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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-12-23, Collections de BAnQ.

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le Devoir Is feuilleton Page 1)3 tissais québécois Page I) 7 ?Nancy Ackerman Page DU Formes Page D12 I (.; |) K V O I H .I.K S S A M K l> I 2 A K T l> I M A \ ( Il K 2 I I» K (' K M li II K I !» !» 5 MM.m L’époque se cherche.et redécouvre la philosophie lit «philo» se porte bien, merci! Donnée pour morte, il n’y a pas si longtemps, la voici de retour.Roger-Pol Droit, journaliste au quotidien Le Monde où il tient la rubrique de philosophie, vient de terminer une vaste enquête pour le compte de l’UNESCO sur l’enseignement de la philosophie dans le monde.Il diagnostique partout un regain d’intérêt dont il cherche les causes.Comme si l’on découvrait soudain que les sciences humaines n’ont pas réponse à tout! CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR A PARIS \ A l’heure du brunch, tous les dimanches matin, beau temps, mauvais temps, entre 100 et 300 personnes de tous âges se retrouvent au café'des Phares, place de la Bastille.Bien au chaud devant un bol fumant, ils discutent pendant deux heures du sens de la vie, de la mort, du néant et autres sujets tout aussi folichons pour un petit matin brumeux.Le café des Phares, n’est pourtant qu’un des «cafés philosophiques» qui se multiplient aujourd’hui dans Paris et même ailleurs en Europe.On la croyait mal en point, moribonde, presque aux soins intensifs.La voilà qui renaît à l’école, dans l’édition et jusque dans les bistrots.C’est en brandissant les résultats d’une enquête réalisée pour le compte de l’UNESCO et à laquelle ont répondu 66 pays (mais pas le Canada!) que Roger-Pol Droit explique que la «philo» se porte bien.Elle s’enseigne d’ailleurs plus qu’avant et passionne un peu plus de monde chaque jour, dit-il avec un large sourire.«Mais oui, la philosophie se porte bien.Ce qui m’a surpris, c’est de découvrir que beaucoup plus de pays qu’on ne le pense ont un enseignement de la philosophie dans les collèges, au secondaire.Que ce soit en Asie, en Europe, en Amérique latine, plusieurs dizaines de pays ont des cours de philosophie obligatoires.D’habitude, on pense que le cas français est unique, qu’il y a une exception française.Mais pas du tout.» Au cours de son enquête, Roger-Pol Droit a découvert que dans beaucoup de pays, cet enseignement est en progression.In Corée vient de rétablir l’enseignement de la philosophie après l’avoir supprimé dans les années 60.Au Brésil, où l’enseigne-me nt est limité à l’université, il est qu jstion de l’étendre au secondaire.Signe encourageant, la demande défasse aujourd’hui les cercles universitaires.Les Etats-Unis et l’Australie ont tenté plusieurs expériences de philosophie pour enfants.Le Monde de Sophie, le récit philosophique dejostein Gaarder, s’est vendu à plqs d’un demi-million d’exemplaires enifrançais seulement.Les éditeurs I VQIR PAGE D 2 : PHILOSOPHIE < VOIR AUSSI EN PAGE D4 Portrait de groupe avec philosophes d’ici B II était une fois la philosophie Parutions récentes en philosophie Gilles Marcotte La littérature comme lieu commun JEAN ROYER MEMBRE DE L’ACADÉMIE DES LETTRES DU QUÉBEC COLLABORATION SPÉCIALE Gilles Marcotte n’est pas né à l’université, où il vit depuis trente ans, mais c’est par le journalisme, et particulièrement par Le Devoir en 1949, qu’il est venu à l’étude de la littérature.Aujourd’hui, à l’âge de la retraite, il est devenu, un peu comme Gaston Miron chez les poètes, une institution dans l’institution universitaire.Je l’entends déjà protester, lui le modeste, «l’amateur» et l’homme de terrain, lui, l’accompagnateur de notre littérature depuis bientôt cinquante ans.Mais l’hommage que viennent de lui rendre ses amis écrivains et universitaires, en lui consacrant un colloque, puis un livre, Miscellanies, publié sous la direction de Benoît Melançon et Pierre Popovic chez Fides, illustre bien la présence littéraire et intellectuelle de Gilles Marcotte au cœur de nos institutions.D’ailleurs, me dira-t-il cette semaine, au cours d’un entretien, «la littérature c’est vraiment un lieu commun.Elle peut s’aborder de toutes sortes de façons.Elle comporte une nécessité très grande.Elle nous invite à lire — et lire est un des grands défis de notre temps.Nous vivons un temps de fascination par l’image, où justement les distinctions, la qualité d’attention exigée par la lecture ne sont pas exigées par la télévision.Quand je regarde le hockey ou des choses un peu plus supérieures, je peux me laisser aller et j’en suis — comme quand je lis un polar.Mais quand vous faites de la