Le devoir, 15 juin 1995, Page(s) complémentaire(s)
Vol.LX X X V I To ro n I O 8 5c LE DEVOIR N o 13» ?M O N T II K A L .L E .1 E lT I) I I 5 .1 11 I N I » » 5 T I' S ?T V y PERSPECTIVES Concertation à Halifax lui crise financière mexicaine et le contentieux américano-nippon sur l’automobile planeront sur le sommet économique du Groupe des sept qui s’ouvre ce soir à Halifax.Les dirigeants des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) devraient en effet se pencher longuement cette année sur les turbulences monétaires des derniers mois et sur le commerce mondial.Sans pour autant oublier les désormais classiques dossiers qui figurent au menu de ce forum annuel: examen des institutions politiques et financières internationales et coordination des politiques macroéconomiques, endettement du Tiers-Monde.\ A moins que les États-Unis et le Japon ne décident d’aller contre la tradition et de saisir l’occasion pour vider leur querelle commerciale sur les automobiles, le sommet d’Halifax devrait être exempt de récriminations.Tokyo et Washington ont apparemment accepté de faire l’impasse sur leur contentieux bilatéral pour le temps du sommet afin de ne pas accaparer le débat.Cela devrait laisser le champ libre aux discussions à sept, notamment — et ironiquement — sur la façon de renforcer les règles du commerce multilatéral.Donc, même si la question n’est pas directement abordée, la menace de sanctions unilatérales américaines contre les automobiles japonaises — qui pourraient entrer en vigueur à la fin du mois — sera présente à l’esprit de tous.Ces sanctions mettent rudement à l’épreuve, six mois après sa création, la toute jeune Organisation mondiale du commerce (OMC), l’institution chargée de faire respecter les règles internationales de commerce.Les grandes nations commerçantes qui forment le Groupe des sept voudront probablement souligner fermement leur appui à l’OMC et la confirmer dans son rôle d’arbitre incontesté des différends commerciaux.Les objectifs principaux de la coopération des pays industrialisés sont inextricablement liés: l’essor des échanges internationaux favorise la croissance mondiale et, vice-versa, la croissance stimule les échanges.Dans ce cercle vertueux, il arrive que des grains de sable menacent d’enrayer le mécanisme.Ce fut le cas à trois reprises depuis le dernier sommet de Naples en 1994: la crise de liquidités au Mexique, la chute du dollar face au yen et au deut-schemark, et la faillite spectaculaire de la banque d’affaires britannique Barrings.Chacun de ces incidents a mis en relief les risques liés à l’expansion des activités de marché et à la globalisation des marchés des capitaux.Ces trois chocs ont amené des turbulences monétaires et financières qui mettent en danger la croissance économique et les échanges mondiaux.C’est la raison pour laquelle le G7 se penchera avec une attention particulière sur les moyens de parvenir à une plus grande stabilité monétaire.La mise sur pied d’un dispositif de surveillance et d’intervention apparaît de plus en plus nécessaire.Mais des mesures contraignantes pour stabiliser les finances internationales paraissent exclues tant y sont opposés plusieurs membres du G7, en particulier l’Allemagne, hostile à toute tentative de soumettre à des réglementations les mouvements de capitaux et de stabiliser les taux de change.Le G7 a pourtant enregistré dans le passé quelques succès dans ses expériences de stabilisation des monnaies: ainsi l’accord dit du Plaza en 1985, qui avait permis de forcer le dollar à la baisse, et l’accord dit du Louvre en 1987, qui avait aidé à le stabiliser.Ces deux réunions étaient tenues au niveau des ministres des Finances.Cependant, bien que ces interventions concertées sur le dollar aient porté fruits, il est clair que le G7 répugne à faire office de «directoire» des affaires mondiales, politiques ou monétaires.A tout le moins, les membres du G7 pourraient s’entendre pour confier au Fonds monétaire international (FMI) la gestion d’un éventuel dispositif de surveillance des marchés des capitaux.C’est d’ailleurs au FMI que le président américain Bill Clinton a fait appel pour fournir une part de l’enveloppe destinée à éviter la faillite du Mexique.En outre, au dernier sommet de Naples, les Sept avaient précisément décidé d’examiner le fonctionnement des grandes institutions financières mondiales dites de Bretton Woods, la Banque mondiale et le FMI.Le Canada, hôte du sommet cette année, a placé ce réexamen en tête des priorités et compte en faire le dossier clé de la rencontre d’Halifax.Le sommet des Sept ne saurait être complet sans un volet politique, auquel participe depuis 1991 le président russe.La reprise de la guerre en Bosnie retiendra l’attention des dirigeants des pays riches.Mais moins encore que sur les questions économiques, il ne faut attendre du sommet qu’il produise des décisions renversantes sur le sujet.Sur les questions politiques comme sur les questions économiques, le G7 n’a ni les moyens ni l’ambition d’être le gouvernement du monde.Le G7 n’a ni les moyens ni l’ambition d’être le gouvernement du monde Sylvia ne Traniier ?INDEX Agenda ,.B6 Avis publics .B4 ,.B4 Culture .B7 Économie .B2 Éditorial .A6 Le monde .A5 Mots croisés.B4 Les sports .B5 MÉTÉO Montréal Ensoleillé.Max: 24 Québec Ensoleillé.Max: 22 Détails en B 5 MONTRÉAL Droit au lock-out: ?ÉCONOMIE Finis tes emplois à vie ?LE MONDE Prise d'otages en Russie: Bourque n'abandonne pas PAGE A 3 chez CN et CP PAGE B 2 les Tchétchènes frappent PAGE A 5 Aucun hôpital ne fermera à Québec ¦ Quelque 2000 emplois seront déplacés, modifiés ou abolis ¦ Quatre hôpitaux transformés en centres de soins de longue durée MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Aucun hôpital ne fermera ses portes à Québec, contrairement aux rumeurs qu’avaient fait circuler les libéraux et les directeurs d’établissement.Cependant, quatre petits hôpitaux seront transformés en centres de soins de longue durée.Ces quatre hôpitaux vont toutefois maintenir ouverte une clinique externe pour la population environnante, de huit heures à minuit.Deux d’entre eux garderont leur salle d’urgence.Voilà les grandes lignes du projet de scénario qui sera présenté au conseil d’administration de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Québec, le 20 juin prochain, et qui a été rendu public hier.Les rumeurs avaient provoqué à Québec des manifestations monstres, réunissant quelque 8000 personnes contre la fermeture de l’hôpital Christ-Roi et 15 000 personnes contre la fermeture de l’hôpital Chauveau, à L’Ancienne-Lorette.Ces deux hôpitaux seront convertis en centres de soins de longue durée, mais ils conservent une clinique externe et Chauveau garde sa salle