Le devoir, 7 avril 1979, samedi 7 avril 1979
I DtlMtmjr d'un pnrmi* du Ouébac 1460 avenue Union Montréal H3A-2B8 Qué 845-8221 TEMPÉRATURE Au Québec -1 — Si vous étiez é Taxco 29 Vol.LXX - No 82 Dégagement.Venteux.Maximum -3 Montréal, samedi 7 avril 1979 CVLTURE ET SOCIÉTÉ Jean Barbeau Des premières comédies, devenues des classiques du théâtre québécois, aux plus récentes, l'oeuvre de Jean Barbeau garde une unité indéfectible.Mais ce théâtre évolue.Dans ses prochaines oeuvres, le dramaturge s’éloignera de la thématique explorée depuis une dizaine d’années.Jean Barbeau décrit son cheminement dans une entrevue avec Adrien Gruslin.— page 19 Marie-Andrée Bertrand La criminologie entrait à l’université il y a à peine trente ans.Se pourrait-il quelle soit déjà empoussiérée?Ses ancêtres «mâles» — Beccaria, Lombroso — inspirent encore des méthodes qui attristent beaucoup Marie-Andrée Bertrand, laquelle donne un coup de balai vigoureux dans son essai La femme & le crime.Clément Trudel l’a rencontrée.— page 10 25 CENTS ¦ Les enfants sages de la révulotion musicale — page 19 ¦ L'éternel Gau-vreau de Janou Saint-Denis — page 23 ¦ Une rétrospective des films de G.Du-faux — page 28 Le GATT Un gros pavé qui pourrait tomber en pleine campagne * par Michel Vaste! OTTAWA — Le président du Conseil ministériel de l’expansion économique met la dernière main à une politique (rajustement industriel dont l’un aes éléments les plus nouveaux sera la mise en place d’une sorte de « filet de sécurité ».Avec ce programme, M.Robert Andras veut amortir le choc de mises à pied massives dans certaines petites villes dont la seule industrie devrait irrémédiablement fermer ses portes.La hâte du gouvernement à mettre au point cette politique d’ajustement industriel n’a rien de surprenant: les résultats des négociations de Genève sur le renouvellement des accords du GATT (l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) tomberont comme un pavé au milieu de la campagne électorale.Au ministère des Finances, on avance généralement la date du 12 avril.Même avec quelque nouveau retard technique, tout le monde s’entend pour admettre qu’avant le 22 mai, on connaîtra l’ampleur des concessions que le Canada a dû consentir à itmievm.teokk to ¦ René Lévesque se cuisine un exécutif de tout repos: la chronique de Pierre O’Neill — page 2 ÉDITORIAL ¦ Quel secret professionnel?Un éditorial de Jean-Claude Leclerc ¦ La réplique de M.William Davis: un commentaire de Michel Roy ¦ Des idées non reçues: la chronique du «22 mai» de Lise Bissonnette — page 4 LA CAMPAGNE ¦ Pendant que les chefs sont en orbite, Ottawa prend l’allure d’une salle de contrôle ¦Joe Clark, de passage à Winnipeg, tient à se dissocier de l’ex-ministre Richardson - — page 18 SPORTS ¦ Gilles Villeneuve finit deuxième aux essais de Long Beach, Californie — page 35 ¦ Les Expos ouvrent la saison par une victoire de 3-2 en 10 manches, à Pittsburgh — page 36 ses principaux partenaires commerciaux — notamment les Etats-Unis.Des informations commencent à filtrer: réduction de Tordre de 20% des tarifs protégeant les secteurs les plus vulnérables comme le textile, élimination pure et simple de tarifs déjà réduits à 5 ou 6%.Même si ces réductions tarifaires seront cette fois étalées sur une période de 8 à 10 ans, le gouvernement envisage déjà l’hypothèse de fermetures d’usines, notamment dans certaines régions comme le sud du Québec, les Cantons de TEst, la Mauricie et le nord-est de l’Ontario.Le Conseil économique du Canada avait d’ailleurs évalué au cours de Tété dernier, à quelque 250,000 le nombre d’emplois directement menacés par les pays à bas salaires concurrents du Canada.La moitié se trouvent au Québec dont 60,000 dans la région de Montréal.Plus encore, de petites villes comme