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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-06-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR Le feuilleton Page D3 Essais québécois Page D5 Les Petits bonheurs Page D5 Vitrine du livre international Page D7 Livres pratiques Page D9 ?' I.K I) E V (Mit.I.K S S A M EDI 17 E T I) I M A X C HE IS .1 I! I X I !l !l 5 v a m m Nancy Huston Questions d’identité DANIELLE LAURIN Paris — Des livres et encore des livres, parmi lesquels ceux récents, de son mari, le linguiste d’origine bulgare Tzvetan Todorov.De vieux cahiers.Des feuilles empilées.Des bouts de papier épars.L’odeur du bois.Le parquet qui craque.Juste assez d’espace pour circuler jusqu’aux deux énormes fauteuils rouges en velours usé posés devant la fenêtre, en coin, sous l’aile bienveillante de l’ange doré de la Bastille, au loin.Chaque matin, une fois les enfants partis pour l’école, elle monte ici, dans l’angoisse ou la légèreté, c’est selon.Ici, chaque matin, Nancy Huston écrit.Le Tombeau de Romain Gary (Le-méac-Actes Sud) est encore tout chaud, qu’elle en est déjà à peaufiner le premier jet de son nouveau roman, écrit mi en anglais mi en français.«De la folie furieuse», dit-elle dans un éclat de rire.Ce sera ensuite la phase de l’auto-traduction, puisqu’elle tirera de son roman deux versions, une en français, l’autre en anglais, comme elle l’avait fait en 1993 pour Cantique des plaines, le livre déclencheur, celui de ses racines, où les images des plaines, des trains et des champs de blés de son Alberta natale appelaient, pour la première fois, la langue de son enfance.C’est pour aller vérifier sur place les souvenirs vieux de plus de deux décennies qui avaient envahi son imaginaire, pour mettre à l’épreuve cette idée qu’elle avait que la fadeur était «la quintessence, terrifiante, du Canada anglais», qu’une fois traduit, revu et corrigé son Cantique, elle a sillonné, avec enfants et mari, en «camping-car» comme il se doit, l’Alberta, Pour un patriotisme de l’ambiguïté (Les grandes conférences-Fi-dès), et qui est en fait la transcription d’une conférence qu’elle a donnée en mars 1994 à l’Université de Montréal.«Souvent, je trouve difficile — déroutant, déstructurant — de ne coïncider vraiment avec aucune identité; et en même temps je me dis que c’est cette coexistence inconfortable, en moi, de deux langues et de deux façons d’être qui me rend le plus profondément canadienne», écrit-elle dans ce livre.Ecrivaine canadienne?Écrivaine canadienne, Nancy Huston?En France, on l’invite sur les mêmes tribunes que Michel Tremblay, on parle de ses romans dans les rubriques de littérature étrangère, à côté de ceux de Réjean Duchar-me.«Welcome to the family», lui a lancé un jour celui qui restera à la vie à la mort, en France comme ailleurs, associé au jouai et aux Belles-Sœurs.Que Nancy Huston vive en France depuis plus de 20 ans, qu’elle ait publié neuf livres en français dans son pays d’adoption avant d’écrire celui qui allait la révéler au Québec et lui faire obtenir le prix du Gouverneur général dans la controverse que l’on sait, tout ça n’y change rien.«Les bras m’en tombent», s’exclame la belle brune, calée dans son fauteuil rouge, jambes allongées dans le soleil de quatre heures.