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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-07-01, Collections de BAnQ.

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>c René Dupéré, le compositeur de la musique magique du Cirque du Soleil.PHOTO ROBERT SKINNER COLLABORATION SPÉCIALE L’auteur des musiques du Cirque du Soleil prend la vedette du grand concert du Festival de jazz PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Le mariage va de soi.Car le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) et le Cirque du Soleil se ressemblent étrangement.Si le FIJM amène le monde entier à Montréal, le Cirque, lui, sillonne inlassablement le monde.Les Alain Simard, André Ménard, Guy Laliberté et Gilles Sainte-Croix appartiennent tous à la même mouvance, à la même génération de «gestionnaires» culturels — l’affreux mot! Ils ont entre 35 et 45 ans et rivalisent d’audace.Pour ces jeunes visionnaires montés sur les épaules de leurs aînés, le Québec a acquis son identité, peu importent les structures politiques.À la tête d’entreprises culturelles en pleine ascension, ils sont animés par l’urgence d’aller ailleurs, d’aller plus loin, de s’ouvrir au monde plutôt que de se draper du fleurdelisé.Le mariage allait de soi, donc.Il était parfaitement naturel que le Festival consacre son «grand événement» du 4 juillet à l’univers du Cirque du Soleil et de son compositeur René Dupéré.La fête aura lieu mardi, 21h30, à l’intersection Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.Tout cela obéit à une implacable logique.N’est-il pas dans l’ordre des choses, après tout, que la musique du Cirque, née dans les rues de Baie-Saint-Paul il y a un peu plus de dix ans, retourne dans la rue?Au moins 100 000 Montréalais devraient braver la chaleur caniculaire et s’entasser rue Sainte-Catherine, mardi, comme le veut cette tradition qu’est devenu ce grand spectacle en plein air qu'organise chaque année le FIJM.Les puristes du jazz — la faction Truffaut radicale! —, pourtant repus de saxes chauds par la programmation en Salle, regardent parfois l’événement de haut et s’inquiètent de voir tant d’iconoclastes leur ravir la fête.Mais, en revanche, les touristes n’en reviennent pas de voir des dizaines de milliers de personnes se VOIR PAGE C 2: DUPÉRÉ I.K I) K V O I It , I.K S S ,\ \| K l> I I » » K T IM M A X ( 11 f.j .IPI I.I.K T I )> i> f> -» LE DEVOIR ?*tt/.Télévision Page C2 Cinéma Page C3 Disques classiques Page C4 Musique classique Page C5 Livres Page C6 Arts visuels Page C7 Grille télé du week-end Page C8 Agenda culturel Page C9 Formes Page CIO FESTIVAL DEJAZZ DE MONTREAL Entre l’Afrique et l’Amérique Randy Weston a fait le pont entre les musiques des deux continents SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Ignoré.sous-estimé.méconnu.A quel ange musical faut-il accoler cet état contraire à la gloire?L’archange Gabriel?Non.Tout ce qu’il a été capable de formuler sur son cornet, c’est la portée du «Tu seras la mère du petit, Marie!» Si c’est pas lui, alors qui?Lester Bowie ou Archie Shepp?Non.Tommy Flanagan, Barry Harris, David Murray?Re-non.Alors qui?Dans le gros dossier que le New York Times Magazine a consacré au jazz il y a six jours aujourd’hui, ils estiment que les artistes méconnus, les sous-estimés, s’appellent Benny Golson, Jimmy Heath, Hank Jones, Slide Hampton et James Moody.Leur liste est bonne, mais trop sage.Trop académique.Tous ceux-là, les Golson, Heath et consorts, mériteraient plus que ce que leur réputation respective leur permet.Mais bon.Au New York Times, ils auraient pu ajouter un nom, celui de Randy Weston, l’homme de six pieds ayant une main gauche grave.Très grave.C’est lui, Weston, qui a été convié à faire une série de cinq concerts entre le 3 et le 8 juillet.S’il y a un musicien, un compositeur, un deux sur pattes, s’il y a un jazzman à qui le qualificatif méconnu est plus qu’approprié, c’est Randy Weston.Nom dé Diou! Parce que le Weston, le Randolph E.Weston pour être exact, il a construit des passerelles, des lieux de passage, des ponts.Entre qui et quoi?Entre eux et nous.Mais encore?Entre l’Afrique et l’Amérique.Entre le blue?de l’Afrique du Nord et le jazz des Etats-Unis.Son instrument?Le piano.Remarquez que, là, en signalant cela, on est très terre-à-terre.On est avare.On est chiche.On est injuste.Parce que sur son instrument, le Weston traduit ce qu’il a compris, digéré, à la faveur de son exploration, de ses explorations effectuées au sein des musiques africaines.Et donc des.rythmes.Des rythmes qui ponctuent les légendes Dogon et Yoruba, Dan et Bete et arabes.L’intemporel Weston, physiquement ou matériellement, est né le 6 avril 1926 à Brooklyn, un des cinq districts de Nueva York.Mais comme il fait un peu beaucoup dans l’intemporel, le Weston est né en vérité le 31 août 1619.«Environ le dernier jour du mois d’août arriva un navire de guerre hollandais qui nous vendit vingt nègres», observa le capitaine John Smith dans un bouquin relatant, entre autres choses, les premiers pas des esclaves.Et comme il est doué pour les machines à remonter comme à précipiter le temps, le Weston, dès qu’il en a eu la possibilité, est retourné sur la terre des anciens.Il s’est installé, il y a longtemps de cela, à Tanger d’abord, à Marrakech ensuite.Pendant que Bowles confectionnait son Thé au Sahara, Weston, pianiste déjà accompli, savourait les gammes musulmanes le jour.La nuit?Il guettait toutes les subtilités que des musiciens des environs extirpaient du kar-kaba, du gaita, du sanko, du koonting et autres instruments qui n’avaient pas fait la traversée de 1619.Antérieurement, avant son installation au Maroc en 1967, Randy Weston, faut-il le souligner, avait composé Hi-Fly, avait joué