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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-10-28, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR U feuilleton Page 03 Essais québécois Page D6 ?I Gilles Milialcean Page 09 Formes Page D10 I.K I) E V O I 11 .I.E S S A M EDI 2 H E T D I M A N (' Il E 2 II (I < T O II II E I !l !l PHOTO JOSÉE LAMBERT » * Gilbert Langevin Comme un frère humain ; NORMAND BAILLARGEON Dans un article paru il y a plus de 20 ans; Pierre Nepveu se penchait avec intelligence et sensibilité sur la poéüque de Gilbert Langevin.Nepveu remarquait alors un paradoxe: l’œuvre de Langevin, abondante et importante, n’avait eu droit qu’à un silence quasi total de la part de la critique.Ce paradoxe n’a fait que s’amplifier au fil des ans alors que l’œuvre de Langevin devenait de plus en plus importante et abondante et le silence l’entourant de plus en plus profond.Diverses raisons peuvent expliquer ces ratés de la critique.Il y a d’abord le fait que la personne et le personnage de Gilbert étaient à ce point forts, présents, voire dérangeants — du moins aux •yeux de certains observateurs — gu’ils ont pu contribuer à masquer son œuvre.On lui reconnaissait, par exemple, volontiers un génie de la parole — et il est vrai que la parole de Langevin était un feu d’artifice incomparable — mais c’était trop souvent pour ré-.duire ses poèmes à une parole écri-, te, ce qui occultait précisément son travail d’écriture.Son humour, son apparente négligence, son refus de se prendre au sérieux ont également pu masquer, I à un regard superficiel, l’originalité voire l’existence de ce projet d’écriture.Sa virtuosité même a pu être retenue contre lui.Le disait-on écrivain qu’il se faisait parleur; on aurait vou-; ljU un poète savant pour initiés qu’il écrivait aussi des chansons limpides .et pour tous; on parlait d’un rêveur et il écrivait de la prose, des textes inclassables ou s’engageait dans l’action.Bref: il était insaisissable aux , gens pressés.La poévie Autre chose encore, qui me .semble capitale: Langevin est issu d’un milieu et d’une sensibilité intellectuelles pour qui la poésie n’est pas un jeu mais la vie même — poévie, disait-il; il n’avait que faire des importants; il ne les méprisait pas: il les Ignorait, tout simplement.Poésie et liberté étaient pour lui une seule et même chose, sacrée, et ce diable d’homme n’a jamais fait quelque concession que ce soit là-dessus.Bref: il n’était pas le genre de poète que des départements de littérature de cégeps ou d’universités aiment VOIR PAGE D 2 : LANGEVIN Le soman pour le roman Un début, un milieu, une fin.Un vrai roman, Une vraie histoire avec de vrais personnages dedans.Et c’est limpide et c’est fluide.Le Vent majeur.Et c’est signé Madeleine Gagnon.Impossible?“!- 1- iAn-**i*1' *& tmm v _ itlf'li mkÉi >,< %.j EsfM jjiÎAJg ¦v - WM.PHOTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR Aujourd’hui encore, je ne perds absolument pas mes convictions politiques, mais je ne crois pas que l’art doive et puisse être au service d’une cause.lie a ouvert la porte.Même peau claire, même aura de lumière.— Ça fait longtemps.Même voix douce, enfantine presque, qui traîne.— C’était quand?C’était au début des années quatre-vingts dans un cours à l’UQAM.Elle était prof, j’étais étudiante.— Et Élise Turcotte, tu la vois encore?Et Louise Desjardins?Et Rachel Leclerc?Nous l’écoutions pendant des heures, hypnotisées.Barthes, Lyotard, Derrida, Deleuze.même Lacan devenait compréhensible.Elle nous faisait lire Luce Irigaray, Claire Lejeune, Michèle Mon-trelay.Et nous parsemions nos textes-collages de citations de Nicole Brossard, France Théoret, Marguerite Duras, Clarice Lispector.— Tu te souviens du gars qui trouvait qu’on parlait trop des femmes?C’était l’époque de l’écriture-femme sur la place publique, mais avec elle nous avions le droit de porter du rouge à lèvres, de nous raser les jambes, d’aimer les hommes.Et de rire de nous-mêmes.DANIELLE LAURIN Sauf qu’elle n’entendait pas toujours à rire.Un jour en entrant dans la classe elle avait piqué une sainte colère.Contre la^lirection de l’UQAM, contre le pouvoir, contre l’injustice, contre la terre entière.Quelque temps après, elle claquait la porte de l’université et faisait un pied de nez à sa permanence.— Je n’ai pas quitté mon poste de prof sur un coup de tête.On aurait pu le dire.Certains de mes collègues l’ont dit.Ils ne comprenaient pas que je laisse mon gros salaire, mon assurance-vie, mon assurance-santé, ma sécurité d’emploi absolue.Mais je sentais que si je restais là, je serais malade.Je ne pouvais plus concilier le travail administratif, la direction de travaux, les assemblées, les réunions.et le travail de création.Elle avait quand même réussi depuis une dizaine d’année à écrire sept ou huit livres dont La Venue à l'écriture avec Hélène Cixous et Annie Leclerc, Retailles avec Denise Boucher, et bien sûr Lueur, que nous n’en finissions plus de relire entre nous.Elle en écrirait plus du double ensuite, échelonnés sur le même nombre d’années et que nous découvririons en leur temps, des livres majeurs comme Les Fleurs de Catalpa, Prix de poésie 1986 du Journal de Montréal, et Chant pour un Québec lointain, Prix du Gouverneur général 1991, section poésie.Elle avait eu le temps aussi de mettre au monde deux garçons.—Je n’étais pas comme mes collègues masculins qui avaient, comme ils disaient à l’époque, «nos petites femmes à la maison qui nous attendent avec l’apéro et le souper».Et puis il y avait certains cours théoriques aussi qu’il fallait donner, certains profils, certaines tendances: c’était l’empire sémiotique à l’époque.Enfin, il y avait ce drame humain épouvantable: le sort qu’on réservait et qu’on réserve encore aux chargés de cours.Et ce n’est pas vrai seulement à l’UQAM, c’est vrai dans toutes les universités.Les chargés de cours assument 70 % des enseignements et sont obligés de donner la plupart des cours de base VOIR PAGE D 2 : VENT MAJEUR i 11 î) 1 .à v 5 f.l 'T n i n ici m !t , >’ 151 i : i ) 1 £ f 7 61)1 r 'fi i ?>q t TJ 3 HÎ •c i n tI ïifD >:ci ! ' Ç 7.JT2 yv t Chaque participant doit faire parvenir le bon de participation suivant à: Concours Sous la.couverture - Le Devoir a/s Journal le Devoir, 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec) H3A 3M9 20-4593-17 Les règlements de ce concours sont disponibles au journal Le Devoir.‘Gracieuseté de la librairie de la semaine: Librairie Gagnant(e) du SRC '|§!» Télévision LE DEVOIR m- ponse ! Nom j- Adresse L I TTÉ R AT U R E CANADIENNE ANGLAISE Les style délicieusement corny d’Eliza Clark MISS YOU UNE CRAZY Eliza Clark Coach House Fress, 220 pages, 1995 WHAT YOU NEED Eliza Clark Somerville House, 164 pages, 1995 MISTER SANDMAN Barbara Gowdy Somerville House, 268 pages, 1995 Lire un roman d’Eliza Clark, e’est chevaucher à travers ville, à travers champs, au rythme et au ballant d'une chanson country et western.Moins à cause du décor, de l’intrigue et des caractères qu’à cause du style, si personnel et délicieusement corny de l’écriture.Pas pour les paroles, en somme, mais pour l'air.Car de sa première «comédie sentimentale» à la deuxième, de Miss You Like Crazy à What You Need, des aventures de Maylou Puce Turner aux amours de Do-rene LaTisha et Terence Buddy Whelper — rien que * les noms, déjà.