Le devoir, 16 septembre 1995, Cahier D
Jacques Ferrandez a choisi PK Bit pour trouver réponse à ses questions WDA pmm Ils:"'¦••-•-•¦•¦ *M& m DIAGNOSTIC Des petits livres qui en disent long.14,95$ INRS-Culture et Société (IQRC) Tél.: (418) 694-6400 Distributeur: UNIVERS Tél.: (4lè) 831-7474 ou 1-800-859-7474 Téléc.: (418) 831-4021 I I'! DEVOIR Le Feuilleton rage 1)3 Littérature jeunesse Page 1)7 ?il iis VISUELS Goya Page 1)9 Horacio Sapere Page DU LE SYNDICALISME État des lieux et enjeux Mona Josée Gagnon L’ANGLE MORT DELA GESTION Laurent Laplante A la VE PRIVÉE ET DÉMOCRATIE À L’ÈRE DE INFORMATIQUE Michel Venne DANIELLE LAURIN Jacques Ferrandez avance dans la vie avec un gros point d’interrogation au-dessus de sa tête.Comme Tintin devant un mystère à résoudre.Pour trouve?réponse à ses questions, à commen: cer par celle de ses origines, il a choisi la bédé.Fils de pied-noir né à Alger en pleine insurrection, il a grandi à Nice, dans la fascination de son pays d’ori; gine, au rythme des récits colorés ef parfumés de son père, mais aussi de son grand-père, dont le propre pèrç était chef de gare dans le Sud ora-nais.Il a voulu en savoir plus, corn-* prendre d’où il venait, comprendre quels rêves, quelles passions habh taient ses ancêtres.Aussi a-t-il entre; pris il y a huit ans ses Carnets d’Orient cinq bandes dessinées dans la plus pure tradition d’Hergé, à cette différence près qu’elles sont destinées à un public adulte, et qui vont des débuts de la colonisation française en Algérie (vers 1830) jusqu’aux années précédant la guerre (vers 1950).Inspirées en outre des toiles et des carnets de peintres orientalistes, nourries aussi par l’œuvre de romanciers comme Flaubert et Maupasr sant, sans compter les référence^ puisées dans les rapports militaires et la presse de l’époque, ses bédés prennent Failure d’une fresque, d’un grand roman historique illustré.Jacques Ferrandez, collé au réel, y montre et y démonte, de l’intérieur, la grande et les petites histoires entrecroisées, luttes sanglantes comprises, qui ont fait l’Algérie d’aujourd’hui.«J’ai essayé de comprendre comment les choses avaient pu se mettre en place, avec l’intention, toujours, de me référer à la mentalité de chaque époque.Ce serait une erreur de poser un regard sur l’Algérie du temps de la conquête et de la période précédant la guerre avec l’œil qu’on peut avoir aujourd’hui grâce au recul de l’histoire et à l’évolution des valeurs.» Pour ce pied-noir, la difficulté consistait à sortir de l’oubli, avec ses contradictions et ses paradoxes, la période française de l’Algérie sur laquelle les Français comme les Algériens posent selon lui un regard biaisé, quand ils ne sont pas carrément frappés d’amnésie volontaire.«Je me suis rendu compte que les Français qui se retrouvaient en Algérie au siècle dernier avaient un certain nombre de valeurs qui ont tourné cours au XXe siècle.Les gens qui partageaient ces valeurs, telles l’esprit VOIR PAGE D2: FERRANDEZ VOIR PAGE D2: PENNAC LA QUALITÉ DÉ LA LANGUE AU QUEBEC Hélène Cajolet-Laganière et Pierre Martel Pennac: le doute nom dé Diou LE DEVOIR recherche (I ti rêve De ILLUSTRATION FERRANDEZ LA QUESTION DU QUEBEC ANGLAIS Gary Caldwell Daniel Pennac, l’auteur de Monsieur Malaussène, le metteur en scène de La Fée carabine, le compositeur de La Petite Marchande de prose, est tombé en littérature pour avoir fait de la résistance et fréquenté qui?Personne, nom de Dieu! Alors quoi?Le doute, nom dé Diou.Pour avoir fréquenté le doute qui est le frère d’armes du scepticisme, bien évidemment et non pas bien naturellement.Parce que le doute naturellement est un hiatus philosophique.Cela va de soi.Encore que.Bon.Chrono-logiquement comme au ras des pâquerettes, il faut dire ou si-fianiel Pennac gnaler que la résistance a précédé le doute.Les deux, la résistance et le doute, ont un dénominateur commun, un lieu commun à ne pas mélanger avec le lieu commun qui se confond avec poncif.De quel lieu s’=agit-il?L’école.C’est à l’école que Pennac a fait de la résistance, c’est à l’école qu’il a rencontré le doute.Lorsqu’il était écolier, le Pennac était un mauvais élève.C’est lui, lui qui aujourd’hui enseigne dans un lycée de la région parisienne, qui nous a confié cela cette semaine.De la 6e à la seconde, autrement dit tout au long du secondaire, «j’étais un maudis élève».• Faut remarquer que c’était dans la France des années 50.Autrement dit une France où les interdits étaient si nombreux qu’ils contrariaient les li-Fprtés.Imaginez, c’était l’époque où la jeunesse mâle s’émouvait à chaque apparition de Françoise Ar-noul dans le Fruit défendu.C’était également l’époque de la guerre d’Algérie.Bref, il y avait de quoi rentier en résistance.(.D’autant plus dans le cas de Pen-pjac qu’il était pensionnaire.«Pendant six ans j’ai été pensionnaire à une époque où on rentrait chez soi une fois par trimestre.C’était égale-înent l’époque où la lecture était interdite en-dehors des heures prévues pour l’étude.Par exemple, on h’avait pas le droit de lire dans le dortoir.Je lisai en cachette.Dickens, 'J'chekov, Stevenson, tous les écrivains britanniques, tous les écrivains tusses.C’était de la littérature clandestine, la meilleure qui soit.C’était la base de ma culture.Et j’étais un mauvais élève.» Jusqu’en seconde, autrement dit jusqu’en secondaire V, il était hors des rangs.Il faisait des pas de deux lorsqu’on imposait des pas de trois.Il était en-dehors.Il était hors sujet.Non pas parce qu’il avait la fibre contestataire mais bien parce qu’il était un rêveur.Puis il y a eu la chance.Un coup de chance.Un de ces coups avec lesquels il faut toujours compter.Un prof de philo qui avait davantage Failure d’un «joueur de pétanque débonnaire» que l’allure compassée que l’on prête, souvent à tort d’ailleurs, aux profs de philo.«Il était très effacé.Il était très ironique.Il avait une réelle parole.Il avait une indépendance d’esprit incroyable.Il était d’une grande finesse d’esprit.Mais surtout, il était I) 2 I.K I) E V OIK.I.K 1 V U 1 1! .1 E S S A M K 1) 1 1 II E T D 1 \l \ \ ( Il E 17 S E 1* T E M II II E 1 !• !» [ 1 f V 1 1) 1 R1 Q -Tx W \ L 1 l V 1 ti 1 h o * SUITE DE LA PAGE 1)1 pionnier, ou les bienfaits de la colonisation, n’ont pas, à tort ou à raison, compris pourquoi, du jour au lendemain, elles devenaient obsolètes, et pourquoi ils se prenaient de plein jouet cet espèce de vent d’histoire qui brusquement s’est mis à tourner.Si ou regarde tout ça avec l’oeil du vingtième siècle, on ne comprend rien, on se dit: mais pourquoi ils ont fait ça, les gens étaient dégueulasse à l’époque, c’étaient des salauds, des infâmes colonialistes.Mais à l’époque, le fait colonial était accepté, il allait de soi au XIXe siècle.Il faut remettre tout ça en perspective pour mieux comprendre la situation.C’est ce que j’ai voulu faire.» Le premier carnet de Ferrandez raconte l’arrivée du peintre Joseph 'Constant en Algérie au début de la conquête.Dans le cinquième tome qui vient tout juste de paraître, Le Cimetière des princesses, Marianne, une jeune artiste pied-noir, part, cent vingt ans plus tard, sur les traces de ce peintre.Une façon pour Jacques FERRANDEZ Boucler la boucle de l'histoire de l'Algérie française Ferrandez de boucler la boucle de sa propre quête.«La quête du personnage de Marianne dans Ac Cimetière des princesse, c’est ma façon de me mettre en scène moi-même avec cette recherche de là d’où je viens.» A la lin du Cimetière des princesses, toute trace du passage sur terre de Joseph Constant disparaît: ses car-nt'ts brûlent dans un accident, la dernière toile portant sa signature est détruite dans un tremblement de ter-\ ituce de scénario, mais aussi, une façon de boucler la boucle de l'histoire de l’Algérie française.«Mon peintre était vraiment un personnage de création, dans le sens où il y a des emprunts à Delacroix, à Fromentin, a d’autres peintres orientaliste connus.Chaque image que j’attribue à mon peintre, qui est présent en filigrane dans les cinq albums, est un clin d’œil à un tableau orientaliste existant.A la fin, je me suis demandé ce qui allait arriver le jour où les gens allaient me demander dans quel musée on peut voir le seul tableau qui reste supposément de Joseph Constant.Je me suis dit PouR w\Vuik Cfc QU i3l OcMU JOtm CONSTANT, AUtl 4 LA (MBLiOTUÈQUE qu’il me fallait donner à mon personnage une existence qui soit cohérente avec le fait de quelqu’un qui a esds té mais qui n’a laissé aucune trace.Surtout, le fait de faire disparaître à la fin toutes ces toiles qui ont pu susciter du rêve et qui ont pu alimenter l’imaginaire des gens à l’époque, c’était de montrer que ça allait s’effondrer dans les années qui vont suivre, puisque c’est effectivement la fin du rêve pour un tas de gens, pour tous les Français qui vivaient là-bas.» Jusqu’à ce qu’il se décide à entreprendre un voyage-pèlerinage sur les traces de ses propres person- nages, l’Algérie était en quelque sorte encore mythique pour Ja< ques Ferrandez qui n’avait connu son pays d’origine que bien au chaud dans son berceau.«Je suis retourné en Algérie il y a deux ans, pour la première fois et sans doute pour la dernière avant longtemps, avec cette volonté de confronter ce que j’avais fait, les images que j'avais produites, avec la réalité.Mais ce qui me fait le plus plaisir, c’est de rencontrer aujourd’hui de vieux pieds-noirs qui ont vécu en Algérie toute leur vie, qui visiblement regardent mes albums avec beaucoup d’émotion, et qui disent: cette lumière, là, ces couleurs, on voit vraiment que vous y avez vécu.» Au pays de Pagnol Jacques Ferrandez vit en Provence, le pays de Pagnol.11 travaille d’ailleurs à mettre en bédé Jean de Florette et Manon des sources.Pas de lien direct avec l’Orient, si ce n’est la Méditerranée.Le bédéiste n’exclut pas l’idée de faire une bédé dans quelques années, une fois son épo- pée Pagnol terminée, sur l’effondrement du rêve algérien et sur les années de guerre (1954-1962).Mais mettre en images l'Algérie d’aujourd'hui ne lui effleure même pas l’esprit.«Indépendamment des questions du risque que ça peut représenter éventuellement de déplaire à l’une ou l’autre des factions présentes, il y a la question du sujet lui-même qui en perpétuel mouvement.L’histoire s’écrit tous les jours là-bas, avec ses rebondissements, sa désinformation, sa manipulation.C’est une situation tellement absurde, chaotique.Je ne comprends rien à ce qui se passe aujourd’hui en Algérie.» Le gros point d'interrogation au-dessus de la tête de Jacques Ferrandez n’est pas prêt de disparaître.Mais question de souffler un peu et de ne pas crouler sous le poids de ses questions, l’émule d’Hergé, qui est aussi jazzman à ses heures, pousse à l’occasion quelques logorrhées de notes improvisées avec sa formation, le Mille Sabords Quartet.Une façon pour le bédésite de sortir de sa bulle.?» Ml 200 mm VITES ACT tous jours n 82.19h00: Souper- L'Ambiahce, 1260, rue (819) 376-1270.81.17h00: Apéro-poésie.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure.Tél.;(819) 378-9925.x./ ë Jj T R O \S - R I V I E R E S du 01 au 08 oct.95 ’.I fiÉI lÊ Ë i ïïm.- ' ¦ • î * :P 76.12h00: Dîner-poésie Café Mozart, 324, rue Bonaventure.Réserv.Tel.: (819) 371-1807.I.J) ) S7X « // / ' ) -7 /.JTJ / / 77.12hOQ: Dîner-poésie.Resto-Bar Le Réstaurant otre-Darne./Réserv.: © 115.19h00: Souper-poésie.Bistro Nord-Ouest, 1441, rue Notre-Dame.Réserv: « Germain, 401, St-Roch.Réserv.: (819) 372 Tél: (819) 693-1151.!! “ * * * « » 0607.86.23h00: Zénob, 171, 9925.Poèmes de nuit.Café Bar rue Bonaventure.(819) 378- Suggestions parmi les 200 activités Dimanche I 50.11 hOO: Brunch-poésie.La Société des Ecrivains de la Mauricie reçoit André Brochu.Salon Laviolette, rHôfef Delta.Réserv.: Tél.:(819) 371-7789, Prix: 15,00$ TTC.jg M 68.13h00-16h00: Poèmes en direct.Création d'une banderole géante de poèmes.Place de l'Hôtel de Ville.ACTIVITÉ FAMILIALE.% % .%.x.> Mardi le 03 octobre o 92.17h00: OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL.Remise du Grand Prix du Festival International de la Poésie et du Prix Piché de Poésie-Le Sortilègië.Lancements des Ecrits des Forges, des revues Estuaire, Arcade, Gaz Moutarde, Lèvres Urbaines et des livres des poètes invités.Présentation officielle des poètes.Vernissages des expositions de J.L.Herman et,C.Girard.TOUS et 18hÛ0: (819) LES POETES SONT PRESENTS.Centre sur scène: Prix: 6,00$ TTC.138.20h00: Multimédia-poésie.Confluence.Direction: Yves Cadorette.Centre culturel, 1225, Place de l'Hôtel de Ville.Réserv: (819) 390-9797.Prix: 6,00$ TTC.y\ y Vendredi le 06 octobre | è V \ I • ^ 156.20h30: Spectacle poésie-musique.Incidences.Editions Le Noroît, avec D.Desautëls, H.Dorion, G.Amyot, M.Beaulieu (lu bar P.Nepveü), St.-D.Garneau (lu par P.-A.Bourque), M.Uguay (lue par J.Felx' Musique: V.Corradi.Cenfre Culturel, 142 Place dé l'Hôtel de Ville.Samedi le 07 octobre f .180, 20h00: GRANDE SOIREE DE LA POESIE.Centre Culturel, 1425, Place de 'Hôtel de Ville.Réserv.:Specta, entre 11 hOO et 18h00: (819); 380-9797.Avec 30 poètes W Q eu It uf.® j> 1425.Place de I'Hôtel de Ville.Mercredi le 04 octobre 123.21h00: Jazz-poésie.La Société des Ecrivains de la Mauricie.Resto-Bar Le Nord-Ouest, 1441, rue Notre-Dame.Tél.:(819) Dimanche le 08 octobre 184.11h00: Brunch-poésie.Avec T.Renaud, F.Leduc: l'époque du Refus Global et lancement de la revue Le Sabord.Restaurant L'Ambiance, 1260, rue Notre- 693-1151.Dame.Réserv.(819) 375-6223.Prix: 12.00$ .TTC.Jeudi le 05 octobre 134.18h00: Bière et poésie.Dégustation de La Grand Nord (Molson/ O'Keefe) et de bières importées (S.A.Q.).Restaurant Le Portofino, 1300, Parc Portuaire.Tél : (819) 373-1887.Laissez-passer requis.Dernier tour du esto-Bar Le Nord-Ouest, 1441, rue Notre-Dame.Tél.:(819) 683-1151.193.21h00: Jazz-poésie.monde en poésie.Re ri- \cëX\ Hébergement à prix modiques Tél : 1 (819) 379-6208 Quelques poètes invités SERONT PRESENTS Amyot Geneviève (Québec) Baude Jeannine (France) Beausoleil Claude (Québec) Bekri Tahar (Tunisie) Bertrand Claudine (Québec) Blais Jean-Éthier (Québec) Blouin Louise (Québec) Borchers Élisabeth (Allemagne) Brochu André (Québec) Grand Prix du Festival International de la Poésie-1995 Brassard Nicole (Québec) Brouillette Marc-André (Québec) Prix Desjardins de Poésie-1995 Chiasson Herménégilde (Acadie) Cholette Mario (Québec) Cù Huy Cân (Viet Nam) Daoust Jean-Paul (Québec) David Carole (Québec) Deland Monique (Québec) Prix Émile-Nelligan Desautels Denise (Québec) Devault Gilles (Québec) Dorion Hélène (Québec)' Doyon Paule (Québec) Dumont Fernand (Québec) Prix Québec-Paris Duval Jean (Québec) Esquinca Jorge (Mexique) Farkas Endre (Québec) Fernandez Gerardo (Cuba) Fortin Robbert (Ontario) Friggieri Oliver (Malte) Gaucher Dominique (Québec) Prix Piché de Poésie-Le Sortilège-1995 Gaudet Gérald (Québec) Genovese Alicia (Argentine) Girard Cynthia (Québec) Guimond Daniel (Colombie-Britannique) Hince David (Québec) Huot Jean-Sébastien (Québec) Joris Pierre (États-Unis) Judice Nuno (Portugal) Juteau Monique (Québec) Kamanda Kama (Zaïre) Koltz Anise (Luxembourg) Latif-Ghattas Mona (Égypte/Québec) Leblanc Raymond G.(Acadie) Letelier-Ruz Elias (Québec) Marmol Juan Ramon (San Salvador/Québec) Monette Hélène (Québec) Monge Jorge (Costa-Rica) Mongrain Serge (Québec) Moorhead Andrea (Etats-Unis) Nepveu Pierre (Québec) Oster Pierre (France) Pelieu Claude (États-Unis) Piché Alphonse (Québec) Poupart J-F (Québec) Pozier Bernard (Québec) Renaud Thérèse (Québec) Roberge Eric (Québec) Rochat Alain (Suisse) homus André (Belgique) Roy Bruno (Québec) Royer Jean (Québec) Savoie Paul (Manitoba).Spaziani Maria Luisa (Italie) Stephens lan (Québec) Tessa Francis (Belgique) Thibodeau Serge-Patrice (Acadie) Tree Robert (Québec) Tremblay Clarisse (Québec) Venaille Franck (France) Villemaire Yolande (Québec) Williamson Patrick (Angleterre) Yirong Cheng (Chine) btoquébec INFORMATION Autoroute du FESTIVAL INTERNATIONAL 1-819-378-1212 XJNSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC LE DEVOIR SRC Conseil des arts du Canada *2 h NM ’T' Radio-Télévision Réseau AM / FM AVIS trois-riviëres Développement des ressources humaines Canada Région du Québec & D 04 m CHLN55AMO ROCK «DÉTENTE Société des alcools du Québec COGECO Télévision polaires du Trois-Rivières métropolitain < i t PHOTO JACQUES CREnIe» Daniel Pennac PENNAC Un prof qui questionne la pédagogie SUITE I)E LA PAGE 1)1 abonné au doute comme d’autçej; sont abonnés au gaz et à l’électricité.11 faut comprendre qu’il était ainsi, un abonné au doute, à une époque où tout un chacun était abonné à une cause.Je lui dois de ne jamais avoir milité.Je ne me suis jamais mis dans la peau de quelqu’un qui doit suivre un mot d’ordre».