Le devoir, 17 novembre 1945, samedi 17 novembre 1945
"h* Canada cat un« natîrm mxmratn* et ne peut avec docilité accepter de ta Grande-Bretagne.ou dee Etata-Unle.ou de qui que ce «oit d'autre, l'attitude qu'il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d'un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envefs le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth." "She Is a sovereign nation and cannot take her attitude to the world docilely from Britain or from the United States or from anybody else, A Canadian’s first loyalty Is not to the British Commonwealth of Nations but to Canada and to Canada’s king and those who deny this are doing, to m.v mind, a great disservice to the Commonwealth ” (l-X-37) Lord Twetdsmuir Directeur i Georges PELLETIER DEVOIR FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en cheii Orner HEROUX Gérantj Montréal, samedi 17 novembre 1943 VOLUME XXXvfl- No 264 ~ REDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME.MONTREAL ftlEPHONE : BEUdr 3361' SOIRS.DIMANCHES ET FETES Administration s Rédaction i / BElqlr 3311 BElair 3114 BElalr 3381 u A.La situation s’aggrave dans le nord de la Chine ( Voir tn page 3 ) Avant le banquet du “Bloc” M.Maxime Raymond-Notes et souvenirs Les amis politiques de M.Maxime Raymond fêteront demain le vingtième anniversaire de son élection à la Chambre des Communes.C'est un fait à peu près public, et singulièrement caractéristique, que le député de Beau-harnois-Laprairie n’a consenti à cette fête qu’à la condition qu’elle se confonde, en quelque sorte, avec le congrès qui doit commémorer le troisième anniversaire du Bloc, qu’elle soit, beaucoup plus qu’un hommage personnel, un facteur de propagande.On n’imagine guère — et du point de vue de l’action proprement électorale et parlementaire, ce peut être une faiblesse — qu’un homme public soit aussi complètement indifférent, pour ce qui le concerne, à la réclame, à la publicité, à la mise en scène, que le chef national du Bloc.Rien de cela ne paraît l’intéresser.Rien de cela ne correspond à ses goûts ni à son tempérament.Et plusieurs ont sûrement pu se demander comment cet homme d’allures si réservées, qui n’a jamais cherché les applaudissements de la foule, qui ne paraissait vouloir d’aucune façon se mettre en vedette, a pu un jour accepter 1a direction d’un grand mouvement politique, y donner une telle somme de travail et, pour parler net, de dévouement.Ÿ * # L’explication nous semble fort simple.Le chef du Bloc — nous parlons en observateur du dehors.nous ne sommes point de ses intimes ni même de ses collaborateurs — nous apparaît à la fois comme le prisonnier de ses principes et de sa conception du devoir.Un incident que j’ai déjà rappelé m’a personnellement écbiré sur l’un de ces points.C’était à la veille de la campagne électorale de 1926.L’année précédente, M.Raymond avait été élu député fé-d'ral,.McLean’s a raconté que cela ne se fit pas sans difficulté.Les difficultés ne venaient pas des électeurs.Ceux-ci désiraient vivement le candidat, enfant d’une vieille famille du comté, avocat bien coté, et qui.par ses relations intimes, était fort près du grand état-major libéral.C’est le candidat, homme d’étude èt de vie discrète, heureux entre ses livres et son foyer, qui ne se souciait pas d’entrer dans la bagarre.On multiplia les pressions et l’on finit par obtenir un consentement: mais, à un programme très clair et qui ne fut peut-être pas suffisamment remarqué à l’époque ftoujours le même dédain de la réclame!), M.Raymond ajouta cette condition qu’il solderait seul les frais de son élection.— Condition, fait observer McLean’s, qui à ce moment n’était pas pour déplaire aux meneurs du parti, mais qui plus tard devait les ennuyer fort.Il est assez difficile en e et de bousculer un député qui a du courage et qui ne doit rien à la caisse électorale.Nous étions donc à la veille de l’élection de 1926.Un midi, à la Place d’Armes, je me trouvai face à face avec M.Raymond, qui attendait comme moi son tramway.