«Quand j’ai publié mes premiers livres ici, personne, jamais, n’a parlé du fait que j’étais Canadienne, que j’étais une anglophone qui publiait des livres en français.Il n’en a jamais été question.Jamais.Dans les années 70, quand je suis venue ici, du moment qu’on parlait français, on VOIR PAGE D 2 : HUSTON g • Pourquti g • lire idiot quand on peut bronzer PHuTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR Lectures d’été, lectures d’été, est-ce que (voix d’Arletty) j’ai une gueule de «lectures d’été»! On me les casse à tous les mi-juin avec ce concept journalistico-mercanti qui voudrait — bien fol qui s’y fie — qu’il faut lire léger au soleil, mince à la plage, et que, cqfd, on ne lirait pas l’été ce qu’on lit l’hiver, et vice versa.Pourquoi le sable fin entre les orteils ne conviendrait pas autant à Baudelaire qu’à du best-seller?Et l’eau salée autant au vieux Flaubert qu’à Paul-Loup Sulitzer?Est-ce qu’on ne peut pas lire Musil avec le vin blanc sous la tonnelle ou du Cioran tout nu en pédalo.?Et puis jouer au frisbee entre deux pages éblouissantes de Proust?Non mais qu’est-ce que c’est! Lectures d’été! Lectures de con, vous voulez dire?Hypocrite vacancier — mon semblable —, mon frère, quand cesseras-tu de dire (à ceux qui te le demande) qu’il n’y a que l’été venu que tu t’empresses enfin de «relire des classiques» si tu ne les lis plus depuis les bancs d’école (je parle évidemment d’un temps où on lisait à l’école.), si tu ne les a jamais lus, ou si tu mets six mois d’hiver à traverser à petits pas La Route au tabac de Caldwell?Soyons francs.Lire l’été c’est lire.Un point c’est tout.Et dis-moi qui tu lis Uacques Poulin ou Lili Gulliver, Roth ou Crichton, Bobin ou Sagan) et je te dirai qui tues! Établissons d’abord (avant de faire ses bagages) qu’il y a la lecture et puis qu’il y a l’été.Une activité d’une part, une saison de l’autre.Pourquoi diable se dévalueraient-elles (ou se prostitueraient-elles) chacune en se croisant sur une plage?Regardez ce qui s’est produit avec le théâtre lorsque celui-ci a rencontré l’été dans une grange! On s’est mis à appeler ça le «théâtre d’été», et bonjour les dégâts! Quelqu’un quelque part, ça se perd dans la nuit des temps, a-t-il décidé que si le théâtre et l’été se mettaient ensemble (au Québec) il fallait forçément qu’il en sorte un bâtard?Car la majeure part du «théâtre d’été» est fait de répliques de sofa et d’abrutissement.Il faut absolument rire idiot?De grâce ne faites pas la même chose avec la lecture et l’été! ne bronzez pas idiot! Militez ferme! Emportez s’il le faut L’Être et le néant à Ogunquit, Arthur Buies à Old Orchard, quatre Rougon-Macquart à Percé ou le tout Cioran pour traverser l’Orénoque! (Gallimard vient de publier les «Œuvres» de Cioran dans une nouvelle et magnifique collection au nom de Quarto, profitez-en).Séparez bien délicatement la lecture et l’été avant de les réconcilier! Car il y a la lecture et il y a l’été.Il y a l’été et il y a la lecture.Il y a bien des manières d’établir un programme commun quand on est pour un temps lecteur et vacancier.Et il y a bien des cas de figure.Réglons le problème de ceux qui ne lisent jamais mais, partant en vacances, croient bon (et chic) d’emporter un bouquin au cas où.Cet en-cas devrait être le best-seller de l’heure avancée car peu importe ce qu’on lit VOIR PAGE D 2 : LECTURES D’ÉTÉ Daniel Lat.Oui m’aime me lise.Daniel Latouche Plaidoyer pour le Québec « .Plaidoyer pour le Québec donne nu portrait passionné et intelligent de la question québécoise contemporaine dans une perspective qui ne néglige ni les apports de l'Histoire ni les plaisirs d'une discussion véritable sur des problèmes dont on ne lait pas le tour aussi facilement que d'un losange de base-ball.» Robert Saletti.Le Devoir l'été AU CŒUR DES LIVRES LEMÉAC au cœur des livres bat le cœur du monde.Ah! Tenir dans ses mains