littérature, quand vous lisez littérairement de la littérature, là vous êtes amené à juger de distinctions, dans un processus d’éveil et d’attention qui est peut-être l’antidote par excellence contre ce que j’appelle la fascination avec laquelle les médias nous avalent.» Ce «gros animal» Professeur à l’Université de Montréal, critique à L’actualité, écrivain et sociocritique, Gilles Marcotte n’est pourtant pas ce «gros animal» évoqué chez Platon ou Simone Weil, qui voudrait asservir l’individu au social ou s’inventer comme idole, ni même ce «pycargue roux» de Victor Hugo prêt à paralyser la main d’écriture de Lautréamont.Marcotte récuse la dictature du système de pensée et de la méthode pour accorder sa souveraineté à l’œuvre littéraire.«L’œuvre a toujours raison», écrit le critique.«L’œuvre ne nie pas (le social), elle va ailleurs.Elle travaille dans les sentiers du possible.» Ce point de vue permet au critique d’abattre les cloisons, de «travailler dans la différence» et d’établir des liens entre les questions fondamentales.Ainsi, ajoute l’écrivain et professeur: «Ecrire dans un journal, c’est forcément prendre en compte la dimension sociale de la littérature.» En somme, le travail de Gilles Marcotte nous concerne tous et propose un horizon panoramique.Journaliste à La Tribune de Sherbrooke, sous la férule d’Alfred DesRochers, Marcotte arrive ensuite au Devoir en 1949.Son premier article, paru le 19 mars, est d’un humour féroce contre les maladresses de La déesse brune d’Albert Gervais.«J’étais un jeune critique et ça m’amusait beaucoup de faire un peu de bruit», dit celui qui passera par «les chiens écrasés» jusqu’à la chronique de télévision, dans «ce journal mal organisé qu’était Le Devoir à l’époque».Mais c’était mieux qu’à La Presse, où il se retrouvera ensuite, ce journal qui avait exigé de ses journalistes culturels qu’ils prennent un pseudonyme, «car, à La Presse, on ne jugeait pas normal qu’un journaliste se fasse une réputation grâce au journal!».Au VOIR PAGE D 2 : MARCOTTE M't mm ¦¦ ’ 5 ' •d ‘ * mmm {O - tmi ‘ - ¦ isi > gl§§r ife m/\ IP •• Miscellanées illustre bien lu présence littéraire et intellectuelle de Gilles Marcotte GRAVURE DE ROUND GIGUKRE PHOTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR MISCELLANÉES en l'honneur île Gilles Marcotte *>.! k liJt< M M»*!*' I M A X ( Il f, - I I» K ( K M II H I I H I» â V R E S 'WA PHILOSOPHIE Les sciences humaines ne la briment en rien MARCOTTE Un univers revisité SUITE DK LA PAGE I) 1 ont lancé de nouvelles collections qui n'atteignent pits que les initiés.«La disparition des grands dogmes politiques.la lin du marxisme, la perte d’influence (les croyances religieuses, plus généralement le fait qu’on vit une époque où les repères moraux, politiques et religieux sont en crise, donnent aux gens l’envie de chercher des outils pour comprendre, dit Roger-Pol Droit.Par exemple, si on se met de nouveau à lire les stoïciens, Sénèque ou Epictète.c’est peut-être parce qu’on est confronté à l’existence du sida.» En 1951, l’UNESCO avait realist1 une enquête semblable.Mais ses conclusions étaient tout a fait différentes.«On ne sentait pas alors que la période historique et ses incertitudes justifiaient qu'on s’intéresse à la philosophie au-delà des cercles universitaires», dit Roger-Pol Droit.l\iis ce fut l'époque où il était de bon ton d’annoncer la mort de la philosophie.Celle-ci devait être remplacée par la linguistique, l'anthropologie ou la psychanalyse aux méthodes moins empiriques, disait-on.«L’histoire montre au contraire qu’on revient à la philosophie, dit Roger-Pol Droit.Depuis sept ou huit ans, on assiste plutôt à un tassement des sciences humaines en sa faveur.Car il y a une forme de réflexion fondamentale, éthique et politique qui ne peut pas être remplacée par d’autres formes de connaissance.L’existence des sciences humaines ne supprime pas la philosophie.» Ce regain d’intérêt intervient pourtant au moment où le paysage philosophique contemporain n’a jamais été aussi complexe.Les grandes écoles — existentialisme, structuralisme — ont éclaté et les étiquettes ont disparu.Même les tentatives de classer des gens aussi différents que Jacques Derrida, Jean-François Lyotard et Gilles Deleuze sous le parapluie postmodeme ont échoué.Ce qui n’empêche pas les philosophes de travailler, ajoute Roger-Pol Droit «Ce qui me frappe dans la philosophie française d’aujourd’hui, c’est son ouverture.Les philosophes sont en train de sortir du ghetto de l’histoire.Ils ont suffisamment étudié le point virgule chez Descartes et l’on voit des philosophes appliquer leurs concepts à l’économie et aux pratiques financières, par exemple.D’autres construisent des ponts entre la tradition métaphysique occidentale et les traditions chinoise et arabe.» i« h iKK-i’ih Ditorr 1 h m ;t i) i- o s O i> il I MOCRATI «Les philosophes sont en train de sortir du ghetto de l'histoire» Roger- ¦ 'en connaissance de cause puisqu'il a lui-même signé un ouvrage, L'Oubli de llndc (livre de poche), sur l'importance de considérer les textes sanscrits comme des textes philosophiques.Il prépare d’ailleurs un autre livre sur le bouddhisme: lw Culte du néant (Seuil).L’enquête que Roger-l’ol Droit a mis un an à compiler montre que perdurent tout de même dans l’enseignement de la philosophie deux grandes façons de voir.