— c’est toujours la même musique, reconnaissable entre mille désormais.D’ailleurs, même les personnages connaissent la chanson.Aucun d’eux, si secondaire soit-il, et si pressante la situation, qui n’entonne, dès ses premiers mots, une tirade fleurie à la Eliza, dans laquelle se délient de drôles de longues phrases, incrustées de verroteries, décorées de franges et de boutons de mica.Aussi bien au dedans qu’au dehors des guillemets, vous a un petit goût de sucré, une çon de mettre le doigt sur les grands bobos bêbêtes de la vie, tout en gardant des nerfs de rodéo, terriblement sympathique.Miss You Like Crazy, paru en 1991, valut à Eliza Clark, productrice de télévision torontoise, le succès immédiat et une place de finaliste à plusieurs prix de prestige, dont celui de l’humour Stephen Leacock.L’histoire de l’inconsolable Maylou, partie chercher les cendres de sa mère, son âme sœur, morte en criant «Ruinmy!» lors d’une partie de cartes en Floride, et toutes les péripéties qui s’ensuivent — l’errance de motel en motel avec l’urne sous le bras, la rencontre de plusieurs spirites, la visite chez Elvis Presley.— possède un accent de vérité (peut-être une part autobiographique) qui lui donne l’avantage sur le deuxième roman.Sophie Giron nay Parce ciu’il s’agit d’une histoire d’amour, donc d’une variation sur un thème pas mal plus convenu.Wliat You Need est moins convaincant.Il n’en comporte pas moins son lot de cocasseries et de tours pendables adorables.Dorene surgit dans la vie de Buddy, concierge misanthrope, en jouant le lélégramme-strip-tease qui s’est trompé de porte! C'est tout le stratagème qu’elle a trouvé pour s’incruster chez un inconnu, alors qu’elle croit devoir se cacher de la police, après avoir tué son méchant mari.Si Miss You Like Crazy est le hit pour lequel on achète le 45 tours, What You Need est l’envers du disque.Deuil drôle d’un côté, amours tristes de l’autre, el au total un bon achat pour découvrir une nouvelle voix.Je m’explique décidément mal l’engouement qui accompagne la sortie de Mister Sandman, troisième roman de Barbara Gowdy, autre wonder kid torontoise, traduite dans treize pays.(Peut-être en trouverai-je la clé dans son précédent roman, tant vanté, qui vient de paraître en traduction au Seuil sous le titre Anges Déchus et qu’un cinéaste adapte en Allemagne.Peut-être que celui-ci était tellement bon que les critiques, séduits, étaient tout disposés à faire fête à celui-là?) Entre une mère et un père de famille, tous deux homosexuels inavoués, une fille obèse abrutie et l’autre nymphomane, une petite fille attardée qui s’avère finalement sur-douée (fille illégitime de l’obèse mais qu’on cherche à faire passer pour sa sœur, donc pour la fille de la mère, vous me suivez?).on ne sait vraiment plus où donner de la tête, dans ce magasin des horreurs outrées.De fait, on met au moins deux, trois chapitres, avant d’attribuer chaque «tare» à son propriétaire et avant de savoir qui souffre de quoi.Donc avant d’être capable de s’intéresser quelque peu au sort de ces caricatures de papier.Les familles «dysfonctionnelles» semblent très à la mode, ces temps-ci, chez les jeunes auteurs anglophones, mais tous n’ont pas le talent de Cordelia Strube (éclatant dans Milton’s Elements, dont j’ai parlé au printemps dernier), qui elle, tout en n’ayant pas peur de l’outrance et de la farce, savait à quel rythme doser l’accumulation.Ce n’est pas que je sois trop polie pour rire des infirmes, c’est juste que je ne vois pas ce qu’il y a de drôle.en soi.Mister Sandman porte en fait sur un très beau thème, celui du secret.Le secret honteux qui taraude chaque membre d’une même famille et qui empoisonne leurs rapports.Seule la petite surdouée sait tout.Ce sera son secret à elle, car elle est muette.Cette enfant albinos vit dans un placard de la maison, telle une représentation romanesque de l’expression there is a skeleton in the cupboard (il y a anguille sous roche).Ce très beau personnage réussit presque à sauver les derniers chapitres de Mister Sandman, où il occupe une place grandissante.Mais décidément non, il y a trop de squelettes, dans les placards de cette maison.Ville Code postal Téléphone (Bur.) (Rés.) (Téléc.) 2204 EST-SEL L E RS LIBRAIRIE HERMÈS ROMANS QUEBECOIS 1.LA NUIT DES PRINCES CHARMANTS, Michel Tremblay - éd.Leméac/Actes Sud 2.SOIFS, Marie-Claire Blais - éd.Boréal 3.NEGAO ET DORALICE, Sergio Kokis - éd.XYZ 4.BAROQUE D’AUBE, Nicole Brossard - éd.Hexagone é ESSAIS QUEBECOIS 1.LE COEUR À L'OUVRAGE - éd.«Le camp du changement» 2.COMME AU CHÂTEAU, Jean Soulard - éd.Jean Soulard 3.DES COMPTES À RENDRE, John Conway - éd.VLB «r ROMANS ÉTRANGERS I.LA FOLLE ALLURE, Christian Bobin - éd.Gallimard 2.SMILLA ET L'AMOUR DE LA NEIGE, Peler Hoeg - éd.Seuil 3.LE MONDE DE SOPHIE, Joslein Gaarder - éd.Seuil «r ESSAIS ÉTRANGERS 1.LE PLUS GRAND SALAUD D'AMÉRIQUE, Anthony Summers - éd.Seuil 2.LA CAUSALITÉ PSYCHIQUE, André Green - éd.Odile Jacob 3.L'ÉTAT DU MONDE 96 - éd.Boréal/La Découverte ?r LIVRE JEUNESSE 1.CYRUS, L'ENCYCLOPÉDIE QUI RACONTE, Christiane Duchesne et Carmen Marois éd.Québec/Amérique «r LIVRE PRATIQUE I.QUÉBEC - éd.Gallimard 4P COUPS DE COEUR 1.COCHON DEVENU BERGER.D.King-Smith - Folio junior 2.JARDINS DE CURÉ, Michel Tournier el Georges Herscher - éd.Actes Sud 1120 av.Laurier ouest, Outremont, H2V 21.4, 274-3669 Jacques Godbout Portrait d’un «cinévain» JACQUES GODBOUT DU ROMAN AU CINÉMA VOYAGE DANS L'IMAGINAIRE QUÉBÉCOIS Donald Smith Québec/Amérique, 255 pages, avec vidéocassette ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il se décrit comme «cinévain» ou «écrivaste», une espèce hybride à la frontière de l’écrivain et du cinéaste: ce qui ne l’empêche pas de tracer une ligne très nette entre les deux métiers qu’il mène de front depuis plus de trente ans.«On naît écrivain, on devient cinéaste», dira-t-il en entrevue.Il est clair que sa vocation poussait Jacques Godbout tout d’abord vers l’écriture.Comme si la caméra lui avait germé entre les mains un peu par hasard, tel un curieux jouet aux manipulations infinies.Cette caméra qu’il préfère en noir et blanc comme œil documentaire, pour mieux capter et isoler les expressions des hommes.Documenta-riste soit, mais transmettant une vision du monde d’écrivain à travers les images qu’il choisit.Chacun ne réinvente-t-il pas le réel à sa manière?Donald Smith a eu une bonne idée: jumeler à un essai sur le parcours de l’écrivain-cinéaste, une vidéo cassette entremêlant une entrevue et des extraits de ses films.Le premier document expliquant l’autre, et vice-versa.Plus de trente films à l’ONF, sept romans, plusieurs essais et recueils de poésie sont ici évoqués à travers le langage «bimédia» qui est le sien.L’ouvrage possède les limites du genre: le côté survol finalement échevelé qui entrebâille des portes maie, n’a pas le temps d’y entrer.Le ton universitaire: moins vivant et nuancé que le discours de l’écrivain dont il est question.Comme quoi, il est forcément réducteur de voir son parcours comprimé dans un livre.Mais instructif aussi.