«Grâce à la douce ironie qui Ranimait, je me suis mis à écrire.Une espèce de tranquillité s’était installée'en moi.Je lui remettais des dissertations de 50 pages.Il m’accordait presque toujours un 19 sur 20 pour les 3 premières pages tout en me signalant: je vous fais confiance pouf la suite.» Le premier livre publié fut un essai anti-militariste.Son père était militaire de carrière.Pour ne pas lui porter ombrage, il a modifié son nom de famille.Pennachionni est devenu Pennac.C’était dans les annéés 70.La décennie du sens.Tout un chacun faisait dans l’essai parce que tout un chacun «prenait le train du sens».«J’avais écrit cet essai contre le service militaire, histoire de pourfendre les trois mythes qui lui sont liés: le mythe de la maturité,,1e mythe de la virilité et le mythe ;de l’égalité.» Le doute aidant, le train du sens a été abandonné.La volonté de convaincre s’est estompée.Reste tout de même que le prof de français se questionne, questionne la pédagogie.«Officiellement, enseigner consiste à communiquer un savoir dans le tête de l’enfant sans que l’on se préoccupe de la tête de l’enfant.En tant que prof, mon premier souci c’est de réconcilier mes élèves avec eux-mêmes.» «Pour moi, les mauvais élèves sont des élèves malheureux.C’est l’expression d’un même malheur, soit être sous des regards qui vous dévaluent.Un prof doit évaluer et consoler l’estime de soi.» Pour ce qui est du français comme de l’enseignement du français, «je suis contre toute réforme de l’orthographe.11 faut que l’on garde tout ce qui sert à rien comme par exemple l’accent circonflexe.Il ne faut surtout pas simplifier.Encore moins aujourd’hui avec l’explosion de l’image.Il y a un danger à ce que la langue devienne une langue binaire sous l’impulsion de l’informatique».«Notre relation à la langue française est unique.Nous sommes les seuls à pouvoir circuler dans notre littérature en remontant jusqu’au XVIe siècle tout en la comprenant.Les Anglais, les Allemands, les Italiens n’ont pas cette possibilité.C’est un phénomène unique au monde.» 362 joursparanneej Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Samedi 16 septembre de Rh à 17h HELENE DORION LANCEMENT "San,< bord, Mini bout du monde".mix éditions de la Différence.1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tél.: 27-t-.î6f.9 • céléc.: 27-G3660 53H Wwe Manseau MARCHER la nuit r ou l-a petite pou belle bJoue «Avec Unless, la jeune romancière signe un livre courageux qui en dit long sur les gens de sa génération, leurs rêves et leurs colères.» Pascale Navarro, Voir ROMAN Hélène Moncttc Unless Boréal : ¦ .¦ J a Le roi et moi m Cavale à Rio maîtres (coiffeur, chauffeur de taxi, dragueur, prêtri Et sa maîtresse, car la sensualité amoureuse dominera le propos politique et social.Vous souvenez-vous du Pavillon des miroirs (XYZ, 1994), le premier roman du même auteur?Rappelez-vous le frottement des corps par quoi tout commençait, dans la maison familiale qui allait devenir un bordel.Et l’acuité d’un regard de peintre sur le monde.Et un peu du naturalisme goguenard hérité de Céline.Voilà ce qui se retrouve, avec la même densité, dans Negao et Doralice, récit qui réunit le thriller et le roman d’apprentissage, étoilant les thèmes du combat social et ces manières aussi rudes qu’émouvantes de dire le désespoir des déshérités.scène est toujours brésilienne.Nous sommes à Rio de Janeiro, en 1972, à l’époque de l’une de ces dictatures sans nom, au temps (révolu?) des tortures et des «escadrons de la mort».Et s’il court, le Negao amoureux, c’est qu’il a tué, au poste de police, trois personnes: le Dr Vigario, commissaire politique, qui voulait l’éloigner de Doralice, prostituée rousse de 18 ans, et, par ia même occasion, deux sbires affairés au viol d’une communiste.En fait, Vigario n’est pas mort.Resté borgne et châtré, il mène la chasse au nègre, en cette veille du carnaval, alors que répètent les écoles de samba dans toutes les fa-velas.Danseur naturellement doué, Negâo n’échappera tout de même pas à son destin (auquel Nega Ofelia, la prêtresse du macumba, donnera son sens mythique).Pas davantage Doralice, splendide d^ns l’humiliation fatale du chacal de l'Etat.Les deux amoureux sont des leçons vivantes de courage dans un roman où défilent petits et grands tableaux de l’essentiel.J’ai particulièrement aimé ceux du port et de la nuit sur la baie d’Ipanema, car le discours n’est pas aussi simpliste et dualiste qu’il paraît au premier abord.Bien sûr, la beauté fleurit sur les laideurs et pestilences de l’ordinaire, celles de toute une ville, par exemple, purgée par le Mangue, le canal qui jette les ordures de Rio à la mer, dans le port où travaille Minciras, l’opérateur de la drague.Lui qui permet aux bateaux d’aller et venir dans le port, le dit: «Tout ce beau monde, mon petit, tout ça repose sur les dortoirs des orphelinats, sur des culottes sales, sur des mammifères qui n’ont pas le désir de grandir.» Mais dans ce monde instinctuel se retrouvent pauvres et riches, quoique les premiers ont au moins, aux yeux de leur narrateur complice, la dignité.Avec Negâo et Doralice, S.Kokis passe donc ai-sèment l’épreuve du deuxième round romanesque.Le psychologue qui s’est fait peintre (ses oeuvres — d’un réalisme expressionniste — ornent l’ouvrage) confirme nettement son apport aux lecteurs du Nord qu’il invite à moins de tourisme.Dans le style boxeur qu’il affectionne, je dirais qu’après les crochets (les coups donnés de l’intérieur) il maîtrise bien le swing final, celui qui emporte le round.On peut en rester sonné.sorte de débauche, et dont la silhouette de flambeur éteint ne portait pas à la moindre confiance?Ce n’était guère qu’en voiture qu’il pouvait faire illusion.Il n’y avait plus ià, tombé de sa monture» qu’un jockey empâté, préférant un ballon de cognac à j’Earl Grey de rigueur.Il ne se gênait pas pour ouvrir sa gazette à la page boursière, sous les yeux d’une femme qui, depuis belle lurette, avait choisi de ne plus se formaliser des mufleries, voire des incartades, où se diluait un “Monseigneur” peut-être échangé naguère par mégarde, à la maternité, contre un prince authentique».Voilà, c’est du bon Mertens.Une description stendhalienne, un personnage chandlerien.Mais la princesse de Réthy n’a pas apprécié la soi-disant littérature de tout ça, elle a pris Mertens au pied de la lettre, et elle va au tribunal pour dix mots: «vieux loubard usé sans doute par une sorte de débauche».Pour venger l’honneur de son fils sans se rendre compte qu’elle accrédite ainsi un profil possible de son rejeton, inventé par l’écrivain.Cette fille de bourgeois, qui épousa en secret un roi abdiqueux (devant Hitler, devant son peuple), a gardé de son passé un restant de bonne mise: elle ne poursuit pas pour elle mais pour son fils, alors qu’à la page 263 eîle pouvait se voir décrite cavalièrement comme «la concubine en mal de régularisation matrimoniale».Mais laissons la princesse de Réthy et la chronique judiciaire (dans laquelle entre ce pauvre Mertens bien malgré lui) pour envisager en lecteur cette Paix royale, une brique abracadabrante, le bizarre objet livresque de la rentrée, délire autobiographique masqué d’un écrivain à la plume somptueuse et sinuante, une somme dans laquelle on trouvera les obsessions fictionnelles d’un observateur du siècle, les mensonges brillants d’un écrivain à la recherche de la vérité, et le spleen baroque d’un homme qui va vieillir.L’«autre» Mertens — qui s’adresse au lecteur — s’appelle Pierre Raymond, c’est un guide touristique qui, las des voyages, revenu des circuits, saturé des merveilles, décide de faire le chemin inverse des tourismes et filer vers le pays de son enfance.Un soir, devant une pyramide, il donne un coup de barre, c’est le syndrome de Stendhal et basta les beautés, je reviens chez moi, mais est-ce sur la carte, est-ce retrouvable, lorsque vous êtes belge et bruxellois, quand la ville est défigurée, quand le pays «où tout se complique» vivote sur l’idée de «se couper en deux ou trois lopiqs», quand le royaume est un micro-Etat.Un souvenir d’enfance s’impose dans son mystère, sa mythologie intime, dans le flou des pensées rattrapées, la zone des magies, c’est celui d’un jour d’été, à 13 ans, sur la route vicinale qui mène chez sa grand-mère, il est sur son vélo Alcyon et voilà qu’une voiture va le renverser.C’est la Ferrari du roi, des rois, car la Belgique vit alors le passage de couronne de Léopold III au petit Baudouin.Ils sont assis à l’arrière.Il les reconnaît.Mais ce ne sera que le chauffeur qui viendra lui parler, constater qu’il n’a rien.Et repartir.Vroom-vroom.Le vélo cassé, et les rois en délit de fuite.Remontant vers cette scène d’enfant, Pierre Raymond racontera sa vie, son siècle, son pays divisé, ses parents tôt divorcés, sa grand-mère misanthrope, sa femme enfuie, ses rois chauffards, il aura la sensation d’avoir peu et mal vécu, de n’être pas de son époque, de mener sa barque dans «une épopée de l’erreur», et il fera, comme il le dit, «un brin de Pierre Mertens conduite à l’histoire».Où Léopold III, ombre portée, sera un compagnon d’infortune, un roi sans fortune, qui a connu la volupté du déshonneur, le plaisir de savoir ce qu’est le pouvoir quand on le perd, quand la couronne vous glisse de travers sur le front, et que votre profil de médaille devra composer avec l’incognito.Une paix royale est un étrange ouvrage fait de plusieurs romans, celui du guide touristique (on visite des maisons d’écrivains), celui de la famille royale (à la manière des reportages admiratifs), celui de l’homme qui se penche sur son enfance, celui de l’observateur d’un siècle mal aimé, celui d’un critique de son pays NEGAO El DORALICE Sergio Kokis, XYZ Éditeur, 1995 212 pages Arrivé au terme du récit, j'hésite à fermer le livre.Et je griffonne sur les pages de garde.Elle est déjà finie, la cavale?Je n’ai pas envie d’en sortir.Comme l’auteur, d’ailleurs, qui, après avoir raconté la vie de son personnage principal, Negâo («gros nègre»), semble vouloir continuer avec celle de sa chère Doralice.Selon le modèle millénaire du conte où tout peut toujours recommencer, s’enroulant au gré du conteur.Et Kokis en est un bon, avec cette allure si dansante du tragique, comme on la trouve chez des écrivains sud-américains.Vous savez: ce pas de la mort sur le grand air du désir.C’est ce que disaient déjà les premières lignes: Voici une histoire d’amour.D’amour et de mort.Les deux seules choses qui comptent dans la vie.Il y a aussi le travail, naturellement; mais la satisfaction de créer quelque chose de ses mains, ne fut-ce que mettre son poing sur une gueule qu’on n’aime pas, cela fait partie d’une vie bien vécue.Une vie qui en vaut la peine n’est d’ailleurs, comme le dit si bien le psaume, que souci et travail.Le reste, c’est de la merde.Sauf peut-être l’amour.Le ton s’affiche chez le narrateur jusque dans cette idée du coup de poing créateur.On entre déjà dans le monde de Negâo, le mulâtre, le petit employé du port qui deviendra un voleur.Et ce vagabond de 30 ans que l’on va vite suivre à la trace, dans un discours souvent plus raide, et cru.Même sur l’amour tant célébré, puisque — le narrateur le dira plus loin — «le cul est un lieu géométrique de topologie variable, mouvante, se situant en dehors de la raison et de la lutte des classes» (p.34).Le narrateur aime les phrases transparentes et .sèches, les formules de sagesse bien ramassées.Il en ponctuera le chemin de la vie de son cher Zacarias da Costa fie vrai nom de Negâo), l’orphelin qui, dans la vie, saura trouver ses PHOTO CI.F ANDKRSEN/GAMMA (pas tendre sur la laideur de Bruxelles, sur l’incroyance des Belges en eux-mêmes), et celui d’un historien des bécanes car le Pierre (Mertens) Raymond est aussi attiré par les héros de la petite reine (de Sylvère Maes à Eddy Merckx).Il y a dans cette brique (trop longue, il faut le dire, trop généreuse) un faisceau d’histoires qui croisent l’Histoire dans une complexe et fichue manière qu’adopte Mertens pour retrouver une paix, inespérée, royale, qui permettra à l’homme vieillissant, l’abdiqué, descendu de ses trônes, le roi (qui) se meurt, de renouer avec les terreurs de son enfance, enfin! UNE PAIX ROYALE Pierre Mertens collection Fiction & Cie Seuil, 490 pages ierre Mertens est Belge, juriste, universitaire, romancier, académicien, dramaturge, journaliste, biographe, essayiste, critique, voyageur, lecteur, électeur, et comme si cela n’était pas assez pour remplir une vie (il a 56 ans) il vient de se faire, comme Jean Racine après Phèdre, historiographe du roi, du roi des Belges il va.de soi.Et pas n’importe lequel des rois du plat pays, celui de la rencontre à Berchtesgaden avec Hitler, qui dépose les armes le 28 mai 1940 pour vivre sous surveillance allemande dans son château de Laeken, et s’y remarier en secret, le roi faible, le mal aimé, plébiscité de justesse en 1950 et abdiquant à 50 ans, roi oublié, vieil enfant gâté et vagabondant, Léopold III, le fils d’Albert, le papa du saint Baudouin- Historiographe, vraiment?Oh non, pas vraiment., et même pas du tout si ce n’est qu’on frôle tout de même l’essai de réhabilitation.D,e Pierre Mertens, le romancier des Éblouissements (Médicis 87), il ne fallait pas attendre autre chose qu’une péripétie littéraire, un autre de ses slaloms entre réalité et fiction, espace sans frontières où cet écrivain va raccommodant les décalages entre l’histoire et la vie, entre l’imagination et le réel, entre sa propre histoire et la grande histoire, comme sur la surface d’un lac gelé où son écriture patine en figures libres.Cette liberté — mettre en scène à sa guise la famille royale belge, se glisser dans la peau du roi, lui inventer une maîtresse anglaise.— Pierre Mertens la conçoit totale, pour sûr, après tout on ne pratique plus le supplice pour lèse-majesté, mais voilà que l’écrivain, en sa Belgique, est cité à procès, les actualités belges nous apprenant que la princesse de Réthy (que Léopold III épousa sous l’occupation, après la mort de la reine As-trid tuée en voiture comme Grace de Monaco) le poursuit pour propos injurieux et diffamatoires.La veuve n’a pas le sang bleu mais elle a vu bien rouge en lisant, dans le lot des 490 pages, une phrase qui l’a offensé.C’est à la page 295: à ce moment-là, Mertens en est à imaginer une rencontre de pur hasard, dans le bois d’Argenteuil, où il roulait au pas; il y a dans une Maserati une vieille élégante et son chauffeur qui lui font une petite queue de poisson pour s’informer auprès de lui s’il n’aurajt pas vu un cerf courant près d’ici.O hasard pour lui, narrateur, qui enquête justement sur son Léopold.Il reconnaît la princesse de Réthy, qui l’invite au château.Il écrit: «Je compris que le quadragénaire à rouflaquettes, abrité derrière ses carreaux noirs, qui nous avait conduits en souplesse dans les méandres du bois d’Argenteuil dont il devait connaître tous les racoins, n’était pas le chauffeur de l’aristocratique hôtesse, mais son propre fils.Du reste eût-elle engagé à son service un personnage aussi patibulaire, vieux loubard usé sans doute par une Sergio Kokis Negâo et Doralice roman éUiteur Romanichels Les Ponts jlW-Fu.WCOISvCil VSSAV Dons rc rinnini île Inillnnlr rbiii/insilidn., chu/ inru/Jncs tl'tiiie même .famille traversent' la joinin'/' (lu lO ùitolnr IW3 over frtiatS, n u grc de tein s iliiirinin s ' irs/in li/\.liés il'irnr' //iron on il'une autre /mi 1rs ciri Din’iiliiliiiiis i[e h lu s sàuvrnîfis et 1rs jru\¦ (te l’Uistiiirr.: ., LEMEAC In lillrnilnir il'uupninl'tmi Pierre Manseau Marcher la mit (roman) 153 p., 171 Marqué depuis l’enfance par le souvenir d’une petite poubelle bleue, symbole de sa première expérience sexuelle, Henri Duval est de ceux pour qui l amour est étroitement lié à l’abus.Lorsqu’il rencontre Charles Gauthier, il n’aura plus d’autre choix que d’aller jusqu ’au bout de sa hantise.Pierre Manseau a également publié Plie de l’Adoration et Quartier des hommes, tous deux aux Editions Triptyque.Distribution: Diffusion Prologue Qui m'aime me lise. Séance.AA Lires LE LAMG.DES LIG.> i AUTRES ESSAIS SUR LE CINÉMA D'ANIMATION Marcel Jean ml —CAROL— ShieldS LA MÉMOIRE DES PIERRES Cornet I ier CINQ INTELLECTUELS SCR LA PLA( IM KI.IQU •fs'' m BE R gggP||^ Rachel Leclerc Noces de sable Roman Boréal Raciste, le roman québécois?CLÉMENT TKUDEI.LE DEVOIR Dans un essai d’«anthroposémio-logie» tout juste paru aux éditions Balzac (La Question raciale et raciste, dans le roman québécois), Gérard Etienne écorche certains auteurs d’ici — Ducharme, VLB, Marie-Claire Blais, Gilbert La Roque etc.