Le devoir, 11 novembre 1946, lundi 11 novembre 1946
"Le Canada «ai une nation aouveralna* w* ne ut a\ec docilité accepter de la Orande-Breta-Jtpe ou dei, Etats-Unia ou de oui que ca*1 aoit fl autre, i’attltudi qu'il iui faut prendre, emera monde Le premier devoir de loyalisme d’un ^anadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers 'e Canada et *on roi, et ceux qui contestent ceci rendent, a mon avis un mauvais service au Commonwealth.” She is a sovereign nation and cannot talc# nor attitude to the world docilely from Britain «r irom the United States or from anybody else.a Canadian s first loyalty Is not to the British commonwealth of 'Nations but to Canada and to Canada’s king and those who denv this are doing, to my mind, a great disservlcs to the Commonwealth.’k fi-X-37) Lord Tweedsmuf DireHeui : Georges PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chef : Orner HEROUX LE DEVOIR Montréal, mardi 12 novembre 194é VOLUME XXXVII — No 259 .i .111 .— BEDACTION ET ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME.MONTREAL « TELEPHONE : *BEIoir 3361 SOIRS.DIMANCHES 1 jr^ES Administration : ^ % >E.3361 Rédaction : qi.!?- 3366 Gérant : 1 $ vvî.3363 Résultat indécis des élections françaises Nos actes nous suivent ;n marge de la crise du logement et des activités communistes-Ce que notre politique impérialiste nous a rapporté - Etrange patriotisme -L'or et les feuilles mortes La formation du Conseil de Tutelle et le droit de veto -j Blocs-notes ^es Qua*re n onf aucun progrès sur les traités de paix depuis une semain* l-'occupalion forcée de quelques maisons par des familles de soldats suscite de nombreux commentaires en plus des conséquences judiciaires qui s en sont ensuivies.On y voit surtout l'influence «ctive des chefs communistes.Ceux-ci ont procédé d’ailleurs avec une remarquable habileté, car ils ont eu soin de ne mettre de l'avant que des cas de véritable misère: pauvres gens, vétérans de retour du front et chargés de famille nombreuse, qui vivaient auparavant dans une condition sordide à peine j acceptable pour des animaux, du moins à ce qu’en rapportent les journaux.Les organisateurs communistes se retranchent au surplus derrière un argument qui ne vaut pas dans les cas actuels d'invasion, mais à quoi il est assez difficile de répondre.Savoir, comment il se fait que les maisons de jeu et de prostitution peuvent continuer .à exister, quand le gouvernement fédéral et ses organismes de location et du logement ont tous les pouvoirs voulus pour affecter les locaux pour loger les sans-abri.Personne ne lui reprochera de vider les bouges pour y installer d’hon-nètes gens.Il est même remarquable qu’on n’ait pas eu recours à une solution aussi simple, juste et utile à la communauté.On s'est beaucoup moins gêné dans d’autres cas pour bousculer Jes proprios, et pour des causes moins recommandables.Le fait que les éléments communistes profitent de la misère pour se créer des sympathies n’a rien d'extraordinaire.C'est une tactique vieille comme le monde, et qui n’est pas particulière aux bolcbevisants, d’exploiter les sujets de mécontentement, qu'il s’agisse de campagnes idéologiques, politiques ou autres.C’est ce que les partis d'opposition et leurs journaux font à coeur d’année.On conçoit que les communistes ne s'en privent pas, encore moins que les autres, libérés qu'ils sont du respect de 1a propriété et des lois dites “capitalistes" et parce que le mécontentement des masses et la misère sont leur arme de prédilection.Incidemment, les méthodes qu’ils emploient de préférence sont un exemple de ce-qu'ils feront si jamais l'occasion leur en est fournie.Mais ce serait une sotte illusion de ne voir là qu’une simple manoeuvre communiste.Le fait que des agitateurs en profitent ne change rien à la question.Il existe une crise aiguë du logement.Des milliers de familles sont condamnées depuis au moins deux ans à une existence abominable, dans des conditions telles que la Société de protection des animaux ne les tolère même pas pour les bêtes.I Des ennuis sans nombre en résultent au point que des milliers d’enfants sont classés déjà comme des victimes à peu près certaines de la tuberculose.Et cette insuffisance du logement existe depuis plusieurs années sans qu’on se soit préoccupé de la pallier autrement que par des plans sur le papier et de solennelles et creuses et inutiles promesses.Malgré le départ d'un million d'hommes et de femmes pour les champs de bataille mondiaux, le logement était tellement insuffisant qu'on a dû prendre des moyens d’urgence pour entasser les gens un peu partout.Or pendant que nos gens allaient se faire massacrer dans tous les coins du globe pour sauver la civilisation, la chrétienté et la démocratie, et notamment notre niveau de vie occidental, on ne s’est pas occupé de façon élémentairement pratique à leur assurer même une pierre pour y reposer leur tête quand ils reviendraient.Il est évident que l’Etat fédéral qui seul, d'ailleurs, avait lurid in ion en 1 occurrenec.n'y a pas mis de mauvaise volonté.Il a simplement donné l'exemple de ce que vaut le socialisme d’Etat, de l’incurie, de l’indécision et de l'incompétence qui lui sont naturelles.Notre gouvernement a construit quelques milliers de cabanes à chien, pour employer un terme respectueux.Le gros des maisons véritablement habitables