— Vous allez être candidat?lui dis-je.— C'en a tout l’aie, fit-il avec un sourire.— Et vous allez être élu?(Comme il avait eu la fois précédente plusieurs milliers de voix de majorité, la question ne paraissait pas indiscrète).— J'y compte bien.Puis, spontanément, sans que rien eût apparemment provoque la déclaration: Vous savez, c’est comme indépendant que je devrais me présenter.Mais l'on a tellement galvaudé ce mot qu’il n’y a plus que Bourassa qui puisse se présenter comme indépendant sans faire sourire ou hausser les épaules.Mais je n’ai renoncé à aucune des idées de ma jeunesse.* * * Le mot.jeté en passant, à une simple connaissance, m’est resté dans la mémoire.Il s'éclairait pour moi d’une lumière particulière.Bien qu’ayant été absent de Montréal pendant quelques années, je n'ignorais point que Max Raymond, comme disaient ses camarades d’alors, n’avait jamais fait mystère de ses sympathies pour Bourassa et ses idées.Les événements ont confirmé la parole qui m’avait été dite ce midi de 1926.Député, M.Raymond n’a cherché ni l’éclat ni la vedette.Il n’est intervenu que lorsqu'il le jugeait nécessaire.Son tempérament ne se prête point aux manifestations tapageuses.Sa pensée est hardie, mais sa rédaction, son débit sont d’une extrême simplicité.—- Si Un Tel (mettons, pour ne pas le nommer, qu’il s'agissait de M.Houde) avait prononcé un pareil discours, les vitres des Communes auraient tremblé, disait un journaliste: mais M.Raymond débite cet choses du ton tranquille d’un professeur qui ferait une leçon d'histoire ou d’économie politique.Il faut relire son texte pour bien se rendre compte de son puissant contenu, de la hardiesse et même de l’audace de sa pensée.Au fur et à mesure que revenaient de pressante et tragique actualité les questions impériales, l'action publique de M.Raymond s'accusait.Rapidement, sans l’avoir cherché, il prit figure de chef.Il n’hésita point à porter la lutte en dehors de la Chambre.Il fut l’un des animateurs de la Ligue pour la Défense du Canada, qui, lors du plébiscite, menait la bataille pour le non.Ce n’est pas très longtemps après cela que l’on s'avisa de réunir en volume ses discours parlementiires.On put leur donner un titre qui gênerait nombre d’hommes pu- blics: Politique en ligne droite.Rien n’atteste mieux l'unité de sa vie politique que le rapprochement dé ces discours: rien ne marquait davantage la richesse de sa documentation, car l'auteur prépare ses textes avec des soucis de cbartiste.Max Raymond, c’était clair, n’avait rien oublié des idées de sa jeunesse.Il restait fidèle à ses principes anciens.Et l’on put, à un moment donné, deviner ce qu'il y avait de possibilités d’émotion cachées sous l’allure si calme de l'orateur.Quand M.King osa parler d’honneur à propos de l'attitude de M.Raymond et de ses amis, le député de Beauharnois, avec une froideur méprisante, répondit tranquillement au premier ministre: Nous n’avom pas la même conception de l’honneur.Chez nous, l’homme d’honneur est celui qui tient sa parole.Le coup est l’un des plus durs qui aient jamais été infligés à un chef de gouvernement.* * * L’étonnant, si l’on ne tient pas compte de l’un des facteurs que nous indiquions plus haut, c’est que M.Raymond ait accepté la direction du Bloc.La besogne, les fonctions de chef de parti s’opposaient à son tempérament, à ses goûts.11 avait toujours vécu dans une sorte de demi-retraite.Il approchait de la soixantaine; sa santé donnait des inquiétudes.Il n'était sollicité par aucune hérédité batailleuse.II n’avait point le tempérament du tribun qui peut trouver dans le maniement | des foules une joie personnelle.Il occupait une situation particulièrement favorable.Le député de Beaucharnois aurait probablement en effet pu continuer à défendre ses idées sans que le parti libéral osât lui faire une opposition directe.L’opération eût été très dangereuse, tandis que l’abstention aurait permis aux chefs de