d’urgence.Selon le président de la Régie régionale, Jacques Fi-set, ces transformations correspondent aux besoins de la clientèle: des lits de soins de longue durée pour les personnes âgées qui restent proches de leur milieu de vie, et des services de première ligne en clinique externe pour les consultations quotidiennes de la population locale.VOIR PAGE A 8: HÔPITAUX VOIR AUSSI EN PAGE 2 ¦ À Montréal, les syndicats continuent de s’opposer férocement aux compressions de la Régie régionale m i W, I P'-V.'Hvï rtt'N Les copains PHOTO JACQUES NADEAU ON NE SAU PAS si l’auteur du Fédéralisme canadien et ancien ministre de la Justice du Québec, Gil Ré-millard, maintenant président de l’Institut international des études administratives, a profité du passage hier à Montréal du premier ministre Jean Chrétien pour causer Constitution.Mais pour sa part, M.Chrétien, qui s’est adressé à cette instance, n’a pas une seule fois employé le mot.A la veille du sommet des leaders du G7 à Halifax, le premier ministre a plutôt parlé de ses objectifs pour cette rencontre.Voir nos informations en page A 4.BOSNIE Les otages canadiens pris entre deux feux Concentration exceptionnelle de troupes gouvernementales bosniaques près de Sarajevo D’APRÈS REUTER, L’AFP ET LE DEVOIR Sarajevo — La concentration exceptionnelle de troupes gouvernementales bosniaques au nord de Sarajevo, dans la région de Visoko, qui visent vraisemblablement à briser le siège de la ville, risque fort d’aggraver le cycle de la violence en Bosnie et pourrait mettre en danger les Casques bleus canadiens.Quelque 850 soldats canadiens du 3' bataillon du Royal 22e Régiment de Valcartier sont déployés à Visoko.De plus, les Serbes de Bosnie détiennent toujours 11 Casques bleus canadiens en otages.Hier, à Ottawa, le ministre de la Défense nationale, David Collenette, a déclaré que les otages canadiens retenus à Ilijas ainsi que l’observateur militaire retenu à Pale se trouvaient «dans une situation très désagréable».«Nous ne voulons pas que des Canadiens soient pris entre deux feux», a ajouté M.Collenette à sa sortie du Parlement.Les renseignements recueillis par les Casques bleus «confirment que les Bosniaques massent leurs troupes depuis des semaines» autour de Visoko, à 40 kilomètres au nord de Sarajevo, selon une source de l’ONU qui a requis l’anonymat.Cela pourrait signifier que les Bosniaques veulent tenter de briser l’encerclement de Sarajevo.Ou bien ils VOIR PAGE A 8: OTAGES Deux médailles d’or dans la balance Myriam Bédard tentera demain à Budapest de convaincre le CIO de confier les Jeux à Québec «Québec est une ville où il est facile de faire du sport: on est près des sites, de la nature.Je suis née là, j’y ai grandi, c’est là que je me suis entraînée.Le résultat, c’est deux médailles d’or à Lillehammer.Je crois que ça dit tout.» — Myriam Bédard RÉMY CHAREST ENVOYÉ DU DEVOIR À BUDAPEST QUÉBEC 2002 Si Québec sort gagnant du vote olympique de demain, dont le résultat pour rait être connu à l’heure du zénith à Montréal, Myriam Bédard, la reine des Jeux de Lillehammer, aura probablement d’ores et déjà remporté le titre de reine des Jeux de 2002.Dotée de la plus forte délégation d’athlètes de toutes les villes candidates — Pierre Harvey et Gaétan Boucher sont aussi de la partie —, Québec 2002 a décidé d’inclure la double médaillée d’or au biathlon parmi les orateurs de la présentation officielle qui précédera immédiatement le vote.«Personne ne le savait.On ne voulait pas dévoiler notre stratégie, a expliqué hier Myriam Bédard à la terrasse d’un grand hôtel de Budapest On pensait que je serais là pour le lobbying.En fait, ma fonction première, c’est la présentation finale.» La championne du biathlon prendra donc place VOIR PAGE A 8: MYRIAM Le Petit Robert condamné pour notice erronée Pour une erreur sur le Rwanda, un tribunal français oblige l’entreprise à remplacer sans frais 38 000 exemplaires SYLVIANE TRAMIER LE DEVOIR L) erreur est humaine, mais elle peut coûter cher à t ceux qui font justement profession d’exactitude.En témoigne la mésaventure de la société Dictionnaires le Robert, poursuivie et condamnée devant les tribunaux pour une notice erronée à l’entrée «Rwanda» de son édition de septembre 1994 du Petit Robert des noms propres.Et puisque pour tout produit défectueux qui ne donne pas satisfaction le client mécontent peut exiger qu’on lui en donne un neuf, en bon état, pourquoi n’en irait-il pas de même pour les dictionnaires?C’est exactement ce que le tribunal qui a entendu la cause offre aux utilisateurs du dictionnaire incriminé.Tous ceux qui possèdent un exemplaire de ce dictionnaire se reporteront à la page 1822, où l’on peut lire notamment ceci: «(.) en avril 1994, le FPR abattit J.Habyarimana à bord de son avion et lança une vaste offensive marquée par des massacres et la fuite de millions de personnes (.).» Ainsi est expédié sommairement la tragique page d’histoire du Rwanda depuis l’assassinat du président Habyarimana jusqu’au génocide de centaines de milliers de Tutsis.Ce n’est pas laconis- VOIR PAGE A 8: ROBERT a » t « i I E |) E V 0 I H .I E .1 E U I) I I S JUIN ID D 5 Le; ACTUALITES HÔPITAUX Rochon «achète la paix à court terme» SUITE DE LA PAGE 1 M.Fiset convient que si quelqu’un se présente à l’urgence de Chauveau et doit être hospitalisé, il sera transporté vers un autre hôpital de soins de courte durée.Mais il note que 70 % des urgences à Chauveau ne re-uièrent pas d’hospitalisation et que éjà, à Prieure actuelle, cinq personnes sur huit qui doivent être hospitalisées après s’être présentées à Chauveau le sont dans un autre hôpital mieux équipé.Le porterparole libéral Pierre Marsan a salué cette annonce comme «une grande victoire pour la population de Québec, grâce à sa mobilisation».M.Marsan pense que le ministre Rochon «achète la paix à court terme.Il faut faire attention à ce gouvernement-là, qui est plein d’astuces».Selon lui, «convertir un établissement, c’est aussi le fermer, jusqu’à un certain point».Il déplore que le choix des hôpitaux convertis se fasse «sans critères».Ce plan prévoit, d’ici le 31 mars 1998, la fermeture de 644 lits de soins de courte durée dans la région, dont 330 sont déjà fermés à l’heure actuelle, à cause des contraintes budgétaires.En revanche, 275 lits de soins de longue durée seront ouverts et 10 millions $ seront investis sur deux ans pour le maintien et les soins à domicile.Au total, quelque 2000 emplois seront déplacés, modifiés ou abolis par la réorganisation du réseau.La Régie note que pour la seule année 1993-94, la région a connu 2364 départs d’employés et 2499 embauches.Ce qui signifie que l’impact sur le personnel sera relativement faible.Le scénario suggéré, qui fera l’objet d’une consultation