tout le savoir du inonde S’endormir un livre sur le cœur Ecouter battre le sang des héros Embarquer sur le bateau des aventures Nager dans les mers d’histoires Ah! Sentir l’odeur des mots Voir la couleur des voyelles Entendre bourdonner les consonnes Peindre tout le ciel en mots bleus Goûter le miel des mots Boire le secret de l’été Lire en écoutant la cigale Ah! Des livres partout, au bain, à la plage, à la terrasse, sur le petit banc du parc, dans le hamac, sur le pédalo de mononcle, dans la berceuse, sur la dernière marche de la galerie, en auto, en train, à l’église, sous le pommier, en avion, en métro, au boulot, au dodo, à la radio, à la télé, sur un nuage, dans le désert, en montagne, chez le dentiste, chez l’acupuncteur, au Vieux Port, au stade, au musée, au resto, au café, au garage, chez le chiro, en camisole, nu pieds, en bigoudis, en bobettes, avec une bière, un p’tit blanc frais, une eau de source, un punch du tonnerre, en chaise longue, en transatlantique, sous les moustiques, en chaloupe, en voilier, dans la piscine, au clair de lune, à la chandelle, les pieds dans l’eau, au bout du quai.Ah! l’été au cœur des livres parce que.Les livres nous donnent cet état d’apesanteur qu’on appelle le bonheur et que l’on cherche et recherche toute l’année en sachant bien qu’il flotte surtout entre les lignes, entre les mots, entre le silence du livre et le bruit des choses qu’il fait en nous, surtout sur les ailes de l’été autant dire sur les «ailes du désir».LEMEAC vous invite le SAMEDI 17 JUIN de 14h à 16h à la librairie CHAMPIGNY 4388, rue Saint-Denis à rencontrer.JEAN BEAUNOYER Fleur d'A lys LOUISE DESJARDINS La Lave DAVID HOMEL Il pleut des rats ANDRÉ MONTMORENCY De la ruelle au boulevard MICHEL TREMBLAY Les Vues animées Douze coups de théâtre Le Cœur éclaté Un ange cornu avec des ailes de tôle ÉLISE TURCOTTE Caravane Le Bruit des choses vivantes LEMEAC lu liUrrnlurr rl'riiijiiiittf'liiii K l> K V 0 I It .I.K S S A M K 1) I 17 K T I) I M A X CHE IK J U I X • !* ** i I V R E S Un best-seller intelligent HUSTON Passionnée IE MONDE DE SOPHIE Jostein Gaarder Traduit et adapté du norvégien par Hélène Hervieu et Martine luiffon Éditions du Seuil, 557 pages STEPHANE HAIE I.A K (i E O N LE DEVOIR Voilà une des belles surprises de l’année littéraire.Le Monde de Sophie est le troisième roman de Jos-tin Gaarder, mais son premier consacré internationalement: son pavé est maintenant traduit dans plus de vingt langues et le tirage a passé le cap du million d’exemplaires en Allemagne, le Fatherland de la philosophie moderne.L’idée de base de ce best-seller intelligent, est pourtant simple à souhait.Un jour de mai, la jeune Sophie Admundsen, 14 ans, rentre de l’école, arrive chez elle, au 3, allée des Trèfles, ouvre la boîte aux lettres et y trouve un petit mot qui lui est adressé: «Qui es-tu?» lui demande un mystérieux correspondant.Une seconde arrive bientôt: «D’où vient le monde?» Puis une autre qui pose une dernière vertigineuse question dont les réponses riches et multiples tiendront dans les centaines de pages suivantes: «Qu’est-ce que la philosophie?» Au bout du compte, le roman d’initiation compose une sorte de manuel déguisé mais très bien ficelé sur les grands esprits du monde, d’Aristote à Zénon, des présocratiques aux posthégéliens.En fait, il n’est pas seulement question de philo.Ce livre encyclopédique ne constitue rien de moins qu'un résumé des grands courants intellectuels de l’Oc- -Z7~ MONDE! 