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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-09-09, Collections de BAnQ.

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?LE DEVOIR ?Le Feuilleton Page D3 Essais québécois Page D5 ?La dernière de General Idea Page D9 te Mois de la Photo Page DI 1 L K I) K V O I II .I.E S S A M E I» I il E T I) I M A N 0 II E I (I S E P T E M K II E I il il 5 Lepage tel qu’en lui-même ROBERT LEPAGE QUELQUES ZONES DE LIBERTÉ Rémy Charest L’Instant même/Ex Machina 222 pages ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR Aux époques anciennes, du temps d’Emma Albani ou de Gratien Gélinas, on aurait déroulé le tapis rouge pour des retours au pays comme le sien, cet automne.La nation était reconnaissante, alors, et unanime, pour les réussites à l’étranger, et même si Gélinas ratait son passage à Broadway on fermait les yeux sur le détail pour frapper des mains encore plus fortement à la gare Windsor.Il y a eu de ces retours, ici, qui étaient éclatants de chauvinisme-Robert Lepage, à notre époque où la médiatisation a banalisé le triomphe, où le modernisme a chassé le chauvinisme, va et vient sur la planète, c’est un «piéton de l’air» comme chez Ionesco, et s’il a réussi plus que quiconque au Québec à établir si rapidement dans le domaine du théâtre une réputation internationale (de Londres à Tokyo, d’Edimbourg à Hambourg, de Spolète à Stockholm.), cet anonymat du roi lui va à merveille: car il est humble, c’est sa façon de régner.Ainsi dans ce premier bouquin qui lui est consacré (17 ans après sa sortie du Conservatoire, dix ans après son premier spectacle à Montréal, Circulations au Quaf Sous) verra-t-on, si on l’ignorait, qu’il a fait de cette humilité, de cette sérénité d’archange, dé cet étrange charme qui se dégage d’un tempérament rasséréné, sa politique: rassembler pour régner.C’est sa devise, et c’est d’ailleurs la stratégie de la création collective, son empire, dont il est le seul à avoir su agrandir et peaufiner les possibilités, à sortir cette pratique libératrice de l’époque où elle avait perdu le souffle (les années 70) pour lui redonner une nouvelle vie, une vie adulte.Mais ce faisant il entrait alors, l’or-chestrateur de La Trilogie des dragons et des Plaques tectoniques, dans un grand paradoxe: Robert Lepage est l'illustrateur de la création collective (beaucoup plus que ces grands noms auxquels on le compare un peu légèrement, Brook, Wilson, Sellars) mais sans lui, sans sa présence magique, son art du compromis, sa bonté («Tu es trop mou», lui dit son assistant Philippe Soldevilla lorsqu’il travaille en Allemagne), tout tomberait.Star du collectif, c’est paradoxal, en effet.Dans ces premiers entretiens, menés en commun entre l’intervieweur et l’interviewé (il y a là du collectif aussi.), Robert Lepage apparaît tel qu’en lui-même.le théâtre le change, le cherche, le trouve: c’est un élève qui fait ses classes sur la planète ( I II Y T I) I M A \ (' Il Y I (I S K I' T K M II It K I II II .1 ; I V R K 8 Place à une nouvelle génération de poètes québécois! ANNE HÉBERT LE TORRENT Ij-OUIS HÉMON maria CHAPDELAim GERMAINE GUÈVREMONT LE SURVENANT | LAURE CONAN ! ANGÉUNE i DE MONTBRUN ^ecnoe, HUmtur LA FIN DES SONGES 10 TITRES Littérature BQ de 6,95 à 11,95 -i GOUVERNER LE QUEBEC LE ROBERT & COLLINS SENIOR fr./angl.angl./fr.Éd.Le Robert 44,95 34,95 s t J?ii o IJ ïisîsss» HARRAP'S SHORTER fr./angl.angl./fr.di-English Alignais-frança^ SHORTER DICTlOHARV/DlCTIOHNWRt OXFORD ADVANCED LEARNER'S DICTIONARY Éd.Oxford 33,50 27,95 Rsï-^KS HE li-i.O U VEXE E OE LA N N A I R OlCHp C A t 5 E f R A N N CUj l'événement JE ME SOUVERAIN Les Intouchables 19,90 16,95 v\ON£)£ 0 PH I El SjSëEj Jome: ¦&&&?