«Les romans de Jacques Godbout se déroulent clans le temps et dans l’espace tel un grand tapis aux motifs variés, mais formant subrepticement un tout homogène», notera Donald Smith, en explorant les constantes de ses œuvres.Dans l’imaginaire godboutien «Voyage dans l’imaginaire québécois», précise la couverture.Voyage surtout dans l’imaginaire godboutien.Davantage de ce type d’ouvrage c’est qu’il découvre les lignes de force, les obsessions d’un créateur.Godbout, tant dans son œuvre écrite que fil- ! mique, est celui qui chercha les racines québécoises dans leur négation d’elles-mêmes, chez un faux cowboy qui s’invente un passé dans les plaines du Far West pour mieux oublier qu’il s’est un jour appelé Ernest Dufault plutôt que Will James, chez un certain Norman William aux multiples avatars qui devient amérindien pour avoir rêvé de l’être et multiplie les identités sous les latitudes étrangères, où a beau mentir.Smith explore les métaphores semées partout: le monstre bicéphale des Têtes à Papineau tirant le Québec d’une contradiction à l’autre, le stand à hot-dog de Galarneau, les chiens du documentaire Aimez-vous les chiens?paraboles de l’humain.Les vitres auxquelles se cognent les regards posés sur les réalités des autres cultures dont nul ne comprend à vrai dire rien, les décryptant à travers la grille déformée de ses codes de valeurs.Tant dans le roman L’Aquarium mettant aux prises la civilisation blanche et africaine, que dans le documentaire Distorsions où Godbout analyse les perceptions opposées et inconciliables, des groupes humains prisonniers de leurs manières de voir, c’est le regard en biais, la position de recul ironique de l’écrivain qui frappe et surnage.Ce livre remonte le parcours de ce .passionné de Rimbaud qui vivra en Ethiopie et restera toujours imprégné * par l’odeur de la patrie du Négus, sé- * jour qui lui inspirera un questionne-ment sans fin sur l’identité nationale.Questionnement sans cesse nourri , par ses voyages, même s’il porte avant tout sur l’identité québécoise *! essentiellement bâtarde: américaine par ses mœurs et ses habitudes de consommation, française par une nostalgie et une aspiration.Godbout ne .craint pas de recourir au langage populaire, témoin de tous ces apports multiples, de ces tiraillements.La tentation américaine, c’est sous ce chapeau commun que Godbout coiffe Le Couteau sur la table, (roman de l’union entre une anglo-québécoise et un franco) et son film Alias Will James (dans lequel un Québécois renie sçs origines), parce que le géant des Etats-Unis constitue à ses yeux une mer où les fleuves se jettent et tant de Québécois aussi, pour s’y noyer peut-être.Vidéocassette et essai constituent une sorte de bilan cinématographique; Jacques Godbout prendra en cette année référendaire sa retraite de l’ONF.Voici un tribut (ou une ini- i tiation) aux regards prismatiques j qu’il a posés au long des ans sur son * peuple bicéphale. I.K I) K V 0 I It .I.K > M K IM 2 S K T I» I M \ N ( Il K 2 » t» (' T 0 » U K I !• !• ô |) .71 L E S P E T I T S II (I N II E I! Il S La chair est très triste ^ fgr G I I.I.E S ARCHAMBAUL T ?LA FIN DES SONGES Robert Elie, Présentation de Blandine Campion, chronologie Bibliothèque québécoise, 225 pages.L> enseigne à laquelle je me suis placé en intitulant cette chronique < «U‘s petits bonheurs» m’interdit de traiter sous cette rubrique de livres dont je ne saurais recommander la lecture.11 faut donc conclure que La Fin des songes m’a plu.Li chose pourtant n’est pas aussi simple.Aussi bien le dire d’entrée, ce roman ne se lit pas sans peine en 1995.Beaucoup de raisons expliquent la gêne que peut ressentir le lecteur d’aujourd’hui.Le Québec de l’immédiat après-guerre a peut-être 1(X) ans de distance sur celui de maintenant.Depuis, les années ont vraiment compté double.Pour le mieux ou pour le pire.Afin de tirer profit de l’aventure spirituelle que constitue le roman, il faut constamment se référera une réalité sociologique et religieuse qui n’est plus la nôtre.Sans cette mise en condition, on pourra même se moquer de certains tournants de l’intrigue, de certaines attitudes des personnages par rapport à la vie.Qu’il s’agisse là d’un monde empêché, empêtré dans sa médiocrité, asphyxié par une spiritualité sans profondeur, voilà une évidence.L’amour physique baigne là-bas dans un jansénisme étouffant.On ne s’aime pas.Comment alors aimer les autres?Comment également laisser vivre son cqrps puisqu’il est entendu qu’il nous entraînera vers la damnation?A ce chapitre, la maladroite tentative de liaison de Marvel ave,c sa belle-sœur, I/luise, est exemplaire.Robert Elie a 35 ans au moment de la publication du roman.11 a déjà détenu quelques postes importants, a participé à l’aventure de La Relève, revue qui réussissait quelques-uns des meilleurs esprits du temps.Intellectuel de qualité, il ne peut être qu’un romancier intelligent.On trouve de nombreuses traces de cette vivacité dans La Fin des songes.11 faut dire aussi que le jeune auteur qu’il était alors ne s’attaquait pas à un mince sujet.Il y traite de l’amitié entre deux hommes et de leur recherche d’identité.Marcel et Bernard vont épouser les deux sœurs.Le premier est journaliste; le second, attiré par les affaires et la politique.Aucun des deux ne sera heureux en ménage.Le cynisme de Bernard y trouvera davantage son compte.Marcel sera un mari et un homme malheureux, incapable de ressentir le moindre répit II finit pas se suicider en se jetant devant un tramway en marche.Comment puis-je justifier mon plaisir de lecture?J’y parviens par des voies de traverse.J’aime, par exemple, l’émotion de l’écrivain devant le monde des enfants.Dans son désarroi, Marcel n’est pas insensible à la beauté de ses deux bambins.Il est atteint par le mystère de la vie qui naît et s’épanouit.Cet émerveillement me touche davantage que les interrogations mystiques qui le visitent.Me retient aussi la deuxième partie du roman constitué du journal de Marcel.Que le ton me soit étranger, que certaines des affirmations ou des questions qu’il renferme soient à mille lieues de mes préoccupations, voilà qui ne compte pas.Seule importe le dessein de l’auteur, qui a de l’exigence.Me gênerait peut-être une certaine insensibilité à la misère matérielle ambiante.Ni Marcel ni Bernard ne s’embarrassent de nuances quand il s’agit de décrire les quartiers ouvriers.A croire que les demeures bourgeoises d’alors (ou de maintenant) sont exemptes de médiocrité.Non, ce n’est pas l’intrigue qui m’a retenu, mais l’écriture inquiète de l’auteur, le frémissement de certaines pages.Pour le reste, c’est de l’histoire littéraire à l’usage des universitaires.Mais pourquoi la chair était-elle si triste alors?TYPOÜ Classiques et contemporains Collection dirigée par Gaston Miron Robert Baillio La couvade TYPOjj Robert Baillie LA COUVADE Préface de Madeleine Ouellette-Michalska Une histoire moderne, racontée avec verve et originalité.«C’est un livre bouleversant, il bouscule tous les stéréotypes qui nous ont été imposés.» Claudine Bertrand, ici.Rosemont.224 pages, 12,95 $ Jacques Benoît LES PRINCES Préface de Liana N issim Un classique toujours envoûtant «On saisira, à la lecture des Princes, le remarquable pouvoir de transfiguration qu’exerce cet écrivain pas comme les autres.» Réginald Martel, La Presse 176 pages, 14,95 $ «Quel est ce cri qu ’on refoule au plus secret des secrets?» Ouvrir le feu, 1971 Les écrits de Zéro Legel, 1972 Griefs, 1975 Mon refuge est un volcan, 1978 Prix du Gouverneur général Le fou solidaire, 1980 Issue de secours, 1981 Les mains libres, 1983 Le dernier nom de la terre, 1992 Le cercle ouvert, 1993 Prix Alain-Grandbois de l’Académie des lettres du Québec.A / l’Hexagone Depuis i 9 5 3 Parmi les œuvres du poète à l’Hexagone .Merci au poète Gilbert Langevin ( 1 9 3 8- 1 995 ) Les trente Nancy Huston La romancière présente chez Leméac des textes choisis s’étalant sur une quinzaine d’années LOUISE LEDUC LE DEVOIR La vingtaine de Nancy Huston relève d’une méprise savamment orchestrée.Son imitation de l'intellectuelle parisienne, elle l’a travaillée jusqu’à la perfection.En vain.«La cowgirl en moi a tôt fait de me rattraper!' Apres Pmi d'aimées passées a dénigrer son Alberta natale, le spleen de l’exilée l'a prise, puis elle l’a sublimé dans le Cantique des plaines.1st quarantaine maintenant franchie, les contradictions ne se sont pas tues.Elle joue chaque jour une demi-heure au clavecin dans son appartement du Marais mais rêve d’enregistrer un disque de country western débridé.Que la vraie Nancy Huston se lève! Tout s’explique pourtant et la clef se trouve dans son tout premier roman, Les Variations Goldberg dans lequel trente personnages entendent chacun leur version d’une seule et même pièce de Bach.