Le devoir, 11 novembre 1995, Cahier C
I.L II K V il 111 .I.Y S S A M K U I II K T 11 I M A X (' Il Y 12 N MONDIALE A.DÉJÀ EU LIEU" *1 vi'c il Arnold Antonin • Miciiahlu: jean et l'écrivain RENÉ DE l’Iis l'Rli r — -(PRIX KliNAI DOIV 1988) au cinéma ONF 1564 St-Denis 496-6895 du mardi 14 au dimanche 19 novembre à 18h30 et 20h30 «D’une aérienne légèreté et d’une étonnante nouveauté».LE MONDE ATTENTION : RIVIERE D'EMOTIONS ! « UNE BOULEVERSANTE LOVE STORY ET UN GRAND FILM POUR UN LARGE PUBLIC ! » Huguelte Roberge, IA PRESSE « CE FILM-LÀ VA TRIOMPHER PARTOUT ! » Screen International «À VOIR ABSOLUMENT!» The New York Times «LE MEILLEUR ET LE PLUS ÉMOTIONNEL DES FILMS DE VON TROTTA!» fb rit i£, jZes ^Rah le-^jbeLadeau ( musique j calibre^ Salle Pierre-Mercure Présenté par Gent re Pierre- Pel a flea u 300, bout, de Maisonneuve Est Métro Berri-UQAM Billets: 987-6919 Réseau Admission : 790-1245 ' ' Radio Réseau FM Stéréo Une collaboration de jardins LE DEVOIR Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications &2S&& timsmz%uables TâC Son acoustique CONSERVATOIRE DE MUSIQUE OU QUÉBEC Montréal Jean-Pi erre pas JOURNEE DE LA MUSIQUE DE CHAMBRE au Conservatoire de musique de Montréal le samedi 11 novembre 1995 Classes de maîtres ouvertes au public 9 h 30 Trio à cordes Pasquier (Paris) pour les cordes 9 h 30 • Guy Few, trompettiste-soliste pour les cuivres (Kitchener-Waterloo) Larry Combs, clarinette principale du Chicago Symphony Orchestra pour les vents Concerts Concert Bach Concert Bartok-Hindemith Concert-gala : œuvres de W.A.Mozart, A.Dvorak, G.C.Ménotti, P.Hindemith, J.B.Arban, A.Trudel au Conservatoire de musique au 100, rue Notre-Dame Est Montréal 15 h 12 h 30 13 h 30 20 h Renseignements : (514) 873-4031 ENTRÉE LIBRE Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications cfb INFO-ARTS Bell HD 790ARTS Frais d'appel acceptés Québec u ta El Cl Au-Delà Des Limites De La Convenance, Au-Delà Des Règles De La Société, Un Amour Comme II N’y En A Jamais Eu.“Si Vous Avez Aimé Emma Thompson Dans ‘Howard’s End’ Et ‘Remains Of The Day’ Ne Manquez Pas ‘Carrington’.” ¦ Susan Gninjer, CRN INTERNATIONAL/ AMERICAN MOVIE CLASSICS Prix Spécial du Jury f decannes îl Prix du Meilleur Acteur Christopher Hampton 1k>995 Jonathan Price PRIX DU FILM LE PLUS POPULAIRE \ Festival International du Film de Vancouver JJ EMMA THOMPSON JONATHAN PRYCE UN FILM DE CHRISTOPHER HAMPTON [ARRINGTON Elle avait de nombreux amants.mais un seul amour iuxoeum» ««ras*» inmMiMiDQii ti®M œwia siMûiffliiw «tr ira» lirait mi biiii switciwitiKi version française 1:45-4:20 - 7:00 - 9:35 version originale anglaise LE FAUBOURG 849-FILM 1616 Ste-Catherine 0 ?© b.1:40-4:15-7:00-9 30 ?OIBCUNCT^I certs * • 1 IVP Chronique d’un âge fragile l( PERU JEUNE Réalisation et scénario: Cédric Klapish, Santiago Amigorena, Alexis Gabnol, Daniel Dtieux.Images: Dominique Colin.France.101 minutes.Au Parisien ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Non seulement les nostalgiques des très fleuries années 70 mais également les plus jeunes, ceux qui n’ont pas connu ces rêves et ces émois, seront charmés, émus par le premier film du cinéaste français Cédric Klapish.Il faut dire que les lendemains de 19(58 furent particulièrement vibrants à Paris, oit les aspirations à l'amour universel dans la fumée de substances illicites se mariait à des rêves marxistes, «à des espoirs de transformation sociale qui donnaient lieu, société française oblige, à des palabres sans fin.Le Péril jeune met en scène quatre jeunes gens au chevet d’une amie qui va accoucher, dont le compagnon Tomasi vient de mourir d’une surdose, et qui se remémorent leur passé.Retour sur 1975; quatre lycéens, Bruno, Momo, Alain, Léon et Tomasi veulent réinventer le monde et s’y trouver une place.Il ne s’agit pas d’un éniènte film nostalgie mais plutôt d’une œuvre réalisée avec trois sous, très sensible, qui montre la fragilité de la jeunesse autant que son exaltation.Les acteurs sont des inconnus confondus avec leurs rôles.Chacun est typé, riche de sa personnalité propre, hautement crédible, émouvant.Les clichés du