Le devoir, 14 octobre 1995, Cahier B
I.K I) K V II I II , I K A M K U I II V.T II I M A X I II K I .1 II (' T 0 K II K I II SI ,1 LE DEVOIR Télévision Page B2 Cinéma Page B3 Théâtre Page B6 Disques classiques Page B7 Musique classique Page B8 Jazz et blues Page B9 Vitrine du disque Page B9 Arts visuels Page B10 Formes Page B12 ?T H É A T m.i Wajdi et le Voyage ROBERT LÉVESQUE LE DEVOIR ¦9J En trois ans, Les Ateliers s’exposent sont devenus un événement important.Mais le sous-financement menace.Il s’appelle Wajdi, on dirait que c’est un prénom de petit ours dans Le Livre de la jungle, ou de second couteau dans les Mille et une nuits; il a 26 ans, il est de type clown gai, avec des yeux de chat content, car il a déjà trois vies, l’une à Beyrouth, l’une à Paris, l’une à Montréal.11 a quitté une ville en guerre (et la Méditerranée) à huit ans, une capitale littéraire (et son enfance) à 16 ans, et il est venu en Amérique où il a découvert un autre ciel, l’hiver, le théâtre (et sa blonde).Depuis le milieu des années 80 on la vu pointer ses yeux curieux d’adolescent liseur dans les classes de l’École nationale de théâtre, où avec Yves Desgagnés il a fait son apprentissage.Du jeu.De l’expérience humaine du théâtre.Et de ce qu’il appelle «la contagion avec le public».Il dit aujourd’hui que le Québec — d’où il partira un jour car, dit-il, «je ne me vois pas vivre ma vie au même endroit, je n’ai pas été habitué à cela» — est pour lui le pays du théâtre.Le pays de Gauvreau, sa grande découverte montréalaise.Wajdi Mouawad, libanais, français, québécois, jeune, intellectuel, est un garçon qui voyage.Dans sa tête où il traverse les pays du rêve, dans la littérature où il aborde aux continents Shakespeare, Dostoeïvs-ki, Musil, Walser, Kafka, et Céline (dont il présente ces jours-ci son adaptation du Voyage au bout de la nuit à la salle Fred-Barry), dans la réalité où il a la bougeotte, passant six mois par an ici et là, maintenant sollicité pour travailler au théâtre en France, en Belgique (dont il revient, son Voyage ayant été joué au Théâtre de Poche de Bruxelles), et dans le théâtre même où son prochain projet est de n’adapter rien de moins que Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne! Comme de juste! Encore inconnu du grand public, et fort heureusement sans doute quand on sait à combien de compromis le chemin vers cette masse est parfois condamné, Wajdi Mouawad à déjà fait sa marque dans le milieu des théâtreux, avec un Macbeth qu’il a mis en scène dans un parking du centre-ville à deux heures du matin, avec une pièce produite à Fred-Barry qui avait pour titre Une partie de cache-cache chez les Tchécoslovaques, avec sa personnalisation de Gaijvreau dans L’Asile de la pureté à l’École nationale, et avec ces cinq heures céliniennes qu’il a orchestrées avec les finissants de l’ENT à partir de Mort à crédit, de Voyage au bout de la nuit et de quelques autres récits de l’ermite de Meudon.Un exercice public devenu depuis jeudi à Fred-Barry un spectacle à part entière.Raconter des histoires Ce qui le fait courir au théâtre c’est .le désir de raconter des histoires.Il me l’explique avec des éclairs de feuilletonniste à la Eugène Sue dans les yeux.On comprend pourquoi il a choisi de mettre en scène l'histoire rocambolesque et fenouillarde de Ferdinand Bardamu, de Robinson, de Toulouse, de Molly et de Courtial des Pereires.«L’entreprise de raconter des histoires est fabuleuse en elle-même, et l’idéal serait que le spectateur et le personnage ne sachent pas ¦mtm l t • v.J L’atelier de Susan Scott.JENNIFER COUËLLE On ne le dira pas assez, l’art en général, mais tout particulièrement les arts visuels, souffrent d’une méconnaissance de la part du public.Et les musées?Et les galeries, demanderez-vous?Soit.Mais c’est un milieu dans lequel le mot lucratif signifie peu de chose.Les galeries commerciales ne peuvent pas vraiment se targuer des profits qu’elles génèrent.Et même les blockbusters, cette politique muséale controversée, tentent toujours de rectifier le tir, mais sans la fréquentation et la rentabilité escomptées, la stratégie — on l’a vu récemment avec les méga-expositions Beauté mobile et Paradis perdus: l’Europe symboliste du Musée des beaux-arts de Montréal — chute de haut.Bref, les arts visuels ne relèvent d’aucune industrie.e Part contre accrue entre 1 art, les artistes et la société, ht quoiqu iis ne se présentent pas a priori comme éducateurs du grand public et se g] Cela dit, les arts visuels .perdurent.Ce ne sont d’ailleurs pas les artistes qui manquent au Québec.Selon le ministère du Revenu, environ 230() personnes se déclarent actuellement artistes visuels, profes- ' .¦ : .*- .I v ’¦ .: • ••' .;!v.• /.• • sionnels! Conclusion: ce qui manque, c’est le: public et, surtout,: son engouement.Richard Théroux et Hélène Poirier, co-directeurs et co-fondateurs de Cobalt art actuel, l’organisme qui, depuis 1992, met sur pied annuellement le circuit de visites d’ateliers d’artistes Les Atelieis s’exposent, sont particulièrement sensibles à la nécessité d’une ren- VOIR PAGE B 2 : MOUAWAD VOIR PAGE B 2 : ATELIERS — Albertine, en cinq temps deMichel Tremblay dès le 3 octobre 1995 Monique MERCURE G u y i a i n e TREMBLAY MISE EN SCENE! Martine BEAULNE Théâtre Espace Go: 4890, boul.St-Laurent Montréal' (514) 845.4890 (514) 790.1245 LE DEVOIR PHOTO ANDRÉ CLÉMENT B 2 I.K I) K V 0 I It .I.K S S A M KOI I I K T I) I M A N C Il K I .1 O ( T O II II K I !» I» ”> TÉLÉVISION Les «nouvelles» changent à la radio de Radio-Canada P A U L E DES RIVIÈRES ?La direction de la radio de Radio-Canada abolissait, le 28 août dernier, son grand bulletin de nouvelles de 17h30.Elle abolissait également son grand bulletin de soirée, à 22h, en douce.En revanche, elle claironnait sa décision de présenter des bulletins 24h sur 24.Ces changements sont diversement accueillis dans la salle des nouvelles de Radio-Canada.De nombreux journalistes y voient se dessiner une tendance, qu’ils déplorent: de plus en plus de faits bruts, de faits divers aussi, et de moins en moins de reportages et d’explications.Le patron de la salle des nouvelles, Richard Sanche, souligne pour sa part qu’il faut «coller un peu plus à notre auditoire», qui préfère, dit-il, avoir des nouvelles moins longues et plus tôt, soit à 17h au lieu de 17h30.11 déplore lui aussi la disparition du grand bulletin de 22h, qui ne fait plus que quatre minutes au lieu de 10, mais se réjouit de la présence d’un service de nouvelles la nuit, indispensable dans toute entreprise de presse d’envergure digne de ce nom à son avis.Les petits bulletins toutes les heures en soirée ne remplaceront jamais les grands radiojoumaux qui faisaient la marque de commerce de Radio-Canada, déplorent deux journalistes, Robert Houle et Jean Martin, dans la plus récente édition du 30, la revue de la Fédération professionnelle des journalistes.Une série au charme surannée Jean Mercier est un jeune homme qui se tient loin des grandes institutions et des modes.Il fait ce qu’il a à faire, avec les moyens dont il dispose.Sa série Quand le cœur attend, qui commence demain sur les ondes de Télé-Métropole, vaut le détour.Elle met en vedette des enfants de quatrième année à qui il arrive toutes sortes de petite^ choses essentielles.La série se déroule à La Tuque et la nature n’est jamais bien loin, ce qui est un bonheur.Quoi de mieux pour un garçon que de pouvoir marcher dans l’herbe haute, le long d’une voie ferrée, sans trop se presser.Ou de taquiner le poisson sur les bords de la rivière.Les grands-parents habitent la maison familiale, la maman est enseignante, le papa électricien.On est à mille lieues des piqueries ou des crises familiales si souvent projetées à l’écran.La série flirte par moments avec le sentimentalisme, mais on lui pardonne car elle nous délivre du même coup d’une agaçante manie dont sont affublées un trop grand nombre d’émissions jeunesse, celle des images qui changent toutes les trois secondes, inspirées du vidéodip, avec des bruits saugrenus pour mieux fasciner le jeune.Nous sommes tellement habitués :i un certain rythme que celte série semble vaguement démodée.