Le devoir, 10 mai 1947, samedi 10 mai 1947
"Le Canada e», une nation souveraine et ns peut avec docilité accepter de la Urande-Breta-gne ou des Etats-Unis ou de qui que et soit d'autre, l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers Is Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis un msuvals service au Commonwealth." "She Is s sovereign nation and cannot take her attitude to the world docilely from Britain of from the United States or from anybody else A Canadian's first loyalty Is not to the British Commonwealth of Nations but to Canada and to Canada’s king and those who deny this are doing, to my mind, a great disservice to the Commonwealth." ll-X-37) Lord Tweedsmuir LE DEVOIR Rédacteur en chei t Orner HEROUT Directeur s Gerard FILION Montréal, somedi 10 moi 1947 VOLUME XXXVIII — No 107 REDACTION ET ADMINISTRATION ' 430 EST.NOTRE-DAME.MONTREAL TELEPHONE s *BEIoir 33SI • SOIRS.DIMANCHES ET FETER Administration ; BEIair 3361 Rédaction : BEIair 3366 Gérant : BEIair 3363 La session provinciale sera prorogée aujourd’hui Capitulation sans conditions Le tire-laine qui se fait bon samaritain-Deux excès à éviter-Intransigeance intolérable dans un pays démocratique La guerre des nerfs est une invention hitlérienne, mais certaines démocraties ne $e font pas scrupule d’y avoir recours.Ottawa futilise à fond dans son agression contre les provinces.On se rappelle que durant les deux conférences interprovinciales il émanait de la capitale fédérale un flot de nouvelles tendancieuses.Elles représentaient Ottawa comme le bon samaritain qui se penche sur les provinces blessées.panse leurs plaies, les transporte dans une hôtellerie et s'engage à payer la note.C’était l'acte parfait de charité, l’amour du prochain dans toute sa pureté.Or, il s’est trouvé dans le groupe des provinces quelques-unes, dont les deux plus importantes, pour se sentir en excellente santé et pour refuser les petits soins que leur offrait obséquieusement Ottawa.Elles avaient flairé sous la défroque du bon samaritain un vulgaire tire-laine, qui nourrissait le dessein de les dépouiller.Depuis ce temps, Ottawa joue à l'endroit des provinces récalcitrantes de la guerre des nerfs.Il ne se passe pas une semaine, presque pas une journée, que les agences de nouvelles, les journaux ou la radio ne colportent quelque potin de la capitale fédérale.L'Ontario aurait repris ses pourparlers avec Ottawa; des fonctionnaires du ministère du Trésor de Québec discuteraient les termes d’un accord avec des représentants du ministère des Finances; la Nouvelle-Ecosse serait à la veille de se joindre au groupe des provinces signataires, et ainsi de suite.La Société Radio-Zanada qui, sous un masque d’indépendance, sert admira-tlement les fips du gouvernement fédéral, ne manque ja-nais l’occasion de représenter sous un jour défavorable les wovinces qui refusent obstinément de se laisser détrous-ier.Son attitude tendancieuse sur cette question confirme ‘.’opinion générale que notre radio d’Etat n’est rien l'autre qu'un service de propagande aux mains d’Ottawa rt plus spécialement aux mains du parti au pouvoir.Cette offensive de propagande met naturellement les provinces dans une situation précaire.Elles sont dans la constante obligation de se défendre contre cette propagande anonyme à coups de démentis officiels.Or, il n’est pas toujours facile ni agréable de combattre un adversaire qui se dérobe derrière des demi-vérités et des demi-mensonges, surtout quand on ne dispose pas des mêmes moyens de publicité.C’est ainsi que les premiers ministres du Québec et de l’Ontario ont dû, pas plus tard qoe ces jours derniers, démentir catégoriquement une nouvelle d’Ottawa, disant que leurs gouvernements avaient repris les négociations avec les autorités fédérales et qu'ils étaient sur le point de signer un accord financier.Ce chassé-croisé de déclarations contradictoires n'est sûrement pas de natuce à rétablir le calme nécessaire à la reprise des négociations et à la conclusion d'un accord acceptable.* * * Le mémoire de la Chambre de commerce de Montréal.dont nous avons reproduit le texte entier il y a deux semaines et que nous avons commenté samedi dernier, commence à retenir l’attention en dehors de la province de Québec.Des gouvernements provinciaux en ont fait; venir de nombreux exemplaires.La presse de langue anglaise le commente favorablement.1 * Cette étude impartiale, faite par des hommes d'affaires qui n’ont pas l’habitude de se payer de mots, devrait servit de base ou au moins de prétexte à une nouvelle conférence fédérale-provincialt.Jusqu'à présent, l'initiative des propositions est venue exclusivement d’Ottawa.Les provinces ont joué un rôle passif, ont fait en quelque sorte figure de chien de faïence.Quelques-unes ont cédé sous la pression des arguments et des menaces, d’autres ont résisté.Mais aucune, à notre connaissance, n'a répondu aux offres d'Ottawa par des contre-propositions concrètes et acceptables.C’est le grand mérite du mémoire de la Chambre de commerce de Montréal de reprendre tout le débat, de poser la question dans sa véritable perspective.Dans la discussion d’un problème comme celui-là, il faut éviter deux excès contraire'S: une trop grande centralisation et une trop grande décentralisation.Une centralisation excessive est un mal.L’exemple de pays étrangers qui en souffrent devrait nous servit de leçon.M.Paul Ramadier, premier ministre de France, déclarait récemment: “11 faudra diminuer l’influence de l’administration*ccrftralc au bénéfice de l’administration départementale et même locale”.Voilà un témoignage qu'il faut retenir, car il vient d’un socialiste chevronné.Or, l’on sait que le socialisme est par définition centralisateur.Mais l’expérience du pouvoir a sans doute assagi M.Ramadier et lui a fait comprendre que l’Etat moderne est le plus cruel des tyrans et qu’il possède le pouvoir miraculeux de paralyser toute initiative.Ceux qui ont déjà séjourné en France savent jusqu’à quel degré incroyable le fonctionnarisme inquisiteur et tatillon a pu empoisonner la vie française.L’excès de décentralisation serait également un mal puisqu'il affaiblirait le pays.Il enlèverait au gouvernement central les moyens juridiques et financiers d’accomplir les tâches pour lesquelles il existe, c’est-à-dire assurer l’ordre intérieur et la défense extérieure, développer les transports, le commerce international, etc.Le mémoire de la Chambre de commerce a le rare mérite de se baser sur une situation juridique inattaquable et d’offrir un juste équilibre dans la répartition des impôts.Au point de vue juridique, il est admis que les provinces ont un droit à la taxation directe non seulement égal mais antérieur à celui du fédéral.Par conséquent, Ottawa commet un acte d’agression en les forçant de se retirer de ce domaine.Si les provinces voulaient se montrer intraitables, elles n'auraient qu’à imiter Ottawa: exiger que celui-ci se retire totalement du vaste domaine de la taxation directe.La proposition des hommes d’affaires évite ces deux excès.Elle reconnaît la nécessité, pour le fédéral et les provinces, de se partager le terrain et trace les grandes lignes d’un plan de collaboration qui respecte les droits des deux parties et qui satisfait leurs besoins.