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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 30 juin 1977
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1977-06-30, Collections de BAnQ.

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is ce q Vol.LXIX- No 148 Ensoleillé avoc passages nuageux.Maximum 25.Montréal, jeudi 30 juin 1977 Férié 25 CENTS Les honoraires professionnels L’Office propose l’abolition du tarif minimum par Marie Laurier L’Office des professions du Québec vient de recommander au gouvernement l’abolition des tarifs d’honoraires minimums déjà en vigueur dans neuf corporations professionnelles exerçant en pratique privée.Du même souffle, il préconise une ouverture des règlements de la publicité pour permettre l’information écrite aux consommateurs sur les prix exigés, de façon à instituer un jeu de concurrence loyale entre les professionnels et assurer ainsi la protection du public.Tels sont en substance les points saillants d’un train de mesures visant à favoriser la concurrence sur les prix des services dispensés par ces professionnels dans leur bureau, et destines à contrer les abus dans ce domaine.Ils sont consignés dans un volumineux rapport, fruit de quatre ans de longues et intenses cogitations sur la tarification des honoraires en pratique S rivée, et remis hier à M.Jacques-Yvan lorin, ministre responsable de l’application des lois professionnelles.Advenant que ces recommandations soient entérinées par le législateur, neuf corporations exerçant dans des bureaux privés perdront leur privilège de tarification minimum: agronomes, architectes, arpenteurs-géomètres, avocats, évaluateurs agréés, ingénieurs, ingénieurs forestiers, notaires et urbanistes.Elles seront de nature aussi à couper l’herbe sous le pied aux autres corporations professionnelles qui réclamaient instamment ce même privilège.Le dépôt de ce document de 342 pages assorti de plusieurs annexes qui aura sans doute de larges répercussions sur le mouvement global de la vie économique des professionnels concernés, marque le dernier geste officiel de Me René Dussault à titre de président de l’Office des professions du Québec.En effet, ce dernier entre en fonction demain au poste de sous-ministre de la Justice.“La protection du public n’exige pas ue le gouvernement fixe, par règlement, es prix minimums pour les services des professionnels qui exercent en pratique privée,” a déclaré hier M.Dussault en rendant public le rapport de l’Office à son bureau de Montréal.Cette décision unanime des cinq membres de l’Office des professions qui ont scruté à la loupe toutes les implications d une telle réglementation, vient à l’encontre des demandes répétées des corporations professionnelles pour rehausser leurs tarifs minimums actuels.L’Office se prononce catégoriquement contre le maintien de ce type de tarif.Par contre, s’inspirant du mouvement en faveur d’une ouverture de la publicité sur les services professionnels qui a cours actuellement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, il autorise les professionnels à renseigner le public par la voie d annon-Voir page 6: Les honoraires Les néo-démocrates se reposent la question de l’unité canadienne par Lise Bisson nette WINNIPEG — Il y avait près de six ans que les néo-démocrates avaient fermé la parenthèse sur le problème de l’unité canadienne, fatigués de prêcher dans le désert, de s’entredéchirer sur la place publique à propos des deux nations, du statut particulier, des garanties linguistiques constitutionnelles, tandis que leurs adversaires des “vieux partis’ surmontaient plus discrètement leurs contradictions à ce sujet.Cette année, cédant à contrecoeur à l’obsession ambiante, ils y consacreront à nouveau une partie des énergies de leur congrès fédéral biennal, le neuvième, qui s’ouvre aujourd’hui à Win- ^Jon seulement le leader du parti, M.Edward Broadbent, en fera-t-il le thème de son discours d’ouverture ce matin, mais encore débattra-t-on, comme celui-ci l’expliquait récemment au cours d’un entretien avec Le DEVOIR, des politiques du parti sur l’unité canadienne et plus précisément de la création d’un comité spécial qui s’intéressera particulièrement a la question Québec-Canada.C’est un coup de gouvernail qui tient de la conversion de dernière heure.Dans les très substantiels documents de discussion, dits “priorités nationales” du NPD, qui alimenteront ce congrès, pas un seul ne traite de près ou de loin de la conjoncture politique actuelle eu égard aux récents événements au Québec.¦ Demain, 1er juillet, fête du Canada, LE DEVOIR ne sera pas publié.Nos bureaux seront fermés toute la journée vendredi à l’exception de la rédaction qui sera accessible à partir de 14 heures.Rédigée en 1977, une “vue d’ensemble” énumère ainsi “la nature des problèmes du Canada”: le chômage, la pauvreté et l’inégalité, l’inflation, 1 instabilité économique, la faible croissance globale, les disparités régionales, la concentration du pouvoir, la distribution des ressources, les limites des réactions gouvernementales.Pas l’ombre d’une interrogation constitutionnelle ou linguistique à l’horizon.Edward Broadbent hausse les sourcils quand on tend à s’en étonner.L’unité ca- par Bernard Descôteaux QUÉBEC — Dans un effort qu’on dit ultime, le gouvernement du Québec accordera une subvention de $250,000 pour appuyer “l’expérience pilote d’autoges-tion” de Tricofil à Saint-Jérôme, et permettre la réorganisation jugée essentielle à la survie de cette entreprise.Telle est la décision prise par le Conseil des ministres hier matin et annoncée hier après-midi par le ministre de l’Industrie et du Commerce, M.Rodrigue Tremblay, à l’Assemblée nationale.Celui-ci devait en même temps déposer les principaux documents d’analyse qui ont conduit la Société populaire Tricofil à accepter cette réorganisation.La décision du gouvernement comprend plusieurs volets.D’une part, on nadienne, à son avis, c’est d’abord ce souci d’équité économique entre les composantes du pays.Pour le Nouveau Parti démocratique, qui ne s’est jamais opposé à la revision constitutionnelle ou aux garanties linguistiques pour les deux peuples fondateurs, ces deux questions qui agitent frénétiquement les Canadiens sont un peu l’arbre qui cache la forêt.Bien sûr, le parti ne recommande pas d’y mettre la hache pour mieux voir — et c’est pourquoi il consent à en parler au- accepte d’appuyer la réorganisation de l’entreprise telle que soumise par Tricofil elle-même; d’autre part, on verse une subvention de $250,000, on promet l’appui nécessaire pour accroître les crédits bancaires de Tricofil de $100,000, et on accélérera les cours de formation sollicités par Tricofil; enfin on indique clairement qu'avec “cette intervention finale, le gouvernement aura déployé tous les efforts nécessaires pour appuyer les travailleurs dans cette expérience pilote d’autogestion".Ces décisions du gouvernement s'inscrivent dans la foulée d’une première série de décisions qu’avait prises le gouver-ment au début de la présente année.Un protocole d’entente signé le 14 janvier entre Tricofil et le ministère de l’Industrie et du Commerce prévoyait le versement d'une subvention de $374,000 à jourd'hui — mais il n’a pas l’intention non plus de faire longtemps du camping sous son feuillage.“Je n’ai jamais dit que la question linguistique, par exemple, n’était pas pertinente à l’unité canadienne”, de déplorer M.Broadbent pour avoir été ainsi cité récemment.Mais à son avis, et ce fut celui qu’il exprimait encore il y a dix jours au moment de la parution du Livre blanc fédéral sur la politique de bilinguisme, elle Voir page 6: Néo-démocrates “finale” Tricofil, un investissement en actions privilégiées de $350,000 par la Société de développement industriel et la réalisation, par la société-conseil P.S.Ross, d'une étude sur toutes les facettes de la gestion de Tricofil ainsi que sur l’aspect fonctionnel du marketing et de la mise en vente.C’est le rapport de cette firme qui, finalement, conduit Tricofil à se réorganiser et amène le gouvernement à cette dernière intervention.Ce rapport n’avait jamais été rendu public officiellement avant hier alors que M.Tremblay le déposait en chambre.Ce volumineux rapport proposait notamment une aide minimale du gouvernement de $965,000, la mise en place d’une nouvelle direction composée de cinq cadres professionnels expérimentés, et Voir page 6: Tricofil Une intervention de Québec pour Tricofil ^Vv Aussi discret hier, qu'au cours des deux premières journées de Destinée-Canada, à Toronto, le ministre des Affaires intergouvemementales du Québec.M.Claude Morin, a très tranquillement écouté les discussions et allocutions présentées lors du dernier jour de ce grand séminaire sur l’avenir du Canada (Téléphoto CP) Destinée Canada La longue marche du Canada anglais TORONTO (par Lise Bissonnette) -Comme le petit Poucet, les délégués du Canada anglais à la conférence to-rontoise “Destinée Canada” étaient prêts hier, après trois jours de choc sinon de fusion des cerveaux, à mettre tous les cailloux blancs sur la route du Québec pour qu’il retourne à la maison canadienne, et même à lui construire une maison particulière à ’.’intérieur de la plus grande s’il en avait envie.Affamés de changements, ravis de s’entendre eux-mêmes, ils n'ont pas voulu tolérer, dans leurs deux heures de séance finale, qu’on Cueillez les vôtres FRAISES ! %: à quelques minutes de Montréal CHAMBLY 2486, Bellerive 658-2407 ST-JEAN BouL Séminaire et Jacques-Cartier Sud 1-346-3916 leur égratigne un seul instant leur bonne volonté rechargée à bloc.Egrenées par chacun des ateliers de travail, applaudies largement par l’assemblée plénière, les propositions de renouveau ne tarissaient pas; insertion dans la constitution des droits linguistiques des minorités francophones et anglophones non seulement au niveau fédéral mais au niveau provincial, réforme des institutions fédérales telles le Sénat et la Cour suprême, nouvelle répartition des pouvoirs par décentralisation en faveur des provinces et des autorités régionales et locales, statut particulier pour le Québec comme pour d’autres provinces qui seraient tentées, création d’une commission constitutionnelle dont les membres seraient nommés en nombre égal par le Québec et le reste du Canada, ouverture oublique plus vaste des conférences fédérales-provinciales, reconnaissance officielle de la thèse des “deux nations”.Malgré les préférences prépondérantes pour la survie d’une forme de Confédération, on n’a même pas “to- talement écarté la possibilité de l’accession du Québec à la souveraineté suivie d'un nouvelle association avec le Canada,” de rapporter, avec un brin d’étonnement dans la voix, le responsable de la présentation de la synthèse finale.Dans la confusion des commentaires de dernière heure, avant la grande dispersion des quelque 500 délégués d’un océan à l’autre, on manifestait cependant beaucoup d’inquiétude sur les suites de cette conférence, dont le gouvernement de l’Ontario s’était fait T-Voir page 6: Destinée Canada au sommaire ¦ La dissidence n’est plus le fait d’une poignée d’intellectuels — page 2 ¦ Lessard a réussi à persuader la Cast de revenir au port de Montréal — page 3 ¦ Le secret parlementaire: un éditorial de Jean-Claude Leclerc / Claude Ryan propose les jalons d’une troisième option par Lise Bissonnette TORONTO — Toujours convaincu qu’entre statu quo et indépendance, les Québécois choisiraient majoritairement une option fédérale renouvelée “concrete, substantielle, positive et attrayante” à l’heure du référendum, le directeur du DEVOIR, M.Claude Ryan, a proposé hier aux participants de la conférence “Destinée Canada", à Toronto, les éléments fondamentaux d’un pacte canadien révisé et les moyens de le définir durant le “sursis” qui précède la consulta- ¦ La langue des sièges sociaux: une analyse de Michel Roy ¦ Le froid par le froid: un commentaire de Georges Vigny — page 4 ¦ D’excellentes chances de trouver de l’uranium aux îles-de-la-Madeleine — page 9 wmm/Êmmmmm J tion référendaire.A son avis, la nouvelle constitution devrait inclure une Déclaration des droits et libertés de la personne, reconnaître le "caractère distinctif du Québec” mais veiller au même moment à revoir la taille “des provinces ou des régions" du pays pour assurer un meilleur “équilibre" entre ses parties, faire en sorte que la Cour supreme et le “tribunal constitutionnel de l’avenir" assument un rôle d’arbitrage plus distancié des intérêts du gouvernement fédéral qu’il ne l’est actuellement.Sur la route du changement, il faut bien sûr éviter les écueuils du passé, à la fois “élitisme et populisme” au cours des discussions constitutionnelles.Mais il semble craindre beaucoup plus, aujourd'hui, la tendance qu’auraient lesgouver-nements, et plus particulièrement celui du Québec qui ne représente qu’un “courant de pensée” à ne faire valoir qu'une partie des vues de ses commettants durant les pourparlers.M.Ryan a livré sa pensée en lisant un assez long texte à un auditoire quelque peu abasourdi, semble-t-il, par la precision sinon même l’érudition de ses propositions.Car les trois jours de travaux de Destinée Canada prenaient fin hier, et c’est à peine si on commençait, dans plusieurs groupes, à sortir des vieilles querelles telle celle des “deux nations’ pour dessiner enfin, encore que très généralement, des choix pour le futur.Plus près du ton ambiant en ce sens, l'ex-premier ministre ontarien, M.John Robarts, qui avait précédé M.Ryan à la tribune, s'est contenté de recommander aux participants de se faire les apôtres de l’unité canadienne, collectivement et individuellement, en ayant en tête les cinq conditions qui sont à son avis, le prix a payer pour la survie du Canada : meilleures