avec Kenny Do-rham et Max Roach, Dizzy Gillespie et Art Blakey, et tous les autres, ceux qui ont compté.Ceux qui comptent encore.Avant cela, il avait écrit la musique d'une suite intitulée Uhuru Africa sur des poèmes de Langston Hugues.Avant cela, il avait trouvé le moyen de faire le pont entre Thelo-nious Monk et Duke Ellington.Ce pont, cette alchimie entre le style faussement frustre de Ellington et le style génialement bancal de VOIR PAGE C 2,: WESTON 4 * I.K it K V 01 It .I.K S S A M KIM I “ K T I» I M A N (' Il K 2 J T I l I- ET I» » 3 TÉLÉVISION Mademoiselle Julie PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR «\T'as'y- Demande-lui.Une puce qui fait à peine ses " V 10 ans s’approche de Julie Sqyder, son petit bout de papier chiffonné par la timidité.A quelques pieds de là, une grande de 13 ans observe la scène dédaigneusement: «moi les groupies j’ha-is ça.Ma mère voulait que je lui rapporte un autographe.J’ai dit jamais».Puis une voix s’élève au dessus de la rumeur.“N’oubliez pas, quand Julie présente Lara Fabian, c’est le délire dans la cour.» Docile, la foule réunie dans une cour de Greenfield Park, s’exécute.Avant le Caruso de la chanteuse italo-belge, l’animatrice de L’Enfer c’est nous autres (SRC) avait reçu Denise Filiatrault, une des seules personnes qu’elle ose tutoyer à l’écran.I.a comédienne et metteur en scène fut une des principales conseillères de Julie Syncler dans la fabrication de L’Enfer c’est nous autres, prise deux.C’est Denise Filiatrault qui a eu l’idée de passer l’été dans différentes cours, initiative qui, après trois semaines d’Enfer, est un succès (d’autant qu’il n’a pas plu une seule fois).lin commando sur le 220 La formule est la même qu’il y a deux ans — reportages, entrevues et interprétations — mais les ajustements ont été nombreux.Les entrevues sont plus longues et il y a un reportage en moins par émission.Cela permet des échanges moins précipités.De toutes manières, ce n’était pas évident de reprendre le concept d’une émission diffusée il y a deux ans, sans le concepteur Stéphane Laporte, et de la servir à nouveau sans qu’elle ait l’apparence d’un plat réchauffé.Mais le défi est relevé, l’émission est bonne, les cotes d’écoute également, qui dépassent souvent le demi-million.«Je me trouve plus calme, plus épanouie, j’ai apprivoisé la télé.Et Josée [Fortier, réalisatrice], tout en étant toujours là, me laisse beaucoup de place», dira Julie.Julie a demandé aux quatre recherchistes de se munir d’un téléphone cellulaire, afin de pouvoir discuter d’une idée «d’un flash», dès qu’il surgit.N’importe où, n’impor- te quand.Un commando qui fonctionne sur le 220! Mais le travail n’est pas perdu.Il transparaît dans une foule de petits détails qui, finalement, font le succès d’une émission comme celle-là.Un des recherchistes, Luc Rousseau, fut le chef re-cherchiste de Ad Lib (TVA) pendant neuf ans.Les variétés quotidiennes, il connaît.lx‘ bottin des artistes aussi.11 sait «ce que chacun peut donner, jusqu’où chacun peut aller».En 1993, il n’aimait pas Julie qui, à son avis, n’écoutait pas ses invités, trop occupée à placer ses «punchs».C’est autre chose cette année, dit-il.Contrairement à Ad Lib, où les recherchistes préparaient le terrain pour l’animateur Jean-Pierre Coailier en parlant 30 ou 45 minutes au téléphone avec l’invité, à L'Enfer, on préfère étudier les dossiers, les archives, les curriculum vitae pour trouver des anecdotes qui détendent et déstabilisent tout à la fois l’invité mais aussi pour l’aligner, parfois, sur une piste inédite.Car ne vous y trompez pas.La petite Julie a des ambitions, elle adore la politique et elle revendique le droit de recevoir des politiciens, variétés ou pas.Et comme toute intervieweuse, elle est contente d’elle lorsque les invités tiennent des propos inédits.lorsque c’est moins bon, que l’entrevue ne lève pas, «j’ai une tendance à l’auto-flagellation».Elle est fière de son entrevue avec le premier ministre, fière aussi d’avoir réussi à faire dire à Mario Dumont, entre deux rires, qu’une nouvelle entente passait par la souveraineté.Elle a particulièrement aimé également son entrevue avec Antonine Maillet, et celle, à Paris, avec Richard Desjardins.Nous aussi.A 27 ans, Julie Snyder fait partie de cette génération qui met son nez dans toutes les étapes de la production.Elle a sa petite idée sur l’éclairage — simple, surtout pendant les entrevues —, sait exactement où le monteur doit couper une scène et adore par dessus-tout faire le pré-montage d’une entrevue, lorsqu’elle a le temps.«L’autre samedi soir, j’ai eu le bonheur de faire le prémontage de Pierre Nadeau, mon chum jouait de la contrebasse et le chat ronronnait.Qu’aurais-je voulu de plus?» Car de la télé, Julie Snyder en mange.Espérons qu’elle ne sera pas rassasiée de sitôt.Jeudi prochain Gabriel Chmura, chef Louis Lortie, piano Mozart: Symphonie n° 32 Chopin: Concerto pour piano n° 1 Dvorak: Symphonie n° 8 Jeudi 6 juillet 1995 Basilique Notre-Dame, 19h30 ïWil 3 ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL CHARLES DUTOIT Gabriel Chmura ¦ikWÀ Louis Lorlie Réservations: 842-9951 Billets: 9,75$, 18,75$, 27,75$ (taxes incluses) En vente à l’OSM (842-9951 ).