* * * La reprise des négociations entre Ottawa et les provinces est souhaitable.Elle n'a de chances d'aboutir que si les deux parties manifestent de la bonne volonté.Négocier veut dire traiter une affaire, en discuter tous les aspects pour en arriver à une entente.Pour négocier, il faut deux parties et il faut que chacune ait la volonté d’aboutir.Si l’une ou l’autre manifeste du mauvais vouloir, il n’y a plus de négociation, il y a reddition sans conditions.Reddition sans conditions, voila l’expression qui décrit parfaitement l’attitude d’Ottawa à l’endroit des provinces.En effet, Ottawa n’a jamais voulu faire la moindre concession.Il réclame le droit exclusif de s'emparer des impôts sur les successions, sur les bénéfices des corporations et sur les revenus personnels; en retour, il ne veut même pas prendre l’engagement de ne plus taxer les amusements, l’essence, les objets de luxe.Le seul engagement qu’il prend, c’est de nourrir les provinces à la cuiller.Les Alliés qui occupent l’Allemagne ne font pas autre chose.Une telle attitude de raideur et d’intransigeance est intolérable dans un pays démocratique.Avec de la bonne volonté, il est possible d’en arriver à un accord raisonnable entre Ottawa et les provinces.Les suggestions de la Chambre de commerce de Montréal le prouvent.Pour cela, il faut qu’Ottawa cesse d’exiger une reddition sans conditions.S’il persiste dans cette voie, il courra à sa propre perte.Gérard FILION 10-V-47 L’actualité Base aérienne dons le Moine rrrs dépêches en provenance de H ashlngton el transmises de là-bas, ces /ours derniers, par les correspondants particuliers de plusieurs journaux ainsi t/ue par des correspondants d'agences de nouvelles ont signalé que l’armée des Etals-Unis allait entreprendre la construction d’une puissante base aérienne, base stratégique, dans le comté d Aroostook, Elat du Maine, quatre milles àTouest de la frontière du Canada, qui se trouve être, à cet endroit, ta frontière aussi de la province de Québec.L’on prévoit que la base sera pourvue d’un tel aménagement qu'elle pourra recevoir les avions de bombardement les plus puissants, par exemple tes énormes Ll-36, deux fois gros comme les H-29 qui franchirent le Pacifique pour aller jeter des bombes atomiques sur des villes du Japon, et aussi les P-S4, avions du ippe à propulsion par fusée mis à l’essai en octobre dernier qui atteignirent une vitesse horaire de 619 milles.L’on comprend que le H-36 n’est pas un engin de guerre à mésestimer, avec un potentiel d’envol que l'on estime être de 10,000 milles, ce qui lui assure un ragon d’action de bien plus de 4.000 milles, avec pleine charge.C’est dire qui de la base projetée dans le Maine, cet appareil pourrait, sans faire arrêt nulle part, aller survoler et bombarder Berlin, d 3,600 milles.Moscou.à 4,200 milles, tes Dardanelles, à 4,400 milles, Londres, à 3,000 mûtes.Le site de la base nouvelle, à ce que mentionnent les dépêches, pourrait être au village de Limestone ou encore au village de Dow Field, près Bangor, les deux sites probablement dans cette partie de eq aux Etats-Unis et à l'Etat du Maine pur le traité d’Ashburton ( 1642).| .4m vrai, ça n’est pus le Canada qui ; cédait du territoire en 1S42, c'était l’Angleterre qui le.lui faisait céder Le traité d'Ashburton avait été négocié et conclu entre tes Etats-Unis et la Grande-Bretagne alors que celle-ci, dans l’espoir d'atténuer et de faire disparaitre une certaine malveillance qui existait à son endroit depuis la guerre de 1812-13, était très disposée à céder du territoire canadien.Les négociateurs étaient, pour la Grande-Bretagne, lord Ashburton et, pour les 'Etats-Unis, Daniel Webster.Un certain Labouchère, qui était du personnel de ta délégation britannique, raconte quelque part, en une page de ses mémoires, et non sans brio, que l’un des commissaires des Etats-Unis savait perdre au whist, flatter ainsi certains Britanniques et en obtenir en définitive d'intéressantes, de plus intéressantes concessions territoriales.Ça serait donc dans un territoire qui fut déjà territoire canadien et, sauf erreur, québécois, que le gouvernement de Washington projetterait maintenant d’établir, et dans un avenir très rapproché, une base, aérienne.Les travaux seraient à la veille de commencer et l’on escompterait les pouvoir achever d’ici le commencement de l’année prochaine.Le coût de la construction atteindrait, selon les simples prévisions, une somme de $14.000,000.Une dépêche de la British United Press note à ce sujet que te gouvernement d'Ottawa est vivement intéressé par le projet des Etats-Unis.“Bien que les milieux officiels ne le disent pas, lit-on dans ta dépêche, en question, on comprend que les Etats-Unis construiront relie base pour être en mesure de diriger des attaques contre la Bussie, dans l’éventualité d’une guerre avec cette puissance.Les bombardiers des Etats-Unis, transportant des bom- bes atomiques plus terribles que celtes qui furent jetées sur le Japon, pourraient traverser le territoire canadien et se porter à l'attaque contre la Russie.Voilà pourquoi le gouvernerfient canadien porte un si vif intérêt à ce projet des Etats-Unis.