( hi est ce parce quelle lait ressortir 068 valeurs comme l'entraide, l'entente entre parents et entants, la complicité entre grands-parents et petits enfants?Les acteurs sont de jeunes comédiens amateurs de la région de lui Tuque, et le jeune Samuel Gingras est particulièrement attachant.Plusieurs producteurs ont déjà été de cet avis puisque la série a été vendue dans 45 pays, incluant plusieurs pays de l'Est.lui chaîne française 'ITT doit prochainement la doubler.en français (?).Malheureusement, le producteur réalisateur a gardé, pour la série en langue française la même chanson, en anglais, que pour la version en langue anglaise.Ça passe très mal en français et c’est d’autant plus désolant que la chanson occupe les premières minutes de l’émission.Les Québécois ne sont pas étrangers à la série puisque les 13 premiers épisodes de la série (il y en a maintenant 26) ont été présentés en 1992 au Canal Famille.En prenant l’affiche de TVA, demain, 17h 30, Quand le cœur attend franchit une nouvelle étape.Kid Cam Television Les jeunes sont aussi au centre d’une autre nouvelle série présentée à la même heure, mais à Radio-Québec cette fois.Vous vous demanderez peut-être si vous ne vous êtes pas trompés de poste car Kid Cam Television est entièrement en langue anglaise.Elle a pour but de faire apprendre l’anglais aux enfants d’environ 12 ans, soit ceux qui ont eu déjà une première familiarisation avec la langue, à l’école.La série raconte les tribulations de trois jeunes qui font une émission de télévision.Au cours de l’épisode présenté demain, nos trois héros prépareront une émission sur la Fondation Mira pour les aveugles et sur la manière dont les chiens guides sont choisis et dressés.Il y a des objectifs de vocabulaire et de structure pour chaque émission mais les messages sont transmis à travers l’histoire.Radio-Québec présente déjà Destinos, une série espagnole destinée à l’apprentissage de cette langue.La série est importée des Etats-Unis, où le réseau PBS la présente.Kid Cam Television en revanche es,t produite à Radio-Québec, avec l’aide du ministère de l’Éducation.La série sera offerte aux écoles et sera officiellement lancée lors du prochain congrès de l’Association des enseignants d’anglais langue seconde.Un prolongement sous forme de CD-ROM sera éventuellement disponible.Lorsque Radio-Québec deviendra Télé-Québec, l’émission devra être produite à l’extérieur.k-** CO N S E R V A T 0 I RE DE MUSIQUE DU QUÉBEC INFO-ARTS Bell Montréal GU790ARTS Frais d’appel acceptés L’Orchestre symphonique du Conservatoire de musique de Montréal présente HINDEMITH, KUZMENKO, NIELSEN ET BEETHOVEN Direction : LOUIS LAVIGUEUR Direction : RAFFI ARMENIAN le jeudi 12 octobre à 20 h Polyvalente Jean-Baptiste-Meilleur 777, rue Iberville, Repentigny Entrée libre Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications le dimanche 15 octobre à 14 h 30 Salle Claude-Champagne 220, avenue Vincent-d’lndy Outremçnt (métro Édouard-Montpetit) Entrée libre le lundi 23 octobre à 20 h Maison de la culture Frontenac 2550, rue Ontario Est Montréal (métro Frontenac) Laissez-passer gratuits : (514)872-7882 Québec ss ïM!!Ki^rt!i]ji»i:^ÈliJiilK^iilIE 318, rue Ste-Catherine ouest, métro Place des Arts.tinf 861-5851) billets au Spectrum, chez Admission et au 790-1245 (+frais) CAR ANGRIGNON 366-2463 7077 bool Newman ?è- PARISIEN 866-3856 4BOStcûalhcfincO ?CHATEAUGUAY 691-2463 240 St-Jean Baptiste » & SHAWINIGAN 53M700 Cinema piemans *• CENTRE LAVAL 6887776 1600 le Corbusier ir •‘J o FILM D'OUVERTURE -QUINZAINE DES RÉALISATEURS -CANNES 95 FILM D'OUVERTURE -TORONTO INTERNATIONAL i FILM FESTIVAL Tià ml ivwffbr.« UNE ADMIRABLE REl Luc Perreault.LA PRESSE ?« DÉBUT MAGISTRAJÉ DE LEPAGE AU CINÉMA : UITCHGÜM AURAIT ÉTÉ FIER DH LUI !«ap| Bill Brownstetn.,.:JÉ|HBEp TUE GAZETn^lWPF'è» KRISTIN EAU| PATRICK GOYETTE ‘DEUX HEURES DE PUR BONHEUR.UNE MERVEILLE !” Odile Tremblay.LE DEVOIR F < .' ¦ ' .- ; .»' OLIVIER MARTINEZ JULIETTE RINOCHE DE PARIS A TOKYO ET DE LONDRES A MONTREAL LE PUBLIC ET LA CRITIQUE SONT CONQUIS ! Kvn;i/ L'ÉPOPÉE PROVENÇALE DE JEAN-PAUL RAPPENEAU d'apres i'chjvre de JEAN GIONO Rose bonbon THE SCAMï LETTER Réal.: RolandJoffé.Scénario: Douglas Day Stewart d'après le roman de Nathaniel Hawthorne.Avec Demi Moore, Gary Oldman, Robert Duvall, Usa Joliff-Andoh, Edward Hard-wicke, Robert Prosky, Roy Dotrice.Image: Alex Thompson.Musique: John Harry.Loew's et Parisien.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Oh la la! Que voilà un rôle susceptible de faire rougir la pauvre Demi Moore et le non moins à plaindre Robert Duvall, pataugeant à ses côtés dans cette vase cinématographique.Adapter à l’écran La Uttre écarlate, roman culte américain de Nathaniel Hawthorne, constituait pourtant un noble défi.Mais que d’invraisemblances! Que de facilités! Roland Joffé a d’autant moins d’excuses à livrer pareille tartinade sucrée, que le climat du roman se prêtait à toutes les envolées dramatiques sur fond noir.C’est un peu comme parvenir à édulcorer Les Hauts de Hurlevent d’Émily Brontë, une entreprise de démolition quasi impossible.Ici relevée.La Lettre écarlate a pour cadre l’Amérique puritaine du XIXe siècle.Nous entrons dans une petite colonie collet montée de Nouvelle Angleterre, à l’heure où une jolie dame (Demi Moore) vient s’établir en attendant le retour de son mari.Et tous de lever le nez sur cette étrangère aux allures trop libres et aux yeux trop brillants, dont les mœurs semblent éminemment suspectes.Surtout quand elle lance des œillades au beau révérend Dimmes-dale (Gary Oldman) aux sermons plus ardents quand y assiste la belle paroissienne.L’époque n’est guère propice à concevoir un enfant hors mariage, même quand la femme apprend que le mari fut massacré par les sauvages scalpeurs.On l’incarcérera.Elle et sa fidèle esclave noire refuse- ront de dévoiler l’identité du père, Après naissance de sa bâtarde, voici la femme impure marquée du sceau de l’infamie, une lettre écarlate — A pour adultère — cousue sur ses vêtements.Et manque de pot, le mari (Robert Duvall) émerge des mains des Indiens, en criant vengeance.i c récit est celui de l’ostracisme que fait subir une société puritaine aux êtres libres aimant en dehors