Le devoir, 19 août 1995, Cahier C
I.K I) K V OIK.I.E S S A M K D I I II K T DI M A X (' Il K 2 O A II I’ T I D H A ?LE DEVOIR ?Cinéma Page C3 Disques classiques Page C4 Jazz et blues Page C5 Vitrine du disque Page C5 Livres Page C6 Arts visuels Page C8 Grille télé du week-end Page CIO Agenda culturel Page Cil Fornes Page C12 ?OPÉRA L’art lyrique en plein désert Le Santa Fe Opera offre cinq œuvres sous les étoiles du Nouveau-Mexique MAURICE TOURIGNY CORRESPONDANT DU DEVOIR A NEW YORK Santa Fe — Au milieu du désert du Nouveau-Mexique, un bijou du monde musical américain brille depuis 39 étés.Fondé en 1957 par John Crosby, qui en est toujours le directeur artistique et un des principaux chefs, le Santa Fe Opera s’est fait le champion de la musique du XX1' siècle, de Richard Strauss et des œuvres déjà célèbres en Europe mais encore inconnues en Amérique, sans pour autant ignorer les grands titres du répertoire, les Mozart, Puccini, Verdi, etc.Cet été, du 30 juin au 26 août, le Santa Fe Opera présente en alternance cinq œuvres lyriques.La Comtesse Maritza d'Emmerich Kalman, La Fanciulla del West de Puccini, Le Nozze di Figaro de Mozart, Sa-lomé de Strauss et un opéra nouveau, Modem Painters, de David Lang, une commande de théâtre.Avec son très beau théâtre extérieur à demi couvert contenant 1900 fauteuils, le Santa Fe Opera, au pied des montagnes Sangre de Cristo, m’a complètement séduit; j’y ai assisté à quatre représentations du 8 au 11 août.D’abord La Fanciulla de Puccini, dans une mise en scène conventionnelle mais habile de Bruce Donnell, sous la baguette de John Fiore.Je l’avoue, Fanciulla m’ennuie avec son côté western spaghetti, son américanisme faux.Mais, tout de même, certains moments de l’opéra touchent leur cible en moi.Fiore a su tirer des cordes du lyrisme et l’emportement pucciniens malgré quelques problèmes chez les cuivres.Et la distribution comptait des interprètes de marque.Mary Jane Johnson a chanté Minnie dans les plus célèbres théâtres du monde.Elle possède le rôle: son soprano au médium sonore à l’aigu puissant sait vaincre tous les dangers du rôle.Timothy Noble incarne Jack Rance avec une diction remarquable et une forte présence malgré quelques notes trop violemment projetées.Le Dick Johnson de Craig Sirianni ne laisse pas sa place aux autres protagonistes même si le rôle semble parfois amener l’interprète au bout de ses capacités.Des éclairs roses Pour ma deuxième soirée, une déception sur scène mais un orage spectaculaire contre lequel ont dû se battre les personnages des Nozze di Figaro.Des éclairs roses et blancs dans les montagnes noires ont gagné mon attention; il faut dire que la direction molle du chef George Ma-nahan et la mise en scène routinière de John Cox n’étaient pas difficiles à battre.Ni Manahan ni Cox n’ont su tirer parti de la comédie et du drame de l’œuvre et les chanteurs semblaient laissés à eux-mêmes dans un décor étouffant et surchargé.Puis vint le triomphe de ma semaine d’opéraphilie, une inoubliable Salome sous la baguette de John Crosby.J’ai eu le sentiment d’entendre un nouvel orchestre tant les musiciens étaient à l’aise dans le style straussien.Crosby, un spécialiste du compositeur allemand, a mené la représentation d’un sommet dramatique à un autre sans laisser au VOIR PAGE C 2 : SANTA FE assau — mm*™**#*** ^ Qui dit août dit retour du FFM qui débute jeudi prochain.Deux longs métrages québécois ont été retenus en compétition.Dès les premiers jours de septembre, ils envahiront ensuite les cinémas de la province.Offensive choc: 35 écrans du Québec pour Liste noire de Jean-Marc Vallée, une vingtaine pour L’Enfant d’eau de Robert Ménard.Le Québec veut reconquérir le public des salles.Voyons ce que promettent les cinéastes.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Lancer son premier long métrage en compétition au FFM: que voilà une expérience parfois casse-gueule! Jean-Marc Vallée a d’abord avalé de travers lorsqu’il a appris que son polar Liste noire était retenu en sélection officielle.Cette pers- pective éveillait en son esprit de cuisants souvenirs.Il faut dire qu’il avait signé le montage de Pablo qui court, film de Bernard Bergeron éreinté par la critique il y a quatre ans, à l'heure de son passage houleux en compétition au Festival Losique.Ensuite, Jean-Marc Vallée s’est dit qu’après tout l’occasion était belle et la tribune de taille.Mais il se sent nerveux.On le serait à moins.- Il a 32 ans, des études de cinéma à l’UQAM derrière la cravate, se sent des affinités avec Scorsese pour la rédemption qu’il apporte à ses personnages violents, aime les films d’action qui racontent une histoire, a réalisé quelques courts métrages, des vidéoclips, fait du montage et plonge cette fois dans l’eau salée avec Liste noire.Un film qu’il veut grand public avant tout Liste noire.Il a attrapé le projet au vol d’un ami scénariste, Sylvain Guy, ancien avocat recyclé dans l’écriture.Un sujet qui lui plaisait.Le film raconte l’histoire d’une prostituée de luxe qui, arrêtée pour débauche, menace de livrer le nom de VOIR PAGE C 2: FFM Jean-Marc Vallée présente sa Liste noire.PHOTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR PHOTO JACQUES GRENIER LE DEVOIR Robert Ménard raconte L’Enfant d’eau.-h ca//ers spéciaux c/« DEVOIR A' WMm Y rv-^ ¦ '-Çmfôm r/A's\ BBS i mm le samedi 26 août - Tombée: 18 août  /SX A A télécopieur: 985-3390 1 "\\ #\ î MtïèAÏ Pour information: Publicité (514) 985-3399 1-800-363-0305 »* I.Y.I) Y V 0 I K .I.Y S S A M Y I» I I It Y T l> I M A X (' Il Y ï 0 A 0 l’ T I » Il !J SANTA SUITE DE LA PAGE C 1 spectateur un instant de repos.I.a tension était soutenue par une équipe de chanteurs admirables.Dans le mit- titre, la I latinise Inga Nielsen, après une amorce prudente, a complètement essoufflé le public; sa voix brillante peut flotter sur le déchaînées de l’orchestre qui jamais ne l’a couverte, un véritable tour de force.Sa Salomé combine les caprices de l’adolescente et la démence familiale.Inga Nielsen se retrouvera sur les meilleures scènes d’Europe et d'Amérique sous peu; on peut parier que Salomé deviendra son rôle fétiche.Richard Cowan chante Jean-Batiste de façon admirable.Son beau baryton a grandi avec les années et lui permet maintenant d’attaquer des personnages plus lourds que ses héros mozartiens qui l’ont rendu célèbre.Il chantera d’ailleurs Scarpia dans Tosco à l’Opéra de Montréal en mai prochain.Acteur doué, il sait composer des êtres riches en explorant ses partitions et en jouant juste.Katherine Ciesinski et Ragnar Ul-fung chantent le couple décadent: ils rendent à merveille la laideur et la folie d’Hérodiade et d’Hérode.Mark Baker est le meilleur Narraboth des scènes du monde.Ken Cazan signe une mise en scène sobre et dépouillée dans un décor dominé par sept colonnes en demi- cercle, derrière la fosse du prophète et deux bassins d'eau qui flanquent la scène.Les costumes de Martin Pakledinaz sont d’une beauté rare: mélange de styles, du Moyen-Orient, au kimono japonais en passant par la tunique romaine, dans des couleurs et des textures qui s'harmonisent à la violence de la musique.Ma dernière soirée à l’opéra m'a mené dans l'Angleterre du X!Xr siècle et dans l'univers intellectuel du penseur et critique d’art John Ruskin.Modem Painters de David Lang, sur un livret de Manuela Uoelterhoff (critique music al au Wall Street Journal), n’évite pas le principal écueil de l’opéra contemporain: la déclaration, cette manière qui pousse les artistes à ne plus suggérer, évoquer, faire sentir les idées derrière les œuvres et les émotions qui les habitent mais à les déclarer platement au spectateur, privé de son travail de spectateur.Dans Modem Painters, les émotions sont nommées par les personnages, les idées débattues entre eux.Au théâtre, il ne suffit pas de dire l’émotion et de lancer les idées; le public devrait sentir le drame et les conflits des personnages mais ça n’est pas chose facile que de créer cet univers fragile et Modem Painters n’y parvient pas.Ce n’est certainement pas à cause de la mise en scène imaginative et très vivante de Francesca Zambelle ni des décors d’Alison Chitty.Elles ont monté l’opéra en accord avec le minimalisme de la musique un groupe d'escaliers de bois modu laites sur roues s’attachent et se de tai lient pour créer des lieux aussi variés que le pont du Rialto à Venise et l’atelier du peintre Millais ou la salle à manger des noces de Ruskin.Zambello le prouve à chacune de ses productions: elle est un des plu> brillants metteurs en scène d’opéra de l’heure.Quant à la musique de Lang, son minimalisme orthodoxe entraîne une certaine sécheresse bien que certains moments parviennent à nous toucher, en particulier le beau monologue de Ruskin sur la tombe du peintre Turner.L’écoute de Modem Painters éveille bien des questions quant à l'habileté de Lang à écrire pour un grand orchestre: autant j’admire la musique de chambre de Lang, autant son premier opéra m’a paru schématique et mince.Le livret d’Hoelterhoff contient de beaux textes, surtout ce poème final, évocation du délire de Ruskin qui nomme ses désirs inassouvis.Le texte comique du banquet de noce est certainement un instant fort du livret.Hoelterhoff aurait cependant pu nous épargner cet emprunt au Figaro de Mozart dans la scène d’ouverture.François Leroux et Ann Panagu-lias menaient la distribution dans les rôles principaux de John Ruskin et Effie Gray.3 ••• ^ | ORCHESTRE SYMPHONIQUE wjllti I DE MONTREAL Charles dutoit r}( - i)(> Côevt éa€neftient& a ne /tc/.v mttnauetïf bntartete lÆu&iA Yo-Yo Ma interprète 4 concertos d’auteurs bannis par les Nazis.ei*/(oz - du GhiHst Après Les Troyens en 1993 et La Damnation de Faust en 1994, voici L’Enfance du Christ.