«Di manière anglo-saxonne fait de la philosophie un domaine de spécialisation qui ne concerne qu'une toute petite fraction de la population.L’idée est que la démocra- [__________________ tie politique et la liberté de jugement des individus peuvent exister sans apprentissage, ou du moins que la philosophie n’a rien à y voir.La tradition française est radicalement différente.Issue de la Révolution, de Descartes et des Lumières, elle considère la philosophie comme partie intégrante de la formation du citoyen.C’est tout-à-fait autre chose.» Faut-il préférer un modèle à l’autre?Chose certaine, il y a des pays très démocratiques où l’enseignement de la philosophie rejoint moins de 1 % de la population et des dictatures où il est obligatoire pour tous.Si l’on excepte les pays où il y a une religion d’Etat et où la philosophie n’a donc pas de place, il n’y a pas de lien direct entre l’enseignement de la philosophie et la démocratie, dit Roger-Pol Droit.Seulement une vague parenté.«Liberté de parole, capacité de se construire dans la discussion et mise en cause des dogmes caractérisent à la fois la philosophie et la démocratie.»Qui sait?Peut-être sont-elles nées toutes les deux sur le comptoir d’un bistrot.PHILOSOPHIE ET DÉMOCRATIE DAHS LE MONDE Roger-Pol Droit, Le Livre de poche, 1995 1474, rue Peel / 287-1011 © 5117, avenue du Parc / 276-7651 Où que vous soyez.RENAUD-BRAY livres • musique • vidéos • cadeaux JL es dictionnaires de Vavenir Dictionnaire CD-ROM de la langue française Référence électronique w LAROUSSE iUCnONNMtf L > CO-JIGM 5 l LANGUE I i FBANÇAAE P •vJ" ucçot pel de l’université ont dessiné ce destin dont il se moque volontiers quand il se rappelle qu’il a failli devenir à Sherbrooke le secrétaire général de la Société Saint-Jean-Baptiste! Quand on connaît les rapports qu’entretient aujourd'hui Gilles Marcotte avec le nationalisme, on rit de bon cœur de ce souvenir d’un fédéraliste.L’univers de Gilles Marcotte, ses curiosités envers la culture et la littérature, ses auteurs visités, ses préoccupations et ses passions, nous les retrouvons dans ces Miscellanées en l’honneur de Gilles Marcotte.Ix* livre réunit une trentaine de collaborateurs — la plupart y publient des textes, non pas sur mais pour Gilles Marcotte.Ainsi l’amateur de musique et de hockey, le commentateur de René Char et Rimbaud, le sociocritique des mondes de Ducharme et Poulin, le défenseur de la fiction contre l'idéologie, le compagnon de route des poètes de l’Hexagone et des écrivains de la Révolution tranquille se voit-il offrir un livre d’une grande diversité et qui lui ressemble.On y voit défiler les figures de Ponge et DesRochers, de Maurice Richard et Glenn Gould, de Camus, de Proust et de Marcotte lui-même, à qui rendent un hommage particulier Pierre Vadeboncoeur et Jacques Godbout.Gaston Miron, pour sa part, — ce «parent iroquois d’Héraclite», selon une fiction de Jean Larose, — ramène à lui-même et à sa poésie cet «hommage» à celui que désigne comme lui les initiales G.M.Avec ses études sur l’histoire ou le mythe (Guy Laflèche, Micheline Cambron et autres), avec ses fictions inédites (Jean Larose, Lise Gauvin, Marcotte et autres) et ses poètes en ouverture (Pierre Nepveu, Jacques Brault, Robert Melançon et autres), avec ses éludes littéraires diverses (de Jean-François Chassey, Laurent Mailhot et Pamela V.Sing, entre autres), avec les brillantes notes sur le |M)lar du regretté André Belleau.ee livre est une visite libre à l'université, là où la passion de la littérature se fait théorie et pratique de lecture, là où la critique peut apparaître comme une science a condition qu’elle reste un art.Ces Miscellanées font honneur, non seulement à (filles Marcotte, mais aussi à notre culture et a notre littérature.C’est une sorte d'ile aux trésors avec tout ce qu’on |x*ut imaginer découvrir en littérature, selon la grande leçon de Gilles Marcotte.L’homme que j’ai rencontré cette semaine reste modeste après quarante-huit ans de service.Ix*s mots «distinctions» et «distance», tout comme le bon usage de l’humour et la passion de la communication définissent encore sa conduite de critique et de professeur.Pour lui, la critique fait partie de la littérature, tout comme ses cours et ses chroniques ont pu le conduire à publier des livres.Ses essais ont nourri notre réflexion: Une littérature qui se fait (1962), Le Temps des poètes (1969), Le Roman à l’imparfait (1976), Littérature et circonstances (1989).11 a dirigé aussi une monumentale Anthologie de la littérature québécoise, qui est devenue un ouvrage de référence.L’enseignement «L’enseignement, j’y suis allé avec espoir et ten eur.Mais c’est un métier que j’ai beaucoup aimé.Même si je ne suis pas sûr d’avoir été le professeur que j’avais rêvé d’être.L’enseignement diffère profondément du journalisme par la présence des êtres humains.Quand vous avez une classe devant vous, cela implique un dialogue constant et une mise en circulation de vous-même qui vous amène à penser différemment.«J’aime à dire que ce que j’ai appris d’essentiel à l’université, c’est vraiment l’explication de texte.Ce qu’on ne fait pas dans le journalisme, parce que ça implique “des longueurs”.Mais de me trouver devant un extrait du Père Goriot de Balzac ou devant un poème de Gaston Miron et de travailler sur un texte durant une ou deux heures, cela implique une démarche de l’esprit qui met en cause tout ce qu’on sait de la littérature, toutes les petites choses qu'on a apprises, en plus d'un esprit d'examen et de rigueur qui, pour moi, est une des merveilles du contact avec la littérature à l’univer-site.D'ailleurs, je dois dire aussi qu’un certain nombre de mes livres sont venus directement de l'enseignement, comme Le Roman à Pim parfait, par exemple.L’enseignement donne un commencement, une amorce, qui |K*ut donner ensuite des livres d’essais.«D’ailleurs, poursuit Gilles Marcotte.il n’y a pas pour moi de différence fondamentale entre les textes que j’ai écrits dans la critique et la fiction.Je n’aurai pas la vanité de le (lire de moi-même, mais c’est ce que je proposais à mes étudiants au dernier cours que j’ai donné: les critiques qui valent la peine d’être lus sont des critiques d’écrivains.Quand on touche à récriture, on est d’une certaine manière écrivain.Et quand on n’est pas écrivain, on reste dans la technique, on n’est pas dans la cri tique littéraire.» Marcotte écrivain nous a donné un essai personnel magnifique, lui Prose de Rimbaud (1983); il a aussi été romancier, avec lue Poids de Dieu (1962) et Retour à Coolbrook (1965).Il continue d’écrire de la fiction, aujourd’hui, du côté de la nouvelle, tour a tour fantaisiste ou plus près du réel, avec une imagination qui ne se départit pas d’un humour qui, finalement, reste une des particularités de l’intelligence de Gilles Marcotte.«L’humour, on peut dire que c’est la marque d’une discrétion extrême.Parce que c’est, bien sûr, le contraire même de l’affirmation grandiloquente.Quand on pratique l’humour, on se retire dans un coin et l’on parle plus bas.L’humour peut être aussi le signe d’une certaine blessure.L’humour dit ce qui manque, une espèce de vide, cette part de soi-même qu’il ne faudrait peut-être pas souhaiter assumer.Un être comblé de lui-même, ce serait quelqu’un qui n’aurait pas de manque.Et la littérature dit non: il y a toujours autre chose, quelque chose que vous n’îtvez pas eu, quelque chose dans ce livre que vous n’avez pas lu.» MISCELLANÉES EH L'HONNEUR DE GILLES MARCOTTE Sous la direction de Benoît Melançon et Pierre Popovic Fides, 422 pages Concours ouverts aux auteurs-jeunesse A LE DEVOIR u concours de nouvelles organisé par Radio-France Internatio- nale (RFI) dont les détails ont déjà été publiés dans nos pages (voir notre édition du 25 ocotobre) s’ajoute la tenue de trois concours * BERTRAND Librairie anglaise 845-3300 Librairie française 849-4533 Encore et toujours Obtenez des coupons-dividendes de »% Livraison gratuite via Purolator Grande région de Montréal 24,95 $ et plus CENTRE EATON Métro McGill organisés par le ministère de la Jeunesse et des Sports de France et destinés à l’ensemble des écrivains francophones.Il s’agit d’abord du prix du roman jeunesse, récompensant des œuvres de fiction (contes ou romans) originales et inédites écrites pour la jeunesse dans la tranche d’âge de 8 à 14 ans.Le manuscrit doit contenir au minimum 50 pages.Il existe également un prix de poésie jeunesse qui récompense un recueil de poèmes inédits d’un minimum de 30 pages à l’intention de l’enfance et de la jeunesse.Enfin, le prix Arthur-Rimbaud est ouvert aux poètes de 18 à 25 ans, appelés à soumettre un recueil de poèmes inédits de 30 à 100 pages.Pour tous ces prix, les manuscrits doivent être présentés de façon anonyme.Les règlements complets de ces prix littéraires sont disponibles au service culturel du Consulat général de France, 25 rue Saint-Louis, Québec, GIR 3Y8 ou au Centre d’orientation et de documentation du Consulat général de France, 1110 avenue des Lauren-tides, Québec, GIS 3C3.