Le devoir, 23 février 1946, samedi 23 février 1946
\ 1 ' vm •oat«rAin« •% à# jeut ATec docilité accepter de ta Orande-Breta* «ne.ou dea BtaU-Unla- ou de Qui que ee eot% d’autre TatUtude qu’il lui faut prendre enrere le monde Le premier devoir de loyalleme d un Canadien n’est pas envere le Commonwealth YnU tannlque des nations, mais envere le Canada et eon roi.et ceux qui contestent ced rendent, a mon avis, un mauvais service au Common wealth.“8h« la a aoiwlim natton aad ****»*• her attitude to the world docilely from Britain or from the United States or *rona anybody etoe.A Canadian's first loyalty la not to the Britton Commonwealth of Nation* but to panada »nd to Canada's kina and those who deny this mw doin*.to my mind, a ureal dlaserrlaa to tba Commonwealth " rt-X-*T) « Lard Twi LE DEVOIR ¦Montréal, samodi 23 février 1946 VOLUME XXXVII — No 45 IKDACnOM ET ADKINISTtATIO* f mUt.KOTHE-DAME, MOKTIEAt TELEPHONE : *BEIair 3361 SOUS, DIMANCHES ET FETES Administration i Rédaction : Directeur t Georges PELLETTE! FAIS CE QUE DOIS UdacteuT as cfceii Omet HEIOUE Gérant : BEIair 3361 BEIair 2984 BEIair 2239 Les troubles continuent aux Indes - Déclaration de Gandhi (VOIR EN PAGE TROIS) Les effectifs du mouvement coopératif français Plus de 2,000 sociétés coopératives, plus de 500,000 membres rindividualisme des Canadiens français n'est pas in — Comme quoi incurable Le récent congrès de Québec qui a donné naissance au Conseil canadien de la Coopération aura attiré 1 attention du grand public sur le mouvement cooperatif au Canada français.Tout le monde a vaguement entendu parler de coopération puisque les organisations coopératives se sont multipliées et diversifiées au cours des dernières années, que les chaires et les cours de coopération se sont organisés un peu partout.Il y a cependant bien peu de gens qui ont une idée un peu précise de 1 ampleur que le mouvement a prise chez nous au cours des dernières années.Quelles sont les forces qui se sont groupées et organisées à Québec il y a une quinzaine de jours?Ce sera sans doute une révélation pour la plupart de nos lecteurs comme pour nous que d’apprendre que le Conseil canadien de la Coopération réunit plus de 2.000 organisations coopératives et plus de 500,000 membres.Tels sont les effectifs imposants du mouvement coopératif français au Canada au moment où il parfait son organisation et s assure 1 indépendance nécessaire pour travailler efficacement à notre relèvement économique.* * * Dans sa livraison de janvier, la revue du Conseil de la Coopération—Ememble— a fait le dénombrement sommaire des effectifs coopératifs du Québec.C’est un tableau d’un extrême intérêt que nous croyons devoir résumer pour le bénéfice de nos lecteurs.Les caisses populaires Desjardins qui sont une creation purtment canadienne-française méritent sûrement la place d’honneur parmi toutes nos organisations coopératives.Le dernier rapport officiel qui date du 30 juin 1945 mentionnait 891 caisses groupées en 10 unions régionales et une fédération centrale.Ces caisses comptaient 341.483 membres et possédaient un actif de $123,500,000.On organisé les coopératives du Nouveau-Brunswick, mais les Acadiens, sous la direction de M.l’abbé Livain Chias-son, ont eu vite fait d’adapter et de franciser la formule.Une interview accordée récemment à la Terre de Chez Nou» par M.Martin Légère, qui représente les Provinces Maritimes au Conseil canadien de la Cooperation, donne une idée impressionnante de la force du mouvement au Nouveau-Brunswick.Les Acadiens de la province voisine viennent de fédérer 78 caisses populaires qui comptent près de 20,000 sociétaires et dont l’actif s’élève à près de $2,000,000.Us ont fondé 35 magasins coopératifs dont le chiffre d’affaires a atteint l’an dernier $1,500,000.Les coopératives de pêcheurs sont au nombre d’une quinzaine et la seule coopérative de l’île de Lamèque, qui possède son entrepôt frigorifique et sa conserverie, fait plus de $200,000 d’affaires par année.Il existe encore la Coopérative agricole de Madawaska dont le chiffre d affaires atteint $500,000 par année et la Coopérative de fraises de Memramcook qui a fait l’an dernier $50,000 d’arfai- quoi venir nous gâter tout notre plaisir?Lui.— Ne t’inquiète pas.Je t’assure que les amoureux se foutent bien des savants.Je ne les blâme pas.Elle.— Veux-tu me dire ce qne les savants espèrent trouver dans la terre?De nouvelles mines d’or?Lui.— (Moqueur) Ou de nouvelles modistes et couturières.Elle (Amusée) Ohl tu peux te moquer de moi.Tu ne perds rien pour attendre.Lui.— Ne te fâche pas.N’allons pas nous battre parce que des savants délirent.Elle (Gaiement) Oui.Nous n’en serions pas plus avancés.Que les savants aillent dans la terre, on s’en fiche.Lui.— Qu’ils aillent au diable, s’ils le veulent.La terre, la terre! Qu’est-ce que Ça peut bien nous faire?Ferrier CHARTIER 23-n-4« M.Maurice Duplessis, hôte d’honneur des notaires de la province, à Québec On le présente comme "le grand ami des notaires" - M.Duplessis parle do la tradition "pilier le plus solide de l'édifice national"-Il faut que la profession notariale survive, dit le premier ministre — Ottawa et tes provinces res.Les Acadiens de la Nouvelle-Ecosse possédaient aux derniers rapports disponibles 10 caisses populaires qui comptaient 3,500 membres et 12 coopératives qui en comptaient 4,500.Nous n’avons pas trouvé de chiffres pour l'IIle du Prince-Edouard où le mouvement d’Anti-gonish a également exercé une influence profonde.