à la Place des Arts (842-2112), au Réseau Admission (790-1245) et à la basilique Notre-Dame le jour du concert.DUPERE Une musique d'une sensibilité universelle SUITE I)E LA PGE C I réunir ainsi dans la plus parfaite harmonie, sans violence ni excès.Les Américains jurent qu'à New York, Detroit ou Chicago, pareil rassemblement au centre-ville serait impensable.Us osent à peine en imaginer les ravages.Il n’y a qu’à Montréal que la chose est possible.Ce «grand événement» illustre donc à lui seul toute la spécificité du F1JM, tout le charme de Montréal.Multiplier les esthétiques musicales Après les Gitans, Uzeb, Pat Me-theny et les autres, ce sera donc au tour de René Dupéré de goûter le doux privilège du «grand événement».Le compositeur de la musique du Cirque du Soleil y voit, sans fausse modestie, «une forme de consécration».Une quarantaine d’artistes monteront sur scène pour interpréter des airs tirés des albums Nouvelle Expérience, Le Cirque réinventé, Mystère, Saltim-banco et Alegria.Trois chanteuses du Cirque, Elise Gouin, Francine Poitras et Francesca Gagnon, seront sur scène, appuyées par de solides formations de cuivres et de cordes, un chœur de 30 voix et divers musiciens invités, dont Jean-Luc Ponty et Toots Thielemans.Michel Lemieux, qui partage les mêmes qualités d’audace des créateurs du Cirque, assurera la mise en scène.L’événement prouvera que la musique de Dupéré garde tout son sens même sans les saltimbanques.Le grand exploit de ce musicien, c’est d’avoir réussi à composer une musique d’une sensibilité universelle, d’avoir su créer des mélodies qui touchent à la fois les Américains, les Allemands, les Japonais et les Québécois.«Je ne suis pas un musicien qué^ bécois.Je suis un Québécois qui fait de la musique et je puise mon inspiration dans une multitude de cultures», dit le compositeur.Dupéré multiplie en effet les esthétiques musicales.Il puise à la fois dans le rock (Saltimbanco), dans l’univers de Kurt Weill et de la chanson expressionniste allemande, dans les rythmes sud-américains, dans les couleurs musicales de la Méditerranée, dans les structures syncopées du jazz, dans la musique de Béla Bartok ou celle de Stravinski et dans les chants grégoriens de son enfance à Mont-Joli.Tout l’inspire.Le moindre son le stimule.La musicalité même des diverses langues le séduit.Il a une facilité intuitive à composer.Sa musique est un peu celle du village global que l’on nous annonçait naguère.«Et pourtant, on reconnaît sa sigpature à la première écoute», dit Elise Gouin, interprète de l’album Mystère avec laquelle il prépare un album à paraître l’an prochain.René Dupéré ne s’en cache pas.Alegria a changé sa vie.L’album tiré du spectacle le plus lyrique, le plus théâtral et le plus émouvant du Cirque du Soleil a récemment franchi le cap des 100 000 exemplaires vendus.Ce succès mondial, il le doit grandement à la voix rauque, inimitable, de Francesca Gagnon.La chanteuse qu’il nous a fait découvrir sera sur scène mardi.Et nous serons des milliers à partager son allégresse, à attendre les premières mesures de la chanson éponyme de l’album, cette chanson, Alegria, qui célèbre l’amour qui rage, cet air qui fait danser même les enfants et qui appelle à l’abandon.«Je n’aurais jamais pensé que cet air en mineur que j’ai écrit un bon matin allait devenir un succès planétaire.J’aurais dû écouter mon fils et Guy Laliberté.Tous deux, à la première écoute, m’ont dit que je venais d’écrire un hit!», se souvient le musicien.De la magie Les circonstances de la rencontre entre Francesca Gagnon et René Dupéré relèvent presque de la magie.La chanteuse originaire du Saguenay faisait discrètement carrière en France où l’on s’émerveillait de sa voix à la Piaf — c’était leur référence.A la mort de son père, elle a toutefois dû rentrer à Montréal.Profondément affectée par la mort de celui qu’elle aimait tant, elle était paralysée, incapable de retourner à Paris.Un ami lui a parlé du Cirque qui était à la recherche d’une chanteuse.Elle s’est rendue à l’audition sans grande conviction.«C’est la voix que je cherchais», a dit Dupéré en entendant la cassette.«Je me dis parfois que c’était l’ultime cadeau de mon père.Je ne carbure qu’à l’émotion.C’est pour ça que j’aime tant chanter la musique de René Dupéré.Parce que je la ressens profondément, je peux la chanter avec tout mon corps, tous mes muscles.Si ce n’était pas le cas, j’en serais incapable», dit Francesca Gagnon qui, elle aussi, a derrière elle une solide formation.C’est ainsi que naissent parfois les succès planétaires.D’histoires dignes du Reader's Digest, de rencontres qui tôt ou tard doivent se produire.Comme si c’était écrit.Ce spectacle-consécration qui lui est offert fournit à René Dupéré une belle occasion de s’arrêter et de regarder le chemin parcouru depuis sa formation classique, en passant par les beaux jours de la Fanfa-fonie jusqu’à aujourd’hui.«Je réalise à quel point il est important de s’entourer de bonnes personnes, de gens simples et généreux.C’est ce que j’ai fait depuis les débuts et que je chercherai toujours à faire», confie-t-il.Alegria a changé sa vie, disait-on.Voilà maintenant que des majors d’Hollywood le courtisent pour écrire des musiques de films américains.Emballé par le projet, une angoisse le tenaille néanmoins: comment arrivera-t-il à créer une nouvelle musique pour le Cirque du Soleil aussi riche que celle d'Alegria?FESTIVAL DE JAZZ DE MONTRÉAL PHOTO CHEUNG CIIING MINI, Randy Weston WESTON Vingt d’ans de réflexion sur l’Afrique éternelle SUITE I)E TA PAGE C 1 Monk, Randy Weston l’avait signé avant d’aller méditer sur le front de l’Afrique.Et puis, avant tout cela comme avant tout le monde, il avait composé Zulu.C'était en 1954.C’était les premiers retours vers l'Afrique qui allaient tant influencer les membres de l’Art Ensemble of Chicago, Archie Shepp, David Murray, Julius Hemphill, Arthur Blythe et Richard Muhal Abrams.Avec Zulu, Randy Weston s’est posé en éclaireur des territoires imprégnés de négritude.LE blues africain Le 5 juin 1989 à Paris, France, Randy Weston se présente au studio Farber.Le contrebassiste Jamil Nasser, le batteur Idris Muhammad et le, percussionniste Eric Asante sont à ses côtés.Ils enregistrent une série de trois albums.L’un est consacré aux