Le devoir, 11 février 1963, lundi 11 février 1963
VOL.LIV — NO 34 FAIS CE QUE DOIS MONTREAL, LUNDI, 1 1 FEVRIER 1 963 Gordon Churchill, à la Défense?Chaplin et Lambert entreraient aussi au cabinet Vives réactions aux démissions OTTAWA.— Les démissions qui se succèdent au sein du cabinet Diefenbaker n'ont pas tarde à soulever des réactions de la part des trois autres partis politiques du pays.Déjà, la démission du ministre de la défense, M.Harkness, mardi dernier, avait soulevé les commentaires les plus acidulés des autres partis contre l'administration Diefenbaker.Les énergies partisanes ont été galvanisées, samedi, quand MM.Sévigny et Hee.s, deux gros canons du gouvernement.remettaient leurs démissions respectives à leur chef.M.Lester B.Pearson, dans une brève déclaration à la presse a dit : "La démission de ces deux ministres ne fait que confirmer la profonde scission du cabinet fédéral".Plus tard.M.Pearson a qualifié de "bouleversante la journée de samedi à la fin d'une semaine politiquement bouleversante".Il a fait cette déclaration devant la Fédération libérale des universités canadiennes, invitant ses auditeurs à la prudence.Selon lui, les libéraux ont raison d'avoir confiance en leur victoire, le 8 avril, mais il ne faut pas qu'ils soient trop confiants.De son côic, M.Robert Thompson, chef du Crédit social, a fait le commentaire suivant au cours d'une halte à Calgary dans le voyage qui le conduit chez, lui a Red Decr en Alherla."Ces démissions prouvent que le parti progressiste-conservateur est ruiné “Il est triste de constater que l'indécision du premier ministre a détruit, non seulement le 25e parlement mais aussi le grand parti progressiste-conservateur." M.Thompson a prédit que le Canada connaîtra, "d'ici quelques semaines une nouvelle crise financière semblable a celle de juin dernier".M.T.C.Douglas, leader du Nouveau parti démocratique, a affirmé que ces démissions ont mis à jour la prouve d'une grave scission au sein du cabinet.“Si le gouvernement n'a vait pas été défait, mardi dernier aux Communes, il se serait effrité lui-mème dans sa désunion.Une maison divisée en elle-même ne peut régner”.Selon M.Douglas, la chute du gouvernement a découlé de l’incapacité de M.Diefenbaker d'adopter une position claire et nette sur la question des armements nucléaires.Voir page 2 : Vives réactions OTTAWA — Le premier ministre John Diefenbaker a réagi vivement devant la défection de trois de ses principaux collaborateurs au cours de la fin de semaine.Il a multiplié les consultations avec les membres fidèles de son cabinet.Il a rencontré le gouver- AA.Pearson: il faut établir la Confédération sur sa seule base viable: égalité des deux races OTTAWA.— M.Lester B.Pearson a déclaré samedi que le programme du parti fédéral visera a "placer la Confédération sur la seule base sur laquelle elle peut fonctionner : (‘association, d'égale a égale, des deux races qui l'ont établie — equal partnership of the two founding races".Les Canadiens devront réaliser le dualisme de notre unite et le dualisme de notre nation, a-t il précise.Portant la parole devant 200 personnes qui assis talent au banquet annuel de la Fédération liberale des universitaires canadiens, le chef du parti liberal fédéral s'est montré prudent.Les libéraux ont raison d'avoir confiance, mais aucune raison d'étre trop confiants à propos de l'issue de le campagne électorale.Se référant aux démissions de MM.Harkness, Hees et Sévigny, M.Pearson a déclaré que personne ne peut être satisfait de voir l'administration du pays se désintégrer ilon qu’il n'y a pat de parlement.En tant que libéraux, nous pouvons peut-être éprouver quelques satisfactions de le confusion où se trouve un adversaire politique, a-t-il ajouté.Cependant, les libéraux doivent se rappeler qu'il n'y a pas de parlement et que le gouvernement doit continuer.Aucun parti ne se réjouira de la confusion qui règne dans l'administration des affaires du pays durant une campagne électorale.M.Pearson a soutenu