temps, l’imagerie du flower power ne sont pas semés gratuitement.Il y a bien les coussins profonds et les orientalismes incontournables, tout comme l’appel à la lutte finale, le voyage à l’acide et les, rébellions étudiantes, sans compter les phrases-chocs: «A Katmandou, y a des mecs qui vivent cent vingt ans.» Mais ils servent de trame à une exploration tendre d’un âge pétri de contradictions, Sans la magie des mots Le Péril jaune, de Cédric Klapish.quand ces garçons brillaient de faire la révolution, tout en se sentant incapables d’avouer leur flamme à la beauté du groupe; un âge fragile aux aspirations vagues, où les audaces masquent des timidités apeurées.Une chronique qui racontera les amours du «beau» du groupe avec la blonde professeure suppléante faisant craquer toute la classe, comme son incapacité à se déclarer, à vivre ses émotions jusqu’au bout.En attendant, ses copains rongent leur frein, quand ils n’explosent pas comme Tomasi, incapable de s’insérer dans les causes collectives.Le Péril jeune a été initialement réalisé pour la télé dans la série «les années lycée», et son scénario écrit en groupe d’après les souvenirs de jeunesse.Cette écriture captée au vol, collée sur le réel, est rendue avec une vie, une souplesse vraiment convaincantes, qui font sourire et émeuvent tout au long, sans jamais verser dans la caricature.TOTAL ECLIPSE D‘Agnieszka Holland, avec Uonard DiCaprio, David 'lliewlis, Romane Bohnnger, Dominique Diane, Nita Klein.James Thieree, Emmanuelle Oppo.Denise Clialem, Andrzej Sewe-ryn, Christopher Hampton.Scénario: Christopher Hampton, d’après sa pièce.Images: Yorgos Arvanitis.Montage: Isabel borente.Musique: J an A.P.Kaczmurek.Grandc-pretagne-France, 1995.Ili50.Egyptien.FRANCINE LAURENDEAU E n 1871, Paul Verlaine (David Thewlis) a 27 ans.Il vit à Paris avec sa jeune épouse Mathilde (Romane Bohringer) chez ses beaux-parents qui le considèrent comme un bon à rien.Quand Arthur Rimbaud (Leonardo DiCaprio) lui envoie des poèmes, il est bouleversé par leur nouveauté et fait venir l’écrivain à Paris.Chez ses beaux-parents comme dans les cercles littéraires, Rimbaud fait scandale.Mathilde s’inquiète de l’emprise qu'il exerce sur son mari.Car Verlaine est subjugué, fasciné liar cet être libre, insatiable, génial.Il n’a que dix ans de plus mais à côté du jeune homme, il fait figure de bourgeois rangé.Rimbaud se moque de sa vie conjugale et le met au défi de partir avec lui.Tout en disant qu’il aime toujours sa femme, Verlaine devient l’amant de Rimbaud et quitte Mathilde.Suivront deux années de révélations et d’errance, deux an- nées de pauvreté, de disputes, de départs et de retrouvailles.Entretemps, après quelques tentatives de reconciliation, Mathilde finit par demander le divorce.Au cours d’une ultime querelle, Verlaine tire sur Rimbaud et le bit à la main.Pour ce crime, mais tout autant pour celui de sodomie, le malheureux auteur de Chanson d’automne sera condamné à deux années de prison.Plus tard, à Paris, Isabelle Rimbaud (Dominique Blanc) racontera à Verlaine les dernières années et la mort de son frère Arthur.Mais sa visite a un but intéressé: elle s’inquiète de savoir si Verlaine a encore en sa possession des manuscrits de Rimbaud.Elle et sa mère aimeraient bien mettre la main dessus pour les expurger et publier ce qui est publiable.Vous aurez compris que c’est Total Eclipse, d’Agnieszka Holland, que je viens de vous résumer.Un film écrit par le dramaturge et scénariste Christopher Hampton (Dangerous Liaisons, Carrington) qui y joue du reste le petit rôle du juge qui envoie Verlaine derrière les barreaux.La réalisatrice polonaise dé- David Thewlis en Verlaine ploie les qualités qu’on lui connMt: sérieux, fidélité a l’histoire et rigueur dans la direction d’acteurs.Et si comme moi vous vous intéressez davantage aux œuvres de Verlaine et de Rimbaud qu’à l’histoire de leur rencontre, vous découvrirez des anecdotes singulières, des petits côtés peu glorieux, des détails que, à la limite, vous ne teniez pas forcément à connaître.C’est une aventure désillusionnante.Le personnage de Verlaine, en