Le devoir, 17 novembre 1995, Cahier A
.**»*¦« C // ;• i s t i a n R ion x PERSPECTIVES Un électrochoc pour la «sécu» Comme les Canadiens, les Français se demandent qui contrôle les dépenses de santé.La réponse d’Alain Juppé: «Moi!» II suffit de jeter un coup d’œil à l’armoire de pharmacie d’une famille française moyenne pour ne plus s’étonner que le système de sécurité sociale français connaisse des ratés.Les innombrables bouteilles de médicaments portent toutes un timbre qui permet de se faire rembourser comme par magie des cachets d’aspirine, des contraceptifs ou des vitamines pour bébé.Pas surprenant que les Français (déjà les plus grands consommateurs de médicaments au monde) possèdent l’un des régimes d’assurance-maladie les plus coûteux d’Euro|)e.Chaque année, un déficit de dix milliards de dollars (en 1995) s’ajoute à la dette cumulée depuis dix ans.Selon le Dr Claude Béraud, de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés, 40 % des ordonnances seraient carrément inutiles.La France est aussi le pays qui possède le plus de lits d’hôpitaux par habitant.Résultat: 55 000 lits seraient inutilisés.Si au moins le pays pouvait se targuer d’avoir le meilleur régime.Mais voilà qu’on découvre avec stupeur que la protection sociale française n’est pas le fleuron qu’on imaginait.Contrairement aux Canadiens, les Français paient de leur poche 25 % du coût de chaque consultation médicale (le fameux «ticket modérateur»).85 % des familles sont donc obligées de contracter une assurance complémentaire pour faire face aux imprévus.Ce qui fait sept millions de personnes, généralement les plus démunies, qui n’ont pas de protection complète.600 000 d’entre elles auraient même renoncé à se soigner.A la décharge du régime français, il faut dire que les files d’attente sont inexistantes, qu’un rendez-vous avec un spécialiste s’obtient en 48 heures et que les soins dentaires sont remboursés.Il n’est pas rare d’une jeune ipère jouisse d’une hospitalisation de cinq ou six jours.Etrangement, les dépenses de santé grugent une moindre part du PIB en France (9,4 %) qu’au Canada (10,1 %).Malgré tout, les experts s’entendent pour dire qu’un demi-siècle exactement après sa création par le général de Gaulle, le système ressemble à un cheval fou.«La sécurité sociale est le bien de tous, a dit le premier ministre Alain Juppé.[.] Elle est la forme la plus achevée de la responsabilité collective.Or, elle est devenue la responsabilité de personne.» C’est pour parer au plus pressé — rembourser la dette en 13 ans et combler le déficit en deux ans — que le gouvernement vient d’annoncer des mesures d’urgence.Mais en décrétant une augmentation générale des cotisations, Alain Juppé en a profité pour lancer une réforme ambitieuse que l’on considère ici comme un électrochoc.Fn Franrp Les Français ont, avec les Cana-JMi rrdnce, (jjens> un ^es régimes d’assurance- 55 000 lits malacl'e 'es Plus libres au monde.Les médecins y sont rémunérés à d’hôpitaux l’acte et Ie nombre de consultations F auxquelles a droit un patient est sans seraient limites.Dorénavant, le Parlement fixera l’ensemble des dépenses et inutilisés leur répartition.Le gouvernement négociera leur évolution avec les caisses nationales (le régime français est administré par des caisses où siègent patrons et syndicats).11 pourrait aller jusqu’à diminuer les honoraires des médecins qui ne respectent pas les objectifs.Bref, le premier ministre vient de faire exactement ce qu’il avait promis qu’il ne ferait pas: plafonner les dépenses de santé.En renforçant son contrôle sur les hôpitaux, il se donne des instruments pour fermer les établissements que défendent avec acharnement les maires de province.D’autres mesures, comme un «dispositif expérimental de modulation du ticket modérateur», visent à inciter la population à consulter d’abord un médecin généraliste plutôt qu’un spécialiste (sauf pour les pédiatres, les ophtalmologues et les gynécologues).Les Français se donneront aussi une «castonguette» qui évitera les millions de formulaires de remboursement qui circulent dans le courrier.Enfin, on généralisera le carnet de santé qui suivra le patient partout où il va et permettra d’éviter les radiographies à répétition ou les ordonnances inutiles.En prenant ces mesures draconiennes et en faisant payer tout le monde (salariés, fonctionnaires, retraités, médecins, laboratoires pharmaceutiques, patrons), Alain Juppé s’est probablement créé plus d’ennemis qu’aucun autre premier ministre.Avant même l’annonce des réformes, les syndicats (sauf la CFDT) avaient annoncé une grève générale et une manifestation monstre le 28 novembre prochain.Quant aux puissantes associations de médecins, elles ont prévenu qu’elles pourraient aussi descendre dans la rue, comme elles l’avaient fait en 1991.Mais en lançant sa première grande réforme depuis six mois qu’il est à Matignon, Alain Juppé a aussi frappé là où on ne l’attendait plus.Il a réussi à se mettre pour la première fois «dans la peau, d’un premier ministre», disait le député des Yvelines, Etienne Pinte.La réforme d’un des systèmes les plus complexes au monde n’est pas au bout de ses peines.Pendant que le premier ministre annonçait des mesures de redressement, où étaient les responsables de la «sécu»?Cent quinze d’entre eux composaient la plus forte délégation étrangère d’un congrès tenu sous le soleil de Bali, en Indonésie.Les autre?pays n’avaient délégué qu’une dizaine de personnes.