qu'il ne pouvait pas y avoir un gouvernement fort au Canada avant que le peuple ait eu la chance d'élire un gouvernement qui détiendrait une majorité absolue aux Communes.Il est impossible d'avoir une administration saine aussi longtemps que le gouvernement passe son temps à chercher l'appui des groupes de parlementaires autres que le sien, au lieu de regarder en avant et de présenter des législations appropriées aux besoins.Rappelant qu'au soir des élections fédérales de 1957, le sénateur conservateur Grattan O'Leary a conseillé aux jeunes conservateurs "de mobiliser l'esprit de discorde et de te canaliser dens la direction" du parti conservateur, M.Pearson a déclaré qu'il ne donnerait pas un conseil semblable, même aujourd'hui."C'est une optique bien trop négative et contraire au libéralisme", a-t-il expliqué.MOBILISATION DES FORCES POUR LE 8 AVRIL PROCHAIN Le NPD du Québec reporte son congrès de fondation en mai T.e congrès de fondation du Nouveau parti démocratique du Québec qui devait avoir lieu en mars, vient d'etre reporté au mois de mai.Ainsi en a décidé samedi le Conseil provisoire du NPD du Québec, lors d'une réunion d'urgence, afin de permettre aux partisans néo-dcmocratos de travailler à la campagne du parti en vue des elections du 8 avril prochain, au fédéral.Les nouvelles dates du cnn-gros n'ont pas clé arretées definitivement.mais le conseil provisoire espère qu’il pourra dire convoqué au plus lard les 18, 19 et 20 mai.Il aura lieu à Québec tel qu’annoncé précédemment.Le NPD du Québec a déclaré hier, dans un communique, qu’il compte être présent et actif dans bon nombre de circonscriptions fédérales, de façon à offrir à la population québécoise une équipe forte, sérieuse et capable de s'atta-ouer avec détermination aux problèmes graves qu'affronte aujourd'hui le Canada.Le Nouveau parti démocratique du Québec demande à la population du Québec “d'appuyer ses candidats" dans leur lutte: 1) contre l'acquisition d’armes nucléaires par le Ca- nada; 2) pour la renégociation du parte confédératif tenant compte de l'existence de deux nations au Canada; 31 pour une solution rapide et définitive du grave problème du chômage et du désordre économi- neur général, l’honorable Georges Yanier.Et, déjà, il aurait choisi des remplaçants aux ministres démissionnaires.Rien n'est officiel.Toutefois, il semble certain que M.Gordon Churchill, ministre aux affaires des anciens combattants, hériterait du ministère de la Défense.Il semble aussi que M.G.Chaplin âgé de 5(i ans, député de Waterloo South, assumera la succession de M.Hees au ministère du Commerce tandis que le président des Communes, M.Marcel Lambert, accepterait un poste ministériel.Ce n’est pas avant deux jours, cependant, que ces nominations seraient annoncées par le premier ministre Diefenbaker.Ce dernier doit se rendre à Toronto par avion, lundi matin, pour y prononcer une causerie.A son retour, mardi matin, il présenterait les nouveaux ministres au gouverneur général et ceux-ci prêteraient alors leur serment d’office.M.Gordon Churchill compte parmi les amis intimes de M.Diefenbaker.En 1957, lorsque M.Diefenbaker fut appelé à former son premier cabinet, il confiait le ministère du Commerce à M.Churchill.Par la suite, celui-ci se contenta, vu son mauvais état de santé.du ministère des Affaires des anciens combattants, ministère moins accaparant que la plupart des autres.Samedi après-midi, M.Diefenbaker a conféré durant une demi-heure avec le gouverneur général Georges Yanier.Aux journalistes qui l’attendaient, il affirma alors que les nouveaux titulaires de ministères seraient désignés dans les 24 heures qui suivraient.On croit comprendre que le premier ministre a hésité à annoncer son choix durant la journée de dimanche et à obtenir le serment, d’office de ses nouveaux collaborateurs en cette journée fériée.Ce n’est donc que mardi qu’il annoncerait les noms des nouveaux ministres.Aujourd’hui, lundi, il prononcera une allocution dont on ignore le thème devant les membres réunis des clubs Canadian et Empire.VOIR PAGE 2: GORDON CHURCHILL s: une campagne sur le biculturalisme QUÉBEC.