50PHIE JosUin üiUido cident comme le prouve ce tour de force d’une quinzaine de pages intitulé «Deux cultures» (chapitre 14) sur Jésus de Nazareth et le choc des cultures indo-européenne et sémite.Jostein Gaarder, qui enseigne la philosophie et l’histoire des idées, est un pédagogue de première classe, audacieux, rigolo et bien de son temps, le nôtre.11 fait comprendre Démocrite avec des briques Lego et initie au b.a-ba du freudisme avec une délirante histoire de mille-pattes.Une et même des intrigues parallèles se greffent à ces cours magistraux, des récits sont introduits dans le récit, mais finalement l’essentiel, le plus sympathique et le plus amusant du roman, se retrouve dans les pages didactiques, philosophiques et non romancées (d’ailleurs en caractères gras).Pour ceux qui partent LE GUIDE DES AUBERGES El RELAIS DE CAMPAGNE François Trépanier Les Éditions de l’Homme, 353 pages Le plaisir des vacances commence bien spuvent par la préparation d’icelles.A travers les guides et les cartes géographiques s’amorce le voyage.En parcourant le Guide des auberges et relais de campagne, remis à jour pour une troisième fois par François Trépanier et ses collègues baladeurs, le Québec tout entier s’offre en images et en mots.D’une qualité remarquable, cette nouvelle édition du Guide recense 160 établis- sements hôteliers, allant de l’hôtel plus traditionnel jusqu’au gîte du passant, en passant par l’auberge plutôt intime gérée par les propriétaires.Le guide est divisé en régions (14 au total) ce qui facilite la consultation.La légende, simple, donne plusieurs informations utiles sur le type d’établissement et les photos, éloquentes, sont un appel au voyage.Seul reproche à formuler, les descriptions parfois longuettes et la grille des tarifs qui aurait pu être plus explicite.Mais ce sont de bien minces remontrances pour un guide aussi complet et attrayant.Isabelle Richer ACHÈTE mmm ET VEND AU MEILLEUR PRIX g DISQUES COMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD, M .ITEMS RARES ET DE COLLECTION Nancy Huston SUITE DE LA PAGE I) 1 était Français ça n’avait aucune espèce d’importance.Ds Variations Goldberg en 1981 étaient en lice pour le prix Fémina.tout le monde sait qu’il faut être Français pour obtenir ce prix.Je suis Française, entre parenthèses, aussi bien que Canadienne.Je pense maintenant qu’il n’y a aucune façon, vraiment, de dire en un mot ce que je suis.J’aime beaucoup la phrase de Romain Gary: «Je plonge toutes mes racines littéraires dans mon métissage.Je suis un bâtard.» Pas étonnant que cette écrivaine dont l’œuvre est traversée par la question de l’identité ait été fascinée par l’auteur de Clair de femme au point de passer deux années dans l’univers garien.Deux années à lire et relire les 32 livres de ce Juif né en Russie d’une mère plus grande que nature et d’un père incertain.Deux années à visionner à Montréal ou à Paris les innombrables documents audiovisuels où le diplomate de carrière exhibe son air hautain et sa moue de tombeur.Deux années à rencontrer ses biographes, certains de ses amis et sa première femme, l’écrivaine britannique Lesley Blanch.Le tout couronné par un entretien avec Paul Pavlovitch, qui endossq, jusqu’au suicide de Romain Gary en 1980, l’identité d’Emile Ajar, subterfuge qui dupa les critiques les plus avertis jusqu’à faire en sorte que l’auteur de La Vie devant soi et des Racines du ciel demeure le seul écrivain à jamais obtenir deux fois, oh imposture mais aussi célébration ultime, le prestigieux prix Goncourt.Le résultat est saisissant.Entre l’admiration et le dégoût, avec tendresse mais sans complaisance aucune, Nancy Huston trace dans son Tombeau un portrait pluridimensionnel de l’homme et de l’écrivain, un portrait cohérent malgré les contradictions apparentes.Elle insiste, dans sa vie et dans son œuvre, Romain Gary incarne à ses yeux la multiplicité de l’être humain.