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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-06-24, Collections de BAnQ.

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I.V.I) K V 0 I H .I.K S S A M K IM 2 1 K T I» I M A N ! Il I 2 .1 .1 C I X I II II A n * «‘ill1 ¦Wi/.E °f du pianiste Hervé pl ïcité Guido Avec la BILLETS EN VENTE MAINTENANT ;\ftt SEPTEMBRE THEATRE ST-DENIS I RESERVATIONS Extérieur sans frais d'appel: 1 -800-848-1594 Billets en vente au guichet du Théâtre St-Denis 1594, rue St-Denis, Montréal ?LE DEVOIR ?ANDRÉE BOISSELLE T Tn patenteux, c’est quelqu’un " U qui fait des affaires que d’autres ont pas faites jamais et puis qui a de l’imagination dedans.» Sur ces mots pleins de la douce humilité du peuple s’ouvre aujourd’hui, au Musée canadien des civilisations, l’exposition Les Paradis du monde, consacrée à l’art populaire du Québec.Au beau milieu des derniers préparatifs, la conceptrice Pascale Galipeau ne se tenait plus de joie.Elle nous accorde deux ans pour embarquer vers Hull et visiter le fruit de son long travail.Au début, on est un peu dérouté.Trop habitués sans doute aux expositions d’art académique, on trouve presque dérangeant de constater que ces «artisses» au style primitif, bricolé, provincial, qui inventent d’étranges techniques et n’ont pour eux, souvent, que leur spontanéité, accèdent aux sacro-saints pieds carrés muséaux.On est tenté d’ostraci-ser, à l’instar du milieu artistique lui-même, ces objets kitsch dépourvus du noble vernis de la culture dominante.Et puis, soudain, on s’aperçoit que quelque chose nous retient, nous appelle, et si on regarde un peu au lieu de s’indigner tout seul dans sa tête, alors.on se met à voir pour de vrai.Devant les petits joueurs de hockey en bois sculpté, les avions délicats nés de quelques canettes de Coca-Cola, les crucifix naïfs, les ouvrages au crochet dont un René Lévesque en conférence, devant les fleurs et les montagnes et les oiseaux, on se prend à rêver.Et à mesure que nos yeux baignent dans la chaude lumière de ces œuvres simples, on s’aperçoit que ça, c’est notre pays qui sourit, qui rayonne, qui nous murmure des mots tendres dans sa langue colorée.Et si on écoute bien, on entend Ti-Père Champagne raconter: «Quand mes culottes seront toutes finies, là, je les lave puis j’vas m’en faire un tapis.Oui.Mes culottes vont rentrer là.» On entend Georges Bédard, le peintre tellement fasciné par la montagne qu’il l’a peinte en coupe, avec toutes ses couches géologiques: «Ce que je préfère, c’est dans moi, c’est là dedans ma force puis mon admisse.Je suis pas un artiste avec des grands pinceaux mous puis tout ça.» On entend Hosanna Dupuis, dont l’un des anges de bois, portant la mention A Dieu lange du paradi du monde, a donné son nom à l’exposition: «Je fais toutes les choses que je pense.Je fais ça depuis que je suis petit gars.J’ai tout tiré ça de ma tête.» Oui, à force d’écouter, on les entend tous, même les collectionneurs.La collection Pour surmonter la difficulté de définir l’art populaire, l’exposition en propose l’abord sous l’angle de la collection.Celle-ci a été le fil conducteur de la démarche de recherche de Pascale Galipeau, qui écrit à ce sujet: «Entre la cueillette dans le milieu d’origine et la mise en exposition par le musée, se glisse une entité, perceptible jusqu’à présent par les seuls initiés qui avaient accès aux fichiers codés des archives, mais dorénavant VOIR PAGE C 2 : I’ATENTEUX (§’ Cinéma Page C3 Disques classiques Page C4 Disques Page C5 Arts visuels Page C6 Livres Page C8 Grille télé du week-end Page CIO Agenda culturel Page Cil Formes Page C12 ?FESTIVAL DEJAZZ DE MONTRÉAL chaud Du 29 juin au 9 juillet, le 16e Festival de jazz de Montréal fait toute la place à la géniale invention d’Adolphe Sax.Avec tout plein de «grandes pointures».SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR est tout simple.C’est tout bête.Si Adolphe Sax n’avait pas inventé le sax, le jazz n’existerait pas.C’est vrai qu’il y a eu, et qu’il y a toujours, la trompette ainsi que le trombone.Et que ces instruments, le trombone et la trompette, ont eu leur note à dire dans l’éclosion du jazz.Mais bon.S’il n’y avait pas eu de saxophone à se mettre sous la dent, le jazz serait amputé.Il serait à moitié bancal, le jazz.De tous les engins se nourrissant du souffle humain, le saxophone est celui qui a l’esprit de famille le plus large ou le moins étroit.Il y a l’alto, le soprano, le ténor, surtout le ténor, et le baryton.Il y a également le saxello et le saxophone basse.Mais ces deux-là n’ont pas fait grand-chose.Ces deux-là sont des instruments pour fainéants.Qui plus est, le saxophone est très distinct, plus singulier que les autres.Pour être exact, donc franc, le saxophone favorise l’affirmation de la personnalité davantage que le trombone ou la trompette.Disons qu’il est plus aisé de se constituer une individualité sur le saxo que sur l’accordéon ou la harpe — la harpe classique pas la celtique.Il a du caractère, le saxo.Exception faite de sa couleur, c’est pas un jaune, le saxo.Cette année, au Festival international de jazz de Montréal, le saxophone sera plus présent que les autres années.Normal, il est, il demeure d’une grande actualité.Sur le saxo soufflent encore et toujours des gros modules, ce qui est beaucoup plus palpitant que les gros calibres.Qu’on y songe.Dans l’ordre d’arrivée comme d’appropriation des scènes qui composent le site du Festival, on va goûter les notes de Joe Henderson, Emie Watts, David Murray, Wessel Anderson, Joe Lovano, Frank Foster, Lou Donaldson, Joshua Redman, David Murray encore, Louis Sclavis, Jimmy Heath, Benny Carter, David Murray toujours, Michel Portai, David Murray une dernière fois, James Carter, Hank Crawford, Javon Jackson, Teddy Edwards, Sonny Simmons, Scott Hamilton, Billy Harper et Henry Threadgill pour conclure le tout.Et un as de la schizophrénie sonore pour le point final.VOIR PAGE C 2 : SAXO Le saxophoniste Joe Henderson EXPOSITIONS f Epatants patenteux 86 9707 C 2 I.K H K V O I It .I.K S S A M K It I 2 l K T l> I M A N (' II g 2 A J II I N I il il A PATENTEUX Modeler un ensemble à sa propre image SUITE 1)E LA PAGE C 1 incontournable pour tous ceux qui veulent comprendre le lien entre ces éléments hétéroclites : la collection.» En effet, s’intéresser à certaines œuvres plutôt qu’à d’autres, acheter celle-ci, courir le pays à la recherche de celle-là, c’est finalement modeler un ensemble d’ouvrages à sa propre image.En ce qui concerne les groupes d’œuvres d’art populaire, Mme Galipeau explique que «des fois, les collectionneurs conservent certaines choses même s’ils se disent que ce sont des horreurs», parce qu’ils sentent qu’elles font partie de l’intime expression artistique du peuple.Trois collections servent ainsi d’unité aux Paradis, terme du pèlerinage à Hull.Après celle des patenteux vient celle des amateurs anglophones, dont les commandes aux artistes expliquent l'atypie de certaines œuvres.Le tapis de Marie-Paule Mc Lean, La Mise au tombeau (1938), en est un parfait exemple.Par ses grandes dimensions autant que par son thème, il représente une exception dans le lot des ouvrages du Saguenay, plus attachés d’ordinaire à des sujets de la vie quotidienne.Les objets exposés, des sculptures pour la plupart, ont été recueillis en milieu francophone pour être écoulés sur les marchés anglophones.Celle qui les a dénichés s’appelle Nettie Sharpe; d’origine américaine, mais élevée parmi les Canadiens français, elle a entretenu toute sa vie des liens privilégiés avec eux.Dans la dernière salle, on trouve certains des trésors amassés par Marius Barbeau.Le célèbre ethnologue, qui s’était d’abord intéressé aux peuples amérindiens, devint, au cours des années 20 et 30, un passionné des manifestations culturelles québécoises.Militant contre une assimilation au «désert d’uniformité» américain, il signa de nombreux articles destinés à réveiller chez ses compatriotes une conscience traditionnelle.Cette voix, que d’ores et déjà il devenait difficile d’entendre sous les «émanations stupéfiantes» de la radio et des juke-box, Barbeau n’allait pas en faire son seul moyen d’action.Sillonnant la province jusque dans ses greniers, il sauva de l’oubli une quantité d’œuvres dignes de faire partie du patrimoine.Son ange est dédié à Dieu, une œuvre de Hosanne Dupuis.* + tu PARA Di su honh DE.HOÎANNA PATENTEUX.t-iKj t , A MA/nstoNC.t Grâce à lui sont exposés au MCC une splendide ceinture fléchée, des couvertures «boutonnues», un étonnant chapeau de feutre et de bois, des sculptures dont la couleur délavée trahit les années passées devant la maison de Louis Jobin.Tout cela ferme la marche et témoigne de paradis lointains, ceux qui ont vécu au cœur des mondes secrets des artistes de chez nous.DERNIERS JOURS POUR S’ABONNER Mozart, Chopin et led Grands Romantiques Louis Lortie interprète l’intégrale des œuvres pour piano et orchestre de Chopin Mercredi 28juin Charles Dutoit, chef Louis Lortie, puma Mozart Le Nozze di Figaro, ouverture Chopin Variationo our «Là ci damn la niaiw» Chopin Fantai'ie our deo airopolonaio Chopi n Andante opianato et Grande Polonaise Sibelius Symphonie n°2 Louis Lortie n evian ORCHESTRE SYMPHONIOUE DE MO CHARLES DLTOIT du 28 juin au 2 août Basilique Notre-Dame 19h30 Ne, risquez pas d'être déçus.En vous abonnant, vous êtes' assurés de ne rien manquer de cet événement musical extraordinaire! 8424951 Jeudi 6juillet Gabriel Chmura, chef Loilis Lortie, piano Mozart Symphonie n ° 52 Chopin Concerto pour piano n° 1 Dvorak Symphonie n ° S Charles Dutoit Gabriel Chmura Jeudi 15juillet Charles Dutoit, chef Louis Lortie, piano Mozart Lucio Silla, ouverture Chopin Krakowiak, grand rondo de concert Chopin Allegro de concert Brahms Symphonie n° J Tricia Park I Jeudi 20juillet Thomas Dausgaard, chef Tricia Park, violon Mozart Dim Giovanni, ouverture Mendelssoh n Concerto pour violon Schumann Symphonie n °2 Peter .\taag Jeudi 27juillet Peter Maag, chef Edi,h Wiens Louis Lortie, piano Mozart Symphonie n° 55, «Haffner» Chopin Concerto pour piano n° 2 Mendelssoh n Symphonie n ° -i, -Italienne- Mercredi 2 août Charles Dutoit, chef Edith Wien tip soprano Chœurs de /’OSAI Iwan Edwards, chef deo cbicuo Mozart Vende populi, K.260 Poulenc Gloria Poulenc Litanieo à la Vierge Noire Poulenc Stahal mater SAXO Il sera beau ce spectacle.Les saxophonistes du World Saxophone Quartet sont des éclaireurs.SUITE DE LA PAGE C I C’est beaucoup?Pas du tout! Même qu’on vous a pas lout dit.Parce que le David Murray à qui une série complete a été t onliée.et bien il va se produire avec la famille do saxophone au complet.Le 2 juillet, sur le coup de 20h au lieu dit Monument national, l’épine dorsale du saxophone ténor des années actuelles se produira en compagnie de Oliver Lake et Eric Person, deux altistes, et de Hamiet Bluiett, le meilleur baryton depuis Pepper Adams.Bref, on aura reconnu la composition du World Saxophone Quartet qui, incidemment, sera augmentée des percussionnistes africains qui l’avait accompagné, ce quartet du monde, lors de l’enregistrement de Metamorphosis.Ils sont trois, nos batteurs africains.Ils s’appellent Mor Thiam, Chief Bey et Mar Gueye.Avec eux, Murray et Person, Bluiett et Lake vont suer les notes de Masai Warriors Dance, Su Mama Ah Zumu, Cairo Blues, In A Sentimental Mood, et autres alchi-mies afro-américaines en songeant fréquemment à ces rois Dogons dont les légendes fascinaient tant celui qui eut l’idée du World Saxophone Quartet, soit Julius Hemphill.Il y a quatre mois de cela, l’ami Hemphill a abandonné le monde.Il sera beau, ce spectacle.C’est une certitude.Et jl en sera ainsi parce qu’on sait que les saxophonistes du WSQ sont des éclaireurs.Des pointeurs.Au travers de sa série, Murray se présentera à nous en solo et en compagnie de son octet le 29 juin, avec les pianistes Aki Takase, George Arvanitas et Dave Burrell, l’as de l’hésitation feinte, le 30 juin, avec le batteur Idris Muhammad, le contrebassiste Fred Hopkins et le pianiste Hilton Ruiz le 1er juillet pour une soirée consacrée presque exclusivement à la clarinette basse.Puis, le 3 juillet, ce saxophoniste qui compose actuellement — avec le support du bluesman Taj Mahal et du guitariste Bob Weir du Grateful Dead — un opéra consacré au lanceur Satchel Paige réputé pour son carquois de balles à effet, se produira en compagnie du pianiste Randy Weston qui, lui, pilotera une série de cinq spectacles.Il aura fallu vingt longues années, deux pénibles décennies, avant que les bonzes, les soi-disant bonzes du jazz reconnaissent en Joe Henderson l’esthète du ténor.Cet homme ayant toujours cultivé une indifférence toute sereine à l’endroit des modes peut se vanter d’avoir établi un style aux contours si mélodieux qu’il est devenu un point d’ancrage.Un point de référence.Le 29 juin, celui qui osa enregistré un album intitulé L’état du ténor en 1985 sera au Théâtre Maisonneuve pour allier son état actuel aux sonorités brésiliennes chères à Carlos Jobim.FESTIVAL INTERNATIONAL am DE MONTREAL IlllIlllllIMlHi Très chaud.Avec Henderson, Jimmy Heath partage un goût plus prononcé pour la mélodie, la beauté du discours, que pour la création de formes.Mais c’est surtout pour son travail de compositeur qu’il est reconnu, loué et salué par ses pairs.Miles Davis, Dizzy Gillespie, Art Blakey, John Coltrane, Dexter Gordon, Art Pepper, Chet Baker et autres aristos de la chose jazz ont joué du Jimmy Heath.Ils ont tous enregistré Gingerbread Boy ou CTI ou Gemini.Qui n’affectionne pas ces morceaux qui se sifflent est interdit de séjour en territoire jazz, Jimmy Heath, il faut sincéremment l’entendre pour le croire, le 1er juillet à la salle du Gesù.Joe Lovano, lui, est un franc-tireur.De son ténor, il extrait des notes épaisses avec une constance et une énergie qui frise le chef-d’œuvre de l'instant.L’an dernier au Spectrum il avait signé une prestation magistrale.Cette année, ce ténor au passé chargé et à l’avenir assuré va proposer de l’originalité.Et rien que de l’originalité.Où?Au Spectrum le 30 juin à 18h.Lou Donaldson, c’est curieux, a été très populaire dans les années 50 puis 11 a été un paria pendant presque trente ans puis il est revenu sur le devant de la scène parce que les jeunes se sont mis à s’arracher, récemment, les albums qui avaient fait sa gloire comme son déclin.Altiste de la bonne humeur, Lou Donaldson est celui qui popularisa l’association orgue-saxophone.Qu’il profite du regain d’énergie du genre le plus soul qui soit, n’est que justice.On rendra à César ce qui revient à César le 30 juin au Gesù alors que Donaldson sera accompagné du Dr Lonnie Smith.Si le genre jazz-prolétaire que symbolise si bien Donaldson vous séduit, prenez la direction du Maisonneuve le 5 juillet alors que l’altiste Hank Crawford et l’organiste Jimmy McGriff vont nous faire suer en égrenant les notes de Georgia.C’est garanti.Il fera très chaud.Le 3 juillet, ce sera la révélation de l’année.Ce sera James Carter.Ce sera le ténor et le baryton de James, l’alto et le soprano de Carter.Le 3 juillet ce sera la confirmation, partielle néanmoins, que le saxophone fait le jazz du présent.TÉLÉVISION Quasi statu quo à Radio-Canada Le rapport du comité du Patrimoine des Communes n’a pas réinventé la roue mm P A U L E DES RIVIÈRES ¦* * 0 Un rapport attendu nous arrivait cette semaine d’Ottawa, sur l’avenir de la Société Radio-Canada.Et bien ça ne valait vraiment pas la peine ae faire tout un plat autour de l’événement: l’éléphant a accouché d’une souris, non, d’une fourmi.Victime, entre autres, de considérations politiques.Pourtant, le comité du Patrimoine canadien des Communes, formé de députés des différents partis, devait ratisser large: revoir le rôle de la SRC dans un univers de multiplication des canaux et, comme si cela ne suffisait pas, trouver des sources alternatives de financement au télédiffuseur (à l’heure des compressions gouvernementales).Le comité a peu offert sur le second point.Sur le premier, il souhaite la poursuite du mandat actuel de la .SRC.Pourtant, le président du comité, le libéral John Godfrey, avait promis à plusieurs reprises, notamment en mars, un rapport dérangeant.CBC, avait-il notamment déclaré, devrait être plus spécialisé, faire des choses que les autres ne font pas.Ressembler davantage à TV Ontario, PBS, Radio-Québec.Ses commentaires valaient surtout pour le secteur anglais mais tôt ou tard, prédisait-il, le secteur français serait confronté aux mêmes problèmes.La question de la coûteuse couverture sportive était notamment posée, tout comme la pertinence de rester esclave des publicités.En fait, il y a eu, il y a quelques mois, des versions de rapport contenant toutes sortes de recommandations dérangeantes.Mais elles se sont envolées.Le jeu politique auquel se sont livrés M.Godfrey et une autre membre du groupe, la député bloquiste Suzanne Tremblay, s’est ainsi soldé par la disparition d’une recommandation voulant que l’écart entre le financement des réseaux anglais et français soit réduit et que les deux réseaux soient gérés comme deux entités distinctes.Cette recommandation correspond au souhait de Mme Tremblay depuis le début des travaux.Elle correspond également au souhait des patrons du réseau français à Montréal, qui craignaient que leur sort ne soit oublié dans un rapport conçu avant tout pour remédier aux maux, beaucoup plus graves, qui affligent le réseau anglais (contrairement à Radio-Canada, ce dernier n’est pas très écouté).Mais une majorité de députés au sein du comité ont écarté ces recommandations.Pourquoi?Parce que Mme Tremblay a refusé d’entériner une autre recommandation, celle précisant que le mandat de la SRC est de «contribuer au partage d’une conscience et d’une identité nationales».Pour Mme Tremblay, cela revient à nier l’existence du peuple québécois et de sa culture, en le reléguant au simple statut de communauté linguistique régionale.Malaisé pour une