* .Cnr.'Ui G LE MONDE DE SOPHIE Éd.du Seuil 39,95 29,95 ÜÜ1 .’ * ‘ .ip'ZWi oowort, ¦ •SmÆSÎHÏÏîSîi oqTB* VILLE LE PETIT FUTE MONTREAL 1995 Nouvelles Éditions de l'Université 13,95 11,95 MONTRÉAL M W MA GRAMMAIRE lu.Françaises 29,95 24,95 , I .K I k\ »•** GRAMMAIRE LAROUSSE (**«• journal * montreal IÎ64, chemin Ste-Marguerite ie 69 de l'autoroute des Laurent ides le franchir ou, tout au moins, le contourner.» S’il fut naguère hésitant, le professeur émérite ne l’est plus du tout.«Je ne ressens aujourd’hui aucune hésitation à me proclamer canadien.De la façon dont l’actuel projet de souveraineté du Québec se présente, compte tenu des circonstances socioéconomiques défavorables actuelles, je conclus qu’il ne sert pas les meilleurs intérêts du Québec.Plutôt que d’être une source de cohésion sociale, il oppose les partis politiques et divise la population.Il ne contient aucun germe d’un humanisme enrichissant.» Pour tendre vers cet objectif, M.Dion fait cinq grandes suggestions d’un cheminement qui n’aboutirait pas à un autre duel Québec-Canada.11 faut donc: se libérer l’esprit des fausses certitudes sur l’état de la société québécoise; viser à bien apprécier le Canada anglais tel qu’il est, dans sa réalité sociale et culturelle complexe, et non plus tel qu’il ressort de l’imaginaire canadien-fran-çais; enlever aux politiciens l’initiative de toute réforme constitutionnelle quand les circonstances permettront la reprise des négociations; créer une grande commission d’enquête, dont les membres seraient proposés par les gouvernements et choisis par les assemblées nationales, chargée de recommander des changements adaptés à toutes les régions du Canada et conformer à leurs caractères propres; créer une assemblée constituante choisie à la suite d’une entente entre les gouvernements et composée des personnalités les mieux considérées au pays.Comme on le voit, M.Dion a de la suite dans les idées et il se cite largement, soit pour se justifier, soit pour atténuer quelques propos.Mais il ne renie rien, y compris son fameux «couteau sur la gorge», et il reste fidèle à l’idéal inaccessiblç et très exigeant de la démocratie.A la suite de son témoignage devant la Commission Bélanger-Campeau, en décembre 1990, il relève plusieurs commentaires, dont le suivant, de Lise Bissonnette, clans Le Devoir.«11 ne s’agit pas de savoir si M.Dion est fédéraliste ou indépendantiste: il exprime à lui seul, dans les amas de nuances dont il a le secret, les vœux de la majorité qui rêve d’être souverainiste ici et associée là, au besoin sans douleur, et selon ce qui rapporterait le plus à ses intérêts.Mais il s’agit de savoir comment arracher au Canada ce fédéralisme complètement chambardé ou cette souveraineté solidement arrimée, entre lesquels le cœur collectif balance.» Tout est là, en effet.On peut s’en moquer, comme le font allègrement ceux qui sont en possession tranquille de leur vérité.Mais comment reprocher à M.Dion ses nuances, et même ses rectifications qui, pour lui, «sont le signe d’une honnêteté intellectuelle, de la recherche sincère de la vérité et du respect du public, et non le fruit d’une inconsistance dans les idées»?Si fédéraliste (naguère fatigué) soit-il encore et toujours, M.Dion confie que, comme bien d’autres, le discours politique de Bourassa l’a confondu, à deux reprises cruciales notamment: au lendemain de l’échec de l’Accord du lac Meech et le jour du dépôt du rapport Beaudoin-Dob-bie.