(d culmina £J&uiKina Le chef-d’œuvre de Carl Orff./()() ans du cinéma Les thèmes célèbres des films Mort à Venise, Elvira Madigan, La Symphonie pathétique et autres.Yo-Yo Ma, violoncelle Concerto pour violoncelle de Hindemith Emanuel tes,piano Concerto pour piano n° 4 de Beethoven Stanislaw Skrowaczevvski, chef Symphonie n° 7 de Bruckner Louis Lortic,piano Concerto pour piano n° 4 de Rachmaninov Chantal Juillet, violon Concerto pour violon n° 2 de Penderecki Yefim Bronfman,piano Concerto pour piano n° 2 de Saint-Saëns Raymond Leppard, chef Symphonie n° 5 de Beethoven Horacio Gutiérrez,/>/awo Concerto pour piano n° 2 de Brahms Kyoko Takezawa, violon Concerto pour violon de Mendelssohn , S c rt'Syuez fia# (/e/rc déçu.s.(ùonnep-vôuH dés mainfc/ia/if / Demandez notre brochure 842-9951 FFM Un «anti-^Awe Lagoon», proteste le cinéaste SUITE DE LA PAGE C 1 ses clients: un bouquet déjugés, sénateurs, ministres, en traînant dans la boue toutes ces grosses légumes épluchées.Le scénario avait des vapeurs iconoclastes, des relents de cassons-le-système, sans le jusqu’au-boutisme des années 70, mais quand même.«Je me sens comme un enfant qui tire la grimace au monde de la justice-, précise-t-il avec un sourire coquin.Jean-Marc Vallée s’attend à ce que le Barreau réagisse au film.On verra bien.Coup de pot, pour un premier long métrage, sa Liste noire recevait une distribution de premier ordre.D’abord, Michel Côté dans la peau du juge sans peur et sans reproche, secoué par une cause dynamitée.Ajoutez Sylvie Bourque, Raymond Cloutier, Aubert Pallascio, Jean-Louis Roux, Denis Mercier, Robert Gravel, Lucie Laurier, etc.Jean-Marc Vallée parle de son film comme d’un thriller avec un méchant caché et des fausses pistes semées un peu partout menant à des culs-de-sac, comme chez Agatha Christie.«Une façon de jouer avec le public, me dit-il, de s’amuser à le surprendre.» Voyons voir quels ingrédients il a mis dans sa Liste noire: «Danger, mystère, meurtre, énigme.Quant au sexe, c’est la case départ de cette fiction, l’élément par quoi le scandale arrive.» Pur thriller?«Non.Le film porte une réflexion sur le pouvoir et la morale et sur ceux qui brandissent la morale pour s’emparer du pouvoir», ex-plique-t-il.«Le film est un film de gars, sur le pouvoir des mâles, avec une violence nécessaire au récit.Michel Côté pour sa part joue le jeune juge, le père de famille honnête et droit tout à coup dépassé par une affaire judiciaire.Car en menaçant de révéler le nom de ses prestigieux clients, cette prostituée qu’il juge le met en danger.Il est menacé de mort, sa famille aussi.Ses amis de la magistrature, les culottes à terre, veulent le museler.Le film joue sur la peur et le spectateur s’identifie à cette peur des protagonistes.» Rien de tel qu’un premier long métrage pour apprendre à la dure les contraintes du cinéma.Avec 1 million $ de budget, jamais Jean-Marc Vallée n’aurait pu tourner à l’intérieur des 27 jours prescrits les 110 pages du scénario initial.Il lui fallut couper des intrigues secondaires, rogner sur la crédibilité d’un ou deux personnages de la marge, retrancher vingt pages.Aujourd’hui, le cinéaste ne s’attend pas à révolutionner le septième art avec Liste noire.Il lui trouve des défauts (deux acteurs pas à leur place), mais le rythme lui plaît (il a fait lui-même le montage) et il considère que plusieurs comédiens font de vraies étincelles.Se tourner vers l’universel Robert Ménard n’affûte pas, loin s’en faut, de son côté, ses premières armes de cinéaste.L’Enfant d’eau constitue son sixième long métrage (sans compter deux téléfilms).Il est son propre producteur, à ses yeux une façon de conserver son indépendance, même s’il considère que les temps sont durs pour trouver des fonds.Sa compagne Claire Wojas signe les scénarios.Avec son parcours, des œuvres aussi différentes que Tes belle Jeanne et Cruising Bar, on peut s’attendre à tout pour cet Enfant d’eau.Stagnant, le cinéma québécois?«Nous nous sommes peut-être trop regardé le nombril, répond-t-il.Reste à se tourner vers l’universel.Ce que vise justement mon dernier film.» L’Enfant d’eau fut tourné en grande partie aux Bahamas.Il raconte comment s’apprivoisent une toute jeune fille (douze ans) et un simple d’esprit dans la vingtaine au lendemain d’un accident d’avion les ayant laissés fin seuls sur une île déserte.«Tout reposait sur ces deux acteurs, explique le cinéaste.Lui, parce que sa prestation devait être quasi PHOTO JACQUES GRENIER Robert Ménard n’affûte pas, loin s’en faut, Ses premières armes de cinéaste.muette, toute en non-dits, en regards, avec un surplus d’émotions sur le point d'éclater.Elle, parce que la jeune fille devait traverser la gamme complète des émotions: de la révolte au désir, en passant par l’effroi.Une soixantaine de petites actrices ont été pressentie?pour le rôle, une vingtaine de comédiens pour celui d’Emile.Reste à voir si David La Haye et Marie-France Monette sont les révélations que Robert Ménard nous promet.Monique Spaziani et Gilbçrt Sicotte incarnent de leur côté les parents adoptifs d’Emile.Le tournage de L’Enfant d’eau fut en novembre et décembre la création d’un univers parallèle, sur une île des Caraïbes qu’on disait hantée par une jeune esclave môr-riah, jadis violée et tuée; fantôme qui aurait protégé l’équipe, aux dires du réalisateur, envoyant des tempêtes quand il le fallait et du soleil le reste du temps.Une maison de bois avec toit de feuilles de cocotier construite en dix jours, l’équipement transporté par petit bateau et dos d’homme, des plages infestées de puces de sable et la fête à tous les soirs au village de la côte.Mais pour l’interprète d’Emile, David La Haye, l’heure n’était pas aux festivités.«Jouer un simple d’esprit quasi muet lui commandait une concentration extrême.II.ne buvait ni ne sortait, aspiré par la peau de son personnage.» Un jeune couple sur une île déserte découvrant l’amour.Ça vous rappelle quelque chose?«C’est un anti-Blue Lagoon, proteste le cinéaste.L’Enfant d’eau constitue un voyage sur la naissance de l’émotion.Un film à action émotive.» Il dit avoir voulu filmer d’abord la solitude, puis la communication de deux êtres que rien ne destinait à se rencontrer.«Aujourd’hui, chacun s’enferme avec des vidéocassettes.Les gens devraient plutôt chercher à s’apprivoiser, à revenir à la parole.En autant que mon film comporte un message, c’est ce besoin universel de communication», conclut le cinéaste.Merci Agnès Grossmann.En 1989, Agnès Grossmann prenait la direction artistique du Centre d'Arts Orford, un souffle nouveau se levait et s'amorçait, dès lors, une volonté profonde de donner à cette école de musique et à son Festival une envergure internationale.Tous ceux qui, parmi nous, ont non seulement eu le plaisir mais l’honneur de côtoyer cette grande dame de la musique, savent désormais ce que signifie «La Passion pour l'Excellence».À cette femme de cœur et de passion qui nous quitte aujourd'hui, à son mari Raffi Armenian, irremplaçable compagnon de métier, nous du Centre d'Arts Orford, le Conseil d'administration, la Direction, la Corporation et les employés, nous unissons pour leur souhaiter «eine gute Fortsetzung»! Que le feu sacré ne vous quitte jamais et que la magie de la grande musique se continue ! (-entre clArt* Orford f onde en 1951 L K |) K V 0 I B , L K S S A M KHI I !» K I I» I M \ X t II E 2 0 A 0 f T I !» !» 3 CINÉMA RAYM il >wmm .•x::.UN SUJET BOULEVERSANT UNE HISTOIRE ABOMINABLEMENT AUTHENTIQUE Poussières A de vie Un film de Rachid Bouchareb -"àvec Daniel Guyant Gilles Chitlaphone Éric Nguyen Noircir la réalité PANTHER Réalisé par Mario Van Peebles.Scénario: Melvin Van Peebles.Avec Ka-deem Hardison, Marcus Chong, Bo-keem Woodbine, Joe Don Baker, Courtney B.Vance, Tyrin Turner.Images: Eddie Pei.Montage: Earl Wqtson.Musique: lurry Robinson.Etats-Unis, 1995,125 minutes Pont entre le passé et le présent, Van Peebles présente, à l’aide d'un habile montage de filma d'archives et d’images tournées, la visite qu’une centaine de Black Panthers ont rendue au gouverneur de la Californie à l'époque, investissant pour se faire entendre la Chambre des représentants de Sacramento.Ce gouverneur, c'est bien entendu Ronald Reagan.Encore est-il heureux que des films comme Panther puissent trouver du financement dans un contexte politique américain où les descendants de Reagan régnent en loups dans une bergerie où les moutons démocraties ont de moins en moins de laine sur le dos.De toutes les qualités de ce filin — elles sont fort nombreuses — il importe de souligner son adéquation parfaite entre sa forme et son sujet, hi mise en scène de Van Peebles est nerveuse, sans être névrosée; Panther est policé dans sa rébellion, organisé dans son discours et soigné dans sa mise en forme.Van Peebles n’a pas la force réquisitoire de .Spike Lee, ni l’intransigeance des frères Hugues.Bref, la facture classique de Panther lui confère tous les attributs l’HOTO ROBERT ZUCKERMAN Kadeem Hardison dans le rôle de Judge.du très bon cinéma commercial; son distributeur timide a préféré le caser, pour une semaine seulement, au Cinéma de Paris.C’est dire qu'il faut se dépêcher pour voir ce très bon film.Le Black Panther Party for Self-Defense était, lors de sa création en 1967, un groupuscule formé de quelques Noirs idéalistes fatigués des abus des autorités et de leur négligence vis-à-vis de leur quartier.Devenu, en quelques mois, un important mouvement de défense armée contre les offensives policières et les injustices des Blancs face aux Noirs, les Black Panthers ont régné sur Oakland, en Californie, tout en étendant aux plus importantes mé-tropoles américaines, de par leur impact sur les médias, leur autorité tentaculaire.Entre le décès de Malcolm X, récent, et celui de Martin Luther King, imminent, les Black Panthers ont mis sur pied des programmes de soutien pour les familles défavorisées et réinvesti dans la communauté les profits de leurs fondations.Iœs médias les ont cependant dépeints comme une bande d’exaltés anti-Blancs; ceux-ci se défendaient d’être des anti-oppresseurs.Le malentendu a entraîné la mort violente