ÉDITIONS HURTUBISE HMH Hil.Itiltfird-Rtvnan liSillt (Qiibit) HH 112 Ml: (S 14) 164-112) Tilfdpiiir: (SM) ît4-74)S REZ-VOUS uni SE-TEMPS: VRE-ATELIER! necau Chinois tmmastcbmo***3 %, mm DISPONIBLES CHEZ VOTRE LIBRAIRE 701111 I K |) K V O I II , I.K S S A M K I» I t: T I* I M A X (’ Il |i K i K M |l II | I II il ,i L I V R.E S I) Défenseur de l’amoral cadeaux hallages de^^ 36ü jours Puisqu’on dit de 1995 qu’elle passera à l’histoire, aussi bien en garder le meilleur souvenir possible.Ces cent douze dessins de Serge Chapleau vous permettront de bien rigoler chaque fois que vous y repenserez.LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest outremont; montréal tel.: 274-3669 télec.: 274-3660 Jean-Marie Rouan mm 3 T"'®’ T f n l'oln/iliicii.i'dii/HHimir Que de beau monde dans son arbre généalogique «naturel» et secret! De son vivant tout cela ne circule que sous cape, ce sont allusions ou perfidies, et sous-entendus payants; officiellement fils de (personne, le duc de Momy vivra une vie de «nmd garçon solitaire qui sait choisir ses appuis comme ses femmes au gré de ses intérêts et de ses opinions (assez changeantes merci, cet orléaniste sera bonapartiste, et puis libéraliste, il faut ce qu’il faut!); et il si* fera seul, à coups de séductions, l’énigme de sa naissance lui servant de gris-gris.De naissance incertaine il fera aisance certaine.Jean-Marie Kouart, le romancier du Goût du malheur, en trace un portrait plus qu’il ne signe une biographie.Travail magnifique, documenté et traité à la plume alerte.On s’y glisse dans les coulisses du régime plus que sur la scène du siècle, et c’est là l’intérêt de l’affaire.Car c’est dans les coulisses affairées qu’apparaissent en relief les paradoxes du personnage, celui-ci s’y tient en état d’apesanteur morale.Rouart esquisse bien ces différents M.orny, le cynique, le libéral, l’affairiste, l’homme de goût, l’escroc, l’aristocrate, le calculateur et le voluptueux.Au finish son Morny est assez délectable.11 y a de l’admiration dans l’air.Mais que cache donc, après le portrait de Vivant Denon fait par Sollers (le feuilleton du 2 décembre) et celui-ci de Morny brossé par Rouart, ce soudain retour aux grandes figures de dandys?On renifle un parfum fin de siècle dans ces manœuvres — toutes honnêtes — de réhabilitation du modèle am- bigu de ces hommes élégants et légers, conquérants et insolents, habiles et secrets, célibataires et jouisseurs, silhouettes de l’histoire qui ont toujours caché un intérêt sous cape, Fantomas du grand monde à qui il n’a pas été interdit d’être des salauds et qui ont été parfois de grands hommes, et parfois des canailles.Vivant Denon a pillé églises et palais, le duc de Morny a fait tirer sur la foule, l’un a composé avec la Terreur, l’autre a mis au point un coup d’Etat, et ils ont inspiré les plus grands écrivains.Tels sont les intrigants, personnages riches de recoins, véritables greniers pour écrivains, grands défenseurs de l’amoral, et, comme l’écrivait le vieil Hugo, infâmes et aimables.(williniiml MORNY UN V01UP1UIUX AU POUVOIR Jean-Marie Rouart Gallimard, 251 pages • # Boréal Qui m'aime me lise.Rouart trace un portrait de Morny plus qu’il ne signe une biographie Le portrait est injuste et corse.il donne du duc de Morny une stature définitive dans la littérature, sinon dans l’histoire.Lisons-le, car c’est du Victor Hugo à son meilleur.«Qu’était-ce que Morny?Disons-le.Un important gai, un intrigant, mais point austère, ami de Romieu et souteneur de Guizot, ayant les manières du monde et les mœurs de la roulette, content de lui, spirituel, combinant un certain libéralisme d’idées avec l’acceptation des crimes utiles, trouvant moyen de faire un glorieux sourire avec de vilaines dents, menant la vie de plaisir, dissipé, mais concentré, laid, de bonne humeur, féroce, bien mis, intrépide, laissant volontiers sous les verrous un frère prisonnier, et prêt à risquer sa vie pour un frère empereur, ayant la même mère que Louis Bonaparte, un père quelconque, pouvant s’appeler Beauharnais, pouvant s'appeler Flahaut, et s’appelant Morny, poussant la littérature jusqu’au vaudeville et la politique jusqu’à la tragédie, viveur, tueur, ayant toute la frivolité conciliable avec l’assassinat, pouvant être esquissé par Marivaux, à la condition d’être ressaisi