des carcans et des règles.Thème porteur, sur une terre et une époque riches de contraste, en rouge et en noir, The Scarlet Utter eût pu être un | moment fort de cinéma, une symphonie dramatique sur fond d’épopée américaine.Mais Roland Joffé, à qui l’on doit pourtant des films porteurs comme The Killing Field et The Mission, a noyé le poisson en des facilités de style, une sensualité esthétisante sur jeux de lumières et de voiles, et une psychologie primaire qui ne se pique jamais de vraisemblance.Passe encore pour le personnage de Demi Moore à peu près cohérent quoique sans relief.Mais Gary Oldman livre un impossible révérend, beau gosse dépourvu des tensions intérieures que son rôle commanderait, un peu hébété tout au long de l’affaire, au départ excessivement prudent, puis excessivement imprudent, sans l’ombre d’une réalité intérieure.Robert Duvall en mari diabolique est plus intéressant mais son personnage se voit tronqué pour rejoindre la grande dilution générale.Les coins sont coupés carrés à un point qui étonne, et les trous de scénario de cette adaptation boiteuse empêchent la sauce de lever.Les piments forts, tous les condiments en fait, furent retirés dè la marmite; le cinéaste ayant retranché ce qui risquait de dépayser le public.Il a aplani les angles, mis l’accent sur une histoire d’amour banalisée, modifié la fin pour sauver l’héroïne et livrer au public un happy end, mis du lait dans son vin rouge jusqu’à ce que La Lettre écarlate vire au rose bonbon.PHOTO ALBERT WATSON Herster Prynne et Demi Moore dans The Scarlet Letter.?: chef-d’œuvre ?très bon ?: bon ?quelconque , ?; très faible vm : pur cauchemar PHOTO ALLIANCE Une scène de Blue in the Face.N’écrasez plus! BLUE IN THE FACE De Wayne Wang et Paul Auster, avec Harvey Keitel, Giancarlo Esposito, Michael J.Fox, Lou Reed, Rosanne, Jim Jarmusch, Lily Tomlin, etc.Scénario: Wayne Wang, Paul Auster et les acteurs.Images: Adam Holender.Montage: Christopher Tellesfen.Musique: John Lurie, Calvin Weston et Billy Martin.Etats-Unis, 1995.Ih26.Égyptien et Côte-des-Neiges.FRANCINE LAURENDEAU Il faut d’abord reparler de Smoke, ce film écrit par Paul Auster pour le cinéaste Wayne Wang.Ça se passe dans un quartier de Brooklyn (le quartier de Paul Auster), le plus souvent autour du petit magasin d’Aug-gie (Harvey Keitel) où tout le monde vient se ravitailler en cigarettes, en journaux et autres babioles mais où, surtout, on se rassemble pour communiquer.Des histoires fusent, de ces histoires en naissent d’autres, ça part dans tous les sens et puis ça finit par composer un tout.Parmi les habitués du Cigar Store il y a Paul, le romancier, et toute une galerie de personnages touchants et désopilants qui ont en commun le don de la parole et une l’imagination fertile.Les spectateurs qui sont des habitués de Paul Auster s’amusent à y retrouver les petites manies de l’écrivain, par exemple son goût pour le cigare et le base-bail.Mais que l’on connaisse ou pas l’auteur de la trilogie new-yorkaise, c’est un film délectable.Pendant le tournage de Smoke, la complicité et l’enthousiasme étaient tels que l’envie est née de continuer dans la même veine, d’explorer plus avant certains personnages, d’explo- rer plus avant, aussi, la personnalité de Brooklyn (New York n’est pas seulement Manhattan), bref, de poursuivre l’aventure.Cela s’est concrétisé en deux fois trois jours de tournage avec la même équipe technique, quelques-uns des comédiens de Smoke, d’autres aussi, attirés par le côté exceptionnel de l’expérience.Alors que Smoke avait été écrit très précisément, on n’allait disposer, pour Blue in the Face, que de situations suggérées par Auster et Wang sur lesquelles les acteurs et actrices allaient devoir improviser.Et, traversant le tout, des interviews sur vidéo avec des habitants du quartier.Cette fois, l’action se concentre dans le Cigar Store d’Auggie, où il fait bon, après Le Regard d’Ulysse, de retrouver un Harvey Keitel chaleureux, attentif, remarquablement présent.Dans son magasin et sur son trottoir, on vient se raconter, s’interroger, se disputer, se quitter, se retrouver.Ici aussi les histoires fusent, les confessions pleuvent, les anecdotes fleurissent.Mais ces histoires ne sont pas posées au service d’un scénario.Il s’agit plutôt d’une succession non pas tant de numéros — nous ne sommes ni au cirque, ni au cabaret, ni dans Jeffrey —, mais plutôt d’épisodes distincts, à peine ou pas du tout liés entre eux.C’est de l’improvisation peut-être, mais de l’improvisation généreusement travaillée, de l’improvisation intelligemment organisée.Les comédiens sont fins, sensibles, excellents, c’est surtout un film d’hommes; les comédiennes sont intenses et cocasses.Permettez-moi de nuancer: je disais qu’il ne s’agit pas d’une suc- cession de «numéros», mais il y a tout de même un ou deux sublimes numéros d’actrices, dignes de figurer dans une anthologie.Et en ces temps difficiles pour les amateurs de nicotine, voilà enfin un film qui s’adresse aux fumeurs, ou en tout cas à ceux et celles qui ont connu le plaisir d’allumer et d’aspirer.Je préfère ne pas en dire davantage pour vous laisser les surprises que vous ménage ce complément de Smoke.Complément?A vrai dire, je ne suis pas sûre du mode d’emploi.Idéalement, j’aurais aimé voir ce Blue in the Pace tout de suite après Smoke, dans une salle voisine, ou le lendemain.Comme un dessert léger, une prolongation inachevée.Mais j’imagine que cela peut aussi constituer un apéritif au plus substantiel Smoke.Bref, ce que j’essaie de vous dire, c’est que si Smoke se conçoit sans Blue in the Face, Blue in the Face est incomplet sans Smoke, avant ou après et, aux dernières nouvelles, toujours à l’affiche à Montréal.BLUE IN IHE FACE ?1/2 De Wayne Wang et Paul Auster, avec une brochette d’excellents comédiens.Au centre, trônant dans son bureau de tabac, Harvey Keitel.Dans l’enthousiasme du tournage de Smoke, auteurs et comédiens ont voulu poursuivre l’aventure.Un film tourné rapidement dans l’improvisation, une improvisation inspirée.Délicieux.Mais avant ou après, il faut voir Smoke.Egyptien et Côte-des-Neiges.Francine Laurendeau JEFFREY ?1/2 De Christopher Ashley.Adaptation de la pièce de Paul Rudnick ayant connu le succès sur Broadway.Le ; film a pour cadre la communauté gay de New York et entend dédramatiser le sida en le traitant sur un i1 ton de comédie avec force clichés.Production à petit budget qui n’arrive pas à émerger du carcan des techniques de scène, distribution insignifiante, ce film qui mêle les genres est une enfilade bébête de lieux communs sur les pratiques homosexuelles de cette fin de siècle secouée par «le mal».Au I^oew’s.Odile Tremblay PUSHING HANDS ?1/2 De Ang Lee.Sympathique et chaleureuse comédie dramatique qui traite du choc des cultures à travers l’histoire d’un vieux sage immigré de Chine qui s’incruste dans la famille très petite-bourgeoise de son fils aux • Etats-Unis, au grand dam de sa bru.; ' Bonne interprétation, dialogues justes mais en bout de ligne, un filin ! moyen et conventionnel qui n’a pas le ton enjoué et plus libertaire de The' Wedding Banquet et de Eat Drink Man Woman.Au Cinéma de Paris.Bernard Boulad HOW TO MAKE AN AMERICAN QU1LT ?1/2 De Jocelyn Moorhouse.Une jeune femme passe l’été chez sa grand-mère en Californie pour y terminer une thèse sur l’artisanat féminin.Tout en fabriquant le traditionnel édredon piqué, des femmes lui feront des confidences sur leur vie amoureuse.Traditionnel, décoratif et fleur bleue, ce gentil film décevra ceux qui ont vu Proof, le premier long métrage autrement personnel Je cette réalisatrice australienne.A l’Égyptien.Francine Laurendeau HUSSARD S l : R cT O 1 T un film de ROBERT LEPAGE f etc.I / Incluant la musique de Dépêche Mode, Portishead »CFGL 105,7fm ALLIANCE MMI Mmm ÜHB BERRI 288-2115 1280 nie St-Oenls * ffi mm CAVENDISH «5-7111 Cavendish coin Kildare + wm rr.