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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 16 août 1947
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1947-08-16, Collections de BAnQ.

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“Li Canada tot un* nation touveraine et ne peut avec docilité acceptei de la Grande-Beetagne ou dea Etatt-Unii ou de qui que ce toit d’autre, l’attitude qu'il lut faut prendre envet» l* monde.” Lord TWEEDSMU1R DEVOIR Montréal, samedi, 16 aoftt 1947 VOLUME XXXVIII » No 188 REDACTION ET ADMINISTRATION 4M EST.NOTRE-DAME.MONTREAL TELEPHONE : *6Elair 33ST Düectivu i Géraid FUION FAIS CE QUE DOIS R4dac1»ui m elMlt Oa«i HEROUX SOIRS.DIMANCHES CT RTB Administration : BEIair 3361 Rédaction ; BEIair 3366 Gérant : BEIair 3363 “Une oeuvre de rédemption sociale” Un voeu du regretté cardinal Villeneuve qui se réalise — Les services que rendent les caisses populaires-Les réalisations des minorités françaises — Les caisses tiennent à leur autonomie Il y a une dizaine d’années, Son Eminence le cardinal Villeneuve déclarait à Lévis, lors d'une célébration à la mémoire du père des caisses populaires, le commandeur Alphonse Desjardins, “que la caisse populaire est une oeuvre de rédemption sociale”.En même temps.Son Eminence lançait le mot d’ordre suivant: “A côté de l’église et de l’école, il doit y avoir une caisse populaire." A ce moment, le nombre des caisses dans Québec ne devait pas dépasser les trois cents et leur actif devait se totaliser par une quinzaine de millions de dollars.Le mot d’ordre du regretté cardinal n’a pas été vain.Les caisses populaires se sont développées durant les dix dernières années à un rythme que même les plus optimistes n’auraient pas eu l’audace d'imaginer.Au 31 mars dernier, le nombre des caisses populaires dépassait le millier et leur actif global excédait les cent cinquante millions.Ces deux seuls chiffres donnent une idée du chemin parcouru.Le voeu du cardinal Villeneuve se trouve déjà en très grande partie réalisé, puisque plus des deux tiers des paroisses urbaines et rurales du Québec ont leur caisse populaire.Dans certains diocèses, notamment Rimouski, la proportion des paroisses ayant leur caisse populaire dépasse quatre-vingt-dix pour cent, y compris les simples dessertes de colonisation.* * * Ce qui est encore plus intéressant constater, ce sont les services que les caisses rendent quotidiennement à leurs membres.Ils sont de deux sortes: épargne et crédit.Les caisses ont cette vertu particulière d'amasser l’épargne trop timide pour prendre le chemin des banques.Quand on fait l’analyse de leurs comptes d’épargne, on constate que la très grande majorité en nombre et en valeur de leurs dépôts est constituée de modestes sommes venant de modestes gens.Ce phénomène explique le fait que les caisses et les banques, que certains esprits étroits voulaient autrefois mettre en opposition, fassent bon ménage et même se rendent des services réciproques.Les caisses, en faisant fructifier sur place des capitaux qui sans elles dormir; :ent dans le légendaire bas de laine, se trou- venV \____;er de l’activité économique dont les ban- ques0 j___ires à leur tour bénéficient.De1!-0,000,000.qui sont aujourd’hui dans nos caisses populaires, quelle proportion aurait, sans elles, été dépensée en frivolités os risquée dans des placements aventureux?Nul ne peut le dire.Mais il est permis d’affirmer que sans les caisses populaires les Canadiens français de petite et ^e moyenne condition seraient plus pauvres de plusieurs millions.Le deuxième service dés caisses, c’est de faire fructifier sur place les capitaux qu’elles amassent.Le cultivateur, l’artisan, l'ouvrier, le petit commerçant n’ont pas les mêmes facilités de crédit que l’homme d'affaires qui exécute d’importantes transactions et surtout la grande corporation moderne à laquelle Fait intéressant à constater, ce sont les minorités françaises dans les autres provinces qui ont le mieux compris et réalisé l’idéal des caisses populaires.Au Nouveau-Brunswick par exemple les caisses populaires acadiennes, qui possèdent leur fédération autonome l’emportent de beaucoup quant au nombre, à l’actif et aux services rendus sur les caisses anglaises.Aux dernières nouvelles, elles avaient pour plus de trois millions de dépôts répartis en quelque quatre-vingts caisses.En Ontario quatre ou cinq caisses canadiennes-françaises d’Ottawa possèdent à elles seules autant d'actif que tout le reste des deux ou trois cents caisses que compte la province voisine.Au Manitoba, les caisses canadiennes-françaises ont la réputation d’être les plus efficaces et les mieux administrées.En Saskatchewan la plus grosse caisse est située dans une paroisse canadienne-française.A quoi attribuer le succès remarquable des caisses populaires dans tous les centres français du Canada?A deux ou trois causes: la paroisse avec son esprit et ses cadres, le besoin plus grand d’entraide chez un peuple plus pauvre, la technique incomparable trouvée par le commandeur Desjardins et mise à point par ses continuateurs.L’armature des caisses populaires dans Québec est assez bien connue: caisses locales, unions régiona-les’avec ou sans caisses de compensation, fédération provinciale.Celle-ci a pour mission, en coopération étroite avec les unions régionales, d’assurer l’unité de doctrine et d’action.Un de ses principaux services est celui de la vérification, établi en 1932.La Fédération des caisses populaires Desjardins a un personnel d’une trentaine de comptables qui visitent au moins une fois par année chaque caisse locale et font une vérification complète de ses opérations tant au point de vue de l’honnêteté des transactions qu’à celui des simples erreurs comptables.De plus, quelques uuions régionales, notamment celle de Montréal, ont à leur emploi deux ou trois pointeurs dont la fonction consiste principalement à porter secours à tout gérant momentanément embourbé.Le service de vérification de la Fédération est défrayé à même la contribution des caisses locales à raison d’un dixième d’un pour cent de leur actif, et au moyen d’un subside annuel du gouvernement provincial.Depuis 1932, il existe une entente en vertu de laquelle la Fédération se charge de l’inspection de toutes les caisses populaires moyennant un subside de l’Etat.Un premier contrat à cet effet fut passé en 1932 pour un subside annuel de $20,000.Ij fut modifié et renouvelé à plusieurs reprises, soit en 1937, 1 938, 1941 et 1942.La dernière entente comporte un subside de $100 par caisse pour 600 toutes les sources de crédit sont largement ouvertes, caisses et $50 par caisse pour l’excédent avec maxi-On ne fait crédit qu’aux riches, dit le proverbe, mum de $80,000 par année.De leur côté, les cais-Mais les caisses populaires le font mentir, puisqu’elles ses contribuent largement au maintien de ce service; prêtent volontiers aux petites gens.Ce qui compte en 1946, elles ont versé une contribution globale pour elles ce n’est pas la richesse mais bien la valeur de $150,000.morale des emprunteurs.Cette collaboration de bon aloi entre l’Etat et la En 1946, les caisses populaires ont prêté à leurs Fédération s’est avérée avantageuse pour les deux sociétaires $17 millions sur simple reconnaissance parties et pour l’oeuvre même des caisses.A l’Etat, de dette et $45 millions sur hypothèque.Cela fait c|]e a sûrement fait réaliser des économies; aux cais-au total $62 millions qui ont servi à acheter ou à ses> elle a assuré un service efficace et une protection améliorer des fermes, à construire des maisons, à partir un petit commerce, et ainsi de suite.Les milliers de bénéficiaires de ces prêts sont, à bien remarquer.de petites gens qui auraient difficilement pu trouver ailleurs le capital dont ils avaient besoin pour prdjjresser.