à basse altitude au-dessus du Labrador augmentera, malgré les vigoureuses protestations des autochtones de la région.Le ministre de la Défense David Collenette a annoncé hier que le gouvernement négociera avec les alliés de l’OTAN pour augmenter le nombre de vols — on en compte actuellement 6000 à 7000 — à 15 000 ou peut-être 18 000 par an.Dans la foulée, un institut sera créé pour examiner les effets environnementaux de ces vols.Les Innus du Labrador seront invités à y collaborer.Le ministre Collenette présentait hier la réponse du gouvernement à un rapport d’évaluation environnementale de huit ans sur les vols à basse altitude.Le comité a recommandé la poursuite des vols en février, mais a indiqué qu’il devrait y avoir un système de surveillance et que toutes les parties, y compris les Innus, devraient y jouer un rôle.Les Innus devraient réagir aujourd’hui.«Nous revoyons la réponse détaillée du gouvernement aux recom- mandations du comité», a indiqué au téléphone le porte-parole innu Larry Innés depuis le village de Sheshat-shiu, près de Goose Bay.Selon le ministre des Pêches Brian Tobin, un député terre-neuvien, l’opposition innue à ces vols doit être comprise comme partie d’un débat plus large qui ne porte pas seulement sur l’environnement et le mode de vie traditionnel, mais aussi sur les revendications territoriales.Le ministre Collenette a déclaré que le gouvernement espère régler les questions environnementales et territoriales dans cette région.«Je ne crois pas qu’ils vont être contents, a pour sa paît avancé le ministre des Affaires indiennes Ron Irwin.C’est leur territoire et ils sont inquiets, et ce sont des inquiétudes légitimes.» Les Innus, qui ont refusé de participer au processus d’évaluation environnementale, soutiennent que les vols nuisent à leur mode de vie traditionnel.Ils disent que les avions, dont certains vrombrissent à 30 mètres d’altitude, perturbent la faune et menacent les territoires de chasse et de pêche.Intervenants socio-économiques L’idée d’un quotidien régional lancée en Montérégie RACHEL DUCLOS LE DEVOIR La Montérégie, région la plus peuplée après Montréal, voudrait son quotidien régional.L’idée, toute nouvelle, fait son chemin dans la tête des intervenants socio-économiques régionaux mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.«On s’est aperçu que par rapport à d’autres régions comme l’Estrie ou le Lac-Saint-Jean qui disposent de radios et de quotidiens d’envergure régionale, nous avions du retard à rattraper, explique François Beaulne, délégué régional de la Montérégie.Si ces régions peuvent soutenir de tels médias avec des populations de moins de 300 000 personnes, pourquoi la Montérégie ne pourrait-elle le faire avec 1,3 million d’habitants?» I,a Société montérégienne de développement, qui tente par tous les moyens de développer un sentiment d’appartenance en Montérégie, formera bientôt un groupe de travail charge d’étudier la question.Il existe déjà un quotidien en ¦ Montérégie.La Voix de l’Est, de Granby, couvre un territoire qui chevauche l’Estrie et la Montérégie.Le quotidien n’a cependant pas de mission régionale.«Il nous faut un outil qui permette aux gens de s’identifier à la région, soutient François Beaulne, un quotidien de classe qui aurait un contenu de nouvelles et d’éditorial qui puisse être en partie monté-régien.» Le délégué régional espère que, l’idée lancée, des investisseurs se mettront de la partie.En conférence de presse hier, M.Beaulne a dévoilé le bilan économique de la Montérégie, «la région la plus riche et la plus prometteuse du Québec».Ainsi, en six mois, 1162 emplois ont été créés par le biais du Fonds décentralisé de création d’emplois, du Fonds d’aide aux entreprises et du Fonds d’intervention régionale.Le taux de chômage de 11 % se maintient en dessous de la moyenne provinciale de 13,1 %.C’est le secteur manufacturier qui emploie le plus de gens, soit 111 500 personnes.4 A1C L K I) E V OIK.I.E M A K I) I M Al III II r> A 3 LE MONTREAL iBijoutc’iU GAMBARD Venir el wrvke technique 6J0-A, rue Cathcart.Montréal, centre-ville 8M-.ÎH76 -AGENT OFFICIEL ROLEX- Réduction des heures de travail Les centrales syndicales pressent le gouvernement d’agir vite KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Les trois centrales syndicales somment le gouvernement péquiste de passer rapidement à l’action en légiférant sur une réduction des heures du travail afin de permettre à plus de Québécois d’accéder à un emploi.Cette revendication formelle, en gestation depuis plus d’un an, a été l’objet d’une déclaration intercentrale adoptée hier, Journée internationale des travailleurs.La déclaration avait été débattue dans un premier temps par quelque 500 délégués réunis à Montréal pour ce qui constituait la première rencontre intercentrale depuis 1974 et seulement la troisième réunion de cet ordre jamais tenue.«On ne demande pas au gouvernement de mettre sur la table des milliards, ni même des millions, a déclaré le président de la CSN, Gé-rald Larose.Ce qu’on lui demande c’est d’assumer un leadership, de créer un un environnement qui précipiterait le débat public, qui forcerait un peu l’ensemble des acteurs socioéconomiques à se positionner, notamment le patronat.» Selon la coalition intersyndicale, ce dernier ne se montrerait guère ouvert à une telle discussion à moins d’y être amené par le gouvernement, soit par l’entremise d’un projet de loi, soit en mettant sur pieds des «Etats généraux» de l’emploi.En théorie, une réduction des heures de travail s’autofinancerait en permettant à davantage de gens d’accéder au marché du travail.Cela entraînerait une consommation et des revenus gouvernementaux accrus, tout en allégeant la facture de l’aide sociale.Rappelons que celle-ci atteint un montant faramineux avec un record de 808 000 Québécois vivant de l’aide sociale.Or, les employeurs semblent préférer la flexibilité que leur offre le recours au temps supplémentaire à l’embauche de nouveaux employés.M.Larose les a toutefois invités à se rendre à l’évidence.«Au cours des dix dernières années, au lieu de réduire la semaine du travail pour ceux qui travaillent, on l’allonge alors qu’on sort davantage du monde du marché du travail, a-t-il déclaré.C’est un scandale social.Et c’est même un scandale économique parce que plus on parque du monde en dehors du marché du travail, plus on se nuit au plan économique.» En effet, on assiste depuis quelques années à une polarisation grandissante entre, d’une part, les semaines de travail plus longues pour ceux qui détiennent un emploi et, d’autre part, la proportion de Québécois qui ne réussit pas à en décrocher un.Une étude de Statistique Canada, publiée en 1992, a révélé que près d’un million de Canadiens travaillaient plus de 50 heures par semaine en 1990 et que la proportion de travailleurs effectuant des semaines d’une telle durée s’est açcrue de 59 % entre 1975 et 1990.Etant donné que 23 % de ceux qui faisaient de longues semaines de travail cumulaient plus d’un emploi, l’augmentation récente de la proportion des travailleurs à temps partiel permet de croire que le nombre de gens effectuant de longues semaines s’est encore accru depuis 1990.Soulignant cette réalité, un comité consultatif fédéral a recommandé au gouvernement en décembre dernier de légiférer pour que la durée de la semaine du travail ne dépasse pas 40 heures et afin de limiter à un maximum de 100 heures le temps supplémentaire annuel d’un travailleur.Or, un tel règlement ne s'appliquerait vraisemblablement qu’à 10 % des travailleurs canadiens régis par le Code fédéral du travail.La déclaration intercentrale appelle alors le gouvernement péquiste à «moderniser» les nonnes du travail, en commençant par une réduction de la durée ae la semaine normale du travail, actuellement de 44 heures.Québec devrait également accorder de nouveaux droits aux travailleurs, tels que le droit à des congés de formation et le droit aux avantages sociaux pour les employés à temps partiel.