communications entre Canadiens, conscience plus aiguë des griefs des ré-Voir page 6: Claude Ryan ¦HMMMMMMUife.1 -**13 iezVITO RISTORANTE Mecca gastrononica Centre Gaitronwniepe 735-3623 5412 Côte des Neiges Montréal ; PRCE RPRÉS PRCE, DES RÉVÉLATIONS STUPÊFIRNTES SUR MONTRÉAL! Henry Aubin Les vrais propriétaires de Montréal (5) Montréal — «Das Mekka» «Voici le commentaire d’un notaire montréalais impliqué dans bon nombre de contrats de vente d’immobilier: «La ville de Montréal est tombée sous l’emprise de tous ces gens qui sont venus ici, attirés par son énorme potentiel, et qui se sont mis à faire de la spéculation foncière dans les domaines résidentiel, commercial ou industriel».Il en résulte, étant donné l’importance de ces investissements, que tout le développement urbain de Montréal repose sur les initiatives et les risques que.veulent bien prendre des étrangers.On peut penser que cet état de choses a contribué à perpétuer ici une mentalité de colonisés, mais la plupart des financiers qui s’intéressent au marché immobilier croient, pour leuf part, que cette situation est très saine.» (à suivre) Vient de paraître aux Éditions l'Étincelle Voir 7 (Publicité) > \ » 2 • Lo Devoir, Jeudi 30 juin 1977 Ludmilla Alexeyeva • La dissidence n’est plus le fait d’une petite poignée d’intellectuels parGérald LeBianc I •' Après les visites de Soljénitsyne, PliQuchtch et Boukovsky, Montréal recevait hier un autre dissident soviétioue, une femme cette fois-ci, Ludmila Alexeyeva, émigrée de Moscou à New York en février dernier Comme les autres messagers outre-frorttière de la dissidence, Mme Alexeyeva insiste sur l’importance de l’opinion publique mondiale pour freiner la répression en URSS, mais elle a surtout parlé, au cours de l’entrevue accordée au DEVOIR, de la vie menée par les dissidents de son pays.L'historienne de 50 ans a quitté Moscou il y a moins de cinq mois.Ses souvenirs sont donc encore bien frais et un appel téléphonique de plus de 20 minutes a l’ex- Senéral Piotr Grigorenko venait tout juste e la renseigner sur les derniers développements à Moscou, lorsque nous l’avons rencontrée au Pavillon Reed de l’UQAM.C'est grâce aux bons offices du professeur Roman Serbyn que nous avons pu recueillir les propos de Mme Alexeyeva, qui est unilingue russe.De sa conversation avec l’ex-général Grigorenko, Mme Alexeyeva retient deux choses: la répression n’a rien perdu de sa virulence mais les dissidents tiennent le coup et s’enracinent même de plus en plus au sein de la population.Toujours présente, la répression des dirigeants soviétiques se manifeste cependant, selon Mme Alexeyeva, par vagues d’intensité variable.Depuis décembre dernier, l’appareil a été activé et dirigé particulièrement contre les groupes d’Helsinki, qui revendiquent le respect des accords internationaux de 1975."Nous avons cependant connu depuis 10 ans des moments pires que ceux de la dernière offensive de répression”, ajoute Mme Alexeyeva.Ce ne sont pas seulement les embarrassants accords d’Helsinki, signés par l’URSS avec 34 autres pays, mais également l’enracinement des groupes dissidents qui gênent les dirigeants soviétiques, selon l’historienne moscovite.Privés de tout poste d’influence et sans emploi, les intellectuels et les scientifiques ont en effet dû retourner au travail manuel et se rapprocher des ouvriers pour pouvoir survivre.Ils sont du même coup trouvé de nouveaux alliés dans les groupes religieux, exclus eux aussi de l'enseignement supérieur et des postes de prestige, réservés aux fidèles du parti.“Les dirigeants savent qu'ils n’ont plus affaire à une poignée d’intellectuels; c’est pourquoi ils mettent tant d’ardeur à briser les groupes d’Helsinki”, a dit Mme Alexeyeva.Comme les chrétiens persécutés dans la Rome ancienne, les résistants français sous le joug nazi, ou mieux encore les premiers noyaux de la résistance américaine à la guerre du Vietnam — la comparaison est de Mme Alexeyeva —, les dissidents soviétiques s'alimentent à la virulence même de leur oppresseur.Mme Alexeyeva souligne cependant que la tâche n’est pas facile.Privé de tout confort matériel, banni de tout poste influent et d'un emploi valorisant, harcelé par le KGB, soumis aux pressions de sa propre famille, le dissident s'épuise et ne trouve plus la force de résister.C’est en apprenant l’arrestation d’un collègue, le procès injuste d’un autre ou son internement dans un hôpital psychiatrique, que Mme Alexeyeva a souvent retrouvé la force de continuer.Elle serait d’ailleurs elle-même restée en URSS mais s’est rendue à l’insistance grandissante de son mari et de son fils, convaincus de l’arrestation imminente de l’historienne activiste.De New York, elle entend cependant continuer la mission à laquelle s’est identifiée sa vk* depuis 1968, alors qu’elle signait la pétition contre l’emprisonnement des écrivains Gainzbourg et Galans-kov.Cet engagement lui valut alors l’expulsion du parti et la perte de son emploi.C’était en même temps le début d une nouvelle vie, consacrée à la défense des droits de l’homme.Mme Alexeyeva s'applique présentement à l’apprentissage de l’anglais afin de pouvoir servir de liaison avec les groupes ui luttent pour le respect des accords ’Helsinki a Moscou, en Ukraine, en Lithuanie, en Géorgie et en Arménie.Se rappelant comment l’historien Valentin Moroz a été sauvé d’une mort certaine grâce à la pression de l’opinion publique internationale, Mme Alexeyeva entend maintenant se consacrer à ce volet de l’activité des groupes d’Helsinki.“Dans les cas individuels, ajoute-t-elle, seule la pression de l’extérieur peut infléchir la détermination des dirigeants soviétiques à briser coûte que coûte la dissidence.” De New York, Mme Ludmila Alexeyeva veut assurer la liaison avec ses collègues dissidents en URSS.(Photo Jacques Grenier) usa» m t ! '‘'«•O— Aj» , 1 UMM A M: K »j».Deux langues “officielles" valent mieux qu’une (l’UN) par Rodolphe Morissette QUÉBEC — L'Union nationale voudrait conférer à la langue française le statut de “première langue officielle”, au sens de la prééminence, et à l’anglais, celui de deuxième langue officielle.Telle est la position du partie qu’a rendue publique hier son whip, M.Fernand Grenier, député de Mégantic-Compton, lors des audiences de la commission parlementaire sur le projet de loi no 1.M.Grenier tenait à faire cette mise au point à la suite d’une intervention du député unioniste de Pointe-Claire, M.William Shaw, en fin d’après; midi.Ce dernier avait déclaré que “le fondement de la politique ünguistique de TUN" tenait dans la phrase: “l’anglais et le français sont les langues * " Le permis coûte mai ntenant $6  partir du 1er juillet, le gouvernement québécois mettra en vigueur une nouvelle échelle des tarifs pour l’émission des permis de conduite.Les augmentations nouvelles varient entre le double et le triple.Seuls les chauffeurs de taxi font exception.L’émission du permis demeure à $10 et la copie de ce permis coûtera désormais $5 au lieu de $10.Pour les autres automobilistes et motoneigistes, la structure des tarifs se lit désormais comme suit (l’ancien tarif est entre parenthèses) : tout permis de conduire, $6 ($3), une copie de ce permis, $3 ($1); un permis d’apprenti, $3 ($1).Le premier examen coûtera $10 ($5) et la reprise, s’il y a lieu, coûtera $5 ($3).Un permis de motoneige coûtera $5 ($2.50) et l’examen pour l’obtention la première fois coûtera $5 ($2.50).En cas d’échec, la reprise coûtera $3.00 ($1.00).Tout examen dans le but de modifier une categorie, une classe ou une restriction quelconque coûtera $10.00 au lieu de $5.00.officielles du Québec”.Une déclaration qui a provoqué une certaine agitation du coté des députés unionistes.Aussi, à la reprise des travaux en début de soirée, M.Grenier a tenu à faire l’intervention citée en exergue afin de dissiper tout malentendu, tandis que derrière les sièges des unionistes, on assistait à un mini-caucus improvisé.Suivant les porte-parole de l’UN, il n’y aurait rien de si “étrange” à considérer deux langues comme officielles, l’une étant davantage que l’autre: le fait existerait dans moult pays et, du côté de l'UN, on est à collectionner les constitutions qui consacrent de tels statuts, doublement officiels, à des langues dont l’une aurait la primauté sur l'autre.On site notamment l’Irlande et la Birmanie.C’est forts de cette mise au point que les membres de la commission ont accueilli d’abord l'Association des conseils en francisation du Québec, qui regroupe plusieurs personnes responsables du dossier de la francisation dans divers organismes et entreprises, puis une délégation des Jeunes libéraux de la région de Québec.Le mémoire de l’Association des conseils en francisation n’aborde aucunement la philosophie culturelle du projet de loi no 1.Il se borne au contraire à des questions techniques pertinentes à leur travail dans les entreprises, et prie le gouvernement d’apporter un certain nombre de précisions, soit au projet de loi même, soit aux reglements qui en définiront l'application.Ainsi, on aimerait que soient précisés davantage un certain nombre de termes, tels “travailleur”, “salarié”, "membre du personnel” “employé”, “consommateur” et “québécois”.Le faire, dit-on, éviterait bien des confusions chez tous ceux qui auront à s’occuper de francisation.On voudrait en outre que distinction soit clairement faite entre des objectifs linguistiques et des objectifs sociaux lorsque, dans la Charte, il est question de constituer des comités de francisation au soin des entreorises et oui sont composées de travailleurs autant que d’employeurs.Problème analogue quand il est question de mêler dispositions de la Charte et conventions collectives (art.40).La confusion des deux ordres d’objectifs risquerait d’éloigner les comités de francisation de leurs véritables buts.Don Jamieson a quitté Belgrade BELGRADE (AFP) - M.Donald Jamieson, secrétaire d’Êtat aux Affaires extérieures du Canada, a quitté hier après-midi Belgrade par avion spécial pour Londres, à l'issue dïunë visite officielle de 48 hçures précédée d’un court séjour privé sur la côte Adriati-qûe.'Le chef de la diplomatie canadienne donnera une confé-rénee au Canada Club de Londres, avant de regagner sôn pays.;Au cours d’une conférence de presse peu avant son départ, M.Jamieson s’est déclaré “entièrement satisfait” de sa visite en Yougoslavie, qu’il a qualifiée de “très bénéfique et utile”.Il a eu avec son collègue yougoslave, M.Milos Minic, a-t-il précisé, près de dix heures d’entretiens consacrés aux problèmes mondiaux et à la coopération bilatérale.Le Dialogue Nord-Sud, les problèmes de la détente, dont les deux ministres sont convenus qu’elle ne devait pas se li- miter aux seuls rapports entre les deux super-grands, le désarmement, l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, la situation en Afrique australe ont dominé le volet international des conversations, a indiqué M.Jamieson.Sur le chapitre bilatéral, les deux parties, a dit M.Jamieson, ont relevé l’existence “d’un vaste champ” de possibilités d’extension de la coopération économique, spécialement dans le domaine des investissements conjoints.-Ogilvy ouvert ce soir- Bon anniversaire Canada! Demain, le 1er juillet, nous faisons relâche mais rouvrirons dès samedi.Centre-ville • Fairview • Anjou -OGILVY- Condamné po,ur outrage au tribunal Ziemba libéré après six jours de détention i TORONTO (CP) - Le dé-uté néo-démocrate, M.Ed iemba, qui avait été condamné la semaine dernière à une semaine de prison pour outrage au tribunal, a été libéré hier après six jours de détention.Sa libération fait suite à la comparution devant un tribunal des représentants des laboratoires médicaux Abko, dont l’enquête préliminaire a été reportée au 6 juillet parce que, a expliqué le juge, l'atmosphère n’est pas propice à la justice.Les laboratoires Abko sont accusés d’avoir fraudé la Régie ontarienne de l'assurance-maladie.C’est à la suite d'une dénonciation de M.Ziemba que des accusations ont été portées.La semaine dernière, M.Ziemba avait refusé de divulguer au tribunal de qui il avait obtenu les renseignements incriminant les laboratoires Abko.C’est à la suite de ce refus qu’il a été condamné à la prison pour outrage au tribunal.Avant la remise de l’enquête au 6 juillet, le procureur des laboratoire?Abko a reposé à M.Ziemba la question qui lui avait valu sa condamnation pour outrage au tribunal, sur l’identité de la personne qui lui avait révéle la fraude d’Abko.Le juge est intervenu à ce moment, a pris connaissance d'un message du président de l'Assemblée législative ontarienne, M.Russell Rowe, puis a donné à entendre qu’il valait mieux laisser cette question de côté pour le moment.Le procureur des laboratoires Abko est revenu à la charge, en nommant trois personnes et en demandant à M.Ziemba si l'une d’entre elles l’avait informé d'irrégularités dans les affaires du laboratoire.