de centaines de citoyens.Rien ne destinait le jeune Judge (Kadeem Hardison), un jeune universitaire Noir récemment rentré du Viêtnam, à joindre les rangs des Black Panthers.Un gamin tué par une voiture devant chez lui, une anecdote somme toute, l’emmène à pactiser avec Huey (Marcus Chong) et Bobby (Courtney B.Vance), fondateurs du Black Panther Party.Le groupe se retrouve bientôt la cible du FBI, qui cherche à connaître la nature exacte de ses activités, ou plutôt à prouver, coûte que coûte, son obédience communiste.Nous sommes en 1967.Les Américains se battent au Viêtnam, et J.Edgar Hoover, à la tête du FBI, chasse encore les sorcières.Jumeler les communistes à une poignée de Noirs rebelles à l’autorité blanche était un raccourci économique.Hoover ordonne qu’on intensifie la lutte aux Black Panthers et téléguide des complots visant à associer le groupe pacifiste au cartel de la drogue.Mario Van Peebles, réalisateur du très remarqué New Jack City et du western révisionniste Posse, ponctue son récit de courtes séquences en noir et blanc, points de repère historiques, là en fait où l’histoire croise l’Histoire.Cette rigueur rappelle JFK, d’Oliver Stone, à la différence que Panther n’est pas un film à thèse.Melvin Van Peebles, père du réalisateur et scénariste de Panther, s’en est tenu aux faits, qu’il a organisés de telle sorte qu’il leur a prodigué une toute nouvelle signification.Démontrant, par exemple, que la ségrégation était intimement liée à la propagande anticommuniste.Propagande qui a pris de l’ampleur à mesure que la déconfiture du Viêtnam se révélait auprès des Américains de moins en moins crédules.N AVEC LA COMPLICITÉ DU PIANISTE HERVÉ GUIDO 1594, rue St-Denis, Montréal RÉSERVATIONS: (514) 790-1 11 1 Extérieur sans frais d'appel: 1 -800-848-1594 §CFGL 105,7 fm LE DEVOIR Sogestalt 2001 HOTEL SORRENTO VERSION 0.ANGLAISE MAINTENANT À L’AFFICHE! ^ISTMl nuis dolby stereo |2;45 3;00 5:|5 JJ 9;45 (ouctie-tard som 11:55 EST DE RETOUR V.O.avec sous-titres français prima film HOTEL SORRENTO Réalisation: Richard Franklin.Scénario: Richard Franklin et Peter Fitzpatrick d’après la pièce de Han-nieRayson.Image: Geoff Burton.Musique: Nerida Tyson Chew.Avec Caroline Goodall, Carlone Gillmer, Tara Morice et Joan Plowright.Australie, 105 minutes.Centre Eaton BERNARD BOULAD Hotel Sorrento est un film australien mais il aurait aussi bien pu être signé par un Canadien anglais.Les thèmes qui y sont développés et le style de mise en scène ne manquent pas de rappeler que le Canada et l’Australie ont plusieurs points communs.Mis à part l’immensité de lèur territoire, ils partagent tous deux la particularité d’être d’ex-colonies britanniques.Aussi libérés du joug de la couronne royale mais aujourd’hui dominés culturellement par les Etats-Unis, ces deux pays cherchent désespérément à se forger une identité non folklorique.C’est de ce genre de drame de l’inconscient collectif d’un territoire colonisé que traite entre autres Hotel Sorrento, un film tiré d’une pièce de théâtre de Hannie Rayson qui a eu un gros retentissement en Australie.Mais au-delà de la question sur l’identité qui y est primordiale, le film de Richard Franklin n’en atteint pas moins une portée universelle puisqu’il se concentre d’abord sur les difficiles rapports familiaux qu’entretiennent trois soeurs séparées par les circonstances de la vie.Hilary (Carlone Gillmer) est la plus âgées des filles Moynihan.Veuve et mère d’un garçon, elle n’a jamais quitté la maison familiale bapti- sée Hotel Sorrento et située dans une petit ville côtière pas très éloignée de Melbourne.Elle y habite avec son père retraité et son fils.Hilary est une femme au caractère ambigu.Elle semble à la fois sûre d’elle-même et résignée.Comme si elle n’avait pas vraiment choisi de rester à Sorrento pour s’occuper de la maison, laissant planer l’impression qu’elle s’est sacrifiée pour ses sœurs.Reste qu’elle est le pivot de la famille, le symbole de son enracinement.Ses deux sœurs, Meg et Pippa, se sont exilées.La première vit depuis dix ans à Londres et est une romancière en ascension puisque son dernier livre intitulé Melancholy vient d’être mis en nomination pour le très convoité Booker Prize.La seconde travaille à New York dans une entreprise de franchisage et songe à se réinstaller à Sorrento.Meg, de son côté, a coupé tous ses liens avec l’Australie dont elle dénonce l’anti-intellectualisme et l’étroitesse d’esprit.Son roman n’est ainsi pas tendre pour ses compatriotes qu’elle accuse d’être colonisés.Mais il y a plus grave.Meg a beau déclarer que son livre est une fiction, ses sœurs se retrouvent parfaitement dans la description et la psychologie des personnages.Alors, lorsqu’elles se retrouvent toutes les trois à Sorrento, on imagine facilement le drame qui va se jouer.L’heure des règlements de compte a sonné.Hotel Sorrento évoque, quoique sans trop leur ressembler, Les Trois Sœurs de Tchekov et Interiors de Woody Allen.Bien sûr le débat sur la culture australienne qu’il soulève, les thèmes de l’expatriation, du complexe d’infériorité et de la loyauté envers son pays installent une toute autre toile de fond.Les personnages de ces trois femmes et leur destin représentent la triple appartenance culturelle de l’Australie avec ses déchirements intérieurs et une certaine forme de schizophrénie.On comprend donc la résonance de l’impact que la pièce a pu avoir sur place.Pour l’observateur étranger cependant, et même si on peut dresser des parallèles avec la situation du Canada, l’intérêt est nettement moins évident.D’autant plus que la mise en scène de Richard Franklin manque singulièrement de nerfs.Comme pour des accents de psychodrame, le ton a été trop adouci et les scènes fortes et signifiantes ont été escamotées comme celle de l’anivée de Meg.D’ailleurs, le film dans son ensemble est mal ancré dans le temps, problème sûrement lié à l’adaptation de la pièce.L’émotion ne passe alors plus, sauf peut-être à la toute fin.Pourtant les personnages sont beaux et forts, tous interprétés par des actrices impeccables.On reste ainsi largement sur notre faim.Richard Franklin est un réalisateur d’origine australienne qui s’était laissé charmer par les sirènes hollywoodiennes pour faire des films de commandes comme Psycho II et FX2 et Hotel Sorrento représentait son premier film dans sa terre natale depuis treize ans.Le sujet le concernait directement et l’on sent qu’il s’y est totalement investi, cherchant notamment à évoluer dans la nuance et dédramatiser les situations.Il a trop voulu en faire et il finit par nous perdre en chemin malgré le charme des lieux.Avertissement: if you don’t understand la langue de Shakespeare very well forget about it;.Un film cochon réussi CAROLINE GOODALL • CAROLINE GILLMER • TARA MORICE |0AN P10WRIGHT Caroline Goodall tient le rôle de Meg dans le film de Richard Franklin.Crise d’identité SOUCE ASTRAL BA6E De Chris Noonan, avec James Cromwell, Magda Szubanski, Zoe Burton, Paul Goddard.Scénario: George Miller et Chris Noonan, d’après le roman de Dick King-Smith.Images: Andrew Lesnie.Montage: Marcus D’Arcy et Jay Friedkin.Australie-É.-U., 1995.Ih31.Version originale: Carrefour Laval, Cinéplex, Lacordai-re.Version française: Berri, Cinéma Boucherville, Cinéplex Centre-Ville.FRANCINE LAURENDEAU Babe est un petit cochon moderne, c’est donc dire qu’il est né dans l’anonymat d’une immense fabrique porcine et qu’on lui a très tôt enlevé sa mère.Par un étonnant concours de circonstances, il est choisi pour constituer l’un des prix décernés à une foire agricole.Le fermier qui en hérite, le taciturne M.Hoggett, n’est pas trop content.C’est qu’il élève des moutons, pas des co-chons.«Un cochonnet rôti, ça nous fera un plat succulent pour Noël», lui déclare Mme Hoggett.Et le sort en est jeté.A la ferme, le nouveau venu fait tranquillement connaissance avec tout le monde.Il y a les moutons, de l’avis général les plus bêtes des animaux.Et il y a les deux chiens de berger — un mâle et une femelle — qui régnent sur le troupeau et constituent l’aristocratie de cette population animale.D’ailleurs, seuls les chiens et les chats ont le droit de pénétrer dans la maison des maîtres.Baptisé Babe, notre sympathique héros s’ennuie de sa maman.Il quémande et obtient la protection et bientôt l’affection de la chienne de berger qui lui servira obligeamment de mère adoptive et de conseillère.Mais c’est le canard qui lui apprendra les dures lois qui régissent la vie des animaux domestiques; ceux qui ne servent à rien sont fatalement tués et mangés.Et les canards sont in-utilesAlors, pour ne pas finir à la casserole, le malheureux palmipède s’évertue à copier et à précéder le chant du coq, lequel coq se réveille toujours avec quelques secondes de retard.