particulier, est déconcertant, voire repoussant.Toujours entre deux vins — entre deux absinthes plutôt — , prématurément usé, faible devant Rimbaud et brutal avec sa femme, on se demande comment il a pu attirer l’un et l’autre.C’est que l’évocation historique se passe de la magie des mots, de la musique des vers, du magnétisme que peut dégager un créateur inspiré.En d’autres termes, la poésie est absente de ce film pourtant consacré à deux des plus grands poètes de la langue française.On reste au ras de leurs petites misères et c’est attristant.Et on en sort documenté, sinon édifié.Hommage à Gabriel Fauré ' Æ 20novembre 1995j,20h ¦Il Sylviane Deferhe, piano 9 et .I l'Ensemble Proteus .¦ L'excellente pianiste , Sylviane.Deferrjp se joint à l'Ensemble Proteus, formation de T.,'j # C jles TiaÂlo-CZonce’its- • NVP ¦ du (Zentte ^bierre-^béta.dea.u Le 20 novembre 1995 Sylviane Deferne Ensemble Proteus • ’ " -.¦ - *• Lé 18 décembre 1995 Natalie Choquette ‘ r • ' Le 29 janvier 1996 Anqrè Laplante Quatuor Alcan Le 18 mars 1996___ Dang Thaï Son -g Le 13 mai 1996 ___ Charles Dutoit Chantal Juillet Desjardins Les meilleurs interprètes, uni prise de son hors-pair, des œuvres, marquantes : voilà / essence des¦ Radio-concerts diffusés par Radio-Canada.Et cette année, le Centre Pj Pélade&t est exceptionable vous permettra d'apprécier chaque note, chaque phrasé et de savourer toute la subtilité de leur art.Abonnements disponibles.LE DEVOIR ' if»» SRC Radio Réseau FM Stéréo Salle Pierre-Mercure Centre Pierre-Péladéau TOO, boni, de Maisonneuve Est Métro Berri-UQAM Informations: 987-6919 «La magie de Ferland fait encore son effet.» 1 S.Gauthier - Journal de Montréal «Le spectacle le plus sobre depuis longtemps.Ferland n'a aucun besoin d'en remettre : le vieux singe est maître absolu de la scène.» La Presse - D.Lemay “«Sourîre^emnrinryeux plissés, et mains ratoureuses, il séduit encore et encore.» M.Cloutier - Le Devoir «Drôle, émouvant, il laisse la place à ses chansons et à sa personnalité tellement riche.» Hélène Dany CFGL «Une émotion à fleur de peau.Un spectacle grandiose de simplicité, de chaleur humaine, de musiques inoubliables.C'était magique.» Paul Toutant - Montréal se soir MONUMENT-NATIONAL lia, IOUL SA NUAJHNT.MONTRAI VPK PlACE0 AM.esOU SAMT LAUHNT IICKETS 871-2224 OU ADMISSION 79)'2li StA'OMIEMENT PIACE DES ACTS COUPlEXtS DE SJAHMNS ft GUV f AVKAU 50 000 copies vendues! DU 6 AU 10 FEVRIER 1996 LE DEVOIR une présentation de rrforrtrêal |.K U K V II | H , I K S S \ M K I* I I U I M \ X I II I \ il V K M It It I Andrea y-jjwr SUstibi NOVEMBRE: 21 h30 21 h; 23-24-25 22 NOVEMBRE Forfait pièce et opéra: Opéra seulement y.ujJly/'iD'j'Iy, Rita Lafontaine Benoit Girard Gilles Pelletier .Mgrjo, Sa i nt-Ama nd ^ggn}*£rgncois Pichette Reynold Robinson Pierre Rivard ¦ .¦ " - — ÿ- -*¦ *-*-¦.* Guillaume Lord François Barbeau Michel Beaulieu ¦ « i- r_ e au novem 44-1793) banque IAUKTNTJLNNE Du lè novembre au 2 décembre Jeudis, vendredis et samedis, 20h NE BLÂMEZ jamais LES BEDOUINS Texte et interprétation : René-Daniel Dubois Mise en scène et scénographie Joseph Saint-Gelais Assistance à la scénographie : Lyne Bélisle Lumières : Claude Cournoyer Assistance à la mise en scène : Claudine Paradis RÉSERVATIONS NCT: 253-8974 22% de réduction les samedis BILLETS 514 790 1245 1 800361 4595 Compagnie théâtrale Fred-Barrv 4353, Sainte-Catherine Est, Montreal La Nouvelle SALLE DLnISE.-PELLETIER - SALLE SEULEMENT SOIRS OPERA RESERVATIONS : 288-7211 Maison Théâtre, 255, rue Ontario Est, Montréal.Métro : Berri-UQAM BANQUE NATIONALE le Devon üne soirée théâtral décorée, éclairée 0 Francine Âlepin, Je< DU ZI NOVEMBRE AU I6 DÉCEMBRE I995 du mardi au samedi à 20 h Une coproduction Nouveau Théâtre Expérimental / Omnibus fff] Espace Libre, I945 Fullum Réservations: 521-4191 t OU CENTRE DE CRÉATIVITÉ ÉVÉNEMENT PLURIETHNIQUE 1 • • Le Théâtre Lm Trot» Arc* et le Centre de créativité des salles du Gwù présentent de Francis Monmart Mise en scène de Ghyaialn Fllion Un bouleversant tête-à-tête entre Vincent Van Gogh et Marguerite Gachet, librement Inspiré de la vie du