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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 18 décembre 1978
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1978-12-18, Collections de BAnQ.

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DEV L' I CE QUE DOIS I (Vol.LXIX - No 293 Ciel variable et froid.Maximum -5.Montréal, lundi 18 décembre 1978 Férié PRIX CONCOURT 1978 Patrick Modiano rue des boutiques obscures ^jaMuvuiÀiÀ 25 CENTS L’OPEP hausse de 14,5% le prix du pétrole ABOU DHABI (d’après AFP, AP et Reuter) — L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a décidé hier d’augmenter le prix du pétrole brut de 14 5% d’ici au 1er octobre 1979, une première majoration de 5% intervenant le 1er janvier.Cette augmentation, sévèrement critiquée hier soir par les Etats-Unis, fera passer le prix du baril standard de référence de $12.70 à $14.54 d’ici au 1er octobre prochain.La hausse se fera en quatre étapes, a précisé le secrétaire général de l’OPEP, M.Ali Jaidah, qui a fait remarquer que sur l’année entière, la hausse moyenne des revenus des pays producteurs sera de 10%.M.Jaidah a par ailleurs averti les pays occidentaux que les pays exportateurs de pétrole pourraient etre amenés à revoir leurs prix si l’inflation et le désordre monétaire subsistaient l’année prochaine.Les pays exportateurs de pétrole ont « suivi avec grande inquiétude » la poursuite de l'inflation et la depreciation du dollar au cours des deux dernières années, mouvements qui ont entraîné une baisse des revenus des pays pétroliers qui sont payés en dollars, a déclaré le secrétaire général de l’OPEP.« Mais pour soutenir la croissance future de l'économie mondiale », a poursuivi M.Jaidah, l’OPEP a décidé de ne pas augmenter le prix du pétrole autant qu’il le faudrait pour compenser les pertes que leur causent l’inflation et la chute du dollar.Cette hausse « ne compense qu’une petite partie des pertes que nous causent l’inflation et la baisse du dollar », a déclaré de son côté le ministre du Pétrole des Emirats arabes unis, M.Mana Said Otaiba.« Nous avons besoin du moindre dollar pour notre développement », a ajouté le ministre pour qui la hausse décidée « ne posera aucun problème à l’économie mondiale ».Le prix du baril de référence passera de $12.70 à $13.33 le 1er janvier prochain (plus de 5%), puis à $13.84 le 1er avril (plus 3.809%), a $14.16 le 1er juillet (plus 2.094%) et enfin à $14.54 le 1er octobre (plus 2.691%).La hausse décidée est bien plus forte que celle qui avait été envisagée avant 1 ouverture de la conférence par les pays modérés.Ainsi, le cheikh Ahmed Zaki Yamani, ministre du Pétrole d’Arabie Saoudite, s était prononcé pour une hausse de 5%.De leur côte, les pays « durs », comme la Libye et l’Irak, plaidaient en faveur d’un relèvement de 25% des prix du brut pour compenser leur perte de pouvoir d’achat.Mais le communiqué de la conférence souligne que « si l’inflatioh et 1 instabilité monétaire se poursuivent, affectant ainsi les revenus pétroliers des pays membres et encourageant le gaspillage de cette ressource importante mais non renouvelable, la conférence jugera impératif un ajustement total aux effets de l'inflation et de la dépréciation du dollar ».Le communiqué de l’OPEP ne précise pas comment les prix du pétrole seront ajustés à l’inflation et à la baisse du dollar.Selon certains experts arabes à la conférence d'Abou Dhabi, la valeur d’un baril de brut en termes de pouvoir d’achat a baissé de 33% au cours des deux dernières années.Voir page 6: L'OPEP T aiwan recevra encore des armes des USA WASHINGTON (d’après Reuter, AFP etAP) — Les Etats-Unis continueront à fournir des armes à Taiwan en dépit de la rupture des relations avec ce pays, consécutive à la reconnaissance de la Chinepo-pulaire, a déclaré hier le secrétaire d’Etat américain Cyrus Vance.¦ Tremblay veut corriger l’ordre des priorités de la SGF — page 2 ¦ Le malaise des Amérindiens: un éditorial de Lise Bissonnette — page 4 ¦ Féminin pluriel: la FFQ réclame des études sur le chômage ¦ Les médecins de compagnie refusent de devenir des médecins-inspecteurs — page 8 ¦ Le patrimoine: les Soeurs grises retourneront dans leur hôpital général — page 9 Interviewé par la chaîne de télévision NBC, M.Vance a précisé que les Etats-Unis continueront à honorer les commandes d'armes de Taiwan pendant toute l’année 1979.Les relations diplomatique doivent être rompues au 1er janvier prochain, mais le traité de défense mutuelle restera en vigueur 12 mois encore, puisqu’il sera dénoncé avec un préavis d'un an.Ensuite, a ajouté M.Vance, « nous avons clairement indiqué que nous continuerions à fournir des armes défensives en quantité limitée au peuple de Taiwan ».« Nous avons exprimé très clairement notre souci de voir le bien-être du peuple de Taiwan garanti et la transition opérée pacifiquement », a dit M.Vance.Les Etats-Unis continueront à livrer à Formose des armes défensives et les relations culturelles, commerciales et d'autres liens entre les deux pays seront maintenus, mais sur une base officieuse, a dit M.Vance.Le secrétaire d’Etat estime qu’une sorte d'accord implicite existe, selon lequel la Chine populaire ne cherchera pas à reprendre Taiwan par la force « Lorsque nous avons exprimé officiellement notre espoir que le problème de Taiwan serait résolu pacifiquement, nous n’avons pas été contredits”, a déclaré M.Vance.Voir page 6: Taiwan ¦ Autres informations sur la normalisation Chine-USA —page 14 A l'annonce que les États-Unis venaient de reconnaître officiellement la Chine communiste.l'ambassade américaine àTapei a été assaillie par des manifestants formosens.Retenu par un policier, cet ex-militaire jure qu’il se vengera pour ce qu’il considère une trahison de la part des Etats-Unis.(Photolaser AP) y#**: Ëiïlil lias Cleveland fait banqueroute CLEVELAND (d'après AP) - Sa ville virtuellement en banqueroute, le maire de Cleveland, M.Dennis Kuci-nich, a préparé hier un plan d’austérité qui prévoit notamment la mise à pied de 3,500 des 10,000 employés municipaux.y compris des policiers, des pompiers ainsi que des éboueurs.M.Kucinich présentera ce plan aujourd'hui lors d une rencontre avec les dirigeants des 17 syndicats municipaux, à la suite de son échec, vendredi soir, de convaincre les membres du conseil municipal d’approuver un projet qui aurait permis d'éviter la faillite.Six banques locales avaient de plus refusé de refinancer $15,5 millions en emprunts.Des porte-parole de ces institution bancaires prétendent qu’elles sont toujours d’accord pour sortir la ville de son pétrin financier et discuter de solutions à long terme.Aucune d'elles n'a encore pris de procédures judiciaires pour se faire rembourser, ou encore pour saisir les actifs de la ville ou s’accaparer des taxes.« La banque ne fera aucun geste précipité qui pourrait amener des conséquences désastreuses », a dit M.Bruce Akres.un vice-président de la Cleveland Trust, la plus grosse banque de Cleveland.M.Roger Hippsley, directeur des communications pour la Central National Bank, a dit: « C’est toujours à Voir page 6: Cleveland Le jeune maire de Cleveland.M.Dennis Kucinich.s’en prend au conseil municipal pour son refus d'adopter des mesures spéciales qui auraient empêché que la ville ne déclare faillite.(Photolaser AP) Lévesque admet qu’il aurait dû se taire sur les Cossette-Trudel M.René Lévesque a reconnu hier soir à la télévision qu’il aurait mieux fait de garder pour lui-même les opinions qu’il a exprimées la semaine dernière au sujet de l’éventuelle libération provisoire des Cossette-Trudel.Interrogé à Radio-Canada par Mme Denise Bombardier, le premier ministre a admis que son intervention dans un domaine qui relève des tribunaux n'était pas « la trouvaille du siècle ».Devant la presse parlementaire, le chef du gouvernement avait indiqué qu’il n’était pas quant à lui favorabfe à une remise en liberté sous caution de M.et Mme Cossette-Trudel qui doivent répondre à des accusations a’enlèvement et de séquestration au cours de la Crise d’octobre 1970.c Au sujet du projet de loi tendant à l'expropriation de la compagnie Asbestos, le premier ministre a dit qu’il faut voir dans cette initiative législative un moyen de pression en vue d’amener la General Dynamics (qui détient la majorité des actions de la société) « à négocier raisonnablement », l'évaluation quelle a proposée au gouvernement étant « deux mis trop élevée ».Le propriétaire voudrait obtenir $100 l'action tandis que le gouvernement en offre environ $40.Elle est cotée en bourse à $50 depuis quelques semaines.Ce projet de loi, a encore dit M.Lévesque, n est pas de nature à surprendre ou à effrayer les milieux financiers puisque le gouvernement avait clairement annoncé son intention au sujet de l’amiante, même avant les élections de 1976.Le pre- mier ministre ne croit pas que les réactions dépasseront » une certaine effervescence ».M.Lévesque se refuse à dire s’il procédera dans un proche avenir à un remaniement ministériel.Les réactions négatives qu’avait suscitées l’an dernier son projet de remaniement, en raison surtout du re- se montrer plus discret à l’avenir.Toutefois, il compte y réfléchir au cours des vacances de Noëf et du Nouvel An.Il profitera de ces vacances pour faire le point sur l'état de son gouvernement.Le premier ministre ne cache pas que son regime affrontera deux épreuves cru- ciales en 1979: les négociations dans le secteur public et la campagne pré-référendaire.A propos des négociations, et commentant les hypothèses pessimistes de son interlocutrice.M.Lévesque se « refuse à croire que l’ensemble du secteur public se laisserait manipuler par des Voir page 6: Lévesque La popularité de Trudeau dégri ngole de 40% à 32% TORONTO (CP) — M.Trudeau est un meilleur permier ministre que ne le serait M.Joe Clark, le chef conservateur, mais sa marge de popularité est en train de s'effacer C’est ce qu’indiquent les résultats d’un sondage Gallup publiés à Toronto au cours du week-end, et selon lesquels 32% des personnes interrogées ont accordé leur voix à M.Trudeau tandis que seulement 26% des répondants optaient pour M.Clark.Le questionnaire préparé par Gallup pour les besoins de ce sondage ne faisait pas allusion à l'appartenance à un parti politique, mais était fondé uniquement sur la popularité des chefs.En juin, un pareil sondage avait donné 40% de popularité à M.Trudeau, 24%.