— M.Réal Caouette, leader adjoint du Crédit social, a déclaré samedi que le biculturalisme serait sans aucun doute l'un des thèmes majeurs au cours de la campagne fédérale Notant que l'acte confédératif est axé sur l égalité des cultures française et anglaise, il a ajouté que c'est également dans cet esprit que les 10 provinces canadiennes devraient accepter le principe du bilinguisme que dans lequel croupit le Canada.M.Fernand Daoust.président du Conseil provisoire du NPD du Québec, a déclaré que le Canada est aujourd'hui au Voir page 2 : Le NPD 11 s'adressait à quelque 400 partisans réunis à un diner tenu dans la Basse-Villo en vue de coïncider avec le Carnaval de Québec.Ce diner avait d'ailleurs été organisé il y a plusieurs semaines déjà.A l’exemple de plusieurs de ses auditeurs.M.Caouette avait revêtu le costume de circonstance.chemise rouge, ceinture fléchée et tuque.M.Caouette a rappelé qu'il avait invité les anglophones de l’Ouest du pays qui ne parlent pas français a "traiter la minorité française de la façon que nous traitons la minorité anglaise dans le Québec".Economie et ermes nucléaires A son avis.la réforme économique et la question des armes nucléaires constitueront les autres thèmes majeurs de la campagne.Il a rappelé que le Crédit social était "catégoriquement opposé” à l’acquisition d'armes nucléaires.Pour ce qui -st de la situation économique, le Crédit social, a-t-il ajouté "substituerait la prospérité à l'austérité".Pendant la guerre, libéraux et conservateurs ont assuré la prospérité du pays.Le Crédit social en ferait autant en temps de paix.M.Caouette a commenté brièvement les démissions du ministre du Commerce, M.(Jeorge Hees et du ministre associé de la Défense nationale, M.Pierre Sévigny.I! a déclaré que ccs démissions et celles de ceux membres du parti liberal démontrent la "déconfiture des vieux partis"."Remarquez bien s’ils ne rallient pas le Crédit social, qui leur procurerait une meilleure tribune pour poursuivre le combat", a-t-il déclaré en guise de conclusion.Manning aurait été le grand responsable de la chute du gouvernement Diefenbaker EDMONTON.— Le premier ministre de l'Albert* serait le grand responsable de la chute du gouvernement Diefenbaker.M.E.C.Manning aurait dicté une rigoureuse ligne de conduite au chef des députés créditistes, M.Robert Thompson, lundi dernier.Cette révélation a été faite, samedi à Edmonton, par M.William Skoreyko, progressiste-conservateur d’Edmonton-Est.Selon lui, un député cré-ditiste du Québec qu'il a refusé d’identifier a fait "sortir le chat du sac".Dans l'après-midi, lundi dernier, M.Manning sa trouvait parmi tes spectateurs a la Chambre des communes.A ce moment, M.Thompson et son groupe appuyaient le gouvernement.MM.Manning et Thompson prirent le souper ensemble et, de retour eux Communes, M.Thompson faisait une volte-face dramatique et soumettait à la Chambre une motion de non confiance envers l'administration Diefenbaker.Les Communes ont adopté cette motion, mardi soir, ran-versant le gouvernement.Pour parvenir à ce résultat, M.Manning aurait menacé de couper les fonds fournis par le Crédit social de l'Alberta au parti fédéral.Après quoi, il aurait dicté è M.Thompson les manoeuvres suivantes: exiger la résignation personnelle de M.Diefenbaker comme chef du gouvernement et, è ce prix, les créditistes maintenaient leur appui envers ('administration progressiste-conservatrice.Ou alors, sur refus de M.Diefenbaker de démissionner, les créditistes allaient retirer leur appui au gouvarnement.Il semble même qu'un émissaire discret de six ministres progressistes • conservateurs dissidents lit reçu l'offre des créditistes.Mais M.Diefenbaker, ayant r*i*té cet ultimatum, les députés du Crédit social ont voté contre le gouvernement.Depuis, M.Manning a démenti les propos du député Skoreyko qui n'en tient pas moins mordicus è sa version de