Drum-mondville, victoriaville, Granby, Magog et Cowansville, Saint-Jean, Saint-Hyacinthe, Valleyfield, sont menacées de perdre de 15 à 25% de leurs emplois.En période électorale, la perspective d’une réduction importante de la protection des emplois dans ces villes risque d’avoir des répercussions énormes.Même si, en bon libéral, M.Andras continue d’affirmer qu’il « accepte le fait que quelques industries devront disparaître », parce qu’il ne croit pas dans les subventions permanentes, il ajoute, anxieux, que « çà nous prend absolument de meilleurs politiques d’ajustement industriel ».Divers ministères — la Main-d’oeuvre et l’Immigration, l’Expansion économique régionale — travaillent depuis plusieurs mois sur de telles politiques.Le « filet de sécurité », vraisemblablement administré par la Main-d’oeuvre et l’Immigration, offrira des programmes de recyclage, d aide au déplacement des travailleurs touchés par les mises à pied.L'Expansion économique régionale travaille p.ur sa part à un programme de subventions à de nouvelles industries qui viendraient s’installer dans les régions les plus touchées, principalement celles du Québec et de 1 Ontario.En effet, quelques industries seront durement atteintes par les réductions de tarifs mais d’autres, qui exportent, verront leurs marchés à 1 étranger plus accessibles, puisque les tarifs vont aussi baisser dans les pays avec Voir page 6: Le GATT M *X *-.v , %» lin iSSSÏî "WsSàiïï ml W < -I '• f:’ La tempête de neige printannière qui s’est abattue sur l’est du Canada durant deux jours a été ponctuée de vents particulièrement violents dans la région de Toronto, où cette rue de banlieue a été totalement bloquée par la chute de poteaux de l’Hydro-Ontario.(Photolaser CP) De Varennes reconnaît sa culpabilité et devra purger douze ans de prison par Bernard Morrier L’un des accusés dans le mémorable enlèvement de M.Charles Marion, a finalement changé d’option hier, devant le juge en chef Yves Mayrand, pour reconnaître sa culpabilité à trois des cinq chefs d’accusation portés contre lui.Il devra passer 12 ans à l’ombre.Michel de Varennes, âgé de 37 ans, qui devait commencer à subir son procès lundi, s’est en effet reconnu coupable de l’enlèvement de M.Marion, d’une extorsion de $50,000 à son endroit et d’une tentative d’extorsion de $500,000 contre la Caisse populaire de Sherbrooke-Est, où la victime était gérant de crédit.De son côte, la Couronne, représentée par Me Pierre Sauvé, a décidé de retirer les accusations de séquestration et de conspiration qui pesaient contre de Varennes.Après avoir fait un récit fort élaboré des circonstances entourant cet enlèvement, Me Sauvé, tout en ajoutant que de Varennes était l’auteur de la plupart des communiqués, a dit qu’on avait eu affaire en lui à un être super intelligent, puisqu’il avait réussi à tenir en échec, durant 82 jours, les forces policières.Rappelant que de Varennes avait déjà été condamné, en 1967, à cinq ans de prison pour vol à main armée, u n’a pu cependant s'empêcher de souligner que l’accusé, par le plaidoyer qu?il venait d’enregistrer, se remettait sur la voie de la réhabilitation.De plus, ce geste, selon le procureur, épargnera au trésor public une somme d’environ $350,000, puisque son procès aurait dû durer au moins trois mois.Il a ensuite fait référence à un autre accusé dans cette affaire, Claude Valence, qui avait été reconnu coupable d’une extorsion de $50,000.Ce dernier ayant été condamné à six ans d’emprisonnement, pour cette seule offense, Me Sauvé a dit qu’il v avait lieu, dans les circonstances, que de Varennes écope d’une très longue sentence.Quant à Me Robert LaHaye, qui représentait l’accusé, il a fait valoir que la captivité de M.Marion s’est faite sans violence, sans mutilation et que l’intégrité physique de la victime avait été respectée.