«S’il a un message à livrer, ce serait celui que nous sommes tous multiples, que l’altérité, ce n’est pas une chose à rejeter hors de soi, à épingler chez les autres, chez les Allemands par exemple, ou chez les Arabes en France aujourd’hui.l’altérité est en soi, y compris le mal.» Parce qu’elle s’est sentie proche de cet homme passionné dont tous les critiques ont relevé le côté éminemment contradictoire, elle a écrit elle-même son livre avec passion, loin des diktats universitaires, allant jusqu’à tutoyer celui qu’elle interpelle comme un frère.Identité multiple et passion, sans doute, sont ce qui caractérise le mieux Nancy Huston, qui peut tout aussi bien et avec la même ferveur donner des ateliers d’écriture aux jeunes de quinze ans désabusés de la banlieue parisienne, jouer son propre rôle au cinéma (on la verra bientôt dans un film de Jean Chabot pour l’ONF sur le fait divers), préparer une compilation de ses «textes de jeunesse» exclusivement pour le Québec (sous le titre Désir et réalité, le livre sortira en septembre chez Leméac), tout cela en trouvant le temps de s’adonner au taï chi et à la bonne bouffe.Autre chose encore qu’elle fasse avec passion?«Il y a deux choses: l’amour et la musique.Je fais les deux le plus souvent possible.» Mais le matin, dans son studio-refuge, Nancy Huston écrit.Rien ne saurait l’en empêcher.Enfin, c’est ce qu’elle dit.La radio FM de Radio-Canada présente une série de dix émissions basée sur l’œuvre de Nancy Huston.La série sera diffusée en rafale à compter de lundi prochain, 19 juin, tous les matins de la semaine à llh30.LECTURES D’ÉTÉ Michel Tremblay, un admirable compagnon de vacances SUITE DE LA PAGE D 1 puisqu’il s’agit de lire ce que tout le monde lit.À l’échelle mondiale un Danielle Steele, à notre échelle unPaulOhl.Ceux qui lisent peu mais autant que possible bien (la majorité liseuse) voudront faire comme toujours du rattrapage.Alors là il pourra y avoir du Goncourt de l’année ou de l’année d’avant dans les sacs de plage (car les années se valent plus ou moins.), ou le best-seller intelligent (cette année c’est Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder au Seuil), ou encore du Michel Tremblay, abordable par tous et très bien.Tremblay est un admirable compagnon de vacances, avec lequel l’ennui est exclu.Sur une plage mexicaine, une ruelle du Plateau.Cet été on aura Y Ange cornu avec des ailes de tôle qui vole bien et qui (c’est dans le propos) est un excitant pour liseurs et liseuses.Il y a aussi le Réjean Ducharme, plus tonique, mais alors là Va savoir si vous aurez le goût de suivre au mini-putt les un tel qui ont loué le chalet contigu du vôtre.et qui, eux, lisent du Jojo Savard.Ceux qui prétendent avoir tout lu et qui trouvent la chair pas encore triste traîneront dans leurs fringues un traité de psychanalyse puis le Pour en finir avec les psy de Michel Trudeau, et tout de même deux ou trois polars de la Série noire pour la démarche et la gueule.Ceux-là on les trouvera à Truro ou à Kennebunk.Et ils ne liront pas trois lignes.Ceux qui contrairement à ceux qui ne lisent jamais, sont des gens qui ne lisent plus (nuance), seront partis sans bouquins quelque part en Europe, ou erreront entre San Luis Obispo et San Francisco, et au hasard d’une si belle petite librairie (ah! rencontrer une librairie en vacances, comme