député indépendantiste, fût-elle aux Communes.Donc, le traditionnel échange de compromis au sein d’une formation représentant tous les partis aux Communes a tourné court.Pour le directeur de la Conférence canadienne des arts, Keith Kelly, «le rapport démontre que lorsqu’il question de Radio-Canada, il est très très difficile de s’entendre».Mais au-delà de la querelle entre libéraux et bloquistes, il est également clair que le comité a décidé — ou s’est fait suggérer — de laisser le champ libre aux études en cours sur l’avenir de Radio-Canada, un sujet qui, décidément, fait travailler bien du monde ces temps-ci.Pierre Juneau préside en effet un autre comité, qui doit revoir les mandats de la SRC mais aussi ceux de l’Office national du Film et Téléfilm.La SRC a également son propre comité d’étude, sans parler de celui, externe, auquel elle a fait appel.Solde de la Saint-Jean 25% sur tout Aujourd’hui, samedi le 24 juin de 10h à 17h GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal 849-1165 Mais il est surtout clair que les membres du comité ont réalisé en cours de route qu’ils ne réinventeraient pas la roue.Les Italiens, les Allemands, les Français, les Néo-Zélandais font face à une crise semblable de la radiodiffusion et ils se sont eux aussi farcis comités, études et rapports.Or, tous sont arrivés à la conclusion qu’un financement mixte — gouvernement et publicité — était indispensable.Le premier pour faire des choses de qualité, le second pour ne pas partir en orbite et rester proche de l’auditoire.Mais les Canadiens préfèrent regarder du côté des Etats-Unis, qui n’ont pas, eux, de télévision publique dans le sens où on l’entend ici, PBS n’étant ni une télé généraliste ni une télé regardée.D’où, peut-être, de déchirants questionnements remettant en cause l’existence même de la télé publique.A la tour de la SRC à Montréal, il ne s’en trouvera pas beaucoup pour se plaindre du rapport.En fait, plusieurs se disent, boulevard René-Lévesque, qu’ils ont évité le pire.Après tout, le rapport du comité fédéral conclut à la nécessité du maintien d’une télévision publique généraliste, credo de la patronne du service français, Michèle Fortin.Il ne souhaite pas que le gouvernement modifie le mandat de la SRC et il souligne le rôle important joué par l’organisme.Le président de la SRC, Perrin Beatty, est lui aussi satisfait.Le rapport lui donne tout de même carte blanche pour poursuivre les compressions entamées.Le hockey à la SRC: suite et fin (possible) du cauchemar La diffusion des matchs de hockey de la Ligue nationale, habituellement payante pour la SRC, a pris cette année des allures de cauchemar.Le mauvais rêve pourrait prendre fin ce soir, alors que le télédiffuseur a été forcé de refiler à Radio-Québec le spectacle de la Saint-Jean, un événement qu’il se réserve depuis toujours.Mais, n’ayant pu prévoir, au moment de signer son contrat avec la Ligue nationale, que ni le Canadien ni les Nordiques ne feraient partie des éliminatoires, la SRC s’est engagée à diffuser les séries.Le conflit de l’automne ayant retardé le début de la saison, nous voilà donc en pleine Saint-Jean Baptiste.et toujours en plein hockey.La SRC avait bien offert à TQS et à RDS de diffuser le match mais les chaînes voulaient le match gratuitement.C’était trop demander.i I) K v n I it I.E S S A M K l> I l> I M A X ( Il E .1 I' I X I II II A ?: chef-d’œuvre très bon ?bon ?quelconque A ?: très faible : pur cauchemar IA CITÉ DES ENFANTS PERDUS ?1/2 De Jeunet et Caro.Une fillette aide un homme à retrouver son petit frè-i re adoptif enlevé par les Cyclopes et dont on s'apprête à voler les rêves.C’est le fil conducteur d’un film qui se déroule dans un univers fantasmagorique, une ville sortie tout droit de l’imagination délirante de ses auteurs, un bric-à-brac à la fois inquiétant, absurde et foisonnant.Visuellement époustouflant, somptueusement fantastique.Au Desjardins.Francine Laurendeau POCAHONTAS ?1/2 Ce 33' long métrage d’animation issu des studios Disney raconte l’histoire d’amour de l'Amérindienne Pocahontas et de l’Anglais John Smith, dans une Virginie du début du XVII' siècle encore intouchée par la colonisation.Comme la plupart des films de cet I acabit, celui-ci se distingue par une intrigue simple mais dramatique, tempérée par des personnages secondaires drôles et saugrenus.La grande qualité esthétique du film n’a d’égale que la sincérité du message pacifiste qui s’impose dans toute son urgence.Martin Bilodeau CONGO Pas l’ombre d’une vedette pour appuyer cette production de 50 millions $.Et pour cause: l’indigence de ce scénario n’a d’égale que la piètre mise en scène de Frank Marshall.Un primatologue veut renvoyer dans sa jungle natale son gorille domestiqué; une scientifique veut découvrir la vérité sur une équipe de chercheurs abattus par des gorilles dans la même jungle; les deux unissent I leurs efforts et affrontent le terrible I continent noir.Un film bête et raciste, qui croule sous le ridicule et s’en tjre apparemment fort bien aux Etats-Unis.Congo appartient à ces films qui donnent mauvaise réputation au cinéma hollywoodien.Martin Bilodeau ROSINE ?1/2 Ce.très beau film français signé Christine Carrière a reçu le prix Cyril Collard 1994.Il raconte l’histoire toute simple d’une jeune fille de quatorze ans (Eloïse Charretier) en adoration devant Marie, la mère belle et immature qui l’a élevée seule.Leur relation se brisera pourtant à l’arrivée d’un homme qui se prétend son père.Admirablement interprété, raconté avec un sens de l’ellipse, une pudeur, une douceur poignante et navrante, Rosine vous arrache le cœur.Au Parisien.Odile Tremblay ZIGRAIL ?1/2 Œuvre expérimentale et à petit budget d’André Turpin, un cinéaste de la relève québécoise, tourné en noir et blanc, monté sur un rythme syncopé, Zigrail est un film techniquement audacieux et intéressant.Mais la trame — celle d’un jeune homme qui quitte Montréal et ses projets pour partir rejoindre sa blonde enceinte à Istanbul — est vraiment trop mince, le personnage principal inconsistant et le propos confus.Au Parallèle.Odile Tremblay BATMAN FOREVER ?Tim Burton a cédé le gouvernail au réalisateur Joel Schumacher pour qu’il mène à bon port ce troisième épisode de Batman.11 n’a pas eu tort, quoique Batman Forever soit un projet moins ambitieux sur le plan des thèmes abordés.Le désir de vengeance anime tous les personnages: le Riddler veut rendre la monnaie de sa pièce à Bruce Wayne, Two Face réserve un chien de sa chienne à Batman, et Robin a juré d’avoir la tête de Two Face.Moins macabre, moins existentiel et plus axé sur l’humour et les effets spéciaux, Batman Forever se réclame plus du feuilleton télévisé au ton léger que de la bande dessinée aux envolées existentialistes.Martin Bilodeau CLEAN, SHAVEN ?1/2 Lodge Kerrigan signe ici un premier long métrage très concentré, très dur et vraiment percutant.Il brosse le portrait brillant et quasi clinique d’un jeune schizophrène en quête de sa fille, et la prestation de Peter Greene en malade tourmenté, autodestructeur, halluciné, ravagé par l’angoisse est parfois insoutenable de violence et de justesse psychologique.Ames trop sensibles, fuyez ce film aux images parfois atroces.Odile Tremblay CINÉMA Somptueusement fantastique LA CITÉ DES ENFANTS PERDUS De Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, avec Ron Perlman, Daniel Emilfork, Judith Vittet, Dominique Pinon, Jean-Claude Dreyfus, Geneviève Brunet, Odile Maillet, Mireille Mossé, Serge Merlin, François Hadji-ljazaro, Rufus, Ticky Holgado.Scénario: Gilles Adrien, Jeunet et Caro.Images: Darius Khondji.Montage: Hervé Schneid.Musique originale: Angelo Badalamenti.France, 1995.lhSZ Au Complexe Desjardins.FRANCINE LAURENDEAU J* aurais envie de vous dire: «Ne lisez pas mon texte tout de suite.Voyez d’abord Im Cité des enfants perdus, on s’en reparlera plus tard.» Mais je me dis que ce ne serait pas très bon pour Le Devoir si tous les articles commençaient ainsi.Alors je vais essayer de vous décrire comment j’ai reçu le film de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, découvert à Cannes et revu cette semaine à la projection pour la presse montréalaise qui avait fort heureusement lieu à l’impérial.Imaginez une mer glauque — mais vraiment glauque, ce n’est pas une figure de style — encombrée de mines géantes avec, au loin, une construction flottante verticale, à mi-chemin entre la plate-forme de forage et les tours d’un château du Moyen Age.Dans cette imprenable forteresse vivent d’hallucinants personnages.Mademoiselle Bismuth est une toute petite dame qui a sept enfants et qui déploie pour les materner une imagination machiavélique.Son préféré est Krank parce qu’il souffre: le malheureux homme est incapable de rêver, ce pourquoi il vieillit à vue d’œil.Cette infirmité le différencie de ses frères, six clones identiques (interprétés par le même comédien), tous obsédés par le désir de savoir lequel d’entre eux est l’original.Irvin le cerveau, qui a la voix de Jean-Louis Trintignant, souffre de fréquents de maux de tête.On met alors complaisamment une aspirine dans son aquarium.La ville portuaire grouille d’êtres fantomatiques et malfaisants.11 y rôde aussi une petite bande d’enfants abandonnés qui vivent de rapines.Ils sont commandés par une fillette de neuf ans au regard clair, Miette, et ils sont exploités par la Pieuvre, c’est-à-dire deux jumelles siamoises, attractions de foire dans leur jeunesse, qui tiennent aujourd’hui un orphelinat pas du tout orthodoxe.Comment One (prononcer à l’anglaise) a-t-il échoué dans la cité?Autrefois, il était pêcheur de baleines.Mais un soir, il en a entendu une chanter.Il est tombé sous le charme et par la suite, il lui a été impossible de reprendre son harpon.S’il exerce désormais le métier du Zampano de La Strada, c’est un être simple au cœur tendre qui s’occupe avec un soin jaloux de son petit frère adoptif.Or un jour, le petit frère disparaît.Beaucoup d’autre enfants ont mystérieusement disparu avant lui.Comme les autres, il semble qu’il ait été enlevé par des membres de la secte des Cyclopes dont une des tâches est de fournir chaque nuit à la famille dont j’ai parlé plus haut un enfant.Pourquoi?Pour lui voler ses rêves et en faire profiter Krank.Devant le désespoir de One, Miette le prend en pitié et décide de l’aider à retrouver le petit frère.Je vous en ai déjà beaucoup trop dit sur le fil conducteur de La Cité des enfants perdus, deuxième long métrage, le premier étant Delicatessen, du tandem Jeunet et Caro.Conte de fées numérique, histoire gothique qui a une certaine parenté avec Frankenstein et Vingt mille lieues sous les mers, délire visuel qui évoque tout autant les gravures de Gustave Doré qu’une certaine bande dessinée fantastique, bref, on ne sait plus où donner de l’œil tant l’imagination prolifique de ses auteurs nous étourdit, Geneviève Brunet et Odile Mallet, les jumelles de La Cité des enfants perdus.nous époustoufle.Les personnages d’hommes sont tracés à gros traits, tout comme dans Delicatessen d’ailleurs.Il semble qu’on ait surtoutchoisi les comédiens pour leurs drôles de tronches.Cela donne des hommes aux traits anguleux, à la tête carrée, aux traits délibérément distorsionnés par l’angle de prise de vue.Nous sommes toujours ici dans l’esthétique de la B.D.Mais devant le foisonnement presque infini d’accessoires vétustes et disparates, de bestioles rampantes, de liquides dégoulinants, bref d’un bric-à-brac à la fois inquiétant, absurde et surabondant, on songe aux gravures anciennes qui illustraient les livres de Jules Verne, de Charles Dickens, de la comtesse de Ségur.Vous vous demandez ce que la comtesse de Ségur vient faire là-dedans?C’est à ses marâtres que je pense maintenant, sa madame Fichini, sa madame Mac’Miche, les persécutrices de la pauvre Sophie et du bon petit diable.Car il y en a, des marâtres et des parâtres, dans l’univers de Jeunet et Carot, les plus réussis étant les jumelles siamoises, interprétées avec dextérité par deux actrices différentes (il faut les voir cuisiner à quatre mains) et les pères Noël qui font peur aux enfants en chantant, sur un disque de Tino Rossi, Petit Papa Noël.Si vous appréciez l’humour noir, vous serez servis.La mécanique est bien rodée.Un incident en provoque un deuxième, qui en provoque un troisième, qui.Les bonnes idées pleuvent, je me retiens de vous en dévoiler, disons que je me contenterai de vous citer ces puces vénéneuses qui, toujours filmées en gros plan, ont des allures de monstrueux animaux préhistoriques.Vous aurez compris qu’il ne s’agit pas de science-fiction mais de cinéma fantastique.Somptueusement fantastique.A voir absolument sur un grand écran.Une épine au pied du cinéma CONGO De Frank Marshall.Avec Laura Lin-ney, Dylan Walsh, Emie Hudson, Tim Curry.Scénario: John Patrick Shanley, d’après Michael Crichton.Images: Allen Daviau.Montage: Anne V.Coates.Musique: Jerry Goldsmith.États-Unis 1995,105 minutes MARTIN BILODEAU Le couple formé par la productrice Kathleen Kennedy et le producteur-réalisateur Frank Marshall a déjà fait des enfants plus forts que ce médiocre Congo; Ê.T., The Color Purple, ainsi que le récent Bridges of Madison County, témoignent d’un parcours qui, sans être dépourvu d’erreurs, mise du moins sur une certaine qualité artistique.Tiré du roman du prolifique Michael Crichton — le John Grisham de 1995 — et produit à grands coups de millions, Congo s’impose pourtant aux guichets sans que l’ombre d’une idée originale ne lui confère un minimum de raison d’être.Avec son humour faussement ironique, ses développements hâtifs et ses personnages typés par catégorie (l’arriviste, la scientifique, l’humaniste, etc.), Congo se réclame pompeusement de Jurassic Park et de Raiders of the Lost Ark.L’entreprise s’avère cependant plus proche parente de Perdus dans l’espace (pour les dialogues), Tarzan, l’homme-singe (pour le cadre) et L’île du docteur Moreau (pour le fantastique).Ce lourd bagage héréditaire charmera-t-il, dans dix ans, les amateurs du «psychotronique»?Inutile d’attendre, puisque Congo est fin prêt à se mesurer aux pires épisodes des Sentinelles de l’air et à se laisser porter par l’insondable culte du kitsch et du désuet Les images renvoyées par satellite chez TraviCom, au Texas, suggèrent que l’équipe de scientifiques dépêchée par l’entreprise dans la jungle du Congo pour y amasser des diamants a été froidement abattue par des gorilles.Etrange spéculation, que réfute Peter Elliot (Dylan Walsh), un chercheur qui a doté le gorille Amy des facultés de la parole grâce à un système de sen-seurs activés par des gestes.Pendant que ce dernier entreprend de ramener Amy vers sa terre natale avec l’aide financière d’un Roumain aux obscures motivations (Tim Curry), Karen Ross (Laura Linney), chercheure chez TraviCom et fiancée d’un des disparus, s’impose à leur équipe.Leur périple accidenté dans cette Afrique assiégée par les terroristes se terminera par un affrontement inattendu qui décimera leur équipe et assainira les intentions des rares survivants.Lorsqu’un budget de 50 millions $ ne parvient pas à convaincre quelques vedettes de s’associer à un projet, il y a lieu de s’inquiéter.Le scénario pondu par John Patrick Shanley, pourtant responsable du délicieux Moonstruck, explique avec une rare cruauté cette supposée désaffectation prudente.D’abord, les dialogues insignifiants discréditent d’emblée les personnages de la scientifique au discours ampoulé, du primatologue idéaliste et du Roumain à l’accent fluctuant.De plus, les instruments technologiques sophistiqués glissés à intervalles réguliers dans le récit ont déjà l’air désuets tellement l’utilisation qu’en fait le réalisateur est timide et maladroite.Quant à la lutte armée qui oppose l’équipage et les méchants gorilles de la Cité de Zinj, celle-ci restera dans les annales comme l’un des revirements de scénario les plus absurdes et les plus injustifiés jamais filmés.Puis, juste comme on croyait avoir tout vu, Congo prend le virage du film à catastrophe lors de l’éruption paroxystique d’un volcan.Les images en surimpression de lave qui submerge la colonie de gorilles rappellent les meilleurs moments de films tels Raz-de-marée (avec un Paul Newman dans le creux de la vague) et Avalanche (avec une Mia Farrow nichée dans les bras de Rock Hudson) .Faut-il rappeler que Congo se situe au niveau intellectuel du gorille Amy?L’animal s’exprime avec un vocabulaire de 620 mots, prend-on la peine de nous préciser.L’Afrique est à Congo ce que la femme de carrière était à Disclosure', un obstacle physique.Le mépris qu’affiche le film vis-à-vis de la militarisation des pays d’Afrique noire, les onéreux droits de passage que prélèvent les autorités, ô combien corrompues, au passage des honnêtes citoyens américains, tous ces éléments conspirent à faire de l’Afrique une épine dans le pied du village global.Enfin, avec leur accent du Bronx et leur attitude post-Viêtnam, les quelques «nègres» locaux — tous abattus en cours de route — achèvent de river son clou à un film qui n’a de congolais que le nom.Et du bon cinéma hollywoodien que l’oseille."QUEL BEAU FILM D’AMOUR!" - Parisien ELOÏSE CHARRETIER MATHILDE SEIGNER Rosine un film de CHRISTINE CARRIÈRE “?DÉCIDÉMENT EXCENTRIQUE ET JOVIALEMENT SOMBRE.” - Craig Maclnnis, TORONTO STAR “TEL QUE ‘PULP FICTION’, CE FILM EST GARNI DE PERFORMANCES TOUT AUSSI ÉLÉGANTES ET GÉNIALES LES UNES QUE LES AUTRES.” - David Gilmour, CBC PRIME TIME NEWS VERSION ORIGINALE ANGLAISE iüwsiwi«9 5TRAL ASTRAL FILMS DÈS LE VENDREDI 30 JUIN ! Le révisionnisme réconcilie aussi POCAHONTAS De Mike Gabriel et Eric Goldberg.Avec les voix de Mel Gibson, Irene Bedard, Russell Means, Linda Hunt.Scénario: Cari Binder.Susannah Grant, Philip Ixizebnik.Direction artistique: Michael Giaimo.Montage: H.Ue Peterson.Musique: Alan Menken.Pp roles: Stephen Schwartz, Etats-Unis, 1995 MARTIN BILODEAU Le personnage de Pocahontas est à la nation américaine