Le devoir, 27 décembre 1995, Cahier B
Agenda culturel Page B7 Culture HS Économie Page H2 Planète Page H4 Us sports Page B6 Télévision Page H7 ?L'ENTREVUE MARC F A V R E A II Tout Sol avec lui-même De sa prison dorée, l’humoriste a pris le pouvoir par le rire ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Tout petit et freluquet, Marc Fa-vreau a découvert très tôt l’existence d’une arme redoutable.Une arme qui vous rend inattaquable, confond vos pires ennemis et fait même de la plus aride «traîtresse d’école» votre alliée, comme dirait Sol.Une arme contre le pouvoir, l’autorité aveugle et la bêtise humaine réunis.Enrobez le tout dans un nuage de naïveté lucide et de vulnérabilité, et le rire version Favreau devient un antidote contre la méchanceté et l’imbécillité ambiantes.Que le rire soit une manière de délinquance somme toute irréprochable, Marc Favreau l’a compris très vite.«Quelqu’un qui fait rire, il a les gens de son côté.C’est à l’école qu’on apprend le pouvoir du rire.Comme j’étais petit et freluquet, c’était ma seule défense.J’ai toujours été un délinquant.Je n’ai jamais aimé l’autorité», affirme le géniteur de Sol, cette vieille galoche qui n’est autre chose que l’ombre de lui-même.Ou l’inverse, c’est selon.Dans les années 40, alors que les jeunes collégiens de son âge étaient sommés de grossir les rangs des corps de cadets et d’enfiler l’uniforme, le jeune Favreau découvre que sa survie réside du côté de la fanfare militaire, là où l’on peut prendre ^on pied et faire faux bond à l’autorité.«A l’époque, je m’étais inscrit dans la fanfare pour avoir la paix et ne pas être obligé de porter le fusil comme tous les autres.J’ai toujours détesté la servilité», affirme Favreau, dont l’indécrottable aversion pour tout ce qui porte des galons ne s’est jamais tarie depuis.Dans un petit salon niché au troisième étage de son appartement aux frontières d’Outremont, Marc Favreau, qui approche les 66 ans, n’a rien perdu de sa verve, de sa fougue et de cette faculté d’indignation qui nourrit ses acrobaties textuelles.Une cigarette plantée dans le bec, il gesticule comme un moulin à vent, parle plus vite que son ombre et ponctue sa conversation de ces grands soupirs interminables si typiques de Sol.Sa rencontre avec l’auguste clown fut d’ailleurs tout à fait fortuite.Jeune comédien, il endosse dans les années 50 les rôles de jeunes premiers dans les séries télévisées Le 14, rue des Galets et Le Survenant.La chance lui sourit, le talent aussi.Mais tout à coup, il décide de tout planter là, de s’envoler pour l’Europe rouler sa bosse et voir du pays.«Quand j’y pense, ça n’avait aucun sens.On m’offrait des rôles.Mais à cet âge-là, j’étais fanfaron, j’avais le goût de m’expatrier», raconte Marc Favre,au.A son retour en 1958, un an plus tard, d’autres jeunes premiers occupent le devant de la scène.Favreau, qui cherche du travail, se présente à une audition à Radio-Canada pour incarner un tandem de clowns.La suite a fait l’histoire et le bonheur de milliers d’enfants, d’abord émules de Bim et Sol, puis de Sol et Gobelet.Dès cet instant, Favreau enfile son vieux manteau de sans-abri, sa poubelle et l’inimitable parler de ce drôle de pistolet qu’il ne quittera plus pour les 30 années à venir.Ce personnage d’Auguste, faire-valoir du clown blanc sans peur et sans reproche, lui sied comme un gant et le transporte avec sa poésie puérile et débridée.Si certains comédiens l’ont plaint de n’avoir jamais quitté Sol d’une semelle, Marc Favreau affirme filer le parfait bonheur dans ce qu’il appelle sa prison dorée.La moitié de l’autre «Depuis le temps que je vis avec Sol, c’est la moitié de moi-même.Je l’ai L’osmose est complète entre Favreau et son frère clownesque.Parfaits siamois, superlatif du premier.déjà