— quant à des personnages ou passages où il dénote une agressivité et des préjugés, surtout envers le Juif ou le Noir.Yves Beauchemin et Le Matou ne se retrouvent pas,toutefois dans le choix de titres d’Etienne; on se serait pourtant attendu à une dissection de Ratablavaski, personnage mystérieux et maléfique chez qui une certaine critique voyait une note «antisémite».A la Maison des Ecrivains, lors d’un lancement-débat, lundi soir, l’auteur a tenu à relativiser cette forte charge sur ce qu’il décrit dans son essai comme une «somatisation» de la question raciale.Certains créateurs ont recours à un univers de remugle, à des traits re-poussants pour mettre sur le qui-vive la société d’accueil, non dépour-vuq de réflexes grégaires.Gérard Etienne — auteur du Nègre crucifié, La Reine Soleil Levé et d’Un ambassadeur macoute à Montréal — aborde la «question identitaire» en balayant plusieurs siècles, incluant Jean Chrysostome assimilant,les Juifs à des ânes et à des porcs! Etienne est d’avis que l’aberration nazie a fort bien pu retrouver un corpus dans la littérature française qui n’a pas engendré que des Zola! S’agissant du Québec, il n’y dénote pas de «philosophie raciste» généralisée.Il se préoccupe de scruter la «manière de percevoir l’autre» et d’exorciser les pièges de la phobie, de la haine et de l’exclusion., La ligne de pensée de Gérard Etienne est parente de celle du professeur Filippo Salvatore, lequel fustige l’ethnocentrisme qui subsiste dans une société où l’apparition d’une «peau différente» est susceptible, selon lui, d’enclencher une série de clichés et de phénomènes d’exclusion.Régine Robin, auteur de La Québécoite, est portée à signaler que la «littérature n’a de sens que si elle décortique», à rappeler qu’il faut ménager une façon distincte d’apprécier ce qui n’est pas carrément discours politique ou social.L’essai aborde «le cas d’auteurs blancs pour qui la morphologie du.Noir représente une somme de données érotiques».Les 62 pages du chapitre sur «la question raciste et la problématique sexuelle» nous rappellent notamment deux ouvrages parus au Québec en 1971, l’un de Gilbert La Roque (Corridors), l’autre d’Emmanuel Cocke (Va voir au ciel si j’y suis); œuvres qui se situent aux antipodes si on les lit à l’aune de l’acceptation de l’autre.Le club littéraire n’est pas unanimiste lorsque ses membres déballent leurs fantasmes! Gérard Étienne LITTÉRATURE Q U É B É COIS B Rachel Leclerc entre ciel et mer HERVÉ G U AY Tous les ans, ils sont nombreux à faire le saut.Plusieurs poètes québécois passent au roman, comme il était coutume de passer à l’est dans les bons vieux romans d’es-pionnagc.Et il n’est pas une année qui fasse exception.A ce groupe, il faut désormais ajouter Rachel Leclerc.Nombreux sont ceux qui l’ont précédée, même très récemment.On n’a qu’à penser à Claude Beausoleil, Carole David ou encore à Elise Turcotte, Yves Boisvert ou Hélène Monette, pour n’en nommer que quelques-uns.Ce qui surprend davantage dans ce cas, c’est que Rachel Leclerc délaisse la poésie ou s’en absente, si l’on veut, en pleine consécration.Alors que son premier roman quittait à peine les presses de son éditeur, le prix Alain-Grandbois venait de lui être remis pour Rabatteurs d’étoiles.Il n’y a pas cinq ans, elle a aussi été récipiendaire du prix Émi-le-Nelligan pour Les Vies frontalières Noces de sable s’ouvre sur des images non seulement dignes de figurer dans l’un des recueils de Rachel Leclerc mais qui nous font entrer derechef dans son univers situé entre ciel et mer.«On a cru, commence-t-elle, que ça ne s’arrêterait jamais, que le ciel était crevé.Heureusement, il y avait la mer pour prendre toute cette eau.» Rachel Leclerc est née en Gaspé-sie, en 1955, à Nouvelle.Son patelin n’était pas au bord de la mer mais Saint-Omer, le village d’à-côté l’était.Très jeune, à 7 ans, à la mort de sa mère, elle devient pensionnaire avec sa sœur.C’est là qu’elle découvre la lecture qui la sauve de la détresse.Viennent ensuite les déménagements successifs, chez un oncle, chez sa sœur aînée.«J’ai remonté le courant», relate-t-elle.Après ses études au cégep de Gaspé, elle travaille un an, puis s’inscrit en littérature à Rimouski avant de s’installer à Montréal.Elle y termine son baccalauréat et obtient sa maîtrise en création littéraire.«Je me sentais plus solide en poésie, se rappelle-t-elle.En roman, j’ai voulu mettre toutes les chances de mon côté en prenant un directeur de mémoire.Pour me diriger vers des lectures, me donner un “feed-back” de lecteur de romans.» Rachel Leclerc a terminé son mémoire de création mais n’a pas publié ses premiers balbutiements qui, de son propre aveu, n’étaient pas publiables.La poésie lui est venue plus tôt: vers 15 ou 16 ans.«Comme beaucoup d’adolescents, je voulais écrire et j’ai choisi la poésie parce que j’étais pressée de voir un résultat.Avec la poésie, c’est très vite arrivé.Une page suffit.Ça ne nécessite pas de s’investir pendant deux ans comme un roman.» Genre qui demande davantage de force de caractère et de maturité au dire de l’auteure de Noces de sable.A 21 ans, elle jette tous ses poèmes par dessus bord avec l’intention de tout reprendre plus sérieusement.Elle se met à fréquenter les autres poètes, dont le regretté Michel Beau-lieu, qui l’avait encouragée à continuer dans la création lors d’un atelier d’écriture à Rimouski.On connaît la suite.Ses quatre premiers livres seront des recueils de poèmes.Or, la tentation du roman subsistait chez Rachel Leclerc.l’HOTO JOSÉE LAMBERT «La poésie sert peut-être à éclairer une histoire qui est déjà là, à élucider le mystère de sa propre existence.Le roman permet, quant à lui, de se créer, de s’inventer une autre histoire», explique Rachel Leclerc.«Le problème, résume-t-elle, c’est de se lancer dans une histoire pour laquelle notre intérêt se maintient.Bien souvent, on trouve un sujet, on écrit une page.Ça y est: on n’a plus besoin d’écrire.» Le premier roman de celle qui poursuit le «poème des origines» a pour toile de fond la Baie des Chaleurs.Le village n’est pas nommé mais on peut y reconnaître Paspé-biac au siècle dernier.Quelqu’un lui avait un jour suggéré d’écrire un scénario sur ces marchands de Jersey qui y exploitaient les pêcheurs.Mais tout ce que connaissait Rachel Leclerc avant de se mettre à sa table de travail c’était un nom, Charles Robin.Le marchand jersiais sert désormais de modèle au Richard Thomas de Noces de sable.Pourtant, si on lui demande quelles recherches elle a menées, Rachel Leclerc décrète que ce n’est pas l’essentiel puis consent à continuer: «Paspébiac, c’était un peu les Nations unies à l’époque.Plusieurs nationalités y arrivaient par bateau: des Basques, des Jersiais, .des Acadiens, des Irlandais, des Ecossais, des Normands, des Bretons.» Quand le récit commence, en 1836, son personnage, Gabriel Foucault, est à l’article de la mort.Il attend le retour de son fils, Victor.Le vieil homme s’est depuis longtemps vengé de Richard Thomas, qui tenait le village sous sa coupe.11 l’a fait en épousant sa fille, la belle et riche Ca-’ therine.Noces de sable va s’occuper maintenant de dissiper le mystère qui entoure la vie et surtout la mort de cette femme énigmatique.C’est son fils, Victor, qui y parvient en mettant la main sur les carnets de Catherine Thomas.La question d’identité est familière à Rachel Leclerc.Dans Les Vies frontalières, elle parle de «ce petit être qui ressemblait à soi-même et qui fuyait».Mais, par son ouvrage, Rachel Leclerc voulait surtout affirmer que «les coupables ne sont jamais complètement coupables ni les innocents tout à fait innocents».Elle y fait aussi le constat que «les pulsions individuelles sont indissociables des pulsions collectives».L’auteure ne rejette pas non plus les lectures politiques que susciteront peut-être son ouvrage.«Ça passe un peu au-dessous de la table parce que mes Britanniques sont aussi des Jersiais.Sauf qu’effectivement, les Jersiais dont je parle arrivent au lendemain de la Conquête.Et ils se comportent comme tous les Anglais.Ils prennent possession du territoire.Ils deviennent les maîtres et exploitent les Canadiens français.» Cependant, Rachel Leclerc se défend bien d’avoir écrit un roman à message ou à thèse.Loin d’elle également, l’idée d’avoir vidé la question «des Français et des Anglais».Par ailleurs, la poète et ro-•mancière a un autre roman en projet.«J’ai un sujet.Mais jusqu’à maintenant, il m’apparaît dénué d’intérêt dans la mesure où je n’ai pas encore trouvé la forme pour en parler.» Il en est de même de la poésie pour elle.Elle cite en exemple U Casse-pierre, un poème qu’elle a mis des années à écrire, parce qu’elle ne trouvait pas le ton qu’il fallait pour aborder l’alcoolisme de son père.Laissons en terminant Rachel Leclerc donner sa propre version de ce qui distingue la poésie du roman.«La poésie sert peut-être à éclairer une histoire qui est déjà là, à élucider le mystère de sa propre existence.Le roman permet, quant à lui, de se créer, de s’inventer une autre histoire.» NOCES DE SABLE Rachel Leclerc Boréal, Montréal, 1995.L’esthétique animée Marcel Jean publie des essais sur le cinéma d'animation STÉPHANE HAILLAKGEON LE DEVOIR Marcel Jean est un personnage complexe du milieu du cinéma québécois: lui-même réalisateur (Etat critique, c’est lui), il enseigne l’esthétique cinématographique à l’université, pratique la critique depuis plusieurs d’années (au Devoir et a 24 images), en plus d’être l’auteur de nombreux articles savants et d’ouvrages de références incontournables sur le septième art d’ici (Dictionnaire du cinéma québécois et Le Cinéma québécois, parus chez Boréal).«J’ai de la difficulté à me définir moi-même, dit-il.On se méfie d’ailleurs un peu de moi de tous côtés.Pour mes collègues universitaires, je suis un vulgarisateur; pour mes collègues critiques, je suis souvent perçu comme quelqu’un de trop sérieux.» Cette fois encore Marcel Jean a choisi d’assumer sa position mitoyenne son rôle d’homme-pont, en publiant Le Langage des lignes, et autres essais sur le cinéma d’animation.Son ouvrage (disons) de vulgarisation savante paraît aux éditions Les 400 coups, dans la toute nouvelle collection Cinéma, qu’il dirige d’ailleurs.Selon la définition classique, l’essai est un genre qui permet de parler du nous, au je.Dès les premières pages, dans le chapitre sur le mouvement, Marcel Jean parle de son fils Maximilien et de ses réactions devant La Belle et la bête, Le Roi lion ou Le Livre de la Jungle.«[Ce livre], je l’ai écrit pour moi, à la première personne, dans le style qui me sied le plus, comme un gros-aide mémoire, comme une sorte d’état de ma réflexion», avoue-t-il dans son avant-propos.Marcel Jean a développé sa passion pour le cinéma d’animation en plusieurs temps.Plus jeune — il a 32 ans —, comme nous tous, il s’est bidonné devant les cartoons américains.Au cégep il a formé un ciné-club où l’on projetait souvent des films d’animation de l’ONF.Il a ensuite développer son sens critique en travaillant au Dictionnaire du cinéma québécois.«En fait il n’existe presque rien sur le cinéma d’animation, précise-t-il.J’ai en quelque sorte écrit le livre que j’ai cherché partout pour moi-même et pour mes étudiants.» Et la perspective qu’il propose maintenant est résolument originale.Les spécialistes parlent souvent du cinéma d’animation en termes techniques, ou en termes historiques.Marcel Jean, lui, a choisi de l’aborder par l’entremise de l’esthétique.«C’est donc un champ négligé, explique-t-il.Mais mon véritable défi, c’est de montrer que certains cinéastes d’animation ont l’importance d’un Hitchcock, d’un Truffaut ou d’un Arcand.Même ici, au canada, le pays de Norman McLaren, un des grands centres mondiaux de création du cinéma d’animation, bien peu de cinéphiles peuvent expliquer son importance capitale clans l’histoire du cinéma, sa vision du monde, ses innovations formelles et stylistiques.» En fait, l’approche du livre est très formaliste au départ, puis s’enrichit Marcel Jean de multiples digressions qui ouvrent sur l’histoire ce cet art, ses détermi-nismes socio-politiques ou tech- ‘ niques.L’interrogation oscille constamment entre la forme et le fond, aborde aussi bien les productions les plus connues de Walt Disney que les questions théoriques les plus pointues, mais toujours dans une langue belle et claire.«Je suis ' de la vieille école, résume l’auteur.Je m’attarde à l’adéquation entre les modes de récits, les choix du point de vue du langage et la dimension du contenu.» Les neufs essais du Langage des lignes traitent des conceptions du mouvement, de l’importance des lignes, mais aussi de la représenta- ; tion des corps et de la place de la' sexualité dans un art privé d’assise; corporelle.Un des chapitres les plus intéressants («raconte-moi une1 histoire») propose des réflexioris; sur la diversité des modes de récits’' en animation et surtout sur des expériences expérimentales qui com posent un des aspects les plus stimulants de ce cinéma.Le livre aborde aussi la question du contenu sonore des films et celle des consé: quences du développement de l’arii-matique.Et ce n’est qu’un début.Marcel Jean va prochainement poursuivre sa défense et son illustration du cinéma d’animation avec un ouvrage sur le cinéaste et théoricien Pierre Hé-’ bert, digne héritier du maître McLaren.Un formidable cinéaste d’animation, un exceptionnel cinéaste tout1 court.«Il est temps d’affirmer que ¦ c’est un des plus grands, sinon le ' plus grand cinéaste québécois»', conclut-il.PRIX PULITZER 1995 PRIX du Gouverneur général Les critiques sont enthousiastes et unanimes: voici un livre émouvant qui vous séduira.Flammarion ltée CINQ INTELLECTUELS SUR LA PLACE PUBLIQUE Sous In direction de Louis Corne Hier Rocii Côté Pierre Falakdeai Pierre Mii.or • Jacques Pelletier Laurent-Michel Vacher MARCELLA MALTAIS «L’HÔTEL CRÈVE-COEUR» Illustrée de magnifiques tableaux, une chronique captivante d’un Paris méconnu.£\aM>Ta'n®, Parc 96 pages papier texturé et papier glacé maintenant en librairie ÉDITIONS DU LAC I.K I» K V o I II , I.K A M I U I I ii I I I) I M A V < II K 17 T I V It K 8 h I» I K M II H K I » Il .1 THINE ENFANI TRAQUÉ.ENFANT CACHÉ Marcel Braitstein Éditeurs XYZ 174 pages Période juive, période chrétienne.Marcel Braitsen, «ou Braajlztajn, Breedsteen, Branstein, Bratssien ou autre variation possible de ce mot» livre ici le récit autobiographique de son enfance.Fils d’une famille juive d’Anvers qui fuient la terreur nazie, Marcel sera confié en adoption à des chrétiens qui l’hébergeront au risque de leur vie.Quand, à la fin de la guerre, une tante réclamera sa garde, celui qui rêvait de devenir missionnaire refuse d’embraser la culture et la religion juives, avant de redécouvrir le sens de ses origines.L’histoire de la quête identitaire d’un enfant jusqu’à ses dix ans, conclue par un chapitre intitulé «Cinquante ans plus tard, sculpteur de renom, Marcel Braitstein enseigne à l’Uni-vérsité de Montréal.Roland Arpin Une école centrée sur l’essentiel Le» grandes conférences UNE ÉCOLE CENTRÉE SUR L’ESSENTIEL Roland Arpin Fides Collection Les grandes conférences 46 pages C> est un discours de Roland Arpin, sous-ministre au ministère de la Culture et des Communications, prononcé devant la fédération des directeurs et directrices d’écoles qui est reproduit ici.Après quelques pages de considérations purement gestionnaires, l’auteur en vient à des considérations plus purement pédagogiques en décrivant l’école idéale ouverte au monde, à l’adversité, aux transformations, et qui prioriserait la passion de la connaissance, l’excellence et autres valeurs.LE NOUVEL ORDRE TECHNOLOGIQUE Ursula Franklin Bellarmin 176 pages L) auteur, une ingénieure, docteur en physique expérimetale et professeur émérite de l’université de Toronto, membre de l’Ordre du Canada, dénonce le nouvel ordre mondial «technodépotoir» qui diffuse une culture de la soumission et de la non-communication et propose un nouveau contrat social basé sur la justice, l’équité et l’égalité.Il s’agit ici de la reproduction d’une série de six conférences préparées pour le réseau anglais de Radio-Canada.Luc Bertrand IERREVAIGNA D’IXE-13 au père Ovide ?PIERRE DAIGNAULT D'IXE-13 au père Ovide Luc Bertrand Les Éditions de l'Homme 189 pages Les nostalgiques des Belles Histoires des pays d’en haut retrouveront sans doute avec bonheur celui qui a incarné le père Ovide.L auteur Luc Bertrand insistera beaucoup sur l’activité littéraire abondante de Pierre Daignault qui, sous le pseudonyme de Pierre Saurel.écrivit plus de 3000 romans.D’IXE 13 au cinéma, en passant par le théâtre, la biographie retrace les grands moments DU I.I V K E d'une carrière bien remplie, avant de consacrer une très large part aux problèmes d’alcoolisme et cardiaques de herre Daignault.APPRÉCIER l’ŒUVRE D'ART Francine Girard Us Éditions de l'Homme 181 pages Ce guide attaque d’entrée de jeu des questions qui sont devenues d’actualité cet été avec l’exposition Beautés mobiles au Musée des Beaux-Arts: qu’est-ce-que l’art?A quoi sert fart ?Comment regarder une œuvre?