“On peut aussi s’attendre qu’ad-venant une guerre avec la Russie, les bombardiers soviétiques descendraient du nord vers tes Etats-Unis, en passant par lé Canada”.Ce qui n’ouvre certes pas, dans l’une ou l’autre éventualité comme dans la double éventualité, une perspective des plus intéressantes et des plus réjouissantes pour te Cànada.Cette façon qiïont des correspondants de presse — en s'inspirant sans doute à des sources dignes de foi — de parler de guerres possibles entre grands pags, de parler aussi de bombardements en Asie, en Europe, en Afrique par des avions dont la base serait si rap-prochcç de notre pags et de notre province, voilà pareillement un antre fait qui n'est pas plus réjouissant qu’intéressant.N’est-ce pas, très souvent, en jouant avec des allumettes que des imprudents mettent le feu?Et le feu d'une guerre entre grandes puissances n'est pas.dans le monde d’aujourd’hui, incendie qui s'éteint facilement.10-V-47 Emile BENOIST Choses d’hier et d’aujourd hui En toute circonstance, ne promettes jamais que ce que vous compter tenir, et ayez toujours la volonté absolue de bien faire.LEE Blocs-notes La tablette de chocolat Il se mène de re temps-ci une campagne pour forcer les fabricants de chocolat à réduire de huit à cinq sous le prix de leurs tablettes.Let te croisade nouveau genre lancée par les enfants a pris une ampleur facile à expliquer, car le public est naturellement sympathique aux petits grévistes, et chacun, par ses souvenirs personnels, comprend leur indignation.Les confiseurs protestent que le gouvernement fédéral impose un sou par unité, plus 8'.é sur les ventes, que les salaires ont augmenté de 95% depuis 1939, sans compter le prix des éléments de fabrication.Au fond, on tourne dans le même cercle vicieux.On ne peut demander à l’Etat de dépenser des milliards, d’entreprendre ceci ou cela, de distribuer des bonis à tout le monde, sans qu’à son tour il se rattrape sur le contribuable, c’est-à-dire vous et moi.On ne peut augmenter les salaires, diminuer les heures de travail1, et le travail en même temps, sans que les prix augmentent- Pas plus que notre ^gouvernement ne pouvait galvaudeffîes milliards pour la guerre—nous en avons dépensé vingt — sansifinir par les faire payer, et nous taxer.Cela est évident, mais le nombre des gens qui ne paraissent pas s’en rendre compte est surprenant.Mais cette grève plutôt pittoresque comporte aussi une utile leçon.Dans tout conflit de ce genre, c’est le public qui a le dernier mot, s’il le veut résolument, et peut ramener à la raison ceux qui fixent les prix sur la seule capacité de uayer.Le public a entre les mains larme voulue.Si on employait pour des objets beaucoup plus importants l’énergie, la publicité, l’enthousiasme qu’on apporte contre les tablettes de chocolat, il y aurait beau temps que le coût de la vie aurait cessé de grimper.Mais en économie, comme en politique et autres domaines, on ne se soucie guère des questions principales; on va de préférence au détail quand ce n’est pas la niaiserie.Des quêteurs bénévoles, ont toutes les misères à ramasser quelques milliers de dollars pour une oeuvre | de charité essentielle, mais on fail souscrire en une soirée prés de dix : mille dollars, en cadeau, à un jou-! car professionnel qui gagne déjà un gros salaire, et dont c’est le mé-! lier d’être joueur.Alexis GAGNON M.Esdras Minville M.Esdras Minville, directeur de l’Ecole des Hautes Etudes commerciales, vient d’être élu président de la Chambre de commerce du district de Montréal.C’est un honneur dont il a raisoiL d’être particulièrement fier.M.Minville s’est élevé à la force du poignet.Nous avons été, comme tous les hommes de notre génération, témoin des efforts tenaces et prolongés par lesquels ce petit Gas-pésien a su atteindre les sommets.L’hommage qu’adressent aujourd'hui à ce théoricien, à cet homme d’étude, les praliciens de la Chambre de commerce marque à la fois dans sa carrière un couronnement el un nouveau point de départ.La Chambre de commerce ancienne, dont la Chambre des Jeunes don-blc aujourd’hui l’effort, a pris en ces dernières années des développements considérables.C’est une puis, sance.Avec l’état-major à la tête duquel elle vient de placer M.Minville et dans lequel voisinent quelques-uns de nos hommes d’affaires les plus en vue, il serait étonnant qu’elle ne poursuivit pas sa carrière avec un élan et des succès nouveaux.Et c'est ce qui nous fait croire que son arrivée à la présidence sera pour M.Minville le principe d'une nouvelle et féconde activité.Combien Il est une question que segposenl beaucoup de gens et à laquelle on donne les réponses les plus diverses.C’est cclle-ci: Combien de gens, à la vérité, comprennent le français en "Louisiane?Une lettre que nous recevons d'un ami qui arrive de là-bas et qui signale un fait regrettable en soi, projette sur le problème une intéressante lumière.Les haptistes organisent, en effet, en Louisiane une série d'émissions radiophoniques en français.C’est donc la preuve qu'ils estiment qu’il y a •tans le pays une population de langue française suffisamment nombreuse pour justifier de leur pfl-t cet effort de propagande.Le Mont-Cassin Nous publions intégralement aujourd'hui le texte de l’encyclique de Sa Sainteté Pie XII sur le centenaire de saint Benoit.Un y trouvera de grandes pages d’histoire ancienne sur la vie et l'oeuvre de saint Benoit, sur l’état de la civilisation au moment où vé-cut le saint, et, hélas! aussi de tragi-ques pages d’histoire contemporaine sur le Monl-Cnssin et sa destruction, au cours de la dernière guerre, ainsi qu’un appel à la charité mondiale.C’est un texte à lire avec grand soin.O H.IO-V-47 Importante déclaration de M.Barrette Comment quelques agents communistes opèrent dans la province-L Mlle Parent et de MM.Rowley et Beaucage - L'examen des derniers Le cas d* subsides (par Louis Robillard) Québec, 19.— La session provinciale.commencée le 12 février, se j terminera aujourd'hui; probable-I ment cet après-midi.Kl'c aura duré ',88 jours et l’Assemblée législative aura tenu 91 séances.Les députés se réuniront de nouveau ce matin pour leur dernière réunion législative.Us examineront alors les derniers subsides soumis à leur approbation, ceux de bien-être social et de la jeunesse.Ils ont consacré la journée d’hier à l’étude des crédits de plusieurs ministères.Le tout s’est déroulé dans le calme et la plus parfaite entente cordiale, excepté les petites divergences inévitables.Le nombreux public attiré par les violents duels oratoires de la veille a été quitte pour écouter des discussions sérieuses et plutôt amicales, assaisonnées Ici et là de bon sel.Déclaration de M.Barrette La discussion des crédits du ministère du Travail a donné lieu, hier après-midi, à des déclarations fort intéressantes de la part du ministre, M.Antonio Barrette.11 y a tout au plus huit ou dix organisateurs communistes qui font du travail auprès des ouvriers dans la province de Québec, mais ils ont de l’argent, ils se spécialisent dans l’organisation de grèves illégales et ils s’arrangent pour faire beaucoup de bruit avec l’aide de la radio et de journaux à gros tirage, a déclaré M.Barrette.Le ministre a dit à la Chambre de quelle façon procèdent les plus connus de ces organisateurs: How-ley, Beaucage et la femme Bjorsson (Madeleine Parent).C’est en réponse à certaines remarques de M.J.