« Il est clair, a-t-il dit, que mon client voulait de l’argent et qu’il prévoyait que toute l’affaire allait se régler entre trois Voir page 6: De Varennes Pour prévenir erreurs et abus Québec prépare un code pour les policiers par Bernard Descôteaux QUEBEC — Le ministre de la Justice, M.Marc-André Bédard, présentera au cours des prochains mois un projet de loi renforçant les pouvoirs de la Commission de police du Québec et prévoyant l’adoption de codes d’éthique et de discipline pour tous les policiers du Québec.Débattant hier à l’Assemblée nationale de toute la question de l’infiltration policière dans les syndicats, le ministre a annoncé cette mesure susceptible selon lui d’améliorer les mécanismes de contrôle des erreurs ou abus individuels dans l’exercice des activités policières.Ce projet de loi, a-t-il précisé, prévoiera un code d’éthique et de discipline minimum pour tous les policiers du Québec de même qu’un nouveau code d’éthique pour les policiers de la Sûreté du Québec.La Commission de police qui a déjà des pouvoirs d’enquête lors de débordements de l’action policière et qui peut recevoir lesplaintes de citoyens verra, a aussi indique le ministre, s’accroître ses pouvoirs dans le domaine de l’éthique et de la discipline ainsi que dans la définition des qualités nécessaires pour agir comme agents de la paix.Le députe libéral de Marguerite-Bourgeois, M.Fernand Lalonde, avait sollicité ce débat avec M.Marc-André Bédard pour faire le point sur les dénonciations faites ces dernières semaines par les centrales syndicales sur des cas d’infiltration policière.Déjà à l’Assemblée nationale le ministre avait répondu en bonne partie à ces dénonciations en soutenant que l’action des policiers de la Sûreté du Québec était tout à fait légale; tout au plus avait-il pu y avoir des erreurs de jugement de la part de policiers mais sur une base individuelle, avait-il indiqué.Il avait soutenu également que dans le cadre de « l’Opération public » il n’y avait eu aucune infiltration de policiers dans les syndicats ni écoute électronique.Enfin le ministre avait alors indiqué que cette opération avait pour seul but de permettre au coips policier de prévoir par la cueillette d’informations des situations de violence dans les conflits ouvriers.Ces arguments, le ministre les a repris hier tout en les explicitant quelque peu.Ainsi il a affirmé que l’action des policiers était nécessaire, la violence dans les conflits ouvriers demeurant toujours trop présente.Au cours des deux dernières années, il y aurait eu une centaine de conflits de travail où des actes de violence et autres illégalités sont relevés.La police doit pouvoir prévenir ces actes de violence et toute la question est de savoir comment un corps policier doit à cette fin recueillir ses informations, pense-t-il.Le ministre définira le cadre d’action de la SQ à partir de deux grandes règles.La première est la légalité de l’action policière, la deuxième étant la neutralité des policiers compte tenu que leur action intervient dans le contexte de relations de travail.Il ne faut pas que l’information recueillie puisse servir à une partie au détriment de l’autre.Soulignons que pour M.Fernand Lalonde, cette deuxième règle est justement celle qui soulève le plus de questions puisque l’Opération public semble s’étre préoccupé au plus haut point des négociations dans le secteur public et parapublic et que conséquemment TEtat-employeur vilégiées sur les syndicats.Pour cette raison, efaussi parce que les droits des individus peuvent être mis en cause lors des opérations de renseignement, M.Lalonde devait réclamer que le gouvernement redéfinisse le mandat de la SQ à l’égard de toutes ces opérations.La