ce qu’est à notre pays, disons, Madeleine de Verchères: une figure légendaire, un mythe que le temps a plus ou moins défiguré.Ce 33' long métrage d’animation produit par les studios Disney révise l’Histoire sans sombrer dans le pédagogisme.Cette représentation du passé relève cependant plus d’un rêve de rédemption que d’une quelconque réalité historique.Un navire anglais jette l’ancre sur les berges du Nouveau Monde.Le gouverneur de la Virginia Company — rapidement identifié comme un méchant Anglais qui veut s’emparer de l’or qui, pense-t-il, recouvre le sol de l’Amérique — repose toute sa confiance sur son capitaine, le téméraire John Smith, chargé de diriger l’expédition et de protéger ses hommes des Peaux-Rouges.Ce séduisant pied tendre ne tarde pas à faire la rencontre de Pocahontas, une jolie autochtone à la chevelure surréaliste, promise par son père au guerrier Kocoum.Le choc amoureux étant plus fort que le choc des cultures, les deux tourtereaux défient l’autorité pour vivre ensemble quelques moments de bonheur.Moments au cours desquels Pocahontas fait découvrir à son amoureux la beauté de la nature, le respect de la vie sous toutes ses formes et l’amour auquel l’aventurier avait renoncé.Sa rencontre avec Smith, qui confirme en Pocahontas son désir de choisir elle-même sa voie, déclenche parallèlement un conflit meurtrier entre sa tribu et les intrus.Ce Roméo et Juliette en sol américain serait lourd n’eût été de l’omniprésence des personnages secondaires qui entourent Pocahontas et définissent son rapport à la nature.On pense bien sûr au petit raton-laveur qui fanfaronne à ses côtés, même dans les moments les plus dramatiques, ou à ce sympathique oiseau-mouche qui livre au premier une lutte à finir et qui provoque de grands éclats de rire.Quant aux moments les plus touchants, Pocahontas et son amoureux les vivent sous les branches de Grandma Willow, un saule pleureur dans l’écorce duquel se distingue le visage d’une vieille sage aux paroles bienveillantes.Ce triomphe d’ingéniosité repose sur les épaules de l’excellente comédienne Linda Hunt, qui lui donne couleur en lui prêtant sa voix tendre et ironique à souhait.La voix cristalline de Judy Kuhn, très Broadway dans son impersonnalité mais théâtrale et puissante à la fois, rend bien les états d’âme de l’héroïne et sa force de caractère.La superbe chanson intitulée Just Around the Riverbend en témoigne d’ailleurs avec plus d’éloquence que le reste.La voix du héros masculin est quant à elle activée par les cordes vocales du beau Mel Gibson, dont l’accent yankee n’avait jamais auparavant été aussi criant.Car, faut-il le préciser, hormis le méchant opportuniste, tous les membres de l’équipage anglais «speak American», comme d’ailleurs le peuple de Pocahontas.Le dessin animé tolère ces invraisemblances car il tend vers l’universel — donc vers l’uniformité.La musique d’Alan Menken en est un exemple parfait.On cherche, en vain, quelque analogie avec les rythmes amérindiens dans cette trame uniforme et dépourvue de mesures folkloriques.Industrielle et contrôlée comme la pop américaine, elle coule doucement, semant sans relâche ses mélodies accrocheuses.Ce premier dessin animé de Disney inspiré d’un personnage ayant réellement existé ne répare aucune erreur historique, non plus qu’il n’en crée.Pocahontas donne dans le révisionnisme sentimental en réconciliant, le temps d’un film, les deux peuples fondateurs de la nation américaine.Après trois siècles de colonisation dévastatrice, d’aucuns diraient qu’il est un peu tard pour les mea-culpa.Mais ce serait sans compter sur le regard séducteur de Pocahontas et l’hypnotisan-te qualité artistique de ce film.-,.m ar.¦ i PHOTO WALT DISNEY COMPANY Pocahontas présente John Smith à sa grand-mère Willow, un esprit transformé en un arbre de 400 ans.Pour réservation publicitaire, composez 985-3316 1-800-363-0305 DEVOIR télécopieur 985-3390 QUEBEC JEUNES VOIX uv uwwwkw] ^ présente les dimanches et mardis de l’été Du 25 juin au 15 août 2 OPÉRETTES: UNE MESURE DE SILENCE, Maurice Blackburn UNE ÉDUCATION MANQUÉE, Emmanuel Chabrier Avec Micheline L’Espérance, Jlûte Daniel Fortin, percussion Mariane Patenaude, piano Dans une mise en scène de: -Raymond Cloutier Scénographie: Jean Bard Éclairages: Loti Arteau Dir.musicale: Gilbert Patenaude Simon soprano N1 i Fournier, braston THÉÂTRE DES CASCADES À POINTE DES CASCADES (près de Dorion) Contactez Johanne Noël pour réserver 455-9953 ou 387-7781 rJ l C 4 I.K I» K V U I H .I.K S S A M KOI ‘i l K T D I M A N (' Il K 2 A .1 U I N I II II A DISQUES CLASSIQUES Varia d’été, plage 1 S Y M !» Il O N I E S r o k IMOZART FOR 2 & 4 ORCHESTRAS ORCHESTRA OF THE 18™CENTURY ORCHESTRA OF THE ACE OF ENLIGHTENMENT F R A JLSBiOG r.p n FRANÇOIS TOUSIGNANT WOLFGANG AMADEUS MOZART Symphonies n“ 34 en do majeur KV 33S et n ' 40 en sol mineur KV550; Nottumo en ré majeur pour quatre orchestres, KV286.Orchestre du XVIII' siècle; Orchestra of the Age of Enlightenment.Dir.: Frans Brüggen Philips 434 113-2 Qui pense Frans Brüggen pense instruments d’époque, bien sûr, et aussi formations réduites.Mais voilà, la musique de Mozart demande parfois des effectifs plus relevés que de petits orchestres.Ix* chef a eu l’excellente idée de regrouper deux orchestres pour répondre à la fascination du compositeur face aux grandes formations.Mozart s’est en effet ouvert dans une lettre à son père de la magie qu’exerçait un orchestre composé de 40 vio- lons, dix altos, dix contrebasses, six bassons (!), huit violoncelles et les bois doublés.C’est donc à une expérience à peu près similaire à laquelle nous sommes conviés avec ces instruments «anciens» en grand nombre.Le résultat est étonnant.On passe rapidement sur le Nottumo pour quatre orchestres, oeuvre plaisante sans grande envergure, qui ressemble plus à du mauvais Haydn qu’à autre chose.Pièce de circonstance pour amuser un prince en manque de sel, mais qui n’en permet pas moins à Mozart de faire quelques expérimentations qui sortent du jeu facile de l’écho ou de l’effet stéréophonique naïf.Restent les deux symphonies, dont la célébrissime Quarantième.Le chef l’attaque avec feu et force.Aucune mièvrerie, aucun relâchement dans la tension du premier mouvement, pris à deux, et dont l’agitation profonde devient d’un romantisme efficace et troublant sous une baguette qui ne nous y avait guère habitués.La masse sonore fait son effet: les effets dynamiques sont surprenants.La réunion des deux orchestres procure un plaisir du son comme chez certaines «grandes formations» symphoniques «traditionnelles».On ne perd cependant rien de la netteté des lignes et des contrepoints dont Mozart a intelligemment truffé sa partition.Et les puristes seront ravis de savoir qu’il s’agit ici de la révision faite par Mozart, dans laquelle il a inclus deux clarinettes.U Andante prend ici un tout autre relief.Dans ces PHILIPS f»«0< Un gonMI m Noivkixe-Fraxci: UiciIARli Dl'üi AVi rf.soit /tinou L’ICnskmbli: Auion _ A*.5’ lignes claires, le vernis galant ne cache pas beaucoup l’angoisse du compositeur.Le Menuet est aussi une réussite rythmique.La leçon de Haydn a porté fruits et Mozart se hisse sans mal au niveau des plus grandes réussites de son modèle.Le finale est aussi époustouflant d’énergie démoniaque et incessante.Brüggen donne le vertige.Pas grand-chose de «divin» dans ce Mozart-là, mais que de vérité et de profondeur! Dans une œuvre archiconnue comme celle-ci, cela fait du bien de redécouvrir la partition.Quant à la symphonie en do KV 338, c’est elle dont il s’agit dans l’extrait de lettre relaté plus haut.A écouter ce que Brüggen et ses forces nous rendent, on partage sans réserve l’enthousiasme du compositeur devant la puissance de son œuvre.Et on se réjouit que Mozart n’ait pas suivi les conseils des chastes oreilles de l’archevêque Colloredo, qui trouvait sa musique trop agressive et dissonante.UN CONCERT EN NOUVELLE-FRANCE Nicolas Renier: cantate «L’Indifférence punie»; Charles-Louis Mion: suite extraite de l’opéra «Nitetis»; Pierre Fé- I prier: cantatille «Le Besoin d’aimer»; Jacques Champion de Chambonnières: pièces de clavecin en sol (du Premier Livre); Jean-Baptiste Quinault: extraits de «Le Nouveau Monde»; Jean Joseph Mouret: cantate «Andromède et Per- I sêe».Richard Duguay (ténor); Ensemble Arion: Claire Guimond (flûte baroque), Chantal Rémillard (violon baroque), Betsy MacMillan (viole de gambe et violoncelle baroque), Hank Knox (clavecin).SRC CBC Musica Viva MVCD 1081 out à fait d’à-propos aujourd’hui, il me fait plaisir I de reparler de L’Ensemble Arion qui a fait paraître I * * I récemment cette reconstruction d’une soirée musicale I du début du XVIII1 siècle.Le répertoire est du même I genre: le style galant français en vogue à la cour de Ver- I sailles.Le livret d’Élisabeth Gallat-Morin et de François I Filiatrault est d’ailleurs fort instructif sur certains aspects I nu- I i e I ne au de I n- temps «RVAN ADAM1 ANDRlA BOCmi OIOIOIA NANCY GUITAtSON • MICHAtl kAqfN „ ANDRÉAS VotifNWtlDIR PAVAROTTI • f & friends 2 eren^ Semaine du 24 an 30 juin 1995 SRC # Radio FM samedi 24 juin 6 h 04 LA GRANDE FUGUE Musique du matin, calendrier des i ') événements musicaux et des émissions à spj souligner pour le week-end.Le samedi et 7» le dimanche, le RADIOJOURNAL à Ûw 8 h.Une émission de Catherine Perrin.10 h RAYON MUSIQUE Magazine qui explore l'univers du disque sous toutes ses facettes.Anim.Catherine Perrin.Réal.Michèle Vaudry.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 DES MUSIQUES EN MÉMOIRE Hommage à l'accordéoniste québécois Alfred Montmarquette.Extraits d’archives, entrevues et présentation d'un concert hommage dans le cadre du Festival mondial de l'accordéon de Montmagny en septembre 1994.Anim.Élizabeth Gagnon.Réal.Lorraine Chalifoux.13 h 30 L'OPÉRA DU SAMEDI Passionnément de Messager.Distr.Jean-Clément Bergeron, Jean-François Lapointe, Michel Desbiens, Cyrille-Gauvin Francoeur, Victoria Kirsch, dir.Jean-François Lapointe.Prod.SRC (Québec).Anim.Jean Deschamps.Réal.Maureen Frawley.17 h 30 LE CHANT DE LA TERRE : • ) Marche sonore n° 1 de Claude Schreier.^ Oeuvre radiophonique mettant en scène des gens qui écoutent, interrogent et interprètent leur propre environnement iX sonore.Anim.Michel Keable.Réal.Hélène Prévost.Réal.-coord.Lorraine Chalifoux.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 MUSIQUE À LA CLÉ DES CHAMPS Une visite en musique de sites, de régions ou de pays qui ont inspiré nombre d'oeuvres.Une émission d'André Vigeant.19 h POUR LE CLAVIER Marguerite Long (1" de 10).Romance sans paroles n" 3 de Fauré; Mazurka op.59 n“ 3 de Chopin; Wedding-Cake de Saint-Saëns; Valse op.70 n° 3 de Chopin; extr.Symphonie sur un chant montagnard de d'Indy; extr.Concerto n° 23 K.488 de Mozart; extr.Concerto n° 2 de Chopin; Barcarolle n” 2 de Fauré.Anim.Jean Deschamps.Réal.Michèle Patry.20 h RENCONTRES EN MUSIQUE Inv.François Dompierre.Anim.Gilles ; -l Dupuis.Réal.Claude Duhamel.22 h JAZZ SUR LE VIF Festival international de jazz de Liège 1994.1" partie : Vic Vogel / Dave Turner Quartet.2' partie : New Belgium Big Band.Anim.Francine Moreau.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h TRIBUNE INTERNATIONALE DES COMPOSITEURS -fV Sélection d'oeuvres de la Tribune « ') internationale des compositeurs 1995 qui » s'est tenue du 6 au 9 juin derniers à Paris.&(§ Anim.Mario Paquet.Réal.Richard s® Lavallée.i 0 h 04 LE CLUB DE MINUIT Un pianiste vous convie à partager ses ’ émotions et ses états d'âme par ses ./j commentaires et la musique qu'il interprète pour vous.Réal.Guylaine Picard.A compter de 1 h 03, émis-i f(g sions en reprise.________ dimanche 25 juin 6 h 04 LA GRANDE FUGUE 10 h CARTE BLANCHE 1^; Des présentations imagées, des musiques isÇ sublimes, des choix éclairés et des commentaires captivants! Et pour ajouter \ au plaisir, Carte blanche se prolonge cet f U été jusqu'à 13 heures! Une émission de Georges Nicholson.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 CARTE BLANCHE (suite) 13 h LES VOIX DU MONDE Les plus beaux concerts enregistrés au Festival de musique sacrée de Fribourg en Suisse, édition 1994.Une émission de Claire Bourque.13 h 30 FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 11 juin 1995 à .l'église de St-Louis (Ile-aux-Coudres) dans le cadre du Festival international du Domaine Forget.Charles Daval et Trent («P Sanheim, tp., Richard Paré, orq.Anim.nVS Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.15 h LITTÉRATURES ACTUELLES Entretien de Richard Salesses avec le plus grand spécialiste des littératures Scandinaves, traducteur de Knut Hamsun et de Hans Christian Andersen, des sagas islandaises et de l'Edda poétique, Régis Boyer.Une émission de Stéphane Lépine.16 h PIERRE GAUVREAU : LE TEMPS D'UNE OEUVRE JN4 Du Refus global au Temps d'une paix, 2*' toute une carrière s'est dessinée pour .Pierre Gauvreau.Il fut l'émule de toute une génération d'écrivains et d'artistes québécois.Victor-Lévy Beaulieu s'entre-!(l?tient avec lui.Réal.Doris Dumais.16 h 30 TRIBUNE DE L'ORGUE Georges Bessonet en récital à la Maison provinciale des Frères maristes à Iberville.Anim.Michel Keable.Réal.Jacques Boucher.17 h 30 AL DENTE Choix musical varié pour agrémenter votre souper.Anim.Normand Latour.Réal.André Massicotte.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 AL DENTE (suite) 19 h LES JEUNES ARTISTES Trio Concertino : Biaise Laflamme, lan Murphy et Daniel Germain, guit.Trois Pièces espagnoles (anonyme); Concertino n" 1 de Santorsola; Trio Concertino de Hirsh; Le Tombeau de Comeau de B.Laflamme; Marche, Chanson de la fileuse et Alla Turca de Duarte.-Isabelle Lapierre, sax.: Shadows and Dawning de Schrude; Sonate de Creston.Anim.Mario Paquet.Réal.-coord.Michèle Patry.20 h LE PETIT CHEMIN Musique classique, chansons, jazz et folklore, poésies et extraits de pièces de théâtre.Une émission de Jean Deschamps.22 h JAZZ SUR LE VIF Festival international de jazz de Liège 1994.1" partie : Nathalie Loriers Trio.2'partie : Sax No End.Anim.Francine Moreau.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h MUSIQUE DU XXe SIÈCLE L’influence du jazz sur la musique ¦SZ contemporaine.Jazz Symphony de Antheil; Jazz Toccata and Fugue de O Hartmann; Concerto pour trompette de Zimmermann; Jazz Stucke de Kagel.Une émission de Serge Provost et de Jean «V Lesage.Oh 04 ÉMERGENCES Méditation sur les valeurs spirituelles de notre époque.Anim.Richard Cummings.Réal.Claude Cubaynes.À compter de 2 h 03, émissions en reprise.I n n d i 2 (i j ti i n 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN A votre réveil, un regard sur les activités du jour, rythmé par la musique.Du lundi au vendredi, le RADIOJOURNAL à 7 h et à 8 h.Anim.Michel Ferland.Réal.Diane Maheux.9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Goffredo Petrassi, compositeur italien (1" de 3).Anim.Normand Séguin.Réal.Rosemarie Bastarache.11 h LES ANNÉES NOIR ET BLANC - PRISE 2 6' de 10.À l'occasion des 100 ans du cinéma, Francine Laurendeau et Jean-Claude Marineau évoquent la naissance du cinéma au Québec de 1946 à 1967.Un hommage à Claude Jutra : son entretien avec René Clair en 1958; un reportage à l'occasion de la première d'« À tout prendre », qu'il réalisait en 1964; son rôle de chroniqueur à l'émission « Si femme savait » en 1968.11 h 30 LE TOMBEAU DE ROMAIN GARY 6* de 10.L’oeuvre, racontée par son auteure, Nancy Huston.De l'entrée en scène de l'écrivain Romain Gary jusqu'à l'apothéose d'Émile Ajar, c'est tout à la fois l'artiste et l'homme multiple que Nancy Huston dévoile, dans un face à face et un tutoiement d'une lucidité brûlante.Lect.Eudore Belzile et Nancy Huston.Rech.Nancy Huston.Mus.Piotr Gawek.Réal.Doris Dumais.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 MIDI-CULTURE Magazine sur l'actualité culturelle nationale.Anim.Réjane Bougé.Réal.-coord.Claude Godin.12 h 45 LE JAZZ, C'ÉTAIT HIER ET C'EST AUJOURD'HUI L'histoire du jazz jusqu'aux grands festivals d'aujourd'hui.Présentation de pièces enregistrées en concert ou sur disques par des musiciens se produisant à différents festivals de jazz canadiens.Une émission de Gilles Archambault.14 h LES FEUX DE LA RAMPE Orchestre Révolutionnaire et Romantique, dir.John Eliot Gardiner : ouv.Fidelio op.72, Symphonies n“ 4 et 5 de Beethoven.Anim.Normand Séguin.Réal.Anne Dubois.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.Des chefs-d'oeuvre, des rires, des rites, de l'insolite et des émotions en paroles, en musiques et en chansons.Anim.Chantal Jolis.Réal.Yves Bergeron.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS Le monde selon les enfants.Une émission de Cynthia Dubois.18 h LA FARANDOLE Air traditionnel du pays de Loudéac; Chansons d'Auvergne de Canteloube; extr.Sonates pour guitare et violon de Paganini; Deux Lieder de R.Strauss; Pièces pour piano de Poulenc; extr.de la comédie musicale The Sound of Music de Fraser; extr.Concertos pour cordes RV 164 et RV 166 de Vivaldi.Une émission de Janine Paquet.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Les chiens.Une émission d'Élizabeth Gagnon.20 h FESTIVALS D'ÉTÉ V' partie : concert enregistré le 11 novembre 1994 à l'église de Bécancour.Orchestre symphonique de Trois-Rivières, dir.Gilles Bellemare; Laszlo Horvath, clar.et sax.: Ouv.Don Giovanni K.527 de Mozart; Reflets laurentiens de Badian; Concerto pour clarinette K.622 et Symphonie n“ 35 « Haffner » de Mozart.2’ partie : concert enregistré le 7 mai 1993 au Centre culturel de Trois-Rivières.Louise Trudel, vie., Denise Trudel, p.: Préludes pour piano de Debussy; Suite pour violoncelle seul n’ 2 BWV 1008 de J.S.Bach.Anim.Francine Moreau.Réal.Michèle Vaudry.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Illustres ou inconnus : Albina Lamoureux, religieuse.Coméd.Nadine Desrochers.Narr.Normand Latour.Réal.Claire Couture.22 h 35 X Y JAZZ De Vancouver, André Rhéaume explore toutes les époques du jazz et la production canadienne.Réal.Dominique Soutif.Réal.-coord.Daniel Vachon.