la chute gouvernementale.Thompson tend la main aux hommes de fous les partis Red Deer.A!bertc — Le leader national du Crédit social, M.Robert Thompson tend "généreusement la main" aux grands noms des autres partis politiques de se jomdrr à lui dans la campagne électorale naissante en vue du scrutin na tional du 8 avril.Au cours d'une conférence de presse, il a exprimé le désir de voir des “hommes responsables de tous les ixirtis se joindre à lui el l'aider à établir une po/ifi que saine rl primordiale dont a grandement besoin le gouvernement pour stabiliser les affaires de la nation".Il a affirmé que les démissions de MM.Sévigny et Hees découlent de l’incapacité absolue de M.Diefenbaker "de trouver une politique ferme".Le leader créditiste a ajoute qu'il a fallu beaucoup plus de courage à M.Harkness qu’à messieurs Sévigny et Hees pour démissionner."La démission de M.Hees était le seul geste honorable qu'il pou vait poser; quant à M.Sévigny, il n'avait pas d'autre voir devant lui", a dit M.Thompson.La Shawinigan indique qu’elle restera sur ses positions La Compagnie d'électricité Shawinigan continue une resistance âpre à la volonté du gouvernement du Québec d’étatiser les entreprises d’électricité de la province par le rachat des actions de cette compagnie.Dans une lettre à ses actionnaires l'entreprise fait miroiter, une fois de plus, qu’un prix de rachat de $40 ar action, serait juste et quitable."H existe des solutions satisfaisantes, comme le prouvent de nombreux précénents au Québec et ailleurs qui permettraient d'accorder l'arbitrage judiciaire et d'éviter des impôts inutiles." dit le conseil d’administration dans sa lettre aux 18,000 actionnaires dispersés au Canada, aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne et dans 32 autres pays.Le gouvernement Lesage a offert $30 l'action au début de l'année.La compagnie revient à la charge, affirme que l'étude financière des biens de l'entreprise, faite par la société Stone et Webster, a fixé la valeur de rachat de chaque action à $40.La lettre poursuit : "D'ailleurs.dans la loi québécoise et les autres lois canadiennes régissant les compagnies, il n'y a aucune disposition qui forcerait 40 p c.des actionnaires à s'incliner devant une offre d'achat simplement parce que 51 p.c.l'auraient acceptée".La nouvelle lettre de la Shawinigan i ses actionnaires déclare que les administrateurs de la compagnie considèrent "que les conseillers du gouvernement n'ont pas tenu compte de tous les facteurs pertinents your faire l'évaluation des ac- tions de la Compagnie et que l’offre qui doit être fane aux actionnaires de la Shawinigan ne constitue pas une juste compensation”.Elle ajoute: "En toute justice, le gouvernement devrait confier à un tribunal indépendant le soin d'évaluer les actions de la Compagnie, cc qui l'empêcherait d'être accu.-é d'avoir unilatéralement établi leur valeur.-o - Sévigny el George Hees ont quitté le cabinet OTTAWA.(DNCI.— Deux autres ministres du cabinet Diefenbaker ont remis samedi leur demission au premier ministre.Il s'agit du ministre associe de la défense, M.Pierre Sévigny conservateur de Longucuil et de M.George Hees.ministre du commerce et conservateur de Broadview.Entre temps, il est question d'une autre démission retentissante, colle du ministre sans portefeuille, le sénateur Wallace McCut-cheon.Ces trois démissions, surtout si la dernière sc matérialise, porteront le couo de grâce aux conservateurs qui ne peuvent plus compter sur aucun secteur de la population, tant sur le plan régional qu'économique.MM.Hees et Sévigny ont démissionne à cause de leur désaccord avec M.Diefenbaker sur la question des armes nucléaires.Dan» ta lettre de démission, M.Hees attire j "que notre politique de défense ne correspond r«s è nos engagements internationaux et i.j fourn!