¦ TERREBONNE «1-6644 1071 Chemin du Coteau ?& VERSION FRANÇAISE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS SiMMi iwasgl WffW ANS ? I) I M A X (' Il E I II II ft 0 C T 0 B II ï S A M K U I I l K T Il K V 0 I It I.K S CINÉMA Ode à la machine à lueurs Le Musée des beaux arts célèbre les 100 ans du cinéma avec Laterna Magica ODILE TREMBLAY LE DEVOIH Des images peintes une à une à la main sur du verre, sortes de diapositives fixes alignées pour créer l’illusion de la mobilité, des jeux d’optique, des fondus: la lanterne magique, qui lit l'éblouissement du XIX' siècle, est au cinéma ce que le piano mécanique est aux boites à musique, l’ancêtre poétique, vaguement ridicule, touchant d’archaïsme.à qui il manque pourtant un Claude Léveillée pour en chanter les charmes.Reléguée aux oubliettes de la préhistoire, ça prenait le centenaire du cinéma pour sortir cette machine à lueurs des tiroirs poussiéreux de l’oubli.Cette fin de semaine, samedi et dimanche, un spectacle insolite intitulé Laterna Magica viendra illuminer le Musée des beaux-arts de Montréal.En contrepoint de l’exposition Paradis perdus: L’Europe symboliste, on présente L'Anneau des Nibelung de Wagner.L’opéra épique sera présenté dans sa version pour lanterne magique, telle que conçue en l’An de grâce 1887 par Paul Hoffmann pour le Festival de Bayreuth.Occasion unique d’explorer cette première tentative de recréer le mouvement de l’action.L’année 1995 s'achève, et avec elle le cru du Centenaire du cinéma.Mais il reste des activités au programme, des rendez-vous à courir, comme cette soirée Laterna Magica, ou la semaine prochaine le lancement à l’ONF du film de Marquise Lepage Le Jardin oublié.Le documentaire remonte le cours de la vie et de l’œuvre de la pionnière française Alice Guy, première réalisatrice de l’histoire dont le nom fut quasi gommé des manuels.On n’a qu’à parcourir le calendrier d’automne du comité des Cent ans du cinéma pour découvrir que le centenaire est encore sur ses rails, même s’il s’essouffle un peu du côté des télévisions.r axs IU CINÉMA M-.7 .*r- Il y a centenaire et centenaire.À la suite de la France, la planète a célébré la première projection publique des Frères Lumière au Salon indien du Grand Café en y faisant remonter le jour I du siècle de vues animées.Ici le centenaire naissait un an plus tard: le 27 juin 1896 au café-concert Palace, 974 boulevard Saint-Laurent.«Il nous reste six mois pour fêter et célébrer notre cinéma national», commente la coordonnatrice des Cent ans en refusant de sonner son glas le 31 décembre 1995.A ses yeux, le Centenaire constitue un bon moment pour réfléchir sur l’avenir du cinéma.Avec la Société immobilière du patrimoine architectural, à l’heure où l’on prévoit construire tant de nouvelles salles au centre-ville, elle veut se pencher sur le triste sort réservé aux merveilleux cinémas baroques d’hier, épaves abandonnées, comme le York auquel elle souhaite de voir re- couvrer une partie de son lustre.Donner des répercussions au centenaire, c’est semer les graines de plusieurs projets.Certaines ont germé.Mon Oncle Antoine Jugé le meilleur film québécois de tous les temps, a été restauré cet été, remis en état par les soins de Michel Brault.La version longue de Kamouraska du même Claude Jutra fut restaurée plus tôt dans l’année sous l’égide de la Cinémathèque.Ces œuvres demeurent, comme demeurent les films apparus ou à poindre dans le sillage du centenaire: Le Jardin oublié de Marquise Lepage, mais aussi La Conquête du grand écran , documentaire d’André Gladu sur l’histoire du cinéma québécois, lancé en février prochain.Quant à cette avalanche de films, de documents écrits sur l’histoire du septième art, ils contribuent à former une nouvelle génération de cinéphiles.«Or les jeunes n’ont pas de complexes.Ils considèrent comme un phénomène intéressant les œuvres de leurs aînés, et s’interrogent dessus», note la coordonnatrice.Lucette Lupien sait bien que le centenaire roulera encore sur sa lancée quelques mois après la fin de l’anniversaire officiel, bien consciente que le défi de l’avenir sera de profiter de l’élan pour faire durer plus longtemps l’intérêt.Elle rêve d’un regroupement permanent des forces du cinéma, sans lequel tous ces beaux efforts risquent de demeurer malgré tout un peu stériles, enclos dans le cadre étroit d’un centenaire.À surveiller: des événements comme Retour de flamme, films muets retrouvés et restaurés par Serge Bromberg, présentés au début novembre au Centre Canadien d’Architecture.Ou le colloque Le Cinéma cent ans après orchestré du 12 au 15 novembre par l’Association Québé-colse di s études cinématographiques.A la fin de ce onzième mois, à la Maison de la culture Côte-des-Neiges Les Beautés du Québec, premiers films tournés au Québec animés par les conférences d’André Gaudreault.Ou les séries de cours sur les cent ans du cinéma donnés à l’UQAM par Jean-Pierre Masse: lesquels affichent complet depuis le 11 septembre.Des retombées Toute l’année, le centenaire a porté ses fruits.On a enfin eu l’occasion d’admirer des chefs d’œuvre du cinéma au petit écran à une heure décente, particulièrement à Radio Québec qui nous a ravis tout l’été à coups de fleurons du septième art et, espérons-le, remettra ça l’été prochain, anniversaire ou pas.Car le danger de ces événements commémoratifs où l’on gave le public, c’est qu’ils meurent avec les derniers accords de la fête sans prendre racines en des habitudes de consommation courantes.«Le centenaire, c’est un début», répond pourtant Lucette Lupien, coordonnatrice des Cent ans du cinéma.Elle espère que les célébrations généreront bel et bien des retombées.«Le Canal D est en train de démontrer qu’il existe un public pour les œuvres de répertoire», constate-t-elle.Son comité a tenté d’inclure le plus possible un volet québécois dans les manifestations entourant le centenaire.Elle s’attriste que l’été dernier, sur les cent meilleurs films de l’histoire du cinéma projetés à l’impérial, un seul québécois, Mon Oncle Antoine de Claude Jutra, ait été jugé digne de figurer au florilège.Une enfilade de clichés JEFFREY Réal: Christopher Ashley.Scénario: Paul Rudnick d’après sa pièce de théâtre présentée sur Broadway.Avec Steven Weber, Patrick Stewart, Mi-; chael T.Weiss, Bryan Batt et Sigour-*• ney Waever.Image: Jeffery Tufano.V, -Musique: Stephen Endelman.92 Î"," - min.Loew’s.ODILE TREMBLAY .