«Je l'ai annoncé d’emblée: je ne suis pas une mais trente personnes, présentées tour à tour dans mes titres subséquents.» Désirs et Réalités, constitué de textes et d’essais écrits de 1978 à 1994, en fait la synthèse et retrace le parcours d’une romancière aux mille changements de cap, au rythme des certitudes ébranlées.Tout d’abord il y a la féministe, discrète en France pour ne pas nuire à son image.«Sauf pour les féministes du tiers-monde, le mouvement n’a plus bonne presse là-bas.» Ici non plus d’ailleurs mais Nancy Huston se sent plus à l’aise pour parler de son évolution en la matière.«J’ai fini de voir le tout comme un complot de la moitié de l’humanité contre l’autre moitié.Si l’homme a opprimé la femme, c’est à cause de sa peur panique devant le pouvoir énorme qu’elle a: celui d’enfanter, mais aussi de se faire avorter.» Nancy Huston est d’ailleurs aussi une maman, «pour me forcer à accepter une certaine perte de temps», mais surtout pour être conduite «au cœur même du beau», écrit-elle dans Désirs et Réalités.Un «amour fait chair» qui a échappé à son idole Simone de Beauvoir et que sa propre mère à elle n’a pas pu assumer longtemps, abandonnant ses trois enfants quand Nancy Huston avait six ans.«Je lui en suis très reconnaissante car c’est grâce à elle que j’écris des livres.» Et des livres en français, parce que l’anglais charriait quand même sa part de traumatismes et de souvenirs pénibles, aussi cicatrisée que coffret °rd- 39,95s UNE INVITATION A DÉCOUVRIR CE QU'EST LE THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL Oampigny 4380 ST-DENIS.MONTREAL TÉL.:844-2587 ® MI-ROYAL.I’m en vigueur du 2ft oct.ni 5 noV.**5 Nancy Huston puisse avoir été la séparation.Un français appris dans sa période intel-lo-parisienne et si bien maîtrisé qu’il lui valut en 1993 le prix du Gouverneur général, au grand dam des critiques québécois qui craignirent la traduction primée, ce dont s’est toujours défendue l’auteure d’origine al-bertaine.C’est d’ailleurs ce prix — et tout le tapage qu’il fit! — qui révéla la romancière au grand public, même si son premier titre édité datait de 1979.Rares sont ceux, en effet, qui connaissent Huston l’essayiste, pro- PHOTO JACQUES NADEAU fesseur à Harvard et conférencière convoitée.Quelques-uns de ses essais contenus dans Désirs et Réalités témoignent d’ailleurs de la théoricienne de haute voltige.Une large partie du livre est consacrée à ses réflexions sur la langue, l'exil et l’identité.En pleine tourmente référendaire, inévitablement, le thème risque bien d’être réduit au seul cas québécois.Certes, elle l’effleure au passage pour identifier la source du nationalisme québécois et la vigueur de la culture d’ici: cette source c’est le temps, que l’Alberta n’arrivera jamais à rattraper.«Il faut un certain isolement |x>ur développer sa culture, isolement impossible dans une province née au moment où les moyens de transport et de commun cation ont tout globalise.¦ Pour le reste, Nancy Hustijh l’avoue d'emblée: de la Erariee i> ~» j n p o i) $ BtNOl r PATAU DICTIONNAIRE ACTUEL DE L’ART D’ÉCRIRE VITRINE DU LIVRE I* R A T 1 Q U E pratiques ayant donné des preuves, comme une ligne téléphonique entre l’école et la famille ou encore l’ajout d’heures d’enseignement pour les élèves en difficulté.Ix1 contenu de cet ouvrage est facilement accessible, IA TÉLÉVISION BUISSONNIÈRE René Blind et Michael Fool, Editions Jouvence, 173 pages Sous-titré «L’enfant et la télévision», cet ouvrage s’adresse en priorité aux parents et aux éducateurs, à ceux et celles qui refusent la dictature du petit écran.11 s’agit d’un livre moins contre la télévision que pour l’enfant.Sans mettre leur langue dans leur poche, les auteurs, pères de famille, accessoirement enseignants s|)écialisés et journalistes, livrent avec humour et intelligence un vibrant plaidoyer en faveur d’un usage raisonné et raisonnable de la télévision.GUIDE CRITIQUE DES MÉDICAMENTS DE L’ÂME Collectif, Us éditions de l’Homme, 432 pages Cet ouvrage (^information critique est le produit d'un travail d’équipe entre David Cohen, chercheur universitaire expert en médicaments psychotropes, Suzanne Cailloux-Cohen, rédactrice et journaliste d’expérience, et l’Association des groupes d’intervention en défense de droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ).Il fournit une information détaillée sur les substances médicamenteuses couramment utilisées en psychiatrie et en médecine pour traiter les problèmes de santé mentale et les problèmes existentiels.Les auteurs suggèrent que le patient utilise cette information pour lancer un dialogue avec le médecin sur les avantages et les inconvénients de ces substances.L’ouvrage met l’accent sur l’urgent besoin de trouver des solutions de remplacement à la médication.DICTIONNAIRE AC1UEI DE l’ART D’ÉCRIRE Benoît Fatar, Eides, 611 pages D’abord et avant tout un ouvrage pratique, ce dictionnaire s’adresse à celles et à ceux qui, chaque jour, sont confrontés à des difficultés d’ordre rédactionnel: chercheurs, spécialistes de l’écriture, grand public.Maître agrégé en philosophie et licencié en sciences économiques de l’Université de Louvain, Benoît I’atar vit depuis 30 ans au Québec, oit il enseigne l’éthique et la philosophie politique.Il est également éditeur et auteur de plusieurs ouvrages aussi bien de grande érudition que de vulgarisation scientifique.Ayant constaté que «les solutions n’étaient pas toujours à la portée du premier venu», qu’il manquait un instrument de consultation qui puisse servir de référence, l’auteur a été amené à rédiger ce dictionnaire qui apparaît à première vue fort utile.Il propose un ensemble de directives, de conseils, de suggestions et de renseignements nés de la réflexion et de discussions avec des professionnels avertis.Sous couverture cartonnée, l’ouvrage est de consultation facile en raison d’une table des sujets détaillée, ce qui permet de repérer rapidement l’objet de sa préoccupation.Le dictionnaire répond aux questions qui surgissent fréquemment en cours d’écriture comme, par exemple, l’usage des majuscules dont les règles sont complexes et souvent incohérentes.L’auteur note les principes qui devraient prévaloir et établit quelques règles toujours illustrées par des exemples.Un bon outil de travail qui réjouira ceux et celles ayant le souci d’écrire correctement mais qui sont souvent en butte aux difficultés de la langue française.VOUS ET L’ÉCOLE Mr Yves Carrières Actif, 165 pages Cet ouvrage écrit avec collaboration de M1 Sophie Alain lève le voile sur les coulisses du système scolaire.Il répond aux questions que peuvent se poser les parents en suivant leurs enfants depuis la maternelle jusqu’à l’inscription au cégep, leur permettant de se familiariser avec le monde de l’éducation.Un enfant peut-il être dispensé de fréquenter l’école?Qu’est-ce que l’école internationale?Comment est évalué son enfant?Peut-on choisir l’enseignant de son enfant?Peut-on contester le montant de la taxe scolaire?Autant de questions qui trouvent une réponse.Un livre à la portée de tous qui fournit des réponses claires.La présentation est soignée et il est facile de s’y retrouver.L’ABC DE LA RÉUSSITE SCOLAIRE Collectif CEQ/Éd.Saint-Martin 148 pages Livre de vulgarisation sur la prévention de l’abandon scolaire et sur la réussite éducative.Outil pratique pour toute personne ayant à cœur la réussite des jeunes à l’école, il s’adresse aussi bien aux enseignantes et aux enseignants qu’aux parents.Ouvrage de référence, mais aussi guide pour une action préventive puisqu’il fait état des meilleures J’Hexagone La littérature d'abord — SCÎjt p*s*c* Thfc°a**“ i I Ij quatuor io l'eitauce Ulrmul*"*"" j Nko^ Bros*ard Baroque d’aube SERGE PATRICE THIBODEAU Le quatuor de Verrance suivi de Im traversée du désert Poésie 272 pages 22,95 $ Un événement en poésie.Une écriture de grande envergure.Une errance qui nous conduit de l'Inde au Népal, du Pakistan à l'Iran, jusqu’en Jordanie et en Palestine.