compositions de Duke Ellington.L’autre est dédié aux saintes écritures du capitaine Monk.Le troisième est un autoportrait aux contours africains.Cette splendide série s’avéra un ho,rs-d’œuvre à son chef-d’œuvre.A l’un des chefs-d’œuvre de l’histoire du jazz.Son titre?The Spirits Of Our Ancestors, sur Verve.Avec ce double, Randy Weston a livré plus de vingt ans de réflexion musicale sur l’Afrique éternelle.Avec les supports sonores de Dizzy Gillespie, Dewey Redman, Billy Harper, Idrees Sulieman, Benny Powell, Pharoah Sanders, de deux contrebassistes et de quatre percussionnistes, Weston a réussi l’alchimie entre les architectures sonores américaines et les tempos africains.Cet album, ce chef-d’œuvre, c’est LE blues africain.Celui d’après, Volcano Blues, album également splendide, c’est LE blues africain américanisé.Entre les uns et les autres, et toujours pour l’étiquette Gitanes Jazz Productions que distribue Verve, Randy a signé en solo Marrakech — In The Cool Of The Evening, ainsi qu’un album avec les maîtres marocains du gnawa, un instrument à percussion.En clair, au cours des cinq dernières années, Randy Weston a composé un chapitre unique dans la grande histoire de la musique.Parce que Randy Weston est le baron Samedi du jazz.C’est lui qui protège l’esprit musical des anciens.Nathalie Choquette et l'OSTR (Québec) Les Violons du Roy et Lyne Fortin (Québec) Mykola Suk (Ukraine) Le Trio ^ ARTHUR'GRUMIAUX (Belgique) Haydn, Bartok, Liszt Mykoia Suk, piano Dvoràk, Jongen, Shubert PIANO VIOLON VIOLONCELLE Haendel, Haydn, Bach Lyne Fortin, soprano Julie Triquet,violon Mozart, Verdi, Purcell, Bizet N.Choquette, soprano Orchestre symphonique de Trois-Rivières Le quajuor Alcan et Philippe Cuper (Québec-France) Ricercar Consort (Belgique) Derek Lee Ragin (États-Unis) Juliette Kang (Alberta) Wiener Klaviertrio (Autriche) Mozart, Janacek, Lutoslaivski Juliette Kang, violon Robert Koenig, piano Beethoven, Barber, Mozart quatuor à cordes clarinette Marin Marais, Leclair, Bach VIOljON BAROQUE BASSE DE VIOLE CLAVECIN Purcell, Haendel, Barber D.L Ragin, haltie-conto Mark Markham, piano Shubert, Dvorak, Beethoven PIANO VIOLON VIOLONCELLE am/m/s de 15 % À W % sur I'mBm de billers pouet 2, f 4 ou 5 spectAcles difféRENts La vaIse des billers.du PaIaIs MohicaIm, du CraxcI Lh(\m de Quebec et de Ia saIIc AlbeRe-Rousseau.Le pRix des billets inclue les taxes (Irak de service en sus) RaIms disponibles aux quiche es MOIS .N MOLbyN-* Canadien Hoagen-Dazs HH 67(H011 Admission (514) 790H245 Info-Festival Bell 418)692-52(X) Bell Hoagen-Dazs I.K I) K V (l I II .I.K A M K I) I I K T » I M A N < Il K 2 0 (' T 0 II II K I II !M c CINEMA Comme une pâte qui ne lève pas SOURCE AI.I.IANCE VIVAFILM Massimo Troisi, d’une sensibilité exquise, d’une spontanéité désarmante et, par moments, d’une implacable et émouvante tristesse dans Le Fadeur.Le pouvoir des mots IL POSTINO (LE FACTEUR) De Michael Radford, avec Massimo Troisi, Philippe Noiret, Maria Gra-zia Cucinotta, Linda Moretti, Renato Scarpa, Anna Bonaiuto, Mariano Rigillo.Scénario: Anna Pavignano, Micahel Radford, Furio Scarpelli, Giacomo Scarpelli, Massimo Troisi, d’après «Une ardente patience», d'Antonio Skarmeta (Editions du Seuil).Images: Franco Di Giacomo.Montage: Roberto Perpignani.Musique: Luis Enrique Bacalov.France-Italie, 1994.Ih49.Version originale, sous-titres anglais: Egyptien, Lacor-daire, Plaza Côte-des-Neiges.Version française: Complexe-Desjardins, Carrefour Laval.FRANCINE LAURENDEAU Le film se déroule dans une petite île au large de Naples.Fils d’un pêcheur, Mario Ruoppolo (Massimo Troisi) déteste le métier de son père qui lui donne le rhume et le mal de mer.Ce sont du moins les prétextes qu’il se donne pour rester à terre.Mais que pourrait-il faire d’autre à part envier ceux qui ont répssi à s’en sortir et qui envoient, des Etats-Unis, d’attrayantes cartes postales?Pour faire plaisir à son père en même temps que pour tromper son ennui, il se présente au bureau de postes de son patelin où l’on demande un facteur surnuméraire.Un facteur à temps partiel.Il s’agit en effet de des- servir un seul abonné qui, à peine arrivé dans l’île, reçoit déjà chaque jour une tonne de courrier: l’écrivain chilien en exil Pablo Neruda (Philippe Noiret).Un homme secret et assez intimidant qui a emmené avec lui sa compagne, la trèr belle Matilde.Or, il se trouve que Mario a vu au cinéma, dans la rubrique des actualités, un reportage sur le grand poète.Et dans son monde d’analphabètes, Mario est peut-être sans instruction, mais il sait lire.S’étant procuré un recueil de poésie de celui qui est désormais son idole, il s’y plonge sans y rien comprendre.Mais il est sensible à la musique des mots.Et un jour, il ose poser une question au poète.Toute la suite n’est pas à raconter, elle est à voir.Le comédien Massimo Troisi incarne un homme qui frise la quarantaine, un homme fruste, maladroit, timide, mais dont le cœur sensible et l’âme d’artiste vont peu à peu se manifester, s’exprimer.Et c’est la beauté de la première partie de ce film exceptionnel: la révélation de la poésie, la révélation du pouvoir de la poésie.Un pouvoir que Mario va bientôt exercer sur la jeune femme dont il est amoureux, la très attirante Béatrice.Mais un beau jour, Neruda reçoit le télégramme qui met fin à son exil.Il va enfin pouvoir retourner dans le vaste monde.Son séjour dans Tile ne sera plus pour lui qu’un épisode du passé.Tandis que pour Mario, la fréquentation quotidienne du poète aura été en quelque sorte sa naissance non seulement à la poésie mais à la conscience sociale, au monde.D’ailleurs, il finira par en mourir.Un film drôle et touchant.Parce que les relations entre le grand homme et son disciple — obscur peut-être mais combien