* pas a notr* pays la : leurité requise".M.Sévigny ajoute qu'il ne croit pas a un changement de politique de la part de M.Die'enb&ker.Il dit que la politique actuelle du gouvernement vis-avis des États-Unis est dangereuse et que ces questions sont d'importance vitale au bien-être et è la -écurité de notre nation.M.Hees, qui était ministre du commerce et qui avait gran.dement travaillé avec les milieux financiers et commerciaux afin de relancer notre commerce d'exportation et qui, d'autre part, n'est nas sans être inquiet d'un durcissement de notre politique è l'égard de Washington, a cause de notre dépendance économique des E^ts-Unis, constitue srne lourde perte pour M.Diefenbaker et le narti conservateur, dans les milieux financiers et industriels et dans la province de l'Ontario, un château fort conservateur.La démission de M.Sévigny, elle, porte un dur coup aux conservateurs du Québec qui perdent un chef de file estimé dans tous les milieux.M.Sévigny estime ne pas partager l'opinion du premier ministre au sujet des officiers supérieurs des forces armées.M.Diefenbak -r aurait affirmé que ce ne sont pas les généraux ou les autres militaires qui doivent dicter la politique qui e*t bonne pour le pays, mais bien le Parlement.En ce sens, la démission de M.Sévinny pourrait bien «Mener à M.Diefenbaker et au parti conservateur, le vote des Voir page 2 ; Scvigry Les conservateurs, à Tassaul de Dietenbaker Par André LAURENDEAU Depuis quelques jours, la presse conservatrice de Toronto parait être la proie d'une véritable frénésie d'au-todcstruction.Après les démissions spectaculaires de trois ministres.(que Claude Ryan commente en éditorial), rien n'illustre mieux la gravité de la crise que traverse le parti conservateur sous M.Diefenbaker.Le Globe and Mail et le Telegram avaient toujours, dans l'ensemble, soutenu le gouvernement.Depuis une semaine, ils le dénoncent avec acharnement.Les canons sont toujours bleus, mais ils tirent a boulets rouges.Nous avons déjà cité le Globe et scs formules incisives: paralysie, stérilité, impuissance a diriger et à présenter une politique constructive, tort irréparable causé au parti conservateur par un homme qui n'en saurait plus assumer la direction, etc.Ces coups de couteau valent ceux des liberaux et du NPD, et ils sont portés par un ami.Le Telegram, lui.a toujours manifeste à M.Diefenbaker une loyauté personnelle, c’est l'éditorialiste de ce journal qui publiait il y a dix mois un livre de louanges a l'adresse du premier ministre: Canada and Mr Diefenbaker On y brûlait beaucoup d'encens.Mercredi, le Telegram publie un éditorial que son titre résume assez bien: Diefenbaker Era Closes c'cst la fin de l'cre Diefenbaker Cet homme, selon le Telegram a rendu de grands services au Canada mais son heure est passée, et il “ne peut plus espérer diriger son pays".Des le lendemain le ton devient plus rude.Le Telegram reproche au premier ministre de n'avoir pas eu le courage de démissionner comme premier ministre et chef du parti conservateur.Résultat: le parti "est plus divisé qu'il ne l a jamais etc".Le chef s'agrippe au pouvoir, mais ".son parti souffrira peut-être durant une génération des blessures que lut inflige cette décision".Le journal conservateur résume ainsi le bilan de M.Diefenbaker durant le dernier Parlement: pas de budget, pas de politique de defense, pas de plans économiques a longue portée, pas de réformes à offrir dans l'ordre de la taxation, etc.Bref, “he has no reasonable position to take before the voters".Aussi de vieux conservateurs sont-ils au désespoir “devant l’effondrement du leadership de M Diefenbaker, et devant son incapacité à diriger les affaires de la nation".Un correspondant montréalais du quotidien toron-lois et conservateur assure que.dans le Quebec, le parti conservateur sera chanceux s'il réussit a sauver six des quatorze sieges qu'il occupe.Le correspondant d'Uttawa resume ainsi la siluation: "Les conservateurs qui croient qu'ils sen sont vers une grande victoire électorale stms la bannière de Diefenbaker sc font une illusion.Ils s'accrochent à un navire en train de couler, et les cris par lesquels ils s'encouragent les uns les autres ne peuvent les .