À l’aide de nombreuses peintures reproduites sur papier glacée, l’auteur examine le contenu des oeuvres, en scrute l’aspect formel —couleur et lumière, espace et rythme — et s’interroge sur leur signification.-France Raradîs LE PETIT VOUS < pouf cwrcpm ¦ 'f'i • !» fy Adresses Trucs Recettes maison JOlHOMMÈi N t.LE PETIT PARADIS France paradis: tout ce que vous devez savoir pour vivre bien avec presque rien Les Éditions de l’Homme, 200 pages Ce petit guide de l’économie de temps, d’argent et d’énergie, qui prend la forme d’un amalgame d’adresses et de recettes maison, couvre large.En 200 pages, l’auteur passe de l’art des masques de beauté aux façons de se remettre d’un lendemain de veille trop arrosé, en passant par des adresses où se procurer vêtements ou souliers à bon prix.Il y a là certes de bons trucs mais aussi beaucoup d’évidences et de longues apologies — sur les droits des parents, sur les couches en coton, sur les cordonniers, etc.— qui détournent la vocation de ce genre de livre: l’utilité en un coup d’œil.ANNUAIRE DU CINÉMA QUÉBÉCOIS 1994 Cinémathèque québécoise, Musée du cinéma, SODEC 369 pages Un répertoire de 65 longs métrages, 318 courts et moyens métrages, 45 longs métrages sortis en salle, 215 prix et mentions, 113 notices chronologiques et 818 notices bibliographiques, tel qu’indiqué dans la courte présentation.L’ABC des films et vidéos québécois pour mordus, spécialistes, ou simples indécis au club vidéo du coin.Louise Leduc ESSAIS QU É I! Ê f ü I S r Raison d’être ou raison d’Etat H O li K K T S A I.E T T 1 ?DES COMPTES A RENDRE (LE CANADA ANGLAIS El LE OUÉBEC.DE LA CONQUÊTE A l'ACCORD DE CHARIOTTEIOWN) John F.Conway, Traduit de l'anglais parPiçrreR.Desrosiers, VLB «Etudes québécoises» 1995,287pages ENTRE L’ORDRE ET LA LIBERTÉ (CAPITALISME, POUVOIR ET TRANSITION VERS LE CAPITALISME DANS LE QUÉBEC DU XIX'SIÈCLE) Gérald Bemier et Daniel Salée, Traduit de l’anglais par Hervé Juste, Boréal, 1995,265 pages Dans un essai aussi bref qu’éclairant paru l'an dernier (La Communauté des citoyens.Sur l’idée moderne de nation, chez Gallimard), la sociologue française Dominique Schnapper montrait que la nation moderne était historiquement indissociable de la démocratie mais fondamentalement ennemie du nationalisme.Que la nation n'était pas l’ethnie, et que celle-là supposait le dépassement des identités culturelles particulières, intégrées et régies par l’autorité distincte que constitue l’Etat national.Mais aussi que la nation moderne, abstraction nécessaire permettant de refouler les particularismes et le sentiment national (l’identification purement ethnique), avait dans les faits cédé le pas à Y homo economicus et à l’intérêt privé, d’où les affrontements actuels entre «universalistes» et «nationalistes».C’est à l’horizon de cette crise de la nation civique qu’on lira Des comptes à rendre et Entre l’ordre et la liberté, deux ouvrages traduits de l’anglais qui interprètent l’histoire du Québec de manière bien différente, le premier mettant l’emphase sur le sentiment national, le second sur les rapports sociaux.De quoi alimenter une jolie petite querelle historiographique.Des comptes à rendre est le fruit du travail d’un sociologue de l’Ouest ca- nadien, de Regina plus précisément, qui aime les Québécois et qui ne s’en cache pas.L’ouvrage a été expressément écrit pour convaincre les Canadiens anglais (dont le civisme, selon l'auteur John F.Conway, n’est d’ailleurs pas au-dessus de tout soupçon) que les revendications nationalistes des Canadiens français sont justes et historiquement fondées.Il appert que celui-ci a été accueilli plutôt froidement.Ce n’est guère surprenant.L’auteur y explique que la vague actuelle de nationalisme résulte des frustrations centenaires des Canadiens français, issues de leur domination politique et économique et de leur enfermement à l’intérieur du Québec (M.Conway n’est pas tendre sur le sort réservé aux francophones hors Québec).Les différentes crises qu’ont connues les relations entre Canadiens français et Canadiens anglais ne sont que l’expression ponctuelle de ces frustrations.On pense ici aux célèbres (et célébrées) rébellion des Patriotes, affaire Louis Riel, conscriptions, etc., qui servent de bornes historiographiques au nationalisme québécois.Si cette partie du livre (la première moitié environ) consacrée aux soubresauts nationalistes dans une perspective historique avait été écrite par un francophone, honnêtement il n’y aurait pas eu de quoi fouetter un chat.C'est une démonstration accélérée de la logique des deux solitudes qui prévaut depuis la Conquête, et dont la formation des partis fédéraux du Bloc québécois et du Reform Party est un des plus récents et flagrants aboutissements.Bien que plus politique qu’historiographique, la seconde partie réserve heureusement un peu plus de surprises.John F.Conway y fait la revue de la saga constitutionnelle des derniers vingt ans pour montrer la responsabilité des premiers ministres fédéraux et, de manière générale, du Canada anglais dans la création du fossé qui sépare aujourd’hui les deux solitudes.Ce fossé n’a cessé de s’élargir depuis la Révolution tranquille parce que Pierre Elliott Trudeau a méprisé et sous-estimé le nationalisme cana-dien-français et parce que les leaders du Canada anglais se sont comportés en hypocrites lors du rapatriement de la Constitution.En somme, le fédéralisme actuel est «fondé sur une vision incorrecte de l’histoire, sur la négation de l’existence des deux nations fondatrices et sur la réduction des appréhensions du Québec au rang d’une simple question linguis- L’Ingratitude Ying Ciikn Pour en finir avec-l'amour maternel (/ni l'étouffe, four échapper à l'étau social et au désespoir d'une.vie sans issue, une'jeune fil le s'engage sur ta sen I e voie possible: Interniére.LEMEAC la liiiérriiiiir tl'attjinoll'lnti U O li V f A U PETIT LE ROBERT DICTIONNAIRE DELA LANGUE FRANÇAISE r I 57.95 tique» (page 257).Aussi, il est urgent que le Canada anglais jette aux orties le mythe du multiculturalisme qui n’a servi qu’à noyer le poisson québécois dans la mare canadienne.Il y aurait un intéressant parallèle à établir entre Des comptes à rendre et l'essai de Neil Bissoondath (Selling Illusions.'Hic Cult of Multiculturalism in Canada, 1994) même si celui-ci oppose à ce multiculturalisme, plutôt que le sentiment national, un concept de société basé sur l’individu et les chartes des droits de la personne.A l’opposé du courant de l’historiographie nationaliste dans lequel s’inscrit finalement l’ouvrage de John F.Conway, se situe Entre l’ordre et la liberté, le livre de Gérald Bemier et Daniel Salée, deux professeurs de sciences politiques, l’un à l’Université de Montréal, le second à Concordia.Dans cet «essai interprétatif et résolument révisionniste» est défendue la thèse que, de la Conquête de 1760 à l’Acte d’union de 1840 (époque où s’est dessinée la perspective du Canada d'aujourd’hui), la solidarité sociale ou de classe transcendait les frontières ethniques entre Canadiens français et Canadiens anglais.L’histoire du Québec, du moins pour cette période, gagnerait à être vue par un autre prisme que celui de la question nationale, disent en substance les auteurs, parce que cette question est jusqu’à un certain point une vue rétrospective de l’esprit -mais l’histoire est-elle autre chose?— et qu’elle constitue dans l’historiographie traditionnelle un mécanisme explicatif trop facile.Pour MM.Bernier et Salée, le sentiment nationaliste prend véritablement forme et«produit une impulsion poli- 11,lin L.CONWAY Des comptes à rendre ?lb édltour tique prédominante» (page 238) au tournant du XX' siècle seulement.Plus primordial pour eux est le fait qu’avant le milieu du XIX' siècle, le Québec était une société dominée par des structures économiques précapitalistes et par des rapports sociaux de production à caractère féodal.D’inspiration marxiste (mais sans le point de vue téléologique que cela suppose trop souvent), soumis aux règles d’analyse de l’économie politique, cet ouvrage va à contre-courant d’une certaine orthodoxie historiographique.Ce n’est pas sa moindre qualité.De là à faire de la problématique nationaliste la cinquième roue du carrosse, il y a un pas qui apparaît sans doute un peu vite franchi.JeanSorrbmte LE VOL DE L’AUBE Jean Sorrente Le vol de l'aube Au moment où débute le roman, c’est l’été 1939.Quelques semaines plus tard, la guerre est déclarée.Les trois frères Maintes — pour des raisons familiales — s'engagent dans l'armée allemande.La guerre vue par l'autre bout de la lorgnette.Une écriture toute en nuances.160 p„ 19,95$ Sergio Kokis Negâo et Doralice L'histoire de Negâo et de Doralice, c'est un peu celle d'Orpheo Negro.À Rio, voici qu'un nègre infiniment heureux dans sa peau, grand maître dans l'art de voler les belles autos et dans celui aussi de séduire les femmes, s'éprend — un peu à son insu — de la mignonne Doralice, pute de son métier chez Mme Quinina.Sergio Kokis Negâo et Doralice 216 p., 22,95 S éditeur kaint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Tél.: 514.525.21.70 • Téléc.: 514.525.75.37 it ¦ ud-b Je ne peux pas vivre sans mon dictionnaire ! LAROUSSE GRAND DICTIONNAIRE 1 134.95 $ FRANÇAIS ANGLAIS ANGLAIS FRANÇAIS ir ï)0BiRi EUCa DICTIONNAIRE I l l IU T N É DES NOMS PROPRES I?I.E WM 7.1/ PETIT ROBERT DES NOMS PROPRES llhttrin- ¦ Ginÿmjr/iic - .tri» French-English Anglais-Français MrTCT LE PETIT LAROUSSE 1 L L U S T R É 1996 BB /jT >, * \ •¥ ; • * SA!X% 49.95$ i i*(* ¦i et srf oioue 1 LE ROBERT & COLLINS SENIOR À Montréal 5219, chemin de la Côte-des-Neiges © Côte-des-Neiges (514) 342-1515 5117, avenue du Parc © Laurier (514) 276-7651 1474, rue Peel ® Peel V (514) 287-1011 4301, rue Saint-Denis ® Mont-Royal ‘ (514) 499-3656 ' (je * .** 4Ç % _ ¦ «/ A Toronto | 912, rue Younge ^ * (416) 515-7700 Prix en vigueur jusqu au 31 octobre ou dans la limite des stocks disponibles. I.K I) K V (MK.I.K A M K l> I I II K T D I M A X (' Il K 17 K I* T K M B K K I II II S I) (î IMA' V li ES E S S A I S E T 11 A N (i E 11 S Le manifeste du parti futuriste ami L E S P E T I T S 11 0 N II li II R S Un début à tout ANTOINE K O B I T A I L I.E ?CREATING A NEW CIVILIZATION.THE POLITICS OF THE THIRD WAVE Toffler, Alvin & Heidi, Atlanta, Turner, 1995,112pages.Disponible en français chez Fayard Créer une nouvelle civilisation: la politique de la Troisième Vague Fayard, 162 pages Toute idéologie accouche un jour ou l’autre d’un manifeste.C’est-à-dire d’un livre habituellement court, contenant une pensée suffisamment claire et simple pour être transformée en recommandations concrètes, voire en actions directes.Un texte, aussi, où l’on sépare souvent l’humanité en catégories (habituellement deux) nous permettant de distinguer les croyants des impies.Alors qu’on croyait les idéologies mortes, voilà qu’un manifeste nous rappelle leur pérennité.En effet, Alvin et Heidi Toffler viennent de publier Creating a New Civilization, the Politics of the Third Wave.Non pas que ce court livre soit dénué d’intérêt.L’effort , s des Toffler pour définir le passage de la modernité à la postmodemité (concepts qu’ils récusent au demeurant) comporte des éléments concrets valables.On trouve de l’intérêt, notamment, dans le cœur du propos, soit l’impact sociologique de la révolution de l’information.Les auteurs défendent efficacement la théorie selon laquelle nous entrons dans une société du «savoir» (traduction imparfaite de knowledge).Dans cette «nouvelle ère», la matière première est grise, l’innovation et les «bonnes idées» (commercialisables) font foi de tout.Les cols bleus n’y forment plus la majorité des travailleurs.L’économie a des rapports de plus en plus ténus avec la matière.Ce qui est intangible, information ou service y prendra bientôt toute la place.Ce propos est central à la compréhension de notre monde et les Toffler ont le mérite de l’avoir formulé d’une façon simple et accessible.Mais est-ce un discours vraiment nouveau?Combien d’économistes, de sociologues et d’auteurs de toutes les disciplines ont fait de tels diagnostics?Dommage, la seule originalité des Toffler, c’est la systématisation du propos.Sa transformation en une sorte d’idéologie.(Plutôt rétrograde de la part de penseurs qui se targuent d’avoir les deux pieds dans l’avenir!) Oui, idéologie.Comment appeler autrement une pensée qui prétend à l’explication globale et complète des choses?Qui propose une explication de l’histoire simple et totale et qui insiste pour dire quTiors de cette vision, point de salut?(Newt Gingrich, qui signe la préface, y affirme que c’est «l’incapacité d’appliquer le modèle tofflérien de la troisième vague qui a plongé la politique américaine dans la frustration, le négativisme, le cynisme et le désespoir».) Comment nommer autrement une théorie qui prétend détenir la clé universelle de la logique du social?Une philosophie de l’histoire L’axe principal de la théorie des Toffler consiste en une philosophie de l’histoire.Celle-ci est tout imprégnée (voire prisonnière) de la métaphore des «vagues».Concept au demeurant jamais clairement défini.On comprendra qu’il s’agit grosso modo d’époques historiques comportant leur propre logique.Les Toffler n’hésitent pas à diviser l’histoire du monde en trois vagues, qu’ils distinguent clairement: la premiè-, re, marquée par l’agriculture.La seconde, industrialiste, où les sociétés se massifient.La troisième, actuellement en développement, est celle de la révolution de l’information, caractérisée par la complexification, la formation de réseaux, la «dé-massification».Voilà qui est censé expliquer (les auteurs l’affirment à plusieurs reprises), l’évolution historique dans tous ses aspects: la famille, les relations de travail, les relations Alvih ët Héidi Toffler CRÉER UNE NOUVELLE CIVILISATION : la politique de la Troisième Vague avant-propos de ’ NEWT GINGRICH •, Fayard • • amoureuses, l’ensemble du quotidien, de l’économie, des conflits politiques.La théorie des vagues pourrait même éclaircir les «transformations de nos consciences».(?) L’idée est donc simple: lorsque les technologies changent, les modes de production changent aussi.Les rapports de pouvoirs s’en trouvent transformés et la société est affectée dans tous ses aspects.Le déterminisme économique et matérialiste est direct et total.Ambiguïté fondamentale Au reste, un spectre hante les Toffler: le futur, cœur de leurs préoccupations depuis leur fameux Choc du futur de 1970.Pourtant, dans Creating a New Civilization, comme dans leurs bouquins précédents, il règne autour de cette notion une ambiguïté aussi cruciale qu’agaçante.Ici encore, le lecteur en vient à réclamer des définitions.En effet, qu’est-ce que le futur selon les Toffler?J’ai cru en distinguer deux sens pour le moins contradictoires.Souvent, les Toffler donnent à croire que le futur est un état inéluctable à venir.Aucune volonté humaine ne peut empêcher son avènement.La vague passera, alors «préparerez-vous».Parfois cependant, le futur nous est dépeint comme quelque chose d’éminemment souhaitable.Presque une utopie, qu’il faudrait penser et pour laquelle il faudrait lutter.Car la route vers cet avenir radieux serait bloquée par d’affreux rétrogrades «réfractaires aux changements».En somme, What do the Tofflers want?On ne le sait trop! Je me risque à penser que, pour eux, ce qui sera est ce qui devrait être.Parce que le fritur et les changements sont bons en soi.Que la pelouse est toujours plus verte dans l’avenir.Moyennant, bien sûr, qu’on accueille ce futur sans rechigner, sans condition et avec enthousiasme.Ceux qui y résistent finiront dans les poubelles de l’histoire.Comme les Soviétiques, «entrés en collision fatale avec le futur».Bref, les vagues «tofflériennes» incarnent le changement.Mais elles consistent aussi en une sorte de mode de pensée et de mouvement politique.D’ailleurs, selon les Toffler, chaque vague créerait des êtres humains complètement distincts.Aucun dialogue possible entre un homme de la deuxième vague et un autre, issu de la troisième.Leur logique est différente, leur humanité est incompatible.Bref, j’extrapole et je comprends qu’étant de la troisième vague, rien ne me sert de lire Platon puisqu’il relève de la première! D’ailleurs on trouve, à la fin du livre, une lettre fictive que les Tqffler adressent, prétentieux, aux pères fondateurs des Etats-Unis.A ces derniers, les futurologues lancent, simplistes, que les solutions qu’ils ont conçues furent merveilleuses, à une certaine époque, mais que tout cela est terminé aujourd’hui et qu’il faut que la démocratie devienne semi-directe et électronique! Non seulement le futur hante les Toffler, mais je crois qu’il leur est vraiment monté à la tête.