Le devoir, 7 avril 1979, Supplément 1
1 I Publi-reportage printemps 1979 INTERNATIONAL Réalisé par le service des relations publiques des Éditions internationales Alain Stanké Edite ce qu il y a de mieux Lecteur, pour vivre bien content, lisez pour apprendre à bien vivre, et ne perdez point votre temps à chercher les fautes d'un livre; il n'en est point de si parfait où vous ne trouviez à reprendre; il n'en est point de si mal fait en qui vous ne puissiez apprendre Jean de la Rivière (poète du XViib' siècle) POUR MIEUX SERVIR LE QUEBEC STANKÉ À NEW YORK ET À PARIS * s Alain Stanké LES PRIX LITTERAIRES Gabriélle Roy « Ces enfants de ma vie » Guy Robert « Jean-Paul Lemieux » Prix du Gouverneur général du Canada Prix Molson Livre du mois Bibliothèque pour tous, Paris i Prix de la ville de Montréal LE CHOIX DU LIBRAIRE Marie-Claire Blais Gabrielle Roy Pauline Cadieux Les nuits de l’Underground Ces enfants de ma vie Flora Stanké Est-ce de la prétention que de s’identifier comme une maison d’édition INTERNATIONALE?La question est souvent posée: « Pourquoi un éditeur québécois à Paris et pourquoi à New York?» La réponse: « C’est la meilleure façon d’élargir notre marché.» On était habitué à voir des éditeurs étrangers venir s’installer au Québec.11 était temps qu’une maison québécoise aille s'installer.chez eux.Le problème des auteurs (et donc des éditeurs) québécois est toujours le même: nous manquons de lecteurs.Ce nombre restreint de lecteurs (restreint, mais non moins fidèle) suffit à peine à faire vivre ou survivre quelques auteurs et quelques maisons d’édition.Comme solution au problème on a pensé à la conquête du marché disponible « outre-mer ».L’idée n’est pas nouvelle.Elle avait déjà séduit de nombreux confrères.Dans le passé, plusieurs tentatives enthousiastes et pleines d’illusions ont même été faites pour implanter le livre québécois en France.On connaît les résultats malheureux de ces tentatives.Le livre québécois n’arrivait pas à être connu, a-t-on dit, parce qu’il n’était pas diffusé et pas diffusé parce qu’il n'était pas connu! Le cercle vicieux d’où on ne sort pas.Dès la fondation de la maison en 1975, nos objectifs se tournèrent nécessairement vers le monde francophone où nos livres trouveraient, nous l’espérions, une diffusion plus vaste.Profitant des expériences infructueuses passées, nous devions cependant aborder le problème avec de nouvelles solutions.Il s’avérait maintenant que le marché francophone — lui-même déjà saturé — avait très bien fonctionné sans la littérature québécoise.De plus, nous ne voulions pas entrer par « la petite porte » et renouveler l’échec du passé.Il fallait donc se mettre sur un pied d’égalité avec les maisons d’édition françaises, lutter corps à corps avec elles (d’un bureau établi à Paris et non à distance) et finalement trouver le créneau pour imposer du même coup la qualité distinctive de notre maison d’édition et l’identité québécoise de sa production.Il n’est pas prétentieux de reconnaître qu’en deux ans nous avons réussi à donner l’image que nous voulions projeter.On dit de nous à Paris, que nous sommes une maison internationale faisant « le pont entre deux grandes cultures » — américaine et européenne.Un pont naturel entre deux continents, deux langues et deux types de civilisation.Il a été prouvé maintenant que notre production rivalise avec la production française, qu’elle rejoint un grand nombre de lecteurs et que nous nous différencions des autres maisons en faisant connaître l’originalité de la culture québécoise.Au Québec, les circonstances historiques nous ont forgé des traits qui ne ressemblent à nuis autres.Occidentaux, nous avons vécu l'expérience des colonisés.Parlant français, nous vivons à une heure de New York.Aux Éditions internationales Alain Stanké, nous avons utilisé cette situation.Maintenant nous constituons la seule maison à intérêts 100 p.cent québécois (et sans associés!) à offrir aux Français, avec les mêmes chances, des livres d’auteurs français, des traductions de best-sellers américains (en primeur grâce à notre bureau de New York), et des livres du Québec.L’aventure Nixon Pour passer par la « grande porte », il nous a fallu Nixon.La publication de ses Mémoires étai^ unanimement convoitée par les plus grandes maisons d'édition françaises.Dès ce moment, nous avons saisi l'occasion d’entrer dans la course qui nous hissait à la hauteur de nos confrères établis.La concurrence était serrée, mais nous l’avons gagnée.Le « loup canadien » (surnom donné par la presse française) s’était montré.Dorénavant, il fallait compter avec lui dans la bergerie.L’achat des droits de Nixon fut lourd (le plus haut prix payé au ' cours des dernières années), mais l’impact fut magistral.Pour les Français, nous sommes « les éditeurs de Nixon » et pour eux, c'est tout dire.s Editeurs- journalistes Mais nous sommes aussi les éditeurs journalistes de « livres-événements ».Dans cette veine, nous avons été innovateurs.Les méthodes de travail américaines adaptées au marché français ont été bien accueillies.Les titres les plus remarqués furent « 90 minutes à Entebbe », « Howard Hughes », « Carlos », « L’Enfer de Guyana », etc.La France ne connaissait pas l’« Instant Book », mais elle répondit avec enthousiasme et grand intérêt à ce nouveau genre.Le miracle de l’information « complète et instantanée » trouva écho et grandit encore notre réputation.Le succès n’est pas automatique! Il serait sot de prétendre que la partie est gagnée.Elle se joue tous les jours.Nous sommes conscients plus que jamais des risques Lire en page 3 Un éditeur «dans le coup» par Jean-Louis Morgan en page 5 Grandeurs et manuscrits par Marcel Godin misères des que comporte notre métier.Notre fabrication doit avant tout être rentable, les prix de revient soigneusement étudiés, la commercialisation sans failles.Nous savons qu’à qualité égale, un livre se vendra ou ne se vendra pas en fonction d’un traitement, d'un enthousiasme, d’une impulsion que lui donne l’éditeur.Voilà pourquoi notre équipe qui connaît bien la différence de sensibilité .entre les deux publics (européen et américain), s’applique tant à épurer nos produits dans l’espoir de les sortir des ténèbres de l’isolement québécois.Elle Québec La réputation acquise grâce au « coup » de Nixon et aux best-sellers des « livres-événements », cautionne notre maison et cautionne aussi nos auteurs.Elle nous permet d’introduire, de réaffirmer ou de soutenir tous les livres de notre production.C'est ainsi que par l’ouverture d’un monde élargi de lecteurs et d’auteurs, nous pouvons affirmer davantage notre réalité québécoise.Pour mémoire, rappelons-nous les quelques œuvres avec lesquelles nous croyons avoir contribué à l’enrichissement du patrimoine culturel québécois.Celles de Robert Choquette, Yves Thériault, Marcel Godin, Claude Jasmin.François Hertel, Jacques Grand’Maison, Roch Carrier, Hector Grenon, Marie-Claire Blais, Gabrielle Roy, Lionel Groulx, Claude-Henri Grignon, et bien d’autres.Il faut ajouter à cela la série d’albums d’art consacrée à Jean-Paul Lemieux, Marc-Aurèle Fortin, Borduas, Suzor-Coté, lacurto, Edmond J.Massicotte, Hugh John Barrett et Gilles Vigneault.Rappelons aussi la création de la nouvelle collection en format de poche, grâce à laquelle nous avons pu mettre à la portée de tous un certain nombre d’œuvres maîtresses du Québec: « Un homme et son péché », « Bonheur d’occasion », « Cet été qui chantait ».« La montagne secrète », « Notre maître le passé », etc.Dans nos projets immédiats, signalons la reprise en format de poche dans la collection Québec 10/10, de l'œuvre complète de Gabrielle Roy, la réédition des célèbres « Pamphlets de Valdombre » (Claude-Henri Grignon), le journal inédit de « Radisson » et une « Anthologie de la poésie québécoise ».Comme dit un slogan bien connu: « QUÉBEC SAIT FAIRE! » INTERNATIONAL Montréal 9 2100, rue Guy, Montréal, Québec, Canada H3H 2M8 Paris, 6 rue St-Florentin, 75001 Paris - France New York, 381 Park ave.South - suite 1601.Ny.Ny 10016 Maquette: Claude Fleury r Stanké Publi-reportage printemps 1979 INTERNATIONAL Nous sommes 17 dans 3 pays et nous publions 60 livres STANKE par année.¦ ?La vie quotidienne chez Stanké .'l/UL x Ai * Lundi matin, le patron est là, déjà installé à sa table de travail après une marche de trente minutes pour se rendre au bureau, bravant les intempéries, le froid mordant d'un hiver rigoureux.Un générateur d’énergie, le patron.Le weekend a été fructueux, il a mille idées en tête.À la réunion de production, si une idée est -mise jde côté, ça n'a pas d'importance, -il en a dix, vingt, cent, sérieuses et farfelues.Un concepteur, le patron.Chaque jour de la semaine est un lundi pour lui.Marcel Godin apporte des suggestions et les .séances de conception se terminent sur: Ja découverte d'un nouvel auteur, un coup de fil à un habitué de la maison qui n'a pas donné signe de Ivie depuis un moment et qui a ^sûrement un travail en marche, une manchette ou un entrefilet dans les journaux qu'on ne peut passer sous silence, la confirmation d'un best-seller américain dont il faut faire profiter les lecteurs francophones.Lynn Franklin, à New York, est toujours à l'affût des nouveautés.Ses nombreuses entrées chez ;les éditeurs américains lui permettent d'avoir le premier choix pour les droits de traduction de sujets d'actualité et de livres dans le vent.Diane Huntzicker l’assiste dans son travail.Le consensus est fait, la machine est en marche.Le principal intéressé: l'au-;teur, le rédacteur, _ le traducteur; •lin contrat signé, un manuscrit iqu'on nous promet pour une date ^bien précise, un échéancier aussitôt établi par Annie Creton, directrice de la fabrication, à la mémoire 'si renversante que même si elle ne •notait pas tous les détails, elle pourrait nous donner les dates précises d'entrée et de sortie des manuscrits pour les soixante titres qui paraissent chaque année.Une révision, deux révisions et le correcteur a en main le manuscrit pour préparation avant la composition.Eric Ghedin, l'indispensable administrateur^ en deux temps, deux mesures et quelques notes sur la machine à calculer, établit les prévisions budgétaires.Le format du livre, le caractère sont choisis.Et allez.