À l’ordre du jour?La réforme de la sécurité sociale, bien sûr! VISAS INDEX RP Avis publics.,.B6 Classées ,.B8 Culture .Bit Économie .A8 Éditorial .A10 Le monde .Al Mots croisés.B7 Les sports.B8 M E T E 0 Montréal Ciel variable.Max: 2 Québec Nuageux avec éclaircies.Dégagement en soirée.Max: 1 Détails en B 7 Craquer pour Marrakech PAGE B 4 ÉCONOMIE Cogeco ne s'avoue pas vaincu PAGE A 8 POLITIQUE Johnson veut la tête de Chevrette page a s Garon invite Parizeau à revenir sur sa décision Il préfère que Bouchard reste à Ottawa PAUL CAUCHON LE DEVOIR Le ministre de l’Education Jean Garon demeure si convaincu que Jacques Parizeau demeure le meilleur dirigeant pour le Québec qu’il invite même la population à lui manifester son appui en espérant que le premier ministre revienne sur sa décision de partir.Du même souffle, Jean Garon croit que le tandem Parizeau-Bouchard à Québec et à Ottawa demeure idéal, et il insiste sur le fait que Lucien Bouchard «est le plus compétent de son équipe à Ottawa».Le ministre de l’Education a émis ses commentaires étonnants hier à Montréal, en marge d’une tournée de certains établissements d’enseignement.La déclaration de M.Garon laisse entrevoir que l’arrivée possible de Lucien Bouchard à la tête du gouverne- ment québécois ne susciterait pas l’harmonie au sein du caucus péquiste.Le ministre Garon s’est fait demander hier s’il faisait partie de ceux qui, au Parti québécois, accueilleraient louden Bouchard à bras ouverts.«Je n’ai jamais raisonné comme ça, répond-il d'emblée J’aimais beaucoup l’équipe Parizeau-Bouchard [à Québec et à Ottawa].Je pense que M.Bouchard est le plus compétent de son équipe à Ottawa, et dans l’état actue des finances publiques, M.Parizeau est sûrement la personne la plus qualifiée à l’Assemblée nationale.» Mais pourtant, le premier ministre du Québec a bien annoncé sa démission, non?Jean Garon a d’abord répondu que «les non en politique, c’est comme en amour, c’est pas nécessairement.», insis- VOIR PAGE A 12: GARON Le Salon du livre s’installe PHOTO JACQUES NADEAU Les records seront-ils tous battus au Salon du livre de cette année?Records d’assistance, de kiosques, de livres.Hier, avant l’ouverture des portes, Hans Asnong semblait très occupé à tenter de battre le record du commis ayant transporté le plus grand nombre d’exemplaires du Livre des records Guinness au stand Hachette/Québec Livre.Le Salon du livre se tient à la Place Bonaventure jusqu’à mardi.Voir autres informations en page A 12.Parenthèse de la vie rangée Emmanuel Carrère, Prix Femina 1995, est à Montréal pour faire la promotion de La Classe de neige De passage à Montréal pour promouvoir La Classe de neige qui lui a valu le Femina il y a une dizaine de jours, le Français Emmanuel Carrère s’ajoute à la brochette d’écrivains qui défilent depuis hier et jusqu’à mardi au 18° Salon du livre, à la Place Bonaventure.À 37 ans, mis en nomination pour les plus prestigieux prix littéraires, Emmanuel Carrère semble né sous une bonne étoile.Chose certaine, les bonnes fées de ces contes qu’il a tant lus se sont sûrement penchées plus longuement sur son berceau que sur celui du héros de son roman, ce petit angoissé de Nicolas.Le Devoir l’a rencontré.LOUISE LEDUC LE DEVOIR n Bretagne, au bord de la mer, il est une petite maison aux vertus inspiratrices.En 1993, Olivier Rollin s’y était réfugié pour écrire Port-Soudan, roman qui décrocha le Femina cette année-là.Quand Emmanuel Carrère s’est senti prêt à coucher sur papier le récit qui trottait dans sa tête depuis huit ans, il a appelé son copain.«Tu me prêtes ta maison pour quelque temps?» Après trois semaines de travail intense, La Classe de neige était terminé et son auteur, plutôt fier de lui, sentit que son histoire allait connaître une belle et longue vie.Et Monsieur Femina 1995, c’est lui.Une bonne adresse que ce refuge breton, manifestement.VOIR PAGE A Emmanuel Carrère, malgré les critiques élo-gieuses et l’honneur d’avoir aussi été pris en considération pour le Goncourt, le Renaudot et le Médicis, juge que sa vie n’a rien de particulièrement excitant «Je n'ai jamais été stew’ard d’un paquebot, je n’ai pas fait mille métiers.Je suis scénariste, j’ai une famille, je conduis mes enfants à l’école le matin.Et je ne bourre pas non plus ma pipe comme Jean Giono!» Seule parenthèse un peu aventurière de sa Carrère vie rangée: ses dix-huit mois en Indonésie, préférés à un service militaire qui l’aurait obligé à faire «le bidasse dans quelque caser- 12: RANGÉE Le Devoir au Salon du livre: voir page A 2 PHOTO AP Pièces justificatives en main, deux Algériennes font le pied de grue à l’extérieur d’un bureau de vote en banlieue d’Alger.Taux de participation élevé aux élections en Algérie Le FIS perd son pari Le président Zeroual s'achemine vers une large victoire dès le premier tour Alger (AFP) — Le président algérien Liamine Zeroual s’acheminait vers une large victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle hier, selon des estimations de la radio d’Etat au soir de la première élection pluraliste de l’histoire du pays.Ce scrutin s’est déroulé sans violence et avec un fort taux de participation, selon la radio officielle.M.Zeroual, un général à la retraite âgé de 54 ans, a obtenu la majorité absolue avec une fourchette de 58 à 66 % de?suffrages, selon une première estimation de la radio d’Etat.Ces chiffres, diffusées à 20h, sont des estimations qui ont une marge d’erreur de 6 %, a précisé la radio.M.Zeroual devance Saïd Sadi, candidat «démocrate» qui obtient de 14 à 19 % de suffrages, le chef islamiste Mahfoud Nahnah, qui atteint de 13 à 18,5 %, et Noureddi-ne Boukrouh, de 5 à 9 %.Réagissant à ces premiers résultats, le président de l’instance exécutive à l’étranger du Front islamique du salut (FIS, dissous) Rabah Kebir a affirmé que «rien n’avait changé».