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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-06-03, Collections de BAnQ.

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?FONDÉ EN 1910 ?LE DEVOIR Vo X X X \' I N o I 2 I) M O N T R K A I.I.K S S A M K D I 3 K T I) I M A N C II E 4 I !» 9 f> LIVRES Anne Hébert: la force de la nature PAGE D 1 ?LES ACTUALITÉS Hydro pourrait exiger un remboursement PAGE A 7 ÉCONOMIE Réduction des taux d'intérêt PAGE B 1 I ?C A II I E RS - 1.7 S $ ?Tl’S ?T V Q LES ARTS Paradis perdus: L'Europe symboliste PAGE C 1 PERSPECTIVES La confiance effilochée Ce qui est probablement le plus difficile à gagner pour un politicien ou un administrateur public, c’est la confiance des citoyens.Sans elle, rien n’est possible.La méfiance peut avoir raison des meilleurs projets.Les allégations de corruption qui entourent Hydro-Québec, les avantages indus dont certains anciens conseillers de Daniel Johnson ont profité ou les accusations de patronage récemment lancées par le directeur es élections à l’endroit des députés alimentent la méfiance du simple citoyen.Ces cas-là sont patents.Chacun réagit aveç indignation.Mais la confiance des citoyens dans l’Etat, si elle relève de l’intégrité des dirigeants, relève aussi d’aûtres choses, notamment la façon dont se tissent les relations entre l’énorme machine bureaucratique et la tirelire du contribuable.Le Devoir révélait hier les résultats d’un sondage qui démontrent que la confiance dans le secret médical s’effiloche, à l’heure de l’informatisation des dossiers médicaux.Un Canadien sur cinq croit avoir été victime de divulgation injustifiée de renseignements médicaux le concernant.8 % des Canadiens croient que leur médecin a trahi le secret professionnel à leur égard.Au Québec, ce pourcentage grimpe à 12 %.Pourtant, à peine neuf personnes ont porté plainte au Collège des médecins en 1994 à ce sujet, sur 1000 cas soumis au syndic.C’est affaire de perception, mais la perception fait partie de la réalité.Le même sondage révèle que les citoyens sont de plus en plus méfiants à l’égard de l’Etat au fur et à mesure qu’ils perdent le contrôle sur les renseignements personnels que le gouvernement détient à leur sujet.Les trois quarts des Canadiens s’inquiètent des intrusions dans leur vie privée, même si seulement le quart d’entre eux affirment avoir été victimes d’une telle intrusion.La moitié croient que les citoyens ont perdu tout contrôle sur la technologie.Les deux tiers ne croient pas que l’on puisse faire confiance au gouvernement pour agir dans notre intérêt.Ces résultats devraient faire réfléchir les gouvernements qui souhaitent recourir de plus en plus à l’informatique pour réduire leurs dépenses et contrôler les,citoyens.A partir de lundi, le ministre de la Réforme électorale, Guy Chevrette, va entamer la procédure d’adoption du projet de loi 40, instituant une liste électorale informatisée.Une fois constituée, la liste serait mise à jour par le fichier d’adresses de la Régie de l’assu-rance-maladie.Les libéraux bataillent pour faire modifier le projet de loi.Ils veulent entre autres que la RAMQ demande à chaque citoyen son consentement pour que les renseignements qui le concernent soient transmis au directeur général des élections pour la mise à jour de la liste électorale.Le ministre Chevrette ne veut rien savoir du consentement.De la «bouillie pour les chats», croit-il.En outre, ô drame dans l’histoire déjà bicentenaire d’une démocratie, il faudrait attendre quatre ans, soit la durée du processus de renouvellement, pour l’ensemble des Québécois, des cartes d’assurance-maladie, pour recueillir le consentement de tout le monde et mettre en œuvre la mise à jour automatique.Dans son avis au gouvernement sur ce projet de loi, la Commission d’accès à l’information met en garde contre le risque que l’utilisation du fichier d’adresses de la RAMQ mine la confiance des citoyens dans l’étanchéité des autres banques de données médicales.Le directeur général des élections invoque la difficulté de recruter des recenseurs disponibles et compétents.Le ministre parle des citoyens qui ont peur d’ouvrir leur porte aux recenseurs.Solution au problème: contourner le citoyen.La liste électorale sera fabriquée malgré lui.Québec songe, comme Le Devoir l’a révélé au cours des derniers mois, à mettre en place un filet informatisé pour soi-disant contrer le travail au noir.Toute personne qui se bâtira une maison sera fichée à Québec.Le ministère des Finances réfléchit à l’instauration d’une agence qui pourrait percevoir d’un citoyen ce qu’il doit à l’État à même ce que l’État lui doit, et ce, sans lui demander son accord.Le ministère de la Santé veut mettre sur pied une agence privée pour gérer les banques de données du réseau.Des épidémiologistes veulent créer un fichier centralisé des séropositifs.Bientôt, les préposés aux renseignements du gouvernement seront remplacés par des guichets automatiques.Dès lors, au fur et à mesure que l’État ne sera plus qu’un ordinateur avec lequel on transige, la distance et la méfiance ne feront que s’accroître entre l’hydre bureaucratique tout-puissant et le simple citoyen.Il n’y aura pas de manifestations dans les rues contre ça.Mais la confiance est comme un câble.Elle ne rompt pas d’un seul coup.Elle s’effiloche lentement.Michel Venue ?INDEX MÉTÉO Agenda.C12 Avis publics .B10 Classées.Bit Culture.Cl Économie.B1 Éditorial.A10 Le monde.B8 Mots croisés.B10 Les sports.B12 Montréal Samedi: pluie.Max: 20 Dimanche: ensoleillé.Max: 22 Québec Samedi: Pluie et orages.Max: 18 Dimanche: ciel variable.Max: 22 Détails en B 12 Les Serbes soufflent le chaud et le froid Trente Casques bleus canadiens désarmés, 120 membres de l’ONJJ libérés D’APRÈS REUTER, L’AFP ET PC Les Serbes de Bosnie ont soufflé le chaud et le froid hier en abattant un chasseur américain F-16, en désarmant trente Casque bleus canadiens et en les conduisant dans un poste de police avant de libérer 120 membres du personnel de l’ONU.Selon le ministre de la Défense David Collenette, ces Casques bleus auraient été conduits au poste de police dTlijas au cours de la nuit de jeudi à hier.Ce nouvel incident porte à 38 le nombre de soldats canadiens pris en otages dans cette région.En fin d’après-midi hier, Ottawa avait été incapable de communiquer avec quiconque près de Sarajevo depuis le début de la journée.«Cela nous préoccupe beaucoup», a déclaré le ministre au cours d’une conférence de presse.Les 30 soldats désarmés faisaient partie d’un groupe de 45, près d’üijas, dont la liberté de mouvement avait déjà été limitée par les Serbes bosniaques.Les 15 autres soldats sont demeurés à leurs postes d’observation mais y ont été rejoints par des policiers militaires de l’armée des Serbes de Bosnie, selon David Collenette, qui doit participer à la rencontre des ministres de la Défense de l’OTAN à Paris aujourd’hui.VOIR PAGE A 12: SERBES UN F-16 ABATTU PAR UN MISSILE PWHK Mi* V bJ [Chânjê’fixptoiivSrk V v'i WÊIÊÊMtl KRAJINA BOSNIE irebrenicafjg) Zepa 0\ o Pale ; SARAJEVO] Gorazde Mostar Zones contrôlées v I-| Musulmans & 1-1 e! Croates C— Series de Bosnie —1 et de Croatie O Zam de sécurité MONTENEGRO Dubrovnik .Banja.Luka; ¦ ¦¦ ?•: mm 2vîïïMNS Haïti bientôt aux urnes PHOTO AP r EN PREVISION des élections législatives du 25 juin en Haïti, de nombreux habitants du bidonville de Cité Soleil, dans les bas-fonds de la capitale, s’inscrivaient hier au registre électoral.Il s’agira de la première consultation démocratique en Haïti depuis le retour, en octobre dernier, du président Jean-Bertrand Aristide, déposé par un coup d’État militaire en septembre 1991.FRANCE L’école en examen Après les Québécois, les Français auront eux aussi des états généraux sur l’Education; mais leurs conclusions seront sanctionnées par référendum La ligne 1-800 sur l’avenir du Québec coûtera 200 000 $ Les libéraux crient au gaspillage des fonds publics MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La ligne téléphonique gratuite sur l’avenir du Québec, mise en place par le bureau du premier ministre pour fournir des réponses aux questions sur la souveraineté, coûtera 200 000 $ aux contribuables.C’est une dépense que les libéraux trouvent injustifiable puisqu’il s’agit de fonds-publics pour vanter les mérites d’une option politique, dénonçaient hier plusieurs députés libéraux qui ont transmis aux journalistes une transcription du contenu des messages.Jeudi, le chef libéral Daniel Johnson déplorait que le gouvernement utilise des fonds publics pour faire mousser la cause souverainiste, à une époque où il ferme des hôpitaux.Hier le vice-premier ministre Bernard Landry a défendu la décision du gouvernement de financer une telle opération par le fait qu’Ottawa fait la même chose dans le sens inverse en subventionnant le Conseil pour l’unité canadienne avec l’argent des contribuables de tout le pays, y compris celui des souverainistes québécois.Dans le même esprit, il est probable que le gouvernement péquiste finance les activités du Conseil de la souveraineté, présidé par Yves Duhaime.Une demande a été acheminée au premier ministre, qui attend de voir quels efforts ce regroupement peut faire du côté du secteur privé avant de s’engager.Cette ligne sans frais fournit des réponses à des ques- VOIR PAGE A 12: 1-800 Bernard Landry: Ottawa fait la même chose.ÉCONOMIE CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Le premier ministre Alain Juppé Le 9 juin prochain, plus d’un demi-mil-lion d’étudiants français devront se lever tôt, prendre leurs cahiers sous le bras et se rendre dans un gymnase ou une salle de classe défraîchie pour noircir, trois heures durant, une dizaine de pages blanches.À l’ordre du jour, des sujets aussi folichons que l’état de nature chez Bergson ou le concept de liberté chez Spinoza.L’épreuve de philosophie, obligatoire, inaugure chaque année l’un des examens les plus rigoureux au monde: le baccalauréat français.Conçu à l’époque pour sélectionner l’élite, ce monument de l’Éducation nationale est aujourd’hui contesté.11 comporte cette année près de 75 filières, coûte plus de 70 millions $, mobilise 1400 enseignants pour son élaboration et des dizaines de milliers pour sa correction.Si bien que les paris sont déjà ouverts sur les épreuves qu’il faudra annuler pour cause de fuites ou que l’on devra reprendre car des erreurs se seront glissées dans les énoncés.Derrière la contestation de ce rite initiatique qui sanctionne la fin du lycée G’équivalent du cégep), c’est toute l’organisation de l’école qui est aujourd’hui remise en question.Après les Québécois, les Français auront bientôt, eux aussi, leurs états généraux sur l’Éducation, chargés de revoir l’ensemble de l’organisation scolaire, de la maternelle à l’université.Mais, à la différence des Québécois, les nouveaux dirigeants français ont choisi de faire sanctionner le résultat de cette consultation par référendum.Sitôt nommé, le premier ministre Alain Juppé a confirmé la promesse formulée à plusieurs reprises durant la campagne électorale par le nouveau président Jacques Chirac.Vers 1996, les Français devraient donc se prononcer sur une réforme de l’école qui portera notamment sur les rythmes scolaires, la formation technique et la décentralisation des universités.D’ici là, VOIR PAGE A 12: ÉCOLE La globalisation des perdants Pour l’historien britannique Paul Kennedy, la mondialisation économique engendre son lot de perdants tout en s’ajoutant aux pressions qui réduisent la marge de manœuvre de l’État-nation, une notion peut-être en voie de devenir périmée, un État-nation de plus en plus débile et dépassé par les événements.Dans une entrevue au Devoir, l’auteur du surprenant succès de librairie The Rise and Fall of the Great Powers dit croire que seul un corps politique international peut se mesurer aux défis qui confrontent la planète au cours 30 prochaines années, notamment les migrations de population et la détérioration de l’environnement Clairement, la globalisation — irréversible, selon Kennedy — engendre quelques gagnants et beaucoup de perdants.L’Amérique, «ce bastion du laissez-faire», ne sera pas épargnée et au prochain siècle, la politique de l’autruche est la prémisse du désastre.