à la compo.deux semaines.mais monsieur Dubord si vous pouvez faire plus vite, tant mieux! Les premières épreuves; l'auteur, s'il y a lieu, et le correcteur sont convoqués.Trois jours, c est bien peu mais le temps court.Les corrections faites, la mise en pages revient après une semaine et de nouveau, auteur et correcteur se mettent à la tâche.Entre-temps les autres membres de l'équipe ne chôment pas.Francine Guilbeault, secrétaire de monsieur Stanké, laisse rarement reposer sa machine à écrire.Il a bien des chats à fouetter, le patron.et avec ça exigeant.Malgré ses colonnes de chiffres et ses ordinateurs, Johanne LeBlanc est le bon chien de garde et il n'y a pas un livre qui quitte la maison sans qu'elle ne le sache.À la réunion de production, Jacques Robert est mis au courant des titres et des sujets à venir et chacun apporte des suggestions pour la conception de la couverture, tout en laissant .à Jacques la latitude nécessaire à la création d'une enveloppe dTgne de son contenu.Et depuis le début, en suivant les différentes étapes de conception et de fabrication, je pense à la façon la plus originale possible de faire connaître le livre, aux points susèeptibles de captiver l’intérêt des lecteurs, à la facilité de Fauteur pour parler de son livre à la radio, à la télévision, dans les journaux.Avec Micheline D’Aragon, une assistante ordonnée comme il ne s'en fait plus, nous préparons les communications concernant chacun des titres à paraître.Micheline suit au jour le jour, les déplacements des auteurs comme sur un échiquier.La mise en pages est acheminée chez l’imprimeur, la séparation de couleur de la couverture aussi L.fc %.l'X S) et le « TOURNEZ » est donné aux presses.Monsieur Bolduc a promis et il fera tout en son pouvoir pour respecter la date dé parution.Vite un télex à Sophie Robert, directrice à Paris, pour lui annoncer la date d'arrivée des livres qui seront distribués en France.Cécile Gateff, attachée de direction, Aude Gilbert, secrétaire, et Martine Le Normand, attachée de presse, sont là pour l’assister dans le travail de promotion, publicité ef tout ce qui entoure la parution d'un nouveau titre.Vendredi matin, le dernier né est là.Annie en fait consciencieusement la distribution.« C’est le plus beau, le plus réussi, il n’attend que le moment de faire son entrée dans le monde! » L'auteur s'amène, regarde, soupèse, tourne et retourne et rougit de plaisir et de fierté.Les dédicaces sont gentilles, personnelles et toute l’équipe est ravie.Il n’y a pas de routine chez Stanké.Chacun des livres est différent.apporte ses problèmes, ses joies.Chacun est traité comme s'il était l'unique parution de la maison.Tous les membres de l'équipe sont conscients de cette importance et consacrent temps et énergie à sa création.Et quand la tension monte trop, une bouteille de vin dégustée autour d'une table ronde vient détendre l’atmosphère et redonner force et entrain à une équipe jo-< yeuse et dynamique.Denise L.Bissonnette Adjointe à l'éditeur Comment réussir et vivre heureux auCEGEP Voilà tout un programme que suggère Jean Lanoix, ex-cégépien sorti enrichi de cette expérience d'apprentissage de la vie.Depuis quelques années, les media d’information et l'opinion populaire se montrent plutôt néga-/ tifs envers les cégeps du Québec.Pourtant le cégep demeure un milieu de vie favorisé.En relevant les neuf caractéristiques communes des étudiants qui ont réussi et vécu heureux au cégep.Fauteur prouve qu'il connaît son sujet.Il s'attaque ensuite a la « distribution et planification de son temps », une méthode qui s'avérera utile tout au long de la vie.II nous parle des objectifs généraux qu'une certaine attitude en classe permet d'atteindre.Il explique l'importance des notes de cours, de lecture et de travaux de recherche et suggère un système efficace de compilation et de classification.Puisqu'il faut passer des examens, il est bon de savoir s'y préparer par l'étude et savoir répondre aux différentes sortes de tests.La documentation et la lecture sont des atouts précieux pour compléter les cours magistraux.Quoi lire et comment lire pour que les, travaux de recherche et les exposés oraux reflètent le sérieux et l’enthousiasme de leur aute.ur.Dans « COMMENT RÉUSSIR ET VIVRE HEUREUX AU CEGEP », Jean Lanoix fait profiter de son expérience tous les cégépiens actuels et futurs.Il répond clairement aux problèmes qui se posent à l'étudiant.Il lui suggère des méthodes claires, précises pour mener à bien cette période de vie qui servira de tremplin à la réalisation de ses aspirations et à l'épanouissement de sa personnalité.Jean Lanoix le prouve: il est possible de réussir et de viêre heureux au CEGEP.DERNIÈRE HEURE Marcel Godin, conseiller littéraire aux Éditions internationales Alain Stanké se voit décerner une bourse du Conseil des Arts du Canada qui lui permettra de continuer son travail d’écrivain de plus en plus connu et apprécié.Bravo Marcel! Le livre « Otages » de Claude Poirier dont la parution avait été retardée par une ordonnance de la cour est maintenant en vente partout.Un best-seller qui passionnera les amateurs d’actualités policières.Le dernier best-seller de Roch Carrier: « Les enfants du bonhomme dans la lune » sera traduit et diffusé en anglais par House of Anansi Press de Toronto.De même la maison McClelland, Stewart a acquis les droits de traduction de « Ces enfants de ma vie » de Gabrielle Roy.A\am Stanké EDITEUR Éric Ghedin .TEUO Denise L.Bissonnette ADJOINTE A L EDITEUR Droits de presse, relations publiques Stankg Stanké Pierre Racine ASSISTANT DIRECTEUR Stankg U Marcel Godin CONSEILLER LITTERAIRE Stanké Annie Creton DIRECTRICE DE LA FABRICATION Stanké Micheline D'Aragon ASSISTANTE AUX RELATIONS PUBLIQUES Stanké Francine Guilbeault SECRÉTAIRE DE L ÉDITEUR X • Stanké Johanne LeBlanc COMPTABLE Stanké Jacques Robert GRAPHISTE Stanké MONTRÉAL B Jrs fi [ Sophie Robert Cécile Gateff DIRECTEUR GENERAL ATTACHÉE PARIS DE DIRECTION PARIS Stanké Stanké Martin® Le NTtw dé p*' Norm and prancis Bail® .tteret PAR'S 0'BE£CT%» c0^ 0uV>'B" jean .Man® 00 ^°'B Aude Gi,t>er1 5E PAB'S PARIS NEW YORK Stanké LA BONNE IMPRESSION .GRÂCE A LA QUALITE DE SON IMPRIMEUR imprimerie gagne Itëe n t # Publi-reportage printemps 1979 INTERNATIONAL Vous avez un bon manuscrit, soumettez-le-nous Un éditeur « dans le coup » Ancien compagnon d'armes d'Alain Stanké, à l'écart des passions qui agitent le monde du livre, le journaliste et éditeur Jean-Louis Morgan nous parle de l’esprit d'innovation qui animait et anime toujours le fondateur de Stanké International.Après avoir passé dans le milieu de l’édition québécoise plusieurs années que je considère parmi les plus fructueuses de mon existence, je caresse souvent le projet de raconter les êtres singuliers que j’y ai croisés, les pratiques tribales dont j’ai été témoin, les amitiés que j’y ai tissées.Peut-être céderai-je un jour à la pulsion de les décrire.Ayant eu l’honneur de travailler avec Alain Stanké, l'un des éditeurs les plus prolifiques (qui se double d’un innovateur forcément controversé), moi-même communicateur de profession œuvrant dans des sphères éloignées des locomotives de l’édition, j'ai cru bon de livrer ici un simple témoignage sur le rôle qu’un homme comme Stanké a pu jouer dans le merveilleux caravansérail qu'est cet univers où la pensée se concrétise sous la forme d’un indispensable parallélépipède rectangle: le livre.Un peu d’histoire.Depuis la dernière guerre mondiale nombreux furent les éditeurs qui déployèrent des efforts considérables afin de faire aimer la lecture à nos compatriotes.Hommes visionnaires, hommes d’affaires, ils eussent pu se livrer à des occupations combien plus lucratives: la publicité ou la fabrication de charcuterie, par exemple.Pour ce qui est de la gloire, ce « superflu de l’honneur », là encore ils eussent pu entreprendre des carrières moins hasardeuses, car certains éditeurs ont englouti économies et patrimoine dans leur métier et en sont réduits, pour survivre, à monnayer leur talent dans le commerce, l’industrie et les Pouvoirs publics.Pour continuer, il fallait cette indescriptible petite flamme, cet état de grâce qui n’appartient pas à tout le monde.Une génération de pionniers travaillait dans des conditions souvent abominables, devait guerroyer en milieu hostile ou indifférent pour défendre ses poulains, car, en définitive la « clientèle » se recrutait principalement dans les élites traditionnelles, la grande majorité de la population n’accordant qu’une place secondaire à la lecture.On ne célébrera jamais assez son travail de débroussaillage.Vers la fin des années cinquante, le monde québécois de l’édition connut une véritable révolution: celle du livre populaire, que ses détracteurs surnommaient le « livre à une piastre ».11 est vrai qu'il prenait quelquefois la forme d'un opuscule à sensation dont l’archétype était Je suis coupable, de l’Arsène Lupin canadien Georges Lemay.Edgar Lespérance, un modeste imprimeur de la rue La Gau-chetière, en plein faubourg, qui gagnait sa vie en publiant des feuilletons du genre « IXE-13 » ou « Albert Brien, as des espions canadiens français » eut l’idée géniale de fonder une maison d'édition populaire en engageant un journaliste d’action, Jacques Hébert.Ce fut l'époque des Scandale à Bordeaux des Deux innocents en Chine rouge, et, surtout des Insolences du frère Untel, que M.Lespérance avait remarquées dans le Devoir.Ce petit ouvrage, qui constitua l’une des pierres angulaires de la Révolution tranquille, connut, comme chacun sait, un succès de librairie sans précédent.Jacques Hébert décida bientôt de fonder sa propre maison d’édition et le propriétaire des lieux se mit en quête d’un autre directeur.Il retint les services du journaliste Alain Stanké, dont les reportages percutants et les activités télévisuelles étaient très remarqués.Ce dernier développa des domaines livresques peu développés jusqu'alors au Québec *t entra de plain-pied dans un secteur que les Américains exploitaient déjà avec génie: le livre dit « pratique ».Des sujets assez terre-à-terre, d'accord, où les recettes de cuisine et la sexologie