-auver".Nous pourrions multiplier ces citations.Le Telegram, après le Globe and Mail, prononce sans joie une oraison (unebre.Nous n'avons pas souvenir qu’un grand parti canadien ait traversé une crise pareille, au moins depuis le début du siècle, et ce, deux mois avant d'aller à la bataille.La situation est si démoralisante que certains se demandent si nous n'assisterons pas — comme en Grande-Bretagne — à l'émergence d'un nouveau “grand parti", et a la disparition du groupe conservateur comme parti gouvernemental.Cela s’est produit en politique provin-cia'e dans les trois provinces les plus à l'ouest du pays 11 est douteux qu’on assiste a une répétition du phénomène en politique fédérale, au moins cette année, parce que le Crédit social (fédéral) parait surtout confiné au Canada français, et parce que le NPD semble encore bien faible pour assumer une pareille succession On a neanmoins l'impression d’assister a l’écroulement d'un géant.La crise actuelle aura des effets dévastateurs en Ontario, et bien entendu dans le Québec (ou déjà les cartes étaient jouées).Dans quelle mesure va-t-elle modifier le paysage électoral dans les Maritimes — surtout au Nouveau-Brunswick — et dans les Prairies, qui de meurent la seule forteresse diefenbakerienne’ Quels partis se partageront les dépouillés'1 Si M.Diefenbaker allait en fin de compte démission ner, on peut douter que ce départ in extremis sauverait son parti.Les conservateurs devraient s’improviser un chef, un programme et une foi en moins de deux mois.C'est beaucoup en très peu de temps.Diefenbaker jouera la carie de la fierté nationale.OTTAWA — Le premier ministre Diefenbaker exploitera sans réserve le sentiment de fierté nationale durant la prochaine campagne électorale.Il a laissé percer cette politique, au cours de la fin de semaine, lors d’une entrevue télévisée Le premier ministre a dit : ' |e ne puis croire qu'en affichant une forte attitude pro-canadienne vous encoure: ainsi les reproches des autres pays".M Diefenbaker ne visait pas sculcn.ent les pays étrangers.par ce.s pa-ole.-; il K s adressait mentalement, c’cst sûr, à certains groupes canadiens pour ne pas dire à certains de scs collaborateurs im-giédiats qui veulent empechcr le premier ministre de verser des l'anti-amcricanisme au cours de la campagne.Au cours de cette entrevue télévisée, il a repris un thème qu'il avait déjà aborde lors du congrès du parti progressislc-con.-e valeur, à Ottawa, à la mi-janvier."Quand j’ai affirmé.il y a quelque- semaines, que notre politique serait éta-blic chez nous, je ne fai-a-s que meltrc on mots cc que notre gouvernement a adopté comme ligne de conduite: coo-pé'ation.oui.a-servissement.non.Notre politique e-t lailc au non.- du peuple canadien, rile est établie au Canada pour le bénéfice des Canadiens".Le premier ministre a en-chitine "La coopération avec ms amis continuera Je na pu > croire qu'une lorte attitude pro-canadienne puisse non- at-tiier les reproches des autres pavs".Rappelons que la fierté nationale qu'évoque M.Diefenbaker a été rudement secoure, a la mi-janvier, quand le général Lauris Karstad de l'armcc américaine, vint déplorer, au Canada, le fait que les contin gents militaires du Canada ne soient point pourvus d'armes nucléaires comn e le voulaient Nos éditoriaux • Claude RYAN, a ledilorlal, commente les démissions de MM.Pierre Sévigny el Georg; Hees, el l'homme politique qu'est M.Diefenbaker pour conclure que "le bateau conservateur s'en va a la derive".