déterminé — ne sont pas simples mais faites d’un mélange tout à fait convaincant et rafraîchissant d’incompréhension et d’apprivoisement réciproque, de malentendu, de connivence, d’amitié, de surprise, de tendresse.J’ai lu, pour l’occasion, le roman Une ardente patience, d’An-tonio Skarmeta, dont le film est inspiré.Et je suis frappée par l’intelligence de l’adaptation qui sait transposer une histoire qui se passe au Chili et se termine dans les années 70 (prix Nobel de Neruda, élection et mort de Salvador Allende, mort de Neruda) en une tout autre mais très semblable histoire qui se passe en Italie, dans les années cinquante.Mais je suis avant tout rejointe par l’interprétation de Massimo Troisi, d’une sensibilité exquise, d’une spontanéité désarmante et, par moments, d’une implacable et émouvante tristesse.D’autant plus émouvante lorsqu’on sait que le cœur fatigué de Troisi a lâché au lendemain du tournage.Il avait quarante et un ans.A voir absolument en version originale.SEARCH AND DESIROY Un film de David Salle,produit par Martin Scorsese.Scénario de Michael Almereyeda d’après la pièce de Howard Korder.Avec Griffin Dunne, Rosanna Arquette, llleana Douglas, Dennis Hopper, Join) Turturro, Christopher Walken.États-Unis, 92 minutes.En version originale anglaise au Cinéplex centre-ville.JEAN-CLAUDE MARINEAU On sait depuis quelque temps déjà que Martin Scorsese n’est pas seulement le cinéaste à qui ont doit des classiques comme Taxi Driver et Raging Bull.Cette semaine par exemple, il prêtait son nom à la sortie new-yorkaise de Belle de jour, de Bunuel, dans le cadre d’une opération de prestige ciné-philique pilotée par Miramax.11 était aussi du combat récent des cinéastes auprès de Eastman Kodak pour le développement d’une pellicule couleur qui ne vieillisse pas plus vite que son ombre.On le sait également impliqué depuis quelques années dans la production de films qui feraient à nouveau de New York un centre de production digne de sa réputation d’alternative sérieuse au cinéma venu d’Hollywood.C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre son implication à titre de producteur exécutif pour ce premier film de l’artiste multidisciplinaire David Salle.C’est sans doute à lui aussi qu’on doit une bonne partie de l’alléchante brochette d’acteurs réunis pour l’occasion.Mais au vu du résultat final, on se demande si Scorsese aurait vraiment eu envie de le revendiquer s’il n’y avait pas été impliqué dès le départ.D’entrée de jeu, le ton est pourtant agréablement anti-hollywoodien.Dennis Hopper s’adresse à nous à la manière d’un télévangéliste preacher terriblement efficace.C’est pas compliqué, dit-il en nous regardant droit dans les yeux, il n’y a qu’à suivre quatre règles d’or pour aboutir au succès.Son succès de librairie en est d’ailleurs la preuve irréfutable.Il n’en faut pas plus pour que Martin, un perdant de carrière, se mette à croire aveuglément en son potentiel personnel.Acculé à la faillite, il n’a pas de temps à perdre avec le fisc, occupé qu’il est à vouloir changer le monde tout en empochant des profits.Pourquoi, dans les circonstances, ne pas se recycler dans la Tout se passe finalement comme si le gâteau ne levait qu’à moitié malgré la présence des bons ingrédients production de films, en commençant naturellement par une adaptation du succès de librairie de l’autre?Search and Destroy, le film, est lui-même l’adaptation d’une pièce montée à Broadway en 1990.Griffin Dunne y tenait ici le rôle principal de Martin.On ne sait trop dans quelle mesure le passage à l'écran a adouci le côté caricatural de l'affaire, mais il est encore trop présent pour vraiment soutenir l’intérêt au-delà d'une sorte d’amusement distant.U* langage crypté typiquement new-yorkais y est-il pour quelque chose?Taxi Driver ou Mean Streets en étaient pourtant pavés.Il doit donc y avoir d’autres raisons à ce sentiment de vide un peu trop rempli par les performances individuelles.Par exemple, l’impression d’avoir par moments sous les yeux des acteurs qui en font trop, comme s’ils n’avaient pas été moins au courant qu'une caméra, et non un public distant, était en train de fixer leurs moindres gestes.Mais encore ici, on pense à de Niro, qui en fait lui aussi toujours trop dans les films de Scorsese sans que ça dérange personne.Il faut peut-être donc chercher ailleurs les raisons de ce parfum d’inachèvement qui transpire du film.En principe, il est toujours intéressant d’assister à la mise en place d’une écriture pas tout à fait linéaire, dans la mesure où les surprises formelles donnent au récit un tonus qu’il n'aurait pas autrement.Certaines tentatives de ce côté sonnent juste dans Search and Destroy, comme par exemple l’apparition régulière de séquences qu’on suppose extraites de l’adaptation que pourrait tirer Martin du livre qu’il convoite, ou encore les intertitres qui partagent le film en deux.Mais tout se passe finalement comme si le gâteau ne levait qu’à moitié malgré la présence des bons ingrédients.Quoi faire alors, sinon se dire que là comme ailleurs en matière de création, il faut souvent compter sur la magie et autres données non mesurables pour atteindre le sublime.Mais comme le sublime ne passe pas tous les jours, on pourra toujours aller se terrer, si on en a envie, dans une salle format de poche du Cinéplex centre-ville pour goûter, malgré tout, quelques performances sympathiques sur fond de critique d’une Amérique qu’on a déjà l’impression de connaître comme si on y était I.