tenaient une place de choix.Ce fut l’apothéose du Dr Lionel Gendron, qui, en dépit d'un langage maladroit, savait choisir des termes simples pour s’adresser à un grand public traumatisé par des siècles de contraintes sociales et religieuses.Touche-à-tout inspiré, alimenté par l’audiovisuel et la presse écrite, Alain Stanké publia alors une foule d’illustres inconnus qu’il sortit de l’ombre.Et aussi des talents confirmés.Il ne passait que deux matinées par semaine dans les bureaux des Éditions de l’Homme et si les livres se vendaient gentiment, il n’y avait pas de quoi pavoiser.Edgar Lespérance disparut.Son fils Pierre reprit l’affaire et lui donna une impulsion sans précédent.Alain Stanké, nommé directeur général à temps complet, bouleversa toutes les règles et restructura l’entreprise, non selon des règles administratives papelardes, mais selon la théorie des task forces.Des commandos, en somme.Chaque personne avait des tâchés bien définies, complémentaires, mais pouvait être affectée à d'autres secteurs lorsque le besoin s’en faisait sentir.Cela permettait aux cadres et employés de s'impliquer pleinement dans une foule de projets.Cette politique dynamique fut remarquée des auteurs, qui ne tardèrent pas à affluer dans la maison.Elle se constitua ainsi un fonds d'édition qui devait lui permettre de poursuivre ses activités jusqu’à ce jour.La scolarisation plus poussée de la population fit le reste.De nombreuses innovations virent le jour, notamment la coédition avec de grandes maisons européennes.Cette coédition, au début, prit la forme de la « queue » de tirage: un livre, imprimé en France à 20,000 exemplaires, faisait l'objet d'un tirage supplémentaire de 5,000 exemplaires, avec une couverture spéciale pour le Québec, un peu comme aujourd’hui VExpress ou le Nouvel Observateur nous collent un René Lévesque ou un papillon « Spécial Visite Barre au Québec » pour accrocher notre clientèle.Réalisant que cette politique ne faisait guère travailler nos gens, Alain Stanké innova en achetant la « matière grise » en Europe et en imprimant au Québec, après les modifications d’usage sur le texte.L’industrie graphique québécoise lui en est pour toujours reconnaissante.Cet arrangement offrait d’autres avantages: les livres, européens à l’origine par le fond et la forme, ne coûtaient pas plus cher au Québec que les volumes importés et leurs lecteurs les obtenaient pratiquement en même temps.Tout le monde y trouvait son compte.Cette coédition eut sa contrepartie en Europe: on trouva des livres québécois sur le Vieux continent.C’est ainsi qu’un voyageur peut voir d^s ouvrages d’Antoine Desilets et autres auteurs à succès dans une librairie de Lille, dans le Nord de la France, comme à la FNAC Paris-Montparnasse.Un ouvrage d’éducation sexuelle, La Merveilleuse aventure de la naissance, du Dr Gendron, se vendit en coédition à des dizaines de milliers d’exemplaires dans la francophonie.La qualité était là.Québécois ou non, les bons livres se plaçaient partout où l’on parlait français.Pendant ce temps, ici, de graves théoriciens pleuraient sur l’impossibilité de vendre du livre québécois dans la francophonie.Cette attitude exportatrice fit des petits.Des maisons québécoises de manuels scolaires vendent actuellement une foule de titres en France et ce, sans complexes: si le livre est bon.la clientèle est là et personne ne demande la nationalité des auteurs.La Presse, aux prises avec des conflits endémiques de rédaction, désirait diversifier ses activités.Elle fit appel à Alain Stanké pour fonder une nouvelle maison d'édition.Stanké accepta et entraîna deux de ses adjoints dans l’aventure.J'en fus.Un mois après notre engage- ment, une grève (ou un lockout — tout dépend de quel côté de la clôture on se place) éclata.C’était à la fin de 1971.C'est dans des conditions très difficiles que les Éditions La Presse furent lancées.Au printemps de 1972, Roger Lemelin assuma la présidence du journal.Stanké se surpassa en attirant à Montréal une foule d’auteurs européens: Hervé Bazin, Han Suyin, Jean Carrière (prix Goncourt), Louis Pauwels.La coédition reprit de plus belle.Nombre d’auteurs suivirent Stanké, dont Jacques Duval.Là encore, il y eut une foule d’innovations et la création d’un fonds d’édition important qui permit à cette succursale de La Presse d’effectuer la triste « traversée du désert » survenue à la suite de la malheureuse expérience qui suivit le départ de Stanké.Stanké prit l'initiative de démarrer sa propre affaire, en plein marasme économique, en pleine stagflation ».Mon association avec lui prit fin et nos routes se séparèrent.Ce diable d’homme, après s’être associé à des groupes aussi considérables que Hachette, le New York Times (Quadrangle Books) et Unimédia.parvint à racheter ses actions.Aujourd'hui, il est seul à administrér son entreprise 100 p.cent québécoise, avec le succès qu’on lui connaît et des têtes de pont à Paris et à New York.On le voit une journée chez l’ex-président Nixon, l’autre chez Trudeau, chez les pontifes de la Télévision française ou dans les cabinets ministériels québécois (il fut celui qui publia le premier, en 1968, ce qui devait se révéler la Bible du P.Q., Option Québec, par René Lévesque).Il est là où les choses se passent, en vrai journaliste.D’ailleurs, afin de garder à sa propre entreprise cet esprit « commando », on le voit à la télévision (Radjo-Canada, Télé-Métropole, C.T.V.,), on l’entend à la radio.Bref, Stanké reste dans le coup avec ses activités complémentaires, en recherchant toujours l'aspect positif des choses, en réussissant là où les autres échouent, en « grillant » les hésitants, en dérou.tant les « communicologues » et autres théoriciens du genre.Et, comme toujours, à l’américaine il fonce, il surprend, il bouscule les vieux bonzes comme les « jeunes cadres dynamiques », s’entoure de gens qui partagent sa philosophie et ses méthodes de travail.11 sait s’attacher les auteurs en leur faisant signer des contrats individuels.En d’autres termes, ils demeurent libres de changer d’éditeur en tout temps, ce qui est loin d'être le cas chez les concurrents.Dans un monde de plus en plus sclérosé, fonctionnarisé, soumis à l’arbitraire des conventions collectives, ses méthodes ont vingt ans d’avance, peut-être parce qu’elles remontent à l’époque où les éditeurs étaient vraiment des artisans.Une redécouverte en somme! La France, après l’avoir surnommé méchamment « le loup canadien », lui envoie des auteurs prestigieux qu’il publie dans sa succursale parisienne.Les Américains (qui ne font de cadeau à personne, surtout en affaires) viennent le chercher pour lui proposer leurs derniers titres.Miracle?Certainement pas.Si en quatre ans Alain Stanké a su conquérir l’une des premières places dans l’édition québécoise en publiant des livres pour tous les goûts, de toutes les tendances, ce n’est pas par simple sens des affaires: c’est en exploitant à son compte cet indéniable talent qui, précédemment, amenait l’eau au moulin de ses employeurs.' Certains ont dit qu’il avait le génie de faire vite ce que les autres font lentement, que grâce à son approche positive de la vie, il avait le don de tout transformer.On dit beaucoup de choses.Mais Stanké ne se discute pas.Comme toute force de la nature, on se contente de le constater.Jean-Louis Morgan UNE NOUVELLE COLLECTION: Les manuscrits autographes 4j| p» 4 ür/ ;• Les Éditions internationales Alain Stanké viennent d’écfiter le premier volume d'une nouvelle collection unique en son genre: « LES MANUSCRITS AUTOGRAPHES » qui, comme son titre l’indique consiste en la publication de véritables manuscrits originaux écrits à la main par les auteurs, reproduits sur papier genre parchemin et présentés sous couverture plastifiée.La calligraphie du texte et une présentation contemporaine confèrent à chaque volume, non seulement un cachet intimiste et personnalisé, mais lui donnent aussi la valeur d'un objet d’art.Tiré à mille exemplaires numérotés, ce genre de livre s’adresse particulièrement à ceux qui aiment les beaux livrqs, aiment les lire et les collectionner.Le premier volume portant le nom même de la collection.MANUSCRIT, est dû à la plume de l’écrivain Marcel Godin à qui l’on doit déjà, chez le même éditeur, un recueil de nouvelles intitulé CONFETTIS et d’autres ouvrages qui ont fait l’unanimité des critiques et des lecteurs tant canadiens qu’européens.Les Éditions internationales Alain Stanké peuvent-déjà annoncer, dans la même collection, la parution prochaine d’une œuvre de l’éminent écrivain américain Henry Miller et de l’écrivain français, Bernard Clavel.De plus, à une œuvre d’un écrivain canadien-fran-çais en alternera une autre d’un écrivain de renommée internationale et d’expression française.La collection récit Pauline # Cadieux jEÜ FLORA rédt Stanké » Flora « Qui s’est occupé de savoir si j’étais heureuse ou non?Votre monde a-t-il parlé à mes parents pour leur démontrer que le bonheur j’y avais droit et qu’il fallait me donner une chance quand c’était le temps, de m’en donner une?Non.Est-ce que quelqu’un s’est occupé de moi pour me protéger contre ce salaud qui me l’a fait, cet enfant-là?Non, c’est mon propre frère, qui ne voulant pas m’hiverner, m’a poussée dans ses bras.Eh bien, moi, je le garde mon enfant, contre le monde, votre monde, je vais l’élever moi-même, et je saurai bien le rendre heureux en profitant de mon expérience à moi.Si vous gardez cet enfant, vous ne pourrez jamais vous marier! Il va vous nuire considérablement dans la vie, de toute manière.Vous n’êtes qu’une enfant encore, vous avez de longues années de bonheur devant vous.» Hélène Rioux J’ELLE récit Stankg J’ELLE « .bien que vaincu, son corps résiste pourtant à l'assaut avec une ardeur désespérée.Il s’est fermé à jamais, semble-t-il.Et cette résistance excite l’homme encore plus que les larmes.Il fonce, il force la porte, il donne des coups, il écarte, il déchire, il démantèle, il ne veut plus attendre, il exige la reddition totale.L’enfant souffre, l'enfant demande grâce.»