* * * En dehors du Québec, les caisses populaires se sont développées durant les quinze dernières années aous le nom de “credit unions”.Elles sont généralement assez prospères, mais elles emploient une technique fort différente de la nôtre, technique puisée en grande partie auprès de la Cuna qui est la fédération des caisses populaires des Etats-Unis.Et nous n'hésitons pas à dire: justifiée.Ce bureau, dont c’est la fonction d’adjuger sur les demandes d'indemnité de chômage, emploie à l’heure présente un personnel d’environ cent fonctionnaires.Sa fermeture non seulement entrainera-t-elle le congédiement de ce personnel, ce qui est à considérer, mais le fait sera grandement préjudiciable à de très nombreux ressortissants de l’assurance-chômage dans un très vaste territoire, qui s’étend de la ville des Trois-Rivières jusqu’aux confins de la Gaspésie et de la Côte-Nord.Avant qu'il ne fût ouvert, en 1941, et alors que le chômage était insignifiant en comparaison de ce qu’il est ! devenu et de ce qu’il peut de- | venir dans un avenir prochain, j il n’y avait qu’un seul bureau i d’adjudication pour la province de Québec, sis a Montréal, et cela était cause de très nom- \ breux embarras, de très graves inconvénients.UAction Caiholique expose qu’en janvier dernier, la Commission d’assurance-chômage fermait neuf de ses bureaux au pays, dont cinq dans la province de Québec; que deux mois plus tard, elle procédait au con- : gédiement de 850 fonctionnaires dans ses divers bureaux de I tout le pays, et que 450 de ces congédiés étaient de la province de Québec.La fermeture du bureau de Québec mettrait le comble à ce qui s’est fait depuis six ou sept mois.Faudra-t-il dorénavant que les chômeurs de Gaspésie, de toute la région du bas du fleuve, de la Côte-Nord, s’adressent à Montréal pour obtenir, après avoir versé des prestations du temps qu’ils travaillaient, les indemnités qui leur sont dues, qui leur appartiennent?Espérons que la rumeur que mentionne l’Acfion Catholique n’aura été qu’une rumeur, sans aucun fondement.111 mineurs ensevelis vivants dans une mine d'Angleterre On a retiré 16 cadavres ce matin — L'explosion a provoqué une panique dans la petite ville de Whitehaven Whitehaven, Angleterre, IP, (A.P.) —- Les cadavres de 16 des j 111 mineurs ensevelis vivants: hier dans la mine de charbon ; sous la mer — celte mine est | sous le contrôle du gouverne-ment — ont été retirés du puits ! ee matin.On conserve peu d’es-J poir de retrouver vivants les 95 ! autres mineurs victimes du dé- • sastre minier, le pire depuis de nombreuses années.Les journaux du malin de Londres rapportent que de 34 à 41 cadavres ont été retrouvés, mais M.J.G.Helps, gérant pour la région, a déclaré que seulement 16 cadavres avaient été retrouvés à date.Des femmes en pleurs, des hommes tristes et silencieux, ont | assisté ce matin à la sortie des cadavres de la mine.* * * Whitcheaven, Ang., 16 (C.P.) — Cent onze mineurs ont été pris au piège, hier, par une explosion qui s’est déclarée dans une mine de charbon sous la mer, et la Press Association a annoncé qu’elle savait que “quelques cadavres avaient été atteints, mais qu’ils n’avaient pas encore été ramenés à la sur- ! face”.L'explosion d’hier soir, dans j la vieille mine William, du Cum- ' berland Country, dans la pointe nord-ouest de l’Angleterre, a provoqué une panique dans Whitcheaven, ville familiarisée depuis des générations aux hasards et aux dangers des mines.Il semble que ce désastre soit le pire désastre minier depuis de nombreuses années.¥ * * Whitehaven, Cumberland, Angleterre, 16 (C.P.) — Des équipes de secours rivalisent u’a-dresse avec la mort dans un effort pour libérer IM mineurs emmurés dans la mine William, vieille de 135 ans, après une explosion.Un total de 121 hommes se trouvait dans le puits quand l'explosion a éclate.Dix hommes ont réussi à fuir et sept de ceux-ci travaillaient hier soir à libérer leur* camarades.Ceux qui font partie des équipes de sauvetage risquent leur propre vie dans cette mine remplie de gaz située au nord-ouest de l’Angleterre.Les équipes craignent beaucoup que le toit ne s’écrase.A l’entrée du puits, les femmes et les familles des mineurs emmurés attendent avec anxiété des nouvelles.L’on ne s’attend pas à ce que des nouvelles — favorables ou non — soient connues d’ici quelques heures.Un communiqué spécial de la compagnie dit que rien n’indique où l’explosion est survenue ainsi que son origine.Tous les mineurs de la région ont répondu à Rappel et travaillent volontairement à la libération de leurs camarades.Les volontaires sont si nombreux qu'on a dû faire un choix d’un homme sur dix.Le puits de la mine William s'enfonce de plusieurs milles au-dessous des eaux de Solway.Un représentant officiel de la division du charbon a rapporté que selon toute apparence l’explosion est survenue trois ou quatre milles à l’intérieur du puits.11 a dit: “Les équipes de secours ont loin à faire pour se rendre sur les lieux, probablement trois ou quatre milles”.Le dernier désastre survenu h la mine William remonte k trois ans alors que 10 hommes avaient été tués dans une explosion.Tard ce soir, cinq équipes de cinq hommes chacune travaillaient en se servant d’instruments spéciaux et ils portaient des masques pour se protéger contre les gaz formés par l’explosion.Du total des mineurs britanniques, de 500 à 600 meurent annuellement dans des explosions, (Suite à la page S) Emile BENOIST - * ^ - L'actualité contre toute tentative d’ingérence politique II s’agit évidemment d’un régime transitoire.Le jour n'est probablement pas éloigné où les caisses populaires auront les moyens et la volonté d’assumer elles-mêmes tous les frais de propagande et de vérification qu’elles ont partagés jusqu’ici avec le gouvernement provincial.Cette rupture se produirait inévitablement si jamais un gouvernement voulait faire servir son subside à des fins de chantage ou de simple pression politique.Car il est une chose à laquelle les caisses populaires tiennent par dessus tout, c’est leur complète autonomie.16-8-47.Gérard FIUON Blocs-notes Philosophie rurale Même à ceux-là, et c’est le grand nombre, qui n’ont pas fait leurs humanités, c’est-à-dire le cours classique que couron-nenî deux années entièrement consacrées à l’étude de la philosophie, dans sa théorie scolastique, l’expérience qui vient avec l’âge a tôt fait d’enseigner qu’une bonne dose de philosophie, de très orthodoxe philosophie, est nécessaire dans la vie.C’est ainsi que beaucoup de gens, gens sages coniine de raison, font de la philosophie, parfois sans le savoir, comme M.Jourdain faisait de la prose, assez souvent en le sachant, mais sans appeler du nom de philosophie la règle de vie qu'ils se donnent; regie de vie qui se conforme au bon sens., .I a philosophie, la saine et vraie philosophie, est-elle en somme autre chose?II peut arriver qu on s en éloigne, qu’on s’en laisse éloigner Sar des circonstances adverses.L’essentiel est d'y revenir et cela vaut dans tous les états, celui de salarié ou de chef d entreprise de professionnel, de cultivateur.de commis aux écritures.de journaliste, de fonctionnaire ou dans n’importe quel au-?re ôtat* H est bon aussi que.de temps en temps, des homm« chargé* de la prédication, dont la pre- sachent le raf de toute une classe, de tout un état., , .C’est ce que vient de faire, par exemple, l’aumônier de l'Union catholique des cultivateurs au diocèse de Sherbrooke, M.le chanoine Armand Malouin, en s’adressant au groupe des propagandistes régionaux de l’Union présentement réunis à l’école d’agriculture Noc-Pon-ton.M.le chanoine Malouin, à ce que nous lisons de son discours dans un compte rendu d’un journal quotidien de Sherbrooke, la Tribune, a recommandé à ses auditeurs “d'apporter dans leur travail d'éducation autre chose que des arguments matériels, de proposer des arguments moraux et sociaux.” En d’autres termes, c'est la nécessité, dans le milieu rural et pour tous les ruraux, d’une philosophie rurale qui se fonde sur les principes chrétiens.