à M.Clark.Le sondage a été réalisé durant la première semaine de novembre, après la conférence fédérale-provinciale sur la constitution Hors du Québec, 39% des personnes interrogées estiment que M.Clark serait un meilleur premier ministre que M.Trudeau.Au Québec, les sujets du sondage ont répondu dans une proportion de 52% en faveur de M.Trudeau, de 16% à M.Clark.Un autre sondage réalisé le mois dernier, cette fois sur la popularité des partis politiques, et qui ne faisait pas état des noms des chefs, avait donné une avance de 10% aux conservateurs, avec 45% des réponses en leur faveur.Les libéraux avaient obtenu 35% et le NPD 18%.Encore un autre sondage Gallup, dont les résultats cette fois ont été publiés la semaine dernière, indiquaient que si l’ex-ministre des Finances, M.John Turner, prenait la tête du parti libéral pour les prochaines élections générales, les libéraux obtiendraient 44% du vote populaire, à comparer à 29% pour les conservateurs et à 15% pour le NPD.A Ottawa, on laisse entendre d’autre part que le gouvernement de M.Trudeau intensifiera ces jours-ci sa campagne contre l'indépendance du Québec pour in-Voir page 6: La popularité vv CŒ3 GROS LOT $100,000.00 minimum dimanche NUMÉROS GAGNANTS PEU IMPORTE L’ORDRE 10 12 19 23 6 SUR 6 NOMBRE DE GAGNANTS 1 PRIX $253,655.00 5 SUR 6 101 1,170.80 4 SUR 6 3743 87.70 5 SUR 6+ 4 19,709.00 35 ^4^ ^ - TIRAGE 837 \ ÿ dimanche 17 déc 1978 NO COMPLEMENTAIRE S APPLIQUANT SEULEMENT AU 5 SUR 6 + C 15 VENTES TOTALES 1.368,681.00 j NUMERO 93931 93931 4 CWFFRES 3___ CHFFRES 3931 931 33 Séries émises-90.000 chacune 1 GAGNANT DE $ 50,000, POSSIBILITÉ DE: /\/\r 32 GAGNANTS DE DjOOv 264 GAGNANTS DE $ 500.2,673 GAGNANTS DE $100.Tous les billets gagnants de S500.et $100.de la Mini sont encaissables à toute succursale de la BCN & Le Devoir, lundi 18 décembre 1978 ¦ 2 Les aventures d’un Manitobain têtu % En Cour suprême pour une contravention impayé de$5 par François Barbeau Pr M Pour une contravention impayée de $5 qu'il a reçue en février 1976, M.Georges Forest, de Saint-Boniface, au Manitoba, se retrouvera en février rochain devant la Cour d’appel du "anitoba, puis, quel que^soit le jugement rendu par ce tribunal, devant la Cour suprême du Canada.C’est lui qui l’a voulu ainsi, parce que la contravention qu’il a méritée pour avoir stationné trop longtemps devant un parcomètre était rédigée en anglais seulement.Vexé de ce qu’à Saint-Boniface, où dans le passé la police émettait des contraventions bilingues, jusqu’à l’amalgamation de Saint-Boniface à Winnipeg, M.Forest a décidé de pousser l’affaire plus loin.La première étape d’une longue lutte fut donc une demande d’injonction contre la ville interdisant l’émission de toute contravention rédigée en anglais seulement.À l’appui de sa demande, M.Forest et son avocat, Me Alain Hogue, de Saint-Boniface également, faisaient valoir que lors de la fusion avec Winnipeg, cette dernière avait promis de conserver à Saint-Boniface son caractère bilingue, et que cette promesse devait s’étendre jusqu’aux contraventions.En juin de la même année, M.Forest était sommé de comparaître devant la cour municipale pour cette contravention impayée.Son avocat fit valoir que la contravention n’était pas bilingue, à l’encontre de l’Acte du Manitoba de 1870, lequel prévoyait l’usage des deux langues aans la rédaction des registres, etc.Le tribunal devait trancher la question en statuant que dans ce cas particulier, l’Acte des langues de 1890 primait et comme résultat, seul l’anglais était la langue des tribunaux, M.Forest était condamné à $14.90 d’amende.Cette amende ne fut jamais payé, parce que la cause fut portée en appel devant la Cour de comté de Saint-Boniface, présidée par le juge Armand Dureault.Le greffier de la Cour, M.Emile Savoie, recevait tous les documents pertinents en français tandis que la Couronne exigeait pour sa part que ces documents soient déposés en anglais.Le juge Dureault, en décembre 1976, rendait son jugement: l’Acte des langues de 1890 était ultra vires, inconstitutionnel et demandait qu’une date soit fixée pour entendre la cause résultant de la contravention.Un peu plus d’un mois plus tard, le procureur général de la province devait écrire a M.Forest pour lui faire savoir qu’il ne reconnaissait pas le jugement rendu par le juge Dureault mais que pour cette fois, on décidait de laisser tomber toute l’affaire, en précisant qu’il n’était pas question par contre de créer un précédent.Insatisfait de la tournure des événements, M.Forest revenait à la charge au printemps de 1977 en se rendant chez l’imprimeur de la Reine demander des exemplaires français de la loi sur la ville de Winnipeg, de la loi créant les cours de comte, etc.Ces documents n’existaient évidemment pas en français et le ministre responsable de l’Imprimerie de la Reine, M.René Toupin, devait faire savoir à M.Forest qu’il pourrait les avoir en français, moyennant $50,000 ou $17,000 seulement s’il se contentait des sections pertinentes.Têtu, M.Forest cherche donc à obtenir de la Cour du banc de la reine un bref de mandamus obligeant l’Imprimeur de la reine à fournir ces documents en français.Sa demande est déposée en français à la Cour du banc de la reine, et acceptée ainsi, puis refusée quelques jours plus tard.Imperturbable, M.Forest se rend devant la Cour d’appel dont le juge en chef accepte d’entendre la cause, à condition qu’elle soit présentée en anglais.Ce juge explique qu’il ne peut statuer sur la validité du français devant les tribunaux s’il n’a étudié des documents anglais pour les comprendre.Un peu plus tard, le juge en chef Freedman de la Cour d’appel décrète que cette affaire n’est pas du ressort de la Cour d’appel mais plutôt d’une cour inférieure.Inscrivant sa dissidence, un autre juge de la Cour d’ap- pel, le juge Morin, souligne au contraire que l’affaire doit être débattue de toute urgence en appel, qu’il en va de l’unité du Canada.En juillet 1977, M.Forest se rend devant la Cour du banc de la reine.Le juge en chef Dewar fixe la date de l’audience à l’automne de la même année, date qui est reportée à plusieurs reprises.Enfin, en mai 1978, l’affaire est entendue et un mois plus tard, le juge Dewar rend son jugement.Vous m’avez fait perdre mon temps, dit-il à M.Forest, en lui rappelant que le procureur général lui a indiqué en 1977 que cette affaire pouvait être entendue devant le juge Dureault de la Cour de comté.Depuis, le dossier a été renvoyé à la Cour d’appel et après plusieurs remises, la cause sera entendue au mois de février 1979.Les deux parties ont convenu de poursuivre cette affaire devant la Cour suprême du Canada, quel que soit la décision rendue.Jusqu’à maintenant, toutes ces péripéties ont entaîné des déboursés de plus de $41,000 pour M.Forest.Il y a investi $3,000 de son argent, recueilli plus de $5,000 de tous les coins du Manitoba de gens sympathiques à sa angloph cause, tant francophones qu anglopho- Depui nés, et il a obtenu une aide du gouvernement fédéral, aide qui lui a été accordée au même titre que celle donnée à ceux qui contestent au Québec la validité de la loi 101.Ses démarches devant les tribunaux lui ont coûté plus que des frais d’avocat.Courtier en assurances, M.Georges Forest a perdu le tiers de sa clientèle comme résultat de sa lutte pour la reconnaissance du français devant les tribunaux.Les francophones du Manitoba, dit-il avec amertume, n’ont pas su profiter de l’occasion pour se liguer, pour se défendre avec un peu plus de vigueur.L’hebdomadaire franco-manitobain « La Liberté », voué à la défense des francophones de la province, le traite en éditorial de « Don Quichotte », qualificatif qu’on reprend dans les journaux anglais, en soulignant par contre, quand il obtient l’aide du gouvernement fédéral, qu’il a su s’attaquer aux bons moulins.Ses amis cherchent d’abord à le dissuader d’aller aussi loin, en prétextant qu’il va faire plus de tord que de bien à la communauté française de la province.Ses enfants sont rejetés par leurs camarades à l’école, mais pas pour longtemps parce que, relate M.Forest, ce sont les jeunes gens qui ont été les premiers à se ranger de mon côté, les francophones comme les anglophones.epuis, d'autres réconforts lui ont été apportés, par exemple par un exprocureur de la Couronne qui avait plaidé contre lui, Me Dale Gibson, maintenant doyen de la faculté de droit de l’Université du Manitoba, qui lui a avoué il n’y a pas longtemps qu’il avait raison de pousser l’affaire jusqu’au bout.M.Forest est devenu une vedette malgré lui à Saint-Boniface et à Winnipeg.Je ne pouvais faire autrement, dit-il, parce que personne ne se serait occupe de cette affaire de bilinguisme si je ne m’en étais pas chargé.La preuve, c’est que ses amis lui avaient fait savoir que le temps n’était pas encore venu de mener une telle lutte.