dire: Voyez comme nous respectons la liberté de nos députés, nous ne touchons pas à Raymond, et de tirer de là un argument qui n’aurait pas manqué d’efficacité.Organiser un mouvement nouveau, c’était prodamet la rupture officielle avec ses compagnons d’hier: c’était aller au-devant d'innombrables ennuis.Car, c’est la règle courante, un pareil mouvement coalise des gens de toutes les sortes, des idéalistes, des patriotes, des ambitieux qui s'imaginent trouver dans une voie nouvelle la satisfaction de j désirs anciens, et même des toqués, chacun avec son tem-I pérament, ses conceptions personnelles, ses susceptibilités.’ M.Raymond avait trop d’expérience déjà pour ne pas i deviner une partie au moins des tracasseries et des ennuis qui l’attendaient dans cette voie nouvelle.Mais il croyait à la nécessité du mouvement.Par deux ou trois fois, parait-il, il refusa d'en accepter la direction.On insista, on lui déclara: Vous seul pouvez faire l'unité.Vous n’avez pas le droit, quelles que soient vos légitimes objections et vos répugnances, de vous dérober.M.Raymond finit par sandiner.Une grave crise de santé vint presque aussitôt et pendant un assez long temps paralyser ses efforts.D’énormes difficultés surgirent.Il persévéra.Il fut, il est évidemment resté le prisonnier d'une haute conception du devoir.Ceux mêmes qui diffèrent d’opinion avec lui ne lui refusent point cet hommage.* * # Nous n’essaierons pas de jouer au prophète et de risquer des pronostics sur l’avenir du Bloc.Il y a deux sortes de succès: le succès des idées et le succès proprement électoral.Il peut même arriver que l’un nuise à l'autre, que la propagande d'un groupe nouveau pénètre si profondément la foule que les partis anciens acceptent en tout ou en partie son programme pour sauver leur peau.Mais les idées restent, quelle que soit la couleur, quel que soit le drapeau de ceux qui.finalement, les acceptent.Et le mérite des pionniers n’en est pas moins grand.Le Bloc, indiscutablement, nous a rendu le service de formuler un programme net, précis, cohérent et complet.Et.dans l’ordre des relations impériales, il a eu le courage de hisser, sans hésitation ni réserve, le drapeau de l'indépendance.Cela restera, cela sera peut-être demain le patrimoine commun.Les vieux partis devront se rappeler aussi que.dans notre province, en dépit de l’habitude et des puissantes formations anciennes, des formidables moyens d'influence dont celles-ci disposent, et des très maigres ressources du Bloc, deux cent mille électeurs ou bien près se sont groupés sous les drapeaux nouveaux.Cela atteste l’existence d’un état d’esprit, de disponibilités que personne n’a plus le droit d'ignorer.* * * Quel que soit le sentiment qu’on entretienne sur l’avenir du Bloc, sur l’opportunité même de sa fondation, nous crovons que sur un point l’arcord reste complet.On respecte l’homme qui.pour défendre ses convictions, a sacrifié tant de choses.C’est indiscutablement, comme disait un jour M.Bourassa, d un autre de ses contemporains, une haute cons-fi*ncf' 17-xi-tj Orner HEROUX liers d’aujourd’hui sont bien heureux! Il U a dix ans sortit le ROBOT, vaste machine ayant vaguement forme humaine, qui répondait à certaines questions curieuses, mais qui était surtout d’une force extraordinaire aux échecs.Non seulement il battait le menu fretin des amateurs avec une déplorable facilité, mais il tenait tête aux grande maîtres.Non qu’il les battit, mais invariablement il faisait partie nulle.Il n’y a pas à se cacher que cela est fort humiliant pour le sport royal qui est supposé être l’amusement intellectuel par excellence.Ces jours-ci, le Massachussetts Institute of Technology vient d’offrir à l’humanité supposée pensante, une autre merveille de mécanique.Elle pèse cent tonnes, s’orne de 2,000 lampes électroniques, tourne de ses 150 moteurs, sans compter des milliers de relais, bobines de fils, etc.Le New York Times qui en parle avec une sorte de vénéra-lion, dit qu'il suffit de