Æf GILLES ARCHAMBAULT ?L'INFLUENCE D’UN LIVRE Philippe Aubert de Gaspé fils, Présentation, chronologie et bibliographie de Claude ljemay.Bibliothèque québécoise, 161 pages A intervalles irréguliers, cette chronique fera place aux rééditions en poche d’œuvres québécoises.Il m’a donc paru normal d’inaugurer cette pratique en traitant d’un roman que l’on considère comme le premier en date de la littérature d’ici.Disons-le tout de suite: il s’agit d’une petite chose assez cursive fortement inspirée par la lecture des romans anglais du XVIII' siècle.Il y a des lourdeurs dans le récit des tribulations de Charles Amand, qu’a bouleversé la fréquentation d’un livre, Le Petit Albert.L’ouvrage en question est centré autour de la recherche de la pierre philosophale.Il appert toutefois que c’est à cau- se de ces gaucheries justement que le roman est attachant.Philippe Aubert de i Jaspé file a à peine 22 ans lorsqu’il rédige son récit.A cet âge on peut avoir des Itvtmvs, ou a ran-ment de la maturité.L'Influence d'un livre est l’œuvre d'un écrivain intelligent qui ne fait pas dans la dentelle.Paru en 1837, année marquée par la rébellion que l’on sait, le roman n’a rien à voir avec le contacte politique de l’époque.Il s’agit bien plutôt d’une intrigue rocambolesque comme on en trouve chez Eugène Sue ou Walter Scott.Chacun des chapitres comprend un élément de suspense, technique pratiquée par les auteurs de feuilletons romanesques du XIX' siècle.Mais comment expliquer que l’on parvienne malgré tout à ne pas trop s’ennuyer à la fréquentation de cette œuvrette?J’avancerais avant tout la jeunesse de l’auteur, dont on n’arrive pas toujours à démêler les intentions.Est-il aussi naïf qu’il paraît ou s’agit-il au contraire d’astuces déguisées?La crédulité excessive de Saint-Amand nous fait sourire.Il y a aussi les hors-d’œuvre assez fréquents dans un récit pourtant bref.Ces apartés à vrai dire ont souvent plus d’intérêt que la trame maîtresse.La réalité est toujours vue à travers le prisme des lectures.Les personnages ont la vérité relative de ceux qui les ont inspirés.Philippe Aubert de Gaspé fils avait beaucoup lu.Il cite en exergue de chaque chapitre des auteurs anglais et français.Ecrivant avec abandon, il ne se prive d’aucune liberté.Il domine son récit.Au dernier chapitre, par exemple, il nous confie: «L’épouse d’Armand, dont nous n’avons fait nulle mention dans le cours de cet ouvrage, parce qu'elle ne prit aucune part aux événements que nous avons décrits, mourut peu de temps après le mariage d’Amélie.» Cette liberté d’allure tranche sur le ton un peu compassé de la plupart des écrits de l’époque.11 est probable que Philippe Aubert Gaspé fils aurait pu devenir un écrivain complet.Sa mort à 27 ans a sans aucun doute privé le Québec d’une voix importante.Et s’il avait vécu dans un autre milieu, il aurait pu donner cours à un talent plus proche de Diderot et de Fielding que des mauvais auteurs catholiques sanctionnés par les autorités ecclésiastiques du temps.Dans son texte de présentation, Claude Lamy fait état d’une réédition révisée de ce roman, pourtant fort chaste, entreprise par l’abbé Casgrain en 1864.L’ecclésiastique voulait que l’on cache les seins, qu’ils soient ou non visibles.11 croyait vraiment à l’influence des livres.Tout juste les voulait-il conformes à l’idée qu’il se faisait du monde.On est loin de la littérature.Mais que penser de ce premier roman québécois?Plutôt du bien.Il faut un début à tout.Hélène Dorion Sur les routes de l’infini BENOIT LACROIX COLLABORATION SPÉCIALE Autrefois c’étaient surtout les philosophes qui s’interrogeaient sur la fînitude humaine.Aujourd’hui et depuis quelques mois, ce sont les poètes, dont Gaston Miron disait déjà qu’ils étaient tous ou presque tous des prophètes.Dans le contexte d’une recherche de sens, clans la mesure et la démesure, et jusque dans le désordre réel ou apparent de la vie quotidienne, s’inscrit un des derniers messages de la poétesse Hélène Dorion, dont on sait qu’elle est une des sages responsables des éditions du Noroît.Ajoutons que YEmpreinte du Bleu vient de lui mériter le prix The Alcuin Society (1995).L Issue, la résonance du désordre — 58 pages aux éditions du Noroît — accorde à la poésie le double rôle philosophique d’une recherche à partager et d’une sagesse à interroger: quelle est cette fragilité partout présente «comme une voix enfin entendue / de ce qui tremble en nous»?Quelle est cette «mémoire qui ne sait plus où se poser?» Que faire quand l’absence elle-même est vide?Pourquoi les choses s’enfuient-elles ainsi?Quel est ce murmure continu du temps qui passe?Qui se souvient où vont nos silences?Et cet horizon qui dure?Fermer les yeux! Oublier! Est-ce possible?Et si même le vide de dieu n’a pas d’écho?Mais par quel chemin neuf imaginer l’infini?D’où vient ce désir entre les espaces intérieurs?Ces murmures du temps qui s’en va?Quels sont ces «trajets d’éternité que nous ignorons»?C’est ainsi que le poète marche à côté de ses souvenirs, un peu comme jadis de Saint-Denys Gameau marchait «à côté d’une joie».Faut-il consentir à jamais à l’obscurité?cultiver nécessairement le blanc en mémoire?Ou risquer de nouveaux départs?Bien sûr, chacun lit la réalité à sa façon; il demeure qu’il n’est pas facile de scruter ainsi l’essentiel de sa vie, sa mémQire, son passé, sa tristesse, ses espoirs, et sans tricher.A l’horizon de ces propos intenses, Hélène Dorion quelques trouées de lumière.Non, ses textes ne sont pas tristes.Au contraire.La manière dont notre auteure interroge la poésie elle-même, ses mots, ses images, voire ses alinéas, fait que le poème s’oriente vers l’inavoué et ainsi, je dirais, «le présent est livré à l’éternité».Ici et là, des issues, des sentiers, la joie à apprivoiser, la beauté qui guérit de ¦ tant d’infortunes, et, qui sait?un visage au bout du couloir.Tout en délicatesses verbales, à voix basse, à pas feutrés, Hélène Dorion s’avance à contre-jour, en lutte contre l’oubli, et jusqu’au bout du silence; elle nous invite poéti- i quement à la méditation essentielle, celle d’un espace infi- 1 ni, «un espace sans espace».w E S T - S E L L E R S RENAUD-BRAY ROMANS QUÉBÉCOIS UN ANGE CORNU AVEC DES AILES DE TÔLE, de Michel Tremblay - éd.Leméac 2.LE COLLECTIONNEUR, de Chrystine Brouillet - éd.La Courte Échelle 3.CHOSES CRUES, de Lise Bissonnette - éd.Boréal 4.LE POIDS DES OMBRES, de Marie Laberge - éd.Boréal «r ESSAIS QUÉBÉCOIS 1.MAMAN LAST CALL, de Nathalie Petrowski - éd.Boréal 2.ET DIEU CRÉA LES FRANÇAIS, de Louis-Bernard Robitaille - éd.RD 3.LES HOMMES VIENNENT DE MARS, LES FEMMES VIENNENT DE VÉNUS, de John Gray - éd.Logiques «r ROMANS ÉTRANGERS I.LE MONDE DE SOPHIE, de Jostein Gaarder - éd.Le Seuil 2.L’ÎLE DES GAUCHERS, de Alexandre Jardin - éd.Gallimard 3.CE QUE VIVENT LES ROSES, de Mary Higgins Clark - éd.Albin Michel 4.L’ALCHIMISTE, de Paulo Coelho - éd.Anne Carrère W ESSAIS ÉTRANGERS 1.LA PROPHÉTIE DES ANDES, de James Redfield - éd.Robert Laffont 2.PETIT TRAITÉ DES GRANDES VERTUS, de André Comte-Sponville - éd.PUF 3.LA TENTATION DE L’INNOCENCE, de P.Bruckner - éd.Grasset W' LIVRE JEUNESSE L CAMILLE LA CHENILLE, de Antoon Krings - éd.Gallimard, coll.Giboulée «r LIVRES PRATIQUES 1.GÎTES DU PASSANT AU QUÉBEC 95-96 - éd.Ulysse 2.PINARDISES, de Daniel Pinard - éd.Boréal 3.GÉNÉALOGIE DES ROIS DE FRANCE, de Claude Weizler - éd.Ouest France w COUP DE COEUR 1.TROP SENSIBLES, de Marie Desplechin - éd.de l'Olivier 5219, chemin de la Côte-des-Neiges 342-1515 4301.rue Saint-Denis 499-3656 5117.avenue du Parc 276-7651 1474.rue PeeI 287-1011 912, rue Younge, Toronto ACHÈTE D ET VEND AU MEILLEUR PRIX CHOIX ET QUALITÉ 7I3 Mont-Royal Est, Mtl Métro Mont-Royal 523-6389 3694 St-Denis, Montréal Métro Sherbrooke 849-1913 t IMPACTS, LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD, ITEMS RARES ET DE COLLECTION Librairie la Ligue des droits et libertés et la librairie Gallimard vous invitent à rencontrer Taslima Nasreen le dimanche 17 septembre 199.5 de 15 heures à 17 heures 3700, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL, H2X 2V4 TÉLÉPHONE : 514,499-2012 FAX : 514.499.1535 E-MAIL : libgalli(®)infobahnos.com Mort à crédit PULP Charles Bukowski, traduit de l’américain par Gérard Guégan, Paris Grasset, 265 pages MARCEL JEAN Il faut se méfier des écrivains qui continuent de publier après leur mort.Souvent, leurs romans ne sont plus que les fantômes de ce qu’ils ont été.Il en va ainsi de Charles Bukowski, dont le dernier opus, Pulp, porte précisément sur un écrivain qui continue de hanter les librairies de Los Angeles alors que tous le croient mort.Cet écrivain, c’est Céline, qui poursuit son voyage au bout de la nuit déguisé en vendeur d’assurances.Le détective privé Nick Belane, l’antihéros du roman, est mandaté par la Grande Faucheuse pour retrouver Céline.A cette enquête s’en grefferont d’autres, qui le mèneront sur la piste d’une poule de luxe, d’une extraterrestre nommée Jeannie Nitro et du mystérieux Moineau écarlate.Toutes ces «affaires» trouveront leur conclusion dans la mort, à la satisfaction de la vaillante Faucheuse.Voyant sans doute sa fin approcher, Bukowski a tenu à livrer dans Pulp une suite de variations sur le thème de la mort On y retrouve l’humour caractéristique de l’auteur, ainsi que sa singulière façon de décrire les tourments de l’existence.Cependant, alors qu’il s’attaque à la littérature de genre pour la première fois (en l’occurrence le polar façon Chandler), Bukowski éprouve une réelle difficulté à construire un récit qui tienne la route.Dans son hommage à la littérature de gare, l’auteur s’égare.Ainsi, Pulp est un livre ban- i cal, dont l’intrigue semble progrès- ; ser par grands coups de pied au derrière.De là à parler d’un roman insatisfaisant parce qu’inachevé, il n’y a : qu’un pas que nous amorcerons en : laissant au lecteur le soin de le com- ; pléter s’il le juge nécessaire.Car, bien entendu, personne ¦> n’avouera que ce livre n’était pas vraiment terminé à la mort de son i auteur.On ne saura probablement i jamais si Bukowski, malade, a été en i mesure de mener son manuscrit à terme.On doit donc s’en tenir au résultat i qui, malgré certains ino- i ments de grâce, n’arrive ) pas à convaincre.Moment de grâce » lorsque, attablés dans un \ débit de boisson, Belane > et Lady Death démasquent Céline en l’amenant à sortir son permis de conduire; après avoir gé-nialement trompé la mort pendant plus de trente ans, Céline sera victime d’un vulgaire pari d’ivrogne.Moment de grâce lorsque Bukowski, indomptable pi; lier de bar, décrit l’atmosphère qui règne dans ces lieux où le temps est suspendu, où la vie ne tient qu’à un t drink et où le glaçon qui fond dans .votre verre vous rappelle pourtant que tout est éphémère.Ces moments, donc, permettent i au meilleur Bukowski de s'exprimer.i Ils permettent à une singulière philosophie de prendre forme, au détriment de toute progression dramatique.Mais l'auteur échoue à doter l’ensemble du texte de la structure qui ferait de Pulp un polar efficace.De sorte que le roman est tiraillé, voire disloqué, entre les nécessités du genre et les digressions qui font d’habitude la qualité de l’écriture romanesque du vieux Buk.Bukowski a tenu à livrer dans Pulp une suite de variations sur le thème de la mort 4 I A M K I) I I 11 K T l> I M A N (' Il K 17 K I* T K M l< It K I II II .1 |.K II fri V II I H .I.K S S I) 7 Une moisson d’albums québécois Mystère et **¦ boule de poil ! Zéro les 'ms Le grand voyage de Marco et de son chien Pistache Texte de Sylvain Trudel • Illustre par Caroline Mrrola couru échelle tJtfukctu , 's La petite fille qui détestait l’heure du dodo Tend* (Je Mtirie-Fwncinf llrhrri • Illustre par Marioul Sarrasin mwm 01 ROGER PARÉ Ütilraekrois LAROUSSE « D I* C î I O N N A I R A N Ç A I Si A N f, V A.V C L A I S LAROUSSE DICTIONNAIRE GÉNÉRAL FRANÇAIS ESPAGNOL LE PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 1996 EN COULEURS LA GARANTIE DU MEILLEUR PRIX Si un concurrent annonce un livre à un prix moindre Le Parchemin réduira ce prix de 5%* = le Parchemin = RÉDUCTION SUR TOUS NOS LIVRES À L’ANNÉE Prix en vigueur jusqu'au 24 septembre 1995.À l’intérieur de la station de métro El Berri-UQAM ta: 845-5243 .* Sur présentation d'une preuve lors de l’achat - Livres en librairie - Détails en magasin Prix ord.72,95 $ Prix, ord.: 44,95 $ Prix ord.: 64,95 $ Prix, ord.: 49." $ ESPAGNOL FRANÇAIS Lia et les sorcières a Mssr MYSTÈRE ET BOULE DE POILI Jean-Pierre Guillet Illustrations: Bruno Saint-Aubin Héritage jeunesse Collection libellule Que se passe-t-il à l’école Saint-Iiuzèbe?Mystère et boule de poil! Explosion de farine, poursuite d’animaux, branle-bas à la bibliothèque.Ça rigole ferme à l’école! Pourtant, tout devient plus inquiétant quand le concierge aux gros muscles et la directrice aux allures de sorcière d’en mêlent.Liette mène son enquête.LIA ET LES SORCIÈRES Danielle Simard Illustrations: Philippe Bélia Héritage jeunesse Collection libellule Lia est une petite fée.Elle vit au royaume de Saugrenu avec les lutins, les ogres, les fées et les sorcières.Lia a déjà rencontré un humain et elle a bien ri quand il lui a parlé de.baguettes magiques! Comme tous les Saugrenusiens, Lia ignore que les fées et les sorcières d’autrefois faisaient de la magie.Mais, voilà qu’un livre caché depuis mille ans est découvert au fond d’une cave.Un livre de recettes magiques.Pour sorcières seulement.FLAMBÉE D’ESCROCS Marion Crook Illustrations: Stéphane Jorisch j .,, Héritage jeunesse, Collection alli-bi Après leur aventure dans Filon d’or pour un filou, voici que Megan et Ricky, inséparables, se retrouvent sur le grand fleuve Fraser.Pour eux, les vacances d’été commencent.Quel plaisir de monter sur le puissant remorqueur d’oncle Bob ¦tu et de l’aider à manœuvrer des cargos •e • immenses, ces édifices flottants i construits pour la mer.La partie Ile .plaisir, découvriront les jeunes lec-teurs, se transformera rapidement t - en tourmente.Une flambée d’es-; i crocs s’acharnera sur l’oncle Bob.Gisèle Desroches Plaisirs de vacances û fcügwfeistelfe les samedis ffrus de Mille-Feuilles un concours LE DEVOIR/ M Au camping, deux sauterelles Zéro les ados Texte : Lucie Bergeron Illustrations : Dominique Jolin Martin est fou de joie.Le voilà rendu au camping pour des vacances en famille! Au programme, des jours et des jours de jeux palpitants, d’excursions périlleuses, de rires sans fin.Avec pour seul compagnon, son grand frère Antoine.Mais soudain l’orage éclate.Son frère ne veut plus jouer avec lui et même l’abandonne : Antoine est amoureux.Martin se fâche, s'emporte, mais ne se laisse pas abattre.Personne n’a le droit de lui voler son grand frère ! Aidé de son fidèle assistant, son chien Torchon, il se lance avec fougue / dans une nouvelle opération secrète.Attention, campeurs et campeuses, l'agent Martin est de retour avec son Zéro les ados'.Poste ta réponse avant le 8 octobre 1995 et cours la chance de gagner un des dix exemplaires de Zéro les ados, de la collection Libellule.Inscris ton nom, ton âge, ton adresse complète et le numéro du jeu.Les dix gagnants seront choisis au hasard parmi les bonnes réponses, le 12 octobre 1995 à midi.Les règlements détaillés du concours sont disponibles au siège social des éditions Héritage.Les Éditions Héritage inc.Concours I.K DEVOIR/éditions Héritage 300, rue Arran, Saint-Lambert (Québec) J4R1K5 s’amusent à faire une course sur les roches.• La sauterelle numéro 1 fait des bonds de 3 roches et chaque bond prend 2,7 secondes.• La sauterelle numéro 2 avance par bond de 2 roches et chaque bond dure 1,5 secondes.Laquelle arrivera en premier sur la 12e roche?G IS K I.E DESK O C II K S La fin de l'été a amené sa moisson d’albums québécois.Dans la corne d'abondance, on retrouve, entre autres, une toute nouvelle collection aux éditions La courte échelle, Il était une fois, dont la venue constitue une réponse intelligente aux contraintes de production d’un secteur en difficulté.Format habituel (24 pages) à couverture molle (8’ 1/2X8’ 1/2), la collection présente des récits consistants jumelés à des illustrations pleine page soignées, offerts à des prix avantageux: 4,95 $.La petite fille qui détestait l’heure du dodo nous entraîne dans une amusante fantaisie de moutons à démêler et de loup à affronter.D’une part, l’imaginaire de l’enfant, laissée à elle-même à l’heure du coucher et, d’autre part, les exhortations à dormir des parents provenant de la chambre voisine, se répondent et s’influencent mutuellement en donnant lieu à des interprétations suaves et inattendues.