À la mémoire Une cérémonie liturgique solennelle a marqué, au siege central de l'Opus Dei, le deuxième anniversaire de la mort de Mgr Josemaria Escriva de Balaguer, Fondateur de TO-pus Dei.Plus de 300 personnes de 25 pays assistaient à la messe célébrée par l’abbé Alvaro del Portillo, actuel Président général de l’Opus Dei.Parmi Tes Le juge a recommandé à M.Ziemba de ne pas répondre à ces questions.Il a fait la même recommandation à la suite d’une autre question portant sur des documents que M.Ziemba pourrait avoir reçu des laboratoires.assistants se trouvaient les membres du Conseil général de l’Association.Les restes mortels de Mgr Escriva de Balaguer reposent dans la crypte de l’oratoire de Sainte-Marie-de-la-Paix, au siège central de l’Opus Dei.Des miliers de personnes du monde entier sont venues prier sur sa tombe au cours Le procureur des laboratoires, impuissant, a fait alors remarquer au tribunal qu'il n’avait plus de question à poser, tant et aussi longtemps que M.Ziemba n'aurait pas répondu à celles qui lui avaient déjà été adressées.des deux dernières années.L'Opus Dei, Association catholique internationale, a été fonoée par Mgr Escriva de Balaguer en 1928.Elle compte présenterhent plus de 70,000 associés, hommes et femmes, de 80 nationalités.Environ 2% des associés de l’Oeuvre sont prêtres et un millier d’entre eux sont arrivés au sacerdoce durant la vie du Fondateur.du fondateur de l’Opus Dei Nous sommes sérieux, non pas curieux.Comme le numéro d’assurance sociale est utilisé de plus en plus, il devient impérieux de le protéger.En d’autres mots, nous voulons qu’à un numéro donné corresponde toujours une seule et même personne.Le meilleur moyen d’y arriver, c’est d’exiger une preuve d’identité de la part de toute personne demandant un numéro d’assurance sociale.Cette preuve est constituée de deux documents, un principal et un secondaire.Le document principal peut être un acte de naissance provincial, ou un extrait de baptême si vous êtes né au Québec, ou un certificat de citoyenneté si vous êtes naturalisé Canadien.Si vous êtes immigrant reçu, vos papiers d’immigration conviennent parfaitement.Bref, une pièce originale ou une copie authentifiée prouvant irréfutablement qui vous êtes.Le document secondaire peut être toute pièce officielle portant votre nom; un permis de conduire, par exemple.ou même un bulletin scolaire.Une photocopie de cette pièce suffira.Nous prenons tant de précautions parce que nous voulons justement vous protéger contre toute personne qui tenterait d’utiliser frauduleusement votre numéro d’assurance sociale.Si vous détenez déjà un numéro d’assu- rance sociale, vous n’avez pas besoin de faire d'autres démarches.Si vous avez perdu votre carte' ou changé de nom, vous gardez le même numéro; il suffit alors de remplir une nouvelle formule.En pareil cas, cependant, il vous faudra donner des preuves de votre identité, tout comme le font ceux qui s’inscrivent pour la première fois.Avant de vous attribuer un numéro.il nous fout savoir qui vous êtes.\ NUMERO canada SOCIAL D’ASSURANCE ^ INSURANCE SOCIALE NUMBER * SIGNATURE 123 4 5 6 789 Jean LeBianc Votre numéro d'assurance sociale.Aussi unique que vous l'êtes.¦ ^ Gouvernement Government Ut du Canada of Canada 'H M .\ 2 SOCIAL INSURANCE NUMBER ; •'lUHlt | î'IOMAT'.f'f 12 t * V % t LE DEVOIR Un “bluff monumental”, dit l’opposition Page 3 Montréal, Jeudi 30 juin 1977 î! Lessard annonce le retour de la Cast au port de Montréal par Bernard Descôteaux QUÉBEC — Ayant obtenu dans un premier temps de la compagnie Cast North America qu’elle surseoit au transfert de ses activités du port de Montréal à celui d'Halifax, le ministre des Transports du Québec demandera maintenant au gouvernement fédéral de prendre les mesures pour corriger définitivement la situation.C’est ce qu’a annoncé hier à l’Assemblée nationale le titulaire du ministère des Transports, M.Lucien Lessard, dans une déclaration ministérielle accueillie avec enthousiasme par les péquis-tes et les unionistes, mais avec scepticisme par les libéraux.La compagnie Cast est l’une des sociétés les plus importantes en matière de transport par conteneurs.L’an dernier, environ 40 pour cent des 120,000 conteneurs ayant transité par le port de Montréal l'ont fait par l’entremise de cette société.C’est à la fin mars qu’elle annonçait le transfert de ses activités depuis Montréal vers Halifax essentiellement en raison du coût élevé des taxes exigées par l'Association des employeurs maritimes, pour la manutention dans les ports du Saint-Laurent.Déjà, 80 pour cent des opérations de la Cast avaient été transférées à Halifax.Cette décision de transfert avait été mal reçue par le gouvernement et M.Lessard avait tenté jusqu’à maintenant en vain de convaincre Cast North America de reve- nir sur sa décision.De part et d’autre de l’Assemblée nationale, on a craint les conséquences économiques de la décision de la Cast, soit la perte de 4,500 emplois directs et indirects et d’une somme d'environ $150 millions versés annuellement en salaires.Selon M.Lessard, le départ de la Cast du port de Montréal illustrait fort bien la situation particulièrement défavorable aux ports ae Montréal, Trois-Rivières et Québec par rapport à ceux de la façade Atlantique, surtout celui de Halifax.Par exemple, les taxes imposées par l'Association des employeurs maritimes sont de trois à quatre fois plus élevées à Montréal qu'à Halifax.Ces taxes ont joué un rôle déterminant dans la décision de la Cast, semble-t-il.Celles-ci sont une conséquence des coûts inhérents à une application des conventions collectives des débardeurs, selon des principes dictés par le gouvernement fédéral, et aux yeux du ministre québécois l'application de ces principes entraîne une détérioration progressive de la position concurrentielle des ports du Québec et une diminution des trafics.M.Lessard a réussi à convaincre la société de surseoir à sa décision pour reprendre toutes ses activités à Montréal, parce qu’il croit être en mesure de convaincre le ministre fédéral des Transports d'apporter certains correctifs, en l'occurrence l'établissement de tarifs nationaux pour tous les ports du Canada, ce qui placerait les ports du Québec sur un pied d'égalité avec les ports de l’Atlantique.Si cette tentative échouait, M.Lessard a en réserve sous une autre carte, soit le transfert des activités de la société Cast aux installations portuaires du parc industriel de Bécancour.Celui-ci étant sous autorité provinciale, Cast pourrait alors échapper au contrôle de l’Association des employeurs maritimes.Cette solution ne sera envisagée qu'en dernier recours en raison des investissements nécessaires à Bécancour et des effets sur les activités portuaires de Montréal.Tandis que l'Union nationale se réjouissait avec le gouvernement de la décision de la société Cast, du côté du Parti libéral, l'ancien ministre des Transports M.Raymond Mailloux, échangeait des propos aigre-doux avec M.Lessard.Aux yeux de M.Mailloux, toute cette histoire est “un bluff monumental orga’ nisé par une compagnie pour faire marcher quelqu’un”.Essentiellement, il 1 a explique que la société Cast n'avait paà ( tellement intérêt à déménager ses actlvi- ’ , tés à Halifax, où les containers doivent at-, tendre des jours sinon des semaines pour, être déchargés, alors qu'à Montréal cha- “ ue navire qui arrive est déchargé immé-iatement.Il a aussi laissé entendre que Cast voulait ainsi obtenir des conditions : financières plus intéressantes à Montréal.> Dans l'entourage de M.Lessard, on^ • expliquait par la suite que la situation de - ' la société Cast indique avant tout l exis- .• tence d’un malaise, ce qui ne signifie pas- • pour autant que cette compagnie ait rai- • ’ son sur tout et soit blanche comme neige.:J§ :: y'.v -, : M.Gilles Caouette, 37 ans, a été choisi hier leader par intérim du Crédit social du Canada.Le caucus a choisi M.Caouette, fils du leader décédé il y a moins d’un an, pour succéder à M.André Fortin, mort il y a une semaine dans un accident d’automobile.M.Caouette est député de Témiscamingue.(Téléphoto CP) Caouette choisi chef intérimaire OTTAWA (PC) - Le caucus du parti a choisi hier le député de Témiscamingue, M.Gilles Caouette, pour diriger le Credit social jusqu’à ce qu’on organise un congrès au leadership.Lors d’une conference de presse à Ottawa, où le président du caucus, M.Charles Gauthier, a annoncé la nouvelle, M.Caouette a révélé u'il ne savait pas encore s'il serait candi-at à la direction du parti lors du congrès qui pourrait avoir lieu en novembre.Âgé de 37 ans, M.Caouette devient le troisième leader du Parti créditiste en moins d’un an.M.André Fortin, décédé tragiquement vendredi dernier, était à la direction du parti depuis le mois de novembre seulement.Il avait remplacé M.Réal Caouette, le père du nouveau leader, qui était souffrant.M.Caouette a indiqué qu’il se proposait de rencontrer le député de Champlain, M.René Matte, le plus tôt possible, lorsque celui-ci aura terminé sa cure physiologique.M.Matte n’a pas assisté aux obsèques de M.Fortin, mardi, et n’était pas au caucus, hier.Il était aussi absent, il y a deux semaines, lors de la réunion du caucus créditiste qui avait lieu à La Sarre où les députés ont élaboré les bases d’un consensus sur les questions constitutionnelles, en rejetant l’idée de la souveraineté-association.Le député de Champlain Une explosion fait un mort Un homme âgé de 35 ans a perdu la vie à la suite d’une explosion survenue au sous-sol de sa résidence, sise au 5575 ouest, rue Saint-Jacques dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.La police de la Communauté urbaine de Montréal a révélé que l’explosion s’est produite vers 16 h 20, hier, au moment où fa victime travaillait avec des produits chimiques explosifs.Une femme logeant à l’étage supérieur a été blessée légèrement.L’enquete des policiers se poursuit.avait déjà fait savoir qu’il favorisait l’indépendance du Québec.M.Caouette a dit qu’il comprenait que M.Matte ait besoin de repos, en précisant qu’il connaissait bien Te genre de vie qu’ont les députés.Le chef intérimaire du Crédit social a d’autre part fait savoir que les questions touchant la constitution et l’avenir de la confédération font partie de ses priorités mais au même titre que les questions économiques et sociales.“C’est une tâche lourde et difficile”, a révélé M.Caouette en parlant de ses nouvelles responsabilités.Il a toutefois précisé que les députés du caucus allaient l’aider et que chacun d'entre eux seraient responsable d’un secteur.M.Caouette vient de faire sa rentrée aux Communes.En effet, ce n’est que le mois dernier, à l’occasion des élections complémentaires, qu’il a été élu dans le comté de Témiscamingue, laissé libre en décembre 1976 par le décès de son père.Le chef du parti avait d’abord été élu dans le comté de Charlevoix lors des élections générales de 1972, mais avait été défait en 1974.M.Caouette a été candidat créditiste pour la première fois lors de l’élection générale de 1963 puis encore en 1965.De plus, il a brigué les suffrages lors des élections complementaires de 1964 et plus récemment lors des élections provinciales de 1974.toujours sous la bannière du Crédit social.Il était directeur du bureau de recherche du parti avant son élection le mois dernier.Le président de l’exécutif national, M.Martin Hattersley, qui assistait hier, à la réunion du caucus, a révélé qu’il était possible que le congrès au leadership ait heu à Winnipeg en novembre.L’exécutif national doit se réunir à ce moment.Cependant, il est aussi possible que le congrès à la direction du Parti créditiste n’ait lieu qu’au printemps, a-t-il ajouté.Le président du caucus, M.Gauthier; députe de Roberbal, a pour sa part avoue que le parti serait pris au dépourvu, adve-nant le déclenchement d’élections generales cet automne.La PACT appréhende l’extinction - I de la communauté anglo-catholique par Rodolphe Morissette QUÉBEC — Afin de contrer l’extinction appréhendée de la communauté anglo-catholique, la Provincial Association of Catholic Teachers demande de nouveau au gouvernement de revenir au libre choix de la langue d’enseignement.Une demande qui s’est terminée, hier en commission parlementaire, par un échange de statistiques.L’idée centrale du mémoire de la PACT n’est pas nouvelle: les dispositions du projet de loi no 1 menaceraient d’étranglement le secteur anglo-catholique: il s’agit en première ligne de la clientèle scolaire, puis de ses répercussions éventuelles sur la sécurité d’emploi des instituteurs représentés par la PACT.Sur ce dernier point, le député péquiste de Joliette-Montcalm, M.Guy Chevrette a noté que le mémoire de l’organisme "transpire" l’insécurité d’emploi appréhendée bien plus qu’il ne s’applique a présenter une véritable analyse de la situation linguistique au Québec.Quoi qu’il en soit, la délégation de la PACT et le ministre au Développement culturel, M.Camille Laurin, ont échangé des statistiques sur l’évolution du secteur anglo-catholique de Montréal, sans toutefois parvenir a s'entendre sur la question.La PACT maintient que dans les écoles anglaises de la CECM, le nombre des inscriptions a accusé une baisse de 7% entre 1967 et 1975 et qu’une projection qui fait abstraction des effets de la Charte du français indiquerait une chute de 47%, de 1967 à 1985 , de la clientèle scolaire anglo-catholique de la CECM.Si en revanche, ['extrapolation tient compte des effets du nouveau projet de loi, il faudrait s’attendre à une diminution de l’ordre de 70% entre 1976 et 1985.M.Laurin ne l’entend pas ainsi, qui cite les statistiques officielles de la CÈCM datant du mois d’avril 1975 et dont le député libéral de L’Acadie et ex-présidente de la commission, Mme Thérèse Lavoie-Roux, a confirmé l’exactitude.D’abord, le ministre ne s'inquiète guère de la diminution de 7% de la clientèle anglo-catholique de la CECM entre 67 et 75: pour la même période, la clientèle francophone de la même commission a subi une baisse de 32%.Autrement dit, la chute de la natalité a été largement compensée dans le secteur anglais par d’autres facteurs, dont, au premier chef, les transferts linguistiques.Le phénomène a inspiré au ministre la remarque: “Qui est menacé d’extinction?” D’autre part, ajoute M.Laurin, les données officielles de la CECM indiquent qu'en 1975, 27.8% seulement des 41,049 elèves inscrits au secteur anglais sont des anglophones véritables (Écossais, Irlandais, etc.).Les autres sont des Italo-Québécois (45.7%), des francophones (9.6%) ou des élèves d’origines ethniques diversifiées (16.9%); dans le secteur français, par