“Il faut parler d’autre chose que d’argent et d'avantages matériels.parce que malgré tous nos efforts, a dit M.le chanoine Malouin, malgré l’électrification rurale, etc., la vie à la campagne n’offrira jamais tous les avantages de la vie à la ville, n’en offrira jamais tout le clinquant.” L’aumônier de l’U.C.C.sher-brookoise a encore insisté sur ce point important, savoir: que les cultivateurs devront toujours s'imposer des sacrifices, compensés cependant par des avantages; et sur cet autre point, fort important, qu’il faut dire et aux gens aux ruraux, parce que c’est pri- dication est la mission propre, faire comprendre cette vérité mordial Dire la vérité et la faire comprendre, n’est-ce pas là la philosophie dans «on essence, et valable pour tous, pour les ruraux et pour tous les autres?Dire la vérité, en matière de sociologie, n’est-ce point exposer la doctrine des devoirs en regard de celle des droits?L’homme a toujours été assez porté à revendiquer ceux-ci, sans trop approfondir l’idée correspondante des devoirs.C’est particulièrement vrai dans le monde présent, au milieu des circons-tances d’un bouleversement politique et social qui est de caractère universel Une prédication dans le genre et dans le sens de celle de M.le chanoine Malouin survient donc fort à propos.Les ruraux du diocèse de Sherbrooke peuvent en faire leur profit, les ruraux de beaucoup d’antres régions pareillement et aussi les gens des autres classes de la société.L’assurance-chômage à Québec Une rumeur ayant couru avec Îersistance, ces temps derniers, l’effet que la Commission de l’assurance-chômage allait fermer son bureau de Québec, inspire a notre confrère, l’Ac-tion Catholique, sous la signature de l'un de ses rédacteurs, M.Georges-Henri Dagneau, un article de protestatloa vigoureuse.La langue musicale Les âmes que la musique passionne vous affirment volontiers qu’elle est expressive et exacte autant qu'une véritable littérature.Au lieu de mots et de syllabes, elle écrit en arpèges.Tels rigodons vous racontent aussi clairement que la prose, le charme de la lune enneigée de nuages, ou encore la douleur ; d’une mère, le repentir du pé-1 cheur, et tout ce que Ton imu*: dru.Celui qui a l’oreille étendue y décèle facilement, parait-il, chacun des sept péchés capitaux ou aucune des trots vertus théologales.Seuls les Philistins s’y embrouillent! La preuve?Map, disent-ils, que Ton considère un instant la Sonate à k lune du grand Beethoven.Est-il possible de ne pas sentir la lumière irréelle qui vibre et ensorcelle Tàme dans une délicieuse songerie?de n'y pat voir la nappe d’ar&ent des lacs, et là-baf, très loin dans un horizon confus, la masse des montagnes dont les sommets se profilent vaguemeht dans le ciel où rêvent les étoiles?Hélasl ce ne serait qu’une des vaines illusions de l'éternelle Maïa et de l’enchantement des mensonges! Car s’il faut en croire le professeur Ernest Walker, de Bal-liol, qui en 1920 a publié uu livre sur Beethoven, le grand musicien estimait que les titres des morceaux de musique ne veulent rien dire.Lui-même intitulait rarement ses propres compositions autrement que par des numéros! C’est ainsi que la célèbre Sonate à la lune fut ainsi appelée, \ non par l’auteur, mais à la suile d’un écrit d’un certain poète parfaitement inconnu, dont on a seulement conservé le nom : | Hellstab.La Sonate pastorale et /’Appa-sionata qui bouleversent tant de \ coeurs navrés, ont été ainsi ap- : pelées par l’imprimeur Cranz, de Hambourg! Un jour, Beethoven avait joué la sonate dite Appasionata, titre que d’ailleurs il n’a jamais don- j né.Un mélomane s'en fut le trouver pour lui demander’ce que signifiait ce poème d’une indicible beauté.Beethoven, qui aimait la blague, lui répondit gravement qu’il fallait en chercher la signification profonde \ dans la tragédie de Shakespeare La Tempête (que d'ailleurs U\ n’avait jamais lue, et dont il ne j connaissait que le nom).Depiiis lors le monde musical anglais croit y entendre Té-clat de la mer mugissante; il voit les arbres couchés par Toura-gan, et la fuite éperdue à travers la nature en fureur.Et il les trouve.Dans les premiers temps de la radiophonie, un chroniqueur pervers avait noté que telle station donnait Kamenoi Ostrow.Il demanda aux auditeurs de lui dire ce que pour eux cela pouvait bien représenter.Les réponses lui arrivèrent nombreuses et de tout genre.Pour Tvn, cela représentait des Russes qui descendaient la Volga; ils y voyaient même du linge bariolé qui séchait sur les amarres.Un autre y respirait l’enivrement d’un jardin de roses.D’autres y sentaient la douloureuse langueur d'un amour déçu, ou une âme angoissée par le doute, un après-midi d’èlè russe.D’autres enfin y voyaient la troïka Urée à quatre chevaux et poursuivie par des loups.En fait le titre réel était supposé indiquer tout autre chose.Mais cela n'a guère d’importance.Chacun habille la musi- (Suite à la deuxième page) Courrier de France Une famille française où la gaieté est le fruit d'une bonne conscience — Conversation avec quelques sympathiques "compagnons", pères de famille — De beaux voyages et un domaine où le coeur s'attache Bribes d'Eu rope L’armée rouge vue de près (Par Gérard Pelletier) (Par Pierre de Grandpré) La curiosité d’assister au 14 juillet à Paris, écrivais-je la semaine dernière, m’avait fait quitter une famille orléanaise, dont j’estime qu’il vaut la peine de vous entretenir.Sur le témoignage de mon camarade Jean-Lvié Pépin qui y avait séjourné une semaine, j’ai déjà consacré quelques paragraphes, dans un Courrier sur mes vacances de Noël dans le Loiret, à cette joyeuse famille de 14 enfants.Après y avoir passé moi-même une fin de semaine, récemment, je m’aperçois que l’enthousiasme de mon ami était motivé et que la matière eût pu donner lieu à un traitement plus élaboré.Non pas que je veuille présenter cette famille comme typique de ces familles bourgeoises de province qui perpétuent les solides armatures morales de la France traditionnelle.Car il convient de reconnaître qu’elle est plus que typique: elle est exceptionnelle, exemplaire.Famille chrétienne Les cinq enfants groupés autour de leur mère du “Mystère Frontenac’’, ou encore la fine petite société familiale pleine de talents qu’évoque un Duhamel qui se souvient de la maison de Jean-Sébastien Bach, dans “Suzanne et les jeunes hommes” je crois, — c’est cela que j’ai entrevu, cela et autre chose.La famille Lancelot, de Saint-Jean-dc-la-Huelle (pourquoi ne la nommerais-je pas?) fait sans doute songer aussi à nos “belles” familles canadiennes.Mais elle s’égale aux plus belles d’entre elles.Elle est essentiellement la famille chrétienne dans un milieu qui l’est peu, la famille consciemment et crânement fidèle aux préceptes profonds du christianisme dans un pays où cela prête si aisément flanc à la moquerie.La maison et le domaine J’arrive dans une maison qui, vue de la rue, ne se distingue pas des autres modestes logis de ce quartier de la “Bâte d’or”, dans une municipalité de la banlieue d’Orléans.Mais j’ai vite compris pourquoi, à Saint-Jean-dr-la-Ruelle, les voisins appellent cette demeure “le château”.C’est une vaste résidence de trois étages, munie de toutes les commodités (douches, salles de bain, lavabos dans les chambres, etc.Et voici, alentour, un corps de logis où habite la famille du jardinier, une remise, une étable pour la vache et le veau, un poulailler, des cages à lapins; puis, isolé entre ses murs, un vaste terrain contenant un parc avec allées entretenues, arbres taillés, pergolas, pelouses, escarpolettes et trapèzes dans un aimable petit coin de verdure, arbres élevés où grimpent les plus jeunes, réservoir alimenté par le vent (on grimpe aussi à coeur joie dans la haute charpente métallique), court de tennis, vignoble, carré d’avoine, jardin et potager aux cultures très variées, rangées d’arbres chargés