££: LE DEVOIR T T n pièce à succès sur Broadway ir\J est une chose, un film une ; autre.Et il est sans doute dangereux de sauter d’un genre à l’autre.Sur-.tout quand on ne maîtrise pas le médium et que son budget est mince.Cela donne des adaptations parfois bâtardes qui sentent les techniques de scène, sur des gags et une esthétique à la mode.J’ai nommé le désolant Jeffrey, comédie s’offrant le délicat mandat de faire rire d’un thème noir: le sida, ses hantises, ses affole-mënts et ses morts.Place à la communauté gay new-yorkaise.1 Jeffrey est le premier long métrage Lde.Christopher Ashley, metteur en ¦ scène qui avait dirigé la pièce de Paul Rudnick sur les planches et l’adapte ici à l’écran.Il est encore audacieux d’aborder l’homosexualité au cinéma.Bien des acteurs refusent les auditions et préfèrent incarner des tueurs en série ou des vampires que des gays, surtout sidéens, tant l’ostracisme est grand.Comme le fait remarquer l’auteur de la pièce, Paul Rudnick, ceux qui y parviennent se trouvent fréquemment du coup oscarisés, tel Tom Hanks dans Philadelphia, ou William Hurt à travers Le Baiser de la femme araignée.Adapter Jeffrey à l’écran fut donc une entreprise difficile et méritoire.Ce qui ne rend pas le résultat plus brillant pour autant.Sans doute existe-t-il un humour gay, avec ses règles, ses gags et son auditoire.Un humour qui rejoint une catégorie de personnes et laisse les autres froids, un humour de clan.Mais encore faut-il que celui-ci dégage une certaine finesse et aborde des pistes imaginatives qui font défaut à ce Jeffrey.On fera la rencontre de Jeffrey (Steven Weber), beau jeune homosexuel porté sur la chose et que la i> h Avis aux artistes et artisans Ville de Montréal ¦ Service de la culture Permis de vente sur le .domaine public .La Ville de Montréal informe les artistes .et les artisans des modalités de ’ demande de permis de vente sur le 'domaine public qui s'appliquent pour l'année 1996 en vertu du règlement sur •l’exposition et la vente d'œuvres artisanales, picturales ou graphiques sur le domaine public (R.R.V.M., chap.E-7).Modalités et échéancier Les formulaires d'inscription ainsi que des copies du règlement seront dispo-’ nibles lors de l'inscription à l'endroit .mentionnéci-après.Le bureau des • permis est ouvert tous les jours de ' 8 h 30 è 16 h 30.La période d'inscription aura lieu du , 16 au 27 octobre 1995 inclusivement, ¦ è l'endroit mentionné ci-après, aux - heures d’ouverture du bureau.m L'évaluation des demandes de permis se déroulera du 13 au 24 novembre 1995 et se prolongera, si nécessaire, jusqu'au 1er décembre 1995.À ce moment, la présence des requérants est obligatoire aux fins de présentation de leur dossier.La date et l'endroit de ce rendez-vous seront communiqués lors de l'inscription et de la remise du formulaire dûment rempli.Lieu d'inscription et d'information Service des permis et Inspections Ville de Montréal 303, rue Notre-Dame Est 1er étage Montréal (Québec) H2Y 3Y8 Montréal, le 14 octobre 1995 Le greffier, Léon La berge terreur du sida rend abstinent.Serveur dans un restaurant doublé d’un acteur en chômage, il rencontre dans un centre de gymnastique l’homme idéal en la personne de Steve (Michael T.Weiss).Petit hic: l’adoré est séropositif.Tout au long du film, on assistera à un chassé-croisé entre les deux hommes, l’un fuyant l’autre comme il fuit tout contact sexuel, pendant que son meilleur ami voit mourir son amant dans ses bras et reproche à Jeffrey son manque d’engagement.Morale de l’histoire; vous devez aimer fût-ce au mépris de la vie, sinon vous voilà indigne de compter au rang des hommes.Morale appuyée, irritante et plutôt courte, qui nappe le film d’une onctueuse crème fouettée.L’histoire s’y noie au milieu des clichés.Le héros est un jeune homme souriant de façon bébête.Son adoré aux biceps de lutteur n’apparaît guère plus charismatique.Les farces gays fusent et lèvent très rarement.Le sida se voit abordé sans véritable perspective, avec un humour de commande qui ne colle pas au thème.Côté technique, on voit bien que la production a manqué de tout.Et un trop grand nombre de plans fixes, semés à tous vents et à mauvais escient disent le petit budget; comme le disent les scènes adap- PHOTO MICHAEL GINSBERG Bryan Batt, Patrick Stewart, Steven Weber et Michael T.Weiss partagent la vedette dans Jeffrey.tées de la pièce sans transfert, avec des décors de fortune, essayant de donner du pep à de petits numéros sans envol.Quelques prises extérieures, dans Central Park notam- ment, ne parviennent guère à faire oublier le trop grand nombre d’intérieurs étriqués qui donnent le ton à l’ensemble.Le film comporte une série de petits sketches, avec des apparitions éclairs, celle du prêtre gay qui saute sur le héros dans son église et lui pince les fesses dès qu’il l’aperçoit sur son banc d’église (Jeffrey ne fait pas dans le subtil); celle de la transsexuelle et de sa maman qui hantent le Gay Pride Day en criant la joie de la différence, et tout le défilé inévitable des grandes folles.Au rang des figures secondaires, on verra défiler Sigourney Waever dans la peau d’une espèce d’évangéliste combattant les misères sexuelles des âmes perdues inscrites à ses ateliers nou-vel-âge.Elle n’a qu’à se présenter pour crever l’écran, en démontrant qu’une actrice puissante est capable de s’imposer même dans des conditions de misère, comme ici.Waever fait contraste avec la prestation insignifiante de la plupart des acteurs.Je ne sais pas si la pièce sur Broadway relevait le défi de dédramatiser le sida, mais le film en une grande marmite sirupeuse de genres vous arrache à peine quelques sourires irrités.C'a foLIE des RÎNOLINES PRODUCTIONS COCAGNE & CINÉMA LIBRE présentent un film de des frères Gagné .avec Guy TJiauvette Sylvie Legault Revnald Bouchard Manuel Aranguiz ‘ Françoise Gratnn .collaboration au scénario et dialogues - Denise Bouclier musique .André Duchesnes • "Les frères Gagné sont les vrais gardiens de Ja f lamme du cinéma indépendantau Québec , , - v '.SergeLosique PDGeluFFM.I.K DKVOII! AU CINEMA PARALLELE 843-6001 à 21h15 LA LETTRE ÉCARLATE ?Roland Joffé adapte ici le roman culte de Nathaniel Hawthorne, saga de l’Amérique puritaine allergique aux corps et à l’amour libres.Au XIX' siècle, Demi Moore incarne la femme mariée qui, croyant son mari scalpé par les «sauvages», cède à une passion illicite dans les bras du beau révérend du lieu (Gary Oldman) et subit l’opprobe publique.Chronique de l’hypocrisie d’une société et d’une époque, le film n’assume nullement les tensions de son thème noir, aplanit les angles, navigue entre les invraisemblances et livre un produit insignifiant et dilué.Loew*s et Parisien.Odile Tremblay LE HUSSARD SUR LE TOIT ?Après le triomphe de Cyrano, Jean-Paul Rappeneau s’attaque au roman de Jean Giono, qui fit reculer tant de cinéastes.Il le fait avec le panache qui convenait à un projet onéreux, avec une foule de figurants en costumes sur une Provence du XIX' siècle hantée par une délirante imagerie de mort.Car Ix Hussard sur le toit raconte la montée du choléra à l’heure où un beau hussard fait la rencontre de l’amour.Les figures centrales d’Angelo et de Pauline de '[héus sont brillamment interprétées par le fougueux Olivier Martinez et