peintre Avec Marie-France Marcotte et Luc Morissette et les musiciens Marlane Patenaude et Yannlk Prévost 1,2,7 et 8 décembre 1995 à 20 h Les 29,30 novembre, Admission: $ 16 Étudiants et aînés: $ 14 Siillfÿ du 1200, rue de Bleury (Métro Place-des-Arts) Billetterie: (514) 861-4036 Réseau Admission: (514) 790-1245 La traversée du désert Une décennie plus tard, le tandem Dubois et Saint-Gelais reprend Ne blâmez jamais les Bédouins à la NCT GII.HFKT DAVID Les propos vitrioliques de René-Daniel Dubois remplissent une pleine page du Monde, mais l'auteur controversé ne veut pas que l'entrevue porte là-dessus.En compagnie de Joseph Saint-Gelais qui signe à nouveau la mise en scène de Ne blâmez jamais les Bédouins, onze ans après sa création à ht Licorne, le comédien se contente de dire qu'il n’a pas choisi la date du référendum, ni celle du spectacle qui prend l’affiche à la Nouvelle Compagnie Théâtrale le 16 novembre prochain.Bon prince, il lance l'invitation à quiconque voudrait l'interviewer sur ses positions postréférendaires, une fois que la première aura eu lieu.Il y a de la graine de dissident chez l’auteur de 26 bis, impasse du colonel Foisy et de Being at home with Claude.Qualifié par Tes uns de «pessimiste de luxe» (Andrée Ferret-ti) et par beaucoup d’autres d’«uto-piste impénitent».RDI), comme dans Recherche-du-danger, est une sorte d’empêcheur de penser en rond.Qu’on soit d’accord ou non avec son argumentation et qu’on ait ou non déjà croisé le fer avec lui, il faut admettre qu’il a le don de jeter de l’huile sur le feu.Alors que tant d'autres se réfugient sous la chape de plomb du monde administré — du Business as usual, quoi! — , ce Don Quichotte postmoderne dit et redit l’urgence du rêve.Un rêve qui serait tout, sauf à rabais.Univers panique Créée en 1984, la version solo de Ne blâmez jamais les Bédouins offre à cet égard une perspective éclairante sur l’imaginaire de ce pourfendeur du ressentiment identitaire.Le désert tout métaphorique de cette pièce unique dans la dramaturgie québécoise postréaliste grouille d’une multitude de personnages en rupture de ban et menacés d’être rattrapés par une Histoire qui les oblige à choisir leur camp.Alors que deux trains, dénommés Père Noël et Staline, foncent à toute vapeur en direction l’un de l’autre, un Narrateur raconte ce qu’il advient d’un trio de personnages sortis tout droit d’une parodie de bande dessinée: la cantatrice italienne Michaela, ligotée aux rails du chemin de fer fatidique que l’on sait, attend, non sans appréhension, d’être délivrée par Flip, un jeune homme d’allure repoussante et très myope mais qui a le cerveau d’un petit génie, pendant que Weulf, «un jeune premier d’origine teutonne», observe la scène depuis son promontoire, paraissant incapable de se décider à intervenir.Face à cette œuvre en spirale, que je ne me hasarderai pas à résumer davantage, on ne peut qu’avoir un sentiment de vertige.La puissance baroque du verbe et l’entrecroisement des idiolectes proposent une aventure langagière qui défie les frontières culturelles.Alors que le récit dramatisé en différentes voix se déploie, multipliant les chocs et les digressions, c’est le Narrateur, maître de la fiction, qui guide le spectateur dans les méandres de cet univers panique, à la manière d’un démiurge chargé du destin de créatures à la fois dérisoires et archétypales.Joseph Saint-Gelais, qui avait réglé de façon mémorable la toute première production du spectacle il y a plus d’une décennie, se dit heureux de continuer le travail là où l’auteur et lui l’avaient laissé, c’est-à-dire «une patte en l’air», selon la formule de Dubois lui-même.