• Cogne la caboche Sœur Anna?Sœur Anna?Où êtes-vous?Dites-moi où je puis vous retrouver ce soir?Dites-moi ce que vous faites, à quoi, à qui vous pensez?La rencontre de cet après-midi, l’avez-vous déjà complètement oubliée?A-t-elle suffi à troubler un peu la jeune femme sérieuse et secrète que j’ai reconnue après toutes ces années?J’essaie de vous imaginer derrière ces murs de pierre, dans ces corridors froids, au milieu de ces femmes dont je ne sais rien, sinon qu'elles paraissent aigries et inhumaines?Sœur Anna, puis-je, sans vous offenser, penser à vous comme à une femme?Trouveriez?vous sacrilège que je dise tout bas, devant cette image que j’ai devant les yeux depuis exactement midi cinquante aujourd’hui, que vous êtes belle, plus belle encore qu’autre-fois lorsque vous aviez surgi au bout d'une allée, dans ce jardin que je n’ai jamais vécu?Sœur Anna, sœur Anna.Pourrai-je, un jour, vous donner un autre nom?Gabrielle Poulin Vontre de son ei'A.'UiHi:, de plural fou: dVui :ht COGNE LA CABOCHE Stankg Stanké CANADA TOUT COWiM^ t INTERNATIONAL Publi-reportage printemps 1979 Les livres d’art un placement sûr ¦ 4 LIVRES D’ART Jean-Paul Lemieux Guy Robert Grand prix littéraire de Montréal Vous n’aurez pas UN Lemieux, vous les aurez tous! « Une remarquable réussite technique, tant par le soin de la mise en page que par le contenu iconographique très vaste » Jean Basile, Le Devoir I1IRGIT 'GILLES VIGNEAULT Album de luxe 350 reproductions / 24 planches couleur / 1 hors-texte tirage limité: 5000 exemplaires numérotés 303 pages / $50.00 Natashquan, le voyage immobile Gilles Vigneault Anna Birgit Renaissance par l'écriture et l'image d’un village au bord de la mer.En 73 photos et 18 poèmes, Gilles Vigneault et Anna Birgit ont su rendre, cet univers gris-blanc, la transparence perlée des maisons sur la côte.$9.95 coédition / Nouvelles Éditions de l’Arc O** ¦ le voyage immobile À l’encre blanche Gilles Vigneault Illustrations de Hugh John Barrett L’écriture, la parole, la musique, l'illustration de l'univers ensorcelant A Tencre du poète.blanche Cet album de luxe comprend un recueil de 23 poèmes inédits, 14 des- sins de Hugh John Barrett et un microsillon de ces mêmes poèmes dits Gilles Vigneault par Gilles Vigneault, musique de Gilles Vigneault.Hugh Jdlni Rarrett tirage limité: 3000 exemplaires, tous numérotés * 1 96 pages / $39.95 coédition / Nouvelles Éditions de l’Arc 0*^ Marc-Aurèle Fortin L’homme à l’œuvre Guy Robert Le récipiendaire du Grand prix littéraire de Montréal 1976 signe ùn deuxième album de grand luxe consacré au peintre Marc-Aurèle Fortin.Pour l’auteur « MARC-AURÈLE FORTIN a poussé jusqu’au vertige des abysses sa passion de la peinture, en une quête exclusive et farouche, bien au-delà des faciles succès, des occasions profitables et de terribles épreuves.» 203 reproductions / 24 planches couleur tirage limité: 3000 exemplaires numérotés 304 pages $60.00 R Borduas Le dilemme culturel québécois Guy Robert Le monde de Borduas avec une recherche particulière de Ficono-graphie.Album de luxe numéroté / tirage limité: 3000 exemplaires plus de 150 photos noir et blanc / 24 planches couleur 256 pages / $60.00 Ednjond-Joseph Massicotte Les œuvres du célèbre illustrateur, avec des textes de présentation de Hector Grenon.Reproduction de gravures et d’esquisses $24.95 Suzor-Côté Hugues de Jouvancourt Découvrez cet homme d’une autre dimension, peintre, sculpteur, pastelliste, meneur du fameux « Groupe des Sept » tout au long des pages d'un ouvrage de luxe.Album de luxe numéroté / tirage limité: 3000 exemplaires illustré de 185 reproductions / 30 planches couleur $65.00 lacurto Francesco lacurto Album d’art de grand luxe traitant de la vie et de l'œuvre du peintre québécois d'origine italienne Francesco lacurto.Tenant de Fart ligu-ratif.l'artiste raconte les grands moments de sa vie et de son cheminement.relié / tirage: 250 exemplaires numérotés et signés par l'artiste lithographie originale numérotée et signée / 46 planches couleur $450.00 •Üi P- GUIDE TOURISTIQUE DU QUÉBEC Un outil indispensable pour qui veut connaître, redécouvrir ou parcourir le Québec • les circuits touristiques de toutes les régions du Québec • la distance • la population • l’historique • les attraits • les monuments historiques • les équipements sportifs • les manifestations • les activités ^ • les particularités • les hôtels et les motels • les campings • les restaurants • les bureaux de renseignements Pour tous les villages et les villes du Québec PARTOUT DOCUMENTS ! INTERNATIONAL Cent sur cent Publi-reportage printemps 1979 Collection Québec 10/10 ê-«.*7»n2sS mm FRANÇOIS RICARD est l'auteur d'un ouvrage consacré à Gubrielle Roy dans la collection Écrivains canadiens d'aujourd'hui.Aux Éditions Stanké il sera responsable dorénavant de la réédition des œuvres de Gabrielle Roy dans la collection Québec W/IO.Il explique ici l’importance que revêt la publication, en format de poche, des ouvrages de cet auteur.Les étudiants et le public lecteur du Canada anglais avaient depuis longtemps un grand avantage sur nous: celui de pouvoir se procurer presque toute l’œuvre de Gabrielle Roy en livre de poche, grâce à la New Canadian Library de McClelland ans Stewart où ont déjà paru les traductions anglaises de Bonheur d'occasion, La Petite Poule d'eau.Alexandre Chenevert, Rue Deschambault, La Montagne secrète et La Rivière sans repos.Pour moins de onze dollars, on achetait donc à Toronto des textes qui.dans leur version originale en français, en coûtaient à peu prés trente-cinq à Montréal.À cette situation pour le moins anormale, la réédition en 10/10 de l’ensemble de l’œuvre de Gabrielle Roy, entreprise il y a un an et demi, met un heureux terme.En plus de Bonheur d’occasion, en effet, sont maintenant disponibles en format de poche Lu Montagne secrète et Cet été qui chantait, auxquels s’ajouteront bientôt Alexandre Chenevert, La Petite Poule d’eau et La Rivière sans repos, puis, il faut le souhaiter, les deux ouvrages de souvenirs fictifs.Rue Deschambault et La Route d'Altamont, et même, pourquoi pas, les recueils plus récents.Un jardin au bout du monde et Ces enfants de ma vie.Il était plus que temps que ces rééditions voient le jour et que les textes de Gabrielle Roy se mettent à circuler vraiment dans tous les milieux, non seulement à cause de leur très grande qualité mais aussi parce que Gabrielle Roy fait aujourd'hui.et d’emblée, figure parmi nous de classique.Or dans une société comme la nôtre, s’il est un trait qui définit l’auteur ou le texte « classique ».c’est bien —d’un point de vue strictement matériel — qu'il est à disposition, c’est-à-dire, pour être plus précis, qu’il ne coûte pas cher et se trouve partout.Mais de tous nos classiques, Gabrielle Roy restait encore à peu près le seul onéreux.La réédition de ses œuvres en lO/K) lui rend donc simplement justice, comme elle rend aussi justice à ses lecteurs, présents et futurs Autre trait d'une œuvre classique: elle forme un tout entièrement présent, dans son ensemble comme en chacune de ses parties, c'est-à-dire qu'elle échappe en quelque sorte à Lépoque qui l'a vue paraître pour la première fois et continue à vivre même quand cette époque semble s’éloigner, et d’autant plus, irait-on jusqu’à dire, que cette époque s’éloigne.Dans le cas de Gabrielle Roy, cela s’était produit d'une façon remarquable pour Bon- heur d’occasion, qui est aujourd’hui dans toutes les mémoires, dans toutes les consciences de lecteurs québécois et ne cesse d’être lu et relu de toutes parts.C’est pourquoi la réédition de ce roman en format de poche s'imposait: elle ne fait même, au fond, que reconnaître un fait accompli.Mais pour les autres volumes aussi, il importait de les rendre à nouveau vraiment disponibles, car leur actualité n'a pas du tout diminué depuis leur date de première parution, elle a même augmenté et continuera encore de le faire dans les années qui viennent.Par exemple: on sait l'immense succès si justement remporté par Ces enfants de ma vie; or ce succès, dans une certaine mesure, illustre en même temps la présence toujours vivante que doivent avoir et qu'ont en effet des livres comme La Petite Poule d'eau, Rue Deschambault ou Cet été qui chantait, livres qui appartiennent au même univers mental et poétique que Ces enfants de ma vie.C'est pourquoi un lecteur, mis en branle par sa lecture de Ces enfants de ma vie, doit pouvoir la prolonger et la renouveler dans la lecture des autres œuvres, plus anciennes par leur parution mais tout aussi jeunes, toujours aussi nouvelles par leur qualité d'écriture et leur pouvoir d'enchantement.Présentement, le lecteur dispose, en 10/10.de trois ouvrages.Déjà, à eux seuls, ces trois ouvrages forment un ensemble hautement représentatif, puisqu'ils appartien- La collection au format du livre de poche Québec 10/10 (dix sur dix) veut présente/ les œuvres intégrales de tous les auteurs confirmes de la littérature québécoise.Par sa présentation soignée et son prix très abordable (de $2.95 à $3.95, selon le nombre de pages), cette collection saura, tout en mettant la littérature à la portée de tous, constituer une bibliothèque de valeur.nent respectivement aux trois grandes périodes de l'œuvre de Ga brielle Roy: Bonheur d’occasion est son premier livre (1945).Cet été qui chantait l'un de ses der niers en date (1972).et La Monta gne secrète' un livre de sa période intermédiaire (1961).Cet ensemble est aussi très varié: un roman social montréalais, un recueil d’instants poétiques ayant pour décor le Saint Laurent et la nature de Charlevoix, et un roman d'apprentissage se déroulant dans les espaces du Grand Nord et en Europe.Cette variété n'empêche pas cependant que se manifeste partout ce qui.paimi d'autres caractéristiques, fait à 1a fois l'unité de l’œuvre de Gabrielle Roy et son irréductible unicité: sa puissance dans l’expression et la transmission du sentiment, puissan ce qui atteint peut-être son point le plus haut dans Ces enfants de ma vie, mais qui se manifeste également de façon éclatante dans tous les autres li' res et distingue peut être le plus sûrement l’œuvre de Gabrielle Roy de toutes les autres.Il est extrêmement difficile, en effet, et souvent même périlleux pour une écriture de se fonder pra tiquement sur la pure émotion, sans sombrer dans la sensiblerie