une placette à Venise ou comme un café au bout de la plage!) retrouveront vite l’appétit livresque et sauront exactement quoi trouver, et dévorer.Ceux-là je les aime bien.Ils sont sur le point de découvrir Bernard-Marie Koltès (aux éditions de Minuit), les nouvelles de Graham Swift (La leçon de natation chez Gallimard, c’est de circonstance), ou les Emmanuel Bove (au Castor Astral).Ceux qui lisent trop, ou qui en font métier (je suis plutôt de ceux-là), seront systématiques.Ils savent déjà ce qu’ils liront durant leurs vacances, les livres trop volumineux pour la consommation hebdomadaire et le grand rattrapage à la fois, genre l’Ulysse de Joyce que l’on remet depuis 25 ans (en taisant le fait que ce n’est pas encore lu, bien sûr), la correspondance entre Claudel et Gaston Gallimard (qui paraît ce mois-ci chez Gallimard), les mille pages de L’Homme sans qualités de Robert Musil, la brique biographique la plus récente sur Bertolt Brecht, Brecht & Cie de John Fuegi (Fayard), pour la recension à la rentrée (avec déjà un titre en tête, je ne le donne pas), et, pour le léger, la biographie de Pierre Lazareff (chez Gallimard).Incursion dans la littérature inconnue Les originaux feront des choix subits et inexplicables, s’attaquant à une littérature inconnue, la birmane, la mélanésienne, l’abitibienne, ou plongeant dans l’autobiographie d’un grand historien d’art qu’ils ne connaissent pas et qui, tel Federico Zeri par exemple, titre son ouvrage J’avoue m’être trompé (chez Gallimard, collection Le Promeneur).Ceux-là on les retrouvera du côté du parc Lafontaine.Ils seront habillés de cotop pâle de la tête aux pieds.Ils ne souriront pas.Si les hommes politiques ont le temps de lire et prennent des vacances on pourrait conseiller à Jacques Parizeau de lire les «Discours sur la presse» de Royer-Collard, le chapitre sur «la loi relative à la répression des délits de presse», histoire de voir ce qui peut se faire.pendant que Lisette à l’Elysette (autour de la piscine) lira d’Ionesco le diptyque Jacques ou la soumission et L’Avenir est dans les œufs-, à Lucien Bouchard le cher Oscar Wilde pourra être de bon conseil avec De l’importance d’être constant-, quant au petit Mario de Rivière-du-Loup, pauvre enfant, question de le réconforter on lui suggérerait la lecture du Poil de Carotte de Jules Renard, que l’on trouve en poche dans toutes les bonnes librairies.c-i-tui* ni uuMuin.7ij Mont-Koyal tst, Mti Métro Mont-Royal 523-6389 3694 St-Denis, Montreal Métro Sherbrooke 849-1913 « M.Davidts, dont c’est le premier livre, nous fait cadeau de merveilleux contes, qui, par leur magie, leur légèreté, enchantent et rassurent l’enfant.L’auteur nous rappelle que mettre un peu de magie et de philosophie dans notre vie n’occulte en rien le sens de la réalité.» Louise Champagné, Vivre le primaire an-r terre i^a Contes du chat JOSETTE FÉRAL RENCONTRES AVEC ARIANE MNOUCHKINE.Dresser un monument à l’éphémère essai, 126 p„ 19,95 $ Ariane Mnouchkine, celle qui a repensé le théâtre et cherché à percer son essence et sa fonction.COLLECTIF LA NUIT nouvelles, 132 p., 19,95 $ « Une véritable révélation ! » Pour les noctambules, un recueil de textes qui mènent à travers les rêves — ou les cauchemars — de la nuit la plus noire jusqu’à l’aube la plus douce.Marthe Lemery, Le Droit Jean-Pierre Davidts CONTES DU CHAT GRIS £ACfv\nson P’Ai&oune GUYGAVRIELKAY LA CHANSON D’ARBONNE roman.576 p., 29.95 S IA MAGIE DE L’ÉPOQUE MÉDIÉVALE m L’amour et la guerre au temps des troubadours.^ 4éËÎlI IXIY
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