contre, 94% des élèves ont le français pour langue maternelle.Enfin, dans l’île de Montréal, en 1973-74, 58% seulement des 72,839 élèves inscrits dans les classes anglo-catholiques étaient de langue maternelle anglaise.Il faut, a conclu le ministre, que le gouvernement redonne au secteur anglais sa vraie fonction, soit d’éduquer des anglophones véritables, et qu’il cesse de l’alimenter artificiellement en allophones et en francophones.Les représentants de la PACT n’en sont point restés là.Ils ont tenté de convaincre le ministre en passant par un autre chemin, celui de la langue seconde.Le libre choix ne serait pâs nécessaire, a dit M.Robert Dobie, secrétaire général de la PACT, si francophones et allophones du Québec pouvaient être assurés, dès la première année de l’école élémentaire, d’un excellent enseignement de la langue seconde.Mais personne n’a osé demandé à M.Dobie d’élaborer sur les raisons qui rendraient si impératifs ce compromis.Quant à M.Laurin, il a rappelé qu’aucun des partis politiques officiellement représentes à l’Assemblée nationale ne fait actuellement du libre choix la base de sa politique linguistique.Il convient d’ajouter que la tension commence à monter chez les libéraux et chez les unionistes sur cette dernière question.Si leurs interventions ont été plutôt “molles” depuis le début des audiences de la commission parlementaire, il leur faudra, d’ici la clôture des travaux, dans une semaine, prendre clairement position avant le vote, en deuxième lecture, sur chacun des articles du projet de loi.L”’unanimité” recherchée d’urgence cette semaine ne se fait point sans remous.En fin d’après-midi, la commission accueillait les représentants du Conseil pour Tunité canadienne, un organisme fondé en 1964 sous le nom du Comité Canada et dont l’objectif est de sauvegarder et de renforcer l’unité du pays.Sur un ton fort modéré, les porte-parole du Conseil, MM.Jocelyn Beaudoin, Louis Rochette et Gilles Blanchette ont suggéré au gouvernement d’apporter une dizaine d'amendements à la Charte.Il s'agit de la somme d’“assouplissements” habituellement entendue par la commission et qui portent sur pratiquement chacun des chapitres de la loi.M.Pierre DeBellefeuille, député péquiste de Deux-Montagnes et qui remplaçait M.Laurin occupé au conseil des ministres, en a profité pour élaborer la liste, assurément incomplète, des clauses de la loi qui, dans sa nouvelle rédaction, seront assouplies: entre autres, précision du terme "québécois", récriture de l’article établissant la concordance avec la Charte des droits de la personne, droits d’appel, règles touchant l’affichage, la dialectique des mesures coercitives et incitatives.Bref, rien de neuf au chapitre des revendications ni au chapitre des réponses.Les remarques préjudicielles du mémoire du Conseil comportent cependant des affirmations qui ne manquent pas d’intérêt.Le Conseil déclare d'entrée de jeu qu’il ne prend guère pour immuables les dispositions législatives de l’Acte de l’Ameri-que du Nord britannique; qu’une définition nouvelle du pacte confédératif s’impose aujourd’hui afin de sauvegarder l’unité canadienne et, enfin, que la place du Québec dans l’environnement nord-américain le force à légiférer sur la lan- gue.Le Conseil ne se prive pas non plus de dénoncer la situation qui est faite aux minorités francophones hors Québec.' Il affirme ensuite son postulat: “Toute -société doit reposer sur un consensus minimum, un projet commun, un devenir collectif.” C’est ce prérequis qui, selon le ’ Conseil, commande la plupart des élargissements demandés et dont le principe immédiat serait, non point l’unilinguisrtie institutionnel, ainsi que le veut M.Lau-, rin, mais “la francisation institutionnelle", ce qui laisserait une marge un peu plus large pour l’intégration de la commur, nauté anglophone au projet québécois.Le droit au travail La tutelle conteste l’injonction émise en faveur d’Achille Poulin par Louis-Gilles Francoeur La tutelle gouvernementale de la section 144 des plombiers de la FTQ-Construction, a décidé de contester devant la Cour d’appel du Québec l’injonction interlocutoire obtenue la semaine dernière par le syndiqué Achille Paulin, qui poursuit le 144 en dommages et intérêts parce qu’on lui aurait fait perdre injustement son emploi l’automne dernier, par le biais du bureau de placement syndical.M.Paulin avait notamment été l’objet de menaces de la part de dirigeants du 144 parce qu’il les avait poursuivis pour affirmer son droit au travail.L’injonction interlocutoire rendue par le juge Samuel Bart, de la Cour supérieure, ordonnait à la tutelle et aux dirigeants du 144 de trouver un emploi à M.Paulin et de cesser toute forme de pression à son endroit.Depuis une semaine, le syndiqué travaille au chantier de la compagnie National Construction.La décision des tuteurs de contester l’injonction rendue en faveur de M.Paulin n’a pas été unanime.En effet, le président des quatre tutelles de la construction, M.Yves Ryan, maire de Montréal-Nord, a enregistré officiellement sa dissidence dans cette affaire “pour des raisons pratiques”, a-t-il précisé hier au DEVOIR.Les deux responsables gouvernementaux du 144, MM D’Arcy Saint-Pierre et Henri-Paul Lavoie, ont décidé pour leur part de se battre aux côtés des dirigeants Gerald Utting est détenu par la police ougandaise NAIROBI (AFP) — Le journaliste canadien Gerald Utting est detenu au quartier général du département de la recherche d’État ougandaise, la police secrète, à Nakasero Hill, a-t-on appris hier de sources bien informées à Kampala.M.Utting a été arrêté mercredi dernier à son arrivée à l’aéroport d’Entebbe.Il venait de Dar es Salaam et Nairobi.Le Canada, qui n’a pas de représentant en Ouganda, a contacté le gouvernement du president Amin au sujet de la détention de M.Utting, du Toronto Star, mais n’a pas reçu de réponse jusqu’à présent.Selon d’autres sources, deux Anglais et un Américain qui travaillent à l’école d’aviation de Sorotti, à l’est du pays auraient été arrêtés lundi et conduits a Nakasero pour y être interrogés.Ils seraient accusés d’être impliqués dans les événements des deux dernières semaines en Ouganda.de la section 144 “pour des raisons de principe".M.Lavoie a précisé hier les raisons de cette surprenante décision: “D’abord, a-t-il dit, nos conseillers juridiques nous affirment que le jugement ne porte pas sur des questions de fonds alors que ça devrait être le cas.Ensuite, nous sommes d’avis que ce n’est pas à un tribunal de régler le problème des bureaux de placement dans la construction mais bien aux hommes politiques qui la'ssent depuis des années les plombiers aux prises avec un système de placement injuste.On a été obligé pour notre part de tolérer trop longtemps ces bureaux de placement, que nous avons dénoncés, pour laisser les politiciens s’en tirer à aussi bon compte.Le gouvernement n'a pas encore promulgué de législation dans ce domaine et nous croyons que c'est à ce niveau que le problème doit se régler.” M.Lav de a admis que la décision d’en appeler du jugement rendu la semaine dernière ne plairait sans doute pas aux plombiers, qui y voient un premier rempart contre l’arbitraire pratiqué contre eux depuis des années notamment dans le secteur des raffineries.C’est d’ailleurs un des principaux motifs de M.Ryan, qui a enregistré sa dissidence sur cette décision au lieu d’imposer ses vues grâce aux pouvoirs que lui confère la loi.“Moi, je suis plus pratique que ça, a dit M.Ryan.La tutelle est rendue aux deux tiers de son mandat.Je ne suis pas un amateur de causes juridiques.La cause a été prise contre le 144 et les dirigeants en place qu'on a l’air de défendre.C’est une impression que je ne veux pas donner au public et aux plombiers.Car il sera en effet trop facile à Paulin et aux journalistes de donner l'impression qu’on défend la clique en place.Mais je dois aussi respecter l’opinion de mes collègues.” M.Ryan a par ailleurs émis l’hypothèse que le tuteur résident, M.D’Arcy Saint- Pierre aurait pu être “incommodé” par la décision du juge Bart.“Mais posez la question à M.Saint-Pierre lui-meme”, a-t-il dit.Il a cependant été impossible de rejoindre M.Saint-Pierre hier soir.Le juge Bart avait presque qualifié de chantage l'offre faite par M.Saint-Pierre à M.Paulin pour mettre fin au conflit qui l'oppose depuis plusieurs mois à son syndicat.Le tuteur a en effet proposé à M.Paulin d'abandonner tous ses droits de j poursuite contre la promesse d’un J emploi.Le syndiqué a refusé ce troc et il -a mis en preuve au cours du procès le document qu'on avait voulu lui faire signer.M.Ryan, pour sa part, avait proposé^ une formule de compromis qui ne fut jamais soumise au syndiqué lésé.M.Ryan avait en effet affirmé au DEVOIR que son tuteur résident devait proposer un emploi au syndiqué moyennant qu’il abandonne tout recours “ultérieur à l’obtention de cet emploi.Le syndiqué aurait dans cette hypothèse gardé tous ses recours pour la période écoulée depuis la perte de son emploi.D’après les renseignements fournis par toutes les parties dans cette affaire, cette proposition du tuteur en chef ne fut jamais transmise à M.’ Paulin, ce qui a déclenché la bataille juridique en cours.De leur côté, les dirigeants syndicaux du 144 ont annoncé lundi soir dernier à l’assemblée régulière du syndicat que l’injonction allait être contestée par la tutelle.C’est M.Maurice Pouhot, beau-frère d'André Desjardins, qui aurait donné ces précisions en indiquant bien % que l’équipe en place avait en quelque^! sort?l’appui désormais des tuteurs dans* cette affaire.C’est du moins ce qu’ont rapporté hier au DEVOIR des plombiers du 144, pour le moins ahuris de l’attitude des tuteurs “qu’on pensait du bord de la base jusqu’à lundi soir”.VILLE DE MONTRÉAL SERVICE DE LA VOIE PUBLIQUE ENLÈVEMENT DES ORDURES MÉNAGÈRES Vendredi, le 1er juillet 1977, jour de la célébration de la fête du'-Canada, il n’y aura pas d’enlèvement des ordures ménagères.> Les contribuables qui bénéficient habituellement de l’enlèvement * des ordures ménagères le vendredi, devront déposer leurs pou- ; belles lors du prochain jour de collecte régulière des déchets, soit ; mardi, le 5 juillet 1977.LE GREFFIER DE LA VILLE Marc Boyer, C.R.Hôtel de Ville, Montréal, le 28 juin 1977 POUR DES VACANCES RÉUSSIES.LOUEZ Accenoirei indus OU UN CANOT POUR UNE FIN DE SEMAINE *2U ACHETEZ 4E EN UN PARTIR DE DE VERRE 14 PI.*155 Le poste de traite Canoës-Kayaks 1322 est Bélanger 270-7309 * 866-7095 f t .4 • Le Devoir, jeudi 30 juin 1977 éditorial _______L’actualité_____ L'au-delà de la loi \ Le secret parlementaire Dans notre régime parlementaire, les députés ne peuvent etre attaqués devant les tribunaux à raison des propos qu’ils tiennent en 'chambre.Mais un membre de la législature ;ontarienne vient d’apprendre à ses dépens qu’il ne jouirait d’aucune immunité quant à ses sources d’information.Le député néodémocrate de High Park-Swansea, M.Ed Ziemba, a préféré en effet passer six jours derrière les barreaux plutôt que de dévoiler en cour de qui il tenait les documents qui lui ont Eermis de déclencher un présumé scandale.’Ontario en est encore toute secouée et : croyait que les électeurs pouvaient, en toute confiance, saisir leur député d’une affaire sous •le sceau de la confidentalité.! Le problème a déjà trouvé quelque écho à :Ottawa et à Queen’s Park.Il touche en réalité aux délicates frontières qui séparent les pouvoirs politiques au pays.L’enjeu importe à tous les citoyens et a toutes les provinces du Canada.• La règle suivant laquelle tous sont égaux devant la loi souffre quelques exceptions, notamment celle de l’immunité parlementaire.Dans notre droit, pour assurer la pleine autorité des parlementaires et la liberté d’action des députés, l’on a jugé nécessaire de leur sacrifier le droit de chacun à sa réputation.Tel député peut poursuivre un citoyen ou un journal pour diffamation qui sera lui-même à l’abri de poursuites quels qu’aient pu être ses propos en chambre.C’est le prix qu’il faut payer pour s’assurer que rien n’empêche les parlementaires de veiller aux intérêts supérieurs de la nation.On imagine facilement que s’il devait en être autrement les députés passeraient plus de temps à se défendre devant les tribunaux qu’ils n’en pourraient consacrer au programme législatif et aux autres affaires de l’État.Cette immunité doit-elle s’étendre à certaines autres exigences du travail parlementaire?Sauf le juge qui a condamné pour outrage au tribunal le député Ziemba et probablement quelques autres voix qui ont manifestement de la difficulté à se faire entendre dans le tollé soulevé par l’emprisonnement du représentant de High Park-Swansea, tout le monde semble tomber d’accord pour étendre à de telles sources d’information le privilège parlementaire.Personne ne paraît toutefois prêt à prendre une position nette et définitive sur la question.Le cas Ziemba n’est peut-être pas en effet la meilleure affaire à survenir pour éclairer le problème et permettre d’y trouver une solution permanente.Les faits révélés par le député Ziemba n’étaient sans doute pas frivoles puisque le ministère de la justice ontarienne a, depuis, porté plainte.L'intervention du représentant de l’Opposition n’était pas non plus futile car il s’agissait, en l’espèce, de factures présumé- ment soufflées qu’une entreprise pharmaceutique aurait chargées à la régie ontarienne de l’assurance-santé.Or, au lieu de s'en tenir aux faits reprochés à la compagnie accusée, le juge a permis à son procureur de demander au député de qui il tenait les informations qui lui ont permis de déclencher l’affaire.Comme on l’imagine facilement, le député refusa d’obéir au tribunal et en conséquence prit le chemin des cellules.Certes, tout accusé a le droit à une défense pleine