* * * Nos compatriotes des provinces des Prairies se sont aussi hardiment engagés dans le chemin de la coopération.Les Franco-Manitobains ont établi 32 caisses populaires qui comptent 5,832 membres et dont l’actif s’élève $523,320.Les statistiques fournies par Ensemble pour les provinces des Prairies ne sont pas complètes.Elles “ dis rapports officieux qu’il s’est fondé depuis ce | révèlent cependant que le.Franco-Manitobains qui ne P - • • ?— —-représentent que 8 pour cent de la population de leur pro- vince, possèdent 33 pour cent des caisses populaires, 20 pour cent des magasins coopératifs, 45 pour cent des fromageries coopératives.Elles révèlent encore que les Franco-Albertains possèdent 9 coopératives de consommation qui comptent 1.804 sociétaires et que l'actif de leurs caisses populaires représente 26 pour cent de l’actif de toutes les caisses de l’Alberta.On ne dispose apparemment d’aucune donnée statistique touchant les coopératives françaises de la Saskatchewan ni même de l’Ontario.Cela ne veut pas dire que le mouvement coopératif y est inexistant.L Ontario français est représenté au Conseil canadien de la Coopération par M.Ernest Denis, de Timmins.Il y a tout juste quinze iours oue l’on annonçait la fondation de la Fédération rapport plus d’une cinquantaine de caisses et que l'actif l’est accru de plusieurs millions.Les coopératives agricoles, aux derniers chiffres officiels qui remontent à mars 1945, étaient au nombre de 591, soit 581 sociétés locales, 2 régionales, 7 provinciales.une centrale (la Coopérative Fédérée).Elles comptaient 50,575 membres et leur actif s’élevait à $19,538,-347.Elles avaient réalisé en 1944 un chiffre d’affaires de $89,791.789.Encore dans le domaine de la production, les coopératives de pêcheurs, au nombre de 35 groupées autour de la centrale des Pêcheurs-Unis de Québec, comptaient 3,019 membres et réalisaient un chiffre d'affaires de $1,524.580 en disposant de 70 pour cent de tout le prison pris dans la province.Les coopératives d’assurances, les mutuelles, sont les plus anciennes organisations coopératives chez nous.On conote dans la province 320 mutuelles-incendie dont les assurances en vigueur s’élèvent à plus de $200,000,000 et 10 mutuelles-vie dont les assurances s’élèvent à quelque $’75,000.000.Les coopératives de consommation, dont la première, la Feir 'tUale de Montréal, ne remonte qu’à 1937, ont déjà établi 180 magasins et fondé une centrale ou coopérative de pros.Elles comptent environ 25,000 membres et lents transactions dépassent maintenant $8,000,000 par annee.m Ce sont là les principaux secteurs de ta coopération, aïs ce ne sont pas les seuls.La loi de l’électrification rurale votée oar la Législature provinciale a donné naissance en moins d’un an à quelque 80 coopératives d’électricité.Il evjste des coopératives d’habitation, des coopératives de telephone, des coopératives de transport comme celle des U^-fle-la-Madelfine qui possède ses propres bateaux, et co.- - ., .-1 .été célébré à 9 h .30.A l’éalise Mlle Monique Lhoiniere: Le servi- M.rab5é j.A; Daipé> curé (le Pour la septième fois en quinze iîvvi» es dateurs de l’Université , Dttawa ont remporté jeudi soir Geoffrion, le trophée "Cardinal Villeneuve”.Ms ont en effet accumulé le plus / K P0*n*.s au cours du ,r“eruuiversitaire annuel, I Philippe Demers, M.Warren.W tontréa1SlëtUltanenKnl à Ottawa, à Howard.D.Baril.W.Labonté, G Montreal et a Quebec.McFaddey.C.Landry.Sr.voie et sur leur propre terrain, les ora-' st-Louis.J.Cohen, R.McDougall, leurs de chacune des trois univer- Laurier, M.Creelnian, C.D.sites canadiennes-françaises ont Beaubien.Paul Dalmé, Raimond remporte la victoire, niais ils onl Dupuis, D.Pelletier, Wilfrid Lazu-j ai ^ étranger.Les porte- J’*’.L._0.Lamesse, A.Campbell, F.ce social aux Relations industriel ies; Je Dr Antonio Barbeau: Psychiatrie industrielle; M.Lucien Hébert; La nature des Relations industrielles; M.Raymond Tanghe: Réalisme des Relations industrielles; M.Marcel Forget: Pour rapprocher le patronat et le personnel; M.Roger Regimbaid: New trends in Industrial Relations and personnel policies.Détail des cours Voici la liste des cours et des proleseurs, dans cette section: Premiere année: Méthodologie (Emile roisse de Saint-Anselme, a fait' lu levée du corps.Le service if été célébré par M.l’abbé J.-Albert Ga-riépy, curé du Saint-Sacrement de Lachine.assisté de MM.les abbés J.-A.Dalpé, ru ré, comme diacre, et Eugène Martineau, cousin du défunt, comme sous-diacre.Deux messes ont été dites sur les autels latéraux, une par son frère, M.l’ab-be Donat Martineau, visiteur des écoles de la Commission scolaire de Montréal, et le lieutenant-colonel abbé Alphonse Trottier, R.C.A.F.Dans le sanctuaire, on remarquait: Mgr J.-A.Mousseau, P.D., les Bouvier, b.J.); Philosopuie socia- rii> rir.,,r .• Mousseau.P-D-, les le (Cesias Forest, Ü.P.j ; Philoso-' pP- Beno't.C.S.C., Bernard De-phie économique ( Thomas Lamar- , *e* S«L, A.-M.Lagüe, C.S.C., Ju che) ; Morale industrielle (Emile Bouvier, S.J.); Institution du Canada français et civilisation trançai les Emery, S.J., A.Fagnant, C.S.C., Dom Grenier, O.S.B., Louis-Philippe LaBrosse, C.S.C., et A.Bourgeois, se (Edouard Montpetit); Les pro-; U.S.C., MM, les abbés G.-H.Coursol, blemes de la famille ouvrière (Ar-1 vicaire de Saint-Anselme, J.-O.Mau-thur St-Pierre); Economie politi-; rice, curé de Saint-Denis, J.