À compter de 0 h 04, émissions en reprise.mardi 27 juin 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Geffredo Petrassi, compositeur italien (2' de 3).11 h LES ANNÉES NOIR ET BLANC - PRISE 2 7' de 10.Patrick Straram et le cinéma québécois des années 60 : son rôle dans la réalisation de « La Terre à boire »; ses émissions de radio sur le cinéma.11 h 30 LE TOMBEAU DE ROMAIN GARY 7'de 10.Voir lundi, 11 h 30.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 MIDI-CULTURE 12 h 45 LE JAZZ, C’ÉTAIT HIER ET C'EST AUJOURD'HUI Voir lundi, 12 h 45.14 h LES FEUX DE LA RAMPE Festival of The Sound 1994.Quatuor à cordes Penderecki, Quatuor à cordes St.Lauwrence, Suzanne Schulman, fl., James Mason, htb., James Campbell, clar., James McKay, bas., James Sommerville, cor, Andrew Bureahko, p., Simon Wynberg, guit.: Quatuor pour piano K.478 de Mozart/transcr.Emerson; L'Aube enchantée de Shankar; Variations sur « O Cara Armonia » de La Flûte enchantée de Mozart de Sor; Octuor en mi bém.op.20 de Mendelssohn.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Concerto en mi de Hummel, extr.Concerto en ré de L.Mozart et extr.Concerto en mi bém.Hob.VII/1 de Haydn : Wynton Marsalis, tp., English Chamber Orchestra, dir.Raymond Leppard; Danse espagnole de Falla; Fantaisie sur des airs de « Carmen » de Bizet, Mouvement perpétuel de Paganini et Variations sur un thème de « Norma » de Bellini.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Inv.Julos Beaucarne (enregistré lors de son récent passage à Montréal).20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 25 mai 1995 à l'école MacNaughton de Moncton.Claudette LeBlanc, sop., Andrew Gallardi, p.: Per la gloria d'Aooravi de Bononcini; O del mio dolce ardor de Gluck; Ne/ cor più non mi sento de Paisiello; O bei nidi d'amore de Donaudy; Siete Canciones populares espanoles de Falla; Une flûte invisible de Caplet; Chansons de Bilitis de Debussy; Trois Mélodies de Satie; Six Mélodies de Rorem.Anim.Mona Cyr.Réal.Brigitte Lavoie.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Illustres ou inconnus : un missionnaire à la chasse au bison.Coméd.Guy Mignault.Narr.Normand Latour.Réal.Claire Couture.22 h 35 X Y JAZZ À compter de minuit 04, émissions en reprise mercredi 28 juin 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Goffredo Petrassi, compositeur italien (dern.de 3).11 h LES ANNÉES NOIR ET BLANC-PRISE 2 8' de 10.L'état des lieux en 1965.L'émission « Partage du jour » y consacre un dossier en plusieurs volets : Jacques Godbout, Gilles Groulx, Alain Pontaut et Guy L.Côté y donnent une vision précise de ce qu'est alors le cinéma québécois.11 h 30 LE TOMBEAU DE ROMAIN GARY 8'de 10.Voir lundi, 11 h 30.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 MIDI-CULTURE 12 h 45 LE JAZZ, C'ÉTAIT HIER ET C'EST AUJOURD'HUI Voir lundi, 12 h 45.14 h LES FEUX DE LA RAMPE Choeur et Orchestre philharmonique de Radio France, dir.Pinchas Steinberg; Anne Gastinel, vie.: Concerto n° 1 op.33 de Saint-Saëns; Daphnis et Chloé de Ravel.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Cappricio op.76 n° 2, Intermezzo op.76 n° 3 et extr.Sextuor à cordes op.18 de Brahms; extr.Concerto pour guitare n” 2 de Paganini; Concerto pour guitare n° 1 de Castelnuovo-Tedesco; Zigeunerweisen de Sarasate; Danses slaves op.46 n° 2 et op.76 n” 2 de Dvorak.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Parcours libre tendre.20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Festival international de musique de Lucerne 1994.Orchestre de la Suisse romande, dir.Armin Jordan; Felicity Lott, sop.; Six Épigraphes antiques de Debussy; Poèmes de l'amour et de la mer de Chausson; Symphonie n° 6 de Chostakovitch.Anim.Michel Keable.Réal.Richard Lavallée.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES 22 h 40 X Y JAZZ À compter de minuit 04, émissions en reprise j c n d i 2 9 j u i n 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Ernest Blanc, baryton français.11 h LES ANNÉES NOIR ET BLANC - PRISE 2 9' de 10.Pierre Laporte, ministre des Affaires culturelles en 1965, trace les grandes lignes de sa conception des rapports possibles avec la France sur le plan culturel.Également au programme, le Festival du film de Montréal en 1965, avec entre autres Françoise Loranger et Gilles Carie comme témoins privilégiés.11 h 30 LE TOMBEAU DE ROMAIN GARY 9' de 10.Voir lundi, 11 h 30.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 MIDI-CULTURE 12 h 45 LE JAZZ, C'ÉTAIT HIER ET C'EST AUJOURD'HUI Voir lundi, 12 h 45.14 h LES FEUX DE LA RAMPE Jon Kimura Parker, p.: Sonate en ré K.311 de Mozart; Sonate n” 3 op.58 de Chopin; Sonnet de Pétrarque n" 104 de Liszt; Jeux d’eau de Ravel; Got a Match?de Corea; China Gates de Adams; Memories in an Ancient Garden de Louie; Prélude n° 100 de Buczynski; extr.Sonate op.26 de Barber.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Airs traditionnels et Valses et Galops de Strauss et de Lanner.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Les années Odéon Yves Montand.20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré à la Philharmonie de Berlin le 3 juillet 1994.Petit Choeur de RIAS, Ensemble Trompetenconsort Friedemann Immer, Académie de Musique ancienne de Berlin, dir.Marcus Creed; Ruth Ziesack, sop., Birgit Remmert, cont., Christoph Prégardien, t, Franz-Josef Selig, b.: Messe en si min.BWV 232 de J.S.Bach.Anim.Michel Keable.Réal.Richard Lavallée.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Illustres ou inconnus : les débuts du chef d'orchestre Wilfrid Laurier.Coméd.Guy Mignault.Narr.Normand Latour.Réal.Claire Couture.22 h 35 X Y JAZZ A compter de minuit 04, émissions en reprise.vendredi 30 j uin 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 RENCONTRES EN MUSIQUE Inv.Marie Cardinal, écrivaine.Anim.Gilles Dupuis.Réal.Claude Duhamel.11 h LES ANNÉES NOIR ET BLANC-PRISE 2 Dern.de 10.Le Festival du cinéma canadien de 1967 comme reflet d'une ouverture sur le monde.Jean Renoir et Fritz Lang sont à Montréal alors que les Michel Brault, Pierre Perrault, Jean-Pierre Lefebvre témoignent de la maturité naissante du cinéma québécois.11 h 30 LE TOMBEAU DE ROMAIN GARY Dern.de 10.Voir lundi, 11 h 30.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 MIDI-CULTURE 12 h 45 LE JAZZ, C'ÉTAIT HIER ET C'EST AUJOURD'HUI Voir lundi, 12 h 45.14 h LES FEUX DE LA RAMPE Orchestre du Centre national des Arts d'Ottawa, dir.Trevor Pinnock; Corey Cerovsek, vl.: Symphonie n° 92 « Oxford » de Haydn; In Memoriam : Alberto Guerrero et Scorpius de Schafer.Anim.Normand Latour.Réal.Geneviève Sarda.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Spécial Mary Lou Williams avec Marian McPortland au piano, Bill Douglas à la basse, et Omar Clay à la batterie.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Concert de Judy Richards enregistré au Studio Glenn-Gould de Toronto, en mai dernier.20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré en février 1994 au Roy Thomson Hall de Toronto.Orchestre symphonique de Toronto, dir.Samuel Wong; Jon Kimura Parker, p.; Sinfonia concertante op.64 de Parker; Concerto en fa de Gershwin; Symphonie n° 9 « Nouveau Monde » de Dvorak.Anim.Michel Ferland.Réal.Jacques Boucher.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES 22 h 40 X Y JAZZ 0 h 04 LE CLUB DE MINUIT Un pianiste vous convie à partager ses émotions et ses états d'âme par ses commentaires et la musique qu’il interprète pour vous.Réal.Guylaine Picard.A compter de 1 h 08, émissions en reprise.INFO-CULTURE Du lundi au vendredi : 8 h 55,12 h 40 et 17 h 25.J CBJ-FM 100,9 Chicoutimi 2 CBAL-FM 98,3 Moncton CBF-FM 100,7 Montréal CBOX-FM 102,5 Ottawa-Hull CBV-FM 95,3 Québec CJBR-FM 101,5 Rimouski CBF-FM 90,7 Sherbrooke CJBC-FM 90,3 Toronto CBF-FM 104,3 Trois-Rivières y J p I K I) K V « I R , L E S S ,\ M E R I 2 l ET l> I M A X (' Il E 2 .1 J l' I X I I» II A ( a DISQUES L’histoire d’une rencontre Vingt ans plus tard, les Séguin rééditent Valbum-culte Récolte de rêves PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Ct était il y a 20 ans.Le pays allait de travers et il fallait le remettre à l’endroit.Entre deux prières à la terre, les enfants d’un siècle fou rêvaient d’un grand printemps.Ils voulaient réinventer le quotidien, rebâtir le monde pour les enfants.Ils parlaient de paix, d’amour, de tendresse, de douceur.Ils chantaient la force de la nature.L’album des Séguin Récolte de rêves résume presque à lui seul tout l’esprit du temps.Plus qu’un simple disque, c'est un inoubliable et puissant repère émotif qui a ac-conipagné la jeunesse de dizaines de milliers de Québécois.Comme toutes les œuvres artistiques qui durent, l’album n’appartient plus à ses créateurs mais bien à tous ceux qui s’y sont abandonnés, voire abreuvés.Curieusement, ce classique de la chanson d’ici n’avait jamais été réédité en disque compact.C’est maintenant chose faite.Récolte de rêves a donc été relancé cette semaine en DC.L’opération s’est faite en douceur, sans grand battage médiatique.Marie-Claire et Richard ont simplement ressorti l’album comme on ressort une toile du grenier.Et ils ont constaté, une fois la poussière enlevée, que le geste créateur était intact, que l’œuvre poilait son moment de vérité.Pour souligner la chose, les jumeaux ont choisi d’organiser une fête, à la montagne, où se sont réunis jeudi la plupart de leurs amis.Voilà tout.Les Séguin ne repartent pas en tournée.L’industrie de la nostalgie se porte très bien sans eux.«Ce qui est important dans cet album-là, dit Richard Séguin, c’est la rencontre.Séguin, c’était avant tout le lien.Récolte de rêves, c’est la rencontre avec Richard Grégoire, Guy Richer, Bruce Marcheson, Quentin Meek, Gilles Vigneault, Raoul Duguay et les autres.C’est cette rencontre qui nous a permis d’aller plus loin dans la liberté de la création.» L’esprit qui régnait au sein de cette commune musicale réunie au Studio Six de décembre 1974 à janvier 1975 a marqué à jamais Marie-Claire.«C’est un disque qui a été très important pour moi parce qu’il m’a permis de réaliser que la magie existe, que l’ange passe parfois, qu’il y a des moments de grâce.Nous étions tous liés à un projet commun et la communication était vraie.Nous étions très inspirés.On a touché quelque chose.» Ces moments de grâce furent nombreux, en effet, et l’album en témoigne.C’était comme si quelque chose transcendait toute cette famille rassemblée dans la plus parfaite harmonie.La superbe chanson Les Enfants d’un siècle fou, écrite par Francine Hamelin, est née spontanément; Richard Grégoire a non seulement concocté des arrangements extrêmement riches — où les cordes abondent — mais il s’est même permis de proposer une Fugue en do mineur, Raoul Duguay leur a offert en cadeau Les saisons, Guy Richard s’est totalement abandonné dans le solo de flûte dVl la pleine lune et ainsi de suite.«Ce que nous avions privilégié, c’était le moment.Nous avons par exemple enregistré Prière à la terre au moment où Guy Richer nous la chantait pour la première fois.Il y avait une fausse note?Tant pis, nous l’assumions!», se souvient Richard.Que reste-t-il de tout cela?Aujourd’hui, la musique de Richard Séguin ne sçmble-t-elle pas un peu éloignée de celle de l’époque?«Evidemment, nous étions dans l’esprit du temps.Le folklore était très présent.Mais le désir d’abandon qui était si fort à ce moment-là est toujours présent et animera toujours ma démarche de créateur.L’abandon de Guy Richer dans son fameux solo de flûte, Richard et Marie-Claire Séguin.s» '.4:4 je l’ai retrouvé dans la finale des Portes du matin.Je recherche toujours cet état», dit Richard Séguin.Il reste aussi de cette époque, ajoute-t-il, une très grande complicité avec le compositeur et arrangeur Richard Grégoire de qui il demeure très proche et à qui il est très reconnaissant.Un album intemporel Il y a dix ans, lorsque nous nagions dans l’ère de la performance et des REA la réédition de Récolte de rêves aurait été un anachronisme.Aujourd’hui, toutefois, le propos de l’album apparaît beaucoup plus actuel, du moins intemporel.Beaucoup de jeunes s’y retrouveront.Ragaillardie par la Marche des femmes qu’elle perçoit comme un événement extrêmement révélateur, Marie-Claire en convient.«Je crois que nous sommes allés au bout de la logique de l’économie.On recommence à creuser, à chercher à l’intérieur, à regarder dans toutes les directions, à oser ne pas avoir d’assurance dans la vie.On recommence à être solidaires, à nommer les choses.On est, je crois, plus réceptif au message de Récolte de rêves», dit-elle.«Ce n’est pas un hasard si ce disque revient vers nous à J’aube de l’an 2000.Il est tissé à même les fibres de l’Ere du Verseau qui s’en vient, dont les Séguin étaient déjà le formidable canal.Ils parlaient de paix, de partage et de compassion.Ne dirait-on pas qu’ils savaient qu’ils allaient un jour nous manquer! Leur récolte de rêves arrive à point.N’ayons pas peur d’y puiser à pleines mains, il y en a pour tout le monde.Ce qui vient de l’âme est éternel.», écrit Hélène Pedneault dans le livret.Elle a mille fois raison.Fiori met quelque chose au monde SYLVAIN CORMIER Le 26 juin 1976 sur la Montagne, les cheveux de Serge Fiori étaient si longs qu’ils faisaient le tour du lac des Castors.Et sa voix portait loin.«Nous autres, avait-il dit juste avant d’entamer l’intro syncopée d'Un musicien parmi tant d’autres, on a une petite question à vous demander.» La rumeur des 400 000 célébrants s’était apaisée un instant.Fiori avait alors hurlé: «Où c’est qu’il est passé le moooonde?» Le mont Royal, pas du tout mal à l’aise pour une fois, avait fait éruption.Et puis Harmonium, avec les chœurs de Beau Dommage, Octobre, Gilles Va-liquette, Raoûl Duguay, Contraction, Richard et Marie-Claire Séguin, avaient mis quelqu’un au monde.Dix-neuf ans plus tard, attablé rue Laurier, je retourne la question à Fiori.Où était-il donc passé, lui?Fiori, en effet, pour vous et moi, c’est celui qu’on a perdu dans la brume.Le sage monté dans les nuages pour voir le paysage.L’intéressé s’esclaffe.«C’est drôle.Pour tous les gens avec qui je travaille, je n’ai absolument rien d’étrange, rien d’inaccessible.Je suis même très facile à rejoindre.C’est seulement dans les médias et sur scène que j’ai cessé d’être présent.Comme ils ne savaient plus où me situer, ils m’ont porté disparu.» Normal.Ses copains de la Montagne, Séguin, Rivard, Flynn, ont tous émergé de la déprime postréférendaire au milieu des années quatre-vingt, rasés de près, carrières solo en devenir.Fiori, lui, malgré l’album éponyme de 1986, le Changement d’adresse réalisé pour Nanette en 1990, la chanson-thème du Festival Juste pour rire et les musiques de film (Une histoire inventée), fait office de légumineux: sans la lumière des projecteurs, il ne peut que végéter.«J’ai simplement changé de rôle.Comme un acteur qui devient réalisateur et qui se rend compte que sa vraie vie est là.Maintenant, je pense vraiment comme un réalisateur de disques ou comme un compositeur.Je ne me vois même plus comme chanteur.» Les autres y pensent pour lui.Sur les talons de Beau Dommage, on se piétine à sa porte.«C’est hallucinant, les budgets que l’on me propose.Je pourrais en vivre le restant de mes jours.Mais j’suis pas capable de m’imaginer en train de chanter Un musicien pami tant d’autres.» Même tout seul, à la maison, larme nostaj-gique à l’œil?«Le jour où je ferai ça, ti- S 'HT' Serge Fiori en compagnie de son père.PHOTO JACQUES GRENIER rez-moi une balle.» Certains ne l’ont pas attendu.Le groupe En pleine face console les disciples du culte avec son show fac-similé d’Harmonium.«Je trouve ça triste.» Et Beau Dommage réuni, ça lui plaît?«Je suis content pour eux.C’est pas le retour de Beau Dommage qui est important, c’est le fun qu’ils ont.Les harmonies sont là, ils trippent.Moi, je les aime mieux que dans le temps.» Fou rire.Fiori aime rigoler, le saviez-vous?«Refaire Harmonium, continue-t-il une fois la mâchoire remise en place, ce serait exactement le contraire du fun.Parce que ça m’empêcherait de faire ce que j’aime.C’est pour ça que j’avais arrêté.Quand on a fait L’Heptade, il y a eu un an et demi d’écriture, quatre, cinq mois de studio, and I lost it.Je suis tombé sur une autre planète, ç’a été le plus beau moment de ma vie.Après ça, les shows, c’était l’enfer.Délaisser ce qui me faisait lever le poil pour aller projeter ma salade trois cents shows par année, ça me tuait.On ne faisait plus de musique, jamais.» Avant de clore le sujet, Fiori se lancera néanmoins une perche: «Mon cœur peut très bien revirer de bord dans six mois, alors je booke la van et j’y vais.Si ça arrive, watch me go!» Ce que Fiori fait Entre-temps, Fiori est en ville parce qu’il vient justement de mettre quelque chose au monde.Une compagnie de disques, l’étiquette Gypsy, dont la première parution est consacrée à des chansons italiennes classiques et populaires, chantées par l’émouvant ténor Perry Canestrari et jouées par l’excellent Orchestre Georges Fiori.Georges étant le paternel de Serge.Légendaire en son domaine, le big-band de Fiori père.Ancien orchestre officiel de la brasserie Molson, recyclé dans les congrès et mariages italiens.«J’avais toujours dans la tête de faire des concerts à un moment donné, un beau mélange de musique lyrique, de comédies musicales et de chansons», avoue le souriant Monsieur Fiori, qui a rejoint fiston en cours d’entrevue.Ce qu’il a fini par faire au Théâtre Maisonneuve, en mai dernier.Fiston a vu le show, est «tombé par terre», et l’album en a découlé.Pour lui, le pari consistait à «faire sonner l’orchestre sur disque avec la même présence qu’un band de rock’n’roll».D’où les cinquante-deux entrées sur la console, le mélange de claviers modernes et de cordes, les deux batteries, les cinq cents heures de studio.«Ça dépasse pour moi le fait que ce soit l’album de mon père: dans les arrangements, dans le son, dans l’interprétation de Perry, il s’est vraiment passé quelque chose.» Suivra sur Gypsy un album de mantras, signé Serge Fiori.Des mantras?Eh oui.