«Mais alors, se demande Babe avec terreur, moi aussi je suis inutile et serai mangé?» Par bonheur, il a soudain la révélation de ce qui sera désormais sa vocation.En effet, le jour où il accompagne les chiens sur le pâturage et les observe à l’œuvre tandis qu’ils gardent le troupeau et en commandent les mouvements, Babe découvre que lui aussi sait s’y prendre avec les moutons.Et il expérimente sa manière à lui: différente mais tout aussi efficace.L’heu-reux spectateur entend le langage des animaux.Pas le fermier.Mais ce dernier est un fin observateur et comprend très vite que sa nouvelle recrue est particulièrement intelligente.Alors il décide de lui faire confiance.Je ne vous raconterai pas toutes les péripéties qui conduiront Babe à un très sérieux concours où il devra faire ses preuves comme «cochon de berger», mais sachez que le scénario est astucieusement nourri et les aventures de Babe racontées avec une chaleureuse efficacité.Il faut que je vous précise que toute cette histoire est interprétée, si on peut dire, par de vrais animaux.Oui, bien sûr, on utilise ici et là des marionnettes et des trucages.Le générique final est impressionnant avec cette véritable armée de petits cochons et autres animaux, d’entraîneurs, de marionnettistes et de techniciens en tous genres.On se dit que ce tournage a dû être bougrement compliqué et a dû poser d’infinis problèmes.Mais ce sont des considérations qui ne surgissent qu’après coup.Car c’est tellement réussi qu’on se laisse prendre.Et laissez-moi vous dire que je n’ai aucune, mais vraiment aucune affection particulière pour la gent porcine.fîaèe est présenté comme un album aux couleurs vives, aux décors qui ressemblent à des illustrations de contes d’antan.Chacune des pallies du film est précédée d’un titre de chapitre, cocassement enluminé par un délicieux trio chantant de petites souris.Le fermier mis à part, les hommes et les femmes sont caricaturaux et même franchement antipathiques.Comme la plantureuse fermière qui rêve de déguster Babe en rôti et qui adore le canard à l’orange.De quoi vous rendre végétarien.Par comparaison, les animaux paraissent plus nuancés et plus proches de nous.Plus humains, si j’ose dire.L’humour est inhabituel et quelques séquences sont vraiment surprenantes, comme cette berceuse chantée par Hoggett qui se transforme en une imprévisible, touchante et déri- soire explosion chorégraphique.Bref, voilà un des meilleurs films «pour toute la famille» que j’aie vus depuis longtemps On est tous coupables un jour ou l’autre.5 ET 6 SEPTEMBRE BILLETS EN VENTE AU GUICHET DU THÉÂTRE ST-DENIS "Un film qui risque de vous rester gravé en mémoire, longtemps, pour les mêmes raisons qu’on aura adoré STEEL MAGNOLIAS ou FRIED GREEN TOMATOES." - Paul Henri Goulet, JOURNAL DE MONTRÉAL i I.K |) K V OIK.I.K M KHI I II K T H I M A X C II K 2 (I A (I fl T I H H S Q U E S A S 8 I Q U E S Variations estivales, plage 3 FRANÇOIS TOUSIGNANT GEORGES ONSLOW Quintettes à cordes en do mineur, op.38 «la Halles, en mi majeur, op.39, et en si mineur op., 40.L'Archibudel-li: Vera Beths et Usa Rauteuberg, violons; Stephen Dann, alto; AnnerBylsma et Kenneth Slowik, violoncelles.Sony Classical, Vivarte SK 64 308 Musicien quasi oublié aujourd’hui, Onslow nous revient avec l’Archibudelli, qui nous montre ainsi la toile de fond musicale de la contemporanéité du XIX' siècle.Onslow fait partie de ces compositeurs archi prolifiques qui ont connu une heure de gloire de leur vivant, mais que l’Histoire a laissé tomber.Un exemple de sa production: il a composé pas moins de trente-quatre quintettes à cordes.C’est beau, mais on est loin des chefs-d’œuvre des compositeurs retenus par l’Histoire.Hybride parfait, idéal même entre Mozart et Beethoven.Une musique de haute tenue d’écriture, mais d’inspiration modeste.Une curiosité à découvrir pour qui aime passionnément la musique et qui veut partir à la découverte.Les interprètes semblent un peu mal à l’aise sur les instruments prêtés par la fondation Smithsonian.I^e son est parfois un peu grinçant, mais le souffle ne manque pas.Un petit disque intéressant sur la musique de vil -—- Georges Onslow (i784-i853j String Quintets opp.38.3« & 'to Stradivarius Instruments from the Collection of the Smithsonian Institution UArchtbudetU & Smithsonian Chamber Players String Quintets In C major, K.5I5 - In L'Archibudelli deuxième ordre du romantisme, et qui mérite quand même un peu d’attention, histoire de nous faire réfléchir à ce qui se passe aujourd’hui en musique à la lumière de ce qui s’est déjà passé.WOLFGANG AMADEUS MOZART Quintettes à cordes en do majeur, KV.515, et en sol mineur KV.516.L’Archibudelli: Vera Beths et Lucy van Duel, violons; Jürgen Kussmaul et Gijs Beths, altos; AnnerBylsma, violoncelle.Sony Classical, Vivarte SK 66 259 Si les quintettes étaient produits en série par Onslow, ils sont beaucoup plus rares chez Mozart.Cet enregistrement est consacré aux deux grands monuments qu’ils nous a laissés.Encore à la différence de Onslow, il s’agit non pas de formation avec deux violoncelles, mais bien avec deux altos, instrument chéri de Mozart, où il cachait ses secrets, lui qui en jouait quand on interprétait ces pièces.Le quintette en do majeur vous séduira par son énergie et son sens du drame, autant que celui en sol mineur vous fera découvrir des abîmes d’interrogations.On sent ici les interprètes plus en communion avec eux-mêmes et la partition, quoique manquant de cette intimité que certains grands ensembles nous ont déjà fait connaître.samedi 19 6 h 04 LA GRANDE FUGUE Musique du matin, calendrier des événements musicaux et des émissions à souligner pour le week-end.Le samedi et le dimanche, le RADIOJOURNAL à 8 h.Une émission de Catherine Perrin.10 h RAYON MUSIQUE Magazine qui explore l'univers du disque sous toutes ses facettes.Anim.Lise Daoust.Réal.Guylaine Picard.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 DES MUSIQUES EN MÉMOIRE Concert enregistré à la Maison de la culture Frontenac de Montréal le 21 avril 1995.Mémoires vives : le Gamelan de l’Université de Montréal, dir.I Wayan Berata.Anim.Éliza-beth Gagnon.Réal.Lorraine Chalifoux.13 h 30 L'OPÉRA DU SAMEDI Francesca da Rimini de Zandonai.Distr.Elena Filipova, Hana Minutillo, Danilo Rigosa, Philippe Rouillon, Frederick Kalt, Choeur du Volksoper Wien, Choeur de chambre Sophia, Orchestre symphonique de Vienne, dir.Fabio Luisi.Prod.Radio autrichienne.Anim.Jean Deschamps.Réal.Maureen Frawley.17 h 30 LE CHANT DE LA TERRE Montréal sacré d'Yves Daoust.Portrait à la fois naturaliste et suggestif de la ville de Montréal, le dimanche matin.Calme, quiétude des dimanches et présence implicite du sacré, du culte.Anim.Michel Keable.Réal.Mario Gauthier.Réal.-coord.Lorraine Chalifoux.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 MUSIQUE À LA CLÉ DES CHAMPS Quatuor en fa op.96 « Américain » et Sonate pour violon et piano op.100 de Dvorak.Une émission d’André Vigeant.19 h POUR LE CLAVIER Marguerite Long (9' de 10).Marguerite Long et le second souffle de la carrière de pédagogue à partir des années 1940.Création du Concours qui porte son nom.Romance sans paroles n' 3 de Fauré; Sonate n° 2 op.35 de Chopin; Moment musical D.780 de Schubert; extr.La Vie brève de Falla; extr.En Languedoc de Séverac; Concerto n” 1 de Tchaikovski; extr.Sonate n” 21 « Waldstein » de Beethoven; extr.Concerto n° 1 de Liszt; La Plus que lente de Debussy; Doumka de Baladirev et Impromptu-caprice de Cui.Anim.Jean Deschamps.Réal.Michèle Patry.20 h RENCONTRES EN MUSIQUE Inv.François Girard, cinéaste.Anim.Gilles Dupuis.Réal.Claude Duhamel.22 h JAZZ SUR LE VIF Concert enregistré à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal : Mimi Blais, p.Anim.Francine Moreau.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h TRIBUNE INTERNATIONALE DES COMPOSITEURS Présentation d'une sélection d'oeuvres de la Tribune internationale des compositeurs 1995 qui s'est tenue du 6 au 9 juin dernier à Paris.Anim.Mario Paquet.Réal.Richard Lavallée.0 h 04 LE CLUB DE MINUIT Un pianiste vous convie à partager ses émotions et ses états d'âme par ses commentaires et la musique qu'il interprète pour vous.Réal.Guylaine Picard.À compter de 1 h 08, émissions en reprise.6 h 04 LA GRANDE FUGUE 10 h CARTE BLANCHE Des présentations imagées, des musiques sublimes, des choix éclairés et des commentaires captivants! Une émission de Georges Nicholson.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 CARTE BLANCHE (suite) 13 h LES VOIX DU MONDE Les plus beaux concerts enregistrés au Festival de musique sacrée de Fribourg en Suisse, édition 1994.Une émission de Claire Bourque.13 h 30 FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 9 août 1995 dans le eue// de chants liturgiques tirés du codex calixtinus.Anim.Renée Hudon.Réal.* • Chantal Bélisle.15 h LITTÉRATURES ACTUELLES Marcel Proust (2' de 3).Table ronde en compagnie de Nicole Deschamps et de Martin Robitaille, qui parlent de quelques-uns des nombreux ouvrages parus récemment et qui traitent de Proust : Le Sexe de Proust de Roger Duchêne, Le Jardin secret de Marcel Proust de Diane de Margerie.Lect.Vincent Davy.Une émission de Stéphane Lépine.16 h PIERRE GAUVREAU : LE TEMPS D'UNE OEUVRE Du Refus global au Temps d'une paix, toute une carrière s'est dessinée pour Pierre Gau-vreau.Il fut l'émule de toute une génération d’écrivains et d'artistes québécois.Victor-Lévy Beaulieu s'entretient avec lui.Réal.Doris Dumais.16 h 30 TRIBUNE DE L'ORGUE Les orgues du département de l'Aisne.Inv.Jean-Michel Verneiges (1™ de 2).Anim.Michel Keable.Réal.Jacques Boucher.17 h 30 AL DENTE Choix musical varié pour agrémenter votre souper.Anim.Claude Lavoie.Réal.André Massicotte.18 h RADIOJOURNAL 18 h 10 AL DENTE (suite) 19 h LES JEUNES ARTISTES Tobias Kiesewalter, fl., Dina Maner, civ.: Sonates BWV 1033 et BWV 1034 de J.S.Bach.Guylaine Lemaire, alto, Jean Marchand, p.: Élégie op.44 de Glazounov; Sonate op.11 n° 4 de Hindemith.Anim.Normand Latour.' Réal.Geneviève Sarda.Réal.-coord.Michèle Patry.20 h LE PETIT CHEMIN Musique classique, chansons, jazz et folklore, poésies et extraits de pièces de théâtre.Une émission de Jean Deschamps.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 JAZZ SUR LE VIF )')£ Concert enregistré à Vancouver : Alain 7* Caron - Le Band.Anim.André Rhéaume.[y Réal.Dominique Soutif.Réal.-coord.Daniel Vachon.23 h MUSIQUE DU XX-SIÈCLE Musique québécoise : oeuvres de Rodolphe Mathieu, Pierre Mercure et Denys Bouliaqe.Une émission de Serge Provost et de Jean Lesage.0 h 04 ÉMERGENCES L'écologie relationnelle.L'héroïsme de l'amour ou l'histoire de Roméo.L'imagination, fonction intégratrice de la psyché.Les aspects symboliques du signe du Taureau.L'art de visualiser, un exercice pratique.Anim.Richard Cummings.Réal.Claude Cubaynes.