lui indiquer lu vélocité du vent, la température athmosphèrique, la rotation terrestre, el quelques autres détails.Aussitôt, apres quelques grincements mystérieux, elle donne la réponse qui permettrait à un canonnier de frapper n’importe quel objectif aérien ou terrestre.Le questionneur pose les données de son problème — mathématique s'entend, — sur une machine perforeuse.Le rouleau de papier est ensuite placé sur un clavier de la ma.chine et aussitôt des milliers de leviers, de roues, se mettent en branle pour ensuite inscrire la réponse exacte.En fait, il s'agit de pure mathématique, et eu fait ce n’est guère plus remarquable qu’une monotype de journal.La machine à calculer de Pascal était moins étendue, mais était du même principe.Quel dommage tout de même! On pourrait si en te voulait en faire des trésoriers publics incorruptibles, fermés à la pillé mais aussi aux autres tentations.Rien que dans la dernière guerre, on peut être assuré que les contribuables s’en seraient probablement bien trouvés.LETTRE D'OTTAWA NOUR 1T-3H-45 L'actualité Les automates d’élasticité et Je résistance à l’usure.il devenait te plus incommode des métaux utiles, et bon à peu près aux brimborions.fl u a quelques siècles les alchi.imstes recherchaient la pierre philosophale qui transmuerait les plus vils métaux en or.Ils n’ont pas réussi, heureusement pour eux, puisque ainsi des milliers ont pu i prouver les âpres joies de la recherche.barbotter dans les cornues, engendrer des senteurs étranges, et surtout conter à coeur joie toutes tes sornettes qu’il leur plaisait â leurs contemporains frappés ae res-peçt el d’épouvante.Car te but une fois atteint, la pierre philosophale devenait chose ordinaire et courante.et source d’ennuis.Car de l’or qui serait aussi commun que le plomb, que voules-vous qu’on en tasse tant?Mou, fragile, incapable qn’aujourd’hui rs d’hommes Et puts, pour ce f.n en fait! Des milliers _ Rîf.st nt attelés chaque jour à des lâches pénibles dans les profondeurs de ta terre, à sortir dos amas énormes de terre, pour ensuite les broyer et en extraire un minime volume de poudre d’or.Vous croyez qu’ators on va l’employer à quelque chose.Erreur, la brique d’or escor-fée de policiers, de gardes, de gérants et de contremaîtres, est transportée solennellement à la Monnaie rù elle est analysée et pesée au scrupule.Elle ira ensuite dormir indéfiniment dans les voôtes de t’Elnt.sous le titre piaffant d"‘éta-lon-or”.Sa destinée est close et immuable.Mais tes esprits inventifs ont tou-tours préféré la fumisterie de la fausse création, autrement dit les automates.L'histoire est remplir de.récits naïfs sur les inventions de ce genre, et U u a même un opéra, les Contes d’Hoffman, oil une automate ravissante chante A ravir, marche, danse et brise le coeur d'un pauvre homme.Or depuis quelques' années, les hommes ont repris gotU d ces inventions auxquelles tes machines A < alculer ont donné un essor prodigieux.au point d’atteindre le but rêvé, qui serait de dispenser les écoliers d’unprendrc l’arithmétique et les tribulations de la comptabilité.Car pourquoi obliger les enfants à des heures d’étude revêche, voire A de nombreux coups de règle sur les doigts, quand il suffit de peser sur des boutons pour additionner.soustraire, multiplier et diviser.pour trouver les taux d’intérêt simple et composé?Ah! les ico- Bloc - notes Exemptions d'impôts Les immeubles de U Couronne sont exempts de taxes municipales.De» députes à la Chambre des Communes agitent la question de soumettre ces propriétés au régime commun.