«Nous nous étions rendu compte, avance l’auteur, que le spectacle PHOTO JALTJUKS NAUfc.AU René-Daniel Dubois préfère attendre au lendemain de la première pour préciser les propos post-référendaires qu’il a tenus dans Le Monde.n’appartenait pas à ce qu’on appelle du théâtre de chambre.Après l’avoir jouée dans la petite salle de La Licorne, nous avions eu l’occasion de vérifier que, par son souffle épique, la pièce pouvait s’adresser à un vaste auditoire, comme ce fut le cas au Festival de théâtre des Amériques puis en tournée en Europe.Mais, en même temps, il s’agissait d’un élargissement que nous n’avions pas vraiment eu le temps d’explorer à notre satisfaction.C’est pourquoi nous nous réjouissons de reprendre le spectacle dans la salle Denise-Pelletier qui, bien que coupée en deux par un rideau de séparation, peut accueillir quelque quatre cents spectateurs.Bien entendu, nous sommes aussi curieux de voir ce que ça peut raconter aux jeunes de maintenant.» Nommer l’urgence Néanmoins, les deux complices ne font pas miroiter des changements radicaux sur le plan des choix interprétatifs.«Cette fois-ci, note Saint-Gelais, nous nous sommes concentrés sur la respiration en dessous de la spirale du texte.La présence du Narrateur a été réinterrogée et cela nous a conduits à une approche moins volontariste et moins fébrile qu’à la création, en prenant davantage en compte le fait que ce Narrateur parle de quelque part et qu’il ne doit pas disparaître totalement derrière les différents contes qui nourrissent son jeu.» LE CRU La Maison Théâtre présente ri- ft* de Patrick Quintal d’après Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling Une production du Théâtre du Double Signe POUR LES 7 À 12 ANS Du 8 au 26 novembre 1995 Samedis et dimanches à 15 h Mise en scène : Patrick Quintal Avec : Lilie Bergeron, François Bienvenue, Sarto Gendron, Sylvie Marchand, France Parent, Jacques Routhier, Jacinthe Tremblay, Mario Trépanier Les concepteurs : Jean Francœur, Dominique Thériault, Jacques Jobin Située en plein désert, à l'ombre d'un «totem immense», comme l'indique U* tout premier conte qui ouvre la pim*, l'action sera ponctuée par des instruments de |x*rcussion, tout comme à la création.«La |x*rcussion, note Dubois, est pour ainsi dire orgiuiique l«ir rapport à ce tyjK* de s|x*ctacle solo.Il y a des différences dans l’instrumentation choisie, mais à notre point de vue, ça n’aurait servi à rien de remettre en question a* choix musical et rythmique.Déjà que nous avions essayé beaucoup de solutions pour le Narrateur voila une dizaine d’années, dont celle du clown, il est apparu très vite que le choix d’un acteur en frac comportait toujours ie plus d’avantages.Mais, encore une fois, nous avons souhaité que le Narrateur soit plus présent en ie montrant en train de jouer et de regarder ce qu’il fait.» René-Daniel Dubois se dit heureux de réendosser — «C'est le cas de le dire», lance-t-il — la complexité dont son texte est tissé.«Je m'aperçois aujourd’hui, avance-t-il, que j'en savais déjà beaucoup sur ce qui s’en venait.Au-delà de l'aspect anecdotique qui fait se précipiter l’un contre l’autre deux blocs parfaitement monolithiques que j’identifiais alors au capitalisme et au communisme, nous continuons justement d’être prisonniers de fausses alternatives, comme d’avoir à choisir entre laisser mourir ses enfants ou de s’occuper des pauvres, pour ne rien dire du récent débat référendaire.C’est la dynamique du tout l’un ou du tout l’autre, à laquelle je m’attaque.Je maintiens que c’est la responsabilité de l’artiste de nommer l’urgence, dans la mesure où c’est la vie elle-même qui réclame d’être assumée.» L’auteur de Ne blâmez jamais les Bédouins sait bien que ses propos souvent incendiaires ne lui ont pas fait que des amis.«J’ai l’impression de me frapper à un mur, note-t-il, mais je me tue à dire qu’il y a plus de choses au Québec que ce qu’on accepte de mettre sur notre table.Finalement, je n’ai d’autre but que de mettre mon désert avec le désert des autres.Et, comme je ne suis pas capable de prendre la psychologie au théâtre, dans le genre «tranche de vie», je pousse du côté des réactions qu’engendrent tel ou tel phénomène sur l’être humain.Parce que c’est dans le rapport au phénomène que se situe tout l’intérêt de l’art.» Tel un rhapsode qui rapaille les chants libres, les reeits mythiques et les paroles empêchées d’un monde en voie de disparition, René-Daniel Dubois a derrière lui une œuvre qui demande qu’on se mette à l’écoute des désirs enfouis dans les décombres.On s'étonne qu’aucune