par Tacite, aucune conscience, une élégance irréprochable, infâme et aimable, au besoin parfaitement duc: tel était ce malfaiteur.» Ce portrait magistral du duc de Morny, Hugo l’écrit à Bruxelles en 1877.L’écrivain est septuagénaire et vit plus souvent en exil qu’autrement car il est en délicatesse avec la France sous bien des rapports.Dans Histoire d’un crime, où l’on trouve ce portrait, il brosse à plus de 20 ans de distance (et une dizaine d’années après la mort du duc) un violent réqqisi-toire contre le fameux coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte («Napoléon-le-petit» dira-t-il) perpétré dans la,nuit du 2 décembre 1851, coup d’Etat réussi dont Morny fut l’un des subtils penseurs et qui créait par la force militaire et la ruse politique combinées ce que l’on appellera le Second Empire (1852-1870).Le Second Empire a mauvaise réputation.Coincé entre la monarchie de Juillet et la III' République, c’est un régime qui évoque le rassemblement festif et cynique d’aventuriers de la politique: des parvenus, des corrompus, des hurluberlus, en veux-tu en voilà! On traficote à la Bourse pendant qu’au théâtre les flonflons d’Offenbach' donnent le ton: frivole.Affaires et jambes en l’air.Empire et délire.La Chambre des députés est un boudoir.On colonise l’Algérie en y envoyant chenapans et banquiers.Epoque opaque plus qu’épique, qui heureusement avait ses romanciers — et lesquels! — pour bien la saisir: Hugo, Balzac, Zola.Qui dit mieux?Ils vont enquêter, dénoncer, décrire, portraiturer, juger et définir tout ce beau monde.Le duc de Morny sera gâté par eux (et aujourd’hui on le gâte encore avec ce portrait de Jean-Marie Rouart).Il va d’abord apparaître dans La Comédie humaine de Balzac sous les traits voluptueux, indolents et carnassiers du Marsay de La Fille aux yeux d’or.Chez Zola, avec «son mince sourire sceptique», «entretenu par une baronne dont il avait mangé les diamants en trois mois», il sera le comte de Marsy dans Son excellence Eugène Rougon, «un bandit tombé dans la peau d’un vaudevilliste».Et Alphonse Daudet ne sera pas plus tendre qui fera de Morny le duc de Mora dans Le Nabab, un croisement de Richelieu et du beau Brummell, un «homme sans scrupules dominé par la passion des femmes et de l’argent, qui est la proie d’un médecin charlatan».K () H K K T I.fc V K S (J II K ?Morny mourra effectivement d’abus d’aphrodisiaques refilés par son médecin.Un demi-siècle plus tard Sacha Guitry s’occupera aussi du duc de Morny.S’il ne l’a pas incarné dans une de ses grandes pièces historiques, il en fit un numéro de revue, «la Revue de Printemps» (c’était du temps d’Yvonne), où il allait chercher l’effet d’une réplique: «Je suis fils d’une reine, frère d’un empereur, petit-fils d’évêque et arrière-petit-fils de roi.Et tout cela est naturel!».Car il était tout cela le Morny en question.A sa naissance, le 22 octobre 1811, l’état civil est «tout faux».C’est qu’il fallait tout cacher: que son grand-père était nul autre que l’évêque Talleyrand (la merde dans le bas de soie.); que sa mère était la reine Hortense de Hollande, sœur de Joséphine de Beauharnais; que Louis Napoléon était par conséquent son demi-frère, et qu’en cherchant on trouvait Louis XV quelque part plus haut.120 pages • 15,95 $ \ O0OEOA.DO.-\ ÇifcCiB*.J ** WZÎE .* ! ttMtiGATO.4 ! \ EOXAWifcTO./» 'Dau I K N N E A N Ci I- A I Bonnes nouvelles du Canada anglais |.E S P E T ITS li II \ Il E II I! S Le temps de la certitude THE NEW OXFORD BOOK OF CANADIAN SHORT STORIES IN ENGLISH Selected by Margaret Atwood & Robert Weaver Oxford University Press, 462 pages.FROM INK LAKE Canadian Stories selected by Michael Ondaatje, lister & Orpen Dennys, 714 pages.Avec quelques petites differences d’approches.voici deux anthologies qui se proposent chacune d’offrir la crème de la crème de la littérature canadienne, depuis le siècle dernier jusqu'à aujourd’hui.Vaste programme! Et dans cette fabuleuse escalade où le meilleur le dispute au meilleur en- S o /> h i e core, c’est forcément le G i r o n n a y lecteur qui gagne.?Dans leurs introductions respectives, autant Michael Ondaatje (qui a préparé From Ink iMke) que Margaret Atwood (qui a contribué à The New Oxford Book of Canadian Short Stories) se déclarent incapables d’offrir autre chose qu’un choix partiel et partial, un portrait de leur littérature pris «sous un certain angle à un moment donné».N’empêche que beaucoup de noms figurent dans les deux recueils.Le Canada anglais possède bien évidemment ses classiques.Que vaudrait une anthologie sans la présence de Clark Biaise, George Bowering, Mavis Gallant, Margaret Laurence, Alistair McLeod, Alice Munro, Leon