est dû aux industriels de la construction et aux particuliers.Les vétérans et les ouvriers qu’on saluait de sauveurs du peuple pendant la guerre peuvent difficilement oublier qu’on a dépensé vingt milliards pour les autres, qu'on a expédié bois, vivres, vêtements sur toute la machine ronde.mais qu'on n'a pas songé en fait aux gens du pavs canadien, sauf pour leur offrir des promesses emphatiques.Et I on continue à expédier bois, clous, matériaux bruts pour reconstruire I Europe, mais on n'en a pas pour permettre aux Canadiens de s'édifier un abri.Certes on ne pouvait fournir de plus beaux arguments au communisme * * Ÿ Ce n'est là d'ailleurs qu’un des aspects d'une situation générale.Nos gouvernements récoltent, ou plutôt, nous récoltons les fruits de notre politique de guerre, politique orientée non pas pour défendre l'intérêt du Canada, mais gauchie de façon à défendre l’intérêt des autres aux dépens du peuple canadien.C’est ce qui fait l’odieux de cette conduite et qui la rend inacceptable à tout véritable citoyen.Nous n'avons pas fait la guerre à cause du Canada, Ce n’est pas pour notre patrie que nous avons fait tuer 40,000 hommes de notre jeunesse et blesser une autre centaine de mille.Ce n’est pas pour le salut.du Canada que nous avons dépensé vingt milliards, bouleversé notre économie, ravivé les haines de races, c’est d’abord et avant tout pour l’Angleterre.En résumé, nos soldats ne sont pas morts pour la patrie, mais pour l'Union Jack.Et c’est ce qu'aucun Canadien qui n’a pas du sang de valet dans les veines, dont l’épine dorsale n’est pas à tout jamais arrondie, ne pourra jamais admettre.Il faut défendre notre pays jalousement, ardemment, mais comme considération première, et non comme une utilité de l’Angleterre.Au temps de l’hystérie de la guerre, il fallait tout donner, tout sacrifier, suivant la formule ‘‘que plus rien n'importe.” Mais il était tellement important de consactet le principe de la sujétion à l’Empire qu’on a préféré y sacrifier l’intérêt des armes alliées.On a voulu faire croire au bon peuple que, sans les quelques milliers de soldats que l’on a conscrits, c’en était fait des vastes armées alliées, tellement le rôle de la mouche du coche trouve créance chez certaines gens.C’est ainsi que notre ‘‘participation modérée, suivant nos moyens”, a commencé pour verser finalement dans le tout à la guerre.Malgré tout le tintamarre des parades de guerre, il n’en reste pas moins que le Canada avec une faible population était en 1914, comme en 1939, le pays qui pouvait fournir la plus forte production, en vivres d’abord, puis en matières premières, en munitions, en armements, en navires, toute proportion gardée, soit à cause de sa situation géographique privilégiée à l’abri de toute attaque ennemie, soit à cause de ses immenses richesses premières.Son rôle essentiel était de nourrir les Alliés et de leur fabriquer des armes.Car c’est l’histoire des deux dernières guerres, le vainqueur a été celui qui en définitive a eu plus d'avions, de navires, de canons, d’obus et de vivres.Mais notre gouvernement, au lieu de remplir le rôle de premier plan que le bon sens exigeait, a voulu faire de la parade.Il fallait fournir des régiments à nos foudres de guerre gouvernementaux.Et des centaines de milliers des meilleurs hommes du Canada, qui auraient pu construire des milliers d’avions et de navires, fournir des vivres pour nourrir les Alliés, ont été ainsi immobilisés afin de prendre la place, sous les balles, d’autres gens.En vertu de quoi nous avons préparé une sorte de gâchis au pays, creusé davantage le fossé qui séparait deux races qui étaient prêtes à s’entendre enfin, vers 1938, sur le terrain de la patrie commune; nous avons assume une dette que nos lointains descendants commenceront à payer un de ces siècles-ci, et nous avons transformé une économie libre en une sorte de socialisme d’Etat.Faut-il s’en étonner, se surprendre que nos actes nous suivent et que nous ne pouvons leur échapper?Le cas du logement en particulier n’est qu’une illustration.Pendant la guerre, le gouvernement n’a pas permis à l’industrie de construire les logis nécessaires, tant par ses restrictions et le contrôle des permis qu’en conscrivant la main-d'oeuvre ou en l’écartant lorsqu’elle était d’âge conscrip-tible, afin d’accclércr “l’enrôlement volontaire”.Il a haussé les taxes jusqu’au point de confiscation, tendu à un certain palier: il a multiplié les contrôles, organise une bureaucratie qui.paraît-il, atteint, si elle ne dépasse les 200,000 fonctionnaires.Tout cela non pour aider et défendre le Canada, mais d’abord et avant tout pour les autres, suivant le mot d’ordre que l’intérêt étranger était primordial à l’intérêt du Canada.( ^ous' en payons aujourd’hui les conséquences et nous n avons qu à battre notre roulpc.Trop de gens ont peut-être considéré la guerre comme une operation profitable, lee uns pour vendre leurs produits, d’autres pour gagner dc^ gros salaires, ou faire du commerce florissant, en fabriquant à prix d or beaucoup d’obus meurtriers, le tout sans grands risques.Comme dans la légende, l’or, prix du sang, du meurtre et d effroyables misères, se change rapidement en feuilles pourries gonflées de miasmes mortels.Alexis GAGNON L’actualité La pomme de terre /,
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