iMieore songe a re-; pièces aussi remar- compagnie n a programmer de _______________ quuhles quVb//Vw, docteur Müneli ou 26 bis, Impasse du colonel Foisy.C'est, en tout cas, tout à l'honneur de la NCT d'avoir décidé d'y aller voir de ( plus près.En toute connaissance de* cause.’THEATRE’ iÆ-riU romenadi euues Simon Fortin I.K I) Y V IM K .I.K S S A M EDI II Y T l> I M .V \ C II Y I '£ X U V E M II II E I H C (i Moisson québécoise Sur Scène et En Coulisses FRANÇOIS TOUSIGNANT La maison Analekta nous gâte.Apres les Soutin s pour tlcux violons de Telemann avec Angèle Du-beau, voici l’intégrale des concertos pour orgue de Hândel.Quatre disques, offerts «i l’unité, avec quatre organistes, un |«ir disque.Une obligation pour les admirateurs du compositeur.Si vous hésitez, optez pour le volume 1, avec Geneviève Soly.Ce ne sont peut-être pas les plus populaires, mais ils sont les mieux joués.A éviter.le volume 3: dom André Labetge est un musicien correct, sans plus, Handel exige davantage.L’ensemble ¦ Carl Philipp est toujours à la hauteur (Analekta AN 2 8221-8222-822T8224).Aussi, chez SNE cette fois, Im Flû- te virtuose avec Claude Régimbald et Claude Webster.Lb musique ne casse pas les murs, mais les instrumentistes oui (SNE -604-CD).Les disques SRC ne sont pas en reste.Des raretés comme la musique de Chambre de I.ouis Vieme (MVCD1085) par le Groupe de chambre de Montréal ne sont peut-être pas ce qu’il y a de plus sublime au repertoire, mais varieront votre menu.Et surtout, pour les curieux d’héritage, Antoine Reboulot a gravé les douze Préludes de Louis Vieme pour piano et ses propres Cinq préludes pour piano (MVCD1084).Une découverte et par-dessus tout un témoignage d’une époque qui ne doit pas s’effacer de notre conscience.Une heureuse initiative pour la musique classique Le 13 novembre 1995, à 20 h LE QUATUOR ORLANDO HAYDN QUATUOR en mi bémol majeur, op.33, n° 2 SCHUBERT QUATUOR n° 9 en sol mineur, D.173 BEETHOVEN QUATUOR en mi mineur, op.39, n° 2 INFORMATIONS: PRO MUSICA, tel.843-0532 Billets: 25 $, 18 $ 12 S (étudiants).taxes incl.(redevance en sus) Hoechst S3 H Théâtre Maisonneuve Ou Place des Ails Resotvniums h*l»*phrwtM|ii«fN •>14 842 2112 f iaisili)S»!iy*( r *Ht.'ilevAiiMMi»* taxes! Mit tout billet ilé plus île.10 S MARK) CLOUTIER LE DEVOIR Une entreprise privée qui fait la promotion de la musique, il n’y a pas de quoi fouetter un journaliste.Mais ajoutez le mot «classique» au mot «musique» et vous obtenez une rareté.Sur Scène et En coulisses est une agence de diffusion artistique qui se consacre à la promotion de la musique classique et contemporaine faite par les musiciens d’ici.Cette firme privée effectue le travail de gestion et d’administration des tournées, demandes de subvention.relations publiques, représentations auprès d’éventuels commanditaires.gouvernements, etc., pour les artistes.Depuis le lancement de l’idée et l’incorporation de la compagnie en septembre dernier, 50 demandes ont afflué aux bureaux de l’agence qui a décidé de se limiter à sept artistes ou ensembles pour des questions d’efficacité.On y retrouve donc l’Orchestre baroque de Joël Thiffault, qui n’a plus besoin de présentation, l’Ensemble vocal Ganymède, un chœur d’une vingtaine de voix d’hommes, Les Plaisirs baroques, un trio de musique des XVIP et XVIII'' siècles, L’Ensemble Pentaèdre de Montréal, quintette à vent de musique classique et contemporaine, Normand Babin, pianiste, l’Ensemble Claude-Gervaise, musique ancienne sur instruments anciens, et l’Ensemble Karel, l’or- PHOTO MARTIN LECLERC Edgar Fruitier est le président d’honneur et l’animateur de la soirée de lancement de l'agence Sur Scène et En Coulisses de Francis Beaulieu.chestre à vélo de Michel Smith.Cette heureuse initiative est le fruit du travail d’un jeune diplômé en musique et agent qui a travaillé auparavant pour l’agence Transart et le NEM, Francis Beaulieu.«L’idée vient d’un besoin des artistes d’être mieux représentés afin de pouvoir se consacrer entièrement à la musique.J’étais fatigué des conversations de salon qui disaient qu’il fallait faire quelque chose et je l’ai fait.» Un showcase classique Créer un groupe, une force, c’est faire de la politique, du commerce.