— Voir page B 1 Paul Kennedy i up / ^ .% ,.r* « « • * « r •• r* C T* ?I^TTTT^ ' }.v^ !iTi;riil iiüinrrl !I"!"!J 11X1(1 wmmm ¦¦ ¦' /.r.r r » w.mi iî r nm * ¦ kcMt ri so - ^ 'MÊiÉÈmfew ¦ «/JÊS • ¦;.•';< • ,., .'¦: • ' '; P ab*!te-._ DANS ce monde-là, IL N’Y A RIEN COMME LES CONTACTS DIRECTS m ¦ - ~ À compter du 19 juin 1995, Air Canada offrira chaque jour trois vols sans escale de Montréal pour l’aéroport national de Washington.Et ce n’est là qu’une de nos nouvelles destinations, preuve de notre expansion sur le marché américain.Avec notre nouveau service par biréacteur de Canadair, nous vous ferons découvrir un monde de quiétude, de confort et d’efficacité.De plus, entre le 19 juin et le 31 juillet, vous obtiendrez le triple du millage AéroplanMD peu importe le tarif, et si vous louez une voiture de la compagnie Avis à l’aéroport national de Washington, vous obtiendrez le triple du millage / t Aéroplan.Avec Air Canada, vous êtes maintenant et plus que jamais, en contact direct avec les Etats-Unis.AIR CANADA VOUS OFFRE LE PLUS DE VOLS SANS ESCALE POUR wash i ini errors] L K I) K V «IR, I.K S S A M K l> I 3 K T « I M A N C Il K I J U I X I » » 5 a a -* LE DEVOIR ?MONTREAL Affaire Barnabé Témoignage dissonant de Manon Cadotte ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE La force employée lors de l’arrestation de Richard Barnabé, le 14 décembre 1993, ne correspondait pas aux méthodes de travail qu’utilisait Manon Cadotte, 25 ans, la cadette des cinq policiers accusés de voies de fait graves sur le chauffeur de taxi.«Moi ,et Michel (Vadeboncœur, un autre accusé) nous ne sommes pas gros, nous ne sommes pas grands», a-t-elle dit en éclatant en sanglots.«Michel et moi sommes habitués à travailler ensemble.Nous essayons de dialoguer avec la personne, de parler.Ça prenait hien du temps mais ça marchait», a-t-elle expliqué hier devant le juge Benjamin Greenberg de la Cour supérieure.«C’est toujours plus long, c’est sûr», a-t-elle reconnu par la suite.Le témoin précédent, le policier André Lapointe, un autre accusé, avait répondu au procureur de la Couronne, Jean Lortie, qui lui demandait pour quelles raisons il n’avait pas laissé Richard Barnabé dans sa cellule verrouillée jusqu’à ce qu’il retrouve son calme: «Attendre qu’il se calme, ça peut être long.» Pour sa part, dès qu’elle a vu Richard Barnabé au cours de la poursuite, à Laval, Manon Cadotte a compris qu’il serait difficile d’entrer en contact avec lui.«Quand il est passé à côté de notre voiture après avoir fait un virage en U, il nous regardait et ne nous voyait pas.Il souriait mais ce n’était pas à nous autres.Il n’était pas là.Il était dans un autre monde», a-t-elle raconté.Alors qu’il avait les mains en l’air une fois arrivé sur le terrain du domicile de son frère Raymond, Richard Bar-: nabé n’arrêtait pas de parler, a-t-elle ajouté.«J’étais convaincue qu’on n’arriverait pas à le maîtriser si l’utilisation de la force devenait nécessaire.Je voyais qu’il était complètement dans une bulle.On n’aurait jamais de contact avec lui.Il ne nous entendait pas.Il ne nous regardait pas.Il ne nous voyait pas.Il était dans ses pensées.» L’avocate de Mme Cadotte, Me Sylvie Bourque, lui a alors demandé si elle s’était sentie provoquée par le sourire que Barnabé avait sur les lèvres au moment où il disait: «Tirez-moi, tuez-moi!» «Non», a-t-elle répondu.Dans son témoignage, jeudi, le policier Pierre Bergeron avait dit qu’il y avait vu une provocation, un signe que Barnabé attendait les policiers «d’un pied ferme».Par ailleurs, l’accusée Cadotte a expliqué qu’elle s’était chargée de rédiger «le livre d’écrou» qui consiste notamment à mettre dans des enveloppes scellées les objets trouvés sur la personne gardée en cellule.Elle a d’ailleurs reconnu sa signature et des inscriptions écrites de sa main.Le témoin précédent, le policier André Lapointe, avait raconté s’être chargé de cette tâche.Dans son témoignage, Manon Cadotte a reconnu avoir été suspendue sans solde le 14 janvier 1994, moment où des accusations ont été portées contre elle et ses collègues André Lapointe, Pierre Bergeron, Louis Samson, Michel Vadeboncœur et Karl Anderson.Ce dernier a été libéré à l’issue de l’enquête préliminaire.Il a également été établi que Mme Cadotte n’est pas représentée par le même bureau d’avocats que les quatre autres accusés et qu’elle n’a pas rencontré ces derniers depuis les événements, sauf à la cour.Avant d’ajourner le procès jusqu’à lundi, le juge Greenberg a ordonné aux membres du jury de s’abstenir de prendre connaissance des articles et reportages sur le procès en cours.«Limitez-vous à ce que vous entendez entre ces quatre murs», a-t-il dit.'TV -*litique fédérale de gestion des substances toxiques.«Il faudrait arrêter d’empoisonner notre environnement, nos systèmes reproducteurs, notre chaîne alimentaire et notre patrimoine génétique», a déclaré hier la ministre de l’Environnement Sheila Copps au Parlement Cette politique, qui entre en vi- gueur maintenant obligera les entreprises à prouver que les nouveaux produits qu’elles veulent mettre sur le marché ne persistent pas dans l’eau, le sol et l’air et ne s’accumulent pas dans les tissus des êtres vivants.Sinon, ils seront interdits.«Auparavant, c’était la responsabilité du gouvernement de démontrer qu’un produit était nocif.La politique inverse cette situation.Un nouveau produit sera traité comme les médicaments, c’est-à-dire que ce sera la compagnie qui devra prouver qu’il n’y a pas de bioaccumulation», a précisé Mme Copps.Quant aux substances déjà en circulation, elles devront être graduelle-m< nt éliminées, a indiqué Sheila Copps.L’échéancier reste à déterminer car la ministre veut permettre aux industries qui utilisent certaines de ces substances dans la composition de leurs produits de s’ajuster el de trouver des solutions de rechange.«La politique a pour but l’élimination virtuelle dans l’environnement de toute substance qui résulte d’une activité humaine, qui met longtemps à s’éliminer, qui s’accumule dans les organismes vivants et qui est toxique», a-t-elle expliqué.PRESSE CANADIENNE Les commissions scolaires demandent au ministre de l’Education de leur permettre d’imposer des frais aux parents pour certains cours suivis par leurs enfants en marge du régime pédagogique habituel.Les délégués de la Fédération des commissions scolaires du Québec ont adopté une proposition en ce sens, hier, dans le cadre de leur assemblée générale annuelle.Le congrès de la Fédération, qui se tient à Montréal jusqu’à demain, a également permis de réélire hier Diane Drouin à la tête de l’organisme.La résolution adoptée hier en assemblée générale se lit comme suit: «Que la fédération entreprenne les démarches nécessaires pour demander au ministre d'amender la loi afin que les commissions scolaires aient la possibilité de demander une parti-cipation financière dos parents lorsque des cours sont offerts en plus des services prescrits par le régime pédagogique.» La proposition, soumise par la Commission scolaire Des Rivieres, à Famham, a été adoptée à la majorité, mais à l’issue d'un certain débat.Désaccord sur le 1 % Mais la discussion la plus soutenue de toute l’assemblée générale, assez curieusement, a porté sur la position de la Fédération des commissions scolaires face au projet de loi imposant une contribution de 1 % aux entreprises pour la formation de leur main-d’œuvre.S’il y a eu débat, ce n’est pas parce que les délégués désapprouvaient le projet de loi de la ministre huiise Harel, mais plutôt parce que plusieurs amendements ont été soumis pour modifier le libellé de la proposition.Les délégués devaient voter sur une déclaration donnant des lignes directrices à leur fédération, et leur déclaration stipule qu'«il faut aller de l'avant immédiatement avec le projet de loi», et que la loi doit s’appliquer «maintenant et progressivement jusqu’à l’atteinte du 1 %».La présidente de la Fédération, Mme Diane Drouin, a été réélue sans opposition hier. Recherche d’emploi A 8 I.E I) E V O I It .I.E S S A M E l> I 3 E T l> I M A N C II E I .1 V I N I I) Il li LES ACTUA n mi' ilî'f Des moyens pour les minorités visibles RACHEL I)UCLOS LE DEVOIR u:t ¦ Le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) a présenté hier dix stagiaires issus de minori-.tes visibles, formés aux techniques de recherche d’emploi 'grâce à une subvention de 70 000 $ du ministère du Développement des ressources humaines du Canada.r, Le projet-pilote vise à faire le pont entre les besoins des ¦minorités visibles et ceux des employeurs qui doivent se -Soumettre à la loi fédérale sur l’équité en matière d’em-pjjoi.Les duc stagiaires ont profité d’une formation de trois ifrpraines en techniques de recherche d’emploi.Ils entreprennent maintenant un stage en entreprise, déniché par k> CRARR, d’une durée de huit à douze semaines, t).Les stagiaires sont technicien en informatique et en administration, ingénieur, biologiste, comptable, tous diplômés.Mais ils connaissent mal les réalités du marché du-travail québécois.Ainsi, Aldgia Abdelli, Algérienne jtiorigine qui vit au Québec depuis cinq ans, n’a pas d’emploi parce qu’elle ne connaît ni les entreprises, ni la -façon de se présenter en entrevue.Elle est titulaire d’un diplôme d’études collégiales en informatique, v • La Loi sur l’équité en matière d’emploi est un avantage -pour les gens faisant partie des minorités visibles.Mais rils en profitent peu.Les entreprises ne trouvent en effet pas la main-d’œuvre qui leur convient.Car les membres des minorités visibles sont aussi démunis, sinon plus, •que les Québécois d’origine lorsqu’ils doivent intégrer le marché du travail.«Ils ne connaissent pas les valeurs nord-américaines individualistes.Pour certains, c’est honteux de se vanter», dit Sylvia Ceacero, conseillère en formation au CRARR.Le projet-pilote devra être évalué à la fin du mois d’août.Le CRARR espère alors recevoir de -nouveaux crédits pour former plusieurs groupes de -jeunes par année.Le mur qui frappe PHOTO JACQUES NADEAU ON NE SAIT PAS si Montréal est bien protégée des vilains, mais elle est à tout le moins bien exposée aux techniques de marketing.Les Communications Murad, des artistes spécialisés dans la production de murales géantes, mettaient la dernière main hier à une murale sur le vieil édifice Simpson, rue Sainte-Catherine à Montréal, histoire de faire mousser la production du dernier Batman, qui envahira les écrans cet été.;n> .rprfi Réserve* SflillS MONTRÉAL •>- TORQNÎO ?>- MONTREAL ^TORONTO ?)- MONTREAL ^TORONTO *>- MONTREAL TORONTO ?)- MONTREAL ¦>- TORONTO ?>- MONTRÉAL ?>- TORONTO ?>- MONTREAL ?)- TORONTO-^ MONTREAL ?>- TORONTO »>- MONTREAL »fr- TORONTO ?>- MONTREAL »>- TORONTO Fini Toronto en classe 1 2 rd’hui Découvrez La classe /7 ?V-/ Montréal >±-Tnrnr Montréal ^-Toronto* ^ Zéro congestion à bord I .’allée centrale la plus large du monde (40 pouces).Fini les embarquements et débarquements qui n’en finissent pas.?Lu confort 5 étoiles De 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récentes statistiques de la Régie de l’Assurance-maladie du Québec (RAMQ) dévoilées hier par l’Association des dermatologues du Québec.Et ces chiffres inquiétants ne tiennent pas compte des cas non diagnostiqués, des cancers traités par d’autres spécialistes que les dermatologues, comme les omnipraticiens.