-A.Francoeur, député libéral de Mercier, que le ministre a fait ces révélations.M.David Côté, député indépendant de Rouyn-Noranda, a voulu prendre part au débat, mais son intervention a suscité une ques-tiofa d’ordre et un vote sur une décision du président du comité.La majorité île la Chambre donne raison au président.M.Francoeur a d’abord précisé qu’il ne voulait en aucune façon protéger les communistes et que s’il parlait de certaines grèves récentes et des arrestations qui les ont marquées, c’était pour savoir à quoi s’en tenir de façon à bien renseigner les ouvriers sur ce qui se passe.Je voudrais savoir, dit-il, si l’on a la preuve que Rowley, Beaucage et la femme Bjorsson sont des communistes.Si Je procureur général a en mains des preuves qu’ils sont les agents de Moscou, pourquoi ne pas les arrêter comme tels?Je n’ai aucune sympathie pour eux, mais le public r.e demande ce qu'il faut penser des méthodes que prend le gouvernement pour les combattre.Je viens encore de lire dans les journaux que le ministre leur aurait refusé une entrevue hier.La grève de Lachute M.Barrette — Ils ne ni’ont même pas demandé d’entrevue.Ces gens-là ne viennent pas me rencontrer.Mais le député de Mercier me pose (suite à la troisième page) Courrier de France Autour de Nice la belle — Les souvenirs de Marie Bashkirtseff et de Mme Ackermann, évocations d'inquiétude humaine, dans un pays de joie et de clarté.— Fraternisation avec Tassent" marseillais ’ce qui subsiste du monastère fortifié de l’île Saint-Honorat, où des moines copiaient des textes destinés à transmettre à la postérité les trésors intellectuels du vieux monde disparu, et où vécut et travailla saint Patrice, avant son départ pour llrlande.A file Sainte-Marguerite, on peut visiter la cellule à triple grillage où fut écroué le mystérieux personnage, à l’identité encore mal éclaircie, que les historiens désignent sous le nom de YHomme au masque de fer.(par Pierre de Grandpré) (Ce récit d’un voyage sur la Côte d’Azur avait été commencé, sous celle rubrique, samedi dernier).Au sortir du vieux Nice, au bord de la mer, voici, encadré de cyprès, un impressionnant monument aux morts de la dernière guerre, taillé dans le roc auquel il s’adosse et qui le surplombe.Tii l’on escalade ce rocher, dit rocher du Château, jusqü’à la terrasse d’où coule une large cascade artificielle du plus bel effet mais qui vous trempe impitoyablement quand le vent vient de la mei^ un vaste panorama de la ville et de la Côte s’offre au regard.Avant d’accéder au sommet, sous une autre perspective, on a pu apercevoir le port, la jetée, l’eau d’un bleu et d’un vert extraordinaires de cette hauteur, et dans b rade une petite flottille de barques de pêcheurs ballottées, croisant et décroisant leurs mâts.Du côté de la ville, la vue embrasse, en.tre les bouquets des arbres voisins, le moutonnement des toits 'de tuile ocre et, détail curieux, deux rues en terrasse sur le toit des maisons, parallèlement à la nier.Les parasols, les chaises occupées, la foule grouillante, les palmiers projetant leurs légères ombres mouvantes sur les façades blanches des hôtels-palaces, telle est la célèbre promenade des Anglais, le bord de mer.Pays trop heureux Baie de Nice aux eaux brillantes, où l’on éprouve le sentiment de l’espace, coltines qui sont des jardins, hôtels clairs, somptueux, dans le style opulent et du goût parfois douteux du XIXe siècle cossu, tout rappelle, ici une longue époque d’insouciance et de bonheur.Un nom gravé sur une fontaine a tout à l’heure attiré mon attention.Il me revient maintenant à la mémoire, m’obsède.Ici a vécu, ici est morte la pathétique, ambitieuse, inquiète, malade et lucide Marie Bashkirtseff.Ce temps trop parfait, ce décor trop heureux suggèrent des pensées.On songe à Valéry, au Cimetière marin.Au cimetière de Magnan, on peut lire au tombeau de Mme Ackermann cette épitaphe mâle et désespérée écrite par elle-même: J'ignore! un mol, le seul par lequel [je réponde Aux questions sans fin de mon [esprit déçu; Aussi quand je me plains en partant [de ce monde, C’est moins d'avoir souffert que de [n’avoir rien su.Concentré d’histoire récente et d’antique civilisation méditerranéenne, la Côte d’Azur offre des vestiges de jadis, comme le Trophée des Alpes, élevé par les Romains à la mémoire d’Auguste, à la Turbfe.Aux lies de Lérins, on peut visiter Paysages Concentré de géographie, la Côte d’Azur est un jardin luxuriant.Le littoral abonde en chênes-verts, en orangers, en cyprès, en pins-pignons, en oliviers, voire en eucalyptus; comme fond de décor aux plages, à la mer.aux jardins fleuris, on voit «e déployer, perdues dans une brume qui leur donne un air d’irréalilé féerique, les cimes bril-lantées, éternellement enneigées des Alpes.Il y a dix, vingt aspects des décors vus au cours de ce voyage, dont il est bien impossible d’exprimer par des mots l’hetireusedinpres-sion sur l’observateur.Villas crépies de blanc, d’oere, de mauve, d’orange.enfouîe.s dans une efflorescence de plantes exotiques; balustrades, colonnes fleuries, tonnelles, jarres de roses ou de géraniums.Et c’est ainsi tout le long de la route du littoral, de l’Estérel à Menton.Un calme après-midi, à bicyclette, me rendant à la plage de Juan-les-Pins et respirant à pleines narines l’odeur des goémons, j’ai admiré tout à loisir les beaux pins du cap d’Antibes aux grands troncs inclinés, tordus, libres du haut en bas: leur feuillage en boule est lout entier repoussé au faite, tendu contre le bleu du ciel, à l’extrémité de branches ramifiées qui ont un air de doigts entrouverts.A (suite à la deuxième page) carnet du glincheux L’Angleterre répudie ses dettes internationales.Au moins en voilà une à qui la démocratie aura servi à quelque chose.* ?LT.C.A.O- a décidé d’expulser l’Espagne de scs cadres.On fait de beaux gestes d’indépendance contre Moscou, mais on lui obéit.* ?