«L’important, c’est qu’il passe à l’action, a tranché la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, soit en annonçant des projets de législation avec consultation, soit en [mettant sur pied] une Commission nationale sur l’emploi, soit par des audiences publiques.» Son vis-à-vis à la FTQ, Clément Godbout, a exprimé la grande déception du milieu syndical à l’égard du gouvernement du Parti québécois, qui a fait campagne en promettant l’adoption d’une politique de plein emploi.«Le gouvernement, à date, il a gouverné.L’autre façon, il la cherche dans ce domaine-la.» Naître à la lecture La version française objet de contestation CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le comité d’orientation de l’école primaire Louis-H.Lafontaine, de Montréal, a décidé de boycotter la version française du livre Naître à la lecture, visant à stimuler la lecture chez les parents, et distribué au début de la semaine dernière à tous les enfants, de la maternelle à la troisième année, des écoles primaires canadiennes.Et il est fort probable que le comité d’école de Louis-H.Lafontaine prenne la décision finale, au cours des prochaines semaines, de ne pas distribuer les livres aux parents.Les livres n’ont pas encore été distribués dans cette école de Montréal, mais la secrétaire du comité d’orientation, Lucie Duchesne, elle-même traductrice et rédactrice, estime que les livres sont mal traduits.En effet, au dos de la version française du livre, l’auteur Ben Wicks, est présenté comme étant un «humoriste syndiqué».En anglais, le terme «syndicated» fait référence à un journaliste dont les textes peuvent être publiés dans plusieurs périodiques à la fois.En français, cependant, le mot «syndiqué» réfère simplement à une personne faisait partie d’un syndicat.Selon Mme Duchesne, l’ouvrage présente non seulement des erreurs de traduction flagrantes, mais fait constamment référence à la culture canadienne-anglaise.Aussi, dès le début, le journaliste Ben Wicks, qui n’est du reste pas très connu au Québec, écrit que dès sa tendre enfance, il s’est «mis à lire de palpitants récits d’aventure comme on en trouve dans des revues du genre The Wizard, Rover et Boy’s Own», autant de références qui ne s’adressent manifestement pas aux jeunes Québécois élevés en français.Mme Duchesne s’indigne que l’on n’ait tout simplement pas confié la rédaction des ouvrages destinés au Québec ou au Canada français à quelqu’un dont la langue maternelle est le français.Tout en déclarant que le fonds du projet est très bon, Mme Duchesne estime que la version française ne mérite pas d’être mise entre les mains des parents.La représentante du comité d’orientation de Louis-H.Lafontaine rappelle d'ailleurs que les références pour les organismes d’alphabétisation sont toutes situées en Ontario et au Nouveau-Brunswick.Elle n’est pas sans ajouter que la comptine de Humpty Dumpty, par exemple, n’est pas contée aux jeunes Québécois.Elle rapporte aussi que le nom de Léon Tolstoï est mal transcrit, qu’on fait peu de références aux auteurs québécois, celles-ci se limitant à une œuvre de Roch Carrier, Le Chandail de hockey, et à la mention du nom du dramaturge Michel Tremblay.Enfin la représentante du comité d’orientation de l’école primaire Louis-H.Lafontaine mentionne que dans la culture française, on trouve trois petits cochons et non cinq.À cet égard, l’ouvrage lancé la semaine dernière pour tous les Canadiens fait carrément référence à une comptine anglaise.Côte-des-Neiges/Notre-Bame-de-Grâce Quarante-quatre entreprises s’engagent LE DEVOIR Quarante-quatre entreprises parmi les 200 plus importantes de l’arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce viennent de s’engager à promouvoir le développement économique communautaire dans ce secteur de Montréal où près de 25 % de la population est sans emploi.Chacune des institutions ou compagnies signataires de ce contrat social initié par la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) de l’endroit, privilégiera l’embauche de personnel habitant le quartier, tout comme elles tenteront d’augmenter leurs achats locaux (préférant un fournisseur montréalais à un lavallois).Aussi, certaines de ces entreprises offriront des stages de formation et de perfectionnement aux citoyens de l’arrondissement, question de les rendre employables par la suite.«C’est avant tout une occasion d’affaires», a souligné Cheryl Jenkins, présidente du conseil d’administration de la CDEC.s PHOTO JACQUES GRENIER Un incendie majeur survenu dimanche rue Saint-Hubert a amené les policiers à se montrer plus vigilants.Risques d’incendie dans le centre-sud Les policiers accentuent leur vigilance ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Conséquence de l’incendie majeur survenu rue Saint-Hubert dimanche, les effectifs policiers ont été renforcés hier soir et la nuit dernière dans les districts 33 et 52 pour patrouiller et garder l’œil sur ces quartiers.Aucune»personne n’a encore été arrêtée concernant l’incendie qui a nécessité cinq alertes, le déploiement de 40 véhicules et près de 170 pompiers sur la rue Saint-Hubert, dimanche soir, indiquait-on hier au service des Incendies criminels de la police de la CUM.Bien qu’on ignore toujours si cet incendie a été déclenché par un pyromane ou une main criminelle, les autorités policières ont décidé hier de multiplier les policiers sur la route dans les quartiers durement touchés par des incendies dimanche, par mesure de précaution.Une personne a été arrêtée dans la nuit de dimanche, mais fut aussitôt relâchée.Pas moins de 50 personnes sont sans logis à la suite de cet incendie, lors duquel au moins six bâtiments ont été rasés par les flammes.Selon le Service de prévention des incendies de Montréal (SPIM), il s’agirait du plus important feu survenu à Montréal, en terme d’effectifs requis, depuis celui survenu rue Saint-Sulpice dans le Vieux-Montréal, il y a quelques années, et qui avait fait craindre le pire pour l’église Notre-Dame.Selon toute vraisemblance, le feu aurait pris naissance dans des conteneurs à déchets et se serait propagé à tout l’édifice.Quant aux autres incendies, qui se sont déclarés en fin d’après-midi dimanche sur les rues Tasley et Ontario, il n’y aurait probablement aucun lien entre eux et celui de la rue Saint-Hubert.