«Cette année, plus de 60 000 personnes au Canada vont développer un cancer de la peau, et 33 000 auront un mélanome», a tracé hier le Dr Pierre Ricard, président de l’Association des dermatologues du Québec.Même si le Québec est un pays nordique, le cancer de la peau y est en nette progression comme partout en Amérique et a crû de près de 200 % au cours de la dernière décennie.Résultat, on estime qu’à la naissance, un enfant court aujourd’hui un risque sur sept de développer un cancer cutané durant sa vie, et un risque sur 100 de présenter un mélanome.Directement associé à l’exposition au soleil et surtout à des coups de soleil graves avant l’âge adulte, le cancer de la peau apparaît de plus en plus chez des gens âgés de 25 à 50 ans.«Quand j’ai commencé ma pratique, on voyait surtout des patients âgés de 60 à 65 ans, on les voit aujourd’hui à 30 et 40 ans», souligne le Dr Ricard.Aussi, les dermatologues sont formels.On recommande cet été aux gens de redoubler de prudence puisque Environnement Canada prévoit que la couche d’ozone sera réduite d’environ 8 %, atteignant les records historiques établis en 1993.Chaque baisse d’un point de pourcentage s’accompagne d’une hausse d’environ 1 % des cas de cancers de la peau.«La majorité des dommages à la peau surviennent avant l’âge de 18 ans.Les jeunes qui développent un cancer ont souvent été très exposés au soleil à l’adolescence, comme les maîtres nageurs», ajoute le Dr Catherine McCuaig, dermatologue à l’hôpital Sainte-Justine.Plus qu’une simple protection solaire, les médecins recommandent donc d’utiliser des filtres ayant un facteur de protection de plus de 15 et contenant des composés bloquant autant les rayons UVB que les rayons UVA.Ces derniers seraient aussi néfastes que les premiers, et d’autant plus péri nicieux qu’ils ne provoquent pas de coups de soleil.Parmi les nouveaux composés protégeant des rayons UVB et UVA, on note le Mexoryl, le Parsol 1789, le dioxyde de titanium (écran total), les cinnamates et les benzophénones.Et d’après le Dr Ricard, l’application de crèmes solaires doit s’accompagner du port de lunettes solaires, d’un chapeau et d’une camisole pour les enfants.Les nourrissons de six mois devraient tout simplement être gardés à l’abri des rayons solaires.«On ne dit pas aux gens de ne pas aller au soleil, on leur dit seulement d’y aller intelligemment», insiste-t-il.Aujourd’hui les gens consultent beaucoup plus rapidement quand ils décèlent une tache anormale, de sorte qae 95 % des cancers sont traités à temps.Dans le cas du mélanome malin, le plus mortel des cancers, le taux de mortalité atteint 26 % chez les hommes et 12 % des femmes.La plupart des cancers de la peau apparaissent dans le dos, les épaules ou le visage chez les hommes et sur les jambes et la poitrine, chez les femmes.Les personnes ayant un teint clair, des tâches de rousseur, les cheveux blonds ou roux, doivent redoubler de prudence car ils courent plus de risques que les autres de développer un cancer de la peau.Preuve inusitée du caractère néfaste du soleil, on a constaté que même les moutons de Nouvelle-Zélande, renvoyés dans les champs brûlés par le soleil après la tonte, développaient en grand nombre des cancers cutanés sur leurs peaux blanches et délicates.Les 200 kilomètres de la marche «Du pain et des roses» Mission accomplie ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Dix jours et 200 kilomètres plus tard, un peu plus de 400 femmes termineront en beauté, demain, la marche «Du pain et des roses» amorcée dans l’espoir de marquer des pas de géant dans la lutte des femmes à la pauvreté.Hier, l’instigatrice de l’événement, Françoise David, n’avait à la bouche que le mot «solidarité» pour dresser le bilan de ces dix jours de marche qui culmineront demain, devant l’Assemblée nationale, par un rassemblement de femmes, d’hommes et d’enfants de tous âges.Jointe à Saint-Vallier-de-Bellechas-se, en compagnie d’une centaine de marcheuses du contingent parti de Rivière-du-Loup, Mme David s’est dite impressionnée par l’appui rencontré par les participantes tout au long du parcours.Même si la population ne connaît pas les «neuf revendications» des marcheuses, les gens se sentent interpellés par ce geste et par le thème de la pauvreté, a-t-elle soutenu.«Des hommes et des femmes ont été émus par notre démarche.Il y avait un désir chez eux de voir les choses bouger et d’entendre autre chose que le discours politique habituel», a affirmé la porte-parole de l’événement.Malgré la tempête politique créée autour de l’événement par les libéraux — qui ont accusé les organisatrices d’être partisanes —, la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) croit que la marche n’a pas été discréditée par cet incident.Après un quiproquo, une rencontre des organisatrices avec certains députés libéraux a été annulée cette semaine.La députée Liza Frulla et le chef libéral Daniel Johnson ont par la suite taxé les organisatrices de partisanerie.Le tout serait rentré dans l’ordre après que Mme David eut invité, jeudi soir, la députée Frulla à une rencontre.Une invitation que cette dernière aùrait déclinée, question d’horaire.Et après, quoi?Maintenant que ces 200 kilomètres sont parcourus, les marcheuses se rassembleront aujourd’hui à Lévis, puis demain à Québec où quelque 10 000 personnes sont attendues au rassemblement au terme duquel le premier ministre Parizeau prendra la parole.Les femmes espèrent voir le premier ministre répondre à leurs neuf demandes sur l’augmentation du salaire minimum à 8,15 $, la création de 1500 logements sociaux par an, l’application des normes minimales de travail aux personnes participant à des mesures d’employabilité, l’accès à la formation, la réduction du temps de parrainage à trois ans pour les femmes immigrantes, le gel des frais de scolarité et l’augmentation des bourses aux étudiants.Le gouvernement a déjà promis d’instaurer la perception automatique des pensions alimentaires et déposera un projet de loi à l’automne sur l’équité salariale.Après tous ces efforts, plusieurs femmes se demandent ce qui suivra.Certaines, confie Mme David, on,t même souhaité reprendre cette marche l’an prochain! «On se sent responsables de ce qu’on a amorcé.Il faut poursuivre l’action, a conclu Mme David.Il faut que cette mobilisation ait une suite.» ENCAN DU SIECLE TENU PAR ENCANTEURS ET LIQUIDATEURS WÉMÈK Une des plus remarquables collection de tapis de PERSE et ORIENTAUX amassée au fil des années provenant d Iran, de Nain, Tabriz, Gabbeh, Qum, Kashan, Shiraz, etc.Chine et de la Turquie (dans des centaines de dimensions et de couleurs!) seront encantés un par un.PAS DE TAXE À L’ENCAN DE 10%, NI TPS.Si vous désirez un tapis pour la maison, 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justice de Montréal, en présence d’une quarantaine de personnes.Dans une brève allocution, M.Niemi a avoué qu’il se «préoccupe» de l’état de santé de la justice au Québec et au Canada.«Nos valeurs sont menacées.La liberté de commerce prévaut sur la question des droits de la personne», estime-t-il.D’origine vietnamienne, M.Niemi est arrivé au Québec il y a 20 ans.En 1983, à l’âge de 23 ans, il fondait le CRARR.Au fil des ans, il a participé à de nombreux organismes et comités consultatifs voués à la défense des droits de la personne et à l’accessibilité de la justice.UN «LAVE-O-CHIEN» AU LAC DES CASTORS (Le Devoir) — La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (la SPCA) organise demain, entre lOh et 17h, au lac des Castors, un «lave-o-chien».Les propriétaires n’ont qu’à se présenter avec leurs bêtes sur le site où les attendront des bénévoles de la SPCA qui se chargeront du reste.Les dons sont volontaires et visent à faciliter la mise sur pied de la clinique de stérilisation de la Société, dont l’ouverture est prévue pour la mi-juillet.DES CHANGEMENTS ÀLACBC (Le Devoir) — La journaliste Hana Gartner, que les téléspectateurs de Fifth Estate, de CBC, connaissent, prendra à l’automne la place de Pamela Wallin, récemment écartée de Prime Time News.Elle animera la portion magazine de l’émission, à 22h.Peter Mansbridge continuera de présenter le principal bulletin de la journée du réseau.Ces annonces ont été faites hier lors du dévoilement, à Toronto, de la programmation d’automne de la CBC.Le vice-président de la télévision anglaise, Jim Byrd, a insisté sur son intention d’augmenter graduellement le contenu canadien de la chaîne.Pour la saison qui vient, la programmation canadienne sera augmentée de trente minutes.Il aimerait avoir un réseau totalement canadien.Les dirigeants du réseau anglais ont annoncé cinq nouvelles émissions canadiennes, soit Undercurrents, qu’animera Wendy Mesley, qui portera sur l’impact dans nos vies de la révolution de l’information, Howie Mandel’s Sunny Skies, pour les amateurs d’humour, 77/e Rez, une série sur les jeunes autochtones d’une réserve ontarienne, Talk 16, dont les héros seront des adolescents de diverses tendances et From the Hip, pour les enfants.CBC diffusera également la nouvelle série américaine Central Park West sur des jeunes branchés new-yorkais.VOLCAN A VENDRE Papeete (Reuter) — Avis aux amateurs de solitude: à vendre, petite île volcanique en plein océan Pacifique pour six millions de dollars.L’annonce, parue dans La Dépêche de Tahiti, le quotidien de Polynésie française, et émanant de France, fait état d’un atoll mais il s’agit en fait d’un cône volcanique de 450 mètres de haut, d’une circonférence de trois Ion, trop récent pour avoir une ceinture de corail autour.Ce volcan, dont la dernière éruption remonterait à 2000 ans et qui a un cratère de 100 m de profondeur, est le plus jeune de l’archipel de la Société.Amoy Lee Wing, un Tahitien d’origine chinoise, a précisé que l’île appartenait à son épouse.Il en demande six millions de dollars mais est prêt à discuter du prix.L’accès à :cet îlot, dans le prolongement de la presqu’île de Tahiti, à 60 milles nautiques, est difficile.Son nom tahitien, Hiurai, signifie «gratte-ciel» ou «qui touche les nuages».D’imposantes falaises de 50 m à 75 m de haut protègent l’île des visiteurs comme des assauts de l’océan.ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS OE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE ITGFR ROBIC RICHARD AVOCATS SS.ST-JAC0UES MONTRÉAL QUÉBEC HZY3X2 Fo |SI«>MS-7874 TN:(S14)MR*0*a*K Montréal aux cyclistes PLUS DE 45 000 cyclistes prendront possession des rues de Montréal, demain, à l’occasion du traditionnel Tour de Tile de Montréal.Cet événement, le paradis du vélo et l’enfer des automobilistes, débutera au parc Jarry et se déroulera non seulement à Montréal mais aussi à Saint-Laurent, Dorval, Pointe-Claire, iMchine, LaSalle et Verdun.À noter que grâce à une ligne téléphonique spéciale, Info-Circulation (277-3305), le public pourra obtenir de l’information sur le trajet.L’espérance de vie continue de croître PRESSE CANADIENNE L* espérance de vie des femmes, ! au Canada, dépasse pour la première fois les 80 ans.Hommes et femmes ont atteint l’espérance de vie la plus élevée au cours de la période 1990-92, selon une étude publiée hier par Statistique Canada.Un garçon né durant cette période peut s’attendre à vivre 74,55 ans, tandis qu’une fille a une espérance de vie de 80,89 ans.En comparaison, un garçon né pendant la période 1985-1987 pouvait espérer vivre 73,70 ans et une fille, 79,94 ans.’ «Il s’agit de l’espérance de vie la plus élevée à la naissance autant pour les hommes que les femmes», conclut Wayne Millar, analyste pour Statistique Canada.Des Electre de trop Alice Ronfard rate son travail sur la grande figure féminine du théâtre grec ILECTRE.ElEKUtA Un spectacle conçu, et mis en scène par Alice Ronfard, autour de la figure d'Electre.Scénographie de Danièle U-vesque.Lumières de Manon Choinière.Avec Julie McCle-mens, Marthe Turgeon, Danièle Panneton, Johanne Fontaine, Jean François Casabonne, Pascal Auclair, Videmir Normil.Une co-production Artfacte et H A.A l'affiche d’Espace libre jusqu’au 6 juin.ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR On pe se collète pas à un personnage de l’ampleur d'Electre impunément.Pour éviter le désastre, il faut savoir comment s’y colleter, pourquoi, y avoir mûrement travaillé, établir une approche critique qui soutient un rtN gard original, ou bien alors ne pas savoir vraiment ni comment ni pourquoi mais s’en approcher lentement à vue avec une humilité de chercheur, une intuition de certains gouffres de la nature humaine et une rigueur d’application pour un essai de prospective sur le personnage.Car Electre c’est de la chair de drame.Hélas, Alice Ronfard n’a apparemment rien fait de tout cela et sop travail sur Electre, et même sur les Electre, d’Eschyle à Pasolini, est de la mauvaise copie de théâtreuse.Voilà un spectacle engoncé, superficiel, raide, ridicule (qui fait rire à plusieurs reprises alors qu'il n’y a aucune intention d’humour), qui ne propose rien de solide, rien de lisible, au sujet de la fille d’Agamemnon et de Clytem-nestre.Se contentant de coller des extraits de tirades, depuis les Grecs jusqu’à Giraudoux, O’Neill et Pasolini, mais dans un fouillis certain où la lecture de son travail devient pénible, impossible, Ronfard rajoute des choses — scènes de clown, un duo absurde entre une blanche et un Noir — et livre un melting-pot sur-théâtralisé qui n’est pas sans rappeler les expériences éclatées et ridiculement péremptoires du théâtre éclaté dçs années 70.C’est un théâtre de pose que cet Electre, Elektra où chaque comédien semble convier à en remettre dans le geste raide, affecté.Au lieu de travailler à une approche sen- tie, simple, respectueuse de la valeur Electre, Alice Ronfard a choisi d’établir une théâtralité de force, de plaquer du tau-sentent «joué» plus que du simplement «livré».Les comédiens sur-jouent, circulent avec une fausse ampleur, au point que dès les premières minutes çela est agaçant.Ce n'est pas un travail «autour d'Electre» que l’on nous pro|X)se, c’est un carnaval de jxises, un récital de plaintes et cris sans aucune espèce de souplesse et de distance quant au sujet.On a pigè —je ne vois jxis d’autre lecture possible que le hasard d'un choix de textes sans envergure ni promis — dans des Electre, on a sans vergogne ramasser tout ça, et cillez donc.C’est un pensum Electre qui d’ailleurs se condamne lui-même lorsqu’à la fin un personnage dit: «quelle est la nouveauté dans cette histoire?Quel est le sens de tout ça?», et qu’une ixutie de la salle éclate de rire.Quand on a sous les yeux la rigueur d’une Denis Man leau, son sens théâtral éclatant, on ne peut, dans le même festival, que déplorer la vue de tels essais sans envergure intellectuelle ni esthétique.Aucun approfondissement, aucune' logique, aucune, magie, que du temps perdu, du travel inutile, voilà ces Electre d’Alice Ronfard qui sombrent dans leur propre impuissance théâtrale.C’est une autre des grandes déceptions de ce FTA1995.Dans le cas d’Alice Ronfard, qui a déjà fait une erreur professionnelle importante en acceptant de monter l'Héliotropes de Garneau, qui a raté une Marie Stuart de Schiller cette saison par une espèce de fidélité à un féminisme limitatif, le temps est sans doute venu de réfléchir à sa place au théâtre, et surtout à ce quelle entend y faire, y dire, y inventer.Car ce que l’on voit au FIA sous sa signature est du domaine de la régression théâtrale.Je ne crois pas que ce soit en acceptant de monter du Rostand au TNM qu’elle s’y retrouvera, cependant.On me trouvera dur, je suis habitué, mais je crois que parfois dans le métier il y a des accumulations d’errances qui doivent être signalées à un metteur en scène pour qu’il échappe à la médiocrité ambiante du milieu théâtr al, un milieu-serre qui ne sera d’aucun secours à Alice Ronfard si elle ne réfléchit pas elle-même à ce que veut dire une vie dans (et pour) le théâtre.Mes excuses.(De notre édition finale d’hier) HEURES I) OUVERTURE : Du dimanche au jeudi : 10 h à 18 h Vendredi et samedi : 10 h à 22 h Dernier départ 1 h 30 avant la fermeture TARIFS (TPS et TVQ incluses) : Famille : 28 $ Admission générale : 9,95 $ Etudiants (13 à 18 ans) et aînés Enfants de 6 à 12 ans : 0 S Moins de 6 ans : GRATUIT MARCHE BONSECOURS, VIEUX-MONTRÉAL 350, Saint-Paul Est 861-0999 © Champ-de-Mars NOUVELLE SOCIÉTÉ DU PALAIS DE IA CIVILISATION DE MONTRÉAI Une présentation de Air Canada et Casino de Montréal AIR CANADA (§t) ^ CASIl CASINO k MONTRÉAL STATIONNEMENT : COMPLEXE CHAUSSEGROS-DE-LÉRY.RUE DU CHAMP-DE-MARS (RABAIS DE 1S SUR PRÉSENTATION DU BILLET DE L'EXPOSITION).•iM^ TMT Hydro Québec Agence spatiale Canadian Space canadienne Agency Atnopomrs Woemontaeal BANQUE NATIONALE LE DEVOIR iournalt montreal A 10 I.K 1) K V O I H .I.K S S A M E I) I 3 K T l> I M A N C II K 4 .1 U I N I II II 5 D I T 0 R r.\ L Pourquoi rester en Bosnie?Sylvia ne Tramier La crise déclenchée par la prise en otage de quelque 400 Casques bleus en Bosnie n’a pas manqué de soulever une grande inquiétude dans tous les pays pourvoyeurs de troupes des Nations unies.Au Canada, le Parti réformiste réclame le retrait des soldats canadiens de la mission onusienne en Bosnie.Ce réflexe de repli est classique et légitime en partie.Venant d’un grand parti politique cependant, il est mal inspiré et pèche contré les principes sur lesquels repose la politique étrangère du Canada depuis la Deuxième Guerre mondiale.vec 831 soldats en Bosnie (2100 en tout dans l’ex-Yougoslavie), le Canada occupe le dixième rang des pays qui fournissent des Casques bleus pour acheminer des ravitaillements à la population bosniaque et s’interposer, autant que faire se peut, entre Bos-no-serbes, Musulmans et Bosno-croates.En tête, les Français et les Britanniques, avec respectivement 3835 et 3565 soldats, sont au premier'chef concernés par la dégradation de la situation sur le terrain.Mais les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, la Turquie, le Pakistan, la Malaisie et le Bangladesh, avec chacun plus de mille soldats stationnés en Bosnie, peuvent aussi avoir des craintes pour les leurs.On a déjà dit ici qu’un retrait de l’ensemble de la FORPRONU ne pouvait être que la pire des solutions, un prélude à une extension et une escalade du conflit.Un retrait unilatéral du seul contingent fourni par le Canada ne changerait pas grandement l’arithmétique des forces onusiennes en Bosnie.Mais il ferait courir des risques inutiles aux soldats canadiens.L’évacuation de la base de Visoko, quartier général du contingent canadien, dans une situation aussi tendue, exposerait les soldats au feu des milices et risquerait en outre de provoquer des incidents de nature à mettre en danger les autres contingents.De plus, le départ des Canadiens irait à l’encontre de l’attachement maintes fois réaffirmé du Canada aux Nations unies, comme «véhicule par excellence pour la poursuite de nos objectifs de sécurité dans le monde», ainsi qu’on peut le lire dans l’énoncé de politique étrangère du gouvernement Le Canada qui se veut le «champion du multilatéralisme constructif et médiateur international efficace», ne peut agir autrement que dans un cadre collectif s’il ne veut pas perdre sa voix dans le concert des nations.On rappellera encore que le Canada a été de toutes les missions de paix des Nations unies, que le concept même de maintien de la paix par des contingents de Casques bleus a été inventé au Canada et que, à sa mesure, le Canada a un rôle pacificateur à jouer dans les crises.La participation aux missions des Nations unies et la poursuite des engagements contractés lorsque Ottawa a accepté d’envoyer des soldats en ex-Yougoslavie, assurent au Canada le maintien de son statut de membre de l’OTAN et du G7.Parce qu’il est une puissance moyenne, et parce qu’il croit aux principes de coopération entre les Etats, le Canada est voué à l’action collective.Il ne s’ensuit pas pour autant que le Canada, face à une situation bosniaque confuse dans laquelle les objectifs et les enjeux sont brouillés, n’ait qu’à attendre la décision du Conseil de sécurité et s’y conformer en loyal partenaire dans le système multilatéral.À l’heure où le maintien de la paix classique, remis en question par l’échec patent subi en Bosnie, exige une nouvelle réflexion, il est important que le Canada puisse faire valoir son point de vue et se prévaloir d’un droit de parole acquis au cours de toutes ces missions de paix.On constate en effet que la crise des otages en Bosnie a suscité des initiatives isolées, qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’esprit multilatéral censé gouverner les actions de l’ONU.Les Britanniques ont annoncé l’envoi de renforts et la France a proposé la création d’une force de réaction rapide pour renforcer le dispositif des Nations unies en Bosnie.La réunion ministérielle de l’Union européenne et de l’OTAN qui se tient aujourd’hui à Paris, et à laquelle participe le ministre des Affaires étrangères André Ouellet, doit permettre de mieux cerner les contours des initiatives franco-britanniques sur la Bosnie.À première vue, ces initiatives ne sont pas exactement en conformité avec les options soumises au Conseil de sécurité par le secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali.Elles semblent même inspirées par une méfiance à l’endroit des procédures de l’ONU quant à la chaîne de commandement et aux opérations militaires en Bosnie.Il reste à voir si ces initiatives resteront unilatérales et échapperont au contrôle de l’ONU.Pour le Canada, il s’agira alors de savoir quelle conduite tenir face à un possible émiettement de la mission des Nations unies en Bosnie.Le Canada devra réfléchir à ces initiatives, et décider s’il veut les appuyer et éventuellement apporter sa contribution, en hommes, en matériel ou en appui logistique, par exemple à la force d’action rapide.Certains ont fait grief au Canada de son manque de fermeté à l’endroit des Serbes de Bosnie.C’est un reproche qu’il faudrait alors adresser au Conseil de sécurité et à la communauté internationale dans son ensemble.Le Canada tout seul pouvait difficilement prôner une fermeté qu’il aurait été le seul à tenter d’appliquer.La position canadienne — peu favorable aux frappes aériennes de l’OTAN et hostile à un type d’intervention militaire qui dépasserait le mandat traditionnel des forces de maintien de la paix — a au moins le mérite de la cohérence et de la décence.On ne peut pas toujours en dire autant de la position américaine, par exemple.Tirant à hue et à dia, les dirigeants américains du Congrès et de la Maison-Blanche ont proposé tout et son contraire pour résoudre la crise bosniaque.Ils ont été les plus chauds partisans des frappes aériennes, ce qui est plus facile quand on n’a pas de soldats au sol.Ils ont prôné la levée de l’embargo sur les armes à la Bosnie, et peu ou prou, se sont lavé les mains de cette affaire.Le Canada aurait-il dû faire la même chose?Non.Le Canada n’a certes pas les moyens de résoudre à lui seul les grands problèmes de la planète.Mais il n’a pas non plus les moyens de s’isoler et d’être absent lorsque se présentent les crises graves qui, comme celle de l’ex-Yougoslavie, changent les termes du débat politique international.La position canadienne a au moins le mérite de la cohérence.Entre la parole et la pratique M.Jean Garon, depuis votre entréç en fonction au poste de ministre de l’Education, vous avez tenu un discours constant sur les mérites de la petite école compétitive, autonome, pénétrée de l’approche client et responsable devant la population, qu’elle dessert Au lancement des Etats généraux de l’éducation, vous avez même pris à témoin le premier ministre présent en réaffirmant avec force, et conviction, semblait-il, le principe selon lequel ce ne sont pas les moyens qui comptent, mais les résultats.Voilà pour le discours.La réalité maintenant Le mercredi 3 mai, sur votre recommandation, malgré un avis défavorable et solidement fondé du Conseil supérieur de l’éducation, le Conseil des ministres décrétait un nouveau mur à mur pour les collèges.Avant quelque évaluation que ce soit de la réforme Robillard, on procède à une mini-réforme, pour tous, en même temps.On multiplie par plus de deux (de 1 1/3 à 3) le nombre d’unités consacrées à l’éducation physique et on ajoute 15 heures aux 135 heures de philosophie.Le prix à payer: un cours complémentaire de moins (Il n’en restait que trois, de quatre qu’ils étaient avant le «renouveau»).D eut été si simple et mieux proportionné au problème posé (les éventuelles mises en disponibilité de professeurs), de laisser aux collèges le soin de continuer à gérer cette situation qui se présente fort différemment d’une institution à l’autre.Comment?Au lieu de réduire, maintenir la composante actuelle de formation générale complémentaire en l’enrichissant d’un LETTRES -?