et entière, encore que ce principe souffre lui aussi d’importantes exceptions dans notre droit, notamment celles du secret professionnel et celles, plus nombreuses qu’on le croit, du privilège des secrets d’État.En conséquence, l’accusé en l’espèce avait le droit, au stade de l’enquête préliminaire où il interrogea le député, comme il en aura la faculté lors du procès, d’interroger quiconque peut l’aider, même contre son gré, à établir une contre-preuve.On voit mal toutefois dans le présent cas de quelle utilité pouvait bien être la révélation des sources du député.On peut toujours faire la thèse que si une "source” est prête à envoyer quelqu’un en prison, elle devrait être également prête à sortir de l’anonymat et à venir en cour faire face à l’accusé.Notre système judiciaire en a toutefois disposé autrement.Non seulement fait-on principalement sinon exclusivement reposer sur la police et les procureurs du ministère public la tâche redoutable de faire les enquêtes et de prendre les poursuites, reconnaissant ainsi que le citoyen ordinaire n’est pas armé pour le faire, mais encore la cour reconnaît le privilège de la couronne de taire les noms de certaines sources, notamment de ses fameux "informateurs”.Encore une fois, l’on pourrait soutenir qu’une administration de la Justice qui repose souvent sur le recours à des informateurs et au genre de corruption que cela implique souvent aussi, n’est pas une brillante façon de maintenir l’ordre et de faire respecter les lois.En contrepartie, il est clair que si certaines sources devaient être identifiées elles se tairaient avant plutôt que d’être réduites au silence éternel après et qu’ainsi échapperaient à la justice les plus puissants parmi les criminels, ceux-là justement qui peuvent intimider les témoins et entraver l’administration policière et judiciaire: caïds du crime organisé, hauts fonctionnaires gouvernementaux, voire hommes politiques.Quand les policiers n’osent pousser certaines enquêtes ou porter certaines plaintes, on devine que ce n’est pas un modeste employé, un simple actionnaire, un fonctionnaire subalterne qui va se permettre de dévoiler lui-même le pot-aux-roses.H faut garantir à ces “sources” qu’elles ne seront pas brûlées ni soumises à des représailles.Sans pareille garantie, ni la police, ni un député ne pourra obtenir maintes preuves essentielles à l’assainis- sement des affaires publiques.En préférant la prison au bris de la confiance qui lui avait été laite, le député Ziemba aura renforcé la crédibilité des parlementaires.Il faudra néanmoins trouver meilleure solution que l’héroïsme pour résoudre pareil problème.Faut-il accorder aux députés une immunité absolue valant pour toutes circonstances?Certains journalistes le croient et réclament aussi pour eux-mêmes l’équivalent du secret professionnel du médecin ou du prêtre.Pareil privilège pourrait s’avérer exorbitant et finalement dangereux.On l’a amplement vérifié aux Etats-Unis où la Maison Blanche, le FBI et la CIA auraient été trop heureux d’invoquer une immunité absolue pour masquer certains de leurs crimes.Au Canada, l’on est en train de découvrir que le pouvoir exécutif s’est fait octroyer, par un parlement à courte vue, des privilèges à cet égard fort inquiétants.Le gouvernement serait peut-être intéressé à donner une plus large immunité aux députés pour protéger sinon élargir ses propres immunités ministérielles! • Soit que la jurisprudence établisse un précédent qui satisfasse juges et députés, soit que les parlementaires en viennent à adopter une loi précisant la portée de leur immunité, le problème devra être résolu, car manifestement la solution qui a permis hier au juge en cause, M.Robert Dnieper, de remettre en liberté le député néo-démocrate ne saurait être que transitoire.Il faut souhaiter non seulement que les députés, ceux de l’Opposition en particulier, soient en mesure de remplir pleinement leur rôle de surveillant du pouvoir exécutif, mais que leurs contacts avec les électeurs et les "sources” aptes à les aider dans cette tâche essentielles soient protégés contre l’intimidation, menace qu’il n’est pas rare de voir apparaître dans les affaires d'importance.La force et les pouvoirs du gouvernement se sont considérablement accrus ces dernières années, à tous les niveaux, et pas toujours au profit des gens au nom desquels l’État a pris son emprise moderne, bien au contraire.Le déséquilibre qui en est résulté est tel que le député lui-même et tout le parlement en sont venus, on le voit presque chaque jour, à être aussi démunis que les simples citoyens.La panoplie des droits de l’homme, qu elle soit ou non inscrite dans la constitution, sera d’un faible recours aux citoyens ordinaires si, en même temps, les propres députés ne sont pas mieux armés pour demander des comptes au gouvernement ou à la magistrature.Entre-temps, le député néo-démocrate de High Park-Swansea aura opportunément rappelé que le chemin des libertés démocratiques passe aussi par la prison! Jean-Oaude LECLERC bloc-notes La langue des sièges sociaux par les évêques du Québec ¦ Dans une dernière partie de leur déclaration du 28 juin sur le projet de loi no 1, les évêques du Québec signalent que, par-delà la loi, il faut s'attacher aux gestes du coeur "sans lesquels .la loi n’a pas d'âme”.Voici cette partie de leur déclaration.Le projet de loi no 1 est-il juste?Après l'avoir mesuré aux normes d'une éthique humaine valable pour tous les groupes et tous les citoyens, nous avons dit notre accord sur les valeurs de fond qu'il entend promouvoir et assurer.Nous avons toutefois manifesté des réserves, notamment sur les points suivants: la définition du mot "Québécois", le respect des minorités et des communautés ethniques, la langue d’enseignement, le rapport entre les deux Chartes, et les moyens a'exé-cution de la loi.Reste une seconde question: comment, pour être conséquente dans sa conduite, une société majoritairement chrétienne comme la nôtre, doit-elle se comporter pour vivre l’expérience collective par laquelle nous passons tous en ce moment et dont le problème linguistique est le carrefour?Cette question est cause de conflits entre chrétiens d’origine ethnique différente et même entre catholiques francophones.Les chrétiens, pas plus que les autres, ne sauraient éviter tous les conflits.Ils doivent du moins les aborder dans une perspective évangélique en s'inspirant des meilleures ressources spirituelles de leur foi.Il y a la loi.Il y a aussi l'au-delà de la loi.La loi exprime les droits sur lesquels repose l’ordre social.C'est son rôle juridique.Elle a aussi un rôle pédagogique, car elle eduque au respect des droits mutuels.Elle a même un rôle historique puisqu’elle agit sur le destin des peuples.Mais là où s’arrêtent ses moyens, commencent ceux du coeur, sans lesquels la loi n’a pas d’âme.Et dans cet ordre où se poursuit l'accomplissement de la loi dans un au-delà d’elle-même, il y a les gestes qui viennent de l’imagination créatrice, les attentions qui font tomber les appréhensions et les craintes fondées ou pas, il y a les gestes qui dénouent les solitudes.Il faut donc s'ingénier à inventer d'autres mesures, étendre les liens, faire sentir à autrui qu’il est vraiment accepté et désiré, il faut tendre la main et, non seulement ne pas renoncer à la paix sociale, mais la promouvoir activement.À ces conditions seulement peut se développer l’appartenance durable à une société."Lp charité est la loi dans sa plénitude” (Épître aux Romains, 13, 10).Ces mots de l'apôtre Paul ne sont pas sur langage de circonstances.Ils sont parmi les plus grands, les plus féconds et les plus impérieux de ceux 3ui expriment les rapports que les chrétiens oivent vivre avec les hommes, leurs frères.Cela veut dire, par exemple, renoncer aux accusations partisanes, aux informations tendancieuses, à l'intolérance, aux conditions inutilement onéreuses, aux durcissements qui augmenteraient les distances entre la majorité et les minorités.Il faut que nous nous demandions: de quelle Église sommes-nous?Une Église charitable ou intolérante?Une Église juste ou méprisante?Une Église accueillante ou étrangère?Nous ne devons pas oublier également que la plus grande partie des minorités québécoises est, comme la population francophone, composée de personnes de condition ordinaire qui s'acharnent elles aussi à gagner leur vie et qui ont l’intention de demeurer dans cette province, devenue pour elles, souvent après plusieurs générations, leur vraie patrie.On devra donc dans la loi et après la loi s'appliquer à élargir les consensus, faire confiance au temps, susciter l'élan, l'espérance et le bon vouloir, car demain il nous faudra continuer de vivre ensemble.lettres au DEVOIR La liberté de fumer' M.le directeur, Autobus “Le Voyageur" Le service Voyageur, du moins entre Québec et Montréal, est reconnu comme excellent, quant au temps, au nombre de départs au confort des autobus.Je reconnais en principe les premiers tarifs, mais, quant au confort, je me demande si ma santé n’est pas en danger, et j’en suis à peu près persuadée, selon les dernières découvertes des chimistes, principalement.Je sens même que mes droits de citoyen sont menacés, et de façon très violente.Car on permet de fumer! dans les autobus Voyageur; non pas seulement dans la section réservée, il faut le dire vite, car elle ne l’est que par différence, aux fumeurs, mais également dans la piètre et minime section, 5 rangées?, réservée, et de façon non equivoque, mais en si si si petits caractères, qu’il faut bonne vue pour les voir.Et quand il y a de la fumée, faut voir! Hier, en revenant de Québec, dans l’autobus 1202, qui est parti à 9:15 h, ou plutôt 21:15 h, de Sainte-Foy.mon voisin n’a fumé qu’une cigarette (ai-je besoin de spécifier que nous étions dans la seconde rangée) par gentillesse.et parce qu’il ne fume pas beaucoup; mais les gens de la troisième rangée m’ont littéralement emboucannée, et, dans l’atmosphère raréfiée, et même surchauffée, de l’autobus, m’ont causé une toux pendant la durée, rapide, disais-je?du voyage, c'est-à-dire 2 h 25 m.Le chauffeur a d'ailleurs dit à mon voisin qu'il n’avait pas à se préoccuper de ces petits collants.évidemment, puisque lui fumait en conduisant! M.le directeur, pouvez-vous m’expliquer pourquoi je ne peux voyager dans de meilleures conditions dans vos autobus?Pourquoi je dois supporter, subir, les courants secondaires de la cigarette des fumeurs, beaucoup plus nocifs que les courants primaires, qui, eux, sont absorbes par les fumeurs?Pouvez-vous surtout m’expliquer comment mettre de l'avant les moyens de transport en commun afin de lutter contre la pollution, si on permet de polluer a l'intérieur meme des appareils qui permettent ce transport?M.le directeur, je sais que vous n’êtes pas seul dans cette lutte pour le respect des droits des individus, mais, si chacun de nous ne fait pas sa part, qui agira?Si vous, vous ne demandez pas à vos employés de faire respecter les consignes de la compagnie, pour le bien-être de ses clients, ce qui est tout de même nécessaire pour une compagnie à but lucra-îif, qui le fera?Si moi, je ne rouspète pas, quand on vient m'empoisonner, qui le fera pour moi?Si les gens en place dans le gou-vernement n’agissent pas, qu’arrivera-t-il?Voici pourquoi je me permets d’envoyer copie de cette lettre à M.Lazure, ministre du Bien-être Social, à M.Lévesque, à des journaux, et à toute autre personne à qui il serait pertinent de le faire.Sincèrement, Claude Hélène PARROT Montréal, juin 1977.Chansons de France et du Québec Les sièges sociaux d’entreprises multinationales établis en Europe utilisent surtout, sinon exclusivement, dans leurs communications internes, la langue de la majorité linguistique du pays ou de la région où ils sont situés, C'est l'une des constatations importantes que fait dans son rapport déposé hier a l’Assemblée nationale la Mission d’étude dépêchée en Europe au début du mois par le gouvernement du Québec.Autre constatation majeure du groupe: les directions générales des sièges sociaux sont toujours respectueuses de la langue de la majorité de la population du territoire où ils sont installés quant à leur fonctionnement administratif interne.Plus loin, la Mission insiste à nouveau sur cet aspect."Dans tous les sièges sociaux (des entreprises multinationales), la langue de la majorité linguistique locale occupe toujours une place importante dans le deroulement des activités internes.” Une fois faites ces constatations, dira-t-on, il ne reste plus qu'à tirer les conclusions qui s'appliquent au Québec et imposer par la loi l'usage du français aux sièges sociaux.Mais ce n’est pourtant pas ce que concluent les 11 membres de la Mission d’étude.Invités par leur mandat à faire des observations sur cette partie du projet de loi traitant de la francisation des entreprises dont les activités débordent les frontières du Québec, ils recommandent au législateur des mesures incitatives pour amener les sièges sociaux à étendre l'utilisation du français ici.Comment expliquer cette apparente contradiction?Si les sièges sociaux 'entreprises internationales de rance, d’Allemagne, de Suisse, de Hollande et de Belgique sont respectueux de la langue de la majorité dans les pays et les régions où ils sont établis’ au point de l’adopter spontanément comme langue de fonctionnement interne, pourquoi les sièges sociaux n’agiraient-ils pas de la même façon au Québec?La réponse à cette question est évidente: les sièges sociaux établis au Québec ont déjà entrepris, tardivement dans plusieurs cas, ia francisation de leurs opérations internes: elles doivent naturellement poursuivre, à une cadence accélérée, cette transformation; presque toutes l’ont compris et s'engagent a le faire.Mais