«Il est trop tôt pour dire s’il y a eu, là aussi, incendies criminels.Pour le moment, il ne semble pas y avoir de modus operandi commun», a déclaré hier le lieutenant Roger Gilbert, du service des affaires publiques du SPIM.Au total, plus de 50 personnes se sont retrouvées sur le pavé, et quelque 40 logements et cinq commerces ont été complètement détruits dans la seule journée de dimanche lors de ces trois incendies.La Ville entend revitaliser le Vieux-Montréal autour du marché Bonsecours KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Ville de Montréal entend revitaliser le Vieux-Montréal autour de la réhabilitation du marché Bonsecours.Dans un énoncé de principes qui ne mentionne ni les fonds à investir ni les échéanciers de realisation, Pierre Goyer et Sammy Forcillo, tous deux membres du comité exécutif de la Ville, ont souligné l'importance que peut revêtir le marché Bonsecours comme pôle commercial notamment.Jusqu’à présent, le Vieux-Montréal connaît un boum touristique et commercial uniquement en saison estivale, après quoi c’est le désert.Montréal veut donc stimuler l’économie locale au-delà des mois d’été.Le marché Bonsecours devrait d’ailleurs revenir partiellement l’an prochain à sa vocation d’origine, soit un marché public, plus vaste encore que les marchés Jean-Talon et Atwater.Un comité de direction provisoire a été mis sur pied pour planifier ces changements éventuels, dont les coûts, évalués à 5,9 millions $, seront partagés avec Québec selon les résultats des négociations en cours.Le comité fera rapport à l’exécutif municipal le 1er septembre prochain.«Le marché Bonsecours, c’est la bougie d’allumage pour faire revivre le Vieux-Montréal», a affirmé M.Forcillo.Le président du Regroupement des marchands du Vieux-Montréal, Eric Luksenberg, se réjouit des intentions de la Ville qui rejoignent, dit-il, celles de ses membres.Pour assurer la cohésion de ses propres interventions, la Ville crée un comité de gestion du Vieux-Montréal.«Ces deux comités sont les manifestations de notre volonté de mettre les bouchées doubles pour développer le Vieux-Montréal», a indiqué Pierre (loyer.Outre le marché Bonsecours, la Ville lancera un programme de réfection des enseignes commerciales; le mécanisme financier n’est toutefois pas arrêté.Tel que le promettait le maire Bourque, une navette sera mise en place entre les stations de métro et le vieux quartier, question d’améliorer la fluidité de la circulation.Par ailleurs, les commerces seront illuminés pour donner une ambiance particulière à ce quartier qui a vu naître Montréal.D’ailleurs, la ViJle attribuera par voie de réglementation un statut historique au Vieux-Montréal.Ainsi, les restaurateurs et les propriétaires de bars pourront récupérer le domaine public pour fins commerciales.En clair, les terrasses pouiront déborder sur les trottoirs.E N ?COPRÉSIDENTS DE LA CAMPAGNE DE CENTRAIDE (Le Devoir) — Centraide du Grand Montréal a annoncé que MM.Paul M.Tellier, p.-d.g.du Canadien National, et L.David Caplan, président du conseil et chef de la direction de Pratt & Whitney Canada, coprésideront la campagne de financement 1995 dont le lancement aura lieu le 29 septembre.Grâce aux fonds recueillis chaque année par une armée de 60 000 bénévoles, Centraide du Grand Montréal peut soutenir financièrement 222 organismes qui viennent en aide à 500 000 personnes dans le besoin.-?- TROIS DOUANIERS ARRÊTÉS (Le Devoir) —Trois douaniers œuvrant à la douane postale de Saint-Laurent devraient être accusés ce matin de complot en vue de [’importation et du trafic de 90 kilos de haschish, a annoncé hier la Gendarmerie royale du Canada, détachement de Saint-Jérôme.Les dounaiers comparaîtront au palais de justice de Montréal en compagnie de cinq autres personnes aussi arrêtées dans cette affaire.La police a indiqué que la drogue saisie B R E E' ?provient des Pays-Bas et a été acheminée par courrier jusqu’à la douane de Saint-Laurent.Au total, sept perquisitions' ont été effectuées hier à Montréal, Repentigny et Laval au cours d’une opération impliquant une quarantaine de policiers de la GRC.La saisie survient au terme d’une enquête de six mois menée par la GRC en collaboration avec Revenu Canada et la Société canadienne des postes.Les huit suspects sont des hommes de la région montréalaise âgés de 24 à 55 ans.-?- SURPLUS BUDGÉTAIRE À LONGUEUIL (Le Devoir) — La Ville de Longueuil a enregistré un surplus budgétaire de 3 millions $ pour l’année 1994.Il faut toutefois noter que ce surplus n’a rien d’étonnant compte tenu de l’obligation qu’ont les municipalités de ne pas faire de déficit d’opérations.Les 3 millions $, sur un budget de 145,9 millions $, proviennent entre autres des diminutions de dépenses dans les services de l’ordre de 736 000 $.Une économie de 774 000 $ a été possible au service de la dette grâce à des taux d’intérêt peu élevés.De plus, des immobilisations valant 242 000 $ n’ont pas été réalisées.Effrontée Saab 900S 399$/mois (36 mois) équipée d'un moteur 2,3 litres à 16 soupapes, d’une boîte manuelle S vitesses.de zones de déformation à l’avant et à l’arrière, d’une cage de sécurité renforcée, de freins ABS aux quatre roues et de deux sacs gonflables.Ne vous attendez pas à moins de la part d’une Saab.^ SAAB *r»trw*n basés sur m bad de loatwa de 34 mais selon If 90V df la Sa^l 900 S I99S.Transport, tam dt *en» et «nmatriaiboon en sus.tenement mitai de 4 07S S ou édanr premier paiement de 399 S et dépôt de jarantir remboursable de 475 S repos 1 la «future du contrat OPTION D’AOUT 144S5S Tr»s de 5c par Uométre applicables après 72000 km.Sujet A Tapprobation du crédit LE CHOIX N° I À MONTRÉAL Venez voir notre unique salle de montre SAAB ae3)ecasue 5400 BOUL.DÉCARIE MONTRÉAL, 483-5555 Parmi les voitures de sa catégorie, le prix de la Saab 900 S - à partir de 27 499s - bafoue les convenances.Évidemment, elle est A1C I.K I) K V 0 I It .I.K M A II I) I 2 M Al Ml U 3 A Coupez les services, pas nos salaires, disent les médecins ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Plutôt que de sabrer dans leurs revenus et dans les services de santé, les médecins généralistes croient que le ministre de la Santé, Jean Rochon, doit avoir le courage de mettre lin à la gratuité de certains examens couverts à tort par l’assu-rance-maladie.C’est du moins ce que prétend le Dr Clément Richer, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), qui juge illusoire l’intention du ministère de la Santé et des Services sociaux de sabrer un demi-milliard dans le budget de la santé d’ici trois ans.Et ce, sans affecter les services de santé.Les médecins, dont l’enveloppe salariale subira une baisse de 13,5 millions cette année, s’insurgent contre les compressions et croient que le ministre Rochon doit plutôt faire tomber son couperet sur des services gratuits qui sont les réminiscences d’une époque d’abondance.Parmi eux, le Dr Richer a dénoncé qu’une foule d’examens médicaux exigés à l’embauche par certains employeurs continuent à être défrayés par l’assurance-maladie.Les traitements de l’obésité dite esthétique, les examens médicaux exigés, souvent à l’insu du médecin, par certains studios d’exercice physique, sont collectivement non médicalement requis, estime ce dernier.