seule réponse du ministre aura été de maintenir que jusqu’ici il n’y a eu aucun cas d’illégalités qui lui ont été soulignés, mais plutôt des erreurs ou des abus individuels qu’il espère corriger par le projet de loi sur les codes d’éthique et de discipline au sein des corps policiers.Voir page 6: Québec Kampala est sur le point de tomber sous les coups des insurgés ougandais NAIROBI (d’après AFP et Reuter) Même si un communiqué annonçant la prise de Kampala par les insurgés ougandais a été démenti peu après, la situation semblait désespéré hier soir pour le régime du maréchal ldi Amin Dada.Seul le centre administratif de la capitale ougandaise résistait encore en soirée, à en croire les rebelles, tandis que le ma-réchel ldi Amin Dada proclamait, dans un dramatique appel à la radio: « Je ne quitterai pas Kampala ».Le Front national de libération de l’Ouganda (FNLO) a annoncé qu’il avait in- vesti la capitale ougandaise, à l’exception de la colline de Nakasero, c’est-à-dire le coeur même de la ville, où sont notamment situés le Parlement et l’Hôtel de ville.Selon un communiqué du FNLO publié à Dar-es-Salaam, quelques soldats libyens (dont la présence a été démentie à Tripoli) et gouvernementaux ougandais mènent encore un combat d’arrière-garde dans la région de Mukono, à une trentaine de km à Test de Kampala.Depuis que le siège de la ville a véritablement commencé, mercredi, les for- ces combinées de Tarmée tanzanienne et des rebelles ougandais paraissaient ne pas resserrer leur pression sur la route de Test (vers Jinja et le Kenya), pour laisser une porte de sortie aux défenseurs et éviter un bain de sang lors de l’assaut final.La chute de sa capitale étant désormais imminente, la question qui se pose est celle du sort du maréchal Amin.Il y a répondu lui-même en partie en prenant, fait très inhabituel, le micro de Radio-Kampala vers 17h (14h GMT).« Je vous parle maintenant de l’intérieur de Kampala.Je pense que je ne peux pas quitter Kampala et je ne vais pas quitter Kampala », a-t-il affirmé.Le président à vie se déclare donc résolu à résister jusqu'au bout.Cependant, dans la tradition du personnage, il s’est quand même ménage, avec un dernier trait d'humour, une échappatoire.* Si je partais, ce serait uniquement pour courir le rallye ougandais « compétition automobile organisée aux environs de Pâques) ou pour parler au peuple ougandais ».Le maréchal Amin a ensuite repris des Voir pag« 6: Kampala ] 2 ¦ Le Devoir, samedi 7 avril 1979 Lévesque se cuisine un exécutif docile A l'époque où il était ministre d'un gouvernement libéral, René Lévesque défiant publiquement les préférences de son chef, Jean Lesage, avait mené campagne pour faire élire des progressistes contestataires à la direction de la Fédération libérale du Québec.A son tour premier ministre, M.Lévesque prend toutes les précautions pour éviter (ju’on lui serve la même médecine.En vue des élections à l’exécutif national du parti, il suscite et recrute personnellement des candidatures de militants modérés.A deux mois du congrès national reporté au début juin, M.Lévesque est en train de mettre la demiere main à la formation d’une équipé de militants respectueux, d’inconditionnels soumis.Pour être éligible à cette chapelle de privilégiés, il faut d’abord avoir fait la preuve de sa fidélité au chef, etre lévesquiste à tous crins, étapiste au surplus, et enfin buveur de Kool-aid.En abandonnant la vice-présidence, le Dr Robert Lussier a donné le signal d’une lutte qui porte le germe de la dissension.Pour bloquer la voie à Mme Louise Rare!, porte-parole des militants les plus radicaux du parti, le chef opposera la candidature de Pierre Renaud, qui jouit d’une influence et d’une crédibilité
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