privée auprès des directions d’établissement lundi, prévoit également la transformation de l’hôpital Jeffrey Haie, réputé pour desservir la clientèle anglophone, qui sera converti en centre de soins de longue durée avec une clinique externe.Les hôpitaux L’Enfant-Jésus et Saint-Sacrement fusionnent en un centre hospitalier affilié.Les sendees spécialisés de traumatologie et de neurochirurgie ainsi que le centre des grands brûlés seront progressivement transférés à l’Enfant-Jésus.Le CHUL, Saint-François-d’Assise et l’Hôtel-Dieu formeront un unique centre hospitalier universitaire.Le plan prévoit la fusion des ressources en psychiatrie, la fermeture de 123 lits d’ici 1999 en psychiatrie de courte durée et la fusion de deux CLSC.ROBERT Le FPR a sursauté SUITE DE LA PAGE 1 me du propos qui fait problème, mais le fait d’imputer à tort l’assassinat du président rwandais au Front patriotique rwandais (FPR) et d’attribuer indirectement au FPR la responsabilité du génocide (perpétré en réalité par les milices hu-tues sur la minorité tutsie et les opposants hutus).On comprend que la lecture de ce passage remarquable ait fait sursauter les membres du FPR, au pouvoir aujourd’hui à Kigali.Le FPR a porté plainte et obtenu gain de cause.Le tribunal de grande instance de Paris a reconnu en avril dernier la société Dictionnaires le Robert coupable d’allégations diffamatoires à l’endroit du FPR et a ordonné la publication dans quatre organes de presse français d’un communiqué qui invite «tout possesseur de l’édition du mois de septembre du Petit Robert des noms propres (.) à renvoyer cet ouvrage franco de port à la Société Dictionnaires Le Robert afin d’obtenir gratuitement son remplacement par l’édition mise à jour du même dictionnaire imprimée au mois de décembre 1994».Cette publication judiciaire est parue dans les quotidiens français Le Monde et Le Figaro, ainsi que dans l’hebdomadaire Jeune Afrique et le mensuel Le Monde diplomatique.L’avocat du plaignant avait également demandé que le communiqué soit publié dans d’autres organes de presse de pays francophones, notamment au Canada dans Le Devoir.Le tribunal n’a pas retenu cette requête.Cependant, la société Dictionnaires Le Robert au Canada ac- cepte de remplacer les dictionnaires comme le demande le tribunal.Le tribunal n’a pas non plus retenu la requête du plaignant de retirer de la vente tous les exemplaires encore non vendus de l’édition de septembre 1994 du Petit Robert des noms propres.La chasse aux fautes dans les dictionnaires est un passe-temps qui exige beaucoup de patience et qui est — heureusement — souvent frustrant.L’édition de septembre 1994 du Petit Robert des noms propres avait pourtant offert à l’amateur quelques perles étonnantes relevées par de dévoués chercheurs et aussitôt corrigées dans l’édition suivante.Mais en général, les erreurs dans les dictionnaires ne donnent pas lieu à des poursuites judiciaires et n’obligent pas l’éditeur à remplacer son produit incriminé.Dans ses attendus, le tribunal estime qu’en dépit de la rectification apportée à la rubrique en cause lors de la réimpression en décembre 1994 et malgré l’écho donné dans la presse à cette correction, la vente de 38 000 exemplaires de l’édition de septembre cause au FPR un préjudice justifiant des demandes de réparation.Le tribunal a reconnu que les rédacteurs de la notice se sont prévalus d’articles de presse qui faisaient état de soupçons et d’accusations dirigés contre le FPR à propos de l’assassinat du chef de l’Etat rwandais.Mais il a estimé que la société éditrice «ne pouvait, à défaut notamment de preuve décisive et incontestable des faits allégués, s’abstenir de toute précaution dans leur relation» et qu’en conséquence, elle a «commis une faute exclusive de toute bonne foi».Une percée québécoise à Atlanta Le groupe québécois Pixart fournira les images des Jeux d'Atlanta aux Français MICHEL B É LAI R ENVOYÉ DU DEVOIR À ATLANTA Le groupe québécois Pixart vient de décrocher un contrat de service d’une valeur de 5 à 10 millions $ avec la France pour les Jeux d’Atlanta.Le contrat a été passé entre Pixart, sa filiale Pixtelcom et les Français TF-1 et France Télévision.Selon l’entente, les Québécois fourniront le matériel technique — les caméras, les cars de reportage, les salles de montage, les techniciens et les systèmes logistiques permettant de contrôler la diffusion — aux chaînes françaises.En d’autres termes, les images que les téléspectateurs français verront des Jeux d’Atlanta seront québécoises.Ce qu’il y a de plus étonnant dans cette entente, dont on a annoncé les détails à Atlanta hier après-midi, c’est que les deux clients français de Pixart sont des concurrents directs.TF-1 est en effet le plus important réseau de télévision privée en France alors que France Télévision, anciennement FR2 et FR3, représente tout ce qu’il y a de plus public dans le secteur français des médias électroniques.En clair, c’est comme si Pixart venait de signer le même contrat de service simultanément avec TVA et Radio-Canada.Ce n’est pas banal! En conférence de presse, le président du groupe Pixart, Jaquelin Bouchard, a expliqué que d’autres négociations sont en cours avec trois ou quatre télévisions européennes.Si ces discussions portent fruits, le groupe québécois se positionnerait avantageusement dans ce marché fort compétitif de la «location d’expertise et de matériel audiovisuel».On peut d’ailleurs s’interroger sur ce qui a amené les télévisions françaises à préférer l’offre de Pixart à celles de ses nombreux concurrents américains.Pour Jaque-lin Bouchard, la réponse est simple: «Nous avons l’expertise et les Français le savent puisque nous avons déjà travaillé avec eux lors de la transmission des matchs de la Coupe du Monde de soccer à Dallas.Pour le reste, disons que le fait de parler la même langue n’a certes pas nui.» Une expertise solide La question des droits de retransmission des Jeux d’Atlanta est assez complexe.Fait étonnant, le Comité olympique international (CIO) a vendu les droits mondiaux à la European Broadcasting Union (EBU) et non aux grands réseaux américains comme on aurait pu le supposer.La EBU passe quant à elle des ententes avec les télévisions des différents Etats et celles-ci, une fois le contrat signé, peuvent faire affaire avec tous les sous-traitants qu’on puisse imaginer, surtout dans ce secteur du «hardware», puisqu’on devine facilement les frais énormes occasionnés par le transport du matériel technique.C’est là, précisément, que Pixart a développé une solide expertise.