nourri.Mais maintenant, c’est lui qui me nourrit.Il est plus rigolo que moi.Je m’habille, je disparais derrière Sol.C’est une prison, mais une prison dorée», affirme-t-il.En fait, l’osmose est complète entre Favreau et son frère clownesque.Parfaits siamois, les deux jumeaux semblent se suffire à eux-mêmes, et le second n’est que le superlatif du premier.Comme un carbone, la marque de Sol se lit sur les moindres rictus, de Favreau, sur ses mots d’esprit.Ecouter parler le comédien du monde qui l’inspire, c’est entendre l’écho lointain de l’auguste galoche en proie à un délire verbal décapant.D’ailleurs, la naïveté poétique de Sol demeure une les gens mine d’inspiration inépuisable pour son créateur et person-nificateur de la première heu- «Quelqu’un qui fait rire, il a de son côté.C’est à l’école qu’on apprend le pouvoir du rire.» re.Je ne serais pas capable d’inventer un autre personnage demain matin, à cause de cette naïveté.Ce personnage est trop précieux, il est trop important.Faire un autre personnage, ça serait un sous-Sol.Car c’est à travers des yeux d’enfant qu’on peut dire des énormités.Je me suis enfermé dans cette bulle, mais croyez-moi, elle se suffit à elle-même», défend-il.Drapé dans cet univers parfumé d’enfance, en butte au monde des adultes, tous les coups sont permis, les frontières de la raison sont levées.Et, concède le comédien, la sympathie coule de source.La petite victime «L’intérêt de Sol, c’est qu’il est une victime.On est tous victime de quelque chose à un certain moment.On est tous le petit de quelqu’un.Que ce soit Sol ou Chariot, ce sont des Augustes.Si ce personnage triomphe, tout le monde est vengé.Personne n’est sympathique à la puissance, car la puissance est un ferment d’abus», avance Favreau.D’ailleurs, ce combat perpétuel du petit en rébellion contre l’autorité toute puissante, c’est là toute l’essence de l’humour choyé par Favreau, qui se plaît à décaper l’absurdité tous azimuts.Une absurdité universelle, transposable aux quatre coins de la planète, qui témoigne du peu d’intérêt que porte Favreau, tout humoriste qu’il soit, aux personnages ou aux situations locales.«On parle toujours des mêmes choses, celles qui nous préoccupent tous, que ce soit la crise économique, le béton ou la pollution, défend-il.Nos comportements aberrants comme êtres humains, nos rêves brimés, nos comportements stupides, notre égoïsme, notre intolérance, c’est ce qu’il est important de traiter.S’astreindre à caricaturer la classe politique d’ici, n’est pas, en soi, intéressant.C’est toute la classe politique qui est caricaturale, qui est sotte d’un bout à l’autre du monde.L’absurdité est totale, elle est partout.» Si Marc Favreau s’intéresse à ce tout qui fait la marque du temps, les actualités ne lui inspirent en revanche rien du tout, sinon qu’une autre poignée de sarcasmes.Même son premier saut sur la scène en solo, qui a donné naissance au soliloque délirant sur «Les œufs limpides» en 1972, était en fait une satire dépassant le simple interlude montréalais du délire olympique.«Je ne traite pas l’actualité à la petite semaine.Les malheurs de Lady Di ne m’intéressent pas.De toutes façons, il n’y a jamais de nouvelles.C’est toujours la même ratatouille.Avez-vous regardé un journal d’il y a 30 ans?C’est la même chose aujourd’hui.Ce qui m’intéresse, c’est l’actualité qui perdure», affirme l’indéfectible comparse de Sol.Difficile d’ailleurs d’amener Favreau à faire ses dents sur quelque édile politique que ce soit.Les péripéties d’un Bouchard ou d’un Parizeau le laissent de glace.