À Jérusalem pour la mémoire de l’Humanité.«Hypnotisant!» - Mario Thériault, Sous la couverture NICOLE BROSSARD Baroque d'aube Roman 272 pages 22,95 $ Un nouveau roman et trente ans d’écriture.«Subvertir, transgresser!» - Danielle Laurin.Le Devoir «Un ouvrage très important sur la réalité québécoise de maintenant.» - Victor-Lévv Beaulieu, Sous la couverture L’AMOUR DANS IA FAMILLE RECOMPOSÉE Angelika Clubb, Éditions Modus Vivendi, 231 pages L’auteure est engagée depuis plusieurs années dans le défi de faire de sa famille recomposée un succès et d’y faire régner l’amour.Elle fournit de précieux conseils ayant vécu la même expérience, connu les mêmes difficultés.Elle le fait avec humour, réalisme et efficacité.Avec le temps, affirme-t-elle, chacun finit par sentir qu’il fait partie intégrante de son nouveau «contrat global», de sa famille recomposée, famille qui n’est pas parfaite pas plus d’ailleurs que ne l’est la famille traditionnelle.Renée Rowan Erratum À propos du livre du Dr Yves Lamontagne, La Mi-Carrière, l’éditeur est Guy Saint-Jean et non Guy Saint-Pierre comme nous l’avions mentionné dans notre dernière chronique.Nos excuses aux intéressés.Deux demi-romans font-ils un roman?LE DIPLOMATE ET L'AFRICAIN Gérard Felletier et Heather Hill Stanké, 189 pages, 1995 LOUISE LE 1)1 LE DEVOIR C Un jour, comme ça, Heather Hill lança à la blague un défi à Gérard Pelletier, son collègue d'alors au journal The Gazette: celui d’écrire conjointement un roman.Ix* partage du travail fut arrêté: tour à tour, dans sa langue maternelle, chacun écrirait un chapitre, le soumettrait à l’autre qui le traduirait et se chargerait de rédiger le chapitre suivant.S’ensuivraient alors deux versions d’un même roman, l’une anglaise, l’autre française, dans le respect du rêve trudeauiste.De fil en aiguille, la plaisanterie devint un vrai projet, avec de vraies embûches quand Heather Hill s’envola pour le Zimbabwe comme coopérante volontaire.La poste zim-babwéenne ne faisant pas dans la rapidité, il fallut six ans aux deux collaborateurs pour venir à bout du Diplomate et l’Africain.Sur son premier roman ou plutôt «demi-roman», précise Gérard Pelletier, celui qui fut tour à tour journaliste, ministre à Ottawa et ambassadeur ne nourrit pas de prétentions métaphysiques.«Ça relève de la littérature de divertissement, sans plus», dira-t-il en toute humilité au cours d’une brève conversation téléphonique.En ce sens, mission accomplie.L’action de ce roman est à tout le moins soutenue, à défaut d’étre enlevante.Le parcours du personnage principal, Jacques Nantais, n’est pas inintéressant.Nommé ambassadeur, il préférera à la Thaïlande qui lui est aussi offerte sur un plateau d’argent une obscure république africaine, le Bamiloko.Choix étonnant s’il en est, mais qui s’explique par sa ferme intention de jouer les Sherlock Holmes pour faire la lumière sur l’assassinat de son ami de longue date, le ministre des Affaires étrangères du Bamilo- Un roman heureusement «sans prétention» ko.et de vite renouer avec sa veuve dont il a toujours été amoureux.Pour ceux que les dessous de la vie diplomatique titille, il y a là quelques détails intéressants telle cette interdiction, inscrite dans le protocole international, de boire de l’alcool avant midi.Et malgré les conditions dans lesquelles le roman bicéphale s’est écrit, il n'y a pas de cassure évidente entre le style des coauteurs.Là où la sauce se gâte, c’est surtout dans les dialogues qui ne volent pas très haut.Ou trop longs, ou trop banals, dans le genre: «—Au revoir, Monsieur le ministre.J’espère que le vol vous a plu?—Beaucoup, mademoiselle.Grâce surtout à vos bons soins».Ou encore: «Le premier ministre ne va pas tarder.Il est déjà en route.Que désirez-vous boire?—Oh.rien.Un jus de tomate, peut-être.—Bien, monsieur.» Un petit détail laisse par ailleurs deviner que le travail de relecture n’a pas été fait avec grand sérieux.Dans le chapitre deux, l’épouse de l’ambassadeur Nantais, Chantal, décide de rentrer au Canada.Au chapitre suivant, c’est pourtant sa conjointe Nicole qui demande le divorce.Pareille confusion dans les prénoms n’est peut-être pas étrangère aux problèmes du couple.' T* Gérard Felletier et Heather Hr L* IMplotwir.t* TAfrleitii StiutHÈ.Mais le plus agaçant, sur ces 187 pages écrites par un ex-amba'ssa-deur et une coopérante volontaire, ce sont les nombreux messages adressés au lecteur.Sur la françb-plionie, sur ces «quelques farfelüs, les demi-civilisés de la radio privée» de la Vieille Capitale, sur la condition féminine en Afrique, etc.Les personnages se trouvent du coup à la remorque des Opinions des auteurs et la fiction, dénaturée.Bref, un roman «divertissant» et heureusement «sans prétention».“Une introduction au pays du Québec ET À SA CIVILISATION” Paul-André Linteau Le Gallimard Québec naturellement! Où te cuisent les meilleubs * » u » % * ecHüms o ici 1 ! JACQUES FOLCH-RIBAS UNE AURORE BORÉALE RINA IASNIFR MÉMOIRE SANS JOURS étendons, à / / BIBLIOTHEQUE QUEBECOISE ÊRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ 2 il il (’ ! il H H K I il II 3 Frère Marie-Victorin FLORE LAURENTIEMnE Troisième édit|8 Lia et sorcières / MÊmMaÜ ÉBEC MÉRIDIONAL ’üifeÉSlk J|4 SIKVICi CANADA OC LA f AUMC.; CNVIftONNCMINT CANADA.RÉGION OU OUÉIFC____| SOClUÉ OUfBfCOlSC D( MOHCTION OIS 0' ' : Texte de Danielle Simard -, Illustrations de Philippe Béha Héritage, coll.Libellule, 96 pages, 1995 ' (Pour enfants de 7 à 10 ans) Et enfin, voici une autre histoire de sorcières, d’un genre nettement plus «gentil», destiné à nos «petites horreurs» de 7 à 10 ans.Dans Lia et les sorcières, une petite féç du royaume de Saugrenu, apprend que les sorcières d’il y a mille ahivpouvaient faire de la magie! Grâce à un ancien grimoire retrouvé, les pouvoirs des sorcières d’aujourd’hui sçrônt démontrés avec éclat.Mais tout se mettra à aller de travers.Fiées, lutins et ogres combattront désespérément ce qui, pour eux, constitue une menace.L’auteure süartiuse à croiser et à inventer des ràots tels que libelloiseau, cra-pbuillés, patapoire, etc., ce qui amu-sÇ un moment mais devient un peu lassant, à la longue.L’histoire est tou-téfois amusante et exploite le thème de&qùerelles.