«Le Québec l’aurait pourtant | très majoritairement suivi s’il avait persisté dans la fermeté dont il paraissait faire preuve, à l’égard du gouvernement fédéral et du Canada anglais.Comme bien d’autres, il m'a induit en erreur.» Un autre, donc, qui attend explicitations et justifications de la part de l’ancien premier ministre! Intellectuel engagé, M.Dion se refuse à lancer un ultimatum dont les conséquences entraîneraient l’éclatement du pays.Il est même convaincu que ses réflexions garderont tçu-te leur pertinence, bien après la tenue du référendum, quelle qu’en spit l’issue.Car le duel se poursuit et le professeur Dion, fut-il officiellement ên retraite, reste vaillamment sur la brèche. I.E I) E V « I K .I.E > A M E I* I t) E T I) I M A X (' Il E I II E I* T E M HUE I II !> 5 Mim Hervé Dupuis Voir ailleurs ÔTHptyque JeanSorrente TRIPTYQUE Téléphone et télécopieur: 597-1666 VEND AU MEILLEUR PRIX ACHÈTE 'iTAî \MVnis Montréal CHOIX ET QUALITÉ 713 Mont-Royal Est.Mtl Métro Sherbrooke 84M913 M«ro Mont-Royal 32M389 iimm disques compacts, livres, cassettes, disques, bd, ITEMS RARES ET DE COLLECTION Hubert Nyssen Hubert Nyssen «La vérité, c’est les lecteurs» ! t a r CLÉMENT TRUDEL f LE DEVOIR Le succès sied bien à Hubert Nyssen et à son équipe d’Actes Sud.11 l’avoue, sans forfanterie, en bourrant sa pipe, au terme d’un déjeuner au Ritz.Il faut bien récupérer après 25 heures de voyage entre la Provence et Montréal! .Nyssen éditera bientôt son deux millième titre en moins de 20 ans d’une carrière commencée à 50 ans «pour me faire plaisir».Il se targue d’ailleurs, par son catalogue, de favoriser un lieu de rencontre et de dialogue entre les cultures, par la diversité même des thèmes et des apports.Sa préoccupation première est de constituer le lien le plus efficace entre écrivains et lecteurs, sans trop tenir compte ¦ r des polémiques, voire des mesquineries.: ¦ Actes Sud a entre autres fait découvrir les œuvres de ¦ ; Nina Berberova, célèbre exilée russe.La même maison nous apporte cet automne la «primeur» du Livre noir que Staline commanda en 1945, sous l’impulsion d’Albert Einstein, au Comité juif antifasciste d’Union soviétique; le rapport signé Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman fait la chronique des persécutions, exactions et massacres perpé-11 très par les nazis en Pologne et en URSS, mais Staline relé- gua ce document aux oubliettes et 50 ans plus tard nous J* i parvient ce «réquisitoire bouleversant» contre l’hitlérisme.D’entrée de jeu, je confie à Hubert Nyssen que je le sb tue parmi les «mavericks».Comment savez-vous que j’ai il, une plaque qui affiche «maverick» à la porte de mon bu- reau, à Arles, fait-il?Pure coïncidence.Tout de même, l’éditeur a aimé qu’un auteur vivant à New York insiste pour qu’Actes Sud le fasse connaître en Europe «becau-[.) i se you are a maverick», mot que Nyssen a dès lors fait sien, après incursion dans son Harrap’s! La trajectoire d’Actes Sud est peu orthodoxe: débuts dans une bergerie méridionale, loin du Paris tentaculaire, puis emménagement dans Arles où Maurice Barrés avait déjà identifié en son temps «l’essentiel pour la vie organique de la beauté».Nyssen fut un décentralisateur précoce, comme le fut à sa manière un autre «maverick», pimitri Dimitrijevic, fondateur des éditions de l’Âge d’homme, en Suisse.Le crochet par Montréal coïncide pour Hubert Nyssen avec l’entrée, comme quatrième partenaire dans la collection de poche Babel, qui comptera dans quelques semaines 200 titres, de la maison Leméac.La Suisse y est présente par L’Aire et la Belgique par Labor.Chacune des