«Tu ne dors pas encore, mon gros loup?» provoquera ainsi la panique des moutons que la fillette tente vainement d'aligner dans le but de les compter.Ce conte charmant constitue une invitation sans pareil au sommeil et aux rêves doux.Le Grand Voyage de Marco et de son chien Pistache est l’aventure fantaisiste et surprenante d’un petit garçon qui faisait tout ce qu’on lui disait, prenant au pied de la lettre les injonctions les plus folles telles que: «Va donc faire un tour aux îles Mouk-Mouk!».Une fugue en barque se solde par un naufrage et la rencontre d’un énorme poisson orange qui présente à Marco, pour le rassurer, sa carte de Président des Gentils Poissons.Une montgolfière et un vaisseau fantôme plus tard, Marco échoue sur une île et, désemparé, se rend aux conseils de son chien qui se révèle plus sage que lui.Les couleurs et les perspectives saisissantes des illustrations contribuent grandement au plaisir de cette randonnée fantastique.A propos de plaisir, voici que Roger Paré nous offre son 7e album de la série Plaisirs: C’est le retour de Souris-Lili et de Souris-Mimi qui rêvent, devant la mappemonde, de voler comme des oiseaux.Photos souvenir de la jungle ou visite sur la lune à dos de chat, l’envolée merveilleuse progresse à coup de rimes et d’illustrations tendrement fantaisistes.Le titre retenu, Plaisirs de vacances, laisse cependant perplexe, car il n’y est question ni de baignade ni de flâneries (thème déjà traité dans Plaisirs d’été), mais plutôt de plaisirs de voyages.Des éditions du Raton laveur, nous proviennent deux albums fort réussis.Le premier, Myope comme une taupe, a été réalisé par Roxane Paradis d’après une idée amusante de Michel Lupens.On y rencontre une vingtaine d’illustrations humoristiques d’expressions courantes concernant un animal.«Rusé comme un renard» ou malin comme un singe» reçoivent une interprétation réjouissante et inoubliable.Et la finale, qu’elle vous laisse «muet comme une carpe» ou «bavard comme une pie», ne saurait rater son effet, Le second album, Au lit, princesse Emilie!, nous présente un conte enlevé et drôle de Pierrette Dubé auquel la forme rimée donne un rythme et un éclat soutenu.Chaque fois que l’heure du couçher lui est signifiée, la princesse Emilie mçt le château sans dessus dessous.A la course, elle s’enfuit, traversant une salle après l’autre, entraînant à ses frousses roi, reine, chevaliers, armuriers affolés qui tentent de l’arrêter.Les illustrations galopantes et légères de Yayo rendent délicieusement le loufoque des situations.Soulignons également la naissance magistrale de la collection Bilbo-diet légendes (Aux 400 coups) avec la réédition d'un texte de Robert Soulières, Ix Baiser maléfique, revu, corrigé, doté d’un glossaire et illustré par nul autre que Stéphane Jori-seh.1-a contribution indéniable des nouvelles illustrations à cette légende gaspesienne édifiante de jeune fille séduite par le diable lors d’une veillée du Mardi Gras, ainsi que la qualité générale de l’édition (couverture cartonnée, grand format, papier) promettent à cet album une autre décennie de succès.Mentionnons enfin le magnifique album documentaire Montréal d'est en ouest qui consacre le parti pris des éditions U-s 4(K> coups pour la qualité.Chaque quartier ou pôle d’attraction de Montréal est présenté de façon dynamique dans un langage directement adressé au jeune lecteur.Des notions d’histoire, de sociologie, d’économie, d’architecture, sont servies sans douleur dans un texte substantiel contenant même à l’occasion des éléments de biographies de quelques personnages célèbres.Cependant, l’attrait premier de l’ouvrage réside dans les remarquables illustrations de Doris Barette, qui, avec un souci du détail, des perspectives recherchées et une touche d'humour bon enfant, a su rendre attrayante l’âme de la métropole.A découvrir! PAS question OAPPRtNORE SANS MES LA PETITE FUIE OU! DÉTESTAIT L’HEURE DU DODO Texte de Marie-Francine Hébert illustrations de Marisol Sarrazin, Im courte échelle, coll.Il était une fois 1995,24 pages (de 3 à S ans) IE GRAND VOYAGE DE HARCO ET DE SON CHIEN PISTACHE Texte de Sylvain Trudel, illustrations de Caroline Mérola, lui courte échelle, toll.Il était une fois, 1995 24 pages (de 3 à 8 ans) PLAISIRS DE VACANCES Texte et illustrations de Roger Paré Im courte échelle, coll.Plaisirs, 1995 24 pages, (de 2 à 6 ans) AU UT.PRINCESSE ÉMIIIEI Texte de Pierrette Dubé, illustrations de Yayo, Raton laveur, 1995 24 pages (de 3 à 8 ans) MYOPE COMME UNE TAUPE Conception de Michel Lupens, illustrations de Roxanne Paradis, Raton laveur, 1995,24 pages (de 3à8 ans) LE BAISER MALÉFIQUE Adaptation de Robert Soulières, illustrations de Stéphane Jorisch, Ixs 400 coups, 1995, coll.Billocliet, 32 pages (de 5 à 10 ans) MONTRÉAL D'EST EN OUEST Texte de Marie-Josée Cardinal, illustrations de Doris Barette, Ixs 400 coups, 1995,52 pages (de 6 à 12 ans) et i»T'B ANS des romans ponRt en coUleur?CarrouselMin .Le sixième arrêt .le petit avion jaune# ¦Coco^séec'oco*3 .Mandarine« #5 #6 #7 -Dans le ventre du temps Le plus pt°che .D'une mère a voisin autre .Tantan ouragan #8 EN .Hénitaqe jeunçAÀ pr 300, rue Arran Tél.: (514) 875-0327 St-Lambert, Qc Fax: (514) 672-1481 J4R IK5 (64 pages! fais ta grande! Carrousel Petits ^ ^ .Un micro .Gertrude est super QUAND IL S’AGIT DE DICTIONNAIRES, CELUI QUI A TOUJOURS LE DERNIER MOT ! O U V 1 U! |> M I I LE ROBERT D I C I I O N N A I R I I) I l A I A N C, U I I K A N (,.A I S I m L'ÉVÉNEMENT ! LE NOUVEAU PETIT ROBERT LE ROBERT & COLLINS SENIOR 1 I I V I) 8 1.K I) K V OIK.1.K S S A M K I) 1 1 (1 K T 1) 1 M A N ( : il K l 7 S K I1 T U M 11 II E 1 Il II 5 I I I ¥ 1 D 1 G» C 1 L 1 1 V 1 Il 1 U L \ W COLLECTION U VERTE DE C Alain Borgognon LE CANCER ENTRE t ET L’ESPOIR SRC ÉDItlONS PIERRE TISSEYRE Charles Tisseyre lance une collection d’ouvrages scientifiques LOUISE LEDUC LE DEVOIR Les Américains, forts de leur conquête de la Lune, s’étaient juré de vaincre le cancer avant le tournant du siècle.Cinquante milliards de dollars plus tard, la cellule se rit toujours des chercheurs.«En Amérique du Nord, une personne sur trois est agressée par un cancer durant sa vie», lit-on dans Le Cancer, premier ouvrage d’une nouvelle collection scientifique que lancent conjointement les Editions Pierre Tisseyre et la SRC.Rencontrés de bon matin, Alain Bordognon, l’auteur du dossier qui a précédé le livre, et Charles Tisseyre, tous deux journalistes à Radio-Canada, vantaient sans retenue les mérites de leur «bébé».«Aucun livre de cette qualité, avec photographies quatre couleurs et papier glacé ne se vend pour aussi peu que 16,95 $», de lancer Charles Tisseyre.Et Alain Borgognon d’enchaîner: «L’information contenue dans Le Cancer est vraiment à jour et vérifiée par des sommités mondiales.» Devant l’enthousiasme des deux premiers journalistes, la troisième a vite été confinée à l’écoute active.Pas que ces messieurs, l’un issu d’une des familles les plus illustres du Québec littéraire et journalistique et l’autre, d’une politesse toute suisse, ne soient pédants.Ils sont plutôt simplement fiers de leur œuvre.Pour le lancement de la collection Découvertes, Charles Tisseyre a voulu mettre la main à la pâte.«Avant, je n’avais qu’une notion abstraite de ce que c’était que de faire un livre.» Pour le journaliste que le destin a aussi voulu éditeur à la mort tragique de son frère François, le successeur pressenti des éditions Pierre Tisseyre, la glace est rompue.Si le choix éditorial relevait entièrement de M.Borgognon dont les reportages sur le cancer avaient été portés à la télévision de Radio-Canada, toute la conception et le choix des photographies ont été laissés à M.Tisseyre.Chose étonnante, presque toutes ont été reproduites à partir des reportages télévisés mêmes, avec un résultat étonnant dans ces conditions mais néanmoins beaucoup moins heureux (mais tellement plus cher, fait remarquer Pierre Tisseyre) que si un photographe professionnel avait été approché.Surtout, Le Cancer relate un échec.«Au début, on cherchait un médicament miracle, puis un vaccin miracle.Maintenant, l’espoir se transpose sur la thérapie génique.De solution toute simple, il n’y en a pas parce que la lutte contre le can- cer, c’est 1000 petites choses», observe M.Borgognon.En clair, en se protégeant contre les effets néfastes du soleil, en se nourrissant adéquatement et en écrasant sa cigarette, c’est un cancer sur deux qui pourrait être évité.Là-dessus, M.Borgognon ne mâche pas ses mots.Il rappelle que longtemps, la guérison n’a pas été considérée comme rentable, la médecine étant aussi une affaire de gros sous.«Sur 5 $, un dollar sert à la prévention et quatre, à soigner.» Autre question délicate, posée en parallèle avec un émouvant chapitre sur les enfants: un médecin déploiera-t-il les mêmes efforts à sauver une personne âgée qu’un jeune de 10 ou 15 ans?«Une chose est sûre: un enfant soigné par protocole, dans un hôpital ultra-spécialisé comme Sainte-Justine, aura plus de chances de s’en tirer qu’un adulte de Rouyn.» Au fil de ses recherches, M.Borgognon a rencontré de grands chercheurs québécois à la réputation internationale, parmi lesquels des modèles de dévouement.«Le docteur Jocelyn Demers, de Sainte-Justine, a par exemple fait venir un spécialiste européen et a lui-même défrayé les coûts de son séjour de trois mois à Montréal.» Le Cancer, c’est donc beaucoup de témoignages de patients, de médecins, réunis dans un ouvrage très bien vulgarisé, au style journalistique vivant.Un lointain cousin, pourrait-on dire, d’un Que sais-je?, en plus vivant et en mieux présenté.Pour le reste, le style est tout à fait journalistique, avec glossaire et encadrés explicatifs.Depuis les préoccupations médicales jusqu’aux questions éthiques, en passant par les traitements — thérapie génique, chimiothérapie, Alain Bordognon ratisse large, au risque de passer un peu vite sur certains sujets (notamment sur les dangers de la cigarette.des autres).En lançant cette collection, Charles Tisseyre dit prendre un énorme risque, le seuil de rentabilité étant atteint au 5700' exemplaire, mais calculé, malgré le petit bassin de population que représente le Québec.«De toute manière, le risque est inhérent au métier d’éditeur.Il faut que chaque auteur qui envoie son manuscrit ait sa chance.Si un auteur a le droit d’exister, il faut le publier, même s’il ne connaît de véritable succès qu’à son quatrième ou cinquième titre.» A écouter parler Charles Tiseyre, il semble que la destinée de la maison Tisseyre est entre de bonnes mains, guidées par un feu sacré sans doute héréditaire.Le nationalisme, c’est la guerre JOCELYN COULON LE DEVOIR VOYAGE AU BOUT DE IA NATION Jean Daniel Éditions du Seuil, 1995,194 pages LE DÉCHIREMENT DES NATIONS Spus la direction de Jacques Rupnik Editions du Seuil, 1995,286 pages LA MULTINATION L'AVENIR DES MINORITÉS EN EUROPE CENTRALE El ORIENTALE , Stéphane Pierré-Caps Éditions Odile Jacob, 1995 337pages HISTOIRE DES PEUPLES D'EUROPE CENTRALE Georges Castellan Éditions Fayard, 1994,528 pages L'EUROPE CENTRALE ET BALKANIQUE Sous la direction de Philippe Lemarchand Éditions Complexe, 1995,287pages Au tout début de l’année, François Mitterrand, encore président de la république française, a livré devant le Parlement européen son testament politique et sa vision de l’Europe, A quelques mois de son départ de l’Elysée, il n’a pas fait dans la dentelle en parlant de la résurgence des nationalismes qui menace la construction européenne.Il a clairement exprimé son choix «pour une Europe des nations, contre celle des nationalismes» et il a averti les députés que «le nationalisme, c’est la guerre».En bon connaisseur de l’histoire, Mitterrand avait à l’esprit les éternelles divisions entre pays européens qui ont toujours ensanglanté le continent jusqu’au milieu du siècle.Il avait aussi les yeux rivés sur l’Allemagne, la nouvelle superpuissance européenne, qui, laissée à elle-même, pourrait redevenir dangereuse.Selon Mitterrand, c’est dans une Europe unie, sinon unifiée, que ses citoyens pourront éviter de céder aux dérives politiques et ethniques d’antan.Mais le nationalisme, est-ce vraiment la guerre?Oui, répond aussi le directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, dans un petit essai de souvenirs et de réflexions sur les leçons qu’il tire des convulsions de ce siècle.Pour Jean Daniel, le nationa- lisme semble être un brouet de ressentiments qui mène droit au conflit.«Contrairement à la formule fameuse, écrit-il, ce n’est pas le capitalisme, c’est le nationalisme qui porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage».Le journaliste français aimerait bien que la nation se debarrasse du nationalisme.Mais comment faire?D’abord en rappelant une idée bien gaullienne que «le territoire, le peuple, la race, l’ethnie, la religion et la langue ne suffisent pas à faire une nation».Ensuite, en y ajoutant ce que Ernest Renan décrivait comme le «vouloir vivre ensemble» qui va au-delà des différences et qui est porteur de véritables projets.Mitterrand et Daniel élargissent à l’Europe entière cette espérance de «vouloir vivre ensemble».Pas nécessairement un cortège de malheur Le discours de Mitterrand et les réflexions de Daniel témoignent avant tout de l’expérience européenne et des conflits nés de la décomposition de l’Union soviétique et de la Yougoslavie.En cette période troublée de fin de siècle, l’image très négative du nationalisme semble trouver sa source dans ces soubresauts sanglants.Pourtant, le réveil des nationalismes ne conduit pas nécessairement à un cortège de malheurs.Dans Le Déchirement des nations, Jacques Rupnik et ses collaborateurs soulignent que les expériences nationalistes sont aussi diverses que les pays touchés.Ainsi, Rupnik écrit que «malgré les nombreux parallèles ou les phénomènes de contagion, il faut pourtant avancer avec prudence avant de mettre sous la même étiquette de réveil des nationalismes ou de déchirement des nations des manifestations aussi variées et parfois contradictoires».Les onze textes réunis dans cet ouvrage sont à l’image de ce qu’explique Rupnik.La barbarie des nationalismes issues de l’ex-Yougoslavie et la dérive ethnique du nationalisme indien sont contrebalancées par le divorce de velours des nations de la Tchécoslovaquie ou par la prudente démarche indépendantiste des nationalistes québécois.Sur le Québec, d’ailleurs, Michael Ignatieff signe un texte tout en subtilités.Pour lui, le «nationalisme québécois n’est pas un nationalisme ethnique à proprement parler, mais il constitue, fondamentalement une revendication de domi- nation par la majorité ethnique».Ce qui n’empêche pas ce nationalisme d’avoir perdu son caractère revanchard.«Ix* nationalisme du Québec est en train de cesser d’être un nationalisme du ressentiment pour se transformer rapidement en nationalisme d’affirmation de soi, écrit-il.Son moteur n’est plus le souvenir ou le mythe de l’injustice passée; c’est le sentiment de la puissance et de l’accomplissement.» Il faut cependant espérer que ce nationalisme ne dérive pas et s’assurer, comme l’écrit Jean Daniel, «qu’il ne s’agit pas d’inverser une domination, de se transformer en bourreau parce qu’on a été victime, de s’affirmer aux dépens du voisin».Malheureusement, le processus qui transforme la victime en bourreau est bien une réalité en Europe centrale et orientale.Le nationalisme le plus rétrograde enflamme des pays entiers au nom de la pureté de la nation au sein d’un nouvel Etat.Stéphane Pierré-Caps se demande dans La Multination ce que les peuples d’Europe de l’Est pourraient faire pour éviter le nettoyage ethnique et réapprendre à vouloir vivre ensemble.Une qutre façon de vivre l’État et la nation Puisqu’aucun des pays d’Europe centrale et orientale n’est vraiment homogène, l’auteur cpnstate que l’unité politique de l’État ne peut plus se confondre avec l’unité nationale.Il suggère alors une autre façon de vivre l’État et la nation.«Cette manière d’être s’incarne dans l’idée de multination, en ce qu’elle figure une société politique composée de plusieurs communautés nationales, mais unies par la volonté de partager un destin commun.» On semble toujours revenir à Ernest Renan.Un mot encore.Pour mieux comprendre les études de Rupnik, Pierré-Caps et leurs collaborateurs, il faut absolument lire les ouvrages de Georges Castellan et de Philippe Lemarchand.Historien méticuleux, quoique un peu aride, Castellan brosse un superbe tableau des peuples de l’Europe centrale qui ont partagé tous les grands moments de l’aventure européenne depuis plus de mille ans.Le bouquin de Lemarchand est un bel atlas d’histoire politique qui complète merveilleusement le savant exposé de Castellan.Un État réduit au profit de UN ÉTAT RÉDUIT! A DOWN-SIZED STATE! Sous la direction de Robert Bemier et James lain Gow Presses de l’Université du Québec 580 pages, 45 $ GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L> État est mal en point.Quoi qu’il i dise, quoi qu’il fasse, il est discrédité et ne cesse d’avoir mauvaise presse.Les interrogations fusent de partout, sans que les réponses soient concluantes ou péremptoires.Pour les lecteurs qui s’intéressent à ces graves questions, même en été, voici quelques réflexions disparates, tirées de trois sources différentes., Un État réduit?se sont demandé plus de 20 universitaires, en examinant de près un certain nombre de dossiers de la dernière décennie, qui ont probablement continué à évoluer dans le sens de la réduction depuis lors.