et la facilité.Or l’écriture de Gabrielle Roy — et je pense que les criti ques.s’ils se détournaient de leurs futilités, pourraient approfondir ce phénomène réussit ce tour de force, de s'ouvrir pleinement, profondément, au monde du sentiment, de s’y livrer.d’\ puiser presque sa seule nourriture, mais de la faire avec une rigueur exemplaire, ce qui la prémunit contre toute forme de sentimentalisme, qui est.sinon le contraire, du moins très différent du sentiment véritable.Celui-ci.comme cela se passe chez Gabrielle Roy.n’empêche ni l’ironie ni le détachement, mais il les inspire.Il n'est jamais un aveuglement, mais bien une autre façon de voir et d écrire, un « regard du cœur ».au plein sens de ces deux mots.Lire Gabrielle Roy.c'est donc entrer dans une relation avec le monde qu'interdit le plus souvent notre expérience ordinaire, car c'est une relation fondée d'abord et avant tout sur le libre débordement du sentiment, sur l'entier consentement à cette puissance dont, dans la vie commune, nous nous méfions parce qu elle nous rend terriblement vulnérables: l'émotion.N’est-ce pas là d'ailleurs ce qui explique le singulier attachement qui portent à l'œuvre de Gabrielle Roy.depuis tant d’années, le public et la critique?C'est que cette œuvre, en chacune de ses pages, nous réconcilie avec notre propre vulnérabilité.Erançois Ricard Grandeurs et misères des manuscrits par Marcel Godin, conseiller littéraire Un professeur de littérature confiait tout récemment, lors d’une interview à la radio d’Etat, qu'il avait envoyé ses élèves,* par-groupe de deux, s'enquérir auprès des éditeurs des démarches à faire et du processus à suivre pour publier un roman non encore écrit, mais qu’ils songeaient écrire un jour.Or, en écoutant cette interview, je me suis mis à rire en me souvenant qu'il y avait déjà quelques semaines deux farfelus sympathiques s'étaient présentés à nos bureaux munis d’intentions semblables et demandaient moult conseils, mais si imprécis, si vaguement formulés que je me .suis demandé en mon for intérieur d’où tombaient ces deux jeunes hommes et s’ils ne se payaient pas ma tête.J’ai répondu au mieux à toutes leurs questions, avec ce préjugé favorable de rigueur en édition et j’ai pris congé d’eux avec un certain étonnement, le sourire aux lèvres, en leur souhaitant la meilleure chance du monde, l’inspiration généreuse des muses dt tutti quanti.Heureusement, que j'ai écouté l’interview du professeur de création littéraire.J’ai compris ce que je tardais à comprendre.Peut-être même que mes visiteurs étaient de ses élèves et j’appris que certains d’entre eux avaient donné suite à leurs démarches et s'étaient sérieusement mis à écrire leur roman.Ainsi, la visite de mes deux aspirants-écrivains prenait soudain une tout autre dimension et.non seulement j'essayais de me rappeler leurs questions, je m'interrogeais sur la pertinence et la justesse de mes réponses.L’un voulait écrire un roman qui révolutionnerait l’édition: l’autre avait une idée non moins géniale; les deux prétendaient aussi pouvoir illustrer leur œuvre et y joindre quelque photographies.mais ni l'un ni l’autre ne m’ont parlé du sujet de leur roman, des thèmes qu’ils voulaient développer, de la forme ou du style.Us ne parlaient que des démarches à suivre et de certaines techniques.Or.c'est simple, dis-je.tout éditeur publie ce qui est publiable, peu importe le sujet, le genre, dans la mesure où il y a rentabilité éventuelle pour l’auteur et pour sa maison d’édition.Un roman, des contes, des nouvelles, des ouvrages sociologiques, ou de.psychologie, d'autres d'intérêt politique, voire des recettes.Il ne demande qu'une chose: que le produit soit de qualité, comme l'œuvre de Mme Gabrielle Roy, personnel, comme l'œuvre de Roch Carrier, transcendant, comme l'œuvre de Jacques Grand’Maison, original, comme l’œuvre de Marié-Claire Blais, etc.Et tant mieux si.parfois, on lui présente de quoi sauter au plafond, rire aux larmes ou pleurer d’émotion, la maison est ouverte même aux génies, quoiqu’ils ne se montrent pas le nez aussi souvent qu’on le souhaiterait.Ainsi, dis-je.à mes interlocuteurs, écrire un livre, c'est une chose, le faire éditer, en est une autre, mais il faut d'abord commencer par l’écrire.— Et après?demanda l’un des garçons.Après, il faut, il semble, faire usage de l'autocritique, corriger, faire lire à d’autres en qui vous avez confiance et qui peuvent par leurs conseils vous éviter peut-être de soumettre un manuscrit qui sera refusé au premier coup d'œil parce qu’il n'est pas soigné, non dactylographié et autres raisons du genre.— Et après?de demander l’autre garçon, 11 n’y a plus d’autres après.Si volts êtes sûr de votre talefit.de la qualité de votre œuvre, vous le soumettez, et un comité de lecture le lira et fera ses'recommandations à l’éditeur qui tranchera la question puisqu'il lui appartient à lui et à lui seul de publier ou de ne pas publier.— Et si ça marche?dé renchérir mon interlocuteur le plus bavard.Si c'est accepté, l'auteur sera invité à rencontrer l’éditeur, à discuter du contrat, des modalités, des droits et autres sujets connexes.puis il n’aura plus qu’à signer en n'oubliant pas qu’un éditeur est aussi un homme d’affaires que l'éventail de ses activités ne se borne pas à la littérature proprement dite, mais à l’écrit et le tout selon des règles, des lois et une éthique propres à sa profession.— Ça paye, au moins?Chaque fois que j'entends cette phrase, je hausse les épaules.Tout étant si relatif.Comment répondre que ça paye si vous avez du succès, si votre livre se vend bien, si votre œuvre est traduite ou adaptée au cinéma, si c’est un best-seller et ça fait bien des si.mais sachez que vos redevances ajoutai-je seront proportionnelles aux ventes, donc à votre succès de librairie et non à l'éloge de la critique.— Ça prend combien de temps pour publier?Le temps! Écoutez, il faut d’abord tenir compte du calendrier de publication qui est programmé des mois à l’avance.Dans certains cas, pour un livre qui colle à l’actualité, par exemple celui de 90 minutes à Entebbe et L’Enfer de Guyana toute la machine tourne à pleine vitesse, mais ce n'est pas le cas pour l'ensemble des livres et il faut souvent compter entre trois et si>( mois, même plus, pour que le livre soit prêt à être publié et mis en vente.— Oui?Trois mois ou plus?~~ Oubliez-vous qu'il faut soumettre le manuscrit à un réviseur, le préparer pour la composition, revoir et corriger les épreuves, surveiller la mise en pages, s’entendre sur le choix d’un titre, créer la couverture, choisir les caractères, le papier; il y en a des étapes, vous savez! — Ouais, c’est long, dirent-ils.C’est encore plus long d’écrire, répondis-je.Ben.dit le plus dégourdi des deux, on va y penser! C’est ça.ajoutai-je.pensez-y.Mettez-vous au travail et vous reviendrez avec quelque chose de concret, Ça vous va?Ça va.dirent-ils, mais si on fait tout ça pour riçn.si le manuscrit est refusé?Ce n’est pas dramatique! Imaginez tout le plaisir que vous aurez eu à écrire votre livre, la satisfaction que vous en aurez retirée, l’expérience que vous aurez acquise, puis, vous savez bien, en cas de refus, vous pourrez le soumettre à d’autres éditeurs.Par exemple.Don Camillo a été refusé sept fois, Lawrence Durrell aussi a été refusé et combien d’autres auteurs ont connu cette déception temporaire et ont rencontré plus tard le succès et la gloire.Allons, Messieurs, à vos plumes! GUndtRnrisr mbJÏE * • 9 •* Ml'vVK )IR) .S RI( ;î ! A Rh NIXC )N A QUI ¦partir LE CANADA?LES SERVICES SECRETS AMERICAINS Jacques Grand’maison LA NOUVELLE CLASSE ET L’AVENIR DU QUÉBEC mtm ' PCnbcld liCfellKMkl si "t'iliiii T avenir?£ DERNIÈRE HEURE MESRINE, MON AMOUR Un document sensationnel sur la vie sentimentale de Jacques Mesrine par celle qui l'a bien connu Jocelyne Deraîche.Dessins, photos et lettres intimes de Mesrine.Parution en mai.Le populaire roman de Claude-Henri Grignon « Un homme et son péché » publié en format de poche dans la collection 10/10, prendra une toute autre forme grâce aux aquarelles de Jean-Paul La-douceur.En effet monsieur Ladouceur travaille aux illustrations du célèbre roman.Il reconstitue avec la minutie qu’on lui connaît, la maison de Séraphin et les scènes d’autrefois qui feront revivre toute une époque.« Scarsdale: un régime médical infaillible » dont 50,000 copies ont été vendues en 3 semaines aux États-Unis, sera disponible en français chez les libraires dès le début de mai.Un régime révolutionnaire qui vous permettra de perdre 20 livres en 14 jours et vous donnera les conseils judicieux pour ne pas reprendre ces kilos superflus.Juste à temps pour être en forme et en beauté dès Parrivee de la belle saison.Ils seront là bientôt SOLITUDE Huguette H nsi g LETTRES INSPIRÉES PAR LE DÉMON DU SOIR Jean Bourget LE PRINTEMPS DE L’AUTOMNE Céline d'Albrisque CARTER SI, CARTER NO André Halimi LES MILLIARDAIRES Max Gunther JULIA PENTIMENTO Lillian Heilman « SCARSDALE » Le régime médical infaillible Herman Tarnower M.D Samm Sinclair Baker LA TROISIÈME CHANCE Stanley Mann LA NOUVELLE CLASSE ET L’AVENIR DU QUÉBEC Jacques G rand ' Maison ALEXANDRE CHENEVERT Collection 10/10 Gabrielle Roy JE NE SUIS PAS PLUS CON QU’UN AUTRE Henry Miller TERRORISME ET KIDNAPPING Richard Clutterbuck L’ESPRIT QUI GUÉRIT Richard Shanu v.M D Chuck Stei in, M D'H.pour mieux se comprendre et le comprendre LUI pour mieux se comprendre et la comprendre ELLE Robert A.Johnson i Stanké Publi-reportage printemps 1979 INTERNATIONAL La qualité qui s'impose Collection 50/50 Paul Ohl KNOCKOUT INC.