«Zeroual, avant les élections et après les élections, est le même», a dit M.Kebir sur la chaîne de télévision fran- VOIR PAGE A 12: PARI MONTREAL Bonis aux médecins: Rochon interviendra PAGE A 3 Robert Gagnon soupçonné de fraude Vision Montréal se réunit cet après-midi pour étudier le cas du conseiller d’Émard KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le conseiller municipal Robert Gagnon, membre de l’équipe du maire Pierre Bourque, fait l’objet d’une enquête à titre d’ancien directeur général de la Caisse populaire Saint-Henri concernant des irrégularités dans ’octroi de prêts commerciaux.Ces irrégularités touchent notamment le programme gouvernemental d’aide au démarrage de petites entreprises, connu sous le nom de plan Paillé.Relevé temporairement mercredi de ses fonctions de conseiller associé à la présidente du comité exécutif (responsable de l’habitation ainsi que des sociétés paramuni-cipales), M.Gagnon est également soupçonné d’avoir trempé dans des situations frauduleuses.La Fédération des caisses de Montréal et de l’Ouest du Québec confirme avoir déclenché une enquête à la fin de l’été sur Robert Gagnon et deux ou trois autres employés de la Caisse Saint-Henri impliqués dans les dossiers analysés.«L’enquête se fait au niveau d’irrégularités dans l’accord de prêts commerciaux principalement Elle concerne aussi certains éléments reliés à des fraudes dans des VOIR PAGE A 12: FRAUDE I.K I) K V III II .I.g V K X I) Il K l> I 17 X II V K M II II K I II II .1 LES ACTUALITES Le Devoir au Salon du livre Plusieurs titres disponibles au stand du journal et une exposition à visiter À l’occasion du lancement du Salon du livre de Montréal, qui s’est déroulé hier soir à la Place Bonaventure en présence de la directrice du Devoir, Use Bissonnette, nous présentons à nos lecteurs les ouvrages qui mettent en œuvre des journalistes et des collaborateurs du Devoir et qui sont disponibles au stand du Demr sur le site du Salon.line minée au Québec Les éditions Fides et U Devoir battent un record: les résultats complets du référendum du 30 octobre avec photos et commentaire de lise Bissonnette sont déjà en librairie.Ils forment une section spéciale de 32 pages insérée dans Québec 1996, le nouvel annuaire de l’activité politique, économique et culturelle rédigé conjointement par une équipe d’universitaires et de journalistes du Devoir.Chaque année depuis 1987, Denis Monière, professeur au département de sciences politiques de l’Université de Montréal, a dirigé la publication de L’Année politique, ouvrage auquel participait déjà Le De- .voir.Cette année, le contenu a été élargi aux secteurs économique et culturel avec une participation accrue des journalistes du Devoir, sous la direction conjointe de Roch Côté, journaliste, et de Denis Mo-!•' nière.Autre changement majeur: le format a été ramené à des dimensions voisines de celles d’un livre de poche.Le lecteur trouvera dans Québec 1996 un inventaire complet des principaux événements politiques, sociaux, économiques et culturels qui ont fait l’actualité au Québec durant l’année écoulée.Des chronologies refont, sous forme abrégée, la liste des faits marquants jusqu’à l’été 1995.Une vingtaine d’articles traitent en détail des grands dossiers de l’année et remettent les événements Toute l'année politique, économique, sociale 7! et culturelle en perspective.L’ouvrage est abondamment illustré et compte 4(K) pages.Une trentaine de collaborateurs ont participé à son contenu.Québec 1996 est en librairie depuis mardi dernier.On le trouvera au Salon du livre de Montréal au stand de la maison Fides (S-l).Le Chapleau nouveau est arrivé! Pour la troisième année.Boréal publie L’Année Chapleau, une rétrospective en 112 dessins des grands moments et des acteurs principaux de 1995 tels que perçus par le caricaturiste du Devoir.En cette année référendaire, Jacques Parizeau, Jean Chrétien, Daniel Johnson et Lucien Bouchard ont évidemment été des cibles de choix.Toutes les caricatures, sauf deux (disons.non retenues) sont parues en page éditoriale du Devoir.Serge Chapleau se pliera à une séance de signatures (attention, il fait six pieds, trois pouces) au Salon du livre samedi de 13h à 14h30 et dimanche de 14h à 15h30.En voiture! Le chroniqueur automobile du Devoir, Daniel Héraud, sera présent au Salon avec la dernière livraison de son Carnet de route, «le livre de référence sur l’automobile le plus vendu en Amérique du nord», nous apprend la jaquette de l’album.Publié aux éditions Mirabel, Carnet de route présente une revue complète des véhicules sur le marché, avec des données sur l’historique, la sécurité, la satisfaction, la dépréciation, le prix de revient au kilomètre, l’assurance, la vente, etc., bref tout ce qu’exige un acheteur averti.On y trouve de nombreux tableaux, notamment sur les mécaniques et leurs performances, les caractéristiques et les prix de tous les modèles dans toutes les versions.Pour faire rêver, Daniel Héraud consacre toute une section à l’automobile du futur.Le