«L’excitation politique, ça ne dure que six mois.Et quoi qu’il arrive, même si le pays obtient son indépendance, ça ne changerait rien à la politique en général», défend Favreau, un partisan avoué de la souveraineté.Celui qui s’est inspiré de Prévert, Queneau, Vian et de tous les écrivains de l’imaginaire pour triturer les mots se voit avant tout comme un comédien, plus qu’un auteur.Sans le baptême de la scène, Sol n’aurait pas trouvé l’élan propice à ses voltiges verbales et Favreau aurait manqué cette communion sacrée avec le public.«Quand on faisait Sol et Gobelet, on se disait toujours dommage qu’on n’ait pas de public.J’aime la scène, c’est l’adrénaline tous les soirs.Quelqu’un qui vient au spectacle ne “zappe” pas, il est totalement disponible.L’aboutissement, c’est la scène, sinon je ferais des livres», précise Favreau.D’ailleurs, Favreau ne songe à quitter son alter ego que lorsqu’il n’aura plus la force de brûler les planches.Loin de lui l’idée de l’abandonner, au profit de quelque autre intrus.«Je ne sais pas si j’aurais pu écrire pour quelqu’un d’autre que Sol.Je suis trop pris par mon affaire pour être juge de cela.C’est qu’il me pompe l’air ce personnage!», lance le comédien.Ouille, ouille, ouille, esstradinaire, a répondu l’écho.PHOTOS JACQUES NADEAU les deux jumeaux semblent se suffire à eux-mêmes, et le second n’est que le Toute une galère La vie de cloche, c’est toute une galère.Jusqu’à tout récemment, Marc Favreau passait six mois par année en tournée à l’étranger, à courir les théâtres de la Belgique, de la Suisse et de la France.Après avoir traîné sa vieille valise et sa poubelle cabossée aux quatre coins de la vieille Europe, il pense maintenant à ralentir cette cadence d’enfer.Une part importante des tournées de Sol se déroulent d’ailleurs en terre québécoise, notamment dans les cégeps.Même si on dit que les jeunes ne se délectent plus que de clips et d’images, le spectacle minimaliste de Favreau trouve bien des émules chez les jeunes.Des jeunes qui n’ont pourtant pas été bercés par la voix de Sol au petit écran de leur jeunesse.«C’est ce qui est stimulant.On fait des spectacles avec rien du tout.Je suis seul avec une poubelle, et ça marche.Les jeunes d’aujourd’hui aiment beaucoup Sol», se réjouit Favreau.D’ailleurs, ce dernier croit que le soi-disant désintérêt des jeunes pour la culture et la langue n’est que foutaise.«Ils sont beaucoup plus curieux et connaissent bien plus de choses que nous étant jeunes.Dans notre temps, on devait aller jusqu’à New York pour voir Les Enfants du paradis», tonne le comédien.Quand il n’est pas en tournée, Marc Favreau se retrouve dans son refuge champêtre des Cantons de l’Est, oùü laisse libre cours à son petit côté castor bricoleur., «Je me plais dans le travail physique, le jardinage, le travail du bois.Je ne peux rester à rien faire et, pour moi, la nature c’est très important», lance ce citadin, qui a vécu presque toute sa vie dans le quartier de Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.Cultiver la terre, bûcher du bois et réparer la maison, rien de tel pour canaliser l’énergie inépuisable de cet homme-dynamo quand Sol lui laisse un moment de répit.Jusqu’à présent, sa santé ne lui a jamais fait défaut.Il faut d’ailleurs une stature d’enfer pour résister au rythme infernal que lui impose cette carrière en solo avec Sol.«Quand je ne serai plus capable de faire le pitre sur scène, je verrai.C’est un tempo très exigeant.Mais c’est cela aussi qui fait qu’on garde la santé», croit le comédien en brûlant sa énième cigarette.Inutile de dire que Favreau n’a rien d’un contemplatif.Il ne plonge dans son travail assidu d’écriture que quand un nouveau spectacle se pointe à l’horizon.«Je ne suis pas un moine ni un homme de cabinet qui s’astreint à écrire de telle heure à telle heure», affir-me-t-il.Habile à manier le crayon, Favreau a aussi longtemps rêvé d’être caricaturiste avant d’être comédien.