de pommes, de prunes, de reines-Claude, parterres de fleurs.Rien ne manque d’essentiel à ce petit royaume qui, bon an mal an, peut vivre en grande partie sur lui-même."Compagnons routiers" Peu après mon arrivée.J’ai fait la rencontre de cinq ou six invités.Ils étaient des ‘'Compagnons de Saint-François”, comme l’est aussi le maître de la maison et son épouse, cette vaillante maman trançaise que je devais admirer, quelques heures plus tard, faisant chanter en choeur ses hôtes et toute sa jeune marmaille.Ces compagnons sont des routiers chrétiens, pères de famille venant de toutes les classes et de tous les milieux.Depuis vingt ans, ils organisent des pèlerinages.Les parents se font accompagner, sur les routes, de leurs enfants.Avant la guerre, un gfoupe s’est ainsi rendu à Assise; et le voyage d’Italie a pu se faire pour 9U0 francs par personne (songez qu’une bouteille de champagne, dans un cabaret parisien, coûte à l’heure actuelle 1500 francs!) Vacances scoutes Des excursions de ce genre, de tels départs, ne sont d’ailleurs pas rares dans cette famille.Tous les enfants ont appartenu, ou appartiennent encore à des groupements scouts.Les plus vieux sont chefs de sections, souvent responsables d’une cinquantaine de plus jeunes, et comptant jusqu’à huit ans “de service”.Quand la tâche par moments paraît un peu ardue: “Il faut, dit M.Lancelot, savoir prendre des responsabilités!” Au début des vacances, chacun part donc avec sa bande et va camper au loin, le long de quelque rivière des Alpes ou des Pyrénées, ou simplement dans cette riante vallée de la Loire, où le Cher, la Vienne et l'Indre étalent leurs flots lents, offrent aux campeurs leurs berges hospitalières.Quand tous sont revenus à la maison, c’est “la famille” qui part en vacances, qui prend la route.Dans quelques semaines — comme on le fait chaque année — on entassera les bagages sur le toit de la camionnette spécialement apprêtée, le père s’installera au volant, sa femme sera à ses côtés avec le plus jeune, quelque sept ou huit des quatorze enfants commenceront le chahut dans la “petite maison d'en arrière” et l’on partira vers les côtes de la Bretagne.Le soir, on s’arrêtera le long de la route, on dressera la tente, on mangera, chantera et s’endormira ainsi sous le beau ciel nocturne, “la plus belle voûte connue en architecture”, comme disait ce pittoresque guide rencontré en Provence.La "causette" au jerdin continue .Ce soir, assis en cercle sous les arbres, autour d'un guéridon, et dégustant le petit vin "maison” fourni par le vignoble qui figurait à l’instant dans mon incomplet inventaire des richesses du lieu, nous poursuivons une conversation qui est tout de suite devenue mire nous singulièrement familière et chaleureuse.L’on parle pays, civilisations, coutumes; chacun y va de son anecdote; on évoque des souvenirs de lycée, de service militaire; l’un parle d’un "compagnon’’ mort héroïquement, il y a quelques semaines, en Indochine; un autre nous entretient d’une recrue précieuse, un ouvrier dépourvu d'instruction mais d’une incomparable richesse d’âme, ayant trouvé une élévation et une joie exquises (Suitê à la deuxième page) A celui qui revient de zone russe, on s'informe de l’Armée rouge comme on s'informerait d'une bête rare, dragon ou serpent de mer.Cette curiosité s’explique assez bien par l’histoire récente- on a lu les journaux, on a senti bouger à l’autre bout de l’Europe cette immense force anonyme, depuis vingt ans cloisonnée dans le mystère et la lé.Rende.Mais peu de gens, en Europe occidentale et sur notre continent, ont eu l’occasion de rencontrer l’Armée rouge ou d’habiter levs villes qu’elle occupe.Il est difficile de deviner un groupe humain, à travers les froides dépêches des agences.Un témoignage direct, si fragmentaire qu’il soit, ne peut-il j pas ajouter au tableau quelques images concrètes, quelques notations suggestives?Mon premier contact avec des soldats russes remonte à juin ’46.Je descendais à Vienne après vingt-quatre heures de chemin de fer et.mal éveillé, je clignais de l’oeil sous le soleil ardent de ce matin clair.Dans les cours de triage de la Westbanhof, des trains russes étaient rangés, prêts à rouler.Tous les wagons du convoi étaient des boites à bestiaux, certains à ciel ouvert d’où émergeaient des têtes de boeufs et de chevaux, d’autres couverts, gar.nis de feuillages et de guirlandes rouges, où s’entassaient les hommes.L’installation dans le train datait de quelques heures; du linge séchait aux parois, des trou-piers cuisinaient sur de menus "oêles ou dormaient au soleil.Je me souviens surtout d'un groupe de chanteurs blonds accroupis à l’indienne, en cercle, et qui gueulaient de tous leurs poumons malgré la chaleur écrasante., Dès ce premier coup d’oeil, j avais cru deviner une majorité de paysans.Aucune ins.mption à la craie sur les murs des wagons ni aucun de ces flâneurs blasés, produit naturel du restaurant, qui foisonnent dans les troupes américaines.Pendant les trois semaines qui suivirent, plusieurs détails devaient confirmer cette impression première.D'abord, la démarche du poilu soviétique.II a le pas tranquille des campagnards, lourd et ferme, avec une curieuse manière de balancer les hra.s qui lui donne des airs de géant.Les têtes sont frustes, les yeux vagues.Ces visages, au repos, semblent désertés par l’esprit, vides; ils ne se révèlent que dans le rire, la colère ou quelque sentiment violent.Sur la Karlsplatz, rendez-vous par excellence du marché noir viennois, on aurait pu se croire sur la place du marché d’un petit centre rural.Sauf les officiers.tous les Russes marchandaient comme des paysans, à coups de silences prolongés, de sourires malois, d'atermoiements.Une fois venu le moment de débourser, ils comptaient longuement leurs sous, sourcils froncés, sans commentaires.Les loisir* de l’armée russe sont des loisirs de campagnards, danses de folklore et cordiales beuveries, rien de fardé.L’un des jardins du Hofburg, ancien palais impérial, s’est vu transformé en guinguette et l’on peut suivre, à travers les grilles de fer forgé, les sauteries des permissionnaires.Quel contraste avec le club (*s GI qui s'appelle le Tuxedo ! Au moment dont je parle ici, les troupes russes venaient d ètre remplacées.On se gaussait beau- r.coup des nouveaux arrivés qui ne comprenaient rien à la circulation des trams et prétendaient arrêter ces voitures à n’importe quel point de leur itinéraire, On s'amusait surtout de la piètre figure que faisaient les soldais russes aux bains publics de la ville.On y courait comme au théâtre pour voir les pauvres troupiers dérouler leurs deux mètres de bandes inoletières, mettre à nu des jambes d’une saleté remarquable et tout le reste d’rne anatomie guère mieux lavée.La scène ne l’immersion, une fois le maillot revêtu, était homérique: il fallait pousser à l’eau les pauvres types terrifiés par la seule vue du liquide.Et pourtant, ces soldats avaient passé l’Oder sous le feu des Allemands.Le dimanche après-midi, on ouvait rencontrer sur le Hink, a grande avenue de Vienne, les familles entières de Russes en promenade dominicale.Très peu d’élégance, une iournure simple, des mines de petites gens qui sont venus à la ville, qui visitent consciencieusement, qui s’étonnent simplement, spontanément, comme toutes les petites gens du monde entier.Aussi bien que la tête de ses soldats, le matériel de l’Armée roiiffe est fruste et d’aspect primitif.Les uniformes sont mal ajustés, faits d’étoffe grossière.Ils sont mal portés, aussi.La longue tunique pend presque toujours d’un côté ou de l’autre ou bien ballonne au-dessus de la ceinture noire.La culotte est sans pli comme un édredon chinois.les hautes hottes, grises de poussière.D’ailleurs, les services de blanchissage semblent très déficients, chez les Russes, Arrivés à Vienne avec des uniformes propres, les contingents dont je parle affichaient, quatre