«La culture est aussi une entreprise, indique Francis Beaulieu.Il faut s’en occuper.Le financement peut venir d’ailleurs que du ministère de la Cul- 3 •Wi ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Charles dutoit Mardi 21 et mercredi 22 novembre • 19 h 30 LES CONCERTS POPULAIRES AIR CANADA Balade sur Broadway JAMES HOLMES, chef ANGELINA RÉAUX, soprano Angelina Réaux chante les grands succès de Broadway : WEILL.BERNSTEIN, SONDHEIM et autres.Angelina Réaux Cocommanditaire : • '* DISQUES CLASSIQUES f Pour un ciel d’automne, des sanglots longs de violon Beaucoup de nouveautés dans le domaine du violon en ce moment.J’ai donc choisi pour vous trois disques que je vous présente dans l’ordre de «ma préférence à moi».Pour ne pus trop nuire aux voisins, j’ai laissé de côté les bruyants concertos pour aller vers le domuine plus intimiste de la musique de chambre, là où on aime à s’enfermer quand il pleut et qu’il fait plus que maussade.FRANÇOIS T () U SI (i N A N T PROKOFIEV: VIOLIN SONATAS Sergeï Prokofiev: Sonate pour violon et piano n° 1 en fa mineur, op.80; Sonate pour violon et piano n° 2 en ré majeur, op.94 bis; Cinq mélodies op.35 bis Vadim Repin, violon; Boris Beresovsky, piano Erato 0630-10698-2 Tout d'abord, ce magnifique enregistrement de deux incroyables jeunes musiciens russes.J’ai déjà parlé de la grande virtuosité et de la profonde musicalité du pianiste Boris Beresovski comme soliste avec les concertos de Liszt.On le retrouve aussi grand ici, mais sous un autre angle.Il fait duo avec Vadim Repin (tous les deux ont moins de trente ans), gloire montante de l’école de violon russe qui lui aussi fait ses armes au disque comme chambriste.Le disque comporte deux transcriptions.La deuxième sonate est en effet la version que firent Prokofiev et David Oïstrakh de la Sonate pour flûte du composi- teur.et les Cinq Mélodies, une transcription du compositeur de la version originale (Cinq Mélodies sans paroles) écrite pour la soprano Nina Kochitz.On découvre ici une merveilleuse façon de faire de la musique ensemble, digne déjà des plus grands duos d'interprètes par son intériorité, sa complicité, sa subtilité dans tous les aspects des partitions: rendu des nuances, variations de tempo, rubato et dialogues raffinés entre les protagonistes.On a, en prime, cette fougue de la jeunesse virtuose, celle qui domine encore totalement son instrument pour ne pas avoir à s’empêtrer dans quelque difficulté technique que ce soit et la couvrir par un sens musical parfois forcé.I.a première Sonate est du même tenant, mais d un aspect plus sombre.Le siècle était peut-être jeune mais ses problèmes faisaient mûrir vite.Peut-être est-ce à l'image de ces deux artistes qui ont vécu en temps de crise dans leur pays, ce qui leur permet de mieux comprendre les intentions du compositeur, vivant en exil puis isolé lors de son retour au pavs?En dépit de ces considérations extra-musicales, il n'en reste pas moins que cette sonate est bouleversante.Dans le premier mouvement, on a l’impression que la plainte du violon sort précisément des coups de glas du piano.On se demande comment les interprètes arrivent à nous faire tant frémir.Beau contraste avec Yallegro brusco suivant.Du vrai Prokofiev «moderne».La justesse et l’aisance d’archet de Repin, sa précision d’attaque étonnent et charment à la fois.Il sait, comme le pianiste, varier sa palette sonore et son catalogue d’effets.J’ai hâte de les entendre dans du Bartok.Un remarquable disque, qui fera plus que meubler votre nostalgie automnale.PROKOFIEV «¦jfij ‘ Violin.Sonatas rm Nos-1 & 2 ' JM \ 5 Melodies ./-V V^DIM REPIN BORIS BEREZC DEBUSSY JANACEK PROKOFIEV Leos Janaceck: Sonate pour violon et piano; Sergei Prokofiev: Sonate pour violon et piano n° 1 en fa mineur, op.80; Claude Debussy: Sonate pour violon et piano, Viktoria Mullova, violon; PiotrAnderszewski, piano Philips 446 091-2 Si Repin et Beresovsky s’appliquaient à rendre le Prokofiev prenant et «écoutable», rien de tel ici.Aucune concession au