«Je dessinais beaucoup, j’aurais peut-être fait de la BD.Mais finalement, je dessine avec les mots», confie-t-il.Maintenant qu’il n’enfile plus sa peau de clown nomade qu’un ou deux mois par année, il préfère se retrouver parmi les siens, au Québec.Après avoir voyagé pendant des années, à profiter de la bonne chère et du bon vin, il se découvre maintenant un petit côté sédentaire les vacances venues.Ces étés, il les passe auprès de sa famille qui compte trois petits-enfants, aussi précieux pour lui que des trésors.«Je suis bien ici.Les petits-enfants, c’est comme un renouveau», lance-t-il.D’ailleurs, on sent chez lui un certain besoin de profiter de chaque parcelle de ce temps qu’il sent lui filer entre les doigts.Dieu seul sait combien de temps Sol lui mènera encore la vie dure.«La mort ne m’inquiète pas, mais la maladie, oui, tranche Favreau.Combien me reste-t-il de Noël, de printemps?Je ne sais pas.Je vis au jour le jour.» /.P.J B 2 I.K II K V 0 I It .I K M K II ! Il IM i 7 I» H I K M II II K I II II .1 LE DEVOIR ÉCONOMIE Déjeuner d’affaires aux Fruits de Mer PtoROTAVÉ&NA OU WMPOIIUM 4293 ST-DENIS 842-0867 CETTE SEMAINE A LA BOURSE Semaine du 24 au 30 décembre 1995 ASSEMBLÉES GÉNÉRALES Nom de la Compagnie Plasti-Fab Ltd Promatek Ltée (Les Industries) Date 28- 12-95 29- 12-95 Heure 11hOO 10h00 Lieu Calgary Montréal OFFRE EN ESPECES COMPAGNIE D'HYPOTHÈQUES CANADA TRUSTCO (CT.PR.C)(CT.PR.A) Valeur: Actions privilégiées de deuxième rang série 1 Actions privilégiées de premier rang série C Modalités: La société mentionnée ci-dessus déclare son intention d'effectuer une offre en espèces visant à acquérir toutes ses actions privilégiées de deuxième rang série 1 et ses actions privilégiées de premier rang série C en circulation.Le prix offert est de 23.50$ pour chaque action privilégiée de deuxième rang série 1 soumise et de 19.25$ pour chaque action privilégiée de premier rang série C soumise.Date d’échéance: Le 29 décembre 1995 ATCOR RESOURCES LTD(AKR.A)(AKR.B) Valeur: Actions sans droit de vote, catégorie A Actions catégorie B Modalités: La société FOREST OIL CORP.a fait une offre en espèces visant la totalité des actions de catégorie A sans droit de vote et des actions de catégorie B en circulation de la société susmentionnée.Le prix de l'offre est de 4.88$ pour chaque action de catégorie A sans droit de vote d'ACTOR RESOURCES LTD soumise et de 4.88$ pour chaque action de catégorie B d'ACTOR RESOURCES LTD soumise.OFFRE EN ACTIONS MURWELL RESOURCES LTD(MRW) Valeur: Actions ordinaires Modalités: La société ICON ENERGY LIMITED a fait une offre visant à acquérir toutes les actions ordinaires en circulation de la société susmentionnée.Le taux est de 2 actions ordinaires d’ICON ENERGY LIMITED pour chaque action ordinaire de MURWELL RESOURCES LTD soumise.Note: Les actions ordinaires d’ICON ENERGY LIMITED émises dans le cadre de l’offre ne sont pas admissibles à la distribution en vertu des lois des juridictions autres que celles des provinces du Canada dans lesquelles ICON ENERGY LIMITED est un émetteur assujetti, c’est-à-dire dans les provinces de l'Alberta et de Québec.Le droit de retrait prend fin: Le 26 décembre 1995 Date d'échéance: Le 27 décembre 1995 RETRAIT DE L’OFFRE CONSOLIDATED CYN-TECH VENTURES LTD(CCV) Valeur: Actions ordinaires Modalités: La société GOLD CITY MINING CORP.ne procédera pas à l’offre proposée d’achat d’actions de la société susmentionnée.PARTS DE FIDUCIE, DISTRIBUTION EN ESPÈCES HEALTH CARE & BIOTECHNOLOGY VENTURE FUND(HCB.WT.E) Valeur: Bon de souscription, échéant le 28 février 1996 Modalités: Sous réserve de la conclusion de la vente de certains investissements en décembre par HEALTH CARE, une distribution d’approximativement 2.28$ par part de fiducie de HEALTH CARE en circulation, ou de 1.68$ par part