pourquoi, dira-t-on encore, faut-il toujours ici procéder par étapes, de façon gra-djelle, par incitation, prudemment?Parce que.dans notre société, la langue qui a longtemps prévalu et dominé dans l’activité financière, commerciale et industrielle était l'anglais.Et ce sont les anglophones qui, on le sait, Occupaient la majorité des postes de cadres dans les grandes entreprises et les sièges sociaux de sociétés internationales.Au contraire, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse et en Belgique, ce sont des Français, des Allemands, des Suisses (bilingues ou trilingues), des Hollandais et des Belges qui, le plus naturellement du monde, ont assumé des fonctions de direction dans leurs entreprises, puis dans les sièges sociaux de celles-ci quand elles sont devenues multinationales.Par conséquent, la langue de fonctionnement interne dans les sièges sociaux de ces pays est aussi la langue maternelle des membres de la direction.Nul n’a éprouvé le besoin d'édicter des règles strictes et d’adopter des lois linguistiques pour qu’il en soit ainsi.C’était naturel et normal.Au Québec, ce ne sont pas les francophones qui ont occupé ces fonctions et déterminé la langue de fonctionnement interne: ce sont les anglophones.Ici, il s’agit de transformer une situation qui est déjà en train de changer, comme l’attestent les résultats d'une enquête publiée par le Board of Trade mardi et selon lesquels la proportion des postes de haute direction occupés par des francophones est passée de 19% à 31% en 10 ans dans les sièges sociaux des entreprises du Québec, et la proportion des cadres intermédiaires occupée par des francophones s’est accrue de 25% à 39% de 1967 à 1977; au niveau de direction le moins élevé, la francophonisation des postes est passée de 35% à 51% dans le même temps.La solution consiste donc à recruter en plus grand nombre de nouveaux cadres francophones et à favoriser plus rapidement la promotion de ceux qui travaillent déjà dans l'entreprise.La francisation des grandes sociétés et des sièges sociaux des entreprises multinationales sera acquise par une politique de recrutement et de promotion.D’où l'importance de l’incitation, assortie de certaines obligations que les directions pourront respecter pour autant qu'elles trouveront en nombre suffisant, les candidats qu'elles recherchent.Et ces futurs cadres francophones, tout en utilisant leur langue dans le fonctionnement interne des sièges sociaux établis au Québec, devront employer l’anglais dans les opérations internationales ou canadiennes de ces institutions, donc acquérir obligatoirement, comme leurs collègues d’Europe, cet “espéranto de l’activité économique internationale” dont parlent les signataires du rapport de la Mission d’étude.Il est possible, soulignent encore les auteurs du rapport, de constituer dans une communauté linguistique relativement peu nombreuse, comme la nôtre, un réservoir suffisant de ressources humaines où seront recrutés les gestionnaires des sièges sociaux d’entreprises internationales.Mais encore faut-il le constituer.Entre-temps, il apparaît impossible à la Mission de prévoir par une législation linguistique qui ne nuise pas au bon fonctionnement de l’entreprise, tous les cas qui peuvent se présenter.Certaines sociétés, tel siège social, un groupe de compagnies ont déjà franchi plusieurs étapes sur la voie de la francophonisation; d’autres sont prêtes à fonctionner en français; quelques-unes sont largement francisées; mais il s'en trouve plusieurs qui ne possèdent pas encore les ressources humaines et matérielles pour accomplir la transformation à brève échéance.M.Camille Laurin, il est vrai, a donné l’assurance que le gouvernement et l’Office feraient preuve d’une grande souplesse dans la mise en oeuvre des programmes de francisation qui, à toutes fins utiles, devront être taillées sur mesure dans chacun des cas.Quand la souplesse atteint un tel degré, il vaut mieux s'en remettre à l’incitation, toute mesure impérative étant de nature à perturber une évolution qui s'est révélée relativement rapide depuis 10 ans.Michel ROY Le froid par le froid Pour se vacciner contre la “guerre froide”, doit-on donc tenir des “sommets” à température glaciale, hier à Vladivostok et demain en Alaska! L’idée d'une rencontre Carter-Brejnev fait son chemin et M.Brze-zinski en a déjà discuté avec l’ambassadeur soviétique, Anatoly Dobrynine.Il ne reste qu'a s'entendre sur la date et le lieu, mais ce serait probablement en octobre (l’accord SALT expire le 3 octobre) et en cette terre naguère russe devenue État de l’Union, l’Alaska.Déjà, à ce point-ci, un énorme obstacle existait, et on ignore si l'envie de M.Brejnev de rencontrer Jimmy Carter sera plus forte que son objection politique.Ainsi, dès après la rencontre de Vladivostok entre le même Brejnev à l’époque non chef d’État et Gerald Ford, en novembre 1974, le président-secrétaire-général de “Soviétie” escomptait un voyage officiel à Washington; toutefois, il restait à finaliser l’accord SALT II dont, précisément, le texte aurait été solennellement signé dans la capitale américaine, consécra- tion en quelque sorte de la grande aventure de la "détente” brejné-vienne.Mais les choses n'ont pas évolué dans le sens apparemment souhaité par le Kremlin; non seulement l'homme qu'ils avaient appris à connaître, Gerald Ford, mais aussi l'interlocuteur privilégié, Henry Kissinger, ont disparu de la scène.Le premier n'a été qu’un impuissant intérimaire et l’autre est retourné à la vie privée.Qui plus est, l'ambiguïté patiemment tissée et institutionnalisée est aujourd'hui battue en brèche.Non seulement aucun indice ne justifie plus Tes-poir d’un SALT II d’ici l’expiration du premier accord, mais le concept même de ces SALT est remis en question, réduction s'opposant aujourd'hui à limitation.D’ici a octobre, et surtout après le rejet des propositions présentées par M.Cyrus Vance lors de son voyage à Moscou, beaucoup d’eau aura coule sous les ponts; l’annonce imminente de la position du président Carter sur le programme B-l sera symptomatique.De même, la Maison-Blanche ne semble pas devoir reculer sur -la question fondamentale des droits de l’homme qui, de cause à effet, mine l’autre fondement de la présumée “détente" consigné dans l’Acte final d’Helsinki.Tout ceci a déjà fait dire à M.Vance ue des “tentions” étaient manifestes ans les relations américano-soviétiques.Cela signifiait-il aussi que M.Brejnev devait faire son deuil de son voyage aux États-Unis?Avant d’y répondre, il faudra poser deux vérités.D’une part, la nouvelle politique internationale des États-Unis n’est pas fortuite, et en dépit des critiques provenant de certains pays amis, elle n’est pas improvisée.Elle est l’aboutissement d’un processus dit d’"après-Vietnam", phénomène de magnitude extrême, conjugué aux effets d’une crise de conscience née de la cassure des "horreurs du Watergate.” C’est cet “après-Vietnam” (pour sa dimension extérieure) et cet “après-Watergate" (pour sa dimensions intérieure) qui ont, pour une large part contribue à propulser à la Maison-Blanche Jimmy Carter, qui, dans ses convictions comme dans ses apparentes contradictions, véhicule une véritable idéologie.En d’autres termes, ce qui semblait au début une démarche par-à-coups est devenue aujourd’hui une vaste opération de rééquilibrage à l’échelle planétaire dont les manifestations ont été tangibles tant au Vietnam qu'à Cuba ou à l’Alliance atlantique.Les relations difficiles avec Moscou ne sont donc pas un tout, mais bien une Voir page 6; Bloc-notes Georges VIGNY Monsieur le directeur, A la page 2 de l'édition du Devoir du 23 juin, Alain Duhamel a rédigé d’intéressants propos sur les anciennes chansons d’Edmond Fournier.Ces paragraphes ont évoqué en moi de chers souvenirs vieux de soixante-quinze ans.En me berçant Sur ses genoux, ma mère me chantait quantité de chansons de France et du Québec et notamment De Lévis à Beau-port.Je n'ai jamais oublié le premier huitain de ces vers de six pieds: "De Lévis à Beauport, — Le sang baignant nos plaintes, — Fier Anglais tu promènes — d’incendie et la mort.— Suspends, suspends tes pas, — Car Québec te regarde, — Montcalm monte la garde.— Anglais, n’avance pas!” Puis venait ie refrain cocardier et imprécatoire: "N’avance pas, n’avance pas! — La citadelle te regarde.— Montcalm ici monte la garde.— Anglais, n’avance pas!” Le deuxième couplet, que cite Alain Duhamel, est tout à fait différent de celui que chantait ma mère.En voici le texte: "N’avance pas, non! non! — Anglais, tu sais d’avance — Que l'enfant de la France — sait jouer du canon.— Couchés sur nos remparts, — Vois ces fiers chiens de bronze.— Ils sont huit, dix ou onze — Et jappent bien les gars.” “Huit, dix ou onze" canons! Ce vers, à n’en pas douter, est très pauvre.Là-dessus un logicien se rebifferait: “pourquoi ne pas compter ces canons quand ils sont si peu nombreux et en avoir le coeur net?" Mais le chansonnier aimait, semble-t-il, les rimes riches.Et onze rimait tellement bien avec bronze.Comme quoi la logique n’a jamais fait bon ménage avec la poésie authentique.Ottawa, 23 juin 1977 Séraphin MARION La dernière trouvaille Monsieur le directeur, De toutes les hypothèses avancées pour expliquer la dénatalité au Québec, la plus insensée, il faut le dire, vient de Jean-Marc Léger qui a pourtant la réputation d’être un homme sérieux.Selon lui, aux causes classiques s’en ajoute une autre "d’ordre psychologique et moral: la mélancolie qui frappe soudain un peuple vaguement résigné à disparaître parce qu’il est ou se croit incapable d’affronter des civilisations puissantes qui l’investissent et que, dès lors, il_ sent confusément qu’il ne saurait imposer à ses enfants une impossible aventure" (Dimensions, mars 1969, p.79; reproduit également dans Esprit, juillet-août 1969).Jean-Marc Léger a sans doute lu trop de romans de Zola : quand on est à s'imaginer que ce romantique désespoir collectif agit sur la natalité, if faut être faiseur de romans, ou c’est impardonnable.Que cet acte de somnambulisme intellectuel soit oublié par les ans, nous en serions heureux.Mais voici qu’Alain Peyrefitte, dans son Mal français, fait sienne cette hypothèse ridicule, flattant même au passage M.Léger qui serait “l’un des meilleurs connaisseurs des réalités présentes de son pays" (p.501, note 12)! On se demande, depuis que le Parti québécois a réclamé l'avortement, ce qu’imaginera cette fois Jean-Marc Léger, Ce sera certainement écrit en très bon français.Daniel SAINT-AUBIN.Montréal-Nord le 27 juin 1977.‘Un saute mon mouton de l’absurdité” M.John Robert, Secrétaire d’État M.Robert, vous avez pleinement raison! Les Canadiens ont le droit de faire instruire leurs enfants dans la langue officielle de leur choix.qui est l’anglais bien entendu.Mais ici, au Québec, il n’y a pas d'autre choix que le français! Et il n'est pas question, par-dessus le marché, de nous donner un laps de temps pour régler, comme vous le dites, si bien, “ce sentiment actuel d'insécurité” (qui est de toute façon extérieur au Québec).Quel beau jeu! 25 ans à nous, 25 à vous; 25 ans à nous, 50 à vous: 25 ans à nous, 200 à vous et patati et patata.Voyez-vous, nous n’accepterons (jamais) de faire de notre situation, un saute mon mouton de l’absurdité, car jamais, comme aujourd'hui, nous n’avons été Trop de gaspillage publicitaire Que valent ces annonces sentimentales sur la Semaine du Patrimoine et les Fêtes de la Confédération?Au grand plaisir des média d’information, on a assisté à une campagne orchestrée pour plaire au public.Ottawa mel le paquet sur une organisation structurée, Québec se fie à un groupe installé dans des locaux encore fraîchement désorganisés par la rencontre annuelle du parti.Pourquoi tant d'argent pour se faire la compétition?Si au moins on utilisait ces efforts financiers pour protéger l’environnement, on aurait peut-être le goût de fêter et l’air aurait certainement meilleur odeur!.Jean-Noèjl VIGNEAULT Montréal, le 28 juin 1977 aussi en état de décider de notre avenir.Yves-Alain PETEL Montréal, le 26 juin 1977 ¦ Nous rappelons d nos lecteurs que les lettres adressées d cette rubrique doivent être siqnées et comporter, de manière lisible, les noms, adresse et numéro de téléphone de l’auteur.Il nous est impossible de publier les lettres anonymes./.'adresse et le numéro de téléphone ne sont pas destinés d la publication.LE DEVOIR Fondé por Henri Bourcmo le 10 janvier 1910 Directeur Claude Ryan Rédacteur en chef Michel Roy Rédacteur en chef adjoint Georges Vigny Directeurs de l’information Jean Francoeur Pierre Loignon Trésorier Bernard Larocque LE DEVOIR est publié par l’Imprimerie Populaire société a responsabilité .limitée dont le siège social est yitué au numéro 211, ;ue du Saint Sacre ment, Mo1 * *réol H2Y 1X1 II est composé et imprimé por l'Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés a 9130 rue Boivm, Ville LaSalle l agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à dif fuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT Édition quotidienne $55 par année su mois $30 A • étranger $60 par année S'* mots $33 trois mois $2i Éditions du samedi $15 par annee Édition quotidienne livrée a domicile par porteur $t 50 par semaine Tarit de i abonnement servi par ia poste aenenne sur demande Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 0858 Dépôt legal Bibliothèque nationale du Quebec TlLÉPHONI: 144-3361 lignes groupées' Le Devoir, jeudi 30 juin 1977 • 5 des idées des événements des hommes Le défi canadien hier et aujourd’hui i)_____________________________ Un patrimoine qui déborde les minces limites de la rivière des Outaouais L’essence de mon propos se résume en deux points qui sont, en fait, pour les Canadiens, intimement intégrés l’un à l’autre.Premièrement, le patrimoine que nous avons Hérité — ou, si l’on veut, la ligne directrice de notre histoire — dépasse largement les minces limites de la rivière des Outaouais.Deuxièmement, pour les habitants de la vallée du St-Laurent, une politique québécoise fondée sur les valeurs propres à l'ethnie canadienne-francaise court de sérieux dangers d'engendrer l’arbitraire, et de stériliser le progrès social.Tout d’abord, Je choisis, parmi les composantes de notre patrimoine, quelques-unes de celles qui attirent immédiatement notre attention.Les richesses naturelles et celles de la nature.Et je pense à la graduelle mise en valeur des trésors incalculables de l’immense bouclier canadien, avec ses forêts sombres à perte de vue, ses milliers de lacs, ses mines et ses métaux; ses fleuves dont l’énergie demeure toujours Incalculée.Je pense aux chutes mugissantes du Niagara, et aux puissantes ogives du barrage de la Mani-couagan; aux splendides aurores boréales de la terre de Baffin; et aux blancheurs de ces glaciers des montagnes rocheuses qui rougissent au soleil couchant de la Colombie-Britannique.Je pense à l’aventure de la gloire et de la frontière.Les récits de Jacques Cartier et de Jean Cabot, naviguant l’énorme estuaire du Saint-Laurent, et pénétrant du regard les noires et mystérieuses Forêts encore inhabitées.Je pense à la hardiesse de Louis Jolliet, de Cavelier de LaSalle, de La Vérendrye, puis de Simon Fraser, menés par l’aviron dans les profondeurs de ces forêts sans fin, toujours plus vivifiantes.