maisons s’engage à diffuser l’ensemble du catalogue Babel — qui s’enrichit cette fois-ci de quatre titres de Michel Tremblay et d’un Jacques Poulin.Hubert Nyssen croit qu’il ne faut pas être pessimiste quant à l’avenir du livre et que si quelqu’un avait les moyens d’effectuer une étude du lectorat depuis le XVIIL siècle, il verrait sans doute que le «noyau dur» de véritables lecteurs ne fluctue pas, pourvu que subsistent des éditeurs sachant se rendre complices de ces mordus de la lecture.L’éditeur, qui a en préparation un dixième roman, donnera aussi à paraître le troisième et dernier tome de ses carnets: L’éditeur et son double, qui couvre les années , 1990-95 et, sur les ondes de France-Musique, il livrera ; i chaque mardi, entre le 19 septembre et le 26 décembre, quinze heures de réflexion et de sélections sur ses rapports avec la musique.On le sollicite souvent pour des , conférences, la plus récente, éditée en opuscule (Eloge delà lecture), ayant été prononcée à la Bibliothèque nationale de Paris.Brièvement, en mai, Hubert Nyssen s’est rendu aux Rencontres de Soleure (Suisse) où l’on traitait de «Nation, nationalisme et création»; il désirait surtout y reprendre contact avec Assia Djebar, cette Algérienne exilée qui est à même de témoigner de similitudes doulou-reuses entre nationalismes français et algérien qui ont, tous deux, conduit à des dérapages, telle la torture qui sévit toujours en Algérie.Le nationalisme peut être pour certains un vocable «obscène» en raison surtout de ce ., ¦ qu’il peut inférer «d’étroit, d’équivoque, de raciste», tan- dis qu’au départ, dit-il, il était «revendication d’une conscience collective».avant qu’on en fasse un outil pour brimer et exclure.Actes Sud a d’ailleurs à son cata- Ilogue un ouvrage collectif (Au jardin des malentendus) où Allemands et Français exposent les pièges du natio- i nalisme dans le contexte européen.Les critiques sont parfois dures.Nyssen en prend acte, mais sa conviction profonde est que «la vérité, c’est les lecteurs» qui expriment leur adhésion à un auteur, à un titre pour autant que «le livre, comme objet, soit-digne du texte qu’il contient».j§ f i Hubert Nyssen croit qu’il ne faut ,,pas être pessimiste quant à l’avenir du livre I I y p v ç L l V n L u ^ Détresse urbaine Hélène Monette a longtemps eu le complexe d’appartenir au milieu mais sans avoir suivi le parfait petit itinéraire de l’intellectuel québécois modèle HERVÉ (i l) A Y Si tous les interviewés étaient pareils, forcément on ne publierait plus d’entrevues, ce serait une affaire classée.Voilà sans doute pourquoi ils et elles trouvent tous et toutes des réponses semblables et dissemblables à la fois aux questions des journalistes: qu’ils soient poètes, scientifiques, qu’elles soient metteurs en scène, réalisatrices, politiciennes, chanteuses ou que sais-je encore moi.magicienne.Et c’est comme ça que la presse tourne.Tous et toutes?Non.En la personne de l’écrivain Hélène Monette, j'ai rencontré une interviewée à qui les questions ne disent rien et pour qui les réponses ne viennent pas, quels que soient les sujets abordés.C’est qu’Hélène Monette n’aime pas expliquer ce qu’elle a écrit Elle trouve aussi — et sans doute a-t-elle raison en grande partie — que c’est à nous les critiques et journalistes d’expliciter et de nous creuser les méninges pour «faire la radioscopie» (l'expression est d’elle) de ces romans, récits, poèmes que des gens comme elle écrivent.À cause de cela, elle aurait sans doute préféré composer de la musique pour n’avoir rien à justifier.Peine perdue: elle ne joue d’aucun instrument.