de fiducie diluée (si tous les bons de souscriptions en circulation sont exercés) sera remise à tous les détenteurs de parts inscrits à la date de clôture des registres du 31 décembre.Le paiement de la distribution sera effectué dans les soixantes jours suivant la date de clôture des registres.Les détenteurs de bons de souscription qui désirent recevoir cette distribution doivent exercer leurs bons de souscription HEALTH CARE àu plus tard le 29 décembre 1995.Un bon de souscription HEALTH CARE plus 7.50$ permettent de souscrire à une part de fiducie HEALTH CARE.Date d’échéance: Le 29 décembre 1995 ÉMISSION DE DROITS DE SOUSCRIPTION CANADIAN CONQUEST EXPLORATION INC.(CCN) Valeur: Actions ordinaires Taux: Un (1) droit pour chaque action ordinaire détenue.Modalités: Cinq droits plus 0.65$ permettent de souscrire à une action ordinaire.Les droits ne sont pas offerts aux résidents des États-Unis, de ses territoires ou possessions.Date d’échéance: Le 15 janvier 1996 ÉCHÉANCE DE BON DE SOUSCRIPTION AMAX GOLD INC.(AXG.WT) Valeur: Bon de souscription (8 janvier 1996) Modalités: Un bon de souscription plus 21$ US permettent de souscrire à une action ordinaire d’AMAX GOLD INC.Date d’échéance: Le 8 janvier 1996 Date limite pour soumettre les retraits et les dépôts au service du crédit: Le 28 décembre 1995 INTERQUEST TECHNOLOGIES INC.Valeur: Bon de souscription (31 décembre 1995) Modalités: Un bon de souscription plus 2.50$ permettent de souscrire à une action ordinaire d’INTERQUEST INCORPORATED (anciennement INTERQUEST TECHNOLOGIES INC ).Date d’échéance: Le 31 décembre 1995; prolongé jusqu’au 2 janvier 1996 APPEL DE REMBOURSEMENT PARTIEL TORONTO EATON CENTER Valeur: 16.75%, échéant le 15 janvier 1997 Taux: 100% du capital date de remboursement: Le 15 janvier 1996 RACHAT TOTAL D’UNE ÉMISSION CT FINANCIAL SERVICES INC.(CFS.PR.A) Valeur: Actions privilégiées de premier rang, série 2 Taux: Le taux est de 25$ plus un dividende réputé de 0.125$ pour chaque action privilégiée de premier rang de série 2 détenue (total: 25.125$).• Date de rachat: Le 29 décembre 1995 Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons pas en garantir l'exactitude.Ce document, étant un bulletin d'information, pourrait s'avérer incomplet.Entrevue avec Clément Godbout La FTQ, une grosse «entreprise» de 200 millions CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Si l’on voulait résumer en quelques chiffres la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).on pourrait dire que c’est 4(H) (MK) membres qui paient 500 $ en cotisations annuelles, c’est-à-dire des revenus globaux de 200 millions pour cette centrale syndicale et ses composantes, c’est-à-dire les syndicats affiliés.Voilà une façon de présenter les choses, mais cela ne décrit pas exactement ce qu'est la FTQ, une organisation éminemment plus complexe et très décentralisée, si bien que les cotisations des membres ne sont pas acheminées vers une seule et même caisse, La FTQ regroupe en fait les membres québécois de 42 grands syndicats canadiens et nord-américains qui chapeautent quelque 5000 syndicats de base.Elle est «associée» au Congrès du travail du Canada (CrC).La FTQ compte environ 475 000 membres, mais il y en a toujours de 50 000 à 60 000 qui «flottent», entre des situations de travail et de non emploi; or, sans emploi, pas de contribution au syndicat.Par ailleurs, la cotisation moyenne par membre se situe entre 30 et 40 $ par mois, ce qui donne moins de 500 $ par année; elle est évidemment établie en fonction du salaire du membre.En réalité, la FTQ proprement dite ne reçoit que 1,10 3 par mois par membre, ce qui lui donne en 1995 des revenus de 4,25 millions provenant des cotisations; en y ajoutant ses autres revenus provenant de quelques autres