- ou de deux domaines qui permettent des solutions adaptées.Espérons que le rapprochement entre le discours entendu et la pratique observée n’amène pas les participants aux Etats généraux de l’éducation à s’imaginer que pression et précipitation valent mieux que réflexion et raison.Benoît Lauzière Président Association des collèges privés du Québec Montréal, 9 mai 1995 Le garonisme La France a connu le poujadisme dans les années 50, le Canada le créditisme avec Réal Caouette dans les années 60 et le Québec a maintenant le garonisme qui fait penser au duplessisme: le populisme et la bêtise.En quelques mois, le roitelet de Lévis a réussi à mécontenter les commissaires d’écoles, les administrateurs scolaires, les enseignants de Montréal, les fonctionnaires de son ministère et les professeurs et administrateurs d’université.Trois fois bravo! N’y a-t-il personne dans ce gouvernement d’anciens professeurs d’université (Parizeau, Landry, I^urin, Rochon) pour dire que la récréation a assez duré?Une université à Lévis?Du délire total.Peut-être le ministre confond-il une université avec une école spécialisée quelconque et oublie que Lévis est à moins d’un mille marin de la ville de Québec! Mais le ministre devrait savoir tout cela: il a été pendant plusieurs années professeur à l’Université Laval.Michel Level Professeur Université du Québec à Montréal Montréal, 18 mai 1995 Un lobby qui ne désarme pas Depuis plusieurs mois déjà, la députation fédérale subit d’énormes pressions de la part du puissant lobby des armes.Les députés bloquistes qui, jusque là, avaient tenu la «ligne droite», conscients des dangers générés par l’omniprésence des armes à feu dans notre société, commencent à faire la valse hésitation à un souffle de vie de la ligne d’arrivée.Or, si l’enregistrement des armes et la criminalisation des infractions ne constituent pas une solution parfaite à tous les maux, il demeure néanmoins qu’ils peuvent contribuer à sensibiliser les propriétaires au fait que la possession n’est pas un droit mais bien un privilège au même titre que de posséder un permis de conduire.Les députés bloquistes gagneraient à se rappeler les drames «évitables» (meurtres et suicides) que nous avons connus ces dernières années.L’enregistrement obligatoire des armes à feu et de mesures éducatives, contribueront assurément à en prévenir d’autres.Hélène Picard Nicole Boudreault Lise Dionne Monique Goulet Nancy Jalbert Lucie Martineau Comité national des femmes Syndicat de la fonction publique du Québec Québec, 30 mai 1995 GoIug- up] jKZCMM Deux traditions en danger I il es traditions se perdent et c’est bien dommage car une fois que les traditions , ont foutu le camp, elles ne I J reviennent jamais.'¦¦¦¦¦ JJ La liste des TPM (Traditions prioritairement menacées) s’allonge chaque mois et si rien n’est fait, il y aura bientôt davantage de traditions en voie de disparition que de hiboux.Je voudrais donc vous sensibiliser à deux petites traditions inoffensives qui risquent de nous quitter et ainsi appauvrir notre environnement médiatico-poli tique.Il y a d’abord la tradition des spéculations sur la Fête nationale.C’est la plus menacée et je ne sais trop quoi penser de cette indifférence.Imaginez: nous sommes à seulement 21 jours de la Fête et je n’ai toujours pas lu la moindre petite élucubration sur le mouton, son Jean et son char.Dans les belles années, les supputations débutaient vers la mi-avril avec l’annonce que Jean, sa toison et son carrosse seraient de nouveau au rendez-vous cette année.C’était alors l’occasion tant attendue de pousser ce grand soupir de soulagement collectif: «Ouf, nous paradons, alors nous existons.» Rassurés sur notre existence de «paradeux», nous pouvions alors, l’âme en paix comme il se doit, spéculer sur les termes de la grande équation nationalo-urbanistique qui nous hante depuis des années: à partir de quel nombre de spectateurs entassés sur la rue Sherbrooke peut-on raisonnablement conclure que le nationalisme québécois est mort ou vivant?Un million?Cent mille?Deux cent douze?Riez, riez bande de.rieurs.Pourtant, la parade de la Saint-Jean demeure notre meilleur thermomètre politique et celui ou celle qui arrivera à décoder correctement les chiffres de participation deviendra riche, célèbre ou propriétaire d’une petite centrale d’électricité.Ce n’est pas facile.Je me souviens d’une année où l’on avait prédit qu’à peine 50 000 personnes se joindraient au cortège et que cela augurerait très mal pour le PQ, la souveraineté, Lucien, la nation.II en est venu 785 654, mais il ne s’est rien passé non plus.Nous devrions être inondés de théories quant à la parade de cette an- * DANIEL LATOUCHE ?née.Jacques sera-t-il assis dans la même convertible que Lucien?Lisette parlera-t-elle à Audrey?Le mouton aura-t-il blanchi encore un peu plus?Combien de chaises longues seront déployées entre Marquette et Saint-André?Quel est le pourcentage politically correct de fanfares asiatiques par rapport au pourcentage de tambours jamaïquains dont le nombre, on le sait maintenant, est inversement proportionnel au ratio de majorettes haïtiennes sur le total de vieilles souches qui sont elles-mêmes distribuées régionalement?Où sont donc passés nos spéculateurs de parades?Mais s’il n’y avait que les spéculations sur la parade à foutre le camp.Parmi les traditions qui se perdent, il y a aussi celle du bulletin.On se demande d’ailleurs où cela va s’arrêter.Le premier bulletin à disparaître fut celui de la première année.On disait à l’époque qu’il était inhumain d’apprendre aussi tôt à des enfants qu’ils sont «morons».Cela pourrait les marquer pour la vie et modifier leur choix de carrière.Ensuite, c’est tout le primaire qui fut déclaré ZLB (Zone libre de bulletin).Puis, dans un engrenage démentiel, le bulletin disparut du secondaire, du cégep et de l’université.Aujourd’hui, même les cours de préparation au mariage n’ont plus de bulletin.On ne saura donc jamais ce qui arrivait des pauvres couples qui rataient leur examen.Devaient-ils le reprendre?Combien de fois?La promotion par matière existait-elle?Cette fois, tout indique que le dernier bulletin encore en existence va lui aussi prendre le chemin de la poubelle de l’histoire.Nous sommes en juin et cela fait maintenant neuf mois que le Parti québécois est au pouvoir et je n’ai pas encore lu un seul article nous présentant le bulletin de la nou- velle équipe gouvernementale.Je m’attendais à un premier bulletin après 100 jours.Rien.Après six mois.Rien non plus.Et si les choses continuent de la sorte, pas un seul de nos courriéristes parlementaires (non, je ne parle pas de ceux qui s’occupent du courrier des parlementaires) ne s’est risqué à leur donner des notes.On risque donc le pire, c’est-à-dire partir en vacances sans savoir qui sont les cancres de l’équipe ministérielle, les espoirs déçus, les «gros» travailleurs, les petits malins.Au cas où un brave courriériste serait à compiler sa note finale, je profite de l’occasion pour lui refiler mes commentaires médiatico-pédago-giques fondés sur l’observation de la période de questions.Mon préféré demeure évidemment le premier ministre.J’aime particulièrement le voir répondre à une question les mains dans les poches.Cela fait tellement british.C’est toujours ainsi que je me suis imaginé les professeurs de Cambridge.De toute évidence, l’enfance de cet homme a été marquée au coin d’une interdiction formelle de mettre les mains dans ses poches.M.Parizeau père ne devait pas être du genre à tolérer que fiston se promène de façon aussi désinvolte.Aujourd’hui, on a l’impression que Jacques se venge.Parmi les ministres, mon favori demeure Jean Rochon.Non seulement est-il capable de faire une phrase avec un sujet, un verbe et un complément, mais cet homme qu’on disait si réservé n’a pas la langue dans sa poche (les mains non plus) et il semble connaître son affaire.Je donnerais aussi de bonnes notes à notre ministre de la Sécurité publique surtout pour sa façon bien à lui de réfléchir avant de parler, ce qui a le don de rendre fous les journalistes.Louise Beaudoin a l’air de s’ennuyer fermement et lé premier ministre aurait intérêt à lui trçuver quelque chose d’autre à faire.A trop fréquenter les Dupuy et Massé d’Ottawa, elle risque de perdre confiance dans les capacités du genre humain.Le ministre Garon?Un peu brouillon et fait souvent peur à ses petits camarades, mais très intelligents.Ira loin dans la vie.Louise Harel: semble avoir la tête dure.Allez les courriéristes.Un petit effort.A PROPOS -+- .de la paperasserie Les petites et moyennes entreprises estiment que le gouvernement ne se rend pas compte du fardeau que représentent ses demandes de renseignements et ses règlements du fait de leur complexité, de leur fréquence et du temps qu’ils demandent.Les principales causes d’insatisfaction sont les suivantes: ¦ plusieurs ministères demandent les mêmes renseignements; ¦ différents ministères imposent des règlements qui se chevauchent ou se contredisent; ¦ les ministères exigent des renseignements sans sembler se rendre compte des frais imposés aux PME; ¦ les renseignements doivent être fournis sous une forme différente de celle qu’utilise (entreprise; ¦ l’Etat exige (application de règlements périmés, qui sont souvent contraires aux principes d’une gestion saine et incompatibles avec les normes intemationalès.Rapport d'étape du gouvernement fédéral sur la PME, Ottawa, avril 1995.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 D R A S S A.LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCOTEAUX Directeur délégué à l'administration FRANÇOIS TIIOUIN Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAYOUETTE, GUY TAILLEFER Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique ROLAND-YVES CARIGNAN 2050, rue de Bleury.9' étage, Montréal (Québec) II3 A 3.M9.Tri.