* E C R A N ?: chef-d'œuvre ?très bon ?: bon ?quelconque ___?: très faible l : pur cauchemar SMOKE ?De Wayne Wang et Haul Auster Dans un -cigar store» de Brooklyn, des amis se rassemblent, des histoires se racontent, des aventures naissent.U* monde de Paul Auster vu par un cinéaste intelligent et raffiné, un film q.ui fait plaisir et dont on sort tonifié.A l’Egyptien.Francine Laurendeau Il POSTINO ?De Michael Radford.D;ins une jx'tite île au hu ge de Naples, en 1952, l’écrivain chilien Pablo Neruda est contraint à l’exil.Mario, garçon fruste et timide, devenu facteur pour l’occasion, tirera de cette fréquentation quotidienne avec le grand poète la découverte de la magie et du pouvoir des mots.Interprétation émouvante de Massimo Troisi d:uis son dernier rôle: il est mort au lendemain du tournage, à quarante et un ans.Version originale, sous-titres anglais: Egyptien, Lacor-daire, Plaza Côte-des-Neiges.Francine Laurendeau SEARCH AND DESTROY ?On cherche un peu la vraie raison d’être de ce premier film réalisé par David Salle.Une invitante brochette d’acteurs livre ici un propos qui se veut ironique sur la futilité de la course au succès dans le monde des médias et du cinéma.Le résultat n’est pas sans saveur, mais trop inégal pour qu’on ait vraiment envie de s’attarder.A voir surtout si on a envie de revoir des acteurs qu’on aime bien (Rosanne Arquette, Griffin Dunne, Dennis Hopper, John Turturro, Christopher Walken, et même Martin Scorsese) dans des rôles qu’on oubliera bientôt.Jean-Claude Mar ineau ÉCLIPSE ?Cette coproduction Canada-Allemagne réalisée par Jeremy Podeswa consiste en une chaîne de rencontres sexuelles qui tendent à démontrer à quel point nofre monde est petit.L’éclipse solaire sur le point de se produire confribue parallèlement à créer cette impression à l’échelle planétaire.Malheureusement, le film reste en superficie des personnages; leurs destins nous indiffèrent autant qu’il indiffère le réalisateur-scénariste obnubilé par son projet esthétique.Un film lourd et prétentieux.Martin Bilodeau Délicieuse obsession de Pobservation 'UN TRIOMPHE DE SUSPENSE ANGOISSANT.' SMOKE De Wayne Wang et Paul Auster.Mise en scène: Wayne Wang.Avec William Hurt, Harvey Keitel, Stoc-kard Channing, Harold Perrineau Jr., Giancarlo Esposito, Ashley Judd, Forest Whitaker.Scénario: Paid Auster.Images: Adam Holender.Montage: Maysie Hoy.Musique: Rachel Portman, É.-U., 1994.Ih52.À l’Egyptien.FRANCINE LAURENDEAU Toujours le même problème.Comment vous communiquer mon enthousiasme pour ce film sans vous en raconter les péripéties?Disons tout de même que nous sommes à Brooklyn, en 1990.Auggie (Harvey Keitel) tient un «cigar store», une boutique en apparence très ordinaire où les gens du quartier se ravitaillent principalement en cigarettes et en cigares.Mais surtout, on y vient parce qu’on est seul et qu’on a envie de parler.Et, du petit magasin, vont fuser toute sortes d’histoires et d’aventures peu communes.Celle-ci, par exemple, racontée par Paul.Savez-vous comment un illustre contemporain de la reine Elizabeth, première du nom, arriva à déterminer un jour le poids de la fuméq d’un cigare?Eh bien voici.A l’aide d’une première balance, il pesa d’abord le cigare entier.Ensuite, il fuma ledit cigare en en jetant au fur et à mesure la cendre sur une seconde balance.Le cigare fumé, il y joignit le mégot.Pour enfin soustraire le poids indiqué par la seconde balance du poids indiqué par la première balance.Et le tour était joué.Cette anecdote historique semble placée là pour justifier le titre du film.Mais ne comptez pas sur moi pour vous détailler la suite.Au centre, à côté d’Auggie, il y a le romancier Paul (William Hurt).Paul a publié quelques romans à succès mais une tragédie personnelle semble avoir coupé sa veine créatrice, même s’il s’acharne à écrire.Dans sa solitude actuelle, il demeure néanmoins très attentif aux autres.C’est ce qui le sauve et ce qui va nous enchanter.Cette ouverture d’esprit va en effet lui valoir sa rencontre avec Rashid (Harold Perrineau) qui va déclencher quelques événements dérangeants, voire hasardeux, voire désopilants.Nous allons pour un temps nous attacher à ce Rashid, un jeune homme touchant et contradictoire, empêtré dans ses problèmes d’identité.Nous allons voir surgir une ex d’Auggie.de même que, comme dirait Prévert, toutes sortes d’autres ratons laveurs.Wayne Wang, le cinéaste sino-amé-ricain des annotations justes et fines, s’est associé à Paul Auster, le romancier américain de l’observalion révélatrice, pour nous donner ce film dont la narration peut au premier abord sembler échevelée, mais dont l’ensemble finit par revêtir la forme d’un polirait tout à fait passionnant de quelques individus pas nécessairement intéres- sants vus de loin mais qui vont peu à peu se révéler riches et attachants.A l’image de cette photo prise par Auggie chaque jour à la même heure et au même endroit pendant quatorze ans.Vu de loin, c’est banal.Mais lorsqu’on entre dans le détail, les émotions peuvent surgir.Les habitués de Paul Auster vont s’amuser à détecter par quels détails le personnage de l’écrivain interprété par William Hurt lui ressemble, ou en tout cas est un proche parent des personnages de l’auteur de L’Invention de la solitude et de la Trilogie new-yorkaise.Mais surtout, il plane dans ce film qui n’a pas dû coûter très cher une vivifiante liberté, une liberté qui s’exprime, par exemple, dans ces dialogues enlevés qui dépassent l’anecdotique pour devenir de la création pure, on songe à certains films de Robert Altman (Short Cuts) ou de Louis Malle (My Dinner with André).Tonifiant Peler Travers, ROILING STONE «ên p 0 IJT i "J j cp.