sources, cela lui donne un montant total de 6,2 millions, dont la moitié sert à payer les salaires, charges sociales et les dépenses dont les allocations pour autos, bref le fonctionnement d’une équipe d’une cinquantaine de personnes qui constituent le noyau central; on y retrouve bien sûr le président, Clément Godbout, appuyé par une vingtaine de permanents qui s’occupent de dossiers divers (éducation, recherche, santé et sécurité au travail, francisation, condition féminine), ainsi que dix permanents régionaux et le personnel de soutien.M.Godbout, qui a pris la relève à la tête de la FTQ, à la suite de Louis La-berge et de Fernand Daoust, souligne que le petit budget de la FTQ par rapport aux 200 millions provenant des cotisations totales s’explique par le fait que la FTQ joue un rôle bien défini dans l’ensemble des structures, soit celui de porte-parole |xmr l’ensemble des syndicats affiliés, en plus de voir à certaines autres tâches, comme celles d’élaborer une stratégie globale, de faire les représentations au plan international, de proposer (les stratégies électorales, de se pencher sur les lois votées dans les parlements.Elle ne gère aucun fonds de grève.La FTQ, dont les racines puisent dans le syndicalisme nord-américain et dont l'histoire au Québec commence en 1886 avec la fondation du Conseil central des métiers et du travail de Montréal, a subi au fil du temps une grande influence des autres syndicats québécois.«Nous nous sommes modelés à la présence de la CSN», constate M.Godbout, en soulignant la réciprocité dans les influences, comme en fait foi, par exemple, la décision de la CSN de créer un fonds d’investissement plus ou moins sur le modèle désormais bien connu et mis au point par la FTQ.Sur les 200 millions de revenus provenant des cotisations totales, de 60 à 70 % de ces sommes servent à payer les salaires aux 680 permanents dans l’ensemble des syndicats membres et à plus de 300 autres employés, à payer les dépenses et les services de soutien, les frais juridiques, etc.Nouvel immeuble Parmi les actifs de la FIT), il y a un nouvel immeuble à Montréal dont le coût de construction a dépassé les 50 millions.La FTQ y a mis un million comptant et certains autres syndicats six millions; 32 millions ont fait l’objet d’un financement par la Standard Life et le reste a été acheté par le Fonds de solidarité.Il s’agit d’une part d’un investissement qui sera payé dans 25 ans, mais d’autre part cela a permis de ramener beaucoup de monde dans un même lieu, ce qui facilite grandement les contacts.A la FTQ, même si le nombre des membres a légèrement augmenté, on s’inquiète, comme dans le monde syndical en général, en constatant la tendance à la baisse de la syndicalisation, qui a été au Québec de 6 % depuis 1989.En plus de l’impact politique que cela peut avoir, une telle baisse entraîne inévitablement des conséquences sur le plan de l’organisation matérielle.On peut imaginer certaines tensions à l’occasion entre les diverses instances pour le partage des revenus.En fait, ce sont les syndicats qui TASSÉ Tassé & Associés, Limitée Relais û* affaires REIAIS & CHATFAUX M FINE FLEUR DES MAITRES HOTELIERS ESTRIE NORTHHATEEY AUBERGE HATLEY Grand Prix National de la Gastronomie 1993 et 1994 «La Table d'Or».Un relais pour les gourmets-gourmands.Le charme d’une vieille demeure bourgeoise perchée sur une colline dominant le Lac Massawippi.25 chambres dont certaines avec foyer, balcon et bain tourbillon.Forfait conférence inch 3 repas, 2 pauses-café, la salle de conférence et service.150 S p.p.occ.simple/jour ou 125 S p.p.en occ.dble/jour.Tel.: (819) 842-2451 Fax.: (819) 842-2907 SAINTE-ADELE LAURENTI DES___________________________________ HÔTEL L’EAU À LA BOUCHE Hôtel-Restaurant 4 diamants CM, La Table d’Or des Laurentides, Table de Bronze au Grand Prix National de la Gastronomie 1993, 25 chambres luxueuses, vue sur les pentes de ski.