«L’examen d’un cadet policier ou d’un chauffeur de véhicules lourds ne devrait plus être remboursé par le «On n’est pas maso», tonne le président de la FMOQ régime actuel», a-t-il plaidé.Plus encore, les médecins jugent que les soins non urgents revus à 1 étranger pe devraient plus être payés par l’Etat.«Si on désire se faire soigner à la clinique Mayo, ce n’est pas normal que la société québécoise paie pour ça.Les soins électifs devraient être radiés des remboursements à l’étranger», de dire le Dr Clément Rocher, de la FMOQ.Ixi compression de 40 millions sur trois ans de l’enveloppe salariale des médecins omnipraticiens (2 % de 896 millions $) équivaut à faire payer les salaires des nouveaux médecins par le corps médical actuel, dénonce la FMOQ.«Si on veut augmenter le corps policier à Montréal, ce ne sont pas les policiers qui vont payer des salaires de leurs poches.Nous imposer de payer nous-mêmes le développement du système, ce n’est pas acceptable.On n’est pas “maso”», a tonné le président de la FMOQ, dont le bureau de direction se réunissait la fin de semaine dernière pour adopter ces grandes lignes.Par ailleurs, les omnipraticiens se disent prêts à négocier un plan de retraite avec le ministre Rochon pour les plus âgés d’entre eux, et à négocier d’autres modes de rémunération.La Fédération demeure toutefois convaincue que le salariat serait plus coûteux pour la société.Et ce, même si la moyenne des revenus d’un médecin généraliste payé à salaire s’établit à 76 000 $, comparativement à 143 000 $ pour un généraliste payé à l’acte.Des compressions estimées à 73 millions $ «Les acquis de l’université sont en péril» Les professeurs réclament un moratoire et entendent discuter d’une «stratégie nationale d’action» PAUL CAUCHON LE DEVOIR Les professeurs d’université entendent exiger du gouvernement québécois un moratoire sur les compressions budgétaires, qui atteindraient dans le réseau universitaire l’année prochaine non pas 53 millions $ mais bien 73 millions $.Ixi Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) entend discuter d’une «stratégie nationale d’action» à ce sujet, tout en exigeant une politique de financement des universités, à l’occasion de son congrès qui débute demain à Montréal.«Le PQ s’est fait élire en promettant de redonner aux universités leur base de financement et d’accroître l’accessibilité aux études supérieures, explique Roch Denis, président de la fédération.Mais avec les compressions actuelles, les acquis de l’université, en ce qui concerne notamment les conditions d’étude des étudiants, sont en péril.» Avec ses 8000 membres dans 18 établissements la FQPPU regroupe, après quatre ans d’existence, la grande majorité des professeurs d’université attitrés.La fédération publiait hier une série d’études sur le financement des universités, études qui démontrent qu’en 15 ans un montant de près de 500 millions $ a été retranché des subventions universitaires.Pour les professeurs, la situation des universités apparaît de plus en plus sombre.Ainsi, le Conseil du Trésor a annoncé en mars dernier une compression de 53,5 millions $ pour 1995-96 dans le réseau universitaire.Mais selon la FQPPU et la Conférence des recteurs, ce montant s’élève en fait à 73 millions $, parce qu’il faut tenir compte de l’absence de paiement, par le gouvernement, de l’avancement du personnel dans les échelons salariaux, et de la non-indexation des dépenses autres que salariales.Ce manque à gagner total de 73 millions $ s’ajoute à un manque à gagner de 70 millions $ en 1994-95 et de 50 millions $ en 1993-94.I-a FQPPU a mené en mars et avrii une enquête auprès des responsables de plus de 500 départements ou unités d’enseignement sur le sujet.Selon les données recueillies par la fédération, les compressions exercent un impact significatif sur la qualité de la formation et sur le travail professoral.Ainsi, 58 % des répondants des départements concernés ont constaté une diminution des budgets pour la mise au point d’outils pédagogiques, et près de 50 % ont constaté une augmentation du nombre moyen d’étudiants par cours.On constate aussi une diminution des heures d’auxiliaires d’enseignement, une diminution des budgets pour le mobilier et l’équipement pédagogique, etc.En ce qui concerne le travail professoral, 75 % des répondants constatent une diminution des budgets de recherche, 66 % une diminution des ressources matérielles mises à la disposition des professeurs, 54 % une diminution du personnel de soutien, 40 % une diminution des postes de professeurs attitrés.Plusieurs universités mettent sur pied des programmes sévères.Selon Roch Denis, l’Université Mc Gill, par exemple, vient de déposer un plan de compression de 20 % s’appliquant à tous les services, pour cinq ans.Dans d’autres universités, comme à Sherbrooke, les professeurs exigent d’abord, avant d’approuver un programme de compression, que la direction fasse le ménage dans ses propres terres administratives.Roch Denis se dit également d’avis qu’il faut œuvrer à revaloriser l’enseignement au premier cycle, de plus en plus dévalorisé par rapport à la recherche.«Mais il ne s’agit pas d’opposer une fonction à l’autre: ce sont deux fonctions indissociables», précise-t-il.«SiiSliSl IrisiiÈ LA PLUS IMPORTANTE ENSEIGNE QUÉBÉCOISE DE L'OPTIQUE LUNETTERIE Deux paires de lunettes complètes (Verres et montures) Pour le prix d'une.• & r 'v GARANTIT LES DEUX PAIRES.de rabais (en plus de l'avantage du 2 pour 1) à l'achat d'une paire de lunettes complète (verres et monture), à l'une ou l'autre des 35 succursales de Lunetterie New Look.I Cette offre est valide jusqu’au 30 juin 1995; elle n’est pas monnayable et ne peut s’ajouter à tout autre escompte ou promotion à l’exception du 2 pour 1.Un coupon par achat.I-1 Lunetterie New Look, convaincue de la qualité de ses produits, n'hésite pas à les garantir.Procurez-vous, dans toutes nos succursales, ce cahier qui contient toute l'information nécessaire à l'achat de lunettes et, surtout, la garantie de Lunetterie New Look.Examens de la vue sur par des optométristes.place • Offre e t EXCLUSIVE AUX LECTEURS DU DEVOIR 20 $ PHOTO AP L’agent Weldon Kennedy, du FBI, montre le portrait-robot émis hier.Oklahoma City Nouveau portrait-robot du suspect mystère AGENCE FRANCE PRESSE La police fédérale américaine (FBI) enquêtant sur l’attentat d’Oklahoma City a publié hier un nouveau portrait-robot du suspect connu comme «Monsieur X numéro deux» qui était toujours activement recherché à travers les Etats-Unis, douze jours après l’explosion.Il s’agit du troisième portrait-robot de cet inconnu, décrit comme «armé et dangereux», publié par les autorités à la suite d’auditions de nouveaux témoins.Malgré la chasse à l’homme lancée à travers tout le .pays, aucune trace du fugitif n’a été officiellement retrouvée.Cette fois, le suspect est montré de profil, une casquette sur la tête.Il est «musclé» et «pourrait être haltérophile», a indiqué au cours d’une conférence de presse Weldon Kennedy, agent du FBI spécialement chargé de l’enquête sur l’attentat, qui, selon un nouveau bilan provisoire, a fait 136 morts et 49 disparus le 19 avril.Le précédent portrait robot de «Monsieur X numéro deux» présentait un homme blanc à la mâchoire carrée, décrit comme mesurant 1,72 m, pesant 78 kg, portant un tatouage au bras gauche et pouvant êtrç ffimeur.A Oklahoma City, les sauveteurs ont perdu tout espoir de retrouver des survivants dans les décombres de l’immeuble fédéral dévasté par l’explosion.Des machines lourdes pourraient commencer à remplacer, peut-être mardi ou mercredi, les sauveteurs dans les ruines fragiles et dangereuses du bâtiment, selon le gouverneur de l’Oklahoma Frank Keating.