(par Paul Ohl) KNOCKOUT INC.est le premier roman de Paul Ohl: un roman-vérité inspiré des milieux de la boxe professionnelle.L'histoire se déroule principalement au Québec, elle est imprégnée d'angoisse, de sueur, de sang; elle est jalonnée de personnages insolites et d'êtres louches qui se côtoient, se heurtent, révent d'amour et tentent la mort.Marco Simon, un campagnard, durement élevé dans la froidure des berges du Saint-Laurent, mal-aimé, solitaire, fraie son chemin à coups de poing.Soutenu par son entraîneur hongrois, Herman Laszlo, aiguillonné par un pro- moteur véreux, Gigi Germain, le jeune bagarreur se lance a la conquête du ring.La naissance du champion passe par la dure loi du talion.KNOCKOUT INC.est écrit dans une langue percutante.Les scènes de combat sont d'un réalisme renversant.KNOCKOUT INC.est un amalgame d'imaginaire et de vérité; une description de la vie d'êtres en quête d’amour, en quête d une parcelle de bonheur.Paul Ohl, reconnu comme un critique international du sport, a publié trois ouvrages depuis 1975; LES ARTS MARTIAUX: L'HERITAGE des SAMOURAÏ (Éditions La Presse, 1975), LA GUERRE OLYMPIQUE (Éditions Robert Laffont, 1977) et LES GLADIATEURS DE L AMÉRIQUE (Éditions internationales Alain Stanké, 1977) '¦îw/'S&Mjf/ ettres inspirées pLîi^e demon du soir Jean Bourget v\ ! * rr Stanké LETTRES INSPIRÉES PAR LE DÉMON DU SOIR Jean Bourget « C'est une grande difformité dans la nature qu’un vieillard amoureux », disait Buffon.Les lettres d'amour publiées par Jean Bourget feraient, si besoin en était, la démonstration inverse.Ce veuf, qu'on nous dit septuagénaire, nous convainc, par la prose délirante quïl adresse à l'élue de son cœur que la jalousie, l'inquiétude, l’envie, l'espoir et la verdeur sont, à tout âge, indissociables de ce merveilleux mal dont, heureusement, les ans ne nous libéreront jamais: l'amour.La plume de « l’amoureux à crinière blanche » a cette même sensibilité de violon que celle d'un adolescent écrivant à l'objet de sa flamme les mots que ses lèvres n'osent lui murmurer.En plus, elle a le talent, le respect de la chose aimée, la délicatesse dans l'expression des espoirs les plus verts, la dissimulation sous l’humour, que confèrent l'expérience et l'âge.Les sentiments seuls sont exprimés au long de ces deux ans d'épanchements épistolaires.Le reste de l’histoire, on le devine! Fripon, le vieil amoureux nous soumet toute la gamme des excuses qu'un homme peut trouver pour écrire à sa belle, même si celle-ci ne semble pas particulièrement sensible à sa prose.Au terme de deux ans de lecture de ces pages brûlantes, la « mule » se laissera-t-elle séduire par le « bouc » masquant mal sa fougue sous l'habileté et la finesse de son style?.r LISTE DES LIBRAIRES OÙ VOUS POUVEZ VOUS PROCURER LES LIVRES PARUS CHEZ STANKÉ C usine .irtoi, es cintres.pour Un, mot ‘et h (testait thérapie Vers une théorie du Self: nouveauté, excitation et croissance Dr FruderlcK Peris, Ph D Ralph E Hefferllnp, Ph D Paul Goodman, Ph D Stankg HuguetteHirsig ASTROFSYCHOLOGIE Les cycles planétaires dans la vie humaine Dsucno (Cf Thi Comillien Houde raconté par Hector Grenon A Montréal le 11 septembre 1958 les drapeaux étaient en berne.Camillien Houde disparaissait et, avec lui, la présence de l’une des figures les plus pittoresques de notre histoire qplitique.Tribun de grande classe, maître dans l art du maniement des foules, il a imprimé sa marque dans la métropole et laissé une empreinte indélébile chez tous ceux qui l'ont connu.Hector Grenon en témoigne.F QUEBEC A L ENSEIGNE OU LIVRE INC.274, rue Beaucage Ville-Vanier, Qué.G1M1H5 LA LIBRAIRIE DE L’ACTION 975 est, boul.Charest Québec, Qué.G1K3K2 LIBRAIRIE CANADIENNE LTÉE 397-399, de la Canardière Québec, Qué.G1L4V8 LE CENTRE DU LIVRE 298, boul.Thériault Rivière du Loup, Qué.G5R 3X0 LE CENTRE PEDAGOGIQUE 2299, Versant nord Sainte-Foy, Qué.G1N4C2 les Editions françaises inc.10, de la Fabrique Québec, Qué.G1R3V7 LIBRAIRIE G.L.ENR.190, Première Rue ouest ^Centre d'achats St-Noël) «tford Mines, Qué.G6C 4Y2 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE Centre d'Achats Les Galeries Chagnon Lévis, Qué G6V 6Y8 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE 47-49, rue Buade Québec, Qué.G1R4A2 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE Place Québec Québec, Qué.G1R2B5 LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Pavillon Pouliot Cité Universitaire Sainte-Foy, Qué.G1K7R4 LIBRAIRIE QUÉBEC INC.1575, 3e avenue Case postale 27 Québec, Qué.G1L 4T8 LIBRAIRIE SELECT ENR.Carrefour Saint-Georges 201, avenue Saint-Georges Saint-Georges-de-Beauce G5Y 5L6 LIBRAIRIE VAUGEOIS 1300, avenue Maguire Sillery, Qué.G1T 1Z3 TROIS-RIVIÈRES LIBRAIRIE BEAUX-LIVRES INC.559 est, boul.Jutras Carrefour des Bois-Francs Victoriaville G6P 7H4 LIBRAIRIE DU CENTRE CATHOLIQUE 254, Brock Drummondville J2C 1M4 LIBRAIRIE COMPTOIR DU CENTRE 350, rue de la Cathédrale Trois-Rivières G9A5L6 LIBRAIRIE DUSSAULT LTÉE Centre d'Achats de Trois-Rivières ouest 4574, boul.Royal -Trois-Rivières ouest G9A4N1 LIBRAIRIE FRANÇAISE ENR.235, Héliot Drummondville J2C 1J9 LIBRAIRIE DU CAP INC.93, rue Fusey Cap-de-la-Madeleine G8T 7W6 LIBRAIRIE CLÉMENT MORIN & FILS LTÉE 4125, boul.des Forges Trois-Rivières ouest G8Y 1W1 LIBRAIRIE POIRIER ENR.1545, rue Royale Trois-Rivières G9A4J9 LIBRAIRIE POULIN 1595, avenue Saint-Louis Plessisville G6L2N1 LIBRAIRIE SAINT-JEAN INC.80 est, rue Notre-Dame Victoriaville G6P 3Z6 LE SERVICE SCOLAIRE ENR.780, Sainte-Cécile Trois-Rivières G9A1L2 LIBRAIRIE SERVISC0 ENR.1, Plaza de la Mauricie Shawinigan G9N 7C1 SHERBROOKE LIBRAIRIE DE LA CITÉ UNIVERSITAIRE Complexe des Sciences humaines Cité Universitaire Sherbrooke J1K2R1 LIBRAIRIE DUSSAULT LTÉE Carrefour de l'Estrie 3050, boul.Portland Sherbrooke J1L1K1 , LIBRAIRIE DES ÉDITIONS PAULINES 250 nord, boul.Saint-François Sherbrooke J1E2B9 LIBRAIRIE G.G.C.LTÉE 475, rue Parc (Résidence) Porte F, local SS5 Sherbrooke J1H 5M7 LA GALERIE DES LIVRES INC.Centre Commercial King 2297, rue King ouest Sherbrooke J1J 2C2 MONTRÉAL AGENCE DU LIVRE FRANÇAIS INC.1249 ouest, rue Bernard Montréal H2V1V7 ARGO BOOK SHOP 1915 ouest, Ste-Catherine Montréal H3H1M3 AUTHIER & FRÈRE INC.261, rue Principale Granby J2G2W2 LIBRAIRIE BEAUCHEMIN LTÉE 385 ouest, Saint-Jacques Montréal, Qué.LIBRAIRIE BERTRAND Place Bonaventure 84 Montréal, Qué.BONDER’S BOOK STORE INC.1188 ouest.Avenue Bernard Montréal H2V1V3 BOOK CENTER INC.5168, Queen Mary Road Montréal H3W 1X5 LES LIBRAIRIES GÉRALD BOYER LTÉE 10, rue Nicholson Valleyfield J6T4M2 CARON UBRAIRIE/BOOKSELLER 251 est, rue Ste-Catherine Montréal, Qué.H2X 1L5 CENTRE ÉDUCATIF ET CULTUREL INC.2075, rue Mansfield Montréal H2J 1J9 LIBRAIRIE CHAMPIGNY INC.4474, rue Saint-Denis Montréal H2X1L5 LIBRAIRIE LE COMPTOIR DU LIVRE INC.548, rue Mondor Saint-Hyacinthe J2S 5A9 LIBRAIRIE DÉ0M LTÉE 1773, rue Saint-Denis Montréal H2X 3K4 DIOCESAN BOOK ROOM La Librairie Diocésaine 1446, avenue Union Montréal H3A 2B8 LA LIBRAIRIE DOUBLE CROCHET INC.Double Hook Book Shop Inc.1235A, avenue Greene Westmount, Montréal H3Z2A4 LIBRAIRIE DUCHARME LTÉE Place Versailles 7275 est, rue Sherbrooke Montréal HI N 1E9 LIBRAIRIE DUSSAULT LTÉE 8955, boul.Saint-Laurent Montréal H2N 1M6 LES ÉDITIONS ARTS, LETTRES ET TECHNIQUES INC.5757, avenue Decelles Montréal H3S 2C3 LES ÉDITIONS FRANCE-QUÉBEC INC.3550 est, rue Rachel Montréal H1W1A7 LES ÉDITIONS LE FURETEUR INC.460, avenue Victoria Saint-Lambert J4P 2J4 LIBRAIRIE DES ÉDITIONS PAULINES 3965 est, boul.Henri-Bourassa Montréal HIH1L1 LIBRAIRIE DES ÉDITIONS PAULINES FILLES DE SAINT-PAUL 4362, rue Saint-Denis Montréal H2J 2L1 LIBRAIRIE DES ÉDITIONS PAULINES 249, rue Parent Saint-Jérôme (Terrebonne) Qué.J7Z1Z8 ÉDITIONS TOURET 1343 est, rue Beaubien Montréal H2G1K7 LIBRAIRIE DES ÉDITIONS VAUDREUIL INC.480, Harwood (Dorion) Vaudreuil J7V 5V8 LIBRAIRIE FIDES 235 est, boul.Dorchester Montréal H2X 1N9 LIBRAIRIE FLAMMARION 1243, rue Université Montréal H3B 3A8 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE 1691 est, rue Fleury Montréal H2C 1T1 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE 573, boul.Henri-Bourassa est Montréal H2C1E2 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE Centre d'Achats Carrefour du Nord Saint-Jérôme J7X 3Y7 LIBRAIRIE GUÉRIN Station Métro-Longueuil 1, Place Charles-Lemoyne Longueuil J4K2T4 LIBRAIRIE LE GOELAND 4900, avenue Verdun Verdun, Qué.H4G 1N3 NICHOLAS HOARE LTD 6340 ouest, Saint-Jacques Montréal H4B1T6 INSTITUT DE RECHERCHES PSYCHOLOGIQUES 34 ouest, rue Fleury Montréal H3L1S9 LIBRAIRIE JAMUNIK ENR.109, rue Champlain Valleyfield J6T 1W9 LIBRAIRIE LARICO INC.13, Place Chambly Chambly J2L2X7 LIBRAIRIE LÉMÉAC INC.371 ouest, Laurier Montréal H2V 2K6 LIBRAIRIE L’HIPPOCAMPE LTÉE 4743, rue Saint-Denis Montréal H2J 2L5 LIBRAIRIE LIDEC 1083, Van Horne Montréal H2V1J6 LOYOLA CAMPUS BOOKSTORE Concordia University 7141, rue Sherbrooke ouest Montréal H4B1R6 LA MAISON DE L'ÉDUCATION 10485, boul.Saint-Laurent Montréal H3L 2P1 MANSFIELD BOOK MART LTD.2065, rue Mansfield Montréal H3A 1Y7 LIBRAIRIE RENÉ MARTIN INC.598, Saint-Viateur Joliette J7E 3B7 McGILL UNIVERSITY BOOKSTORE Librairie de l’Université McGill 1001 ouest, rue Sherbrooke Montréal H3A1G5 LIBRAIRIE MERCIER 103, rue Turgeon Sainte-Thérèse J7E 3H8 MESSAGERIES NATIONALES DU LIVRE INC.10351, boul.Saint-Laurent Montréal H3L2P1 LIBRAIRIE MONTRÉALAISE LTÉE (Montreal Book Room) 1477, rue Mansfield Montréal, Qué.H3A1Y4 POOLE'S BOOK STORE 1479, Mansfield Montréal, Qué.LA PROMENADE ST-JOVITE INC.974, rue Ouimet St-Jovite, Qué.JOT 2H0 LIBRAIRIE RAFFIN INC.6722, Saint-Hubert Montréal H2S2M6 LIBRAIRIE RENOUF LTÉE 2182 ouest, Sainte-Catherine Montréal H3H 1M7 LIBRAIRIE DU RICHELIEU 202, Richelieu Saint-Jean J3B 6X8 LIBRAIRIE RICHER (1977) LTÉE 1400, des Cascades Saint-Hyacinthe J2S 3H5 LIBRAIRIE SAINT-ANTOINE ENR.510, rue Girouard Saint-Hyacinthe J2S 2Y3 LIBRAIRIE SAINT-PIERRE APÛTRE 1085, chemin Chambly Longueuil J4H 3Y6 LIBRAIRIE SAINTE-MARIE INC.