*** Spécial Forfait d’affaires *** du dimanche au jeudi : 42,50 S par personne, par nuit, occ.double, incluant luxueuse salle de réunion, café en permanence, équipement d’audio-visuel et service.Tél.sans frais de Mtl: 514-227-1416 ou 229-2991.Fax: 229-7573 MONTÉRÉGIE SAIN T-MARC-SU R-LE-RICHELIEU HÔTELLLERIE LES TROIS TILLEULS À St-Marc-sur-le-Richelieu.Une hostellerie paisible et confortable, dans une demeure d’un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu, où le personnel n'a qu’un seul désir: satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».5 salles de réunions disponibles.Nous avons différents forfaits à vous proposer.856-7787 VIEUX-QUÉBEC confortable en affaires œ-xy SUIT! 920 HÔTEL LE PRIORI AU CŒUR OU VIEUX PORT • IS, SAULT-AU-MATELOT, QUÉBEC GIKJY7 CHAMBRES, SUITES ET SALLE DE RÉUNION RÉSERVATION I-4 11-«92-]992 FAX I -< I l-Itl-OII) Sé PHOTO PC Clément Godbout, à son élection à la direction de la FTQ en 1993.perçoivent les cotisations et qui en font la redistribution, dont 20 cents par mois et par membre au CTC à cause du lien d’association qui existe depuis 1993.Dans le cours de son évolution vers une personnalité de plus en plus québécoise, la FTQ a livré pendant une trentaine d’années une lutte incessante pour obtenir une plus grande autonomie du CTC.Aujourd’hui, le CTC n’offre plus aucun service au Québec et seul persiste un lien d’association.Clément Godbout dit merci à la compréhension de Bob White, le leader au CTC, qui a permis cette souplesse, tout comme celle qu’il a manifesté pendant la campagne référendaire quant au respect à accorder au choix que feraient les Québécois A l’instar de changements profonds dans l’organisation des entreprises, il y a une forte mutation dans le monde syndical.Au sein des syndicats affiliés à la FTQ, plusieurs fusions ont eu lieu depuis 1991; le nombre des syndicats affiliés est passé de 62 à 42.Actuellement, les cinq plus grands syndicats regroupent 85 % des membres.Et ce n’est pas terminé.M.Godbout mentionne le.cas d’une grosse fusion qui impliqueles Métallos, les Machinistes et,et les Travailleurs unis de l’auto des États-Unis.Cette ftision qui se fait par étapes d’ici l’an 2000 donnera un syndical qui aura deux millions de membres et un fonds de grève de un milliard.Actuellement, le plus gros syndicat affilié à la FTQ est le Syndicat canadien de la fonction publique qui compte 92 000 membres, dont les employés d’Hydro-Québec, de Québec Téléphone, d’Air Canada et de plusieurs, autres dans les médias et autres entres prises.Le Syndicat des métallos arrive au second rang avec 50 000 membres,' tout comme le Syndicat des communi-, cations, de l’énergie et du papier; la! FTQ-Construcüon a 45 (XX) membres.! Les secteurs d’activités représentés; dans d’autres syndicats sont le coin-'; merce de détail et l’alimentation, la' fonction publique du Canada, les, rou-, tiers, l’auto et l’aérospatiale, les employés de bureau, les postiers, les artistes, etc.Le Fonds de solidarité, une autre culture On ne peut plus désormais parler de la FTQ comme organisation sans penser au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, une idée originale qu’a eue [nuis Laberge en temps de crise économique et qui s’est transformée en un projet qui n’en finit plus de grandir.