-A.Ber-que la production des biens thiaume, curé de Sainte-Marguerite-(François Vezina) ; Economie po- Marie, Joseph Robitaille, vicaire de nuque •— ht repartition des biens I Sainte-Anne Hcq Plaines Adrien couleurs de Laval ont gagné à Québec, ceux de Montréal ont été vainqueurs ici et ceux d’Ottawa ont eu Je meme succès dans leur ville Les équipés visiteuses de chaque université ayant été vaincues.Je compte des victoires et des défaites est égal pour les trois universités.Ottawa a remporté la victoire par la decision unanime des trois juges, à Ottawa, tout comme dans le cas de la victoire de l’Université Laval, a Québec.C’est le fai.que es orateurs d’Ottawa ont obtenu le vote d’un des trois juges à Montreal qui donne quatre points à Ot tawa, trois à Québec Montréal.Les orateurs de l’Université Laval de Québec, MM.Armand Lab-be, e.e.m., et Louis Chassé, é.e.sc.s., ont triomphé de l’équipe de Montreal, formée de MM.Pierre-Paul Julien, é.e.d., et Maurice Sruvé, é.e.i Par.1ar l’Imprimerie populaire R trouva que chacun de dont chaque coup jetait soixante- ceHX_ci avait tué pour son compte une "moyenne” de deux mille trois (1) Le mille vaut 1,609 mèt.31 cent soixante-quinze homme* et centim.Cela fait donc près de trois une fracti0n.lieues.I tA suivre) (2) Cinq cents kilogrammes.'23-11-4* V LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 23 FEVRIER 1946 A TRAVERS LES LIVRES ET LES REVUES La vie de Jésus Dans le pays et le peuple d'Israël Cette Vie de Jésus n’est ni un ouvrage scientifique, ni un ouvrage de vulgarisation, niais un ouvrage de haute culture intellectuelle.L’auteur écrit dans la préface de la première édition: “Le but de ce livre n’est pas de remplacer les Evangiles, mais de les faire mieux connaître et de les rendre indispensables au lecteur”.L’homme moyen doit avoir dans sa bibliothèque le texte des Evangiles, un Missel et l’Imitation.Mais l’Evangile veut être éclairé.Comme tout livre profond, on ne saurait l’aborder sans préparation, l’étudier sans l’accompagner de commentaires aptes à le mettre en valeur.Le sens littéral, qui fonde tous les autres, moral, spirituel, anagogique, etc., appelle une exégèse.Il y a maints details typiquement orientaux qu’un occidental ne peut saisir si on ne les lui explique.C’est le propre d’une bonne explication non seulement de dissiper les obscurités, mais de faire de la lumière.Oui a peu lu s’imagine à tout instant découvrir l’Amérique.Les temps nouveaux lui apparaissent sans précédents: “Bien des gens s’imaginent que nous vivons aujourd’hui dans une situation si anormale, que Jésus, si on peut dire, n’en a pas tenu compte en fondant son Eglise.Or la vie de notre temps a bien des : traits communs avec celle du temps 1 de Jésus.Il y avait dans ce temps, | comme de nos jours, des crises politiques, sociales et religieuses, dont les hommes portaient le poids, i Qu’on se représente donc la vie de Jésus telle que nous la racontent les Evangiles, qu’on se la représente d’une manière aussi actuelle que possible, d’une manière concrète et vivante, d’une manière complète, en tenant compte de l’arrière-plan historique, géographique et social, que les évangélistes supposent comme une chose présente et connue ou qu’ils rappellent tout au plus d’une brève allusion.Alors le rapport entre le temps où a vécu le Christ et notre époque, apparaît de lui-même et nous pourrons avoir avec la personne de Jésus des relations plus vivantes”, (préface).La Vie de Jésus a été écrite en allemand.L’auteur, le Dr Franz Michel Willam, est une des personnalités sacerdotales les plus marquantes du monde catholique de langue allemande.Les critiques allemands et étrangers, qui ont étu-• dié h.Vie de Jésus, dont l’appari-i tion fut un1 événement, se sont plu ¦ à saluer dans l’auteur un poète.Mais ce poète est aussi un historien consciencieux et érudit, qui a su s’aider de toutes les sciences auxiliaires de l’histoire: de l’archéologie, de la géographie, de l’ethnographie, de la critique des textes.Il n’a rien voulu ignorer de ce qui pouvait éclairer pour ses lecteurs la vie et la figure de Jésus.Il a consacré une dizaine d’années à se familiariser avec l’araméen, la langue que parlait Jésus, à consulter les textes historiques et bibliques de l’antiquité.II a séjourné longtemps en Palestine, afin de connaîtra directement le pays où vécut Jésus.Dans cet Orient immobile, il « pu constater que les moeurs et les coutumes n’avaient voyait se dresser plus vivantes devant ses regards la figure humaine du Christ.Et il l'a fait revivre à nos yeux” (Préface du traducteur).La première édition pa rut en 1933.En 1934, huit traductions étaient en cour, dont une traduction en chinois et une traduction en japonais.Des Vies de Jésus, il y en a beaucoup, les unes anciennes, les autres modernes, les unes savantes, les autres populaires et d’autres qui tiennent l’entre-deux.Il y en a dont le but manifeste est plutôt d’édifier que d’instruire, de susciter des affections plutôt que des raisonnements.Les unes sont bien écrites; d’autres, sans être mal écrites, n’ont aucune prétention littéraire, parce qu’elles s’adressent à des lecteurs à qui la littérature est étrangère.Il y en a qui sont mal écrites et c’est bien dommage.Quand les auteurs de ces Vies sont des théologiens, l’aspect théologique a tendance à, les retenir davantage quand ils ne se donnent pas un but franchement dogmatique.Le moraliste fera de la morale, peut-être inconsciemment, par habitude, l’apologiste, de l’apologétique, le romancier, du roman.On agit comme on est, n’est-ce pas?et on pense souvent comme on agit et on canonise souvent ce que l’on fait.Il y a des Vies de Jésus qui ont fait beaucoup de mal.Telle la Vie de Jésus de Renan pour ne parler que d’une Vie de Jésus déjà vieillie.Par contre, d’autres ont fait beaucoup de bien, et c’est normal, car le sujet s’y prête.Puisqu’il est possible de faire un choix, que chacun choisisse donc une vie en harmonie avec ses goûts, ses aptitudes, sa culture.La Vie de Jésus de Mauriac plaira à un intellectuel pour qui l’art, la psychologie comptent.La Vie de Jésus du Père Berthe, c’est ce que des personnes d’une autre génération, pieuses, peu critiques, de style 1830, mettent au-dessus de tout.Le Jésus-Christ du Père Léonce de Grandmaison est à conseiller aux personnes avides de preuves rationnelles, ce qui est parfaitement leur droit.De même le Jésus-Christ du Père Lagrange.