“Les immeubles et les biens appartenant au Canada ou à l’une des provinces ne sont pas imposables”, édicte formellement la loi constitutionnelle de 1867.De ce fait, les municipalités sc trouvent privées de gros revenus.Si la ville d’Ottawa percevait des impôts sur les nombreux édifices du gouvernement fédéral, elle recueillerait une somme annuelle qui dépasserait $2 millions.C’est précisément le cas de la capitale qui a amorcé la discussion.Le ministère des Travaux publics proposait de verser une somme de $300,000 à cette municipalité en manière de dédommagement.Pour donner suite au voeu exprimé par plusieurs députés, il faudrait amender la loi de 1867.Cette éventualité est-cllc prochaine?Toutefois, qn membre du Parlement fédéral propose de soumettre ce point à la prochaine conférence fédérale-provincialc.Le cas de Montréal A Montréal, les exemptions d'impôts au chapitre des propriétés fédérales représentent une somme de 821,631,840.Il faudrait y ajouter les biens possédés par le conseil des ports nationaux dont le* franchises se totalisent par $40.530,425.Nous recueillons ces chiffres au rapport annuel du rôle d’évaluation pour 1914-1945.Les exemptions de taxes municipales sur les immeubles du gouvernement provincial situés dans la métropole sont estimées à $14,-600,940.Cependant, l'ensemble de ces affranchissements d’impôts au titre de la Couronne représente une faible proportion au regard du total des exemptions de taxes; la totalité de ces exemptions donne le chiffre de 8340,560,674; cela comprend les églises, les institutions de bienfaisance, etc., auxquelles il convient d’accorder des dispenses d’impôts pour devoirs et services rendus à lu collectivité.Les édifices de la Couronne sont d’un autre ordre et le gouvernement fédéral reconnaît lui-même ce fait en proposant un dédommagement à la ville d’Ottawa en retour des immunités énormes qu'elle accorde aux immeubles fédéraux.Bref débat sur la question du divorce M.Coldwell estime que le temps est venu pour le Parlement d'instituer une procedure acceptable en matière de divorce — Nouvelle déclaration de M.Mitchell sur la grève de Windsor— Crédits votés (par Pierre Vigeont) Ottawa, 17 (D.N.C.) — L’introduction d’une fournée d’une soixantaine de bills de divorce a donné lieu aujourd’hui à un bref débat sur la question du divorce à la Chambre des Communes.C’est le chef de la CCF, M.Coldwell, qui a amorcé le débat en disant qu’il est scandaleux de voir la façon dont la Chambre des communes était appelée à dissoudre des mariages.Il a ajouté que le Parlement pourrait bien se trouver dans une situation embarrassante dans un avenir prochain quand les divorces se multiplieront en raison des mariages hâtifs du temps de guerre.Ij a conclu en affirmant qu’il n’est pas opposé au divorce en certaines circonstances, mais qu’il estime que le temps est venu pour le Parlement d’instituer une procédure acceptable en matière de divorce.Le premier ministre intérimaire, M.Hsley, a fait observer que des députés de l'opposition se plaignent chaque année de la façon dont le Parlement canadien accorde le divorce, ruais qu’il n’a jamais entendu formuler une suggestion concrète pour rémedier à cet é!at de choses.M.Sanley Knowles, député coopé- ratiste de Winnipeg, a répondu que .son parti a déjà proposé de soumettre les causes de divorces à un tribunal fédéral tel que la Cour de l’échiquier.M.Ilsley a repris qu’il ne croit pas désirable de confier ce soin à la Cour de l’échiquier, M.Angus Maclnnis, député coopéra-tiste de Vancouver, a dit qu’il ne voit pas pourquoi il ne serait pas possible de créer des cours de divorce dans le Québec comme dans l’Ontario.M.Alphonse Fournier, ministre des travaux publics, est alors intervenu pour dire que l’on commettrait une erreur grave en cherchant à imposer des cours de divorce à la province de Québec qui n’en veut pas.11 a fait observer que le nombre des divorces s’est formidablement accru dans toutes les provinces où l’on a institué de tels tribunaux tandis qu'il est demeuré relativement faible dans le Québec.Il a dit que le comité du divorce du Sénat dont^le rapport est généralement adopté sans discussion, entend la preuve tout aussi sérieusement qu’un tribunal ordinaire, M.Maurice Lalonde, député libéral de Labelle, a protesté lui aussi contre la façon dont on approuve les divorces en vitesse et il a pro- posé de soumettre la question