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I.K I) K V 0 I H .I.K S A M K I) I :i K T l> I M A X (' Il K I .IM X I II » 5 A II jK ¦*’ fl Plaidoyer pour le Québec, dernier livre de Daniel Latouche L’autre sport national des Québécois La politique, un «talent naturel» et ce n’est «sûrement pas un don de Dieu, mais probablement une question d’entraînement» PHOTO ARCHIVES «Ce n’est pas d’aujourd’hui que le nationalisme québécois est porteur de valeurs de progrès et de modernité.» pour obtenir l’appui d’une majorité.Que l’on puisse maintenant être Québécois par choix est l’un des acquis démocratiques les plus importants du nationalisme québécois des dernières années.Revenir à l’ethnicité pour nous identifier serait un recul et un risque que nous ne pouvons prendre.Les chefs souverainistes québécois, de Pierre Bourgault à Lucien Bouchard, en passant par René Lévesque, Jacques Parizeau et Pierre-Marc Johnson, ont toujours été des hommes de parti., .Réorienter Faction Ce leur fut parfois reproché, à certains davantage qu’à d’autres, et il s’en est trouvé plusieurs pour affirmer que la souveraineté ne devrait pas être une affaire de parti.L’idée est séduisante et mérite d’être appuyée si elle marque une volonté d’ouverture et de diversité.Mais si on veut dire par là qu’on doit éviter de la soumettre au test de la compétition électorale, il faut la rejeter expressément.La souveraineté n’est pas une religion que seule la foi et l’expérience mystique peuvent transmettre.Il ne s’agit après tout que d’un mode d’existence collective parmi bien d’autres.Un minimum d’intelligence raisonnable devrait suffire, suis-je tenter d’ajouter.L’obsession démocratique en est une qui honore les chefs politiques du Québec.Trois d’entre eux ont fondé des partis (Pierre Bourgault, René Lévesque et Lucien Bouchard).Les deux autres ont tenté d’en réorienter l’action et la direction en profondeur.Dans un cas, cette réorientation s’est faite à l’occasion d’une innovation importante au chapitre de la démocratie des partis, le choix du chef du parti au scrutin universel des membres.Plusieurs ont payé un fort prix pour s’être prêté à ce jeu de la démocratie.Il ne s’agit pas d’en faire un titre de gloire ou de démontrer ainsi une prétendue supériorité morale de ces hommes ou de leur option, mais de constater à quel point ils ont cru que la démocratie était la seule façon «normale» de faire les choses.Remarquons aussi jusqu’à quel point les hommes et les femmes politiques du Québec sont prêts à aller dans la poursuite du risque démocratique pour contester l’évolution de ce contrat moral qui nous lie à l’Union fédérale canadienne.Les grandes dissensions de l’histoire politique récente du Québec, celle de René Lévesque, de Jacques Parizeau, de Pierre-Marc Johnson, de Lucien Bouchard et de Jean Allaire, ont toutes été motivées par cette question dite nationale.Que cet acharnement ait parfois été «rentable» électoralement n’enlève rien à cette détermination.Cela ne fait que confirmer l’importance de ce contrat dans la définition de l’espace politique du Québec.Insistance démocratique L’idée même de tenir un référendum doit être mise au compte d’une insistance démocratique dont on peut déplorer qu’.elle ne soit pas aussi contagieuse.A ce sujet, il sera intéressant de voir si le Parti québécois continuera d’opter pour la voie du référendum au lendemain d’une éventuelle deuxième défaite.Dans le reste du pays, il semble que les résultats du référendum de 1992 aient plutôt eu l’effet d’une douche froide.On désespère maintenant de la possibilité d’obtenir une majorité en faveur d’un changement constitutionnel et il n’est pas rare d’entendre dire qu’il faudra peut-être se résigner à utiliser des procédés moins démocratiques pour imposer les changements dont le pays a besoin.Par contre, le précédent de Charlottetown laisse peu de place à une telle possibilité et on peut penser qu’avec un peu d’entraînement, les élites cana^ dîennes-anglaises vont elles aussi prendre le virage référendaire.Le nationalisme, qu’il soit québécois, togolais, «canadien» ou portugais, est non seulement compatible avec la démocratie référendaire, mais dans une certaine mesure il y prend appui.En effet, le référendum n’est rien d’autre que la nation rendue visible (et mise en chiffres).C’est la nation en action dans ce qu’elle a de plus fondamental, soit l’expression de sa volonté commune.PHOTO ARCHIVES «Les chefs souverainistes québécois, de Pierre Bourgault à Lucien Bouchard, en passant par René Lévesque, Jacques Parizeau et Pierre-Marc Johnson, ont toujours été des hommes de parti.» DANIEL LATOUCHE Extrait de Plaidoyer jxmr le Québec, à paraître chez Boréal.Ce livre de notre collaborateur sera en librairie la semaine prochaine.Les intertires sont du Devoir.n a souvent dit que la politique constituait, après le hockey, notre sport favori.Nous en apprécierions particulièrement, paraît-il, la variante constitutionnelle.C’est vrai, et à la décharge de la politique, on doit dire qu’elle ne se met jamais en grève et n’exige pa§ de plafond salarial! A ce sujet, il faut considérer avec la plus grande inquiétude certaines affirmations qui ont cours actuellement.La politique, comme le sport, nous détournerait des «vrais» problèmes; elle nous ferait perdre notre temps et nous condamnerait à imposer les solutions d’hier aux problèmes de demain.Pourtant, si le Canada a encore aujourd’hui les problèmes qu’on lui connaît, ce n’est pas parce qu’il a trop perdu de temps avec les questions politiques et constitutionnelles, mais plutôt parce qu’il n’arrive pas à trouver les bonnes solutions.Ce n’est pas le jnaître qu’il faut blâmer, mais l’élève.A l’heure de la globalisation, l’économie, comme la culture, est devenue une affaire politique.Le conseil de Clausewitz Il semble que nous ayons un «talent naturel» pour le sport politique.Ce n’est sûrement pas un don de Dieu, mais probablement une question d’entraînement.Tant mieux, car il n’y a rien comme l’entraînement pour créer des habitudes.C’est vrai pour la bicyclette et ça l’est aussi pour la politique et la démocratie.Comme Font bien montré les épisodes de 1837 et du FLQ, nous avons passablement moins de talent lorsque vient le temps de suivre le conseil de Clausewitz et du père de la stratégie militaire moderne, lorsqu’il suggère que la violence n’est qu’une «continuation de la politique par d’autres moyens».C’est vrai que l’agitation démocratique et républicaine au Québec s’est souvent appuyée sur une intention nationaliste.Il faudrait plutôt s’en féliciter, car cela tend à prouver que ce n’est pas d’aujourd’hui que le nationalisme québécois est porteur de valeurs de progrès et de modernité.Ce n’est pas parce que ce sont ses propres valeurs qu’il faut être aveugle à leurs qualités.Celles-ci dépassent largement le cadre d’une simple volonté de survivance et de continuité.Si l’histoire nous offre une garantie, c’est bien celle-là et ceux qui s’inquiètent ont ici de quoi se rassurer, du mqins en partie.A travers son histoire, le nationalisme québécois a toujours fait des gains importants et a connu ses plus grands succès lorsqu’il s’est voulu inclusif et lorsqu’il a mis de l’avant sa volonté de faire progresser la vie démocratique de l’ensemble de la société québécoise.Lorsqu’il a choisi au contraire la voie du repli et celle de l’intolérance, il a échoué.L’histoire nous donne ici une leçon que nous oublions trop souvent.L’important n’est pas tant de savoir que le nationalisme québécois des années 30 a flirté avec le fascisme, l’antisémitisme et le cléricalisme — c’est un fait — que de constater qu’un tel flirt a échoué.En prenant le virage territorial et en s’éloignant de la terre promise du Canada français, le nationalisme québécois a pris un virage démocratique sur lequel il ne peut plus revenir.Il accepte par le fait même la diversité et s’est imposé le dialogue et la-raison comme seuls outils valables Réflexions sur l’art contemporain Beauté mobile : attention au dérapage «La plupart des voitures présentées sont faites main et leur beauté revient au travail minutieux des carrossiers, des selliers.» FRANCE D E S MA RAIS Historienne d’art T out comme Monique Régimbald-Zei-ber dans un article paru samedi 6 mai, je déplore les compressions sauvages au Musée des beaux-arts de Montréal et les fermetures de services.Je tra- _____vaille dans le milieu muséal depuis ¦lques années et je constate à regret, qu’en temps difficiles, les directions de musée pen-t davantage à la visibilité de leur institution i la recherche, la conservation et la présenta-i d’expositions dites plus savantes.Partout au ébec, les professionnels du milieu sont frontés à cet état de fait.Les compressions budgétaires des gouvernements fédéral et provincial et le soutien mitigé des municipalités dans le milieu culturel appelle une réflexion de fond sur la place de nos institutions, de leur rôle et de leur responsabilité de même que leur devoir envers toute la population.Je ne retiendrai que quelques éléments de la lettre de Mme Régimbald, soit l’aspect incontournable de l’art contemporain et le jugement porté sur la consécration de l’automobile comme objet d’art et sa place au Musée des beaux-arts de Montréal.En ce qui à trait au point de vue de madame Régimbald-Zeiber sur la place de l’art contemporain et de son importance, j’ai quelques réticences.L’art contemporain n’est pas en soi une finalité, elle doit revendiquer la place qui lui revient sans pour autant mépriser, comme l’avance Mme Régimbald, toute autre forme d’expression artistique.Il faudra bien qu’un jour le snobisme étroit qui revendique: «Hors de l’art contempo- rain, point de salut» fasse preuve d’une plus grande ouverture d’esprit.Que l’on me comprenne bien, j’aime l’art contemporain et «moi aussi je fais les galeries, madame», mais j’estime que les institutions muséales qui vivent des subsides de l’Etat, donc des impôts de monsieur Tout-le-rnonde, ont le devoir d’offrir à la population des expositions qui les rejoignent.Il y a eu des ratés — Snoopy entre au Musée en est un — mais Léonard de Vinci a bien fonctionné.Cela étant dit, ce que je déplore dans le texte de Mme Régimbald, c’est la note de mépris envers l’exposition, Beauté mobile qui porte non pas sur l’école italienne mais sur le design automobile tant européen qu’américain.Et puis que l’on parle de design, Mme Régimbald s’est-elle insurgée avec la même vigueur pour l’exposition sur le Design 1935-1965: ce qui fut moderne?Il serait bête de nier l’importance du design dans notre quotidien et de le rejeter comme forme artistique.Le design est-il si loin de l’art décoratif?La plupart des voitures présentées sont faites main et leur beauté revient au travail minutieux des carrossiers, des selliers, etc.Il n'est pas question d’un design industriel mais d’un travail de création et de savoir-faire.Avec Beauté mobile, nous sommes loin des simples «voitures de luxe» et du «mépris de l’art».Une telle vision réductrice du design automobile ne passerait pas en Europe où justement la culture automobile va bien au-delà d’un paquet de tôle sur quatre roues.Quel mal y a-t-il à ce que le musée trouve un trait d’union entre les arts et ce que nous possédons tous, sûrement vous Madame, une voiture.N’est-ce pas le rôle d’un musée que d'initier les gens à un des symboles de la modernité, l’automobile, et d’élever leur niveau de conscience au- delà de la Tercel ou de la Cavalier?J’ai le «droit de voir et de savoir», j’ai le droit de cumuler différentes expériences, d’élargir mon champs d’expérimentation et de connaissance.Cette culture élargie que je cultive depuis près de 40 ans me permet de rappeler à Régimbald que des artistes, comme Alexander Calder, Frank Stella, Roy Liechtenstein ou Andy Warhol, pour n’en nommer