%' ^ \ r Gisèle Desroches Quand censurait le Canada ses journaux LA DÉMOCRATIE EN VEILLEUSE RAPPORT DES CENSEURS 1939-1945 Paul-André Comeau, Claude Beauregard, Edwidge Mutin Québec?Amérique, 304 pages, 1995 GILLES LESAGE LE DEVOIR La censure émarge à l’ordre démocratique et constitue une entorse de taille à ses fondements.Devant une menace réelle ou un danger appréhendé, elle est un outil commode et puissant que bien peu de politiciens écartent d’emblée.Pour la bonne cause, la sienne, et pour la vérité, portée en oriflamme sans couture, bien peu hésitent à imposer bâillon, clôture, couperet, silence.Ici même, au Québec, il en est qui, pour faire triompher leur démarche, n’hésitent pas à suggérer diverses formes de censure, y compris la pire qui soit, celle de la presse.Est-il besoin de citer des noms qui donnent froid dans le dos?Au Canada même, la censure a été exhaustive, systématique et efficace durant toute la Deuxième Guerre mondiale, rappellent les trois analystes d’un dossier très significatif et de lourde actualité.Cette affirmation lapidaire s’appuie sur le contenu du rapport sur la censure, retrouvé récemment aux archives du ministère de la Défense nationale, qui a heureusement survécu aux destructions rituelles et à l’oubli du temps.Il constitue un document d’une importance exceptionnelle dans l'interprétation du second conflit mondial tel que vécu au Canada.Ce volumineux rapport sur la censure canadienne force à repenser ce qui est devenu un mythe, notent avec raison Paul-André Comeau, Claude Beauregard et Edwidge Munn.Les correspondants de guerre ne jouissaient ni de la liberté de mouvement ni de l’impunité dans leurs dépêches.Un demi-siècle après la fin du conflit, certains de ces correspondants reconnaissent enfin que leur marge de manœuvre était bien mince.Aucun de leurs textes ne pouvait être publié sans l’approbation préalable du censeur.On.est loin de l’image glorieuse du journaliste sans peur et sans reproche dont les «papiers» étaient reproduits intégralement dans l’un ou l’autre quotidien à travers le pays.PAS qUÉSTIO* oAPPB«.OBt sans MêS Ois ROMA"5 '®gUt (N C°uUUB'’ Carro Le sixième a rrêt #1 .Hénitaqe J£WUZÛÛ& 300.rue Arran Tél.: (514) 875-0327 St-Lambert, Qc Fax: (514) 672-1481 J4R IK5 .Le petit avien jaune « .de croco#3 .Coco a dosae o .Mandarine»- ° .o« »«•*’“" .Tint»»''”"'11' , nlisel Petits T64 pages! Ca rL ta grande! #1 - Loulou.^ 1 la tête #2 .On a perdu la ère .Un micro SM- -.Gertrude est super #4 Ce document inédit lève enfin le voile sur la méconnaissance Hagrante de l’ampleur de la censure au c auada pendant la guerre, l’ensemble des communications étaient visées, peu importe leur forme et leur origine.Entre 1939 et 1945, les censeurs ont traité quelque 134 millions de télécommunications.Ce seul chiffre met en relief l’importance de l’appareil bureaucratique mis en place a une époque où l’informatique ne faisait même pas partie du vocabulaire sophistiqué.Le rapport illustre on ne peut mieux l’exercice classique de la censure en temps de guerre, ajoutent les analystes.En plus de pratiquer le genre avec talent, les censeurs canadiens ont élargi la finalité de ce contrôle de l’information.Derrière l’incitation à l’effort de guerre et dans l’espoir de la victoire, le gouvernement s’oriente vers une forme de manipulation de l’opinion publique.La censure est par essence le lieu de l’arbitraire.Elle se justifie par des considérations de sécurité nationale.Le gouvernement détermine de façon souveraine l’objet de la censure, la nature et l’ampleur de sa mise en œuvre.Cinquante ans après la fin de la guerre, ce rapport n’a rien perdu de sa pertinence.«C’est avant tout l’histoire d’une imposante bureaucratie dont le mandat était relativement simple: soumettre toutes les communications au Canada aux normes édictées dans les Règlements concernant la défense du Canada.Une lecture même superficielle permet d’imaginer le pouvoir détenu par la censure; on peut aussi en dégager des hypothèses au sujet de la relative fragilité des institutions démocratiques quand un gouvernement, au nom des intérêts supérieurs de la nation, décide d’imposer la censure.» Si l’on en croit les auteurs du rapport, les relations entre la presse et les censeurs auraient été excellentes.La réalité est tout autre, écrivent les trois analystes.En fait, les relations furent souvent orageuses, notamment entre 1939 et 1942.Plusieurs quotidiens ont fait fi des décisions des censeurs.Complètement exaspérés, ces derniers ont même sollicité du gouvernement des pouvoirs accrus en vue de remettre les journaux récalcitrants dans le droit chemin.Mais le gouvernement ne veut pas s’aliéner la presse ou les journalistes; il refuse d’acquiescer à la demande des censeurs.Avec l’entrée en guerre des Etats-Unis et l’échec du raid de Dieppe en 1942, le vent tourne cependant et les journaux acceptent de se plier à une censure plus rigoureuse.Au Québec, poursuivent Comeau, Beauregard et Munn, le quotidien Le Devoir joue sur deux tableaux.«Il observe scrupuleusement et à la lettre les prescriptions de la censure militaire; mais il n’a de cesse de dénoncer la participation du Canada à un conflit «impérial», en opposition flagrante aux Règlements concernant la défense du Canada.» En fait, tout au long de la guerre, les censeurs de la presse ont tenté de jouer un rôle d’arbitre.Il n’était pas question d’utiliser la vieille technique du caviardage qui consistait à masquer au noir, dans le texte, les passages censurés.La censure s’exerçait néanmoins, la population en connaissait l’existence.L’Armée, la Marine et l’Aviation considéraient la censure comme «la quatrième Arme des Forces armées».Tels sont les derniers mots du volumineux rapport de 1945, rédigé en anglais et récemment traduit en français, des bureaucrates à leurs patrons d’Ottawa.De quoi donner des idées à ceux qui rêvent, parfois tout haut et même par écrit — des noms connus sont-ils nécessaires?— de mettre à leur tour la déjà fragile démocratie en veilleuse.je s samedis fous deJVl^e Feuille s un concours LE DEVOIR/ Il juuSSbu1* LIA ET LES SORCIERES Texte: Danielle Simard Illustrations: Philippe Béha Lia est une petite fée.Elle vit au royaume de Saugrenu avec les lutins, les ogres, ic& fées et les sorcières.Lia a déjà rencontré un humain et elle a bien ri quand il lui a parlé de.baguettes magiques! Comme tous les Saugrenusiens, Lia ignore que les fées et les sorcières d’autrefois faisaient de la magie.Mais voilà qu’un livre caché depuis mille ans est découvert au fond d’une cave.Un livre de recettes magiques.Pour sorcières seulement ! r Ça va barder à Saugrenu ! Lia, plongée au coeur de cette nouvelle aventure, nous raconte elle-même cette histoire drôle et touchante.Voici la recette magique qui te permettra de déchiffrer la première phrase du roman de Danielle, Chaque lettre a ! été remplacée par le nombre correspondant à sa position dans l'alphabet.Mais attention, Lia a ajouté un chiffre magique, le 3, à chaque nombre.afin de brouiller les pistes ! 22415 24 23, 6 11 & 2122 4 1612 22 966 22.22 16 21612 6 213 22.15 24 23121722 6 23 1610 216 22 76 1716 23 216 5 6 4 24 2116 26 4 24 16 , 224241021617241 Les chercheurs naviguent maintenant vers une version CD-ROM avec les petits profits que récoltera l’AQGO taies ou universitaires depuis deux générations sur les mœurs, les habitudes de vie et l’écologie de ces 300 espèces.Les spécialistes de chaque espèce étaient mobilisés pour rédiger des textes dressant la synthèse de toutes les connaissances disponibles pendant que des centaines de dessinateurs et de photographes s’attaquaient, tout aussi bénévolement, à l’énorme tâche d’illustrer l’ouvrage.Un œil averti pourra déceler à travers deux pages de texte la signature de toute une vie d’observations et d’analyses passionnées: cette œuvre véritable, signée par une toute une génération de chercheurs et d’amateurs, liés par une passion commune, constitue une somme scientifique unique, version moderne de la «corvée» québécoise.On y a même fait des trouvailles, ajoute Jean Gauthier, comme de découvrir que certains milieux urbains, comme Québec ou Trois-Rivières, sont aujourd’hui plus densément couverts d’arbres qu’à l’époque de l’agriculture traditionnelle, ce qui explique que des espèces disparues y reviennent.Tros risqué?Même le financement de cet atlas sort des sentiers battus.Trop cher et peut-être risqué, disaient les éditeurs.Trop gros aussi, disaient-ils, raconte Jean Gauthier, qui a dû s’en tenir à 1300 pages car aucune machine d’ici ne pouvait en assembler davantage.Québec et Ottawa étant incapables, tout comme les clubs d’ornithologie d’avancer les fonds nécessaires, les pilotes du projet ont lancé une prévente au début de l’été.