ê la prochaine conférence fédérale provinciale, M.A.Smith, député conservateur de Calgary Ouest, a dit qu’il ne voit pas de modification possible au système actuel puisqu’il n< saurait être question d’imposer des tribunaux de divorce à la provinci de Québec.Il a affirmé, commi M.Fournier, que le comité du Sénai se compose d’hommes d’expérien ce qui agissent avec tout le sérieux d’un tribunal.Le ministre du Travail, M.Hum< phrey Mitchell a fait une nouvelh déclaration sur la fameuse grève de Windsor.Il a dit que les dernières propositions soumises par les ou' vriers lui paraissent raisonnables el au il espère que les deux parties reprendront bientôt les négociations.La Chambre a voté en troisième lecture le projet de loi de M.Louis-Mephen Saint-Laurent, qui autorise le gouvernement à nommer le président d’une commission de trois membres pour administrer les pénitenciers fédéraux.Elle a également voté en troisième lecture le projet de loi de M.Fournier qui (suite à la page trois) Propos d'un spectateur Le théâtre canadien, en 1945 Par André Langevin L’année 1945 devra être inscrite en lettres d’or dans la chronique du théâtre du Canada français.En cette ère de radio-cinéma et des milliers d’attractions qui sollicitent et disposent l’attention, jamais pourtant le théâtre n’a éveillé chez nous un si grand intérêt de la part du public et n’a suscité chez nos comédiens de si grandes audaces et de si belles réalisations.Il nous semble que désormais tout est possible dans le domaine théâtral, assurés que nous sommes de rencontrer l'appui d’un public nombreux la compréhension et l’aide de l’élite.Un travail lent et obscur de plusieurs années, l’apport humble et combien précieux d’une multitude de gens qui n’ont jamais fait fortune, la constitution de nombreuses troupes souvent disparues après le premier spectacle, de judicieux orogramtnes de théâtre classique à la radio d’Etat, une saine publicité des journaux, des coups d’audace étonnants et l'élan irrésistible d'une jeunesse enthousiaste ont réussi à vaincre en grande partie une inertie générale qui menaçait de devenir chronique.Nous n’avons qu’à jeter un coup d’oeil rapide sur ce qui a été fait et sur ce qui se fait actuellement a Montréal pour mesurer la distance parcourue et l’importance qu’a prise ie théâtre chez nous.Montréal peut désormais compter sur deux troupes solidement établies et décidées à durer: tes Compagnons de saint Laurent qui ont pour animateur le Père Emile Le-gault, C.S.C.et VEquipe sous la direction de M.Pierre Dagcnais.Ces deux groupes entreprennent une saison des plus prometteuses au théâtre restauré du Gesà.Les Compagnons de saint Laurent sont nés en 1937, au retour d’un voyage d’études en France du Père Legault.Celui-ci a communiqué à un groupe de jeunes un dynamisme, une ténacité et un entrain qui durent encore aujourd’hui après^ sept années d’existence.Ils ont débuté bien humblement à Saint-Laurent, c’est-à-dire en dehors des centres populeux, avec des oeuvres de leur ami Ghéon, des jeux de Chancerei et de temps à autre un Molière, un Corneille ou un Racine.Cela n’a pas toujours été facile.Les Compagnons ont eu comme les autres leur part de déboires et d’insuccès, insuccès causés par l’indifférence du public au début et aussi par leur inexpérience et leur désir d'aller vite.Mais ils avaient pour eux la joie et l’esprit d’équipe, leur jeunesse et leur espoir.Si des gens en place ont fait entendre un rire de mépris devant l’esprit de nouveauté et la noble ambition de ces jeunes, les Compagnons trouvaient à se consoler dans le groupe fidèle qui les suivait de représentations en représentations et dans les nombreux témoignages d’encouragement qu’ils recevaient d’un peu partout.D’année en année, leur public s’est accru.11 y a trois ans, ils s’installaient dans la coquette salle de l’Ermitage où leur premier spectacle fut Noé d’André Obey.Avec l’aide du célèbre médiévalisle Gustave Cohen, ils présentèrent ensuite deux