« Attends encore une dizaine d’années », lui avait-ils dit.Malgré ces aventures, M.Forest croit fermement à l’unité canadienne.Il n’aime pas le mot bilinguisme, qu’il voudrait remplacer par « reconnaissance des deux langues officielles ».De passage à Montréal ces jours-ci, il a pris la parole devant les membres du comité Action Positive, qui lui ont prêté une oreille attentive et qui l’ont assuré de leur sympathie.M.Forest se propose même à son retour à Saint-Boniface d’envoyer une généreuse contribution à Action Positive.Il faut prendre les moyens, dit-il, pour que le français et l’anglais soient enseignés dès le jardin d’enfant.Ce n’est qu à ce moment qu’on aura un pays vraiment bilingue.Depuis février 1976, M.Forest a écope d’autres contraventions, qu’il a payées.Un contravention impayée était suffisante pour les besoins de ma cause, explique-t-il.Tremblay veut corriger «l’ordre des priorités» de la SGF par Marie-Agnès Thellier « Depuis 1962, la Société générale de financement n’a reçu que $87 millions du gouvernement alors que l’on a donné $1 milliard pour un stade olympique qui ne produit rien ».En demandant $102,3 millions pour la SGF par le projet de loi 108 actuellement soumis à rAssemblée nationale, le ministre de l’Industrie et du Commerce du Québec, M.Rodrigue Tremblay, veut donc corriger un » ordre de priorités scandaleusement débalancé ».Interrogé la semaine dernière à Montréal, M.Tremblay a rappelé que la SGF a un rôle de catalyseur pour le déve- aement industriel du Québec et que la e à accomplir est immense.» L’ensemble économique québécois demande $1 milliard d’investissements par an pour rattraper l’Ontario.Rien qu’en technolo- ’ gie avancée, il faudra d’ici Quelques années investir $1 milliard pour réindustrialiser le Québec », a-t-il dit.« On a les capitaux.Il faut maintenant monter des projets destinés au marché nord-américain », a-t-il ajouté.Ces projets basés en particulier sur des accords technologiques doivent associer des intérêts étrangers avec des intérêts québécois et gouvernementaux.Le ministre québécois fera en 1979 un voyage en Allemagne à l’invitation de l’ambassadeur de la République fédérale allemande afin de susciter des accords de co-participation technologiaue.Quant au projet de complexe pétrochimique, on n’en est encore qu'aux négociations.« 11 y a quelques mois Gulf et M Rodrigue Tremblay Union Carbide ont annoncé qu’ils souhaitaient la création d’un consortium et la collaboration du gouvernement.Nous avons répondu que nous permettons à la SGF de participer pour un tiers à ce consortium », dit-il On sait que le projet pétrochimique vise à doter le Québec d’une capacité équivalente à celle de Sarnia et qu’en particulier la production d’éthylène sera doublée.Mais, jusqu’ici, cette question semble réservée à des négociations confidentielles entre les deux groupes privés et le gouvernement.Lors de la discussion sur le projet de loi 108, il ne sera pas question de cette vocation industrielle renforcée du Québec.« Dans le projet de loi qui passera bientôt en deuxième lecture et sera étudié en commission parlementaire, article par article, nous demandons $52,3 millions pour des investissements de la SGF qui devront être approuvés par le gouvernement.Nous demandons un accord de principe sur ces $52 millions, mais pas sur le développement pétrochimique, qui lui sera une décision gouvernementale », a expliqué M.Rodrigue Tremblay.Les trois priorités imparties maintenant à la SGF n’ont pas été discutées au cours de la commission parlementaire tenue, après la première lecture du projet 108, la semaine dernière à Québec.Pourtant « les orientations de la SGF » étaient le troisième point à l’ordre du jour, après l’étude du contrat des six bateaux gréco-panaméens de Marine Industrie et une discussion sur la reconversion industrielle de Marine, qui appartient entièrement à la société d’état SGF.« Manque de temps », estime M.Tremblay.Il semble pourtant plus sage que les partis, gouvernemental et d’opposition, acceptent de réfléchir avant un tel changement d’orientation de la SGF plutôt que de critiquer seulement les effets né- r i UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL FACULTÉ DE L’ÉDUCATION PERMANENTE FORMATION PERSONNELLE ET PERFECTIONNEMENT PROFESSIONNEL HIVER 1979 CONNAISSANCE DU QUÉBEC • Littérature et société québécoise - 3 cr.• Réalités sociales québécoises - 3 cr.• Le Québec d’hier, de 1867 à 1960 - 3 cr.• Droit québécois: histoire et sociologie - 3 cr.COOPÉRATION • Actualité coopérative IV - 1 cr.• Le droit de la coopération - 3 cr.• Les coopératives et le développement socio-culturel -3cr.CULTURE ET CIVILISATION • Culture et contre-culture - 3 cr.ÉDUCATION • Bibliothèque scolaires II: utilisation - 3 cr.• L'organisation scolaire: système social - 3 cr.• Valeurs chez les jeunes - 3 cr.LANGUE ANGLAISE • Pratique de l'anglais écrit - 60 h.• ‘Anglais écrit I - 60h • ‘Anglais écrit II - 60h • Test de classement obligatoire pour ces deux derniers cours le 9 janvier à 19h à l'Immeuble principal.LANGUE FRANÇAISE • Pratique du français écrit - 60h • Le français écrit - 3 cr.• ‘Grammaire et rédaction françaises - 3 cr.• ‘Stylistique française - 3 cr, • Test d'admisqjpn pour ces deux derniers cours le 10 janvier à 19h.LINGUISTIQUE • L inguistique différentielle - 3 cr.• P onétique, phonologie - 3 cr.LOISIR » Dimensio.n» fondamentales du loisir - 3 cr.• Principes d'organisation des loisirs - 3 cr.• Loisir et activités physiques - 3 cr.• Loisir et techniques audio-visuelles - 3 cr.• Rôle social du travailleur en loisir - 3 cr.• Pédagogie du loisir - 3 cr.MONDE DU TRAVAIL • Principes de l'administration et de l'organisation - 3 cr.• Administration du personnel - 3 cr.• Droit du travail I - 3 cr.• Psychologie du travail - 3 cr.• Relations humaines dans l'organisation - 3 cr.PSYCHOLOGIE • Dynamique des relations humaines - 3 cr.• Communication - 3 cr.• Communication avec soi et autrui - 3 cr.• Psychologie sociale - 3 cr.PUBLICITÉ • Persuasion et publicité - 3 cr.• Introduction à la publicité - 3 cr.• Langage visuel en publicité - 3 cr.RELATIONS PUBLIQUES • Instruments des relations publiques - 3 cr.• Initiation aux relations publiques - 3 cr.SCIENCES SOCIALES • Economique I - 3 cr.• Eléments de sociologie - 3 cr.• Référence et bibliographie I: sciences sociales - 3 cr.STATISTIQUES • Statistique de la vie quotidienne -15 h • Introduction à la statistique - 3 cr.TECHNIQUES ET MÉTHODES • Animation des assemblées délibérantes - 3 cr.• Entrainement au travail en équipe - 3 cr.• Méthode de travail intellectuel -15 h • Méthode de recherche - 3 cr.• Études et recherches personnelles - 3 cr.• Techniques d évaluation et de recherche - 3 cr.Date limite d’inscription: le 19 décembre Renseignements FACULTÉ DE L'ÉDUCATION PERMANENTE 3333, chemin Queen Mary.6e étage — Tél.: 343-6090 gatifs qu'une telle réorientation pourrait produire dans les années 80.De 1973 à 1977, la SGF a fait un chiffre d’affaires consolidé de $1,691 millions, qui n’a amené que $48 millions de profits avant impôts et $13 millions de profits après impôts, ce qui n'est pas un très bon rendement de l’avis même de son présid-net M.Guy Coulombe.Ce dernier a cependant soutenu en commission parlementaire qu’il y aurait eu $90 millions de profits si la filiale Marine Industrie n’avait pas dû subir des pertes sur tous ses contrats internationaux, notamment à cause de la conjoncture dans les chantiers navals du monde entier.Parmi les trois vocations prioritaires qui pourraient être confiées à la SGF d’ici cinq ans, il y a outre le secteur forestier et le secteur pétrochimique, le secteur hydro-électrique dans lequel s’est lancée Marine Industrie et dans lequel oeuvrent trois autres compagnies contrôlées par SGF.Le chiffre d affaires du secteur hydro-électrique de Marine de $26,3 millions en 1978, soit $3,5 millions de profits.Ce secteur a des commandes assurées jusqu’en li>84.La SGF cherche à lever les obstacles qui empêcheraient un développement des exportations de ses filiales de l’industrie hydro-électrique.Le pré-ident a annoncé en commission parlementaire que la SGF veut entamer en février des négociations avec la CGE-Alsthom afin que les licences de fabrication permettént l'exportation.Avec ou sans la division internationale de l’Hydro-Québec, Cegeleç et Marine veulent pouvoir exporter, même si le financement n’est pas entièrement canadien comme c’est obligatoire actuellement.En tout, les activités reliées à l’hydroélectricité des filiales SGF représentent déjà 42% du chiffre d’affaires de la SGF.En plus de doubler l’activité de la division hydro-électrique de Marine, la SGF va certainement investir une vingtaine de millions supplémentaires dans Cegelec Industrie et Gegelec Entreprise puisque le partenaire à part égale, CGE, s’est dit disposé à investir MP20 à $25 millions additionnels au Québec.La division des wagons de Marine Industrie fera en 1978 un chiffre d’affaires de $23 millions et un profit de $1,1 million.Sa production est limitée à 2,000 wagons par an.Cette division pourrait d’ici cinq ans recevoir des investissements importants pour augmenter ses capacités de fabrication.Les syndicats se sont montrés très prudents devant le plan de conversion industrielle de Marine Industrie, qui prévoit aussi « une activité navale réduite et Voir page 6: Tremblay Schnapps eine deutsche Tradition.Prosit! Doornkaat Schnapps allemand eau-de-vie 163-1 700 ml 8.60 Représenté au Québec par ! er- Distilleries Dumont Liée, Rougemont.¦ SgRVÉ «WWW» pifcf A mk % / d m£ h a**®» 'i, W-iwBDEWXXüffgS mm k oak ^ * LE DEVOIR Montréal, lundi 18 décembre 1978 uQmmens&\ çu3Ur>nw'/.s':?Cette ordonnance de Frontenac (4 août 1674) au sujet des violations dans les relations entre Indiens et Français à Lachine fait partie des documents du rér gime français en restauration aux Archives nationales.