tout est illustré par plus de 800 photos.Signalons quelques nouveautés: l’auteur présente le profil de la clientèle type de chaque modèle et un tableau sur la fonctionnalité des éléments clés.La mise en pages a été repensée et les textes sont plus détaillés.Enfin, notre chroniqueur est désormais associé à la firme Microsoft PHOTO JACOUES NADEAU En même temps qu’il inaugurait son stand au Salon du livre, Le Devoir soulignait hier soir l’arrivée de son exposition itinérante À la une du Devoir, qui vient de quitter le musée Stewart.On aperçoit, de gauche a droite, Roger Boisvert, directeur de la Fondation du Devoir, Nicole Lomay, conservatrice de l’exposition, Lise Bissonnette, directrice du Devoir, Louise Beaudoin, ministre de la Culture et des Communications du Québec, Marcel Couture, président du Salon du livre et président de la Fondation du Devoir, ainsi que Michel Dupuy, ministre du Patrimoine du Canada.comme rédacteur spécialisé dans le domaine automobile.Rappels Les visiteurs trouveront également au Salon ces ouvrages parus ces derniers mois: ¦ Le Guide gourmand 1996 (Editions de l’Homme), de Josée Blanchette, qui reprend de façon plus succincte que dans Le Devoir ses 100 restaurants coups de cœur, avec maintes indications sur la bouille du patron, l’am-biatjee, le métro le plus près, etc.¦ Etrangers d’ici et d’ailleurs (XYZ) (tome 2) de Normand Cazelais, qui reprend des chroniques parues entre 1991 et 1993.Géographe et spécialiste des questions en- vironnementales à Hydro-Québec et joyeux globe-trotter, Normand Cazelais a pris soin de placer 1 'homo turisticus au cœur de son recueil.¦ Robert Lepage: quelques zones de liberté (L’Instant même/Ex Machina), de Rémy Charest.L’essentiel de ces entretiens porte sur la conception du théâtre de celui qui s’est bâti une réputation internationale avec ses grandes fresques collectives.¦ La directrice du Devoir, Lise Bissonnette, est quant à elle invitée d’honneur du Salon.Son dernier roman, Choses crues (Boréal) se trouve maintenant dans les librairies françaises après avoir été vendu à quelque 16 000 exemplaires au Québec.Les Éditions du Boréal animent le Salon du livre de Montréal ! Un examen ministériel pour les profs ?Garon s’interroge PAUL CAUCHON LE DEVOIR Les futurs professeurs devraient-ils subir un examen ministériel avant d’obtenir leur permis d’enseignement?C’est là l’hypothèse soulevée par le ministre de l’Education Jean Garon, qui réagissait ainsi hier aux informations voulant que sur 206 diplômés des fa- cultés des sciences de l’éducation qui ont subi le mois dernier un test de français à la commission scolaire des Mille-Des, 48 ont échoué.«Cela fait plusieurs fois que je pose des questions dans ce sens, que je demande au ministère si on s’assure que ceux qui ont fini leurs études ont leurs qualifications», a commenté le ministre.M.Garon prévoit d’ailleurs ren- contrer ce matin même de hauts fonctionnaires de son ministère pour discuter, entre autres, du sujet, et hier il se demandait s’il ne faudrait pas «faire passer un examen avant d’accorder le permis d’enseignement, pour vérifier la qualification initiale».«Un professeur c’est comme un professionnel, ajoute-t-il.Il étudie aussi longtemps qu’un médecin, qu’un ingénieur, et i».few 4H .m- S» V.l*.t*.Huit auteurs ayant publié cette année donneront lecture d’un extrait de leur dernier livre, le vendredi 17 novembre 1995, de 20 h 30 à 21 h 30, à la place Alcan du Salon du livre de Montréal.Jean-Pierre Boucher lira un extrait de La vie n’est pas une sinécure ; Lise Bissonnette de Choses crues ; Yvon Rivard du Milieu du jour; Hélène Monette d’Unless ; André Major de La Vie provisoire ; Monique LaRue de La Démarche du crabe ; Rachel Leclerc de Noces de sable et Jean Provencher d’Un citadin à la campagne.Les auteurs seront accompagnés par la guitariste Sylvie Chenard.Gilles Archambault animera cette heure de lecture.Passez au Salon et venez entendre la littérature qui se fait au Boréal.le vendredi 17 novembre 1995, de 20 h 30 à 21 h 30 ¦% i J , 'I : : I 17 N II V K M It It K I II II 3 A 12 -?LE DEVOIR ?—- ACTUALITÉS / RANGEE «Je n’ai pas la vanité de l’auteur» SUITE DE LA PAGE 1 ne-.S’ajoutent à cela de bons parents.une enfance heureuse, nulle blessure mal cicatrisée, aucun exil en vue.C’est pourtant bel et bien un écrivain que l’on a devant soi, un écrivain sans histoire à la tête très pleine des contes de fées et des récits de science-fiction qui ont bercé son enfance.I.es histoires d’épouvante ont d’ailleurs servi de matière première a Im Classe de neige dont le personnage principal.Nicolas, collectionne les squelettes-jouets des stations-service, se plaît à lire le dictionnaire médical, salive à la vue de gyrophares dans l’espoir d’apercevoir de sanglantes victimes d’accidents de la route.Son père, vendeur de prœ thèses, n’est pas de nature à détourner fiston, déjà plutôt parano, de ses lugubres passions: il le gave au contraire d’histoires d'enlèvements d’enfants et de trafic d’organes.Mais le summum de la terreur pour Nicolas, souffre-douleur de ses compagnons de classe, c’est la classe de neige.Son père, ayant en tête des images d'enfants morts atrocement brûlés des suites d’une collision frontale entre un poids lourd et un autobus scolaire, s’inflige quatre cents kilomètres pour accompagner lui-même Nicolas.Mais catastrophe, la valise contenant son alèse et une bonne provision de pyjamas — Nicolas fait encore pipi au lit — sera oubliée dans le coffre.Son pressentiment était juste: «La classe de neige allait être une épreuve terrible» qui n’aura d’égal que le retour à la maison où rien ne sera plus jamais pareil (mais ce ne serait pas très gentil de gâcher votre plaisir en vous disant pourquoi).Plus qu’un habile suspense, La Classe de neige ramène le lecteur aux peurs paniques de l’enfance et fait remonter chez lui ces souvenirs doux-amers aux contours imprécis mais à l’arrière-goût persis- tant.