* Pendant que le parlement amende la loi électorale, il pourrait peut-être penser aux 1500 électeurs de Cartier, défranchisés si libéralement.Mais peut-être que ça dérangerait le hou fonctionnement de la démocratie.* * * Los gamins de ^Assemblée législative se sont chamaillés avant-hier.* * * La “gang” à Maurice a eu le dessus.¥ * * Les gamins qui insultent les vieillards sont des polissons; ceux qui déterrent les morts sont des voyous., * * * Le secrétaire général de l’U.C.C., dit M.Barré, est un commis.Pourquoi insulter l’attaché culturel du ministère de l’Agriculture, M.Oscar Gatineau, qui, lui aussi, eut jadis l'infortune d'étre secrétaire général.* * * L.U.C.C.n’a jamais tant eu d'amis chez les libéraux que depuis que ceux-ci sont dans l’opposition.Il fut pourtant une époque où les rouges régnant, l’U.C.C.n’en menait pas large à Québec.Autres temps, autres amours.* * * M.Duplessis accuse sans cosse l’opposition de violer les règlements de la Chambre.Quel langage vçabreux chez un célibataire.b» Urlocbaux Lettre de New-York La langue française aux Nations Unies A propos d'un entrefilet publié dans le "New York Times" — La langue française, dans le domaine de la diplomatie traditionnelle, est-elle à son déclin ?Le français est officiel, au même titre que l'anglais, aux Nations Unies — Le point de vue juridique — L'opinion de certains diplomates — Le rôle du Canada — Le français de MM.St-Laurent, Martin, Côté et compagnie (De noire correspondant spécial à New-York) Flushing Meadows, 10 —Un petit entrefilet publié dans le New York Times ces jours derniers faisait allusion au déclin de la langue française dans le domaine de la diplomatie traditionnelle.Ce qui a fait naître cette remarque dune immense portée, n'est au fond qu'une circonstance minime mais dont il semble qu’on veuille profiter pour entretenir certaines attitudes incorrectes qui ont cours au sein de b plupart des séances de l'organisation des Nations Unies.La circonstance rapportée par le New York Times et qui l'amène à la constatation générale mentionnée plus haut, consiste dans le fait que lors des séances tenues à Flushing par te Bureau de l’Assemblée des Nation» Unies, aucun des douze délégués qui ont pris la parole cette journée-là, ne s'est servi de la langue française.L'entrefilet ajoute que durant les traductions françaises réglementaires, aussi bien les délégués que les représentants de la presse et du secrétariat n'ont prêté grande attention aux interprètes; que le président lui-même, y Os* waldo Aranha, qui parle couramment le français, l’espagnol, l’anglais et l'allemand, en plus de sa langue maternelle, le portugais, em ploie habituellement la langue anglaise dans ses allocutions.Point n'est besoin de relever le manque de proportion manifeste ici entre le tait allégué el m constatation générale qu’on en tire.Cette disproportion à elle seule suffirait à infirmer la conclusion mise de l'avant, s'il en était besoin.Mais la situation réelle du français dans les activités des Nations Unies nous amène à notre tour à présenter quelques remarques pertinentes.L’entrefilet mentionné parait d’abord avoir créé une réaction immediate sur l’usage du fiançais dans les délibérations du bureau de l’assemblée, là où la remarque avait pris naissance.Le lendemain, le délégué de l’Egypte a ce Bureau, M.Mahmoud Hassan Pasba, juriste d'une réputation internationale, ré- (suite à la deuxième aage), * 2 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 10 MAI 1947 VOLUME XXXVIII No 107 Lettre de New-York (suite de la première page» pondait tn français à l'intervention du délégué de la France qui avait lui-même parlé en français au cours de la journée comme de juste.De plus, le président, s’étant mi dans la nécessité presque continuelle de rappeler le public à l'ordre au début de chaque traduction française, a profité ce jour-là d'une occasion, où l'orateur avant parlé en français.on s'apprêtait à donner la traduction anglaise de son texte, pour rappeler de nouveau à l’ordre le public.Pour une fois cependant, il sc faisait moins de bruit qu’à l'habitude.Mais il s’agissait d’une traduction anglaise, et ce rappel à l’ordre souligna l’intérêt d’une traduction qu’on comprend et qu’on désire entendre au complet pour savoir ce qui a élé dit.D’une façon générale, l’incorrection du public admis aux salles de délibérations des Nations I nies est disgracieuse durant les interprétations.Malgré d’incessants rappels à l’ordre de la part île la présidence, il est rare qu’une traduction française puisse être entendue sans difficultés.Sans y voir île parti pris de la part du publie, on ne peut s'empêcher de constater que la présence d'un public eu majorité de langue anglaise crée une atmosphere ij/'u favorable à de longs exposés faits en français; on peut s'en rendre compte par le brouhaha et le va-et-vient qui se produisent aussitôt que commencent les traductions françaises et cela presque sans l'ail-! lir.Des conversations privées s'engagent aussitôt, dont certaines sont publiques par la hauteur de leurj ton; îles mouvements de circulation dans les salles naissent tous a j la fois, surtout dans les sections re-i servées à la presse et au publie: le' tapage s’élève bientôt si liant qu'il ! devient impossible de suivre cou-! vcnablement les traductions en Avis de décès LAHOCHliLLK.— \ Montréal, le 9 mai 1947, est décédée Mme J.-Alcide l.arochelle, née l.equin (lia-brielle), demeurant au no HôN est, lîlvil St-Joscph, app.1.Les funérailles auront lieu lundi le 12 courant.Le convoi funèbre partira des salons mortuaires J.-S.