(Photo Jacques Grenier) Archives nationales et à toute autre personne se conformant en cela à leurs instructions; seuls deux ou trois spécialistes et les Sulpiciens ont pu déjouer ce barrage et intervenir; un moment d’énervement de plusieurs personnes sur place au tout début a pu faire perdre un temps précieux.Mme Stanojlovie souligne que dans les 12 heures suivant un désastre, un document atteint par l’eau est déjà attaqué par des champignons.Une intervention rapide et efficace par des personnes competentes en préservation et en sauvetage des biens culturels peut prévenir un oe-sastre ou tout au moins en limiter les dégâts.« Si les mesures de prévention sont généralement connues, peut-on en dire autant des mesures de combat qu’il est urgent de mettre en oeuvre lorsque surviennent des catastrophes?Nos discuasions avec plusieurs conservateurs de services d’archives, de musées et de bibliothèques confirment nos inquiétudes.Si la plupart d’entre eux connaissent bien l’existence de nos laboratoires, personne ne connaît l’existence d’un service d’assistance professionnelle en cas de désastres », écrivait Mme Stanojlovic dans une communication au mois de mars dernier.L’incendie de la chapelle Sacré-Coeur démontre que les conservateurs ne sont pas les seuls à ignorer les mesures d’intervention d’urgence: les policiers et les pompiers aussi.Il importerait donc que, désormais, en cas de catastrophe, les premiers intervenants puissent faire appel immédiatement à une équipe de spécialistes et mettre en place quelques ressources locales: un camion ou un entrepôt frigorifique, par exemple.L’incendie a détruit la chapelle Sacré-Coeur au deux tiers environ avec toutes les oeuvres d’art situées dans la partie supérieure.Certaines sculptures situées au premier niveau ont été épargnées et la collection du musée, bien qu endommagée, a été préservée.Les voûtes contenant les archives de la paroisse ont bien rempli leur office.La fabrique de la paroisse Notre-Dame n’a pas encore pris de décision au sujet de l’avenir de la cnapelle.« C’est notre désir de reconstruire à partie de ce qui reste », Biron: Le PQ a fait preuve d’incompétence par François Barbeau Le chef de l’Union nationale, M.Rodrigue Biron, a tracé hier un désolant tableau des réalisations du gouvernement du Parti québécois, « un gouvernement qui a fait preuve d’une incompétence totale dans la gestion des affaires de la province ».La télédiffusion des débats à l’Assemblée nationale, a déclaré M.Biron devant près de deux cents militants qui avaient bravé la neige d’hier matin pour le rencontrer à un déjeûner-causerie aux fèves au lard, aura permis aux Québécois de voir le vrai visage de leur gouvernement, avec ses lois socialisantes, nationalisantes et étatisantes au possible.par Clément Trudel « Québécois, immigrants, faut se parler.La parenté est arrivée.chez nous.» Par de tels slogans, on a cherché à favoriser la fraternisation entre réfugiés ou nouveaux arrivants et les autres, ceux qui sont bien ancrés dans un mode de vie prenant l’allure de vie « exotique » aux yeux de maintes étrangers, encore humides des adieux faits à une terre aimée.Au Cofi de Lévis (Centre d’orientation et de formation pour immigrants), c’était fête hier.Vietnamiens et Hongrois ont applaudi à des « quecas » du Chili.Des Egvptiens ont expliqué aux Québécois la ricnesse de leur civilisation, la trame des hiéroglyphes, l’importance encore actuelle du scarabée somme symbole de résurrection.Un jeune Chinois se prêtait volontier à la rédaction, en caractères artistiquement tracés, d’affiches où apparaisaaient le nom du visiteur les sounaits qu’il destinait à un être cher.M.Biron a fait grand cas de l’imbroglio de Marine Industries, où une affaire de navires mis en chantier mais non vendus devrait coûter $140 millions à la province pour souligner l’incapacité du gouvernement à bien gérer ses affaires.Il ne s’agit pas d’un cas isolé, a soutenu M.Biron, puisque l’an dernier, les contribuables avaient du renflouer Sidbec au coût de $125 millions, sans parler de Tri-cofil.que le ministre de l’Industrie et du Commerce, M.Rodrigue Tremblay, disait de cette mesure en 1973 qu’elle conduirait à la détérioration des marchés.Le leader de TUN n’a pas été tendre à l’égard de M.Tremblay, qu’il a accusé d’etre le plus incompétents de tous les membres du cabinet de M.Lévesque, et à Le Québec s’ouvre au monde, a rappelé le ministre de l’Immigration, M.Jacques Couture, dans cette institution de Saint-Henri.Les faits ne sous-tendent pas toujours les lignes directrices du ministère.Ainsi, $60,000 seulement des $208,000 offerts dans le but de subventionner écoles, paroisses, syndicats désireux de créer des occasions de fraternisation avec « la parenté » ont été versés à ce jour.Un sous-ministre adjoint explique avec optimisme que le ministère québécois de l’immigration a pris sur lui de susciter les initiatives, non plus de fournir artificiellement toutes les coordonnées aux organismes qui voudraient couvrer dans le sens d’une fraternisation.Le Québécois, le Canadien explique ou se fait expliquer telle différence.En guise de brassard, les Chiliens arborent fièrement le drapeau de leur pays sous lequel sont inscrits deux mots : solidarité antifasciste.L’un des kiosques les plus fréquentés parle du Vietnam d’avant 1975; quelques ui il ne peut pardonner d’avoir manqué ’égard à l’endroit de M.Maurice Belle-mare.Nous en sommes rendus au point, a déclaré M.Biron en citant des articles de journaux, que les investisseurs, au lieu d’être attires au Québec, s’en éloignent au moment où nous en avons besoin.'La politique économique du gouvernement, tellement elle est floue et indécise, n’a rien d’attirant pour les investisseurs.Même les cégépiens, de poursuivre le leader de l’UN, font de moins, en moins confiance au PQ, qui recrutait pourtant bon nombre de ses admirateurs parmi les jeunes gens.A témoin des conversations du chef de l’UN qu’il a relatées hier et qui laissent croire que l’UN n’aurait « réfugiés de la mer » portent un macaron aux couleurs de la défunte Républi-ue du Sud-Vietnam, guident les visiteurs ans les méandres d’une pensée asiatique qui n’aurait rien de cartésien, et martel-lent le thème de l’absence de liberté dans le Vietnam réunifié depuis la chute de Saigon.L’autre camp, c’est-à-dire le groupe de Vietnamiens plus enclin à vanter les mérites d’un pays en route vers les socialisme, est absent.La revue à partir de laquelle s’amorcent les discussions porte le titre: « Droits de l’homme ».Unanimement, le médecin qui a vécu huit mois en Malaisie avant de gagner le Canada, l’ancien professeur d'histoire, l’ancien journaliste déplorent le sort réservé aux Vietnamiens, là-bas.Sous une carte du Vietnam, une légande qui se passe de commentaire: « Le paradis perdu ».Avant l’apéritif de l’amitié, en fin d'après-midi, élèves et professeurs du Cofi donnent une création collective un sketch sur les étapes franchies par l’im-Voir page 6: La parenté qu’à solliciter un peu les jeunes gens, notamment les cégépiens, pour qu’ils adhèrent au parti.L’UN compte maintenant 36,823 membres en règle et ses finances sont meilleures qu’elles ne l’ont été ces dernières années.Au cours des deux derniers mois, dans les comtés qui sont représentés par des députés unionistes à l’Assemblée nationale, la caisse du parti s’est enrichie de quelque $150,000.M.Biron a adressé d’amers reproches au gouvernement pour sa politique agricole, la loi de zonage qui a été déposée dernièrement et son projet de banque de sols, en affirmant qu’avec la loi 116 modifiant la loi sur la mise en marché des produits agricoles, le gouvernement avait trahi les producteurs agricoles pour plaire aux dirigeants de l’UPÀ.C’est un manque de respect flagrant de la liberté d’association, a soutenu M.Biron, et l’Union nationale s’opposera de toutes ses forces à la loi 116.M.Biron a terminé sa critique du gouvernement du PQ en déclarant qu’au chapitre de la chasse et de la pêche, le « déclubage » s’était traduit par une vaste catastrophe et un gaspillage de nos ressources fauniques.C’est à se demander si le PQ cherche à offrir assez de gibier aux chasseurs d’ici le référendum.Après, « ça ne fera plus rien.» Enfin, il a reproché aux députés du ouvernement de vouloir se voter une ausse d’émoluments de 6% par année avant même que le gouvernement n’indexe les impôts, qu’il ne règle le roblème des prêts et bourses, qu il n’a-aisse le taux de chômage.Pourquoi, demande M.Biron, le gouvernement offre-t-il une hausse de 11,5% en trois ans aux fonctionnaires alors qu’il n’hésite pas à accorder aux députés une hausse de 18% durant la même période.Dans ses voeux de Noël, M.Biron a souhaité aux Québécois un gouvernement qui s’identifiera davantage à leurs préoccupations, « un gouvernement plus honnête et plus courageux, qui pourra aller jusqu’au bout de ses convictions ».Le leader de l’UN n’a pas été tendre à l’égard du ministre de l’industrie et du Commerce.C’était fête au Cofi de Lévis La parenté est arrivée.nous a dit le curé, M.Fernand Lecavalier, sulpicien.Depuis plus d’une semaine, divers spécialistes en sont à l’évaluation des travaux à entreprendre.La fabrique détenait une assurance d’une valeur de $10 millions sur ses bâtiments qui lui coûtait en primes annuelles $30,000.Jour et nuit, selon M.Lecavalier, les sacristains et les gardiens faisaient la surveillance.C’est Tun d’eux, au moment où il préparait l’autel pour l’office du matin, après l’ouverture de l’église, qui a aperçu la fumée provenant d’un confessionnal.Déjà, des travaux de déblaiement des ruines ont débuté.Ils seront vraisemblablement suivis de travaux de protection afin que l’hiver n’endommage encore plus ce que le feu a épargné.Dès le lendemain 8 décembre, le bureau régional du ministère des Affaires culturelles a offert officiellement au nom du ministre les services d’assistance technique et financière de la Direction générale du patrimoine et des Archives nationales.La fabrique a aussi reçu des offres d’assistance du musée des Beau-Arts et de l’Institut national de conservation, à Ottawa.La Direction générale du patrimoine avait réalisé plusieurs mois auparavant un inventaire complet des biens culturels de l’église Notre-Dame, de la chapelle Sacré-Coeur, du musée et des sacristies.La destruction de la chapelle Sacré-Coeur démontre hors de tout doute l’utilité et la nécessité de réaliser et de compléter l’inventaire des oeuvres d’art, des archives et des biens culturels.Grâce aux fiches d’inventaire et aux renseignement de la Direction générale du patrimoine, les intervenants pourront envisager la reconstruction ou la restauration en connaissance de cause.Toutefois, la Direction générale ne se propose pas pour l’instant d’intervenir par un classement ou une reconnaissance de l’immeuble et de ses biens culturels.