ÀU^NGEHENTT FESTIVAL DE AVEC hCÇ A/AO(LTT CANNES 94 vjni Film OC PAîCAlE FehjMn 4r nnfDOLBŸ STEREOl 18 1:40 4:20 7:30 9:50 DISTRIBUTION l>\\M MI\S KM |)\WV MM Ml M O KO 11 \S ( HONG Ml M VS/KO pwm Intrigues, üp?dénonciations et .abus de pouvoir à la base de ce procès tiré des grands titres de l’actualité.POWER OF ATTORNEY DÈS LE 7 JUILLET! rfe M ri » !C06§!tti VERSION FRANÇAISE ; i9s$ univcrsai air stuotos.me Dimanche à 19 h 30 7 SUR 7 Rediffusion lundi à 13 h Sur les événemenis-clés de la semaine, Anne Sinclair sollicite les commentaires de ses invités et les amène à livrer le fond de leur pensée.Cette semaine: Lionel Jospin et le groupe humoristique Les Inconnus.NOTE: Ceci est la dernière émission de la saison.Bon été à fous! SOUS LE CHARME ET SUR LA SELLETTE, AVEC ANNE SINCLAIR.I VERSION FRANÇAISES BOUCHERVILLE «9-6404IJERREBONNE «ww Coir^D^Morlagne^Voll^^J^Si^iîSûiiiiSSiSâili—îL BROSSARD 849-film IcHAlEAUGUAY ENCORE 691-2463 6600 boul.Taschereau ?1180 bout D’anjou CARREFOUR LAVAL849-film 2330 boul.Le Carrefour ?ds ’im-roivi nmmïïtTïïiW: HE nWiTiwTTrynTrB | mm vlm 1 1 : CTtr^TtTvi If*I Rit ItccT'n en version originale anglaise: LE FAUBOURG LACORDAIRE 11, PLACE LASALLE 12, POINTE-CLAIRE, CÔTE-DES-NEIGES, GREENFIELD PARK, GALERIES LAVAL 8.DORVAL.CHÀTEAUGUAY, STE-ADÈLE et au ciné-parc ST-EUSTACHE.2e film aux ciné-parcs LAISSEZ-PASSER REFUSÉS “?DÉCIDÉMENT EXCENTRIQUE ET JOVIALEMENT SOMBRE.” , - Craig Maclnnis, TORONTO STAR “TEL QUE ‘PULP FICTION’, CE FILM EST GARNI DE PERFORMANCES TOUT AUSSI ÉLÉGANTES ET 1 GÉNIALES LES UNES QUE LES AUTRES.” - David Gilmour, CBC PRIME TIME NEWS n ( VERSION ORIGINALE ANGLAISE Astoal / ASTRAL FUIS I.K H K V 0 I H .I.K S A M K U I I * * K T I) I M A N (' Il K 2 .1 I’ I I.I.K T I I) Il 5 DISQUES CLASSIQUES Varia d’été, plage 1 (bis) La semaine dernière*, une erreur technique survenue en cours de montage a empêché la publication de certains extraits de la chronique de notre collaborateur; nous les publions de nouveau aujourd’hui avec nos excuses.FRANÇOISTOUSICNANT UN CONCERT EN NOUVELLE-FRANCE Nicolas Renier: Cantate «L’Indifférence punie»; Charles-Louis Mion: Suite extraite de l'opéra «Nitetis»; Pierre Février: Cantatille «U Besoin d'aimer»; Jacques Champion de Chambonnières: Pièces de clavecin en sol (du Premier ; Livre); Jean-Baptiste Quinault: extraits du «Nouveau Monde»; Jean-Joseph Mouret: Cantate «Andromède et Persée»Richard Duguay (ténor); Ensemble Arion: Claire Guimond (flûte baroque), Chantal Rémi Hard (violon baroque), Betsy MacMillan (viole de gambe et violoncelle baroque), Hank Knox (clavecin) SRC-CBC Musica VivaMVCD 1081 Tout à fait d’à-propos aujourd’hui, il me fait plaisir de reparler de L’Ensemble Arion qui a récemment fait paraître cette reconstruction d’une soirée musicale du début du XVIII' siècle.I.e répertoire est du même genre: le style galant français en vogue à la cour de Versailles.Le livret d’Elisabeth Gallat-Morin et de François Filiatrault est d’ailleurs fort instructif sur certains aspects de la musique profane d’ici au temps de la colonie.L’Ensemble Arion est égal à lui-même.Tout est d’une beauté exemplaire et raffinée dans la réalisation technique et musicale.Il y a, peut-être ici plus que dans l’enregistrement des Cantates mythologiques, une aisance et une complicité difficiles à décrire.Le travail sérieux donne des résultats.Hank Knox, au clavecin, est spécialement intéressant à suivre.Sa manière de réaliser les continuos et de se plier aux inflexions et variations de tempo du chant fait souvent oublier à quel point cette esthétique toute en «ornements expressifs» peut être lassante.Les alexandrins de Racine sont très beaux, mais on ne parle plus guère des rimeurs de son époque.Il en va de même avec ce répertoire.Il y a bien de grands musiciens en cette époque.Pourtant, de nos jours, on met sur le même pied des gens comme Couperin et Pierre Février.Cela reste de la musique bien faite, sans plus.Ce qui est cependant remarquable avec Arion, c’est qu’on ne sent aucune complaisance à Un coxcfàri ïïx Ne ) l ! VKI, I F RA NC Ë Richard Di ccay.iT.vok / tknojc L'E.nsi mbli: Arion «PS ¦% «îi il n f t se cantonner dans ce genre de répertoire.Il faut presque du génie pour rendre vivants les liens ténus qui font rejoindre cette expressivité souvent surfaite à notre lapidarité contemporaine.Richard Duguay a la voix idoine de «ténor français», légère et sans grande puissance.Il maîtrise admirablement les inflexions de vibrato, les accaciatu-ras «expressives» avec un goût sûr.Je préfère néanmoins les quelques pièces purement instrumentales, judicieusement placées pour éviter que l’uniformité ne s’installe.Cela peut aussi rappeler comment se passaient certaines soirées musicales aux environs du cap Diamant ou dans quelques nobles demeures de Ville-Marie, alors qu’on savait heureusement — et visiblement intelligemment — mélanger les genres.Une sorte de «goûts réunis» d’une autre espèce qui, lorsque si bien présentée, fait toujours grand plaisir.FRATRES Arvo Part: Fratres (en six versions); Cantus à la mémoire de Benjamin Britten; Summa; Festival Lente Peter Manning, violon solo; France Springuel, violoncelle; Mireille Gleizer, piano; I Fiamminghi Dir.: Rudolf Werthen Telarc CD-80387 6 h 04 LA GRANDE FUGUE Musique du matin, calendrier des événements musicaux et des émissions à souligner pour le week-end.Le samedi et le dimanche, le RADIOJOURNAL à 8 h.Une émission de Catherine Perrin.10 h RAYON MUSIQUE Magazine qui explore l'univers du disque sous toutes ses facettes grâce à des dossiers musicaux variés et à des invités.Anim.Catherine Perrin.Réal.Michèle Vaudry.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 LE JAZZ, C'ÉTAIT HIER C'EST AUJOURD'HUI | •) Pleins feux sur le Festival international de iAt jazz de Montréal.Commentaires et impres-j/J sions sur les concerts passés et à venir, invi-yj» tation à assister à certains événements.i-J Nombreux extraits de concerts.Une émis-^ sion de Gilles Archambault.13 h 30 L'OPÉRA DU SAMEDI La Veuve joyeuse de Lehar.Bryn Terfel, Barbara Bonney, Boje Skovhus, Cheryl Studel, Rainer Trost, Choeur Monteverdi, Orchestre philharmonique de Vienne, dir.John Eliot Gardiner.Anim.Jean Deschamps.Réal.Maureen Frawley.17 h 30 LE CHANT DE LA TERRE L'apaisante monotonie du chant des grenouilles.