la subtile Juliette Binoche.La beauté des images, la force de l’interprétation, la qualité de la reconstitution d’époque font de ce film une brillante réussite.Complexe Desjardins.Odile Tremblay LISBONNE STORY ?De Wim Wenders.Revenant sur les traces de Friedrich Monroe au Portugal, le cinéaste en panne de L’Etat des choses, Wenders, reprend son discours radoteur sur l’âme du cinéma qui se perd sous la pression des marchands du septième art.Pour alléger la sauce, il essaie d’être drôle et ironique mais il est plus naïf et insipide qu’autre chose.Seule rescapée de ce naufrage: la superbe musique de Madredeus dont il faut acheter le disque avec l’argent économisé sur le billet.Au Cinéma Parallèle.Bernard Boidad DEVIL IN A BLUE DRESS ?1/2 De Cari Franklin.Film noir, joué sur une note parodique par Denzel Washington dans le rôle d’un chômeur entraîné par un détective privé dans une affaire louche de chantage aux implications politiques graves.Divertissant, avec un rythme soutenu, ce suspense plus ou moins classique cherche ses marques dans le ton sans parvenir à convaincre complètement.Côte des Neiges, Alexis Nihon.Bernard Boidad DEAD PRESIDENTS ?Les jumeaux Albert et Allen Hughes qui nous avaient servi il y a deux ans Menace II Society, récidivent avec un second long métrage beaucoup moins intéressant.Le film aborde les lendemains de la guerre du Viêtnam chez des jeunes de la communauté noire, mais la pauvreté des dialogues, Fuck! Fuck! Fuck!, une violence omniprésente et souvent gratuite, une incapacité à développer les thèmes apportés, une interprétation de premier degré empêchent Dead Presidents de lever.Au Centre Eaton.Odile Tremblay THE RUN OF THE COUNTRY ?1/2 De Peter Yates.Dans un sinistre petit village irlandais, Danny, qui vient de perdre sa mère, se retrouve seul avec son père, un homme fruste et brutal.Le jeune homme tombe amoureux de l’adorable Annagh mais l’histoire finira mal.Bref, un petit mélodrame sympathique et convenu, dont le réalisateur n’a pas su renouveler le genre.Au Cinéplex Centre-Ville.Francine Laurendeau UNSTRUNG HEROES ?De Diane Keaton.Premier film de fiction de l’ex-actrice fétiche de Woody Allen, scénarisé par Richard La-gravenese, l’auteur du magique Bridges of Madison County, cette chronique familiale ne manque pas de charme et certaines scènes sont savamment orchestrées pour émouvoir.Keaton dirige bien ses comédiens mais elle ne possède pas encore l’assurance nécessaire pour imprégner le film de sa touche véritablement personnelle.Bernard Boidad LE CONFESSIONNAL ?Premier film de l’homme de théâtre Robert Iœpage, voici une œuvre complexe à paliers multiples.Elle joue sur deux époques toujours entrecroisées.Québec en 1952 à l’heure où Hitchcock tournait I Confess et la même ville en 1989 quand où deux hommes partent en quête de leurs racines.Au Bern et Faubourg.Odile Tremblay CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ I.K l> K V U I It .I.K S S A M K D I II K T l> I M A N (' Il K I 5 0 G T 0 It It K I !» !» 5 B 9 •.> du 3 au 22 octobre LE GROUPE DE VEILLÉE présente' de TANKRED Dorst traduction Bernard Lortholary avec GABRIEL Arcand.Nathalie Prémont et Stéphane Zarov Mise en scène TÉO Spyçhalski Concepteurs: Volodymyr Kovalchuk., et.Gilles-François Therrien I,K THKATRK UKUpresent?m% MAÎTRES | W ANCIENS H Comédie DE THOMAS BERNHARD ndnpUilion et mise en scène de Denis Mnrleiui i;\ coruoDiCnoN avec i l kèstïn \i i>kthé\tkk DES améuioi i:s i:i i.i:nu- \tki-ï u w:\is Dl CENTRE'N.VNONAr DES ARTS IIANQI tf IM IRINTIENNE mmm t-l P Â TP F Mar ou sam 20h.dim.16h.c n a r-c 1371 rue Ontario est j P A L t Réservations 526-6582 ^ VEILLEE Admission 790-1245 spychusïi oirniEU* Aim nom f #i «Rarement le théâtre a été aussi près de la réalité, rarement aussi près de la vérité.Gabriel Arcand nous livre une grande performance sur scène.» J.Beaunoyer, La Presse «J'ai eu l'impression d'assister véritablement à une transfiguration de l'artiste.Avis, à ceux qui sont intéressés par un grand moment de théâtre.» Myra Créé, R.-C.«Arcand parfait dans ce rôle.La scène finale est troublante.un moment de théâtre très réussi.» M.Coulombe, La ruée vers l'art, R.-C.«It's arrowing evening of theatre about theatre, and Arcand has himself a grand old time.He gives one of the most generous performances I've ever seen.» G.Charlebois, Mirror «Magistral !.» F.Grimaldi, C.B.F.Bonjour, R.-C.MOONLIGHT AND VALENTINO ?1/2 De David Anspaugh, d’après le scénario autobiographique d’Ellen Simon.Di vie d’une jeune femme après la mort accidentelle de son mari et le rôle de ses trois amies dans cette période de crise.Un film touchant et drôle, tissé de lines observations, interprété par des actrices fines et désarmantes.Place Alexis-Nihon, Lacordaire.Francine Laurendeau TO DIE FOR ?1/2 De Gus Van Sant.Le cinéaste de My Own Private Idaho livre (sur un film de commande) un petit bijou d’humour noir portant sur le thème de la télévision et des chimères qu’elle enfante.Nicole Kidman en poupée blonde aseptisée bourrée d’ambition et dépourvue de morale campe une suave jeune femme qui ne reculera devant rien pour devenir vedette au petit écran.Une fable féroce, une satire qui frappe dans le mille et une excellente et intelligente comédie de société.Odile Tremblay A MONTH BY THE LAKE ?De John Irvin.Avec Vanessa Redgrave, Edward Fox et Uma Thurman.Italie, 1937.Dans une pension au bord du lac de Côme, deux vacanciers qinquagénaires et britanniques font connaissance et semblent faits pour s’entendre.Mais une jeune Américaine vient semer la zizanie.Prévisible et ennuyeux, raide et compassé.Au Loews.Francine Laurendeau ADULTÈRE MODE D'EMPLOI ?1/2 La Française Christine Pascal nous sert un cocktail de saison épicé mais sans vraie saveur de fond.Une histoire de couple moderne qui se trompaille, se réconcilie, sur paysage d’humour grinçant.Une bonne distribution (dont Vincent Cassel, Richard Berry et l’intéressante Karin Viard), des scènes érotiques fortes, quelques bons moments d’humour, une étude parallèle entre libidos masculine et féminine, mais un manque de liant entre les genres qui laisse le public un peu en plan.Au Parisien Odile Tremblay PHOTO DEBORAH FEINGOLD Anne Bancroft, Ellen Burstyn, Winona Ryder, Alfre Woodward et Kate Nelligan, dans American Quilt.Courtepointe contrastante HOW TO MAKE AN AMERICAN QUILT De Jocelyn Moorhouse, avec Maya Angelou, Anne Bancroft, Ellen Burstyn, Samantha Mathis, Kate Nelligan, Wiona Ryder Jean Simmons, Lois Smith, Alfre Woodard.Scénario: Jane Anderson, d’après le roman de Shitney Otto.Images: Janusz Kaminski.Montage: Jill Bilock.Musique: Thomas Newman.Etats-Unis.Ih49.