— Mauriac a écrit une belle vie de Jésus.— Ca ne peut pas être plus beau que celle du Père Berthe.—-, Ca dépend à quel point de vue on se place.— Ah! c’est pas possible.Je revois l’air indigné et scandalisé de Madame X, une bonne personne, certes, pieuse, ayant quelque lecture sans être intellectuelle, ayant déjà franchi le milieu de la vie, revenue de quelques modestes illusions, nullement préoccupée de psychologie, et nullement sensible aux formes d’écrire particulières à notre temps.Bref, une personne fermée au présent.Quand Louis Bertrand écrivit sa mais pour les habitants du faubourg Saint-Germain, lecteurs et lectrices plus familiers des écrits de Proust — on lisait Proust en ce temps — que de ceux de sainte Thérèse, et qu’à milieu différent est due présentation différente.Le manque d’objectivité de certaines gens ne laisse pas que de déconcerter et, parfois, d’irriter.C’est le fait de primaires et de civilisations peu avancées.Tel est le cas, dit-on, des Marsiens .Beaucoup de gens en restent là, dans leurs jugements, mais sont-ce bien alors des jugements?au stade du sensible et de l’émotionnel.La region sereine de la raison constitue pour ces personnes une espèce de stratosphère où elles n’ont d’aucune manière accès.Seule cependant, une certaine objectivité permet d’atteindre le maximum de vérités.En effet, une même réalité peut renfermer une vérité ontologique, physique, morale.Par objectivité, nous n’entendons pas un enregistrement mécanique de l’objet comme peut le fâire la plaque photographique en photographie.En mécanique, une objectivité mécanique, à la bonne heure! Mais nous ne sommes pas toujours en expériences scientifiques.Il y a des expériences humaines, des vérités humaines, ce que le triste Bru-netière ne comprit jamais malgré la meilleure volonté du monde.Trop de bonne volonté, à la vérité, car il nous désarme comme la bêtise de certains innocents.Mais mes lecteurs ignorent sans doute Brunetière et je les en félicite.Quand nous parlons d’objectivité, nous l’entendons, si nous n’apportons aucune précision, d’objectivité humaine.De cette objectivité où l’intelligence saisit un# vérité étant elle-r#ême toute emmêlée de sensibilité puisque aussi bien, l’homme n’est pas un pur esprit.Nous allons à tout ce qui n’eg pas nous, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, corps et âme.Mais une oeuvre d’art, un livre, ne doit pas être jugé seulement d’après l’impression qu’il fait sur nous.Entre ce qu’il y a d’objectif et de subjectif dans une apprehension, il y a une discrimination à faire.Evidemment pour être capable de le faire, il faut en être rendu à un degré d’évolution qu’on ne peut demander à tout le monde.Mais on pourrait peut-être demander à ces personnes d’en rester à la sandale! Si d’aventure elles se risquent un peu plus haut, qu’elles ne jugent qu’avec timidité, se contentent d’opinions.Malheureusement, les personnes dont le jugement est moins sûr sont souvent les plus catégoriques, les plus tranchantes et les plus dogmatiques.Un auteur, un livre est jugé, condamné sans ap- A propos de recensions.Dans le New York Times Book Review, un article toujours intéressant est celui où, chaque semaine, J.-Donald Adam ’ donne ses opinions en marge de questions littéraires variées.A côté de certaines réclames tapageuses, à côté de recensions parfois justes, parfois errantes.cette page, quel que soit le sujet traité, nous révèle la vaste culture, le solide jugement, l’amour passionné, contagieux et sain des choses de l’esprit, de son auteur.La semaine dernière, J.Donald Adam écrivait sur ceux, justement, qui font des recensions de livres, et il disait tellement bien ce que nous vent primées, nous arriveront, vous verrez encore quelques-uns de nos recenseurs se précipiter et louer, louer à genoux.Il faudrait leur faire méditer cet article de Rina Lasnier, intitulé Retour, paru dans le Notre Temps du 23 janvier.Nous nous sommes hâtés, — dit-elle, entre autres choses, — vers ta liberté française par un humanisme outré qui a créé un étrange fouillis dans de jeunes têtes mal préparées à cet avancement par bonds et par sauts.Cet humanisme moderne (déchristianisé) que nous avons désiré ayons pensé cent fois, en lisant les sans penser à mal, sans mesurer la chroniques littéraires poussées portée de nos actes, les jeunes, com-comme des champignons dans tous me // convient à leur âge, l'ont ac- nos journaux, que nous ne pouvons pas nous empêcher de vous en citer quelques lignes.This disposition toward too easy praise may be traced, I think, to inadequate equipment on the part of many reviewers.Too large a num- cepté très sérieusement;.déjà plusieurs d’entre eux en subissent la confusion et parfois le désespoir.Ayant accompli ce premier pas par légèreté d'esprit, n'accomplissons pas le second qui nous conduirait à l’abîme; n'épargnons pas un ber of them are insufficiently read, subtil orgueil, une secrète admira- both in literature of their own country and that of the world.They come to the appraisal of contemporary creative work without being in possession of necessary frames of reference, without first hand knowledge of the best that has been written.Too freequently their reading in the literature of the last twenty years has been enormous, while the gaps in their acquaintance with what has gone be fore are greater still.Sainte Thérèse, un certain clan qm iété croit avoir le monopole de la pi et un droit exclusif à parler des saints et de leurs écrits, lui reprocha assez injustement d’avoir osé toucher à un sujet pour lequel il croyait avoir le copyright.Louis guere plus change que les aspects Bertrand eut la grande charité géographiques.A mesure que sc (Pexpjjque,.