« Il paraît prématuré de recommander pour 1 instant l'émission d’un avis d’intention de classement sur les oeuvres d’art du musée, de la sacristie et des sculptures épargnées dans la chapelle du Sacré-Coeur, non pas tant parce qu elles ne pourraient en taire l'objet, mais pour éviter une interprétation négative oe ce geste à l'endroit de l’Institut national de Conservation », peut-on lire dans un rapport du bureau régional.« D'ailleurs, ces oeuvres jouissent déjà d’une reconnaissance publique au plan de leur valeur patrimoniale et sont la propriété soit de la fabrique, soit des Sulpiciens qui, jusqu’à ce jour, en ont pris , grand soin et favorisé leur interprétation », ajoute ce rapport Des débuts de Montréal jusqu’à nos jours, les Messieurs de Saint-Sulpice ont conservé en bon état une quantité importante d’archives d’une inestimable richesse.L’intérêt que leur manifestent les Montréalais et le sinstitutions constituent en quelque sorte la reconnaissance renouvelée de leur oeuvre séculaire.EfllIffllIMUISH A 10 h.remise de la contribution gouvernementale à la campagne de souscription d’Ox-fam.par le premier ministre Lévesque, au 1064 est.Curé-Poirier, à Longueuil.¦ Ce matin, manifestation par un groupe de producteurs agricoles mécontents, devant l’Assemblée nationale à Québec ¦ A 14 h.inauguration des Habitations d’Au-teuil pour personnes âgées, par M.Yvon Lamarre.président du comité exécutif de Montréal, au 255 est, boul.Henri-Bourassa.¦ A 18 h 30.diner-causerie de la Chambre de commerce de Granby, en l’hotel Castel de l'Estrie.Invité: M.Pierre de Bané, ministre fédéral aux Approvisionnements et Services ¦ A 20 h, conférence sur « La prospérité à la portée de tous », par M.Marc Roberge, en la salle Hochelaga de l’hotel Richelieu.Entrée libre.¦ Cliniques de collecte de sang de la Croix-Rouge: à Montréal, chez Bell Canada, 1050 Cote Beaver Hall, Seetage, de9 h à 14 h à Ville d'Anjou, au 7000.boul Louis-H Lafontaine, de 15 h à 17 h et de 18 h 30 à 20 h 30; à Rosemère, au centre commercial Place Rosemère, de 14 h 30 à 20 h 30.f DE MONTRÉAL: 281-3533 D’AILLEURS (sans frais): 1-800561-0660 ~.-.TÉlirPRêT C’est la nouvelle solution-prêt simple, rapide, pratique.Un simple coup de fil et, généralement en moins de 24 heures, votre argent vous attend à la succursale de votre choix.Télé-prêt, c'est tous prêts.tout près! SERVICE: Du lundi au vendredi: 9h à 21 h Le samedi: 9hà17h \ \ une innovation de ia banque provinciate j LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa Rédacteur en chef: Rédacteurs en chef adjoints: Directeur de l’information: Trésorier: le 10 janvier 1910 Michel Roy Jean Francoeur Pierre Loignon Bernard Larocque Lise Bissonnette Montréal, lundi 18 décembre 1S78 ¦ 4 Québec et les Amérindiens: un malaise Même si le triomphalisme prématuré l’avait consente au rendez-vous, il est probable que « l’histoire » ne retiendra pas en lettre de feu la rencontre de la semaine dernière entre le gouvernement québécois et les Amérindiens du Québec.Elle a pris fin dans le flou et la frustration et, si elle a indiqué quelque chose clairement, c’est que tout reste a faire, derrière quelque chose clairement, c’est que tout reste à faire, derrière le flot de belles paroles, avant que puisse s’engager entre les deux groupes un veritable dialogue.Entre communautés si inégales politiquement, numériquement, économiquement, le scénario de la confrontation était écrit d’avance.Les autochtones ne pouvaient que formuler des revendications, et le gouvernement se préparer à y répondre.Mais les griefs des premiers, fondamentaux pour les choix de civilisation que devront faire les Québécois, se rèsentent encore de façon dispersée et inco-érente.Profitant de cette brèche, les représentants gouvernementaux y réagissent confusément, et cachent leur malaise, ainsi que leur conservatisme grandissant à l’égard des réclamations indiennes, sous d’importantes restrictions mentales.¦ Il est difficile pour l’instant de savoir quel type de coexistence sociale et politique les communautés autochtones du Québec souhaitent avec la majorité qui a occupé leur pays il y a plus de 300 ans.Les groupes sont divisés, et leurs intérêts divergents.Sauf quelques villages dissidents, les Inuit ont par exemple accepté le célèbre accord de la baie James et, par là, l’extinction de leurs droits ancestraux sur les immenses territoires concernés.Peu à peu se greffent sur leur mode de vie les institutions politiques plus septentrionales (commissions scolaires, centres de santé et de services sociaux, etc.) et grandit peut-être l’acculturation sinon l’assimilation.Une forte partie des Indiens refuse les conséquences de cette entente et fait clairement savoir qu’elle n’acceptera jamais, ad-venant d’autres projets d’envergure, le principe de l’extinction de ses droits territoriaux comme préalable aux négociations.C’est le cas sur la Côte nord, notamment.Enfin les Indiens et Métis « sans statut », même pas invités à la rencontre de Québec, sont loin der- rière, ayant peine à se faire reconnaître comme groupe et interlocuteurs.Ce n’est donc pas demain que se dégagera là une majorité pouvant définir très précisément son projet politique.Ce qui est inquiétant, c’est que le gouvernement du Québec, de son côté, semble profiter de cette désorganisation pour éviter de se commettre et de préciser ses couleurs à propos de deux questions fondamentales, les revendications territoriales qui restent tout a fait actuelles malgré l’accord de la baie James, et l’ampleur du « droit à l’autodétermination » qu’il pourrait consentir aux communautés autochtones si elles décidaient de l’exercer.¦ Au temps plus confortable où il se trouvait dans l’opposition, le Parti québécois avait fait une chaude lutte à une clause de l’accord de la baie James qui faisait disparaître les prétentions de tous les autochtones sur les territoires en cause, même s’ils n’étaient pas signataires.Une fois au pouvoir, il s’est converti sans s’en vanter, et a aiscrètement pris la relève du gouvernement précédent pour adopter les lois mettant l’accord en vigueur, sans manifester la moindre velléité de le nuancer.En janvier dernier, après étude, la très respectable Commission des droits de la personne soulevait à nouveau le problème.Elle recommandait au gouvernement de « réviser systématiquement » les principes et les modes de ses négociations avec les autochtones, notamment au chapitre des droits territoriaux et mettait les autorités en garde contre la tentation de considérer l’accord de 1975 « comme un modèle ».La Commission n’a pas obtenu la moindre réaction officielle à sa recommandation.Mais peut-être faut-il en trouver une, alambiquée, dans les propos de M.Eric Gourdeau, directeur du Secrétariat des activités gouvernementales en milieu amérindien et inuit (SAGMAI).Celui-ci trouve que l’accord pourrait effectivement servir de « modèle » pour la « normalisation des relations entre les autochtones et la société au sein de laquelle ils vivent », et sort élégamment de la question des droits territoriaux en se lavant les mains avec la constitution canadienne: « Ce n’est pas le gouvernement d’une province qui éteint les droits des aborigènes, mais le gouvernement du Canada ».Comme si le gouverne- ment du Québec s’était fait tordre le bras.Ces pirouettes ne trompent pas.Le gouvernement actuel est fort accomodé du fait que son prédécesseur ait eu l'odieux de participer à l’extinction des droits des aborigènes, et il n’entend guère se montrer plus généreux sur le fond.Toutes les déclarations récentes de ses représentants ne laissent espérer autre chose, pour ces communautés, qu’une sorte « d’autodétermination culturelle », accompagnée peut-être d’une forme de délégation de pouvoirs administratifs s’exerçant via des institutions plus acceptables aux autochtones.Au mieux cela ressemble à la « souveraineté culturelle » dont on se gaussait quand Robert Bourassa la proposait; au pire, cela tient du « multiculturalisme » subventionné à la façon fédérale.Le livre blanc du Québec sur la politique culturelle, dont le parrain, M.Camille Laurin, a tiré la semaine dernière quasi au texte sa déclaration aux représentants des Amérindiens, ne dit rien de plus avec ses trois beaux principes: pas de décision unilatérale sur l’avenir de ces communautés, aide gouvernementale à leur développement, et élaboration autonome de leurs institutions et stratégies.Le livre blanc évite cependant de traiter si peu que ce soit de la conséquence possible d’une telle démarche, une forme d’accession à la souveraineté politique.