\ allée Idée, no 5310 avenue du Parc, à 9 h.45, pour se rendre à l’église St-Denis, où le service sera célébré à 1(1 h.Ht de là au cimetière de la Côte des Neiges, lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.lél.t CReicent 5700 MAGNUS POIRIER Entrepreneui Pompai Funèbrai Expari Embaumaui 660B rue ST-LAURENT monumeiiTS ERIGES PARTOUT AU CANADA ijfuinite C&.10 5 JACQUES OUEST >/ MONTMAl cours.Le président du bureau faisait remarquer un jour que les sténographes qui ont à prendre le compte rendu des séances dans les deux langues ont de la difficulté à s'acquitter de leur tache dans de pareilles conditions.Il ne saurait ç^tes être question de jeter quelque niùme que ce soit sur les membres des délégations qui ont constamment besoin de consulter, de faire des remarques entre eux sur les discours et sur leurs propres plans de discussions.Mais jamais ces nécessités pratiques d’organisations ne vont jus-qu’à produire le trouble qu’engeu-urc Je manque de respect et de le-nue dans les galeries publiques.Or, malgré d’innombrables rappels a l’ordre, le publie anonyme reste d’une indocilité déconcfcrtunte à cet égard.Le sort du français C’est un fait que le transfert du siege des Nations Unies de ce domaine historique de la diplomatie française qu'est l’Lurope, au sein du continent nord-américain en majorité anglo-saxon, doit avoir une répercussion directe sur l’at-mosphcrc des séances publiques; atmosphere nouvelle dans laquelle le Irançais a bien des cliances u a-voir l’air d’un etranger.Les Canadiens de langue française en savent quelque chose par leurs luttes séculaires et dans des proportions inégales pour sauvegarder une atmosphere française dans leur vie nationale au milieu du tourbillon anglo-saxon qui les environne de toutes Parts.Kst-il possible à l’heure actuelle de prévoir le sort qui sera fait à la langue française aux Nations Unifs après une dizaine d’années de sc-! jour en terre américaine?La question peut se poser sous trois angles différents: le point de vue juridique, l'opinion pertinente de certains diplomates en vue et enfin les fadeurs réels qui joueront dans l’é- Du point do vue juridique Du point de vue juridique, il est actuellement acquis que le français constitue une des deux langues de travail des organismes des Nations Unies.Cette décision a été prise à la conférence de San-Francisco qui a créé l’Organisation de$ Nations Unies et incorporé cette clause dans la Charte.Lors de la discussion de celte affaire à San-Francisco.certaines objections ont été soulevées à la Commission contre le maintien du français sur une base d’égalité avec l’anglais dans les délibérations officielles des Nations Unies.Il y cul même des tentatives pour imposer l’anglais comme seule langue de travail, mais ces tentatives n’ont pas abouti; ee qui prou-ce, d'un point de vue réaliste, l’estime qu’on conserve encore dans les cercles diplomatiques internationaux pour la langue française, et cela, avec un fondement plus sérieux que l'argument avancé par le A'ni» York Times de ces jours derniers.Juridiquement donc, le français constitue une des deux langues de travail des Nations Unies.Son statut est égal à celui de l’anglais, l'autre langue de travail.Par contre, les langues de travail jouissent d’une situation privilégiée par rapport aux trois autres langues officielles des Nations Unies qui sont le russe, l'espagnol et le chinois.Tous les documents officiels des Nations Unies sont publiés dans les cinq langues officielles, le français, l'anglais, le russe, l'espagnol et le chinois; mais les délibérations orales se font dans les deux langues de travail, quoique parfois certains orateurs emploient une langue maternelle qui n’est ni l’anglais ni le français.Des traductions ont alors lieu dans les deux langues de travail.On peut donc affirmer que la langue française étant incorporée à la U.hartc des Nations, elle jouit d'une base juridique qui lui per-mettra de se maintenir aussi longtemps que la Charte restera en vigueur.Il est vrai que cet article pourrait être un jour amendé et que ce lien juridique pourrait disparaître.Il apparaît probable cependant qu'une telle suppression ne sera amenée ni par les pressions offi-oieuses qui pourraient s’exercer ici >u là contre l'emploi de la langue MAISON FONDEE EN 1877 J.BRUNET LIEE MONUMENTS LETTRAGE AUX CIMETIERES Achetas au prix de la manufactura.4485, CHEMIN DE LA COTE-DES-NEIGES Tels.: WE.2640 — Le soir : AT.8686 française, ni par le manque de respect ou les critiques du public a l’égard de cet état de choses.L'opinion des diplomates Il est intéressant de joindre a ces constatations juridiques l’opinion ie certains diplomates éminents sur l’avenir de la langue française aux Nations Unies.J’ai eu la curiosité d’interroger sur ce sujet le chef de la délégation iranienne à l’Assemblée des Nations I nies, M.Rasnol-lah Kntezam.M.Kntczam parle un excellent français avec une aisance et une grâce qui lui font honneur.Il se sert habituellement de cette langue dans ses interventions 'au cours des délibérations auxquelles il prend part.M.Hntezam me déclarait qu'il était grandement en faveur du maintien du français dans^ les travaux des Nations Unies.“Vous remarquerez, me disait-il.que si certaines commissions font un grand usage de l'anglais, c’est un peu différent lors des séances plénières de l’Assemblée où bon nombre d’orateurs s’expriment en français.Lors de la conférence de San-Francisco, continue M.Hntezam, j'ai eu l’avantage de faire partie rie la commission qui a traité le problème des langues à employer aux Nations Unies; je me suis alors déclaré en faveur de l’usage du français comme langue de travail, en ajoutant d’ailleurs que si on m’imposait l'anglais, - je m’exécuterais, mais ce serait Uni pis si on avait de la misère à m| comprendre!” M.Hntezam fait aussi remarquer rpie les populations arabes, qui ont beaucoup pratiqué l'anglais ecs derniers temps, restent fortement en faveur du maintien du français comme langue diplomatique internationale.cl qu’elles conservent pour cette belle langue une grande estime.Les facteurs réels Quels sont maintenant les facteurs réels qui peuvent jouer dans l'évolution possible de cette question durant le séjour des Nations Unies aux Etats-Unis d’Amérique?De nombreux délégués .parlent couramment les deux langues, le français et’l'anglais, et le prouvent en les employant alternativement toutes les deux.L’incident de ces jours derniers aux séances du Bureau de l’Assemblée en est un exemple; il y en a eu d’autres auparavant et depuis lors.J’eus l’occasion, lorvs de la dernière assemblée générale, d’entendre le délégué de Yougoslavie déclarer à la Commission de tutelle qu’il était mécontent du service français fourni par le secrétariat au cours de cette session de l'Assemblée.Connaissant peu l'anglais, il était forcé d’attendre les documents français qui retardaient souvent, ce qui l’empêchait de se tenir à jour dans les délibérations et de participer convenablement aux discussions comme c’était son devoir et son droit de le faire.De telles plaintes ne furent pas uniques alors, et le secrétariat semble avoir amélioré un peu les services français; mais le fait de ces plaintes proférées au sein d’une Commission de l’assemblée générale prouve que lç