«Dans le cas des Jeux d’Atlanta, comme dans celui de la Coupe du Monde, les Français sont totalement maîtres de la situation: ils décident quels événements ils vont couvrir prioritairement et nous nous arrangeons pour aller placer le nombre suffisant de caméras là où ils le veulent.Nous leur fournissons aussi dix salles de montage chacun pour qu’ils produisent leurs émissions comme ils l’entendent Même chose pour les cars de reportage.Nous sommes donc des fournisseurs de matériel brut, et comme nous avons développé l’expertise pour gérer l’acheminement et le traitement de ce matériel, ce qui est assez complexe entre vous et moi, nous sommes devenus peu, à peu des acteurs importants dans ce secteur.A Atlanta, cela nous permet de faire travailler environ 75 techniciens de Montréal avec du matériel qui vient de chez nous.» Le groupe Pixart, qu’on connaît surtout au Québec pour ses activités de productions télévisuelles, vise à s’implanter de plus en plus sérieusement dans ce secteur qu’il avait approché timidement en louant ses caméras et ses systèmes d’exploitation pour le Grand Prix de Montréal, il y a à peine quelques années.Jaque-lin Bouchard a terminé la conférence de presse en précisant qu’il allait bientôt s’associer à un nouveau fournisseur de matériel télévisuel pour élargir davantage les possibilités du groupe.La présence québécoise dans ce secteur ne fait que commencer à s’affirmer, s’il faut l’en croire.NDLR: Notre journaliste fait partie d’une délégation invitée à Atlanta par le groupe Pixart.R.E.M.au Forum Quand Michael Stipe sabote le rituel rock SYLVAIN CORMIER C> était le spectacle le plus attendu de l’année rock, le grand retour de RE.M.sur scène après sue ans d’absence, le Monster Tour inespéré du groupe de rock alternatif le plus célébré au monde.En cela, c’était, au moins pour les deux premiers tiers, la plus belle gifle qu’un public gagné d’avance pouvait recevoir.Une sorte d’antishow, mené comme pour prouver la futilité de l’exercice.Hier soir au Forum, on aurait dit tout était mis en oeuvre pour saper à la base toute forme de plaisir.On aurait cru que la sono était horriblement brouillonne exprès, avec les guitares à l’avant-plan (deux guitaristes d’appoint y veillaient) pour que l’on n’entende jamais ce que Michael Stipe marmonnait, pour qu’il nous semble encore plus ironique de le voir lire ses textes sur un lutrin, comme s’il w A nous disait: je les lis, mais vous ne pouvez les comprendre, tout cela s p l e est une pure perte de temps.Sa manière troublante de présenter f y les chansons sans les présenter — «Now weTl play another song, and then another song, and we’ll continue like that for a long long time.» — ressemblait à une dénonciation du processus même.Cela allait jusqu’à sa façon d’observer la foule comme une petite bête dans un laboratoire, comme s’il se demandait ce qu’on fichait là et, faisant miroir, ce qui l’avait amené, lui, dans un guêpier pareil.On le savait plutôt schizo, bizarroïde autant qu’étrange, le Stipe, qu’il avait justement interrompu les tournées en 1989 parce que l’expérience de scène lui apparaissait vide de sens, et qu’il s’est laissé convaincre de reprendre la route pour «sauver le groupe», mais je ne l’imaginais pas aussi.absent Il en a résulté que les 13 500 spectateurs, pourtant déchaînés dès l’arrivée de RE.M.sur la scène dénudée, ont attendu jusqu’à Man On The Moon, treizième titre (une splendide et poignante chanson dédiée au comédien Andy Kaufman), une fois que Stipe eut enlevé casquette, veston, lunettes fumées et deuxième chandail, pour que le gaillard s’anime, c’est-à-dire qu’il se désarticule comme seul Stipe peut se désarticuler.Après, c’était mieux, Stipe avait la démence plus démonstrative, plus spectaculaire.Et les morceaux les plus espérés ont fini par arriver: Losing My Religion, It’s The End Of The World As We Knout It (And I Feel Fine), et la tragiquement belle Everybody Hurts.Un, spectateur montera sur scène, un frisbee y atterrira.A la fin, c’était presque un show.Il aura fallu que la foule s’en mêle.OTAGES 20 000 à 30 000 soldats bosniaques dans la région de Visoko SUITE DE LA PAGE 1 poursuivent un objectif plus modeste, par exemple celui de couper le saillant d’Ilijas, entre Visoko et Sarajevo, contribuant ainsi au désenclavement de la capitale, a estimé un officier de la FORPRONU.Les Nations unies déclaraient mardi que l’armée gouvernementale avait déployé 20 000 à 30 000 soldats dans la région de Visoko.Signe tendant à étayer les craintes de l’ONU, le ministre bosniaque des Affaires étrangères, Muhamed Sa-cirbey, a affirmé hier à Vienne que les Serbes de Bosnie avaient introduit de nouvelles armes dans la zone d’exclusion d’armes lourdes autour de Sarajevo, et que l’armée gouvernementale devait face à cela prendre maintenant des «mesures préventives».Il a refusé de confirmer ou démentir s’il y avait bel et bien renforcement massif de l’armée gouvernementale au nord de Sarajevo.De source bosno-serbe, on se déclarait bien plus préoccupé par les concentrations en cours de troupes gouvernementales que par quelque menace brandie par l’OTAN ou les Casques bleus de l’ONU.«Elles (les forces gouvernementales) continuent à s’armer régulièrement.Elles sont bien plus fortes qu’elles ne l’étaient auparavant», a-t-on dit de même source.Les Serbes de Bosnie ont subi ces derniers mois une série de revers militaires et l’armée gouvernementale a intensifié ses pressions sur les Serbes défendant les routes d’accès à Sarajevo.Les Serbes bosniaques, qui jouissaient de l’avantage militaire au début de la guerre à cause d’un équipement nettement meilleur en artillerie lourde et en blindés, comptent beaucoup moins de combattants que l’armée gouvernementale.Mais ils ont toujours une puissance de feu suffisante autour de Sarajevo pour faire face à un assaut des troupes musulmanes et leur infliger de lourdes pertes.Les Nations unies ont déclaré hier que si une offensive se dessinait contre les positions serbes autour de Sarajevo, le représentant spécial de l’ONU dans l’ex-Yougosla-vie, Yasushi Akashi, chercherait à l’éviter.«Si certains signes tendent à montrer l’imminence d’une offensive, d’où qu’elle vienne, Akashi tentera probablement de s’entretenir avec les parties en présence pour les dissuader», a déclaré à la presse un poçte-parole de l’ONU à Sarajevo.A Pale, le Parlement des Serbes de Bosnie s’est réuni hier à huis clos pour discuter de la situation politique et militaire sur les territoires tenus par les Serbes.On s’attendait à ce que les députés jettent les jalons d’une union avec les séparatistes serbes de la Croatie voisine.Ce projet d’unification, auquel s’oppose Belgrade, est une perspective plutôt improbable; d’une manière générale, les chefs serbes de Bosnie et ceux de la minorité serbe de Croatie se sont tournés vers ce projet chaque fois qu’ils se sont trouvés dans une position difficile.L’ONU a déclaré à Sarajevo hier que les Bosno-Serbes encerclaient toujours certains Casques bleus, contredisant les affirmations de leur chef, Radovan Karadzic, selon qui ils sont désormais libres de leurs mouvements.En outre, 26 soldats et observateurs de l’ONU étaient toujours portés disparus, a déclaré Alexander Ivanko, porte-parole de l’ONU à Sarajevo.Il s’agit de 15 observateurs militaires de l’ONU et de 11 Casques bleus canadiens.