que quelques-uns, ont peint sur des carrosseries de BMW avec tout le sérieux qu’il revient à leur production.Et que dire du travail de Le Corbusier sur un projet de voiture populaire, idée que Citroën concrétisera avec sa 2 CV.S’il existe une peinture commerciale et une peinture savante, il existe aussi une production de voitures de série et une production de voitures signées.Le Musée national de l’automobile ouvert en 1982 à Mulhouse a accueilli en sept ans quatre millions de visiteurs.C’est mesquin de penser que ces visiteurs ne sont dignes que du Salon de l’auto! Cependant, il est stimulant de constater que dans les plus importants magazines de design automobile, qu’ils soient nord-américains ou européens, des articles enthousiastes ont été publiés sur l’exposition de Montréal.Cela rend hommage aux professionnels de chez-nous qui ont su innover et présenter une exposition inédite.Non, Madame, nous ne sommes pas petits, nous ne méprisons pas «notre intelligence à tous».Enfin, je m'en voudrais de ne pas citer en guise de point final Roland Barthes: «L'automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques.» Je ne suis pas une «fille de char», je suis curieuse et j'aime l’art sous toutes ses formes.Soyez de votre époque.Madame! Notre-Dame-des-Neiges: un cimetière sous terre ou à ciel ouvert?JEAN LACHAPELLE Diplômé de second cycle du Centre d’études sur la mort de l’UQAM, membre fondateur de l'Ecomusée de l Au-Delà u cimetière catholique de la Côte-des- A Neiges, les familles (îodbout, Sylvain, \ Elie, (loyer, Gagnon, Bonnier, Boileau, Duranceau, Doucet, Thibault, Laurin, Ca-1 \ savant, Ouimet, Pinsonnault, Raquette, Laurence, Mantha et Laliberté, sans compter Camilien Houde et Alexandre de Sève, tous logés dans la section A du cimetière, immédiatement derrière l’ancien charnier devenu depuis peu le mausolée Sainte-Claire-d’Assise, tous ces gens, tous ces ancêtres qui reposent dans l’éternité, auront bientôt de la compagnie.Beaucoup de compagnie! En fait, 2345 nouveaux venus.Dont les cadavres seront rangés et emmurés pour 149 ans.Et ce, à l’intérieur d’une méga-crypte souterraine, faussement appelée mausolée.Par une astuce audacieuse, grâce à une techno-structure sophistiquée et sous le blanc-seing de Jean-Claude Marsan, après le cimetière-building des dernières décennies, on introduira en douce, du moins l’espè-re-t-on en haut lieu, le cimetière-catacombe.Au cœur du vieux cimetière-jardin, là où tout a commencé il y a près de 150 ans.Bientôt, on creusera, on dynamitera le roc de la montagne pour y faire un grand «parking» à cadavres.On ne regardera pas à la dépense.Alors que les anciens caveaux de famille qui forment de magnifiques alignements sont placardés, tombent en ruines et semblent n’attendre plus que la démolition, on s’ingéniera à reproduire leurs motifs dans les lucarnes ou les hublots du nouveau «Panthéon»-mausolée souterrain.Pour les gestionnaires de la fabrique Notre-Dame et du cimetière, il vaut bien mieux faire les aveugles, faire les taupes et rentrer sous terre.Pour quelques dollars de plus, on va creuser l’équivalent des galeries souterraines de la Place Ville-Marie sous un des lieux les plus chargés d’art et d’histoire de Montréal.Imaginons un seul instant la même chose au pied de la colonne Nelson, place Jacques-Cartier et les hauts cris que cela provoquerait! Ce premier mausolée sous terre n’est en effet que la phase initiale d’un gigantesque plan d’enfouissement et d’emmurement de 15 000 nouveaux cadavres.Au train où s’annoncent les choses, la «mégacrypte» s’étendra, tel un immense crabe ensablé, jusqu’aux monuments de Ludger Duvernay, Sir Joseph-Adolphe Chapleau et Daniel Tracey.Pierre Bourque, notre maire-jardinier, sans doute pressé par quelque monseigneur occulte, n’hésite pas et, avant même de solliciter l’avis des Montréalais, accepte le projet et le présente pour adoption au conseil municipal.Ses caudataires d’office, M.Goyer en tête, crient à la magnificence du projet.Ils n’ont cure de dénaturer davantage le premier grand parc que Montréal ait connu.Posons-nous la question suivante.Dans 30, 40, 50 ans, qu’est-ce que les générations qui nous suivent visiteront encore avec intérêt et admiration?Les lieux froids, marbrés, aseptisés de la méga-crypte éclairée, chauffée et climatisée et où les défunts reposent emmurés, ou bien les reliefs ondoyants, les verts espaces, les boisés, les bosquets et les vieilles tombes du cimetière-jardin?De nos jours, les institutions qui peuplent le mont Royal sont en peine d’espace.Où construire?Où développer?Elles se compliquent la vie pour chercher à nuire le moins possible à la Montagne.Mais si elles simplifiaient leur vision et surtout leur visée?Si, au lieu de chercher à jouer des tours à la nature et au patrimoine, elles cherchaient plutôt à les restaurer, les embellir et les mettre en valeur?Si elles exploraient d’autres façons de faire et d’autres endroits pour agir?Sûrement alors assisterions-nous à un nouveau triomphe de la vie.«Bientôt, on creusera, on dynamitera le roc de la montagne pour y faire un grand "parking" à cadavres» l’équipe du devoir IA RÉDACTION Journalistes: à l’information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information).Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme)', Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Paule des Rivières, Robert Lévesque, Benoît Munger, Odile Tremblay; à l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutri-sac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l’information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec); Serge Chapleau (caricaturiste); à l’information sportive: Yves d’Avignon; Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétoire à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice).Yves Williams (superviseur, Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault, Suzanne Miscevic.Jacques A Nadeau, Micheline Ruelland, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).L’ADMINISTRATION Henry Riedl, c.m.a.(contrôleur).Dany Dépatie (adjointe administrative et coordonnatrice aux ressources humaines), Nicole Carmel (responsable des services comptables) ; Florine Cormier, Céline Furoy, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Johanne Brien (secrétaire).Manon Blanchette.Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PUBLIQUES Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur de la technologie et des approvisionnements).Marie-France Turgeon (directrice de la production), Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard DesCormiers.Caroline des Rosiers, Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage.Michèle Malenfant, Christian \ ten, Olivier Zuida.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Marcel Couture (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), j Roger Boisvert (vice-président et directeur général).» 4 A 12 I.K I) K V 0 I II .I.K S S A M K l> I li K T U I M A N C II K 4 .1 I’ I N I » U à ! H AUTES 1-800 Après un OUI, «la vie continue» SUITE DE LA PAGE 1 fions prédéterminées sur la souveraineté du Québec.Elle est accessible 24 heures par jour.Des réponses sont actuellement disponibles (on sélectionne le sujet de la question en composant un numéro sur le clavier du téléphone) sur dix thèmes.Les réponses portent sur les raisons de faire la souveraineté du Québec, les forces d’un Québec souverain, les relations entre le Québec et le Canada après un OUI, la monnaie, le passeport, le territoire, l’union économique, la dette, les pensions de vieillesse, le libre-échange.Le ton des messages est, pour ainsi dire, optimiste, et les prédictions qui sont faites à l’égard de la situation dans un Québec souverain sont positives.Ainsi, on y apprend que «la vie continue» après un OUI dans les relations avec le Canada.Les avions continueront de voler entre les capitales des provinces, les transactions commerciales vont se poursuivre.Pourquoi?Parce que ce sera dans l’intérêt des Canadiens comme des Québécois, dont les échanges économiques totalisent 80 milliards $.En outre, les Canadiens vont accepter de négocier par respect pour la tradition démocratique canadienne et parce que, pour un pays comme le Canada, «une réputation, c’est ce qui compte plus que toute autre chose».La première raison invoquée pour justifier la souveraineté, c’est que les Québécois ne sont pas parvenus à se faire reconnaître comme un peuple par le reste du pays.Le Québec est donc «condamné au statut de province».La souveraineté devient alors «le seul choix qui puisse permettre au peuple québécois d’assurer son existence comme société francophone en Amérique du Nord».Lp souveraineté permettra en outre, selon le message numéro 20, d’éliminer les dédoublements et d'assainir les finances publiques, de contrôler nous-mêmes nos politiques I et de participer pleinement à la vie • internationale.Les renseignements diffusés sur cette ligne téléphonique reprennent dans les mêmes termes les argumentaires réalisés pour le Parti québécois et le Bloc québécois.Le cœur accroché PHOTO JACQUES GRENIER ¦V SUCCES FOU du nouveau manège de La Ronde, le Cobra, depuis l’ouverture récente du parc d’attractions.Pour bien en profiter il faut peut-être avoir le cœur jeune, mais il faut surtout l’avoir bien accroché! SERBES Clinton sur la défensive SUITE DE LA PAGE 1 Quelques heures avant cette réunion, la présidence serbe annonçait la libération d'un «premier contingent» de 120 Casques bleus, à l’issue d'une journée de tension marquée par la destruction, pour la première fois, d’un avion américain au-dessus de la Bosnie.Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé la libération «d’environ 120 membres de l’ONU», précisant que cette libération constituait une «première étape».«Les dirigeants de la République serbe (autoproclamée en Bosnie) ont répondu à un appel du président (Slobodan) Milosevic leur demandant de libérer les membres des Nations unies faits prisonniers pour montrer ainsi leur volonté de faire un pas vers un règlement pacifique de la crise», selon la présidence serbe.La télévision de Pale (la «capitale» des Serbes bosniaques) a diffusé des images de la libération de plusieurs dizaines de Casques bleus à un endroit qui n’a pas été précisé.Dans un message au président français Jacques Chirac, le président Milosevic a indiqué qu’il avait obtenu cette libération «comme un geste de bonne volonté».Dans la journée, la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro) avait appelé à la «libération immédiate» de tous les membres des Nations unies retenus en otages par les Serbes de Bosnie.Le F-16 américain a été abattu alors qu’il participait à la mission de l’OTAN d’interdiction de survol de la Bosnie.Selon des informations non confirmées, reçues par l’amiral Leighton Smith, commandant en chef de l’OTAN pour le sud de l’Europe, le pilote de l’avion serait aux mains des Serbes de Bosnie.Le dirigeant des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, qui a affirmé dans la soirée ne pas être en possession «d’informations complètes» sur le F-16 abattu, a déclaré que le vol des avions de l’OTAN au-dessus des territoires de Bosnie contrôlés par les Serbes était «illégitime» et «criminel».Il a reconnu implicitement que ses forces avaient abattu l’appareil qui «violait» l’espace aérien de la «république serbe».Le 30 mai, Radovan Karadzic avait brandi la menace d’actions contre les avions survolant la Bosnie.La république serbe «rétablit son entière souveraineté sur la totalité de son territoire et de son espace aérien et interdit les vols non autorisés», avait-il indiqué.Washington embarrassé loi Maison-Blanche a