£ ces personnes qu’il poursuivaient ses etudes, 1 auteur | avait écrit son livre non pour elles, LOUIS BOURCOIN HISTOIRE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS Le texte augmenté des causeries données à Radio-Collège, $1.50 Avez-Vous écrit.'' vous êtes dans L'Histoire de la Littérature CANADIENNE-FRANÇAISE par BERTHELOT BRUNET Continuée jusqu'à 1946, 300 auteurs, $1.00 EDITIONS DE L’ARBRE 60 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal LA SCIENCE A LA PORTEE DE TOUS présente en deuxième édition Initiation à la Géologie FIDES par Léo-G.Morin, Professeur de OéoloRle k l'Université de Montréal J.-W.Laverdière, Professeur de Géologie k l’Université Laval Quelques appréciations : "Enfin, un livre clair, simple, multiplié par l'image et par l'image d'art." — Edouard Montpetit, Université de Montréal."Voilà l'ouvrage simple et clair que nous attendons depuis longtemps.Il renferme une telle part de géographie physique que je n'hésite pas à le donner comme manuel à nos étudiants." Benoît Brouillette, Ecole des Hautes Etudes."Cet ouvrage marque une date dans la pédagogie des sciences chez nous." Jacques Rousseau, de l'A.C.F.A.S.176 figures en 158 pages de texte $0.90 (par la poste : $1.00) Ecrivez, téléphonez, venez à FIDES Sao Paulo.25 est, rue Saint-Jacques MONTREAL -1, PL.8335 South Band, E.-U.- Parla — pel.Pourquoi?Parce qu’ils n’ont pas su correspondre à l’emotion du moment.Au sage, il reste toujours le parti à prendre, qui consiste à se dire qu’on parle à travers son chapeau, mais, si sage qu’on soit, on reste homme pour l’ordinaire, c’est-à-dire sensible à la louange comme au blâme.Je pense à un jeune écrivain canadien plein de talent, mais ultra-sensible, c’est le revers de la médaille, qui ne se relèvera peut-être jamais pour avoir été assailli par une critique toute subjective, forcément injuste, faite avec une unanimité digne d’une meilleure cause.Il s’agissait d’un roman dans lequel qualités et défauts se contrebalançaient comme dans la plupart des vies d’hommes.Ce roman ne donnait peut-être que des bourgeons en fleur, mais riches de quelles promesses! L’injustice ou assomme ou irrite.Ecrasé, on ne fait rien; irrité, on se porte aux extrêmes par réaction violente, inconsciemment parfois, consciemment d’autres fois, par vengeance.Oui, ayons nos goûts et nos préférences, c’est légitime car nous ne sommes pas des universaux, mais des singuliers et quidquid recipitur ad modum recipientis, mais cédons aussi à la nature universelle qui est en nous et sachons embrasser nous et autrui, quand il y a un grain de bon sens, ce qui est, pour 1 ordi- Ainsi, dans une Vie de Jésus, ne demandons pas à un Mauriac ce qu’on est en droit d’attendre d un Père ou d’un Docteur de l’Efîlise-Au premier, une certaine qualité de l’humain, aux seconds, une certaine qualité du divin.Sans se confondre.les deux se complètent.Dom Raoul HAMEL, O.S.B.Poésie latine(1) La littérature française et les classiques latins sont si intimement associés dans toute l’histoire, de la culture française que celui qui cherche à goûter à toute la richesse de l’érudition française, devra constamment toucher aux chefs-d’oeuvre de la littérature latine.Un récent volume qui procure ce double plaisir est l’anthologie bilingue intitulée Poésie latine fîe 'i‘ Alfred Ernout, professeur au Collège de France.C’est là le premier volume de la collection Humanitas publiée sous le patronage de la Faculté des lettres de l’Université de Montréal.Nous trouvons ici un choix des oeuvres de neuf poètes latins, de Lucrèce à Juvénal avec traduction paginaire personnelle de l’auteur.Comme dans les classiques Loeb (ouvrages latin-anglais), l’aspirant bachelier peut passer des heures de lectures conséquentes dans un pa* reil ouvrage tandis que le gradué appréciera la richesse du choix et la clarté frappante de la traduction qui est en regard.A Lucrèce revient la plus large part: ses fameux passages sur la “Mort” et l’“Amour” sont exposés dans leur presque totalité.Catulle a la plus grande partie des poèmes à T.csbie et des chagrins d’Ariane, l’oubliée.De Virgile nous remarquons la 6e Eglogue, six extraits des Géorgi-ques et 9 de l’Enéide, en particulier la Chute de Troie, et l’épisode de Nisus-Euryale.La sélection maltresse d’Horace comprend les deux inoubliables poèmes du printemps â Sestius et à Torquatus.Vient ensuite Ovide, scs histoires de Narcisse, Philémon.Baucis et la lettre imaginaire ‘Ie Pénélope à Ulysse.Les extraits de Tibullc et Properce sont courts mais Lucain a trois passages considérables de la Pharsale comprenant la mort affreuse de Pompée.Dans Juvénal nous trouvons les Satires Que c’est cela! On se fait juge de romans, d’histoire, d’art, sans culture suffisante, sans assez de lectures.Ce qui fait que ce ne sont pas seulement les louanges qui tombent à faux, mais les critiques.Depuis que nos journaux, appuyés par les réclames de nos éditeurs multipliés, ont institué des pages de “vie littéraire”, il est trop de fois révoltant de voir la valeur des livres établie par de jeunes et de moins jeunes “porte-plumes’.qui n’ont rien, derrière eux, comme point de comparaison, comme échelle pour édifier leur opinion.Arrivent en avalanche des Gide, des Mauriac, des Romains, des Marcel Proust, des ci, des ça, ils louent à tort et à travers, et s’extasient, et s’exclament, ce qui veut dire: achetez, achetez vite.Ils ne peuvent pas analyser, censurer.Ils sont tombés tête première dans un panier de^ fruits, ils les dévorent sans les goûter et proclament qu’ils n’ont jamais rien mangé de pareil.