¦ Il y a là quelque chose d’étrange chez des penseurs qui ont si souvent vanté le lien « normal et naturel » entre le politique et le culturel.Il n’est sans doute pas encore temps d’en faire grief grave à un gouvernement qui commence à peine à aborder là, et péniblement, la difficile contradiction entre son appétit de développement et le respect d’une communauté qui n’est pas une minorité comme une autre mais elle aussi une « nation ».M.Laurin lui-même semble reconnaître toujours avec beaucoup de sincérité le dioit « à la différence ».Mais la brochette de ses collègues qui se sont succédés devant les représentants amérindiens pour les prier de façon plus ou moins déguisée de se conduire en i.Québécois à part entière », l’invite aussi large que le paternalisme, ont peut-être déjà fait l’economie du débat.Cela, « l’histoire » pourrait le retenir.Lise BISSONNETTE llltUOftillIBKtitl Art et clinique psychiatrique par Edmond Robillard de l’académie canadienne-française Plus j’y pense et plus, il m’apparaît que ce qui a manqué aux Fées ont soif est une présentation appropriée.La pièce est un parfait modèle du type surréaliste et on a laissé le public s’y engouffrer comme pour une pièce réaliste, de type populaire, à la manière des pièces de Michel Tremblay.Le plus cocasse est que l’auteur ne semole s'être rendue compte à aucun moment quelle avait conçu une suite aux Oranges sont vertes et que la direction du TNM n’a rien fait pour dégager ce caractère particulier de l’oeuvre de Denise Boucher.Pour le dire en deux mots, la pièce entre dans la ligne de Equus ou de Flight over the Cuckoo’s Nest, avec cette seule différence qu’on force le public à jouer le rôle au psychiatre.Auteur et personnages se défoulent à qui mieux mieux, et le spectateur s’amuse ou ne s’amuse pas.selon l’interprétation qu’il donne des signes et symboles exprimés et selon la condition de son propre inconscient.C’est André Breton qui a eu le premier l’idée de demander aux délires des clients d’une clinique psychiatrique des thèmes et un matériel artistique.Il avait noté que certains malades articulièrement doués (pareils à des ommes ivres) étaient capables de formuler des phrases littérairement intéressantes et d'émettre des idées habituellement loufoques mais assez proches du sens commun pour donner le change et retenir l’attention de ceux qui les entendent et savent les réinterpréter.Il recommanda, dès lors, aux peintres, poètes, dramaturges, l’écriture automatiste, dont toute la technique se ramenait à faire taire la raison et à s’abandonner au fil des impulsions incontrôlées montant de l’inconscient.Les résultats pouvaient être extrêmement maigres, ou occasionnellement chargés d une rare fantaisie; on pouvait croire que tels phantasmes, aujourd’hui inintelligibles, deviendraient un jour révélateurs d’états de conscience intéressant l’humanité à venir.Tout le surréalisme est né de cette intuition.Quand Borduas publia son Refus global, il l’inséra dans un contexte surréaliste et l’écrivit dans un état d'âme tout proche de celui de Denise Boucher.Il appelait la province à un défoulement général apres trois siècles d'alienation cléricale.Pour ma part, je n’avais rien à l’époque contre le surréalisme en tant que technique artistique, mais j’en avait contre le surréalisme devenu philosophie de l’existence réelle.Ma génération gardait le souvenir d’un certain Hitler, qui s’était défoulé sur l’Europe, au coût de uinze millions de morts.Je ne prisais one guère André Breton qui venait d’affirmer que « l’acte surréaliste par excellence serait de descendre dans la foule et de tirer à hauteur de ventre ».Notre siècle, ap-rèseomme avant Jonestown a assez vu de ces gestes surréalistes pour n’être pas aomi-rateur inconditionné de cette technique automaste.Après Après cinq minutes des Fées, je commençai à me dire que l’auteur avait eu tort de ne pas nous présenter ses personnages comme autant de clients d’une clinique psychiatrique.A ce compte, la Madone n'aurait pas été la Vierge Marie en personne, mais une malade qui se prend pour la Vierge Marie.Après quoi, les incongruités et jugements sommaires du personnage auraient été susceptibles d’une interprétation appropriée.Qui s’inquiète des blasphèmes d'une malade?Par ail- leurs, ses divagations peuvent amuser, ennuyer ou frapper les spectateurs, qui en font chacun leur profit selon leur grille d’interprétation.Mais c’est précisément à ce niveau d’intelligence de la pièce qu’on n’a pas su se brancher.Je ne doute pas que Denise Boucher tienne ses énoncés pour absolument valables, mais s’ils me sont présentés comme partie d’un exercice de défoulement, je ne puis guère en être offensé.Si, par contre, — comme on Ta fait, — on me laisse dans l’équivoque, il est normal que je sois offensé par tant de grossièreté inutile et par des énoncés qui blessent mon sentiment religieux.Ce n’est pas à celui qui insulte de déterminer jusqu’à quel point l’offenseur doit se sentir touché: c’est à lui d’èn décider et de réagir.Là était la conséquence de l’équivoque que personne n’a songé à dissiper jusqu’ici.Le Père Paul-Emile Legault a dit que les Fées étaient venues dix ans trop tôt; je croirairs qu’elles sont plutôt venues dix ans trop tard, alors que le surréalisme est devenu matière à un cours d’histoire et objet d'exposition dans un musée d’art contemporain.Il fallait nous avertir avant la pièce, si on voulait nous la rendre supportable.Un mur de silence autour du Québec par J.Ronald D.Bayne Professeur de médecine (gériâtrie) à l'Université McMaster (Ontario), l’auteur a fait parvenir sa lettre en anglais au DEVOIR qui en a établi la traduction et l'adaptation.m J’éprouve plus de désespoir que de colère en rédigeant ce témoignage.Né à Sherbrooke, je me considère toujours Québécois même si je me suis installé en Ontario, à 1 Université McMaster, il y a huit ans, pour poursuivre une carrière en gérontologie et en gériâtrie.11 y a quelques années, à l’initiative du gouvernement de l'Ile-du-Prince Edouard, les ministres provinciaux des services sociaux ont décidé, en collaboration avec le gouvernement fédéral, d’organiser un colloque national sur le problème du vieillissement.On en a confjé l’organisation et le programme à l’Association canadienne de gérontologie qui m’a chargé de la représenter.Le colloque avait pour but: ¦ de donner un aperçu des connaissances actuelles sur le troisième âge; ¦ de permettre aux représentants des divers niveaux de gouvernement, des universités et du secteur privé de discuter de certains thèmes: ¦ d’identifier certaines politiques possibles dans le domaines de la santé, des services sociaux, du logement, de la retraite, des pensions; ¦ d’offrir aux ministres et cadres supérieurs de la fonction publique l’occasion de se familiariser avec les courants actuels de la science gérontologique.Des spécialistes ont préparé de nombreux documents de travail trai- tant des besoins, des services existants, des lacunes, des remèdes.Les délégués en ont discuté en ateliers et ces travaux se sont achevés sur une fructueuse discussion en plénière avec les ministres intéressés.Le colloque a pris fin le 27 octobre, et on l'a considéré comme un franc succès.Toutes les provinces et le gouvernement fédéral y ont partitipé officiellement et très activement, sauf le gouvernement du Québec.Pourtant les gérontologues québécois s’y étaient montrés très intéressés et certains avaient même préparé des documents de travail.Au début de la préparation du colloque, les fonctionnaires que nous avions rejoints au Québec se disaient enthousiastes.Mais le gouvernement du Québec leur a soudain défendu toute participation, refusant ainsi à plusieurs l'occasion de parfaire leurs connaissances.A quoi bon faire des efforts, si une petite coterie de personnages pense et décide pour tout le monde.J’admets tout a fait que le Québec doit se libérer d’un passé quasi-colonial, et doit voir a ce que le français soit la langue de communication chez lui.Mais tous nos documents étaient traduits dans l'une ou l’autre des langues officielles, et nous fournissions même les services de traduction simultanée durant les travaux du colloque.Je me demande dès lors si ce gouvernement cherche à décourager les communications et l’entente entre les groupes plutôt qu'à les encourager.En dépit de nos efforts pour rejoindre tous les citoyens, ce gouvernement semble décide à ériger autour du Québec un mur de silence, impénétrable même avec la meilleure volonté du monde.IHWIlMMIi La nouvelle politique sociale par Monique Bégin Ministre de la Santé nationale et du bien-être social, l’auteur répond dans cette lettre, en date du 11 décembre, aux articles publiés dans LE DEVOIR les 25 et 26 octobre sous la signature de Michel Pelletier, économiste et juriste, spécialiste des questions de politique et de sécurité sociales m Le récent article en deux volets de M.Michel Pelletier sur la nouvelle politique sociale du gouvernement fédéral comportait un certain nombre d’affirmations trompeuses au sujet de l’introduction du nouveau Crédit d'impôt remboursable au titre des enfants et de changements connexes aux prestations fédérales pour enfants.U me parait donc indispensable d’apporter ici les quelques précisions suivantes.M.Pelletier prétend que le gouvernement fédéral a fait montre « d’un grand talent de prestidigitateur » pour cacher le fait que les familles à revenu moyen souffriront de ces initiatives.En réahté, l’un des principes directeurs de l’élaboration de ce nouveau système a justement été celui-ci : veiller à ce que les familles à faible revenu et à revenu moyen soient celles qui profitent le plus de ces changements.Ainsi, sur les 3.6 milhons de familles canadiennes qui comptent des enfants, quelque 2.5 millions d’entre elles bénéficieront du nouveau Crédit d’impôt au titre des enfants.En outre, même en tenant compte de la réduction des allocations familiales et des autres changements fiscaux, environ 1.9 million de familles toucheront, l’an prochain, des prestations plus élevées que celles qui sont prévues par le