«A un certain point, a-t-il dit, vous ne pouvez plus mettre en danger des vies humaines pour extraire des morts.» ouze jours après l’attentat, un seul suspect, Timothy McVeigh, un ancien j militaire de 27 ans, a été officiellement déféré devant la justice.Le FBI avait dressé son portrait-robot et celui de «Monsieur X numéro deux» grâce aux témoignages recueillis auprès de la société qui a loué aux deux hommes le camion piégé qui a explosé à Oklahoma City.Deux amis de McVeigh, les frères Terry et James Nichols, sont également détenus pour des infractions sans lien direct avec l’attentat d’Oklahoma City après avoir été longuement interrogés par le FBI.Une facture correspondant à l’achat d’une tonne de nitrate d’ammonium, substance utilisée dans la fabrication de la bombe d’Oklahoma City, a été retrouvée au domicile de Terry Nichols, selon le Dallas Morning News.La facture, émise par un marchand d’engrais du Kansas, porterait les empreintes digitales de McVeigh, ajoute le journal.Rectificatif Une erreur s’est glissée dans l’un des articles de notre cahier sur le syndicalisme publié en fin de semaine.Le président de la Fédération des enseignantes et des enseignants des commissions scolaires (FECS-CEQ) se nomme Luc Savard et non Allaire, tel qu’indiqué.Nos excuses.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MAROUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55.ST-JACQUES.MONTRÉAL.QUÉBEC H2Y 3X2 Fax: (514)845-7874 Tél.: (514) 98 R«0HM*C En tout, plus de IOO OOO $ en prixt Seulement 2$ Les billets sont disponibles chez: Pharmaprix, Olco, Harvey’s.Chalet Suisse, La Cantinière et dans la plupart des dépanneurs du Grand Montréal.IH MOMHM P«N« IMASIt m 1.1: i» K v o i it I.K M A It I) I M Al Ml !l .1 A r> ?LE DEVOIR ?EN BREF ?MANDELA EN BLINDÉ Durban (Reuter) — Le président NeL son Mandela a quitté hier précipitamment et à bord d’un véhicule blindé une manifestation publique dans un stade proche de Durban, en pays zoulou, où des coups de feu ont été tirés en l’air et échangés entre partisans et adversaires de l’ANC.«De nombreux coups de feu ont retenti et nous avons préféré l’évacuer du stade», a déclaré Robin Cook, un représentant de la police du KwaZulu Natal.Nelson Mandela a pris place à bord d’un véhicule blindé pour regagner Durban, son hélicoptère n’ayant pu se poser aux abords du stade.Robin Cook a précisé que la vie de Mandela n’avait pas été menacée.«Si cela avait été le cas, il serait parti plus toi».La plupart des coups de feu ont été tirés en l’air mais selon la police, six personnes ont été blessées par balles pendant et après la manifestation.On ignore si les blessés appartenaient à l’ANC ou à l’Inkhata, la principale formation zouloue.-?- NOUVELLE COLONIE Jérusalem (AFP) — Israël a donné son feu vert à la construction d’une nouvelle colonie juive à Jérusalem-est annexée, comprenant 2500 logements dans une première étape, a annoncé hier le maire de la ville, M.Ehud OL inert.L’Autorité palestinienne de Yasser Arafat a accusé l’Etat hébreu de mettre ainsi en danger le processus de paix, mais M.Arafat a rejeté les appels de son camp à une suspension des négociations.«La paix est la seule voie, nous devons continuer», a-t-il déclaré à des journalistes à Gaza.Les 2.500 nouveaux logements constitueront la première tranche d’une nouvelle colonie, Haï- Homa, situé près du village palestinien de Sour Bahir, dans le sud de Jérusalem-est Dans un stade ultérieur, le projet prévoit 6500 logements supplémentaires.L’Autorité palestinienne a vivement protesté contre le feu vert donné à la nouvelle colonie.«Cette violation israélienne de tous ses engagements montre clairement que la nouvelle politique israélienne menace le processus de paix», a estimé M.Nabil Abou Roudeina, le porte-parole de M.Arafat «Cela détruit la confiance qu’on peut avoir dans tous les engagements israéliens», selon lui.-?- LA SANTÉ DU MONDE •Genève (Reuter) — Douze millions d’enfants meurent chaque année avant d’atteindre l’âge de cinq ans dans les pays en voie de développement selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé.La plupart de ces morts, qui représentent les populations combinées de la Suède et de la Norvège, sont le résultat de maladies telles que la pneumonie ou le paludisme qui pourraient etre évitées avec davantage de ressources.La lutte contre l’extrême pauvreté, qui affecte une personne sur cinq à travers le monde, constitue donc la clé d’une amélioration de la santé et d’une augmentation de l’espérance de vie, estime le rapport.Il demande aux gouvernements d’accroître la lutte contre les maladies infantiles ainsi que contre les affections parasitaires et infectieuses qui tuent des millions d’adultes.-?- DIALOGUE NUCLÉAIRE Washington (AIT) — Les États-Unis et la Corée du Nord sont convenus de reprendre des entretiens à haut niveau sur le gel du programme nucléaire de Pyongyang et le remplacement des réacteurs nord-coréens, a annoncé hier Je porte-parole du Département d’État Nicholas Bums.Les deux parties n’ont pas encore décidé où et quand les entretiens auraient lieu, mais Pyongyang a accepté le principe de conversations «sans conditions préalables», a-t-il précisé.Les États-Unis ont proposé de nouveaux entretiens à Genève pour fixer les tenues d’un accord conclu en 1994 sur le gel du programme nucléaire nord-coréen, suspect d’avoir des objectifs militaires selon Washington, et sur la fourniture de nouveaux réacteurs à Pyongyang.-?- CAU DERRIÈRE ZEDILLO?Mexico (service espagnol de l’AFP) — Se fondant sur les révélations de l’hebdomadaire Proceso dans sa parution d’hier, le Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD- centre gauche) a demande hier au Procureur de la Justice d’enquêter sur le fait que la cartel de Cali aurait fourni 40 millions $ à la caisr se de l’actuel président Ernesto Zedillo.Ije président du PRD, Porfirio Munoz Ledo, estime que les liens tortueux et mystérieux entre les «narcos» et la politique ont leur origine du temps du président .Salinas.Proceso tire ses informations, princi|)alement, d’un chercheur de l’Université de Nuevo Mexico, Peter Lupsha, spécialisé dans les dossiers de blanchiment d’argent.Iupsha aurait obtenu ces indices de la Drug Enforcement Agency (DEA), agence américaine de lutte au trafic de la drogue.Le front croate s’embrase de nouveau Importante percée contre les forces serbes indépendantistes AUTRICHE HONGRIE CROATIE SLOVENIE ZAGREB Sisak Osijek B’aruvar SLAVONIE Kartovac Pakrac • OCCnW.NTM’A.A BOSNIE Zadar ve à la conclusion suivante: en ter nant compte des émissions des ré-servoirs et de celles reliées à la construction des barrages, les émissions de la filière hydroéled-trique sont environ 25 fois moinç grandes que celles de centrale?thermiques modernes au gaz natuj-rel.Ces recherches ont d’ailleurà mené à la présentation de communications scientifiques en 1992 ay Congrès mondial de l’air pur et a une publication dans la revue internationale AMBIO en 1993.La controverse au sujet des émissions des réservoirs provient d’un enjeu particulier, celui des émissions de méthane.En fait, les émissions des réservoirs sont approximativement réparties ainsi: 1% pour les émissions de méthane et 99% pour les émissions de gaz carbonique (COJ.