mois plus tard, la plus incroyable saleté.Tuniques, culottes, calots et pardessus étaient maculés d’huile, à faire croire qu’on les avait portés tout ce temps sans nettoyage.Il faut bien dire aussi que le savon était aussi rare à Vienne que les diamants.Sauf les militaires américains, anglais ou français, tout le monde en était réduit aux rudiments de la propreté.De même pour Dm véhicules.Les camions russes faisaient un peu "narent pauvre” auprès des “hops” et des jeeps peints de frais.Ce ne sont pas de mauvaises machines; il faut voir ces véhicules lourds, de forme inusitée, robustes et efficaces mais qui manquent le fini le clinquant, signature de l’industrie américaine.Il faut voir aussi les énormes chars soviétiques, vétérans de la dernière poussée à travers les Balkans et qui se retrouvaient sur le champ de bataille aussitôt sortis de l’usine; l'acier est grossier les parois, comme un mur mal peint, sont garnies de coulé» t.métalliques durcies après coup.On n’avait guère le temps de fignoler, durant l’hiver ’45! Je n’en finirais plus d’aligner ainsi les images.Toutes concour-reut à la même impression.Les officiers n’en dérogent pas, bardés d’étoiles, d’épaulettes fl de décorations .mais qui n’en ont pas moins une tournure singulière, rude, sans désinvolture.Eux sont propres, impeccables, immaculés.Pour continuer 'a comparaison villageoise, je devrais les assimiler aux marguil-liers du banc d’oeuvre, étranglés dans leurs faux cols et leurs complets neufs.(Suite à la étuedime pag*l LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 16 AOUT 1947 Courrier de France (Suite de lu première page) dans cette fraternité des “coin* pagnons’* et menant dans suu _____ ._ i milieu ouvrier une action des omme le poète émeut lu natu- \ pius efficaces.Conversation hu-e impersonnelle de ses don- \ inaine, intelligente, nourrie de sent, unissent solidement, sur le plan spirituel, ces pères de famille et ces fervents qui, comme l'a dit l’un d’eux, ont le sentiment de “vivre une expérience assimilable à celle des premiers chrétiens”.Ces Compagnons de Saint-François apportent leur tribut au vaste mouvement de renaissance familiale entrepris en u -a i France, et qui a trouvé des Uni- on rive désenchanté, ou son |a{ei]rs en Belgique et en Hollan toeur endolori par la vie trop , (]p L-instigateur et l’âme diri- « L’acfualité ]es agents d’assurance pro- sont pries d y assister sans autre jeuent de lancer une grande vacances, .¦¦¦¦¦¦¦¦a te.ne peuvent entrevoir le soleil qu’à travers un épais nuage de poussière et de fumée qui domine les grandes agglomérations tout l’été durant.Trop souvent mal logés et mal nourris, ces enfants, qui ne peuvent avoir un peu d’air pur, deviennent débiles, anémiés et sont sujets à être la proie des microbes qui pullulent particulièrement en cette saison chaude de l’année.Ils sont condamnés à attendre la maladie qui viendra chez eux exercer ses ravages.Leur état moral souffre aussi car il est bien difficile d’obtenir une détente saine dans un milieu vicié.Us voient tous les jours se dérouler sous leurs yeux la vie de la rue très peu édifiante et, fort impressionnés, ils veulent imiter.Point n’est besoin de chercher longuement pour voir les résultats désastreux, trop souvent révoltants.Il ne suffit que de jeter un oeil vers nos maisons de correction, de l’école de réforme jusqu’au pénitencier et nous retrouverons là ceux qui, hier, jouaient dans la rue, sous nos yeux- L’ampleur de ce problème est constamment portée à la connaissance des autorités par des âmes charitables qui se dévouent aux intérêts de nos enfants et à ceux de la nation tout entière.Malheureusement la réponse est toujours la même: rien ou a peu près rien.Cette situation existe dans toutes les grandes villes et c’est un problème auquel on ne peut remédier.II faudrait détruire les taudis ! Et durant ce temps, pendant qu’une armée de fonctionnaires s’ingénie , trouver une solution au problème du taudis, les jeunes souffrent et se préparent une vie de malheur.• Les colonies de voconces Grâce toutefois à la charité privée et publique un petit nombre de ces enfants, encore bien restreint comparativement, peut Le comité laïque qui s'occupe de ce camp est présidé par Mme A.A.Bruneau.A Contrecoeur de sépulture.Parents et anus - de.les agents d’assurance pro- jôuirrdurant 'ia'belle sarson; du 1 ar,r p soleil et de l’air pur.Durant invitation.CHerrler 9360 un.Auditeur Public Accrédite de Québec Accredited PubUc Auditor HS.RACHEL EST 528, 11ACKEL EST FAlldrk 3571 Oe Journal eat imprimé au No 430 eat.ru» Notre-Damé.à Montréal, par l’ImprlmerSo populaire (à responsabilité limitée) éditrice-proprié wire — Gérard Fillon, directeur-gérant La Canadian Press «et seule autorisée à taire ''emploi poux réimpressions de toutes les dépêche* attribuée* à la Canadian Press, k TAssociated Press ou k l'agence Rbuter ainsi que de toutes les Infotmations locale» que le ''Devoir” publie.Tous droits de reproduction des dépêche* particulière* du "Devoir" sont également réservés Autorisé comme envol poetal de U deuxième olasse.Ministère clM Portes.Ottawa, Cette colonie a été fondée en 1934 et chaque année 25 frères et 3 employés viennent organiser les loisirs des enfants.Chaque pensionnaire a un bienfaiteur particulier qui verse une modique somme pour son entretien.On y donne des cours de découpage sur bois mais les jeux sont à l'honneur.Ici les enfants sont âgés de 10 à 15 ans et la plupart sont des élèves réguliers de l’Orphelinat Saint-Arsène.Le camp "Ste-Jecnne-d'Arc" Le camp Sainte-Jeanne-d’Arc situé entre les deux précédents est dirigé par Mme Odilon Perrault.Fondé en 1924 par M.Adélard Desrosiers, P.S.S., il reçoit chaque année 3 colonies de 153 fillettes âgées de fi à 12 ans.Son emplacement est magnifique et très propre.Une belle grève fait la joie des enfants deux fois par jour à l’heure du bain.Mme Perrault est assistée ne neuf jeunes filles dans sa tâche.Les directrices de ces monitrices sont Mlles Pauline Blanchot et Marguerite Genin.Tout comme pour les “Grèves” et le camp “Saint-Arsène” les petites - filles de “Sainte-Jeanne d’Arc” ont leur bois qui fait l’orgueil de la directrice.Tous les jours elles montent au bois où elles vont s’amuser à l’ombre.La part de la Fédération Ces colonies de vacances sont I une merveille et quand on y a j vu évoluer là toute cette jeunesse l’on voudrait que tous les enfants de la Métropole aient le bonheur de jouir d’un tel privilège.Malheureusement il ne peut en êlrc ainsi présentement.La charité privée et publique a déjà fait .sa grande part si l’on considère que pour ces quatre camps seulement la Fédération des Œuvres de charité canadiennes-françaises a versé $38.-900.de son budget de 1946, dont $22,700 aux “Grèves” seulement.Les clubs sociaux et nombre d’autres oeuvres charitables ont aussi joué leur part.Il reste à se demander si le autorités municipales font vraiment la leur.Ces oeuvres, dira-t on.doivent être laissées à l’inl tiative privée.Mais le bien qu’ elles font ne rapporte-t-il pas à toute la communauté! Ces petits que l’on sauve du vice, de la tuberculose et de tous les autres méfaits de la vie insalubre à la ville ne sont-ils pas un avoir pour notre population?Songeons aussi que présentement c’est à peine si ces colonies peuvent recevoir un ou deux pour cent des écoliers.Combien V ïflps>sr' ", •K"./ *>!¦ - ' A.BELANGEP FONDATEUR Nous célébrons notre quafte-vinstigme anniversaire fierté Nous nous réjouissons des proÿèa accomplis grâce à l’appui du public qui nous « permis de le servir avec des produits de qualité* Nous lui exprimons, ainsi qu’à tous nos collaborateurs, toute notre gratitude.PRESIDENT P.BECHARD P R ESI DENI 1.1 M IT E E M O N T M AG N Y - i>.Q.MONTREAL i QUEBEC - HULL - TROtS-SiVIERES - SHERBROOKE - flRUMMONDVILLE - FARNHAM .RCUYN £ i ! \ / C03C TROIS SOUS LE NUMERO ABONNEMENTS PAB LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA $6.00 (Saut McatréaJ et la* banlieue) Etats-Unie et Empire britannique 8.00 UNION POSTALE 10.00 EDITION DU SAMEDI CANADA $2.00 Etats-Unis et UNION POSTALE 300 LE DEVOIR Le DEVOIR est membre de la "Canadian Press", de l"#À.B.C." et de la "C.D.N.