Rooke, Sinclair Ross, Carol Shields, Audrey Thomas, Rudy Wiebe, Ethel Wilson et d’autres.'Die New Oxford se consacre exclusivement à la nouvelle, un genre dans lequel le Canada anglais excelle par-dessus tout, on en a la preuve dans ces pages.Un genre, aussi, qui éclate littéralement ces dernières années.Margaret Atwood explique d’ailleurs que c’est pour rendre justice à tous ces nouveaux talents qu’elle s’est résignée au difficile exercice de refondre cette anthologie, dont la première édition remonte à dix ans.Le quart des auteurs choisis sont nés après 1945.Malgré cela, et c’est ce qui étonne, la facture des dernières nouvelles demeure très traditionaliste, avec récit linéaire et quasi-absence de recherche sur la fonne et la langue, la?portrait global reste impressionnant, cohérent mais relativement.monotone.Surtout si on le compare à From Ink Ixike, un gros et gras album, vaste et généreux, d’un registre beaucoup plus large, où l’on passe sans transition d’une analyse postmoderne de Petula Clark par Glenn Gould à une nouvelle délicieuse de l'humo- riste très vieille-Angleterre Stephen Leacock.Certains écrivains sont représentés par le premier chapitre de leur meilleur roman, ce qui donne envie illico d’aller lire* la suite (qu'ar-rivera-t-il à l’héroïne d'Ethel Wilson dans Swamp Angel, qui se sauve de chez son mari en cachette, pendant que le rôti finit de cuire?) Michael Ondaatje.écrivain à succès (prix Booker Prize de Londres avec L'Homme flambé) professeur, mentor, etc., est un antnologiste décidément exceptionnel.Ce recueil-ci, composé en 1990.n'est ni la première ni la dernière des occasions qui a permis à l'écrivain au jugement sûr de démontrer par l’exemple que la chose demande un talent très particulier et très rare.Ainsi, à chaque nouveau texte de From Ink Lake, on plonge corps et biens dans l’univers littéraire de l’auteur, en oubliant complètement la présence de ses 47 voisins — ce qui est précisément le pari que doit tenir une bonne anthologie.Ce phénomène n'est pas dû seulement au fait que les textes sont plus longs.C’est aussi parce que les nouvelles choisies par Ondaatje sont souvent d’une puissance d’évocation supérieure.On y gagne le sentiment de lire, chaque 0 X I 0 R 0 fois, non pas une courte nouvelle, mais bien un roman de 714 pages! Mais peut-on vraiment comparer deux anthologies?J'ai préféré le Matt Cohen, le Sinclair Ross et le Margaret Liurence choisis par Ondaatje.Par contre, je ne pourrais me passer de True Trash d’Atwood, et de Ihe Duel in Cluny Bark de Timothy Findley, comprises dans le Oxford.Et puis, dire que j’ai lu tout ce que contiennent ces (leux briques serait vous mentir, et c'est là ma chance! T ant de découvertes merveilleuses m'attendent encore au hasard des pages de ces énormes keepsakes — ce mot vient de l'anglais keep for my sake, ou «garder pour l'amour de moi»! Au total, on ne peut pas rêver plus idéale façon de s’initier à la littérature canadienne, d’en visiter les gouffres et les sommets, d’en admirer les tons et les irisations, d’en goûter le sel et le sucre, d’en connaître l’humour et les larmes, que de se procurer ces deux briques, et de les laisser veiller à son chevet, pour de périodiques explorations.?CHRISTMAS WITH ANNE Lucy Maud Montgomery McLelland & Stewart, 214 pages Les anthologies littéraires «sérieuses» peuvent bien ignorer la comtesse de Ségur de l’ile du Prince Edouard, cela n’empêchera pas Lucy Maud Montgomery (1874-1942), mère de plume d'Anne aux Pignons verts, d’être encore et toujours la plus lue, traduite, adaptée des auteurs canadiens à travers le monde.Les Japonais, paraît-il, s’en font un véritable culte et c’est grâce à eux et leurs yens qu’est resté intact le village où l'écrivaine jeune public situait ses intrigues.L M.Montgomery pratiquait sans doute la nouvelle comme une manière d’entraînement: elle en a produit un demi-millier sans chercher à en faire des livres.Quand en 1977, son éxégète attitrée, Rea Wilmshurst, a découvert des liasses de manuscrits dans le grenier de feu son idole, «ce fut comme Noël en été!», dit-elle.Depuis, Mme Wilmshurst a supervisé mm CANADIAN STORIES SELECTED BY Xi': Ci ! AL L ON?> A 3 iïl T JOSÉ ACQUELIN L’Oiseau respirable JOSE ACQUELIN Ü?lSEAU Respirable LES HERBES ROUGES/POÉSIE «José Acquelin m'enchante à travers sa lucidité heureuse et son étonnement soutenu.» David Cantin, Le Devoir 96p.12,95 $ LES HERBES ROUGES / POÉSIE l’Hexagone La littérature d'abord Paul ChMnbetttnd témoin nomad1 .¦at?