( Dans un scénario pessimiste ou les émissions de méthane seraient effectivement doublées pour toutè la superficie des réservoirs d’un projet, le chiffre d’émissions des réservoirs, de l’ordre de 4 g par mégajoule, passerait à environ 6 g par mégajoule (en équivalent de gaz carbonique).Même dans ce scénario pessimiste, l’hydroélectricité produirait environ 20 fois moins d’émissionfe que des centrales au gaz naturel.!' Selon le dernier bilan du ministère québécois des Ressources naturelles, le Québec était, en 1992, là province où les émissions de gais carbonique par tête d'habitant étaient les plus basses au Canada.; Les émissions québécoises, par habitant, sont deux fois moindre^ que celles du Canada, et six fois moindres que celles de l’Alberta.‘ Cette performance est due pour l’essentiel, selon le ministère, au remplacement massif du chauffagç au mazout par le chauffage à l’éleq-tricité.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Louis La-pierre (adjoint au directeur de l'information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)', Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs)', Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Robert Lévesque, Benoit Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tra-mier, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste) ; à l’information sportive: Yves d’Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur, Acts publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau.Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Suzanne Mis-cevic, Jacques A.Nadeau, Micheline Ruel-land, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Henry Riedl, c.m.a.(contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette, Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur), Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Jean Lemay (directeur adjoint, production et informatique), Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard DesCormiers, Caroline des Rosiers, Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Sylvain Lesage.Michèle Malenfant, Christiane Vaillant.Christian Vien, Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président et directeur général). I.K I) K V 0 I It .I.K M A H l> I M Al I II II 3 A 8 & ACTUALITES CHIRAC Un discours d'une rare violence SUITE DE LA PAGE 1 peu plus la donne de l’élection de dimanche prochain, puisque ni le socialiste Lionel Jospin, ni le RPR Jacques Chirac ne peuvent espérer devenir président sans une partie des voix du Front national qui a enregistré le 23 avril dernier son meilleur résultat à une élection présidentielle (15%).Pendant que les syndicats célébraient la fête des travailleurs en rangs dispersés, entre 10 000 et 15 000 partisans du Front national ont défilé la mine réjouie devant la statue de Jeanne d’Arc comme ils le font chaque année.Entre la place Saint-Germain et celle de l’Opéra, ils étaient venus plus nombreux qu’à l’habitude écouter celui qui se pose en arbitre du second tour.Dans un discours d’une rare violence truffé de métaphores bibliques, Jean-Marie Le Pen a répété que Jacques Chirac et Lionel Jospin sont «deux hommes de gauche, tous deux du parti de l’étranger».«Chirac, c’est Jospin en pire», a-t-il poursuivi avant de souligner, en ce 1er mai, que le Front National est maintenant le parti français qui possède la plus forte proportion d’électeurs ouvriers (27 %), chômeurs (24 %) et défavorisés (33%).Il y en avait des ouvriers.Mais aussi des ménagères, des petits commerçants, des artisans et des retraités qui avaient profité de cette journée ensoleillée pour défiler derrière une pucelle à cheval suivie de 9 cavaliers en costumes d’époque.En bas golf, en bloomers ou en bleu de travail, plusieurs étaient venus accompagnés des enfants, des grands-parents et même du petit chien.Les manifestants se sont mis à huer lors-u’au milieu du discours de leur lea-er, des militants masqués, juchés sur le balcon du Grand Hôtel et sur le toit de l’opéra qui donnent sur la place, ont déroulé deux grandes bannières sur lesquelles on pouvait lire: «Non au racisme.A bas le Front».Si une question fait l’unanimité parmi les sympathisants du Front National, c’est l’opposition à l’immigration.«80 % de la criminalité vient de l’immigration», dit un fonctionnaire de police.Il s’apprête à représenter le Front National au poste de maire adjoint de sa ville, «envahie depuis peu par les Maghrébins», précise-t-il.Militant du Front national depuis deux ans, il a pourtant épousé une Espagnole.Henri Page, 74 ans, soutient qu’il faut négocier avec les pays d’origine le retour des étrangers chez eux.Grand, les cheveux frisés et le teint très foncé, Henri Page est né au Sénégal où il retourne régulièrement.Il est arrivé en 1967, a servi dans l’armée française et se considère comme français.«Nous ne sommes pas des extrémistes», ajoute-t-il.Plutôt minoritaire dans son genre, il votera socialiste au second tour: «pour se débarrasser de Chirac!» Fils de bonne famille ou zonards au crâne rasé et en bottes cloutées, les jeunes sont nombreux dans le cortège.«Je suis venu, car j’en ai ras-le-bol de la corruption de droite comme de gauche», dit Albéric, un étudiant en commerce de 21 ans.Le Pen est le seul, dit-il, qui ose aborder «le sujet tabou de l’immigration».«La France, croit-il, est le pays qui accueille le plus d’immigrants au monde!» Quoique dise Jean-Marie Le Pen, Albéric votera Chirac au second tour.A deux pas, Valéry Miller, 22 ans, est venu de Lille avec trois de ses copains de la faculté de droit.L’essentiel pour lui n’est pas l’immigration, mais la lutte contre la drogue qui fait des ravages dans sa région.Férocement opposé au traité de Maastricht, il ne sait pas encore pour qui il votera dimanche.Sans donner de consigne, Jean-Marie le Pen annoncera mercredi, après le débat télévisé d’aujourd’hui, quel sera son vote personnel.D’ici là, il tentera probablement de faire monter les enchères afin d’obtenir un renforcement des mesures contre l’immigration ou pour le scrutin proportionnel qui permettrait une meilleure représentation du Front National.Depuis le premier tour de l’élection présidentielle, le Front National estime en effet représenter un Français sur cinq puisqu’il tient compte des 5 % récoltées par Philippe de Villiers sur un programme nationaliste de droite.En 1988, la majorité des voix de Jean-Marie Le Pen s’étaient reportées sur Jacques Chirac.Le chef du Front National avait alors donné pour consigne: «pas une voix pour François Mitterrand; pas un Français de cœur ne peut apporter sa voix à cet homme-là.» Il n’est pas sûr qu’il en soit de même cette fois-ci.Depuis quelques jours, la plupart des at-, taques du leader du Front National sont dirigées contre Chirac.Pour jeter de l’huile sur le feu, Le Pen a même qualifié Jospin d’«homme respectable».Il faut dire que Jacques Chirac a déjà dit que tout compromis