«Par conséquent, pour la FORPRONU, ils sont toujours aux mains de l’armée serbo-bosniaque.Ce n’est que lorsque tous les Casques bleus auront été libérés que la crise des otages sera complètement résolue», a ajouté le porte-parole.A Bruxelles, le conseil des ambassadeurs de l’OTAN a examiné la version finale d’un plan élaboré par les responsables militaires en vue d’un retrait des Casques bleus de Bosnie au cas où leur mission échouerait, a-t-on déclaré de source proche de l’Alliance atlantique.Le conseil des ambassadeurs, ajoutait-on, était en passe d’apporter son soutien officiel au plan de retrait militaire, qui serait, s’il est appliqué un jour, la plus grande opération militaire jamais engagée par l’OTAN.MYRIAM «C'est ce qui fait notre force, la tolérance, l'ouverture d'esprit» SUITE DE LA PAGE 1 aux côtés du maire Jean-Paul L’Allier et du président de Québec 2002, René Paquette, au moment où l’organisation québécoise franchira la dernière étape de cette longue course à obstacles.Trois autres porte-parole, le vice-président Walter Sie-ber et des responsables du mouvement olympique canadien, devraient aussi participer à la présentation.Québec sera la dernière des quatre villes concurrentes à plaider sa cause devant les membres du CIO, ce qui est considéré par les Québécois comme un «avantage».La Vieille Capitale sera précédée, dans l’ordre, de Sion, Salt Lake City et Ostersund.Chacune des villes candidates donnera son petit spectacle d’environ une heure au cours de la matinée, une occasion de plus pour chacune de montrer ce qui la distingue.C’est là qu’on espère convaincre les quelques indécis qui restent et renforcer sa position au premier tour du vote.Québec ayant entre autres misé sur les services aux équipements d’entraînement, la présence de Myriam Bédard, gardée secrète jusqu’à cette occasion, sert à conférer une certaine validité à cette partie du dossier.Chose certaine, le prestige dont bénéficie la championne de biathlon dans le monde sportif est considérable: des reporters allemands et espagnols ont pris la peine de souligner sa présence à Budapest, sans mentionner les Pirmin Zurbriggen, véritable légende suisse à l’appui de Sion, et Picabo Street, la vedette américaine montante du camp de Salt Lake City.Et si Myriam peut exercer ne fût-ce qu’une fraction du pouvoir de séduction qu’elle détient sur les médias québécois auprès de ces messieurs du CIO, on pourrait presque songer à une victoire au premier tour.On peut toujours rêver.La championne est ici pour parler de sport.Mais elle s’est aussi préparée à répondre à des questions sur le référendum si on lui en pose d’ici le vote.«Je connais la réponse, a-t-elle admis en riant.Ça fait partie de la culture québécoise d’être en référendum.(.) C’est ce qui fait notre force, la tolérance, l’ouverture d’esprit.Il faut pas stresser avec ça.» Le mystérieux effet du style Dans ces dernières heures de la lutte pour l’obtention des premiers Jeux olympiques d’hiver du XXIe siècle, ce qui pourrait favoriser ou ruiner une candidature devient de plus en plus intangible.Les dossiers techniques, passés au crible de la Commission d’évaluation du CIO, sont déjà tous jugés acceptables.Restent donc les questions de contexte politique, d’appréciation personnelle, de contact humain, etc.En bref, c’est ce qu’on pourrait appeler le mystérieux effet du style.Chaque candidature a sa propre signature, sa propre approche, rendue très visible par les kiosques que les quatre villes tiennent à l’entrée du Centre des congrès et par les suites «hospitalité» qu’elles ont aménagées dans des salles voisines de l’hôtel Marriott, résidence officielle des membres du CIO tout au long du congrès.C’est à ces endroits que les représentants des finalistes attrapent au vol les membres en route vers les réunions, organisent des rencontres, montrent ce qui les caracté-risç.A ce jeu, ce sont les Américains qui jettent le plus de poudre aux yeux.Tandis que les Valaisans montrent le costume national traditionnel, les Suédois, leurs qualités environnementales et logistiques (avec des photos estivales!) et les Québécois, des experts techniques et des athlètes souriants sur fond du panorama désormais célèbre des anneaux olympiques humains réalisés en janvier sur les Plaines, les Américains, eux, ont conçu un kiosque sous le thème «Désert du sud-ouest», montrant en avant-plan le mannequin de fil de fer d’un authentique cow-boy en grand manteau, avec la selle et la lanterne.C’est toutefois leur suite du Marriott dont tout le monde parle: une murale aux couleurs criardes montre un genre de désert sous la neige sur tous les murs, des sapins artificiels et des cactus en plastique jonchent le plancher, le tout recouvert de ouate en guise de neige.Un sommet de kitsch inégalé, sujet de bien des commentaires hilares des journalistes qui y sont passés (même des Américains).Les douaniers hongrois ont été tellement impressionnés par cet attirail qu’ils l’ont même temporairement retenu aux frontières, lundi dernier.Les envoyés de Salt Lake City assurent pourtant à qui veut les entendre qu’ils jouent en sol hongrois la carte de la discrétibn.Mike Leavitt, gouverneur de l’Utah, déclarait hier au Devoir.«Nous avons déjà fait notre travail dé vente.Ici, nous voulons simplement être présents.D’ailleurs, c’est plutôt Québec qui joue dur.» Est-ce pour compenser une trop grande agressivité ou par crainte de paraître trop confiants?Toujours est-il que les Américains, favoris surveillés de près, semblent fréquemment sur la défensive quand on les approche.D’une certaine façon, ce sont eux qui ont tout à perdre, après dix ans d’efforts soutenus et l’avis général selon lequel ils devraient gagner.Perdre les Jeux, ce serait aussi perdre la face.Les travaux de la 104e session du CIO, la plus haute instance du mouvement olympique, commencent ce matin.La cérémonie d’ouverture s’est déroulée hier soir à l’Opéra de Budapest.Avec La Presse Canadienne LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514) 985-3344 4 ANNONCES CLASSÉES (514) 985-3344 4 PUBLICITÉ (514)985-3399 /télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS FRAIS 1-800-363-0305 SERVICE DES ABONNEMENTS lit ainérot di téléphone lairwts sont «llblts pce» le linrlci de IItiiIim pet ceeelel el peer les iboeetaetlt pesteei.DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR rtt publié per LE DEVOIR Inc.dont le fiege foetal eu situé au numéro 2050 de Bleury.9e étape.Montréal (Québec).H3A 3M9.