«J’en suis à mon cinquième roman et je n’avais jamais reçu autant de lettres de personnes qui.plutôt que d’y aller des habituelles félicitations.me faisaient de très intimes confessions pour m’expliquer à quel point le récit les avaient touchées.» La bonne nouvelle, c’est que lui Classe de neige sera fort probablement porté à l’écran.«Si film ify a, il sera bon.Je suis déjà assez attaché à ce roman pour ne pas le confier à n’importe qui.Ix* cinéaste Claude Miller in’a approché et il m’a demandé de travailler à une première version d’un scénario.» Emmanuel Carrère n’est pas un néophyte en la matière, lui qui gagne sa vie en tant que scénariste.Il a notamment adapté deux romans de Georges Simenon et il n’a pas de scrupules à soumettre son œuvre (chef-d’œuvre serait plus exact) à l’interprétation d’autrui.«Je n’ai pas la vanité de l’auteur.» Au fil de la conversation, on apprendra que sa mère n’est nulle autre que la célèbre soviétologue et académicienne Hélène Carrère d'Kncausse.«A la maison, mes parents considéraient l’écriture comme l’activité salvatrice entre toutes.Peu importaient les résultats scolaires ordinaires: l’important était que leurs enfants aiment lire.» Et le jeune Carrère aimait bien.Les Tolstoï et Dickens, bien sûr, mais aussi Goscinny, l’auteur du Petit Nicolas, «un modèle de style», dira Carrère.«Ce n’est qu’une fois mon roman terminé que j’ai réalisé que j’avais donné le même prénom à mon héros.Disons que La Classe de neige pourrait être l’envers noir du Petit Nicolas de Goscinny.» Soulignant que pendant huit ans O’âge de son fils aîné), il a été incapable d’écrire ce roman qu'il mijotait, Emmanuel Carrère croit que ses enfants lui ont permis de retrouver les perceptions de ses jeunes années et d’ainsi pouvoir raconter Nicolas.vu par Nicolas.De là, l’écriture s’est imposée d’elle-même: un style minimal, concis, net.•'Quand on se met dans la peau d'un enfant, l’écriture ne peut être autrement que dépouillée.» Carrère n’avait pas le goût de faire dans l’exercice de style et il se dit entièrement satisfait de ce livre.«A 37 ans, je peux me dire que dans ma vie, j’aurais au moins fait un truc qui aura valu le coup et que, somme toute, j’ai bien fait de devenir écrivain.» Ceci dit sans snobisme aucun, sans chercher les éloges qu’il reçoit d’un air embarrassé et tête baissée.Non, le Femina n'a pas changé son homme et le prix n’a pas suscité de jalousie autour de lui.Après tout, l’ami Kollin avait déjà son Femina, la copine Emmanuelle Bernheim, son Médicis.Puis, après Noël, le tourbillon du Femina se sera calmé et la vie normale reprendra le dessus.Dans son appartement du Quartier latin, rien ne lui rappellera, matériellement, ce prix reçu.«Les lauréats du Femina ne reçoivent pas un sou et pas même un petit bout de papier!», lance-t-il en riant.«Ceux du Goncourt, eux, touchent un chèque de cinquante francs qu’ils préfèrent encadrer!» Le prochain roman se fera attendre.Carrère a mis huit ans pour écrire son dernier et il mettra le temps qu’il faudra pour le prochain.Il n’a aucun projet en tê(e, sinon de reprendre son travail de scénariste.A moins que la petite maison de Bretagne ne l’attire à elle plus tôt que prévu.Emmanuel Carrère sera au Salon du livre demain et dimanche pour des séances de signature, de 15h à 16h les deux jours, au stand de Gallimard.1m Classe de Neige Emmanuel Carrère P.O.L, 172 pages Ouverture du Salon du «livre-échange» MARIO CLOUTIER LE DEVOIR L» ouverture du ltt Salon du livre de t Montréal a pris des allures de libres-échanges verbaux, et néanmoins amicaux, hier, entre le président d’honneur de l’événement, Jean-Claude Germain, et les dignitaires présents, la ministre de la Culture du Québec, Louise Beaudoin, et le ministre du Patrimoine canadien, Michel Dupuy.Dans l’esprit du thème du Salon de cette année, «Le livre s’anime», l’animateur de la soirée, Jean-Claude Germain, n’avait que l'animation en tête.«Nous sommes tous des livres animés», a-t-il déclaré avant de donner la parole aux invités d’honneur.L’écrivain québécois d’origine brésilienne Sergio Kokis a parlé des légions de lecteurs qui se présenteraient au Salon et qui «s’accoupleraient avec le livre pour que vivent les légendes et la liberté».Il a rappelé à ce sujet l’assassinat d’un écrivain nigérien la semaine dernière par ce qu’il a appelé les «trusts pétroliers».La romancière chinoise Han Suyin a pour sa part évoqué l’importance de la littérature dans l’histoire humaine.«Sans le livre, il n’y aurait pas de mémoire humaine et sans mémoire humaine, il n’y aurait pas de civilisation.» Le président d’honneur du Salon, Jean-Claude Germain, a ensuite interpellé la ministre de la Culture en lui disant que même les plus |x*tites compressions faisaient très mal aux artistes pourtant habitués au fait d'agoniser.A son tour au micro, Louise Beaudoin a tenu à rassurer le ixirte-parole du Salon.