avec le Front national serait «un pacte avec le diable» et que contrairement à Lionel Jospin, il est opposé à la représentation proportionnelle.En 1995, Jean-Marie Le Pen semble avoir choisi de jouer l’ambiguïté, convaincu que plus l’élection sera serrée, plus elle servira les fins du Front national.Ml PHOTO JACQUES NADEAU PLUTÔT HEUREUX LES EXPOS, qui entreprennent ce soir leur calendrier local contre les Mets de New York.En raison de l’élimination du Canadien au hockey, les premiers matchs des Z’Amours au très sympathique Stade olympique pourront non seulement accueillir des amateurs de hockey.mais, en plus, Felipe Alou, le vénérable meneur de troupe montréalais, nous a tricoté une jeune équipe bourrée de talent.Le mot d’ordre est lancé: accueilleront-ils deux millions de spectateurs, comme le souhaite le président Claude Brochu?Cette bande de jeunes et rapides professionnels, sous-payés selon la moyenne salariale des ligues majeures, nous feront-ils oublier les Grissom, Walker, Hill et autres Wetteland en criant lapin?Feront-ils le même coup aux Braves d’Atlanta qu’en 1994?Cliff Floyd (30) et Chad Fonville, une recrue, le croient dur comme fer.VIRAGE SUITE I)E LA PAGE 1 Il est jeune, il a eu le courage de rompre avec le PLQ sur la question nationale.Il y a là un souille qu’on ne peut se permettre de laisser de côté.S’il y a moyen de s'entendre sur le même projet, on a intérêt à le faire.» Sur le projet référendaire, Lucien Bouchard est très heureux de s’être finalement retrouvé sur la même longueur d’ondes que le premier ministre Parizeau.Il ne regrette pas d’avoir brusqué les choses.A la relecture du discours qu’il a prononcé au congrès du Bloc, le «virage», il n’y a rien trouvé de provocateur mais tout au plus un discours en tous points conforme à l'orthodoxie souverainiste.«C’était un virage dans le sens que la précision, l’ajustement, n’avaient jamais été apportés avec autant de clarté dans les discussions antérieures.Je pensais qu’il fallait faire ce discours pour déclencher une réflexion et provoquer une reprise de l’intensité souverainiste.Et aussi, pour débusquer les fédéralistes.» Cette intervention fracassante, M.Bouchard la trouve justifiée également par l’importance que le Bloc occupe sur la scène politique fédérale.A cet égard, il rappelle que Bloc a fait élire 53 députés, qu’il fonctionne sur la base de son propre financement, qu’il n’a pas de dettes, qu’il compte 100 000 membres, qu’il s’est bâti une puissante organisation, qu’il a contribué au rejet de l’entente de Charlottetown et à la victoire électorale du Parti québécois.«Ce n’est pas rien; il y a quelque chose de dynamique là-dedans.Les fédéraux ont dit que le Bloc est une succursale du PQ, ce n’est pas vrai.Non, on n’est pas à la remorque du Parti québécois.» Il y a aussi le fait que le congrès du Bloc était pour le chef l’occasion idéale de livrer un message percutant à ses militants.«Quand on fait un congrès qui coûte 200 000 $ et qu’on fait venir 1400 délégués de partout au Québec, c’est bien de valeur, mais il faut qu’on parle des vraies affaires.Il fallait dire les choses qu’il fallait dire.» De toute façon, M.Bouchard fait valoir que l’adhésion de M.Parizeau à l’idée de faire une offre d’association économique et d’union politique au Canada anglais repose d’abord sur les conclusions des travaux de la Commission nationale sur l’avenir du Québec.Cette offre, précise-t-il, sera connue avant le référendum mais sera présentée seulement après la victoir œférendaire du OUI.«On ne subordonnera pas le projet de souveraineté à l’acceptation de pes propositions.» A son avis, devant un Québec souverain, le Canada anglais n’aura d’autre choix que d’accepter de négocier.«Dans le passé, ils avaient toujours le haut du manche tout le temps.Pour la première fois de leur histoire, ils seront mis en face de leur responsabilité collective.Ce qui est fondamental, c’est de changer la nature de la discussion, c’est la capacité d’agir sur le pouvoir de convaincre l’autre.» Au cours de cette entrevue, réalisée avec la participation de l’équipe éditoriale, dont la directrice Lise Bisson-nette, le chef du Bloc québécois a abordé le rôle d’opposition officielle à la Chambre des communes, l’avenir du Bloc, le discours de Jean Chrétien associant la pauvreté des Québécois au débat constitutionnel, le sort de la minorité anglophone et des minorités francophones à travers le pays et la situation du français.Lire sur ces sujets les textes de Jean Dion en page A 2.Au chapitre des relations fédérales-provinciales, Lucien Bouchard estime que le gouvernement Parizeau devrait demeurer disposé à signer des ententes avec Ottawa.«Personnellement, je ne pratiquerais pas la politique du pire.» Pour le chef du Bloc ça demeure toutefois une solution précaire, considérant que le gouvernement fédéral peut toujours dénoncer ce genre d’ententes administratives qui placent les provinces à la merci des régimes qui se succèdent à Ottawa.«Mais on parle d’un rêve; ça n’arrivera pas.Jamais Jean Chrétien ne nous offrira des choses qui ont du bon sens.Il est en train de faire le contraire et d’enfoncer toutes les positions qui nous restent» BOURQUE «C’est une grande déchirure» SUITE DE LA PAGE 1 sion forcée par l’autoroute Décarie.C’est une grande «déchirure», a-t-il dit avant de souligner que «des faiblesses, il faut faire des forces».«Il faut que l’on raccorde les deux quartiers.Ça [l’autoroute Décarie] mériterait d’être modifié.Ce que je cherche, c’est de rendre le projet rentable et que ce soit l’entreprise privée qui paie», a expliqué hier au Devoir, l’architecte Luc Durand.Selon ce dernier, le nombre de tronçons varierait selon les besoins exprimés par la population ainsi que le désir d’inves- tir des promoteurs privés.La rentabilité de l’entreprise serait assurée par la location des places de stationnement ainsi que le paiement des droits aériens (la construction s’effectuant dans le vide, au-dessus de l’autoroute).Le projet, qui emballe le maire de Montréal, aux dires de M.Durand, a été présenté jeudi dernier à l’hôtel de ville lors d’une rencontre à huis clos à laquelle participaient, entre autres, des représentants de grandes entreprises privées, de la municipalité ainsi que du gouvernement du Québec.Les cabinets des ministres des Transports (Jacques Léonard) et de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (Daniel Paillé) y étaient représentés.Plus largement, le projet concerne également le ministre Guy Chevrette, responsable de l’Habitation et bien sûr, le ministre des Finances Jean Campeau.L’idée qu’a développée depuis deux ans l’architecte Durand provient du plan d’urbanisme adopté par l’ancienne administration municipale.Dans le document qui concerne spécifiquement l’arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, il est proposé d’«envisager la couverture partielle de l’autoroute (en construisant des bâtiments aux principaux carrefours) ou sa couverture totale en vertu d’un protocole d’entente avec le ministère des Transports du Québec et d’une étude particulière».Comme le signale Luc Durand, la porte était ouverte et il l’a franchie en effectuant les analyses nécessaires.Les nuisances générées par les principaux