(1971) 18 est, rue Principale Ste-Agathe-des-Monts LIBRAIRIE SAINTE-THÉRÈSE, ENR.7, rue Turgeon Sainte-Thérèse, Qué.J7E 3H2 LIBRAIRIE SCOLAIRE CANADIENNE 2244, rue de Rouen Montréal H2K1L5 LIBRAIRIE DU SCORPION INC.Centre d'Achats Champlain 2150, boul.Lapinière Brassard J4W2S9 LIBRAIRIE DU SCORPION INC.Centre Laval 1600, boul.Le Corbusier Laval H7S1Y9 LIBRAIRIE DU SCORPION INC.Centre Langelier 7373, boul.Langelier Saint-Léonard, Montréal SOCIÉTÉ DE DIFFUSION GÉNÉRALE DU LIVRE INC.5140, rue Saint-Hubert Montréal, Qué.H2J 2Y3 LIBRAIRIE SONS ET LETTRES 4100, Wellington Verdun H4G 1V7 LA LIBRAIRIE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 3200, Jean-Brillant Case postale 6128 Succursale A Montréal H3C3J7 LIBRAIRIE VILLENEUVE INC.315, boul.Labejle Galeries Milles-Iles Rosemère J7A 2H7 LIBRAIRIE MARCEL WILKIE INC.89, rue Georges Case postale 456 Sorel J3P5N8 SIR GEORGE WILLIAMS CAMPUS BOOKSTORE Concordia University 1455, boul.de Maisonneuve ouest Momréal H3G1M8 WILSON ET LAFLEUR LTÉE 39 ouest, rue Notre-Dame Montréal H2Y 1S5 AUTRES LIBRAIRIE BEAUDOIN 1827, rue Mont Royal Montréal Québec H2H1J2 BOUTIQUE LETABOURIN 1 Place Longueuil Longueuil Québec J4K2V1 LIBRAIRIE CADET ROUSSEL 3762, rue Masson Montréal Québec H1X1S6 LIBRAIRIE CAMPUS 3921 A, rue Masson Montréal Québec H1X1T3 LIBRAIRIE CARON 251 est, rue Ste Catherine Montréal Québec H2X 1L5 COLE'S BOOK STORE LTD.705 ouest, rue Ste Catherine Montréal Québec H3B 4G5 LIBRAIRIE DES ARCADES 347, boul.Sauvé St.Eustache Québec J7P2B1 LIBRAIRIE DES FEMMES D'ICI 3954, rue Saint-Denis Montréal Québec H2W1E8 LIBRAIRIE DU LION 7957, rue Hochelaga Montréal Québec H1L2K9 LIBRAIRIE DU SAGITTAIRE 1, Place Longueuil Longueuil Québec LIBRAIRIE EATON'S 600 boul.Les Promenades St.Bruno Québec LIBRAIRIE EATON'S 3015, boul.Le Carrefour Ville Laval Québec LIBRAIRIE EATON'S 7695, boul.Les Galeries D'Anjou Ville D’Anjou Québec LIBRAIRIE EATON’S 677 ouest, rue Ste Catherine Montréal Québec H3B3Y3 LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIE 1635, rue St Denis Montréal Québec H2X3K3 LIBRAIRIE FOREST 10693, boul.Pie IX Montréal-Nord Québec H1H 4A3 LIBRAIRIE GAGNÉ 1068 ouest, rue Laurier Montréal Québec H2V2K8 LIBRAIRIE GARNEAU Complexe Desjardins 150 ouest, rue Ste Catherine Montréal, Québec H5B1B5 GRANGER ET FRERES 210 ouest, rue Crémazie Montréal Québec H2P2S4 GUÉRIN ÉDITEUR LTÉE 4574, rue St Denis Montréal Québec H2K2L3 LIBRAIRIE HERMES 1120 ouest, rue Laurier Outremont Québec H2V2L4 LIBRAIRIE HUGO 2735, rue Van Home Montréal Québec H3S1P6 LIBRAIRIE LA BAIE Boul.Les Promenades St Bruno Québec LIBRAIRIE LA BAIE 4150 est, rue Jean Talon Montréal Québec LIBRAIRIE LA BAIE 2435, boul.Rockland Ville Mont Royal Québec LIBRAIRIE LA BAIE Place Versailles 7275 est, rue Sherbrooke Montréal, Québec LIBRAIRIE LA BAIE 1600, boul.Le Corbusier Ville de Laval Québec LIBRAIRIE LA BAIE 386, avenue Dorval Dorval Québec LIBRAIRIE LA BAIE Place Côte Vertu Ville St.Laurent Québec LIBRAIRIE LA BAIE 1510, rue City Councillors Montréal Québec H3A2E9 LIBRAIRIE LAJEUNESSE 9269, rue Lajeunesse Montréal Québec H2M 1S3 LIBRAIRIE LATOUR 7, avenue Vincent d’Indy Outremont Québec H2N 2S7 LIBRAIRIE LAURENTIENNE 1322, avenue de l'Église Ville St.Laurent Québec H4L2G7 LIBRAIRIE LEBLANC 244 est, rue Jarry Montréal Québec LIBRAIRIE LE SCRIBE 2892, rue Goyer Montréal Québec H3S 1H3 LIBRAIRIE LOUKIL 2644, boul.Lacordaire Montréal Québec H1N2M4 LIBRAIRIE MÉLANIE FAURE 5600 est, boul.Henri Bourassa Montréal-Nord Québec LIBRAIRIE MONET 2594, rue De Salaberry Montréal Québec LIBRAIRIE parchemin Métro Berri de Montigny Montréal Québec H2L2C9 LIBRAIRIE PERREAULT 4485, rue St-Denis Montréal Québec LIBRAIRIE PRESSES SELECT 1555 u nst, rue Louvain Montréa.Québec H4N 1G6 LIBRAIRIE QUÉBEC-AMÉRIQUE 1668, rue St-Denis Montréal Québec H2X 3K6 LIBRAIRIE RAFFIN 7870, rue Fleuricourt St.Léonard Québec H1R2L3 LIBRAIRIE RENAUD-BRAY 5219, Ch.de la Côte des Neiges Montréal Québec H3T 1Y1 INTERNATIONAL EXTRAITS Publi-reportage printemps 1979 Gabrielle Roy ces enfants de ma vie ht Assez souvent je priais mes petits élèves de chanter ensemble.Un jour, au milieu de leurs voix plutôt ternes, j'en distinguai une, claire, frémissante, étonnamment juste.Je fis cesser le groupe pour laisser Nil continuer seul.‘La ravissante voix et de quel prix pour moi qui n'eus jamais beaucoup d'oreille pour la musique! Dès lors je demandai: — Donne le ton, veux-tu, Nil?Il le donnait sans se faire prier ni s’enorgueillir, enfant né pour chanter comme d'autres pour faire la moue.Partait alors à sa remorque ma volée de passereaux que Nil entraînait tant bien que mal et, avant longtemps, plutôt bien que mal.car, outre son brillant talent, il possédait celui de paraître en donner aux autres.On écoutait Nil chanter et on se croyait tous capables de chanter.L’heure du chant dans ma classe m’attira l'envie des maîtresses des classes avoisinantes.— Que se passe-t-il?Tous les jours, à présent, de ta classe, c'est un concert.Il n’y avait rien à comprendre puisque je n'avais guère jusque-là brillé comme maîtresse de chant.Notre vieil inspecteur des écoles, au cours de sa visite, en fut tout stupéfait.— Comment se fait-il! Vos élèves chantent mille fois mieux que ceux des années passées! Puis il cessa de me guetter pour me demander plutôt de faire chanter encore une fois mes enfants, et la première chose que je sus, il était parti au loin d'une rêverie heureuse où il ne paraissait même plus se souvenir qu'il était inspecteur des écoles.Peu après cette visite, je reçus celle de notre Principal qui me dit d'un ton un peu narquois: — Il paraît que vos élèves cette année chantent à ravir.Je serais curieux d’entendre ces anges musiciens.Les feriez-vous chanter pour moi?Notre Principal était un homme de petite taille, mais que grandissait passablement sa huppe de cheveux dorés, dressés haut, à la Thiers.Sa tenue, qui était celle de nos Frères enseignants à l'époque, en imposait aussi: une redingote noire, un plastron bien blanc.Je fis avancer mes élèves en un groupe compact, Nil.l'un des plus petits, presque caché au milieu.Je lui fis un signe bref.Il donna le ton juste assez haut pour être entendu de 3es voisins.Un fil qui aurait vibré harmonieusement quelque part! Et le chœur s’enleva avec un si bel entrain, dans un tel unisson que je.me disais le Principal aussi n’y verra que du feu.En tout cas, l'air narquois s’effaça vite de son visage.Au lieu de quoi, je vis apparaître chez lui aussi, à ma grande surprise, une expression de rêve heureux comme s'il avait perdu de vue qu'il était un’directeur toujours occupé à diriger son école.Les mains au dos, il balançait un peu la tête au rythme du chant et continua un moment encore, après qu'il fut terminé, à l'écouter de mémoire.Mais lui avait repéré la voix captivante.Il fit sortir Nil du rang, le considéra longuement d'un regard attentif, lui tapota la joue.Il me dit comme je le reconduisais à la porte: — Voilà donc qu'avec vos trente-huit moineaux, vous avez hé- rité cette année d'une alouette des champs.Connaissez-vous cet oi-, seau?Qu'il chante, et il n'y-a pas de cœur qui ne se sente allégé! J'étais encore trop jeune moi-même, je suppose, pour comprendre ce qu'est un cœur allégé.Pourtant, bientôt, j'en eus quelque idée.Cette journée-là avait fort mal commencé, sous une battante pluie d'automne, les enfants arrivant en-rhumés.mouillés, grognons, avec d’énormes pieds boueux qui eurent vite transformé en une sorte d’écu-.rie ma salle de classe que j'aimais brillante de propreté.Si j'allais ramasser une galette à peu près intacte de terre noire, deux ou trois enfants le faisaient exprès pour en écraser et disperser d'autres, du bout du pied, dans les allées, tout en me guettant d'un air sournois.Je ne reconnaissais plus mes élèves dans ces petits rebelles pour un rien prêts à se dresser contre moi, pas plus qu’eux peut-être ne reconnaissaient en moi leur maîtresse bien-aimée de la veille.Que se passait-il donc alors pour nous transformer presque en ennemis?Certaines de nos compagnes parmi les plus expérimentées met- taient en cause les moments qui précèdent l'orage, les neçfs délicats des enfants subissant mal la tension atmosphérique: ou encore les journées qui suivent un long congé.Les enfants ayant repris goût à la liberté,'le retour à l'école leur fait tout l'effet d'une rentrée en geôle, ils.n'obéissent plus en rien, d'autant plus agités, remuants et impossibles qu'ils sentent bien dans le fond, les pauvres petits, que leur révolte contre le monde adulte n'a aucune chance d’aboutir jamais.Je faisais à mon tour l'expérience d'une de ces journées détestables.la maîtresse ne semblant être à l'école que pour sévir, les enfants pour plier, et toute la tristesse du monde s'installe alors dans ce lieu qui peut être si gai à d'autres heures.Le mauvais temps persistant, au lieu d'aller passer au grand air cet excès de nervosité, nous avons dû prendre la récréation dans le gymnase du sous-sol.les pieds résonnant dur sur le terrazzo.Les enfants se querellèrent pour des riens.J'eus à soigner des lèvres fendues, des nez qui saignaient.à suivre Roch Carrier les enfants du bonhomme dans la lune 1k Le s t s.fàc- i s (Ou 80MHÛMMÇ DArtS LA LUNE Stankç Au bas de la montagne, deux ou trois ruisseaux gigotaient parmi les aulnes.L’eau était très claire.Nous pouvions y voir les goujons, les choisir, les regarder mordre à l’hameçon.Il était impossible de revenir bredouille.Au printemps, dès que la neige avait disparu, les Américains revenaient, comme nous disions, avec leurs voitures, plus grosses que celle du curé, auxquelles étaient attachées de merveilleuses chaloupes.Les Américains venaient pêcher.Avec leurs grosses chaloupes, ils ne s’aventuraient pas dans nos trois petits ruisseaux, non, ils allaient plus loin, -dans les montagnes, pêcher dans un lac qui leur appartenait.Puisque-les Américains venaient de si loin pêcher dans ce lac, les truites y étaient plus longues que dans • tous les lacs des États-Unis.Cela ne faisait aucun doute pour nous.Ces magnifiques chaloupes, ces voitures dont les plaques portaient des noms comme des mots magiques, et ces riches messieurs fumant de gros cigares ne s'arrêtaient jamais; ils traversaient notre village comme s’il n’avait pas existé.Les Américains étaient pressés d’aller, comme disaient les hommes du village, « pêéher les truites à la pelle ».J'eus une illumination que je confiai à mon ami Lapin: nous ne devions pas nous contenter de nos goujons grisâtres; nous devions rtvoir plus d'ambition: nous devions aller pêcher dans le lac des Américains.