«Le message a passé, M.Germain.J’ai l’intention de durer comme ministre de la Culture et de le faire avec tout le poids politique que je ix*ux avoir.» Elle s’est par ailleurs dite Heureuse de constater la vitalité de la littérature québécoise.Jean-Claude Germain a continué par la suite le «livre-échange» avec le ministre du Patrimoine canadien en lui rappelait la nécessité d’adopter rapidement la loi sur les droits d'auteur, surtout avant que cela ne soit rendu trop difficile par l’avènement de l’autoroute électronique.Michel Dupuy a répliqué, en par-huit du nouveau projet de loi pour protéger les périodiques canadiens, à l’étude au Sénat, de l’aide financière consacrée à l’amélioration de la visibilité de la littérature canadienne.Au sujet du droit d’auteur, il s’est contenté de dire qu’un projet de loi serait bientôt déposé.«Il faut l’établir et l’affirmer pour les années et les générations futures.» M.Dupuy n’a toutefois pas donné d’échéance précise à ce sujet.GARON FRAUDE «Nous avons un tandem extraordinaire, Parizeau-Bouchard» -+ SUITE DE LA PAGE 1 tant ensuite lourdement, sans finir sa phrase, sur «l’équipe» que forment Lucien Bouchard à Ottawa et Jacques Parizeau à Québec.«Nous avons un tandem extraordinaire, Parizeau-Bouchard, et dans les deux années qui viennent, il y a aura des mouvements du gouvernement libéral, des propositions qui vont concerner autant l’équipe qui sera à Ottawa comme critique en face du Canada anglais que les gens du gouvernement du Québec à Québec, dit-il.Dans les deux prochaines années, ce sera très difficile au Québec, ce sera pire qu’en 1981 avec les taux d’intérêt élevés.Les finances publiques doivent être resserrées et nous avons besoin de toutes nos ressources.Pourquoi se priver d’une équipe fantastique pour les intérêts du Québec?» Visiblement, Jean Garon ne se résigne pas au départ de Jacques Parizeau et il ajoute qu’au lendemain du référendum, «plusieurs personnes» lui ont dit que la démission de M.Parizeau «leur faisait plus mal qu’une défaite au référendum».Mais comme M.Parizeau semble, de toute évidence, maintenir sa démission, M.Garon suggère-t-il que son équipe rêvée devrait plutôt être formée de Lucien Bouchard à Ottawa et, par exemple, Pauline Marois à Québec?Jean Garon a refusé de s’engager hier sur cette voie, ajoutant toutefois que «ce n’est pas le moment de faire des restructurations mais plutôt d’avoir les bonnes personnes qui prennent les bonnes décisions».«M.Parizeau est un homme fier, ajoute-t-il, il raisonne un peu comme de Gaulle, qui a donné sa démission lors du référendum sur la régionalisation parce qu’il considérait que la population l’avait rejeté.La population peut avoir dit non temporairement mais tellement à 50-50 [quelle] peut manifester aussi comment elle voit les choses dans l’avenir.» Tout en admettant ne pas avoir reçu de «confidences particulières», Jean Garon ajoute que «de part et d’autre, ce sont deux hommes [MM.Boqchard et Parizeau] qui ont le sens de l’État et de l’intérêt public du Québec: s’ils sentaient que [leur] tandem devrait continuer à vivre, et ce sont seulement les gens [le public] qui peuvent le manifester, je suis convaincu qu’ils ne resteraient pas insensibles à cet appel.» Le ministre veut-il prendre la tête d’un mouvement pour le retour de Jacques Parizeau?«J’ai dit mon opinion, répond-il, je pense que c’est ce qui est le meilleur pour le Québec, et je pense que si ça se passait, beaucoup de gens en politique mettraient de côté des ambitions personnelles pour faire vivre une équipe qui est fantastique.D’avoir à ce moment-ci une telle équipe, le Bloc à Ottawa et le Parti québécois à Québec, qui travaillent dans le même sens, ça ne s’est jamais vu dans l’histoire du Qué-beç, ça forme une véritable locomotive.» A aucun moment lors de cette discussion avec une poignée de journalistes montréalais, hier, Jean Garon n’a-t-il clairement fait savoir qu’il était prêt à travailler avec Lucien Bouchard à Québec.La veille, selon des informations publiées par la Presse canadienne, deux anciens compagnons d’armes de Jacques Parizeau, Camille Laurin et Denis Lazure, avaient indiqué qu’il n’entendaient pas partir du gouvernement si Lucien Bouchard prenait la tête du Parti québécois.Les deux hommes avaient suivi Jacques Parizeau lors de son départ du gouvernement Lévesque en 1984, mais cette fois-ci Camille Laurin a indiqué que «c’est avec plaisir et le cœur gonflé d’espoir» qu’il travaillerait avec Lucien Bouchard.Pour sa part, Denis Lazure, député de Im Prairie, a indiqué à la Presse canadienne qu’il était «disposé à continuer la route aux côtés de M.Bouchard».Jean Garon, lui, a souvent témoigné en public de son admiration pour Jacques Parizeau, qui lui a confié il y a un an l,e très important ministère de l’Éducation, à la surprise générale.Par contre, M.Garon, qui détient un poids certain dans la région de Québec, a été peu utilisé pendant la campagne référendaire.Le premier ministre Parizeau a expliqué ce manque de visibilité par le fait que M.Garon devait faire une tournée des écoles pour annoncer de nombreux projets.On sait que le OUI n’a pas obtenu le niveau de vote souhaité par le PQ dans plusieurs comtés de la région de la capitale.Mais le comté du coloré ministre de l’Éducation, celui de Lévis, a voté OUI à 56,6 %.Jean Garon PARI «Je suis passé deux fois devant le bureau avant de me décider, j’avais un peu peur» SUITE DE LA PAGE 1 çaise câblée LCI.Le responsable du FIS a de nouveau