(Ils ne se rendent pas compte, en plus, que leurs aînés ont déjà lu et jugé tout cela, il y a une vingtaine d’années, pour certains livres et moins, pour d’autres.Aussi, peuvent-ils répéter et répéter encore comme s’ils en étaient fiers: “Nous sommes vingt ans en arrière.”) En réalité, s’ils ont vingt ans, ils ne sont pas en arrière, eux, mais beaucoup trop en avant.Trop jeunes, gourmands, sans expérience, penchés sur le panier de fruits, ils mangent avec une telle avidité qu’ils ne discernent ni le fané, ni le pourri, ni le faisandé, ni le poison même.On peut leur faire tout avaler.Us croient que tout est bon pour leur santé, c’est-à-dire, leur culture, la chose la plus importante! Et la culture devient alors de tout connaître, sans vraiment vouloir juger; de tout accepter, tout embrasser, tout aimer, de ne rien critiquer.Tout cela nous est venu de France, tout cela doit être beau.Il faut que cela soit beau.Hélas! si cela était vrai! Si tout ce que ce génial Marcel Proust a écrit était sain, — si Gide n’avait pas empoisonné d’immoralité, de doctrine païennes, sa savoureuse prose, — si Romains n’avait pas gâté tous ses livres par une page sur dix dégoûtante au possible; — si Martin du Gard avait évité d’amener à quelque couchette de hasard.ses personnages les plus sympathiques.après chaque belle scène; — si Mauriac n’avait pas donné à ses héros catholiques à gros grain des rôles si repoussants, — si Carco n’était pas sans foi, ni loi, si même Duhamel, — s’étant emparé de notre vocabulaire religieux, parlant communion, confession, sainteté, -— ne s’obstinait pas tellement à tout laïciser! Mais Duhamel, au moins, est toujours propre et probe.Nous n’en pouvons pas dire autant d’autres jeunes auteurs; de quelques-uns, qui nous arrivent de la Résistance; la mode, si je comprends bien, c’est d’être auteur engagé.Mais vers quoi s’engage Eisa Triolet, avec son roman Ce cheval blanc?Peut-on gaspiller d’aussi beaux dons à suivre pendant cinq cent soixante-dix pages un gigolo à travers au moins cent aventures amoureuses sans amour, sans pudeur, et autant de soûlades?La soûlade est sa seule innovation.Ah! après cette Résistance, quelle tristesse de recommencer à perdre et à avilir le temps que Dieu donne et qu’il aurait pu ôter?Insignifiant, et pas très bon non plus, si un peu plus propre, un petit livre de Jean-Marie Dunoyer, édité chez Gallimard, la Bicyclette.Je l’ai choisi nour son titre sportif, et il n’a rien de sportif.Il n’est pas bien écrit, pas intéressant, on ne s’arrête à aucune page, on n’en veut rien relire.Du papier gaspillé, a dit André Rousseaux de quelques dizaines de volumes narus dernièrement en France.Et ce qui nous arrive tend à prouver qu’il a eu raison.Que nous en avons de peine! Mais il faut nous défendre quand même de cette littérature inutile.Eh! bien, quand ces oeuvres, sou- HI et IX.sur la vie civile et la vanité des désirs mondains.Enfin, cette collection éveillera l’enthousiasme du jeune étudiant par l’enchaînement parfait de cette poésie latine pendant que l’écolier d’âge mûr glissera le Douquin en question dans sa poche pour quelques heures de légitimes délectations lors de son prochain congé.Watson KIRKCONNELL (McMaster University) * tion pour le libre penseur et le pécheur sans remords qui ont franchi les contraintes de la religion et de la foi.Revenons de France et de nos compromissions par des voies de droiture et de simplicité.Sachons cueillir la fine fleur et le fruit français sans empoisonner la sève ancestrale et catholique.Admirons ce qui doit être admiré non pas en ouvrant un bec laudatif devant chaque étranger.^ mais en choississant, et que ce choix suffise à prouver notre intelligence et notre fierté.Ne soyons plus des enfants, mais préservons l’esprit d’enfance qui consiste en l’accord parfait entre la foi et les oeuvres.Il faudrait aussi leur faire lire en entier, à nos recenseurs, cet article de J.Donald Adam, dont j’ai parlé d’abord.Us comprendraient peut-être alors.Car, ce qui afflige, c’est le tort que fera chez nous à la culture généralisée, une publicité qui prétend l’aider.Dans les milieux portés à la méfiance envers les livres, chez des mères qui tiennent, avec raison, la valeur morale et catholique pour la plus haute, quelle envie de recul, quelle peur suscitera la connaissance de quelques-uns de ces livres annoncés sans réserve et qui sont trop souvent gâtés jusqu’au coeur.Avertis des dangers que contient subtilement ou ouvertement une oeuvre, on peut parfois la lire sans que l’âme en souffre.^ Mais la jeunesse ardente, prête à tout croire, comment se tirera-t-clle, sans pré-munition, de tous ces précoces mauvais contacts?Etablissons donc bien vite, comme le dit encore Rina Lasnier, la différence entre le bon et le mauvais, entre le juste et T injuste.Michelle Le NORMAND L’Office du Film met en lumière les aspects les plus divers de la vie canadienne par la réalisation de documentaires tels que: Urnes de Scrutin — illustrant le mécanisme qui régit les élections fédérales, — Contrôle des Prix et du Rationnement: démontrant la nécessité de maintenir le plafond des prix, et, Construction d’une maison: l’histoire d’une maison érigée en 24 heures.Profils normaliens | de G.Bellefleur et D.Durand InUrvUwi et photographias de 35 Anciens de l'Ecole Normale lacques-Cartier.qui se sont distingués dans toutes les carrières, surtout dans l'enseignement.Citons : les Hon.luges S.Letourneau.