oeuvres du Moyen-Age, Adam et Eve et le Jeu de Robin et Marion.Mme Ludmilla Fitoeff vint leur révéler Claudel.Avec le précieux concours de cette grande artiste.ils montèrent VAnnonce faite à Marie et l’Echange.Mme Pitoeff forma par la suite sa propre troupe mais ne rencontra pas l'accueil qu'elle aurait mérité avec la Maison de poupée d’Ibsen et l’Otage de Paul Claudel.Les Compagnons entreprirent l’année suivante deux saisons bien remplies.Ils présentèrent la Vie profonde de.saint François d'Assi-se de Ghéon, le Chant du berceau, le Comédien et la grâce de Ghéon, le Barbier de Séville de Heaunnr-chais, les Fourberies de Scapin de Molière (oeuvre qui permit aux Louis ROBILLARD I7-XI-4S Choies dhiet et d au fould hui ' La perasae va *i lantwnant qu* la pauvret» n'a pa» d» p»in» à l'att»in- Jje calnet du grincheux | Il y a des noms de tamilles extrêmement difficiles à orthographier, tel celui de Chnaszcs qu un avis de bill demande à la Législature de transformer en une appellation plus commode: Cross.• * • Pourquoi aussi ne pas s appelor.à l'origine, Laliberté ou Panel?Mats che* les étrangers, ces noms pour nous si faciles présentent des rébut.On le voit tous le» tours dans Iss gazettes anglaises où 1 an massacre nos patronymes les plus familiers.* * • Tout est question d habitude.Chrsasscs doit être un patronyme commun dan» quelque contrés lointains.* * * "Les, statistiques démontrent que durant les mois d'hiver 80 pour cent de nos dé-lais de circulation sont causes par des automobiliste» en panne sur les voles ’, clame encore ic Tramway.• » • Raisonnement à la mode du Tramway: or, donc, lee automobilistes ont tort.Et puis, si l'on te débarrassait de ces rails désuets, abandonnés par toutes les villes modernisées, le problème se trouverait magnifiquement résolu.• • • A propos de la "taxe de luxe", du Conseil législatil, et du gouvernement Duplessis, un conseiller législatif libéral dit: "Partout ailleurs que dans la province de Québec, le Conseil législatif n'existe plus, parcs que les gouvernements se voyaient frustrés dans leurs efforts de gouverner".• * • Est-ce une absolution à l’endroit des gouvernements qui ont supprimé les Chambres hautes et une imputation de parti-sanerie A l'adresse de ces corps prétendus modérateurs?* * * Dans le cas de la "taxe de luxe", si la Chambre rouge n'a fait que son devoir, pourquoi se vanter d’un# chose normale pendant deux fois trente minutes au microphone?Mats non, c'était "le geste révolutionnaire de douze conseillers nommés à vie qui tenaient tête aux représentants élus du peuple”, dixit M.Brais.?* Les oies du Capitole avaient sauvé les contribuables québécois.Mais, au dire de l'orateur: "Une seule fols depuis cent ans.le Conseil législatif avait osé toucher à ce qu'on appelle un bill d'argent, — un bill imposant un» taxe — voté par les représentants élus du peuple".Voilà qui diminue singulièrement le rôle tempéra-teur du Conseil, à moins que les bills d'argent antérieurs aient été irréprochables.où que la Chambre haute ait été régulièrement composée de "yes men" parfaits.te Grincheux 1T-XI-4» Compagnons de se faire connaître New.York), Oedipe-Roi et Orptu de Jean Cocteau, le Pauvre soi l’escalier de Ghéon et Picrocho de Chancerei (adapté de Rabelais Je ne veux pas oublier ici les grn dioses représentations en plein a du Mystère de la Messe de Ghéon du Jeu de saint Laurent du fleiu dirigé par Ghéon lui-même.L Compagnons reprennent aussi ch que année Je Noël sur la place et Farce du pendu dépendu de Ghéoi Lt, Cahiers des Compagnons, pi blication fondée l’an dernier, sor une heureuse innovation au Can.da.Cette Iroupe a déjà entrepris s saison avec deux oeuvres de haut tenue artistique: On ne badine pu a»*c , ' ™our de Musset, et No d André Obey.Quatre autres spec tacles sont annoncés: Le jeu de Vf, mour et du hasard de Marivaux, L Bal des voleurs de Jean Anouilh, L Nuit des rois de Shakespeare, e /.
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