salué les libérations tout en exigeant la remise en liberté de tout le personnel de l'ONU séquestré.Cette destruction d’un chasseur américain a accru les enjeux pour le président Bill Clinton, déjà sur la défensive dçpuis les réactions très négatives qui ont accueilli aux Etats-Unis sa décision de principe d’envoyer des troupes terrestres en Bosnie.Ixi mine sombre, le porte-parole de la présidence Michael McCurry a refusé de «spéculer» sur les conséquences que la perte du F-16 pourrait avoir sur la politique américaine dans ce conflit ou de dire s’il s’agissait d’une escalade de la part des Serbes.Mais la Maison-Blanche avait très clairement à l’esprit le danger que le pilote soit fait prisonnier par les Serbes, une hypothèse dramatique qui contribuerait à traîner encore davantage les Etats-Unis vers une implication dans le conflit bosniaque.La politique bosniaque de M.Clinton est en pleine évolution depuis l’annonce faite mercredi par le président de mettre des troupes américaines à la disposition «temporaire» de l’OTAN pour aider à un redéploiement des Casques bleus si la demande en est faite à Washington.La décision, très controversée aux Etats-Unis, d’accéder à une éventuelle requête de l’ONU pour l’envoi «temporaire» de troupes américaines en Bosnie a valu une avalanche de critiques au président, non seulement de la part de ses adversaires républicains mais aussi de nombreux démocrates qui y voient un pas de plus sur le chemin de l’enlisement.Répondant de toute évidence à ces critiques, M.Clinton et ses conseillers n’ont pas manqué une occasion depuis mercredi de limiter de la manière la plus étroite possible la participation américaine à un redéploiement et un renforcement de la FORPRONU.M.Clinton a ainsi personnellement répété jeudi soir, lors d’une émission télévisée dans le Montana, qu’il n’était pas question d’envoyer des soldats américains au combat en Bosnie.Le problème que les assurances présidentielles ne résolvent pas consiste en ce que la simple présence de G.I’s, même dans un rôle limité d’appui logistique, peut déboucher sur une situation de combat.L’anglais langue officielle au New Hampshire MARIE TISON PRESSE CANADIENNE T 7f Tashington — D’un trait de plu-VV me, cette semaine, le gouverneur du New Hampshire Stephen Merrill a fait de l’anglais la langue officielle de l'Etat Ironiquement il a publié un communiqué de presse en anglais et en français pour expliquer ce geste.C’est même à des Franco-Américains qu’il a demandé de traduire le communiqué original dans la langue de Molière.«Il a eu de la difficulté à trouver quel- qu’un», a commenté Paul Paré, directeur du développement à l'Association canado-américaine, une société de secours mutuel engagée dans la promotion de la culture française en Amérique, basée à Manchester, au New Hampshire.Il a expliqué que le bureau du gouverneur avait sollicité son association et des traducteurs professionnels pour traduire le texte.«Tout le monde a refusé, a-t-il déclaré.Nous trouvions ça absurde: si on fait de l’anglais la langue officielle, pourquoi rédiger un texte en français?» «Nous ne voulions avoir rien à voir avec ça», a-t-il déclaré.Finalement, quelqu’un a accepté, et le gouverneur a eu son communiqué bilingue, expliquant pourquoi il signait un projet de loi faisant (le l’anglais la langue officielle de l’Etat du New Hampshire.«Une langue commune permet à tous les citoyens de participer pleinement et également à la démocratie, de partager et de débattre des points de vue, et d’éliminer des sentiments d’incompréhension, d’isolement et de méfiance», a-t-il déclaré./ ECOLE Un appareil figé par les corporatismes SUITE DE LA PAGE 1 une commission consultative sera mise sur pied, dont le travail débouchera sur des états généraux.Une loi sera ensuite rédigée pour être finalement soumise au suffrage populaire.Pourquoi un référendum sur l’éducation?Pour débloquer un appareil figé par les corporatismes, disent en sourdine les hommes politiques.Depuis dix ans, il suffit qu’un ministre propose de revoir l’organisation ou les programmes scolaires pour que des dizaines de milliers d’étudiants et de professeurs descendent dans la rue.Tous les ministres de l’Éducation — d’Alain Savary (1984) à l’actuel titulaire, François Bayrou — ont dû faire marche arrière devant des manifestations monstres.Pas plus tard que cet hiver, un simple rapport d’étude sur les universités, soumis par Daniel Laurent, président de l’université de Mame-la-Vallée, a suscité des protestations dans tout le pays.Il a donc fallu «retirer» un texte qui n’avait pas encore fait l’objet d’une loi.L’école française, fortement centralisée et dont les programmes sont souvent très chargés, est depuis quelques années soumise à rude épreuve.Étrangement, la plupart de ces difficultés ne sont pas liées à la défection des jeunes mais à leur nombre toujours plus grand sur les bancs d’école.Pendant qu’au Québec on parle de décrochage, les jeunes Français se ruent littéralement sur l’école depuis quelques années.Une tendance que l’historien Antoine Prost qualifie «d’authentique mouvement social».Le taux d’accès en classe terminale (l'équivalent de la dernière année du cégep) pour une tranche d’âge est passé de 36 % en 1985 à 63 % en 1993.Et il devrait atteindre 75 % en 1997.Jugé irréaliste il n’y a pas si longtemps, l’objectif de 80 % inscrit dans la loi par le socialiste Lionel Jospin en 1989 est sur le point de devenir une réalité.La fréquentation de l’université a de son côté augmenté de 40 % depuis 1987.Il a donc fallu embaucher, tous niveaux confondus, 62 000 nouveaux enseignants entre 1989 et 1994.Pas surprenant que les classes soient partout surpeuplées et que la simple inscription dans une université relève du parcours du combattant.L’arrivée au lycée d’une nouvelle clientèle intéressée à poursuivre ses études a eu pour résultat immédiat de gonfler démesurément les fi- lières générales, au détriment de la formation professionnelle, plus dévalorisée.Le contenu même des programmes généraux, très axés sur la littérature et la philosophie, est aujourd’hui contesté.Alors qu’au Québec on accuse l’école de ne pas favoriser l’acquisition d’une culture générale, on l’accuse en France d’en faire un peu trop de ce côté.Un rapport récent de l’OCDE soulignait que «l’encyclopédisme des programmes» faisait des ravages chez les plus faibles.Au secondaire et au lycée, les redoublements de classe sont courants.En février, le ministre François Bayrou a d’ajlleurs revu à la baisse les programmes du primaire.A l’université, l’accessibilité plus grande a été suivie de l’augmentation du nombre d’échec.Sur 1,4 million d’étudiants admis au premier cycle, le tiers sortira sans diplôme.En 1986, le projet de loi Devaquet qui voulait introduire une certaine sélection à la porte des universités avait été mis de côté devant l’ampleur des protestations.Au primaire, on parle de plus en plus de séparer la journée des écoliers en deux en réservant la matinée aux apprentissages académiques alors que l’après-midi serait consacrée à des activités sportives et artistiques.L’expé- rience est actuellement tentée dans un tiers des écoles d’Épinal (dans les Vosges), dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Philippe Séguin.Jacques Chirac avait dû renoncer à généraliser cette expérience à Paris lorsqu’il était maire à cause des coûts.A l’échelle du pays, une telle réforme coûterait environ 3 milliards $.Pendant que les problèmes s’accumulent, les rapports continuent à s’empiler au ministère de l’Éducation nationale et la moindre tentative de réforme globale semble vouée à l’échec.C’est pour tenter d’en finir avec cette situation que le nouveau gouvernement a brandi l’arme du référendum.Celle-ci a été reçue froidement dans les milieux de l’enseignement.Dimitri Lavroff, auteur d’un rapport sur la réforme du premier cycle universitaire, écrivait même qu’il «serait absurde et dangereux de croire qu’une seule grande réforme prise par une autorité résoudrait les problèmes».Comment les électeurs feront-ils pour se prononcer par un oui ou par un non sur des questions aussi complexes?Le gouvernement d’Alain Juppé n’a toujours pas répondu à cette question.qui ferait un excellent sujet de dissertation pour le bac! jJspjiuji iiiirauu niant LISETTE DANS LE FEU DE L'ACTION COMMUNAUTAIRE Le vent tourne-t-il pour la conseillère spéciale du premier ministre.?Après avoir charmé les groupes communautaires lors de la campagne électorale, Lisette Lapointe, se voit confronter aux mécontentements des mêmes associations.La raison de cette insatisfaction; la création imminente du Secrétariat à l'action communautaire.Loin de faire l'unanimité ce projet suscite de vives inquiétudes.Les regroupements craignent que sous la férule de la conseillère, le Secrétariat devienne un bureau hautement politisé qui octroiera des subventions aux groupes-amis de madame.En studio Lisette Lapointe.PROPRE, PROPRE, PROPRE L'ÉLECTRICITÉ II! Devant la quantité d'assertions face à ce qu'il pourrait être convenu d'appeler le scandale de l'électricité, Jacques Parizeau n'y va pas par quatre chemins et annonce la formation d'une commission d'enquête sur l'achat, par Hydro-Québec, d'électricité à des centrales privées.Le mandat de la commission consistera à vérifier les allégations de corruption, de favoritisme et de crimes perpétrés entre 1988 et 1993 sous le règne du gouvernement libéral.Il n'en fallait pas plus pour faire «disjoncter» l'opposition qui accuse les péquistes «d'utiliser la situation à des fins partisanes».En confrontation, le ministre des Ressources naturelles, François Gendron et l'ex-ministre Christos Sirros.VIOLS, TORTURES, MEURTRES ET CASSETTES VIDEO Avant même de débuter le procès de Paul Bernardo, ce comptable de 30 ans, excusé d'avoir enlevé, séquestré, violé et assassiné Leslie Mahaffy, 14 ans, et Kristen French, 15 ans, donnait dans le sordide.Hautement publicisée, l'affaire suscite autant d'intérêt chez nos voisins anglophones que le procès d'0 J.Simpson aux États-Unis.Trois journaux torontois et le réseau anglais de Radio-Canada s'étaient opposés sans succès à la décision de la Cour d'interdire l'accès aux caméras.À la veille du visionnement de films pornographiques montrant leurs filles torturées et violées, les familles des victimes demandent à la Cour suprême d'empêcher la diffusion du matériel vidéo, ce qui équivaudrait, selon elles, à présenter de lo pornographie infantile.Cette requête risque, elle aussi, de relancer le débat sur la liberté de presse.À L'ÉVÉNEMENT cette semaine une table d'experts s'interrogent sur les répercussions légales, psychologiques et médiatiques d'un tel procès.WTVR LE DEVOIR LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS PUBLICITÉ SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À I6H30 4HM0HCESCLASSÉES (514) 985 3344 ?lei n.»éros de t*l*oho«« s«i*i«tj DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 4 puBl|C|IÉ (5I4) ltl4topltur(Si4,985 3390 Montré.l (514)985-3355/««lécopieur(514)915-3390 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985 3333 NUMÉRO SANS FRAIS 1 800-363-0305 pou I* iboo»e«*ts poiiiii.Extérieur (sens frail) 1 800 463-7559 LE DEVOIR e*t publié par LE DEVOIR Inc.dont information! publiées dans LE DEVOIR LE DEV iDynai eury.9 .H3A3M9 rlnc.É par les Imprimerie1 est.Laval.Envoi de t «vision de Imprimeries Qi Dépôt légal: Bibliothèque Inc .612 ouest nie le du Ouébec.Télé) •Jacques.Montréal L'Agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les * général: (514) 965-3333; service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 9853399.A1A
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