«C’est vrai que ça renforce l’image du space cadet, admet Fiori.Mais je ne vais pas renier quatre ans de travail parce que les gens ont une mauvaise perception de moi.C’est la première fois que ces mantras millénaires sont mis en musique.J’aime ça, c’est tout.Mais j’aime aussi Aerosmi-th.» Gypsy accueillera aussi des groupes, ainsi que les éventuels albums solo de Fiori.«J’ai plein de chansons qui me poussent dans le dos, beaucoup de blues, des trucs pas mal plus rock’n’roll qu’on pense.» Fiori, rock?On devrait peut-être l’écouter.ORCHESTRE GEORGES FIORI AVEC PERRY CANESTRARI Orchestre Georges Fiori Disques Gypsy (GAM) m, LES R r CONCERTS POPULAIRES une présentation de ta Vile de Montréal et Les Réalisations Diva.a r di 27 et mercredi 28 à 2 0 h JUIN ET SON • LA BELLE VIE /1945-1960 À ne pas Manquer ! Chef: Marc Fortier Soliste : Steve Farrell, pianiste-guitariste et arrangeur Billets à partir de 10C ’ Renseignements et billetterie Ville de Montréal: 255-4222 * Réseau Admission: 790-1245 JUILLET Mercredi 5 ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN • FESTIVAL BEETHOVEN I Chef invité: Gilles Auger Soliste: Alain Lefèvre, piano Mercredi 12 ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN • FESTIVAL BEETHOVEN II Chef invité: Gilles Auger Alain Lefèvre, piano Soliste: Mercredi 19 Chef: Soliste: ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Richard Hoenich Sylviane Deferne, piano Mardi 25 et mercredi 26 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL •SOIRÉE CONSACRÉE À L’OPÉRA Chef: Jacques Lacombe Solistes: Lyne Fortin, soprano ¦ Peter Barcza, baryton AOUT Mardi 1e' et mercredi 2 MARC FORTIER ET SON ORCHESTRE • SOIRÉE MOZART Chef: Marc Fortier Solistes: Natalie Choquette, soprano - Marc Belleau, baryton - Gail Desmarais, soprano - Michiel Schrey, ténor -André-Sébastien Savoie, piano Mercredi 9 ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN • FESTIVAL BEETHOVEN III Chef invité: Josée-André Gendille Soliste: Marc-André Gauthier, violon • 9 • • • Tarifs Places Régulier Carte accès Étudiants et Etudiants et Montréal 55 ans + 55 ans + (Avec carte accès) Parterre Gradins 16,00$ 10,00$ 13,00$ 7,50$ Renseignements et billetterie Ville de Montréal: 255-4222 • Réseau Admission: 790-1245 Tous les concerts auront lieu à 20 heures au Centre Pierre-Charbonneau, 3000, me Viau (métro Viau).Ville de Montréal LE DEVOIR y 0026 I.K l> K V 0 I It .I.K S S A M K l> I I K T l> I M A N (' Il K •£ A JUIN' I II II .1 C (I ARTS VISUELS Contact intime avec 30 colosses de la sculpture JENNIFER COUËLLE Skulptura Montréal 1995 / .\intx-Fort de Montreal Jusqu’au 17 septembre 1995 Qu’on aime un peu, beaucoup, à peine ou avec des réserves, il reste qu’une exposition à ciel ouvert comme Skulptura Montréal 1995 nous laisse difficilement indifférents.Les réactions, souvent intenses, suscitées par l’art public nous renseignent tout autant sur le rapport vital que nous entretenons avec notre espace social que sur les goûts des individus et la compréhension qu’ils peuvent avoir ou pas d’une œuvre d’art.Pour les citadins, l’espace vert, les aires de loisirs, on le sait, c’est sacré.Les pelouses-promenades du Vieux-Port de Montréal, à proximité du fleuve et de la précieuse fierté architecturale de la métropole, le sont d’autant plus.Cela dit, lorsque trente colosses de bronze, d’acier, de bois et autres matériaux viennent se loger l’été durant dans notre environnement collectif, où tout un chacun s’attribue quelque droit de propriété, les regards sont braqués.Skulptura Montréal 1995 est une initiative du président de la Société du Vieux-Port de Montréal, Bernard Lamarre, dont on connaît l’implication dans le milieu des arts depuis son règne à Lavalin et sa présidence du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal, organisée en collaboration avec Marisa del Re, propriétaire des prestigieuses galeries du même nom à New York et Monte-Carlo, qui a prêté les dix-huit sculptures des exposants étran gers.Pas une mince affaire, donc Par ailleurs, le commissaire-conser vateur de cette manifestation interna tionale est nul autre que Léo Ros shandler, qui dirigeait le service de la promotion des arts de Lavalin ainsi que sa chic galerie.Et pour compléter cet impressionnant portrait, les directeurs de musées montréalais Phyllis Lambert, du Centre canadien d’architecture, Pierre Théberge, du Musée des beaux-arts, et Marcel Brisebois, du Musée d’art contemporain, sont intervenus en tant que jurés pour la participation canadienne à cet événement qui, clairement, est l’affaire de haut-pla-cés.Et alors?Alors, comme dans tout projet où le poids, si ce ne sont les moy eus, et la marge de manœuvre sont généreux, les .attentes sont élevées! A cet effet, on appréciera tout d’abord l’occasion que nous offre cette exposition d’avoir un contact libre et intime avec la production sculpturale d’artistes mondialement reconnus, des grands noms de l’histoire de l’art moderne et même postmoderne tels Indiana, Botero, Miro, De Chirico, Arman, Riopelle, Léger, Moore, César, Chia & Cuc-chi.Ce n’est pas à tous les jours qu’il nous est donné de toucher à des œuvres d’une telle valeur (du moins historique), et encore moins de s’y adosser ou d’y grimper (à l’exception, bien sûr, des quelques cas circonscrits par des cordes ou perchés sur des socles mammouths).D’un point de vue purement objectif, on peut donc se réjouir de pouvoir scruter de près le travail monumental d’une imposante brochette d’artistes.Dans un même ordre d’idées, il fait bon de voir les passants de tous les âges fourmiller auto’ur, sur et dans ces œuvres.Sans parler des touristes, dont une famille de Japonais, équipée, comme il se doit, d’une batterie d’appareils photo, qui photographiait samedi dernier jusqu’au trou, sorte de nombril sans fond, traversant le torse de marbre d’un des morses mythiques du sculpteur terre-neuvien John Greer! Mais hélas, cette exposition souffre d’une grande inégalité.Et ce, même parmi MM?nil r * PHOTO CHRISTINE GUEST Sculpture habitable, de Robert Roussit.les plus notoires de ses participants.Les critères esthétiques viennent ici se heurter à ceux de l’histoire (de l’art), devenus aussi ceux du marché.C’est sans doute là une confirmation du danger d’organiser un événement sans thème spécifique, sans l’apport d’une vision cernée, «pour le simple plaisir de l’art et de la sculpture», comme l’affirmait en entrevue M.Rosshandler.Car bien que l’idée d’une célébration libre de l’art soit en essence des plus noble (une position de choix pour se soustraire à la critique, ajouterai-je), il reste que dans notre grand monde nous ne sommes pas en manque de productions artistiques.Pas besoin de dire qu’elles abondent, ne serait-ce que dans la discipline de la sculpture.Ce simple fait n’exige-t-il pas que tous regroupement et présentation publique d’un corpus d’œuvres soient soigneusement définis, articulés selon une lo- gique donnée?Apparemment, non.Manifestement, l’ènsemble de cette exposition dont les œuvres ont été réalisées entre les années 1950 et 1990 ne privilégie aucune raison cq-hésive.Cela se voit et cela se sent.A la vue, par exemple, des navets maniérés en bronze patiné, un tant soit peu néoclassiques, de l’Italien Emilio Greco et du Français Claude Lalanne (respectivement une jeune fille en bikini et un «Enlèvement d’Europe»), on ne parle déjà plus d’esthétique.Il en est de même pour l’insipide Grande Ourse de François-Xavier Lalanne, l’ennuyant nœud stylisé de Sophia Van (la déception s’accroît lorsqu’on apprend que les œuvres de cette dernière figurent actuellement dans une exposition à la Biennale de Venise.) et les structures plutôt fades et inintéressantes d’Ulysse Comtois et Ivanhoé Fortier dont on aura vu bien mieux.Créé en 1990, le totem de voi- lures en pièces d’Arman, Merry Go Straight, n’est qu’une lassante et faible ré pétition d’un projet qui semble avoir perdu de sa portée, puis Ynommage à Lion de César (également à la Biennale de Venise en tant que représentant officiel de la France), on s’en passerait tellement il est laid.Cela vaut aussi pour le Quelqu'un de Folon, moins laid que pauvre, qui nous convainc que l’artiste devrait s’en tenir à ses œuvres sur papier.On ne peut non plus s’en remettre à l’histoire de l’art, puisque des artistes tels Claude Mongrain (dont le Monument à une étoile filante fait plus dans le trivial qu’il ne divertit), qui sont loin d’avoir la cote, méritée ou pas, des Mirô, Moore, Léger, De Chirico, Indiana et autres, sont présentés ici sur un pied d’égalité avec leurs célèbres prédécesseurs.D’autant plus que l’écart subsistant entre les styles, les dates et les contextes idéologiques de ces créations est considérable.On regrettera également la disposition pêle-mêle des sculptures sur la plate-bande de pelouse qui sépare le Vieux-Port de la ville.Par endroits elles sont entassées et, par d’autres, dispersées.On se demandera pourquoi, par exemple, le fameux Love de Robert Indiana est isolé des autres œuvres, à l’étroit contre un pin qui lui fait ombrage.N’ayant encore rien de sauvage, cette zone de verdure, relativement jeune, ponctuée d’une végétation plus humaine que naturelle, supporte mal la répartition disparate d’objets sur sa surface.Il eût fallu un vaste parc à l’anglaise, avec ses ruisseaux et ses bosquets, pour accueillir ce genre d’aménagement d’apparence aléatoire.La confusion est telle que c’est à peine si on dis- tingue les sculptures de la grande ancre de fer sise en permanence à l’entrée du Port.Mais à travers ce méli-mélo, certaines vues sont prenantes.Le plus bel exemple est certainement celui de la Sculpture habitable de Robert Roussit, vue de l’ouest.Cette intrigante structure ouverte en bois, rappelant la forme d’une cathédrale (l’œuvre est d’ailleurs d’une saveur remarquablement contemporaine, considérant qu’elle date de 1955), est érigée à proximité des ruines d’un ancien silo à grain qui, par bonheur, ont été conservées.Puis il y a l’œuvre pleine d’esprit de Kim Adams qui.a défaut d’être belle, est franchement efficace: une curieuse combinaison d’un balcon avec chaises de jardin (dans lesquelles on peut s’asseoir et s’amuser du regard éberlué des promeneurs qui nous découvrent) et de ce qui pour* rait ressembler aux compartiments-lits d’une roulotte (en fait, des sec» tions de camion) juchée en haut d’un escalier.La Seated Woman de Botero, avec ses rondeurs profuses et son jeu de volumes, est également une réussite.De même pour la réalisation commune des artistes Enzo Cucchi et Sandro Chia, parmi les principaux défenseurs de la trans-avant-garde italienne du début des années 1980, pour Venus Obliterated du sculpteur estonien Sacha Sosno, pour l’étonnante sensualité du gigantesque masque Hadrian (qui flirte néanmoins avec le kitsch) du Polonais Mitoraj, pour les vaches rabattues de Joe Fafard et pour l’enchanteresse Grande fleur qui marche de Léger.Et quoiqu’on puisse préférer sa peinture, l’étrangeté métaphysique de De Chirico en trois dimensions n’est pas mal non plus.Bref, cette exposition recèle sa part de plaisirs.Mais n’aurait-on pas eu droit a mieux, à une sélection plus rigoureuse et à une présentation plus soignée?Après tout, cet espace n’est-il pas public?Molina e*cep"01 InédW u^veni Une exposition présentée par bleu ,noe"e UNE RETROSPECTIVE JUSQU'AU 17 SEPTEMBRE L'EXPÉRIENCE SENSORIELLE DE LA COULEUR mardi au dimanche de 11 h à 18 h mercredi de 11 h à 21 h métro Place-des Arts renseignements : (514) 847.6212 Q?Hydro Québec CS MUSIQUE PLUS Cet été, prenez vos vacances au Québec et découvrez des richesses insoupçonnées! Il reste encore quelques places pour * le samedi 8 juillet au Musée du Québec * le concert à Lanaudière samedi 15 juillet.Bientôt, une extraordinaire balade en Charlevoix.Demandez la circulaire 1995 276-0207 ou 259-7629 Æ Les r beaux détours CIRCUITS CULTURELS f?HOTOGRAPHES AMATEURS Faites bonne impression Révélez-nous votre plus belle nature En participant au concours de photographie Les meilleures photos FAUNE, FLORE Une présenfolion de Sun Life ni àATBV > NAISSANŒ-S-Vit D'UNE-FIN-de SiÈCLC UUSS • •' i U iftvïV- Ta SMwHÉ' PM h I vA'A'A ¦ '•.V.-Y.Vv seront publiées chaque mardi dans LE DEVOIR, le plus beau quotidien au monde (source: The Society of Newspaper Design, 1994) L Pour connaître les prix à gagner et les modalités d’inscription, surveillez nos pages dans les jours qui viennent.L’EUROPE SYMBOLISTE PERDU) DU 8 JUIN AU 15 OCTOBRE 1995 Heures d’ouverture : tous les jours de 11 li à lî! h (le mercredi jusqu'à 21 h) Billets en vente au Musée et aux comptoirs Admission: (514) 790-1245 ou I 800 361-4595 Pavillon Benaiuh Gildi, 1379.rue Sherbrooke Ouest Autobus 24 ou station de métro Guy-Coneordia Information: (514) 285-2000 LE DEVOIR b MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL SSSIibBqIibSS T T tV-T - T.'T'vW ; ¦' f r I.K I) K o I It I.K S A M K I) I I) I M A ( Il K ¦I I' I I II II .1 mm ARTS VISUELS ,'^ÏA -îï < iÿ .; LES PARADIS.du québüc Trois collections Trois représentations du Québec à l’image DU PAYS RÊVÉ DU 24 JUIN A PARTIR au Musée canadien DES CIVILISATIONS HULL, QUÉBEC Canada MUStt CANADIEN CANADIAN MUSEUM DES CIVILISATIONS OF CIVILIZATION Le plus-que-parfait de l’objectif Une rétrospective des premières œuvres de Louis Muhlstock au Musée du Québec ^ L'ARCHITECTURE EUROPÉENNE ET LA TENTATION DE L'AMÉRIQUE, 1893-1960 CCA Centre Canadien d'Arthitetture/Canadian Centre lor Architecture 1920, rue Baile, Montréal, Québec, Conado H3H 2S6 Renseignements : (514) 939-7026 L'expo$ition a bénéficié d'une participation aux fiais de transport du consulat général de France à Montréal.RICHARD LACROIX 10 ANS DE GFLAVURES ET DE PEINTURES CHOISIES (1985-1995) LE SAMEDI 24 JUIN A 16 HEURES DURÉE DE L’EXPOSITION: DU 24 JUIN AU 18 SEPTEMBRE 1995 23, RUE AMBROISE-FAFARD, BAIE-SAINT-PAUL GOA 1BO 418-435-3681 STÉPHANE HAIE LA K G K O N LE DE VOIR Cf est un vieux monsieur de plus de 90 ans qui persiste et peint encore dans son atelier de la rue Sainte-Famille, à Montréal.Né en Ga-lide, dans l’Empire austro-hongrois alors que le siècle balbutiait, Louis Muhlstock est arrivé au Canada avant la Première Guerre mondiale.Inscrit aux cours du soir du Monument National dès 1918, à l’Ecole des beaux-arts en 1926-27, il a étudié à Paris, entre 1928 et 1931, auprès de louis-François Biloul, «un artiste mm cère qui travaillait dans la tradition des vieux maîtres», comme l’a décrit plus tard son élève.Une fois rentré à Montréal, alors frappé de plein fouet par la grande dépression, Louis Muhlstock s’est immédiatement mis au travail pour imposer sa propre contribution au développement de l’art québécois, qui s’étend maintenant sur plus de six décennies.Le Musée du Québec consacre une exposition à la production de la première moitié de cette carrière obstinée.Inaugurée en mai dernier et présentée jusqu’à la fin de l’été, cette exposition intitulée Louis Muhlstock, tout simplement, rassemble 81 œuvres des années 30, 40 et 50 qui permettent de prendre la mesure de cet artiste trop méconnu des Québécois qui s’est pourtant efforcé toute sa vie durant de témoigner avec finesse et empathie de la vie québécoise, et surtout des petites gens et du petit peuple de la métropole.Louis Muhlstock, qui travaille sa mécanique expressive avant l’avènement de l’abstraction, peint au plus-que-parfait de l’objectif.Sa chronique illustrée témoigne de l’existence rude et sans pitié des exclus et des damnés de cette portion de terre d’Amérique.«Il y a chez cet artiste une émotion qui transcende la banalité du quotidien, écrit John R.Porter, directeur général du Musée du Québec, dans sa préface au catalogue qui accompagne l’exposition.Au fond son œuvre est un peu une leçon d’humanité.Elle nous invite à respecter les gens et les choses.Elle nous fait pénétrer dans l’univers des quartiers ouvriers, dans le vacarme dé l’usine de guerre ou dans le monde parallèle des immigrés, des chômeurs et des laissés-pour-compte.T)ous ces gens, il les fait exister et leur confère une part d’humanité.» Des proportions mythiques Les peintures et les dessins de Muhlstock sont regroupés de façon thématique: les portraits de chômeurs, les travailleurs des usines d’armements, les scènes urbaines, les nus féminins, les paysages et les natures mortes.Les trois ou quatre premiers groupes de travaux sont particulièrement touchants.Surtout les œuvres réalisées dans les années 30, notamment des huiles et des fusains que Muhlstock, lui-même peu en moyens, réalisait souvent sur du papier d’emballage ou des sacres de sucre blanchis en guise de toile.Une des plus fortes, une huile de 1931-32, s’intitule Jos Vallée with a Bowl of Soup.Le chômeur à la figure émaciée, au regard lourd, incline la tête vers la cuillère suspendue à sa main, mais qu’il ne semble pas prêt à porter vers sa bouche.L’homme est visiblement noyé dans ses songeries tristes et noires.Le portrait de Jos Vallée a été repris par la suite en utilisant des techniques différentes comme le fusain et l’estampe.D’autres œuvres montrent des chômeurs endormis dans un parc, rencontrés eux-aussi aux hasards de promenades dans Montréal.Le fusain Waiting for Breakfast de 1932 met en scène sept chômeurs transis de froid qui se détachent comme autant d’ombres humaines sur un fond de ville enneigée.Mais même ici l’art de Muhlstock n’est pas d’abord un art engagé: comme celui de Georges Rouault, et surtout du Rouault du Miserere exposé l’an dernier au Gesù de Montréal, cet artiste transcende la réalité socio-politique pour témoigner de l’humaine misère avec lucidité et compassion.