“Nous étions des Césars dans ces pays sauvages", s'écriait Radissbn."Il n’y avait personne de comparable à nous".Je pense à cette inoubliable fleur-de-lys imprimée sur la carte de l’Améri- 3ue du Nord, de la Baie ’Hudson à la Nouvelle Oré-lans, de la Terre-Neuve vers l’ouest, “tant qu’il y en aura”, pour reprendre l’expression de Champlain.Je pense à la persévérance du Père LeJeune.raccommodant un trou dans sa soutane avec une peau d’anguille séchée, dont il se régala par un après-midi de diète forcée; à la constance des colons de Lord Selkirk grattant la surface de la plaine du Manitoba avec des houes et des bêches, leur seul contact avec le monde étant un petit fort à une distance de 750 milles, lequel n’était visité qu’une fois l’an par les navires qui réussissaient à accomplir le dangereux passage à travers les glaces polaires depuis la lointaine Écosse.Je pense au courage d’Alexander Mackenzie se traçant pied par pied un chemin à travers les Rocheuses jusqu'à ce qu'il atteigne le Pacifique, et qu'avec le geste d’enthousiasme de tous ceux qui ont vu scientiller l’océan par un dimanche ensoleillé, il imprime son nom sur le roc: Alexander Mackenzie.Arrivé au Canada par voie de terre, 22 juillet 1793.Je pense à l'intrépidité de Joseph-Elzéar Bernier qui pousse inlassable^ ment son bateau plus avant à travers les banquises jusqu’à ce qu’il puisse découvrir et proclamer les droits du Canada sur l’ensemble de l’immense archipel de l’océan arctique.Comme Mackenzie vers l’Ouest, il avait insisté à élargir son horison “tant qu’il y en aura”.Dans tout cela, que j’ai choisi un peu au hasard, il y a la joie et la splendeur.Et il y a les épées et les plumes, et toutes ces équipées de voyageurs dont le courage devant le défi n’a jamais fait défaut.Notre patrimoine comprend aussi le XlXe siècle.Il y a là la prévoyance et la patience de ces parlementaires tels Pierre Bédard, 'Louis-Hippolyte LaFontaine, Robert Baldwin, et Joseph Howe.Leur perspicacité sut trouver, pour la première fois dans l'histoire du monde, une solution pacifique au difficile et délicat problème de la décolonisation.C’est par leur sagacité que nous avons appris fa démocratie; et c’est dreux que nous avons hérité les principes de la société de type libéral et parlementaire.Il y aussi, dans notre patrimoine le dévouement de tous ceux qui sont morts en donnant a leur patrie la plus grande preuve d’amour: Montcalm et Wolfe, et les milliers d’autres Canadiens tombés à Vimy et à Courcelette, à Ortona et à Dieppe.Ils ont ajouté un nouvel eclat au nom de ces lieux déjà illustrés par tant de chevaliers, de croisés, et de braves.Surtout, il y a la valeur de tous ceux qui ont eu le cran de dire “non" devant la force écrasante.Six fois au moins, les Canadiens ont re- poussé l’étranger qui violait leur territoire — deux fois les colons anglais, en 1690 et 1711; deux fois les Américains, en 1775 et en 1812; et deux fois les envahisseurs officieux de 1838 et de 1866 — et six fois ils ont triomphé.Voilà donc notre patrimoine; les richesses naturelles et la beauté du paysage; le panache de la grande aventure; la sagacité politique et l’héroïsme.La démocratie, les grands espaces, et 1a liberté.Et à travers tout cela, court un système de valeurs que l’on peut qualifier d’unique au monde, et qui unit en profondeur tous les Canadiens d’un bout à l’autre du pays, d’une manière infiniment plus forte que ce qui les divise en surface.Je pourrais, par exemple, parler de l’unité canadienne qui est reliée au système de valeurs familiales; ou de l’unité issue du caractère nordique de notre expérience; ou de celle qui découle de notre manière assez originale d’unir l’Église et l’État ; ou encore de celle qui nous fait rechercher nos métropoles intellectuelles et morales à l’extérieur de nos frontières.Mais puisque je m'adresse à des compagnons qui s'intéressent à la politique, je m’étendrai un peu sur les liens qui existent entre Canadiens a partir de leur attitude vis-à-vis l’autorité de l’État, et de leur manière d’affirmer la suprématie du parlement.L’accent sur l’autorité de l’État La priorité de l'action autoritaire de l’État remonte évidemment aux premières colonisations françaises, puis au peuplement du régime britannique qui suivit.Enfin, durant toute l’ère victorienne l’autorité de l'État s’est continuée dans les communications et dans les services sociaux.L’instauration du régime seigneurial en Nouvelle-France; les établissements navals et militaires de Saint-Jean et d’Halifax; l’arpentage du Haut-Canada, et l'attribution des terres aux loyalistes; l’ordonnance réglementant les découvertes de l’or le long des fleuves Fraser et Thompson, toutes ces réalisations sont dues à l’autorité, et basées sur une conception de la solidarité sociale, sur l'idéal d’un État où ceux qui sont aux paliers supérieurs de la hiérarchie ont des devoirs à accomplir envers les autres.Dans la Nouvelle-France de Frontenac comme dans le Canada de LaFontaine et de Cartier, l’État était premier partout.Sont venus ensuite les navires chargés de colons, les pionniers, les wagons couverts, les trains pleins d’immigrants.De même pour le percement des canaux, depuis celui du Rideau en 1826 jusqu’à la voie maritime des années 1950; et de même pour le tracé des chemins de fer, depuis la courte ligne de Laprai-rie St-Jean en 1836 jusqu’au Canadien National; de même pour la radio, et pour les lignes aériennes: l’État fut le premier à entreprendre ou le principal à exécuter.Au XXe siècle, la situation devint analogue dans le domaine du bien-être social: les Canadiens trouvent tout naturel de confier l'organisation et le maintien de leur niveau de vie aux commis de l'État.Aujourd’hui, tous nos compatriotes, à l’instar de nos ancêtres, se tournent spontanément vers l’État, fédéral ou provincial, dont l’autorité s’affirme quotidiennement dans chacune de nos vies.Cela, par rapport au comportement, par exemple, de nos voisins du sud, représente un ensemble de valeurs qui est propre à tous les Canadiens, et qui suscite chez nous Québécois, Ontariens, habitants des provinces de l’Atlantique ou de l’ouest, des attitudes et des réactions qui sont beaucoup plus semblables que différentes.Les institutions parlementaires Les Canadiens ont eux aussi leur manière bien à eux de mettre à profit les institutions parlementaires comme instrument d'émancipation et de réforme.C’est dans la jeune Assemblée de la Nouvelle-Écosse (et non pas au Congrès de Philadelphie) que les provinces maritimes se déclarèrent indépendantes des autres colonies au littoral atlantique.C'est à l’Assemblée de Niagara, et plus tard, de York (et non pas les “town meetings" et dans l'émeute) que les loyalistes du Haut-Canada exprimèrent leur caractère distinctif et leur identité.C’est dans l'Assemblée du Bas-Canada (et non pas dans l’armée et les milices) que les Canadiens-français défendirent leur lan- §ue, leurs institutions et leurs roits.Et dans toute l’Amérique britannique du Nord, c'est par le biais de la responsabilité ministérielle que nos ancêtres ont conquis l'autonomie politique.L'Acte de 1867 et la confédération subséquente de chacune des provinces ne furent pas le résultat de campagnes militaires, de plébiscites, de révoltes armées, ni même de traités internationaux, comme ce fut le cas dans l'expérience d'autres fédérations, mais chacune est le fruit d’une loi parlementaire: c'est-à-dire le fruit du dialogue humain.Le drapeau du Canada, et celui de chacune des provinces ont été adoptés en Parlement.Chaque étape de lu “révolution tranquille",des années 1960 au Québec a été sanctionnée par une loi de l'Assemblée.Et c'est pur des lois de leurs Assemblées et Parlements que tous les Canadiens ont progressivement étendu leur souveraineté pendant les 3/4 de siècle qui suivirent 1848 pour enfin acquérir, durant les années '20, le statut International de pays souverain.Encore une fois, par rapport aux autres pays au nouveau monde, le régime parlementaire et l'ensemble des valeurs qui en sont l'essence, appartiennent en propre aux Canadiens.Aussi, ils les unissent en profondeur.Ils font que dans toute l'étendue de notre pays — que ce soit dans la Saskatchewan qui fut gouvernée pendant 20 ans par le premier gouvernement socialiste du Nouveau monde, ou dans Terre-Neuve qui fut le dernier des territoires à se joindre à nous — les Canadiens insistent pour que le changement se fasse à la mode parlementaire, c’est-à-dire dans le dialogue et la continuité.Ils tiennent à ce que la société se transforme dans la paix, dans la liberté, et dans le respect des institutions que leurs ancêtres leur ont lé- guées.Le patrimoine canadien nous unit profondément.Nous sommes liés par des similitudes de gens qui ont connu la même ambiance, et qui ont vécu la même expérience.Cela ne fait aucun doute.Mais plus spécialement encore, nous sommes liés, au Canada par l’originalité de la “nouvelle nationalité”, à laquelle, ensemble, nos ancêtres des deux peuples fondateurs ont donné l’existence.Un type nouveau de nationalité Le Canada qui fut créé en 1867, n’est pas un pays comme les autres.(C'est “un pays sans bon sens", si on vient me permettre cet emprunt).Parmi les peuples modernes, nos ancêtres sont les seuls à avoir enfanté un type de nationalité qui ne soit fondé ni sur une fusion nationale, ni sur une idéologie révolutionnaire.L'Angleterre, la France, se sont formées plus ou moins imperceptiblement au fil des siècles, des mariages dynastiques, et des guerres, en assimilant des clans et des tribus diverses en un tout qui en vint éventuellement à former une nouvelle et différente ethnie.D’autres nations sont nées soudainement, lors d’une révolution ou dans le traumatisme d’une guerre civile; et, les générations se succédant, elles ont su nourrir une homogénéité nationale à partir de réflexions et d’appréciations toujours renouvelées de ce premier geste d’éclàt.Telle est l'expérience de nos voisins américains, et des nombreuses républiques de l’Amérique latine.Au Canada, cependant, l’histoire fut tout autre.La citoyenneté canadienne, comme nous le rappelle l’actuel premier ministre du Canada, "n’est ni d’essence géographique, ni historique, mais plutôt spirituelle, le Canada n’étant pas uni par la géographie, par une ethnie commune, ou une histoire commune, ou même par une langue commune.” (LE DEVOIR, 17 février 1977) Les pères de la Confédéra-' tion n’ont voulu suivre aucune des voies traditionnelles Durant les années où l’Allemagne s’unifiait “par le fer et par le sang", et à l’heure où 1 Italie se fondait en un tout à partir du “principe des nationalités"; pendant que nos voisins républicains recouraient à la lutte sanglante pour ajuster des institutions constitutionnelles qui avaient été pensées pour des planteurs exclavagis-tes et des bourgeois parvenus, les Canadiens ont trouve la formule qui permettait de réconcilier la grande épopée du siècle de Louis XIV et l'héritage de la démocratie libérale de l’ère victorienne.Ils ont créé "la nouvelle nationalité”.Ils savaient que depuis deux siècles les peuples du Canada avaient systématiquement refusé l’homogénéité.Chacune des cultures s’était acharnée à survivre distinctement; et la “nouvelle nationalité" se devait donc de transcender tous les nationalismes, toutes les fidélités particulières.Sir Georges Cartier le disait très bien: "On fait objection à notre projet à cause des mots 'nouvelle nationalité' qui s'y rencontrent.Si nous nous unissons, nous formerons une nationalité politique, Indépendante de l'origine nationale et de la religion des individus.