«Je me suis trompée de métier, dit-elle J’aurais dû être musicienne.Mais il n’est peut-être pas trop tard.» Bienheureux musicien tout de même, selon Hélène Monette, à qui on ne demande pas: «Pourquoi avez-vous écrit cette symphonie?Pourquoi avez-vous mis mi-fa-sol-sol-do-ré?» Toujours est-il que la musique a accompagné la romancière pendant la rédaction de son nouveau roman.«Quand j’ai écrit Unless, précise-t-elle, au début, au moment des premiers jets, j’écrivais avec mon walkman sur les oreilles.J’écoutais du rock ou du classique.» C’est également par la musique qu’elle a fait son deuil de l’ouvrage qu’elle vient de terminer.Si Hélène Monette n’aime pas répondre aux questions, peut-être est-ce aussi parce qu’elle a longtemps eu le complexe d’appartenir au milieu mais sans avoir suivi le parfait petit itinéraire de l’intellectuel québécois modèle.«Je n’ai pas le cheminement droit, passant par les études poussées, le doctorat, l’enseignement et toutes ces choses qui caractérisent l’intellectuel.» D’ailleurs, quand elle explique son parcours, l’auteure d’Unless se contente de lancer ses mains dans tous les sens pour en évoquer l’aspect plutôt éparpillé.Cet éparpillement se retrouve en fait dans les courses à vélo tous azimuts auquel se livre son personnage principal.Dans le roman qui porte son nom, Unless travaille aux messageries Courier Comète.Il lui faut en pédaler un coup, payée à la pièce comme elle l’est, pour finir par joindre les deux Hervé Dupuis Voir ailleurs récit de voyage 213 p., 18$ « Je suis amoureux de l’Asie et je pose sur elle un regard d’amoureux.D’objectivité donc, point.Il m’a suffi de raconter les manifestations de cet amour.Parfois cependant l’Asie m’a fait terriblement suer.Alors je l'ai engueulée vertement, mais comme on engueule un être aimé.» Distribution: Diffusion Prologue bouts, d'autant que les affaires ne roulent plus très rond là où elle pédale et qu'autour d’elle, sa famille perd le nord.De plus, du propre aveu de l’auteure, ses personnages l’ont entraînée plus loin quelle n'aurait cru.«Ça fait cliché de dire ça mais une fois que tes personnages ont décidé d’aller là, là ou à Val d’Or comme c’est le cas pour Red, ça devient difficile de les suivre.» Pour l’essentiel, pourtant, Unless se déroule à «Monryal» ou encore à Notre-Dra-me (sic), village perdu en périphérie de la métropole.Le roman met en scène une famille disloquée sur fond de détresse urbaine.Violence, drogue, pauvreté, folie se partagent la vedette non sans qu’une certaine tendresse affleure à l’occasion.Le modèle de Notre-Drame vient sans doute de Saint-Philippe-de-Laprairie où Hélène Monette est née d’un père tenant un magasin général, établi par son père à lui en 1902.Un village comme on oublie qu’il en existe encore en périphérie de la métropole quand la banlieue elle-même se termine.Dixième d’une famille de dix, la romancière soutient avoir vécu d’autres époques au contact de ses frères et sœurs: des obligations religieuses à l’éclatement du rock’n’roll, puis de la musique psychédélique à Harmonium.Plus tard, de 1979 à 1989, Hélène Monette connaît l’«Eldorado» des projets gouverne- Hélène mentaux auprès des groupes communautaires et culturels aussi bien en Montérégie qu’à Montréal.Elle garde au reste un bon souvenir de ces années où on avait encore le sens de la fête.Le premier livre survient durant cette période.Elle fait des lectures publiques de poésie, court les événements littéraires quand l’écrivain Yves Boisvert lui tend une perche.Il lui dit qu’il a parlé d’elle aux Écrits des Forges, lui suggère d’envoyer quelque chose, que la porte est déjà entrouverte.Montréal brûle-t-elle?, son premier recueil de poésie, sort des presses en 1987.En fait, même si elle n’aime pas trop qu’on le lui rappelle, Hélène Monette se situe dans la lignée des écrivains contestataires des années 70.