À compter de 2 h 03, émissions en reprise.I n n d i 2 I a 0 fl I 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN À votre réveil, une présence, une voix, un sourire, un regard sur les activités du jour, rythmé par la musique et les calendriers culturels.Du lundi au vendredi, le RADIOJOURNAL à 7 h et à 8 h Anim.Michel Ferland.Réal.Benoit Marineau.9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE De grands musiciens, maintenant retirés des scènes du monde mais dont les voix restent bien gravées dans nos mémoires, viennent ensoleiller la matinée.Gianandrea Gavazzeni, compositeur et écrivain italien (1" de 2).Anim.Normand Séguin.Réal.Rosemarie Bas-tarache.Prod.France Musique.11 h DÉMOCRATIE ET ENVIRONNEMENT 6' de 10.Cette série illustre l'interdépendance grandissante entre l'autodétermination et la responsabilisation des populations et la préservation de l'environnement dans le monde.Collab.à la 5RC : Jean-Marc Carpentier et René Vézina.Coprod.Belgique, France, Suisse.Réal.Jean-Paul Heck (RTBF).12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 L'ESCAPADE DU MIDI f-)g L'Amour.Les Femmes de Campra; extr." Cantate de mariage de J.S.Bach; Joyaux miniatures du répertoire : oeuvres de Schumann, Arensky, etc.Yvonne Printemps _ , et Sacha Guitry.Médiévales.Une émission de André Hébert.12 h 45 TOUR DE TERRE Compagnons du Tour de France.Anim.Michel Ferland.Anim.Claude Duhamel et Lorraine Chalifoux.13 h L'ENVOLÉE LYRIQUE Un rendez-vous quotidien avec les plus belles voix d'ici et d'ailleurs, sur les ailes de l'opéra ou de l'opérette.Une émission de Colette Mersy.14 h LES FEUX DE LA RAMPE Orchestre symphonique allemand, dir.Vladimir Ashkenazy; Antje Weithaas, vl.: Concerto n° 3 K.216 de Mozart; Éclairs sur l'au-delà de Messiaen.Anim.Normand Séguin.Réal.Anne Dubois.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.Des chefs-d'oeuvre, des rires, des rites, de l'insolite et des émotions en paroles, en musiques et en chansons.Anim.Chantal Jolis.Réal.Yves Bergeron.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS Vignettes radiophoniques pour voix d'enfants.Une émission de Cynthia Dubois.18 h LA FARANDOLE Études tableaux op.33 et 39 de Rachmaninov; Sonate n" 2 BWV 1028 de J.S.Bach; extr.Sonate fantaisie pour harpe et alto de Bax.Une émission de Janine Paquet.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Juliette Gréco (1" de 2).Une émission d'Élizabeth Gagnon.20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 2 août 1995 dans le 7^ cadre du Festival international du Domai-(¦* ne Forget.Donna Brown, sop., Stéphane Lemelin, p.Anim.Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Gourmandises (4’ de 8).La fée verte.Inv.Marie-Claude Delahaye.Rech.Isabelle Leduc.Texte et int.René Viau.Lect.Jean Perreault.Rech.et mise en ondes : Sylvie Dufour.22 h 40 X Y JAZZ De Vancouver, André Rhéaume explore toutes les époques du jazz et la production canadienne.Réal.Dominique Soutif.Réal.-coord.Daniel Vachon.À compter de 0 h 04, émissions en reprise.ardi 22 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Gianandrea Gavazzeni, compositeur et écri- üi justesse n'est encore une fois pas toujours irréprochable.l e n’est pas parce qu’on joue MU1 d«l inSull ments «d'époque- qu’on se doit de jouer faux.Mozart lui-même était le premier a regrette! les faiblesses d’into nation ;i son époque.La combinaison est assez rare pour en valoir la peine et la qualité des musiciens fait passer ces deux modes de confession avec une sensibilité qui, en dépit de certains défauts, ne vous laissera pas indifférents.SERGEI RACHMANINOFF Troisième concerto pour piano et orchestre en ré mineur, op.30; Piotrllyitch Tchaikovski: Premier concerto pour piano et orchestre en si bémol mineur, op.23.Martha Ar-gerich, piano.Orchestre de la RSO de Berlin, dir.Riccar-do Chailly (Rachmaninoff); Orchestre de la Radio bavaroise, dir.Kirill Kondrashin (Tchaikovski).Philips 446 673-2 Bon, je sais, c'est une ré-édition, mais une fois n’est pas coutume et, me connaissant, je n’ai pas pu résister à ce pairage hors du commun avec une interprète que j’adore et qui est tout autant hors pair dans ce répertoire.Je n’ai pas la «réputation» d’aimer Rachmaninoff, c’est vrai.Quand une telle artiste prend en charge la partition et l’assume de cette façon, je craque cependant, comme parfois devant un sac de croustilles (mais des croustilles de luxe, attention s’il vous plaît).Dieu que c’est bel et bon! Et, avec le concerto de Tchaikovski, on a ici les deux parangons du concerto pour piano romantique, le concerto comme le piano.Faut-il vous parler de l’interprétation stupéfiante d’Ar-gerich, de la qualité des chefs et des orchestres qui l’accompagnent?En un mot: faramineux.Commençons par le Tchaikovski.Je regrette bien un peu la connivence qu’il y a entre Argerich et Dutoit dans leur enregistrement sur DGG (c’était leurs belles années).Kondrashin retrouve toute l’énergie qui caractérisait son enregistrement avec Van Clibum, alors on ne perd rien au change.Le piano claque bien un peu parfois, on le regrette d’autant plus que cela paraît chez Philips.Ce qui est surtout déplorable, c’est Je mauvais nettoyage de la bande analogique originale.A une époque où on peut vraiment améliorer les vieux enregistrements (ceux-ci ont été pris sur le vif, mais tout de même en 1980 et 1982), on est en droit de se demander s’il n’y a pas un peu d’attrape-nigaud de certains producteurs face aux consommateurs que nous sommes.11 n’en reste pas moins que, dans le Tchaikovski, Arge- rich est foudroyante de folie, hallucinante de virtuosité — ce qui est une qualité musicale chez les vrais artistes —, et poignante d’émotion.Encore plus formidable: elle fait tout cela sans aucune complaisance, à savoir ces gestes qui se veulent expressifs en traînant tout le temps.On entre mieux dans cette musique — comme dans toute musique —, sans préjugés «culturels» ou «philosophiques».Des oreilles vierges et ouvertes valent mieux que du beau vernis.Que de syncopes dérangeantes, et très stimulante car neuves!, d’accents impérieux nés de la fougue de l’urgence expressive.Un très grand moment de musique à sensation, où tant le cœur que la peau et l’intellect se réjouissent A côté de cela, le Rachmaninoff, avec toute sa nostalgie passe un peu pour un grand-père.Heureusement les interprètes, encore une fois, ne traînent pas.Je suis persuadé que bien des inconditionnels de Rachmaninoff seront choqués: Argerich et Chailly s’attachent à décaper cette page un peu sirupeuse de tout son confort routinier qui me rend parfois ce compositeur insupportable.Comme quoi quand on sait retrouver l’idée, sincère souvent chez Rachmaninoff, les préjugés tombent, même si je ne peux m’empêcher de trouver que cela reste un peu trop sans surprise, appris plutôt que créé.J’aime quand même la crème à la crème.PHILIPS MAR' • Jr.SRC m Radio FM 11 h DÉMOCRATIE ET ENVIRONNEMENT 7' de 10.Voir lundi, 11 h.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 L'ESCAPADE DU MIDI Musique à l'écran.Valses de Van Parys (Belles de nuit, Les Orgueilleux).De Marlène à Marilyn (Michel Legrand).Extr.Partitions de Sarde, Steiner, Korngold, etc.12 h 45 TOUR DE TERRE Turquie : musiques et rituels.13 h L'ENVOLÉE LYRIQUE 14 h LES FEUX DE LA RAMPE Tafelmusik, dir.Jeanne Lamon.Narratrice : Véronique Ferri : Suite « Acis et Galatée » de Lully; L'Apothéose de Lully de F.Couperin; Sonnerie de Sainte:Geneviève-du-Mont de Paris de Marais; Les Élémens de Rebel.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Extr.Album pour enfants op.39 de Tchaikovski; extr.Children’s Corner de Debussy : Theodore Paraskivesco, p.; Sonate en ré K.448 de Mozart, Variations sur un thème de Mozart de Gallant et Sonate en si bém.op.12 de dementi : James Anagnoson et Leslie Kinton, p.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Juliette Gréco (dern.de 2).20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 11 août 1995 à l'église Notre-Dame de Laterrière dans le cadre du Rendez-vous musical de Laterrière.Johannes Luthy, alto, Richard Gagnon, bas., Claire Ouellet, p., Philippe Magnan, htb., Christopher Hall, dar.: Trio de Poulenc; Fantaisie de Loeffler; Trio de Villa-Lobos; Madrigaux de Martinu.Anim.Lyne Boily.Réal.Jean-Marc Gagnon.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Gourmandises (5'de 8).La vie parisienne.Inv.Robert Courtine, auteur de La Vie parisienne.22 h 40 X Y JAZZ suivi d'émissions en reprise mercredi 23 août 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Xavier Depraz, basse française.11 h DÉMOCRATIE ET ENVIRONNEMENT 8' de 10.Voir lundi, 11 h.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 L'ESCAPADE DU MIDI Le vin.Sur la route des vins (France et Québec); Chansons du répertoire (musique pour choeurs); folklore.12 h 45 TOUR DE TERRE Quand le bambou devient musique.13 h L'ENVOLÉE LYRIQUE 14 h LES FEUX DE LA RAMPE Concerts enregistrés en août 1994 à l'abbaye Saint-Michel de Cuxa dans le cadre du Festival de Prades.V partie : Régis Pasquier et Maurice Hasson, vl, Bruno Pasquier, alto, Philippe Muller et Gary Hoffman, vie, Laurent Cabas-so, Denis Weber et David Golub, p, Marilyn Howell, sop., André Cazalet, cor, Andras Adorjan, fl.Impromptu en sol bém.pour piano D.899, Adagio et rondo concertant pour piano et cordes D.487 de Schubert; Lied op.28 n’ 1 pour soprano, cor et piano de Lachner; Auf dem Wasser zu singen D.774, Ganymed D.544 et Rondo en la pour violon et piano de Schubert; Trio pour flûte, violoncelle et piano op.63 de Weber.2' partie : Bach Collegium de Munich, dir.Florian Sonnleitner, vl, Andras Adorjan, fl.: Suites n“ 1 et 2 BWV 1066 et BWV 1067 de J.S.Bach.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Sérénade pour clarinette et guitare de Muller; extr.Sonate pour clarinette et guitare de Giuliani; Trois Sonates pour harpe de D.Scarlatti; Sinfonia SeviUana op.23 de Turina; Danses andalouses de Infante.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Chansons hommages d'un chanteur à un autre (1" de 2).20 h FESTIVALS D'ÉTÉ ; Concert enregistré le 19 août 1995 dans le i cadre du Festival international du Domaine 1 Forget.Choeur du Domaine Forget, dir.; Chantal Masson-Bourque et Michel ! Lasserre de Rozel; Richard Paré, org, ! Yolande Parent, sop.Renée Lapointe, ¦ mezzo, Richard Duguay, t.et Alain j Coulombe, b.: Messe en ré op.86 de Dvorak; extr.Oratorio Jephtha de Haendel.! Anim.Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Gourmandises (6' de 8).Littérature et gastronomie.Inv.Robert Courtine, chroniqueur de gastronomie au journal Le Monde.22 h 40 X Y JAZZ suivi d'émissions en reprise jeudi 24 août, 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 LA MÉMOIRE RETROUVÉE Michel Dens, baryton français.11 h DÉMOCRATIE ET ENVIRONNEMENT 9'de 10.Voir lundi, 11 h.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 L'ESCAPADE DU MIDI Le voyage.Renaissance d’une ville dévastée.La Provence en musique.Choralies : oeuvres de Geoffray.50 ans de présence culturelle : À coeur joie.12 h 45 TOUR DE TERRE L'Amérique latine, ou la pureté des métis.13 h L'ENVOLÉE LYRIQUE 14 h LES FEUX DE LA RAMPE Orchestre symphonique de Vancouver, dir.Kazuyoshi Akiyama; Yefim Bronfman, p.: Mer calme et heureux voyage et Ouverture en ré op.27 de Mendelssohn; Concerto pour piano n° 1 de Bartok; A Flock Descends into The Pentagonal Garden de Takemitsu; Mort et transfiguration op.24 de R.Strauss.16 h 04 L'EMBARQUEMENT,.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Tango ; Piazzolla et les autres., Adios Nonino, Oblivion, Pedro y Pedro et Ballet Tango de Piazzolla par Richard Galliano, accordéon et bandonéon; Fear de Piazzolla avec le Quatuor Kronos et Astor Piazzolla; Manoir de mes rêves et blues en mineur de Reinhardt, Cheek to Cheek de Berlin avec le Turtle Island String Quartet.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Chansons hommage d'un chanteur à un autre (dern.de 2).20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 17 août 1995 â l'église Sainte-Pétronille dans le cadre du Festival de musique de chambre de Sainte-Pétronille (île d'Orléans).Ensemble Pentaèdre de Montréal.Anim.Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Gourmandises (7' de 8).L'art et le vin.Inv.José Arthur et Hervé Chayette, auteurs du livre Le Vin et la peinture.22 h 40 X Y JAZZ suivi d'émissixons en reprise vendredi 25 août 6 h RADIOJOURNAL 6 h 07 LES PORTES DU MATIN 9 h 05 RENCONTRES EN MUSIQUE Inv.Isabelle Brabant, sage-femme.Anim.Gilles Dupuis.Réal.Claude Duhamel.11 h DÉMOCRATIE ET ENVIRONNEMENT Dern.de 10.Voir lundi, 11 h.12 h RADIOJOURNAL 12 h 10 L'ESCAPADE DU MIDI Chant choral.Nos ensembles lauréats.Oeuvres de Lionel Daunais, Michel Perreault, etc.12 h 45 TOUR DE TERRE Comptines du monde.13 h L'ENVOLÉE LYRIQUE 14 h LES FEUX DE LA RAMPE Louis-Philippe Pelletier, p.: Images, Suite ber-gamasque, Pour le piano, Estampes et Children's Corner de Debussy.Anim.Renée Hudon.Réal.Chantal Bélisle.16 h 04 L'EMBARQUEMENT.17 h 30 RADIOJOURNAL 17 h 50 1, 2, 3 NOUS IRONS AU BOIS 18 h LA FARANDOLE Jazz nostalgie.Le pianiste Éric Parkin fait revivre les succès de Billy Mayerl : Marigold, Railroad Rhythm et la suite Four Aces.Les duettistes septuagénaires Dick Hyman et * Ralph Sutton explorent au clavier les succès des années 30 et 40 : Always, Emaline, Spider and the Fly et I'm Gonna Sit Right Down and Write Myself A Letter.19 h CHANSONS EN LIBERTÉ Concert de Charles Dumont enregistré au Casino de Paris en 1994.20 h FESTIVALS D'ÉTÉ Concert enregistré le 19 août 1995 dans le TJ cadre du Festival Orford.Choeur et Ensem-£ ble du Festival Orford, dir.Agnès Grossie mann : Messe en si min.BWV 232 de J.S.Bach.Anim.André Vigeant.Réal.Laurent Major.22 h RADIOJOURNAL 22 h 10 LES GRANDES SÉRIES Gourmandises (dern.de 8).De bouche à oreille : le corps à corps culinaire.Inv.Noëlle Châtelet, sociologue et auteur de Corps à corps culinaire.22 h 40 NUIT DE JAZZ La chanson américaine et le jazz.De tout temps, le jazz a parasité la chanson américaine.Mais si les musiciens de jazz s'inspiraient des succès de Tin Pan Alley et de la comédie; musicale, ils leur apportaient aussi une pérennité qu'ils n'auraient probablement pas connue autrement.Combien de chansons seraient tombées dans l'oubli si le jazz ne les avait pas reprises pour en faire des succès?Au cours de la nuit, nous entendrons des incontournables comme Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, mais aussi des négligées comme Jeri Southern et Betty Roché, des grands comme Chet Baker, Charlie Parker et Lester Young, mais aussi des petits maîtres comme Jimmy Rowles et Ellis Larkins.Une émission de Gilles Archambault.INFO-CULTURE Du lundi au vendredi : 8 h 55,12 h 40 et 17 h 25.I.a saisnii miloîiiné-liivi r l'itlü-l'.l'.lli I M A X (' Il E 2 0 A 0 U T I » » S C 5 JAZZ L’assurance tous risques de la contrebasse SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR TWO BY TWO Dave Young Sur étiquette Justin Time Dave Young, analyste financier dans les années 60, courtier en jazz depuis, comme avant ces années-là, est très libre-échangiste.Culturellement parlant, bien évidemment.Il est certainement le plus libre-échangiste de tous les musiciens de jazz que compte le Canada.A vrai dire, pas tout à fait.Il est le plus cela, libre-échangiste, avec Terry Clarke.Celui-ci est batteur, Dave est contrebassiste.Si l’un et l’autre sautent quotidiennement la frontière Canada-E.-U., et inversement, c’est à cause de leur instrument.Lorsqu’on est batteur, lorsqu’on est contrebassiste, on est accompagnateur avant tout.On joue pour autrui.On soutient les autres.Plus on a du doigté, plus on est doué en ces choses nécessaires aux buts musicaux poursuivis par les pianistes, les trompettistes et les saxophonistes, plus on est évidemment convoqué dans les studios.Dans les studios comme dans les clubs.Depuis maintenant une bonne quinzaine d’années, Dave Young alterne entre les deux.Entre les studios basés à Montréal, New York et Toronto et les clubs de Toronto et de New York.Dans ces deux villes, New York et Toronto, il y a deux boîtes qui se distinguent de toutes les autres pour être des lieux consacrés au solo et au duo.Chez Bradley’s à New York et au Montréal Bistro à Toronto, on invite uniquement des pianistes qui eux-mêmes font appel aux contrebassistes.Et il se trouve.Il se trouve que Dave Young est l’un des contrebassistes les plus fréquemment invités par les Hank Jones, Harold Mabern, Kenny Barron, John Hicks, Cedar Walton, Tommy Flanagan, Barry Harris, Oliver Jones, Wray Downes, Mulgrew Miller et tous ceux qui savent jouer les mises en parenthèses.Il a joué avec eux après avoir longuement joué avec Oscar Peterson.Entre 1975 et 1988, Dave Young a été le contrebassiste d’Oscar Peterson.Le 23 janvier dernier, dans un studio de Toronto, il a enregistré deux morceaux en compagnie d’Oscar.Puis, le 21 février dernier, dans un studio de New York, il a enregistré des séries de deux avec Cedar Walton, Tommy Flanagan et John Hicks.Enfin, le 28 février, au studio Tempo à Pointe-Saint-Charles, il a signé une autre série de deux avec Mulgrew Miller.Avant de vous causer beautés sonores, il faut souligner que cet album, produit par l’étiquette Justin Time, est le premier album mettant en présence — et non confrontant — un contrebassiste avec divers pianistes.Jusqu’alors les albums contrebasse-piano combinaient un même contrebassiste avec un même pianiste.C’était Duke Ellington avec Jimmy Blanton, Ron Carter avec Cedar Walton, Hank Jones avec Charlie Haden, Charlie Haden avec Hampton Hawes, etc.1 Pour le confectionner, cet album difficile à réaliser, «j’ai longuement songé, pour tout ce qui a trait au programme comme tel, au confort.Je voulais que les musiciens soient à l’aise.D’autant qu’on n’avait pas beaucoup de temps à notre disposition: deux heures par pianiste, incluant le rodage des pièces.J’ai donc choisi des standards en fonction de la personnalité musicale de chacun».«Avec Oscar, on a enregistré le seul morceau original de l’album.Il est arrivé au studio.Il s’est mis au piano.Il a commencé à jouer un blues.C’était splendide.Alors je 5üi Siir* ‘ PHOTO JACQUES GRENIER Le contrebassiste Dave Young.lui ai demandé qu’est-ce que c’était.Et il a m’a dit que c’était une improvisation.On l’a enregistrée.Puis je lui ai demandé quel titre choisir?De sa grosse voix, tout en riant, il m’a dit: le titre?OP&D.Bien évidemment!» De ce blues qui baptise l’album au célèbre Hot House de Tadd Dameron avec Mulgrew Miller qui le conclut, toute la variété du jazz est contée.On passe de l’atmosphère si chère à Duke Ellington aux aspirations musicales déclinées par Benny Golson dans Stablemates.On passe du très poétique Passion Flower à la pesanteur de Milestones.On passe d’un morceau passe-partout comme Younger Than Spring Time à cette pièce intemporelle qu’est Smoke Gets In Your Eyes.Sans oublier ce blues si cher à Walton.Ce blues qu’il a concocté avec douceur.Ce blues intitulé NPS.Puis, comment c’est?C’est superbe.Vraiment superbe.C’est intime.Tout ce qu’il y a de plus intime.C’est l’une des meilleures productions de l’année.Ce sera peut-être même un classique du genre.Parce que Dave Young, c’est l’assurance tous risques de la contrebasse.Avoir Dave Young avec soi, lorsqu’on est pianiste, c’est être libre d’aller au fond de son jeu.Alors quand les pianistes s’appellent Peterson, Flanagan, Miller, Walton, Hicks.LA VITRINE DU DISQUE A vendre: Jerry Lee Lewis 1957, moteur réusiné, sang neuf SYLVAIN CORMIER i YOUNG BLOOD Jerry Lee Lewis x Sire (Warner) A force de lui remplacer un à un les organes internes, il fallait que cela arrive: le Jerry Lee Lewis de 1995 est un homme neuf.Du modèle original, il ne reste que la charpente, le cœur, la voix et l’ego transcontinental.Tout le reste a été changé, rafistolé ou remis à neuf.Même le carburant, subodore-t-on, a été entière-' ment renouvelé, à l’instar des Keith Richard et Jimmy Page.Pas surprenant que le nouvel album du Killer s’intitule Young Blood: c’est de l’hémoglobine d’ado en pleine crise hormonale qui lui coule maintenant dans les veines.Revoilà donc Jerry Lee la terreur de Faraday, Louisiana, jeune