réclamé un «dialogue entre toutes les parties».En Algérie, les bureaux de vote fermaient à 19h mais le scrutin a été prolongé dans certaines communes jusqu’à 20h, notamment à Alger, et jusqu’à 21h à Constantine.Le taux de participation — un des enjeux majeurs du scrutin — s’élevait à 64,54 % à 16h, selon le ministère de l’Intérieur.Ce scrutin est la première élection présidentielle pluraliste depuis l’indépendance du pays, en 1962.Il était boycotté par sept partis d’opposition, alliés au FIS, pour qui il s’agissait d’un «scrutin arrangé».Le vote s’est déroulé sous la haute protection de l’armée et n’a été marqué par aucune violence des groupes armés islamistes, qui avaient menacé de mort les électeurs.Près de 16 millions d’électeurs étaient appelés à choisir entre le président Liamine Zeroual, considéré comme le favori, le candidat islamiste Mahfoud Nahnah — qui a voté en lâchant deux colombes en signe de paix —, Said Sadi, représentant du camp «démocrate» (anti-islamiste) et Noureddine Boukrouh, l'outsider.Le Mouvement de la société islamique (MSI-Hamas), parti de M.Nahnah, a dénoncé avant l’annonce des résultats un «certain nombre d’abus».\m porte-parole de M.Sadi, Khalida Messaoudi, a indiqué pour sa part que le scrutin avait connu des «irrégularités» mais a rendu hommage «aux représentants de l’administration centrale».«Ne nous décourageons pas, il y a d’autres échéances électorales», a-t-elle dit.Le FIS a quant à lui ouvert une polémique en contestant le chiffre de participation.Selon M.Kebir, ce taux n’était que de 26,3 % à 13h, citant «une source au ministère de l’Intérieur».M.Zeroual avait été désigné à la tête de l’État en janvier 1994.Il a promis de poursuivre «l’éradication» des groupes armés et affirmé qu’il poursuivrait le dialogue «avec toutes les sensibilités».Dès le début de la matinée, les électeurs — dont de très nombreuses femmes, de tous âges — se sont rendus aux urnes à Alger, passant outre aux menaces islamistes.Sans inquiétude dans le centre, prudemment et par petits groupes dans les quartiers populaires, comme Leveilley et les Eucalyptus, où des graffitis islamistes promettaient du «sang sur les murs» et la mort pour ceux qui voteraient.Hommes et femmes votaient séparément.A l’entrée d’un bureau, une vieille femme a prié pour que le «brasier s’éteigne».La police et l’armée s’étaient déployées en force: barrages, parfois tenus par des blindés légers, patrouilles de parachutistes et de «ninjas», les troupes d’intervention aux cagoules noires.Des soldats encerclaient les écoles transformées en centres de vote.Les accès de la capitale (plus de trois millions d’habitants) étaient étroitement surveillés depuis lundi.Au total, plus de 300 000 hommes en armes, incluant les gardes communaux et les membres des groupes d’autodéfense, étaient mo- bilisés, selon des chiffres officieux.Deux heures après l’ouverture des bureaux, constatant que la situation était calme, de nombreux électeurs sont allés voter, sous un chaud soleil.«Je suis passé deux fois devant le bureau avant de me décider, j’avais un peu peur», raconte Hamid, un habitant de Bab el Oued.Si la situation était calme dans les grands centres urbains, les conditions du vote et l’affluence dans les zones rurales, les petits villages, dans des régions où la pression des islamistes est forte, n’étaient pas connues hier soir.La participation était peu importante dans certaines zones islamistes comme Blida (50 kilomètres au sud d’Alger) ou Chleff, et près de Gigel certaines communes rurales enregistraient des taux de participation inférieurs à 10 % en début d’après-midi.Les autorités avaient décidé de convoquer les électeurs hors des zones islamistes de l’intérieur mais aussi de la Casbah — dont les accès étaient surveillés par l’armée — et de Bab el Oued, au cœur d’Alger.A l’étranger — 700 000 inscrits, la majorité en France —, où le vote avait débuté samedi, le taux de participation était de 57,89 % à 13h.Le scrutin en Algérie était supervisé par une centaine d’observateurs de la Ligue arabe, de l’ONU et de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).Les violences et les exactions en Algérie ont fait au moins 30 000 morts depuis 1992, selon des sources occidentales.Gagnon se dit «ébranlé mais pas démoralisé» SUITE DE LA PAGE 1 prêts commerciaux», a expliqué hier Yves Proteau, vice-président des opérations régulières à la Fédération des caisses de Montréal.«Quelques millions» de dollars seraient en jeu, souligne M.Proteau.Selon les informations obtenues par Le Devoir, il pourrait s’agir de près de dix millions.Parmi cette somme, on compterait plusieurs «enveloppes» de 1000 $ données en échange de l’obtention d’un prêt dans le cadre du plan Paillé, prêt qui pourrait atteindre 50 000 $.Quoi qu’il en soit, au bureau du ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie, Daniel Paillé, on précise que la convention liant le gouvernement aux institutions financières qui prêtent aux entrepreneurs protège les fonds publics advenant des problèmes de malversations.Outre des transactions effectuées dans le cadre du plan Paillé, la Fédération effectue des vérifications dans des dossiers impliquant d’importants promoteurs immobiliers, dont le groupe Marzim.Dans ce cas précis, Yves Proteau indique que «l’octroi de prêts ne respecterait pas les règles normales».Les difficultés financières de la Caisse Saint-Henri ont débuté il y a un an.En 1994, un déficit