«Québec inc.: la dérive d’un modèle?» Tel est le titre, aussi en point d’interrogation, du chapitre de Yves Bélanger, dans, un autre collectif récent (Québec: État et société, sous la direction d’Alain-G.Gagnon chez Québec/Amérique),.Révolutionner l’État.Est-ce possible?Tel était, enfin, le titre du colloque tenu récemment par le Conseil de la santé et du bien-être, qui vient de rendre publics les textes des conférenciers.L’État a-t-il vraiment été réduit?Oui, répond sans ambages le professeur Ajidré Blais, de l’Université de Montréal, au terme des études présentées, en français et en anglais, dans le collectif Un État réduit?, sous la direction des professeurs Robert Bernier, de l’ENAP, et James lain Gow, de l’Université de Montréal.Pour l’essentiel, selon M.Blais, les informations dont nous disposons confirment qu’il y a vraiment eu réduction de l’État, pour ce qui est des quatre indicateurs usuels: budget, réglementation, entreprises publiques, emploi.Ainsi, en matière budgétaire, le processus de croissance de l’État est terminé; le choix est maintenant entre le statu quo ou la réduction.Depuis le colloque de 1992, la tendance se confirme selon laquelle l’Etat, affaibli, est contraint d’imposer plus de taxes tout en dépensant moins.En matière réglementaire, les contraintes se sont assouplies dans plusieurs secteurs: les institutions financières (l'inspecteur général, Jean-Marie Bouchard y consacre un chapitre), les communications, l’énergie, par exemple.Dans d’autres, il est bien possible que la réglementation se soit au contraire renforcée, notamment en environnement.«La tendance globale est aux coupures, mais il y a des exceptions, et les dépenses sont à la hausse dans certains secteurs comme celui de l’environnement.On a de bonnes raisons de croire qu’il en est de même pour la réglementation.Malgré certaines exceptions, la tendance dominante est à la réduction du rôle de l’État.» Les données sur les entreprises publiques sont encore plus claires quant à la réduction de cet instrument d’intervention gouvernementale.C’est dans ce seejeur que le désengagement de l’État a été le plus marqué au fédéral.La tendance n’est guère différente au Québec, comme le montre Luc Bernier, de l’ENAP.La tendance est la même pour le dernier indicateur, l’emploi.Les données de Carolle Simard, de l’UQAM, indiquent que, depuis 1985, il y a eu réduction des effectifs dans la fonction publique fédérale.Les chiffres présentés par lain Gow signalent plutôt un plafonnement dans le cas du Québec; en termes relatifs, cepen- dant, c’est-à-dire en proportion de l’emploi total, il ne fait aucun doute qu’il y a déclin.Ici aussi, l’hypothèse de l’Etat réduit se trouve confirmée.Des États réduits Le prof Blais conclut donc, de toutes ces données convergentes, que l’Etat, tant canadien que québécois, a été réduit.«Certes, cette ré-ductipn est bien relative; la présence de l’Etat demeure considérable.Il y a également des contre-tendances, des secteurs où l’intervention s’est au contraire accrue.Cela ne doit cependant pas nous faire perdre de vue la tendance dominante, qui e$t celle d’un déclin de la place de l’État au profit du marché.» Ces conclusions sont, évidemment, contestées par d’autres experts et chercheurs, y compris dans ce même collectif; pour plusieurs, quelques petits changements ici et là n’affectent p^s la tendance fondamentale de l’Etat à augmenter la réglementation, par exemple au sujet de la sexualité (sida), le sport (enquête du juge Dubin), même en matière de langue (la loi 178 au Québec).Ce qui incite d’ailleurs Leslie A.Pal à conclure quç le débat relatif à la réduction de l’État est un faux débat, et que les États-providence modernes, stables, ne croissent ou ne diminuent pas autant qu’ils réalignent, reconfigurent et, à l’occasion, se transforment et se métamorphosent.Dévaluation et l’analyse des efforts de l’Etat pour s’adapter aux nouveaux contextes n’est donc pas facile.Aussi, la contribution de ce collectif est remarquable et devrait être poursuivie et enrichie par des recherches subséquentes.D’autre part, dans son chapitre «Québec inc.; la dérive d’un modèle» (in Québec: État et société), le professeur Yves Bélanger, de l’UQAM, signale qu’en voulant à tout prix créer sa propre économie, le Québec a xyijEAN ** ' DANIEL Voyage au bout de la nation LE DÉCHIREMENT DES NATIONS ;tion do tous la di JACQUES RUPNIK STÉPHANE PIERRÉ-CAPS LA MULTINATION L'AVENIR DES MINORITÉS EN EUROPE CENTRALE ET ORIENTALE bciCKet humaine» /EDinOHi \ 'ooueiAccm qui?dans une certaine mesure laissé l’arrivisme, l’opportunisme et une certaine médiocrité prendre le contrôle de l’économie.A au moins deux reprises au cours des trois dernières décennies, soit au début des années 1960 et lors du retour de Robert Bourassa en 1985, l’entreprise privée québécoise ; a eu l’occasion d’exercer son leadership.Dans les deux cas, ce fut un : échec.Ce sont encore les institutions de propriété communautaire 1 (Fonds de, solidarité, Desjardins, sociétés d’État) qui ont fourni les meilleurs outils de développement et qui, par leur engagement dans le soutien de l’emploi, ont le plus aidé à la lutte contre le chômage.Avec pertinence, note le chercheur, la gestion récente des affaires publiques démontre que le renoncement de l’État n’a en rien aidé à l’avancement de la cause économique des Québécois.Et remarque M.Bélanger, il n’est pas évident qu’on parviendra à améliorer la situation, par exemple, en poussant plus loin l’expérience des privatisations.M.Bélanger conclut ainsi.«Québec inc.ne semble aller nulle part présentement parce qu’on a abandonné les efforts visant la formulation d’une vision.Il faut donc résister aux modes, à la démagogie anti-éta-.liste et, pour retrouver le sens perdu des intérêts de la communauté qué- ’ bécoise, revenir à un point d’équilibre qui permettra de tirer le meilleur du dynamisme, de la capacité d’adaptation et du potentiel de création d’emploi de l’entreprise privée, tout en préservant la capacité de l’État non seulement de rédiger des rapports et de faire exécuter des études, mais de planifier et d’orienter le dévelqppement économique.» Refaire l’État, est-ce possible?Ixt question est là, lourde.Une seconde révolution tranquille, qui viendrait non pas détruire, mais compléter la première?1 nouveau service de boîtes vocales ES PETITS PLAISIRS Annoncez gratuitement (514) 985-2507 POUR PLACER UNE ANNONCE GRATUITE.il suffit de prendre une boite vocale gratuite et d’enregistrer votre annonce.1‘ Composez le (514) 985-2507, avec un téléphone à tonalités 2' Ecoutez les instructions, vous recevez un numéro de membre et un code d’accès 3' Enregistrez votre annonce vocale POUR RÉPONDRE AUX ANNONCES • Notez le numéro de l’annonce • Composez le 1-900451-6528 Des frais de 2,18$ la minute seront portés à votre compte de téléphone POUR RÉCUPÉRER VOS MESSAGES • Composez le 1-900451-6528 • Entrez votre numéro de membre suivi du code d'accès Des frais de 2,18$ b minute seront portés à votre compte de téléphone POUR SAVOIR GRATUITEMENT SI VOUS AVEZ DES MESSAGES • Composez le 985-2507 • Entrez votre numéro de membre suivi de votre code d’accès.I K i 17651792 0017 I.K |) K V ill |{ .|.K S S A M KOI I ti K T I» I M A .N (' Il K 17 K I- T K M H It K I II II .1 ?ARTS VISUELS Goya et Part coup de poing Le Metropolitan Museum consacre une exposition époustouflante au maître espagnol MAURICE TO II K IG N Y CORRESPONDANT DU DEVOIR A NEW YORK Le coup d’envoi est donné! Après l’été au ralenti ou presque figé, voilà que New York retourne à ses bonnes habitudes: abondance, excès et rapidité.Ix* Metropolitan Museum emboîte le pas avec une immense exposition consacrée à l’œuvre de Francisco de Goya (1746-1828); 350 dessins, peintures et gravures pris à même la collection du musée illustrent les divers tons, les essais et les ratés du maître espagnol.11 ne faut pas s’attendre à y trouver les grands chefs-d’œuvre de Goya des musées d’Europe, puisqu’il s’agit d’une exposition de la collection du Met; donc peu de peintures, beaucoup de gravures et de lavis.Le Met a aussi décidé de débattre la question de l'authenticité de ses Majas au balcon; une salle entière est réservée à des panneaux explicatifs expliquant le pour et le contre de l’attribution de la fameuse toile à Goya.la salle contient aussi une autre version de ce même tableau, celui-ci dont la «paternité» n’a jamais été contestée.Une salle de portraits mêlant de vrais Goya et des œuvres signées par ses imitateurs et ceux qu’on croit être des membres de son atelier, bien qu’on ne possède pas de preuves que Goya ait maintenu un cercle de collaborateurs.Tout cela est bien intéressant et prouve clairement que les petites guerres entre les musées font partie du monde de l’histoire de l’art.Mais l’essentiel de l’exposition se situe ailleurs.Si les peintures de commande de Goya, devenu peintre officiel du roi d’Espagne en 1786, marquent un moment important de l’art de leur siècle, c’est plutôt dans ses dessins et gravures que Goya a exprimé sa vision artistique.Et là, le Met nous gâte! Dénoncer l’oppression Dès la première salle, le Met choisit une série de gravures des années 1778-1780.La plupart sont des portraits élégants, dans la tradition de l’époque, et des eaux-fortes inspirées de Vélasquez.Et soudainement, au bout d’une vingtaine d’œuvres, El agarrotado ou Le garrotté, une gravure qui, malgré la jeune trentaine de l’artiste, fait preuve d’une maturité extraordinaire et qui rompt avec son style précédent et même avec l’art de son PHOTO METROPOLITAN MUSEUM OF ART God Save Us from Such a Bitter Fate, de l’Espagnol Francisco de Goya.PHOTO METROPOLITAN MUSEUM OP AK I No se puede tuirar (One Can’t Look), de la série Les Désastres de la guerre, de Francisco de Goya.temps.Le Garrotté nous montre un prisonnier ligoté à une chaise, dans une attitude de souffrance, tenant un crucifix dans ses mains.L’œuvre semble être la première incursion de Goya dans le monde sombre de la douleur, de la torture et de la guerre et devient ainsi une gravure annonçant les grandes séries qui suivront et que le Met offre au fil de ses salles.Le musée expose les albums de dessins de Goya de la toute fin du XVIII1' siècle.Le cahier dit de Madrid contient des dessins d’inspirations diverses.Les allégories sont nombreuses, «la générosité et la mesquinerie», «l’humilité et la fierté», et côtoient les sujets au ton décidément réaliste.Goya s’intéresse à une foule de sujets; il dessine avec humour les ivrognes et les scènes de fête, les enfants au jeu et les musiciens.Il ne recule pas devant les scènes les plus sordides; dans sa série Los Caprichos, 80 eaux-fortes, un des clous de la collection, il s’arrête à la misère hu- maine et à ses manifestations: La Chasse aux dents, par exemple, nous montre une femme dégoûtée par son propre geste de voler les dentiers d’un pendu.Los Caprichos date de 1799 et contient des images qui tiennent du surréalisme; des gravures intitulées «cauchemars», des épisodes de la mythologie grecque et diverses images de rêves nous propulsent dans un monde à mille milles des gravures réalistes de Goya.Le sommeil de la raison produit des monstres dépeint un homme endormi sur un pupitre alors que volent autour de lui hiboux, chauves-souris et créatures imaginaires plus ou moins effrayantes.Mais rien ne prépare à la force de la série à laquelle Goya travaille de 1810 à 1823: Les Désastres de la guerre, 80 eaux-fortes dont il tire plusieurs impressions.Le Met possède une édition complète de la première édition, comme dans le cas des Caprichos.Réactions de l’artiste aux invasions napoléo- niennes, Les Désastres jette sur la guerre un éclairage qu’aucun artiste n’a osé montrer jusque-là.Plus de soldats nobles, d’officiers conquérants, de chevaux imposants.Goya ne sert pas d’idéaux patriotiques, il choisit de montrer comment les êtres sont affectés par les combats.Il se concentre sur la douleur, la brutalité et l’horreur de la guerre.Il ne nous épargne aucune mutilation et met en scène les exécutions les plus laides.Il souligne le rôle des femmes parfois héroïques dans le désir de soulager leurs semblables de ces conditions monstrueuses.Malgré la grande économie du dessin, Goya arrive à exprimer comme peu l’ont fait avant et après lui ce que Zola décrira dans ses romans du XIX1 siècle: la guerre n’est plus qu’un outil de souffrance et les massacres n’ont aucune résonance de grandeur, le tout n’est qu’une autre forme de l’oppression et de la volonté de contrôle de l’humain.Ceux qui se passionnent pour les représentations de la corrida dans* les arts visuels seront servis ici.33 gravures réunies sous le titre Tauromachie et quatre lithographies de la série Les Taureaux de Bordeaux font partie de l’exposition.Plusieurs de ces images communiquent l’agitation et la frénésie de la; corrida; le mouvement des* hommes dans l’arène, la course de, la bête sont rendus avec finesse et un souci marqué d’exactitude.IL n’est pas facile de monter une exposition de gravures.La taille restreinte des œuvres, les dessins des deux côtés de la page des cahiers ont forcé les conservateurs à dé-' ployer des mises en place astu-.cieuses, des éclairages ingénieux.L’exposition n’est pas facile pour i le visiteur non plus à cause du nombre très grand d’œuvres et bien sûr de la queue leu leu pour voir chaque image.Il faut être patient et entrer dans la danse de la visite aiu même pas que le reste des spectateurs.Une suggestion: se présenter au musée le matin dès l’ouverture.; GALERIE SIMON BLAIS He ATHER YAMA 4521, rue Clark Montréal 849-1165 Du mardi au samedi de 9 h 30 à 17 h 30 «Juste pour le plaisir» Oeuvres choisies da, Bruno Tenti, Marcel Gohring et Lorraine Dagenais Jusqu’au 7 octobre I995 ASSOCIATION DES GALERIES D'ART CONTEMPORAIN (MONTREAL) 324, boulevard Saint-Joseph Est, Montréal (514) 843-3334 Services offerts au public: 0 CEOA (Centre d'évaluation d'oeuvres d'art) MIREILLE MORENCY-LAY RICHARD LACROIX TOBIE STEINHOUSE Oeuvres sur papier - gravures originales JUSQU'AU 15 OCTOBRE 9, rue Saint-Paul Ouest Vieux-Montréal Tél: (514) 844-3438 Du mardi au samedi ouvert de 10 h à 18 li Dimanche ouvert de 12 h à 17h GALERIE ELENA LEE VERRE D'ART «GLACE / EAU / VAPEUR» ANNE FAUTEUX - JOSÉE DESJARDINS BARBARA STUTMAN Jusqu'au 26 septembre «3 X SCULPTURE» SUSAN EDGERLEY- CAROLE PILON ASTRIREUSCH Du 10 au 31 octobre 1428 OUEST, SHERBROOKE MONTRÉAL (QUÉBEC) H3G IK4 Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h, le samedi de 11 h à 17 h Tél.: (514) 844-6009 • Fax: (514) 844-1335 JUSQU'AU 28 SEPTEMBRE JUDITH BERRI DU 29 SEPT.AU 12 0CT.IAN OBSON VERNISSAGE LE 1 ER OCT.A 14 H DU 13 AU 26 OCTOBRE PAULE LAGACÉ VERNISSAGE LE 15 OCT.À 14H Galerie L’Autre équivoque 333.RUE CUMBERLAND OTTAWA TÉL: (6)3) 789-7145 Du lundi au samedi de 10 h à 17 h 30, le dimanche de 13 h à 17 h 30 Horacio Sapere Sophie Lanctôt Peintures récentes Du 5 au 23 septembre 1995 Galerie Éric Devlin 460, Sainte-Catherine Ouest Espace 403 Montréal H3B 1A7 Tél.: 514-866-6272 Fax: 514-866-7284 Du mercredi au vendredi de 12 h à 18 h.le samedi de 12 h à 17 h Avec la padicipation du ministère de la Culture du Québec I LYNN CHADWICK SCULPTURES VERNISSAGE SAMEDI LE 16 SEPTEMBRE DE 15 H À 17 H JUSQU’AU 7 OCTOBRE WADD1NGTON & GORCE 2155, rue Mackay Montréal, Québec Canada H3G 2J2 Tél.: (514)847-1112 Fax: (514) 847-1113 I Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30, le samedi de 10 h à 17 h MARCEL BARBEAU «NOUVELLESANACONSTRUCTION» Du 12 septembre au 2 octobre 1995 Galerie d’Arts Contemporains 2122.me Crescent Montréal Tél: (514)844-6711 Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h, le samedi de 10 h à 17 h Du 10 septembre au 12 octobre 1995 Diane Brouillette Les saisons Galerie Estampe Plus 49, rue Saint-Pierre, QUÉBEC Tél: (418) 694-1303 Pierre Granche «Boris» Jusqu'au 7 octobre 1995 A L E R I E CHRISTIANE C H A S S A Y 372, rue Sainte-Catherine Ouest, Salle 418, Montréal H3B1A2, Tél.