— Nous n'avons pas le droit, me dit-il, çe lac-là est aux Américains, mais les truites sont longues comme ça, soupira mon ami Lapin, pêcheur astucieux.Nous allâmes prendre nos fils à pêche: Lapin remplit ses poches de vers et, au bord de la route, nous attendîmes que passe une voiture dans la direction du lac des Améri-* cains.Une heure plus tard, le vieux camion d'Onésime nous avait conduits à l'entrée du lac des Américains.Sur la barrière, on avait écrit: DEFENCE DE PÊCHÉ, NO FISHING.La barrière escaladée, nous suivîmes le chemin qui menait au lac, un chemin large pour les grosses voitures, un chemin mieux construit que nos routes de campagne.Le lac était beau comme ceux qui ornaient les calendriers.Il était désert.Aucun Américain n'y pêchait dans sa grosse chaloupe.Embusqués derrière un arbre.Lapin et moi, nous épiâmes.Sûrs que nous, étions seuls, nous nous avançâmes vers le quai où étaient réunis quelques canots: — As-tu déjà avironné?me demanda Lapin.Non?Moé non plus.— Ça se voit ben que nos pères étaient pas des Sauvages.En canot sur le lac des Américains, nous appâtâmes nos hameçons et nous commençâmes à pêcher.Bientôt je dis à Lapin: — Si on arrête pas, il va falloir sortir du canot pour faire de la place aux truites.— Détalons, dit Lapin, avant de nous faire prendre.Revenus à la rive, nous enfilâmes nos truites par les ouïes dans de fines fourches d'aulne.Et nous courûmes jusqu'à la route où nous marchâmes avec l'air de ne pas sortir du lac des Américains.A peine avions-nous parcouru un arpent, Onésime revenait dans son vieux camion.Nous nous précipitâmes avec nos truites dans le taillis, mais il nous avait aperçus et il s'arrêta.Nous étions obligés de monter avec lui.— Vous avez de belles truites.— On les a trouvées dans un petit ruisseau caché, dit Lapin.Onésime fronça ses gros sourcils gris d'homme qui a de l'expérience.Nous baissâmes les yeux en rougissant.— Vous avez ben fait, les enfants: voler les truites des Américains, c’est pas'un péché.C'est seulement de la contrebande.Vous savez qu’est-ce que c'est la contrebande?Faites-vous pas prendre, les enfants, comme y en a qui se sont fait prendre aujourd’hui.Le Code, c’est le Code.Onésime nous raconta les événements.Notre village était situé à quelques milles de la frontière américaine.11 y avait là un poste de douanes, une simple cabane.Le douanier ne travaillait que le jour.Il voyait plus de lièvres que de voyageurs.Un homme avait profité de la nuit pour passer en contrebande plusieurs douzaines de paquets de cigarettes américaines, dans le but de les revendre au village.Au matin, le douanier s'était présenté chez le contrebandier, il avait confisqué les cigarettes et même les clefs de sa voiture.— Je pensç, conclut mon oncle Onésime, qu'il va être obligé de se promener à bicyclette pour un bon bout de temps.À moins qu'il aille en prison.C’est grave, la contrebande.Mais j’penserais pas que l'homme va être pendu.— Comment le douanier a pu savoir que l'homme avait traversé la frontière avec des cigarettes?— Le douanier a une machine à détecter tout ce qui est américain.Lapin et moi ne parlions pas.Mais nous pensions à la même chose.Apporter au village des cigarettes américaines, c'était une faute punie par la loi: apporter au village, des truites pêchées dans le lac des Américains, ça devait être semblablement une faute punie par la loi.Devant l'église, Onésime s'arrêta.— Descendez icitte, les enfants, moé je tourne.Méfiez-vous du Code! .a suivre Marie-Claire Blais les nuits de /’ underground K L'amour de Geneviève Aurès pour Lali Dorman naquit comme une passion pour une œuvre d'art.Sculpteur, Geneviève éprouvait déjà, pour le visage humain, une curiosité profonde; cet amour de Fart lui avait fait parcourir de nombreux pays, et elle préparait une exposition au Canada, et une autre à Paris, lorsqu'elle vit pour la première fois, dans les chaudes ténèbres d'un bar, par une nuit d'hiver, ce visage dont elle s'éprit peu à peu, croyant découvrir dans ces traits aveugles les plus pures expressions, austères jusqu'à la morosité parfois, de la peinture flamande.Longtemps, elle ne sut le nom de l’être qui portait un tel visage, car, inconnue dans ce bar, elle n'osait parler à personne, elle ne comprit pas non plus pourquoi, à mesure que se rapprochait l'heure de son retour à Paris, son cœur s’élançait douloureusement car.à trente ans, elle croyait avoir dépassé l'âge de la déraison amoureuse et avait la certitude de ne plus jamais pouvoir aimer.Il lui semblait avoir déjà perdu beaucoup de temps auprès du même homme, pendant ces dix dernières années à Paris, et même si son amant, comme il le lui avait souvent exprimé avait « espéré lui faire passer cette mauvaise habitude d'aimer les femmes », sa présence dans ce bar.songeait-elle, ne pouvait'mettre en danger ce qu'elle n'avait plus l'intention d’offrir à personne, elle-même, et son désir de solitude.Une femme, comme un homme, pouvait vivre à l'écart des sentiments et pour le plaisir de son art.Mais une femme pouvait-elle toujours vivre seule, lorsque tout, en elle, l'isolait des lois sociales?Un groupe déjeunes ouvrières discutaient à ses côtés, et Geneviève qui protégeait son indépendance d'un air ombrageux, se couvrant le front de sa main pour mieux exprimer qu'elle n'était pas « dans le milieu pour cruiser » (elle avait oublié le langage des filles d'ici, et venait d'apprendre qu'on « cruisoir beaucoup les vendredis soir, après la paie du jeudi ») mais pour réfléchir au sens de sa vie, espérant pourtant être enchaînée malgré elle dans la trépidante conversation de ses compagnes, mais les jeunes Québécoises parlaient toutes si vite et en sautant parfois des syllabes et des mots entiers, qu'elle craignait aussi, elle qui se jugeait encore étrangère parmi elles et un peu lente d'esprit quand elles semblaient toutes si vives, de ne pas pouvoir les suivre dans leur dialogue jazzé que rythmait non seulement la criarde musique du bar, mais qu'accompagnaient aussi les mouvements de leurs corps, l'envol de leurs bras sur la table où reposaient leurs bières alignées, lesquelles étaient aussi agitées par ces cyclones de mots, de rires, rires qui surgissaient brusquement des humeurs plutôt graves.« Mais non je n'ai .pas trop bu la soirée est encore fraîche je m'arrête à la cinquième puis je me convertis au jus de tomate tiens,La Grande Jaune qui arrive toujours stoned comme d'habitude elle est pas par-lable quand elle est gelée c'est jeune ç'a Mon Dieu que c'est jeune et ça ne marche qu'avec un joint comme s'il n'avait que ça dans la vie mais c'est son affaire qui est la fille à côté de toi Marielle je sais pas connais pas elle est gênée laissons-la tranquille un beau genre mais une intellectuelle c'est pas nous qui l'intéressons non c’est l'Autriche au bardis-lui quand mê-, me bonsoir toi Marielle oui toi qui parles à tout le monde je suis pas assez intéressante pour quelqu'un comme ça moi mais oui tu l es voyons t'es- spéciale bonsoir je suis Marielle et je ne suis pas dangereuse c’est vrai elle n'est pas dangereuse tu veux une bière.?» Ainsi Geneviève répondit au large sourire de Marielle par une poignée de mains.— Viens à notre table, dit Ma-ri’elle à Geneviève, on a toujours la crème à notre table, c'est pas vrai, Lucille?Lucille est née en Haïti, mais c'est quand même notre championne de hockey, viens que je t'embrasse, Lucille, je ne suis pas dangereuse, une bière, deux, oui, Tony.quand Lorraine danse avec quelqu'un, c'est Tony qui apporte les bières, il les dépose sur la table sans regarder les filles puis retourne derrière le bar, il est cool, bien gentil, disait encore Marielle, et comme nous autres, il a toujours des problèmes avec les femmes.Geneviève Aurès c'est bien ton nom?T'es sûre que t'es canadien-ne-française, t'es sûre avec un nom à coucher dehors comme ça?Ah! oui, tu arrives d'Europe, moi j'ai vécu trois ans avec la même tille à Vancouver, mais l'affaire a cassé, me voilà revenue au Québec, tu regardes beaucoup vers la porte hein, Geneviève?Ah! parce que tu es sculpteur.ah! oui, on connaît ça.elle te plaît hein.Oui, la fille aux cheveux courts dans son manteau militaire veil sombre, elle est bien, je pense, je l'ai vue souvent ici, tu veux que je lui parle pour toi, tu veux que.a suivre Stankê I CLIC! dubord photocomposition inc.PRÉCISION — NETTETÉ — IMAGINATION — EFFICACITÉ — PROMPTITUDE: c’est DUBORD! 1 INTERNATIONAL Publi-reportage printemps 1979 Pas le temps de lire, lisez ce qu’il y a de mieux ¦ 8 Roch Carrier 'll n'y a pas de pays sans graigl-peiê '' ^ Stankç n’y a pas de pays sans grand-père La femme bionique ET 1ES PRHflBB EXPIOfTS- Le déserteur Leur promesse Amour Sexualité SptrftuaNté Simon# PHxrî $tank£ La vie intime des québécois • WL-, jenettuprômiS un jardin de rôse§ Grrm Jamais je ne t’ai promis un jardin de roses Rien détonnant avec Sol avec marcel godin CONFETTIS illustratif ms LOUISA NICXX Confettis peau nue 1 moderne et vraie Josd le Chcdin Peau nue h» le v'iu «L- li (Vi Henry Miller par lui-même Histoires d’amour de l’histoire du Québec .de l’histc SiHeci AUX AVENTURES EXTRA CONJUGALES ¥ Stankç Aimer ailleurs AILLEURS COMMENT COMPRENDRE ET rAIRE FACE MmotvuuW.hr an Gofl & B«n Rotmta Adaptation^ Ma» IVankUn TW» • Stankç Drôles de dames Solitude Pr L R.Jpli H>att cipaiTaac k saps Vccbsc ou k-MUK'suons i|u'il Mil vu avant dm Ivunsi dejxirtenainn.Remariage sans échec jjniR reun Howard Hughes les années cachées maotaWe ne ' ; Naufragés des Bermudes NAUFRAGES desBennodes VOUS M.pouvez pouvez Toujours être un meilleur vendeur SUnkè Vous pouvez toujours être un meilleur vendeur L’école enfirouapée ¦tscquc s Mront^Mt YVfô THÉDIAULT ŒUVDE DE CHAID Stanké Oeuvre de chair R.DUE GUTHRIE LES POINTS CHAUDS DU CORPS ira «wr»; mort.” in.rt&rtmA, Ptm SBrw»i*9r|q Les points chauds du corps Dr J.Daugirda» TOUT SAVOIR SUR LES MTS Stanké Tout savoir sur les MTS Les cent fleurs Les services Carter SI, Carter NO L’homme programmé secrets arabes André HaUmi CARTER SI Yaacov Carol 9r$M: Ne ronfle plus s’il te plaît Ne ronfle plus s’il te plaît Vacances lans les fermes du Québec larèft orlli Htfi >Ivm rtpfluni Vacances dans les fermes du Québec Bigame JcanMcComd Stenkr V Un homme pleure.Benc Elliott TRUDEAU Ixiil rail intime Pierre Elliott Trudeau Portrait intime tnl^ Quand tu le voudras.François Ooutier SJ ï Mémoires pobüquesiy/ihlyÆ Stanhê L’enjeu noui n£ \7l\?Onô PLU> oqnô IGLOOi.Stanhê O JiMX sa.v Nous ne vivons plus dans des igloos LES GLADIATEURS DE L’AMERIQUE Les gladiateurs de l’Amérique llonnld /ku lH-rl TLiliiui .ié'nf - lai 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