système actuel.M.Pelletier soutient aussi que ces changements créent l’illusion d’une grande réforme alors qu’ils ne revêtent, en somme, qu'une importance minime.La vérité est que ces changements amèneront plutôt la création d’un programme fédéral d'avantages-enfanLs éminemment plus juste et efficace.Contrairement au système actuel, le nouveau programme d’avantages-enfants sera, en effet, plus généreux pour les familles défavorisées que pour les familles aisées.De plus, il favorisera les familles à revenu modique ou moyen qui ont besoin d'aide; par exemple, l’aide apportée par le gouvernement fédéral aux familles dont le revenu se situe au-dessous des seuils de faible revenu sera augmentée de plus de $100 millions.Enfin, M.Pelletier se trompe lorsqu’il laisse entendre que les familles du Québec seront défavorisées par ces changements.Au contraire, ceux-ci auront pour net résultat d’accroître notre assistance à ces familles.Comme dans les autres provinces, l’aide apportée aux familles québécoises qui en ont besoin sera accrue: celles dont le revenu se situe au-dessous des seuils de faible revenu recevront une aide supplémentaire d’environ $29 millions.Par ailleurs, plus de 75 pour cent des familles québécoises qui ont des enfants bénéficieront du nouveau Crédit d’impôt au titre des enfants.Les changements auront donc pour résultat net d’augmenter de plus de $8 millions l’aide du gouvernement fédéral aux familles québécoises, (compte tenu des réductions des ail.fam.) J’espère que ces quelques précisions apaiseront les craintes que l’article de M.Pelletier a pu susciter chez vos lecteurs.Le temps de flâner par Albert Brie Je me demande pourquoi l’Etat, qui met son grain partout, n’entretiendrait pas dans son sein plantureux une catégorie d’individus dont la mission serait de flâner.La flânerie mériterait de devenir une institution chargée de lutter contre l’oppression des objectifs à atteindre, des issues fatales (dead lines), qui ont créé ce mal épouvantable par lequel l’humanité suractivée est minée: la frénésie.¦ Le psychiatre serait peut-être apte à jouer le rôle de flâneur professionnel s il se défaisait de son obsession de vouloir comprendre, expliquer, excuser et laisser porter.¦ La flâneur dont je rêve devrait être un homme extraordinairement ordinaire, une sorte de témoin de nos gestes quotidiens, un superviseur négligent de notre emploi du temps, un policier amusé de l’ordre établi, un ange incarné quoi! ¦ La flâneur se promènerait, chaland nonchalant, a travers les rues, les maisons, les usines, les bureaux, se présentant sans rendez-vous, s’asseyant où bon lui semble, inattentif et moqueur, pour regarder, ou plutôt offrir à la masse besogneuse et inquiète le regard lointain de celui qui n’attend pas qu’on lui rende des comptes.Il ne dirait rien à personne: nul blâme, nul encouragement.Il passerait comme un promeneur tranquille, désintéressé et libre.¦ Tous, tant que nous sommes, nous essayons de nous accorder de la détente par le recours à toutes sortes d’engins et de gadgets ruineux et artificiels.Nous sortons d une fatigue pour nous en délivrer par une autre.Sans répit, nous sommes pourchassés par un devoir, une obligation trois fois sur deux imaginaire.Nous sommes si bien frappés d’un complexe de culpabilité que si nous sommes en présence d un étranger, nous ne trouvons rien de mieux à faire que de nous excuser de n’avoir rien à lui dire, à lùl donner.¦ Nous avons fait de l’existence une dévorante solliciteuse, une créancière sans merci.Nous n’entendons que dès « ie dois », « il faut », « que faire?», « où aller?», « quoi dire?».Nous nous sommes laissés fabriquer une mauvaise conscience ouverte à tous les scrupules.Des petits diables intraitables, comme de minuscules mouches noires, nous dardent et nous éperonnent à seule fin de nous excéder.¦ Faites cette expérience.Plantez-vous dans une rue débordante d’activité et observez le tumulte.D’abord, vous devez faire èffort pour vous arrêter, parce que vous avez l’impression de contrevenir à la loi du mouvement torrentueux du flot aveugle.Alors, un sentiment de culpabilité cherche à vous pénétrer.¦ Dès que vous arrivez à vous immobiliser, regardez ces passants ameutés qui vous croisent en tout sens.Tous vous ignorent.Cela suffit pour vous sentir enveloppé de la déconsidération générale.Cette impression devient vite insupportable.Pour vous accorder, retrouver votre équilibre, vous vous ébranlez au diapason.¦ Si vous vous obstinez, je ne vous donne que quelques instants à résister sans peine au spectacle de ce maelstrom humain, avant de vous transformer en coureur à obstacles plein de remords et de repentance, semblable à votre frère ou à votre soeur emporté Dieu même ne sachant où.¦ Car vous vous êtes dit: « Qu’est-ce que je fais ici à rêvasser paisible et innocent?je n’ai pas le droit de me payer ce luxe sans débourser.Quelqu’un sûrement m’attend, à qui je ne songe pas.J’ai, enfin je dois avoir quelque travail qui m'appelle.Ne faut-il pas que je m’affaire comme les autres?J’ai cette distance à franchir, cette rue à traverser.Partons! » Votre mauvaise conscience vous a perdu en vous rendant à la légalité de vivre.¦ Puisque nous ne pouvons pas, laissés à nous seuls, faire place nette de ce phantasme de l’infraction perpétuelle, confions ce soin à la bienfaisance d'hommes éminemment candides, capables de croire et de faire croire à la masse laborieuse et délirante qu’il ne sert à rien, de courir, qu’il est vain de partir à point et que, tout compte fait, il est idiot de bouger.Primum vivere, deinde flanari.?Il ne s’agit pas de trouver qui est plus démuni Réponse d l’article de M.¦Jean Proulx, professeur, dans LE DEVOIR du 7 décembre 1978.Comment peut-on à la fois travailler en milieu scolaire et mépriser autant les étudiants?Ceci m’apparaît contradictoire, pour le moins! Et je dis « mépriser », lorsque vous les accusez d’une façon indirecte d’être « des enfants gâtés » et de faire des grèves injustifiées et « à l’aspect carnavalesque ».Si je peux me permettre cette réplique Monsieur, en tant que simple étudiante je ¦ Douce folie Est-il possible en 1978, à l’heure ou la vie perd son sens dans le matérialiste, qu’un homme, croyant en Jesus-Christ, soit assez fou pour donner tout son temps au service de ce grand Amour?C’est pourtant ce qui c’est produit le 8 décembre dernier, lorsque Jean-Pierre Messier, homme jeune et à n’en pas douter bien équilibré, fut ordonné prêtre en Jésus-Christ et ce pour l’éternité.Beaucoup s’écrieront qu’il faut être complètement dé- ¦ Une génération En réponse à la lettre de Mme Andrée Ferretti qui se permet de faire la morale à M.Jacques Dufresne, (LE DEVOIR, 12 décembre 1978) je me permets et m'engage, à mon tour de vous demander, Madame Ferretti, de quel droit vous vous permettez de parler de « l’élévation de pensée, de qualité de style et d'esprit », si vous-même n’ê- dirais que votre article du 7 décembre dernier sur « La grève des cégépiens », ressemble étrangement à un texte moralisateur ayant pour but de faire passer les étudiants pour des personnes « à la recherche d'une identité psychologique, sociale.», plutôt qu’en lutte pour le respect de leurs droits fondamentaux.Parce que le droit à l’éducation, ce n’est pas un luxe! L’auriez-vous désappris?En ce qui concerne le droit à la grève, ne Tauriez-vous jamais utilisé?Un dernier point, j’admire passé et pogné pour faire un tel choix; que c’est un « trip » pour déficient ou malade mentaux.Evidemment, si on regarde ça avec les critères de bonheur de notre société soit consommer, jouir de la vie et profiter de tout ce qui passe qu’en ça passe, il faut sûrement être fou pour vouloir donner toute sa vie à servir quelqu’un qu’on aime.Mais comme c’est une belle folie' Et plus grande elle sera, de sursis tes capable de revenir sur terre et y trouver toute la reconnaissance de notre passé (avec tout ce que cela com-porte-bontés, mensonges, ordres et désordres de nos civilisations des années et siècles antérieurs).La liberté (de pensée, pour l'homme comme pour la femme) c’est sûrement la ressource de notre vie, mais c’est d’abord votre talent pour évacuer une question d’une telle importance lorsque vous ajoutez « Et pourquoi faudrait-il d’autre part, favoriser les étudiants plutôt que les chômeurs, les handicapés, les vieillards.».Je crois qu’il n’y a pas lieu de faire ce que je nommerais « un concours » à savoir qui sont les plus démunis, mais bien que tous finissent par s’en sortir.Johanne GALARNEAU, étudiante à TUQAM.Montréal-Nord, le 7 décembre 1978.plus elle fera peser la balance du côté de l’Amour.En témoignant publiquement devant toute la communauté chrétienne de St-André Apôtre, Jean-Pierre nous a appris qu’il existe encore un Chemin d’Espérance sur cette Terre, chemin qu’il a lui-même trouvé et dont il voudra maintenant nous faire partager toute la Beauté.Merci Jean-Pierre.François RENE Montréal, décembre 1978 reconnaître que la femme est mère avant tout.Dieu merci, il y a encore une génération qui vous en fera la morale et qui se fera protectrice de vos mères et de nos enfants à venir! Francine SAUCIER Montréal, le 12 décembre 1978.