À l’Égyptien.FRANCINE LAURENDEAU \ A 26 ans, Finn est à la croisée des chemins et doit prendre de graves décisions.D’abord, il y a sa thèse en anthropologie qu’elle n’arrive pas à terminer.Et puis il y a son petit ami qui la presse de l’épouser.Pourquoi se condamner à la monogamie, se demande-t-elle, influencée par l’exemple de sa mère qui collectionne les amants?Comme sa thèse porte sur les rituels de l’artisanat féminin, elle a choisi d’en consacrer un chapitre à la tradition bien américaine du quilt, vous savez, cette courtepointe typique de nos campagnes, cet édredon piqué, aux couleurs vives et contrastantes.Elle va donc passer l’été en Californie chez sa grand-mère où se rassemblent régulièrement quelques «couseuses» sous la direction d’une grande-prêtresse du quilt, le quilt étant traditionnellement une œuvre collective.Seule avec ses parentes et leurs amies, Finn étudie son sujet et rédige sa thèse tout en observant ces dames qui, pour avoir atteint un âge respectable, n’ont pas pour autant décroché et vont lui faire, à tour de rôles, des confidences sur leurs amours.Il semble que l’expérience de ses aînées alimente les interrogations de la jeune femme sur son avenir.L’arrivée inopinée de sa mère puis de son petit ami — pas très content d’être laissé tout seul pendant trois mois — vont provoquer la conclusion de la réflexion de Finn et, du même coup, celle du film.C’est le deuxième long métrage de la réalisatrice australienne Jocelyn Moore dont j’avais trouvé le premier très prometteur, Proof présenté d’abord à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, et ensuite au Festival des films du monde, à Montréal, en 1991.C’est la curieuse histoire d’un aveugle qui a la passion de la photographie.Un film à petit budget, un authentique film d’auteur, la réalisatrice signant également le scénario.J’avais très hâte de voir son prochain film.Or, celui-ci m’a laissée dans un état ambivalent, entre le plaisir et la déception, mi-figue, mi-raisin.Je m’empresse de dire que si je suis déçue, ce n’est pas parce que le film est mauvais.Mon handicap est d’avoir aimé Proof, un film sobre et personnel qui ne laissait en rien prévoir les débordements hollywoodiens que voici.A l’ombre de somptueuses orangeraies, des femmes évoquent les hommes qu’elles ont aimés.C’est à la fois très agréable à regarder et très conventionnel.Les hommes sont fugueurs et inconstants, les femmes sont les fidèles gardiennes du nid.Et si, d’aventure, il leur arrive de s’oublier dans des bras extra-conjugaux, c’est au fond par amour pour leur conjoint légitime.La mise en scène est sage et la caméra pudique.Cç n’est pas érotique, c’est fleur bleue.A l’occasion de la récente sortie en France de Land and Freedom, Ken Loach y allait de ce paradoxe: «Moins vous dépensez, plus vous êtes libre.» Bien sûr que la déclaration est excessive.Mais c’est peut-être un obstacle qu’a rencontré Jocelyn Moorhouse.Car How to Make an American Quilt est d’abord un projet conçu et mis en marche par des producteurs américains, un projet qui comporte, entre autres, une distribution impressionnante.Il y a certainement eu beaucoup d’argent investi et, par conséquent, beaucoup d’interventions et de pressions exercées tout au long de la fabrication du film, lequel a peut-être ainsi partiellement échappé à son auteure.Avec Gabriel Gascon, Pierre Collin, Pierre Lebeau, Henri Chassé, Alexis Martin, Marie Michaud et les concepteurs : Claude Goyette, Lyse Bédard, Denis Gougeon, Guy Simard, Angelo Barsetti.C'est absolument magnifique sur le plan visuel et théâtral.Le roman est un chef-d'œuvre.Son adaptation à la scène par Marleau est sidérante.(.) un grand spectacle, avec des moments stupéfiants, des envolées inoubliables, des proférations formidables.LE DEVOIR.R.LÉVESQUE, MAI 95 Denis Marleau et son Théâtre UBU, n'en finit plus de surprendre.(.) un coup de maître.(.) un spectacle.fort, drôle, à l’acidité revigorante.LE MONDE, 0.SCHMITT, JUIN 95 .les acteurs donnent à entendre avec une grande justesse la respiration harassante, exaltée, obsessionnelle et destructrice de Thomas Bernhard.LIBÉRATION, J.R.THIBAUDAT, JUIN 95.Éblouissant spectacle.La profondeur, la dérision, l’éclatement de l'écriture de T.Bernhard conviennent on ne peut mieux à la vision théâtrale de Denis Marleau et de son Théâtre UBU.La Presse, J.Beaunoyer, mai 95.Through rigorous rehearsal and discriminating nuances of humour and pathos, Denis Marleau makes what I think of as "beautiful theatrical objects".The Globe and Mail, r.conlogue, mai 95.Denis Marleau a réalisé, à partir d'un texte difficile à se mettre en bouche, un morceau intensément musical et provocant, un «show» de la parole comme on n'en voit pas souvent.Le Soleil, J.st-hilaire, mai 95.Theatre UBU's Les Maîtres anciens simultaneously reveals the scénographie superiority of Quebec theatre while showcasing some of its finest acting talent.The Gazette, p.Donnelly, mai 95.À L’USINE G 1345.ave Laloode (sud d Ontario, entre Panet et Visitation) Du 3 AU 21 OCTOBRE 1995 - 20 h 00 Prix rie groupe (10 personnes et plus) Billets Admission : 790-1245 Guichet : 521-4493 le Théâtre UBU est subventionne par LE CONSEIL DES ARTS DU CANADA.LE CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUEBEC et LE CONSEIL DES ARTS DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL SHOWGIRLS ?De Paul Verhoeven.Racoleuse et putassière, cette nouvelle mouture du duo Eszterhas-Verhoeven (Basic Instinct), mêlant sexe et célébrité, se déroule dans le décor scintillant des hôtels-casinos de Las Vegas où une lutte acharnée entre deux danseuses à gogo tournera au vinaigre.Vulgaire, mal jouée, sans rythme, cette prétendue fable sur la rançon de la gloire s’écrase lamentablement dès le premier quart d’heure.Et ça dure 131 minutes! Bernard lloulad Karaté dad PUSHING HANDS Réalisation et scénario: Ang Lee.Image: Jung Un.Musique: Qu Xiao-Song.Avec Sihung Lung, Lai Wang, Bo Z.Wang et Deh Snyder.États-Unis, 100 minutes, au Cinéma de Paris.BERNARD H OUI.Al) Avec le succès de The Wedding Banquet et de Eat Drink Man Woman, Ang Lee s’est imjxisé comme le portraitiste «attitré» de la communauté chinoise d'Amérique.Ses chroniques lamiliafos raouiO'iU toules prati quement la même histoire: un père traditionaliste fraîche- » ~ ment émigré se trouve confronté aux videurs dominantes .» ] de la société moderne américaine.•: • Pushing Hands, qui constitue en fait le premier volet d’une trilogie, a ainsi été tourné avant les deux autres en 1992.En tant que production véritablement indépendan-te, on ne s’étonnera donc pas que ce film ait une facture l , moins «professionnelle» que les suivants mais Ang Lee fait preuve déjà d’un certain talent, notamment dans la di- j.rection d'acteurs, qui explique sa réussite hollywoodien-ne.11 s'apprête d'ailleurs à adapter le roman de Jane Aus- i ; > ten Sense and Sensibility avec nul autre que Emma .•-Thompson et Hugh Grant.