«Quand j’écris, il y a toujours une part de colère, de révolte.Je m’ennuierais beaucoup si c’était sage.Puis-qu’en écrivant, je ne veux pas m’ennuyer, j’veux que ça éclate de partout, que ça s’en aille dans toutes sortes de directions.» On le sait, au début surtout, Hélène Monette est allée elle aussi à l’école de la provocation et elle le reconnaît.« Je veux pro- voquer les gens sages et bien pensants, émotivement corrects et jxilitiquement corrects, je veux les déranger.Ne serait-ce que pour tenter de les faire réfléchir et leur montrer quelque chose de différent.» « Mais, se défend-t-elle, ce n’est pas un genre préfabriqué ou parce que c’est à la mode ou que ça fait partie d’un courant.L'écriture, ce n'est pas artificiel à ce point-là.On est ce qu’on est: ça sort dans la plume.Moi, je n’ai pas l’impression d’avoir choisi un courant auquel appartient Yves Boisvert ou d’autres.On s'est rapprochés parce qu’on avait une écriture similaire.On ne voit pas le monde, nous autres, en catégorie, en secte, ou encore avec des étiquettes.Et puis on est tellement seul quand on écrit.Je suis fière d’être mise dans le même sac que Danielle Roger, Patrice Desbiens, Yves Boivert.» Comme pour faire mentir les critiques qui tentent de la circonscrire, Hélène Monette a justement publié l’an dernier, sans tambour ni trom])ette, un recueil de poésie intimiste qui délaisse le martellemenl pour se concentrer sur l’intime.Kyrie eleison laisse entrevoir une toute autre poète, plus mezzo voce, plus méditative.Elle raconte que ce livre a néanmoins constitué un cauchemar pour elle.Elle allait tout jeter à la poubelle quand François Hébert des Herbes Rouges a lu le manuscrit et décidé de le publier.(Ouf!) Monette La composition d’Un- less non plus n’a pas été des plus faciles pour Hélène Monette.Pas étonnant alors que les divers bouleversements qu’a subis le livre dans son élaboration se sentent toujours à la lecture de l’ouvrage qui, pour tout dire, baigne dans une atmosphère plutôt apocalyptique.Or, même du fond de son pessimisme, Hélène Monette garde encore l’espoir que les choses changent.«Je trouve que le monde s’écroule.L’économie mondiale est sur le cul, sur le carreau, à terre.Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles.Qu’arrive-t-il à la personne qui a trois enfants et qui gagne le salaire mininum?Et les syndiqués qui ne veulent rien savoir de partager les heures de travail! Après les années 80, l’individualisme semble encore avoir empiré.D’où la détresse contemporaine, camoufflée par tout ce qui est correct.Mais les gens vont craquer: c’est plus possible.Au moins s’il y avait une solidarité.» Comme diraient les Anglais: «If unless.» UNLESS Hélène Monette Boréal, Montréal, 1995,188 pages LE VOL DE L’AUBE ROMAN EDITIONS PU m 160 p., 19,95$ Sergio Kokis Negâo et Doralice L'histoire de Negâo et de Doralice, c'est un peu celle d'Orpheo Negro.