coq de cinquante-neuf ans ayant connu plus que sa part de basses-cours: surveillez vos poulaillers.Revoici Jerry Lee danger public, au volant d’un album tout feu tout flamme qui se rue sur les routes de l’été comme la Crown Victoria Custom 51 de sa nouvelle chanson du même nom.Jerry Lee l'impénitent, l’arrogant, l’irréductible, l’increvable, qui réclame à nouveau pour lui seul le titre tant galvaudé de roi du rock’n’roll.En attendant les ripostes de Little Richard .et de Chuck Berry, je me prosterne.C’est l’album qu’on aurait souhaité 2 à Elvis: rien que du rock’n’roll, du ' rockabilly, un peu de gospel et de country, joué et capté à la manière Sun Records fia compagnie de Sam Philips à Memphis dans les années cinquante, là où Elvis, Jerry Lee, Carl Perkins, Roy Orbison, Warren Smith, Billy Lee Riley et Johnny Cash enregistrèrent leurs premiers 78-tours), c’est-à-dire du rock’n’roll avec de l’écho partout, un mont Rushmore d’écho, un Monument Valley d’écho qui confère à l’album sa vitalité, sa miraculeuse fraîcheur.Il y en a cent fois trop, d’écho, ça rebondit de partout, et c’est précisément parce qu’il a exagéré qu’Andy Paley, le réalisateur de Young Blood, est tombé pile: le truc génial de Sam Philips, c’était précisément l’excès, la prédominance de la performance sur le son, l’exaltation avant toute chose.L’autre truc, c’était de laisser faire à Jerry Lee ce qu’il fait le mieux: s’emparer de n’importe quelle chanson, du Hank Williams, du Bobby Darin, n’importe quoi, et en tirer du Jerry Lee Lewis (en se nommant quelque part dans les paroles, pour marquer la chanson au fer rouge).Ce que Paley a fait, en plus d’entourer Jerry Lee de gars qui connais sent le catalogue Sun à l’endroit et à l’envers, dont les gusses de NRBQ (Al Anderson, Joey Stampinato) et le dernier guitariste d’EIvis, l’inestimable James Burton.On a laissé jouer tout ce joli monde, et puis voilà.On a Young Blood.Le meilleur disque de rockabilly depuis les beaux jours de Robert Gordon et des Stray Cats.Avec une ver- sion férocement ironique de la terrible I’ll Never Get Out Of This World Alive de Hank Williams, que Jerry Lee balance implacablement d’une main à l’autre, avec la souplesse nonchalante qui le caractérise depuis Whole Lotta Shakin’ Goin’ On.Avec' une reprise du Young Blood des Coasters qui aplatit les mille autres versions du classique de Jerry Lei-ber et Mike Stoller (sauf celle de Leon Russell), tellement Jerry Lee soulève les débuts de refrain comme personne avant lui.Et avec, boni inespéré, un bouquet de chansons originales, collaborations de Jerry Lee, Paley, Anderson, Burton et compagnie, cousues main pour le rockeur recousu: Goosebumps, Restless Heart, It Was The Whisky Talkin’ (Not Me), Crown Victoria Custom ’51.Du nouveau Jerry Lee Lewis, les copains.Si je perds mon permis de conduire, vous saurez pourquoi.Encore faudrait-il qu’ils me rattrapent.Là-dessus, un avertissement: n’achetez surtout pas Young Blood par nostalgie, pour sa saveur rétro.On est à des années-lumière d’Elvis Story, des Fous du rock’n’roll et autres comédies musicales au service du bon vieux temps.Vade retro, le rétro! Young Blood est un album sans âge, qui botte le cul, qui secoue le prunier, qui donne et donnera éternellement le goût de vivre maintenant.Et qui nous rappellera toujours que Jerry Lee Lewis a vécu assez longtemps pour le prouver.Merci, messieurs les chirurgiens.*4 Les étoiles des Saisons littéraires HM ¦•4.tY*’Solstice d’été 1995 «Vf **'• Reginald Hamel l ne écriture prolétarienne de droite Né en lOtl, il enseigne I histoire littéraire depuis plus de }7 uns 11 fut professeur invite en France, en Angleterre, aux États-Unis, en Israël et en Chine Auteur chez Guérin, il u egalement fait paraître des ouvrages chez Fides, HMH, U-ntcae et l'Aurore Retenons le Dictionnaire des Auteurs Québécois, le Dictionnaire des Auteurs de Langue française en Amérique du Nord et le Dictionnaire Dumas (chez Gucrin);cc dernier ouvrage en particulier lui a mérité les Palmes académiques ainsi que la médaille •Alexandre Dumas».•••••••••••••• Saint-John Kauss Portraits d'écrivains haïtiens Territoire de l’enfance Né à Hindu- (Haiti) en 1958, résidant au Québec depuis 1981, Saint-John Kauss a écrit et publié plus d'une quinzaine de livres de poésie, dont — chez Humanitas — Pages Pruglles (1991), Testamentaire (1993) et Territoires (1995).Son œuvre littéraire est abondamment publiée depuis 1979 tant en Haïti qu’en France, aux États-Unis, au Canada, en Roumanie, à Cuba,'au Chili, en Italie, en somme un peu partout dans le monde.Saint-John Kauss (John Nelson) est biologiste et chercheur (pharmacologie clinique/ psychiatrie) au Centre de recherche Fernand-Seguin de l'hôpital Louis-Ilippolyte Lafontaine (Montréal).Doit faire paraître une Anthologie de la poésie haïtienne (d'expression française).Gary Klang Gabrielle Roy et Gabriel Garcia Marquez Gary Klang est né à Port-au-Prince (Haïti).Docteur es lettres de la Sorbonne avec-une thèse sur Marcel Proust (1973).Œuvre variée: La méditation transcendantale (essai et best-seller), éd.Alain Stanké, Montréal, 1976; une pièce télévisée, L'Immigrant, Montréal, 1979; un «thriller» (en collaboration avec Anthony Phelps), Haïti/ Haïti!, éd.Libre Expression, Montréal, 1985; un recueil de poèmes, Ex-ile, premier prix de la Vague à l'âme, éd.La Vague à l'âme, Grenoble, France, 1988; un second recueil de poèmes,Je veux chanter la mer, suivi de Les Fleurs ont la saveur de l'aube, éd.Humanitas, Montréal, 1993.Ses poèmes et textes en prose ont été publiés, entre autres, dans Estuaire (Montréal), Étendard (Montréal),Encres Vagabondes (France), Sapriphage (France), Callaloo (traduits en anglais à la John Hopkins University, États-Unis), Word of Poetry Anthology (Etats-Unis), Les Saisons littéraires (Montréal) et Revue de la Vague ci l’âme (France).Yvon Julien La visite du quêteux Les croix de chemin Yvon Julien est né à Beauharnois.Il a poursuivi des études en information et en journalisme aux universités de Montréal et de Sherbrooke.Il a œuvré au sein de la Société Alcan comme conseiller en communication et comme directeur des relations publiques.il a été rédacteur en chef du journal l'Équipe chez Alcan.Président de plusieurs associations, membre de la Société des écrivains canadiens, de la Société historique de Montréal, du Témiscamingue, de Charlevoix et de Salaberry-de-Valleyfield, il s’intéresse beaucoup à l’histoire de sa région.Il a créé le musée Nicolas-Manny à Beauharnois.En 1991, il a été le premier récipiendaire du prix François-Xavier Prieur, et récipiendaire du prix Lescarbot, accordé en 1992 par le ministre des Communications du gouvernement du Canada.Yvon Boucher Pointes sèches La quinte essence L’ombre Yvon Boucher est romancier, critique, essayiste et journaliste depuis plus de vingt-cinq ans.Il a publié sept ouvrages; L’ouroboros, Lobscenant, De la vacuité de l’expérience littéraire, Petite rhétorique de nuit, L’oulippopotame, Morceaux moisis et La femme fœtale.Il a commis, également, plusieurs articles publiés dans les quotidiens locaux et les revues littéraires dont: Le Devoir, La Barre du Jour, Ellipse, Lettres québécoises, La Nouvelle Bane du Jour, Le Québec littéraire, Journal of Canadian Fiction, Liberté, Mœbius, Les Saisons littéraires.Sonia Anguelova Vernissage La flûtiste Les vacanciers Les noms étrangers et les autres Née à Sofia, Bulgarie.Au Québec depuis 1971.Plusieurs publications de prose et poésie dans les revues littéraires depuis 1981, autant ici qu’en France et en Bulgarie.Auteure d’une pièce de théâtre, La fêlure, présentée en lecture publique au Théâtre d’Aujourd’hui en 1993- Elle a produit une cassette audio de 60 minutes de textes et musiques originales réalisée avec l’aide du Conseil des Arts du Canada.Réalisation d’émissions radiophoniques et entrevues avec des écrivains.Elle a été membre du jury du Grand Prix des Lectrices de Elle Québec 1995.Prochaine publication dans la revue 7>'ow:«Le puits d'automne».Guy Nadeau À moi, pour toujours! Biaise Mon ami Pal Guy Nadeau, après une première carrière dans le monde des sciences où la précision rédactionnelle est la règle intransigeante, puis une seconde en traduction où le sens des mots est l'essence même, il fait un premier essai en littérature en publiant quatre textes dans Les Saisons littéraires de 1 équinoxe vemal 1995.Il récidive dans Les Saisons littéraires du solstice d'été en publiant trois nouveaux textes.Marc Grégoire L'ancienne Maison Neuve Mare Grégoire en cm venu à l'écriture dramatique par le biais de la iraduction d'œuvres théâtrales II compte â son actif plus d'une vingtaine de traductions faites en collaboration avec Michel Dumont dont: Père de Strindberg, Sainte Jeanne de Shatv, Les Sorcières de Salem, Le Prix, Ils étaient tous mes flLs, l'u du pont, Après la Chute de Arthur Miller, Des souris et des hommes de Steinbeck, Le Désir sous les ormes, long Vtyage dans la nuit de O'Neil et Sea Horse de Edward J Moore.Comme auteur,on lui doit le scenario du film ¦/*/ 1/vr detours CIRCUITS CULTURELS 64774.729 IRFRANCE^ CLUB VOYAGES t MCLUB LE DEVOIR CKAC730O DANS LE CADRE DE LA GRANDE VIREE la Galerie Graff présente l’exposition Vaut le virage regroupant 30 oeuvres des 15 artistes de la galerie les jeudi et vendredi 24 et 25 août 1995 de 18 heures à 22 heures - visite commentée ; - tirages d’oeuvres sur papier de P.Ayot, R.Wolfe et G.Titus-Carmel et de publications diverses.Bienvenue à tous! GALERIE GRAFF 963 Rachel est, Montréal, H2J 2J4 (514) 526-2616 mercredi-vendredi 11:00-18:00, samedi 12:00-17:00 Une exposition présentée par A Hydro Québec UNE RETROSPECTIVE JUSQU'AU 17 SEPTEMBRE L'EXPÉRIENCE SENSORIELLE DE LA COULEUR mardi au dimanche de 11 h à 18 h mercredi de 11 h à 21 h métro Place-des Arts renseignements : (514) 847.6212 0 À gauche et ci-dessus, M2H2 et M1H5, de Jean-Thierry Roy.Au centre, Lieux de réélections, de Henri