«On prévoyait entre 2000 et 2500 achats en prévente car on demandait rien de moins que 103$, taxes comprises.On a eu 5000 commandes! Devant ce succès, on a décidé de porter à 8000 le tirage initial de l’édition française», raconte M.Gauthier.Une version anglaise sera bientôt prête.Ses 1500 exemplaires sont surtout destinés au marché international des bibliothèques et des spécialistes, sans compter les institutions anglophones d’ici, qui ont été très actives dans le projet.Les chercheurs naviguent maintenant vers une version CD-ROM avec les petits profits que récoltera l’Association québécoise des groupes d’ornithologues.L’AQGO récolte tout au plus quelques dollars sur les 149$ que coûte chaque exemplaire, lequel aurait coûté trois fois plus s’il avait été illustré tout en couleurs.Pour rendre l’atlas plus accessible financièrement, les photos couleurs — une pour chacune des 293 espèces, y compris les disparues comme la tourte et le canard du Labrador — ont été concentrées dans une même section du livre.Malheureusement, l’index ne dit pas à quelle page on les retrouve, ce que M.Gauthier promet de corriger par un éventuel index mobile qui pourrait donner, en plus, le statut des oiseaux présents au Québec.Cette information est actuellement difficile d’accès au commun des mortels puisqu’elle se situe dans le répertoire taxonomique, si familier.aux spécialistes.dans le cadre d’un grand plan international où chaque pays était convié à le faire au profit de tous les autres.Dès cette époque, explique Jean Gauthier, qui a coordonné pendant plus de 10 ans la réalisation de ce livre unique avec Yves Aubry du Service canadien de la faune, plusieurs Québécois se sont mis au travail mais sans arriver à accoucher d’un projet viable et réaliste, compte tenu de l’énormité du territoire à inventorier et du peu d’ornithologues disponibles.Après une première esquisse plus modeste sur la répartition de la sauvagine au Québec, le projet original a refait surface au début des années 1980.Quelque peu piqué au vif par le démarrage de projets similaires en Ontario et aux Etats-Unis, quatre organismes décident d’unir leurs forces pour effectuer ce travail mais en débordant le cadre étroit de l’atlas et des cartes de répartition pour englober toute l’écologie de chaque espèce à la lumière de toutes les études connues.Rien de mois.Ces quatre aventuriers sont l’Association québécoise des groupes d’ornithologues, le Service canadien de la Faune (Environnement Canada), le ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec (MEF) et la Société québécoise de protection des oiseaux.Le territoire méridional du Québec a alors été divisé en 960 parcelles de terrains, chacune confiée à un ornithologue responsable d’y identifier méthodiquement, pendant cinq ans à compter de 1984 — finalement il en fallut six — toutes les espèces d’oiseaux ayant la particularité d’y nicher, c’est-à-dire d’y entretenir un rapport étroit avec le milieu, naturel ou artificiel.Pendant ce temps, des centaines de chercheurs gouvernementaux ou d’institutions comme Hydro-Québec entreprenaient, la plupart du temps en dehors de leurs heures de travail, de colliger et d’analyser les quatre millions de données accumulées dans les études scientifiques gouvernemen- 5i»fis ta direction de Jctin,Gauthier cl Yves Aubry •Sri vit c i umidlrn dfda fautif I nx honiunu nt CUituulu Ui£in>t du i>uChve Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Samedi 28 octobre de 1-1 h à 16 b MARY Ml'.lGS FEMMES DANS l W Pj I Y&IGE ¦ Rélltwions sûr le tournage de The Com/xùi}/ of Stram/cru L.cs lilitions Trois 1120, ave.laurier ouest outremont,.montréal tel.: JÎ74-5669 • téléc.,: 27-t-.V»frO CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIMÉ I.K I) K V U I It .I.K S S A M K l> I K T D I M A N (' Il I Il 0 (’ T I il II A ?K l> !> ARTS V L’univers singulier et pluriel de j iression partagée qui nous vient à l’esprit à la suite de la visite des expositions L'Effet cinéma et Gilles Mihalcean qu’inaugurait cette semaine le MAC.Dans l’ordre, et au sens figuré comme au sens propre, on quitte l’obscure pénombre de l’une pour passer à l’éclatante luminosité de l’autre.Heureux passage.Commençons par la lumière.Elle était attendue, anticipée par plusieurs avec plaisir, cette rétrospective partielle du sculpteur montréalais, l’un des plus singuliers qui soit actuellement au pays, Gilles Mihalcean.Aucune déception de ce côté.Depuis le début des années 1980, alors que le travail de Mihalcean «prenait un tournant particulier, se cristallisait et s’affirmait autour d’une thématique du paysage, avec ses amorces de récit», dit le conservateur responsable de l’exposition Gilles Godmer, cet artiste n’a de cesse de nous surprendre avec son imaginaire poétique de fonnes et de matière.Son univers est celui de l’enfance qui tisse mille liens du fond d’un rêve feutré, celui de la campagne et de ses balades bucoliques, celui, aussi, de chapeaux mous qui ne le sont pas, d’un caillou de la taille d’une grosse roche, de clochers d’église, de vieilles branches et de nuages d’acier desquels s’échappent des cordes de pluie.Quoiqu’il soit à l’œuvre depuis plus de vingt-cinq ans, question de contraintes d’espace mais aussi, grand merci, de choix esthétiques et Son univers «st celui de f Penfance qui I tisse mille liens du fond d’un rêve feutré Y' ' ' m a r c e 1 1 e FERRON oeuvres sur papier 1954 à 1995 exposition jusqu'au 25 novembre GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal - 849-1165 Du mardi au samedi de 9 h 30 à 17 h 30 PHOTO RICHARD M.TREMBLAY I.a Maison, de Gilles Mihalcean.EXPOSITION OEUVRES RÉCENTES PEINTURES FRANCINE LABELLE JEAN GOBEILLE YVES DURAND vernissage le samedi 4 novembre de 13 h à 17 h jusqu'au 25 novembre ÉDIFICE BELCO LOCAL 405 372 Sainte-Cathrine ouest tel.: 278-3136 du mercredi au vendredi de 12 h à 19 h samedi de 12 h à 17 h : -• La Sieste, de Gilles Mihalcean.PHOTO DENIS FARLEY de filon conducteur thématique (la par trop négligée colonne vertébrale de toute exposition se voulant d’envergure.), Mihalcean est ici représenté par une vingtaine de sculptures réalisées au cours des quinze dernières années.Et qu’on le dise, une de plus eût été de trop.Ce sont des mondes que sculpte cet artiste, Accumulations et juxtapositions Parmi les tout premiers assemblages — car à la manière de la logique surréaliste, les œuvres de Mihalcean procèdent par accumulations et juxtapositions —-, on retrouvera des sculptures plus joyeuses et atténuées, dont La Mai- son tout en pastels, avec sa lampe-cheminée chapeautée d’un abat-jour en plâtre, et l’emblématique Fin août avec ses empreintes de bûches flambantes et d’épi de maïs.Puis dans les réalisations de cette année, figurent, entre autres, le jeune pêcheur moucheté du haut de son sous-bois d’ossements dans La Forêt, présenté dans le hall d’entrée du musée, et l’insolite colonnade en noir, blanc et gris dans Vu du mont Royal, installée pour la durée de l’exposition sur l’Esplanade de la Place des Arts qui longe le MAC.Une douche plutôt fraîche que cette dernière œuvre qui fait ici exception, se distinguant des autres par une solennelle tristesse et une aus- QalCRie ôe Beliefeuille Pierre Lussier Vernissage et rencontre avec l’artiste le samedi et dimanche 28 & 29 octobre de i3h00 à 17h00.1367, avenue GREENE, WESTMOUNT - TEL.: (514) 