«Partout nous apparaît la marque de quelque chose de perdu qui ne se retrouve pas, écrivait d’ailleurs en 1936 un observateur attentif, le poète Saint-Denys Gameau.Ce sentiment de l’irrévocable se ma-: à la sensuelle mélancolie de ces ards et la tempère, la continue en visibilité plus spirituelle, plus pro-fondément humaine.» IJi second groupe d’œuvres particulièrement marquantes est produit Soudeur, de Ijouis Muhlstock.Concours Molinari AU MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Ce! été, visitez l'exposition GUIDO MOLINARI, UNE RÉTROSPECTIVE du 19 mai au 17 septembre et envolez-vous à destination de PARIS! Venez en grand nombre car chaque 5 000e personne visitant l'exposition aura la chance d'être inscrite au tirage du voyage d'une semaine pour deux personnes à destination de PARIS, incluant hôtel et frais de séjour, le tout d'une valeur de 7 500 $.Le nom du gagnant sera connu le 4 septembre, à 18 h.Une question d'habileté sera posée au gagnant.Règlements du concours disponibles à la billeterie du Musée.L'expositon GUIDO MOLINARI, UNE RÉTROSPECTIVE est une présentation de Hydro-Québec.Renseignements: (514) 847.6212 »¦» fh»wce#/ le devoir Mclub VOYAGES, CKAC73O0 LE CENTRE D’EXPOSITION DE BAIE-SAINT-PAUL VOUS PRIE D’ASSISTER AU VERNISSAGE DE L’EXPOSITION pendant le second conflit mondial, précisément pour glorifier l’effort de guerre du pays.Muhlstock, qui n’a pourtant pas alors reçu de commun de officielle, fréquente les chantiers maritimes de la métropole et dessine leur» ouvriers, le» travailleur» de l’ombre du monde libre, un soudeur visière baissée, un riveur accroupi, une ouvrière assignée à des tâches monotones, de tous jeunes apprentis ou de vieux manœuvres relégués à de légers travaux de routine.Par mo-ments, certains de ces sujets prennent des proportions mythiques, malgré l’économie de moyens déployée dans le dessin.On doit en plus s’attarder aux scènes urbaines qui revêtent une signification particulière dans l’histoire de l’art québécois, comme l’ont récemment souligné les spécialistes, Dans les années 30 et 40, Adrien Hébert s’intéresse aussi à la ville plutôt qu'aux sujets du terroir, mais il se concentre sur l’activité tirs citadins.Son urbanité est peuplé d’êtres en mouvement.Muhlstock propose au contraire des mises en scènes crues et nues de lieux inhumains, de logements déserts, de rue et même de ruelles souvent inoccupées d’où sourdent pourtant des traces de leurs misérables occupants.Ses œuvres comme la magnifique toile Basement with Tailor's Dummy, réus- sissent même à rendre le silence braillant d’une pièce imprégnée de la douleur des hommes.Un immense respect, là encore quasi spirituel, se dégage également des quelques nus de Louis Muhlstock présentés dans cette exposition.Par contre les paysages, et surtout la faible série des Von-Objectivt des années 50, contrastent avec la force et la sensibilité des travaux des premiers temps.Ce qui ne doit pas empêcher d’aller directement se frotter à l’œuvre de cette légende vivante de l’art québécois ou à tout le moins à se procurer le catalogue de cette exposition d’ailleurs offert à un prix d’an tan (moins de 10$).PHOTO PATRICK ALTMAN Sonner pour deux, une œuvre de Louis Muhlstock, artiste méconnu des Québécois qui s’est pourtant efforcé de témoigner avec finesse et empathie de la vie des petites gens et du petit peuple de la métropole.La Maison de VLB Étapes culturelles Un musée vivant dans les décors de L'Héritage et de Montréal P.Q.; une galerie d'art; une maison d'éditons; un magasin d'antiquités; un resto-bar végétarien.et Le Bonheur Total, un vaudecam-pagne de VLB au Caveau Théâtre.Ouvert tous les jours de 9 heures à minuit, en plein centre de Trois-Pistoles.Pour Informations: (418) 851-6852.Galerie Orients Extrêmes Art & Antiquités d'Asie 2 J 59, rue Mackay Montréal, Qc H3G2J2 Tel.: (SU) 843-6312 (SI4)689-3428 Fax,:(S14) 843 6312 i C 8 IK I) K V (H H ¦ I.K S SAMEDI 2 I K T 1) I M A X ( Il K 2 r> J 1' I X I 1» 1) ,1 -* LE DEVOIR «- LIVRES Cinquante ans après sa création, l’ONU demeure indispensable .JOCELYN COULON l'ONU Pierre Seigneur Editions Hachette, 195, 79 pages LE MYTHE DES NATIONS UNIES L'ONU APRÈS LA GUERRE FROIDE Pierre-Édouard Deldique Éditions Hachette, 1994,236 pages L'ONU Maurice Bertrand Éditions La Découverte, 1994, 25 pages l'ONU ET LA GUERRE LA DIPLOMATIE EN KAKI Sous la direction de Marie-Claude Smouts Éditions Complexe, 1994,159 pages LP ONU a cinquanle ans.Faul-il fê-t ter ou plutôt en profiter pour lire l’acte de décès, résultat de la mort annoncée par plusieurs d’une organisation incapable de régler certains problèmes qui demeurent, parfois, insolubles?Pour ma part, j’aime mieux fêter et bruyamment avec ça.Ceux qui croient que l’ONU est morte puisent leurs arguments dans les souffrances des Bosniaques et l’impuissance de la communauté internationale à régler le conflit en Bosnie.Mais ceux-là même — philosophes, journalistes et signeurs de pétitions — qui brandissent ces accusations étaient étrangement silencieux durant les guerres en Angola et en Afghanistan dans les années 70 et 80 et devant les souffrances, combien plus terribles, de leurs populations.Que dire aussi de leur silence actuel devant les centaines de milliers de morts au Liberia.Ce conflit atroce, aucun intellectuel, aucun cinéaste ne le couvre ou ne le dénonce.Est-ce parce qu’il s’agit de l’Afrique, ce continent qui semble n’intéresser plus personne?L’ONU est morte à Sarajevo.Sottise! Cette affirmation est une insulte à tout ce qu’a fait cette organisation internationale depuis sa fondation en 1945.C’est d’ailleurs une affirmation d’Occidental pour qui les seuls conflits importants sont ceux qui menacent sa sécurité physique ou sa tranquillité morale.Demandez-donc aux millions de Somaliens sauvés de la famine, aux millions de Mozambi-cains et Salvadoriens qui vivent maintenant en paix, aux millions de Photo ornant la page couverture de kaki.Cambodgiens qui n’ont plus peur des Khmers rouges et à ces millions d’autres hommes et femmes sauvés de la maladie, du sous-développe-ment et de la guerre par l’action de l’ONU et de ses organismes affiliés, PHOTO O BRISCOLL L'ONU et la Guerre, La diplomatie en ce qu’ils pensent des Nations unies.Vous obtiendrez une réponse bien différente de celle qui a cours dans les salons de Paris.Bien sûr, l’ONU n’a pas pu empêcher le génocide des Tutsis.Elle est impuissante devant ce qui se prépare au Burundi.Elle ne peut pas intervenir en Tchétchénie.Ses échecs sont nombreux.Et pourtant, il faut continuer à croire en cette organisation.Car c’est le seul forum vraiment international où tous — pays, organisations humanitaires et même individus — peuvent débattre des problèmes du monde et parfois trouver des solutions.C’est là l’indéniable succès des cinquante dernières années.Quatre livres sur l’ONU viennent d’être publiés depuis six mois.Ils n’ont rien de panégyriques à la gloire de l’organisation.Au contraire.Dans trois d’entre eux, les critiques et les suggestions de réforme sont nombreuses et bien ciblées.Ce qui n’empêche pas les auteurs d’estimer que l’ONU demeure indispensable.Dans, Le Mythe des Nations unies, Pierre-Édouard Deldique raconte la naissance de l’ONU et son développement au cours des cinq dernières décennies.Il dresse un portrait sympathique de Boutros Boutros-Ghali et consacre plusieurs chapitres à décrire les activités des Nations unies.Dans un style journalistique vif et toujours intéressant, l’auteur maîtri- se une documentation prodigieuse qu’il présente aux lecteurs de façon claire et compréhensible.C’est un ouvrage de première ordre.Il peut être aisément complété par celui de Pierre Seigneur, L'ONU, une espèce de petit guide Michelin, bien fait malgré quelques petites erreurs.Maurice Bertrand, inspecteur des Nations unies pendant dix-huit ans, connaît bien les rouages intimes de l’organisation.Son livre, L’ONU, donne une description impeccable du fonctionnement des Nations unies.L’auteur ne manque pas de rappeler les divers plans qui existent pour réformer l’organisation.On sens bien sa préférence pour une reconstruction et non une «réforme» de l’ONU.Enfin, dans L'ONU et la Guerre, les spécialistes réunis autour de Marie-Claude Smouts cherchent à comprendre pourquoi les récentes missions de maintien de la paix subissent parfois des dérapages.Ils réfléchissent aux conditions nécessaires pour que l’ONU puisse être utile à la solution des conflits contemporains.Pour ceux qui pensent que l’ONU est finie, ces quatre livres devraient leur redonner courage et espoir.L’ONU n’est pas morte, vive l’ONU.ETHNICITE ET ENJEl \ SOCIUA Mirhrhnr Ijlhclt?joMrph./.I.vry 382 pages, 29 dollars Micheline Labelle Joseph J.Lévy ETHNICITE ET ENJEUX SOCIAUX Le Québec vu par les leaders de groupes ethnoculturels EST S ELLER S L I B RAI R I E iÆ PANTOUTE ROMANS QUÉBÉCOIS 1.MAMAN LAST CALL, Nathalie Petrowski - éd.Boréal 2.CHOSES CRUES, Lise Bissonnetle - éd.Boréal 3.LA FIN DE SIÈCLE COMME SI VOUS Y ÉTIEZ (MOI, J'Y ÉTAIS), Brigitte Caron - éd.XYZ 4.AURÉLIEN, CLARA, MADEMOISELLE ET LE LIEUTENANT ANGLAIS, Anne Hébert - éd.Boréal 4V?ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.QUÉBEC.DES ÉCRIVAINS DANS LA VILLE, collectif - éd.L'Instant même/Musée du Québec 2.LIMITES À LA COMPÉTITIVITÉ, groupe de Lisbonne - éd.Boréal 3.ET DIEU CRÉA LES FRANÇAIS, Louis-Bernard Robitaille - éd.R.D.w ROMANS ÉTRANGERS I.LE MONDE DE SOPHIE, Jostein Gaarder - éd.Seuil 2.MONSIEUR MALAUSSÈNE, Daniel Pennac - éd.Gallimard 3.ÎLE DES GAUCHERS, Alexandre Jardin - éd.Gallimard 4.UN ENFANT DE LA BALLE, John Irving - éd.Seuil «r ESSAIS ÉTRANGERS 1.J'ACCUSE L'ÉCONOMIE TRIOMPHANTE, Albert Jacquard - éd.Calmann-Lévy 2.PETIT TRAITÉ DES GRANDES VERTUS, André Comte Sponville - éd.Puf.3.LES ENVIEUX - Francesco Alberoni - éd.Plon W LIVRE JEUNESSE 1.MONTRÉAL D'EST EN OUEST, Marie-Josée Cardinal (texte), Doris Barrette (illustrations) - éd.Les 400 Coups «r LIVRES PRATIQUES 1.GUIDE DU POTAGER, Benoît Prieur - éd.de l’Homme 2.GUIDE DES OISEAUX.André Dion - éd.de l'Homme 40." COUP DE COEUR 1.QUÉBEC.DES ÉCRIVAINS DANS LA VILLE, Collectif - éd.L'Instant Même'Musée du Québec 1100 rue Saint-Jean.Québec (Oc.) GIR 1S5.Téléphone: (418) 694-9748 Télécopieur: (418) (94-0209 Nos politiciennes souffrent-elles du «syndrome de la reine abeille»?QUE FONT-ELLES EN POLITIQUE?Manon Tremblay et Réjean Pelletier Les Presses de l’Université Laval, 1995, 286 pages, 24 $ GILLES LESAGE DE NOTRE .BUREAU DE QUEBEC Les femmes forment plus de 52 % de la population canadienne.Mais elles sont loin d’occuper une place correspondante en politique, dans les parlements notamment.Elles ne représentent pas encore 20 % des membres de la Chambre des communes et de l’Assemblée nationale du Québec.L’auteur principal de cet ouvrage, Manon Tremblay, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa, a tenté de voir s’il existe des différences dans l’expérience politique des hommes et des femmes, interviewant à fond 48 députées et députés du Québec uniquement.Elle croyait qu’aux différentes étapes de l’expérience politique — accès, exercice, départ —, les femmes et les hommes ne jouissent pas des mêmes possibilités et ne connaissent pas les mêmes pratiques; en conséquences, elles et ils n’expriment pas les mêmes valeurs et opinions, ni les mêmes modèles de comportement.La jeune chercheure féministe, avec le concours du professeur Réjean Pelletier, de l’Université Laval, a vérifié ces hypothèses à fond, certaines s’avérant, d’autres étant atténuées par les résultats de la recherche, la plus novatrice du genre au Québec.Les femmes et les hommes en politique au Québec jouissent-ils des mêmes chances dans leur cheminement vers le pouvoir?Tel n’est pas le cas, parce que les conditions d’insertion à la classe politique diffèrent selon le sexe.Au Canada et au Qué- bec, le profil des personnes retenues pour représenter les partis politiques îe jour du scrutin se confond — sans étonnement — avec le type idéal du parlementaire, soit un homme de race blanche, dans la force de l’âge, universitaire et ayant un solide statut professionnel.Les femmes sont donc plus susceptibles que les hommes de voir leur carrière politique affectée par leurs obligations familiales: si les hommes retardent leur entrée en politique pour des raisons d’ordre professionnel et personnel, les femmes le font plutôt en raison de leur progéniture, leur disponibilité à s’engager en politique croissant au fur et à mesure que leurs enfants grandissent.Sur elles, en effet, les obligations de la vie privée pèsent plus lourdement que sur eux.De plus, les règles du jeu politique contribuent à limiter les capacités politiques des femmes.Cette discrimination systémique se manifeste au moins à deux niveaux: dans les règles du jeu électoral, et au sein des partis politiques, notamment dans la résistance des establishments locaux à choisir des candidatures féminines dans des circonscriptions où le parti a des chances de remporter la victoire.Un modèle sexiste de 1 ’homo politicus persiste au moment de la sélection des candidatures, ce qui diminue la capacité des aspirantes parlementaires.D’autre part, les auteurs croient que des différences existent entre les sexes quant aux rôles du parlementaire, moins quant à la compréhension de chacun de ces rôles que dans la façon qu’ont les femmes et les hommes de les remplir.L’idée d’une différence de sexe persiste: pour les députées et députés, les femmes et les hommes ne gèrent pas le pouvoir de la même façon, et ce, pour des raisons d’ordre biologique, culturel et sociologique.Tout se passe comme si les femmes devaient avoir un cheminement exceptionnel pour pouvoir traiter d’égal à égal avec leurs collègues masculins; c’est lorsqu’elles ont fait la preuve de leur capacité à donner un excellent rendement dans l’univers politique qu’une relation de type égalitaire peut s’établir entre les sexes.En fait, comme l’exprime une députée, les femmes en politique vivent un véritable déchirement entre leur volonté de demeurer intègres face à elles-mêmes et celle de se faire admettre dans le «Club des boys», ce qui conduit inévitablement à des concessions.Représenter la population féminine Sur un autre plan, les deux chercheurs tentent de démontrer que les femmes en politique se reconnaissent la responsabilité collective de représenter la population féminine, ce que leurs collègues masculins leur nient par ailleurs.Les femmes constituent un groupe socialement défavorisé — tant dans la sphère privée de la famille que sur la scène publique — et c’est parce qu’elles appartiennent à cette minorité sociale, en ce qui a trait au pouvoir, que les parlementaires féminines sont susceptibles de représenter les femmes en général.Or, une telle solidarité féminine n’est pas évidente ou ne va pas de soi.Les élues plus anciennes peuvent éprouver quelque difficulté à se départir de leur rôle de femmes-alibis — qui implique une grande visibilité — au profit d’une solidarité entre femmes.Ceci n’est pas sans rappeler le «syndrome de la reine abeille» {Queen Bee Syndrome), dont l’une des manifestations consiste précisément pour les femmes à résister à la venue d’autres femmes dans le domaine où elles sont peu nom- breuses, tirant profit et bénéfice personnel de cette sous-représentation.Ce syndrome exprime la position de femmes qui croient qu’elles sont entièrement responsables de leur succès, qu’elles n’ont pas rencontré de discrimination dans leur ascension sociale et que les autres femmes n’ont qu’à faire comme elles pour arriver à leurs fins.En quelque sorte, il se comprend comme une réaction au phénomène de polarisation; en réagissant de cette façon, ces femmes refusent leur assimilation aux autres femmes.Une solidarité féminine?Il est donc plus juste de parler d’un préjugé favorable des législatrices envers la population féminine, lequel se manifeste ponctuellement et sur des questions isolées.S’il y a une conscience féministe, elle est timide et ambivalente.L’enquête révèle, contrairement à l’hypothèse de départ, que les rapports au féminisme varient peu pour chaque sexe.Le féminisme, oui, s’il s’inscrit dans une perspective égalitaire, libérale et humaniste.Au total, donc, l’expérience politique des femmes et des hommes n’est pas aussi nettement opposée que ce à quoi on s’attend généralement.En conclusion, les deux auteurs notent que notre système électoral ne défavorise pas seulement les femmes mais tous les groupes minp-ritaires qui ne parviennent pas à s'affirmer au sein de l’establishment politique.L’expérience des femmes s’inscrit dans un mouvement de contestation plus vaste en vue d’en aiTiver à un système électoral qui reflète plus justement les volontés populaires (par exemple, un système proportionnel de liste).Mais les femmes forment plus de 52 % de la population; leur faible nombre en Chambre apparaît d’autant plus cotp-me une iniquité flagrante au sein d’une société qui se réclame pourtant des principes démocratiques.Que font-elles en politique?La question est posée, avec compétence et sérieux, sur des bases originales.Intéressantes, les premières réponses nous laissent pourtant sur notre appétit.Heureusement, sur la lancée de sa thèse universitaire à Laval, Mme Tremblay poursuit ses recherches sur les femmes en politique et sur le féminisme, dans une optique comparative.LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest outremont, moritréal tel.: 27-1-3669 télec.: 27-1-3660 ¦ ut ^ / 362 jours par année Ven’d’est, le magazine du peuple acadien Trait d'union entre les imnrrmirrTB d'Acadiens dispersés à travers le monde, Ven'd'est est le magazine du UQ3S1B3SI mais U est aussi une revue d’intérêt général qui ITIJtJ-UTÏÏH tous, que vous soyez au Québec, dans les Maritimes, en Ontario, dans l’Ouest.Des dossiers de fond comme : Rw-i'm»m.«m-iIIIÙ-|1|I HTfia ou J Des portraits d'Acadiens célèbres : |2JQ32n3iDSE2EIEnESEEI Une rubrique généalogique pour retrouver les traces des lt-1-ITH-WdTlf-ÜMH-fiiMif inil Pour roTTHTHflll-f t par an.1 dès aujourd'hui en utilisant notre numéro sans frais.Renseignements et abonnement : 1 800 563-8363 Vendes! C P 430 • Petit-Rocher (Nouveau Brunswick) • EOB 2E0 I A I.K I) K V 0 I II .I.K A M K |)| il K T l> I M A X ( Il H i H J 1' I X I !