de 720 000 $ a été enregistré, ce qui a entraîné la mise en place d’un comité de cogestion à la caisse, soit un mécanisme de validation des décisions par la Fédération.Cette situation, qui s’apparente à une mise en tutelle, a été décrétée à la fin de septembre.On ne connaît pas encore l’ampleur des problèmes pour l’exercice financier qui s’est terminé le 31 août dernier, le dépôt du bilan annuel étant retardé par l’enquête.Chose certaine, les mauvaises créances auraient grimpé par rapport aux années précédentes, a indiqué l’un des administrateurs de l’institution.La Caisse Saint-Henri a un actif de 180 millions de dollars, ce qui en fait l’une des vingt-cinq plus importantes caisses de la région montréalaise.Contrairement à ce que laissent croire le principal intéressé ainsi que le président du conseil d’administration de la Caisse Saint-Henri, Me André Hébert, Robert Gagnon a été forcé de démissionner de son poste de directeur général, qu’il occupait depuis avril 1974.«La Fédération a demandé à M.Gagnon de démissionner parce qu’on considérait que des éléments comme ceux-là qui se passent dans une caisse dont il avait la direction étaient inacceptables pour nous», affirme M.Proteau.De plus, ce dernier mentionne que la Éédération a avisé le bureau du maire Bourque des démarches entreprises aux alentours du 16 octobre, donc deux semaines avant que le maire ne parte en mission en Asie.Ce n’est pourtant que mercre- di dernier que le comité exécutif a destitué M.Gagnon, qui gérait les actifs immobiliers de la Ville, évalués à 700 millions de dollars.«Il nous apparaissait important, quand des événements semblables se produisent et qu’un monsieur qui était directeur de l’une de nos caisses et qui était par ailleurs actif au niveau de la politique municipale, que ces éléments-là soient communiqués au bureau [du maire]», explique M.Proteau, qui assure toutefois que les soupçons qui pèsent sur M.Gagnon ne concernent en rien les activités de la municipalité.Le chef de l’opposition officielle, le conseiller du Rassemblement des citoyens de Montréal, André Lavallée, déplore la décision tardive de l’administration.«Il est de la responsabilité de l’administration de protéger en tout temps les intérêts de la Ville, de s’assurer, donc, que l’ensemble des membres du conseil, et particulièrement les gens qui occupent des fonctions officielles, ne soient pas dans des situations qui pourraient mettre en doute de près ou de loin leur intégrité ou qui pourraient les rendre fragiles dans les dossiers dont ils assument la responsabilité», a soutenu hier en conférence de presse M.Lavallée.Dans cette foulée, rappelons que Pierre Bourque avait pris un engagement formel, lors de son assermentation comme maire en novembre 1994, de veiller à la moralité du conseil municipal.«Je veillerai personnellement à ce que l’esprit d’entreprise que nous voulons insuffler dans l’administration de cette ville se fasse dans le respect des plus hauts standards de moralité pubiique.Toute malversation dans îa gestion des fonds publics sera impitoyablement sanctionnée», avait-il dit.Le cas de M.Gagnon sera étudié en caucus aujourd’hui par l’ensemble des élus de Vision Montréal.Cela s’ajoute aux cas des conseillers Giovanni De Michele,.Achille Polcaro et Anie Samson, tous trois poursuivis pour avoir dépassé le niveau permis de dépenses électorales.De son côté, Robert Gagnon, surpris en robe de chambre hier matin par TVA, se dit «ébranlé mais pas démoralisé» par tout ce branle-bas.Par voie de communiqué en fin d’après-midi, il souligne qu’il est fier de ses réalisations et du travail accompli au sein de l’administration Bourque.11 espère que l’enquête de la Fédération «soit exécutée dans les meilleurs délais».Robert Gagnon, qui a été élu au côté de M.Bourque en novembre 1994, a été un homme très impliqué dans le milieu socioéconomique du sud-ouest au fil des ans.Il a notamment fondé l’Association des gens d’affaires du sud-ouest, qu’il présidait jusqu’au mois dernier.11 a également siégé quatre ans au RESO, la corporation de développement économique communautaire du secteur.LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À I6H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS (514)985 3344 + ANNONCES CLASSÉES (514)985 3344 + PUBLICITÉ (514) 985-339» / télécopieur (514) 985-3390 NUMÉRO SANS TRAIS 1 800 363 0305 SERVICE DES ABONNEMENTS lis numéros dt téléphone stiranls sont viliblei poor It service de llvialson pot camelot il poil Its tbotteeeals poslm.DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 Montréal (514) 985-3355 / télécopieur (514) 985-3390 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 Iji devoir est publie par LF.DEVOIR Inc dont le orge vxial est «tu* au numéro 2050 de Bleury.9e étage, Montreal.(Quebec).H3A 3M9 H est imprime par le» Imprimerie Québécor laSalle.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Quebec.» Inc.612 ouest rue Saint Jacques, Montreal.I.'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et i diffuser les intimations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribue par Messageries Dynamrpies.division du Oroupe Québécor Inc.900 bout St Martin ouest, laval Envoi de publication — Enregistrement no 0658 Déptt legal: BibHothéqtie nationale du Quebec Telephone general (514) 985-3333.service à la clientèle: (514) 9853355: publicité: (514) 9853399.
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