À." SAMEDI, 16 AOUT 1947 8.Joscilla, père de ta B.?.Marie.Temps probable : Beau, pas beaucoup de ehaniemeiit dans ta tmpératore.Au Conseil économique et social La politique d’immigration du Canada attaquée par la Russie Le Canada recruterait de la main-d'oeuvre à bon marché pour ses forêts, selon M.Morozov — L'A.F.of L.demande protection pour les travailleurs obligés d'émigrer (De noire correspondant spé- I cial à Lake Success).LAKE SUCCESS, 14.— Le délégué soviétique au Conseil Economique et Social, M.Morozov, accuse le Canada de taire partie rejetant, avec preuves à l’appui, les élucubrations soviétiques.A l’avancé de M.Morozov selon lequel le rapatriement est la seule solution au problème des réfu- LnEmpress of Canada’ quitte Montréal Le paquebot a à son bord 675 passagers et plus de 3,100 tonnes de cargaison A son départ de Montréal pour Liverpool, à.midi, l’Empress of Canada du Pacifique Canadien aura à son bord 675 passagers et plus de 3,100 tonnes de cargaison, comportant en grande majorité des aliments destinés à la Grande-Bretagne.Au nombre de ceux qui retournent en Europe après avoir passé quelques mois de vacances au Canada, on remarque le major-1 général sir Percy Tomlinson, docteur honoraire de Sa Majesté le Roi et officier médical sénior Cérémonies grandioses au Cap-de-la-Madeleine A l'occasion de la-célébration solennelle de la fête de l'Assomption — Messe pontificale célébrée par S.E.Mgr Vachon .c v.ai.aua ue luiic H*, nu Slès.M- Smith a declare qu il , , ., d’une conspiration internationale Pouvait faire une assez longue des poupes canadiennes et bn-tendant a se servir du problème route son collègue soviéti-j lann?ques lors de 1 invasion du des personnes déplacées par sui- ^^ue, car “c’ost la politique du, continent.Le major-general s p te de la guerre en vue ne créer un stock de main-d’oeuvre à bon marché.Le Canada recruterait “pour ses forêts’’ de la main-d’oeuvre puisée à cette source.D’autres pays ont été accusés gouvernement canadien, ' dit-il, | Toml.inson est accompagné de d’encourager le rapatriement vo-1 son épouse, lontaire des réfugiés dans leur ! .Le .Dr F.G.Mann, professeur pays d’origine.mais nous at- d’anglais à l’université d’Oxford, tachons une très grande impor- j Qui avait été prêté à l’université volontaire".L’in- ! d” ’Hawaï, retourne aussi en An- avec le Canada ; 1 Angleterre et t «stance du Canada sur Aspect | «^terr^C.DeBuck écrivain - - - volontaire du rapatriement, ajou-1 d® Winnipeg sen va visiter la te M.Smith, vient du grand res-j Belgique, son pays natal, pect que nous avons pour la di- Au nombre des autres passa-gnité et la valeur de l’être hu- «ers Qui figurent sur la liste des main; à cause de ce respect et ! passagers, on remarque: le Dr A.de cette conviction cependant, le Besner, Mme Besner, Mlle Alma la Belgique se serviraient de ces ouvriers pour leurs mRies de charbon, le Brésil pour ses plantations de café.Les armées américaines d’occupation en Allemagne auraient également prati q"uT Semblable recrutement * qui I Canada ne peut approuver la thè-1 C^ipouxje Dret Mme Robert snrtnnf üp.i Honc m 7nnr- i se soviétique que le rapatriement Dlemei}Ç Mme t a surtout lieu dans la zone sud se sovietique que le rapatriement Clement.Mnie brançois Duro-de l’Allemagne et en Autriche, est la seule solution, ear oertai- £,he^' M• e‘ soutient encore M.Morozov.i "es Personnes ne veulent pas k.^La^Roque, Mlle^ Ohve-M.-A.M.Morozov a lancé cette at- e*re rapatriées et pour ces personnes, 1 emigration constitue taque surprise en commentant, .une proposition de TA.F.of L ! 'jne s°*ution legitime aux yeux tendant à encourager le Bureau i .®olîvernement .cai-adien- 'De-International du Travail à faire I PUi;* P.usie,ur,s mois’d*t M-Srnith, diligence dans la revision et la,?11.9 *ance de nombreux appels mise au point d’une convention! a,des pays comme le Canada qui internationale pour protéger les ; .n avalent PaJ; ete envahis durant travailleurs qui émigrent d’un j a Ruerre, afin qu ils contnbuas-pays à un autre.“Il y a là en ce î sent, ,.eur Part a la solution du moment, dit Mlle Sender de i ProMerae des personnes depla-l’A.F.of L., un problème humain, ! ?ees.en recevant chez eux les une tragédie mondiale.ces ; irn,mi^ran s QU1 ne veulent pas travailleurs ont besoin qu’on leur ; °11,1,ner dans leur pays d ori- assure qu’ils seront traités avec, glï}^' .' égaliîé, qu’ils pourront bénéfi-i^ue ce mouvement d emigra-( ier d’une législation sociale con-j !on s9!t exploite comme source venabie, de conditions de loge- de main-d oeuvre a bon marche, ment et d’instruction adéquates, ; comme e dit le délégué soyiétile tout sous la surveillance inter- 2ue’,, ce„?es^ a voir’ Smith.“Je ne pense pas, dit-il, que le délégué soviétique désire ne lonaie du B.I.T.” Mlle Sender a révélé que ITta-, .„ .lie compte à l’heure actuelle un ! serieusement que le Conseil me-> "s de 2 millions et demi de lv?.sur es travailleurs qui pourraient con-t ner à la reconstruction euro-’'ienne, tandis que la main-d’oeu-\;e en France est au-dessous < ; besoins dans la proportion de .nl' s d’un million de travailleurs.L’V-f sation Internationale des i ¦ ¦;o.i t taux comparatifs de salaire, ou sur le niveau comparatif de vie dans les différents pays; je ne pense pas non plus qu’il y ait lieu d’examiner ici les degrés comparatifs de liberté accordée .«.v aux travailleurs de n’importe estime* à piüs”d’ün mü- Quelle origine dans les divers emi les travailleurs dis- Pays.Le Canada ne craindrait rien d une telle comparaison’ .M.Smith se déclare entière- mi.-S parmi les personnes dé-ü'ucces qui sont à sa charge.D'autres mouvements de popula- ; rn®n*.favorable au projet de ré-?ion sont encore à prévoir dans suurnis Par 1 Angleterre les rajustements nécessités depuis la fin de la guerre.C’est tout le problème de la protection légale à assurer à ces travailleurs irrédentistes que demande d’étudier la proposition de TAmeri-can Federation of Labor.Les délégations du Royaume-Uni et de Norvège ont présenté sur ce sujet un projet de résolution par laquelle le Conseil Economique transmettra le mémorandum de l’A.F.of L.au Bureau International du Travail “comme à l’Institution Spécialisée compétente en la matière”, avec recommandation de poursuivre activement les travaux déjà commencés dans cette matière.Le B.I.T.avait déjà préparé en 1939 une convention internationale qui n’a jamais pu être ratifiée à cause de la guerre.Parlant du document soumis par l’A.F.of L., le délégué soviétique M.Morozov dit y voir deux problèmes confondus: celui de l’immigration générale des travailleurs et celui des personnes déplacées.M.Morozov se dit convaincu que sous le couvert de la protection des immigrants, TA.F.of L.veut encourager, sciemment ou non, l’exploitation par certaines puissances de la situation créée par le déplacement de populations entières par suite de la guerre.C’est ici que M.Morozov déchaîne ses attaques contre le Canada et d’autres pays.La solution au problème des personnes déplacées, continue M.Morozov, ne peut être, au jugement de l’Union Soviétique, que dans le rapatriement de ces personnes au pays de leur origine.Il se pratiquerait, selon lui, parmi les réfugiés une propagande hostile tendant à rendre impossible le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leur patrie: un autre objectif de cette propagande serait de créer un stock de main-d’oeuvre à bon marché (market of cheap labor) au profit des gouvernements intéressés et qui conduisent cette propagande.M.Morozov ajoute que cette propagande est habituellement dirigée par des gens qui dans le passé auraient pris les