Ü eu imprimé per le* Imprimerie Quebec 'mSormation* pubüéet dan* LE DEVOIR LE DEVOIR eU diuribué par Me*aagerie* Dynamique*, dirifion du Groupe Québécor Inc.900 boul St-Martin oueU.laval.Emoi de pubBcat rdeau.dirifion de Imprimerie* Québécor Inc, 612 oueU rue lue*.Montréal.L'Agence Pre*fe Canadienne e*t (éral: (514) 965-3333: service à la clientèle: (514) 514) I A1A I.K I) E V 0 I It .I.K .1 K I! I) I I 5 .1 I! I .V I H II 5 B S JENNIFER C O U Ë L L E ?La sculpture à ciel ouvert Depuis le 1" juin, le parc riverain Marie-Vic-torin de Longueuil se transforme au gré des jours en jardin permanent de sculpture contemporaine.Le symposium international de sculpture 1995, Terre gravide.émergence, est lancé! Pour souligner le 20' anniversaire de l’année internationale de la femme, les sculpteurs québécoises Liliana Berezowsky, Linda Covit, Francine Larivée, Joëlle Morosoli et Michèle Tremblay Gil-lon, et mexicaines, Lourdes Cue et Helen Escobedo furent sélectionnées pour intervenir dans un espace public sur le thème de «l’eau et l’élément féminin».11 est prévu que leurs installations soient complétées autour du 20 juin.Organisé conjointement par l’organisme Matière à Musée inc.et la Société de développement des arts et de la culture de la Ville de Longueuil (SO-DAC) et dirigé par Louise Matte, fondatrice de Matière à Musée, qui organisait en 1991 le symposium international de sculpture présenté à la Place Ville-Marie de Montréal, et Janou Gagnon, le projet sera officiellement inauguré le 22 juin, avec une conférence inaugurale le 27 juin, une série de visites commentées et un forum public (qui s’annonce des plus intéressants) sur le site même du symposium les 16 et 17 juin.Au programme: la diffusion de la production des femmes sculpteurs, les artistes et diffuseurs vis-à-vis la réception des oeuvres exposées dans des espaces publics et la nature des relations entre artistes et commanditaires.Artistes, historiens de l’art, critiques, conservateurs, consultants et directeurs de revues seront parmi les spécialistes des secteurs arts visuels, architecture et urbanisme invités à se prononcer lors de ce forum.Pour la programmation détaillée, on s’informe auprès de Viviane Gosselin au 271-8017.De l’art sur les berges Pour sa sixième édition, l’événement estival Regards sur l’art, organisé par l’Association pour le développement des arts visuels en collaboration avec la Ville de Montréal, propose une semaine d’ateliers et de conférences sur le thème «la nature intérieure».Ou?Au Manoir McDougall, sur le bord de la rivière des Prairies.Quand?Du 3 au 7 juillet Entre autres activités proposées: un atelier d’initiation à la vidéo d’art avec la vidéaste Gabrielle Schloesser, un atelier sur la couleur et la matière, un autre intitulé «Nature et structure», et une série de conférences données par les artistes Joceline Chabot Louise Masson et Michel Niquette qui feront part de leurs démarches.Et le tout nous dit-on, sera agrémenté par des repas champêtres visuellement alléchants! Il faut s’inscrire avant le 30 juin 1995.On se renseigne au 8724490.Rendez-vous à Ottawa pour italophiles C’est demain qu’ouvrira au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) l’exposition Un tour d’Italie.Organisée par Richard Hemphill du MBAC, l’exposition regroupe quatre-vingt dessins et estampes tirés de la collection permanente du musée.Une panoplie d’œuvres datant des quatre siècles derniers suivent le trajet et les recensements visuels d’artistes européens, américains et canadiens ayant séjourné dans la botte italienne, particulièrement à Rome et à Venise.Une visite de l’exposition commentée par le conservateur est prévue pour le 18 juin.Un tour d Italie sera présentée jusqu’au 4 septembre.Des artistes canadiens au Stedelijk Cette semaine à Amsterdam se terminait l’exposition Notion of Conflict, présentée dans le cadre d’une série d’activités commémorant le 50e anniversaire de la fin de la guerre 1939-1945 en Europe.Organisée par Dorine Mignot, conservatrice au musée Stedelijk, l’exposition réunissait les œuvres de treize artistes canadiens contemporains — Dominique Blain, Bill Burns, Alexandre David, Stan Douglas, Robert Houle, Ken Lum, Liz Magor, Michael Snow, Sarah Stevenson, Barbara Steinman, Ian Wallace, Carol Wainio et Jeff Wall — ayant en commun une thématique de la guerre ou de la confrontation.Depuis les discours d’inauguration de l’événement, le 11 mai, jusqu’à sa fermeture, dimanche dernier, il y a eu foule! Et d’après la revue de presse, l’enthousiasme avec lequel nos artistes ont été reçu est dû, en grande partie, au caractère «engagé» et socialement éveillé de leurs démarches.Semblerait-il, que les néerlandais aient été agréablement surpris, la conservatrice là première, de constater que l’art contemporain canadien ne fasse pas uniquement dans la représentation paysagère ou les nouvelles technologies! Un compliment?Clairement, la prochaine étape sera de prolonger l’effet de surprise chez nos cousins d’outre-mer en leur proposant des expositions d’art canadien qui esquivent non seulement le paysage, la vidéo ou les procédés infogra-phiques, mais également les sujets ayant trait à la guerre ou aux notions de pouvoir.Cela dit, Notion of Conflict s’est taillée un franc succès, et l’image du Canada sur la scène artistique internationale ne peut que mieux s’en porter! Vernissages ¦ De Ailes de papier/Alas de papel, une exposition itinérante d’art postal réalisée par le collectif d’artistes québécois et mexicains El Jacal, le 16 juin à 18h, au Centre interculturel Stratheam, 3680, rue Jeanne-Mance.¦ Des expositions de Nell Tenhaff et de Simon Penny & Jamieson E.Schulte à la Galerie Samuel Lallouz, 4295, boulevard Saint-Laurent, le 17 juin à 14h.Derniers jours pour voir.¦ Les installations cinétiques de Robert Saucier regroupées sous le titre 9195.de suite, à la galerie Plein Sud, 100 rue de Gentilly Est, local D-0620, jusqu’au 16 juin.