\UL CHAMBERLAND Témoin nomade Carnets L92 pages 19,95 $ 1 °1 MK*M fitffls- Nathalie Sarraute a fort justement stigmatise l’entrée de la modernité dans la littérature en évoquant l’ère du soupçon.Après tant d’œuvres qui se cantonnent dans cette marge, le lecteur se sent parfois attiré par des romans dont l’auteur se lance sans ambages dans la narration d’une histoire.Nul doute.Te s s d'Urbcrvillc est bien un roman-roman.L’intrigue gui nous est donnée à voir avec la déchéance d’une jeune paysanne anglaise de la fin du dix-neuvième siècle.Ce qui aurait pu être une plate descente dans le mélodrame devient sous là plume de Thomas Hardy une riche évocation de la vie rustique en milieu puritain.Riche parce qu’évoquée par un écrivain ayant le don de recréer des pans entiers de vérité historique et sociale en des chapitres brefs, rapidement enlevés.Mais il y a davantage.Hardy anime aussi bien les personnages qu’il nous présente que les décors où ils évoluent.La trivialité des situations et des causes qui les ont provoquées n’est jamais pour l’auteur prétexte à se complaire dans la vulgarité.Le père de Tess, par exemple, rêveur impénitent qui croit sans difficultés qu’il fait partie de la noblesse, n’est pas un ivrogne abject.C’est lorsqu’il décrit l’héroïne de son roman que l’auteur est le meilleur.«Elle possédait un don qui, en ce moment, lui était funeste.L’épanouissement de sa beauté, son développement physique la faisaient paraître plus femme qu’elle ne l’était réellement.» Comme le dit André Topia dans son introduction, «(la) dualité qui existe entre l’image qu’elle a d’elle-même et l’effet qu’elle produit sur les autres contribue à donner au personnage une ambiguïté déjà très moderne.» Lu roman troublant C’est ainsi que de façon insidieuse, un roman que l’on croyait de tout repos se met à être troublant.Tess est, loin d’être un personnage dessiné, d’un trait.Hardy l’a façonné patiein- • ment à l’aide de touches souvent fort, contrastantes.En résulte un splendi- t de portrait de femme.Que le roman soit une virulente dé-, nonciation de la société victorienne ne fait pas l’ombre d’un doute.1 a morale se portait bien en ce temps-là et les nobles ne s’accommodaient pas de nuances.Quant à la situation des femmes, on peut imaginer le pire.Juan Durbeylield, mère de Tess, accablée par des grossesses successives résume tout à tait ce que pouvait être la réalité quotidienne qui tenait lieu de vie à des milliers de femme du peuple.Thomas Hardy mourut en 1928, dans sa quatre-vingt-huitième année.Les dernières années de son existen-, ce, il les écoula à rédiger des poèmes et à approfondir ses connaissances en peinture.L’art pictural l’avait toujours fasciné ainsi qu’en témoignent de nombreuses pages de Tess d'Urbcrville.Il n’y a pas que les rappels de noms de peintures qui parsèment le roman.Nous convainc surtout l’écriture qui est souvent celle i d’un paysagiste.Comme la plupart des véritables œuvres, Tess d’Urberville porte en sous-titre «Une femme pure».J’allais oublier de le mentionner.5117, avenue du Parc / 276-7651 1474, rue Peel / 287-1011 Où que vous soyez.RENAUD-BRAY livres • musique • videos • cadeaux Pour le plaisir de lire! Le Pas si lent de l’amour Hector Bianciotti Le pas si lent de l'amour Roman/Grasset « 31,95$ François-Olivier Rousseau L'heure de gloire Roman/Grasset 31,95$ L'heure de gloire * t « ¦ *1 La cathédrale d’Ivry, vue de l’extérieur et de l’intérieur par son concepteur, Mario Botta.BP* à * à;’.;!!!’¦» t» 11 V '“S-se-iU .ataiLL.! I Une œuvre controversée Tout au long de sa construction, la cathédrale d’Ivry n’a pas été à l’abri de la polémique.D’abord sa forme ronde, bien qu’inspirée de Byzance, en a dérangé plus d’un.Les royalistes français y ont vu un «édifice où l’on tourne en rond», ce «qui fait trop penser à notre siècle».Les extrémistes de droite y ont même décelé un complot maçonnique puisque le cercle et le triangle sont des symboles utilisés par les francs-maçons.Mais c’est la campagne de financement «à l’américaine», présidée par le président de Cartier, Alain-Dominique Perrin, qui a surtout surpris.Utilisant les techniques modernes de marketing, le diocèse d’Ivry n’a pas craint de solliciter le public jusque dans le métro et à la radio (avec la vont de Robert Hossein).«Qui peut bâtir une cathédrale?Vous!», disait la publicité.Résultat: 500 000 donateurs ont fourni les 20 millions de dollars nécessaires.Les dons sont venus du monde entier, notamment de Munich, dont le patron local, saint Corbinien, est originaire de l’Essonne.Quant à l’Etat, il a donné 1,4 million de dollars pour la construction d’un musée d’art sacré qui sera aménagé dans les bâtiments.Les lettres de tous les donateurs ont d’ailleurs été scellées dans une boîte pour être enfouies au fond de la cathédrale.» i
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