armes contre l’Union Soviétique et d’autres Nations alliées, et qui auraient même collaboré avec les envahisseurs nazis.Les obstacles au rapatriement joueraient surtout dans le cas des Polonais et des habitants des Etats baltes, insiste M Morozov.Pour en venir à la proposition soumise par l’A F.of L.M.Morozov déclare qu’il ne peut l’annuyer parce qu’elle passe sous' silence ce fait que la solution au problème des personnes \déplacées consiste dans leur ra-ipatriement; de plus, la convention préparée par Je B.I.T.et qui vraisemblablement servira de- base de solution dans l’occurence, pèche par le même en- drLes accusations lancées généreusement par le délégué soviétique ne sont pas allées sans provoquer des réponses, d abord de la part des pays mentionnés puis de plusieurs autres délégations.Au nom du Canada.M.Arnold binitli « répondu fermement en BEURRE OEUFS FROMAGE H.Dubois & Cie PROVISIONS EN GROS HA.4271-5 Bureau : HA.4280 273-277 EST RUE SAINTPAUl Le Brasier — Québec, Simone PARE.Le Service de santé parle à Montréal La consultation de nourrissons est un centre d’éducation pour les mamans «|ui ont un nouveau-né.L’idéal, c’est .que toutes les mères fréquentent ce coin de vie saine où elles apprendront à garder leur bébé en santé.La consultation de nourrissons n’est lias une clinique pour enfants malades, c’est un endroit dont la raison d’être est de surveiller la croissance du bébé.C’est là que le médecin prescrit ou rectifie le régime à suivre et qu’il donne à la maman tous les conseils appropriés à la sauvegarde de la santé du tout-petit.C’est par milliers et par milliers que «les bébés ont été sauvés dans les consultations de nourrissons établis dans tous les pays.Ici, à Montréal, la mortalité infantile a baissé depuis que les consultations de nourrissons ont commencé à exercer leur activité.Que toutes les mamans fré-quentent cette oasis de vie saine.Tout bébé vient au monde pour pousser en vigueur, en beauté et en santé.La lutte contre la mortalité infantile continue.Que les mamans aident le Service de santé à sauvegarder la vie de tous les bébés.LYAUTEY ET LES CEDRES MAROCAINS Non?Vous en savez plus que vous ne le croyez.Que de mots l’usage courant qui son» anglai lepuis: box-calf, bridge, beaf ieak.catgut, challenge, chip.' dipper, cocktail, cold orean* •osy-corner.jusqu’à sandwich, elect, shirting, sketch, cleepin.ü car, slogan, smoking, speaker, stop, stock, lank, toast, trust, et cent autres ’ Avez-vous ., un problème de décoration intérieure ?Consultai des diplômes de l'Ecole du Meuble Marcel G.COÜTLÉE & Fernand MALOUIN Ebiniste-décorateui MEUBLES ET TISSUS EXCLUSIFS TENTURES.RIDEAUX.TAPIS REMBOURRAGE 5126 av.Pnoineou _ Décoialeur CH 1868 J ALFRED ALLARD Président et gér.gén.J.H.CHARBONNEAU Vice-président COMPAGNIE DE BISCtllfS STUART LTEE BISCUITS - GATEAUX - TARTES A.D.PLANTE See.-trijs.MARCEL ALLARD Chef de la production 235 LAURIER 0„ (MONTREAL) JEAN ALLARD Directeur .CRasceot 2187 Feuilleton du “Devoir” Les frères Tharaud, tous deux académiciens aujourd’hui, ont rapporté sur le maréchal Lyau-tey plusieurs anecdotes soulignant les aspects multiples de sa physionomie morale.Voici celle qui , d’après eux, “donne de lui l’idée la plus profonde”: On venait d’enlever aux Berbères les positions d’ito et d’Az-; ron qui commandent l’entrée de la forêt de cèdres.Lyautey était fort impatient de pénétrer parmi ¦es cèdres, dont il avait entendu aire les descriptions fabuleuses, lais, à cette entrée de la forêt, es grands arbres séculaires (aient fort clairsemés.— Ces arbres, dit-il avec hu-neur à son directeur des forêts, ! ces arbres ne se reproduisent donc plus?— Mais si, mon général.Seulement les jeunes pousses.Et puis, - pour abattre ces arbres que leurs ! cognées ne peuvent entamer, les indigènes mettent le feu au pied.De là des incendies continuels.— Bon.Il va falloir reboiser.— Certainement, mon général.— Et combien de temps faudra-t-il pour voir ces arbres comme celui-là?Et du geste, il montrait un cèdre de moyenne grosseur.— Une centaine d’années, mon général.Cent ans! Autour de lui, on échangea des sourires qui «voulaient dire: “Cent ans! à quoi bon!.” Mais lui.foudroyant du regard ces gens de peu de foi, à la vue courte, dit au chef des Eaux et Forêts: — Vous commencerez demain! Témoignage ! OUI ! JE SUIS PAUVRE.Eh bien ! oui, je suis pauvre, fils de pauvre, j’ai passé ma vie ! avec des pauvres et selon toute apparence je mourrai pauvre.| Que voulez-vous ! Je ne deman-! lierais pas mieux que de m’en-! riehir; je crois que la richesse j est bonne de sa nature et qu’elle ! sied à tout le monde, même au I philosophe.Mais je suis diffi-: elle sur les moyens, et ceux dont I j'aimerais à me servir ne sont pas à ma portées Puis, ce n’est ! rien pour moi de faire fortune ; tant qu’il existe des pauvres.Sous ce rapport, je dis comme César: “Rien de fait tant qu’il ! reste à faire”.Quiconque est pauvre est de ma famille.Mon père était gar- ! çcm tonnelier, ma mère cuisinière; ils se marièrent le plus tard qu’ils purent, ce qui ne les empêcha pas de mettre au monde cinq enfants, dont je suis l’ainé, et auxquels ils laissèrent, ! après avoir bien travaillé, leur pauvreté.Ainsi serai-je; voilà ! bientôt quarante ans que je travaille et, pauvre oiseau battu par l’orage, je n’ai pas encore trouvé la branche verte qui doit abriter ma couvée.” P-J.PROUDHON (1858) il LA FRANCE, patrie des meilleurs vins au monde, est aussi celle des meilleurs jus de fruits.Jus de France FRAMBOISE CASSIS CERISE MYRTILLE INCOMPARABLES pour LA COULEUR LA SAVEUR LE PARFUM UtilUalion varli# pour préparation d« tiropi, (Iruitades).crème glacée, aorbeti, salade* do IrulU et autres desserts.JUFRUIT INC.1251 est, N.-Dome - FR.5026 =F O U R R U R E S= 95 degrés de CHALEUR.¦¦GAP6 Ça ne durera pas toujours ! 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Verriez-vous mieux si je vous parlais de mort sous-directeur?Il est, lui aussi, dans une terrible position.Vous savez à quel point je l’apprécie.Je serais très désireux de le voir casé.— Je vous promets d’y penser.L’accent et l’air avaient fait "• volte-face subite.«te Vahpiemar y repensait triant de cet établissement i souvent il était entré en , égal, même plus, parfois en ! arbitre, et où il avait maintenant j figure de mendiant.; H alla cependant jusqu’au bout i dos détintrches qu'il avait réso-! lues.Mais, sous le masque durci j a son insu, le coeur avait «les 1 arrt'ts subits qui l'immobilisaient j «ne seconde sur le seuil, il j s'accorda alors un compromis.' H débutait par son sous-directeur.I,'accueil y gagna en aisance.sinon en cordialité; mais sa requête personnelle, pour être reléguée à la fin, était aussi durement reçue.Les réponses oscillaient, du banquier Beau-train qui le considérait comme ‘ une poire”, A la jovialité volontairement impuissant^ du No 2.- i La liste s’épuisait et M.de Val-quemar se rendait compte qu'au-oune de ses relations ne remueraient le petit doigt pour lui.Un matin, il frappa à la dernière porte.Celui-là était plus 1 qu'un confrère: un ami.11 renvoya un de ses chefs «le service avec lequel il conférait et I s'avança lui.même dans le ha'l.i les deux mains tendues.Sans I ! rien dire, il attira M.de Valque- ' I mar dans son bureau, ferma la ' i porte et, au lieu de reprendre sa ' j Place habituelle, s'assit auprès ; de lui.j Pourquoi n’êtes.vous pas ! encore venu me voir?.Sa brusquerie était affectueuse i et cherchait à cacher une émotion que la voix trahissait.I, Son visiteur ne répondit pas tout de suite.Celle cordialité, qui sonnai» franc, l'avait saisi i — Vous avez fait, tous ces j jours derniers.des démarches j qui vous ont été cruelles.Mon pauvre ami.pourquoi n’êtes-vous oas venu ici d’abord?