(Joseph Tassé, Discours de Sir Georges Étienne Cartier, p.422) De concert ’avec ses collègues, Cartier rejetait, pour rensemble du Canada, le principe même de l'homogénéité nationale.Il était épris de l'Idée d'une entité politique fondée à partir des valeurs du dialogue, de l’ordre et de la tran-quillté publiques, et surtout de 1a fraternité.Il fondait un pays où, sous le parapluie de la "nouvelle nationalité", les particularismes et les aspects collectifs de la liberté des Individus pourraient s'épanouir, chacun dans la ligne de sa personnalité distinctive.Un autre Père de la Confédération, D’Arey McGee, s'exprimait ainsi: "La nouvelle nationalité est un état d'esprit, réflexif et fidèle’, qui pourra etre à la fois particulier dans ses prédilections et collectif dans ses sentiments de sympathie.Ce sera une nationalité d'essence spirituelle.Car il y a ce devoir qui incombe spécialement aux Canadiens de créer un État et de produire une histoire que l’humanité ne voudra pas facilement laisser mourir (Traduction T.D.McGee "Another plea for the British North American Nationality", British American Magazine, 1863, p.563) Les Pères de la Confédération créaient un type de nationalité qui ne semble jamais avoir existé auparavant.Mais leur création se plaçait dans la continuité de notre histoire.On ne se sépare pas d’un patrimoine comme le nôtre; on le cultive, et on lui donne une nouvelle vigueur.Sir Georges Cartier, qui a fait la Confédération est le même personnage qui a renouvelé la Coutume de Paris et le droit seigneurial pour en faire le nouveau Code civil de la Province de Québec.Et les Macdonald, George Brown, D’Arcy McGee et Cha-rels Tupper qui le secondaient dans l'oeuvre confédérative se sont bien assurés que rien ne serait renié de la démocratie de type libéral héritée du système parlementaire de la Grande-Bretagne.Ils ont été fidèles au XvIIè et au XIXe siècles, oui; mais surtout à l'audace de nos ancêtres dont le courage devant le défi n’avait jamais fait défaut.Il)- dien ne fut jamais le pays turbulent et désorganisé du franc-tireur faisant l'ordre et la loi.n fut plutôt le pays où la Gendarmerie royale, sous les ordres du Parlement, sut imposer et maintenir le droit d'autrui, Notre diversité nous a obligés à faire des concessions, et nous a obligés à nous montrer tolérants envers les idées des autres.Notre système de valeurs, issu de l'expérience parlementaire.nous a portés au dialogue.Nous n'avons peut-être pas toujours voulu profiter de cette qualité; mais nous l'avons pratiqué mieux que nous ne le croyons.Le seul fait que le Canada existe toujours le démontre bien.Notre expérience communautaire, notre mode de vie nous a donné l'habitude des différences d'opinion, même lorsqu'il s'agit de questions, tel le séparatisme, qui, dans d'autres pays, sont considérées comme fondamentales à la survie même de la nation.Les Canadiens respectent les différences d'opinion.Et à cause de cela ils ont produit un pays très avancé sur le chemin de la liberté et de la prospérité.Cela est dur.La création, c'est difficile, Même Dieu, après six jours, a dü se reposer.La création de la “nouvelle nationalité" est une tâche difficile.“La terre sans frontière n'est pas jeu d'enfant" (encore un emprunt), La communauté canadienne est ouverte sur le pluralisme; elle n’impose aucune contrainte culturelle.Elle s’édifie à travers les sympathies solides et les amitiés agissantes; dans le dialogue et le travail en commun.Elle force donc chacune de nos puissantes fidélités particulières à être toujours à la pointe de son courage et de son destin.Nos partenaires d’origine britannique dans la Confédération ont eu beaucoup de peine à se réconcilier à la pratique du pluralisme.La tolérance leur fut difficile à apprendre.Nous, Canadiens-français, ne le savons que trop bien : depuis la dispersion des Acadiens et toutes les luttes scolaires de la francophonie à l’extérieur du Québec, depuis la loi des élections de 1917 qui privait les néo-Canadiens de leurs droits de citoyens, jusqu'au fanatisme des contrôleurs de l’air, je n'ai pas à dérouler ici le malheureux tableau de l’intolérance au Canada, Et même s’il faut admettre que depuis 15 ans les attitudes et les gestes de nos compatriotes ont beaucoup évolué; et que de nombreuses mesures ont été prises dans le sens d'une plus grande reconnaissance du français, je réserve pour mes amis d’outre-Outaouais mes remarques sur tout ce qu’il reste à faire.Mais entre nous, Canadiens-français du Québec, admettons que la leçon est également difficile à apprendre.Descendant des même 10 à 15 mille colons installés ici de- La tentation toujours présente du repliement sur Tethnie La société canadienne, née de la coexistence pacifique de ses deux peuples fondateurs, s’est enrichie de l’apport culturel d’une multitude de nouveaux Canadiens, qui ont trouvé dans un pays la possibilité de s’épanouir sous le parapluie de la “nouvelle nationalité”, parce qu’on n’exigeait pas d’eux des qualités ou des manières basées sur la couleur, sur le sang, sur la religion, ou sur la communion à une idéologie commune et prioritaire.Ce sont des échanges paisibles, des dialogues humains qui ont graduelle; ment amené cette nationalité à la maturité.Son véritable idéal est la foi en l’homme.À l’exception de quelques aberrations temporaires de fanatisme (qui n’ont d'ailleurs jamais bénéficié de la faveur de la majorité), le Canada n’a connu ni lynchage, ni coup d’État, ni guerre intestine.Il est l’un des seuls pays du nouveau monde qui n’ait pas eu à subir la guerre civile.(Les brèves rébellions du XIXe siècle, comme les flambées de violence au XXe sont surtout mémorables parce que l’ensemble des Canadiens refusèrent de les appuyer.La colonisation dans l’Ouest, par exemple n’a pas été celle de ces conquistadors dorés pacifiant les indigènes par l'épée, plutôt, elle fut celle d'un pays peuplé par des explorateurs qui étaient aussi des seigneurs et des prêtres, et ui surent répandre autour ’eux des notions de concorde et du devoir à accomplir envers les autres.L'Ouest cana- puis le XVIIe siècle, nous sommes liés entre nous depuis trois siècles par une remarquable homogénéité nationale.Pour nous, l’expérience de l’État pluraliste est relativement récente, et tout à fait déroutante.Nous avons, d’une manière presque innée, la méfiance de l’autre; ce qui est, en fait, la méfiance du dialogue.Nous subissons la constante tentation de nous replier sur l'ethnie, sur la mise en priorité de l’une ou de l’autre des caractéristiques particulières à notre nation; en fait, de nous replier sur l’unanimité, qui devient facilement l'arbitraire.L’histoire des nationalismes, surtout depuis le XIXe siècle, l’enseigne assez clairement: la mise en priorité de valeurs qui sont propres ou exclusives à l’ethnie, et encore plus l'encouragement donné par un gouvernement à l’unanimité autour de ces valeurs conduit directement à l'arbitraire.au despotisme et à la stérilisation de toute activité progressiste.Souvent aussi, l’unanimité relâche des forces très difficiles à apprivoiser.Elle engendre la violence.Ce penchant vers l’unanimité est un trait de l'élite nationalisante du Canada français.Dans l’héritage que nous avons reçu, on trouve à côté des trésors de courage, de sagacité politique, et d’hé-roisme, on trouve, dis-je, le rigorisme de la Contre-Réforme et l'autoritarisme ultramontain du XIXe siècle, deux philosophies dont le moins que l'on puisse en dire, c'est qu elles n'étaient pas particulière- ment ouvertes aux expériences étrangères.Ces manières de vivre et de penser, trop fréquemment confondues avec les valeurs éternelles et immuables des théologiens de l'époque, ont trop souvent été transposées, et avec la même intransigeance, à des valeurs temporelles, telles l’école, la langue, la nation, la classe.Je dis clairement ma pensée: au Canada français l'unanimité se fait encore beaucoup trop facilement.Et, je le crois, l'arbitraire demeure notre plus grande tentation.En Nouvelle-France, nos ancêtres firent l’unanimité autour du rigorisme de la Contre-Réforme, Ceux qui voulurent s en libérer partirent courir les bois, vers 1 horizon sans frontière.Ils partaient vers un état de liberté fabuleuse; mais aussi, ils "allaient au gagne".Us savaient bien que la prospérité autant que la liberté leur venait de l'Ouest.Plus tard, au XIXe siècle, l’unanimité se fit autour de l'autorité des clercs ultramontains.Et pour la débouter; les libéraux apprirent à manier les usages ae la démocratie parlementaire et les .par JACQUES M0NET.¦ Jacques Monet est jésuite et professeur d’histoire à l’Université d'Ottawa.Dans le cadre d'une série de rencontres organiséee par les Jeunes Libéraux de la région de Québec, M.Monet avait été invité le 22 mars dernier à traiter du défi canadien.Il l'a fait en décrivant d'abord les grandes lignes de l'héritage géographique.politique et culturel du Canada, puis en mettant ses auditeurs en garde contre la vieille tentation de l’unanimité et du repliement sur l’ethnie.Sous chacun de ces deux thèmes, nous reproduisons des extraits de la conférence de Jacques Monet, V.procédures d’appel au Conseil Privé.Us savaient que c’était en union avec leurs partenaires d’origine britannique que leur viendraient liberté et prospérité.Ecoutez Louis-Hippolyte LaFontaine en 1840, au moment de l’Union du Haut et du Bas-Canada: “11 nous faut la liberté politique,.principal moteur de la constitution anglaise.Sans elle nous n’aurions pas d’avenir; sans elle nos besoins ne sauraient être satisfaits; sans elle nous ne pourrions atteindre ce bien-être que nous promet la nature si vaste en Amérique.C’est le besoin irrésistible des colonies anglaises dans l'Amérique du Nord., Il est de l’intérêt des réformistes des deux provinces de se rencontrer sur le terrain législatif, dans un esprit de paix, d union, d’amitié, et de fraternité.L’unité d’action est nécessaire plus que jamais." (L’Aurore, 25 août 1840).Cartier savait lui aussi que la liberté et la prospérité étaient liées aux peuples et aux territoires situes à l’ouest de l’Outaouais.Et Laurier, qui toute sa vie durant s'opposa fermement à ce que ses contemporains se rallient autour de la caractéristique religieuse qui était propre aux Canadiens français.Écoutez-le en 1877, souligner les dangers d’un parti catholique: “Vous voulez organiser un parti catholique.Mais n'avez-vous pas songé que si vous aviez le malheur de réussir, vous attireriez sur votre pays des calamités dont il est impossible de prévoir les conséquences?Vous voulez organiser tous les catholiques comme un seul parti, sans autre üen, sans autre base que la communauté de religion, mais n'avez-vous pas réfléchi que par le fait même, vous organisez la population protestante comme un seul parti, et qu’alors, au lieu de la paix et de 1 harmonie qui existent aujourd'hui entre les divers éléments de la population canadienne, vous amenez la guerre, la guerre religieuse, la plus terrible de toutes les guer-res?” (Barthe 100/01) Aujourd’hui le plus grand danger qui nous guette, c’est l’unanimité qui se fait sur la priorité de la langue.Cette philosophie n’est plus, comme elle l’était il y a dix ans, l’apanage presque exclusif de certains rares universitaires obscurantistes, ou de quelques nationalistes de la Société Saint Jean-Baptiste.La question de l’unilinguisme est maintenant répandue dans tous les partis, dans toutes les classes.Elle est presque absolutisée.Telle l’autorité ultramontaine d’il y a un siècle, elle accentue notre penchant pour l’introspection nationale, elle pousse nos dirigeants vers la raideur et l’arbitraire, vers le mépris des droits civiques, vers le rejet de la liberie des individus.“Ayant rejeté le dogmatisme des clercs ultramontains, nous sommes tentés de le remplacer par un autre”.Essentiellement, l’unilinguisme est le refus du dialogue, un mur qui sert à borner nos esprits.Mais a-t-on songé aux conséquences d’une telle option pour la nation canadienne-française?Dans notre XXe siècle si déchiré, dans ce monde où tant de nuages s'accumulent, et où les endemains sont si incertains: dans une génération où la liberté et la prospérité s’acquièrent, chaque jour davantage, non pas dans l'isolement, mais par les rapports humains et dans le dialogue.L’unilinguisme nous réduira à la stérilité du monologue.Il nous détachera des partenaires que l’histoire, la geographic, et l’économique ont placés chez nous et tout autour de nous.Ce sera la fin de l’expérience canadienne; mais ce sera aussi notre suicide comme Canadiens français.Je me permets une paraphrase du regretté Robert Ehe: le danger c’est de se retrouver seul en Amérique devant l’inconnu, dans un silence de mort.(Dialogues, Cité Libre, mai 1951, p.31) Nombreux sont ceux qui cèdent à la solution facile; à ce qu’ils nomment le “normal".Après avoir fait une très mauvaise lecture de l'histoire, ils débouchent dans le conservatisme de l’homogénéité nationale, où le Québec, séparé du Canada, devient “un pavs comme les autres", Us ont décidé de briser la ligne directrice de notre histoire; de refuser l'héritage légué par nos ancêtres qui, depuis Champlain ont systématiquement refusé de s'arrêter a la mince frontière de la rivière des Outaouais, Au lieu de travailler à refaire notre société, ils veulent défaire le pavs.Us ont décidé de rejeter la dé- mocratie parlementaire et les libertés civiles, qui nous expriment et nous servent; qui sont le produit de huit générations d'hommes d'ici; qui découlent des manières de nos ancêtres et de leurs expériences propres, Leur solution est de faire bloc, solide et stable; refermé sur lui-même plutôt que pierre d'assise d'un point qui conduit de ce qui a été à ce qui sera, Us sont Incapables de relever le défi.Les séparatistes ont succombé à la tentation.Us veulent être la première génération des Canadiens français à lâcher, VENTE D’ETE COMPLETS sur mesure teg.: '185"' a '2101,1 $1Rp oo SPrciAi 103 •7 linin' '330"" Gild ''is ill' '.ii|i|ili'im'iil Complets prêts a porter et Accessoiies RÉDUCTION de 20% à 50% la boutique pour CRÉATION SUR MESURE ( ENTRE IAVAL 1600 Le Corbusier Chomedey, Laval 688-1651 ll loi* Çii| orages ^Æ>< pritftce«e*ca>eo I* Tir I r •»* V»»N N N» 4* m 4» V»» dat de .•|r»ffil ,*f1éiAn df - - .fl «f (ff., — >4Mp*V" > 'nl»ii»i «M ftf ___•**! 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