• Au bloc noies, Paul SAURIOl prédit une victoire aux chiro praticiens à l'issue de la presentation d'un projet de loi prive qui leur accorderait la reconnaissance officielle de l'Elal.leurs engagements envers l'OTAN et NORAD.Cette même fierté a clé exacerbée, le 30 janvier, quand le secrétariat d'Etat américain a critique vivement la politique du Canada en matière d'armements atomiques.Les quatre partis politique* en lice au Parlement ont alors réagi avec vigueur, dénonçant l'ingérence américaine dans U conduite des affaires canadiennes.M.Diefenbaker en a profite pour affirmer, une fois ds plus, que les Canadiens trancheront eux-mêmes les problèmes canadiens.Far la suite, M Diefenbaker semble s'etre engage dan* un sentiment anti-américain prononcé, semant l'inquictudrt parmi scs collaborateurs le* plus proches qui ne veulent pas brouiller le icu ries relations canadn-amcricaincs.M.Diefenbaker a résumé s* pensée, à la fin de cette entrevue télévisée en disant: '.On Canada en paix avec le monde entier, un Canada en paix avec scs voisins mais un Canada libre de déterminer sa propre politique avec les pays étrangers.11 est difficile pour le Canada d’atteindre ce but à cause de l'influence de la télévision.de la radio et autres moyens de communications.a******************** * * *¦ » * * * * » * * * * * * * * * * MÉTÉOROLOGIE Nuageux, neige legere Min.: 10 — Max.: 20 Gracieuseté de SHEARER LUMBER CO.LTD MONTREAL * *¦ + *' * * + * * * •• ?FÊTE DU JOUR * N.-D.DE LOURDES X * - , .*- Les librairies * F.PILON INC.X Papftrrie .DurtylngrAfihr* £ Arcfftftnlrra rit hiirrau «.* DEUX LE DEVOIR, MONTREAL.LUNDI, 11 FEVRIER 1963 Kennedy aurait approuvé dans le Gordon “111.fond la déclaration de Dean Rusk WASHINGTON.— Quel » été le rôle prccii du president Kennedy dan* la controverse suscitée entre la Canada et les Etats-Unis dans le cadre de l'armement nucléaire dont les Etats-Unis voudraient doter le Canada ?A Washington, un informateur près de la Maison Blanche soutient que le président Ken nedy a approuve le fond man non la forme de la critique fornrtiléc publiquement par le r-ecrétanat d Liai américain envers la politique nucléaire du premier ministre John Diefenbaker.Cet informateur a mémo ajoute que le secrétariat d'Ktat.j'-end parfois des decisions a l'insu du president.Le 25 janvier dernier, quand M Inefenhaker eut révélé, dans son discours aux Corn-ujuncs.la poursuite de négociations ranado-améneames au sujet des armes nucléaires rie même que certaines inodift a-tions a la stratégie de la défense nucléaire des alliés de lÿucsl.M Kennedy et son sien taire d'Etat décidaient de publier une déclaration dans le but de clarifier la position des Etats-Unis devant le problème nucléaire.La forme de celte declaration devint alors la responsabilité du secrétariat d'Etat «Ijiitlo a être approuvée ultérieurement par le président Kennedy.Malheureusement, selon cet informateur, la déclaration aurait été publiée sans liappi obation ultime du president.•Ce n'est pas l'avis, cependant, du correspondant du New York Tunes a Washing ton, Arthur Krock.Il soutient i|iie le president Kennedy a seille lui même a la rédaction de relie déclaration qui allait précipiter la chute du gouver nenirnt Diefenbaker, veillé -ur le fond aussi bien que la forme de ce communique Toujours selon M Krock, Je conseillers du président, avaient envisagé toutes les ron-équenres possibles de ce communique Ils n'avaient pas prevu, toutefois, la réaction unanime de tous les partis parle mentaires du Canada: ils n'n-vaient point prévu cette levée de boucliers contre ‘Tinge-rence américaine dans les affaires canadiennes".fuis, les réactions canadien-n's eurenl rapidement de-échos aux Etats-Unis, chez les politiciens aussi bien que dans les journaux.A la Maison Blanche, on se fit alors un devoir de souligner que M.Kennedy n'avait ni vu ni approuvé la déclaration ultime du secrétariat d’Etat.On laissa même entendre que le président était le premier surpris de la teneur de eette cri-tige qu'il la regrettât!.M.Krock soutient qu'il n'en est rien.Il raisonne: "Si M.Dean Rusk, le secretaire d’Etat, a outrepassé ses prérogatives, s'il a soustrait à l'autorité pré sidenticlle un problème aussi grave que celui des relations canado-amcricaines, alors il est temps que M Rusk de missionnt."S’il ne le fait pas, on peul en déduire qu’il a agi avec l'approbation directe du président Kennedy." Le NPD.Rccitalixcz-1 nti* VITTEL GRAND£ pour vou» • *•> à vivr» h'»r> •I mitux 