À Rio, voici qu'un nègre infiniment heureux dans sa peau, grand maître dans l'art de voler les belles autos et dans celui aussi de séduire les femmes, s'éprend — un peu à son insu — de la mignonne Doralice, pute de son métier chez Mme Quinina.Jean Sorrente Le vol de l'aube Au moment où débute le roman, c'est l'été 1939.Quelques semaines plus tard, la guerre est déclarée.Les trois frères Maintes — pour des raisons familiales — s'engagent dans l'armée allemande.La guerre vue par l'autre bout de la lorgnette.Une écriture toute en nuances.Sergio Kokis Negâo et Doralice m 216 p.22.95$ m éditeur jSaint-Hubert, Montréal (Qu*b*c) H21 3Z1 Tél.: 514.525.21.70 • T«éc: 514 525.75.37 I.K I) K V 0 I H .I.K S S A M K l> I I) K T I) I M A X C II K I 0 S K I* T K M l< H K I II II A I) 8 EXPOSITIONS Les traces d’une complicité tenace yVAM i WM A ¦ .rmmm iiH M f lf| t i| CjàleRie Ôe Bellefeuille OUVERT LE DIMANCHE • de 12h30 à 17h30 lun.au sam.de 10h à 18h 1367, AVENUE GREENE, WESTMOUNT TÉL.:(514)933-4406.Du lundi au samedi de lûh à 18h.Affiliated Colloques Présence de la Photographie dans les Collections des Musées.Spécificité d’un Médium.d’une Culture., • * / ¦¦¦’"'•y t -*V —'-r: Samedi, le 23 septembre Musée d’art contemporain de Montréal Les inscriptions>sont gratuites hiais obligatoires.Renseignements : (514)847-6253- Image, Art et Technologie Vendredi, 15 septembre Maison de la culture Mercier .8105.rue Hochclagà lies inscriptions sont gratuites.Renseignements : (514) 844-6093 .Il DhVOIR ' EN COEUR Au Québec, v 50 000 élèves fout le saut vers la santé.Appuyez-les! Au eoeuriek solution! FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC Tél.: (514) 871-1551 ou 1-800-567-8563 Téléc.: (514) 871-1464 ARTPHOTQ SOTT©^ Une présentation d’Ar Du samedi 2 septembre au lundi 9 4 expositions reliées à la ph Doreen Lindsay, John Max, Serge Tousignant, + Nich Ballard, Elodie Bernier.Eve Cadieux, Susan Coolen, Jear Laguô, Christian Lemay, Raymond Pilon, Jackie Wexler.+ P provenant de familles de la région + Une collection d’app Horaire: jeudi, vendredi, samedi, dimar Ouvert les lundis 4 septembre et 9 oct< Galerie Arts! I ¦/ fe «W! I r.f IDS Premier appel de propositions du programme de recherche appliquée en design, volet 2 Institut de Design Montréal ¦ 1037, rue Rachel ; 3e étage ' Montréal (Québec) ; Canada H2J2J5 .Téléphone: (514) 596-2436 Télécopieur (514) 596-0881 L’Institut de Design Montréal (IDM), organisme sans but lucratif, offre un programme de contributions en deux volets pour stimuler la recherche appliquée en design.Ce programme encourage le partenariat entre les designers et les entreprises dans la réalisation de projets de recherche et incite les entreprises à recourir au design pour la valeur que ce dernier ajoute à leurs produits.Le volet 2 du programme s'adresse aux partenariats entre designers et entreprises et vise particulièrement les PME de la grande région de Montréal.Il favorise la réalisation de projets de recherche multidisciplinaires qui requièrent une réflexion approfondie sur des problématiques complexes, l’implication de professionnels du design et autres disciplines et, selon le cas, la collaboration des secteurs public et/ou privé et celle des institutions d’enseignement.Sont admissibles les projets de recherche en design reliés aux champs suivants: l'habitat et l'urbanisme, le transport, l'environnement, la mode et les textiles, les produits manufacturés et le multimédia.Le design doit faire partie intégrante des processus de définition de la problématique et de recherche et développement de solutions concrètes.Contributions maximales : 50% des coûts admissibles d'un projet, jusqu'à concurrence de 150 000$.Réception des formulaires de proposition : du lundi 4 septembre au mardi 31 octobre 1995, avant 16 heures.Formulaires de proposition et conditions disponibles aux bureaux de l'IDM, du lundi au vendredi entre 9h et 16h.16 heures, à l’Institut de Design Montréal.I
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