¦ L’exposition Jeux de mains/jeux humains de la peintre Susan G.Scott, à la Maison de la culture Côte-des-Neiges, 5290, chemin de la Côte-des-Neiges, jusqu’au 18 juin.SOURCE MAISON DE LA CULTURE CDN Large Magnifying Glass, de Susan G.Scott LE DEVOIR CULTURE Le musée dans la tourmente néolibérale Le congrès annuel des muséologues canadiens ouvre ses portes STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le musée actuel a-t-il vendu son âme aux principes utilitaires du néolibéralisme?Ce lieu de culture et de connaissance typiquement moderne est-il en train de se transformer en une industrie culturelle, comme le prouverait l’exposition Beauté mobile, présentée cet été au Musée des beaux-arts de Montréal?Ces questions ont guidé la conférence du professeur de communication Bernard Schiele, de l’UQAM, à la séance inaugurale du congrès annuel conjoint de la Société des musées québécois et de l’Association des musées canadiens.La réunion se déroule jusqu’au 18 juin prochain, à Montréal, sous le thème «Le partage des savoirs», c’est-à-dire sur les moyens à adopter pour rendre accessible à un public élargi les recherches et le savoir produits et diffusés par les institutions muséales.Près de 500 muséologues de tout le pays y participent.Le professeur Schiele a questionné le rôle du musée actuel à la table ronde où on se demandait «Comment se portent les savoirs dans nos musées?».Il a d’abord évoqué l’image traditionnelle du musée et du muséologue en se servant.des BD de Tin-tin.«Le savant de Hergé est toujours penché sur des papillons qui l’émerveillent, a-t-il dit.1! travaille dans un lieu où la production du savoir est totalement liée aux modalités de sa diffusion.Ici, un musée, c’est un lieu de production de connaissances.» M.Schiele a ensuite noté que le musée contemporain n’est plus habité par «des savants échevelés», mais par «des gestionnaires, semblables à tous les gestionnaires».«Un gigantesque espace symbolique a transité entre ces deux images: d’acteur culturel qu’il était, le musée est maintenant devenu une industrie culturelle», a dit le professeur avant de s’attarder un peu sur le cas du «Musée des beaux chars»: «N’y a-t-il pas là l’émergence d’un nouveau rapport au savoir?Ce type d’exposition sur les auto- mobiles n’est-il pas révélateur d’une tendance, de la pénétration de l’univers publicitaire [dans un univers] qui lui était jusqu’à maintenant plus difficile d’accès?Et surtout, cet exemple ne signale-t-il pas une profonde mutation symbolique du musée?» La Société des musées québécois, qui regroupe actuelleftient quelque 800 membres, a pour mandat de promouvoir le développement des musées de toutes les régions du Québec, de servir de lieu de rencontre et d’échange à ses membres et d'oeuvrer en collaboration avec des regroupements poursuivant des objectifs analogues.Le Québec compte actuellement près de 400 institutions muséales.L’Association des musées canadiens (AMC) est pour sa part vouée à l’épanouissement des musées publics canadiens, à leur bien-être et au perfectionnement de leur gestion.L’AMC propose notamment à ses 2000 membres des activités de perfectionnement professionnel.On dénombre environ 2000 institutions muséales au Canada.¦ ' '¦ Sculptures en tête PHOTO JACQUES NADEAU L’EXPOSITION Skulptura Montréal 1995 était officiellement inaugurée hier soir dans le Vieux-Port de la métropole.Cet événement exceptionnel rassemble une quarantaine de sculptures modernes et contemporaines créées par de grands artistes canadiens et étrangers.Les oeuvres de Comtois, Greer, Riopelle, Roussil et Snow y côtoient celles de Arman, Bo-tero, César, de Chirico, Léger et Miro.Les trente sculptures des artistes étrangers ont été prêtées par la galerie Marisa del Re, de New York, qui organise entre autres les Biennales de Monte-Carlo.La douzaine d’œuvres canadiennes, dont six du Québec, a été sélectionnée par un jury montréalais.Cette exposition, qui se veut un hommage à la sculpture du XX' siècle, sera en place sur les pelouses-promenades jusqu’au 17 septembre prochain.M.Léo Rosshandler est le commissaire-invité de Skulptura Montréal 1995.Sur la photo, devant Hadrian (1993), du Polonais Igor Mitoraj, on voit la galeriste Marisa Del Re et son assistante Priscilla Greene, en compagnie de Bernard Lamarre, président du conseil de la Société du Vieux-Port de Montréal.Radio-Canada Une radio FM plus actuelle Pour faire place aux actualités culturelles, la SRC a substantiellement renouvelé sa programmation PAULE DES RIVIERES LE DEVOIR La direction de la radio FM de Radio-Canada a rendu publique hier sa programmation pour la prochaine année, élaborée dans le but d’offrir aux auditeurs une radio «plus accessible et plus actuelle».Tels sont les termes soigneusement choisis par le directeur de la programmation de cette radio, Sylvain Lafrance, pour décrire l’aboutissement d’une révision des émissions qui aura duré de longs mois et qui, encore aujourd’hui, a ses alliés et ses détracteurs.La programmation est substantiellement renouvelée, notamment pour faire place aux actualités culturelles.D’ailleurs la radio s’identifie désormais comme la chaîne culturelle de Radio-Canada.Trois bulletins info-culture de cinq minutes chacun — et fort bien faits — émaillent depuis peu la grille.Aussi, Midi-Culture traitera de l’actualité culturelle nationale.M.Lafrance assure que la proportion de 75 % de diffusion de musique reste inchangée.Toute la grille des émissions est par ailleurs traversée par un souci de rendre la radio FM accessible à un plus grand nombre, «sans avoir besoin de clé pour comprendre».La radio veut également doubler la production d’oeuvres dramatiques à partir de textes originaux, secteur «dont pous nous sommes un peu retirés», selon M.lafrance.A compter de l’automne, une nouvelle émission prendra l’antenne les matins de semaine, de 9h 30 à llh 30, Tout pour la musique, en direct du Palais Montcalm à Québec, qu’animera Sylvia Lécuyer.La diffusion des œuvres musicales sera entrecoupée d’information sur l’actualité musicale au pays et dans le monde.Juste avant, à 9h, André Major offrira des portraits de personnalités, trois fois la semaine; le jeudi, Denise Bombardier rencontrera une personnalité qui donnera son éclairage du siècle présent et le vendredi, Frqncine Laurendeau et Jean-Claude Marineau retrouvent À l’écan sur le cinéma (qui fera 30 minutes au lieu de 60).Une autre émission est écourtée, XOpéra du samedi, qui sera suivie à 17h, de musique d’orgue.L’émission littéraire du dimanche après-midi est rebaptisée Le temps perdu, toujours avec Stéphane Lépine qui devra «personnaliser» son émission.La littérature mais aussi tous les autres arts seront tour à tour discutés les dimanches, à midi, avec Michel Vais.Les réalisateurs seront aussi invités à faire place à la littérature québécoise, peu présente sur les ondes présentement.Cependant, la proportion de 75 % de diffusion de musique reste inchangée CINÉMA /" Second sprint pour le rendez-vous Chamberlan ODILE TREMBLAY LE DEVOIR C* est aujourd’hui que débute la vente de trottoir du boulevard Saint-Laurent et que le Nouveau Festival prend tout son envol, puisque la rue sera fermée à la circulation et que le public pourra entendre quelque chose aux projections extérieures.Celles-ci cesseront d’être interrompues à chaque instant par les bruits de klaxons, les crissements