pplaisir.Aucune séduction: cela glace l’épine dorsale.Une autre vision, peut-être plus redoutable, de l’œuvre, mais qui parle beaucoup moins directement au premier abord.On est fasciné par la musicalité profonde des interprètes.Autant les précédents nous amenaient aux limites de ce qui est techniquement concevable, autant ici l’univers bascule.Le violon s’incarne, c’est la «marque de commerce» de Mullova, et le piano le suit avec un abandon déroutant et compli- Semaine du 11 au 1 7 novembre 1995 HORAIRE VIKIOKIA Mil LOVA 1*101 H Mil HS/tWSK PHILIP?ce.Une très grande version à n’en pas douter.Je dirai la même chose de la Sonate de Janacek.Une œuvre trop rarement jouée et ici le tenue malheureusement prend tout son sens.Kundera a bien raison de penser ce compositeur comme apportant une lumière nouvelle sur l’expression musicale.Encore qu’il faudrait peut-être plus parler d’ombre: il n’y a guère de soleil dans cette sonate.L’investissement des interprètes est énorme, à la mesure du propos, intense et hors du commun, donc, véritablement artistique.Une belle découverte.Coquine et noire à la fois, la Sonate de Debussy n’est pas facile à apprivoiser, encore moins à interpréter.Ici, elle est faite comme s’il s’agissait de la Sonate de Franck.Une belle idée de filiation qui risque de choquer les oreilles «puristes et délicates».Que de sensualité dans cette version! Je ne sais pas qui mérite le plus d’éloges dans cette interprétation: du pianiste qui transforme sa partie en une source tiède dans laquelle on a envie de nager et qui rend avec humour ses commentaires aux interventions du violon, à la violoniste qui mord et caresse à la fois sans nous donner de répit dans ses envolées.La subtilité n’a jamais été antonyme de profondeur, ce que prouve cette grande version de cette sonate.Assez anti-traditionaliste, et plus que convaincante.SONATES POUR VIOLON ET PIANO Gabriel Piemé: Sonate pour violon et piano en ré mineur, op.36; Charles Toumemire: Sonate-Poème pour violon et piano, op.65; César Franck: Sonate pour violon et piano en la majeur, Anne Robert, violon; Sylvianne Defeme, piano.REM 311260XCD Drôle de mélange que cet enregistrement.Je sens que vous n'allez pas m'aimer.Il s’agit de musiques superficielles et racoleuses qui sont en contraste ixirfait avec les deux premiers disques.Cela commence avec la Sonate de Gabriel Piemé.Le contenu est plutôt mince et ne nourrit guère l'âme.Néanmoins.l'œuvre est charmante.Si la ligne de violon est parfois factice, les volutes du pi;uio sont remarquables dlmagi-nation Sans être originale, cette ixulie reste agréable et est rendue |ior Sylviam* Defeme comme un bol ecrin, une belle prose recherchée et délicate.Comme un beau guéridon ou un beau meuble, on en apprécie la presence dims le décor, suis que cela change gr.uul chose à l’atmosphère.Li Sonate-Poème de Toumemire fait référence à une poésie qui ne me touche guère.Si vous préférez Chateaubriand à Baudelaire.Tennyson à Elliot, peut-être y serez-vous plus sensible que moi.Dans ce domaine de l’«ineffable», j’admets avoir jx-u d'attache.On prendra la pièce comme un témoignage d'époque, sans plus.Plus problématique est la Sonate de Franck.Ici les interprètes optent pour la douceur, la mélancolie et le calme, se situant à contre-courant des visions plus dramatiques et «viriles» de ce qu’on a l’habitude d'entendre; On ne peut s'en plaindre pour le début du premier mouvement où encore les moments plus méditatifs du troisième.Cela ne compense pas le manque d’énergie du deuxième mouvement, ni l’insuffisance d’épanouisse^ ment dans le second thème du premier.Une lecture qui séduit par endroits, mais qui laisse sur*sa faim par son aspect tiédasse.On le regrette d'autant plus que la prise de son est remarquablement bien faite, donnant sa juste place à chacun des protagonistes, et où le piano, pour une rare fois, sonne bien.V~| iUlftiiWi lME5|j nr SONATES pour violon et piano Anne Robert, violon Sylvianne Defeme, piano PIERNÉI FFÉ R E N C E écoutez ladi A IA CHAINE CULTURELLE FM DE RADIO-CANADA SRC
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