• V l s ESSAIS QUÉBÉCOIS * Pour l’Autre après nous ROBERT S A L E T T 1 ?ENTRE NOUS (REBÂTIR NOS COMMUNAUTÉS) Marcia Nozick Traduit de l’anglais par Françoise Forest Écosociété, 264 pages Dans une entrevue au Devoir, le 13 mars dernier, Murray Book-Jchin, «le vieux lion de l’écologie sociale», dénonçait les dangers des idéologies vertes réactionnaires.Faisant allusion aux dérapages, à la limi-I te du fascisme, occasionnés par l’idéalisation de la nature et la I croyance à une pureté primitive de la civilisation — idée à laquelle il associait par ailleurs, erronément à mon [ avis, des penseurs comme Derrida, Foucault et Heidegger —, il rappelait | l'importance pour l’écologie de privi-I légier l’être Humain contre le libre marché et.l’Etat.Contre cette «écologie profonde», au sens de radicale, dont on trouvera une critique systématique chez Luc Ferry (Le Nouvel Ordre écologique, Grasset, 1992), la démocratie, confiait-il, joue son avenir dans les solutions que concevront les gens dans leur localité, dans une revivification de la vie communautaire.Voici que de chez Écosociété nous arrive la traduction d’un ouvrage de la Canadienne Marcia Nozick sur l’écologie communautaire, inspiré de la pensée de Bookchin.Il y a deux semaines, à propos du livre de Daniel Latouche et du Groupe lit Lisbonne, je mentionnait le «paradoxe du global» de John Nais-bitt selon lequel la mondialisation — terme en vogue s'il en esi — faisait en sorte que l’on agissait désonnais globalement en pensant localement.Il s'agit en fait d’une interprétation libre, sinon perverse, du slogan écologiste «penser globalement, agir localement» qui sert, avec le concept de développement durable mis en avant par le rapport Brundtland en 1987, de point de départ à la réflexion de Mme Nozick.Ce slogan est lui-même dérivé du fameux «small is beautiful» d’E.F.Schumacher qui reprend ici du service.Entre nous (titre original: No Place like Home: Building Sustainable Communities) constitue un ouvrage dont le but déclaré est l’édification de communautés viables, opposées à la pure rationalité économique, celle des Club Price et de ces entrepôts où l’on trouve de tout à meilleur prix mais où l’on vous oblige à devenir vous-même un entrepôt et à acheter en grosses quantités des légumes frais qui viennent d’un peu partout sauf de chez le cultivateur de la région.Marcia Nozick raconte par exemple qu’un jour, dans une épicerie géante de Winnipeg, elle ne put trouver que du sucre importé d’Angleterre, alors que Winnipeg est la capitale nord-américaine de la betterave à sucre.Entre nous est un livre orienté vers l’action.Non pas qu’il soit exempt de références et de réflexions, mais son originalité lui vient surtout des multiples mentions de projets, d’actions de citoyens ordinaires, de manifestations de solidarité communautaire qui en forment le cœur, après deux chapitres plus généraux consacrés à une introduction à la question du communautaire et à la dénonciation des conséquences économiques et humaines de la mondialisation: concentration des capitaux, désindustrialisation entraînant du chômage et accroissement du fossé entre les riches et les pauvres.L’auteur reconnaît cependant s’en être tenue, du point de vue de l’économie, à un survol de questions complexes.L’analyse politique (au sens strict) n’est pas non plus sa force, comme en fait foi son interprétation du rejet de l’Accord du lac Meech comme simple victoire de la démocratie.Mais la mise en valeur du développement local ne doit pas être interprétée comme un retour au coopératisme du début du siècle, et je suis d’accord avec Jean-Pierre Deslauriers qui mentionne dans la préface que l’affirmation du communautaire est aujourd’hui liée au développement des petites et moyennes entreprises et au cadre urbain de nos vies, ce qui est très différent de l'époque de l’éclosion du Mouvement Desjardins.Mme Nozick perd rarement de vue que 80 % des gens sont aujourd’hui des citadins.Les projets communautaires donnés en exemple dans les chapitres trois à sept visent à illustrer les cinq ingrédients essentiels au développement durable d’une communauté (à raison d’un ingrédient par chapitre), soit: ¦ l’autosuffisance économique, comme ces comptes d’épargne gérés par un organisme à but non lucratif et une banque «complice» et destinés à garantir des prêts consentis à des entreprises locales; ¦ l’harmonisation avec la nature, par le développement d’écovillages, de petites communautés permettant de respecter la diversité biologique des écosystèmes (question de contrer les effets dévastateurs des monocultures sur l’agriculture et de la pollution sur la survie des espèces): ¦ le pouvoir de décision, par l’émer- gence de groupes de pression, d'organisations de services communautaires, de groupes d'action ponctuels pour empêcher la construction d’une autoroute indésirable, l'épandage d'insecticides ou la démolition d’un immeuble historique ou, au contraire, forcer l’ouverture d’une garderie nonobst.mt le ministre, pirexemple; ¦ la reconnaissance des besoins do survie, d’autonomie et d’intégration de chacun, par la mise sur pied de projets d’agriculture et d’habitation communautaire S| ¦ le développement d’une culture communautaire, par la défense et la revitalisation du patrimoine architectural et historique, par des principes urbanistiques qui tiennent compte des sites naturels d’une ville ou d’un quartier et de la vie des citoyens, des piétons et des cyclistes.Plusieurs trouveront que tout cela est très utopique.Argument auquel Michel Jurdant (Le Défi écologiste, Boréal, 1984) a déjà répondu en faisant valoir qu’au contraire du socialisme, dont la théorisation a largement précédé la pratique, l’écologisme se fonde sur de nombreuses (et petites) expériences vécues, que l’ouvrage de Marcia Nozick retrace et met en perspective.Il existe plusieurs définitions de l'écologie, des heureuses et des moins heureuses.Et il existe deux manières de voir le rapport à l'Autre qui définit le réel et la vie.Il y a l’Autre en face de nous, nos amis ou nos amants, tout ce qui nous permet de construire notre identité psychique et sociale immédiate; mais il y a un autre Autre, l’Autre après nous, nos enfants, tout ce qui prolonge notre identité et la projette dans le long terme, quelque chose que la société actuelle a tendance à négliger mais que l'écologie a parfois le mérite de prendre en compte.Nous sommes aussi ce nous projetons d’être.LITTÉRATURE CANADIENNE-ANGLAISE Affreux, sales et méchants SOPHIE G I R O N N A Y ?ALEX & ZEE Milton’s Elements Cordelia Strube, Coach House Press Cordelia Strube est tombée comme une bombe dans le paisible et vallonné paysage de la littérature ca-nadienne-anglaise l’an dernier, avec son premier roman Alex & Zee, l’étude au microscope d’un couple qui se défait.Hourras, bravos, feux d’artifice: une étoile noire était née.Elle vient de récidiver avec Milton’s Elements.Terrible, terrible! Mais là, ça va sans doute un petit peu loin pour l’«anglo-saxo-nie» tranquille, même pour les critiques littéraires qui semblent avoir moins aimé (moi pas).Trop loin dans le genre prolo, dans le genre grand guignol sardonique.Si ses romans étaient des films, ils auraient pour titre Affreux, sales et méchants ou Un monde sans pitié.Cordelia Strube.Retenez bien ce nom.Cordelia Strube vit et travaille à Toronto où elle a écrit des pièces pour la radio et s’est essayée à la carrière de comédienne.J’ignore si c’est avec succès ou non.J’ignore si, dans le monde latin, on entendra parler d’elle par ces romans-là, par les suivants, ou par d’autres pièces de théâtre, qui seraient pour la sçène cette fois.Ce serait chouette.À moins que la jeune dame ne tourne mal avant, grugée par la désespérance vitriolée de cet univers qu’elle décrit si bien qu’on l’en croit issue.Sur sa photo, elle a l’air d’une petite maudite («d’une maudite folle», précise mon chum, qui en connaît un rayon là-dessus, sans vouloir me vanter).En tout cas, Cordelia Strube a le sens du dialogue, qu’elle exploite à fond dans Milton’s Elements.Ça pète, ça grésille comme du vieux popcorn dans un four à micro-ondes pourri, branché dans un fond de ruelle par un soir d’orage électrique.Elle a aussi un sens absolu de la tension dramatique.Sous le tissu mité à carreaux bruns et caca d’oie du «chesterfield», les ressorts sont tendus à craquer, ne laissent personne se prélasser ni — comme dit l’une des héroïnes, exaspérée par la passivité de son copain — passer ses journées «le pouce dans le trou du cul à contempler le sens de la vie».Les minuscules éléments banals de l’existence, comme ouvrir une bouteille de lait, en renverser sur le comptoir, remarquer un cadavre de mouche, passer un linge sur la toile cirée, avoir le cerveau en compote et ne pas ré|X)ndre au téléphone, laisser sonner.Tout cela s’enchaîne à un rythme implacablement régulier, raconté dans un style d’une ravageuse simplicité.Prenez garde.Cent pages, trois cents pages plus loin, vous se- rez encore accroché aux restes d’amour non identifiés de Zee et Alex, aux non-aventures de Milton, chômeur mollasson et analphabète, accroc de la télé (et de documentaires sur les animaux), plaqué par sa blonde.Milton et son haineuse et haïssable mère cardiaque, Milton et sa sœur obèse et martyre, son autre sœur mythomane cokée et leur frère décorateur, le chouchou de maman, en train de mourir du sida et tellement «bitch» qu’on se dit que c’est bien fait pour lui.Affreux, sales et méchants, je vous dis.On avance dans ce monde caricatural, d’abord incrédule, puis hilare, mais pourtant touché, en se disant «non c’est pas vrai, elle n’osera pas».Mais si, elle ose.Oh, cette scène où la mère refuse de reconnaître son fils idéal dans cet agonisant sidatique et où elle lui tire dessus à coups de revolver — et ce n’est que l’amorce de la scène! Et cet autre morceau de bravoure, dans lequel une équipe de télévision débarque à l’improviste chez Milton, subitement devenu un héros local pour avoir sauvé de l’incendie une jeune sans-abri.Sous l’œil de la caméra, une rencontre surprise est organisée entre lui et cette jeune fille, qu’il n’a pas revue depuis l’accident et dont il s’était mis à rêver vaguement comme un palliatif à sa solitude.Déception.Alors, il n’y a plus que le formidable talent de Cordelia Strube pour rendre physiquement palpable l’absence de contact entre ces deux êtres, le degré zéro de la communication humaine et tous ses corollaires.CORDELIA STRUBE Cgr elle est subtile, Cordelia Strube.A force de traquer au laser tous les signes extérieurs de fausse sentimentalité, qu’elle pourchasse sans pitié comme autant de coquerelles méprisables, l’écrivaine rapporte de la chasse quantité d’émotions vraies.Au fait, elle porte drôlement bien son prénom, Cordelia.Seule des trois filles du roi Lear à réellement aimer son père, Cordelia fut aussi la seule qui refusa de donner au vieux roi les protestations d’amour filial qu’il lui réclamait en échange de sa paît d’héritage.Les sentiments sincères sont choses trop fragiles pour être mis à l’étalage au marché de la belle éloquence.Cette chronique fera relâche pour juillet et août.À ceux qui cherchent des suggestions de titres, je rappelle mes découvertes de l’hiver (en plus de la Strube susnommée): Guerrilla Beach, d’Oakland Ross, Sonya & Jack, de David Homel, The Fire Line, de Trevor Ferguson, et, du même, The True Life Adventures of Sparrowdrink-water (qui sortira en traduction l’automne prochain aux éditions de La Pleine Lune, youpi).Sans oublier tout Alice Munro.ni Carol Shields qui, entre-temps, a décroché le Pulitzer.Quant à moi, je vais profiter de l’été pour combler quelques lacunes en «Canadians».Je prévois un Atwood, Qui a vu le vent?, de W.O.Mitchell, des Jane Urquhart, un Ondaadje.Puis je replongerai avec délices dans l’eau pétillante et claire de la littérature d’expression française.C’est qu’on en perdrait son latin, à force! BAIE T LE GUIDE TOURISTI QJU E PAR ROXANE FRASER ne grande première, car il n'y avait aucun guide touristique pour les voyageurs désireux de découvrir ce magnifique coin de pays! Ce guide vous propose la grande aventure de la Baie James: une expérience unique, à tenter seul ou avec la famille.Plus de 140 photos couleurs ét 25 cartes géographiques et plans de villages.Des renseignements pratiques sur l’histoire et la géographie, les curiosités à voir, les visites des centrales hydroélectriques, les pourvoiries de chasse et pêche, les villages cris et les multiples façons de s'y rendre.Pour des vacances pas bêtes! vlb éditeur DE LAgraïmde LITTÉRATURE T O U K N DIX M O N D B Y R lî S Doux oiseaux de la jeunesse à Taïwan Il I-; R V É G U A Y ?GARÇONS DE CRISTAL Bai Xianyong Traduit du chinois par André Lévy Flammarion, Paris, 19%, 373 pages Parce que je ne ferai certainement iras le tour du monde cet été, parce qu’en fait je ne ferai probablement jamais le tour du monde — toute une vie ne suffirait même lias à en faire le tour —, j’ai préféré cet été faire le tour du monde en une dizaine de livres.Ces lignes ont donc pourobjet l’explo ration de terres étrangères étant donné que la littérature se fait souvent géographie et vision du monde.J’irai donc dans des villes et des pays où je ne suis jamais allé, guidé par des écrivains d’horizons divers, à raison d’une ou deux contrées par semaine, découvrir un espace et présenter un monde.Histoire de vous transmettre ce que certains écrivains ont couché sur papier |xmr rendre compte de la singularité d’un lieu, d’une capitale, voire d’une nation.Tout commence à Taipei.Rien ne me préparait à ce que j’en ai découvert avec ce roman de Bai Xianyong.De Taïwan, je ne connaissais rien avant de lire ces pages.Je sais à présent qu’au centre de Taipei, aux abords de l’avenue du Musée municipal, se trouve un jardin où fleurissent les lotus.Il y a bien longtemps, au même endroit, c’était plus beau et plus sanglant: dans un bassin flottaient des nénuphars rouges.À vrai dire, il s’agit moins d’un parc que d’un royaume au territoire exigu et menacé qui «ne connaît que la nuit noire».Là survivent les garçons de cristal, une bande de jeunes Taïwanais qui n’ont nulle part où aller.Leur famille les a virés.Leur préférence ne se prête pas au grand jour.Et ils monnayent ce qu’ils ont de plus précieux, leur jeunesse, dans l’espoir qu’un soir, un homme plus âgé les prenne chez lui et les tire du ruisseau.Je me demande toutefois si ce que cherchent ces petits voyous, exilés dans ce jardin d’ombres, ce n’est pas au fond un nouveau père qui remplacerait celui qui les a chassés et repoussés.Toujours est-il qu’à Taiwan, la famille semble reposer sur les épaules du père.Tel est du moins ce que met en lumière Bai Xianyong, qui enseigne à présent le chinois en Californie.En effet, presque tous ses personnages règlent leurs comptes avec une figure paternelle ou en incarnent une, que ce soit les quatre jeunes prostitués au centre de son récit ou encore le vieux monsieur Fu et son neveu Phénix, aux amours tragiques.Ses personnages ont aussi en commun d’être possédés par «un corps en proie à l’insoutenable torture de brû- lants désirs, un cœur souffnuU à la folie de la solitude.Ces cœurs affolés deviennent à minuit comme des bêtes féroces échappées de leur cage qui se lancent à la poursuite de leur proie toutes griffes dehors.» Au début, le commence de chair air quel se livrent les adolescents se passe effectivement à l’extérieur, sous la seule protection d’une rangée d’arbres à pain.Mais l’instructeur Yang veille sur ses protégés et leur procure plus tard le toit d’un cabaret |x)ur y gagner leur vie dans les règles.Naturellement, ça ne durera pas.Le reportage d’un journaliste véreux acculera à la faillite «Terre de Béatitude» et dispersera la )x*tite fraternité.Voilà résumé en quelques mots le cadre de ce roman par lequel une part occultée de Taipei revit.Demi-monde qui possède ses légendes, ses héros, cie même que ses figures tutélaires.Parmi elles, l’ancien acteur de cinéma, sieur Sheng, mais aussi le jardinier Guo.Celui-là même dont l’album de photos (Recueil d'oiseaux au printemps de la jeunesse) illustre des années de prostitution masculine au cœur de Tai-ix*i, de la même manière que Garçons de cristal rappelle les origines du jardin public avant de se concentrer pour l’essentiel au début des années 70.Il en résulte une galerie attachante de mauvais garçons, solidaires les uns des autres, à la pureté d’autant plus éclatante qu’elle s’affiche dans des conditions précaires.Il y a Qi Lang qui, d’un bout à l’autre du roman, tâche de se trouver un nouveau petit frère; le Souriceau qui ne veut pas quitter le sien, même s’il le roue de coups; Petit Jade qui ne désespère pas de dénicher le |x*re japonais que lui a vraisemblablement inventé sa mère; Wu Lin qui retourne auprès du vieil amant qui l’a jadis mis à la porte.En contrepoint à cette jeunesse, Bai Xianyong dépeint de plus maints personnages d’âge moyen ou avancé qui ne cèdent rien à leurs cadets en complexité.Il faut dire que cette chronique atypique abonde en portraits saisissants et en récits enchevêtrés, bien servie par une langue riche et imagée.Le romancier excelle à passer d’un niveau de langue à l’autre, maniant avec autant de vigueur les dialogues où volent insultes et vulgarités que les scènes au style plus orné.En vérité, l’écrivain sonde les mystères de Taipei avec justesse.Son ouvrage s’inscrit dans la grande tradition du roman populaire.Sans rester sourd aux malheurs de ses créatures, il ne les absout ni ne les condamne.Il compatit et les raconte, c’est tout.Dans sa saga, l’avarice, la petitesse, la vilenie côtoient les grands élans du cœur.Tout en baignant dans la vénalité, ses héros manquent d’amour.D’autres regrettent leur jeunesse envolée.Tous sont meurtris.Seul un grand romancier pouvait parvenir à relater sans sensiblerie le parcours de ces oiseaux tombés du