933-4406 lundi au samedi lOhOO - 18hOO dimanche 12h3Q -, 17h30 jamilS koussi :l a a I >iy‘S( ¦nu Marc-Antoine Nadeau Dernière fin de semaine DIDACTART.Complexe' du Oiinil Lac him 4710.Shint-Aïnbroise.local 334 - Tri.;>/ so:> Im urn redi :.m vendredi : l Jli à tsh Snmediei.diiH;iii('he.: J.'ihi'i l Th Lu Musée d’aki coniImporain deB| PR I-SE NT F,® L’Effei ciném Quand limage raconte Mark Lewis, photogramme tiré de Two imposable Films.1995 PROGRAMME DOUBLE I SCULPTURE DE L'ÉMOTION « 14 JANVIER 1996 de u h à is h DU MARDI AU DIMANCHE de u h à 21 h LE MERCREDI métro PLACE-DES-ARTS renseignements (514) 847-6212 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL C2 1 S U K L S A plat, L'Effet cinéma Mihalcean térité à peine dissimulées.Décidément, ce sculpteur qui est aussi poète — les murs du MAC et le catalogue de l’exposition en témoignent pour notre bonheur — a le don rie nous toucher.11 éveille en nous de vagues sentiments profondément enfouis, qui trouvent soudainement des ailes, deviennent légers, au contact d’une folle répartie plastique, d’une imagerie elliptique, charismatique et, à coup sûr, espiègle.Son travail exprime quelque chose d’une volonté de prendre la vie avec un gros grain de sel, sans en effacer la complexité ou la poésie, parfois troublante.Dans cet esprit, on peut en apprécier la générosité, car pour qui se prête au jeu d’y répertorier les renvois entre, par exemple, une Marie auréolée d’un pretzel géant (Im Nativité), en équilibre précaire sur une bouteille (de fort?) renversée au sol, un tapis en peau de vache, un cireux Enfant Jésus costumé en astronaute dodu et un buste de Père Noël, l’expérience devient presque cathartique.Grand bien nous fasse! Qu’on préfère certaines œuvres à d’autres est dans l’ordre des choses.Les comparaisons sont inévitables.Mieux, elles affinent le jugement critique.Cependant, et le phénomène est rarissime, il n’est pas ici une sculpture qui ne mérite pas d’être regardée avec insistance, non plus, une histoire qui ne mérite pas d’être amorcée.Notamment, l’installation rythmique Au pied des Rocheuses (1988).Composée d’une série d’objets insolites juchés sur des socles, pour la plupart verticaux et filiformes, dont un lutrin de métal pour partitions musicales, et dominée par un corps d’homme (qui rêve à un colosse) sculpté dans un rocher de mousse vert acide sis sur une base de bois rouge écarlate, avec à ses côtés une vieille souche dont la carie, telle une dent, a été plombée, cette œuvre, à souhait complexe, intrigue.«On peut se faire des montagnes avec presque rien: un mot, un regard, un sucrier et nous voilà envahis de caps, de sommets et de précipices [.] Adieu Enfance où je brassais des os, de l’émail et du sang.La sculpture, c’est pour t’arracher à cette masse inerte et silencieuse où vit une mémoire avare.», écrit l’artiste.Que sa singularité soit redevable à sa double sensibilité plastique et poétique ou à quelqu’autre ingrédient caché, Gilles Mihalcean est l’un des grands artistes du Québec.Sans doute, aussi, l’un des plus audacieux de ce continent.De sa sculpture souffle une rare et étonnante fraîcheur.A R T M O N A R O PAULINE GAGNON Vernissage le 29 octobre à 13 h Jusqu’au 16 novembre H, Si-ThuI O., Vieux Mtl r; Tel.849-605:2 J EN N IEEK COU ELLE l’EFFE! CINÉMA Musée d'art contemporain de Montréal.185, rue Sainte-Catlierine Ouest.Jusqu'au 14 janvier 1996 Comment 11e pas être a priori intéressés par une exposition qui a pour objet une réflexion sur la présence du cinéma dans le champ de l'art contemporain?En soi, l’idée est inspirante, tout à fait actuelle et riche de possibilités.Ce n’est donc pas une question de mauvaise volonté si l'exposition L’Effet cinéma ne nous convainc pas.Un sujet de cette envergure mérite une exposition exhaustive, fouillée, en plusieurs parties, comme un livre aux chapitres multiples.A l’inverse, il pourrait être abordé à l’étroit, sous un angle précis et exclusif, comme un pamphlet où les mots défilent d’un trait.Ici, il n’en est rien.L’exposition qu’on nous sert est plutôt tiède, ni inclusive, ni exclusive, mais conforme à ce qu’il y a de moins excitant dans une présentation muséale comme il se doit, avec une brochette variée d’artistes aux noms sûrs, quelques-qns d'ici, et d’autres d’Europe et des Etats-Unis.Organisée par le conservateur Réal Lussier.L’Effet cinéma regroupe les peintures, photographies, installations, films et vidéos d’une tren- taine d'artistes, dont les Québécois et Canadiens Raymonde April, Gene- ' viève Cadieux, lliomas Corriveau,'1 François Girard, Alain l-aframboiseA Jeff Wall, Joanne Tod et Michael Snow, les Américains Cindy Sher- • man, Dan Graham, Dara Bimbaum et Eric Fischl, et les Européens Pts : ter Greenaway, Suzanne Lal'ont, John Hilliard et Pierrick Surin.Il est question ici de séries, de séquences, de cadrage, de mouvement et de narration, bref, d'un éventail standard de références au septième art.Une illustration plaquée des liens ' qu’entretiennent les arts visuels avec celui du grand écran.Une pauvre re- J lecture de procédés artistiques contemporains qui furent maintes et • maintes fois discutés.Quant aux œuvres, réalisées au cours des vingt dernières années et dont plusieurs nous sont connues, l’intérêt varie entre le plaisir, avec, notamment, l’action en sus|x*nse du grand cibachro-me humoristique et lumineux de Jeff ‘ Wall et les récits possibles d’une -existence sans cesse rejouée dans l’ensemble photographique de Raymonde April, et la déception, tout particulièrement avec les films vides et inutilement prétentieux de Mark Lewis.Puis pour le reste, allez voir.Une chose est sûre, pour son centenaire, le cinéma eût mérité une exposition plus convaincante.P SOURCE VANCOUVER ART GALLERY1 Outburst, de Jeff Wall.\ OEUVRES DE PETER AITKENS Jusqu au 2 novembre WADDINGTON & GORCE 2155, rue Mackay Montréal, Québec Canada H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 Fax:(514)847-1113 Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30 le samedi de 10 h à 17 h HBUOHB n la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 du 28 octobre au 26 novembre 1995 du dessin au dessein par delà la couleur et la forme six peintres contemporains du Québec: Marcel Barbeau, Laurent Bouchard, Guiseppe Fiore, Yvette Froment, Suzanne Joubert et Louis Pelletier Vous êtes cordialement invités à rencontrer les artistes L Bouchard, G.Fiore.5.Joubert et L Pelletier 1 1 le dimanche 5 novembre I4h Entrée libre • Accessible par ascenseur ¦ Horaire de la Galerie: du lundi au vendredi, de 14 h à 17 h lundi et mercredi soirs, de 19 h à 21 h samedi et dimanche, de 13 h à 17 h LES •" GENT JOURS T'D'ART Ô EMQ.Self-portrait IAutoportraitJ.1976.Photo : Irene F.WXtttowe QAC-Centre international d'art contemporain de Montréal 3M, rue Skerbrooke Est • Du mercredi ru dinumeke, de midi A 13 k • Renseignements : (5141 288-0811 Coiu'eil lin orts et des lettre* du Ouebtc.Coutil te «rts de la Communauté urbuine de Honb-eal.Cou.d du Arts d* Canada, Service de la culture de le Ville de Montre al.ministère du Patrimoine canadien, ministère du Development des ressources hum urnes du Canada, ministère de la Maia d'mcvre de la Sécurité du revenu et de la formation professionnelle du Quebec.The Cershon lskowiti foundation LE DEVOIR Du 28 septembre nu 26 novembre 1995 IRENE F.WHITTDME Consonance < i l * 4 i) m I.K I) K V 0 I H .I.K S S A M K I» I 2 8 K T l> I M A X C II K 2 » 0 C T 0 » l< K Il II .r) LE DEVOIR * Pied de table Klip, par le designer industriel Claude Mauffette, dans la lignée rationaliste à la l itterio \ * ^ • ,
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