français garde ses adeptes parmi les délégations et que certaines d’entre elles ne craignent pas de protester tout haut lorsque cette langue est négligée, ün ne saurait dire aussi bien de nos délégués canadiens comme nous le verrons à l’instant.Le rôle du Conodo Les délégations de France,,’de Belgique, de (irèce et d’Haiti entre autres comptent une majorité de membres qui emploient régulièrement le français, en faveur duquel elles restent^un facteur essentiel de sauvegarde.Fin tant que Canadiens, nous ne pouvons nous empêcher de déplorer Ici le rôle effacé que joue le Canada dans cette question du français aux Nations Unies.Avec la France, la Belgique et la république d’Haïti, le Canada est un des quelques pays où la langue française est officielle.On s’alten-drait à ee qu’il le manifestât dans sa participation aux travaux des Nations Unies.En fait, sauf une trop brève allocution au début de son discours anglais devant l’Assemblée générale l’automne dernier, brève introduction au cours de laquelle il rappelait en français à toutes les délégations présentes le bilinguisme du Canada, M.Louis St-Laùrent, alors chef de la délégation canadienne aux Nations Unies, n’a jamais employé que l’anglais à ma connaissance dans toutes ses interventions ultérieures.De l’avis de ee correspondant.M.St-Laurent eût mieux fait do ne rien dire en français plutôt que de don- CALENDRIER 5e mola MA! 31 jour» Demain: DIMANCHE 11 MAI 1947 V PAQUES Lever du lolell.4 h.35.Coucher du «otell, 7 h.15.Lever de U lune, 0 h.53.Coucher de la lune, 9 h.01.Pleine Lune, le 4, a 11 h.57 m.du aoir.Dernier QQuartler, le 13, à 3 h.08 m.du m.Nouvelle l une, le 20.a 8 h 44 m.du m.Premier Quartier, le 26.à II h.35 m.du s.La cathédrale de St-Malo Le martyre de I église qui se rattache à la plus vieille histoire du Canada Derniers devoirs .— Laleeez nous voue assistai dan» vos dernier» devoir», envers eaux Qui partent.No» conseils so!*t basés sui l'expérience.SALONS MORTUAIRES SERVICE D’AMBULANCE GEO.VANDELAC rONUKE EN 1890 G.Vandelac |r.— Alex.Gau» 120 EST, RUE RACHEL, MONTREAL - LIMITEE BEIair 1717 Arthur Landry Enr’e.ENTREPRENEUR DE POMPES FUNEBRES SALONS MORTUAIRES MODERNES .SERVICE D'AMBULANCE G.GODIN, prop., conseille» municipal Salons i Bureau : 518.RACHEL EST 528.RACHEL EST FAlklrk 3571 MAI 1947 Otm Lun Mar Ver Jen =8 Ven Sam PX.4 C -H U « ,1 20 » l'Oîe 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Ce Journal est Imprime «c no 430 rue Notre-Dantv est.A Montreal, pur l'Imprimerie Populaire (A responsabilité limitée) Adltrlce-proprlOtairc — Gérard FUlou dl-recteur-gOrant.l a Canadian Press est seule autorise^ a faire emploi pour réimpression de toutes les dépêches attribuées A la Canadian Pitns A rAssoclated Press ou A l’agence Reuter ainsi que de toutes les Information» locale» que le "Devoir" publie Tous droit* de reproduction des dépêches particulières du "Devoir" sont également réservés Autorisé comme envol postal de la deuxième elasse Ministère A des Postes, Ot.awa * On nous écrit: Parmi les villes françaises crueb lenient martyrisées pendant la der-nière guerre, et qui intéressent plus particulièrement le Canada, se place en première ligne lu petite ville de Saint-Malo.Les Allemands se sont acharnés sur tout ce qui dans1 I enceinte de ses remparts prése:i-tait un cachet artistique ou rappelait un souvenir; ils ont méthodiquement bombardé, brûlé, pétro'é plus des trois quarts de ses maisons; et ù l'exception de trois ou quatre, tous ces beaux hôtels de granit qui donnaient à la petite ville son cachet si spécial et si pittoresque ont été anéantis.En un mot, de ce qui fut autrefois la fière lité corsaire, il ne reste plus actuellement qu'un amas lamentable de misères et de ruines! L'antique cathédrale historique a été très particulièrement éprouvée: son beau clocher en dentelles de pierre est,tombé sous les coups allemands; écrasant dans sa chute les premières travées du choeur *•[ des bas-côtés, ainsi que l'autel de la Sainte-Vierge; et ébranlant les quatre gros piliers qui soutiennent la tour des cloches! L’incendie de la toiture et de l’autel du Sacré-Uocur, provoqués par des obus incendiaires; elle pétrolage des grandes orgues et des deux sacristies, cuit achevé en grande partie la ruine du mémorable édifice.Atteinte par conséquent dans ses parties vives, la vieille et curieuse église des XII et XHIèmes siècles, si elle n’est pas réparée pendant qu’il en est encore temps, va s'en aller par morceaux; et très rapidement, elle dis-paraîtra pour toujours.Or, en ce moment les Malouins sont complètement ruinés; ils ont perdu tout ce qu'ils possédaient.De leurs maisons, de leurs riches mobiliers, de leurs garde-robes, ils n'ont conservé que le contenu de »a valise qu’ils tenaient à la main, en quittant les caves de leurs maisons en feu.D’un autre côté, ils ne peuvent compter d’aucune façon en ce moment sur le gouvernement français, pour la restauration de leur cathédrale.Celui-ci a dû prendre à sa charge en effet la monnaie d’occupation lavée laquelle les Boches ont pillé iout ce que contenaient les magasins, pendant qu’ils étaient en France, et il en est plus que débordé par les ruines qu’il doit relever d’urgence pour loger les habitants.SL les Malouins restent livrés à eux-mêmes, s’ils sont réduits à leurs propres forces, leur église est irrévocablement appelée à disparaître.Seule, l’intervention d'une autre nation ou d’une ville charitable, peut encore la sauver.Mais cette antique cathédrale de Saint-Malo, est-ce qu’elle n’appartient pas lout autant à l’Histoire nationale du Canada qu’à celle de la cité corsaire?N’est-ce pas dans ses murs que fut baptisé Jacques Cartier?N’est-ce pas là, en priant devant l’autel du Seigneur qu’il vit se dessiner, comme dans un rêve, au delà des océans connus, nos continents du Canada?C’est là qn'il prit la résolution de s’embarquer sur les mers jusque là inexplorées, afin d’aller chercher une nouvelle colonie à sa pairie, et de nouveaux chrétiens à l’Eglise de Jésus Christ.Et, fortifié par le pain eucharistique, il trouva la force de réaliser son rêve et de découvrir le Canada, sur lequel son premier geste fut de planter la Croix du Sauveur.Le 16 mai 1535.Jacques Cartier vint s'agenouiller avec son équipage dans le choeur de cette cathédrale; et après avoir reçu la sainte communion des mains de Mgr Bo-hier, évêque de Saint-Malo, ainsi que sa bénédiction épiscopale, ils partirent