nid.Pour ce faire, Bai Xianyong allie une plume alerte et un regard généreux, de sorte qu’à Taïwan comme chez Tennessee Williams, doux sont les oiseaux de la jeunesse.ap&*« p ¦A# ACHÈTE f) ET VEND AU MEILLEUR PRIX 9 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET QUALITE 713 Mont-Royal Est, Mtl Métro Mont-Royal 523-6389 Métro Sherbrooke 849-1913 « Liu rena Obvier JuŒïSn \lù b e! Fo/iiti/ilt.Fana i/i tanJo lin nibilifint LiBI K C 0 I.K I) K V 0 I It I.K S S A M K I) I 2 I K T DI M A N (' Il K 2 S J I’ I N I I) Il .1 LA TEE DU WEEK-END * S CE SOIR / *-» v DÉFILÉ DE LA FÊTE NATIONALE DU QUÉBEC Pour ceux qui ne voudront pas se frotter à la foule, le défilé dans votre salon, avec le fleuve Saint-Iuiurent pour thème.Sortez vos drapeaux! TVA, Radio-Canada, 14h *nn^x PAULE DES RIVIÈRES PERFECTO Jean-Paul Gaultier présente une rétrospective du siècle dans sa collection printemps-été 1995; le sanctuaire du tailleur anglais avec Gieves & Hawkes; les bourses de la fondation Mode Matinée aux designers québécois.Radio-Canadu, l(îh30 LA SYMPHONIE DU QUÉBEC DES FRANCOFOLIES Tirée du spectacle de clôture de l'édition 1994 des Francofolies de Montréal, l'émission permettra d'entendre une enfilade d'artistes québécois, dont Paul Fiché, Richard Séguin, Michel Rivard, Daniel Bélanger Laurence Jalbert.TV5, 20h30 QUÉBEC! BEAUCOUP, PASSIONNÉMENT En direct du parc Maisonneuve à Montréal, le spectacle de la Saint Juin Baptiste avec Paul Fiché.Ixiurence Jalbert, Les Colors, Emetine Michel et Iran-Guy Moreau.Radio-Québec, 21 h (dimanche SRC, 20b) O (X) CD meso 9 (D 12 CE) Perfecto Cinéma/LOUIS JOUVET/ Voeux provinciaux (17:53) Le Téléjournal / Nouvelles du sport (18:20) Country./ Bobby Hachey, Céline et Guylaine Royer Taquinons la planète! Sur invitation / Gilles Vigneault Hockey / Red Wings - Devils Le Téléjournal/ Nouvelles du sport (22:50) Cinéma/LA VRAIE NATURE DE BERNADETTE (3) avec Micheline Lanctôt, Donald Pilon (23:20) OCDQD OO 9) CD 031 OU S® Les Ailes de la mode/ Dernière Vidéo Rock Détente Star Plus .Le TVA Docteur Doogie Cinéma/HAIRSPRAY (5) avec Ricki Lake, Leslie Ann Powers Cinéma /CAUSE PERDUE (4) avec James Woods, Robert Downey jr Le TVA & le TVA Sports Loteries (23:42) / Cinéma/ L'AFFRONTEMENT (5) (23:55) gngsdl) (3®f4® Skippy National Geographic La Saga d'Archibald Le Monde merveilleux de Disney Le Saint-Laurent Québec! Beaucoup, passionnément! Cinéma/FRENCH CANCAN (3) avec Jean Gabin, Françoise Arnoul ClHDŒ® 60(35)@D Le Petit Journal Les deux font la loi Le Grand Journal Salle des nouvelles Cinéma/J.A.MARTIN PHOTOGRAPHE (3) avec Marcel Sabourin, Monique Mercure Cinéma/POUVOIR INTIME (4) avec Marie Tifo, Pierre Curzi Le Grand Journal Passion plein air 0 0 CD Showjumping Newswatch Saturday Edition Busy Bodies Empty Nest Hockey / Red Wings - Devils Saturday Report / The Country Beat (23:17) Saturday Evening News Personal Best CD OU CD NBA Expansion.RoboCop: The Series Newsline Regional.Wheel of.Jeopardy! Dr.Quinn, Medicine Woman Cinéma/FAR AND AWAY (4) avec Tom Cruise, Nicole Kidman (1/2) CTV News Nightline Star Trek: Deep Space Nine Pulse Country Prof.Star Trek: Voyager Highlander II Puise CD m (22) Wide World of Sports News ABC News Wheel of.Jeopardy! Me and the Boys Bringing Up Jack Cinéma/THE SHAGGY DOG (5) avec Ed Begley Jr., Sharon Lawrence News The Road Hard Copy Murphy Brown Current Affair ABC News Simpsons Star Trek: Deep Space Nine Baywatch CD m Golf / Hartford Open (16:00) News CBS News E.T.: Weekend Edition Dr.Quinn, Medicine Woman Touched by an Angel Walker, Texas Ranger News Forever Knight Wheel of.Jeopardy! Pub (D g® NBA Expansion.Volleyball de plage NBC News Jeopardy! Cheers Empty Nest John Larroquette Madman of the People Law & Order Saturday Night Live Inside Edition Siskel & Ebert 03 (57) Delia Smith's Graham Kerr's Frug.Gourmet The Lawrence Welk Show Austin City Limits Keeping Up.Waiting for.British Rail Journeys Red Green As Time Goes | Cinéma/THE FATAL GLASS.| Mailbag (16:54) Natural World Today's First Media Watch Inside Albany The Editors McLaughlin French Fields Keeping Up.To the Manor Brittas Empire Red Dwarf Austin City Limits Cinéma CD m Batman Bugs Bunny & Tweety Show News .Election Red Green Wilderness Heart of.Family Play.Cosby Mysteries TheCommish | Global News Saturday Night Bookmice Zoe/Polk/Nat Polka Dot Wonders of.Senior Report National Geographic Cinéma / SHADOW OF A DOUBT (3) avec T.Wright, J.Cotten Conv.(21:55) Cinéma / SPELLBOUND (3) avec I.Bergman | (SH) European PGA Championship Indy Lights Speedweek Sportsdesk WWF Wrestling Raw Boxing / Tony Tubbs - Alexander Zolkin Cup Harness Racing |In Baseball | Sportsdesk SU) Championnat de snooker (1&00) Fundoor de Bercy Sports.Sports 30 Semaine au.Squash 1995/Tournoi AMA 600 Supersport 1995 NBA Action Superstars WWF Sports 30 Autodrome.m Vins.Journal suisse Thalassa Régions/Vis.Journal FR2 Faut pas rêver La Symphonie du Québec Clip Postal Journal belge Visions Cercle.(23:15) m De Cape (16:00) Télé-pirate Parole de.Shlak .petite peste Robin des bois Skippy (ME Musique Vidéo (13.00) IVoxPop Perfecto Fax Cimetière CD Cinéma/TABARNACH! (5) Documentaire Bouge de là I BlackOut (MM) VideoF.(14:30) I Daily R.S.V.P.SuperHitVideo The Partridge Spotlight Start Me Up Big Ticket: Jaded in Chicago VideoFlow (22:25) Spotlight m Jack.(15:05) Germinal (16:45) Les Chemins du coeur (19:20) Le Flic de Beverly Hills III I Le Club de la mort (22:45) (m) Blade Warriors Woody Wood.Rocko's Life Squawk Box Are You Afraid Sweet Valley.Cinéma / THE POINT (4) Dessins animés Dream Date.The Campbells Snowy River: The McGregor Must Be Mad! (rvD Addition SVP I Miroir, Miroir L'Enquête Rock en danse Juke Box Watatatow Miroir, Miroir Roulette VIP Black Jack 21 L'Enquête Psychotron L'Ascenseur Black Jack 21 | Roulette VIP Miroir, Miroir GP The Little Rascals (16:00) Bullets Over Broadway (17:30) The Little Rascals (19:30) (21:15) A Low Down Dirty Shame (20:45) Flesh for Fantasy (H5D Bulletin santé I Aujourd’hui Bulletin jeunes Montréal.Mtl en sped Monde ce soir Griffe Reportages / .soleil à Daytona | Le Téléjournal Scully Mémoire./ Vents de la mort La Ruée vers l'art CD Cinéma / CAUSE TOUJOURS.(4) (16:00) Kilomètre-heure Destination aventure Nova Grands Crimes du XXe siècle Cinéma / MORT D'UNE FOURMI (4) Samedi de rire | ï j) W J ili *-> S «> Jf .- ^ U O' PAULE DES RIVIÈRES LE MONDE MERVEILLEUX DE DISNEY Le monstre de la Baie aux fraises.Première de deux.Les enfants d'une école de campagne cherchent à capturer un monstre légendaire.Radio-Québec, 16h LOST CIVILISATIONS Première d'une série de dix sur les civilisations anciennes.Ce soir, la poursuite de l'excellence et la recherche de l'immortalité chez les Égyptiens.NBC, 19h 7 SUR 7 Parmi les invités, le coureur automobile Jean Alési, qui a remporté la course au Grand Prix de Montréal il y a deux semaines.TV5, 19h30 Jean Alési, le coureur automobile vainqueur au Grand Prix de Montréal.A %» GRANDS REPORTAGES Le prix de l'or.Les ravages écologiques de la course à l'or au Brésil.Et les coûts en vies humaines.RDI, 20h MHIII1 IHWSÎiB o cm SI GQCzDO ?DIDO® CO Pour tout l'art du monde / Carlos Ott (16:00) Les Contes d'Avonlea Le Téléjournal Découverte/ Objectif Canopée (18:10) Juste pour rire/ Pierre Légaré, Marie-Lise Pilote, Daniel Lemire Québec! Beaucoup, passionnément! OU: Cinéma / PORTION D'ETERNITE (4) avec Danielle Proulx, Marc Messier Le Téléjournal Le Point (22:20) / Nouvelles du sport (22:45) Cinéma/CESAR (3) avec Pierre Fresnay, Raimu (23:15) OSICjD asm PlgïTliÏ3i (4® Cinéma / LES PASSAGERS DE L'ANGOISSE (5) (15:30) Automag Plus Vins et fromages Le TVA Lassie Cinéma / LUI, MOI, ELLE ET L'AUTRE (5) avec Cybill Shepherd, Robert Downey Jr.Les FrancoFolies de Montréal / La Symphonie du Québec Le TVA & le TVA Sports Série IndyCar/ Portland (23:44) g® (Ï7) (24) (3® (4® Le Monde merveilleux de Disney (16:00) National Geographic Globe Trotter Cinéma/LES MISÉRABLES) Dessins animés (5) Mode d'emploi en rappel .Objectif- Robert Doisneau Eve et Marilyn (20:25) Cinéma / UN TAXI POUR TOBROUK (4) avec Lino Ventura, Charles Aznavour Cinéma / LA LIGNE DE CHALEUR (5) avec Gabriel Arcand, Simon Gonzalez (22:35) [2)0(3® 03(3® (4® Le Petit Journal Histoire de chien Le Grand Journal RoboCop seaQuest, gardien des océans Sonia Benezra / Spécial Marjo: Nanette Workman, Carole Morin Cinéma / LE MATOU (4) avec Serge Dupire, Monique Spaziani 00 CS Cnd Synchro Swim Olympic Trial (16:00) Ear to the Ground Street Cents Magical World of Disney The Road to Avonlea Cinéma/THE FIELD (3) avec Richard Harris, John Hurt Sunday Report Venture (22:25)/ Nation’s.(22:55) Sunday Report CBC News The Country Beat ma® ta Computer Ins.Missing Child.White Fang Newsline L.LaPierre Something Wilder On Our Own Th„ New Adventures of Superman Cinéma/FAR AND AWAY (4 ai/pp Tnm Hmiçp Ninnle Kirlr nan r?/?1 CTV News Nightline Puise Nature Watch Automag Plus FT Fashion TV Puise Travel, Travel cm (13) (22) Pro Boxing Series (15:30) Course automobile / NHRA Spring Nationals News ABC News Gettin' Over Funniest Home Videos Cinéma / HEARTBREAK RIDGE (5) avec Clint Eastwood, Mario Van Peebles News Sports (23:20) E.T.: Weekend ABC News Simpsons Star Trek: Voyager cm m Golf / Hartford Open (16:00) News Emergency.60 Minutes Murder, She Wrote Cinéma / LABOR OF LOVE: THE ARLETTE SCHWEITZER STORY (6) avec Ann Jillian, Tracey Gold CBS News Precinct (23:15) News Time to Take.Telethon (12:00) Golf / Hartford Open News cm CBD Gymnastics.(15:00) Volleyball de plage Pub News NBC News Time Life Videos / Lost Civilization SeaQuest DSV Cinéma / JOURNEY TO THE CENTER OF THE EARTH (6) avec David Dundara, Farrah Forke Sightings News N.Y.(23:35) CS (57) World Review Firing Line VT this Week All Creatures Great and Small I Wild America Naturescene Nature/Gorilla Masterpiece Theatre / Sharpe | A Fighter Pilot Story Mystery! Mystery (16:00) Burt Wolf's Travels in.The Ghostwriter Hour All Creatures./ Mailbag (19:52) Evening at Pops MGM: When the Lion Roars Cinéma /MOVIE MOVIE (4) m m Places.(16:00) Bugs Bunny & Tweety Show Newsweek 60 Minutes Murder, She Wrote Married.My Wildest Jalna Global News Sports Maya Arthur Claire fontaine Bisou / Léa Volt | Dimanche classique / Mozart en tournée |Cinéma/TANDEM (4) avec Jean Rochefort | Cinéma animé Panorama es® IndyCar Racin g (16:00) Across.Sportsdesk White Water.Baseball / Giants - Dodgers Sportsdesk SU NBA Action Golf PGA / Championnat Nationwide Sports 30 Rodéo du Québec Sports 30 Semaine au.(HD Faut.(16:00) Journal suisse 130 Millions I L'École des fans / Visions Journal FR2 7 sur 7 | Bouillon de culture Paris lumières Journal belge Visions.Cercle.(23:15) (SE) De Cape (16:00) .petite peste L'Heure magique / Pif et Hercule (19:15) Parole de.(ME) M.V.(15:00) Flashback I Fax I Box-office Possession.Musique Vidéo j Cinéma /TABARNACH! (5) Documentaire QuébecPlus Musique Vidéo (MM) VideoF.(13:30) ClipTrip History of Rock Elvis.Spotlight [Combat des clips MuchEast MuchWest Elvis.Spotlight d® Au train (15:25) La Firme (16:50) Voyage [Black Beauty | Le Prédicateur Wild Kingdom Chronicles.Spiderman Rupert Dog City Are you Afraid Sweet Valley Weird Science YTVNews [The Hit List Rough Guide Missing Treas.Max Glick (SD Addition SVP Peter Gabriel L'Ascenseur L'Enquête Watatatow Roulette VIP Black Jack 21 Rock en danse Juke Box Miroir, Miroir | Psychotron Black Jack 21 | Roulette VIP Miroir, Miroir L'Indiscret @ A Low Down Dirty Shame (16:15) The Little Rascals (17 45) | WWF King of the Ring (19:00) (22:00) [ A Low Down Dirty Shame (20:45) Flesh for Fantasy dm) La Fosse.Aujourd'hui Bulletin jeunes Le Point de presse Monde ce soir | Griffe Reportages / Prix de l'or [ Le Téléjournal Scully RDI [ Mémoire vivante Accent franco.Bulletin santé [ cm Cinéma /GIGI (3) avec Leslie : Caron (16 00) Le Goût du monde On a marché sur la terre En rappel.Gilles Vigneault Filière D / L'HUMEUR À L'HUMOUR Documentaire Mission impossible Al! PETIT ÉCRAN J.A.MARTIN PHOTOGRAPHE (3) Can.1976.Drame psychologique de J.Beaudin avec Marcel Sabourin, Monique Mercure et Jean Im-pointe.Un photographe ambulant effectuant une tour- ' née annuelle se voit obligé d'emmener sa femme.TQS 19h -?- FRENCH-CANCAN (3) Fr.1955.Comédie musicale de J.Renoir avec Jean Gabin, Françoise Amoul et Maria Felix.Une jeune blanchisseuse devient danseuse vedette au Moulin-Rouge.RQ 21 h -?- POUVOIR INTIME (4) Can.1986.Drame policier de Y.Simoneau avec Marie Tifo, Pierre Curzi et Jacques Godin.Le hold-up d’un camion de sécurité est mis au point grâce à de nombreuses connivences, mais l’affaire tourne mal.TQS 21h * CAUSE PfRDUE (4) (True Believer) É.-U.1988.Drame judiciaire de J.Ruben avec James Woods, Robert Downey Jr.et Margaret Colin.Un avocat contestataire qui a accepté de défendre un Coréen accusé à tort de meurtre découvre d'étranges failles dans l’enquête policière.TVA 21h CINÉMA AU PETIT ÉCRAN GIGj (3) É.-U.1958.Comédie , musicale de V.Minnelli, avec Leslie Caron, Maurice Chevalier et Louis Jourdan.Élevée en vue d’une vie galante, Gigi rêve d’amour sincère et de mariage.Canal D 16h -?- UN TAXI POUR TOBROUK (4) Fr.1960.Drame de guerre de D.de la Patelliè-re avec Lino Ventura, Charles Aznavour et Hardy Kruger.Quatre soldats français regagnent leurs lignes avec un prisonnier allemand.RQ 21h -«- LE MATOU (4) Can.1985.Comédie dramatique de J.Beaudin avec Serge Dupire, Monique Spaziani et Jean Car-met.Le jeune propriétaire d’un restaurant est en butte aux manœuvres occultes d'un mystérieux vieillard.TQS 21 h JDTFROI 4 (4) Fr.1934.Comédie de M.Pagnol avec Vincent Scotto, Henri Poupon et Annie Toinon.Un paysan est bouleversé à la pensée qu’on doit abattre les arbres de son verger.SRC 23hl5 (1) Chef-d’oeuvre (2) Excellent (3) Très bon (4) Bon (5) Passable (6) Médiocre (7) Minable.DECOUVERTES- l'aventure do la science oli;i(|iio mercredi.LE DEVOIR h b I il il 5 .1 U I N H I M A \ (' Il K A M K l> I U t! V II I II I.K S AGENDA CULTUREL CINÉMA 1280.Berri (288-2115) — Batman à jamais I3h, 16h.I9h, 21 h 30; dern.rep.ven.sam.minuit — Johnny Mnémonique 12 h 45, 15h, 17 h 15,19 h 30, 21 h 45; dern.rep.ven.sam.minuit — Marche ou crève 13h, 16h, 19h, 21 h 40; dern.rep.ven.sam.0 h 15 — Casper 12h,, 14 h 20,16 h 40,19h, 21 h 20; dern.rep.ven.sam.23 h 30 — La petite princesse 13h.15h, 17h — Eldorado 19h, 21 h 15: dern.rep.ven.sam.23 h 15 BROSSARD: (849-3456) — Die Hard With A Vengeance 13 h 30, 16h, 19h, 21 h 30 — Casper (v.a.) 13 h 30,15 h 45,19 h 15, 21 h 30 — Congo (v.f.) 13 h 35,16h, 19 h 10,21 h 35 CARREFOUR LAVAL: 2330, Le Carrefour (688-3684) — Johnny Mnémonique (v.f.) 13 h 40, 16h, 19 h 05, 21 h 10 — Johnny Mnemonic (v.a.) 14h, 16 h 15,19 h 15, 21 h 20 - Glass Shield 13 h 45,16 h 15,19h, 21 h 20 - French Kiss 14h, 16 h 30,19h, 21 h 15 — Quand lombe la nuit 13 h 50,16h, 19 h 10, 21 h 15 - Oie Hard With A Vengeance 13 h 30,16 h 15,19h, 21 h 30 CARREFOUR UU NORD: 900, bd Grignon — Casper (v.f.) 13h, 15h, 17h, 19h, 21 h 30 — Batman à jamais 12 h 30,13h, 15h, 16h, 19h, 21 h 30 — Congo (v.f.) 13h, 16h, 19h, 21 h 30 — Pocahontas (v.f.) 13h, 15h, 17h, 19h, 20 h 50 — Sur la roule de Madison 19h, 21 h 30 — Fluke (v.f.) 13h, 15h, 17h — Marche ou crève 19h, 21 h 30 CENTRE EATON: 705, Ste-Catherine 0.(985-5730) — Batman Forever 12 h 45,13 h 45,15 h 45, 16 h 45, 19h, 19 h 30, 21 h 35, 22 h 15; dern.rep.ven.sam.0 h 15 — Pocahonlas 12h, 14 h 15, 16 h 15, 18 h 30, 20 h 30; dern.rep.ven.sam.22 h 30 — Crimson Tide 13 h 15,16 h 30,19 h 20, 21 h 55; dern.rep.ven.sam.0 h 05 — Congo 12 h 40,14 h 55,17 h 15,19 h 35, 22h; dern.rep.ven.sam.Oh 10 CENTRE LAVAL: 1600, Le Corbusier (688-7776) — Congo (v.f.) tous les jours 14 h 10,16 h 40, 19 h 05, 21 h 20; dern.rep.sam.23 h 30 — Batman Forever 13 h 15,13 h 45,16 h 05,16 h 30, 19 h 15, 19 h 30, 22h, 22 h 15; dern.rep.sam.0 h 25 — Bridges of Madison County 13 h 10.16 il 10,18 h 50, 21 h 30; dern.rep.sam.0 h 05 — Congo (v.o.) 12 h 15,14 h 45,17 h 10, 19 h 40, 22 h 20; dern.rep.sam.0 h 30 — Pocahontas (v.o.) 12h, 12 h 30, 14 h 15, 14 h 45.16 h 15,16 h 45,18 h 30,19 h 05, 20 h 30, 21h; dern.rep.22 h 30 — Coeur vaillant 21 h — Pocahonlas (v.f.) 12 h 05,12 h 35,14 h 20,14 h 50.16 h 20,16 h 50,18 h 45,19h, 20 h 45, 21 h 05; dern.rep.sam.22 h 45 — Braveheart 21 h CINÉMA ANGRIGNON: Carrefour Angrignon — Batman Forever 14h, 14 h 30,16 h 35,17h, 19 h 15,19 h 30,22h, 22 h 15 — Pocahontas (v.f.) 12h, 12 h 30, 14h, 14 h 45, 16h, 16 h 45, 18 h 30, 19h, 20 h 30, 21 h — Bridges of Madison County 13 h 30, 16 h 25, 19 h 10, 21 h 55 — Congo (v.o.) 14 h 10,16 h 35,19 h 20, 21 h 40 — Pocahontas (v.o.) 12 h 45,15h, 17h, 19 h 05, 21 h 05 CINÉMA BOUCHERVILLE: 20.bd de Mortagne, Boucherville — Batman à jamais 13 h 30,13 h 45.16 h 15,16 h 30,19h, 19 h 15, 21 h 30, 21 h 50 — Sur la route de Madison 13 h 45,16 h 20, 19h, 21 h 30 — Congo 13 h 40,16 h 10,19h, 21 h 20 — Johnny Mnémonique (v.f.)19 h 20, 21 h 20— La petite princesse 13 h 20,15 h 20,17 h 20 — Marche ou crève 13 h 30,16h, 19h, 21 h 30 CINÉMA DORVAL: 260, Dorval (631-8586) — Batman Forever 13 h 15,16 h 05,19 h 20, 20 h 05 — Congo 14 h 05,16 h 35,19 h 30, 21 h 50 — Pocahontas 12 h 15,14 h 30,16 h 30,18 h 45,20 h 45 — Casper 14h, 16 h 15 — Bridges of Madison County 19 h 05,21 h 40 CINÉMA IMPÉRIAL: 1430, Bleury (848-0300) — LES CENT ANS DU CINÉMA - Samedi: The Magnificent Ambersons, 0.Welles (É-U) 19h — The Searchers, J.Ford (É-U) 21 h — Dimanche: Hiroshima mon amour, A.Resnais (France) 19h — The Last Laugh, F.W.Murnau (Allemagne) 21h —Lundi: The Third Man, C.Reed (G-B) 19h — Birth of a Nation, D.Ward Griffith (E-U) 21 h 30 CINÉMA ONF: 1564, St-Denis (496-6895) — Salle 1 - Samedi et dimanche: The Tibetan Book of the Dead 18 h 30 — Bulldozer 20 h 30, 23h — Lundi: Bulldozer 20 h 30, 23h — Salle 2 -Samedi et dimanche: Québec.un peu.beaucoup.passionnément./Jours de juin 18 h 45 —Lundi: Relâche CINÉMA PARALLÈLE: 3726, bd St-Laurent (843-4725) — Lun.au ven.18h, 19 h 30, 21 h 30; sam
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