axes routiers de la métropole constituent, depuis leur construction, une grande préoccupation pour les Montréalais.Si le maire Bourque soutient le projet de M.Durand après 28 ans de circulation sur Décarie, son prédécesseur Jean Doré prônait pour sa part la mise sous terre de l’autoroute métropolitaine.Pour M.Bourque, il ne s’agit toutefois là que d’un projet d’envergure parmi tant d’autres.Il a entre autres proposé au cours de la campagne électorale de l’automne dernier, de transformer le dépotoir municipal situé sur l’ancienne carrière Miron en un vaste parc industriel et récréatif où s’aligneraient les usines de recyclage, de compostage et de récupération (déchetterie).Ce développe- ment serait possible grâce à un changement radical des habitudes des citoyens appelés à récupérer deux fois plus qu’actuellement.C’est ce qui constitue le Montréal vert.Pierre Bourque a également émis l’idée de relier l’extrême-est de File au centre-ville par un train électrique parallèle à la ligne de métro déjà existante.Il entend aussi aménager les berges autour de l’île, question de développer de multiples accès au fleuve Saint-Laurent d’un côté, et à la rivière des Prairies, de l’autre.Ce projet est connu sous le nom de Montréal bleu.MALAISE «En France, 25 % des Juifs ont été arrêtés.Il aurait été facile de les arrêter tous.» SUITE DE LA PAGE 1 Juifs sont partis de la région de Bordeaux vers Drancy, en banlieue parisienne.Les défenseurs de Papon disent que le secrétaire général de la région n’avait aucun rapport avec les occupants.Ceux qui le montrent du doigt racontent que les 30 tomes du dossier d’instruction contiennent des documents manuscrits dans lesquels il incite les gendarmes à prêter main forte aux Allemands.Si les magistrats décident de juger Papon, c’est toute l’administration française qui sera mise en cause dans un de ces procès aux allures de psychothérapie dont la France a le secret Maurice Papon n’est pas Paul Touvier, le petit milicien antisémite condamné l’an derqier à la prison à vie.Grand commis de l’Etat, membre du cabinet de deux ministres socialistes et élu à l’Assemblée nationale, c’est un parfait représentant de l’élite qui dirige la France depuis la Libération.Pourquoi avoir attendu si longtemps pour s’intéresser à lui?Papon fut inculpé de crime contre l’humanité en 1983, à la suite des révélations de l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné.L’instruction, annulée en 1987 pour vice de procédure, n’a été reprise qu’en 1992.François Mitterrand n’a jamais caché sa préférence pour la «réconciliation», soujigne Klarsfeld.«Les faits sont lointains.L’Etat n’est pas incommodé par le fait que des gens responsables de crimes de masse restent impunis.Toutes les poursuites sont le fruit dqs efforts des enfants des déportés, pas de l’Etat.» Si Serge Klarsfeld condamne les responsables politiques, il n’hésite pas à qualifier d’exemplaire l’action de la justice française, «surtout si on la compare à celle de l’Italie et de la Belgique où pratiquement personne n’a été jugé».La France, rappelle-t-il, a été le premier pays européen à rendre le crime contre l’humanité imprescriptible, c’est à dire passible de poursuites, même des dizaines d’années après le fait D’où vient donc le malaise français?«Il vient, dit-il, de ce que Vichy a joué à la fois un rôle de tampon contre des exigences allemandes, mais en même temps de trahison, de collaboration et de persécution des Juifs.(.) En France, 25 % des Juifs ont été arrêtés.Il aurait été facile de les arrêter tous.Si les trois quarts ont survécu, c’est qu’ils ont été aidés par la population non juive, mais aussi parce qu’ils n’ont pas été arrêtés par la police.» Le 10 septembre 1943, Serge Klarsfeld habitait Nice lorsque la Gestapo pénétra dans la ville.Les Allemands voulaient déporter systématiquement les 25 000 Juifs qui s’y trouvaient.Malgré un appel à la délation et des récompenses alléchantes, la Gestapo ne réussit à en arrêter que 2500 (10 %).Même les 15 000 Juifs étrangers, pourtant faciles à identifier, n’ont pu être déportés.«En 1942, dit Klarsfeld, Vichy avait tous les atouts pour dire non aux Allemands.Or, Vichy a trouvé le moyen d’arrêter des milliers de Juifs en zone libre, où il n’y avait pas d’Allemands et de les envoyer à Ausch- witz via Drancy.Bon, on ne savait pas exactement ce qu’était Auschwitz, mais on ne voulait pas le savoir non plus.» Le pasteur de l’église réformée de France avait d’ailleurs tenté de dissuader Pétain.Dans une lettre, il demandait au maréchal de prendre des mesures immédiates afin que la France ne s’inflige pas à elle-même une défaite morale dont les conséquences seraient incalculables.' «Je dirais que si Vichy avait dit non à ce moment là, dit Klarsfeld, il n’y aurait pas aujourd’hui de crise morale.» U France n’a-t-elle pas condamné sévèrement les collaborateurs immédiatement après la Libération?«Après la guerre, dit Klarsfeld, on a jugé et même condamné à mort les principaux responsables.Mais on l’a fait sous l’angle de la trahison, pas de la collaboration à l’extermination d’un peuple.Il était plus grave d’avoir vendu des secrets militaires ou cédé une base militaire que d’avoir participé à la Shoah.Les Juifs étaient considérés comme une sous-catégo- rie.Ils n’avaient pas choisi leur destin.Les résistants ont tenu l’avant-scène.» Le monde occidental a découvert récemment que la Shoah était un événement exceptionnel et non pas une guerre comme une autre., Dans un livre d’entretiens avec l’écrivain Elie Wiesel publié le mois dernier (Mémoire à deux voix, Odile Jacob), François Mitterrand reconnaissait n’avoir «pas souhaité, en effet, qu’on réinstruisît les procès déjà jugés afin de ne pas diviser les Français.» «Mitterrand illustre bien l’itinéraire français, dit Klarsfeld.Il essayait d’honorer le Pétain-héros-de-14 tout en dénonçant le collaborateur.Il n’a pas compris que c’est justement parce que Pétain jouissait du prestige de 1914-18 qu’il a pu abuser de la confiance des Français et les entraîner dans la collaboration.C’est un peu schizophrénique comme comportement!» Demain: le Québec se souvient-il?LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 4 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 4 PUBLICITÉ (514) 985 3399 / télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS TRAIS 1 800-363 0305 SERVICE DES ABONNEMENTS les numéros île téléphone Mirants sont retables poor le serrlce de llrreison per camelot et pool les abonnements postaux.DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc dont le siege social est situé au informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par | ¦ numéro 2050 de Bleury.9e étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor IaSallc.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest me Saint-Jacques.Montréal.L Agence Presse C anadienne est autorisée à employer et à diffuser les Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900 boul.St-Martin ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement no OK58.Dépôt légal; Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 9RS3333.service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399.A1C
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