À travers les délicieuses « Confidences d'un bioloqiste » de Jean Ro :.and, présentation de Bindook, paysage sonore de Phillip et Jane Ulman, enregistré au Parc national de Kanangra-Boyd (Australie).Anim.Michel Keable.Réal.Lorraine Chalifoux.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 MUSIQUE À LA CLÉ DES CHAMPS Florida Suite de Frederick Delius, Variations sur « I Got Rhythm » de Georges Gershwin.Une émission d'André Vigeant.19 h POUR LE CLAVIER Marguerite Long (2* de 10).Marguerite Long et Gabriel Fauré.Valse op.72 de Saint-Saëns; Romance sans paroles n° 3, Nocturne n°4, Valse-caprice n° 3, Barcarolle n° 6, Nocturne n” 1, Impromptu n°2 et extr.Quatuor n” 1 de Fauré.Anim.Jean Deschamps.Réal.Michèle Patry.20 h RENCONTRES EN MUSIQUE Inv.Marie Cardinal, écrivaine.Anim.Gilles Dupuis.Réal.Ciaude Duhamel.22 h JAZZ SUR LE VIF Du Festival international de jazz d'Edmonton 1995 : Christian McBride Quartet.Anim.Francine Moreau.Réal.Dominique Roy.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h TRIBUNE INTERNATIONALE DES COMPOSITEURS Présentation d'une sélection d'oeuvres de la Tribune internationale des compositeurs 1995 qui s'est tenue du 6 au 9 juin dernier à Paris.Anim.Mario Paquet.Réal.Richard Lavallée.0 h 04 LE CLUB DE MINUIT Un pianiste vous convie à partager ses émotions et ses états d'âme par ses commentaires et la musique qu'il interprète pour vois.Réal.Guylaine Picard.À compter de 1 h 03, émissions en reprise.d i m a n c li e 2 j uil I et 6 h 04 LA GRANDE FUGUE 10 h CARTE BLANCHE Un agréable avant-midi en compagnie de l'animateur Georges Nicholson ; des présentations imagées, des musiques sublimes, des choix éclairés et des commentaires captivants! Une émission de Georges Nicholson.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 LE JAZZ, C'ÉTAIT HIER ^ .ET C'EST AUJOURD'HUI ; -1 Pleins feux sur le Festival international de 4k jazz de Montréal.Commentaires et impres-sions sur les concerts passés et à venir, invi-LVS tation à assister à certains événements.££ Nombreux extraits de concerts.Une émis-sion de Gilles Archambault.13 h 30 FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 23 juin 1995 à l'église de St-lrénée, dans le cadre du Festival International du Domaine Forget.Alain Marion, fl., Nathalie Teevin, hp.: Sonate en sol min.BWV 1020 et Partita pour flûte seule de J.S.Bach; Sonate de Damase; Pour le tombeau d'Orphée de Flothius; Casilda Fantaisie de Doppler/Zamara; Todi, Raga de Shankar.Anim.Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.M 15 h LITTÉRATURES ACTUELLES Portrait de Yasushi Inoué par Claude Blouin.Jacques Brault commente l'essai de Catherine Maubon, Michel Leiris - En marge de /'autobiographie, et deux ouvrages récents de Leiris, Journal de Chine et L'Homme sans honneur - Notes pour le Sacré dans le vie quotidienne.Jean-François Chassay a lu les Oeuvres érotiques de l'Italien Baffo, L'Oeuvre érotique de Pierre Louys et L'Histoire de l'onanisme de Didier-Jacques Duché.Une émission de Stéphane Lépine.16 h PIERRE GAUVREAU : LE TEMPS D'UNE OEUVRE Du Refus global au Temps d'une paix, toute une carrière s'est dessinée pour Pierre Gau-vreau.Il fut l'émule de toute une génération d'écrivains et d'artistes québécois.Victor-Lévy Beaulieu s'entretient avec lui.Réal.Doris Dumais.16 h 30 TRIBUNE DE L'ORGUE Témoignage du fils de Joseph Bonnet, Bénédict, à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort.Anim.Michel Keable.Réal.Jacques Boucher.17 h 30 AL DENTE Choix musical varié pour agrémenter votre souper.Anim.Normand Latour.Réal.André Massicotte.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 AL DENTE (suite) 19 h LES JEUNES ARTISTES Wonny Song, p.: Sonate n° 27 op.90 de Beethoven; Pièces fantastiques op.12 de Schumann; Nocturne n" 20 et extr.Étude op.25 n” 11 de Chopin.Anim.Mario Paquet.Réal.-coord.Michèle Patry.20 h LE PETIT CHEMIN Musique classique, chansons, jazz et folklore, poésies et extraits de pièces de théâtre.Une émission de Jean Deschamps.22 h JAZZ SUR LE VIF Du Festival international de jazz d'Edmonton 1995 : Diana Krall Trio.Anim.Francine Moreau.Réal.Dominique Roy.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h MUSIQUE DU XX-SIÈCLE Les musiciens et compositeurs Serge Provost et Jean Lesage nous font entendre la plus belle musique du XXe siècle.Oeuvres de Klaus Huber, Gyôrgy Kurtag, Kaija Saariaho et Luigi Nono.0 h 04 ÉMERGENCES Lieu d'inspiration et de méditation sur les valeurs spirituelles de notre époque.Choix de lecture : Francine Marchand.Anim.Richard Cummings.Réal.Claude Cubaynes.A compter de 2 h 03, émissions en reprise.22 h 05 JAZZ SUR LE VIF En direct du Festival international de jazz P -t de Montréal : James Carter.Anim.Francine Moreau.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h POUR SALUER GIONO Voir 11 h.A compter de 0 h 04, émissions en reprise.L’époque est stressée et en quête de spiritualité.C’est ce que peut laisser croire la vogue actuelle du chant grégorien et de l'inondation de disques à laquelle doivent faire face les consommateurs.Un compositeur n’est pas en reste.L'Estonien Arvo Piirt donne en effet dans la spiritualité facile.Ce disque nous propose pas moins de six arrangements de la même œuvre.En panne d’inspiration, le compositeur réorchestre un «tube» pour se faire entendre davantage, faire rouler les presses de son éditeur qui, sûrement, ne demande pas mieux, et occuper les percepteurs de droits d’auteur.Stravinski faisait parfois
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