Venne.Verticale, Dans l’béton armé d’fers, qui racontent la mémoire du péni-une exposition de Jacques Bérubé, tencier de Saint-Vincent-de-Paul, réunissant dix-neuf photographies fermé depuis 1989, après 116 ans noir et blanc et un vidéogramme d’existence.1910-1995 85 ans d’information et de liberté L’histoire d’un quotidien qui fuit partie de notre patrimoine.LE DEVOIR reflet du Québec au 20e siècle SOUS LA DIRECTION DE Robert Lahaise Preface m-: Lise Bissonnette /j Postface de Guy Rocher Æm.Mpr dfawt )£LE DEVOIR 05 , sans Himruiisi HMH 26 auteurs 512 pages Cahiers du Québec no.110 34,95 $ C !) ARTS VISUELS La ronde de nuit La Grande Virée ouvre les portes dune dizaine de galeries les 24 et 25 août JENNIFER COUËLLE Chic, la noirceur.C’est à la nuit tombante qu'on a l'habitude de se rendre au théâtre, au cinéma ou au concert, un moment privilégié pour les âmes fines en quête de cul- ture.Et pendant ce temps, derrière les portes closes des musées et gale-ries, donnent les sculptures, pein tures et autres formes d’art moins loquaces, reléguées d’ordinaire à la lumière du grand jour.lx> pourquoi de cette tradition (ségrégationniste) est nmsmm .rjjj i i r il MEMOIRE D’ÊTRE PHOTO: S.MONGRAIN ARTISTE ' MICHEL MADORE PAUL S A I N T B A I E TU RE AUJOURDHUI Les partenaires : Le ministère du Patrimoine du Canada Le Conseil des arts et des lettres du Québec Le ministère de la culture du Québec.Le ministère du Tourisme du Québec Les commanditaires Roche et Associés, Le Soleil, Bell Canada.la Banque Nationale, la Caisse populaire de Baie-Saint-Paul, Power Corporation.privilégiés: O k tint justice LE DEVOIR lc d i ivi r DE LA NOUVELLE PEIN Jusqu’au 4 septembre, de 12h à 18h, tous les jours 19 août: communication de Claude-Maurice Gagnon 16 au 20 août: participation de Françoise Sullivan 26 août: FORUM «Désir du Même Désir-de TAutre» 3 septembre: VENTE AUX ENCHÈRES des oeuvres inédites du Symposium Pour information: (418) 435-3681 Et jusqu’au 18 septembre L’UNIVERS DE RICHARD LACROIX 10 ans de peintures et gravures a U C ENTRE D'EXPOSITION 23, Ambrojsi-Fafard.B !*•*fcr Æ "tB Æ /#!'# pgîir Manège vivant Jacques Turgeon, directeur des travaux et aménagements de la Société du parc des lies, responsable du Carrousel, est formel: «Des rénovations s'imposent dès cette année, si nous voulons qu’il fonctionne encore l’an prochain.Mais elles doivent s’inscrire dans un plan de conservation à long terme, et pour l’établir, nous allons nous aider des conseils de Mme Lefebvre.» Protégé par des plaques de bois en hiver, le Carrousel est la proie de la pluie et des écarts de température.Et si on en débarrassait Ixi Ronde pour le mettre à l’abri, par exemple au Vieux Port?«Pas question, s’exclame M.Turgeon.On a toujours refusé les offres de collectionneurs et je veux qu’on le garde, qu'on le restaure.Mais pas qu’il devienne une pièce de musée.Il doit rester un manège vivant!» Le Monstre Le Carrousel PHOTOS ALAIN LAFOREST Dans un coin à l’écart de la grande foire aux sensations, le gentil carrousel antique continue sa ronde tranquille.Voilà plus de cent ans que ses 24 chevaux galopent à la poursuite de ses quatre gondoles.qui naviguent à la queue des 24 chevaux, toujours dans le sens inverse des aiguilles d’une monffe et dans un curieux décor néo-rococo évocateur du XVIII' siècle français.Même par un matin désert de milieu de semaine, le carrousel ne tourne pas seul.Enfants et parents se font une joie de l’inclure dans leur tour de La Ronde, prouvant par là le goût fidèle du public pour les charmes désuets et rafraîchissants des attractions d’antan, dont ce carrousel est un exemple à haute valeur patrimoniale.Eh oui! D’ailleurs, l’architecte et consultante en conservation Christiane Lefebvre a récemment pondu, sur la demande du ministère de la Culture, une épaisse étude qui en fait foi: «Montréal est le dépositaire privilégié d’un spécimen unique, authentique représentant de la tradition européenne, celle-là même qui a influencé les fabricants américains», conclut-elle.Fabriqué autour de 1890 par des artisans de Belgique, importé aux États-Unis en 1965 pour la Foire internationale de New York puis vendu à Montréal, au coût de 75 000 $, à l’occasion d’Expo 67, ce carrousel — que certains se souviennent d’avoir vu au générique de Quelle famille! — est maintenant dans les mains de l’AMARC, qui l’entretient comme faire se peut (voir encadré).C’est le seul en Amérique du Nord, et peut-être au monde, dont les chevaux de bois, tous d’origine, possèdent un tel mouvement de galop combiné à un balancement — aujourd’hui grippé — des gondoles.En plus, son aspect extérieur d’ensemble reflète assez bien celui d’autrefois.Mais selon Mme Lefebvre, sa grande valeur tient avant tout aux trois éléments qui occupent son noyau central: la structure tournante proprement dite, le moteur à vapeur et l’orgue mécanique.Le moteur, du modèle que Frederick Savage commercialisa en Angleterre à partir de 1870, soufflait une jolie fumée blanche par la cheminée qui faisait pivot, tout en actionnant le limonaire.Dès 1900, l’électricité remplaça pourtant la vapeur et, en 1976, la SOPHIE GIRONNAY «musique en canne» prit le relais de l’orgue.Résultat, ces rarissimes témoins de la révolution industrielle du siècle passé nous sont parvenus presque intacts! Ah, si Gustave Eiffel voyait ça! Les manèges et les montagnes russes connurent leur âge d’or au tournant du siècle, notamment à Coney Island, là où, sous l’œil débonnaire de l’hôtel en forme d’éléphant, furent testées les versions pionnières de toutes les tortures actuelles: la grande roue de M.Ferris, le looping complet la tête par en bas ou Flip-Flap de Lina Beecher, la glissade d’eau ou Shooting-the-Chutes du Captain Boyton.Enfoncés par la Crise de 1929, les manèges ressurgirent, plus grands et plus forts, dans les années 70.Et depuis, chaque nouvelle machine se doit d’être la plus rapide, la plus haute, la plus terrifiante «in the world!» La clientèle s’est endurcie: elle est bien finie l’époque folklorique où, au pied du Cyclone de New York, une infirmière était engagée à plein temps pour s’occuper des évanouis.Les techniques aussi ont évolué.Les manèges modernes comme le Cobra ou le Monstre sont de véritables ouvrages d’art, au plein sens du terme.Ils allient, dans le meilleur des cas, d’époustouflantes prouesses techniques à la beauté de lignes épurées.Voir se découper les boucles en coup de queue jaune vif du furieux Cobra sur les montants ensoleillés du pont Jacques-Cartier est une expérience esthétique d’une grande puissance.Peut-être parce que le génie humain qui se cache derrière la création de ces deux structures est au fond de même nature.Quant au Monstre, ce gigantesque échafaudage de bois qui tient de la tour Eiffel en bâtons de popsicle et du véritable Golden Gate, il est tout simplement l’une des constructions architecturales les plus fascinantes du Québec.La firme qui l’a conçu selon les dessins du Texan John Pierce était celle de William Cobb.Décédé aujourd’hui, Cobb est l’homme qui a fait entrer (dit Pierce) les principes scientifiques de l’ingénierie et de la dynamique dans la conception des manèges, jusqu’alors transmise par tradition plutôt patenteuse.Quant à John Pierce, il est typique de la génération actuelle de concepteurs, une élite professionnelle ultrasélect et ultraquali-fiée aussi (en ingénierie ou architecture).Sous ses dehors un peu farfelus, cette spécialisation peu banale du design, qui ne s’acquiert que sur CCUC api vesdui««est, ' le tas, condamne au dépassement parcours sans faute.Une seule et.La fête foraine possède un langage à elle.Plaisir de la foire pour les délicats: que de classer les attractions selon leur taille ou l’effet produit, on peut adopter un regard, disons, d’esthète, et s’amuser à répertorier les installations selon le parti pris de nature plastique adopté par leurs concepteurs.En faisant le tour de La Ronde, l’autre jour, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il se dégageait de l’ensemble trois grandes catégories esthétiques.Il y a le groupe des imitateurs, qui évoquent les formes animales (très courant, surtout pour les petits) des véhicules (Astrobolide, Montgolfières, Tapis volant) ou encore un cadre de vie Oe village western, médiéval.).Il y a le groupe des hallucinants.Couleurs pâles ou fluos, lumières en bandes, miroirs et autres brillances (le Maelstrom ou le Palais des glaces), tout est bon pour exciter les nerfs optiques et redoubler par l’œil le mal de cœur.Et puis il y a les tord-boyaux.Ces durs de durs ne se cachent même plus pour vous dire en face qu’ils sont là pour vous mettre l’estomac en vrille, vous arracher tripes et boyaux et vous faire hurler coûte que coûte fie Boomerang, voire, à la limite.tous les kiosques à bouffe!).La fonction ici crée la forme.Évidemment que dans chaque manège ces grands principes peuvent être appliqués en mélange et dans des proportions diverses.Le Cobra, par exemple, est un tord-boyaux presque pur, imitateur à part infime (son nom autant que son dessin crée l’image de serpent dans nos têtes).Mais, surprise, en examinant le Carrousel antique, on s’aperçoit que ces trois principes étaient déjà présents en germe: imitateur par ses chevaux, tord-boyaux par le mouvement tournant, le carrousel use et abuse de verroteries, miroirs et lumières pour halluciner.Qu’on ne s’y trompe pas.Four être «antique», le vieux carrousel de La Ronde n’en fait pas moins pleinement partie de la grande famille de la fête foraine.Saltimbanque patenté lui-même, tout constitué de pièces démontables, il a d’ailleurs commencé sa carrière à circuler de foire en foire.Oui, dans cette escalade paroxystique des chiffres et des hurlements qui caractérise l’univers commercial actuel de la machine à mal de cœur, le carrousel tient son rôle d’ancêtre avec les honneurs.»* u f r ir* ¦VI II Li A1A
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