•.1 La trame de Pushing Hands est très simple.Alex et sa >\> femme Martha vivent dans une coquette maison de banlieue new-yorkaise avec leur garçon de six ans.Voilà un mois maintenant que M.Chu, le père d’Alex, a .débarqué de Pékin.Et Martha est au bord de la crise.Ecrivaine, elle travaille à la maison mais depuis que son beau-père s’est installé chez eux, elle est en panne.M.Chu, pourtant, est un monsieur fort civilisé, tranquille et aimable.Il se prépare sa propre bouffe (elle est végétalienne, pas lui), fait de la peinture sur toile, regarde des vidéos nuis de Hong-Kong, fait des promenades et médite beaucoup.Or Martha ne supporte plus sa présence d’autant plus qu’ils sont incapables de communiquer: M.Chu ne connaît pas un traître mot d’anglais.Alors, si Alex ne fait rien, ou s’ils ne déménagent pas dans une plus grande maison, Martha menace de quitter le foyer.Sur ces entrefaites, le vieux monsieur, encore très agile — il est maître de taï-chi — rencontre Mme Chen, une veuve professeur de cuisine dans l’école où lui-même enseigne les arts martiaux.Entre les deux, ça clique vite.Mais Alex, voulant tirer profit de la situation sous la pression de sa femme, tente de précipiter les choses.Vexé, 1 1 M.Chu ne se laissera pas faire.On se souviendra que dans The Wedding Banquet et dans Eat Drink Man Woman, Ang Lee avait choisi de traiter ces thèmes du choc des cultures et des valeurs morales avec une note d’humour qui atténuait la portée dra- f ' matique de ces conflits familiaux.C’est ainsi qu’il a pu aborder le thème de l’homosexualité, sujet tabou par excellence dans les familles marquées par la tradition.Dans ce premier film, qui ne manque pourtant pas d’humour, Ang Lee se montre moins déluré, plus timide dans sa façon d’évoquer en douceur, pour ne pas faire .; < trop de mal, ce psychodrame familial.Cette recherche '.d’équilibre atténue l’impact du film et maintient le propos à un niveau plus anecdotique que réellement critique, même si en finale, le constat de Lee sur la coexistence familiale est plutôt amer.J ' Reste que çe réalisateur, né à Taïwan et qui a émigré ; - en 1978 aux Etats-Unis, n’est pas du genre à prendre à «, bras-le-corps ses sujets.Sa méthode se veut plus séduisante et il s’y montre à certains moments très habile.Grâ- ’ .V / ce à l’excellent Sihung Iring qui interprète M.Chu et Lai Wong dans le rôle de Mme Chen, Ang Lee trace un por- j ; » trait particulièrement touchant de leur relation.Leur his- 3{r; toire est traitée avec beaucoup de délicatesse et de sensi- ’ bilité.Par contre, en ce qui concerne le jeune couple de banlieue, c’est tout le contraire.Ils ne sont pas vraiment sympathiques et mènent une rie très pépère de parvenus blasés qui les rend inintéressants.Leurs personnages semblent figés dans la situation de départ et n’évoluent plus.Ang Lee paraît les avoir complètement négligés, comme si leur apparente médiocrité ne valait pas la peine d’être davantage développée.Cet abandon nuit considérablement à la tension du film qui, même s’il n’est pas en-nuyeux, ne captive pas.Et, chose étonnante, il évite de nous faire la morale.C’est toujours ça de pris.-, ', EX MACHINA présente , ® 'V de et afec RobeY^ Variations sur le thème d'HAMLET de William Shakespeare Adaptation, mise ea scène el interprétation : ROBERT LEPAGE Musique originale : ROBERT CAUX DES LE 8 1995 Salle Ludget-Duvernay du Monument National It»2 èout SAINT-lAUffttr MOr.TRfAl METSO ^lACE D MMES OU SANT lAlftflj: STATIONNEMENT PtACE DES APIS CbM«HE«ES.DfSjAPO'N3 El GUY jX'v»E.V TICKETS : 871-2224 OU CHEZ ADMISSION : 790-1245 A04C I.E I) K V 0 I H , I.K S S A M K l> I I I K T l> I M A N t II K I 5 (I C T 0 It It K I II II B (i DANSE T H É A T R E La Karasmania VALÉRIE LEHMANN Fascinant, l’art moderne nippon: les Québécois se sont souvent déjà frottés aux charmes crus et dépaysants de la culture japonaise.En danse, c’est d’abord à travers le bu-toh qu’ils ont découvert cet univers de signes étranges.Ils ont adoré.Puis la jeune compagnie de danse actuelle japonaise Karas, fondée par Saburo Teshigawara en 1985, a amené ici une autre esthétique chorégraphique, tout aussi déconcertante mais résolument postmoderne.Les Montréalais ont adoré.Une vraie Karasmania a même déferlé sur la ville.Deux fois, la compagnie Karas a remporté le prix du Public au FIND.En 1989, avec Ishi-no-Hana et puis en 1991, avec Dah-dah-sko-dah-dah.Au théâtre Maisonneuve, ce soir, avec Noiject, qui représente l’un des deux grands spectacles de clôture du septième FIND, aucune raison que le phénomène ne se reproduise pas.Bien au contraire.Cette œuvre récente de Saburo Tesghigawara (1992) est plus démentielle et exotique que n’importe quelle pièce précédente de ce jeune créateur hallucinant.On sort de Noiject secoué.«Noise+object» est percutant.Le bruit, qui envahit la scène d’un bout à l’autre de cette étonnante pièce abstraite mais remplie d’une émotion crue, est carrément insoutenable: frottements métalliques à grande échelle, cris rauques, mu- sique concrète décapante, effets électro-acoustiques grinçants.11 faut dire que le plateau de Noiject n’est qu’une vaste caisse de résonance faite de métal.Le plancher et les côtés cour et jardin sont recouverts de feuilles d’aluminium, que les treize danseurs parcourent en tous sens: courses et chutes de puissance 10 — subtilement organisées dans l’espace — sont de la partie.De plus, sur scène, se trimballent dans un ordre très mathématique des roues de métal éminemment bruyantes.Les costumes aussi sont magnétiques.Parfois, un interprète allume un chalumeau, histoire de bien faire comprendre qu’il s’agit là d’une œuvre dure, ou dans le but de varier les plaisirs des sens: le spectateur abasourdi a droit à la flamme de feu en pleine face.Un événement de plus pour lui rappeler qu’il regarde une œuvre futuriste qui traite du nouvel «ici et maintenant».La pièce est, il va sans dire, impeccable au niveau graphique.Chorégraphie et arts visuels y fusionnent avec éclat.Les éclairages ajoutent à la danse et au décor ce qu’il faut d’or noir pour que l’illusion d’un antre d’alchimiste en pleine activité reste omniprésente.Comment la Karasmania pourrait-elle ne pas avoir lieu avec une telle explosion?Si le grandiose Eidos: te-los de William Forsythe, lui aussi ce soir à la Place des Arts, ne mange pas tout le public montréalais de la danse, l’affaire est dans le sac.A nouveau Botho Strauss auTNM La Trilogie du revoir en lecture publique Imise en lecture de Lorraine Pintal, assistée de Lou Arteau avec Jean-Luc Bastien, Martine Beaulne, Pierre Bernard, André Brassard, Normand Canac-Marquis, René Richard Cyr, Louise Laprade, Lorraine Pintal, Jean-Stéphane Roy, Daniel Simard.Lundi 16 octobre à 20 h.Réservations: 987-6919.Billets 10S AI) IB Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau nBII VOYAGE DU IronneMËnt DE MICHEL MARC BOUCHARD MISE EN SCÈNE DE RENÉ RICHARD CYR Un spectacle magnifique, touchant, drôle et marquant! SBC René Homier Boy Un spectacle royal! Michel Marc Bouchard, un de nos meilleurs auteurs contemporains.Un cadeau.Une belle création à voir absolument! TÉLÉ-MÉTROPOLE Bon Dimanche Une grande fresque.Un spectacle nécessaire au Québec comme jamais.LAPBXSSZ C'est un «must»! À ne pas manquer: une grande pièce.CB7 Bonjour Une pièce remarquable ! CB F Montréal Xxpresa Une présentation BANQUE LAURENTIENNE avec RÉMY GIRARD • MARC BÉLAND • HUGOLIN CHEVRETTE • MONIQUE LEYRAC • GÉRARD POIRIER • ROBERT LALONDE • BENOIT GOUIN • ROXANNE BOULIANNE • LORRAINE CÔTÉ • Marie-France Duquette • Manon • Caroline Stephenson • Henri Pardo • Martin-David Peters • décor Claude Coyette • costumes François St-Aubin • éclairages Denis Guérette • bande sonore Robert Caux • accessoires Philippe Pointard • assistance à la mise en scène Geneviève Lagacé • régie Lou Arteau DU 10 AU 21 OCTOBRE • RÉSERVATIONS: 987-6919 THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE Salle Pierre-Mercure Centre Pi
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