+ télécopieur: 514 875*0071 AAAAÀAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA LOUIS PELLETIER - Gravures récentes Jusqu’au 27 septembre CHANTALE HARVEY - Gravures récentes Du 21 septembre au 6 octobre MARCEL MAROIS - Gravures récentes Du 29 septembre au 22 octobre Galerie Madeleine Lacerte 1, côte Dinan, Québec, Qc Tél.: 1.418.692.1566 GALERIE TROIS POINTS JO’CELYNE AUMONT Evergon Série «Ramboys» Juqu’au 30 septembre 372, rue Sainte-Catherine O., suite 520 Montréal Tél: (514) 866-8008 Du mercredi au vendredi de T 2 h à 18 h, le samedi de 12 h à 17 h Puente Aéreo volet 1, artistes du Québec et du Canada Nick Brdar René Derouin du 16 septembre au 7 octobre 1995 Vernissage le 16 sevtembrc de 14h à 17h Du mercredi au vendredi de 12 h à 17 h 30, le samedi de 12 h à 17 h et sur rendez-vous Avec la participation du ministère de la Culture et des Communications du Québec.GALERIE Lilian Rodriguez (10e anniversaire) 3886, rue Saint-Hubert Montreal Renseignement: 281-8556 riuerin-anoQos ART CONTEMPORA N ARTISTES DE LA GALERIE-Jusqu'au 10 octobre MIMICASTONGUAY, JOHANNE MAROIS, PETER S.CALVERT ET ARTHUR FRIEDMAN Du 1 4 ocl.au 1 5 nov.197, Chemin du Lac d’Argent, Eastman (Québec) JOE 1 PO Tél.: 514-297-4646 Du^udiaudimanchede_23_h^OàJ_7^J^ l Jean-Paul Albinet «Les pixels du peintre» Jusqu'au 23 septembre 1995 Pierre Bruneau Guy Pellerin FIAC 95: Espace Eiffel-Branly.Paris Stand A 46 Du 3 au 9 octobre 1995 Galerie Yves Le Roux 5505, boul.Saint-Laurent, suite 4136.Montréal Tél: 495-1890 Fax: 273-8051 «B elle z z a Italien» Photographies d'Elio LllXardo Jusqu'au 30 septembre Raymond Lavoi e «Salle des maquettes.Salle des études.» Du 5 octobre au 4 novembre Galerie Graff 963, Rachel Est, Montréal H2J 2J4 (514)526-2616 \ kmm?détours Msocn àmontréal (fflféldtlu^ fait entre exposition de Rouyn-Noranda Du 17 septembre au Tl octobre 1995 Mardi au vendredi, de I oh à 1 7li et de I !)h à 21 h Samedi el dimanche, de 13h à I 7h ¦' : (819) 762-6600 O s iiarlenairi'N des irlrlinilmns du nimivirviiir du Devoir : 0 btoquCbec aa Hydro \JL Québec Micro-Intel (elle rxpoMlioti ol réaliser par le Musée Mnvarl ni ndlaiHinilinn avrr : i.\ ni ¦Jw Université du Québec à Montréal DEVOIR Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et dee Communications Patrimoine B B ranaHipn viIle de Montrée A Etre ou ne pas être branché Multidisciplinaire et éclatée, la vidéo fait la preuve qu’elle est un art fluide MANIFESTATION INTERNATIONALE VIDÉO E! ARI ÉLECTRONIQUE Champ Libre L'Usine C1345, nte Lalonde Du 19 au 25 septembre 1995 JENNIFER C O U Ë L L E Tenez bon! Le Mois de la Photo n’en est qu’à ses débuts, ISEA95 ouvre demain et l’organisme de diffusion Champ Libre inaugurera mardi prochain la deuxième Manifestation internationale vidéo et art électronique à l’Usine C de Carbone 14.On est branchés ou on ne l’est pas.Sans parler de la programmation régulière des galeries et musées actuellement «hors circuit».De quoi essouffler même les plus costauds.Mais bon, puisque nous y sommes, signalons d’entrée de jeu la relative parcimonie et l’appréciation de l’être humain normalement constitué dont fait preuve l’équipe de Champ Libre: l’événement ne dure que sept jours, il ne revient que tous les deux ans, les programmes, conférences et performances seront présentés à tour de rôle, évitant ainsi l’éternel conflit d’horaire des festivals, et le tout se déroule en un même lieu.C’est bref, c’est succinct et, si on se fie au succès de la première manifestation de 1993, ça promet.Un art ouvert, la vidéo?C’est ce qu’explique le directeur artistique et membre fondateur de Champ Libre François Cormier.«Au départ, la vidéo est une forme d’art multidisciplinaire et éclatée, ses producteurs proviennent de plusieurs milieux, notamment des arts visuels, de la danse, de la littérature, du théâtre et de la musique.» Cormier lui-même a une formation en urbanisme.«La vidéo est un médium fluide qui s’impose par sa forme, poursuit-il, elle permet aux auteurs de revisiter leurs champs de création originels tout en développant un nouveau langage, une nouvelle forme d’expression.C’est aussi un médium qui est accessible en ce qui concerne les moyens de production.» Aujourd’hui, réaliser une bande vidéo peut coûter entre 5 $ et des millions, selon le degré d’intervention numérique (à des années lumière des premières vidéos «d’art» que réalisait il y a une trentaine d’années Nam June Paik).D’ailleurs, les quelque 75 vidéogrammes sélectionnés parmi les 500 soumissions ont été créés à partir de tous les budgets, de même, l’âge des artistes varie de 19 ans, pour le plus jeune, à une soixantaine d’années pour l’aîné.«Mais cette année, précise le directeur artistique, il y a beaucoup de jeunes auteurs qui en sont à leur première ou deuxième réalisation.» À propos de la composante «art électronique» de cette manifestation, il n’y a pas lieu, semble-t-il, de craindre le glacial et l’apologie du «nouveau».là aussi, les responsables de Champ Libre pondèrent.«Les nouvelles technologies sont pour nous un lieu de réflexion, dit Cormier, pas une passion.Il s’agit de voir comment elles s’inscrivent dans le domaine de l’art, du discours, de la société.En fait, c’est l’équilibre que nous cherchons, le pont entre une image envoyée par satellite et le besoin de rester près de nos racines, de la terre.» Par ailleurs, répondant à la sensibilité perceptive des spectateurs, une attention particulière sera portée aux dispositifs scéniques lors de la diffusion des bandes.La présentation des œuvres, paraît-il, sera conviviale et inusitée Fluide Question d’œuvres, la savoureuse La Fol-lia/Conceit (25 minutes) des Flamands Stefan Franck et Bart Van Dessel est à ne pas manquer.Sorte de scénographie fluide d’un traité sur l’architecture des jardins, on est plongé dans une France galante du XVII1, avec ses «ainsi que je contemplois» et ses «alors que j’étois assis.».De la rampe de l’orangerie au vestibule du château, entre les arbres et les haies, et aux pas et pirouettes d’une danse en exergue (à la fois temporelle et visuelle), la promenade est vertigineuse.Au rythme enlevant d’un Vivaldi, parfois travesti, les images, toujours instables, se succèdent avec une rapidité qui force la rétine et compresse le temps.Un discours sur l’espace, la perception et la mémoire qui fait un appel généreux à nos sens.Dommage, par contre, pour la redondance lassante de la séquence en gros plan des pieds dansants qui n’en finit plus de finir 0e 22 septembre à 21h45).Avec les images pures de Deep (6 minutes), la Finlandaise Milia Moilanen nous fait suivre les transformations évolutives de l’homme archétypal sous le mode sonore et saccadé du vidéo-clip.On passe du noir et blanc, qualité «épreuve argentique», à une explosion de couleurs saturées, comme s’éclipse une musique ténébreuse tout en battements (de cœur) pour faire place à du up-beat électroacoustique.Dans le genre «techno-pop», ce vidéogramme surréel fascine 0e 21 septembre à 19hl5).La caméra subjective de Patient (6 minutes) du Canadien Robert Hamilton nous fait goûter (sur le bout de la langue cependant) aux symptômes physiologiques et à l’isolement mental d’un Benny alité dans un hôpital danois.La symbiose avec le personnage peu engageant se fait difficilement et, en deux mots, on s’ennuie 0e 22 septembre à 13h).Pour trouver l’horaire de la Deuxième Manifestation internationale vidéo et art électronique, il suffit de faire deux pas à la librairie, au café ou au bai- du coin.«La vidéo est un médium fluide qui s’impose par sa forme.Elle permet aux auteurs de revisiter leurs champs de création originels tout en développant un nouveau langage, une nouvelle forme d’expression.C’est aussi un médium qui est accessible en ce qui concerne les moyens de production.» L’affiche de la Deuxième manifestation internationale vidéo et art électronique réalisée par Saburo Teshigawara.¦mwWm.¦ • ¦ ' • v ' ¦ ; • • .-7- T'T - /¦'%/4 w-iss Colloque Présence de la Photographie dans les Collections des Musées.Spécificité d’un Médium.d’une Culture.Samedi, le 23 septembre au Musée d’art contemporain de Montréal , - “ J Inscriptions : 847-6253 VOX POPULI FÊTE SON l()è ANNIVERSAIRE ET LANCE SON CD-ROM DU MUSÉE VIRTUEL DE LA PHOTOGRAPHIE QUÉBÉCOISE »¦ • .- Samedi, 16 septembre de I5h à 18h, 4060 boul.St-Laurent.local 105 et 110 Notre circuit du 30 septembre sur FÉLIX LECLERC est complet! Réservez maintenant votre matinée du samedi 9 décembre pour fêter avec nous le 40e Salon des Métiers d’art de Montréal! conférence, petit déjeuner, visite commentée.Informations et réservations 276-0207 ou 259-7629 NASKO PELEV Déséquilibre: peintures récentes du 9 au 23 septembre RAFAL MALCZEWSKI (i892 - 1965, aquarelles et huiles du 14 au 28 septembre GALERIE DOMINION 1438, rue Sherbrooke Ouest 845-7833 / 845-7471 DECOUVERTES aventure de la science chaque mercredi.i 47060560 D.D mm l.Land XLM ocigW L* -s* j photo 1591,rue Clark, 2'étage - 288-4972 / jeudi au dimanche de 12h à 18h s": v MBjÊü Ht M cir\oî\ COZIC VERNISSAGE AUJOURD'HUI 16 SEPTEMBRE DE 15h A 18h JUSQU'AU 4 NOVEMBRE '95 B\ )TV il li.I o De la méditation contemplative au portrait JENNIFER CO Ufi LLE HORACIO SAPERE/SOPHIE LANCTÔT Galerie Éric Devlin 460, rue Sainte-Catlierine Ouest Espace 403 Jusqu'au 23 septembre 1995 C*est une peinture calme, contemplative, sans être complaisante, qui occupe actuellement a grande salle de la Galerie Eric Devlin.Elle est de l’artiste espagnol originaire de Buenos Aires Horacio Sapere, qui nous revient (car il en est déjà à sa troisième exposition personnelle à Montréal) avec une production plus épurée.Motifs schématisés et couleurs d’une terre chaude se comptent presque sur les doigts d’une seule main.Neuf toiles, la plupart de grandes dimensions, révèlent un univers personnel — toujours le même, ou son parent — visiblement rodé.Dans une tradition picturale bien ibérique, sur des fonds formellement articulés et des surfaces texturées, tantôt par un mélange de peinture et de poudre de pierre (on pense à la matière sablonneuse des toiles de Tapies), tantôt à l’aide de sillons faites à la fourchette, et souvent avec des applications en collage, Sapere agence des moitiés de visage, feuilles et fleurs, des formes en serpentine, à la fois des tiges et sortes de cordons ombilicaux, et de minuscules maisons.Simple?Certes, agréablement même.Simpliste, non pas, mais il reste qu’on promène notre œil d’un tableau à Lautre, qu’on scrute les surfaces riches de relief, qu’on constate l’aisance avec laquelle les couleurs impures se juxtaposent, qu’on suit le parcours ondoyant des tiges jusqu’aux visages retranchés, et puis, comme l’écrivait un auteur d’ici, tout est silence.Le silence plat d’un monde en équilibre (l’utopie, quoi), un équilibre d’autant plus enviable qu’il défie la précarité inhérente du mot par la représentation délibérément inachevée de ses acteurs (les têtes partielles et les plantes sans racines).Ces motifs incomplets n’inquiètent point.Au contraire, l’irrésolution est trompeuse.Les univers de Sapere sont paisibles, ses visages dorment, comme s’ils portaient en eux l’assurance de connaître leur complément dans un ailleurs invisible.«Je sais bien, dit l’artiste, qui frayait jadis du côté des bouddhistes, qu’en ne peignant que des moitiés de visages, on se demandera ce qui se passe avec l’autre partie, où elle est, etc., mais la réponse est sans importance, puisque l’humanité est ainsi, fragmentée.L’union existe, cependant, elle est à faire, c’est tout.» Cela dit, on peut demander plus à une peinture, si bien campée soit-elle, que l’expression d’une philosophie personnelle résolutive.On peut souhaiter qu’elle nous bouscule, ne serait-ce que légèrement, qu’elle nous amène un peu plus loin dans notre apprentissage de la grande aventure qu’est la vie.Ici, les cartes sont jouées d’avance et l’emprise, plutôt mince.En revanche, du côté du langage proprement plastique, Sapere joue à fond la caisse.Question de matière et de structure, ce peintre se dis- re.c’est un univers mesuré, formellement structuré (surtout dans les ix>r-traits des années 1920 et 1930, de loin les plus saisissants de l’exposition) que révèle les multiples visages aux sourcils en triangle de Lilias Torrance Newton.Quoiqu’on ne puisse dire que Torrance Newton était une peintre du tonnerre et que, gagnant sa vie comme portraitiste (il fallait le faire considérant l’époque et, surtout, son statut de femme), elle était contrainte à respecter certaines normes picturales, il reste que cette artiste douée avait recours à des procédés structurels proprement modernes, notamment dans ses portraits d’amis, où elle |x>uv;dt se délester des contraintes de la commande officielle.«Au début des années 1920, dit l’historienne d’art Esther Trépanier, Torrance Newton, était déjà saluée par la critique comme une des jeunes modernes de Montréal.» Il reste que, contrairement à ses contemporaines Anne Savage, Marian Scott et Prudence Heward, par exemple, elle est peu connue du public montréalais actuel.Vivement alors l’exposition de la Galerie Klinkhofl! Par ailleurs, comme l’observe Mme Trépanier, «compte tenu du fait que le Musée des beaux-arts Montréal présente relativement peu d’expositions à caractère historique d’artistes montréalais, on peut se réj jouir du fait qu’une galerie privée prenne en quelque sorte la relève.» A propos de musées, soulignons que les œuvres de cette exposition ont étq prêtées, entres autres, par le Muséé McCord, le Musée des beaux-arts dé l’Ontario, le Musée du Québec, lé Musée des beaux-arts de Montréal e| {’Université Bishop’s.Estructura horizontal com 1/2 y Itoja, de Horacio Sapere.tingue.La première est sciemment pétrie et la dernière s’impose par des surfaces traversées de droites horizontales ou d’ensembles géomé triques qui définissent l’espace, lui donnent du coffre même.Et c’est là, dans ce mélange distinct de textures colorées et d’espaces fortement structurés, que réside l’intérêt premier de ce travail.C’est d’ailleurs pour cela qu’on appréciera tout particulièrement les peintures les plus dépouillées de l’exposition, notamment la stylisée Estructura horizontal com 1/2 y hoja avec ses oreilles en clé de fa.Là, comme ailleurs, c’est la charge plastique qui fait le poids dans la balance.C’est à se demander si la sensibilité matérielle et graphique de Sapere ne le propulseront pas un jour vers qne abstraction encore plus pure.A suivre, donc.Dans la petite salle, ce sont les œuvres de la jeune peintre montréalaise Sophie Lanctôt qui ornent (et le mot est juste) les cimaises.Car si ces paysages panoramiques inspirés d’un séjour en Espagne retiennent l’attention, c’est par leur bon goût de mise.Une symphonie harmonieuse d’ocres, de jaunes cassés, de verts, de bleus et de turquoises donne le ton à des champs labourés aux perspectives renaissantes (dans les tableaux les plus grands) où il ne se passe, pour ainsi dire, rien! Et ce n’est pas, non plus, un «rien» qui trouble ou qui fascine, même si chacun de ces lieux perdus est habité d’une robe volant au vent au bout d’un pieu à peine plus stable.Les robes-épouvantails se fondent sans émoi aux paysages chromatiques qui les absorbent.A ce titre, on préférera les gros plans de robes contre des deux dans la série de peintures de petites dimensions — l’effet «magie» de l’énigme passe mieux.De belles illustrations pour un conte métaphysique.HUAS TORRANCE NEWTON Galerie Walter Klinkhoff 1200, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 23 septembre Si les yeux sont le miroir de l’âme, le portrait est souvent le reflet d’une époque, de sa saveur, son étiquette et ses mœurs.Dans la modeste mais méritoire exposition rétrospective que consacre actuellement la Galerie Walter Klinkhoff à l’artiste Lilias Torrance Newton, c’est le portrait d’une classe respectueuse, souvent bien nantie mais se gardant soigneusement de tout ostentation, de la PHOTO ARCHIVES communauté anglo-saxonne du Montréal de jadis.Sobriété et retenue sont de mise dans ces quelques trente portraits à l’huile réalisés entre les années 1920 et 1960.Du haut-commissaire canadien en Angleterre Vincent Massey aux amis de l’artiste, en passant par un commandant d’escadre au visage angulaire et son élégante épouse, une institutrice, un recteur d’université et les artistes Louis Muhlstock, Prudence Heward et A Y.Jackson qui, selon la petite histoire, aurait lui-même prêté sa main au paysage contre lequel il figu- Une œuvre de Lilias Torrance Newton.372, rue Sainte-Catherine ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi au samedi de 12h00 à 17h30 Le Centre d'exposition Circa remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.Du 13 septembre 1995 au 11 février 1996 IMAGES D'ÉPINAL Ves iMU/uate qui Pies viesilUroPvt jOslMsOsU ! En collaboration avec le Musée départemental «fart ancien et contemporain.' tpmaL -SL I MUSÉE DU QUÉBEC part des Chwps d^Bauâft Oo*tc
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