«In FTQ et le Fonds, ce sont deux cultures qui ne sont pas toujours faciles à gérer, mais c’est gérable», affirme Clément Godbout, président de la FTQ et vice-président du conseil d’administration du Fonds.Au fil de la conversation, il ajoute ce commentaire: «Après 13 ans, on se comprend mieux.» Il est très important, selon lui de maintenir un lien de confiance entre les dirigeants de deux institutions.Pour y arriver, le Fonds n’intervient pas dans le débat syndical et la FTQ ne se mêle pas des dossiers dont le Fonds doit traiter.Un scénario est complètement écarté; «Pas question que le Fonds devienne le bras patronal de la FTQ.» Comme le Fonds est en pleine croissance, se pourrait-il qu’un jour il soit devenu trop puissant et ait une influence trop grande sur sa mère, la FTQ?M.Godbout s’empresse de préciser que cet aspect de la question fait l’objet d’une surveillance constante., A l’extérieur du cercle des initiés et des professionnels cependant, le partage n’est pas toujours évident.Le Fonds a nettement une culture financière, affirme M.Godbout, en étant voué à la relance d’entreprises et à la création d’emplois; il a forcément une.attitude de banquier.«La différence, c’est qu’en plus de l’aspect financier, le' Fonds prend en considération le bilan social, la compétence de l’entreprise considérée vis- à-vis de l’avenir et son monde, c’est-à-dire ses employés»; ajoute-t-il.j Le Fonds insiste aussi la formation! ' économique à donner aux employés,! qui sont souvent des syndiqués de la; FTQ.Le bilan social du reste est effec-j tué par des agents de développement' qui viennent du monde syndical.En revanche, il arrive souvent qu’une en-; treprise ait des difficultés pour des rai-' sons de gestion, de compréhension et d’organisation du travail.Il appartient' alors au syndicat concerné et non pas à la FTQ de faire son travail afin que des correctifs soient apportés.Dans la considération des dossiers?le Fonds de solidarité, conformément à son mandat, va accorder une pr'éfçs rence aux emplois plutôt qu’au rendement.Par exemple, entre un dossier qui prévoit la création de 20 emplois et Un-rendement de 20 %, et un autre dossier qui prévoirait la création de 50 emplois mais qui n’offrirait qu’un taux de rendement de 10 %, on optera pour le se?cond.Avec un rendement moyen qui'sè situe entre 5 % et 6 %, M.Godbout soutient que le Fonds joue pleinement son rôle, puisqu’il a permis le maintien ou l;t création de 30 (XX) emplois depuis sa1 création.c.t.• ; SUSHI BAR POUR DINER D’AFFAIRES I HEURE DE STATIONNEMENT GRATUIT .ET POUR RÉUNIONS EN SOIRÉE : : LE MEILLEUR À MONTRÉAL CUISINE JAPONAISE 4527 St-Laurcnt 842-11520 Faites Partie des DÉJEUNERS D’AFFAIRES COMPOSEZ LE 985-3322 9 ) I) K V U | |< .I il il .1 |.K M K H I It K II I I K 1 * É C (IN 0 M U t: t k m it h i: C L A S it R AFFAIR M.Le tourisme d’affaires prend de la vigueur Des nouvelles encourageantes du Conference Board pour 1996 C% est du moins la / conclusion que tire le Conference Board du Canada dans l’édition d’hiver de son bulletin, Travel Markets Outlook.Aux yeux de ses experts, le tourisme devrait croître en 1996 en raison d’une économie canadienne qui échappera à la récession.Le dollar canadien, pour sa part, n'est pas appelé à prendre plus de videur par rapport à la devise américaine, ce qui continuera de favoriser les voyages au * pays et à attirer les voyageurs étrangers.Le tourisme d’affaires, tant international qu’intérieur, reflétera fidèlement cette situation.Dans le cas du tourisme d’affaires au Canada, le Conference Board se déclare «assez optimiste».Constatant que le nombre de voyages d’affaires a augmenté de 3,5 % en 1995, il prévoit une croissance similaire en 1996 mais un léger ralentissement l’année suivante, causé par une économie appelée à s’essouffler.Cet optimisme est en partie attribuable à une meilleure rentabilité des entreprises: plus de profits les inciteront à intensifier les voyages d’affaires qui sont, on le sait, parmi les premiers postes où l’on coupe lors des périodes difficiles.Selon le No r ni a n
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