¦ Du français traduit J’ai eu très récemment le plaisir de visiter pour la première fois de ma vie Montréal, une ville que j’ai trouvée fort plaisante.J’ai été également très agréablement surpris par l’effort entrepris afin de doter la ville de signes en français partout, comme il se doit dans un pays francophone comme le votre.Ce n’est donc pas par excès d’esprit critique que je me permets de porter votre attention sur un nombre d’inscriptions qui, bien qu’en langue française, trahissent de façon, hélas, trop visibles leur origine anglaise.Je suppose qu’elles ont été traduites, un peu trop hâtivement, à la lettre.Cela m’a frappé bien que ma langue maternelle ne soit pas le français, et je suis certain que vous les aurez remarquées vous-mêmes, ainsi qu’un grand nombre de Québécois.Je voudrais exprimer ici mon modeste soutien afin que votre ville continue sa tâche dans la diffusion du français correcte, même dans l’usage de tous les jours.Denis L.BAGGI professeur du Collège Queens New York, le 10 décembre 1978 •-V 1 LE DEVOIR est publié par l’Imprimerie Populaire, société â respon-' sabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211 rue du Saint-Sacrement, Montréal H2V 1X1.Il est composé et imprimé par rimpnmerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés à 9130, rue Boivin.Ville LaSalle L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT Edition quotidienne $60 par année six mois $33; trois mois $21 A l’étranger: $65 par année, six mois $36; trois mois $24 Editions du samedi $19 par année Edition quotidienne, livrée à domicile par porteur $1 50 par semaine Tarif de l a-bonnement servi par la poste aérienne sur demande Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 0858 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec TÉLÉPHONE: 844-3361 (lignes groupées) l_________________________________ ¦ Un terme mal inspiré Monsieur le rédacteur en chef.Veuillez trouver ci-dessous la définition du mot « incident »: « Evénement de peu d’importance qui survient au cours d’un fait principal, d’une affaire, d’une entreprise, etc.» (Petit Larousse, p.534) Je trouve donc le choix de ce terme particulièrement mal inspiré pour décrire le meurtre d’un avocat.(LE DEVOIR, 6 décembre, p.1) Veuillez agréer, monsieur, mes sincères salutations Arlette JUMELLE Ottawa, le 8 décembre 1978 % ) f Le Devoir, lundi 18 décembre 1978 Démocratie et information par Denise Bombardier Journaliste et animatrice à Radio-Canada, auteur d’un ouvrage sur l'information publié chez Laffont en 1975, «La voix de la France», Denise Bombardier est membre du Conseil de presse du Québec.LE DEVOIR publie ce texte avec l’aimable autorisation de la revue «Critère» où il a d'abord paru.qu elle n’est pas complètement interdite.Cette répression — c'est de cela qu’il s’agit — se fait alors au noiç d’un choix qu’une société peut assurément se donner.Les Suédois ont choisi cette voie, ce qui n’empêche pas leur télévision d’expri- Certaines réalités sont inséprables, voire indivisibles.Ainsi est-il impensable d’aborder la grave et difficile question de la démocratie et de l’information sans l’associer à la liberté de presse et à la qualité de la culture poütique d’une société.En d’autres mots, il faut reconnaître que l’information — celle qui est autre chose que de la propagande — implique pluralisme et liberté de presse et qu'à cet égard, elle n’existe, en pratique, que dans les sociétés dites libérales.Dans ce domaine de la liberté de presse, seuls la pratique et le vécu de cette liberté témoignent de sa réalité.On pourrait, bien sûr, se pencher sur l’incapacité des systèmes dits socialistes à assurer la libre circulation de l’information.On pourrait tomber dans le pièce des adversaires de cette liberté qui réussissent à convaincre les plus naïfs ou les plus complaisants qu’une distinction doit etre faite entre liberté formelle et liberté réelle.On pourrait enfin affirmer que la liberté de presse est inexistante là où les puissances de l’argent sont omniprésentes et être amené a conclure, comme l’a fait devant moi, un jour, un communiste français, que la Pravda est plus libre que le New York Times! Dialectique, voilà pourquoi votre fille est muette.Nous nous pencherons plutôt sur l’information véhiculée dans nos démocraties libérales en posant cette prémisse: moins une société crée d’entraves à l’accès du public à l’information, plus la culture démocratique y est élevée; et ces entraves peuvent être d’ordre juridique, politique, économique, syndical et structurel.Le niveau juridique ^5n matière de presse, les lois risquent politiqu d’être des armes a deux tranchants.Elles ou amb sont indispensables, nécessaires pour assurer le droit du public à l’information, mais le seuil où ces mêmes lois deviennent un obstacle à ce droit peut être rapidement et subtilement franchi.Le contrôle des ondes publiques ainsi que la réglementation en matière de presse écrite existent dans tous les pays occidentaux et personne ne chicanera sur leur nécessité.L’important est de savoir « jusqu'où ne pas aller trop loin ».Ainsi, plusieurs pays ont légiféré sur la concentra- mer une pluralité d’opinions et de comportements que leur envient plusieurs démocrates.A vrai dire, au nom d’un bien supérieur, par exemple celui de considérer la télévision avant tout comme un instrument d’éducation populaire, une colletivité peut décider à travers ses représentants de se donner une législation qui freine la liberté de presse.Entre l’absence d’intervention et le contrôle étatique, une société démocratique doit procéder avec prudence et discernement a la mise en place de sa législation.Il ne s’agit donc pas d’écarter l’Etat de ce domaine, mais plutôt d’éviter que ses interventions n’en viennent à éroder la réalité démocratique.La pratique nous éclaire sur la tentation du Pouvoir de se rapprocher du contenu véhiculé à travers les médias.La presse jaune, la basse presse comme on l’appelle en France, n’est-elle pas le prix à payer pour l’existence parallèle d’une presse de qualité.Interdire la première — et selon quels critères?— c’est interdire ou mettre en danger la seconde.Car de la même façon que la répression policière n’élimine pas la criminalité, la législation n’assure pas au-• tomatiquement la liberté d’information.En démocratie, ce sont les nuances qui déterminent l’essentiel.L’instrument législatif souhaité jusqu’à un certain point— comment aussi déterminer exactement lequel?— peut se transformer ou être perverti, devant en fait une entrave réelle à l’accès du public à l’information.Ainsi faut-il sans doute donner raison à ceux qui affirment qu’en matière de presse moins on légifère, plus la liberté est assurée.L’univers politique Les entraves politiques sont, sans conteste, les plus apparentes et elles ne sont pas sans rapport avec les entraves juridiques, puisque les politiciens se servent de la loi comme instrument d’application de leurs politiques.Mais en dehors de tout cadre juridique, le type de relations qu’établissent avec la presse les hommes politiques favorise ou défavorise la libre circulation de l’information.Dans nos sociétés, les rapports presse-ilitique se vivent sur un mode ambigu ou ambivalent.Le mépris et/ou la crainte animent à la fois les responsables politiques et les journalistes; c’est pourquoi leur cohabitation est difficile et la relation manipulateur-manipulé existe dans les deux sens.A vrai dire, cette situation n’est pas le champ exclusif de la politique « politicienne », elle se retrouve dans toutes les structures de pouvoir.Présidents tion des entreprises de presse; car, on le sait et nous y reviendrons plus avant, cette concentration met en echec la liberté de la presse.Mais encore faut-il être attentif pour que cette législation ne soit, en aucun cas, une porte ouverte à l’Etat pour intervenir à l’intérieur des entreprises; on crée alors des maux pires que ceux qu’on souhaite faire disparaître.La même situation se présente lorsqu'il s’agit du contrôle des ondes publiques.Au Canada, la Commission de la Radio et de la Télévision (CRTC) a réglementé de plus en plus sévèrement certaines pratiques de diffusion.Qu’il suffise de rappeler que les chaînes de radio et de télévision doivent assurer un contenu canadien représentant 60% au minimum de leurs programmes.Elles sont tenues de présenter également un nombre d’heures d’émissions dïnforamtion, cette dernière étant reconnue comme un droit.Dans certains pays occidentaux, la publicité est bannie des émissions pour enfants, lors- de groupes de pression, d’entreprises, d’institutions scolaires, tous se comportent face aux représentants de la presse comme si ces derniers risquaient de les déposséder.Cette méfiance, on s’en doute, n’est pas sans conséquences sur la qualité de l’information.Il y a, entre la Presse et les Pouvoirs, un rapport de force indéniable qui modifie et trop de fois, hélas, entrave la circulation de l’information.Seule une culture démocratique vivante peut contrer ces difficiles relations.Elle commande aux uns comme aux autres une conscience aiguë du bien public, seule capable d’atténuer cette dimension psychosociologique des rapports presse-pouvoirs.Un climat de confiance peut également être favorisé par la rigueur professionnelle des journalistes.A cet égard, la compétence des journalistes dans un pays est intimement liée à la qualité de la démocratie.Par contre, cette dernier est en danger lorsque l’univers journalistique manque à la fois de sens critique, de mesure et d’envergure.Comment expliquer qu’après des siècles, avec les éclairages de la science, on en soit encore à l’image du.messager Encore les féés:.par André Naud L’auteur est professeur à la faculté de théologie de l’Université de Montréal.Je ne voudrais pas que se terminent nos beaux échanges autour des Fées sans attirer l’attention de tous les écrivains et ;i l.i nu'Je, le h ou h Long John ne >’esi pas Jonne un goiii plus leger pour elenJre son nuire ne.Le Long John n’a Jotu pae le même goût i|ue les autres seotehes.Il a le goût ei un vrai seoteh.Si vous n’en ave: pit' goûte roe eminent tou jamais), pourqueii ne pas vous offrir la surprise J’un véritable vvhisleV ee eissais.La proehaine fois, essaw: eleitte un Lesng John.Le vvltt'liv eeOssais au vrai goût île evhi'kv eii's'.iis £>
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