Î.-L.Saint-Jacques; MM.Nap.Brisebois.Arm.Circé.S.-A.Baulne.Raoul Clouthier, Paul Riou, O.-J.Desaulniers, le R.P.P.-Emile Farley des C.S.V., I.Beauchemin, Art.Sarrasin, Jules Massé.Léo Guindon.etc., etc.L'Introduction, signée par M.l'abbé Adélard Desrosiers, raconte l'histoire émouvante de cette école appelée à louer un si grand rôle dans notre société.Volume de 260 pages : $1.50 En vente dans toutss les librairies En troisième édition présente Secrets et Ressources des Bois du Québec par JEAN-MARIE GAUVREAU, D- S P .M.S R.C.Directeur de l'Ecole du Meuble ¦k * -k ''Une mine de renseignement» précieux pour tous ceux qui cherchent à connaître la nature et le traitement des bois du Québec, leur» qualités, leur» usages et les diverses techniques employées pour les travailler.'' L'Action Universitaire 150 illustrations én 210 pages $1.50 (par la posts i $1.60) ?* Ecrivez, téléphonez, ou venez à FIDES 25 etl, rue St-Jacques MONTREAL Tél.PL.8335 Thomas Le dernier de nos coureurs de bois Notre sympathique confrère, M.Damase Potvin, vient de publier aux Editions Carneau, de Québec, son vingt-troisième volume intitulé Thomas, le dernier de nos coureurs des bois.(Un volume de 275 pages, en vente au Service de Librairie du Devoir).C’est à la fois l’histoire d’un homme représentant une longue lignée de hardis trappeurs, d’infatigables chasseurs, et le récit circonstancié des événements qui ont valu au parc National des Laurentides son épanouissement actuel.M.Potvin est un narrateur par excellence.Son style, d’une simplicité el d’une clarté rares à noire époque d’atomisme littéraire,s’apparente au murmure du ruisseau qui jase entre les pierres, au clapotis de la vague oui lèche le sable d’or sur le bord des lacs,quand souffle une belle brise, par les beaux jours ensoleillés du mois d’août, dans le parc des Laurentides.L’auteur, qui est avant tout un chroniqueur, ne recherche pas les effets: il raconte tout simplement, il consigne ce qu’on lui a dit, ce qu’il a appris, ce qu’il sait pour l’avoir vu.Il pousse l’honnêteté jusqu’à donner les sources de ses renseignements, à rendre à chacun son dû.Son livre n’en a que plus de charme, celui qui découle naturellement d’une belle franchise et d’une indéniable sincérité.M.Potvin a fait de son personna- ge, en le décrivant tel qu’il était,1 une figure très attachante.D’autres auteurs auraient dramatisé sa vie,, l’auraient montré aux prises avec des ours féroces ou encore avec des1 bandes de loups affamés auxquels il n’aurait échappé qu’à force d’astucieux stratagèmes.Le chroniqueur québécois a parlé de Thomas et des ours mais il a représenté ces der-; niers tels qu’ils sont, beaucoup plus empressés à fuir qu’à attaquer.Il nous a montré Thomas, suivi de plusieurs loups, s’arrêtant pour les -voir s’arrêter eux aussi et garder de resnectueuses distances.Ceux qui connaissent les bois, non pas ceux du Mont-Royal ou de la Pointe-aux-Trembles, mais les grands bois du nord de la provin-> ce où vous pouvez marcher pendant des jours et des jours, franchir montagne après montagne, contourner des centaines de lacs* franchir ruisseaux et rivières sans jamais rencontrer âme qui vive, ceux-là savent que le livre de M.Potvin est de bonne source.Dé nombreux personnages de notre politique québécoise, décrits dans l’intimité avec un continue}; souci de l’exactitude, rendent plus! attachantes encore ces pages.Certains de ces personnages sont morts il n’y a pas très longtemps, d’autres vivent encore, comme l’honorable L.-A.Taschereau qui a même écrit la préface du volume.Tous ont eu quelque chose en commun; l’amour de la belle forêt canadienne, de ses montagnes innombrables.des lacs semés à la volée dans nos incomparables Laurentides.l’amour de toute cette faune qui y vil' (suite à la page sept) “PEDAGOGIE” Revue d'Education et de Culture pour les Parents et les Maîtres publiée par les Jésuites de France —Théorie pratique de l'Education.—Problèmes de culture.—Actualité pédagogique.—Une chronique spéciale du mouvement pédagogique au Canada français.—Revue des livres.FasciculM d» 64 page* grand format, paraUsant loua 1m mol».Abonnomant : $5.00 pour 12 fasciculM mensuels.S'adresser à l'Entr'Aide, Centre pédagogique des PP.Jésuites, 1961 est, rue Rachel, Montréal L’HISTOIRE DE LA PROVINCE OE QUÉBEC par ROBERT RUMILLY la pièce principale de toute bibliothèque est maintenant publiée — brochée et reliée — par la maison Montréal-Editions 1206 est, rue Craig, Montréal 16 volumes parus et en vente partout brochés : $1.25 l’exemplaire reliés : $1.75 l’exemplaire DERNIERES NOUVEAUTES “Les Hauts Ponts” par JACQUES do LACRETELLE d» l'Académie Française • • • L'HISTOIRE D'UN DOMAINE ET DE TROIS GENERATIONS 4 romans SABINE Femme maladive, romanesque et coquette.FIANÇAILLES La voix de l'in»tinct qui s'élève.ANNÉES D'ESPERANCE La recherche du bonheur.LA MONNAIE DE PLOMB Où mènent les fatalités de la nature ?Prix : $1.25 chacun • • • MARIE STUART par PAULE HENRY-BORDEAUX L'ombre douloureuse d’une reine.$2.23 LES JEUNES FILLES „ P« HENRY de MONTHERLANT Une oeuvre cruelle et excitante (roman) .$1.25 SIEGFRIED ET LE LIMOUSIN par JEAN GIRAUDOUX Une de ces créations que l'on sont palpiter comme un rêve trop beau.*1.50 LES PAYS-BAS Par HENDRICK RIEMENS Un essai historique d une grande valeur documentaire.