de roues, et autres pétarades automobilistes qui ne se marient pas toujours avec bonheur aux dialogues murmurés à l’écran.Second sprint, donc pour le rendez-vous Chamberlan.Ce soir, en salle obscure, à surveiller: la version complète de Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, le cinéaste assassiné il y a vingt ans.Le film intégral a été redécouvert par Scorsese.Ce chef-d’œuvre de Pasolini, donnant en 1962 la vedette à une Anna Magnani particulièrement vibrante, raconte la vie devenue respectable d’une ancienne prostituée, qui perd de nouveau son honneur par amour pour son fils en train de sombrer dans la délinquance.Ce soir.Monument National, 21h.Côté documentaire, on présente A Great Day in Harlem, signé Jean Bach.Une pho-I tographie s’anime, sur laquelle apparais- sent des dizaines de figures légendaires du jazz.Retour à Harlem, en 1958.Un journaliste de la revue Esquire s’apprête à prendre un des instantanés les plus célèbres de l’histoire du jazz.Devant une devanture vaguement sinistre et un escalier, des musiciens de légende tels Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Charles Mingus, Count Basie, sont massés.L’histoire de cette fameuse photo mène à des réflexions sur le jazz, l’amitié, la vie, la mort, évoqués par des voix de légende, sur un montage par ailleurs plutôt sans surprises.Aujourd’hui, Monument National, 17hl5.Parrain nippon Les samouraïs ne sont pas morts.En fait, bizarrement, leur mentalité survit chez les membres d’une profession qu’on ne s’attendrait pas à trouvée pourvue d’un tel sens de l’honneur: les tueurs à gages.Sonatine du Japonais Takeshi Kitano, est un film qui marie l’ellipse à la violence.Il nous entraîne dans un monde proche de celui du Parrain, version nippone.Une porte s’ouvre sur la mafia japonaise et ses crimes commis sur des modes divers: noyades au moyen d’une grue qui immerge un pendu par les pieds, fusillades dans les clubs de nuit dans les stationnements ou au détour de chemins de campagne, coups de poi- gnard échangés pour la forme.Le film n’est pas bavard, pas plus que son héros, un tueur qui brûle de mettre un terme à ses jours avec honneur.La mort est ici perçue comme une attitude philosophique, un art zen de vivre, pour qui ne craint plus de disparaître.Ces scènes de meurtre en série sont filmées de façon impersonnelle, au point qu’elles en perdent leur résonance émotionnelle.La violence en gagne une forme d’esthétisme, presque de légitimité dans le climat troublant de cette Sonatine concentrée et percutante.Ce soir, Monument National, 19h.Bonbon acidulé Pour son esthétique délirante mariant le dessin animé, le kitsch pur, le cliché comme un des beaux-arts, le clip, la colorisation, le langage des jeux vidéos, on savourera comme un bonbon acidulé Intrigue autour des personnes du Brésilien Eder Santos.N’attendez aucune narration linéaire, mais une espèce de voyage mystique entre l’Espagne et le Brésil par un saint de calendrier qui croise toutes sortes de personnages farfelus venant faire leur piste, et livrer leur petit discours.C’est le traitement visuel, toujours changeant, d’une fantaisie folle, qui vaut ici le détour.Ce soir.Parallèle, 23h30.SOURCE GALERIE BERINSON.BERLIN La guerre du futur (1930), d’Alexandre Rodchenko, illustre l’affiche de l’exposition qui se déroule au CCA jusqu’au 24 septembre.La tentation de l’Amérique au CCA STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR «Q i le XIXr siècle a été français '¦'‘O et en partie britannique, nous sommes au terme d’un siècle qui aurait pu être allemand, mais qui est devenu sans conteste celui de l’Amérique», disait hier Jean-Louis Cohen, commissaire-invité de l’exposition Scène de la vie future: L’architecture européenne et la tentation de l’Amérique 1893-1960, au Centre canadien d’architecture.Cette œuvre muséologique — le mot n’est pas trop fort — sera présentée à Montréal jusqu’au 24 septembre prochain.Scène de la vie future est organisée autour de la vaste problématique du mythe, réel et rêvé, de l’impérialisme culturel américain.De façon plus précise, ce travail examine la réaction européenne ambivalente, tout à la fois enthousiaste et méfiante, face à l’évolution de la culfure architecturale et urbaine des Etats-Unis.Cette réaction mitigée, entre l’attraction et la répulsion, est illustrée par plus de 350 pièces, dessins ou maquettes, empruntées à une soixantaine de collections de 14 pays d’Europe et de l’Amérique du Nord.Plusieurs œuvres sont exposées pour la première fois, comme ce fascinant croquis de Mies van der Rohe, réalisé en 1921, dans le cadre d’un concours berlinois.Une douzaine d’autres œuvres de Loos, Mendelsohn, Leonidov ou Le Corbusier figurent parmi les plus importantes de l’histoire de l’architecture moderne.Révolution culturelle Voici donc le récit imagé d’une révolution culturelle à l’échelle occidentale, d’une mutation fondamentale placée sous les figures emblématiques du gratte-ciel, des installations industrielles, des concepts d’efficacité, de mobilité et de progrès.L’exposition montre que la solution fonctionnelle du bâti réalisée par les Américains a séduit les architectes européens qui ont ensuite imaginé des «villes de l’avenir», une tour dans le Paris art déco, de monstrueux «immeubles en hauteur» qui devaient remplacés le centre-ville historique du Moscou des Soviets ou du Berlin des nazis, une usine à Turin, d’immenses hôtels «à l’américaine» aux quatre coins de l’Europe.On découvre du même coup l’extraordinaire circulation des images et des idées, bien avant le fax et l’Internet et que dès le tournant du siècle, pour les architectes, le monde était déjà un village global, de plus en plus made in USA.Cette exposition s’inscrit dans un ambitieux cycle de travaux échelonné jusqu’à l’an 2000, qui permettra justement de faire le point sur les aspects déterminants de la culture architecturale de l’Amérique moderne, «sur ses promesses et ses déboires, ses origines, ses ramifications et son influence sans précédent dans le monde», comme le dit le résumé de la programmation.Quatre autres expositions se succéderont au CCA jusqu’en 1998 et continueront ensuite de voyager aux Etats-Unis, en Europe et en Asie d’ici la fin du «siècle de l’Amérique».Dans les prochaines années, on verra donc des expositions sur les paysages et la vision de l’automobile de Frank Lloyd Wright, les parcs de Frederick Law Olmsted photographiés par Robert Burley, Lee Friedlander et Geoffrey James, l’architecture des parcs thématiques de Disney et même une dernière sur.la pelouse des banlieues américaine, comme «surface du quotidien» et «lieu d’affirmation des modèles familiaux, civiques et culturels».
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