sur la (ifande et la Petite {termine et sur l’Emerillon, pren- ner cours à l’opinion fausse que le français du Canada est d’une incor-reciion notoire.M.St-Laurent ayant été le seul parmi nos délégués à parler français, et de la façon la moins gracieuse qu'on puisse imaginer, la participation du Canada au maintien de la langue française aux Nations Unies se réduit exactement à zéro.Ce ne sont pas nos délégués qui vont se plaindre d’un accroc a la langue française aux Nations Unies( comme 1 a fait hautement le délégué de Aou-goslavie, dont le pays n’est pourtant pas français comme le Canada.Ni M.Martin, de qui je n’ai pu attraper un seul mot de français durant toutes «es interventions au sein des commissions ou de l’Assemblée, encore moins M.Lester B.Pearson, ni M.Riddell, ni Miss McCulium, ni le professeur Humphrey, ni M.Ignatieff et qui sais-je encore de la délégation canadienne, n’ont à se vanter de la part qu'ils prennent au nom dn Canada, pays bilingue, dans le soutien de la langue française aux Nations Unies.A la'Commission de tutelle de la dernière session de l’Assemblée générale, un M.Côté a siégé au nom du Canada, Durant les quinze ou vingt séances de cette commission auxquelles j’ai eu l’occasion d’assister, co M.Côté n’a pas cru un seul instant savoir le moindre mot de français.11 doutait sans doute de la correction de son français; mais alors où sont les représentants qualifiés du Canada français aux Nations Unies?Tout étranger ici se trouve incliné devant celte situation à faire les constatations suivantes; ou bien le français du Can^la n’est qu'un mythe, si c’est le français parlé par MM.St-Laurent, Martin ou Côté; i ou bien les représentants ca-nadiens-français n'auraient pas les qualifications voulues pour siéger (bins les organismes internationaux; ou bien enfin, les Canadiens français sont une minorité négligeable cl sans importance, qu’on ne juge pas nécessaire de produire devant les Nations Unies.D'aucune façon, nos délégués actuels aux Nations Unies ne contribuent au maintien de la langue française et le Canada sc trouve ainsi hors du tableau du monde français à cet égard.Ceci est fort loin de refléter la réalité si ce n'est même la justice.dre possession au nom du Christ et du roi de France, de ces pays inconnus.Deux prêtres de St-Malo les accompagnaient; et ce furent eux.qui les premiers dressèrent un autel, et célébrèrent le saint sacrifice de lu messe sur le sol du Nouveau Monde.Aussi, en 1894.quand notre Ministre, Honoré Mercier, plaça dans la cathédrale de Saint-Malo une plaque commémorative de ces événements; non seulement il immortalisait ces souvenirs, mais ne prenait-il pas officiellement possession au nom du Canada de cet antique monument, qui nous appartient autant qu'aux Malouins; et dans lequel se sont vécues les premières pages de noire histoire nationale; car la cathédrale de Saint-Mal.» est l’Eglise natale, le berceau mêmè du Canada! Mais, ce n’est pas tout encore: Notre dernier évêque du régime français, Mgr de Pontbriand, était vicaire général de la cathédrale de Saint-Malo, quand il fut nommé évêque du Canada.Non seulement il consacra entièrement à son dio ccse les immenses -trésors des seigneurs de Pontval dont il était le descendant et l’héritierpnais quand il quitta la cathédrale de St-Malo.s’il n'était pas accompagné d’aussi nombreux compagnons que Jacques Cartier, il emmenait avec lui une quinzaine de prêtres malouins.qui restèrent chez nous.Mgr de Pontbriand mourut de douleur, ici à Montréal, quand il apprit que la France avait perdu pour toujours les rives du Saint-Laurent: mais ses compagnons resteront chez nous avec nos pères, auxquels ils se consacrèrent entièrement et avec eux.ils souffrirent la persécution cl l’exil! Ils soutinrent les nôtres dans les moments les plus difficiles et les plus terribles de notre Histoire; ils ne nous abandonnèrent pas; et ce sont eux qui ont particulièrement contribué, avec les jeunes abbés canadiens, instruits au séminaire des Lazaristes dt St-Malo.et ordonnés dans cette cathédrale, ce sont eux qui ont particulièrément contribué, avec les quelques congrégations religieuses que nous aimons, à nous conserver notre langue, notre foi chrétienne et notre personnalité.Nous leurs sommes redevables de notre énergie; et c’est grâce à eux que nous avons eu la force de résister au vainqueur, et de devenir le peuple puissant que nous sommes aujourd’hui.Toutes ces choses, mes chers lecteurs, mes chers Canadiens, avons-nous le droit de les oublier?Nous qui avons comme devise Je me souviens, n’avons-nous pas quelques devoirs envers cette mémorable cathédrale de Saint-Malo, qui appartient à notre histoire, autant qu’à celle de la vieille cité corsaire; et ce geste qu'eussent fait nos pères, ce geste que nous demande notre passé, le refuserons-nous à l’église qui est le berceau de notre Canada?FToidement, la laisserons-nous disparaître?Non assurément; et tous, vous serez d'actord avec moi pour aider à relever cette cathédrale à laquelle nous devons notre existence et notre foi inébranlable! Et ce geste, il ne sera pas seulement celui d’une ville mi d’une région; il sera un geste national, celui du,Canada tout entier.Parmi toutes les oeuvres des autres pays, pour lesquelles on sollicite notre aide, ce sera la cathédrale de Saint-Malo qui çura et qui mérite la priorité; du reste, n’est-elle pas une oeuvre essentiellement religieuse, répondant entièrement à nos aspirations et- à nos sentiments intimes?D'ailleurs, je le sens, en me lisant, chacun de vous entend la voix du sang lui parler dans son coeur; et tous, généreusement, vous répondrez à mon appel?C’est un descendant de Colette et d’Alizon Desgranchcs, les belles-soeurs de Jacques Cartier, qui a été délégué (1) vers nous par Son Eminence le cardinal Roques, archevêque de Rennes et de Saint-Malo, et c’est avec joie que nous répondrons à son appel et à celui de son comité des Amis de la cathédrale de Saint-Malo, et que nous procurerons ce qui est nécessaire pour que ne disparaisse pas, pour que ne meure pas cette antique église historique, qui est un patrimoine commun entre Saint-Malo et le Canada, et qui appartient tout autant à notre histoire qu’à celle de la cité martyre.LES MEDECINS RECOMMANDENT NOS MAnDIS MinnuiRis./ifatualdi di fa PHARMACIE MONTREAL Charles Duquette, propriétaire tm (du» wrmmdm nhwrmmrt*
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