'hsdeso»» (Suite de la première pa;;r) seuil de la division, au seuil du désastre economique et sur le poml de devenir, avec l'acquisition d'armes nucléaires dont il n’aura même pas le contrôle, la première cible de l'ennemi.Apres une erilique acerbe contre les conservateurs, M Daoust s'en rsl pris au parti liberal qui, dit-il, sous les ordres et à la solde de l'ctran-ger, propose de plonger un peuple qui a soif de paix au coeur de la guerre froide De son rôle, le ( redit social, poursuit M Daoust.mené par des chefs qui consacrent le plus clair de leur temps a se contredire, tente de faire crm re au peuple canadien qu'il peut guérir ses malaises par la démagogie.Le NPD du Quebec.M.Daoust, est le seul des quatre partis en présence dans cette campagne qui n’ait pas hé-uté à prendre des positions sur tous les problèmes graves qu'affronte aujourd'hui le Canada et qui soit fermement déterminé a prendre les moyens qui .s'imposent pour les résoudre DU SOLEIL EN BOUTEILLE BRUNET DE COTE-DES-NEIGES EST LE NOM QUI DOMINE DANS LA CREATION DES MONUMENTS AUCUN AGENT ECONOMISEZ I.A COMMISSION AV WT n\\< HETKIt CONSI I TK/ |\ IM LS VIEILLE MAISON IUJ QUEBEC InM'rtptlon* VUpAmioni et nettoyagr* J.BRUNET Liée Anflf Iierfllf* f» Rrlnf-M*H» Fondée en 1877 A Washington, hier, au cours d une entrevue télévisée, le sous-secrétaire d'Etat George Bail a affirmé qu'il ne voulait pas se mêler rie la politique canadienne envers les armes nucléaires.Il n'a pu s'empêcher de di re, cependant : "Si jamais une guerre nucléaire éclate, tout le monde libre sera en jeu et aucun pays ne peut s'isoler, prétendre qu’il ne veut pas se mêler d'une telle guerre".“La défense du monde libre est indivisible 11 est impossible de défendre une partie de ce monde et non pas l'autre".M.Bail a affirmé que les Etats-Unis arimettcnl que rer tains pays ont parfois des raisons d'agir de façon différente que ics Etats-Unis eux-mêmes.Vives réactions.(Suite de la première page) M.Douglas Harkncss, qui avait démissionné, mardi dernier, de son poste de ministre de la défense, a commenté les démissions de MM.Sévijjny cl lices de eette façon: "Je ne suis aucunement étonné rie leur démission Je ne serais pas étonné si d'autres démissions survenaient sous peu au sein du cabinet”.I, 'ancien ministre de la défense a souligne que ces deux nouvelles démissions établissent qu'il avail raison de re-elamer des ogives nucléaires pour l'armement défensif du Canada.Soulignons que les Irois démissionnaires sont tous d an eiens officiers de l'armée au cours du dernier conflit mondial.Pour sa part, M.Paul Mar tin, un ancien ministre liberal qui représente Essex-East aux Communes a commenté la démission de M, Sévign" en ees mots: "C'était la seule décision honorable à prendre".M.Nlartin a passé la fin de semaine à Sydney en Nouvelle-Ecosse.Il a soutenu que le premier ministre a perdu la confiance de ses propres collègues: il ne peut espérer, selon lui.obtenir l’appui du peuple canadien.D'autre pari.M Marcel Bourbonnais, député progressiste conservaleiir rie Vau-rireiiil Boulanges a déploré la décision de MM.lices rl Sé-vignv.Dans un communiqué remis a la presse, a Ottawa, il a dit "Je préfère demeurer avec M Diefenbaker qui est 1 adversaire des armements nucléaires, le rhampinn de la souveraineté canadienne grâce a une politique conçue au Canada par des Canadiens pour les Canadiens." J.e bruit courait que M.Bell, le ministre de l'immigration allait démissionner à son tour."C'est un canard, a t-il dit.je suis solidaire du cabinet et je suis décidé à me battre ".Les observateurs dans la capitale reçoivent de telles affirmations de loyauté avec un grain de sel Ils ne peuvent oublier que M.George Hecs qui présidait le caucus de la deputation progressiste-conservatrice.jeudi dernier avait déclaré : "Notre parti est uni en vue du prochain scrutin du 8 avril".Quant à M.Sévigny, n'avait-il pas dit, jeudi, aux journalistes: "Je suis membre de l'équipe !" 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