— Pourquoi.Mnrtellct?Pour ne pas faire comme les enfants oui mangent le chocolat avant le Pain.Et puis.le pensais que, si vous aviez eu quelque chose, vous n’auriez pas attendu que le vous le demande .' — Ah! certes non.Je rage de ue rien trouver a de voir 1 egoisme formidable de ceux'1 qui ont mis votre sous.directeur qui pourraient peut-être.1 hors de lui.C’est un peu impru-— Dites.inoi.fit M.de Valque- dent.Cinq enfants, n’est-ce pas?mar.pensif.En dehors des amis Et aucune fortune?comme vous—et il v en a si peu! je croyais sentir autour de Oui.Mais il trouvera sûrement.l?omnélC9ertaine SVmDathie- Mc : U « la cote.On sait ce que vous v ' , c-, (pensez de lui et cela est encore — Non.Et cette sympathie , JL Doi(is.persiste, nuancée chez ceux (mi — (jn ne jamais trop de «mt la conscience trop targe d’un : bie„ de ,ui.entendez-vous.Mar- * ü- iiiii 1 Sia”7 Mnis- "10i «««i- i’«i fem- ’ c 1,eri : me et enfants.Les portes se fer- Oh.le terme est Irop fort! j ment avec un tel ensemble de.On vous en voudrait plutôt d’è- vaut moi.qu’il va une raison.Ire trop haut.Car.dans nos M.Martellet tressaillit, détour-grands étai ’issernents officiels, ^ ifa la tète.Une crispation courut on ne se gêne pas pour vous ci.] sur sa figure, ter en exemple: la situation de) — On me trouve trop vieux, «•es messieurs les mettant hors, n’est-ce pas?reprit M.de Val- • I atteinte de la tentation.j quemar avec insistance.J .u pensé faire une tour.J, — Vous ne l’étiez «cries pas née par la._Mais il v a la hic-1 comme chef, répondit évasivement le banquier.— Mais, en sous.ordre.c’est , différent, surtout pour suivre j , .“ En tout cas.vous serez j une filière.Il v a autre chose.C’est uè- rarchie.Par connaissance, cependant.ils pourraient quelque, fois.bien reçu.— Et peut-être trouverais-ie - nant d’avoir comme subalterne la a caser mon brave Alvinet.! |(! banquier de Valquemar.— Vous savez qu’il vient de j — Je m’en doutais.Et.cepen-refuser d entrer chez Benutrain?j dant.il me faut gagneur la vie Non’ Pourquoi?ides miens, nu moins quelques — Des habitudes trop diffé- ' années encore.rentes des vôtres.Beautrainj Devant cette amitié vraie it a tyj"* t’n avoir une attaque.H sûre, M.«b* Valquemar éprouvait a du.{’imagine, confier à AlvU un biap-èfre.Tt abandonnait l’at.net quelques réflexions sur vous.1 titude de froide réserve qu’il opposait aux réticences malveil-j lantes.Mais alors les traits, sel détendant, accusaient soudain la | lassitude et l’angoisse.Cet homme.qui jusqu’alors avait conser.1 vé une extraordinaire aonaren-j ce de jeunesse, marquait tout à coup son âge réel.Son ami l’observait, stupéfait de cette métamorphose.Oui.il, éluit trop vieux.La société, qui clame sa solidarité, le droit de j tous à avoir de quoi vivre — la i société, proprement, le laisserait ! mourir de (aim.Cependant.M.Martellet était 1 aussi homme d’action et pas ha-1 bitue à reculer devant les diffi-j i cultes, il f.ecoua les épaules et déclara d’une voix assurée: — On finira bien, que diable! par trouver quelque chose.Lais-sez.noiis faire, Alvinet et moi.et allez vous reposer quelque part en attendant.j L’idée lui venait qu’il valait mieux proposer un de Valquc-mar tel qu’on le voyait encore quinze jours auparavant que I l’homme dt M ans qu’il était devenu.Mai; l’ancien banquier se-i coua la tête : j — Mon poste est ici.fit-il.Je ¦ ne puis v laisser en ce moment , ma famille.Vous comprenez, il ’ y a ds grands changements à opérer.l’éducation de mes enfants à pousser Intensivement.Mais je m’en remets à vous et à ôlvinet pour les démarches à | faire.Le moment de détente passé, il se reprenait et de nouveau sa physionomie changeait.La bon.elle se raffermissait, le menton s’avançait volontaire; l’énergie était toujours maîtresse.— Eh bien! c’est entendu, comptez sur nous.Et.mon vieux, ne vous tourmentez pus | trop, ça ne sert à rien.* * * “Ça ne sert a rien de se tourmenter”.répétait à part lui M.de Valquemar.Que de choses ne servent à rien, ne remédient à rien, et dont nous sommes pri.sonniers! Il avait vécu des années avec mi mère dans la situation qui redevenait lu sienne.Alors cui'uii-trefois elle lui semblait naturelle.normale, presque facile à supporter maintenant elle soulevait d'inextricables difficultés Aline, dès le premier moment, en avait décelé la raison: qlle ne saurait pas! Capable dans sa do*iceur native d’une énergie passive, elle supportait le bouleversement de ! toutes ses ha itmles sans ono [ mainte.Elle s’était vue abandon.¦ née de celte foule cosmopolite qui ne connaît que lu fortune; «m plutôt e"'- t—!! : ” ' .disparu d** toutes ces réunions où la fortune donne accès: tl>é.s d’apiès-midi.rendez.vou\ etioz les princes de la couture, théâtres, concerts, tout avait été balayé en vingt-quatre heures.Quelques amis venaient de loin en loin la voir; mais que dire lorsqu’on n’était pas ensemble à l'Opéra ou à la première de l’ante Marie, la veille au soir, et qu’on ne doit pas se rencontrer le lendemain au britlge de la marquise de X.?Elle ne sc plaignait pas.mais ne savait à quoi occuper ses journées, et cette inaction lui pesait horriblement.Cependant il avait fallu.sans attendre le changement ¦ l’appariement, se, restreindre u une bonne à tout faire hçen in-suffisan'e dans cette grande installation.Aline savait parfai-, tement commander un person, ncl stylé et assez nombreux.Diriger une domestique ne sachant qu’un service rudimentaire, l'ai-I (1er même, e'élait un terrain in-i connu où elle se perdait.! fîinette travaillait toute tn Journée nu cours et le soir encore dans sa chambre.Elle ne •xmvait «eronder sa mère, l a jeune Lily montrait un goût ex-j travagani pour le ménaga.ZI LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 16 AOUT 1947 Dans le monde de Tante • • • Nous devons aux femmes le confort en automobile Quoique le inonde de l’auto soit un domaine que les hommes revendiquent comme leur propriété presque exclusive, on a récemment constaté que les 80 pour cent des modifications importantes apportées au carrosseries et même aux moteurs sont dues à l’influence des femmes qui voyagent dans ces autos ou qui les conduisent.De plus, M.George Conrad Diehl, ancien président de l’American Automobile Association, exprime l’avis que l’in- les manufacturiers ont été poussés à fabriquer des freins extrêmement faciles à manier.“Ainsi en est-il du démarreur Choses et gens de la mer Menus gargantuesques pintes de crème, 1,000 gallons de crème à la glace, 1,500 livres de café et 1,000 livres de thé.automatique qui, originairement, unedestradiHonsïespluscélè: vpnfp iUr f^clllter Tla bres du métier: celle qui assure vente des âutos à ces dsmes.Le lg« Dassacers ntip 1p« mpiiipnr« système ie conduite de l'nuto ; «51 i”e5 ÏTen est un autre exemple du genre: haute mer aux debuts, les hommes auraient On retrouve à bord des *impr volontiers consenti à manoeu- paquebots ]es même, menni, ffln' vrer des volants assez lourds.” : Suet le, mêmTs Æ d’oeuvre gastronomiques qui ont non, exprime ravis que l in-1 t r> .t» j*ff0Uri?e,s aux fluence de ces dames demeurera Là IvOUtC dll Ra.ll.[ a schIp* dffférp d avant*8uerre.un facteur important dans le La seule difference c est qu’au- développement des futurs modèles d’automobiles.nfiîü),pemeJltpdeS n^res sUr Et ces chiffre, ne comprennent ;^rt^nWm,.PrÇ.UJJniidur C0U,P pas les quantités incroyables de a„ imtrd H ni i ne reste fromage, de poisson, de légu- bois p,rf,iuqm5nnigîe„T.“re; ! 'Sî1’AJ^TUcs' du service maintiennent intacte M.Diehl continue en ces termes: “La plupart des hommes présument, à tort, qu’ils sont responsables, non leurs épouses, des nombreux progrès mécani- revue des chemins de fer de France Les amis de la France, ceux ques amenés dans l’industrie j 3U1 revent de voyages dans ce de l’automobile.Cependant, il “v™.pays I001 comme ceux qui est prouvé que les femmes ont | a“, relèvement éco- l’imagination plus vivante que nonil(Iue de cette grande nation, les hommes lorsqu’il s’agit de ser d’apprendre dessiner une auto: “Grâce“ à el-U
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