$1.25 • • • POUR LA JEUNESSE CONTES de PERRAULT Des cheis-d oeuvre présentés sous une formule toute moderne $0.75 EN VENTE PARTOUT Demandes notre dernier catalogue LES ÉDITIONS VARIÉTÉS Dussault et Péladeau 1410, rue Stanley • Montréal • Tél.: MA.3773 it I VOLUME XXXVII — No 45 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 23 FEVRIER 1946 A TRAVERS LES LIVRES ET LES REVUES Thomas (•uite de la page aix) et qui y meurt, le plus souvent de vieillesse.Pour décrire les Laurentides comme il les a décrites, il faut que l’auteur les aime.M.Potvin ne cache pas cette faiblesse.Il l’avoue avec des délicatesses de poète, dans une prose qu’il fait chanter au bruissement des grands merisiers.On le surprend très souvent à décrire des panoramas que son imagination a enregistrés et qu’il enjolive encore d’une partie de son âme qu’il leur prête.Il possède ce don rare de comprendre la nature et de l’interpréter en des termes compréhensibles.M.Potvin aura, à son insu, causé un grand chagrin à ses lecteurs eti it présentant le brave Thomas Fortin comme “le dernier des coureurs des bois”.C’est un type trop attachant pour qu’à l’instar du caribou la race en soit sur le point de s’éteindre.11 y en a d'autres coureurs des bois, peut-être pas aussi attachants que Thomas Fortin parce qu’ils n’ont pas encore trouvé sur leur route un chroniqueur aussi habile que M.Potvin pour chanter leur vie captivante, mais il y en a d’autres qui aiment comme Thomas la forêt canadienne, qui l’aiment peut-être mieux parce qu'ils y vivent toute l’année, qu’ils ont refusé de prendre femme afin de pouvoir toujours y vivre.Ils mériteraient eux aussi d’être "mis en volume” mais je crains qu’ils ne le soient jamais aussi parfaitement que ne l’a été Thomas Fortin par Damase Potvin.- -, J-L- D.Académiciens belges Des Nouvelles littéraires, de Paris: L’Académie de langue et de littérature françaises de Belgique, fondée entre les deux guerres par Jules Destrée et dont Colette, après la comtesse de Noailles, fait partie, avait, elle aussi, de nombreux vides à combler.Son effectif avait été réduit par les décès et par les.fléchissements du temps de guerre.File s’est débarrassée du romancier Horace Van Offel, qui fut un “kol-laborateur” assez actif, et a infligé un blâme à deux autres de ses membres auxquels on avait à reprocher des fautes moins graves.Ils ont mis leur mouchoir sur les blâmes et sont revenus.siéger au Palais des académies comme si rien ne s’était passé.L’académie Destrée (qu’il ne faut pas confondre avec la vieille académie Marie-Thérèse, où voisinent savants, moralistes, économistes, historiens) comprend une section de philologues et une section d’écrivains.L’une et l’autre viennent de combler leurs vides.Du côté littéraire, on a élu M.Paul-Henri Spaak, ministre des Affaires étrangères, qui se pique de n’avoir jamais rien écrit ni publié, mais que l’on a désigné au titre.oratoire.Il représentera l’éloquence au sein de la docte assemblée.On avait cru que serait élu, en même temps que ce socialiste bon teint, le poète romancier catholique Pierre Nothomb, qui est baron et sénateur.Il fallut attendre un scrutin suivant.Pierre Nothomb fut finalement choisi: l’auteur de Marisabelle, de la Hèdcmption de Mars, de la Dame du Pont d’Oie avait tous les titres à l’estime de ses nouveaux confrères.Voilà plus de trente ans qu’il poursuit un effort littéraire continu, sous le signe incontestable de la qualité.Seulement, voilà.En même temps qu’il est écrivain, il est homme politique et l’on peut être certain que cette dernière qualité a retardé son élection.Enfin, l'Académie de Bruxelles faveur d’un troisième scrutin, le romancier Constant Burniaux, dont Boeder édita naguère des livres émouvants sur l’enfance arriérée, le poète Lucien Christophe, qui a publié récemment un fort bel hommage à Péguy, et M.Hçnri Lie-brectot, à qui l’on doit des livres fort intéressants, richement documentés sur le théâtre français en Belgique et sur les comédiens illustres qui vécurent à Bruxelles, aux premiers rangs desquels il convient de citer la tendre Marceline Des-bordes-Valmore^ ^ Un livre de M.Louis Bourgoin Les innombrables auditeurs du programme Radio-Collège seront heureux d’apprendre que le profev seur Louis Bourgoin vient de publier aux Editions de l’Arche, sous le titre A’Histoire des sciences et de leurs applications, le texte remanié et augmenté de ses causeries sur les savants et leurs oeuvres.Tout le monde ne peut pas lire les ouvrages spécialisés traitant de la science, mais grâce à ce livre, ils connaîtront leurs découvertes intéressantes, la vie des hommes de science., ,, Ce livre est d’une lecture agréable comme les causeries de M.Bourgoin.Il est à la portée de tous."Les Fins Humaines" Les directeurs des Editions de l’Arbre annoncent qu’ils publieront sous peu le dernier ouvrage du H.Père Sertillanges, célèbre dominicain français, auteur de i lusieurs ouvrages de spiritualité for prises.C’est un inédit intitulé Les fins humaines.L'Enigme^ russe Le procès d’espionnage où la Russie a été nommée a remis d’actualité la question russe.W.H.Chamberlin, qui a passé douze ans au pavs des Soviets, connaît les Russes, Dans un livre intitulé très justement YEnigme russe et qui paraîtra prochainement aux Editions de l’Arbre, il analyse le caractère de ce peuple, les motifs et les secrets de la politique de Staline d’une façon impartiale et e:; étayant de faits son exposé.Un livre qu’il faut lire.U Uk musicale je ne le mettrai jamais en musique.” Et le maestro, donnant un tour de clef à son tiroir, se mit A parler d’autre chose, si bien que depuis lors il put répondre aux questions indiscrètes posées sur l’O-tello, ou plutôt sur Ylago — car t
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